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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 11:40

La dialectique de la gauche s'attache à des principes, qu'elle met en valeur en les isolant du contexte général et qu'elle grossit caricaturalement à la loupe pour délégitimer et effrayer ceux à qui elle s'attaque. Chacun de ces principes, choisi pour être mis en avant, est formulé le plus simplement du monde. Il se compose d'un mot ou d'une phrase courte. Celle-ci est moins percutante par sa teneur et son sens que par la manière arrogante et méprisante d'être employée. Quand elle est contestée, la résistance sera vite étouffée dans l'œuf car la gauche, ou l'extrême-gauche, empoigne de force les rênes du dialogue. Quant à ceux qui refusent de se battre sur son terrain, le jugeant miné et truqué, ils seront encore plus simplement diabolisés.

Par conséquent, pour échapper à la diabolisation, ils auront le choix entre se taire et éviter de penser, d'une part, ou être montrés du doigt jusqu'à ce qu'ils soient définitivement pestiférés et mis au ban de la société. S'ils parviennent malgré tout à résister jusqu'à se faire une place à la Knesset, ils en seront rayés. Cependant, ce cas reste rare et, en général, les gens préfèrent s'aligner et ne pas se mettre sous les feux de la démagogie. Pire, ils finissent pour la plupart à réagir selon la volonté des censeurs de la pensée et de la morale.

Quelques exemples illustreront ce phénomène. Le premier que nous avons choisi expliquera comment on est arrivés à un tel problème démographique en Israël, où la présence islamique est devenue une véritable menace. Les seules solutions envisagées viseront à rendre cette menace moins prépondérante. L'une des plus remarquées a été celle de l'immigration d'un million de  ressortissant de l'ex Union soviétique. S'il est vrai que l'Etat d'Israël a pour vocation de rassembler les exilés du peuple juif dispersés à travers le monde, il n'en est pas moins vrai que les responsables politiques y voyaient une solution à la menace démographique, et qu'ils sont allés jusqu'à se montrer très indulgents vis-à-vis des preuves souvent légères de la judéité des candidats à l'immigration. Car dans la pratique, de nombreux non-juifs ont été amenés ici, et c'est la raison pour laquelle il ne faut pas s'étonner de voir périodiquement s'afficher des coutumes qui n'ont aucun rapport avec le judaïsme.

Pour parer au problème démographique, on a aussi proposé de faire profiter les Arabes de la modernité pour les pousser à diminuer leur taux de natalité. Il est vrai que cette idée apporte certains résultats. Mais, se dirait un observateur neutre, comment se fait-il que dans tout le spectre politique, il n'y ait pas la moindre formation qui exige d'encourager le départ des populations non-juives dont l'hostilité à l'Etat d'Israël et la haine vouée à ses Juifs, au lieu de diminuer, devient de plus en plus virulente? La réponse à cette question se trouve dans notre premier paragraphe. Il y a environ trente ans, ce débat existait pourtant, et opposait les partisans d'un transfert des populations qui ne s'identifient pas à l'Etat d'Israël, à ceux qui prônaient une occidentalisation qui les rendrait plus tolérants à la longue et les amènerait à considérer leur religion comme une liberté privée, sans aucune ostentation.

Donc, le débat ne s'est par terminé parce que les partisans de leur maintien ont trouvé des arguments plus convaincants que ceux qui préféraient les voir partir, mais parce que ceux-là ont opté pour une attitude vindicative. Des censeurs se sont dressés pour crier l'immoralité, l'inhumanité, le manque de sensibilité juive, etc., de ceux-ci. Mais ils n'ont pas eu à subir en échange une indignation à la hauteur de la leur. Aucun parti ne s'est vraiment indigné du fait que des Juifs puissent être encore les victimes de l'antisémitisme alors qu'ils vivent enfin dans leur pays souverain. L'une des formules disait ceci:

«Pour les expulser, il faudra d'abord nous passer sur le corps. Nous sous coucherons sous les roues des autobus!». Ce qu'il faut retenir de cette formule, ce n'est pas l'abnégation ou le courage de celui qui la prononça, mais l'association entre l'idée du déplacement de populations et celle d'un prétendu appel au meurtre de cette personne. Déplacer les populations hostiles implique donc la volonté d'assassiner ceux qui veulent leur maintien. Cette affirmation sous-entend: «Comment? Y aurait-il des gens suffisamment fanatiques et haineux pour condamner à mort des gens pour leurs idées? Mais où sont la liberté d'expression, la démocratie?» Ce terrorisme de la parole a bien fonctionné, et il ne se trouve plus aucun parti, ni aucun penseur, qui vous dira que tout irait mieux si les plus gênés partaient. S'il y a vingt-cinq ans, Guéoula Cohen disait encore: «On aimerait tellement se lever le matin, et constater qu'ils sont partis, mais…», aujourd'hui, vous pourrez même tomber sur un habitant du sud de la région d'Hébron vous répondra: «Mais pourquoi voudriez-vous qu'ils s'en aillent?» Dans tous les cas, mêmes les gens les plus menacés par l'antisémitisme ne diront plus ouvertement que les populations génératrices d'attentats et de haine devraient être dirigées vers des pays où ils se retrouveront à tous les niveaux.

Voyons à présent comment ce type de débat s'est répété lorsqu'il fut question d'armer les terroristes. L'un des arguments avancés à l'intention du grand public voulait que l'Olp assure la sécurité d'Israël, aussi aberrant que cela puisse paraître. Une expression idiomatique répandue en Israël veut en effet que l'on ne fasse par «surveiller le lait par le chat». En outre, un principe israélien bien connu avait toujours consisté jusque là à ne pas compter sur des étrangers pour nous défendre.  La première petite phrase percutante qui allait bousculer cet équilibre énonçait avec une implacable logique: «sans Cour suprême et sans "Betselem"», sous-entendu que la répression antiterroriste censée être menée par l'Olp n'allait pas se heurter au véto de la haute cour de justice de tendance extrême-gauchiste ou des organisations extrémistes soucieuses du bienêtre de l'ennemi.

Cette considération n'était pas dénuée de bon sens. Il faut bien reconnaître que quand des arabo-musulmans poursuivent des arabo-musulmans, personne ne s'en mêle. Les événements récents nous ont montré comment les instances internationales restent indifférentes aux massacres en Syrie ou aux tirs sur la foule en Egypte. Rabin avait vu juste puisque, bien après lui, Tzippi Livni a été menacée d'être arrêtée en Angleterre suite à l'opération Plomb coulé, sans compter la manière à laquelle tout son gouvernement a été condamné par le rapport Goldstone, même s'il s'est rétracté par la suite.

C'est vrai, les dictateurs arabo-musulmans n'ont pas de comptes à rendre. Ils ont le droit de massacrer en masse. Par contre, Israël est poursuivi quand il écrase des lanceurs de missiles. Mais de là à introduire un dictateur terroriste à nos portes, en le laissant encercler Jérusalem sur trois côtés, il n'y a qu'un pas. Or, il a été franchi et Israël a été plongé dans l'horreur, jusqu'à l'opération Rempart (חומת מגן  ). Les terroristes n'ont pas eu à craindre les tribunaux, et c'est peut-être ce qui ne les a pas dérangés pour lancer des attentats-suicides contre les enfants israéliens.

Une petite phrase vindicative et assassine avait pris l'habitude de dire: «On ne peut rien faire contre un attentat-suicide», pendant qu'un peu partout, les bus et les cafés bondés explosaient. Et les citoyens excédés à juste titre manquaient de la plus élémentaire des patiences. Ils ont eu droit à l'appellation peu flatteuse d'«opposants à la paix», ce qui les a sensiblement mis dans le même sac que les «ennemis de la paix», à savoir les auteurs des attentats. Avec ces petites phrases assassines, les nouveaux défis consistaient alors à essayer de calmer les impatients et à ne pas laisser les «chances à la paix» échouer en se laissant décourager par les «ennemis de la paix». Et l'Olp dans tout ça? Mais ce groupe était entretemps devenu un ami! Puisque, n'oublions pas la petite phrase sentencieuse, «C'est avec ses ennemis qu'on fait la paix.» Que de petites phrases piquantes qui nous font nager dans l'absurde le plus absolu tout en croyant être dirigés par la logique la plus implacable!

Quant à ceux qui se sont opposés dès le début du processus aux négociations, ils ont été neutralisés, critiqués et diabolisés. On leur a tout simplement reproché de ne pas accorder d'importance à la vie humaine. La teneur hautement péjorative du concept du «grand Israël» s'est accentuée pendant toute la période des accords d'Oslo. La tendance naturelle du peuple d'Israël à s'établir sur toute sa terre devenait un crime. Ceux qui défendaient leurs droits devenaient presque des bourreaux. Ils préféraient la poussière du sol à la vie humaine. Ils étaient tout simplement sanguinaires, «contre la paix». Certes, les événements survenus ultérieurement à cette propagande ont montré de quelle manière les accords avec les terroristes ont servi la cause de la vie et de la paix.

Le dernier exemple de phrase passe-partout que nous rapporterons ici sert à mépriser la valeur de la vie humaine des pionniers en Judée-Samarie. Au lieu de condamner d'une manière univoque les terroristes qui sèment le malheur en s'attaquant le plus souvent à des innocents désarmés, on s'en prend aux victimes: «Mais qu'est-ce qu'ils vont faire là-bas?» Il est vrai que cette phrase n'a rien présagé de bon, quand, à différentes occasions, les endroits réputés comme sûrs sont devenus dangereux. (Missiles irakiens lors de la guerre du Golfe, du Hezbollah sur Haïfa, tirs à la mitrailleuse sur le quartier de Guilo à Jérusalem, etc.)

Quand Ilan Mizrahi a été kidnappé, assassiné et brûlé, vers le début de l'ère d'Oslo, et que ses restes calcinés n'ont pu être identifiés dans le coffre de la voiture où les terroristes arabes l'avaient enfermé que d'après la forme de sa dentition, la réaction du gouvernement lui avait reproché d'avoir cherché à se procurer des œufs à bon marché. En effet, Ilan, jeune marié, avait trouvé près de Ramallah un élevage de poules en batterie et s'était arrangé avec l'éleveur. Il revendait une partie de la marchandise dans son quartier. Un vendredi, les assassins l'ont attrapé. Peut-être avait-il fait confiance aux espoirs distillés par le gouvernement et les médias sur un avenir de paix qui venait alors tout juste de s'ouvrir? N'avait-il pas trouvé le moyen de travailler avec un individu du camp des «partenaires de la paix?»

Sur une route qui a été fermée et interdite aux Juifs depuis, la famille Tzour revenait d'une réception chez le frère de la mère, Ita. Le véhicule familial roulait sur la route Wallerstein, entre les villages de Dolev et de Bet-El. Portant le nom du président du Conseil régional de Benyamin, cet axe permettait de rejoindre la région de Tel-Aviv sans faire des dizaines de km de détours. A mi-chemin, une voiture les a doublés. Ses occupants ont ouvert le feu, touchant d'abord le moteur pour immobiliser leur proie. Ils ont eu le temps de bien viser, même si l'attaque a duré moins d'une minute, d'assassiner Ita et son fils, Ephraïm, âgé de dix ans. Les tueurs ont trouvé refuge à Ramallah.

