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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 15:26

Le gel du printemps révolutionnaire

 

La capture des soldats de l'Onu par les insurgés va-t-elle rendre ce pays plus intéressant aux yeux de l'opinion mondiale? Il semblerait que non. Nous lisons que mercredi, près de quarante personnes ont été tuées par des bombardements aériens sur la ville de Raqa, par le régime d'Assad fâché que la ville ait été prise par les insurgés. Que retient l'informé moyen de ces deux dépêches? Rien, justement. Et pourquoi rien?

Parce que, que ce soit voulu ou non, la situation qui veut que personne ne s'intéresse au conflit se perpétue. Il ressort en effet de ces deux événements que le «compte» est toujours à zéro. De quel compte s'agit-il? De celui qui pourrait faire qu'il y ait un conflit entre les bons et les méchants. Voyons cela de plus près : les insurgés kidnappent les observateurs de l'Onu… alors «les méchants», ce sont les insurgés? Oui, mais l'armée syrienne, toujours dans les mains d'Assad, fait des dizaines de victimes parmi la population qui se trouve sous la tutelle des insurgés. Alors, les insurgés sont du coup les victimes, les «gentils»?

Nous l'avons compris : un conflit n'a d'intérêt que s'il symbolise la guerre entre le bien et le mal. Si tout le monde est méchant, ou si tout le monde est gentil, il ne présente aucun intérêt. Considérons par exemple le conflit qui a déchiré l'ex Yougoslavie pendant des années. L'Européen de l'Ouest a du mal à saisir le fait que des pays comme la Yougoslavie, ou encore la Tchécoslovaquie, portent en réalité des noms composés.

Lui qui, alors qu'il était écolier, avait tellement de mal à les apprendre par cœur pour réussir sa composition de géographie, voilà qu'il doit réaliser tout à coup qu'il y a des Tchèques, des Croates, des Serbes et des Slovaques. Quand il apprend au journal télévisé que les syllabes de noms de pays se dissocient et qu'elles se font la guerre, c'est aussi invraisemblable pour lui que si on lui disait qu'il n'y a plus de Français, mais des «Frans» contre des «Çais»,  ou qu'il n'y a plus d'Allemagne, mais des «Alles» contre des «Magnes».

Pour ne pas trop persécuter le téléspectateur, les médias, en France notamment, ont eu beau faire passer au journal de 20h ou de 22h les douleurs de genoux du footballer X ou Y avant la tragédie en Yougoslavie, il n'en demeurait pas moins que le téléspectateur par la force des choses était assez agacé de voir les fastidieuses leçons d'histoire de son enfance s'imposer à nouveau devant ses yeux.

L'audimat montrait un certain désintéressement de la question, et beaucoup éteignaient leur poste après l'information sur la convalescence du mollet de tel ou tel marqueur de buts. Comme le Csa ne pouvait tout de même pas fermer les yeux sur de graves conflits qui secouaient l'Europe, une solution miracle a été trouvée pour forcer l'opinion à s'y intéresser, car tous ces pays, la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine, le Monténégro ou encore la province du Kosovo, ou encore un Etat Oustachi, ça faisait un mélange un peu étourdissant pour des gens rentrés du bureau et confinés devant leur poste avant d'aller dormir.

Désormais, on présenterait une version allégée, et on passerait à la guerre entre les méchants Slaves et les gentils Bosniaques. Drôle de choix, quand on pense que ce sont ces derniers qui ont prêté main forte aux forces des Waffen SS en s'y enrôlant massivement, sans compter que Tito, qui a drôlement pesé sur l'Occident, était lui aussi croate. Enfin, quoi qu'il en soit, on pouvait jouer sur les sentiments d'indignation et de compassion interpelés sélectivement chez le téléspectateur dans une présentation simplifiée et digeste de l'info.

Revenons à présent à la Syrie. Pourquoi n'y a-t-il pas eu de distinction arbitraire et artificielle comme ce fut le cas pour la Yougoslavie? C'est pourtant simple comme un match de foot. Si vous êtes pour les verts, vous hurlez de joie quand ils marquent un but et de désespoir quand ils s'en prennent un. Si vous êtes pour les rouges, c'est vice-versa. Mais si vous n'êtes pour personne, vous bayerez d'ennui, qu'il y ait ou non des buts.

Pareillement, si vous n'êtes ni pour Assad, ni pour les insurgés, le conflit ne vous intéressera pas. Certes, ce conflit a fait près de cinquante mille morts, et il peut paraître indigne de comparer le fonctionnement de l'intérêt pour le foot à celui de l'intérêt pour la guerre, sachant que le foot fait nettement moins de morts (cent au maximum et encore parmi les spectateurs) ; mais ce n'est pas à l'auteur de ces lignes qu'il faut reprocher le désintéressement et l'indifférence face à cette effroyable tragédie humaine.

Récemment, un certain Arafat (pardonnez-moi si j'ai oublié le nom de famille) est mort en Israël d'un arrêt du cœur, en prison. Le monde entier s'en est ému, et des enquêtes et contrenquêtes ont été exigées pour tirer au clair les raisons de son décès, et pour être sûr qu'il n'y avait pas eu de négligences, voire, pourquoi pas, de tortures. Eh oui! Un seul mort en Israël pèse plus lourd que plus de quarante mille déjà confirmés en Syrie. C'est normal. En Israël, la distinction entre les méchants et les gentils est on ne peut plus claire, même si elle prend une tournure de fin des temps, quand les nations se liguent contre le Créateur et son oint.

Le flottement, ou l'immobilisme qui empêche de désigner un camp des bons ou des méchants, en Syrie, est un revers tragique de la déception due aux fiascos de ce qu'on s'est empressé de nommer le printemps arabe. Le point commun avec le printemps saisonnier semble devoir se résumer au réchauffement uniquement. Pourtant, au début, il sentait bon la lavande, ou le jasmin, le renouveau, le réveil ou l'éveil.

Ah, les gentils révolutionnaires, qui se battent avec des fleurs et qui mettent en déroute les méchants dictateurs. J'ose cependant penser qu'en Tunisie, beaucoup étaient réellement motivés par de nobles intentions, mais que leur effort de démocratisation a été court-circuité et récupéré par l'obscurantisme. Comme tout paraissait soudain si facile! Tunisie, Egypte… et en avant! La Libye! Les dominos continuent de chuter.

Vivent les gentils insurgés, vivent le gentil Sarkozy et ses gentils intellectuels de cour dépêchés en éclaireurs éclairés sur le champ médiatique pour conditionner l'opinion! On était tellement certains qu'il n'y avait pas pire que Kadhafi, le campeur de la pelouse de l'Elysée, (dont le refus du confort a peut-être été directement inspiré par une scène d'un film des «Inconnus»…) Et pourtant!

Le fameux arsenal d'armement en grande partie français s'est retrouvé en vente libre dans tout le Maghreb et le Sahara, et a été récupéré largement par l'Aqmi (en vo: القاعدة في بلاد المغرب الإسلامي  ), déstabilisant jusqu'au bon Mali. Et puis, il y a aussi la Russie, qui a bien fait comprendre qu'elle ne permettrait pas qu'une incursion comme celle de Tripoli se produise en Syrie. Alors, entre l'axe Iran-Hezbollah-Assad, et entre les frères musulmans, et les Hassan et autres Hussein, plus effrayants que les frères Dalton, on préfère ne pas courir trop vite. Pas de bons, pas de méchants, le match est nul et tant pis pour les civils Syriens. Vu d'Israël, il est heureux que Hanan Porat n'ait pas donné l'occasion à Netanyahou et Sharon d'importer cette guerre civile jusqu'aux hauteurs du Lac de Tibériade.

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 21:25

Se souvenir d'Amalek, et des horribles exactions subies par les Juifs en exil, constitue l'observation d'un commandement explicite de la Torah. Le shabbat qui précède Pourim est appelé Shabbat Zakhor, le shabbat du souvenir, et la lecture du passage de la Torah qui relate l'agression par Amalek des enfants d'Israël à la sortie d'Egypte, ainsi que la répugnance qu'il inspire à D. pour toutes les générations, comme le mentionne explicitement le texte biblique, est un ordre non pas d'ordre rabbinique mais de la Torah. L'Etat d'Israël respecte ce commandement du souvenir. Même si on veut le définir comme laïc, l'effort de mémoire, de ne pas oublier la haine irrationnelle et ses conséquences tragiques, est une des affaires qui sont à l'ordre du jour. C'est d'autant plus étonnant qu'il se peut que la fidélité à ce commandement ne soit pas motivée par un sentiment religieux mais par les circonstances de l'histoire qui ont fait venir des jours sans espoir très peu de temps avant l'avènement de la souveraineté juive en Palestine. Et ce respect du commandement de Zakhor, souviens-toi, comme fatalement imprimé dans la conscience collective, voit le pays d'Israël s'installer dans une attente, où la motivation pour les jours de la rédemption s'estompe, et où une attitude passive en ce qui concerne la réparation de ce qui a été détruit avec le départ en exil de la montagne sainte fait qu'on en diffère activement l'échéance.

Il y a quelques mois, le gouvernement a annoncé que les voyages en Pologne au départ d'Israël allaient s'intensifier, et que les frais des billets et des séjours allaient être partiellement pris en charge par l'Etat pour les lycéens, de sorte que les élèves issus des milieux les moins aisés pourraient y participer, ainsi que ceux des classes moyennes, dont les parents ne devront plus qu'assumer une partie de leurs propres deniers. Mais pour quel motif? Qu'est-ce qui fait que le gouvernement et les différentes instances, de l'enseignant aux commissions parlementaires en passant par les proviseurs, s'attachent religieusement et consciencieusement à la réalisation du commandement «Souviens-toi de ce que t'a fait 'Amalek, en chemin, à ta sortie d'Egypte», précepte qui englobe toutes les vicissitudes subies par le peuple juif au cours de ses pérégrinations en exil? Ou alors, le peuple d'Israël a-t-il pris par la force des choses l'habitude, dans un monde où la misère, feinte ou réelle, est plus écoutée et persuasive politiquement que le glaive préventif ou défensif, de s'attacher au rôle de la victime inéluctable, comme si un chétif Etat d'Israël avait réellement été offert sur un plateau d'argent par les Nations Unies à des Juifs affaiblis de retour dans leur Palestine? Nous envisagerons également l'extraordinaire tendance, chez des Juifs de toutes obédiences, à faire en sorte que cette image de l'opprimé reste bien vivace, jusqu'à constituer, certainement inintentionnellement, un dernier frein à la victoire éclatante du retour d'Israël. Mais une véritable fermeté aurait certainement calmé les nations qui auraient trouvé la légitimité d'Israël tellement évidente que l'on n'aurait peut-être pas assisté à cette extraordinaire coalition qui pourrait n'être que la tentative ultime de guerre des nations contre le peuple qui a reçu la Torah.

Cette décision gouvernementale, qui a choisi d'officialiser et de répandre largement ce que l'on pourrait considérer comme de véritables pèlerinages à Auschwitz, a choisi le symbole de l'attitude amalécite par excellence. C'est là que s'est produite l'issue la plus tragique de la mésaventure de l'exil européen pour trois millions de Juifs polonais, et pour autant des contrées voisines. Orthodoxes ou intégrés depuis plusieurs générations, tous furent traqués, dans une telle haine que même des non-juifs furent poursuivis pour un arrière grand-père ayant appartenu au peuple d'Israël. Peut-être que les négateurs de la Shoah sont motivés tout simplement par une volonté d'étouffer l'importance du commandement qui vaut une lecture spéciale de la Torah ce shabbat, et d'en désactualiser l'impact.

Quant au jeune Israélien, né dans un environnement proche sécurisant, il risque de ne pas être capable d'apprécier à sa juste mesure l'ampleur de la haine qui remonte à la nuit des temps, l'époque prénatale d'Esaü – «C'est un fait, Esaü hait Israël» – et il peut s'imaginer que ce passé, pourtant récent sur l'échelle de l'histoire, pourrait être à dissocier du présent, et que sous un certain angle, l'organisation du peuple juif en un Etat n'aurait plus de raison d'être, les temps ayant changé et les nations s'étant pacifiées.

A l'instar d'un demi-million de ses compatriotes qui vivent à l'étranger sans y être nés, l'Israélien qui n'a pas connu la vie de l'exil risque de se dire que l'antisémitisme et ses dangers font définitivement partie des annales d'une histoire désormais obsolète. De la sorte, les pouvoirs sont conscients qu'il faut sceller en un contenu moral ou spirituel, et en une motivation autre qu'économico sociale, le sens de la vie israélienne. Ainsi, le catalyseur que représentent ces voyages extrascolaires, qui est certes fondé sur des motifs tangibles, consiste à inculquer dans la conscience des jeunes générations que l'Europe n'est pas si avenante que l'on pourrait le croire, quand vient se greffer à cet enseignement sur le terrain l'indifférence ou la complicité d'Etats paradoxalement coauteurs de la reconnaissance universelle des droits de l'homme.

