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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 16:21

Bien que le Premier ministre soit en principe de droite, selon l'appellation courante, et les journalistes de gauche, ces derniers se montrent très complaisants envers lui en ce qui concerne certaines questions qui s'imposent. Personne ne lui a demandé comment un homme qui a promis un développement sans précédent du judaïsme et de la présence juive en Judée-Samarie a pu tourner le dos d'une façon jamais égalée à ses principes et à ses électeurs et imposer une interdiction sélective de construire dans la capitale éternelle et indivisible du peuple juif, comme il le dit lui-même souvent.

Le personnage politique sait ménager la chèvre et le chou. Reprenons l'affaire du gel de la construction. Il a su donner une explication logique à son attitude: «Le monde entier comprendra que la non signature d'accords politiques (on ne dit plus de paix depuis les résultats désastreux d'Oslo) n'est pas la faute d'Israël, et alors nous aurons les mains libres». Il demande au peuple de le comprendre et d'être patient: «Ce n'est que pour dix mois, et après, nous rattraperons plus que largement le retard.» Comme il est devenu une sorte d'icône, le peuple s'endort: «C'est un rusé, se disent les braves gens, qui est plus favorable que lui à la construction à Jérusalem et en Judée-Samarie?»

Beaucoup ressentent tout de même un drôle de pressentiment, car dix mois, ça promet, surtout quand ils coïncident comme par hasard avec le tout début de la nouvelle ère Netanyahou. Mais on cherche à faire passer ce goût amer: «Le nouveau Netanyahou n'est pas le premier, et il est inconcevable qu'il répète les erreurs qui avaient fait chuter le gouvernement de l'ancien Netanyahou», cherchent à convaincre et à se convaincre d'éminents observateurs qui cherchent surtout à éviter les insomnies chroniques. «Rabin, à son époque, ou Pérès et Barak, ils veulent tout donner, mais Netanyahou, nan!!!» disent à qui veut les entendre les analystes sans se dire que c'est du «pipo». Une grande société fait faillite à Modiin Ilit, Néoth Hapisga. Elle devait construire 2400 logements, alors qu'elle avait eu toutes les autorisations administratives, et avait déboursé déjà entre 50 et 60% des investissements. Mais non, la décision d'Obama retransmise par Netanyahou est sans appel, alors que même Rabin, quand il avait arrêté en son temps la construction, avait permis aux projets en cours de s'achever. Le site spécialiste en économie, Globes, affirme que cette affaire a eu de graves répercutions sur la crise du logement en conduisant aux prix exorbitants de l'immobilier, «des deux côtés de la ligne verte». (http://www.globes.co.il/news/article.aspx?did=1000589270). Mais dormez tranquilles, braves gens, ce repli n'est que stratégique. Netanyahou veille au grain.

Et aujourd'hui, rebelote. Continuez à dormir tranquilles, braves gens. L'affaire de la Oulpena, mais pourquoi se fâcher pour une simple affaire d'immobilier? Netanyahou n'a pas le choix (on connait la chanson). «Il va faire détruire 30 logements, mais il a promis d'en reconstruire 300. Pour chaque appartement détruit pour faire plaisir aux antisémites de tous bords, y compris les psychopathes de la haine de soi (payés grassement par des fonds étrangers de donateurs qui n'aiment les Juifs que quand ils trahissent leurs idéaux) il va en construire dix! Bon, d'accord, les habitants auront à vivre le temps des travaux dans des maisons en carton de quelques dizaines de mètres carrés, où il fait zéro degré en hiver et cinquante en été, mais il faut être patient et se concentrer sur le long terme», nous disent ceux qui se veulent rassurants et pondérés.

Or, avant même que les forces spéciales ne soient venues concrétiser le cauchemar des habitants, le Parquet a mis en garde le vice conseiller juridique du gouvernement, en l'informant qu'il n'y aura pas de place à Bet-El pour construire 300 logements. Bien sûr, une visite sur le terrain montrera au contraire que les trois quarts de l'espace ne sont pas construits, mais selon le principe de la Cour suprême qui continue d'honorer le pouvoir féodal turco-jordanien, et à faire tous les efforts possible pour que la Judée continue de rester dépeuplée comme avant le retour d'Israël en ses frontières, il n'y a pas de place. Naphtali Benett, candidat aux primaires du parti Habaïth Hayéhoudi (anciennement PNR) a déclaré sur Galé Tsahal, en émettant quelques réserves sur l'authenticité de la revendication du prétendu propriétaire terrien, que l'ONG Yesh Din a recherché pendant des années la personne au nom de laquelle l'immense terrain avait été inscrit, alors que l'intéressé était le premier à l'ignorer.  (http://www.youtube.com/watch?v=F50Q8bQkgpw&feature=g-hist).

Aujourd'hui (mardi 12 juin 2012), Moshé Rosenbaum, le maire de Bet-El, a répondu à Netanyahou qu'il n'avait pas foi en ses promesses. En effet, fidèle à ses méthodes, de la même façon qu'il avait promis à Yoël Tsour (http://www.ynet.co.il/articles/0,7340,L-3259781,00.html) après l'assassinat de son épouse Ita et de son fils Ephraïm, en 1996, qu'il autoriserait la construction sur cette colline pour en ordonner (a priori) la destruction 16 ans après, il nous dira qu'il voulait construire 300 logements à la place des 30, mais que le Parquet n'a pas voulu. (Voir comment sa crainte exacerbée du Parquet est traitée par le site satirique Latma, http://www.youtube.com/watch?v=iGnPATdaRp8&feature=g-all-u à partir de la minute 6'13").

Depuis une semaine, il envoie presque tous les jours un ministre au domicile du Rav Melamed, recteur de la yéchivah de Bet-El et dont une partie des élèves vivent avec leurs familles dans les appartements visés par le funeste décret. Mais le Rav ne devrait pas se laisser endormir. Netanyahou cherche à lui faire miroiter toutes sortes d'avantages et de compensations en échange de la destruction. Le Rav reste sceptique et tient à lui faire comprendre que la violence policière incomberait à la responsabilité du Premier ministre. Il est en effet trop tôt pour se montrer défaitistes. L'exemple de Goush Katif ne peut servir de tremplin au découragement. Si la marche de Kfar Maïmon à Kfar Darom par des dizaines de milliers de participants n'avait pas été annulée au dernier moment parce que le Conseil de Judée-Samarie-Gaza avait cru obtenir un accord, le Goush ne serait pas tombé et on n'aurait pas aujourd'hui à composer avec la menace Hamasso-iranienne. (Voir l'interview du chef de la police sur Makor Rishon de vendredi 8 juin).

Il faudrait donc arrêter de se bercer dans l'illusion et de se dire qu'avec Bibi, tout va bien, ou tout ira bien, car il faudrait croire à longue échéance que le résultat sera tout le contraire de ce que l'on voit dans ses actes. Il est vrai cependant que certaines promesses peuvent en effet être prises au sérieux. Par exemple, la promesse du discours de Bar-Ilan, quand il affirme vouloir la création d'un Etat du Fatah en Judée-Samarie. Par contre, on peut douter de ses intentions quand il affirme vouloir maintenir les trois groupes d'implantations juives de Goush Etzion, Ma'alé Adoumim et Ariel, qu'il n'a pas épargnés pendant son gel de la construction. Avant d'être une marionnette dans les mains de la Cour et du Parquet qui est pourtant censé représenter et défendre l'Etat, incarné par ses élus, en la personne du gouvernement, il est avant tout l'exécutant d'Obama. Il n'y a aucune logique dans ses actes en désaccord total avec ses principes, ou du moins avec les principes dont il se prévaut. Or, si Obama est réélu, il exigera la création d'un Etat terroriste au cœur de notre terre, D. préserve, et Netanyahou s'inclinera en faisant la même tête que lors des accords d'Hébron ou de l'affaire du quartier de la Oulpena, à l'instar des présidents américains des films de fiction qui appuient sur le bouton qui déclenche la destruction du globe terrestre bien malgré eux.

Nos Sages nous ont dit: «Même si une épée tranchante est appuyée à ton cou, ne te décourage pas de la miséricorde». Nous avons déjà eu un miracle contre une tentative de déracinement de Barak, un autre contre Netanyahou. Nous n'en avons pas eu contre Mofaz. Aujourd'hui, il nous faut un triple miracle, car tous trois règnent ensemble quand, malheureusement, l'extrême gauche antisioniste qui est incapable de se faire élire démocratiquement depuis l'implosion du mensonge des «territoires contre la paix», règne par le biais des tribunaux, et risque de faire, D. préserve, expulser des dizaines de milliers de familles juives de leur foyer en se servant du précédent de la Oulpena, si les droits féodaux qui maintiennent la terre d'Israël désertique et en ruine ne sont pas abrogés. Seule une modification de la règlementation en vigueur en Judée-Samarie fera prévaloir la volonté du peuple de ne plus faire confiance aux idées de la gauche politique. Or, ni Netanyahou, ni son gouvernement dont les ministres, jusqu'à Liebermann, avaient au départ pris position jusqu'à l'heure de vérité pour la loi de la légalisation, ne sont les hommes forts de la situation à même de déjouer le coup d'Etat des ONG et des maîtres du Parquet et de la Cour suprême qui se servent de ces instances pour faire avancer leurs pions.