Des dizaines de pages ne suffiraient pas pour rappeler tous les actes meurtriers de la haine contre les Israéliens, contre les Juifs en général. Les réactions gauchisantes et méprisantes sont un bourrage de crâne qui finit par insensibiliser aussi le cœur. Ce type de réaction, toujours en train de demander ce que «ces gens font là-bas», alors qu'elle provient d'une catégorie de raisonneurs qui se veulent humanistes et défendeurs du droit universel qui reconnaît à l'homme le choix de vivre où bon lui semble, s'est fait plus silencieux chaque fois que les événements ont révélé la précarité de la sécurité dans les grandes villes. Mais il n'en demeure pas moins que cette attitude recèle un contagieux mépris de la vie.

Les tremblements de terre en Turquie, les grands raz-de-marée en Thaïlande, ont fait des victimes israéliennes. Voici à peu près deux mois, un attentat a touché des Israéliens… en Bulgarie. L'épreuve de l'âme sensée consiste en pareilles situations à ne pas tomber dans ce travers, celui de la petite phrase assassine: «Mais qu'allaient-ils donc faire là-bas», ou, dans le langage de Molière, «Qu'allait-il faire dans cette galère?», question bien fourbe de la part de ses auteurs.

Il faut savoir rester sensible et échapper à cette influence, même pour ceux qui ont subi ces railleries. Et il est possible d'aller plus loin, en ne se contentant pas seulement de se souhaiter à soi-même un cœur de chair et non de pierre, mais en espérant que ce public de gauche, qui affectionne plus que tous les autres les voyages aux quatre coins du monde, et qui est donc capable de se sentir solidaire de compatriotes touchés par le danger à des milliers de kilomètres, se défasse des petites phrases tueuses et ressente à son tour de la compassion pour ses frères, qui non seulement veulent vivre le rêve du retour d'Israël, mais protègent ces gens de gauche en agissant avec leur corps comme un bouclier réellement humain.

En outre, les petites phrases tueuses tomberont un jour et cesseront de voiler les différents objectifs du peuple d'Israël. Sa présence sur toute sa terre est non seulement légitime et plus que souhaitable, mais doit également aspirer à réparer les dégâts de l'exil. La célébration de la restauration du Second Temple, dont le service avait été momentanément interrompu pour être renouvelé le 25 kislev 3597, avec toute la profondeur de sa signification exprimée par les lumières de Hanoukka, montre et présage que le Troisième Temple et son inauguration consistent en une aspiration inaltérable du peuple juif qui en verra la réalisation.

Bonne fête

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 20:54

Il est indéniable que les arrangements de paix imposés aux Israéliens par leurs dirigeants résultent de l'influence étrangère sur une politique intérieure très malléable et influençable. Très soucieux de l'image d'Israël sur la scène internationale, les gouvernements israéliens, les uns après les autres, ont accepté un nombre incalculable de concessions, l'essentiel étant moins de bien vivre en Israël que de s'attirer la sympathie et l'admiration de l'opinion mondiale et des dirigeants étrangers.

L'une des solutions adaptées au terrain depuis les accords avec les terroristes de l'Olp et du Fatah préconise une imitation de l'apartheid, dans une version imposable aux Juifs. Or, contre toute attente, il faut bien reconnaître que les attentats les plus atroces contre les Juifs, avec mutilations, dépeçage et défenestrations, peuvent être évités le plus simplement du monde.

L'idée était simple mais géniale. Il suffisait de placer un panneau à l'entrée de points chauds pour en interdire l'accès aux Juifs. Pourquoi en effet provoquer la haine des paisibles populations de Ramallah? C'est à se demander comment on n'y avait pas pensé plus tôt.

Voyons un peu ce panneau:

 

Ce qui donne en français:

Cette route conduit en zone A

Qui se trouve sous le contrôle de l'AP.

Entrée strictement interdite aux Israéliens.

Le contrevenant s'expose à un danger de mort et enfreint la loi.

 

Il ne manque plus qu'à appliquer ce même principe aux Européens, afin d'assurer leur sécurité. Proposons pour la France le panneau suivant, dont la version n'est donnée qu'à titre indicatif:

Cette route conduit dans l'une des 700 zones abandonnées par les pouvoirs administratifs.

Elle se trouve sous le contrôle de la charia.

Accès strictement interdit à tout Français qui s'exposerait à un danger de mort ou à des poursuites s'il en réchappe.

 

Bien entendu, les termes Israéliens du premier panneau et Français du second ne sont pas une question de nationalité, mais désignent dans le premier cas les membres du peuple d'Israël et dans le second les Français de souche locale. Car sur le plan pratique, là où la méthode fonctionne depuis longtemps, les Arabes israéliens circulent librement sur ces routes sans être menacés, ni par la mort, ni par la loi. Il ne reste plus à la France qu'à s'imposer l'auto-discrimination, comme quoi l'apartheid a du bon. En tout cas, en ce qui nous concerne, il est approuvé par les Etats-Unis, l'Union Européenne et l'Onu.

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 16:41

L'opération militaire, Colonne de nuée, destinée à faire taire la menace des missiles n'a pas mis fin au pouvoir terroriste à Gaza, et c'est assurément ce qui a donné à l'ennemi une sensation de victoire si forte que beaucoup se sont sentis décontenancés. Si l'ennemi est exulte au plus haut point, et si, de surcroît, un large mouvement mondial, allant du Fatah aux pays démocratiques européens, l'épaule, cela veut-il dire que l'on aurait de sérieuses raisons de douter? Pourtant, il ne faut pas s'y tromper. Non pas qu'Israël ait mis fin à la menace venant de la ville où tout souvenir d'un judaïsme florissant a été effacé, mais il faut comprendre d'où vient se sentiment de l'ennemi, dont il est difficile de dire que la joie ait été feinte pour les caméras.

Le cas du terroriste à la tête de la bande de Gaza ressemble de près à celui d'Agag, roi d'Amalek, dans la guerre qui l'opposa à Israël. Amalek avait certes essuyé de lourdes pertes, mais il avait été épargné par le roi Saül et son armée. Quand il a réellement cru un instant qu'il allait définitivement s'en sortir, il a vite retrouvé son outrecuidance habituelle, en s'écriant, heureux et ironique: «Quoi? Ce monsieur de la mort s'est donc retiré?» (I Samuel 15). Si le prophète ne lui a pas donné l'occasion de se réjouir très longtemps, cela n'empêche pas d'établir un rapprochement avec les événements encore brûlants de novembre pour comprendre la réaction d'un archi terroriste qui s'apprêtait à être écrasé comme une punaise, et qui sentait que le sort de son bras armé allait être le sien, que ce n'était qu'une question d'heures. La réaction hilare du criminel n'a donc aucune relation avec le principe qui oppose la victoire à la défaite. Il ne ressent aucune pitié pour ses acolytes, ni pour aucun des habitants fanatisés de Gaza, qu'il utilise comme chair à canon. Seule sa peau compte, et il l'a en l'occurrence sauvée. D'où sa joie sans bornes.

En revanche, Netanyahou ne pourrait soutenir, s'il avait des comptes à rendre à un prophète, que le peuple aurait eu cette fois pitié des Amalécites et qu'il l'aurait approuvé. Au contraire, le peuple israélien voulait cette fois en découdre. Par contre, dans le contexte actuel où tout le monde se mêle de tout, contexte de mondialisation, ce sont les chancelleries étrangères qui ont eu pitié des criminels, et qui auraient vu d'un très mauvais œil qu'Israël récupère la ville de Gaza et répare la faute de l'expulsion de ses Juifs en les réinstallant et en en chassant cette fois à bon escient ses ennemis.

Oui, Gaza est juive. N'oublions pas que c'est à Gaza que vécut le grand Rabbin Israël Nadjara, décédé en 1626 et dont le tombeau serait certainement très difficile à retrouver. Les occupants de Gaza sont connus pour la délectation qu'ils trouvent à profaner tout souvenir juif, à commencer par les synagogues somptueuses des Juifs expulsés en 2005. Pour les familiers de la liturgie shabbatique, le grand rabbin Nadjara est l'auteur de nombreux chants, dont le plus connu reste celui de «Ya Ribon Alam», éloge adressée au Maître du Monde en araméen. Si la présence de ce grand rabbin et poète ne remonte qu'à un peu moins de quatre cents ans, le livre des Juges atteste que la présence juive remonte à quelque trente-trois siècles.

«Yéhouda s'empara de Gaza et de son district, d'Ashkelon et de son district, et d'Ekron». (Juges, I, 18). Un habitant de Kfar Yam, l'un des villages juifs détruits il y a huit ans, l'historien Arié Its'haki, interrogé pour le site d'Aroutz 7, a rapporté que des fouilles archéologiques dans son jardin avaient permis d'exhumer des ustensiles en usage chez les tribus d'Israël, qui étaient de conception différente de ceux des Cananéens et autres peuplades. Mais où sont les synagogues, les lieux saints, la vie épanouie de Gaza la juive, dont le souvenir est effacé par des négationnistes qui lui nient toute vérité historique liée au destin d'Israël? Ce n'est donc pas la pression israélienne qui a poussé le gouvernement à renoncer à récupérer Gaza, et il a été d'autant plus désarçonné sur la scène internationale que les prétendus analystes et stratèges de service dans les médias officiels avaient rassuré la population en soutenant que si des missiles venaient à l'avenir à être réellement catapultés depuis la bande de Gaza, Israël serait approuvé et appuyé par la communauté internationale dans son entreprise de récupération du terrain abandonné, ne l'oublions pas, pour la paix, même non signée.

Or, chaque cessez-le-feu présage une situation de guerre de plus en plus grave, et il est permis de penser que le ras-le-bol israélien aura la prochaine fois plus de poids sur les décisions politiques. Au premier cycle d'agressions, les roquettes, dites artisanales, atteignaient le Goush Katif, les Juifs de Gaza, et la ville de Sdéroth. Au suivant, quelques tirs tombaient sporadiquement dans les terrains vagues entre Gaza et Ashkelon. Puis, alors que beaucoup trouvaient «normal» qu'Ashkelon soit bombardée, un premier jet a touché Ashdod, faisant une victime. Encore plus tard, au cours des dernières agressions en date, Jérusalem et Tel-Aviv étaient déjà dans la ligne de mire. Si ces deux villes n'ont essuyé qu'un nombre de missiles n'excédant pas le nombre des doigts de la main, on peut présager, sans être doué de prédispositions divinatoires, que la «pluie» de missiles qui a touché tout dernièrement Ashkelon, avec trente à quarante alertes toutes les vingt-quatre heures, touchera dans la même ampleur les deux métropoles.

