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18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 11:30

Israël accusé pour sa trop grande bonté

Que recherche-t-on par la publication d'un article, d'une opinion, d'une analyse ou d'une réflexion? Faut-il avoir le premier mot ou le dernier mot, le premier ou le dernier à en parler? S'il s'agit d'une information, il semble évident qu'il vaut mieux être le premier, surtout quand il est question de faits qui vont a priori faire le tour du monde. En revanche, lorsque l'on présente l'explication d'un phénomène géopolitique ou social, les avis sont partagés. On peut vouloir être le premier à donner son point de vue, mais on peut aussi attendre que l'engouement se tasse pour n'intervenir que si l'on constate que l'angle sous lequel on appréhende la question n'a pas été évoqué au moment du déferlement d'encre virtuelle sur les nouveaux médias tels les téléphones digitaux, les ordinateurs portables et autres téléscripteurs modernes.

Donc, le président américain a pris la décision de transférer son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. Il a par conséquent concrétisé la reconnaissance par les Usa de la centralité du mont Moria où s'affirme le démarrage de l'histoire hébraïque en 2085 de l'ère du même nom, et ou sera construit le Premier Temple moins d'un millénaire plus tard, dans l'âme et l'histoire du peuple d'Israël.

Maïmonide, dans ses lois de la Maison d'Election (2, 2), évoque en quelques mots la centralité universelle puis ponctuelle du Mont du Temple : «La tradition admise de tous veut que le lieu où David et Salomon édifièrent l'autel, là où se trouvait la grange Aravna, est le lieu où Abraham bâtit son autel et y ligota Isaac ; c'est le lieu où Noé construisit [son autel] en sortant de l'arche, et c'est le lieu où Caïn et Abel firent leurs offrandes. C'est le lieu où Adam offrit son sacrifice, lorsqu'il fut créé, et c'est à partir de ce lieu qu'il fut créé. Les Sages dirent : "Adam, c'est sur le lieu de son expiation qu'il a été créé"».

Certains affabulateurs médiatiques – en gros tout ce qui brandit un micro – ont tout de suite vu rouge et agité des drapeaux noirs, prétendant s'indigner d'un retournement radical de la direction du leadership américain. Pourtant, l'honnêteté la plus élémentaire serait de pousser un grand soupir de soulagement : «Aaah! Enfin! Et ben c'est pas trop tôt!» puisque Trump, comme susdit, n'a en fait que rendue effective la décision prise démocratiquement par le Congrès en octobre 1995.

Une date buttoir avait même été avancée : le 31 mai 1999. Peut-être eût-il fallu interroger les élus américains responsables quant aux motivations du choix de cet instant, car elle occupe une place non négligeable dans l'inconscient occidental, comme en témoignait déjà environ trente ans à l'avance, la série télévisée, américaine elle aussi, de Cosmos 1999. En filigrane, le message de cette série consiste à dire que l'humanité peut jouer aux apprentis sorciers tant que ça lui chante, mais jusqu'à la date dé péremption, où il faudra rendre compte de ses actes, et du sabotage amorcé très tôt de notre univers. L'an 2000 devait être la fin du monde. Des sectes en ont fait leur beurre : inscrivez-vous vite pour ne pas manquer votre suicide collectif, fonds de commerce lucratif, et échapper au châtiment.

La psychose était si puissante en Europe qu'elle en a en quelque sorte influé sur le cours de la nature, avec la fameuse tempête du siècle qui a frappé deux grands coups juste avant le passage à la date fatidique. Mais un subconscient du subconscient y a discerné peut-être une autre fin du monde, celle où le Dieu d'Israël exigerait des comptes de cette humanité qui s'est montrée vorace tels les soixante-dix loups auxquels elle est comparée. Le Midrach (Yalkout Chimoni Deutéronome chap. 10), rapporte que les éloges : «Le Dieu grand, puissant et terrible», avaient été réduits lors de la destruction du Temple par Jérémie : «Des Chaldéens coassent dans son Sanctuaire…»  qui fit retirer «terrible» et Daniel : «Des Chaldéens esclavagistes soumettent ses enfants…», qui ne fit garder que l'adjectif de grandeur. Les Sages de la Grande Assemblée rétablirent la formule complète. Où se trouvent donc les aspects puissants et terribles du Dieu d'Israël? Dans la résistance exceptionnelle de «la brebis au milieu des soixante-dix loups affamés». Ces loups étant les nations, et l'heure de vérité approchant, il fallait donc montrer patte blanche avant que les dés ne soient irrévocablement jetés. D'ailleurs, des Accadiens pourtant non convertis à l'orphisme il ne reste que des traces.

Mais les pulsions traditionnelles irrationnelles ne s'avouent pas vaincues si facilement. Le cap du millénaire, une fois franchi, désamorce la psychose mondiale, et les rancœurs  en veilleuse ne tardent pas à reprendre des forces. Et il se peut fort que ce ne soit pas non plus par hasard, que la plus grande offensive médiatique avec accusation de crime rituel, adaptée au goût du jour bien sûr, se soit déchaînée dès qu'il fut constaté que le calme avait repris ses droits après la tempête du siècle, qui n'a donc pas été l'avant-goût de la dévastation de la planète terre. Et ces mêmes pulsions fâchent un grand nombre qui assiste médusé à une reconnaissance qui pourtant ne fait que passer de de jure à de facto, en tout cas de moins en moins théoriquement, puisqu'entretemps, l'Administration américaine a acheté l'hôtel Diplomat. Mais les indignés avaient pris pour acquis le rituel de Clinton Bush Obama, qui consistait régulièrement, tous les six mois, à reconduire la concrétisation de cet engagement, contournant la loi en exploitant l'une de ses sections. Ce transfert s'inscrit donc dans la suite logique de cette normalisation entamée vingt-deux ans plus tôt.

Israël est sûr de lui, attaquons ses «brebis galeuses»

Pour une fois, Israël est sûr de lui. Il n'a pas eu la peur de sa vie escomptée par beaucoup de faux prophètes prétendument inquiets pour lui et pressés de le pousser à sauver sa peau en s'opposant lui-même à cette reconnaissance, qui n'a plus existé pendant près de deux mille ans, depuis la destruction du Temple par les Romains. Et Israël devrait procéder à sa propre flagellation, prendre le fouet qu'on lui tend et continuer à se mortifier tout seul, puisqu'il a largement eu le temps de comprendre la leçon.

Mais non, rien à faire, Israël vit sa vie, et ne juge pas utile de leur répondre, hormis çà et là quelques discours, fameux il est vrai, de mise au point, histoire de réfuter les ardeurs fanatiques, au cas où les détracteurs seraient tentés de conclure que «qui ne dit mot consent». Car même des diplomates souvent frileux revendiquent le lien trimillénaire de la capitale des Juifs. il remonte à une époque antédiluvienne pour ceux dont les pères chassaient le mammouth ou le dinosaure, à en croire les gardiens de leur mémoire, à coups de silex.

D'où le nouveau discours antijuif :

Si Israël reste stoïque et indifférent à la haine pourtant nettement étayée, il ne reste plus qu'à s'en prendre à ses saints. Allons attaquer les Juifs d'Europe en les accusant de double allégeance, ça faisait longtemps, voire de simple allégeance exclusivement vouée à Israël. Les tenants d'un judaïsme ou d'un nationalisme juif allégé de tout ce qui nécessite beaucoup de courage et de conviction pour être assumé, ou les adeptes adaptés au décor de formes dérivées du judaïsme authentique pour faire plaisir et bien se faire voir des autres, tous en porte-à-faux avec leurs valeurs, ne nous intéressent pas. Ce que nous cherchons, c'est de provoquer de front et de mettre en difficulté les fidèles d'un judaïsme sans complexes, et, pourquoi pas, de les obliger à abjurer ou, le cas échéant, à reconnaître qu'ils sont personnellement responsables de cette importation de conflit, argument que nous avons presque abandonné depuis que nous avons été accusés d'être permissifs et empathiques envers l'antisémitisme musulman. Telle est la démarche journalistique ou politique qui se remet à sortir ses griffes.    

Israël, sa gentillesse le perdra

Une interview intéressante a mis le président du Consistoire en face-à-face avec un journaliste qui peut être considéré comme le porte-voix ou parole de cette approche accusatrice. La tentation et la tentative de l'interviewer était aussi de brouiller les relations entre l'organisme représentatif et le pouvoir. Le travail du porte-micro a été de mettre en conflit la satisfaction des Juifs de la démarche américaine d'une part et la position de Macron dont le discours officiel laisse assurément entendre qu'il ne reconnaît pas la souveraineté d'Israël sur l'emplacement de ses trois Temples, d'autre part. L'interviewé doit donc se laisser enfermer dans les limites de la chambre noire tracées par la dialectique des questions, et en venir à trahir soit son attache à Jérusalem, soit le rapport de confiance entretenu entre la communauté juive et le président français.

J'ai été agréablement surpris par la maîtrise du discours et du jeu diplomatique du président du consistoire. Il a simplement refusé de courber l'échine et a brisé les carcans de cette chambre noire. Sa position a oscillé entre «l'un n'empêche pas l'autre» et un «je n'ai pas envie d'entrer dans ton jeu», sous-entendu, bien sûr.

Quant à la question en soi du retour d'Israël sans partage en la terre de ses racines, la démarche repose sur des clichés, le plus gros –mais plus c'est gros, plus ça passe – restant celui de Jérusalem-Est. «Mais puisqu'on vous l'a prise, la cité de Jérusalem, pourquoi imaginez-vous que vous allez le reprendre? Acceptez donc ce fait accompli de l'occupation qui vous est extrinsèque, puisque vous aimez la paix» peut-on entendre ou lire en filigrane.

Serait-ce à dire que le monde entier, ou du moins sa partie qui procède de cette démarche, reproche à Israël d'avoir été trop bon? Il va de soi que la non-affirmation et confirmation des droits d'Israël sur son sol, lorsqu'il n'a pas fait partir ses ennemis vaincus, et qu'il les a laissés de surcroît s'étendre jusqu'à asseoir leur occupation sur des pans entiers de Jérusalem, fournit de l'eau au moulin des détracteurs, ce qui est bien loin de les convaincre qu'Israël doit être respecté en tant que pays et armée les plus moraux du monde. Paradoxalement, c'est sa gentillesse qui le fait passer pour le méchant.

Et pourtant, l'occupant arabo-musulman sinon sanguinaire du moins intolérant, qui impose sa présence à Jérusalem, et qui empêche le Juif de vivre et de se déplacer librement où bon lui semble dans sa capitale en assujettissant les forces vives d'Israël, ne bénéficie pas d'une appellation ou d'un label spécial, contrairement à la propagande qui a par contre, concernant l'ensemble du pays, fabriqué le Nouveau «Palestinien», argument faux mais fort pour évincer l'Ancien Palestinien. La majuscule est à dessein.

Ce ne sont pas les musulmans ou les chrétiens qui subiraient les effets d'une indignation provoquée par des Vaticaniens ou des Mecaniens, puisqu'ils n'ont jamais toléré la présence et encore moins l'installation d'entités qui ne seraient pas à l'unisson avec leurs doctrines respectives. Effectivement, les Vaticaniens et les Mecaniens n'existant pas, il n'y a par conséquent aucun argumentaire qui mettrait en avant un Vatican-Est ou une Mecque-Est. Autre conséquence, si le Vatican ou la Mecque rénovent leur partie Est, et que les catholiques et musulmans de Paris en éprouvent une grande joie, aucun catholique ni aucun musulman ne sera soupçonné de double ou simple allégeance. Ce serait un fait religieux, sans plus.

Yéochoua Sultan ©

 

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4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 17:47

Illustration : chêne millénaire sur le site du rêve de Jacob

Je voudrais aborder ici une question fondamentale qui se rapporte au traitement inéquitable de la haine contre les Juifs, selon sa provenance.

Lorsque nous parcourons les titres de la presse, des journaux ou les chroniques et les livres d'histoire, tout au moins en ce qui concerne les soixante-dix à cent dernières années, nous relevons que les crimes antisémites sont présentés différemment selon qu'ils sont ou ont été perpétrés par des Européens ou par des Arabes. «Untel, fusillé ou exécuté par les Allemands ou par la Milice». «Untel, mort dans un attentat terroriste». Les listes de victimes du nazisme portent pour chaque nom la mention acrostiche hébraïque הי"ד : «Que D. venge son sang» tandis que pour les assassinés par les Arabes ou l'islam, il est mentionné ז"ל : «que son souvenir soit bénédiction». Cette distinction n'est ni fortuite ni hasardeuse. Elle est systématique. Et s'il reste néanmoins envisageable que certains lecteurs aient pu ne pas y prêter attention, il ne pourra plus à partir de cet instant où il vient d'en être avisé ne pas être frappé par ce phénomène hégémonique.