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 13:19

Sur de nombreux blogs et publications révélateurs de la pensée, des Européens pacifiés se laissent entraîner par des représentants de l'islam dans un débat inapproprié. Ces derniers cherchent presque systématiquement à le définir comme religieux. D'autre part, beaucoup s'imaginent à tort que l'islam serait fondamentalement différents des autres religions parce qu'il ne se circonscrit pas à la sphère privée, comme si ce principe le rendait essentiellement différent du christianisme. Le débat qui oppose les deux méga groupes a priori définis par leur religion, islam et christianisme, reste stérile quand il puise ses arguments sur les valeurs intrinsèques prêtées aux deux systèmes

Souvent, des Européens pensent que la confrontation entre les cultures et les religions est plus authentique si elle ne se contente pas de décrire les phénomènes comportementaux des antagonistes. Elle devrait en effet pour eux s'appuyer sur les textes religieux. De la sorte, lorsque des musulmans leur reprochent plusieurs siècles plus tard la conquête ou Reconquista de l'Espagne ou de la France, avec la bataille de Poitiers, et qu'ils se montrent lésés et décidés à les reprendre, en arguant que leur religion n'est pas plus cruelle que celle qui sert de toile de fond au monde occidental, les bons républicains cherchent à prouver le contraire, en essayant d'expliquer l'avantage du christianisme sur l'islam sur le plan humain.

La discussion est alors engagée dans une voie sans issue, puisque les exactions des Catholiques d'Isabelle de la même appartenance n'ont rien à envier en cruauté au jihad islamique. On pourrait sans se tromper parler d'un jihad catholique. Inutile de citer des fragments de texte qui montreront combien la religion véhiculée par le dit «Nouveau testament» est ouverte, renonce à la lapidation et aux interdits alimentaires, etc. L'adjectif inclus dans le nom du testament en question indique fort bien l'aspiration à effacer ceux qui font de l'«Ancien» un texte très actuel. Si on reste sceptique, on peut tout simplement consulter l'opinion de Rome sur la légitimité du retour d'Israël en ses frontières (voir; Le synode, une très vieille rancune).

De plus, l'histoire de l'Europe et de l'islam est jonchée de guerres de conquêtes et de soumissions. C'est le plus fort qui gagne, et la répartition géographique aujourd'hui entre pays musulmans et pays occidentaux en est la conséquence directe. La notion d'infidèles prévalait dans les deux camps, et les sujets de nouvelles terres conquises étaient soumis à la religion du vainqueur.

Mais ce piège rhétorique n'est pas dépisté. Il faut bien reconnaître aujourd'hui que le conflit entre les deux civilisations ne dépend plus des différences qui pourraient exister ou non entre les deux systèmes religieux. L'un comme 'autre s'immisçaient profondément dans la vie familiale, économique et culturelle des masses populaires. Aujourd'hui, la guerre ne se situe plus sur le plan de la conflictualité des cultes. Le citoyen du monde libre qui assume sa civilisation, à l'opposé d'un citoyen naturalisé non par identification mais par opportunisme, éviterait de perdre du temps s'il répondait: «Vous avez raison. L'islam comme le christianisme sous ces différents dérivés écrasent la dignité humaine, mais ce n'est pas ce qui vous oppose à nous».

L'Europe occidentale a depuis plusieurs siècles quitté le chemin de la guerre. Les deux guerres mondiales, ou encore les campagnes napoléoniennes n'étaient pas des guerres de religion. Le plus grave, c'est que lorsque l'habitant autochtone du monde libre veut vérifier s'il est réellement agressé ou s'il n'en a que l'impression, il réfléchit en termes de notions qui se rattachent aux guerres de religion moyenâgeuses. «Le musulman est-il dirigé par un chef armé qui vient m'attaquer? Est-il le citoyen d'un pays qui me déclare la guerre?» A la rigueur, il se demandera encore s'il a en face de lui un terroriste potentiellement armé à tous les sens du terme. «Est-il porteur d'une bombe ou d'un fusil mitrailleur, ou risque-t-il de s'en procurer? Est-il animé de mauvaises intentions à mon égard?»

L'hypothèse du conflit est d'emblée rejetée, car même quand des gangs armés inquiètent les autorités, la vigilance se rendort, comme dans l'affaire de Toulouse, sachant que ces armes ne sont pas à première vue destinées à s'en prendre aux Juifs, aux Occidentaux, ou aux «traitres» ayant pactisé avec eux. Elles entrent dans le cadre «normal» d'une criminalité de droit commun, au même titre que le recel, la drogue ou le braquage. Le citoyen libre n'est donc absolument plus à même de penser en termes stratégiques, ou de se dire qu'une nouvelle guerre se fait insidieusement, sans armes, par invasion piétonne ou motorisée, non plus par des militaires mais des par des civils qui peuvent s'en passer et occupent la place en chassant le premier occupant d'une manière légale, légalisée ou qui reste clandestine. (Voir: Une guerre sous anesthésiant).

De surcroît, la liberté, l'égalité et la fraternité ont été si bien assimilées par l'esprit du citoyen honnête qu'il finit, par excès de tolérance et absence totale de suspicion, par considérer que la nationalité française, anglaise ou belge, n'est qu'une affaire de papiers. L'étape suivante consiste à considérer que la naturalisation n'est pas assez importante – puisqu'il ne s'agit que simples papiers sans valeur réelle – pour empêcher à un individu de prendre les rênes par le vote. Certes, il faut bien reconnaître qu'un pays comme la France s'est largement construit d'immigrations successives, mais le caractère d'un pays n'est pas seulement forgé à partir de la bonne volonté du dit pays. Il dépend aussi considérablement de l'attitude de l'immigrant, et c'est elle qui fera toute la différence. Il ne faut pas mépriser son sentiment. S'il aime le pays dans lequel il est accueilli, même s'il peut naturellement ressentir une nostalgie d'intensité variable de son pays natal, il s'intégrera sans problèmes. Et même s'il peut ressentir une certaine rancœur vis-à-vis de gens mieux installés que lui après son arrivée, ses enfants feront partie intégrante de la nation. Quant aux Juifs qui se savent en exil, ils savent aussi en principe se montrer reconnaissants envers les pays d'accueil à l'épanouissement desquels ils contribuent largement, et monteront en Israël en gardant toujours un sentiment bienveillant envers le pays qu'ils auront quitté.

Mais lorsque l'immigrant est animé d'un sentiment de haine, de mépris voire de conquête, et qu'il déclare, profitant de la liberté d'opinion et d'expression: «Nous allons utiliser la démocratie comme une arme contre vous», il faut se garder de se montrer condescendant et attendri en se disant: «Bof, ça lui passera, le temps qu'il s'imprègne de la langue et des avantages inégalables que confèrent à tous les points de vue le système démocratique, il se mettra lui-même à rire en se demandant comment il avait pu penser comme ça».

Car il s'agit, une fois encore, d'une forme moderne de guerre paradoxalement véhiculée par des civilisations bloquées avant le moyen-âge. Certains principes proclamés haut et fort par les conventions et déclarations sur les droits de l'homme sont généreux a priori mais inapplicables dans un contexte réel. Même les tribunaux internationaux établis pour traiter de crimes de grande envergure, qui devraient partir d'une bonne intention, pour l'ex Yougoslavie ou le Congo, ou plus généralement la CPI, s'embourbent pendant des années en raison des amendements toujours remis en question et réactualisés en fonction des cas de figure. Ces instances craignent en effet d'établir un verdict hors contexte, et préfèrent se préserver d'inclure la peine de mort dans leurs options ou des peines excédant trente ans, sans compter que les peines ne sont pas cumulables, ce qui peut donner des résultats surprenants. En l'occurrence, toutes les chartes des droits de l'homme sont d'accord sur le fait que tout individu a le droit de vivre où bon lui chante sur la surface de la planète. Techniquement, il faut tout de même être équipé d'un passeport et même souvent d'un visa, justifier par des raisons tangibles la volonté d'être accepté dans un nouveau pays. Mais si une population d'un milliard d'habitants émigre pour n'avoir jamais su exploiter rationnellement les ressources de sa région et ruiné leurs pays, et se met à se déplacer massivement, à pied ou dans toutes sortes d'embarcations, selon les conditions géographiques, pour submerger des Etats qui ont mis des siècles à se construire socialement et économiquement, il faudrait peut-être alors penser à un alinéa garantissant le droit des civilisations qui se sont prises en charge à préserver leurs acquis.