Sans vouloir accuser le pouvoir politique d'établir des distinctions entre ses administrés, où Tel-Aviv serait peuplée de citoyens de première classe, Ashkelon de deuxième et troisième, ceux de Gaza ayant été de dernière zone – puisque déplacés, leur situation n'ayant pas justifié une guerre – il ne faut pas oublier que, dans un passé encore récent, certaines personnalités avaient déclaré que des tirs de missiles sur Tel-Aviv constitueraient un dépassement de la ligne rouge, autrement dit une déclaration de guerre. Le tollé provoqué par ces déclarations les avait fait retomber dans l'oubli.

Cependant, si cette considération n'a jamais été officielle, l'attitude gouvernementale a largement donné l'impression que seule une attaque massive sur la région de Tel-Aviv pousserait les décideurs à opter pour une autre politique et à faire changer la situation à la racine. Il est donc probable qu'au prochain round, la tête du criminel Hanié soit écrasée. En revanche, il soit moins aisé de se représenter un retour d'Israël dans sa ville de Gaza, les dirigeants du Likoud considérant comme normale leur trahison constance de sa charte. Il a suffi de voir la réaction de Netanyahou, qui a sans le oindre problème déclaré vouloir rapprocher Begin et Meridor du pouvoir, alors que le vote interne du Likoud les a écartés de la tête de la liste, en raison de leurs positions en contradiction avec les idéaux de l'électorat qui lui, n'a pas peur de rester fidèle aux idéaux sionistes ou tout simplement au droit d'Israël à vivre dans ses frontières légitimes.

En outre, l'attitude frileuse de Netanyahou en vigueur depuis le début de la 18ème Knesset est peut-être à l'origine de l'incroyable soutien de l'Europe au mouvement terroriste du Fatah, voire du Hamas, et dont les pays qu'on prenait pour les plus éclairés ont convoqué les ambassadeurs israéliens pour leur reprocher la décision d'Israël de vouloir construire sur une partie de sa terre libérée, entre Jérusalem et Ma'alé Adoumim. Si Netanyahou avait mis en œuvre ces chantiers dès sa seconde accession au pouvoir, au lieu de lancer un gel injuste et discriminatoire de la construction, les descendants d'Edom n'auraient pas à l'heure actuelle lancé une vaste offensive diplomatique de prise de position pour la cause islamique globale.

L'Angleterre, la France, la Suède et la Hollande ont en effet convoqué pour les tancer de haut les représentants diplomatiques israéliens. Il est vrai qu'on n'en est pas encore à la situation qui a sévi en Egypte, quand le personnel de l'ambassade a dû être évacué d'urgence dans des circonstances miraculeuses. Pour ceux qui pensaient que le danger ne se trouvait que dans la tête des assiégés du Caire, l'atroce assassinat de l'ambassadeur américain en Lybie, survenu peu après, a confirmé ce que les partisans de la religion de l'antipaix sont capables de faire.

La position de la diplomatie Netanyahou-Barak, qui se disait prête à montrer de quel bois elle se chaufferait si les terroristes du Fatah venaient à proclamer un Etat terroriste à la place de l'Etat d' Israël, qui irait du littoral au Jourdain, ne peut être comprise du monde occidental après tant de servilité vis-à-vis du président américain. N'oublions pas que les Etats-Unis sont la fille de l'Occident, et qu'hormis certains aspects améliorés, ils restent fondamentalement identiques à leurs nations originelles et représentées selon la tradition par le prince d'Esaü. Les concessions consenties par le gouvernement Netanyahou, sans précédent dans l'histoire de la politique israélienne, ont redonné à Israël le visage masqué et abaissé de la synagogue face à l'église fière et vindicative, d'où l'extrême difficulté qu'éprouve l'Europe à admettre qu'Israël opère un revirement et puisse de nouveau revendiquer et appliquer ses droits. L'élève qui a obtenu plusieurs mauvaises notes consécutives a du mal à faire admettre sa remontée fantastique et se fait voler des points quand il mérite un dix-huit ou un vingt. Espérons toutefois que ce revirement tiendra la route, comme l'a confirmé ce matin Netanyahou en affirmant qu'il ne ferait pas machine arrière dans son intention d'autoriser la construction.

En ce qui concerne les rapports de la communauté internationale, de la fin des années quarante au début des années quatre-vingt, il était difficile de comprendre les prophéties de l'envergure de celles qui ont été lues dans toutes les synagogues il y a trois jours (shabbat Vayichla'h, 20 kislev ou 1 décembre), comme par hasard juste après le fatidique vote qui soutient la formation d'un Etat terroriste sur notre terre et qui n'a rien de reluisant et de très prometteur pour l'Onu. Dans le livre d'Obadia, la maison d'Esaü est assimilée à de la paille alors qu'Israël est fait de feu. Il est dit qu'il ne restera pas de souvenir d'Esaü. En effet, comment des nations repenties pourraient être encore passibles d'un châtiment, pouvait-on se demander au lendemain de la deuxième guerre mondiale, après que les nations les plus dures ont été pilonnées, leurs gouvernements éteints et qu'elles ont-elles-mêmes voté alors en faveur de l'indépendance d'Israël? La réponse vient de se profiler. Elles reviendront à leurs intentions premières, et l'évidence est déjà apparue au grand jour lors du vte en faveur d'une organisation qui se veut exterminatrice et remplaçante de l'Etat d'Israël. Il suffit, pour comprendre que cette idée est loin d'être exagérée de faire un tout petit peu attention à la carte représentée sur les écussons des organisations terroristes comme l'Olp, le Fatah, le Hamas et j'en passe. Ce ne sont pas la Judée, la Samarie et Gaza, qu'ils se contentent d'y représenter, mais toute la largeur de la bande côtière allant de la méditerranée à la vallée du Jourdain.

Le Rav Chabtaï Sabato, auteur d'une colossale explication du Talmud qui s'étend sur plus de mille cassettes audio et à présent numérisées, a établi un parallèle entre le dernier vote des nations contre Israël et la requête d'Abraham pour tenter de sauver de l'anéantissement de Sodome. Comme on le sait, Abraham s'est résigné quand il a compris que cette ville n'abritait pas même dix justes. Or, il n'y a eu que neuf nations qui se sont opposées à la supercherie onusienne. Le rabbin a relevé que les nations qui se sont abstenues ont laissé faire, et que l'Allemagne, qui a anéanti le tiers du peuple juif, ne s'est pas sentie obligée envers le peuple juif. Les médias israéliens ont soutenu que l'Europe avait trahi Israël. Mais il faudra bien un jour se mettre à l'évidence que l'Europe ne fait que reprendre une très ancienne tradition, avec une rémission qui a laissé entendre qu'elle aurait changé, de 1947 à 67. Pourtant, qui ne connait pas les expressions consacrées du genre: «Plus jamais ça»?

Il faut donc bien comprendre que la guerre menée contre Israël n'est pas limitée aux bombardements en provenance de la bande de Gaza. De nombreux Etats et organisations en tous genres soutiennent le Hamas, à tel point que certains ont même été choqués d'apprendre que des joueurs de foot l'ont soutenu et condamné Israël d'avoir voulu mettre un terme aux bombardements sur ses civils, prétextant le bombardement d'un terrain de foot. Pourtant, il est franchement difficile de trouver cette attitude surprenante, donc choquante. Cette catégorie socioprofessionnelle n'a jamais brillé par son esprit. Et il faut être footballeur pour donner avec sa tête un violent coup sur un ballon qui arrive à une vitesse prodigieuse après avoir effectué une longue parabole. Tout individu non footballer qui tient à sa santé et à ses neurones n'aurait pas suivi des yeux la trajectoire d'un ballon pour mieux le recevoir sur sa tête mais pour mieux s'en écarter. D'une certaine manière, on peut excuser l'attitude de ces joueurs pour leur accusation. Peut-être en effet qu'une déformation professionnelle les aurait poussés, s'ils avaient été à Ashkelon pendant les alertes, à tenter de suivre la trajectoire des missiles pour mieux les retourner à l'envoyeur en se servant de la solidité de leur crâne. Mais il ne faut pas désespérer ; on vient d'apprendre ce matin que d'autres footballers ont condamné la prise de position des premiers.

Les Israéliens, avec leur volonté exacerbée de faire la paix avec le monde entier, ont, au lieu d'amadouer les Etats les plus féroces, réveillé de leur torpeur les Etats les plus conciliants à son égard. Et les cadeaux incompréhensibles qu'ils ont fait aux ennemis de leur nation, du maintien des populations hostiles qui les ont attaqués dès leur indépendance puis à la suite de la guerre des Six jours, au gel de la construction imposé uniquement à ses propres citoyens, en passant par les concessions dérivées des accords censés être de paix, du Sinaï à la majeur partie de la ville de Hébron, puis au cadeaux totalement désintéressés sans aucune promesse de paix, fût-elle mensongère, en retour, ont réussi pour finir à réveiller toutes les haines et sans doute à accélérer le processus des temps futurs dont l'une des composantes de taille n'est autre que la guerre connue sous le nom de guerre de Gog et Magog.

Or, cette hostilité de plus en plus affichée semble être montée d'un cran cette semaine, en passant des accusations démagogiques à une menace de l'annulation des relations diplomatiques et économiques. Le temps n'est peut-être pas loin où les rescapés des nations monteront à Jérusalem à Souccot, après s'être remis de tous les débordements de leurs dirigeants et de leurs semblables.

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 10:56

Voici une réaction de la presse israélienne religieuse à l'opération Colonne de Nuée à Gaza. Elle est tirée de l'hebdomadaire Sihat Hachavoua*, (Le discours de la semaine), feuillet en quatre pages distribué depuis près de trente ans dans les synagogues dans tout Israël, et dont le rédacteur est le rabbin Menahem Brod.

L'opération militaire contre le nid de guêpes de Gaza révèle la noblesse d'âme du peuple d'Israël. Voyez les habitants du Sud, qui ne grognent ni ne se plaignent; et qui accordent aux forces de sécurité tout le temps qu'il faut. Voyez les soldats réservistes, qui ont répondu comme un seul homme à l'appel et qui sont venus de leur plein gré, déterminés à exécuter les tâches qui s'imposaient.

Comment serait-il possible de ne pas s'émerveiller du professionnalisme et du travail d'une incroyable précision de l'armée de l'air, ainsi que des informations très appréciables que fournit le Shin Beth? Et le miracle technologique, le Dôme de fer, qui parvient à intercepter 90% des missiles lancés contre les villes d'Israël? Essayez seulement de vous imaginer ce qui serait arrivé si toutes ces centaines de missiles lancés avaient atteint leur but, D. préserve!

 Encore une occasion manquée?

Malgré tout, quand nous avons appris la nouvelle du cessez-le-feu, la forte sensation d'une occasion manquée nous a envahi le cœur. Nous n'arrêtons pas de répéter la même erreur. Nous obtenons un calme relatif pour un délai plus ou moins conséquent, pendant lequel l'ennemi se renforce et augmente ses capacités, et le temps n'est pas long avant que nous soyons confrontés à une réalité encore plus dure.