Mais d'autres motifs, inavouables, peuvent rejoindre par d'autres chemins l'appréciation de ce qu'enjoint la Torah. Qu'est-ce qui peut motiver une décision gouvernementale précitée, qui interpelle tout l'éventail politique, hormis les minorités récalcitrantes tolérées? Si, dans le fond, l'âme du peuple veut la réalisation du commandement de ne pas oublier ce qu'a fait Amalek aux descendants des Hébreux pendant toutes les générations ; une considération stratégique de la doctrine sécuritaire n'est pas nécessairement absente: brader le Sinaï aux Egyptiens, garder ou brader le contrôle de Gaza ou du cœur de la terre d'Israël, tout est passé au prisme de la défense d'un intérêt assimilé par erreur à de la sécurité, alors qu'il s'agit très souvent de faire perdurer l'image d'Israël en tant qu'opprimé . De la même façon, se rendre en Pologne et constater de visu ce que les nations les plus éclairées sont capables de faire aux Juifs, revêt ici un double emploi: montrer aux nations que le rapport bourreau/victime est toujours saillant, et en transmettre le vif sentiment aux jeunes générations israéliennes, qui n'ont pas connu cette indicible horreur, et qui préfèreront ne pas négliger l'importance de leur Etat-nation, la situation risquant de se retourner à tout instant en étant à la merci d'une haine potentiellement renouvelable. On retombe donc sur le sionisme-refuge, sionisme d'a posteriori, bien moins noble que l'amour de la terre d'Israël offerte par D. à son peuple qui a reçu la Torah pour l'y réaliser dans toute sa dimension, qu'il y ait ou non danger ailleurs.

Il n'en demeure pas moins que cette image de la victime, que l'on peut reprocher à la direction politique israélienne de préserver et entretenir, reste justifiée, puisque les poursuites irrationnelles dont les Juifs ont toujours fait l'objet, de l'Espagne sous-développée à la laborieuse Allemagne, jusqu'à la Shoah, ont effectivement fait d'Israël la victime des nations, aussi bien en exil que dans son Etat boycotté et assailli de tous côtés. Ce qu'il convient de relever tout de même ici, c'est cet attachement à ne pas se débarrasser de cette image, au point de se mettre en péril pour la garder. Le gouvernement de Golda Meir a mis le pays en danger pour montrer au monde entier que les agresseurs étaient bien les pays avoisinants, surtout depuis que le «malentendu» de la guerre des Six jours, où les agressions arabes, comme le rassemblement des troupes de l'ennemi aux frontières d'Israël, les menaces d'anéantissement et la fermeture du détroit de Tyran ne constituaient pas un casus belli assez flagrant pour l'opinion mondiale. On a voulu aussi faire des cadeaux aux tueurs, pour bien montrer au monde la gentillesse israélienne, et à quel point les Olp et autres assassins n'ont aucune raison de nous en vouloir. On s'est même convaincus qu'en étant gentils avec eux, ils allaient regretter leur animosité injustifiée et peut-être même essuyer une larme.

Pourtant, cette conception n'est en rien une ruse ou une tactique politique. Elle est profondément ancrée dans l'inconscient collectif d'un peuple qui a vécu un exil bimillénaire, expérience inexistante et inconcevable dans la culture de tout autre peuple. Or, l'exil exerce une profonde empreinte chez celui qui l'a vécu ; il impressionne indéniablement les mentalités. Ainsi, de nombreuses similitudes font se ressembler deux générations nées en exil à un peu plus de trois mille deux cents ans d'intervalle.

Le caractère soumis forgé par la captivité en Egypte n'avait pas non plus facilité la tâche de la rédemption, et les esclaves libérés s'étaient révoltés non pas contre la dure condition qui avait préludé à leur libération, quand ils étaient opprimés, mais contre leur statut d'hommes libres à plus d'une occasion, quand ils se sont révoltés contre Moshé à plusieurs reprises en exigeant de retourner en Egypte: «Voici qu'ils m'ont mis à l'épreuve à dix reprises». Mais ne nous laissons pas aller à juger nos ancêtres les Hébreux à la légère. Les épreuves qu'ils avaient eux-mêmes endurées dans le désert auraient fait tomber plus d'un homme de notre époque moderne et blasée. Se retrouver avec femmes et enfants dans un environnement hostile, sans eau ni nourriture, ou voir s'avancer une armée entière qui s'apprête à écraser toute une population civile en frappant de l'épée toute tête qui pointe, alors qu'il ne semble pas du tout évident que la mer va s'ouvrir, a de quoi glacer le sang dans les veines de plus d'un homme courageux. Ce qui est reproché au peuple libéré, outre le manque d'une foi à toute épreuve dans les miracles, puisqu'il s'agit d'une époque où il fallait compter sur le miracle, c'est de ne pas fonder le cheminement de sa pensée sur le moyen d'aller plus loin mais au contraire sur le moyen de redevenir des esclaves "peinards" sans histoires. Le Saint béni soit-Il, à la dernière épreuve, quand le peuple se met à pleurer de rage – convaincu qu'il ne pourra pas vivre la réalisation de l'installation en terre promise – décide d'en finir avec les natifs d'un lieu qui n'en finit pas de leur servir de référentiel, et donne à une génération définitivement débarrassée de ce carcan quarante ans pour se reconstituer sur de nouvelles bases, non seulement physiquement, avec la liberté, mais également mentalement, avec la fin de la dépendance? Cette nouvelle génération du désert sera donc contrairement à la précédente débarrassée des chaînes spirituelles qui ont prolongé les chaînes matérielles et elle sera apte à se lever et de marcher sur la terre promise pour en prendre possession.

Donc, la génération d'aujourd'hui présente une analogie avec celle de la sortie d'Egypte sur le plan de ce blocage mental et de ce refus de s'affranchir de l'autorité et de l'opinion de ses anciens maîtres, européens pour la génération d'aujourd'hui, Egyptiens il y a 3325 ans. Dans les deux cas, une certaine prospérité a pu être de mise, mais toujours avec l'aval des non-juifs. Aujourd'hui encore, on ressent fortement la désagréable impression que les dirigeants de l'Etat d'Israël attendent toujours l'accord de leurs «patrons» américano-européens pour prendre les devants en cas de menace extérieure, par exemple, ou même pour se défendre, ou pour prospérer. «Regardez, on a encore bombardé nos villes, tiré sur nos civils et nos soldats. Un tyran fou est en train de s'équiper de l'arme nucléaire. Nous permettriez-vous de nous défendre, ou de contrattaquer?» Les réponses souvent évasives fusent après coup, avec les condamnations à l'Onu. Parfois, les dirigeants américano-européens s'inquiètent quand les Juifs – qui sont désolés de les déranger  – se multiplient sans que l'on puisse les limiter, tout comme les Egyptiens constatèrent que plus les Hébreux étaient opprimés, plus ils devenaient nombreux, à la différence près qu'aujourd'hui ils s'établissent de nouveau au cœur de leur terre promise et non sur une terre de captivité.

Il faut savoir cependant qu'une portion non négligeable du peuple d'Israël n'est pas sujette à la mentalité d'exil. En Egypte, beaucoup s'en étaient débarrassés très tôt. Les femmes, n'en déplaise aux féministes politiques qui cherchent toujours à critiquer le judaïsme, n'ont pas fauté par ce défaut et ne sont pas tombées sous le coup du serment divin interdisant à la génération du désert l'entrée en terre de Canaan, pas plus que la tribu de Lévi. Yéochoua et Calev se sont distingués d'entre tous les explorateurs. Puis, conscients de leur faute, des gens du peuple, les Ma'apilim, ont voulu s'amender, mais c'était trop tard. Ils devaient finir leur vie en exil.  Dans la génération sortie d'Europe (nous inclurons dans l'Europe ici l'Afrique et l'Asie, étant donné que ces deux continents étaient encore sous domination et gestion européenne au moment du retour d'Israël et de son indépendance). La génération de la sortie de l'exil d'Europe, plus de trois mille ans plus tard, possède aussi ses nouveaux Ma'apilim, qui en reprennent la désignation, et s'établissent en terre d'Israël en dépit du Livre blanc britannique. Une plaque commémorative, qui peut être citée ici pour exemple, a même été placée près du célèbre escalier des 154 marches de la plage de Netanya. Elle porte le titre de l'Alya de «Et bien quand même». Un réveil extraordinaire a fait bouger des dizaines de milliers de Juifs qui n'ont plus craint l'opposition des Nations, d'autant plus qu'il ne pouvait plus s'agir d'une révolte contre elles dès le vote en faveur du rétablissement du Foyer juif en Palestine. Si la Guemara (Ketoubot 103) rapporte que le peuple d'Israël a prêté le serment de ne pas monter en armée ni de se révolter contre les nations, et si on peut craindre de transgresser ces affirmations qui n'ont pas été relevées par la halakha, on ne peut que se féliciter de cette acceptation internationale.

Et pourtant, on sait que le peuple juif n'a pas unanimement œuvré pour concrétiser son retour en sa Palestine chérie, et qu'il ne s'est pas délesté de la mentalité forgée par son exil. Certes, concernant la génération de la sortie d'Egypte, il a simplement fallu, comme nous l'avons vu plus haut, qu'à ceux qui étaient nés esclaves se substitue une génération d'hommes nés libres. Mais à la sortie d'Edom, paradoxalement, l'élan extraordinaire de soif de libération nationale, ressenti en exil, semble s'essouffler précisément auprès d'une génération d'homme nés dans la liberté, au point de voir des descendants des libérateurs manifester main dans la main avec les ennemis d'Israël contre une barrière de sécurité, par exemple, ou contre l'expansion d'une localité juive orthodoxe.

Il convient donc de reconnaître que le mouvement de libération à toutes ses époques, même les plus fastes, est loin d'avoir fait l'unanimité de tout le peuple, et a pu également ne pas se poursuivre pleinement auprès des générations qui ont suivi. On peut constater là-dessus que les différentes sorties d'exil n'ont pas fait l'objet d'un référendum ni d'un vote remporté par la majorité, n'en déplaise aux partisans de la démocratie à tout prix. Commençons par la sortie d'Egypte. Le texte rapporte que seulement un cinquième ou un cinquantième des Hébreux sont sortis d'Egypte (L'exode). Au retour de Babylone, ils n'étaient que quarante mille (Talmud Kidouchin). Au retour d'Edom, l'auteur de Em Habanim Semeha, le Rav Tichtel, interné dans un camp de concentration, regrette l'attitude des maîtres de la Torah qui ont largement rejeté l'appel au retour en la mère patrie, notion perçue comme étrangère ; puis, comme ce fut le cas au retour de Babylone, ce ne sont pas les plus grands dirigeants spirituels et religieux qui ont pris les rênes du rétablissement en terre d'Israël, et malgré le ferme volonté qui a conduit à l'expansion économique et démographique du pays, même si les Juifs n'étaient que six cent mille lors de la proclamation de leur indépendance renouvelée, la lutte pour la libération de Jérusalem a été interrompue. Sans oublier que le Yichouv a enduré de lourdes pertes et subi les exactions de non-Juifs fanatisés, il faut reconnaître que la lutte a été suspendue aussi de l'intérieur, au point que les renforts arrivés par bateau avaient été coulés sous l'ordre du tout nouveau Premier ministre du tout nouvel Etat. Ce recul de la volonté de vaincre, inadéquat en cette période du retour d'Israël, a dû être partiellement compensé par un événement qui ne dépendait plus de la volonté du commandement politique ou militaire, avec l'avènement de la guerre des Six jours, casus belli sans lequel aucune démarche ou action n'eût été entreprise par aucun des partis de la Knesset. Le pouvoir recule encore avec la formule de la paix contre les territoires, avec les accords d'Oslo, qui n'ont pas apporté la paix, loin s'en faut.

Tout ce déroule comme si le peuple juif s'effrayait de son destin, de sa rédemption, comme s'il était épouvanté par un processus vertigineux auquel il ne pouvait être habitué. 400 ans d'exil en Egypte ont pu être surmontés en passant à une génération nouvelle, mais 2000 ans d'exil d'Edom, c'est trop pour l'entendement humain. Plusieurs générations sont nées libres, mais elles ne parviennent toujours pas à se débarrasser de cette mentalité de soumission. On continue à aimer l'exil, à vanter les mérites de la «marmite de viande» que l'on pouvait contempler dans les vitrines égyptiennes, mais dont on ne mangeait pas. Ce qui se trouve à l'étranger suscite admiration et passion, mais ce qui est en Israël est à peine regardé. Un jour, à l'aéroport d'Orly, je me suis retrouvé devant un jeune Israélien dont le visage exprimait l'extase. Au début, je n'ai pas voulu abîmer sa félicité béate. Mais, ayant perdu un peu patience dans une file qui n'avançait pas, je me suis vengé de la lenteur du service des douanes sur cet innocent. Je lui ai demandé s'il se réjouissait de revoir des parents ou des amis chers, et il m'a répondu qu'il allait voir la tour Effel, et même y monter. Je lui ai alors demandé s'il y voyait un motif particulièrement réjouissant, ce qui a provoqué une sorte de déconfiture étonnée sur ses traits. La file s'est enfin décidée à avancer, mais il ne fut qu'à moitié rassuré quand je lui ai pourtant certifié que d'une certaine façon, on pouvait se réjouir d'un tel motif.