Donc, le conflit qui oppose la société islamique à la société chrétienne n'est que rhétorique, car ce n'est absolument plus une question de religion pour l'Europe. Les pouvoirs moyenâgeux occidentaux se servaient de la religion pour interdire aux peuples de penser et d'évoluer exactement comme l'islam le fait aujourd'hui pour annihiler toute volonté de développement. Il suffit de se rappeler le danger encouru par les observateurs qui ont constaté que la terre est ronde. Si la civilisation occidentale est si attractive aujourd'hui, et que les mouvements migratoires humains s'inscrivent quasi exclusivement dans un mouvement de convergence vers l'Europe ou l'Amérique du Nord, c'est dû précisément au fait que la religion imposée jadis à ces civilisations qui n'avançaient pas plus au niveau du respect de la personne humaine que de l'essor scientifique et économique, a été supplantée par la laïcité et/ou réduite au cercle privé.

En ce qui concerne les religions, islam et christianisme, la différence ne se situe pas sur le plan de l'essence, mais de la forme. Or, les islamistomusulmans refusent catégoriquement de renoncer comme les Européens à la religion qui leur a été imposée par toutes sortes de conquérants, ou de la réduire au cercle de la vie familiale ou paroissienne, dans le sens où cette dernière ne déborde pas au-delà des murs du lieu de culte. Cette attitude expansive, à laquelle ont renoncé les chrétiens mais pas les islamistes, n'est pas seulement gênante pour les pays d'accueil forcé, mais pour tous les ressortissants de pays dits de développement qui veulent tourner la page et profiter du progrès socioculturel européen, mais qui sont rattrapés, menacés voire soumis à des congénères qui s'expatrient jusqu'aux pays libres pour y charrier leur système totalitaire, et répandre le crime dans toute son horreur.

Ce ne sera que lorsque cette nuance de taille sera bien comprise que les pouvoirs européens auront la volonté et a détermination d'étendre la séparation de l'Eglise et de l'Etat à la mosquée. Une fois encore, il faut sortir des anciens systèmes de pensée. Ce combat n'est pas réservé à 'extrême droite et contrée par la gauche, qui peut s'avérer plus nocive que la précédente, lorsqu'elle laisse les extrémistes passer de la parole au crime. Là encore, l'impossibilité générale de raisonner sur le danger de la gauche radicale dérive de la stratification des mentalités dans les anciens dangers d'une extrême droite identifiée encore aux royalistes qui ont tenté de remettre en cause les acquis de la Révolution ou des problèmes de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste. On oublie que la gauche ne lutte plus aujourd'hui pour les droits des couches les plus pauvres des populations indigènes, mais lèse au contraire ces dernières au profit des populations montantes qui risquent, si elles n'adoptent pas la mentalité des pays d'accueil, de les faire sombrer come leurs pays d'origine.

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 15:02

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La doctrine qui a mis en mouvement le monstre sanguinaire de Toulouse et qui peut sembler évidente après le bon en avant des investigations, a toutefois laissé dans le flou une machine de formatage des cerveaux bien huilée, grippée par des spéculations variées qui l'ont fait cahoter en tous sens, tel un moteur dont la commande du changement de vitesses se serait désolidarisée du système, le conducteur ayant hésité trop longtemps avant de choisir la bonne. Voici près de 32 ans, un attentat semblable avait profondément choqué la France, et un vif débat public s'en était suivi. Là aussi, un motocycliste avait été pris pour un ressortissant d'une certaine tendance, avant qu'un mois plus tard, une première véritable piste n'indiquât la direction du Liban. C'était à la rue Copernic. Mais avant que les effets de cette brève incertitude, avec ce qu'elle a révélé des méthodes d'échafaudages de contextes, ne retombent dans l'oubli, nous verrons comment un mal qui passe pour sain en temps "normal" a dévoilé ses rouages.

Sur Israël 7, à un moment où toute interprétation des motifs du massacre restait plausible, Shraga a relevé une déclaration très symptomatique d'un mal spirituel qui touche la pensée et la civilisation occidentale depuis plusieurs décennies, et qui ne semble pas devoir guérir. Il ne s'agit pas ici de critiquer ni de juger la personne qui a fait part d'une réflexion difficilement rattrapable, surtout s'il parlait en direct sur une radio.  Le massacre d'innocents, dont des enfants poursuivis par un suppôt de la mort, produit toujours un effet déconcertant, même si on peut a priori s'y attendre dans un climat hostile et incertain, pour les Juifs, alimenté par un contexte de propagande et d'incitation à la haine attisé par les milieux politiques et médiatiques. La pensée est encore plus déstabilisée et troublée quand l'obédience du boucher est encore inconnue. Des idées extrinsèques s'imposent alors à l'intellect, au détriment de la personnalité. Elles sont préfabriquées et imposées par le conditionnement du cerveau qui échappe un instant à son maître, interdit par le choc des ravages de la haine, toujours présente. Un homme normalement constitué peut donc se trouver comme possédé et se mettre à remuer les lèvres pour débiter des propos qui ne sont pas les siens, sous l'effet de l'annihilation momentanée de son entendement. La bouche articule, mais l'esprit n'y est pas. Prodige malencontreux de l'encrassage progressif et répétitif des cerveaux.

En bref, quand l'avenir ne nous avait pas encore instruits, l'idée symptomatique (et non causale, nous le verrons tout à l'heure) qui peut attaquer jusqu'au système immunitaire moral d'un individu sensé dans un instant de faiblesse, s'énonce à peu près comme suit: Deux pistes sont retenues,  celle de l'intégrisme musulman, et celle du nazisme, ou, sous son appellation réactualisée, néonazisme. Si la seconde s'avère réelle, le coupable a aussi tué des soldats français parce qu'ils étaient d'origine arabe ou africaine ; mais  s'il faut retenir  la piste d'une doctrine qui s'est insinuée dans le paysage français trop récemment pour être appréhendée et analysée par la pensée, l'auteur aura voulu venger les victimes supposées de «Palestine» (sic). Si ces deux pistes sont réalistes et présentent de nombreuses similitudes, quand la vérité ne s'est pas encore faite, la teneur qui leur est arbitrairement imposée est différente sur le plan de la responsabilité et de la culpabilité. Si c'est un nazi, il sera montré du doigt par tous les courants de la société et du pouvoir ; si c'est un islamiste, alors Israël est coupable pour beaucoup de gens au cerveau conditionné.

La culpabilité d'Israël passe malheureusement pour tellement évidente pour la conscience collective que même des Juifs finissent par se laisser prendre. Le martelage des cerveaux est pour beaucoup de gens si intense à la longue que l'abjection la plus monstrueuse changera de couleur en fonction des résultats des investigations. Si c'est un néonazi, les démons du passé se réveillent ; si c'est un "combattant", c'est Israël le démon. C'est tellement fort que même un employeur non-juif qui ne peut être soupçonné d'antisémitisme se demandera pourquoi il faudrait tuer les coiffeurs dans la fameuse question test populaire ; ou encore, lorsqu'un politicien qui n'aura pas forcément été piégé par un lapsus révélateur aura fait état de deux "Français innocents" lors de l'immonde massacre de la rue Copernic. C'est normal! Ça fait deux mille ans qu'on y travaille. Cette idée maladive déteint même sur des Juifs, puisque toute la politique dite des "colombes" en Israël stipule que la haine des pays environnants contre l'Etat juif est imputables aux Juifs, et qu'il suffirait que les Juifs se montrent plus conciliants, ouverts, compréhensifs, pour que leurs ennemis deviennent d'un seul coup des amis. Aujourd'hui encore, certains s'imaginent que des concessions territoriales israéliennes apporteront une paix globale (voir le redéploiement, la paix contre les territoires etc.) comme si la haine contre les Juifs avait commencé avec la libération de Jérusalem, de Bet-El et de Hébron.

Mais l'incertitude qui a prévalu entre la tuerie et les premières véritables pistes permet à la classe politique en ballotage au futur proche de s'unir et de réagir contre l'antisémitisme. La piste de l'extrême droite étant sérieuse, on peut en espérer l'affaiblissement politique. Il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit d'un moment où on ne sait encore rien, hormis l'information qui veut que le tueur en cavale des soldats français est celui des enfants juifs. Mais on sait aussi qu'aucune mesure d'urgence n'est prise avant la rentrée des classes de ce lundi matin devant l'école juive, malgré un regard haineux qu'un mauvais œil porte sur la planète, et en particulier sur l'Europe. A Copernic aussi, la piste de radicaux européens avait été médiatiquement et politiquement privilégiée, avant que l'axe Olp-Fatah dont la filière remontait au Liban occupé par les terroristes de 75 à 82 ne soit révélé.