On nous dit: «Il n'y a pas de solution», «Nous avons déjà tout essayé». C'est faux! Dans la bande de Gaza, nous n'avons pas essayé de terminer le travail. Nous l'avons fait à moitié. C'est pourquoi il ne faut pas s'étonner que nous n'ayons pas réussi. Par contre, en Judée-Samarie, nous avons été jusqu'au bout. Nous avons nettoyé les nids du terrorisme. Et nous sommes constamment sur nos gardes pour prévenir toute réorganisation. Voyez le calme qui y règne.

Certes, entrer à Gaza et y détruire les nids de guêpes n'est pas une mince affaire. Cette tâche exige une guerre difficile, de faire face au monde entier, et de toucher des civils. Mais il est préférable d'exécuter cette opération chirurgicale douloureuse en une fois, que de s'engouffrer sans arrêt dans de nouveaux rounds de combats. La souffrance qu'endurent les deux côtés, en raison de ces périodes de guerre à répétition, est bien plus terrifiante qu'une seule guerre, dure mais en profondeur.

Nous nous souvenons très bien de l'appel déchirant du Rabbi de Loubavitch, au moment de la guerre «Paix en Galilée», quant à de l'impossibilité imposée aux soldats d'achever leur tâche et au danger qu'ils encouraient, en raison de l'hésitation et du manque de détermination à aller jusqu'au bout. C'est la même erreur qui s'est répétée lors de la seconde guerre du Liban et de l'opération «Plomb coulé».

Il faut prier

S'il s'avère en effet qu'il n'y a pas suffisamment de courage spirituel pour écraser totalement les nids de la terreur – car il ne faut pas se contenter de ramener la dissuasion puisqu'il faut les arracher à la racine – il serait regrettable dans ce cas de mettre en danger la vie de nos soldats en ordonnant une opération terrestre. Il est possible de continuer à pilonner d'en-haut, dans l'espoir que la destruction et les ruines permettront d'obtenir un certain degré de dissuasion, qui tiendra bon pendant un certain temps.

Mais tout homme prévoyant comprend que, tôt ou tard, on n'aura pas d'autre alternative que d'affronter le travail difficile, exactement de la même façon que nous l'avons fait pendant l'opération «Rempart» en Judée-Samarie. Pourrons-nous vivre indéfiniment avec une base terroriste iranienne suintante de haine d'Israël à nos côtés?

La réalité dans laquelle nous vivons n'est pas simple, et nous avons besoin de beaucoup de pitié du Ciel. Que le Saint béni soit-Il mette dans le cœur des dirigeants le bon sens et le courage qui leur permettront de prendre les bonnes décisions, qu'Il donne la force à nos soldats et leur accorde Sa protection, qu'Il préserve tous les enfants d'Israël. Prions et renforçons-nous autour de la Torah et des commandements pour la réussite du peuple d'Israël et pour la totale délivrance.

*Article de première page du périodique Sihat Hachavoua, n° 1351, traduit par Yéochoua Sultan.

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 18:19

La conception des dirigeants politiques israéliens est perdue quelque part vers le début du 19ème siècle de l'ère courante. Mais pourquoi pas avant, me diriez-vous? Parce que les questions où vient s'ancrer leur pensée ne pouvaient sortir du cadre des suppositions dénuées d'incidence sur la réalité de leur quotidien. Si l'émancipation des Juifs a effectivement vu le jour en Europe, ceux-ci ne pouvaient auparavant, bon gré mal gré, que continuer à vivre comme ils avaient toujours vécu, séparés de leur environnement non juif, et dans la fidélité naturelle et inconditionnelle à leur D.

Avant les grandes révolutions culturelles, leurs traditions n'avaient pas encore été ébranlées par les illusions que leur firent miroiter alors les trompeuses paillettes d'une toute nouvelle liberté. Après des siècles d'une tolérance jamais totalement débarrassée d'un avilissement plus que certain dans le meilleur des cas, quand les Juifs n'étaient pas atrocement martyrisés, la philosophie des Lumières n'a pas manqué d'exercer un effet éblouissant et déconcertant.

Dans leur emballement, nombreux parvinrent à la conclusion que la haine vouée aux Juifs n'était autre que la résultante de leurs distinctions, vestimentaires, religieuses et culturelles. D'autant qu'ils usaient de langues intermédiaires, avec le préfixe judéo. Le contrecoup des droits civiques et de la protection accordés aux Juifs, en 1791 dans toute la France, ou en 1869 en Allemagne, s'est traduit dans les faits par un relâchement de la fidélité au judaïsme. C'est à partir de ces grands phénomènes sociopolitiques qu'une équation de base s'est greffée au bon sens et à l'intelligence. L'aversion ressentie pour les Juifs dans la société en général ne devait plus être dès lors la fonction d'accusations calomnieuses de crimes rituels, mais de leur propre attitude.

Donc, la cause de l'antisémitisme pouvait alors être annihilée, voire remplacée par une vive sympathie, pourvu que les Juifs acceptent de sacrifier leur identité et leur tradition. Si cette analyse fut répandue à l'extérieur des milieux juifs, et défendue aussi bien par Napoléon que Robespierre, en passant par Mirabeau ou Clermont Tonnerre, elle a été largement adoptée à l'intérieur des communautés.

Or, si un penseur comme le grand rabbin Moses Mendelssohn a su faire la part des choses, en admettant que les Juifs devaient apprendre l'allemand et s'acquitter de devoirs envers la société tout en s'y intégrant et en apprenant des métiers, il n'en a pas moins fait aucune concession sur le plan de la ferveur et de l'observance religieuses. Mais, dans l'emballement, la tendance voulut que tout ce qui se rattachait à la religion, qui distinguait Israël en tant que nation, fût définitivement abandonné. La porte ouverte à l'assimilation était intimement liée au sentiment que la victime séculaire devenait désormais, puisque la liberté lui en était donnée, responsable des persécutions auxquelles elle pouvait mettre enfin un terme, et que l'antisémitisme était dû au fait qu'il y avait des Juifs.

S'il n'y a pas de Juifs, si tout le monde s'assimile et se dilue jusqu'à ce que sa couleur disparaisse, il n'y aura logiquement plus aucune haine contre les Juifs. On était encore loin de l'acceptation de la différence, de la tolérance envers un tiers qu'on est prêt à accepter même avec ses particularités, en faisant surtout attention de ne pas exiger qu'il y renonce. Quoi qu'il en soit, cette dernière tendance, inconnue à l'époque, a montré qu'elle cachait aussi des excès, quand les Européens, trop contents de faire preuve d'un amour sans conditions envers les immigrés, leur ont non seulement fourni du travail et un niveau de vie respectable, contrairement à ce à quoi ils pouvaient espérer aspirer dans les contrées où ils vivaient (voir Les cigales et les fourmis), mais ont fermé les yeux sur leurs mœurs avec un grand sourire qui commence seulement à se crisper.