Or, D. connaît la mentalité de son peuple. Nous avons vu que la génération de la sortie d'Egypte voulait à la moindre difficulté retrouver ses chaînes, l'esclavage lui ayant paru bien plus tranquille que la liberté. Il sait aussi qu'une génération plus tard, cette tendance avait été effacée, mais que le cas est bien plus préoccupant à l'époque que nous vivons, quand l'extinction de la fin de la vieille génération n'insuffle plus à la nouvelle un vent de liberté, et ce qui a fonctionné pour l'après-Egypte ne fonctionne plus de la même façon à l'époque de la sortie d'Edom.  

Aujourd'hui, aucune des variantes de la mentalité juive ne va dans le sens de la rédemption, pas même le public qualifié de sioniste religieux, et une attitude stratégique d'acceptation de la présence massive de leurs ennemis sur leur terre se transforme en une nouvelle nature. Le dialogue donne des résultats singuliers: ils vous diront que cette présence hostile ne les dérange pas, «du moment qu'ils acceptent la souveraineté d'Israël et qu'ils se montrent reconnaissants pour le bienêtre que leur procure cette proximité avec lui.» En insistant, ils vous diront qu'il ne faut pas généraliser, ou qu'ils finiront bien par reconnaître qu'ils n'ont aucune raison d'haïr les Juifs, ou encore que le peuple d'Israël n'est pas encore prêt à s'indigner et à se révolter. En revanche, ils travaillent au rapprochement entre les différents modes de vie israéliens, et servent dans une large mesure de trait d'union entre les laïcs et les orthodoxes.  Mais percevoir ou non la rédemption n'est pas une attitude passive, car elle implique que l'on œuvre dans son sens ou à contresens. Rester en exil pour de nombreux rabbins d'avant la seconde guerre mondiale a immanquablement affaibli l'importance du retour en Palestine, en laissant de surcroît une idéologie laïque y occuper le vide ainsi laissé. Pour l'Etat juif en général, la remise de la clé du mont du Temple à des étrangers lui a permis de ne pas se regarder en face, devant une esplanade qui n'attendait que le retour de ses enfants. Ils peuvent se prévaloir d'une attitude qui se cache derrière une réalité nouvelle: «Que voulez-vous que l'on fasse? Il y a déjà des gens!», peut-on facilement soutenir. C'est chose commode que de laisser les ennemis sur le Mont du Temple en se persuadant que c'est pour cette raison qu'il n'est pas reconstruit. Faire vider les lieux pourrait en effet être comme une invitation à réaliser ce que l'on doit.

Pourtant, les responsables de cette autre religion avaient déjà préparé leur départ, sentant bien que le propriétaire était rentré chez lui. D'autres symptômes ont marqué cette manière de ne pas s'impliquer dans la restauration de la splendeur des temps des rois David et Shlomo. L'aide de la Haganah avait été refusée en 1929 à Hébron. Sachant qu'un seul coup de feu tiré par une patrouille britannique a suffi, mais trop tard, à disperser des émeutiers musulmans galvanisés par le pogrom qu'ils étaient en train de perpétrer, on peut se représenter quelle eût été la situation d'Hébron aujourd'hui si l'organisation de défense juive y était restée. D'autres se placent en observateurs passifs, laissant les décisions à des politiciens qui n'ont pas ou plus foi en la rédemption même uniquement géographique du peuple juif. Ou alors, quand ils s'organisent en formations politiques, c'est, comme ils l'affirment, uniquement pour défendre leurs droits qui n'étaient pas honorés quand ils ne faisaient pas le poids. Pire, ils abondent dans le sens de décisions qui font reculer l'hégémonie et la présence juives au cœur de la terre d'Israël. Ne pas prendre part à l'édification de l'Etat parce qu'on a décidé que le temps de la délivrance n'est pas encore venu signifie que l'on diffère cette délivrance. Quant au sionisme non religieux, il implique une rédemption physique qui n'oblige pas toujours la récupération de Jérusalem: on accepte des lignes de cessez-le-feu en rechignant sur les armes apportées par l'Altalena qui auraient pu permettre de poursuivre la lutte pour libérer Jérusalem ; et quand Jérusalem est libérée, on fait cadeau de son centre à des ennemis jamais transformés en amis.

Le refus actif d'oublier Amalek, s'il ne relève pas nécessairement de la volonté de s'acquitter d'un devoir religieux, ne s'inscrit pas non plus dans une tactique selon laquelle Israël se complairait à se placer en éternelle victime, pour en tirer un quelconque intérêt. Cet attachement à perpétuer par des visites officialisées en Pologne le souvenir des vicissitudes de l'exil et, par extension, à se maintenir dans une attitude dénuée de combativité, semble plutôt être la conséquence d'une trop longue errance qui a marqué les esprits à un tel point qu'il leur est difficile de s'en libérer. «Il arrivera un temps où il n'y aura plus de volonté.»  -Kohéleth 12, 1). Le peuple d'Israël est ressorti physiquement de l'esclavage des nations ; il lui faut encore s'en sortir mentalement et spirituellement.

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 21:17

Vous est-il déjà arrivé de voir notre tradition prise pour une légende? Cette considération peut provenir même de personnes qui voient le judaïsme d'un œil favorable, et qui peuvent tout simplement vous souhaiter une bonne fête tout en ajoutant sans la moindre intention cynique: «J'éprouve beaucoup de respect pour les légendes de votre culture». Par ailleurs, nous avons nous-mêmes bien du mal à localiser avec précision les événements qui ont fixé pour les générations à venir la fête de Pourim, du «sort», dont l'origine semble se noyer dans la nuit des temps, et la rapprocher bien à tort dans notre entendement aux mille et une nuit. Certes, récemment, l'un des plus grands ennemis d'Israël, descendant des Perses ou des Mèdes, a attesté l'authenticité de l'origine de notre tradition, en s'insurgeant contre une pratique qui célèbre la mort de centaines des compatriotes de ses ancêtres.

Nous sommes aujourd'hui en l'an 5773 (inutile de compter d'après l'ère «vulgaire», elle est trop jeune et les calculs marchent à l'envers, avec des soustractions à n'en plus finir). Nous n'indiquerons ici que les dates du calendrier «d'après lequel nous comptons», (שאנו מונים בו  ), comme on le dit dans la tradition, ce qui nous permettra de nous repérer dans le temps, et de bien saisir la distance temporelle qui nous sépare de l'origine de Pourim, dont le texte de la prière veut que nous réitérions, chaque année, notre vœu de voir le verset de sa chronique, «Et il y eut un renversement, quand les Juifs dominèrent eux-mêmes leurs ennemis», se réaliser de nos jours.

L’exil de Babel et la destruction du Premier Temple ne se sont pas produits simultanément. L’exil est en effet antérieur de 11 ans à la destruction, lorsque Nabuchodonosor exila Ieconia, le roi de Judée, en 3327. L’exil, prédit par Jérémie, devait durer au total 70 ans. Les rois perses et mèdes surveillèrent de près ces événements, bien déterminés à démentir la prophétie. Daniel, lui aussi, chercha à en déterminer l’issue, mais dans le but de savoir à quel moment exactement cette épreuve nationale prendrait fin. Mais aucun des « calendriers » fixés par Assuérus, Balthasar ou Daniel ne s’avéra exact.

Le premier roi à s’être fourvoyé fut donc Balthasar, qui remplace le successeur de Nabuchodonosor (Evil Mérodakh). C’est en effet avec ce dernier, en 3319, que commence une ère nouvelle, celle de la royauté de Babylone. Le royaume des Perses est le reflet fidèle de la grande puissance de l’époque, dont l’apogée couvre une surface impressionnante, qui englobe 127 contrées, les guerres les plus lointaines d’où les armées revinrent victorieuses s’étendant jusqu’à l’Inde à l’Est et l’Erythrée au Sud.

En 3389, soit 70 ans plus tard, Balthasar se réjouit de voir s’évanouir le rêve de rédemption du peuple juif, et organise un grand festin. Mal lui en prend, et une vision cauchemardesque signera son arrêt de mort. Une main, comme détachée d’un corps, inscrit sur la chaux du mur du palais royal quelques mots indéchiffrables, au beau milieu de cette somptueuse réception, juste au moment où ce roi se permet d’étaler les richesses du Temple de Jérusalem pillé.

Alors que les doigts écrivaient, le roi fut bouleversé et sa figure se décomposa (Daniel V). Aucun des sorciers ni des sages ne purent en déchiffrer le sens. Il promit une fortune à celui qui lui en donnerait le sens. Daniel, connu du père du roi, Nabuchodonosor, fut aussitôt appelé et introduit auprès du roi, dont il refusa les dons qu’il lui somma de garder pour lui. Il comprit immédiatement ce que l’inscription voulait dire: « compté, pesé, et les Perses ». Les jours de Balthasar étaient comptés, son jugement soigneusement pesé, et le royaume perse considéré comme trop léger et voué à une fin proche; les Mèdes allaient prendre la relève. Balthasar s’était trompé, les 70 ans ne correspondaient pas au pouvoir de sa dynastie. Il n’y avait pas lieu donc d’«offenser le Maître du Ciel » (idem V, 22).

Pourtant, le calendrier de Daniel des 70 ans d’exil devait expirer un an après celui de Balthazar, en 3390. Il est bien évident que ses intentions étaient radicalement opposées à celle du roi qui voulait réfuter la vérité des prophéties; alors qu’il cherchait à l’incriminer, Daniel espérait en la rédemption. La date de départ fixée par Daniel coïncide avec le début des souffrances endurées en Judée du fait du pouvoir perse, soit un an après l’avènement de celui-ci, quand les vagues de l’exil ont commencé.

Cependant, en 3390, un espoir est né: c’est la Déclaration Koresh, (Cyrus), qui autorise la reconstitution du foyer juif en « Palestine », mais surtout, qui donne aux Juifs l’autorisation officielle de reconstruire le Temple de Jérusalem. Les travaux commencent aussitôt, mais les bâtisseurs sont contraints de manier la truelle d’une main et l’arme de l’autre (Ezra I). Malheureusement, Koresh est tué en 92 et le gel de la construction est décrété en 93 (Ezra IV, 2-6).

Vient Assuérus, personnage qui nous est quasi familier, car nous écoutons le récit des événements le concernant religieusement deux fois par an (ou quatre, si nous passons le 15 adar à Jérusalem ou Hébron). La troisième année de son règne, il organise un festin extraordinaire, 150 jours. Tout le monde y est convié, et les Juifs ont droit à un service super cachère. Nous faisons moins attention à sa localisation temporelle. Il n’est question ni de contes, ni de légendes et ces événements historiques se déroulent à des dates bien précises. En 3392 de l’ère hébraïque, qui ne s’encombre pas de comptes à rebours, Assuérus prend le pouvoir. Il s’attend à la fin de l’exil de Babel. En effet, pour lui, il ne reste que trois ans. Entretemps, il exécute son épouse, et entreprend de se remarier etc., et ce n’est pas par hasard qu’il choisit l’année 3395 pour organiser ces festivités, soit 68 ans (et non pas 70) après le début de l’exil de Mardochée (se fondant sur la transition entre les royautés des Perses et des Mèdes, il se trompe de 2 ans).

La participation des Juifs à ces mondanités est considérée comme un crime, la nourriture cachère ne rend pas cachère à son tour la célébration de la défaite (certes supposée) du D. d’Israël. Cette embuche (cachère) n’a pas été claire pour tout le monde. Le 13 nissan  3404 s’ensuit une terrible décision, celle de détruire les Juifs où qu’ils se trouvent. Mais la situation est renversée et ils sortent victorieux, écrasent leurs ennemis, et célèbrent pour la première fois en 3405 la fête de Pourim, il y a 2366 ans. En 3406, Assuérus meurt et laisse sa place au dauphin, Darius, son fils qu’il a eu d’après la tradition avec Esther.

Le gel de la construction en Judée est annulé en 3408 (Haggai II, 18). En 3412, les travaux sont terminés, et Ezra fait son Aliya. En 3425, Néhémie est nommé pacha, gouverneur, de toute la terre d’Israël. Les 70 ans de cet exil se sont donc écoulés à partir de la destruction du Temple en 3338 pour s’achever en 3408 avec la dernière ligne droite des travaux de reconstruction, avec le Second Temple qui allait se maintenir 420 ans. A suivre…

 

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 12:36

IMG_1198.jpgSi les petits partis devaient être éliminés par le seuil d'éligibilité, d'autres, un tout petit peu plus gros, ont pris la relève.