Les méthodes des nazis et des fanatiques musulmans se ressemblent à s'y méprendre. Elles affectionnent tout particulièrement de massacrer des victimes désarmées, à l'aube de la vie, jeunes enfants heureux et insouciants. Si les massacreurs ont le temps, et qu'ils ne sont pas dérangés, ils tueront des centaines ou des dizaines d'innocents, selon ce qui leur tombe sous la dent, comme à Oradour ou à Maaloth, ou plus récemment en Norvège. S'ils sont pressés, alors ils massacreront un petit nombre avant de prendre "courageusement" la fuite ou de se faire intercepter, comme à la rue des Rosiers, à l'école Mercaz Harav ou au domicile de la famille Vogel à Itamar.

Mais alors, si les nazis et les islamistes se ressemblent tant, pourquoi est-ce tellement important de connaître la doctrine avec laquelle s'identifie le forcené?

Nous pouvons trouver deux explications, électorale et éthique. La première s'explique du fait que s'il est question d'un militaire français non musulman de préférence, par exemple, ou d'un individu de souche européenne, on pourra tout de suite jeter pêlemêle l'extrême droite politique qui fait des efforts colossaux pour dédiaboliser son image (voir: Sommes-nous les gars de la Marine?) et le forcené dans le même panier, et inverser la tendance des intentions de votes de nombreux électeurs – n'oublions pas que la France est en période électorale – d'une part, et récupérer d'une pierre deux coups les voix des électeurs français musulmans, menacés eux aussi par la tendance représentée par un forcené qui les menace aussi (voir La théorie des ensembles). A contrario, s'il s'agit d'un extrémiste musulman,  c'est la droite de la droite qui pourra brandir le fanion du péril islamique et des nombreuses zones de non-droit décrites par des études américaines, qui servent de terreau à une culture totalitaire qui sape les fondements de la liberté durement gagnée au prix de terribles révolutions.

Pourtant, la pierre d'achoppement de cette différence ne se situe pas sur le plan du résultat ou du danger humanitaire que véhiculent le nazi ou l'islamiste, mais de la motivation de base qui prélude à leurs agissements criminels. Il suffit de prendre un peu de recul pour se mettre à l'évidence qu'à l'apogée du nazisme, le Juif n'était pas moins responsable de son malheur et des persécutions somme toute "compréhensibles" qu'il subissait en sa chair qu'il ne l'est aujourd'hui dans les consciences manipulées des persécutions subies par les organisations terroristes arabo-musulmanes. La haine des nazis contre les Juifs avait pour responsables les Juifs. Seulement, aujourd'hui, l'antisémitisme européen ne peut plus tirer profit de cette culpabilité inhérente au Juif qui fait de celui qui l'assassine un justicier ou un désespéré. Certes, la force d'inertie de la conscience collective européenne admettra toujours que l'on persécute les Juifs et non les coiffeurs, ou que le Juif n'est pas un "français innocent", mais le processus qui a fait s'appuyer la haine en Europe tour à tour sur la religion "victime" de déicisme, sur les croisades exterminatrices perpétrées par des "libérateurs", pour aboutir sur sa forme moderne, le nazisme et la collaboration, ne peut plus servir de fond ni de repère à une société responsable et honteuse de son passé obscure et meurtrier.

L'horreur indicible de la haine contre les Juifs a fini par éveiller les consciences. Des projets éducatifs amorcés après la guerre ont fini par porter leurs fruits. Pourtant, l'aboutissement à une situation idéale ne s'est pas réalisé, et une réalité dans laquelle il eût été indécent d'haïr les Juifs, "point final, on ferme le livre", d'une manière absolue, n'a été que relative – il ne faut pas haïr le Juif en l'accusant d'être déicide, d'empoisonner les puits, de répandre la misère, etc. – avant d'être franchement relativisé – mais on peut le haïr pour son sionisme etc. – et pour laquelle on échafaude sans répit un vaste contexte où il redevient permis de le détester "pour la bonne cause", à savoir la pseudo "cause palestinienne".

Comme nous l'avons vu dans Abrégé de l'historique contemporain de la guerre d'un Gog démagogue, la haine ne se fonde plus sur la tentative de déposséder Israël de son héritage spirituel, quand on lui enjoint d'abandonner son vieux Livre "désuet" et substitué par un autre qui appartient à un nouvel "élu", mais sur la tentative de déposséder Israël de sa Palestine qu'on lui enjoint d'abandonner au profit d'un autre nouvel "élu", fabriqué de toutes pièces pour se substituer à lui. On ne hait plus Israël parce qu'il ne veut pas se déposséder de son Livre, mais parce qu'il refuse de se déposséder de sa terre.

Et ce vaste contexte, on y travaille sans relâche, on l'actualise sans cesse. On "invite" des jeunes "néopalestiniens" à l'Onu, on organise des rencontres "culturelles" au sommet, etc. Ce n'est plus l'Eglise qui prend la place de la Synagogue, mais le "Palestinien" qui prend la place de l'Israélien. Bien sûr, cette méthode et ce travail acharnés présentent des risques. La haine antisémite peut être brusquement révélée, mise à nu, et fâchera jusqu'au ministre Barak contre la déléguée Ashton. Cette haine peut se retrouver brusquement retirée et désolidarisée de son "contexte" trompeur, reconnue pour ce qu'elle est, abjecte, immonde et inhumaine. Elle sera alors débarrassée du papier cadeau qui la masquait, papier cadeau au motif du "pauvre palestinien". Et les chefs de cette propagande auront l'audace de protester que l'on n'accepte plus leur "contexte", ce contexte, dévoilé, qui ne se réclame plus de la justice contre les crimes rituels chrétiens mais pseudo-palestiniens.

Ce contexte n'est pas seulement entretenu par une certaine représentante de l'UE, mais au quotidien par des médias qui lavent d'une eau empoisonnée les cerveaux de millions de téléspectateurs ou auditeurs, au point que même un Juif stupéfié par l'horreur puisse dans un moment d'absence servir de caisse de résonnance à leur infecte litanie. Insidieusement, inexorablement, le grand public se fait inculquer au plus profond de son intellect la nécessité d'en finir avec les Juifs, sur de nouveaux chefs d'accusation. Les médias y travaillent d'arrachepied. On fait feu de tout bois, on diffuse un faux reportage diffamatoire éveillant la haine contre Israël et les Juifs de la diaspora, et on monte la garde pour intimider l'éventuel homme honnête qui s'inscrira en faux contre leurs méthodes, et tairont soigneusement les deux victoires devant les tribunaux, ne retenant que celle qui prouverait le prétendu bienfondé des allégations médiatiques. Et pendant ce temps, l'autre désinformation diffusera des films avec tous les stéréotypes répréhensibles attribués aux Juifs.

Le pouvoir n'intervient pas, n'oblige pas les méga médias à ne pas diffuser de reportages ou d'émissions instillant un mauvais œil sur Israël et sur les Juifs dans le cœur d'une population alourdie par la réprobation et la haine. Il n'obligera pas non plus ces mêmes méga médias à donner la parole à un autre son de cloche. En revanche, la Quai d'Orsay condamnera la présence juive en Judée, la trouvant aussi inadmissible que la présence juive en Europe pour les anciens motifs. Un esprit critique et analytique respectueux de la position officielle du pouvoir peut se dire logiquement que si la présence juive est inadmissible en Judée, alors que le Juif en est originaire, elle est à plus forte raison inadmissible sur une terre d'exil.

Le malaise s'étend, la tension monte. Le terrain devient instable. Les Juifs sont agressés dans la rue, insultés, pris à partie. Les premiers "volontaires" à se faire justice contre eux proviennent bien sûr d'un public qui s'identifie par ses coutumes et sa religion aux victimes modernes des Juifs. Mais que prétendent hypocritement les propagandistes des grands médias? «Nous faisons notre travail étique d'information de la vérité. Ce que nous disons sur Israël est vrai, et nous ne sommes pas responsables de l'amalgame que certains font entre Israël et les Juifs de France.» Au passage, il leur arrive de ne pas hésiter à faire porter aux Juifs de France la responsabilité de cet "amalgame", par leur prise de position pour Israël. Là encore, l'apostasie qui innocentera le Juif ne doit plus se faire sur la base de son reniement de son Livre mais de sa Terre.

La vérité est qu'il n'y a pas ici d'amalgame. Bien sûr, cette famille soudée qui unit les Juifs de l'étranger et Israël ne doit pas être perçue dans le sens om il faudrait donner raison à des gens qui s'attaquent à des Juifs dans la rue pour se "venger" d'Israël, mais dans le sens où les médias doivent mettre fin à leurs attaques haineuses d'Israël parce que cette propagande va nécessairement faire des Juifs où qu'ils se trouvent les victimes des masses manipulées, soit qu'elles s'attaquent physiquement aux Juifs, soit qu'elles approuvent ces attaques. A titre d'illustration, une vaste propagande antifrançaise mettrait en danger les Français de l'étranger au même niveau que les Français de la France métropolitaine.