Donc, le Juif, par son attachement aux valeurs intrinsèques à son identité, a été considéré comme seul capable de modifier son image en se transformant. On sait aujourd'hui, deux siècles plus tard, que les partisans du renoncement total au judaïsme ont eu raison à condition de faire vite. Ils ont eu droit à un délai de cinq générations pour échapper à l'apocalyptique machine nazie, qui a détruit tout être humain qui avait au moins un ascendant juif dans les quatre générations qui l'ont précédé. En règle générale, cependant, l'histoire a montré qu'aucun de tous les renoncements concédés par les Juifs n'a été utile. En Russie, le régime communiste a poursuivi jusqu'aux membres de la communauté les plus attachés au parti. Quant à la France des trente dernières années, on peut y voir un nouveau souffle de cette doctrine. La différence qu'elle a voulu établir entre l'antisémitisme et l'antisionisme peut signifier que le Juif ne sera pas inquiété tant qu'il renoncera, même seulement partiellement, à toute la mesure de son identité. Il pourra même être religieux sur le sol français, mais on n'admettra pas qu'il revendique son droit de vivre en tant que nation, avec ses semblables, en un Etat souverain, sur sa Palestine de toujours. Le virus de l'auto-culpabilité n'a pas fini de sévir avec l'avènement de l'Etat d'Israël, ni après ses miraculeuses victoires, aidé par la Providence, contre des ennemis bornés, acharnés et surarmés, et plus de cent fois supérieurs en nombre. Loin d'être archaïque, l'Egypte était armée par l'URSS et il est regrettable qu'Israël se soit montré tellement conciliant envers les Américains pour ne pas vendre plus cher, diplomatiquement et stratégiquement parlant, les connaissances mises à jour sur un armement soviétique que tout l'investissement occidental n'avait pas réussi à se procurer. Les politiciens et autres penseurs de l'Etat d'Israël d'aujourd'hui ne peuvent plus se reprocher un vêtement typiquement juif, ni un attachement inconditionnel aux prescriptions du judaïsme. Depuis près d'un demi-siècle, pourtant, la haine contre Israël et les Juifs en général, n'a pas été pour eux imputable à des tendances criminelles des antisémites, surtout pas s'il s'agissait des terroristes arabes friands de victimes juives innocentes et de préférence désarmées, mais à de grands principes humanitaristes que les Israéliens n'auraient pas respectés: le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, rien que ça, et son pendant, l'occupation. Pourtant, Israël n'a jamais été le Rideau de fer, et les peuples indisposés ont toujours eu la totale liberté de disposer – d'eux-mêmes – et de s'en aller sous des contrées plus douces. Mais voilà, certaines populations préfèrent accuser Israël la bouche pleine, nourries par le niveau de vie que ce pays leur fournit, à tel point que tous les mouvements migratoires, dont les regroupements familiaux ou mariages, vont toujours dans le sens du rassemblement sous la tutelle israélienne, là où il fait bon vivre et où on ne gagne pas tout au plus deux dollars par jour, comme sous d'autres horizons pas très éloignés. Cette tendance aux déplacements s'est encore accentuée quand, certains pourparlers qui devaient mettre une partie de Jérusalem sous le joug de l'Olp ou du Fatah assassins aidant, des dizaines d'habitants arabes qui se sont retrouvés derrière le mur de sécurité ont loué ou même acheté des appartements dans les quartiers juifs de la ville, notamment à la Guiva HaTsarfatit et à Pisgat-Zéev. On ne peut par conséquent s'empêcher de voir dans cette tendance à l'auto-accusation un phénomène qui est loin d'être adapté à la réalité. Et s'il était encore naïvement pensable, comme il m'est arrivé de m'y prendre à la veille de la signature des accords d'Oslo, quand la catastrophe était devenue inévitable, que cette doctrine allait voler en éclats suite à la recrudescence des attentats, il a fallu se rendre à la réalité, quand des politiciens et autres propagandistes ont expliqué les attentats en prétendant qu'ils étaient dus au fait qu'Israël n'avait pas fait assez de cadeaux à ses ennemis. Et à ceux qui défendaient avec logique que le problème de l'occupation était mal posé, on rétorquait qu'il fallait se préserver d'une marée démographique qui n'allait pas tarder à mettre les Juifs en minorité dans leur propre Etat. Certains penseurs, qu'il est difficile de reconnaître comme des amis de la sagesse, allait jusqu'à se déclarer très pessimistes sur l'avenir, et osaient avancer qu'il ne fallait pas que l'Etat d'Israël puisse servir de contexte dans lequel les Juifs viendraient à faire subir à sa minorité arabe ce que les Allemands ont fait subir à leur minorité juive. Ces propos scandaleux (voir Y. Leibowitz) ont été tenus en ignorant totalement que les populations musulmanes ont été les alliées du nazisme, aussi bien en terre d'Israël, avec les innombrables attaques contre la présence juive, qu'en Europe orientale, avec la mise sur pied des brigades pour porter main forte aux Allemands en Croatie. (Voir le documentaire: la croix gammée et le turban). Les victimes juives innocentes étaient assassinées pendant la seconde guerre mondiale par les nazis, les Polonais ou les Ukrainiens. Aujourd'hui, elles tombent sous les coups de musulmans fanatisés, ce qui rend d'autant plus abjects des propos décrivant les Juifs comme des bourreaux, quand les victimes juives se comptent par milliers depuis qu'Israël a suivi une politique insensée en armant et accordant l'autonomie à des tueurs sur ses propres terres, le tout dans l'intention de montrer au monde entier son intention de respecter plus que de raison les grands principes humanitaristes. La situation qui fait de la vie des habitants du sud d'Israël un cauchemar, alors qu'ils vivaient en paix jusqu'à il y a quelques années, et qu'une menace de bombardements semblait aussi impensables que grotesque, est elle aussi la conséquence directe de cette volonté de montrer au monde à quel point il n'a aucune raison de nous détester. Et il en est de même pour la mesure de la réaction israélienne qui, au lieu de bombarder l'ennemi globalement, frappe avec une précision chirurgicale les positions des terroristes qui actionnent les missiles, ou les bureaux des têtes de l'organisation qui porte trop bien son nom, le Hamas, de préférence quand ils sont vides. Pourtant, le monde ne semble pas majoritairement s'en soucier. Une autre attitude, bien qu'elle semble radicalement différer de celle des gouvernements qui se sont succédé en Israël depuis les gouvernements Shamir puis Rabin, souffre du même défaut. Il s'agit des explications et des solutions proposées par le professeur Mordekhaï Kedar. Il est vrai que sa connaissance de la langue et des cultures du monde arabe doit être saluée, ainsi que sa prestation sur la radio intégriste du Katar, quand il avait remis à leur place ceux qui se mêlent un peu trop des affaires intérieures d'Israël. Cependant, sa connaissance de l'arabe ne lui donne pas plus raison dans les solutions qu'il propose que la connaissance de l'allemand, le français ou le russe n'avait aidé les intellectuels juifs des siècles passés à mieux comprendre le fonctionnement de la motivation des ennemis des Juifs. En effet, selon Kedar, la situation serait calme parmi les populations arabes qui occupent la Judée-Samarie si Israël avait l'intelligence de les placer non pas sous l'autorité d'une administration où on leur impose des dirigeants qui leur sont étrangers mais sous l'égide de personnalités de l'intérieur, chefs des grandes familles locales. Cette position n'a rien de révolutionnaire dans la pensée du moment qu'elle ne présente qu'une variante de l'idée plus couramment répandue. Elle ignore au même titre que le pouvoir politique la nécessité d'affirmer l'identité d'Israël et son droit à se rétablir à Sichem ou à Beth-Lehem. Dans son cas, la nuance exige que ce ne serait plus l'autorité israélienne qui fait que les non-Juifs haïssent Israël, mais l'autorité d'Arabes de l'extérieur, cette autorité étant imposée indirectement par l'autorité israélienne. Autrement dit, c'est toujours Israël qui est responsable de la haine des populations où grandissent ses bourreaux. En revanche, l'argument de Shimon Pérès, qu'il a avancé pour se montrer rassurant après les terribles attentats qui ont suivi l'application des accords d'Oslo, est vide de sens du moment que la propagande du pouvoir mis en place dans les régions cédées à l'autorité terroriste distille la haine du Juif et de l'Israélien dès l'âge du biberon. Pérès soutenait que l'idée le la paix n'allait pas être admise en un jour, et qu'il faudrait du temps, une génération peut-être, pour que la normalisation soit admise dans les consciences, si consciences il y a. On aurait pu lui donner raison si les médias qui touchent ces populations leur avaient vanté les mérites et les avantages de la civilisation israélienne, montré des habitants arabes heureux de leur niveau de vie et de leurs libertés précisément lorsqu'ils travaillent avec Israël, et ainsi de suite. Or, Israël est plus que jamais présenté comme une nation illégitime assoiffée de sang non-juif, et son élimination, D. préserve, serait un devoir. Il serait temps qu'Israël se délie de cette mentalité qui le poursuit depuis l'émancipation. Il faut peut-être porter des lunettes de soleil pour ne plus être aveuglé par cette lumière du siècle du même nom et de ses conséquences politiques égalitaires, car elle a bien faibli depuis. Israël a été défini dans la célèbre bénédiction que lui a accordée le non-Juif Bilam, comme un peuple qui séjourne seul et qui ne tient pas compte des nations. C'est à ce prix qu'Israël pourra enfin accéder à la paix et à la liberté, et en commençant par cesser de toujours se considérer fautif de la haine que lui portent les autres, car c'est en effet, paradoxalement peut-être, cette trop grande responsabilisation de soi-même qui attise une haine encore plus grande qui se propage d'une manière inquiétante, et qui convainc à grande échelle que les plus grands terroristes ne tuent qu'en raison du désespoir que leur inspirent leurs proies.

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 15:10

De nouveau, la France encourage la demande de l'organisation terroriste du Fatah de la reconnaissance d'un Etat arabo-musulman interdit aux Juifs en Judée-Samarie. Officiellement, les différents pays soutiennent qu'ils cherchent par cette attitude à motiver les parties à revenir à la table des négociations. Pour Dore Gold, ancien ambassadeur d'Israël à l'Onu, la prise de position exigée par les terroristes ferait tout simplement de l'Union Européenne un ensemble de pays qui trahissent leurs engagements.

Interrogé pour le documentaire intitulé Donner une chance à la paix, l'ancien ambassadeur israélien cite un extrait des accords d'Oslo, ou plus précisément des accords dits intérimaires du 28 septembre 1995: «Aucune des deux parties ne prendra l'initiative ni n'adoptera de mesures qui modifieraient le statut de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza dans l'attente du résultat des négociations sur le statut permanent.» Il affirme alors que si la partie arabo-musulmane décide d'entreprendre la démarche de la proclamation unilatérale d'un Etat, ce sera une violation pure et simple des engagements prévus par les accords. Sans entrer dans d'autres violations qui auraient dû donner le droit à Israël de reprendre manu militari tous les territoires cédés, comme les attaques à l'arme automatique des soldats de l'armée de l'Olp qui ont fait des morts chez  Tsahal, notamment à Sichem, au tombeau de Joseph, et à Ramallah, il explique en quoi les accords, et tout particulièrement cette clause, représente un problème de taille pour l'Europe:

«Lorsque l'accord intérimaire a été signé à la Maison Blanche en présence du président Bill Clinton, l'Union Européenne a contresigné l'accord, en tant que témoin. De la sorte, si l'UE décide de soutenir le projet "palestinien" à l'Onu, en opposition au projet "palestinien" à Oslo, elle prêterait main forte à la violation d'un accord écrit dont ses membres sont également signataires. La question qui fuserait alors immédiatement en Israël serait: "Qui pourra à l'avenir encore faire confiance à l'Union Européenne, si elle veut s'impliquer dans le processus de paix, et si elle viole les accords qu'elle a elle-même signés?"»

Dore Gold déplore le manque d'impartialité à laquelle s'est habituée l'opinion étrangère sur le conflit qui oppose les organisations terroristes à la légitimité et la sécurité de l'Etat d'Israël: «Le monde entier dit à Israël: "Pourquoi ne reconnaissez-vous pas les droits des "Palestiniens" à un Etat?" Cela paraît évident, et les Israéliens y sont confrontés sans arrêt. Mais voyez-vous qui que ce soit exiger des "Palestiniens": "Vous devez reconnaître au peuple juif le droit de vivre dans son propre Etat, dont l'origine est ancrée dans une légitimité internationale et des accords internationaux remontant à San Remo et au mandat britannique de la Société des Nations"? Malheureusement, les mêmes demandes ne sont pas formulées à l'intention de l'autre partie, ce qui révèle peut-être les vraies intentions».

En effet, la conférence internationale de San Remo, et qui est d'une manière surprenante totalement absente des manuels d'histoire de pays libres et démocratiques qui considèrent que l'histoire du renouveau juif en Palestine ne daterait que de 1947, avec la résolution 181 de l'Assemblé générale des Nations Unie et sa carte tronquée, a consisté en des décisions des grandes puissances et de la Société Des Nations à l'issue de la première guerre mondiale, quant à l'avenir des territoires ennemis, à savoir les restes de l'ancien empire ottoman. Pour Howard Grief, un juriste en droit international qui étudie les aspects de cette conférence depuis 1966, c'est la conférence de San Remo, qui s'est tenue en Italie en 1920, dans la villa Devachan – et  non pas le vote de 1947, qui n'est pas contraignant, comme selon lui toutes les décisions de l'Assemblée constituante – qui reconnait et attribue un droit et une légitimité irréversiblement reconnus au peuple juif, à la renaissance et au caractère irrévocable de son Etat sur sa Palestine ancestrale. Les droits juridiques ont alors été accordés au peuple juif et au peuple arabe. Un autre juriste, le docteur Jacques Gauthier, s'est penché pendant vingt-cinq ans sur le statut de Jérusalem, qui représente la thèse de son doctorat. Il déclare: «C'est ici (à San Remo, ndlr) que les grandes puissances ayant un pouvoir juridique irrévocable à l'égard des territoires ottomans ont délibéré et pris la décision, après avoir entendu les revendications de l'organisation sioniste à Paris lors de la conférence de paix en 1919, après avoir entendu les demandes des délégations arabes, au sujet de leurs desideratas concernant les territoires ottomans. (…) Après des décisions juridiquement contraignantes et définitives, du point de vue international, il a été décidé qui obtiendrait quoi».

Quant aux différentes parties en jeu, qui ont été représentées par des délégations devant les grandes puissances, la région a été globalement répartie en trois grandes régions: la Syrie et le Liban, qui dépendaient alors de la France, la Mésopotamie, c'est-à-dire l'Irak dans ce contexte, et la Palestine, dont les contours ont été reportés sur l'emblème du mouvement de jeunesse du Betar.

