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Réflexion sur Israël et la civilisation occidentale

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Vivre seul, vivre ensemble, vivre seul, et les influences réflexives

Vivre seul, vivre ensemble, vivre seul, ce sont les trois mouvements qui résument le processus qui se déroule aujourd'hui dans les pays civilisés et tolérants.

Dans un premier temps, la cité est homogène. En France, on trouve des Français, en Italie des Italiens etc. Ils ont des valeurs communes de droits, obligations, mœurs, loisirs, savoir-vivre.

Puis débarquent des gens qui sont tellement dénués de bonnes manières qu'ils en deviennent risibles et qu'ils viennent mettre un peu de piquant dans la morosité du décor. Il ne faut pas s'en irriter, au contraire, le savoir-vivre-ensemble dans une société de savoir-vivre à sens unique ne peut qu'être enrichissant.

Le troisième mouvement est le départ d'abord des plus gênés qui s'en vont, puisque là où il y a de la gêne, y a pas d'plaisir, puis des plus tolérants qui n'avaient pas compris que l'on ne voulait pas d'eux ici. Le piquant était trop fort et la cité crache du feu du plus profond de sa gorge et de ses poumons.

En politique, c'est un peu plus lent. Des arrivistes et des opportunistes autochtones se frottent les mains, portent le burnous et s'extasient moins du folklore d'un autre magma de peuples hauts en couleurs que des voix qui pencheront en leur faveur. Ces politiciens savent profiter de l'instant présent, car vient le jour où le nouveau vivre-seul les mettra au rebut comme un vieux kleenex.

Peuples civilisés, peuples tolérants, réveillez-vous, tant que vous le pourrez encore.

Cessez de tendre les deux joues, de leur prouver que vous les aimez et de vous leurrer en vous disant que vous parviendrez à récupérer vos territoires qui ne vous appartiennent plus que sur le papier à coup de milliards qui vous donnent la berlue. Vos sourires les offensent et les irritent, et votre argent n'achètera pas leur indulgence, car il est d'avance perçu comme une petite partie du retard de votre arriéré fiscal.

 

Israël, Europe, Israël. Cessez de vous imiter pour le pire. Qui copie sur qui? C'est un cercle infernal.

Israël abandonne Gaza. Bien sûr qu'ils nous détestent, puisqu'on les empêche de disposer d'eux-mêmes, c'est un principe essentiel de la déclaration des droits de l'homme. La solution : dès que nous n'exercerons plus notre souveraineté sur eux, ils nous laisseront tranquilles. L'équation est tellement facile qu'au cours des dernières violences arabes à Gaza, l'Afrique du Sud a exigé pour les calmer qu'Israël  tout simplement s'en retire. C'est tellement évident que nul n'est besoin d'être au courant d'un événement vieux de treize ans.

J'aime bien en hébreu le terme de hakhmologue, qui désigne un parfait imbécile dont les raisonnements déments semblent incarner la plus pure des logiques. Le suffixe en logue est connu.  Rendons le terme par  sageologue. Nous en avons  à revendre.

Tel abruti haut gradé  disait – aux fins de justifier une propagande favorable à la reddition consentante  face à la  Syrie,  qui a donné lieu à la contre-propagande  aux moyens télémédiatiques inexistants du «peuple est avec le Golan» – sans rire, qu'à notre époque technologique avancée des missiles balistiques, qu'il importait peu que la frontière syrienne se trouvât quelques dizaines de kilomètres plus près ou plus loin de nous. Les agriculteurs de la région d'Eshkol et les habitants de Sdérot ne sont pas assez intelligents pour comprendre la finesse dudit sageologue, apparemment.

Un autre politicien haut-placé, plusieurs fois ministres, dont Premier, expliquait depuis son cerveau de sageologue que la haine contre Israël n'était pas un mal profondément ancré. Il soutenait qu'il ne s'agissait que d'un sentiment de frustration dérivatif dû à la pauvreté et à la misère, comme si tous les pauvres étaient haineux. Qui devient riche devient civilisé. Taillez un costard à l'homme des cavernes, et vous serez étonné par la magie du résultat. Usant et abusant de son pouvoir, notre dignitaire s'attache à enrichir Gaza.

Mais qu'est-ce qui a bien pu faire rater l'expérience, quand des toutes  petites roquettes pathétiques qui touchaient Névé-Dekalim puis Sdérot, avec l'argent qui a servi à creuser tout un réseau de galeries d'invasion, on est passé à des missiles perfectionnés pouvant frapper Tel-Aviv et Jérusalem?