Tout mal commence par des mots, et on ne pourra dire qu'il ne faut pas se formaliser pour ce qui vient d'être dit. J'ai tenté sur les réseaux sociaux une petite expérience. J'ai d'abord émis l'hypothèse qu'il ne faut pas chercher la petite bête, puisque les indicateurs de dépêches ne sont pas des férus de littérature, et qu'ils disposent d'un vocabulaire limité et surtout d'une liste de phrases savantes formatées par un cerveau extrinsèque et prémâchées par eux. Le choix pour le journaliste de corvée de la dépêche de circonstance s'impose comme la résultante d'un aiguillage qui oriente vers leur cerveau par un éventail réduit de réflexes conditionnés l'association voulue entre l'événement constaté et la ligne du texte en adéquation du dépanneur linguistique.

Il n'est pas question ici de les tourner en dérision, mais les journalistes de terrain sont suffisamment débordés et selon le cas en danger pour se mettre à raisonner comme s'ils se trouvaient dans un salon littéraire, ou penchés sur leur cahier. De plus, dès que le premier a lancé sa dépêche, elle est reprise en l'état par tous les médias qui en font l'écho, et elle est retranscrite dans toutes les langues. C'est donc l'innocence supposée de ce travail que ladite expérience tente de vérifier. Elle est très simple. Il suffit d'écrire : «Un bébé juif assassiné dans les bras de sa mère par un Arabe sur le quai d'une station de tramway» ; «Un père et une mère juifs fusillés par les Arabes sous les yeux de leurs enfants». «Une famille juive égorgée par les Arabes dans la quiétude de son foyer». Ce n'est qu'un échantillon de faits réels dont le monde s'est fort peu ému, tirée de la très longue liste des pires attentats antisémites contemporains.

Certes, les personnes sensées qui partagent cette vision non édulcorée de la réalité existent, et elles sont bien plus nombreuses qu'on ne le pense, mais les réactions que j'attendais mais dont il fallait que je sois certain de leur réalité n'ont pas tardé à fuser. Très brièvement, l'argumentaire défendait qu'il ne fallait pas mettre tout le monde dans le même sac, qu'il y a des Arabes très favorables à Israël, qu'il ne faut pas blesser les sensibilités etc.

Même sans réfuter cet argument qui résulte d'une recherche éventuelle à la loupe d'une rose photographiée à l'aide d'un microscope à balayage électronique dans un champ d'orties – puisque les urnes électorales parlent vrai et que les sentiments haineux des députés arabes de la Knesset profitent de la liberté d'expression en dépassant largement la dose prescrite mais non proscrite les concernant, de sorte qu'il ne reste pas de place au doute – c'est-à-dire que même en voulant le prendre pour vrai, n'y avait-il pas des Allemands qui réprouvaient le nazisme, ayant compté parmi les justes des nations qui ont risqué leur vie pour protéger des Juifs? Les défenseurs des deux poids deux mesures vont lanceront alors leur dernier mots, celui qui vient tout relativiser : «Oui, mais c'est pas pareil.»

Mais en quoi est-ce que ce n'est pas pareil?

Effectivement, ce n'est pas pareil. Le nazisme, acrostiche de nationalisme et socialisme, soit dit en passant, le pétainisme, le déicisme, pourquoi ce mot n'e fait-il pas partie du vocabulaire du correcteur ? Et ainsi de suite, sont autant de visages d'une même bête immonde. L'islamisme est le chouchou de cette liste, pour la bonne raison qu'il n'y figure pas. Encore plus fort : il est protégé par la terreur de la pensée, et qui le dénoncera sera pourchassé par une nouvelle milice d'Etat. Elle porte en France la bannière de l'islamophobie, drapeau rouge qui sera brandi sous les yeux de qui osera la montrer du doigt.

Et c'est pareil en Israël, à la différence près que la caricature n'est pas allé si loin, puisqu'il n'a pas été inventé de terme en hébreu pour faire peur aux gens, et que l'on y est resté à l'accusation moins sophistiquée de «racisme», qui n'est en l'occurrence que l'absurde dénonciation de l'aversion du Juif contre ce qui le hait. Donc, généralement, il existe une forme et une seule d'antisémitisme défendue par les autorités.

Il y a un hic, un blocage dans le raisonnement

Or, bien que le mensonge semble reculer et les cerveaux se dessiller, puisque l'opinion admet de plus en plus facilement que l'antisionisme est une forme ma déguisée d'antisémitisme, logique que revendiquent avec courage de plus en plus de politiciens du monde libre (si j'ose dire), il y a quelque chose qui bloque dans le raisonnement, qui n'est pas sans rappeler le cancre importuné par son professeur qui lui demande : «Allons, mon petit Toto, combien ça fait un et un?» Un attentat à la rue des Rosiers est antisémite même s'il est motivé par la «solidarité avec la "Palestine"». Et un attentat à Tel-Aviv? «Hein, mon petit Toto, comment ça s'appelle un attentat perpétré contre des Juifs au Delphinarium de la rue Hayarkon. Allons, Toto.»

Eh oui, ce n'est pas pareil. Les nazis sont recherchés jusqu'au bout du monde. On remuera la planète entière, à juste titre bien sûr… on ira en Argentine chercher Mengele, en Syrie sur les pas d'Alois Brunner, on amènera pieds et poings liés Eichmann ou Demjanjuk, tous ces nazis démoniaques qui avaient réussi lors de la défaite de l'Axe à échapper à leur procès. Mais on encensera Barghouti, honorera Arafat, Habash ou Abbas.

Les monstres de l'Europe doivent être pourchassés, la morale humaine ne saurait accepter leur impunité, et des hommes déterminés et infatigables, à l'instar du couple Klarsfeld, ne s'accorderont aucun répit tant que justice ne sera pas faite. Et pour d'autres, non moins dangereux pour la paix publique et la protection des innocents, on se placera aux antipodes de ce qui va pourtant de soi. La signature des accords d'Oslo a été couverte par un grand tapage médiatique.

«C'est avec ses ennemis qu'on fait la paix». «Aimez-vous les uns les autres, oubliez les vieilles rancunes». On le comprend tout de suite. Ces injonctions morales ne s'appliquent pas aux antijuifs de l'Europe autochtone. Nous viendrait-il à l'idée d'oublier les vieilles rancunes contre les nazis en fuite, de faire table rase? Il est vrai que leur âge moyen frise la centaine, mais ce n'est qu'une question pratique. L'éthique ne saurait admettre cette impunité, et elle continuera à la considérer comme inadmissible même dans deux cents ans, tout comme le génocide arménien ne saurait être passé sous silence, bien que les assassins friseraient aujourd'hui l'âge de cent cinquante ans. Mais là, non seulement on nous demande d'oublier les vieilles rancunes, mais de ne pas nous formaliser pour les nouvelles. Les accords d'Oslo, l'introduction dans la bergerie d'Arafat et de ses sbires, puis le maintien de ses successeurs, ont semé la guerre non plus sur le front mais à l'intérieur des villes, dans les rues, les cafés, les maisons, et personne ne s'insurge réellement contre les ravages de cette forme de haine du Juif.

Il est vrai que cette aberration n'est pas née d'hier. D'entre les criminels de guerre jugés au cours du procès de Nuremberg puis condamnés, le seul de leur complice ayant bénéficié d'une protection d'Etat en Europe fut le mufti Husseini, protégé puis soustrait à la justice par la France, qui couvrit par la suite le départ d'Arafat de Beyrouth.

Les excuses que la (mauvaise) conscience accorde aux tueurs de Juifs, quand ces tueurs sont des adeptes de l'islam, sont démenties par la violence abjecte de leurs crimes. Les motivations d'inspiration arabo-musulmane se situent dans un no man's land. Elles sont une valise diplomatique de contenance illimitée où s'entassent toutes les formes anciennes de la haine contre les Juifs.

Et c'est ainsi qu'en dépit de principes moraux défendus entre autres par trois révolutions françaises, on admet qu'un bébé juif soit assassinée dans les bras de sa mère à une station de tram. Des gens très humains, avenants, paisibles au possible, agissent par désespoir, exaspérés par les Juifs qui éveillent la bête humaine qui sommeille dans les tréfonds d'une hérédité tenace et ancrée jusque chez le représentant le plus pacifique de l'espèce humaine. En d'autres termes, les Juifs l'ont bien cherché.

Tout comme ils le cherchaient bien quand les Croisés et autres Inquisiteurs  que la morale aujourd'hui condamne les châtiaient de leur témérité. Ils défendaient pourtant de profondes valeurs chrétiennes lorsqu'ils passaient au fil de leur épée les communautés de Worms ou de Navarre.

Les allégations contemporaines ne valent pas mieux. Car l'Argument avec un grand A, la si hérétique «Occupation» reprochée à Israël, chère aux grincheux automatisés, si roborative et valorisante, rivalise par son ineptie avec les motifs fautifs et les prétextes fallacieux d'antan. L'Olp, dont le l libérateur des haines frustrées est l'adoucissant d'un e exterminatoire,  a été fabriquée en 1964, soit trois ans avant la guerre de 67, marquée par la reprise par Israël du cœur de son berceau territorial, et l'on ment ouvertement depuis cinquante ans en nous faisant croire que c'est à la Judée-Samarie qu'ils en voudraient. Que l'on ne nous parle pas de «Cisjordanie», car nous pourrions revendiquer pour notre part le «Trans-Israël».

En remontant un peu plus loin, on nous dit que la création de l'Etat d'Israël en 1948 est la raison de la colère d'un monde arabe pourtant si inoffensif. Et que faire alors des pogroms de 1929 et de 1936? Ah, c'était à cause de Balfour et de San Remo, puisque 1917 et 20, c'était avant. Et que dire de la tentative ottomane de confisquer toutes les armes des Juifs de Palestine pendant la première guerre Mondiale, au moment-même où les Ottomans avides de sang massacraient systématiquement les Arméniens? Ils ont fait quoi les Juifs, avant 1914? Quant à l'octroi de la nationalité israélienne et à l'égalité des droits à des ennemis malencontreusement pris pour des ex, elle n'a rien fait. Les terribles incendies qui ont ravagé la région de Haïfa et de Jérusalem ont été allumés par des Arabes israéliens. L'octroi de la nationalité n'est pas, comme on peut le constater, une conversion à la cause d'Israël, et encore moins au judaïsme. Les derniers attentats sur le mont du Temple ont eux aussi été perpétrés par des Arabes israéliens.

Vouloir éloigner l'ennemi est une opinion dangereuse

Les observateurs politiques qui ont envisagé que la meilleure paix possible ne se ferait qu'en éloignant les populations ennemis, véritable terreau qui produit continuellement des tueurs de Juifs, ont été assassinés par les Arabes. Le Rav Kahana et Rehavam Zéevi n'ont pas pu faire valoir ce point de vue, bien que la réalité leur ait donné raison.  Du coup, plus personne aujourd'hui n'ose prononcer le nom de cette menace. Tout au plus, on revendiquera le droit des Juifs à vivre sur toute la terre d'Israël, sur toute la Palestine historique, patrie du peuple juif. Mais les revendications les plus courageuses occulteront avec beaucoup de précautions le fait que tant que Ramallah ou Oum-El-Fahem continueront à imposer leur présence, il y aura sur cette terre des régions interdites aux Juifs.

Et flatter les antijuifs en Israël par solidarité avec les Juifs de l'étranger?

J'ai parlé et discuté longuement avec des militants et politiciens de partis comme le Mapam, Rats, ou le Ma'arakh, dont le dernier est connu à l'étranger sous la dénomination de parti travailliste. Les formations politiques ont vécu des remaniements depuis. Mais, puisque les accords d'Oslo n'avaient pas encore été tentés, le débat portait sur deux points.

 Le premier, c'est que le peuple juif n'a pas souffert presque de deux mille ans d'exil pour faire cadeau de sa terre à son retour au premier venu. Un consensus voulait que toutes les factions politiques s'accordassent sur le lien d'appartenance entre le peuple d'Israël et la terre d'Israël. Nous avons eu droit, un ami et moi, à une réaction indignée de la part du célèbre Yossi Sarid, lorsqu'on lui a annoncé qu'on avait appris qu'il se serait déclaré prêt à ramener les frontières aux portes de Jérusalem.

C'est donc de ce consensus qu'est né le concept des «concessions douloureuses». Les partisans des cadeaux aux ennemis arguaient qu'ils préféraient ne garder qu'une partie de leur bien et vivre en paix ; à en garder la totalité et être toujours en guerre. Il fallait par conséquent leur expliquer leur erreur en relevant l'incohérence de leur équation et de leur en faire prendre conscience. L'argumentation consistait à dire que plus on leur accorderait de cadeaux, plus ils seraient gourmands, et moins ils seraient conciliants, persuadés qu'ils seraient de gagner par étape une guerre psychologique.