Pour Dore Gold, ce n'est pas une affaire exclusivement britannique, malgré le début promettant avec la déclaration Balfour en 1917, qui a suivi l'entrée en Palestine d'Allenby ; c'est une affaire internationale, qui a reconnu les droits anciens et renouvelés du peuple juif sur sa terre, la Palestine. 

Source http://www.youtube.com/watch?v=jiI9wnoBSKc

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 11:39

Le Rav Eliézer Melamed, grand rabbin et recteur de l'école talmudique d'Har Berakha, en Samarie, est connu du grand public. Le contrat avec l'armée signé par l'école qu'il dirige avait été rompu par le ministre de la Défense, Ehoud Barak, lorsqu'il a refusé d'affirmer qu'un soldat devrait obéir à un ordre qui le retournerait contre des Juifs, dans le cadre d'une éventuelle expulsion. Des centaines de soldats dévoués pour la cause d'Israël, dont de nombreux officiers, se sont engagés en passant par son institution. Mais malheureusement, on sait critiquer les religieux auxquels on reproche à tort de ne pas faire l'armée, mais, à l'heure de vérité, on s'en dédit et résilie un important contrat.

Nous vous rapportons, traduits en français, l'article du Rav Eliézer Melamed publié sur sa page du journal B7.

«Nous avons dit au moment des accords d'Oslo que toute parcelle de terrain de laquelle nous reculerions servirait à nous attaquer. Nous avons prévenu que la bande de Gaza allait se transformer en base de lancement de missiles sur Ashkelon. Et toutes les personnalités de la gauche, les "hallucinés" de la paix, ont prétendu que nous cherchions à effrayer le peuple. Or, aujourd'hui, les bombardements frappent jusqu'au Goush Dan (région de Tel-Aviv). Nous avions prévenu que le retrait de Goush Katif renforcerait nos ennemis, mais les responsables du gouvernement ont répondu avec orgueil que c'était le contraire qui était vrai, que le retrait renforcerait la sécurité. Nous avons mis en garde que l'abandon de l'axe de Philadelphie (frontière entre la bande de Gaza et le Sinaï, ndt) allait provoquer un flux d'approvisionnement en armes et en missiles dans la bande de Gaza, et ils ont rétorqué qu'il y avait des accords avec les "Palestiniens" et les Egyptiens pour que rien ne filtre, alors que ça fait maintenant des années que l'approvisionnement se fait d'une manière ininterrompue, que les missiles et les autres formes d'armement sont acheminés du Sinaï à Gaza.

Nous avons prévenu que le retrait ferait monter le Hamas au pouvoir, mais ils ont soutenu le contraire, que l'Olp serait renforcé. Nous les avons prévenus que si nous aurions à faire la guerre contre eux, ce serait bien plus compliqué, qu'il nous faudrait nous battre en milieu urbain, et que notre situation sur la scène internationale serait bien plus précaire. Ils ont soutenu le contraire. Ils ont dit que si, après le retrait, les Arabes venaient à nous tirer dessus, nous pourrions les frapper sans retenue.

Nous avons posé la question: "Mais savez-vous qu'ils vont envoyer des missiles en tirant depuis des habitations de civils?" Ils nous ont donné toutes sortes de solutions: "Pour commencer, ils ne disposent pas de missiles. Ensuite, s'ils tirent à partir de maisons, nous feront tomber les maisons desquelles ils auront tiré". Or, aujourd'hui, ils tirent abondamment, et il s'avère que du point de vue international, on ne nous reconnait aucune légitimité de tirer sur des habitations (…)

Si les médias institutionnalisés étaient équilibrés, ils diffuseraient les enregistrements de tous les dirigeants politiques responsables des accords d'Oslo et du retrait de Gaza, afin que le public dans son ensemble puisse écouter leurs promesses insensées et qu'il constate à quel point leurs capacités d'analyse de la réalité sont déformées.

Si les médias étaient honnêtes, ils auraient exigé de tous ceux qui ont soutenu le retrait de présenter leurs plus plates excuses au public israélien, qu'ils reconnaissent le mal qu'ils lui ont fait, et qu'ils disparaissent de la vie politique. Au lieu de ça, ils leur offrent une large tribune, et ils les font parler comme si rien de terrible n'était arrivé par leur faute, et comme s'ils étaient encore dignes d'être considérés comme des dirigeants politiques. Il semble que malgré tous les griefs que nous pourrions exprimer contre l'institution médiatique, nous serions encore loin de toute la mesure des critiques qu'elle mérite (…)

La seule explication que nous pourrions apporter sur ce phénomène douloureux, c'est que les gens qui imposent leur autorité aux médias institutionnalisés sont étrangers à leur propre peuple et à leur propre héritage. Certes, ils n'ont pas l'outrecuidance de s'exprimer contre les soldats ou les habitants du Sud bombardés. Mais, au fond de leur cœur, ils adoptent le point de vue qui donne raison aux ennemis, et ils espèrent que si nous admettons leurs arguments, à savoir que cette terre leur appartiendrait, alors les Arabes seraient prêts à reconnaître le droit de l'Etat d'Israël à l'existence dans la limite des frontières déterminées par la ligne verte.

C'est la raison pour laquelle ils pensent qu'aucune autre solution ne peut être envisagée que l'arrangement politique favorable aux Arabes, autrement dit les retraits territoriaux. Toute opinion qui s'oppose à cette perception, et qui soutient notre droit légitime de vivre sur la terre d'Israël, leur semble réfutable, car ils rejettent ses fondements moraux.

Nous pouvons toutefois nous réjouir d'un certain processus de réveil du grand public. Beaucoup sont conscients de l'orientation effarante des "spécialistes" de la gauche et des médias, et de leur méconnaissance de leur peuple, leur terre et leur patrie. Beaucoup comprennent que les analyses des commentateurs de l'actualité sont une sorte de farce, dont le lien avec la réalité et la logique est faible. Afin d'encourager cet heureux processus, et bien que ce soit irritant et ennuyeux, il faut revenir sans relâche sur la culpabilité des gens de la gauche, et répéter mille fois: "On vous avait prévenus!". Il faut continuer à diffuser sur les réseaux sociaux les extraits de films qui étalent au grand jour leur stupidité.»

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 17:02

Ayant travaillé comme rédacteur sur un site d'informations en continu d'Israël, et alors qu'excepté deux ou trois réunions annuelles du bureau, toute la communication passait par des mails, j'ai été un jour appelé de toute urgence au téléphone par le directeur. Il m'a demandé d'arrêter de trop mettre en relief les Juifs des régions libérées à la suite de la guerre des Six jours. «Israël, ce n'est pas que la Judée-Samarie et le Goush Katif. Israël est un pays plus grand que ça, il faut ouvrir les yeux. Il n'y a pas qu'eux qui ont des problèmes», m'avait-il reproché. Je lui avais alors répondu que cette population idéaliste qui refuse de s'endormir et de se laisser anesthésier par les médias et les loisirs était l'indicateur de ce que tout Israël est en train de vivre. Il m'a rétorqué que je ne devais visiblement pas comprendre le but de sa conversation.

Pourtant, aujourd'hui, avec l'intensification des bombardements contre Israël, et avec de nouvelles victimes des fautes politiques d'Oslo et de l'expulsion antisémite des Juifs de Gaza, nous sommes bien obligés, que nous le voulions ou non, car ce n'est pas une affaire d'opinion, de reconnaître que la pensée du public défini comme sioniste religieux est déterminante.

[Il est vrai qu'il est malheureusement très mal représenté et toujours trahi par ceux qui sont censés le défendre politiquement, et c'est la principale raison qui fait qu'il n'est pas influent sur le plan des décisions. Seul le rabbin Hanan Porat avait un jour fait tomber un gouvernement qui s'apprêtait à offrir le Golan sur un plateau à Assad, en grand secret et avant de faire accepter la catastrophe par l'ensemble du gouvernement puis la Knesset. Or, au lieu de le féliciter, ou même de le comprendre, certains piliers du public de Samarie l'ont vivement critiqué pour son prétendu manque de maturité politique qui ferait que le public sioniste religieux serait incapable de se maintenir au pouvoir. Pourtant, on l'a vu, cette capacité d'être stable dans un gouvernement nuit à l'efficacité des partis politiques concernés, qui non seulement n'ont aucun pouvoir ni aucune influence sur les décisions, mais en fait les otages des dirigeants. Avec les accords de Hébron, suite dangereuse des accords plus euphorisants qu'euphoriques d'Oslo, le principal parti sioniste religieux, le Mafdal, a perdu sa crédibilité, et sa prétendue volonté de ne pas perdre le contrôle et de mieux prévenir les prochains coups durs l'a réduite à trois mandats.]

Jeudi, deux premiers missiles ont été tirés sur Tel-Aviv. L'un d'eux n'est tombé qu'à 700 m de la plage. Quand la sirène a retenti, beaucoup se sont dits qu'il s'agissait probablement d'une erreur, avant de se rendre à l'évidence… Et ce n'était qu'un début. S'il est vrai que Tel-Aviv fait effectivement partie de la terre sainte, de notre Palestine chérie (la Palestine est à nous, les autres sont des imposteurs), beaucoup s'imaginent qu'on y vit sur une autre planète. Quand l'expulsion des Juifs de Gaza battait son plein, les cafés et le bord de mer étaient tranquillement remplis. L'opinion est endormie gentiment et le sommeil de la population est protégé par des paroles douces et inappropriées, ou par des sarcasmes servant à tourner en bourrique tout individu sensé mais indésirable parce qu'il fait peur et vient troubler le sommeil des justes.

L'abrutissement de l'opinion se fait sur trois volets: minimiser le danger réel, mépriser et enfin isoler les gens clairvoyants qui tirent sur la sonnette d'alarme. Tout d'abord, on s'attache à rassurer le citoyen en lui disant qu'en Israël, il n'y a plus de victimes de l'antisémitisme. Ce travail est tellement bien fait que plus personne ne s'en rend compte. Les attentats et autres actes hostiles ont des motifs non pas racistes et antisémites, d'après l'ensemble des médias, mais nationalistes. Les terroristes ne sont pas des musulmans haineux, mais des «Palestiniens», car, bien entendu, il ne peut pas s'agir d'un nationalisme pan arabique insatiable qui considère toute région du monde et toute parcelle de terrain non soumis à l'i-slam comme attaquables, idéologie intolérante par excellence et invivable pour les autres.