Il convient bien sûr de féliciter les autorités françaises pour l'élimination du forcené, mais le pouvoir central doit encore mettre un terme à la dangereuse propagande des mass-médias, pour au contraire s'en servir afin de promouvoir la paix et révéler la vérité, à commencer par l'affaire du faux reportage de la route de Netzarim (faux reportage Dura). Car toute incitation à la haine contre Israël est directement dirigée contre tous les Juifs, car c'est une seule et même grande famille, comme nous l'avons vu ce matin au Har HaMenouhoth, à Jérusalem, pendant les obsèques des victimes de la barbarie au nom de l'i-slam. Que ce soit un effet de Sa volonté que le peuple d'Israël se réunisse dans la joie de la rédemption, et de l'avènement du Bet HaMikdash. Que l'âme des victimes repose dans l'enceinte des Justes.

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 19:25
Vue-sur-la-mer.jpg
Gog est présenté dans la Bible comme le meneur des peuples qui déclareront la guerre à Israël à la fin des temps. Les prophéties réparties dans les psaumes et dans les différents versets notamment deיחזקאל  (Ezéchiel) etישעיהו (Isaïe) font état d'une agression sans précédent suivie d'une défaite à sa hauteur pour les agresseurs. En attendant d'assister à leur réalisation, différents peuples ou dirigeants tentent déjà d'intimider ou de déstabiliser Israël au regard de sa destinée et de son rétablissement  sur sa terre. La démagogie et la mauvaise foi se sont donné rendez-vous pour tenter d'annihiler la volonté de ce peuple et de lui  substituer une réflexion qui n'est pas la sienne.
Nous avons choisi ici quelques illustrations significatives de la dialectique qui a poussé le peuple israélien à la résignation, pendant la période qui a suivi l'expulsion des Juifs de Goush Katif, et qu'il s'est bien sûr avéré, pour ceux qui en auraient encore douté, que ce bouleversement terrible n'était pas le prix fort à payer pour une paix qui en valait la peine, mais de l'argent jeté dans la mer.
Voici de quelle manière on a voulu transposer le débat, comme si la désertification et la désolation imposées et traumatisantes n'avaient pas eu pour but la paix véritable, et comme si la question qui s'était posée avant avait été: «Est-ce que l'expulsion des Juifs de Gaza risque d'aggraver la situation ou non?» En ce temps-là, les démagogues pouvaient encore facilement répondre «non». C'était bien avant les missiles sur Ashdod et Béer-Cheva, et même sur Ashkelon. Ce qui s'est passé ensuite n'avait plus aucune importance pour les démagogues. Etre démentis plus tard ne les dérangeait pas puisque, comme nous venons de le dire, ils voulaient juste éviter une grande colère à la suite du redéploiement. Quand les bombes ont commencé à toucher Ashdod, l'absence totale de Juifs et de Tsahal à Gaza était déjà une vérité de fait. Ainsi, un participant à une délégation israélienne représentant la ville de Sdérot a été interrogé par la presse: «Selon vous, les bombardements que vous subissez sont-ils dus à l'expulsion des Juifs de Gaza?».  «Non, a-t-il répondu, les bombardements avaient commencé bien avant». Il a raison, alors, qui a-t-il de révoltant dans son propos?
 Transposition du débat
    Si nous tentons de répliquer en nous attachant aux aspects superficiels de l'idée, nous ouvrirons la porte à un débat stérile autant qu'épuisant du genre: «la ville de Sdérot reçoit forcément plus de bombes, puisque celles qui au départ devaient être lancées sur les Juifs de Gaza sont à présent envoyées sur Sdérot.» Ce à quoi on nous aurait rétorqué  que cette localité en aurait  de toute façon reçu autant vu l'augmentation de la production de l'armement. Et ainsi de suite. Le foyer du débat serait alors décentré et l'argumentation qui en découlerait conforterait les exécutants comme les partisans de l'expulsion des Juifs dans leur position. Ce n'est pas innocemment que les questions du type que nous venons de voir ont été largement posées, toujours le temps que le public se fasse à son nouvel environnement. L'approche des véritables problèmes a été avortée alors que le débat reformulé donnait l'impression qu'ils avaient été abordés. L'expulsion des Juifs pourra passer désormais dans l'inconscient collectif pour un acte sans conséquence du moment qu'elle n'est pas la cause des bombardements.
      On assiste à une inversion de la relation de causalité et des données du problème: si l'acte A doit impliquer le résultat B, et que A n'a pas impliqué B, il serait par conséquent honnête de revenir sur A. Ici, on n'annule pas A, en se disant tout simplement que la non obtention de B était déjà un fait ancien. A, c'est l'expulsion; B, c'est la paix et la tranquillité qui devaient être impliquées par l'expulsion; quant à l'annulation de A, elle eût dû consister dans le retour des Juifs sur les terres dont ils avaient été chassés, ce qui ne s'est bien sûr pas produit, malgré les déclarations médiatisées qui prétendaient qu'à la moindre balle tirée depuis Gaza en direction de la frontière réduite, Tsahal reprendrait position et le monde entier le comprendrait. Or, non seulement rien n'est réparé, mais de surcroît on considère A comme un événement banal et insignifiant sans incidence aucune sur la réalité. Alors si l'expulsion n'a rien à voir avec le problème, pourquoi a-t-elle été perpétrée?
    Etablissons un parallèle, à titre d'illustration: Si un terroriste promet de libérer des otages qu'il détient en échange d'une rançon, et qu'il les maintienne prisonniers après avoir été payé, se demandera-t-on si le payement de cette rançon a provoqué l'emprisonnement des  victimes, et auquel cas on pourrait effectivement répondre que le payement n'est pas la cause de la prise d'otages et rassurer les payeurs en leur affirmant qu'ils n'y sont pour rien? Allons donc! Bien sûr que non, on leur reprocherait d'avoir fait un geste inconsidéré, irréfléchi, voire complaisant envers les terroristes!
     Autre exemple: en supposant qu'un médecin prescrive à un patient qui lui fait confiance l'ablation d'un organe afin de permettre d'en sauver un autre, considéré comme plus vital, et que son diagnostic s'avère inexact après l'opération, n'allons-nous pas avoir en horreur ce docteur, et plus encore s'il tente de se déresponsabiliser en se défendant que l'ablation du dit organe est indépendante de la détérioration de celui qu'on considérait comme plus vital?
     La logique de ces suppositions est évidente. Ce qui l'est moins, c'est lorsque les données sont brouillées et que des solutions toutes faites sont proposées pour résoudre des problèmes mal posés. Dans les médias, l'effet est d'autant plus accentué qu'on nous les pose sous forme de "flashs" prétendus spéciaux mais répétitifs suivis de préférence d'un générique tapageur destiné à neutraliser toute éventualité d'un réveil de notre esprit critique et de notre bon sens. C'est ainsi que les couleuvres sont à avaler sont de plus en plus grosses. Un million et demi de citoyens sont menacés, perdent des journées de travail, d'études ou tout simplement d'une vie tranquille, on doit sacrifier une très forte portion du budget de la défense à la mise en place et au fonctionnement du dôme de fer, et tout paraît normal, ou du moins inévitable. Rappelons-nous que tout a commencé avec l'acceptation du début de l'inacceptable, c'est-à-dire les bombardements de Sdéroth, et l'expulsion de Gaza.
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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 16:16

IMG_0055.jpgLa désinformation sert de base à la guerre contre les Juifs. Elle se présente sous deux formes. La première est bien connue des habitués aux journaux radiophoniques ou télévisés. A la guerre du Liban comme depuis l'abandon de la bande de Gaza aux terroristes, les souffrances endurées par les civils israéliens ne valent pas la peine d'être portées à la connaissance des auditeurs, ni même les victimes, pour ne pas parler des dégâts matériels. Quand un terroriste se fait éliminer en flagrant délit de bombardements, les médias ont l'habitude de titrer: «Tsahal tue un "Palestinien"» ; tue, sous-entendu pour la sport : et "Palestinien", sous-entendu habitant autochtone et légitime. La seconde, et on y fait moins attention, passe par le cinéma. Il est vrai qu'elle ne présente pas des faits en les déformant, ou en ne présentant que le côté des ennemis d'Israël dans une situation donnée. Elle présente tout simplement les Juifs en ne montrant que le côté le plus abjecte des plus vulgaires d'entre eux, sans hésiter à inventer s'il le faut des situations dans lesquelles les Juifs sont présentés comme un véritable péril. Bien sûr, la moquerie et la dérision sont au rendez-vous pour mieux déjouer l'attention de l'observateur.