La maladie de l'exil du peuple juif, qui s'est incrustée et a imprégné tout son être et toute sa pensée, pour les moins résistants au microbe, établit le postulat qui veut que si le Juif est haï, c'est la faute du Juif. A lui de réparer ses traits de caractère ou de modifier son comportement, ou alors, s'il pense que le non-Juif le soupçonne sans fondement, à lui de prouver à quel point le non-Juif se trompe sur la noblesse des intentions du Juif vis-à-vis du non-Juif.

Que celui-ci soit odieux, haineux, destructeur, on lui montrera qu'il a tort, et on le laissera lapider nos soldats et brûler notre terre sans recourir à tous nos moyens qui nous manquaient cruellement de Tunis à Berlin, de Moscou à Paris. Parce que ce qui compte avant tout, et ça vaut bien quelques sacrifices, c'est de montrer aux antijuifs qu'ils n'ont aucune raison d'être antijuifs. Un ancien message européen originaire d'un dissident palestinien juif au nom de qui des massacres effroyables ont été perpétrés à titre posthume, disait sous une autre formulation qu'en cas d'agression, il faut faire le beau.

Alors, ce seraient les Européens qui auraient inspiré les Juifs jusqu'aux ordres qu'ils donnent à leur armée? Ou alors, par retour à l'envoyeur, ce serait au contraire la police européenne pitoyable face aux flambeurs de cités du second vivre seul – dont les ordres reçus consistent à se laisser immoler plutôt que de se servir de leur arme – qui serait influencée par ricochet par les ordres donnés à l'armée d'Israël? «C'est avec ses ennemis qu'on fait la paix», est-ce un adage de la maison d'étude de Chamberlain qui s'est retrouvé chez Rabin ou une idée de Barak adoptée en retour par Merkel et ses grands sourires adressés aux migrants importateurs de troubles sociaux qu'on ne saurait repousser par intolérance vis-à-vis de leur différence?

Ou alors, ni Israël ni l'Europe ne se copient l'un l'autre. «On ne tire pas sur un jeteur de pierre ou un envoyeur de cerf-volant qui met sur la paille tous les agriculteurs et rend bientôt vides les rayons de produits alimentaires» ; serait donc une valeur morale tiré d'un système indiscutable en provenance d'un empire de loisirs très puissant : le cinéma hollywoodien. Le héros ne doit pas tirer sur le méchant deux fois plus lourd que lui qui le menace de ses poings. Donc, il se déleste de son arme, la jette dédaigneux de côté, roule les mécaniques et termine en quelques coups bien placés le méchant.

Question blasphématoire à ne pas poser : «Et si le méchant assomme le bon dès le premier coup de poing? Et s'il prend ensuite l'arme du gentil en lui logeant au passage une ou deux balles?»

Impensable, le bon a toujours raison et la réalité lui donne toujours raison. L'auteur de Rahan s'est révolté dans l'un des épisodes de sa célèbre bd, laissant mourir son héros qui voulait loyalement donner ses chances égalitaires au méchant.

Bref, la mythomanie est un vilain défaut. «Mais bien sûr qu'ils veulent la paix au moins autant que nous, mais on ne doit pas les laisser se dire qu'on leur en voudrait», entend-on dire de part et d'autre du monde civilisé.

Pour sa part, du côté de la civilisation de l'agression et de l'imposition du malheur et de la désolation, on prend tout geste de bonne volonté pour une preuve de soumission, et il suffit dans sa logique de haine de faire monter la pression pour que la soumission devienne totale et sans retour. Un politicien usant et abusant de son pouvoir, à qui on avait demandé ce qu'il pensait des déclarations belliqueuses des archi-terroristes de l'Olp sur leur  tactique des étapes, répondit dans un grand rire : «Vous n'avez rien compris, mais bien sûr qu'il veut la paix, c'est juste stratégique, il faut bien calmer ses opposants.»

Le même avait dit, suite au désengagement de Gaza : «Alors, où est donc cette pluie de Katiouchas que les prophètes de la colère nous avaient prédite?» Effectivement, il n'y a pas eu de pluie de Katiouchas sur Ashkelon le lendemain du désengagement. Comme quoi la courte-vue peut rendre heureux.   

Légende : le vitrail de la synagogue Chalom al Israël de Jéricho. La tolérance de la présence ennemie par Israël malgré sa victoire éclatante a de fil en aiguille rendue ce site inaccessible aux Juifs. 

© Yéochoua Sultan

 

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