D'ailleurs, le «Palestinien» ne veut pas s'emparer de toute la Palestine, mais juste de ce qui a été repris par les Juifs en 67. Il suffit d'être un tout petit peu attentif au langage de la gauche, qui va des médias à la Cour suprême en passant par le Parquet, pour comprendre que ce sont les Juifs de Judée-Samarie qui spolient la terre des soi-disant spoliés, et certainement pas ceux de la planète Tel-Aviv. Et, des paroles aux actes, on a bien vu qu'un Juif de la région de Benyamin peut être réveillé à 4h du matin et expulsé à coups de matraques de son domicile, parce qu'un Arabe a des prétentions sur le terrain où est bâtie sa maison, mais que des revendications semblables, même soutenues devant les Etats-Unis par Abbas, n'ont pas de prise quand les plans présentés s'attaquent à Tel-Aviv. Non, le «Palestinien» ne veut pas renvoyer les Juifs de Tel-Aviv, et s'il le soutient pourtant mordicus, c'est uniquement pour ne pas être attaqué par les extrémistes de son bord. On connaît la rengaine. Le bouchon est poussé encore plus loin quand l'exotique «nakba», à savoir la catastrophe ressentie par les Arabes suite à leur défaite en 48, est incorporée aux programmes scolaires, parce qu'il faut comprendre ce qui sert de motif à ses ennemis. Heureusement, cette absurdité, qui voudrait nous obliger à avoir de la peine pour ceux qui ne sont pas parvenus à nous anéantir, a été rectifiée récemment.

La deuxième méthode, pour rassurer les futures victimes d'un danger réel, consiste à se moquer de ceux qui mettent en garde. «Mais où sont donc les salves de Katiouchas que nous promettaient les opposants à la paix», s'emportait Pérès dans un grand rire sarcastique et gras dans les jours qui ont suivi le premier retrait de Tsahal de la bande de Gaza. Mais surtout, on reprochera aux sionistes religieux de manquer totalement de déontologie et d'honnêteté intellectuelle, parce qu'ils se servent de la peur pour mettre en avant leurs idées politiques. Par la même occasion, on les mettra au pied du mur dans des débats en les accusant d'immoralité: «Comment, vous êtes contre la paix! Aucune idéologie religieuse ou nationaliste du "grand Israël" n'a de valeur comparée à la paix!»

Et cependant, la paix, nous l'avions avant ce processus vicié à la racine mensongèrement masqué sous le nom de «processus de paix». Et ce n'est pas une question d'opinion. Avant Oslo, aucune roquette n'avait été tirée contre les agglomérations juives, pas même sur Goush Katif. Mais la malhonnêteté est soutenue par la mauvaise foi. N'a-t-on pas avancé que les tirs de roquettes sur Sdéroth étaient antérieurs à l'expulsion des Juifs de Gaza pour mieux relativiser la gravité de cette expulsion?

La troisième méthode consiste à minimiser l'importance du bon sens général, en n'en faisant l'affaire que des Juifs des implantations juives de Judée Samarie, et jusqu'à il y a huit ans, de Gaza. «Mais ils nous fatiguent avec leurs problèmes. Quels égocentriques. Ils ne sont pas tous seuls dans ce pays.» Or, le problème des habitants des implantations juives est celui de l'ensemble du pays d'Israël, et par extension de tout le peuple juif.

Quand le symbole du judaïsme de Goush Katif est représenté par un père de famille qui pleure, (voir la photo apposée sur les troncs de collecte diffusés pour venir en aide aux expulsés) c'est tout le peuple d'Israël qui est représenté via cet homme. Il est navrant et regrettable que ceux qui ont quitté leur travail et leur foyer, se sont fait arrêter et ficher pour tenter d'empêcher l'expulsion de Goush Katif n'aient été que les Juifs de Judée-Samarie, ou les Juifs d'autres villes identifiés au sionisme religieux. Quand une portion impressionnante de ce public s'est rassemblée à Kfar Maïmon, et qu'elle aurait pu empêché le redéploiement, comme le disait en personne Sharon qui suivait de près le moindre développement, avant que cette opération n'échoue lamentablement à cause d'un prétendu accord conclu entre le gouvernement et le Conseil de Yésha (Judée-Samarie-Gaza), à quoi étaient occupées les populations où se nettement supérieures en nombre de Sdéroth, Ashkelon, Ashdod, Béer-Chéva, et bien entendu Tel-Aviv? Que l'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit. Toute cette population est la chair de ma chair, et je souffre qu'elle soit la cible des plus grands antisémites actifs de notre époque, mais j'aurais aimé marcher avec eux main dans la main au barrage de Kissoufim. Non seulement je n'aurais pas été arrêté, mais nous aurions eu la force de renverser la situation. Remarquez, ils n'ont pas été méchants, ils ont même distribué des bouteilles d'eau minérale fraiche. En effet, les longues marches à travers la campagne (les routes étaient barrées) ont vidé les gourdes que portaient les opposants à l'expulsion.

Cette leçon ne revient pas à pleurer sur le passé, mais à envisager un avenir bien plus alarmant si on continue à se dire: «Ils nous embêtent, ces habitants des implantations juives». Et à ceux qui voudraient encore répondre que de toute façon, ils ne font pas ça pour l'ensemble du peuple d'Israël mais pour leurs propres intérêts, il convient d'expliquer qu'ils auraient tout à gagner en s'informant des causes qu'ils défendent afin d'éviter qu'elles se révèlent être les leurs. Quand des politiciens et autres juristes qui détiennent des postes clés déclarent qu'ils sont favorables à la fondation d'un Etat terroriste sur les hauteurs de la terre d'Israël, le bon peuple doit comprendre, et le plus tôt sera le mieux, que ce n'est pas l'affaire de quelques familles, trois ou trente selon le lieu concerné, ni de quelques centaines de milliers d'Israéliens qui pourraient très bien vivre de l'autre côté de la ligne verte, mais qu'ils sont directement concernés. Nous sommes tous sur le même bateau, et percer la coque à Netzarim ou à Bet-El ne peut qu'inonder tout le pays de bombes en tous genres. Les gouvernements s'efforcent depuis des décennies à offrir un Etat sur un plateau d'argent à ses ennemis, au détriment de l'avenir d'Israël, et certainement pas en échange de la paix. Donc, regardons bien ce que veulent les sionistes religieux, car ils sont le baromètre de notre avenir et de notre présent.

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 18:38

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[Illustration. Trop compter sur l'aide extérieure ne conduit qu'à la ruine]

Le nouveau président américain, dès le début de son premier mandat, s'est rendu très impopulaire auprès de l'opinion israélienne et des pays libéraux. En se rangeant du côté de la religion de l'Arabie, il s'est fait passer, en s'inclinant devant le roi saoudien, pour le vassal de cette force sous la pression de laquelle la face de l'Occident change à grands pas. La mise en exergue de son prénom Hussein, qui l'a d'un seul coup fait ressembler au dictateur moyen oriental capturé par ses prédécesseurs, dont il est l'homonyme par le prénom, a plongé dans le désarroi bon nombre de ses électeurs, dont beaucoup pourtant ne lui ont pas tenu rigueur en lui refaisant confiance.

Mais la frayeur inspirée par sa réélection est peut-être exagérée. Il suffit de ne pas oublier quelle était la nuance subtile qui le distinguait du dernier Bush, - car c'est bien d'une nuance qu'il est question et non pas d'une différence fondamentale. Cette nuance veut qu'il a cherché alors à démarrer son mandat en se concentrant sur l'Etat juif, qu'il rêvait de voir diminué et privé de sa capitale, tandis que son prédécesseur considérait cet objectif comme l'élément final de son service à la tête des EU. Il n'est pas à exclure que le nouveau président ait fait alors une fixation sur les paroles quasi prophétiques de Georges Bush II, qui avait décrété, un an avant son investiture, (voir Un nouveau prophète), que la soumission d'Israël à ses fantasmagoriques prévisions pseudo prophétiques se réaliseraient dans la dernière année de son mandat. En bon disciple et en bon exégète du prophète Bush, Obama a dû interpréter ses dires et comprendre que cette prédiction, puisqu'elle ne s'était pas réalisée avant la passation de pouvoir, n'allait pas tarder à se réaliser peu après pour le plus grand bien de sa propre gloire.

Si ce qui distingue les deux derniers présidents n'est qu'une question de vitesse ou de patience, comment se fait-il que le dernier, selon un sondage effectué en Israël, n'avait inspire confiance qu'à 4% de ses citoyens, alors que le précédent passait pour l'apôtre de la paix auprès, toujours si on se fie aux sondages, d'une tranche nettement plus importante de l'opinion ?

Avant le premier mandat d'un président dont la couleur ressuscite bien des peurs et des phobies, une campagne visant à sensibiliser la conscience américaine avait traduit les exigences d'Obama en termes d'épuration ethnique, la pression exercée par ce dernier ayant pour but de «nettoyer» Jérusalem, la Judée et la Samarie de leur présence juive. De son côté, pour bien dénoncer le déséquilibre de la volonté politique d'éradiquer les Juifs de la région, le porte-parole du gouvernement israélien avaient rendus publics les résultats d'un rapport faisant état des récentes acquisitions par des Arabes d'appartements dans la partie Ouest de la capitale israélienne, fuyant à l'avance la possible mise en place d'un pouvoir arabo-musulman totalitaire censé les représenter depuis les accords d'Oslo, dans le but de montrer que, contrairement à la déjudaïsation exigée par les nations dites libérales, les instances de l'Etat Juif n'avaient jamais exigé l'équivalent dans les régions que l'Occident concédait à reconnaître comme israéliennes.

Cette effarante déclaration de guerre contre la vie juive caractérisait pourtant tout autant des gens paisibles tels que Clinton, Bush 1 et Bush 2, Reagan, etc. Comment Clinton a-t-il pu être tellement populaire en Israël alors que des Juifs étaient occis par dizaines dans des bus ou des restaurants, et alors que les accords entre Rabin, Pérès, et Arafat, au bas desquels il avait lui-même apposé sa signature, avaient été le déclencheur de la situation la plus catastrophique jamais subie par le pays ?

La réponse, et sans allusion à connotation raciste allant à l'encontre des Blancs ou des Noirs, c'est que les présidents auxquels on nous avait habitués jusqu'à l'année qui a précédé le premier mandat d'un élu de couleur, montraient tous patte blanche. Le partenaire d'Israël s'avançait, les bras en avant, les mains tournées vers le haut, bien en évidence, un grand sourire carnassier supposé transpirer la fraternité, mû par un élan de bonne volonté et la ferme résolution d'établir la paix américaine dans le monde, parvenant ainsi à transmettre à ses «amis», alliés et autres interlocuteurs, un sentiment coupable. «Nous somme de grands amis, et nous allons réaliser ensemble de grands projets. Alors pourquoi nous fâcher pour des broutilles en raison d'un entêtement dépassé et puéril de votre part?» La suite est bien connue. Si le président de la grande puissance est si sympathique, pourquoi le froisser? Et c'est pour ne pas froisser de si grands amis qu'Israël a cédé le Sinaï à L'Egypte, Sinaï aujourd'hui infesté de groupuscules bédouins armés par Al-Qaïda et l'ex arsenal de Kadhafi, le Sud-Liban au Hezbollah, ou encore Gaza au Hamas.

N'oublions pas que l'Amérique excelle dans le commerce et le cinéma. Ces deux matières ont plus de points communs qu'on ne se l'imagine. Le commerçant, l'acteur, mais aussi le politicien, travaillent de la même façon ; ils vantent et vendent tout, à commencer par ce qui est creux: le premier vante un produit, le second un héros, le troisième un ordre nouveau.   