Cette guerre de dérision se retrouve dans les générations les plus anciennes. Des cas sont cités dans le Tanakh. Le premier groupe à se moquer d'Israël, dès qu'il accède à sa dimension nationale, est celui des Amalécites, qui ne sont pas pour rien décrits dans le texte biblique comme les «prémices des nations». Ce groupe est le premier à s'attaquer au peuple d'Israël à sa sortie d'Egypte, anéantissant ainsi tout le respect éprouvé par toute la planète qui avait profondément appréhendé et ressenti l'intervention divine dans l'histoire d'un monde sortant de son époque de tohu-bohu, et ne pouvant plus dès lors trop se sentir livré à lui-même. Le Midrash compare le respect et la crainte des nations envers le peuple sorti d'Egypte à l'effet d'une baignoire bouillante. Personne n'ose s'y tremper, mais il suffit qu'une seule personne prenne le risque pour que l'eau soit déjà moins chaude. Ensuite, échauffées par les Amalécites, d'autres nations plongent. Amalek, qui n'a absolument pas voulu prendre au sérieux cet événement de premier ordre,  peut se considérer comme le premier antisionisto-sémite, car il refuse en même temps l'idée de la religion juive, avec le don de la Torah qui représente le premier objectif de la sortie d'Egypte, et celle du sionisme, ou de la présence juive à Jérusalem, second objectif de cette libération qui s'associera au premier de sorte que ces deux aspects de la finalité du départ du peuple juif du sol de l'exil égyptien fusionnent pour que «de Sion sorte la Torah et la parole de D. de Jérusalem».

Considérons un autre exemple de sens aigu de la plaisanterie, où entrent en scène des Ammonites boutentrains. Leur humour cordial les inspire tant qu'ils s'autorisent à raser la moitié de la barbe des envoyés de David venus présenter à leur nouveau roi ses condoléances. Cet humour ammonite cinglant (voir II Samuel 10, 4), doit avoir un effet désopilant titillant les nerfs zygomatiques pour en faire bouger l'apophyse de plus d'un antijuif, mais il est cependant permis de comprendre que tout le monde n'apprécie pas cet humour et que les victimes de la plaisanterie aillent se cacher jusqu'à ce que leur barbe repousse. On peut aussi ne pas s'étonner que la Ammonites, riant jaune tout d'un coup, appellent les Syriens en renforts par peur de possibles représailles.

Plus tard, pendant le long exil d'Edom, la moquerie contre les Juifs est en vogue, tout autour de la méditerranée. Au moyen âge européen, on promulgua l'obligation du port de la rouelle ou autres accoutrements ; en zone islamique, les Juifs n'avaient pas le droit de monter à cheval mais seulement sur un âne. De telles mesures s'apprêtaient mieux à leur ridiculisation qu'une égalité des droits vestimentaires et locomotifs, qui aurait attristé beaucoup trop de monde. Si Certains accoutrements peuvent entraîner le rire, on peut se rendre aujourd'hui ridicule en s'affichant en public dans une drôle de voiture, qui se distinguerait par la forme ou la couleur. Quand on ne roulait pas en voiture, le moyen de locomotion qui prêtait le mieux à rire était l'âne. Cet animal, que ce soit ou non justifié, est assimilé à la bêtise au point que son nom, dans de nombreuses langues, en a formé le premier synonyme. En interdisant le cheval au Juif, certaines civilisations ont voulu faire de lui au regard de l'homme ce que l'âne est au cheval, c'est-à-dire une caricature ; le Juif serait donc à l'homme ce que l'âne est au cheval, une copie grotesque. La différence entre le rapport de l'âne au cheval en Afrique et celui du singe à l'homme dans certaine théorie européenne est que le premier propose une exposition «en parallèle», en simultané, alors que le second opte pour une présentation «en série», linéaire ou chronologique.

Un nouvel essor désopilant est offert à des foules moroses en quête de distraction avec le cinéma qui, reconnaissons-le, est une aubaine pour une grande diffusion. Un certain film*,  encensé par les critiques, composé de plus de 600 plans, a fait plus de vingt millions d'entrées, et a même, sauf erreur, obtenu le Lion d'Or en Italie. Tous les stéréotypes associés aux Juifs entrent en scène. Physiquement, leurs cheveux sont négligés, brillants de crasse, et ils gesticulent en toutes sortes de mimiques caractéristiques des profonds défauts dont leur environnement général les affuble. Au niveau du caractère, le principal héro est rusé, hypocrite et flatteur pour mieux escroquer le riche en difficultés qu'il s'est choisi pour proie. Il feint de ne pas comprendre pourquoi on lui fait des problèmes pour mieux lui faire sentir qu'il se rangerait ainsi de son côté. Les Juifs sont présentés avec un drôle d'accent, soit inspiré de certains milieux juifs réels, soit pédant et rehaussé d'expressions singulières ou étrangères pour impressionner leurs interlocuteurs par leur niveau d'instruction qui les laisserait loin derrière eux. Sur le plan des mœurs, ils sont sans pudeur et sans vergogne pour assouvir des besoins impulsifs en usant de culot, de séduction et d'incorrection pour donner libre cours à des besoins sexuels irréfrénés en abusant ou en forçant la main de maintes femmes, libres ou non. On les montre aussi sous un angle extraverti, prétentieux et volontiers bruyant. Bien entendu, on peut relever également un certain antiféminisme dès que certaines jeunes femmes se complaisent au bras de «héros» dépeints comme de vils pervers dans certaines scènes du film.

Serait-ce pourtant l'attitude que le judaïsme exige de ses fidèles? A en croire cette forme hautement attractive de cinéma, on pourrait le croire en effet. Si nos Sages signifient que les traits de caractère qui doivent définir le Juif sont l'humilité, la miséricorde et la charité, le tapage médiatico culturel d'une certaine forme de cinéma impose une vision du Juif aux antipodes de ce qu'exige sa tradition. Pourtant, les traits de caractère définis par la tradition rabbinique font réellement partie du caractère national juif, puisque Tsahal est la seule armée au monde à ne pas s'adonner à la razzia, viol et pillage, de populations ennemies soumises. Mais en admettant, pour ne faire de généralités, ni dans un sens ni dans l'autre, qu'il existe dans le monde juif effectivement des personnes dont l'attitude est relâchée et impulsive, ce n'est pas au judaïsme qu'il faut l'imputer, mais au contraire à un éloignement plus ou moins prononcé de ses valeurs. De plus, la forme de cinéma qui nous occupe ici vient rechercher en gros plan ce qu'il peut y avoir de plus dégradant, quand le scenario n'est pas fondé sur le mensonge du début à la fin, et des personnages au caractère caricatural seront aussi représentatifs du peuple juif en général que peut l'être un poireau montré en gros plan sur une photo prise d'une partie d'un visage par ailleurs gracieux.

Il faut toutefois reconnaître au final que les films ou autres œuvres qui dépeignent les Juifs sous leurs angles les plus défavorables sont économiquement rentables, surtout si on sait agrémenter les mensonges et les exagérations en rendant crédibles en y ajoutant des éléments réellement puisées dans le folklore juif. On intercalera des plans filmés dans une véritable synagogue ou sur le Pletzl, le déroulement liturgique d'une circoncision dans les règles de l'art, ou on demandera à un authentique Juif traditionnaliste de jouer avec exagération le père ou la mère juive rongés par l'inquiétude pour un fils qui passe le bac ou tout autre examen «important», ou pour une fille qui doit se fiancer. Ce thème offre maintes occasions de laisser libre cours à la «création» caricaturale. Ces films par l'intermédiaire desquels les réalisateurs, producteurs et autres intéressés savent renflouer les caisses en montrant les Juifs comme des gens qui aiment l'argent – un comble! – sont eux qui peuvent aussi s'attirer les feux favorables de la critique et parvenir à la gloire de la grande diffusion.

 Les mêmes principes touchent le monde de l'écriture. Un pavé qui décrivait le monde de la prostitution, réel ou supposé, d'une communauté juive d'un pays d'Afrique du Nord avait obtenu un prix littéraire. Un autre, qui par contre a montré Israël comme le porteur du message divin adressé au monde entier, de sainteté et de perfectionnement du genre humain, a eu un impact à peine remarqué.

Le plus étonnant, c'est quand des Juifs se laissent séduire par ces parodies dégradantes. A moins que certains ne se reconnaissent dans ces images de personnages vulgaires, obscènes et à l'affut du gain, comme me l'a suggéré Shlomo D., de Bet-El ; et qu'au lieu d'en éprouver des remords, ils s'en sentiraient fiers à l'instar de cet individu qui braqua un jour une banque rien que pour se voir en photo dans le journal.

Un célèbre humoriste disait dans les années 80 que les Juifs étaient suffisamment humbles, ou n'avaient pas «trop la grosse tête», de sorte qu'ils étaient capables de rire d'eux-mêmes sans se froisser. Un autre, à l'œil acerbe duquel rien n'échappait – qui avait dit notamment que D. avait séparé l'humanité en deux catégories, les Juifs et les antisémites – affirmait que l'on pourrait rire de tout, mais pas avec tout le monde. Cette idée, qui n'est pas nécessairement juste fondamentalement, a cependant le mérite d'éviter de faire du mal à des gens avec qui on ne peut rire de certains thèmes. Pourtant, rire absolument de tout conduit à la fermeté de cœur et rend le consommateur d'humour à outrance insensible. Une série de sketchs bien ajustés, qui prendraient pour objet les pauvres, les autostoppeurs ou toute catégorie de personnes ayant besoin d'un service, pourraient avoir pour résultat qu'un riche se torde de rire à la vue d'un pauvre au lieu de lui venir en aide, ou qu'il accélère en riant à la vue d'un voisin trempé à la station de son bus qui n'arrive pas et dont la toiture s'est envolée.