Et c'est à partir de là qu'est né le reproche qui nous a été adressé par la suite: «Comment, vous, défenseurs de la légitimité de la souveraineté d'Israël sur sa terre, vous osez la justifier par des arguments sécuritaires??? Alors que D. a créé la terre entière et accordé cette portion de terre à Abraham, Isaac, Jacob et leur postérité???» C'était au départ sortir la question de son contexte, bien que certains défenseurs eussent oublié à leur tour ce contexte.

Et que nous a-t-on répondu à l'argument sécuritaire, du cauchemar et des chantages à n'en plus finir qui s'ensuivraient? Eh bien, contre toute attente, à part quelques sombres illuminés qui croyaient à la paix – ou plus précisément en la paix – avec les ennemis comme en un dogme mystique – «Je veux croire que cela marchera», m'avait-on dit parfois – les plus avisés étaient d'accord sur le fond. Mais ils ont arboré un argument original, révélant les dessous de l'illogisme de leur démarche.

«Nous ne sommes pas seuls au monde. Nous pourrions en effet nous débarrasser en très peu de temps de cette menace permanente. Il n'y aurait plus d'attentats dans le pays. Mais il faut penser aussi aux communautés juives de l'étranger. Nous ne saurions les livrer à des représailles de masses qui n'attendent que ça, de gens sans scrupules, qui se vengeraient lâchement sur eux... et pas seulement dans les pays arabes. Je doute notamment que la France soit capable ou motivée pour défendre ses Juifs des organisations terroristes arabes.» Ce célèbre argument de la gauche locale est moins connu.

Amadouer les antijuifs en Israël rend légitime le même antijudaïsme en Europe

Il fallait donc redéfinir la problématique, et surtout ne pas agiter les démons de l'antisémitisme. Non, il fallait coûte que coûte cacher la vérité et ramener l'équation au cas classique d'un différend territorial entre deux nationalités, la juive et la pan-arabique. Il fallait aussi interpréter de mille et une façon le cri de haine qui motivait le crime, et qui était bien plus couramment «Egorgeons le Juif» que le fameux «Allah est grand» auquel se sont familiarisées de nos jours les démocraties occidentales et les capitales européennes.

Et c'est cette logique de minimisation de l'extrême gravité de la recrudescence des assassinats antisémites, phénomène d'autant plus alarmant qu'il se manifeste là où le Juif vit enfin sur sa terre et dans son pays, qui non seulement n'a pas épargné les communautés juives de l'étranger en voie accélérée d'extinction, mais qui a d'une certaine manière mis hors de cause l'antisémitisme musulman, là-bas en Europe. Et c'est bien entendu par ruse, par profit de l'occasion, que des dirigeants gouvernementaux ont ri sous cape et feint de ne voir qu'une «importation de conflit», là où les agressions contre les Juifs ont grimpé en flèche. «Allez chahuter ailleurs», quand les agressions à sens unique ont obligé les Juifs à se retrancher ou à quitter les banlieues ou tout simplement la France et l'Europe, cependant que l'antisémitisme sous ses «formes classiques» était toujours aussi sévèrement jugulé. C'est peut-être pour cela que la conversion à l'islam est tellement tentante, puisque vous pourrez alors donner libre cours à vos sentiments refoulés.

Le plus étonnant, c'est que des voix s'élèvent en Israël pour exiger de l'Europe qu'elle lutte contre l'antisémitisme motivé par l'islam. Il faudrait peut-être tout d'abord à cet effet que l'on reconnaisse le caractère antijuif primaire de la haine ressentie par les pseudo-Palestiniens, dont l'appellation est le tampon encreur casher de cette haine. Reconnaître qu'ils ne cherchent pas à obtenir un énième Etat musulman arabophone, mais à nous prendre le nôtre pour en faire un désert, il n'y a rien de plus salutaire.

Mais le mal est profond. Dans quelle région du monde est-il admissible qu'un groupe de non-Juifs se rassemblent et se mettent en marche dans l'intention de tuer des enfants juifs? Je vous le donne en mille. Comme je l'exposai plus haut, aucun média n'a titré : «Un pogrom contre des enfants juifs miraculeusement neutralisé». Non, le 30 novembre dernier, pour ceux qui ont relayé l'information, «des enfants ont été attaqués, un "Palestinien" a été tué par un accompagnateur sécuritaire.» Les enfants ne sont pas juifs, ils n'ont été attaqués par personne, ou peut-être par x, et l'appellation forgée par le narratif de la légitimation de la haine est dans le titre. Ce n'est pas encore gagné.

Mais la pérennité d'Israël ne sera pas démentie, et il sera délivré en dépit du manque de volonté et de conviction de ses dirigeants, tout comme Jérusalem a été libérée sans qu'aucun parti politique ne l'exigeât, et encore moins le gouvernement. Israël récupérera son pays, envers et contre tout, et D. fera seul les miracles, si Israël ne veut plus y prendre part. La guerre des Six jours a été gagnée miraculeusement, c'est indéniable, mais le leadership israélien y a été pour quelque chose ; par contre, concernant la guerre de Kippour, où, bien que l'effet de surprise a été démenti par la levée de la censure, quarante ans après les faits, la direction politique a accordé une vague de permissions sans précédent, dégarnissant les frontières. Et pourtant, Israël a repoussé son ennemi. Israël vaincra, qu'il le veuille ou non,  bé-ezrath Hachem.

Yéochoua Sultan ©  

 

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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 18:39

Le droit à la terre d'Israël ne se définit pas par la naissance sur son sol. Les autorités ne l'ont compris que partiellement, en accordant la nationalité à tout Juif désirant devenir Israélien. Les membres de la nation d'Israël peuvent donc revenir au pays comme s'ils ne l'avaient jamais quitté.

Mais il ne faut pas s'y méprendre. Leur droit ne provient pas du fait que leurs ancêtres, mêmes lointains, y étaient nés, car ce droit commence pour des gens qui ont été définis en tant que nation alors qu'ils se trouvaient sur une terre étrangère, l'Egypte. Leur identité nationale, l'âme spirituelle ajoutée à leur corps national,  fut acquise dans le désert, après qu'ils eurent reçu la Torah sur le mont Sinaï.

Devrait-on, dans une ultime tentative de retrouver le principe du droit du sol, remonter encore plus loin dans l'histoire ?

En effet, on pourrait penser que, le rassemblement des Hébreux dans le désert n'étant que la suite généalogique logique des patriarches, le droit se définirait par rapport au lieu de naissance d'ancêtres plus anciens. Ce droit entrerait en vigueur alors depuis la naissance d'Isaac, premier de la lignée des Hébreux-Israélites-Juifs (ou Judéens) à être né en Palestine.

Or, on comprend bien que le droit biblique ne fonctionne pas de cette façon. En effet, bien que la Torah accorde une importance de taille au maintien d'Isaac sur cette terre, lui qui n'a jamais quitté la terre sainte sa vie durant, les autres fils d'Abraham, ceux qui ne reprendront pas le flambeau de la Révélation, sont envoyés par Abraham en personne vers d'autres contrées, le fils d'Agar comme les fils des servantes. Une génération plus tard, Esaü est à son tour dirigé vers le mont Séir.

Le droit au sol ne se définit pas en vertu des règles bien connues des différentes législations. Il transcende le lieu de naissance, qui peut ne procéder que d'une importance très secondaire. Rashi, le premier des sages de France, en jette les lignes essentielles: la terre ne s'étant pas faite toute seule mais ayant été créée, de même que la race humaine et ses différentes ramifications ; le Créateur, par conséquent, dispose de toutes les contrées et de tous les peuples et en établit les associations selon son bon vouloir.

Pour revenir au principe du nouvel immigrant juif qui obtient automatiquement la nationalité israélienne, son droit, de même que celui du peuple libéré du joug égyptien, ou de ses plus anciens ancêtres, n'émane pas du fait que lors d'une ou de plusieurs générations quelqu'un est effectivement né sur ce sol, mais d'une attribution extrinsèque fixée par Celui qui crée le monde.

Quelle importance, pourrait-on se dire ! Au contraire, cette considération peut servir de clé pour comprendre bien des problèmes, voire des impasses, dans lesquelles se sont mises des civilisations florissantes qui ont à leur tour influencé le système et la perception du pays actuel d'Israël, confronté à des populations considérables non seulement différentes, mais animées par des revendications hostiles allant jusqu'à la négation du droit d'Israël sur sa terre, ce qui rend hésitants et perplexes bien des citoyens qui ont perdu de vue le principe précité.

Car nul n'est besoin que les ressortissants de nationalités qui n'ont pas reçu la Palestine en héritage vivent ici depuis deux mille ans, ni même deux cents ni même cinquante ou soixante. Il suffit qu'un Koweitien ou un Soudanais ait donné naissance à sa progéniture en Israël pour rendre tout le pays impuissant, les gens tirant la sonnette d'alarme étant systématiquement qualifiés de racistes ou d'incitateurs à la violence.

Quand l'Etat décida d'expulser tous les Soudanais et tous les arrivants entrés en fraude dans le pays, les dirigeants se sont heurtés à un système de valeurs assujetti dans son approche au principe de l'association du droit du sol à la naissance ; ce qui est susceptible de mener tout un pays à sa perte. La déclaration des droits de l'homme est encore plus critique: pour elle, non seulement un individu né dans un pays doit avoir systématiquement le droit à la nationalité, mais ce principe s'applique aussi aux nouveaux-venus, puisque tout individu peut choisir délibérément et sans contrainte aucune le lieu où il désire s'établir.

Là où le bas blesse, c'est que le texte ne stipule pas l'attitude qu'il convient d'adopter au cas où des individus arriveraient en force, niant le droit et les lois en vigueur dans leur pays cible, pour passer à des populations quasi indénombrables. Est-ce que, là encore, il faut les considérer comme des individus libres ?

Une civilisation régie par des règles, dont les citoyens se démènent pour le bienêtre du pays, en travaillant, cotisant, éduquant, pourrait ainsi se voir envahie par une population la dépassant en nombre, soit par la masse des arrivants, soit par l'addition des enfants à naître qui ne seraient d'aucune façon éduqués selon les principes acquis par l'ancienne population au prix de siècles de renoncement, de labeur et au prix du sang, dans tous les cas où il a d'abord fallu passer par des révolutions. De surcroît, les nouveaux venus pourraient très bien provenir d'un ou de plusieurs pays aux mœurs obsolètes, fondés sur la rapine et la loi du plus fort, dénigrant l'effort et le principe de contribution personnelle en faveur de l'épanouissement de la société, sachant que ce n'est que par le résultat de cet investissement commun, national, des ressources, que l'individu profite en retour de l'opulence et du bienêtre mis en place.

De fait, ils pourraient tout simplement provenir de pays où les habitants sont divisés en faction s'entretuant à coups de hache, les fuyards et les réfugiés étant tout simplement ceux qui auront eu le dessous dans ces coutumes qui vivent de rapine et de carnage ; où fuir des dictatures se servant de religions ou de partis parmi lesquelles ils se sont circonstancielle ment seulement retrouvés dominés et non dominants. Et il serait bien périlleux de les prendre en pitié, car le faible, dans le maniement homicide de la machette, est dix fois plus brutal au moins que l'être humain moyen de la société occidentale, raffinée par des générations de travail sur la brutalité et la bestialité de l'homme.

Les règles de l'octroi de la nationalité doivent être revues et repensées. Tout individu a le droit, oui, mais à titre individuel, dans l'objectif ferme de s'intégrer à sa société d'accueil envers laquelle il s'engage à être reconnaissant et fidèle, de jouir de droits accordés aux autres habitants, mais à condition aussi de s'engager au niveau des devoirs, et non pas de refuser d'apprendre la langue et les coutumes, pour se replier en une société nombreuse de parias remontés contre leurs hôtes qu'ils finissent par haïr, menacer et agresser.

Cette nuance existe dans le judaïsme depuis le don de la Torah, où il est question de deux sortes d'étrangers, le converti, qui fera partie intégrante du peuple d'Israël, et l'étranger résident, qui doit respecter les règles du pays sans se les appliquer toutes à lui-même, comme l'observation du shabbat en privé ou de la nourriture cachère. Il va sans dire qu'une ville entièrement peuplée d'étrangers où le citoyen national risquerait de se faire lyncher simplement en passant par cette ville ne correspond pas à l'intention du droit biblique.

Or, cette situation n'est pas vraie uniquement à Ramallah, en plein cœur du territoire israélien, mais en Europe, où des zones entières sont abandonnées par les autochtones parce qu'elles sont devenues trop dangereuses.

Cette faiblesse, cette définition aberrante du droit du sol est bien connue des ennemis des civilisations dominantes. Ils ont compris que des nouveaux venus pouvaient agir comme un cheval de Troie. Les premiers doivent se montrer discrets, car ils ne sont admis qu'à titre d'essai, avec tout au plus une carte de séjour dont le renouvellement doit pouvoir être justifié par une conduite irréprochable. Mais les descendants qui n'existent que potentiellement au moment de leur arrivée, pourront, eux, se permettre de se proclamer nouveaux Européens et d'imposer des principes de violence, de refus de s'instruire et de participer sinon au fleurissement du moins au maintien des acquis de la civilisation qui a attiré leurs pères. Le principe de la démocratie, qu'ils ont bien compris également, sera exploité à son tour et il suffira de se faire de plus en plus nombreux pour écraser le pays envahi, avant d'en faire une dictature où il ne fait pas bon vivre.