Les tractations pour la formation du nouveau gouvernement vont bon train. Le Premier ministre a tenu une conférence de presse avec Tzippi Livni, mardi 19 février 2013. Elle est l'ancienne patronne du plus grand parti de la précédente Knesset. Ils viennent en effet de signer un accord en vue de la prochaine coalition gouvernementale.

La politique ne tourne pas rond ; et on tourne en rond

Aujourd'hui, il n'a fallu donc à l'ex dirigeante politique que six sièges sur cent-vingt pour obtenir le ministère de la Justice, et la direction des pourparlers avec les terroristes du Fatah, négationnistes au sens large (Shoah, droit d'Israël à l'existence etc.), mais toujours considérés par Netanyahou comme partenaires de la paix, en dépit des discours enflammés et déterminés du Premier ministre suite à  l'adhésion d'une Palestine non-juive à l'Onu, proclamée par le boucher de Ma'aloth.

Nous nageons par conséquent dans une criante incohérence politique qui ne fait que continuer. Le seuil d'éligibilité, qui est de 2% aujourd'hui, a été arbitrairement établi pour empêcher des petits partis de faire la loi et d'obliger les grandes formations politiques à se plier à leurs revendications. Son principe a été défini au cours d'une conversation entre Ben-Gourion et Pinhas Rozen, au début des années 50. Quand les partis religieux risquaient de monter au créneau et de se montrer trop exigeants, les grands partis, Mapaï et les Sionistes généraux, en 54, lors de la mise en place de la coalition pour la cinquième Knesset, ont tenté d'élever à 4% le seuil d'éligibilité.

Ce qui voulait dire que les formations n'atteignant pas l'équivalent de 5 députés seraient d'emblée réduites au silence. Mais les progressistes refusèrent pour finir une telle condition et le vote fut reporté à plus tard, pour être avorté. Si le seuil d'éligibilité a longtemps été d'un pour cent, c'est-à-dire un peu plus haut que le nombre de voix nécessaire à l'obtention d'un siège au parlement, il est monté à 1.5% au cours de la treizième Knesset, celle qui a succédé au gouvernement de rotation entre Pérès et Shamir. L'inflation s'est ressentie une fois de plus au moment des élections de la dix-septième Knesset. Le seuil s'élève depuis à 2%.

Il faut donc obtenir un score de l'équivalent de 2.4 sièges pour avoir droit au chapitre démocratique. Bien entendu, les gagnants sont les gros poissons, qui se partagent entre eux la dépouille des petits. Bien sûr, pourrait-on objecter, on ne peut pas faire siéger à la Knesset concrètement ce 0.4 siège, soit quatre dixièmes d'un être humain.

En effet, peut-on admettre, en trouvant cette évidence logique et donc admissible. Pourtant, cela signifie clairement que si vous atteignez effectivement ce seuil, en obtenant l'équivalent par exemple de 2.5 sièges, vous vous ferez souffler 20% de votre poids électoral. Inutile de préciser que si vous obtenez tout juste l'équivalent d'un député, et même de deux députés, la démocratie telle qu'elle est configurée vous fera taire.

Ce qui est aberrant, c'est que personne n'a jamais exigé que le nombre de députés soit revu à la hausse. Si 120 députés représentaient 3 millions d'habitants, voici environ trente ans, ils en représentent aujourd'hui plus du double. Ne pourrait-on pas considérer ce phénomène comme la division par deux du fameux pouvoir du peuple? Plus on est nombreux sur un député, moins il y a d'affinités entre le pouvoir et les électeurs. Quoi qu'il en soit, 29 000 électeurs n'ont un pouvoir démocratique à proprement parler que s'ils ont voté pour une formation qui a obtenu au moins presque trois fois leur nombre, puisque les 66 840 électeurs d'Arié Eldad sont considérés comme nuls et non avenus.

Par contre, le nombre des ministres a, quant à lui,    augmenté progressivement. Forcément, puisqu'il ne concerne plus directement la représentativité du peuple mais le besoin de régner d'élus qui font abstraction de ces mêmes électeurs dès qu'ils n'ont plus besoin de lui à court terme.

Le 23ème gouvernement (12ème Knesset) comptait 21 ministres, plus 6 sans portefeuille, et le 24ème (12ème Knesset, Shamir) en comptait 22, plus un sans portefeuille. Le nouveau poste fut celui du ministre des Affaires de Jérusalem. La 14ème Knesset (27ème gvnt), en 1996 avec Netanyahou, compte toujours 22 ministres, si on omet le nouveau ministre préposé au secteur arabe, Moshé Katzav. Mais voyons ce que fait le Premier ministre du 28ème gouvernement, Ehoud Barak. (15ème Knesset). Il fait passer à 25 le nombre des ministères, tractations obligent, puisqu'il n'avait pas assez de postes pour tout le monde.

Sur l'heure, Netanyahou vient donc de mettre la présidente d'un parti de 6 députés à la tête d'un ministère de taille, puisqu'il s'agit de celui de la Justice. Il n'en est pas à sa première expérience dans ce domaine. Ehoud Barak avait gardé le poste de ministre de la Défense – n'oublions pas que c'est lui qui (ne) signe (pas) les autorisations de construire dans toute la région de Jérusalem libérée à la guerre des Six jours et de la Judée et Samarie, pour les Juifs, bien sûr, les autres n'en ayant pas besoin – après s'être retrouvé à la tête d'un parti de 5 députés, Atsmaout.

L'avenir nous dira, s'il y parvient, de quelle manière Netanyahou aura formé sa nouvelle coalition, qui doit être la plus large possible, et qui, si on reprend les termes de la conférence de presse de ce soir, ne semble pas devoir suivre la voie des pionniers du recouvrement d'Israël de ses droits ancestraux sur sa terre, ni se conformer à la charte et aux principes du Likoud, puisqu'il a réitéré son intention du fameux discours de Bar-Ilan.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 11:26

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Marcher entre un éboulement, une paroi et un précipice

Les promoteurs de la laïcité ont dû se rendre à l'évidence qu'une société ne peut se passer totalement de valeurs morales. Nous verrons de quelle façon, à l'instar du génie génétique qui isole un gène de sa chaîne pour le placer dans un autre milieu, elle arrache de son contexte un grand principe religieux ; ou comment fabrique-t-on des montres.

La laïcité est un curieux phénomène. Rejette-telle l'idée de D. ? Ou alors est-ce la tyrannie de systèmes qui prétextent l'attachement à sa foi pour diriger et soumettre les hommes qu'elle refuse ? Sur ce dernier plan, même les tyrans qui se servaient de systèmes religieux n'en n'ont plus besoin: en effet, si la religion était par excellence le moyen exploité pour contenir ou canaliser le peuple, la télévision l'a depuis longtemps remplacée. Quelle meilleure garderie pourrait-on trouver pour obliger les gens à se tenir tranquilles, qu'une suite d'émissions apaisantes et neutralisantes, qui occupent et neutralisent tout le temps restant entre le retour du boulot et l'heure de se coucher? Le cas échéant, si le peuple veut s'énerver, on lui montrera contre qui il faut s'indigner, du moment que l'indignation ne se tourne pas contre le pouvoir.

On peut donc affirmer que la laïcité, dans les contextes où elle sert de socle, n'est plus confrontée à une caste qui a besoin de la religion pour garantir son propre maintien au pouvoir, puisque d'autres moyens, plus modernes, sont exploitables.

Pourtant, le plus curieux, alors que tout semble pouvoir se passer de religion, il semble qu'un principe religieux reste le guide et le fondement de la laïcité. Laissons un instant de côté l'idée de la religion. Beaucoup d'honnêtes Européens se disent croyant mais non pratiquant ; ce qui veut dire qu'ils doutent du bienfondé des préceptes et principes de culte imposés par des êtres humains à différentes époques, surtout lorsqu'il est question de religions ne découlant pas directement d'une révélation au plus grand nombre, mais qu'ils retiennent l'idée d'un Créateur impliqué dans la direction des destinées individuelles et collectives, aussi bien que de l'avenir de la planète et du genre humain.

Une société débarrassée, si l'on peut dire, de la religion, sur les deux plans que nous venons d'invoquer, c'est-à-dire dans la mesure où elle n'est ni croyante, ni pratiquante, devra tout de même s'imposer un système de valeurs. Or, nous allons voir tout de suite qu'elle procède de la méthode qui sert à fabriquer des monstres. Celle-ci est en phase de passer de la fiction à la réalité: on prend un gène, que l'on isole d'un chromosome, et on s'en sert, certes en l'introduisant dans un autre caryotype, pour provoquer la création d'un être transfiguré. Une méthode plus primitive, qui n'exigeait pas l'intervention de manipulations génétiques, produisait des animaux très puissants mais stériles par le croisement d'équidés d'espèces différentes.

La société laïque, ne pouvant se passer totalement de valeurs morales, a repris un principe religieux primordial, énoncé par Hillel l'Ancien, et l'a isolé de l'ensemble du son système. Dans le traité du Talmud, Shabbat, 31a, nous pouvons lire de quelle manière Hillel répond à un païen désireux de se convertir au judaïsme alors qu'il se tenait «sur un pied», autrement dit en un temps très court. Si Hillel lui répond: «Ce que tu hais, ne le fais pas à ton prochain», c'est pour lui permettre non pas d'isoler ce principe de l'ensemble du judaïsme, mais de lui donner une ouverture pour lui offrir la possibilité de s'intégrer dans le contexte de la Torah.

Et c'est précisément ce principe qui est récupéré par la laïcité, qui affirme que la liberté de l'individu s'arrête là où commence celle de son prochain. Tout en limitant le principe de l'acceptation de la compréhension subjective de la liberté en excluant d'emblée la tranche de la société âgée de moins de dix-huit ans, qui ne pourra pas voter, acheter les boissons alcoolisées, conduire une voiture, etc., elle accorde une liberté illimitée dès que cet âge est dépassé, pourvu que rien ne soit imposé par la contrainte à son voisin.

La porte est ouverte à toutes les aberrations ; et la société, forte de ce principe, ne protègera pas non plus l'individu de l'autodestruction. Le plus dur, c'est qu'elle définit la liberté d'une manière épicurienne, à savoir qu'il faut laisser à l'individu le droit de faire absolument tout ce qu'il veut, sans lui imposer de jugement de valeur. Et, bien que le commerce et la consommation de la drogue restent interdits par la loi, l'individu pourra s'enfoncer dans l'oisiveté, en travaillant de moins en moins ou en ne travaillant pas, ne pas s'impliquer dans la société, consommer sans limite de l'alcool, des euphorisants et autres drogues porteuses de noms légalisés de médicaments, contracter une union improductive, telle celle de l'âne et de la jument, s'enfermer dans un carton pendant quarante jours pour participer à un programme de télé réalité, ce dernier phénomène étant, en plus des tribunes où s'étripent des supporters de matchs de foot, la version moderne des combats de gladiateurs, désormais aussi inutiles qu'interdits.

Pour ce qui est du «mariage» entre deux individus du même sexe, la société enfreint ses principes de la protection de la tranche mineure. Sachant que chacun fait ce qui lui plait, et que les mariages homosexuels risquent de remplacer les mariages de sexes opposés qui peuvent à la longue devenir effrayants, puisque qui dit opposés dit conflit, la société comprend qu'elle risque à plus ou moins court terme de disparaître.

Les progrès de la science ne suivant pas assez vite les changements des mœurs, on n'est pas encore capable de mettre un homme enceint. Et c'est précisément la solution envisagée pour ne pas que la société disparaisse qui viole la protection de l'enfance. Pour être fidèle au principe de cette protection, la loi en voie d'amendement ou déjà entérinée un peu partout, ne devrait permettre aux mariés d'un seul sexe que l'adoption d'enfants majeurs, seuls habilités à faire n'importe quel choix, comme nous l'avons vu plus haut.

On ne peut en effet obliger un enfant à se soumettre qu'à ce qui est naturel, ou comme on à l'habitude de le définir: ce qui bon pour lui. On le contraindra à prendre son biberon, à aller dormir à une heure décente, à aller à l'école même s'il n'a pas envie, ou encore à faire ses devoirs. Si un enfant doit se faire adopter, les services sociaux seront extrêmement pointilleux quant au choix de la famille. En un mot, elle doit être équilibrée, «normale», dans le sens traditionnel du terme. Dans cette optique, elle ne pourra donc pas le placer chez une paire de pères ou une paire de mères. Les règles de la langue française obligent à formuler le concept ainsi, et à parler d'une paire d'homos et non d'un couple. Dans une paire, les deux éléments sont semblables, comme dans la paire de babouches. On parle d'un couple lorsqu'il y a assemblage de deux éléments différents qui se correspondent.

Les abus et le déni des droits de l'homme par les grandes religions prosélytes qui permettaient ou permettent encore dans certains pays de mutiler et lapider à grande échelle, de condamner au bûcher ou à la roue, ou de maintenir les peuples dans l'inculture et la servitude, ont fait que la société moderne refuse de s'intéresser aux attentes morales du Créateur, puisque les grandes religions prétendaient parler en son Nom.