Si faire des farces est de l'humour, Gotlib, de son humour glacé et sophistiqué, pour le reprendre, a fort bien dépeint le désagrément et le danger encourus par les victimes de plaisantins qui prennent les choses du bon côté ; victimes qui se verront reprocher leur mauvais caractère si elles protestent. A quel moment le gag de la peau de banane fait-il rire? Quand celui qui pose le pied dessus perd l'équilibre, ou quand il se fracasse le crâne contre une pierre mal placée? Et celui de la tarte à la crème? Quand le visage du receveur devient méconnaissable ou quand il en avale dans les poumons?

Les gens sensés objecteront que cette violence de l'humour n'a rien à voir avec la réalité, puisqu'elle ne perfore ni la feuille sur laquelle s'imprime la bande dessinée ni l'écran du cinéma, que les acteurs ne prennent pas de risques réels, qu'ils ne risquent pas de sursauter ou d'attraper une crise cardiaque, puisque leur surprise est toujours feinte, de même que ces autres acteurs ne meurent pas réellement dans les films de violence.

En écoutant donc les gens sensés, on comprend que le problème ne continue à se poser que pour les gens insensés, ou pas assez sensés, qui risquent trop facilement d'extrapoler et de répéter les comportements vus au cinéma, ou d'en exporter la rancœur ressentie contre des gens de l'extérieur. Ceci n'est pas moins dangereux dans le domaine de l'humour farceur dont le dindon devient réel que  de la violence tout court, quand une poursuite en voitures jouée pour un film, qui emploie dans le plus périlleux des cas des cascadeurs, si elle n'est pas uniquement constituée d'images de synthèse, peut donner envie à de véritables fous du volant potentiels de s'en inspirer.

Nous pouvons envisager d'autres réactions qui varieront selon que le consommateur de gags est sensé ou insensé. Quand Louis de Funès fait le pitre dans un costume de Juif orthodoxe, le cinéphile avisé sera-t-il suffisamment mature pour se contenter de le trouver risible, ou alors, aura-t-il tendance à se moquer par extension de tout Juif orthodoxe réel qui passe à sa portée, pour développer envers tout un public une forme de mépris qui s'arrêtera à l'indifférence dans le meilleur des cas et ira jusqu'à la haine s'il est plus atteint? Les personnages de Salomon et de Hanna, dans le même film, dans l'entendement du spectateur, sont-ils drôles de façon exclusive, ou bien risquent-ils de pousser certains esprits faibles à prendre en grippe d'une façon beaucoup plus globale ces deux prénoms, voire tous les prénoms de consonance biblique?  Dans ces cas de figure, on pourrait effectivement donner raison au dicton qui veut qu'il est permis de rire de tout mais pas avec tout le monde. (Le principe reste encore une fois le même pour les films de violence, dont tous les spectateurs ne deviennent pas dangereux en repartant).

Dans ces conditions, si l'effet nocif ou inoffensif d'un film ne dépend plus que du spectateur, un peu comme le pollen n'est dangereux que pour les aviateurs qui ont le rhume des foins, il ne reste plus qu'à faire subir des tests psychiatriques à l'entrée des salles de cinémas, pour éliminer d'emblée les esprits faibles exposés aux effets secondaires. En effet, on n'ose imaginer ce que pourrait faire un individu de faible consistance psychique qui sortirait d'une salle de cinéma après un film où le héros tue sans autre forme de procès tous ceux qui le rendent nerveux! Ou de quel regard un non-Juif influençable regarderait n'importe quel Juif après s'être fait bourré le crâne pendant plus d'une heure trente par une brochette d'acteurs qui jouent tellement bien leur rôle d'imbéciles outrecuidants qu'ils le paraissent vraiment et qui font croire par extension que tous les autres Juifs seraient comme eux! Quoi qu'il en soit, placer des psychiatres à l'entrée des cinémas pour prévenir le danger n'est pas forcément efficace sur le long terme, et une trop forte consommation de ce genre de film laissera indéniablement une marque indélébile sur l'inconscient ou le subconscient, ou les deux.

Mais alors, objecte-t-on dans le fond, de quoi est-il permis de rire? Le dénominateur commun au grotesque, au quiproquo, à la parodie, etc. ou à l'observation insolite à laquelle on n'avait pas pensé, et qui suscite le rire ou un vague amusement intérieur, c'est de mettre le doigt sur ce qui est bancal dans un système blindé en apparence, de montrer par une judicieuse remarque souvent très brève et très pertinente le bât qui blesse, et de faire tomber les masques.

Il sera donc salutaire de se rire du bluff et du mensonge, de l'idolâtrie, des sectes, des systèmes politiques vantant l'exploitation de l'homme par l'homme ou l'inverse, de figures respectées sans être respectables, quand leur nuisance pour la société est attestée avec certitude, et de tout édifice démagogique imprenable à première vue mais dangereux si on le laisse agir. Les vrais humoristes donnent plus de sueurs froides aux politiciens que leurs opposants politiques. De plus, l'humour n'est pas quelque chose à prendre toujours au premier degré et peut échapper à un observateur non averti. Une bande dessinée pour enfant ne le fera pas rire, car il ne verra pas qu'elle passe au crible les comportements insensés du monde des adultes.

En revanche, rire de la souffrance, de la misère, de ceux qui viennent lutter pour améliorer la condition humaine loin des projecteurs, de la noblesse réelle de cœur quand il ne s'agit pas d'une mascarade, de l'obligation morale d'Israël et de son système social et juridique inégalé, du haut niveau moral que la Torah impose aux Juifs et qu'ils acceptent, s'interdisant jusqu'à la souffrance de l'animal en refusant la consommation du sang, ou en imposant le repos hebdomadaire aux employés et aux bêtes de somme, ne permettant depuis des temps immémoriaux le mariage que par consentement mutuel, en respectant des règles de pureté familiale qui obligeront le «sexe fort» à se dominer  et à ne pas faire de sa femme un objet etc. etc., c'est le signe révélateur d'une intention perverse, d'une moquerie et d'une indifférence vis-à-vis de la notion du bien au profit de la notion du mal. Or, la conscience de ces deux notions est refoulée par la peur d'être accusé de manichéisme.

Evidemment, tout n'est pas blanc ou noir, le gris existe aussi. Les gris, qui sont plus de quinze mille, si on se fie aux écrans d'ordinateurs et aux imprimantes que la publicité nous vendait avant la couleur, autour du début des années 90! Mais si le gris reste un mélange de blanc et de noir, on peut toujours faire la part des choses, ou effectuer un tri… Evidemment, tout n'est pas vert ou rouge… (version modifiée pour un lecteur qui serait choqué par ce paragraphe).  

Cet exposé vient nous montrer que les éléments de la proposition ci-dessus doivent être remis dans le bon ordre:

Il ne faudrait pas dire: «On peut rire de tout, mais pas devant tout le monde» ; mais «On peut rire devant tout le monde, mais pas de tout», ou, pour la clarté de l'énoncé: «On peut rire devant tout le monde, mais on ne peut pas rire de tout». Nuance!

Donc, que des gens qui n'apprécient pas beaucoup les Juifs sionistes et les Sionistes juifs se délectent d'un certain type de film ou de culture passe encore, mais que des Juifs y adhèrent, alors là! Que des Amalécites amputent de leur signe d'alliance des Hébreux tout juste sortis d'Egypte (explication de Rashi sur le verset 25, 18 du Deutéronome, fin de la parachat Ki tessé. Le verset est traduit par le rabbinat français: : «Comme il t'a surpris chemin faisant, et s'est jeté sur tous les traînards par derrière.») et le jettent en l'air, passe ; mais qu'un Juif se le fasse subir à lui-même, alors rien ne va plus, et que l'on ne vienne pas nous dire que ça vaudrait la peine pour un premier prix à l'Eurovision!