Ce que de nombreux pays ont toujours su imposer aux Juifs, exigeant de leur part, en s'aidant de penseurs et prétendus philosophes interposés, d'être Juifs à la maison et hommes comme tout le monde dehors, à savoir de ne pas se montrer différents au sein de la société environnante, ce qui serait considéré comme un affront ; ils oublient à présent de l'exiger des autres étrangers.

Pourtant, toujours vis-à-vis des Juifs, certaines sociétés sont allées très loin, et ont été jusqu'à interdire l'abattage rituel, les obligeant de facto à être des hommes comme tout le monde non seulement dans la vie publique mais aussi chez eux à la maison, ou à devenir végétariens, ou encore à se fournir à prix fort quelques portions de viande dans des pays limitrophes plus tolérants, en limitant cependant la quantité de viande autorisée à chaque passage à cinq kilos.  

Quand on pense que les Juifs, si respectueux jusqu'à l'obséquiosité de pays d'accueil comme la France, ont dû lutter pour empêcher l'interdiction de la préparation de viande cachère qui planait sur toute l'Europe, on comprend mal la folie de certains politiciens qui se démènent pour permettre une pratique extérieurement analogue en apparence, aux adeptes d'un un autre culte, à savoir l'islam.

Le droit latin, qui avait défini le droit au sol, ou plus exactement à la citoyenneté, à la possibilité de participer activement et/ou politiquement à la gestion de la cité, définissait comme «métèques»  tous ceux qui ne correspondaient pas à certains critères.

Mon propos ici n'est bien évidemment pas destiné à attribuer un jugement de valeur à tel ou tel système. Mais force est de reconnaître que certains systèmes, ou, à défaut, certaines mesures prises par ces systèmes, peuvent être la cause de conséquences durables, à même de maintenir ou détruire une société.

 

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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 15:24

On est souvent tenté de s'arrêter sur les apparences, qui se distinguent souvent sur deux niveaux: l'aspect purement physique d'une personne, ou son expression, qui est déjà plus élaborée, et le costume. Ces deux aspects peuvent s'accorder ou se contredire. Par exemple, un soldat sera reconnu comme tel sur son physique et sur son uniforme. Il peut être taillé comme un athlète. Dan ce cas, cet aspect ira de pair avec son uniforme. S'il est d'apparence chétive et que sa démarche soit maladroite, l'observateur profane s'arrêtera sur le second aspect uniquement, c'est-à-dire le vêtement. Il se dira alors paradoxalement qu'il ne faut pas le juger sur son allure mais sur son uniforme qu'il ne porterait pas s'il ne le méritait pas.

Dans le domaine de la publicité, on s'arrangera toujours pour que les deux facettes de l'aspect s'accordent. Un médecin, sur le dépliant publicitaire d'une clinique, par exemple, aura toujours l'air détendu en même temps que grave, et l'expression avenante et empathique d'un homme intelligent, sain et solide de corps et d'esprit. Sa blouse sera soigneusement boutonnée et son stéthoscope enfourché avec une fausse négligente sur sa nuque. Cet aspect décontracté soigneusement mesuré s'inscrira naturellement dans sa nature. Et pourtant, passé l'aspirine contre les maux de tête, il ne connaît rien à la médecine ; et pour cause! Malgré sa «gueule de l'emploi», c'est un mannequin qui travaille pour une boîte de mode dont les services ont été loués pour promouvoir telle clinique. Souvent, les véritables médecins sont plus proches en apparence de l'employé de banque épluchant un relevé bancaire que des hommes qui œuvrent pour la santé de l'humanité. Des patients sont prêts à affirmer que même le second aspect n'y est pas, c'est-à-dire le costume, et que la blouse ne leur sied guerre, ou qu'elle ne leur va pas du tout. Certains praticiens, conscients de l'importance accordée aux apparences dans un monde de l'image et de la publicité, se voient contraints pour les rassurer d'afficher dans des cadres leurs diplômes qui compensent et confirment ce qui manque à leur façade.   

Le courage, la loyauté et le professionnalisme confirmés par des préparations et entraînements ne sont pas visibles ; en effet, ce sont des aspects intérieurs. Mais il est difficile de les apprécier, de la même façon qu'il est plus facile de juger un vin sur la bouteille que sur le goût ou les effets secondaires différés comme le mal de tête et la langue chargée qui ne se manifestent que le lendemain. Nos Sages nous préviennent: «Ne regarde pas le récipient, mais ce qu'il contient». Nous pourrions faire l'analogie avec un adage répandu en disant que l'habit ne fait pas le rabbin.

D'aucuns protesteront: «Mais comment voudriez-vous que nous jugions autrement que sur l'aspect?» «En grattant un peu, pourrait-on répondre.» «Non, nous ne pouvons juger que sur l'aspect, insisterait le premier groupe. Si le vin est en bouteille, c'est qu'il a certainement de la valeur. On n'aurait pas suivi tout le processus de l'élaboration du produit jusqu'à sa présentation sur un étalage s'il ne valait rien. C'est pareil pour un soldat, un magistrat, un médecin, etc. Ils ne seraient pas autorisés à exercer et donc à revêtir le costume de leur fonction s'ils n'y avaient pas été préalablement autorisés par des autorités réellement compétentes.» Cette répartie se veut intransigeante et n'admet pas de réplique. Cet entêtement à ne pas chercher à creuser peut causer des surprises et bien des désagréments. Il peut s'agir de situations insolites, dans le meilleur des cas, mais ce symptôme de la superficialité est susceptible d'être exploité à mauvais escient. Nous l'illustrerons par quelques cas de figures.

Pour reprendre le cas du soldat, un groupe du volontariat civil, affecté dans une base d'intendance chargée du conditionnement de produits alimentaires, se mit à s'extasier à la vue de deux soldats sans armes qui semblaient en garder l'entrée. Les nouveaux venus furent d'autant plus impressionnés qu'ils n'avaient pas l'air particulièrement adroits. L'un d'eux s'extasia: «Voyez, ce sont des gens comme eux qui ont libéré les otages en Afrique!» Les deux jeunes gens ne comprenaient pas ce qu'ils leur voulaient. Le responsable du groupe, qui servait surtout d'interprète, leur dit par la suite qu'il s'agissait d'enrôlés dont le niveau et la motivation ne leur permettaient pas de s'engager dans des unités combattantes, mais qu'ils effectuaient un travail utile à la hauteur de leurs compétences. En outre, ils ne gardaient pas l'entrée mais attendaient que l'on vînt les chercher.

Bien que cette erreur d'appréciation ne prêtât pas à conséquence, il faut toutefois reconnaître que les deux braves recrues susdites s'inscrivaient quand même dans le vaste effort de Tsahal, car des unités d'élites comme Guivati ou Golani ne pourraient pas faire grand-chose sans toute la logistique et tout ce personnel chargé de l'équipement, de la maintenance, du ravitaillement etc., ainsi que des unités responsables de l'étude du terrain et l'évaluation des forces ennemies?

Mais l'acharnement à ne vouloir s'en tenir qu'aux apparences dans la vie de tous les jours arrange surtout les escrocs. Un jour, un promoteur faisait du porte-à-porte. Il vendait sur plan des maisons spacieuses en terrains individuels, à un prix exceptionnellement bas. Comme la fortune ne pouvait sourire qu'aux audacieux, capables de se décider rapidement, il suffisait pour devenir propriétaire de payer l'acompte «dérisoire» de dix mille dollars. Le promoteur, complet veston et attaché-case où se trouvaient soigneusement rangés des contrats, des relevés cadastraux, des photos et des croquis d'intérieurs, accordait un délai de quelques jours à ses clients, pour leur permettre de rassembler la somme. Il poussait le perfectionnement assez loin, en offrant un véritable cigare à la signature du contrat. Le temps qu'il s'avère que rien n'était réel, excepté l'arnaque, l'escroc eut le temps de se volatiliser. Il sévissait dans la région de Dimona, et avait sur sa tête, comble d'ingrédient rassurant, une grande kippa noire. Du peu que l'on a pu savoir réellement de lui, conséquemment aux enquêtes de la police alertée, c'est qu'il n'était ni Israélien, ni même Juif.

Serait-ce à dire qu'il faudrait a contrario (c'est-à-dire en suivant le même raisonnement mais en en inversant l'hypothèse de départ et la conclusion) privilégier ce qui est laid et d'aspect inquiétant? Combien de fois a-t-il pu vous arriver de vous auto réprimander lorsqu'un individu ne vous inspirait pas confiance, en vous disant qu'il ne faut pas juger les gens sur leur allure extérieure, et de constater au bout du compte que vous auriez été mieux inspiré de faire confiance à votre intuition? Certaines personnes ont eu tellement de déboires en s'autocensurant qu'elles ont fini par prendre le parti de ne juger que sur les apparences, à condition qu'elles n'inspirent pas confiance. Mais comme, dans la vie, il y a par ailleurs de beaux arnaqueurs, on ne sait plus trop que penser.

En fait, le beau peut émaner ou non du bon, et le laid du mauvais, puisque cette conception de causalité est ancrée profondément dans l'inconscient depuis la plus tendre enfance. Les contes, dont le seul avantage consiste dans leur capacité à faire se tenir les enfants tranquilles, débordent de ces associations, établies en axiomes, qui rendent le beau indissociable du bon et le laid du méchant. Qui n'a pas été exposé à l'image de la vieille et méchante sorcière, aux traits déformés par les ans, et aux desseins nocifs? Il devient difficile par la suite de réparer les dégâts et d'expliquer que telle personne âgée est non seulement inoffensive mais qu'elle peut être animée de nobles sentiments, et qu'elle a naturellement droit à notre respect, car si quelqu'un ici doit faire peur à l'autre, c'est plus nous à elle qu'elle à nous.

La fête de Hanouka se penche en filigrane sur cette problématique des oppositions entre beau et laid, bon et mauvais, et des interactions entre celles-ci. La flamme des bougies doit être la plus splendide qu'il soit. Or, cette beauté saisissante sera produite par la meilleure des huiles, celle de l'olive, celle pour laquelle il est écrit sur les bouteilles : première pression à froid. L'expérience suivante est on ne peut plus concluante : prenez une huile de piètre qualité, tout juste comestible, et il se dégagera une flamme vacillante et un épais filet de fumée noire. J'avais un jour acheté une huile soi-disant en promotion, et c'est ce qui s'est produit. J'ai réclamé, et on m'a répondu qu'à ce prix on n'avait pas de la bonne huile. Je leur ai dit alors que dans ce cas ce n'est pas une promotion, et que leur prix exorbitant excédait de beaucoup celui du rapport qualité-prix. Mais soit, il est toujours plus facile de débourser que de se faire rembourser. Et je n'allais pas intenter un procès pour un peu moins de deux euros. Sans aller jusque là, il suffit de placer deux bougies l'une à côté de l'autre, l'une en paraffine même pure et l'autre alimentée par de l'huile d'olive pour constater que la première semble blanche et la seconde dorée.

Il convient donc de chercher d'où provient la beauté. Emane-t-elle de l'essence de son support, ou est-elle un leurre ajouté pour former un piège? La dorure témoigne-t-elle d'un bloc d'or pur ou d'un vulgaire plaquage sur un métal courant vendu à prix d'or?

En matière de contes infantiles, la patte blanche est-elle celle de la brebis ou celle d'un loup trempée dans la farine?

Le beau peut donc être le produit du bon ou ne constituer qu'un cache pour le mal.

Il peut aussi évoluer en un circuit complètement séparé. En supposant que le sabot fendu d'un animal soit le beau, il faut indépendamment de cette particularité s'intéresser aussi à son système digestif. S'il est ruminant, et que cette particularité soit assimilée au bon, il sera consommable, autrement dit casher, sinon, il ne le sera pas. Et c'est bien pour ça que de tous les animaux interdits à la consommation par la Halakha, le plus impressionnant reste le porc, car en tendant en avant ses pattes antérieures, il semble proclamer qu'il serait valable. Et c'est là que les apparences peuvent être trompeuses.

Le verset des Proverbes décrète : «Un anneau d'or dans le groin d'un cochon», ce qui ne veut pas dire que toute femme élégante soit méprisable, mais que l'homme doit se méfier de ne se fier qu'au tape-à-l'œil. Or, ils sont nombreux, ceux qui en souffrent ou en ont souffert. Et réciproquement, tout homme avenant, riche et drôle, ne peut lui aussi ne présenter qu'une façade accrocheuse. Il faut toujours sonder ce qui se cache derrière la façade.  