Le monde moderne n'a pas su faire un juste tri et distinguer le vrai du faux, le bon pour l'homme et ce qui est mauvais. Il subit donc une perte de valeurs et de repères qui risque de le conduire à sa perte, à saper le sol sous son pied, non pas à cause d'une intervention miraculeuse de l'extérieur, mais simplement en s'autorisant des actes suicidaires.

Pourtant, ce n'est pas après qu'une personne psychologiquement faible a absorbé un tube de comprimés qu'il faut tenter désespérément de la ranimer. Il faut intervenir avant que l'irréparable ne soit commis. La religion non prosélyte dit pourtant à ceux qui veulent la rejoindre: pour être juste aux yeux de l'Eternel, nul n'est besoin de vous imposer tout ce qu'elle implique. Il suffit d'être bon, honnête, et de se plier aux sept lois noahides, qui n'empêcheront pas les justes des nations de consommer leur nourriture habituelle et d'aller à la pêche le shabbat.

 

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 11:07

Nous parlerons des points communs et des divergences entre deux sociétés profondément démocratiques, des différentes façons d'exprimer l'exaspération, par le choix de personnages perçus comme des «mollassons» ou des «animateurs.»

Parfois, si un peuple veut se libérer d'un élu qui agit un peu trop comme bon lui semble, il lui faut être déterminé. Il arrive en effet qu'un dirigeant démocratiquement élu se prenne pour un dictateur mais qu'il ne s'en soucie guère, conscient qu'il tient son peuple bien en main, et qu'il a trop peur des candidats qui pourraient être pires s'ils prenaient à leur tour le pouvoir.

L'élection en France de F. Hollande montre qu'un dirigeant qui se montre trop méprisant et trop présomptueux vis-à-vis de ses concitoyens n'est pas immunisé contre un démenti cinglant de ce principe qui le pousse à l'arrogance, la nonchalance et le laisser-aller.

En dépit du spectre hollandais, s'il est permis de s'exprimer ainsi, et des avertissements d'une partie des politiciens et de l'opinion quant à un chaos sans précédent qui suivrait l'élection du candidat de gauche, les grandes et moyennes formations qui auraient pu naturellement, par certaines affinités, se rabattre au second tour sur la droite, les dirigeants ont eu le courage – certains diront la folie – d'appeler leur public à ne pas voter, sachant pourtant qu'en pénalisant le président sortant, ils feraient entrer un rival bien plus éloigné a priori de leurs propres positions.

Hollande menaçait de laisser, selon ses détracteurs, toute la misère du monde submerger ce qui reste de la France, et de poursuivre l'assistanat de masse souvent pour des individus multigames  ou plurigames assis au café, et d'être trop conciliant envers des régimes menaçant l'Occident. Or, en quelques mois, les faits ont montré que les frayeurs étaient exagérées. Les ressortissants de nombreux pays n'affluent pas plus vite qu'avant, et les riches qui auraient dû être encore plus taxés n'ont pas permis à Hollande de tenir ses promesses: qu'ils soient noirs ou blancs, ou anciens présidents, ils se sont expatriés et ont pris avec eux la malle de manne qui lui a filé entre les doigts, et peu importe que le pouvoir doublé trouve cela minable ou admirable.

Un jour, le président français pourra s'excuser le simplement du monde: «C'est vrai, je vous avais promis de prendre encore plus aux riches pour que vous ne deveniez pas pauvres, mais que voulez-vous que je fasse? Ils sont partis avec l'argent que je pensais leur prendre. Vous ne voudriez quand même pas que je m'en aille pour ça?»

Quant à une politique extérieure que certains avaient peur de trouver trop molle, elle s'inscrit dans la logique de la précédente. Là où il y a des intérêts, des gisements, des raffineries, il n'y a plus de droits de l'homme ; c'est la guerre, avec tous ses dommages dit collatéraux. On peut même constater que celui qu'on croyait mou prend encore moins de pincettes au Mali que son prédécesseur en Lybie, puisqu'il se passe de l'aval de l'Onu ou du conseil de Sécurité.

Toujours en France, certaines méthodes ou formes d'abus de pouvoir – outre le fait qu'aucune ville ou banlieue n'ait été sécurisée, les populations autochtones continuant à fuir dès qu'elles le peuvent – ont poussé à bout un pays qui a, à l'actif de sa culture, deux siècles de démocratie. Si la poursuite de l'image et le travail investi par Sarkozy pour paraître devant les caméras peut faire sourire au départ, quand un président affirme que son métier s'apparente à celui d'un acteur, elle finit par excéder, dès lors qu'un journaliste risque son emploi pour une question posée qui risque de déplaire au souverain qui ne supporte pas le choc d'une image ternie de sa réputation, ou le poids des légendes qui révèlent un changement peu flatteur de sa situation familiale.

Il n'aime pas non plus qu'un professeur en économie, de surcroît directeur de la Banque mondiale, lui fasse de l'ombre et ose lui tenir tête en lui lançant que ses erreurs d'appréciation en notions d'économie n'auraient pas été faites par ses élèves. Cette trop forte tête, qui aurait pu être à la présidence aujourd'hui, sera attaquée par son point faible, situé à la base du corps humain, quitte à ce qu'elle risque de finir dans les geôles américaines. Mais le bon peuple a attendu son tour, après cinq ans de patience, pendant lesquels il a donné maintes occasions à son président de faire ses preuves, et il préfère finalement laisser passer le politicien qui passe pour le plus mou qui soit.

Peut-être l'affirmation qui veut que le peuple ne comprenne jamais rien et qu'il reprenne «toujours les mêmes pour recommencer», est-elle un peu hâtive. En Israël, il se pourrait fort que le même ras-le-bol ait en réalité sanctionné les grands partis. Kadima, tout d'abord, qui est un parti champignon qui aurait dû être effacé, mais qui est passé de la formation la plus grande en députés à deux mandats. Il faut dire que c'est un parti qui a été créé pour contourner la loi. Le comité central du Likoud ayant refusé l'expulsion de Gaza préconisée par Sharon, celui-ci n'a pas démissionné pour reprendre à zéro sa carrière politique, en se présentant aux électeurs comme celui qui veut affaiblir Israël. Il a travesti son poste de député défenseur des droits d'Israël sur son sol, garantis par la charte du Likoud, en député d'un parti improvisé pour lui permettre d'exécuter le projet le plus dangereux pour Israël depuis le retrait du Liban ou les accords d'Oslo. Ce parti, qui avait attiré bon nombre de membres arrivistes et non idéalistes du Likoud, peut à présent disparaître, le but pour lequel il a été imposé avant d'être une seule fois élu, ayant été atteint.

Quant au Likoud, la manière de gouverner de son dirigeant a fait beaucoup de mécontents. Avec son associé, Liebermann, il a perdu le quart de sa force. Plus sérieusement, il peut s'estimer heureux de ne pas avoir été balayé, et se rassurer après avoir cédé à la panique pendant la journée des élections. Il est même allé jusqu'à me téléphoner pour me demander de voter pour lui. Je lui ai répondu qu'avant de  me parler d'élections, il devrait d'abord répondre à mes lettres ouvertes. Mais c'était peine perdue, son coup de fil était «en différé», préenregistré, fraichement cependant, et lancé par un système informatisé. Sûrement une erreur.

Ce qui a permis à Netanyahou de ne pas avoir éjecté de son siège, c'est la possibilité donnée par le système électoral israélien de rendre des voix inaudibles. C'est lui qui a peut-être fait qu'il ne se soit pas fait descendre davantage. La puissance d'Israël (Otsma Leyisraël), le parti d'Israël Eldad et de Michael Ben Ari, n'a pas obtenu, malgré ses 66840 électeurs, les sièges des deux députés qu'il aurait dû introduire à la Knesset, car le seuil d'éligibilité est fixé à 72338 voix. Le Rav Emsallem, pour la même raison, n'a pu entrer lui non plus à la Knesset, bien qu'il ait obtenu une fois et demie les 29826 voix qui correspondent à un siège à la Knesset. Il a obtenu 45691 voix, selon le document des résultats définitifs en ligne sur le site de la Knesset.

Une autre figure religieuse, le rabbin Amnon Isaac, a obtenu un peu moins de l'équivalent d'un siège, avec un peu plus de 28048 voix. Il y a d'autres voix qui n'ont pas pu se faire entendre, comme La feuille verte, parti écologiste, avec 43726 voix, et le parti des verts, avec 8190 électeurs.

Certains partis montent en flèche, nés de nulle part, et expriment la désapprobation du public. On se rappellera le parti Tsomet, de Raphaël Ethan, celui des retraités, et aujourd'hui, celui de Yaïr Lapid, fils de Yossef Lapid, à l'époque député et figure de proue de la politique de la gauche. Sans se perdre en conjectures, on peut supposer que plus de démocratie aurait peut-être/sans doute/sûrement (biffer les mentions inutiles) fait que Lapid serait passé, de sorte que le peuple israélien aurait fait à Netanyahou ce que les Français ont fait à Sarkozy.

Le suffrage universel direct, comme nous l'avons évoqué tantôt, n'a été attribué qu'à trois reprises dans l'histoire récente d'Israël. Mais, comme trop de démocratie tue la dictature, ce droit lui a été retiré.

Lapid est le type parfait du chef d'un parti né pour exprimer le mécontentement du peuple vis-à-vis des partis qui représentent des mouvances plus traditionnelles, politiquement parlant. A priori, son cheval de bataille consiste dans l'exigence d'obliger les étudiants en yéchiva de faire l'armée. Or, c'est déjà le cas de beaucoup d'entre eux, comme le montre d'une part l'existence de la brigade du Nahal HaHarédi, et, d'autre part, les difficultés qui existent au cœur de Tsahal pour en ouvrir une seconde, ne pouvant donc pas satisfaire la demande d'enrôlement de plus en plus forte. De plus, le Rav Emsallem, dont il a été question ci-dessus, rabbin orthodoxe sous toutes les coutures, a lui aussi exigé que n'étudient dans les yéchivot en bénéficiant d'une exemption uniquement ceux qui étudient réellement à temps complet et intensivement. Lapid a d'ailleurs placé assez haut dans sa liste un rabbin.

Le nombre croissant de députés religieux dans la Knesset en formation, montre qu'il n'est plus nécessairement question d'une opposition entre religieux et non religieux.

Ce qui est sûr en ce qui concerne Lapid, c'est sa notoriété acquise auprès du grand public par sa célébrité, puisqu'il est connu en tant que présentateur de journaux télévisés. Il a quitté son poste il y a à peu près un an pour se lancer dans la politique. Avec les mimiques de son visage qui viennent appuyer tout ce qu'il peut affirmer, et son expression de mannequin qui pose pour une lotion antipelliculaire, il jouit d'une grande crédibilité auprès du public. Si vous vivez en France, qui diriez-vous de voter pour M. journal télévisé ou M. météo, s'ils venaient à se présenter aux élections?

En seconde place, juste derrière l'animateur télé, vient l'animatrice radio. Cette dame a elle aussi quitté son micro pour se lancer dans la politique. L'image, avantage de la télé, a plus d'impact que la radio, où il n'y a que le son, et elle rapporte comme nous le constatons quatre mandats de plus: 19 sièges pour l'animateur télé contre 15 pour l'animatrice radio. C'est un peu comme si, en France, on demandait à des électeurs dégoutés par les socialisto-capitalisto-communistes etc., de choisir entre Ménie Grégoire et Ppda. A croire que l'électeur n'aime pas les nouveaux visages.

Quoi qu'il en soit, on ne peut pas vraiment parler de front de gauche. Le Ppda israélien a en effet adressé une fin de non recevoir à son homologue de la radio, lui faisant comprendre par une phrase cinglante qu'il n'était pas à classer avec la gauche ou la droite: «Je ne forme pas de front de refus avec Zouabi*.» Et toc! (*Militante pro terroriste ou terroriste tout court défendue par la Cour suprême qui a annulé la décision de la Commission des élections d'invalider sa candidature).

Revenons au cas du Premier ministre, qui, les circonstances du régime politique aidant, n'a pas été suffisamment désapprouvé pour rentrer chez lui et penchons-nous sur les raisons de la désapprobation. On peut affirmer sans prendre de risque de se tromper que le mécontentement qu'il a suscité dans le grand public se place sous le signe du logement.

Le plus grand facteur de pauvreté en Israël, bien avant le prix des produits alimentaires de base, c'est le problème du logement. Les constructions, à Jérusalem, dans les secteurs les plus abordables, et qui présentent la plus grande surface constructible possible, ont été stoppées par le chef du gouvernement. Les questions de géographie politique qui motivent la pression internationale contre Israël n'intéressent pas les familles de condition modeste, ou les jeunes couples en quête d'un appartement, et qui voient leur détresse s'accroitre parce que le pouvoir est plus sensible aux intentions étrangères d'ingérence qu'aux besoins du peuple.