Un autre film, qui ne vaut pas que l'on en cite le titre, montrait avec beaucoup de moquerie un Juif observant qui résistait à la tentation charnelle de femmes qui le tentaient. Mais que voulait dire ce film? Que même un Juif religieux est en proie à des pulsions? Mais c'est justement parce que l'homme n'est pas un ange qu'il est d'autant plus méritant qu'il est capable de se maîtriser et d'améliorer sa nature. Le Midrash le dit aussi pour la nourriture: «Ne dis pas que tu n'es pas tenté. Dis: "Je suis tenté, mais que ferais-je, puisque D. me l'a ordonné"». (Sifri Lévitique, 20, 26) L'idée selon laquelle un Juif ne transgresse pas une interdiction parce ça ne lui dit rien est doncerronée. «Fais-le, tu vas voir ce que tu rates!» est une réflexion prétendument amicale qui n'émet pas sur la bonne longueur d'ondes. A contrario, se libérer de cette volonté transcendante et se vouloir athée ne conduit pas à la liberté mais pousse à un assujettissement par le bas. En tout état de  cause, certains caricaturistes doivent confondre entre le judaïsme et autre chose, car le judaïsme n'a pas ordonné de se brimer le corps et ses diverses fonctions vitales. Tout acte interdit correspondant à un acte permis qui lui ressemble, et même en restant dans ce qui est permis, il faut savoir si on va s'élever ou au contraire s'enfoncer, ce défi n'étant pas gagné d'avance, d’où la prière de Rosh Hashana, où nous souhaitons d' «être à la tête et non à l'arrière», ou, d'une certaine manière, que notre tête décide où ira notre corps, et non pas que notre corps entraîne notre tête là où ses pulsions le poussent.

Il ne faut pas craindre de revendiquer la tête haute son judaïsme et ne pas se laisser imposer une forme de culture à bon marché qui voudrait nous poursuivre jusqu'en terre d'Israël, et que nous nous auto humilions pour une nostalgie inconstructive. Bonne fête de Pourim!

*Grand concourt désintéressé: de quel film est-il question ici?

(Titre premier: l'humour, c'est sérieux, sur Israël 7 et Israël-flash. L'introduction a été modifiée pour l'adaptation au sujet énoncé par le titre).

 

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 14:49

Que signifie ce chant ? Que symbolisent donc cet aigle, ces éléments du temps, passé ou présent,  jour ou nuit? Quel message, quelle parole l'aigle ou ce qu'il représente tente-t-il de dire au narrateur? Quelle spiritualité peut bien représenter ce ciel, et sur quelle terre sous-entendue serait-il question d'un sommeil? L'explication de texte qui va suivre part du principe que ces questions peuvent ne pas avoir été posées. Quoi qu'il en soit, il est trop tard pour demander à l'auteur quelle était son intention. A moins qu'il n'existe des notes quelque part. Ce texte peut en tout état de cause représenter des similitudes troublantes avec l'espoir d'un peuple multimillénaire, mais qui a pu par moments se décourager ou oublier l'issue de son histoire, et de sa rédemption. Des parallèles vont être établis ou du moins suggérés dans ces lignes.

Le titre: l'aigle représente une puissance supérieure sur laquelle on peut se reposer, comme des enfants rassurés et confiants sous la protection de leur père. «Tel l'aigle qui éclaire son nid, qui couvre ses enfants de ses ailes» (Deutéronome 32, 11). Or, l'aigle du chant est dépeint en noir, l'obscurité, le contraire de la lumière. Cette clarté du Père qui est aux Cieux a été donc perdue de vue, oubliée, éclipsée par l'orage et les vicissitudes d'un long exil où la langueur s'est installée dans une longue hibernation,  sommeil de l'hiver de cet exil.

Un beau jour ou peut-être une nuit
le temps de la rédemption, d'après la tradition rabbinique, ne se situe ni la nuit ni le jour, mais «entre les soleils», entre le coucher du soleil et la sortie des étoiles. «Ce sera vers la fin de la journée, ni le jour ni la nuit… ce soir jaillira la lumière» (Zacharie 14, 7). Quant au parallélisme qui fait correspondre chaque jour de la création à un millénaire de l'existence terrestre, il nous ramène au crépuscule du sixième millénaire, après l'an 5700 du calendrier hébraïque.

Près d'un lac je m'étais endormie
L'eau purifie, elle extirpe des profondeurs de l'abîme. Elle attribue une renaissance au corps et à l'âme. L'immersion précède la réunion allégorique du bienaimé et de la bienaimée du Cantique de Salomon. Cette eau se tient là, endormie aussi, sous la forme immobile d'un lac. Autrement, l'eau symbolise la Torah, qui permet l'entretien immuable et indéfectible de la flamme, identité et espérance fidèles.

Quand soudain, semblant crever le ciel
Et venant de nulle part,
Surgit un aigle noir.

Après des siècles d'immobilité, tout se met très vite en mouvement. Il est bien question ici d'une force transcendante, qui ne vient pas du monde de la création mais au-delà. Cet aigle représente la force motrice qui concrétisera la délivrance de l'exil. Le symbole de l'aigle remonte à une époque antérieure, comme nous le verrons plus loin.
Lentement, les ailes déployées,
Lentement, je le vis tournoyer
Près de moi, dans un bruissement d'ailes,
Comme tombé du ciel
L'oiseau vint se poser.

Les moyens mis en œuvre pour accomplir la délivrance s'adaptent à la vitesse limitée de celui qui est sauvé. Trois articulations évoquent le mouvement aérien: «tournoyer», «bruissement», «tombé». Le premier est perceptible par le regard, «je le vis», le deuxième par l'ouïe, le «bruissement» émettant un son; et le troisième conjointement par ces deux sens.
Ces trois articulations peuvent faire allusion aux trois délivrances: Egypte, Babel, Edom.
Il avait les yeux couleur rubis
Et des plumes couleur de la nuit
À son front, brillant de mille feux,
L'oiseau roi couronné
Portait un diamant bleu.

Nous retiendrons ici  les nouveaux éléments suivants: le rubis, évocateur de la braise, de l'autel de Jérusalem, «Un feu permanant brûlera sur l'autel» (Lévitique,6, 6). La pleine délivrance verra la restauration de l'autel en son lieu d'origine ; le diamant bleu se rapprocherait donc quant à lui à la couleur saphir du Trône céleste. (L'Exode 24).

De son bec, il a touché ma joue
Dans ma main, il a glissé son cou

le bec, makor dans les textes hébraïques, est l'homonyme de la source, ou du ressourcement. Le cou, à l'opposé de la fameuse nuque raide, est une valeur absolue et inébranlable qui résistera à tous les entêtements négatifs. Le Roi des Rois, symbolisé par l'aigle, vient rappeler que les valeurs qu'il a inculquées à sa création résisteront à toute doctrine ou culte étrangers. La main, les actes, doivent suivre non pas la nuque raide de l'homme réfractaire, mais la Torah inaltérable de son D.
C'est alors que je l'ai reconnu
Surgissant du passé
Il m'était revenu
.
Ce passage confirme l'explication suggérée plus haut: le passé, c'est-à-dire l'époque de la sortie d'Egypte, quand l'extraction du peuple hébreu et son déplacement vers le Sinaï sont comparés à l'action qu'effectuerait un aigle: «Et je vous rapporterai sur les ailes des aigles» (L'exode 19, 4).

Dis l'oiseau, o dis, emmène-moi
Retournons au pays d'autrefois

Le pays d'autrefois, la terre de Canaan.


Comme avant, dans mes rêves d'enfant,
Pour cueillir en tremblant
Des étoiles, des étoiles.

Ces lignes expriment une prière explicite pour que le cœur blasé redevienne capable de vibrer. «Je retirerai le cœur de pierre et je mettrai en vous un cœur de chair» (Ezéchiel, 36, 26). Les étoiles symbolisent la descendance nombreuse, mais également la restauration de la royauté de la tribu de Yéhouda: «Je le perçois, mais il n'est pas encore temps. Une étoile surgira de Jacob… et Israël vaincra, un souverain va naître de Jacob» (Les Nombres 24, 17-19).

Comme avant, dans mes rêves d'enfant,
Comme avant, sur un nuage blanc,
Comme avant, allumer le soleil,
Être faiseur de pluie
Et faire des merveilles.

Dans ce passage, «comme avant» apparaît trois fois. On peut y voir les trois installations d'Israël en ses frontières: après les trois exils susnommés. L'enfance représente le début de l'histoire d'Israël en tant que peuple ; le nuage blanc évoque la nuée qui guidait les Hébreux dans le désert, et la symbolisation de la Présence divine au dessus du Saint des Saints, à Jérusalem, ville dont l'un des nom est «la Blanche» (Lebanon). (Deutéronome 3, 25) ; «allumer le soleil», c'est le candélabre, la Ménorah, allumée quotidiennement dans le Temple ; et la pluie, c'est la quantité d'eau qui doit tomber pendant l'année et qui est décidée par décret céleste au moment de la fête de pèlerinage des Cabanes (Souccoth) (Talmud Rosh Hashana 1a).  
L'aigle noir dans un bruissement d'ailes
Prit son vol pour regagner le ciel

Quatre plumes, couleur de la nuit,
Une larme, ou peut-être un rubis
J'avais froid, il ne me restait rien
L'oiseau m'avait laissée
Seule avec mon chagrin

Un beau jour, ou était-ce une nuit
Près d'un lac je m'étais endormie
Quand soudain, semblant crever le ciel,
Et venant de nulle part
Surgit un aigle noir.

La fin semble présager un échec, comme si la poétesse avait raté l'appel de l'aigle venu pour la ramener dans son pays d'autrefois, où rayonne le soleil de la foi.

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