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 17:12

La dernière période d'indépendance qu'ait connue le peuple d'Israël, avant la renaissance de son Etat, a duré trois ans. Le nouveau gouvernement, sous l'égide de Bar Cokhba, frappa de la monnaie. La dévastation était encore un terrible désastre, les dégâts énormes, le Temple entièrement brûlé ; mais l'incommensurable, en se retroussant les manches, serait réduit, surmonté. Car l'on a pu se dire pendant ces trois ans  que l'exil d'Edom s'arrêterait là, et ne durerait pas plus d'environ soixante ans, soit un peu moins que l'exil de Babylone. Avec Shimon Bar Kokhba, l'espoir renaquit de ses cendres. Rabbi Aqiva, pilier incontournable du Talmud, coauteur de la Mishna, qui n'avait rien en commun avec cette image du sage chétif, avait vu en lui l'espoir de la restauration de la royauté perdue en 70 de l'ère vulgaire. Car du moment que la prophétie incontournable de la destruction du Second Temple venait de se réaliser, il était permis de présager que dorénavant tout irait bien.

C'est donc du  9 au 10 av 3828 du calendrier hébraïque, cela fait cette année 1949 ans (et toutes les limites du temps ont été franchies), après un terrible siège, la splendeur de Jérusalem est réduite en cendres. Pourtant, un peu plus d'un demi-siècle plus tard, en l'an 3892, une lueur d'espoir réchauffa les cœurs. C'était il y a 1885 ans. Une logistique solide, un réseau impressionnant de refuges, une stratégie en sous-sol, une coordination infaillible entre les forces, tout cela conduisit à une première période victorieuse. Le professeur israélien Hanan Eshel réfute les croyances populaires qui ne voient dans les insurgés qu'un ramassis d'extrémistes jouant à cache-cache avec l'occupant.  L'ennemi – la plus grande puissance mondiale de l'époque – fut chassé hors des frontières de la Judée. Mais l'innommable empereur romain, Hadrien, de sinistre mémoire, déplaça ses meilleures légions cantonnées en Bretagne pour écraser dans le sang les insurgés, exterminant ainsi toute présence juive d'une bonne partie des territoires que les nations nous contestent et cherchent à nous ravir à nouveau aujourd'hui.

La Grande Révolte commence donc moins de soixante-dix ans après la destruction du Temple. Le centre spirituel du judaïsme, avec Raban Yo'hanan Ben Zacaï,  est transféré de la capitale assiégée pour s'installer à Yabné. Rabbi Yéochoua Ben Hananya, disciple du précédent, conjure les siens de ne pas se révolter, voyant dans la survie du peuple juif et de sa présence sur sa terre une tragédie comparable au passage dans la gueule d'un lion duquel on se serait sortis vivants. Pour lui, la Torah est sauvée, et, par la même occasion, l'âme du peuple. Le Temple, quant à lui, il sait qu'il sera reconstruit, même si sa génération risque fort de ne pas être de la partie. Personne, parmi tous les Sages, ne s'oppose à la reconstruction. Le clivage repose uniquement sur une question de temps. Pour tous, il finira par renaître, puisque tel est le programme divin, les dates restant la grande inconnue.

Bar Kokhba frappe le tétra drachme, portant la mention: « Pour la liberté de Jérusalem ». Pas besoin d'être économiste pour savoir que l'une des composantes de la souveraineté nationale consiste à battre sa propre monnaie, contrairement à certains usurpateurs aujourd'hui. Les décrets de l'oppresseur sont extrêmement pénibles. Motivés par une sinistre ironie, les Romains, avec le successeur de Titus, Domitien, exigent que les prélèvements financiers apportés comme offrandes pour le Temple, comme le demi-sicle,  soient détournés en impôts pour renflouer leurs caisses. 

Quant aux premiers signes de la révolte, qui est loin d'avoir représenté un sursaut spontané irréfléchi, ils se firent sentir environ vingt ans plus tôt avec les communautés qui se trouvaient à la périphérie: en Cyrénaïque, à Chypre et en Egypte, alors que l'empereur Trajan se battait contre l'empire parthe. Pendant la révolte des Juifs de la diaspora, la situation était relativement calme en Judée, sous la domination du gouverneur intransigeant Lucius Quietus. 

Hadrien prend la place de Trajan, mais sans ressentir de prime abord un intérêt suprême en faveur de l'extension illimitée de l'Empire Romain. Il entreprend des travaux tendant à délimiter son territoire par une muraille, dont la muraille d'Hadrien en Bretagne. Il peut donc passer pour un modéré.

Un témoignage numismatique révèle la fondation d'une ville idolâtre et helléniste, Aelia Capitolina, sur les ruines de la ville sainte. Cette pièce montre l'empereur Hadrien debout derrière un soc, labourant le sol de Jérusalem. Un autel voué au culte de Jupiter est érigé sur l'Esplanade du Temple.

Géographiquement, la révolte s'étend de Bet-Horon,  Beitar et Beth-Gouvrin, du Nord au Sud ; de Ein-Guedi à Maalé Adoumim sur le front Est, les limites à l'Ouest s'étendant jusqu'au bas de la zone montagneuse. Les insurgés ont préparé une importante infrastructure de grottes et de passages souterrains.   

Osbius témoigne: « Au plus fort de la guerre, à la dix-huitième année du règne d'Hadrien, la ville de Beitar fut assiégée. C'était une imposante citée fortifiée, près de Jérusalem. À la longue, les insurgés ont succombé à la faim et à la soif. » La chute de Beitar s'est produite elle aussi, un 9 av. Pendant trois ans, les habitants de la ville restèrent sans sépulture, car les Romains ne le permettaient pas. Ce n'est qu'au terme de cette période qu'ils furent ensevelis. Ceux qui étaient entrés dans la ville en ruine furent témoins d'un fait miraculeux: les dépouilles étaient intactes.

985 villes et villages ont été rayés de la carte de la Judée. 585 000 soldats ont péri dans les combats, les épidémies et la faim, sans compter les millions de femmes, d'enfants et de vieillards que les Romains assassinaient sans distinction, c'est ce que rapporte l'historien Dion Cassius. Cet extrait du Talmud parle de lui-même: « Rabbi Yohanan a dit: " trois cents cerveaux de nourrissons avaient été répandus sur un seul rocher." »

Dans le livre des prières et lamentations du 9 av, un auteur, du nom de Samuel, rapporte le nombre effrayant de quatre millions de Juifs assassinés, entre la destruction du second Temple et les différentes campagnes de répression romaine (Lamentation commençant par les mots : שאי קינה במגינה: élève ta plainte dans l'affliction. « … quatre cents myriades, et la voix d'un homme droit, étouffée par le nuage, empêchée d'atteindre D. ; ils m'ont frappé et blessé… » ). C'est fâcheusement l'ignorance sur cette hécatombe qui fait que certains décideurs de la politique israélienne ne se réfèrent qu'aux événements de la seconde guerre mondiale comme motif de la défense d'un Etat juif souverain. Cette culture, voire ce culte de la mémoire courte conforte l'illusion de la solidité d'un judaïsme athée. Ils ne font pas le rapprochement entre l'aspect désertique de la région limitrophe de Jérusalem ou son occupation par des éléments étrangers et les massacres perpétrés par les Romains. Et pourtant, les cités juives de Judée-Samarie et les points de peuplements ne sont qu'une pâle ébauche de la splendeur effacée par la puissance européenne. 

Mais les Juifs, malgré la cruauté de l'oppresseur, ont su résister à l'occupant. En effet, Hadrien, lors de son discours au Sénat, n'a pas employé la formule de rigueur qui ouvre tout discours en signalant la paix des légions romaines. Des mesures antijuives draconiennes ont été prises par le pouvoir d'Hadrien: l'interdiction de la circoncision, de garder le shabbat et de nommer de nouveaux rabbins et d'étudier la Torah datent de cette époque.

C'est encore ce même empereur qui méprisa les Sages du Talmud, qui torturé et exécuta les Dix Martyrs: Rabbi Yichmaël Ben Elicha Cohen Gadol, Rabban Shimon Ben Gamliel Hazaken, Rabbi Hanina Ben Téradion, Rabbi Aqiva, Rabbi Yéhouda Ben Baba, Rabbi Houçpit Hamétourguéman, Rabbi Ychbav Hassofer, Rabbi Elazar Ben Chamoa, Rabbi Hanina Ben Hakhinaï, et Rabbi Yéhouda Ben Dema.

Les Sages d'Israël étaient des dirigeants profondément impliqués dans les destinées de leur peuple, déterminés à défendre le judaïsme au péril de leur vie, bravant la plus grande puissance de leur époque. L'esprit de l'exil n'avait alors aucune emprise, et jamais on aurait vu, comme aujourd'hui, des rabbins prendre position contre les visites sur le Mont du Temple, et ne pas s'émouvoir de la constante profanation du lieu le plus saint par un culte étranger.

 Rabbi Ychmaël, qui comptait parmi les sept hommes les plus beaux de la terre, plut à la fille de l'empereur qui le vit au moment où il allait être exécuté. Elle demanda la peau de son visage. Les Romains l'arrachèrent alors qu'il était en vie. Elle la fit conserver afin de pouvoir toujours la contempler. D'autres souffrances atroces lui furent infligées jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Rabbi Hanina Ben Teradion fut brûlé dans un rouleau de la Torah. Pour prolonger le supplice, les Romains avaient entouré son corps d'éponges imbibées d'eau. Pendant que le parchemin était dévoré par les flammes, les lettres s'envolaient dans les airs.

Rabbi Aqiva fut écorché vif. Il proclama l'unicité de Dieu en rendant son âme au Créateur. Il s'était toujours demandé s'il aurait le courage et le mérite de pouvoir mourir en sanctifiant Son Nom.

Les Romains, malgré l'atrocité des massacres qu'ils ont perpétrés en Palestine – ce nom ayant été imposé dans le but de faire oublier la relation entre les Judéens et la Judée - , ne sont pas parvenus à en effacer définitivement la judéité - la clôture de la Mishna a pu y être réalisée environ deux cents ans plus tard – pas plus que les Arabes qui avaient commencé avec le massacre des Juifs de Madian, ou que les Espagnols ou les nazis. Aujourd'hui, les nations se liguent pour attaquer à nouveau Jérusalem, mais le peuple d'Israël se rétablit peu à peu, en attendant la restauration complète de son Etat et de sa ville, avec le Troisième Temple.

Le Talmud rapporte que Rabbi Aqiva se mit à rire, lorsqu'il vit un renard sortir de l'enceinte du Temple détruit. Aux autres Sages qui ne le comprirent pas, il expliqua que la réalisation des prophéties qui prévoyaient la destruction était la confirmation et l'introduction aux prophéties de la restauration. La ville de Beitar, rebâtie il y a vingt-huit ans, compte aujourd'hui près de trente mille habitants. Puissions-nous assister à la réédification du Temple de Jérusalem, et à la rédemption totale, même si notre mérite est insuffisant, au nom des souffrances endurées par Son peuple depuis 1945 ans.   

Il importe de ne pas méconnaître trop son histoire. Seul un individu né de la dernière pluie peut ne pas ressentir l'absence cuisante et criante du Temple, et se laisser convaincre que Jérusalem serait banalement la «ville des trois religions», formule séduisante signifiant qu'Israël n'aurait définitivement plus droit à son lieu saint par excellence.

Des dirigeants malades de l'exil, dans la ligne tortueuse de Moshé Dayan, s'érigent contre les droits de leur propre nation et facilitent la perpétuation de l'état d'exil. La violence musulmane en fait fréquemment interdire aux Juifs l'accès par les autorités israéliennes, qui ne sentent pas le terrible manque, auquel ils sont habitués depuis leur berceau, qui n'est pas celui de leur civilisation. Un Juif ne devrait pas répondre à la question: «Quel âge avez-vous?» en disant qu'il a quinze, quarante ou quatre-vingt-dix ans, mais quatre mille.

Et il faut absurdement que ce soient des non-juifs qui proclament dans toute tribune qu'Israël veut reconstruire le Temple. Mais le malade s'étonne, il n'est plus sensible à sa douleur et à son profond besoin de guérir. La doctrine de la mémoire courte le persuade que le peuple juif n'est pas revenu d'un très long périple, dispersé entre les nations, pour restaurer sa souveraineté, mais pour végéter sans but, dans un Foyer national dépourvu d'âme. Mais si les non-juifs qui se chargent de rappeler à Israël ce qu'il est venu chercher sur sa terre veulent se poser comme ennemis, et considérer comme une nakba, catastrophe, le fait de ne pas avoir réussi à le massacrer et à empêcher sa renaissance nationale, il ne reste qu'à aspirer à une méga nakba, avec la fin de la main-mise de la présence négationniste qui cherche à démentir la judéité de la Palestine.