Si le Premier ministre ignore le peuple et fait comme s'il se trouvait dans la peau d'une sorte de gouverneur, le peuple l'attendra au tournant. Certains, pourtant, parmi le peuple, ne comprennent pas que le logement à Modi'in Illit ou à Ariel, dans les hauteurs qui se trouvent à moins de cinquante kilomètres de la mer méditerranée, est le même qu'à Tel-Aviv ou Netanya. Si les milliers de logements avaient été construits en Samarie, à Jérusalem et en Judée, un trois pièces dans un appartement ancien jusqu'à la vétusté n'atteindrait pas les 1 500 000 shekels, et un studio en location à Tel-Aviv ne coûterait pas 6000 shekels par mois.

Il ne faut pas perdre de vue que le salaire minimum n'est que de 4100 shekels par mois, et que les smicards sont beaucoup plus nombreux qu'on le pense. Tous les Israéliens sont liés un peu comme le principe des vases communicants, et il est erroné de s'insurger contre les revendications des Juifs de Judée-Samarie au droit de construire, sous le fallacieux prétexte que l'argent public serait gaspillé dans des secteurs où vit une partie relativement peu importante de la population.

Si Israël n'a pas mis son dirigeant à la porte comme l'a fait récemment la France, c'est certainement dû aux conditions limitatives du système démocratique. Non seulement il n'y a pas de second tour, mais il n'y a pas non plus de premier tour. Fatigués par la confrontation entre la gauche et la droite, qui ne veut plus rien dire, les électeurs ont opté pour des candidats plus préoccupés, au moins sur le plan des déclarations, des problèmes de la société que d'accords internationaux incapables d'apporter la moindre amélioration au quotidien. Mais, quoi qu'il en soit, il ne faut pas se voiler la face: un Israélien sur trois ne se donne pas la peine de voter, puisque seuls 66,6% des électeurs se sont déplacés jusqu'aux urnes. Les gens ne sont pas dupes

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 15:09

Les-coulisses-du-meeting.jpgIl semble approprié ici de reproduire sans le modifier le compte-rendu d'un meeting du Likoud, datant du dimanche 22 avril 2012, et qui montre l'impuissance des députés du parti face à leur chef. La sincérité et l'engagement pour les idéaux de ce parti qui revendique les droits du peuple juif à réintégrer son territoire, ainsi que les principes fondamentaux de la charte du parti, ne peuvent influer sur les décisions du pouvoir, quand celui qui dirige ce parti impose par abus de pouvoir la politique voulue par l'extrême gauche. Cet article avait été publié le soir même sur le site Israël 7 zl, qui n'est malheureusement plus en ligne.

Réunion du Comité central du Likoud à Bet-El

La mairie de Bet-El a reçu ce dimanche une délégation importante de députés du Likoud. Ils ont tous exprimé leur détermination à défendre la ligne politique authentique du Likoud et ont rappelé que le peuple les avait désignés pour être représenté par eux et pour qu'ils mettent en œuvre les chantiers de développement qu'il attend d'eux, en agissant selon sa volonté. Plusieurs centaines de membres du Bureau central se sont déplacés, venus de Tel-Aviv, Haïfa, Netanya, et de bien d'autres localités encore.

Le représentant du Comité de la résidence de Guivat Haoulpena, Harel Cohen, a été invité  à prendre la parole, sur le podium où s'étaient installés les députés invités par le Conseil local de Bet-El. Il a affirmé qu'il allait certainement surprendre l'auditoire, en annonçant qu'il y a douze ans, il avait reçu du Premier ministre Ehoud Barak une aide gouvernementale de l'équivalent de 12000 dollars pour faire l'acquisition de son appartement.

Le député Zeev Elkin, qui a pris la parole après lui, a en effet confirmé que la planification de la résidence a été supervisée par Netanyahou, qu'une importante aide au financement est venue du gouvernement d'Ehoud Barak, et que le chef d'état major qui avait à l'époque signé les autorisations n'avait été autre que Saül Mofaz. Il a invoqué le danger que représenterait une victoire d'individus qui n'ont pas été élus et qui cherchent à supplanter le pouvoir légitime et représentatif du peuple. Alors que la région avait toujours été désertique, et après l'installation des familles dans leur foyer, un Arabe s'est présenté devant les tribunaux israéliens muni d'un papier signé de l'AP en prétendant que le terrain lui appartenait, et que la personne chez qui il avait été acquis n'en était pas le véritable propriétaire. Sans la moindre enquête, la Cour suprême a donné raison au plaignant et exigé du gouvernement, sans autre forme de procès, la destruction de cinq immeubles dans lesquels logent 30 familles. Elkin met en garde que si le Premier ministre ne fait pas preuve d'autorité, le précédent encouragerait les ennemis d'Israël à se présenter avec des documents semblables et à revendiquer la propriété non seulement des lieux situés de l'autre côté de la ligne verte (sic), mais également des terrains à Jérusalem, Tel-Aviv, etc., avec le sentiment de se trouver en pays conquis, grâce au soutien du Bagatz (Cour suprême). «C'est ici que se trouve la ligne du front; explique-t-il. Et nous sommes obligés de veiller à ce qu'il ne tombe pas. Qui est au pouvoir ici, le Parquet ou le peuple? Il ne s'agit pas de cinq immeubles, mais du sort de millions de civils. La lutte pour l'installation en terre d'Israël ne doit pas se trouver entre les mains du pouvoir pénal. Nous sommes obligés de l'emporter. Celui qui commande ici, c'est nous, c'est le peuple.»

Le maire, Moshé Rosenbaum, a ensuite informé le public qu'une réunion extraordinaire du Likoud devait se tenir lundi, avant le pont du jour de l'Indépendance. La députée Miri Réguev a exigé que la législation israélienne soit appliquée à toutes les localités juives de Judée-Samarie. Pour elle, la terre d'Israël n'est pas une question politique. Elle a invoqué le droit du peuple juif hérité de ses Patriarches. «Il est impensable que des citoyens qui comptent parmi les meilleurs éléments de la société israélienne, dont un divisionnaire de Tsahal, doivent se demander si on ne va pas frapper à leur porte en pleine nuit pour leur dire qu'ils n'ont plus de maison.» Elle a rappelé le contenu des deux lois que la centrale du parti a exigé du Premier ministre. Elle compte personnellement en faire avancer la réalisation. Il s'agit de faire passer tous les points de peuplement juifs sous le coup de la loi de l'Etat d'Israël et non plus sous celle de l'administration civile, qui dépend directement du ministre de la Défense, d'une part ; et de la loi sur la règlementation, qui veut que tout quartier ou localité juifs construits avec l'aval et l'encouragement du gouvernement ne puisse plus faire l'objet d'un anéantissement.

Elle a en outre rappelé, en s'adressant en apposition au président de la Knesset, Zeev Elkin, présent à cette réunion, qu'il est possible de faire passer une loi dans un délai de deux jours seulement. Cette affirmation a été confirmée également par le président du Conseil de Ma'alé Adoumim, Benny Kashriel, qui a rappelé le contenu d'un entretien avec le Premier ministre, dans lequel ce dernier lui avait rappelé que Ma'alé Adoumim était l'un de groupes d'implantation juive qu'il n'est pas question de toucher, avant de lui demander pourquoi il se mobilisait pour l'ensemble de la région. Il lui avait alors répondu que la route de sa ville, dont il est maire depuis vingt ans, passait par Kedoumim, au Nord. Il a affirmé que rien n'avait changé dans la situation du pays ou internationale. «Les pays étrangers se sont toujours opposés à nos droits légitimes de vivre ici. La différence, c'est qu'avant on avait du courage, de la détermination. Il faut à nouveau montrer au monde entier que les 320 mille habitants de Judée-Samarie sont capables de descendre dans la rue et de remplir toute la Place des Rois d'Israël, comme nous l'avons fait au temps de Shamir et de Rabin. Netanyahou en sortirait renforcé. Il ne faut plus que le débat public porte sur la destruction ou la non-destruction, mais sur la construction et sur son ampleur. Nous ne devons plus regarder la rangée d'immeubles qui est devant nous mais les travaux qui doivent reprendre au plus vite en haut de la colline, au-dessus de nous.»

Les caméras de la télévision israélienne ainsi que de nombreux cameramen ont saisi le discours de Yoël Tzour, qui a rappelé que le quartier avait été construit pour immortaliser le souvenir de son épouse, Ita ayad, et Ephraïm, ayad, son fils âgé alors de onze ans, tués par des arabo-musulmans qui les avaient assassinés à bout portant d'une voiture qui avait dépassé la sienne avant de se réfugier à Ramallah, en pleine autonomie terroriste. La gorge nouée, il a rappelé au Premier ministre: «Voici quinze ans, vous êtes venus accompagner Ita et Ephraïm… J'avais dit en désignant cette colline depuis le cimetière qu'il fallait y construire une grande résidence. Vous nous avez approuvés et répondu qu'il fallait réagir à chaque massacre par la vie. Vous avez promis et vous avez tenu votre promesse.» Il lui a demandé de ne pas l'oublier.

 Danny Danon a pris à son tour la parole. Il s'est adressé au public venu de tout le pays. Il a rappelé que les membres du Likoud, au même titre que les électeurs, étaient très contrariés par les décisions du ministre de la Défense bafouant la volonté de la majorité, mais il a tenu à mettre l'accent sur le fait que le véritable décideur restait en tout état de cause le Premier ministre. Il a alors dit une phrase qui a surpris et ravi l'auditoire: «Nous sommes pour l'expulsion, pour l'expulsion de Barak du poste de ministre de la Défense. Il y a suffisamment de personnes compétentes pour ce poste à l'intérieur du Likoud. S'il faut choisir entre la destruction et l'expulsion de Juifs de leur maison d'une part et l'expulsion de Barak de son poste d'autre part, alors il faut se défaire de Barak.» IL s'est ensuite adressé à Begin (absent de ce rassemblement), le fils de feu Menahem, en demandant au public de ne pas le huer. Les plus mécontents parmi le public s'étant déplacé venaient de Tel-Aviv pour le congrès à Bet-El. Il a tenu à lui rappeler en public que son père respectait l'autorité de la loi mais savait aussi reconstruire la terre d'Israël. Il a en outre rendu hommage aux «véritables héros de l'histoire moderne d'Israël: Levi Eshkol, qui avait établi la souveraineté israélienne sur les zones libérées de Jérusalem ; et Menahem Begin, qui en avait fait de même pour le Golan.» Il a exigé de Netanyahou d'être le troisième en nationalisant Be-El, Eli, et toutes les autres localités juives.

Tzippi Hotoboli a pour sa part affirmé que le souci du respect de la loi chez les partisans de la destruction et de l'expulsion n'était qu'un prétexte fallacieux, puisque que les membres de l'association Yesh Din et Shalom Akhchav avaient sauté sur l'occasion et exigé l'expulsion des Juifs alors que l'affaire n'avait pas encore fini d'être traitée par le tribunal de district, et que même si la revendication était reconnue, le propriétaire lésé serait alors dédommagé financièrement, cette démarche ne manquant pas de précédents. 

Yariv Levin a rappelé que le parti travailliste s'était réuni ce dimanche pour une conférence où ils traiteraient d'idées. Il leur a demandé de venir constater non pas des idées mais des actes sur le terrain en venant à Bet-El. Il a rappelé que pour se maintenir au pouvoir, un parti politique devait respecter ses engagements pour gagner la confiance du peuple. Il a parlé d'un coup de force sans précédent dans aucune démocratie occidentale des dirigeants des tribunaux, et accusé un «groupuscule de juges qui se nomment les uns les autres» de chercher à imposer leurs vues. Il a parlé de l'urgence de ramener leur influence à de justes proportions. «Les autorités pénales doivent reconnaître que l'installation des habitants s'est faite et se fera en vertu de la loi et qu'elle représente la concrétisation de nos droits historiques. Nous devons voir ici la réalisation de projets de construction massifs qui répondent à la volonté du peuple.»

Parmi les derniers députés à prendre la parole, Ofir Akonis a raconté qu'il revenait de l'inauguration à Petah-Tikva d'un monument érigé à la mémoire des membres du Lehi tombés au combat. Il a rappelé le premier principe du mouvement, qui fait partie aujourd'hui de la charte du Likoud: «Nos droits sur la Palestine n'ont pas expiré et n'expireront jamais.» Il a parlé des milliers de chantiers sauvages visibles sur les abords de la route, en pleine zone C, sous administration israélienne exclusive, mais qui n'intéressent absolument pas le Parquet ni la Cour suprême, et encore moins les ONG.

Shevah Stern, président du secteur Judée-Samarie au Likoud, a mis un bémol à cette ambiance bon enfant: «Nous sommes rassasiés de déclarations. Nous voulons des actes. Quand vous rentrerez de ce congrès, vous retrouverez les ministres du Likoud qui ont majoritairement le point de vue que vous avez revendiqué et défendu, et vous leur direz que si la moindre pierre ou le moindre grain de sable sont déplacés ici dans un but destructeur, il n'y aura plus de gouvernement.»