Leur habileté est si grande qu'un homme de bonne foi peut se faire empoisonner par un produit tout en étant persuadé qu'il est tombé à pic pour le soigner d'un mal qui s'est déclaré au moment de son acquisition ; un autre peut voir son caractère se transformer pour devenir irrespectueux et vindicatif en pensant bien faire, sur le modèle d'un personnage commercialisé par une série ; un autre encore pourra détruire une oasis bâtie sur un ancien désert pour en faire une base de tir de roquettes contre son propre pays, pensant apporter la paix car on l'a convaincu qu'il suffit de faire plaisir aux ennemis pour les rendre gentils, comme dans les contes …

La différence entre le président classique et le nouveau, c'est la manière de présenter la chose. Un individu menaçant armé d'un bâton éveillera la vigilance de la personne visée, qui, prévenue, pourra se protéger du mieux qu'elle peut. Mais si un agresseur, muni d'un sécateur, qui est une arme bien plus terrible qu'un simple bout de bois, s'avance avec un grand sourire, et explique qu'une amputation douloureuse sera salutaire pour le « patient » qui risquerait sans cette intervention de périr, et qu'il faille l'endurer pour que le reste du corps survive, il représentera, par son pouvoir de persuasion, un danger bien plus terrible.

Si un individu en menace un autre de le tuer en lui faisant ingurgiter une amanite phalloïde, ce dernier a de fortes chances de se défendre et de s'en tirer sain et sauf ; mais si on lui dit que ce champignon serait innocent et dangereux uniquement dans les idées reçues, et que la force de son poison puisse au contraire le débarrasser de tous les microbes qui le menacent bien plus sérieusement, sa vie est en péril dès qu'il est sur le point de se laisser convaincre.

Ces deux dernières paraboles symbolisent les « concessions douloureuses » qui amputent le pays d'Israël de ses régions les plus vitales, aussi bien spirituellement que matériellement, et qui sont consignées à l'encre coagulée pat toutes sortes d'accords et de décrets, qui n'ont fait qu'apporter désastre et désolation. Le nombre des victimes des conséquences de la persuasion américaine ont dépassé en nombre celui des victimes des véritables guerres.

Le président américain fait passer un message clair, ainsi que le diplomate Solana, qui se faisait l'écho de ses ambitions politiques au moins au début de son premier mandat: « Je veux que vous renonciez à vos possessions parce que je ne vous aime pas. Et, combien même vous vous plieriez à mes exigences, vous n'en tireriez aucun profit pour l'avenir. Bien au contraire, vous vous en sortiriez diminués et affaiblis. »  

A moins d'un président ami d'Israël, sans guillemets, qui inciterait les Arabes présents sur son territoire à rejoindre les pays avec lesquels ils s'identifient, le nouveau vaut bien mieux a priori que les anciens, ceux qui exhibaient leurs « sabots fendus », signes extérieurs de leur prétendue loyauté. Mais l'avantage de cette effrayante franchise se perd en raison de l'incroyable complaisance mal-placée du gouvernement de Netanyahou, qui, s'il a affaire à un président prétendu ami, fera des concessions douloureuses pour préserver cette amitié, et ne défendra pas plus les véritables intérêts d'Israël que s'il a affaire à un président américain ouvertement hostile.

Dans ce dernier cas, et qui est celui qui nous intéresse, il se justifiera auprès du peuple d'Israël de deux façons. Ou bien il s'excusera de ne pas avoir le choix, la pression étant trop forte, ou bien il tentera de se persuader et de persuader les autres que les concessions ou le sabordage d'Israël amadoueront à la longue un président américain admirateur des dictatures musulmanes et le rendront plus magnanime envers le pauvre petit Etat juif – puisque c'est en effet cette façon des dirigeants de se sentir inférieurs qui met Israël en position d'infériorité. («Nous étions à nos yeux comme des sauterelles, et c'est comme ça qu'ils nous voyaient» Nombres XIII, 33).

 A ceux qui rétorqueront que le résultat escompté est plus qu'hypothétique, il répondra que, justement, c'est la preuve qu'il faut faire de plus en plus de concessions pour qu'il n'ait plus aucune raison de douter de notre bonne foi. Aujourd'hui, après cette réélection, rien n'est moins sûr que de supposer que Netanyahou ait atteint la maturité à même de lui permettre d'agir en chef d'Etat indépendant. Quoi qu'il en soit, la différence ne dépend pas de la couleur blanche ou noire du locataire de la maison blanche dont l'adjectif qui la qualifie reste de toute façon constant quelle que soit la couleur de celui-là, mais des capacités et de la mesure du courage et de la détermination d'un Premier ministre israélien qui soit capable d'agir selon ce qui est bon pour son pays, et non pas désolé de saborder l'avenir de son peuple parce qu'il a trop peur de faire les bons choix. Or, depuis ses débuts au pouvoir, Netanyahou a été par excellence l'homme qui a baissé la tête, et a accepté toutes les concessions: Hébron, les dix mois de gel total de la construction juive y compris à Jérusalem, le vote apocalyptique pour l'anéantissement de Goush Katif et indirectement des bombardements qui pour l'instant ne touchent que le Sud, jusqu'aux prochaines concessions douloureuses. L'horizon semble bouché, car plus personne ne peut se dire que les déclarations du type de celles tenues lors du discours de Bar Ilan ne seraient que des paroles stratégiques destinées à détourner l'attention. Mais le peuple juif, fidèle à son optimisme, s'en remettra. Souhaitons que les dégâts soient jugulés au mieux et que D. nous préserve des effets douloureux des concessions politiciennes.

Cette réélection américaine conforte le gouvernement israélien dans son manque de détermination à défendre les intérêts du pays car il pourra continuer à prétexter que la pression américaine est incontournable, alors qu'avec un Blanc plus complaisant, mais en apparence seulement, il         aurait honte de capituler pour une pression si faible en apparence. Quoi qu'il en soit, elle sert de leurre et détourne l'attention du public en Israël du manque de charisme de ses dirigeants.

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 09:10

Certaines questions doivent indubitablement rester à l'état de question. Il est interdit d'y répondre. Elles servent à alimenter des articles, animer des débats, mais il est interdit de ne pas tourner autour du pot. Par exemple, vous n'avez pas le droit, dans la fameuse incertitude existentialiste au possible qui fait se demander qui, entre la poule et l'œuf, a été le premier sur terre, de démontrer disons que la poule a été la première. Vous seriez irrévocablement exclu du débat.

En l'occurrence, je veux parler ici d'un phénomène observé en Europe, et notamment en France. Il est relativement nouveau, puisqu'il est dérivé d'une situation nouvelle. Il relève indéniablement d'une anomalie ou d'une injustice ; il s'agit de la variabilité du traitement de l'antisémitisme. Cette lutte orchestrée par les pouvoirs n'est pas une valeur absolue. Aussi, un antisémitisme «classique», si l'on peut dire, d'origine autochtone, sera pris très au sérieux. Politiquement, les mouvements ou partis de droite seront étroitement surveillés, et qualifiés d'extrême droit avant d'être poursuivis par la justice, au moindre dérapage, réel ou même sujet à une interprétation, pas toujours justifiée, d'un mot qui peut parfois être pris pour une allusion.

En revanche, un antisémitisme marquant des ressortissants souvent de provenance ex territoriale, ou descendants non intégrés de ces populations, sera toujours minimisé, excusé, considéré comme isolé de son contexte ; que ce soit une phrase isolée d'un discours, ou un discours isolé du contexte de la guerre totale menée contre Israël par les pays d'où ces antisémites sont originaires, et «comme les Juifs soutiennent indéfectiblement Israël, que voulez-vous que nous fassions?».

J'ai donc proposé une explication en deux points, pas sous la forme d'un article mais d'une réaction en quelques lignes, sur un site dont je tairai le nom. Et j'ignore s'il s'agissait d'un problème technique ou d'un acte conscient: l'article qui approfondissait et dénonçait ce déséquilibre du traitement de l'antisémitisme a été, pendant quelques heures, non disponible. Le lien internet conduisait à un court texte expliquant que l'article n'existait plus. Le problème technique a donc été réparé quelques heures plus tard, excepté le fait que ma réaction n'y figurait plus.

En voici approximativement les termes, puisque je ne l'ai pas conservée:

La différence entre le traitement de l'antisémitisme «normal» et l'antisémitisme musulman s'explique pour deux raisons:

1.        Les pouvoirs locaux ne se sentent pas moralement responsables d'une haine contre les Juifs qui est le fait de personnes qui ne sont pas de leur provenance.

2.      Les pouvoirs sont tellement respectueux du droit à la liberté de culte qu'ils ont du mal à réprimer cette haine, parce qu'elle fait tout simplement partie des devoirs religieux de la religion musulmane.

On peut expliquer le premier point par une parabole. Si votre fils chaparde les cerises de l'arbre de votre voisin et que celui-ci s'en plaigne, vous prendrez des mesures pour éviter que ça ne se reproduise. Mais si, en revanche, le fils d'un autre voisin s'est servi, et qu'on vous le reproche, vous répondrez: «Le coupable n'est pas mon fils.»

Pour ma part, je ne trouve que deux explications plausibles à la non-réapparition de mon explication en bas de l'article évoqué plus haut. Ou bien le problème est purement technique, seul l'article ayant pu être récupéré ; ou bien la question générale, en raison de son rôle dénonciateur qui en conserve l'aspect exclusivement rhétorique, ne doit pas être solutionnée afin de pouvoir être fréquemment posée.

Une autre explication à ce laxisme des pouvoirs vis-à-vis de l'antisémitisme musulman, que je n'avais pas proposée, consiste précisément dans le racisme inavoué de ceux qui s'affichent ouvertement comme ses opposants. Pour beaucoup d'Européens moyens, les agresseurs musulmans des agressés juifs seraient tout simplement des sémites. Par conséquent, nul n'est besoin d'intervenir dans des querelles «de clochers» entre antagonistes d'une même obédience.  En d'autres termes, on parle d'une «importation de conflit», et en d'autres termes encore: «Allez laver votre linge sale en famille chez vous». Supposons par exemple qu'un Copte se fasse agresser à Paris par un autochtone d'extrême-droite. Les médias et le pouvoir feront le nécessaire pour le dénoncer à lui infliger la peine la plus forte que la loi prévoit. Mais supposons à présent que ce même Copte se fasse agresser par un Egyptien qui n'est pas copte. Le cas n'intéressera personne, car il sera traité comme de l'«importation de conflit».

Pourtant, si nous revenons au cas qui nous intéresse, les adeptes de l'i-slam, qui se réclament de l'ascendance d'Ismaël, sont selon leurs propres revendications les descendants de la servante Agar de Sarah, comme l'atteste le texte. Ce sont donc des Chamites, fils de Cham, et non pas des Sémites. D'autant qu'Agar choisit pour son fils une épouse égyptienne. Mais pour les racistes, la nuance est trop subtile.

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