Que «le quatrième jeûne, le cinquième jeûne, le septième jeûne et le dixième jeûne soient pour la maison de Juda jours de joie, d'allégresse et de fête ; et la vérité et la paix, chérissez-les» (Zacharie VIII, 19). Toutes ces dates, le 17 du mois de tamouz, quatrième en comptant de nissan, le 9 av, le 3 tichri et le 10 téveth sont liées à la destruction du Temple, à l'exil et à la perte de la liberté nationale. Et que de la même façon que nous voyons de nos yeux se réaliser les prophéties du rassemblement, puissions-nous assister à la réalisation du verset de notre lecture hebdomadaire: «… pour déposséder, à ton profit, des peuples plus grands et plus forts que toi » (Deutéronome, IV, 38) ; «… pour te donner des villes grandes et bonnes que tu n'as pas bâties ; des maisons débordantes de biens que tu n'as pas emplies etc.» (Idem VI, 10, 11).

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 09:46

Europe : deux mots d'ordre: enrayer la surpopulation et empêcher la guerre mondiale

Peut-on miser sur le vide démographique?

Pour nombre de gens qui vivent en Europe, l'équation est simple. En supprimant un organisme existant, l'organisme voisin va s'amplifier et se transposer pour occuper l'espace qui n'aura à aucun moment été vacant, le changement s'effectuant en fondu-enchaîné. Ce premier organisme, c'est l'ensemble des pays du vieux continent, et surtout son fer de lance le plus occidental qui fut à l'apogée de la civilisation mondiale ; quant à l'organisme voisin, c'est ce croissant musulman expansionniste arrêté tantôt – vous vous en souvenez ? – à Vienne. Ce principe est facile à comprendre, pour qui vit ou a vécu en France ou dans ses parages, et ce qu'il s'affilie à l'un ou l'autre groupe.

Mais comment verrions-nous les choses si nous étions Américains ?

Car en dehors de l'antagonisme qui oppose l'islam à la civilisation occidentale, un troisième organisme, conciliant, entretient des échanges avec tout le monde. L'Europe, à qui il devrait en principe s'identifier, puisqu'il en est issu, pourrait au contraire être perçue par lui comme son ancien ancêtre en dégénérescence, désuet et encombrant, car les habitants du Nouveau monde sont en droit de se demander : «Est-ce que ces gens-là vont nous déclencher toutes les vingt années une nouvelle guerre mondiale? »

Les Etats-Unis, puisque c'est de cet organisme qu'il s'agit, ne sont pas cet arbitre ou policier se contentant d'asséner des coups de sifflet. La première guerre mondiale leur a coûté la vie de près de cent trente mille homme, et une augmentation conséquente de la dette extérieure. La seconde leur a coûté presque le quadruple. La première éclate en (19)14, la suivante en 39, si c'est une tradition qui se met en place, imposant une fréquence apocalyptique tous les 25 ans, à moins que l'on ne compte à partir de la fin du premier conflit, de 18 à 39, d'où une période d'accalmie de 21 ans tout au plus. La troisième guerre mondiale, à ce rythme, aurait donc dû éclater entre 66 et 71.

1966 est d'ailleurs l'année où Londres est anéantie par une attaque à la bombe atomique qui provoque une éruption de magma suivie d'une coulée de lave dans le centre-ville, dans le film de science fiction la Machine à explorer le temps de George Pal, sorti en 1960.

Donc, l'Europe est pour le moins embarrassante. Elle cause bien du souci aux États-Unis. Si l'Amérique ne connaît plus une telle frénésie guerrière entre elle et entre elle-même, la plus grande guerre interne ayant cessé en 1865, c'est que l'on n'a pas affaire à des Etats assujettis à des nationalismes volontiers belliqueux mais en sommeil tant qu'ils ne s'étripent pas, ces nationalismes étant en constante concurrence, tandis que les querelles patriotiques sont montées en épingle pour redorer le blason de telle nation rancunière qui revendique son honneur bafoué et son droit à la revanche, mais à une fédération entre des Etats pourtant plus nombreux que ceux de l'Europe. Et c'est une formule gagnante !  

La surpopulation, autre casse-tête pour l'Amérique

Il est possible que la prochaine problématique inquiète aussi d'autres gens, mais puisque c'est l'Amérique qui règle les problèmes planétaires – la face du monde sans elle aurait été changée – il lui revient donc de donner le mot d'ordre et le bon. Deux menaces mettent potentiellement la planète en péril, les guerres, surtout si elles sont mondiales comme nous venons de le voir, et l'épuisement des ressources, la pollution de la planète, et jusqu'à récemment, le réchauffement climatique (moins tangible apparemment), ces trois derniers thèmes dérivant d'un seul et même facteur : la surpopulation. Si, en quatre décennies, la population a doublé, passant grosso modo de quatre à huit milliards d'habitants, et que le volume de la terre soit resté le même en dépit de l'expansion de l'univers, c'est que tout ce beau monde exploite les mêmes ressources en vertu de la conservation de la matière et qu'une promiscuité certaine commence à se faire sentir.

Un gênant paradoxe

On pourrait se demander au passage pourquoi, pour que cette surpopulation se fasse plus légère, on n'est pas encore passés au chauffage et aux transports électriques, avec une électricité bien entendu produite par l'énergie solaire ou la force du vent ; mais là, c'est qu'un paradoxe provoque un sérieux blocage : on nous dit que les piles rechargeables pour les voitures sont trop lourdes, doivent restées branchées longtemps et ne restent efficaces que sur de courtes distances. Le citoyen moyen se dit que ce n'est qu'une question de temps pour que les piles se réduisent en taille et se décuplent en puissance.

Mais le temps passe et rien n'avance. Moins de citoyens se demandent aussi pourquoi un projet prometteur comme Better Place, produit d'un partenariat franco-israélien, n'exploite pas un principe aussi simple que génial et dont tout enfant se servait il y a déjà quarante ans : la dynamo qui éclairait son vélo. «Mais oui mais c'est bien sûr!», se dit le citoyen aussi naïf qu'honnête ; car, au lieu de mettre un fil électrique long de vingt mètres qui passe par la fenêtre et de laisser la voiture branchée toute la nuit, «il suffirait de mettre une dynamo sur l'essieu de transmission!» Mais c'est compter sans le sucrage des caisses de l'Etat par litre de combustible vendu, impôt largement suffisant pour corrompre le cerveau y compris à l'endroit des solutions les plus enfantines, l'odeur de l'argent étant bien plus fort que toute la pollution du monde et refroidissant bien des ardeurs face au réchauffement. 

La menace européenne et la surpopulation

Quoi qu'il en soit, la surpopulation n'est donc pas sur le point de se faire moins polluante. Et puisqu'on en est à régler les problèmes, pourquoi ne pas faire d'une pierre deux coups, et ainsi montrer l'exemple à des civilisations loin derrière le phare européen? Une France, par exemple, de mettons vingt-cinq millions d'habitants sera moins polluante et moins belliqueuse, puisqu'elle se sentira moins à l'étroit, qu'une France de soixante millions.

Les changements évolutifs impliqués

1 Fédération européenne

L'implication de cette double observation fort pertinente outre-Atlantique (contre les nationalismes et la surpopulation, donc) s'est concrétisée par des changements en profondeur propres à réduire cette double menace récurrente. Les mesures sont concrètes. D'un timide marché commun, qui avance via l'Europe des Douze, ou le traité de Maastricht, on débouche sur une Union Européenne et l'annulation des frontières de cette union, soit le fameux espace Schengen, qui double le nombre d'Etats associés, et surtout qui les place sous une tutelle centralisée où chacun pourra émettre un avis qui soit de préférence à l'unisson avec la direction centrale, dont l'homogénéisation est le sens  de l'existence.

Quoi qu'il en soit,  même  si un Etat se montrait un peu trop souverain, son point de vue n'aurait que peu d'effet. Quoi qu'il en soit, comme nous venons de le voir  en France, une machine bien rôdée de propagande mènera le candidat le  plus conciliant au sommet du pouvoir régional, et qu'importe que le principe même de la démocratie  réprouve ce choix (avec  plus de 50% d'abstention, le président est finalement  mis en place sur la base d'une sorte de gros sondage).

Tel est le premier outil ou la première arme visant à l'imposition de cette uniformisation de l'Europe : chaque Etat se retrouve moins souverain, moins indépendant, et, sinon subordonné, du moins affilié par des délégués à la maison mère européenne.

2 La réduction de la population

C'est une question chère notamment à l'Unesco, et les moyens sont variés. Nous relèverons ici le retard de la date moyenne du mariage, obtenu par un travail multiple sur l'égalité des sexes – ce qui ne peut se faire que sur le plan social car ils ne sont pas près de rendre l'homme enceint ou repousser l'âge de la perte de la fertilité chez la femme à la limite masculine – les études devenant de plus en plus longue pour tout le monde ; tout ceci interdisant l'éventualité de fonder une famille avant la trentaine.

On travaillera sur l'égocentrisme – je n'ai pas besoin d'un braillard qui me réveille au milieu de la nuit, ni d'être convoqué plus tard par ses profs – ou le pessimisme – pourquoi obliger une  nouvelle génération à venir subir les effets d'une guerre ou famine généralisée, de la pollution ou du réchauffement, voire d'une catastrophe à la Tchernobyl mais sans frontières.

Si, soit dit en passant, les frontières étaient encore effectives à l'heure de ce dernier accident nucléaire entre la France et l'Allemagne, comme l'avait relevé Coluche en soulignant que l'extrême prudence requise à l'Est n'avait plus de sens à l'Ouest de la même ligne, aujourd'hui l'espace Schengen n'arrête plus rien ni personne. Cet espace peut donc renforcer le pessimisme.

On pourra aussi exploiter les problèmes de la dépolarisation affective, ou miser encore une fois sur la propagande : plus on parviendra à persuader de gens qu'ils sont homos, plus il y en aura de paires et moins il y aura de couples. Et si les paires de pères revendiquent le droit à l'adoption – bien que ça ait souvent tourné en affaires sordides tout de même un peu médiatisées – le cas restera rare, et ils ne voudront a fortiori pas s'encombrer d'un braillard ou d'une convocation. Même les séries télévisées anodines en apparence, sont de la partie, dans cette offensive propagandiste. Si on montre toujours du doigt l'homme qui délaisse sa compagne pour une autre, on exige de celle-ci de se montrer tolérante et compréhensive si le trompeur la délaisse pour un… homme. Pourtant, dans les deux cas, il en a marre de sa… figure et a eu envie de se changer les idées.   

Dans ce dernier volet, la lutte pour la diminution de la population mondiale ne demandera pas à un homo s'il est vraiment certain que sa nature lui dicte cette orientation, et s'il ne lui préfèrerait pas les joies du mariage traditionnel, surtout si pour sa part ses antécédents sont normatifs.

Par contre, on demandera à un jeune, très amoureux de sa compagne ou de son épouse, s'il est vraiment certain de ne pas être profondément un homo refoulé, s'il est certain de ne pas se fourvoyer et de prendre le risque de le regretter par la suite.

La confusion est d'autant plus plausible que la contraception est un acquis tellement évident qu'il y a longtemps que l'acte sexuel ne sert plus à procréer, ce qui rend plus acceptable l'imposition dans les mentalités de l'idée que le sexe du partenaire n'aurait aucune espèce d'importance. Inutile de préciser ici que nous n'entrons pas dans un débat de valeurs, ou de ce qui est naturel ou abominable ; nous nous contentons de nous intéresser à la question en tant que moyen politique sous-jacent nageant en eaux troubles d'instiller le doute et de rendre compliquée voire repoussante l'attirance naturelle qui fait que le monde est monde.

Ce pari risqué semble sans dangers, car on admet que la natalité n'approchera pas le zéro absolu, puisque tout le monde ne se laissera pas manipuler, et qu'il est simplement question de diviser la population par deux ou peut-être un peu plus. Le problème technique majeur réside dans cette période transitionnelle où l'assistanat programmé sur quatre décennies de travail des retraités qui ont payé des années durant pour jouir de la retraite ne marche plus comme sur des roulettes, puisque le nombre de ceux qui sont censés assister les anciens travailleurs est trop faible.

3 La tentation du melting-pot

Le troisième front (toujours dans cette optique de la lutte contre le nationalisme et la surpopulation qui le soutient) consiste à retenter le rêve américain du melting-pot. Reconnaissons que son échec relatif aux States est relativement bénin, car les Chinatown, Bronx et autres villes italiennes ne font pas de ces ex nationalités qui ne se mélangent pas tant que ça des belligérants. En Europe, en revanche, un brassage ethnique pourrait créer à la longue une sorte de nouvelle race métisse unique.

Mais n'y a-t-il pas un risque, me diriez-vous, de voir les candidats au brassage de population s'identifier aux nationalismes / patriotismes d'accueil? Ce risque est vrai si les brasseurs sont minoritaires. En revanche, s'ils sont très nombreux, ce seront les autochtones qui s'identifieront aux religions, cultures, langues des arrivants. N'y a-t-il pas déjà des zones en Angleterre, en Allemagne ou en France, où les trois langues portées par ces nations ne sont plus parlées ou presque ?