Yariv-Levin-homme-de-bonne-volonte.jpg

Notre journaliste a posé la question en dehors des projecteurs à Yariv Levin: «Si Netanyahou décide de passer outre et de mettre la machine destructrice en route, en dépit de la volonté du peuple et de la charte du Likoud, que va-t-il se passer?» «Je ne veux pas parler de ce qui ne se produira pas.» «On a pourtant vu pour la Maison de Mahpella ce qui s'est passé malgré les visites rassurantes des députés et des ministres?!» Il a répondu agacé: «Il n'y aura plus de gouvernement.» «Avant ou après?» «Ni avant, ni après.»

Voilà, l'histoire de ces derniers mois nous a ouvert les yeux.

 

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 12:11

IMG_0838.JPGL'avènement de l'Etat d'Israël n'a absolument pas inversé les données. La victime, le peuple juif, ne s'est pas transformée en bourreau, et les bourreaux ne sont pas devenus des victimes, ni réelles ni potentielles. La seule différence, bien sûr non négligeable, c'est qu'Israël peut aujourd'hui se défendre et faire subir de lourdes pertes à ses agresseurs à l'heure où sévit l'islam, ce qui n'a malheureusement pas été le cas à l'heure où sévissait le nazisme.

L'Etat juif ne doit pas faire attention de ne pas faire subir aux arabes ce que les nazis leur ont fait. Il doit faire attention de ne pas laisser les arabes achever le travail des nazis qui avaient juré d'anéantir tout le peuple juif. Ce n'est pas pour rien que le mufti des musulmans était l'allié d'Hitler pendant la seconde guerre mondiale.

Et ce n'est pas un hasard si les populations arabes ne fuient pas l'Etat juif et si les populations juives ont fui en masse les pays arabes. Aujourd'hui encore, la trop grande tolérance d'Israël vis-à-vis de ses «minorités» permet trop souvent au cauchemar de se répéter. Ces quelques images montrent mieux que de longs discours toute l'actualité d'une problématique inchangée, bien que l'antisémitisme s'habille différemment selon les époques.

Il importe de ne pas se bercer de l'illusion d'une trop grande puissance qui serait censée nous rendre indulgents envers ceux qui ne vivent que par leur haine du Juif, en cette avant-veille d'élections.

http://www.youtube.com/watch?v=mFTOzaJVnII&sns=tw   

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 11:10

Le-croissant-s-etend-jusqu-a-la-limite-de-l-Euro-copie-1.JPGEn rouge, les pays islamiques, ou en voie de le devenir, ou qui, en tout cas, soutiennent les thèses hégémoniques et expansionnistes de ce camp. En rose, ceux qui ne sont pas encore rouge. Couleur azure, seule une lueur d'espoir, avec la République Tchèque, brille sur l'Europe. Mais est-ce bien suffisant? Impossible de ne pas remarquer le renforcement du croissant musulman dont l'écarlate coule jusqu'à la pointe du Raz, à l'extrême nord-est de l'Europe. Mais ont-ils conquis tout le pourtour méditerranéen, en raflant le plus largement possible? Non, car une irréductible étoile à six branches brille sur le monde, au beau milieu de ce croissant soumis.

L'argent n'a pas d'odeur, dit-on. On ne peut pas en dire autant pour le pétrole, et l'Europe se laisse envahir par la religion des pays de l'or noir. Ce parfum ne laisse plus personne indifférent, puisque même la Suisse s'est colorée en rouge, elle qui se demandait si les minarets la gênaient sans n'avoir rien à redire sur la multiplication des mosquées, édifices aussi neutres que peut l'être le soutien de l'islamisation de tout le pourtour de la méditerranée. Tout le pourtour? Tout! Quant à l'Angleterre, il semble qu'elle est encore rose, encore à mi-chemin entre la blancheur et la couleur du sang. Il faut croire qu'elle s'abstient dès qu'un vote se présente un 29 novembre.

Quant aux dirigeants européens, observez bien leur expression. Voyez le Français Hollande qui revient d'un voyage en Algérie. Ils se sentent coupables, et ils ont des remords. Nous ne nous attarderons pas ici sur l'indiscutable apport économique, culturel, civilisationnel, de l'Europe dans ses anciennes colonies ; ni du dépit des populations locales et autochtones délaissées, trahies, abandonnées, dont une bonne partie a suivi et continue de suivre ses tuteurs en Europe. Nous ne considérerons ici que les remords. Mais nous allons voir tout de suite qu'ils sont bien plus graves et omniprésents que ce que l'on s'imagine.

Le président français ne se sent pas mal à l'aise parce que son pays a fait de l'Algérie une de ses provinces pendant un peu plus d'un siècle, mais parce qu'il impose aujourd'hui son autorité à une population arabe. Au fond, il s'excuse de s'imposer d'une façon tout à fait illégitime, en tant que dirigeant étranger, à une population d'où il n'est pas issu. Pour lui, et pour les autres, de l'Assemblée au Sénat, députés, préfets ou ministres, la colonisation française ne représente pas un passé sur lequel, avec un petit effort, on peut tirer un trait, mais le présent dans toute l'acuité de son actualité. Et c'est terriblement déshonorant pour des anticolonialistes qui se respectent que d'imposer leur pouvoir à des gens qui n'aspirent qu'à être libres.

Regardez! Qui s'est promené en France, récemment? Qui a marché une bonne demi-heure, d'un bon pas, dans les rues de Paris, de Lille, de Lyon ou de Marseille, et j'en passe? Peut-être avez-vous rencontré quelques Français de souche. Mais en majorité, vous avez surtout croisé la route d'une population originaire du continent africain. Les Israéliens, majoritairement grands admirateurs de la France et de sa culture, ont déchanté. Moshé B, de Kiryat Gat, raconte: «Mon fils, après son service militaire, est parti avec quelques amis visiter Paris. Ils ont été encerclés par des Arabes qui avaient la haine dans le regard. Ils ont été frappés. Remis de leur stupeur, ils ont bien rendu quelques coups, mais ils ont dû décamper en vitesse. Je lui ai reproché de ne pas avoir fait attention, d'être allé dans des quartiers à risques. "Mais, non, papa", qu'il m'a dit. "C'était au Trocadéro".» Mme Péled, de Tel-Aviv: «J'aime les rues de Paris. Mais je dois dire que je rencontre de moins en moins cette culture française quand je flâne dans la capitale des lumières. On dirait que la lumière faiblit.»

Depuis plus d'une décennie, les Israéliens, pour ceux qui sont avides de voyages et de dépaysement, préfèrent depuis longtemps l'Extrême-Orient, de l'Inde au Japon, en passant par la Thaïlande.

Il ne faut donc pas en vouloir à ces pauvres Hollande et Fabius. Ils n'y peuvent rien, et sont obligés de mettre en veilleuse leurs aspirations – loin de nous de les soupçonner de ne plus vibrer pour elles – aux droits de l'homme, au droit des peuples, y compris Israël, à disposer d'eux-mêmes et à se défendre. Ce n'est pas de leur faute, ils ne sont pas coupables s'ils ont reconnu comme membre de l'Onu un Etat qui veut en effacer un autre, puisqu'il s'agit d'un Etat arabe contre un autre qui ne l'est pas. En tant que Français qui dirigent une population arabo-musulmane, ils étaient bien obligés de se montrer démocratiques et de répondre aux aspirations de leurs administrés.

On comprendra donc bien qu'il est inutile d'argumenter ; ni d'expliquer qu'il s'agit de la terre multimillénaire du peuple juif qui est en exil dès qu'il est ailleurs ; ni que les accords d'Oslo empêchent logiquement et déontologiquement l'Europe d'accepter une démarche unilatérale ne découlant pas de pourparlers ; ni que l'approbation ou le silence face à des nations qui veulent effacer un petit pays qui ne fait pas le centième de ce qu'elles occupent en surface rappelle le silence ou l'approbation des pays libres face à la machine nazie.

Et de la même façon qu'aucun pays arabo-musulman n'admet pour reconnaître Israël des arguments qui pourraient pourtant leur être vitaux, comme la coopération économique, l'irrigation, la lutte contre l'avancée du désert, les nouveaux pays musulmans sont obligés de s'aligner sur les positions des plus anciens.

Si l'Europe a reconnu, ou s'est en partie abstenue, l'Etat arabo-musulman de substitution, c'est qu'elle est en phase de devenir elle-même la suite du continent musulman. Le-croissant-s-etend-jusqu-a-la-limite-de-l-Europe-JPG

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 14:29

On entend souvent sinon dire, du moins insinuer, que les Juifs seraient responsables des problèmes de l'humanité. Nous aborderons ici la question sous une perspective radicalement différente des attentes provoquées par les idées reçues.

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A la lecture du l'article suivant, d'aucuns s'insurgeront: «On avait fini par s'habituer aux allégations qui accusent les Juifs et Israël d'être la cause de tous les maux de la terre, mais on ne s'attendait certainement pas retrouver ces mêmes assertions sur un site qui nous procurait un peu de sérénité et de paix intérieure!» Si le développement qui va suivre peut provoquer un tel étonnement, la cause de la responsabilité qui leur est attribuée se trouve aux antipodes des idées reçues. Nous allons donc voir que le Juif n'est pas à l'origine des problèmes de la planète parce qu'il revendique sa terre, sa foi, sa culture, mais parce que, à contrario, en voulant trop faire plaisir à toute la planète tout en obtenant toujours les résultats inverses, il se montre, même sans que la demande ne lui soit explicitement adressée, prêt à tous les renoncements, ce qui rend le chemin de la paix d'autant plus sinueux.

Nous reprendrons pour commencer une affaire tirée de l'actualité, qui abonde dans le sens de la non-revendication d'Israël de ses droits les plus légitimes.  Nous passerons ensuite à des éléments permanents dont les hésitations israéliennes qu'ils révèlent sont tellement courantes qu'elles n'attirent même plus l'attention, avant de voir ce qu'en dit une très vieille source de la littérature rabbinique.

Bien entendu, dans cette perspective, le non événement, puisqu'il est plus symbolique – dans la mesure où l'antisionisto-sémitisme possède ses propres symboles – que concret, de la proclamation d'un Etat ennemi par des ennemis sur notre terre, et surtout aussi sa large acceptation par les nations, n'est que la face apparente de l'iceberg.

Dans sa réaction à la nouvelle de cette proclamation, le Premier ministre israélien s'est attaqué aux aspects superficiels et non au fond du problème. Les motifs invoqués pour justifier son opposition à cette démarche montrent que son opposition n'est pas catégorique. Sa réponse est toute relative car elle dépend à première vue de quelques conditions qui, une fois respectées, transformeront son refus en approbation. Cet Etat doit être le résultat de négociations et non pas d'une décision unilatérale, il doit respecter des accords sécuritaires non encore établis garantissant que les habitants d'Israël ne seront pas en danger etc.

Il faut bien comprendre que le caractère à première vue théorique et irréalisable de ces conditions ne change rien au problème. Même si on peut miser sur la supposition que le pari raté de Begin (quand il avait invité Sadat à la Knesset et que celui-ci avait répondu «chiche!» contre toute attente, la suite étant connue) ne se reproduira plus, on s'expose par de telles considérations à un blocage de la situation.

A quoi cela ressemble-t-il? Il existe une expression qui montre le degré d'attachement à des valeurs reconnues comme sûres, solides, irrévocables. Elle est introduite par la proposition: «Même pour tout l'or du monde!», la suite étant «jamais je n'accepterais, ne ferais, renoncerais…» Ici, le chef du gouvernement semble dire: «Sans rien en échange, je suis contre, mais en échange de certains arrangements vitaux, on peut discuter». Même si l' «or du monde», ce qui est peut-être méritant pour le Premier ministre, représente la vie de ses citoyens.

(On ne peut sur la forme dénier à Netanyahou le souci qui le préoccupe vis-à-vis de la santé physique de son pays, mais cette ténacité qui renie le fond risque à la longue de rendre précaire la défense de la forme.)

  Or, le Premier ministre ne refuse pas la fondation d'une énième dictature arabo-musulmane, en l'occurrence en Judée-Samarie (ce qui n'est qu'une première étape pour une organisation terroriste qui revendique «toute la Palestine»), en se fondant sur le principe irrévocable qui exige tout simplement que le peuple juif n'a pas subi un long et éprouvant exil afin de faire cadeau de sa patrie à un tiers, ou pour la laisser désertique et inhospitalière, ou tout simplement que cette terre est la nôtre et qu'il n'y a pas à discuter. Malheureusement, ces discussions, ou négociations, le Premier ministre les appelle de tous ses vœux.