Et la tendance à estomper les trop forts patriotismes indigènes n'a pas peur d'aller trop loin. Au contraire, il ne faut pas hésiter à donner un grand coup si on veut pouvoir faire un peu bouger les choses. Et puis, puisque vous n'avez pas assez de travailleurs actifs pour soutenir les ex actifs, voici une manne inespérée fougueuse, débordante d'énergie, et qui va se charger de repeupler les rangs vides de la vie active.

«Et s'ils s'installent au café?» s'inquiète une petite voix intérieure. «Allons, rassure une voix plus forte. Il ne faut pas stigmatiser, ils se reposent juste du voyage avant de se mettre à bosser.» Vous ferez d'une pierre deux coups. Les retraites seront réglées, et la population rajeunie… et remplacée?

Et si la machine échappe au contrôle du fabricant ?

La crainte d'une troisième guerre mondiale où l'Allemagne se fâcherait une énième fois contre la France se fait moins tangible. Les deux  mots d'ordre marchent bien. Les Etats sont soumis à une direction centrale et commune qui pense ces pays et fait la loi pour eux ; les populations locales diminuent à grands pas et un flux migratoire égalise tout ce beau monde qui tend vers le nouvel homo erectus sapien africano-indoeuropéen qui fera ou fait déjà de l'ancien type d'homme un mauvais souvenir.

Et l'Amérique, qui supervise et observe cette évolution galopante d'un œil débonnaire, pourrait bien à la longue changer d'idée, lorsque cette menace islamisante inconnue jusqu'alors, bien que ses assises consistent dans un dogme uniformisant et homogénéisant anté-moyenâgeux, fera régner sur le vieux continent une civilisation désertique, improductive et violente, qui, au XXème siècle, n'attirait que très peu l'attention de l'Occident. Il est vrai que, depuis 1830, les menaces contre la navigation et le commerce international étaient restées pour longtemps jugulées.

Et alors seulement, l'Amérique se dira qu'il y avait peut-être d'autres moyens de rendre l'Europe pacifique, de prévenir sa prochaine guerre mondiale, et qu'elle s'était peut-être même pacifiée toute seule, puisqu'elle avait atteint l'âge de raison, et compris que rien ne servait de se crêper à mort le chignon.

Mais comment intervenir quand il ne reste plus personne?

Assisterons-nous à une intervention américaine d'un genre nouveau, qui recherchera les anciennes souches européennes pour lancer un programme de ré-acclimatation, par insémination artificielle ou clonage, puisqu'il s'agira de réimplanter des espèces disparues? Tout comme elle avait préservé quelques couches amérindiennes. Certes, dans ce cas, elle avait elle-même massacré ses propres Indiens, tandis que pour la vieille Europe, elle se contente d'observer attentivement sans en avoir l'air son déclin programmé.

© Yéochoua Sultan

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 22:03

Le président américain a rendu la politesse au Premier ministre israélien, qui lui avait rendu visite peu après son investiture. Il s'est donc déplacé pour le cinquantième anniversaire de la libération et réunification de Jérusalem. Le pays victorieux malgré lui, étonné littéralement, se souvient encore de l'impossibilité de se rendre au Cotel dix-neuf années durant, et cet étonnement fait suite à une résignation aussi tenace qu'a pu l'être l'enlisement dans un exil qui a vu des centaines de générations du peuple juif prier «l'an prochain à Jérusalem», nées et disparues sans mériter d'en vivre la réalisation.

L'acuité du texte des Psaumes connait cette acceptation d'une attente tellement longue que son aboutissement en devient difficile à concevoir quand il devient réalité : «Lors du retour de Sion, nous serions comme en plein rêve.» Le basculement de l'attente prophétique à sa réalisation produit un effet neutralisant qui hébète le miraculé, et l'empêche de l'appréhender de ses sens et de son bon sens.

Et c'est ce jour qu'a précisément choisi le nouveau président américain pour non seulement visiter le plus officiellement possible en Israël, mais également pour se rendre en pèlerinage au Mur Occidental, au cœur de la capitale éternelle, et s'y recueillir. Certes, la date hébraïque de ce retour, attendu et inattendu, de la souveraineté, le 28 yar, est pour ce soir. Cependant, sachant que la présence officielle de cet hôte de marque provoque immanquablement des limitations de la circulation, le président américain n'a probablement pas voulu être la cause d'un paradoxe ironique qui aurait vu les Juifs se faire interdire l'accès au Mur Occidental le jour J, comme au cours des années de la mainmise de cet Etat surgi de nulle part et basé sur le rive orientale du Jourdain, où il ne fut pas même question d'effectuer le moindre pèlerinage, pas même par petits groupes ou en temps chronométré.

Cette visite officielle est une première, et tout porte à penser qu'elle confirme la ligne électorale de Trump, en dépit de démentis, ou d'incohérences réelles ou apparentes de ses gestes et prises de position. S'il n'a rien promis au terroriste Abbas, si les observateurs de l'entretien en Amérique entre le président américain et le successeur direct du sinistre Arafat ont relevé qu'il n'a eu droit qu'à des honneurs mitigés, il n'en demeure pas moins que le commanditaire des massacres de Munich et de Ma'alot n'a été ni arrêté, ni même refoulé à la frontière. D'un autre côté, le président américain a commencé son périple en passant par l'Arabie, première au hit-parade des coupeurs de têtes.

Il est vrai que, contrairement à son prédécesseur, il n'a pas démarré son périple à l'étranger avec une courbette de soumission à un chef ou représentant d'organisation intégriste, puisqu'il a exhorté les dirigeants des pays musulmans à se démarquer du terrorisme, mais au regard des contrats du montant fabuleux de trois cent cinquante mille milliards de dollars, on peut se dire que l'homme d'affaires a pris le pas sur l'homme des principes humanitaires, à la différence près, et pour le plus grand bien de son pays, qu'il traite aujourd'hui non plus pour son compte personnel mais pour celui de ce conglomérat d'Etats dont il est le chef désormais.

Le caractère de sa sortie est loin d'être dichotomique. Il n'est pas allé en Iran, il dénonce le terrorisme qui frappe notamment l'Europe, mais il n'est pas dupe, et ce ne sont pas de vains mots que de conseiller aux Etats arabes de se démarquer de l'Etat islamique et ressemblants. Par contre, les pratiques de l'Arabie, dont entre autres l'avilissement des femmes, n'ont pas fait l'objet de critiques.

Quant à l'ordre des pays visités, quand Israël passe après l'Arabie, ce pays se serait étranglé de la persistance rétinienne de l'image d'un président américain non seulement en Israël mais de surcroît au Cotel. Il est donc aisé de saisir les motivations qui ont fixé les étapes du parcours.

Pour revenir à sa relation avec Israël, il n'en demeure pas moins que la considération positive de la réunification de Jérusalem s'accorde mal avec une visite chez un multi négationniste, «docteur» es négation de la Shoah, mais surtout, dans la configuration politique actuelle, négateur de Sion, dans sa dimension qui rattache ce lieu au peuple d'Israël. D'un autre côté, il lui a dit ses quatre vérités en face.

Il y a lieu de présumer que la clé de l'énigme de ces démarches contradictoires remonte à la première rencontre au sommet évoquée plus haut. Elle s'est tenue, rappelons-nous, à huis-clos. Seules les images princières ont capté l'attention. Or nous savons que Netanyahou continue de trahir les principes du Likoud et a adopté la solution dite des «deux Etats», sortie tout droit de l'école de l'extrême gauche, mais a priori édulcorée, avec interdiction imposée à l'entité terroriste de posséder une armée lourde, et obligation de reconnaître le droit de l'identification du peuple juif à son Etat, mais il s'agit tout au plus des mesures sécuritaires qui ne sont pas sans rappeler le «sport» du lâché de vaches landaises aux cornes limées censées prévenir les risques encourus par la foule.

Objectivement – et c'est ainsi que le perçoivent les nations – l'histoire du retour d'Israël s'est produite en deux étapes, respectivement marquées par les guerres d'Indépendance et des Six jours, où ce qui n'a pu être inclus dans les frontières en 48 l'a été en 67. Cette dernière n'a fait que reprendre, mais avec succès, la tentative ratée de conquérir la région allant de Latroune à la région de Bet-El, qui devait assurer les coudées franches à Jérusalem du côté Nord, mais avortée en 48.

Pourtant, la position officielle des dirigeants israéliens a été depuis pour le moins surprenante. Au lieu de se dire «enfin!», quand les échecs et les défaites ont été si prodigieusement réparés, il a été affirmé que le cœur historique et religieux du pays servirait de monnaie d'échange contre une reconnaissance de l'existence d'Israël par le monde arabe environnant.

On assiste alors à une terrible rechute, à un retour inouï de la mentalité d'exil, de cette manie de s'excuser d'exister, de se sentir coupable de prendre trop de place. Et cette mentalité est transmise religieusement de génération en génération, lorsque l'on voit des jeunes cadres politiques, qui vivent pourtant dans un pays où personne ne se sent contraint de sortir sans kippa dans la rue ou sans taleth, ou de réfléchir à deux fois avant d'aller à la synagogue, continuer à vivre comme si le Juif était par définition apatride, ou comme s'il avait tout au plus le droit de se confiner dans une zone géographique entourée d'un mur.

Avec son programme à deux Etats, qu'il rabâche à en radoter, Netanyahou rend perplexes des dirigeants bien intentionnés qui pour finir ne se montreront pas plus royalistes que le roi. Et si le roi d'Israël est tellement submergé et subjugué, et se noie dans les complexes d'insignifiance, ce n'est pas le roi des Nations qui lui dira : «Bibi, c'est toi là-bas dans le noir? ». Ce n'est pas lui qui l'encouragera, ou fera tout pour qu'il reprenne confiance, qu'il sorte son mental de l'ombre, qu'il réagisse à la hauteur de la Rédemption dont son peuple est l'objet.

Le texte, dans le livre des Psaumes, suggère que le retour d'Israël sera dans un premier temps tangible vu du dehors : D. «a fait de grandes choses pour ces gens» apparait au verset 3 du psaume 126, avant «Oui, l'Eternel a fait de grandes choses à notre égard», de «ces gens» à «notre égard», l'on passe d'une considération extrinsèque à intrinsèque. Mais quel doit être le laps de temps qui fera que la classe dirigeante israélienne reconnaitra à son tour ces «grandes choses»?

Les informations se contredisent, se succèdent en zigzaguant. Un jour Trump reconnaît à Israël son droit de s'établir partout sur sa terre ; un autre, on nous dit qu'il a demandé de mettre un bémol à la construction ; un autre encore qu'il n'a aucune intention d'exiger d'Israël un quelconque gel de la construction venant étouffer l'expansion saine et naturelle des localités bibliques ressuscitées. Ces informations cessent d'être contradictoires et s'inscrivent dans une suite logique si l'on en dégage la cohérence : «Construisez où vous voulez, mais ne venez pas nous en faire part à tout instant. Prenez vos responsabilités, ne mêlez pas l'Amérique à vos projets ou autres affaires intérieures».

Le problème, c'est que Netanyahou lève timidement le doigt, avec l'espoir de cet élève timide de ne pas être remarqué par son instit, ce qui le dispenserait de toute initiative. «Ben voilà, j'ai levé le doigt, mais on ne l'a pas vu».

Nous avons vu récemment comment des Juifs sont expulsés et leurs maisons détruites, «vous prendrez la fuite sans poursuivants » (Lévitique 26, 17). Et une crainte indicible vient nous faire pressentir un possible traitement discriminatoire envers les Juifs de Judée-Samarie, sans que les non-Juifs ne l'exigent, comme si le Premier ministre, ayant tendu son bâton au dirigeant de la grande puissance, ne supporte pas de ne pas recevoir de coups.

«Mais enfin, semble se dire perplexe l'hôte américain, je suis venu partager avec vous votre joie, la joie de votre rédemption et de la réunification de votre capitale éternelle – c'est pourtant bien comme ça que vous l'appelez – qui s'inscrit dans l'histoire de votre indépendance, et vous êtes en train de me dire que vous vous obstineriez à considérer votre patrie comme une monnaie d'échange que personne ne veut acheter? Seriez-vous rentrés d'un exil de 1948 années révolues pour y retourner de votre plein gré?»

A nouveau Netanyahou applique à la lettre les malédictions de la section hebdomadaire Behoukotaï – si vous observez mes lois – lorsqu'il supplie les ennemis d'une part puis un président américain enfin bien disposé d'autre part, de lui acheter son plan des «deux Etats» : «… par le son de la feuille qui bruisse… ils tomberont sans qu'on ne les poursuive… Et ils trébucheront l'un sur l'autre comme à la vue de l'épée, sans que personne ne les poursuive» (Lévitique 26, 36-37). Car il est bien évident que renoncer à sa terre n'est pas seulement un déni de sa propre identité, mais également, sur le plan des circonstances, la répétition en macroscopie de l'expérience du «retrait de Gaza». Netanyahou s'avoue vaincu sans combattre, se conformant religieusement à un passage de l'autre section biblique des conséquences de la non-observance : «Vous chercherez à vous vendre à vos ennemis… mais personne ne sera acquéreur» (Deutéronome, 29, 68). Personne ne veut acheter la solution à deux Etats, mais Netanyahou continue de faire baisser le prix.