On est loin de la clairvoyance politique qui avait jadis banni toute discussion avec des organisations terroristes, ce qui avait fermé la porte à la surenchère et au chantage. Aujourd'hui, si ceux qui nient à Israël le droit à la vie acceptent de parlementer, on est prêt à leur offrir un Etat sur un plateau d'argent. Cette analyse n'est pas déplacée, exagérée ou trop dure. Elle va dans le sens qui consiste à relever que la politique, depuis le désengagement de Gaza imposé par Sharon, fait peu de cas des principes érigés dans les chartes des partis candidats.

Ce n'est qu'en cas de problème technique, quand les agissements politiques sont extrêmes, que leurs auteurs quittent le parti de départ, mais pas en rendant aux lecteurs leur mandat. Lorsque les membres du bureau central du Likoud avaient voté contre le retrait de Gaza, le Premier ministre avait alors fondé un nouveau parti de transfuges. Le dysfonctionnement du système fait comme si les députés, dont certains deviennent ministres à la suite de chaque élection, étaient désignés nominalement, ou comme si l'orientation des idées et des combats politiques justifiant leur accession au pouvoir n'avait aucune importance.

De plus, le contenu de la critique du présent Premier ministre de la «proclamation» terroriste rejoint le message de son discours de Bar-Ilan, quand il se disait favorable à la formation d'un tel Etat, dont le principe consiste à priver le peuple d'Israël du cœur de sa terre, aussi bien pour les générations actuelles et à venir, qui ont pourtant vécu cet extraordinaire retour, que pour les deux milles ans de générations qui ont prié, risqué leur vie et œuvré pour cette aspiration.

Ce renoncement aux idéaux religieux, nationaux, historiques et sionistes touche tous les gouvernements israéliens depuis la guerre des Six jours, en supposant que les précédents ne l'étaient pas. Ceci est d'autant plus incompréhensible que le but avoué des organisations terroristes, Fatah, Olp et affiliés, n'est pas de se contenter de priver Israël du cœur de sa terre en lui laissant une bande côtière qui représenterait un compromis permettant aux Juifs de vivre enfin en paix, comme se bornent à faire semblant d'y croire les dirigeants politiques, mais bel et bien de vouloir remettre en exergue la bannière qui porte bien haut la considération d'Israël comme un peuple apatride.

L'ennemi actuel, ou son représentant de service, Abbas, est maintenu dans un statut d'importance contre toute logique, hormis celle de sauver les apparences des prétendus résultats positifs de trente ans de négociations, malgré les innombrables violations des accords (attentats à la bombe, suicides, au poignard, à l'arme à feu, attaques contre les civils et les soldats de Tsahal)

A présent, considérons le manque de détermination du pouvoir à affirmer le droit inéluctable du peuple juif sur toute la surface de sa terre non pas à travers le prisme des déclarations, discours et autres réactions, mais à travers les actes, dont certains montrent à s'y méprendre que le Premier ministre israélien abonde dans le sens de la proclamation onusienne. La destruction, au lendemain du vote interne du Likoud, d'un immeuble de trois étages appartenant à des Juifs, confirme en effet aux yeux de tous les habitants de Ramallah comment le pouvoir encourage ce processus. Pendant plusieurs jours, l'immeuble, éventré par une pelleteuse, n'a plus été touché, offrant un spectacle à se demander si des missiles tirés de Gaza ne s'étaient pas abattus sur lui. Jeudi dernier (6 déc. 12), les ruines ont enfin été hardiment rasées jusqu'au sol.

La situation topographique de la colline la rend visible à des dizaines de kilomètres à la ronde. Il est vrai que le Premier ministre peut être considéré comme modéré, empathique, puisque l'évacuation de cet immeuble s'est faite après qu'il eut promis d'autoriser la construction de trois cents nouveaux logements en compensation, et après le déménagement dans des logements provisoires et de qualité respectable de tous ces habitants. Certes, ces maisons auraient dû être découpées et remontées plus loin, mais nous n'insisterons pas sur cette variation de style, l'idée de reconstruire des immeubles viables à partir de morceaux découpés n'étant pas très sérieuse pour beaucoup. En outre, la solution «à l'amiable», qui crève en principe l'abcès, révèle la gangrène. Le Likoud aurait dû naturellement promouvoir la construction par centaines d'unités de logements dès le début de son mandat, et non pas travestir ce droit et n'en faire qu'une entorse à une politique d'immobilisme imposée arbitrairement.  

Bien entendu, les politiciens censés promouvoir le développement juif de la Judée-Samarie ont prévu une réponse, puisqu'ils ne font qu'appliquer la décision de la Cour suprême relative à ces mêmes immeubles. Ils nous diront donc qu'étant donné qu'il s'agit d'une affaire qui se trouve dans les mains de la justice, le pouvoir exécutif ne peut que s'exécuter. Mais il faut savoir que ce sont les idées politiques qui créent les décisions de justice, et non pas une justice absolue et abstraite qui impose sa réalité. Si on veut que les Juifs se développent en Judée-Samarie, on promulgue des lois ou on applique les lois existantes en ce sens. Si on veut les étouffer, voire, à D. ne plaise, les chasser, on prend d'autres décisions.

A titre d'exemple, si on veut que deux maisons arabes qui servent de base pour tirer sur les voyageurs juifs soient maintenues, on prendra la décision juridique de les laisser, comme ce fut le cas sur l'axe routier Karni-Netsarim. Mais si on veut que toutes les maisons de tous les Juifs d'une région donnée soient évacuées et détruites, on prendra la décision adéquate. Pareillement, on peut se déclarer prêt à suivre la vieille loi ottomane, ou prêt à faire voter un amendement, si on veut préserver un quartier juif israélien. Dans le cas contraire, on peut contraindre les ministres à voter contre l'amendement. Evidemment, on peut aussi plus simplement se référer aux conclusions de la conférence de San Remo (voir l'article en page précédente sur Israël-flash).

Passons à présent à l'un des piliers de la culture qui a défini l'identité juive pour les millénaires suivants. Le Midrash explique qu'il existe trois endroits en Palestine dont les nations ne pourront jamais contester au peuple d'Israël la propriété. Il s'agit du terrain de Makhpella à Hébron, acquis en bonne et due forme par Abraham Avinou, il y a plus de 3600 ans pour la postérité ; de la région de Sichem, achetée par le Patriarche hébreu Jacob lors de son retour ; et de l'emplacement du Temple, ou Mont Moria, acheté par le roi David (II Samuel, XXIV ; I Chroniques, XXI) des mains d'Arvana le Jébuséen. Dans ces trois cas, non seulement il est question de lieux qui font partie intégrante de la terre promise aux Patriarches Abraham, Isaac, et Jacob, pour leur postérité, mais la propriété y est rendue d'autant plus évidente par le rachat de mains étrangères confirmé et garanti par le droit international.

Pourtant, ces mêmes lieux saints font sans aucun doute partie des lieux les plus contestés. Peut-être faut-il comprendre paradoxalement que c'était précisément en prévision de cette forte opposition qu'il était indispensable de prévenir en renforçant la connaissance universelle de la propriété d'Israël par un acte juridique connu et reconnu internationalement. Mais il est indéniable que l'attitude de gouvernements qui ne sont pas fondamentalement opposés à la fondation d'un Etat terroriste sur ses terres aiguillonne des adversaires qui pourraient le cas échéant admettre la réalité du retour d'Israël chez lui.

Noam Arnon, porte-parole des Juifs de Hébron, expose sur le site Machpela.com la primordialité de la première ville qui a abrité la royauté de David.  Très sioniste, mais sans complaisance, il n'oublie pas ce faisant de mentionner les difficultés que rencontrent les Juifs pour se rendre sur le tombeau des Patriarches:

«En novembre 94, le gouvernement a décidé de partager le bâtiment qui se situe au-dessus de la caverne de Makhpella entre les habitants juifs et msulmans. A ces derniers, 82% de la surface ont été remis, alors que les Juifs n'ont eu droit qu'à 18%. Cette situation est à l'origine d'une grande promiscuité et de difficultés pénibles pour les fidèles et les visiteurs juifs. Afin de les protéger sommairement de la pluie, une toiture légère a été placée au-dessus de la surface en plein air. La surface concédée à l'islam comporte quant à elle la salle d'Isaac, la plus grande, mais qui est aussi celle qui contient le passage à la caverne en soi, et c'est cet endroit qui était traditionnellement choisi pour la prière et le recueillement. Selon les restrictions en cours, les Juifs s'en voient interdire l'accès presque totalement, hormis pendant dix jours répartis sur toute l'année. En contrepartie, il y a dix autres jours pendant lesquels l'accès reste réservé aux seuls visiteurs musulmans. D'autres restrictions frappent les Juifs. Alors que leur présence est strictement interdite dans une grande partie de ce lieu saint, les représentants musulmans du Waqf peuvent circuler dans les zones réservées aux Juifs, même pendant la prière, et le muézin continue de vociférer à partir du haut-parleur qui se trouve dans la salle où les Juifs se rendent pour prier.»

 On est en droit de se demander quel pourrait être le lien qui unirait Abraham, Sarah, Isaac, Rebecca, Jacob et Léa aux adeptes de l'islam. Même en reconnaissant une filiation possible à Abraham via Ismaël, on ne devrait logiquement leur accorder qu'un douzième de la surface et du temps de visite. (Seule une sommité sur six les concernerait, et il faudrait donc la partager avec les Juifs.) Mais cette discrimination étonnante  ne décourage pas le peuple d'Israël, et des dizaines de milliers de fidèles se rendent régulièrement à Hébron, obligeant les pouvoirs à assurer leur sécurité.

Si cette réalité a été imposée par le gouvernement de Rabin, aucun gouvernement qui a pris le pouvoir par la suite n'a changé quoi que ce soit au tragique de la situation. Le dernier gouvernement a même expulsé avant Pessah de l'année dernière les habitants juifs d'une maison, Beth HaShalom, acquise en bonne et due forme quelques jours avant Pessah. Ils ont été pris au dépourvu et n'ont pas pu appeler à leur secours une résistance massive, puisque le Premier ministre les avait appelés pour les rassurer qu'un délai leur serait accordé quelle qu'en serait l'issue.

Aujourd'hui encore, une affaire risque de noircir la réputation du gouvernement, à quelques mois des élections: Beth-Ezra. Il s'agit d'une maison qui a toujours appartenu à des Juifs. Ses anciens habitants avaient survécu au pogrom de 1929, qui avait fait 62 morts, ainsi qu'à l'expulsion des survivants ordonnée et commanditée par les forces mandataires. Ils avaient été dépossédés cependant de leur maison par les Jordaniens. Aujourd'hui, donc, le dénouement du sort de cette maison et de ses habitants dépend d'une décision juridique qui doit tomber dans les jours qui suivent. Mais déjà, il semble qu'en cas de décret défavorable, le gouvernement risque une fois encore de s'exécuter et de nuire une fois encore aux droits légitimes du peuple d'Israël.

Il ne faut donc pas s'étonner outre mesure que des ennemis du peuple juif et de ses droits multimillénaires aient l'outrecuidance de se proclamer propriétaires de la terre d'Israël. C'est déjà la quatrième fois que des gouvernements Likoud bernent leurs électeurs en prétextant qu'ils ne peuvent rien changer aux décisions prises par leurs prédécesseurs dès le lendemain du dépouillement des scrutins. Netanyahou a occupé des postes prépondérants dans trois d'entre eux, deux fois en tant que Premier ministre. Il ne représente donc plus la droite dans le sens où on l'entend, tandis que la charte du Likoud ne vaut plus même le papier sur lequel elle est écrite. Netanyahou est un politicien de gauche qui porte le masque d'un homme de droite.

Toutefois, certains pensent qu'un vent nouveau souffle sur la politique, et qu'une véritable droite pourrait surprendre pour la 19ème Knesset. Mais d'autres voix se font entendre dans l'opinion. Elles prévoient que l'évolution de la situation, avec le nouveau Moyen-Orient, plus fanatique, plus pauvre, plus instable et plus dangereux que le précédent, ramènera inéluctablement Israël non seulement à Gaza mais dans le Sinaï, voire plus loin encore… L'avenir nous le dira, puisque, en attendant, «Il n'y a plus de prophète » (Psaumes, 74, 9), cependant que les très anciennes prophéties ne se démentiront pas. «La victoire d'Israël ne sera ni démentie ni sujette au renoncement…» (I Samuel XV, 29).

Et si des Juifs sont, sans le vouloir, à l'origine d'une colère internationale qu'ils pensaient au contraire apaiser par tous leurs renoncements et les souffrances qu'ils infligent à leurs frères, il ne faut pas qu'ils oublient qu'en redevenant fidèles aux préceptes de leur tradition, et en aimant les promesses divines quant à leur restauration nationale, au lieu de mépriser tout ce qui dans les textes affirme le droit d'Israël, ils apporteraient une grande bénédiction à l'ensemble de la planète. Si les nations savaient le bien qu'elles en retireraient, elles feraient pression sur Israël pour l'obliger à respecter sa tradition et s'empresseraient de reconstruire le Temple dans les matériaux les plus nobles comme l'or, nous dit le Midrash.

Un texte de Yéochoua Sultan

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