L'homme d'affaire pourrait bien se réveiller à nouveau, et puisque dans ce monde tout s'achète ou se vend, il pourrait bien se proposer comme courtier, si ce n'est pas trop cher.

Il convient de ne pas dénigrer tout être humain qui peut être la bonne personne au bon moment. Il ne sied pas de mépriser les forces et capacités terrestres, mais il faut, tout en sachant apprécier les bonnes personnes et les bons outils, ne pas perdre de vue que c'est D. qui «t'a donné cette force pour décrocher la victoire», sans entrer en conflit avec la pensée: «tu te diras en ton cœur : c'est ma force et la puissance de ma main qui m'ont apporté cette victoire». On apprécie le soleil qui nous fournit la chaleur, la lumière et permet à la chaîne alimentaire d'exister par la photosynthèse, mais il ne faut pas oublier que c'est l'Eternel qui «crée la lumière et les ténèbres». Le soleil n'est pas un dieu mais une créature que l'Eternel a mise à la disposition du reste de sa création.

Nos prières, en ce jour de réunification de Jérusalem, en ce jubilée de l'extraordinaire préservation de l'anéantissement, seront adressées à D., à qui nous demanderons aussi de placer de bonnes intentions dans le cœur des hommes.

Yéochoua Sultan ©

 

 

 

 

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 10:04

התחת פער יבוא פאר ?

תרגיל בדיקת הייתכנות לאובדן יישובים יהודיים בא"י כשהמפלגה הדתית-לאומית בממשלה

כשנהרסו בתי עופרה וכשנמחק ממפת ארץ ישראל היישוב העברי עמונה, נשמעו קולות מוזרים בקרב הציבור המכונה דתי-לאומי, עד כדי קולות שמחה שעוררה סברה הנשענת על הבטחות שאם אכן יהודים הושפלו, ונעשה בהם דברים בבחינת ייתי ולא אחמיניה, הרי שמעתה הנפגעים יושכנו במקום טוב ו"חוקי", וכן יושגו הישגים חסרי תקדים בבנייה ביו"ש, ותחת הכאב בוא תבוא כהרף עין הנחמה.

אם כי קשה להאמין שדווקא במתכונת הפער בין דעת המושל לכיסופים אל הארץ יסתמן אותו הפאר. פעם התעוררה בפריס שערורייה עקב שמועות לפיהן שוחטים קיבלו הוראה שלא לפסול עופות טרפה. שאלתי אדם נאמן, שוחט במקצועו, קריא האדם הנכון שביכולתו להבהיר לי איזו עמדה לגבש בנושא. ידעתי שלא יהיה לי קל כי אדם זה שומר פיו ולשונו. אך הנחתי שאם הוא יידחה מכל וכל את השמועות, אדע שאכן מדובר בסתם שמועות. אלא שהוא הביע בפניי את הצטערותו משום שהוא כבר לא עובד כשוחט והוא כעת בהסבה מקצועית לשרברבות. ואז, היות ואין עשן בלי אש, בחיפושיי אחר כתובת אטליז הנושא אישור כשרות שונה, משהו כמו "שערי צדק", פגשתי אדם בעל חזות מרשימה, נושא חליפה ומגבעת. שאלתיהו והוא הרגיע אותי בניחותא ואנחה עמוקה : "כל אחד מאיתנו אכל לפחות חזירון אחד בחייו". די הוכתי בתדהמה. עד שהתאוששתי, כבר לא ראיתיהו. חשבתי שכנראה שהוא התכוון שכדי לאכול בסה"כ מזון כשר, צריך לפעמים להתפשר.

כבר הורגלנו לכך כי בכל חוג דתי קיים גבול אחד ברור. יש מי שיילחם על כשרות המזון, ויש מי שיילחם על הצניעות, יש מי שיילחם על הרבנות בל יושחלו בה גורמים מדתות אחרות המתיימרות להיות אחת הפנים להבנת התורה – כי כשם שהפרושים ידעו להיזהר מהקראיים או הצדוקים שלא נמנו בין שבעים הפנים, כך גם היום יודעים להיזהר מרפורמיים או קונסרבטיביים בלשון שגיא נהור (המונח בלעז פירושו "שמרן") – ומי על השבת, הן כיום מנוחה והן כיום השביעי בשבוע וכן הלאה. וכשלחוג הדתי- לאומי, היינו מצפים לכאורה כי הגבול, בתחום התורה והמצוות, יעמוד בריבונות של העם הנבחר על ארץ ישראל.

אז בחכמת פלפול יתירה, הסבירו לנו שעל ידי הכניעה, האיפוק, ההבלגה, הסובלנות (מחק את המיותר), שהם השכילו להפגין, אחיזתנו בארץ ישראל תצא דווקא מזה מנצחת, כעין גדול חילול ד' [הבא] מחילול ד'. אבל אם אכן ארץ ישראל לא פחות חשובה בעולם המצוות מאכילה כשרה והנחת תפילין, היות וכל הגדולה של הציונות הדתית היא ההבנה שהיהדות זה לא רק מהבטן ומטה, האמירה הזאת שווה לאמירה הבאה : "אמנם אכלנו שרצים ושקצים, אבל עכשיוווווו הא !!!! אנחנו נוכל רק כשר למהדרין מן המהדרין".

ולא זו בלבד, אלא שהרחיקו לכת בכך שאותו המשגיח שהאכיל אותנו (אותנו כי כל עם ישראל סובל מזה, גם מי שבהרדמה מלאה) בדברים הלא כשרים האלה, הוא זה שמעתה ידאג להאכיל אותנו אך ורק במזון כשר למהדרין מן המהדרין, בנושא א"י כמובן. והנה ! פה ייבנו שש אלף דירות, ושם חמש אלף, ובעוד מקום שטח השיפוט של יישוב זה או אחר יורחב. נכון שזה מטעה ומפתה, כי אותיות להרחיב שוות לאותיות להחריב, ה' יצילנו. אז הבה נאכל קצת מהבהמה אשר איננה טהורה, אחרת לא נהיה בטוחים שנמשיך לאכול כשר.

סיפורים מצמררים מתקופות אפלות מתארים לנו מצבים בקהילות הגולה, בהם פריץ או רודן פונה לרב וקובע תנאי כי אם הרב יבוא לו רשימת שמות, רק הם ייאסרו והקהילה תינצל. בסיפורים אלה, הרב תמיד היה מסרב, או שהיה כותב את שמו במספר הפעמים התואם את מספר הקרבנות שהוא מיאן לנקוב בשמותיהם. למותר לציין שזה לא תמיד נגמר בנס. בין קהילות צרפת נטבחו בגזרות תתנ"ו אלפי יהודים שלא כרעו ולא השתחוו לבעל של הנצרות. גם לא בתור אנוסים, אבל אנוסים ממש, לא אנוס על כסא מרופד הקרוב למלכות והעושה חשבונות של רווח והפסד. אך אותו הקרוב לא מודע שבסופו של דבר הוא עלול להפסיד את כל הקופה, כדוגמת המשרת שבסיפור האשכנזי העממי שקיבל את שלושת העונשים (הביא דג מקולקל לאדונו וכו'). וההתחבטות היא : האם כדאי להישאר צמוד למושל שמא יקום תחתיו מושל גרוע ממנו?

לדאבון, המפלגה ה"דתית-לאומית" הופנטה בתרגילים פוליטיים. היה כאן מבחן : המבחן על פן האפשרי והמעשי של מחיקת נוכחות יהודית לטובת האויב בארץ ישראל. כמובן שתמיד, בתאיי מעבדה, הניסוי נעשה בזעיר אנפין, לפני שעושים הכללה וקובעים כלל, בדומה למשקל של : "כל המציל בית אחד מישראל, כאילו הציל את כל ההתיישבות אם לא כל המדינה", אבל בכיוון ההפוך : "כל היכול להרוס בית אחד משיראל..." חבל שלא התמקדו על רמת העיקרון והאיכות במקום על יחסי כמויות. והנה הניסוי הצליח.

ובאופן כללי יותר, למרבה הצער, הכוחות המתנגדים לשיבת ציון ניצחו את הכוחות המצדדים בעד יישוב וישיבת הארץ. המערכה הוכרעה בין מי שרצה לגרש אויבים ומי שרצה לגרש אחים. אם בכוח ואם בעדינות (טרנספר), ראשי המאבק חוסלו ; ואם בכוח ואם בעדינות, הכניעו כוחות הגירוש את המדינה. חברון נשלטת ברובה על ידי אויבים, ולא יעזור בכהוא זה הצבא העומד בין החזקים בעולם. ולעומת זאת, ורוצח הבחורים בתש"מ, ידו על העליונה : הנה הוא ראש העיר והתרדמה כה חזקה שאין פוצה פה ומצפצף, כשלא פסקה התופעה בה יהודים מגורשים בחברון גם מבתים ששילמו לזרים בכסף מלא. ואלה שרצו לשמור על ה"הישגים" של פוגרום תרפ"ת הם אלה שקובעים את צביונה של חברון עד היום.

וכן הוא ובין השאיפה לחסל או לפחות להעמיד לדין את מחמוד עבס, ובין הנכונות להושיבו על כס מלכות בלב ארץ ישראל, שוב האחרונים קובעים. וכבימי הגלות, היהודי הוא זה שעליו לפחד על עתיד אחיזתו בארץ אבותיו, ולא הפולש הזוכה בתמיכת הממשלות החולפות וברשויות בתי המשפט המגלים תדיר בחוק פנים שלא כהלכה.

והמפד"ל בפניו החדשות מתפאר בהישגיו ובתוצאותיו כביכול. במקום לחולל מהפכה בעולם המשפט ולשים קץ לעוול, ולדאוג להוראת שעה שתשעה את החגיגה, הם חגגו מנגד על הכנסת קומץ שופטים מהחוג הנכון מבחינתם. שמחת המפסידים הזו מזכירה, להבדיל, את שמחת ראשי ארגוני הטרור שהעתיקו את מקומם מבירות לתוניס במלחמת לבנון הראשונה.

היום, מאז עמונה ועפרה, הובן שהמפלגה הולכת אחר העדר. על הבטחות שווא בלעו הנציגים את השרץ. אמנם המתפקדים עינם בראשם. כשהם נמנעו בשיעור כה גבוה להצביע בבחירות האחרונות למי ראוי להנהיג את, הם סימנו לנבחרים שהם מעלו בתפקידם. וכן רבים היו התגובות, מתחת למאמרים על הרדיפה שפקדה את יהודי עמונה ועפרה, שהכילו נוסח ברוח : "בנט, ניפגש בבחירות לכנסת".

וכהרגלו, ראש הליכוד מתעתע בנו. הוא לכאורה הולך יחד עם עמו. הוא יודע את הזיקה לארץ ישראל, וכי היא צודקת ואין כל עם ולשון יכולים להתחרות בארבע אלף שנות היסטוריה ובשפה כה עתיקה שזהותה וזהות הארץ זהות. וכשהוא מדבר בגאות על חברון לקראת הכנסת הארבע-עשרה, וכשמיד לאחר מכן הוא נכנע ללא קרב למחבלים, זה לא מדבר אל אף אחד. מעטים הם אלה שאמרו שאין לסמוך על האיש. כי כולם שוכנעו, "הבינו", שזה לא תלוי בו. זה תמיד בגלל מישהו אחר. וזה מסביר ומפענח את העובדה שכולם כה תלו תקוות בבחירת טרמפ בארה"ב. הורגלנו לכך שהמדינה לא עצמאית ושעליה לקבל אישור על כל מישוש זכות בלב ארצנו. אז היות ואובמה היה "נשיא ארה"ב הקשה ביותר לישראל", והיות, שוב, ונתניהו מכל מקום לא אחראי, כדאי שייבחר טראמפ.

אך כעת הובן כי הנשיא האמריקני החדש אינו שונה מקודמיו. הוא קיבל את המרצח עבס כמנהיג מדינה, מה ששוב מצביע על ניצחון מחנה הכחשת זכויות עם ישראל. לדבר הזה יש משמעות כבדה, ולא תעזורנה תנועת היד הקמוצה וסיבובי האגודל. ה"אין ברירה" של נתניהו שונה קצת מה"אין ברירה" של פרס, בכך שנתניהו "באמת היה רוצה לנהוג אחרת".

הבנאדם אף פעם לא אחראי ואף פעם לא אשם. יש דבר דומה ביחסים מקולקלים בקרב משפחות מסוימות. אחד מבני הזוג שם את עצמו במרכז, כופה על כולם את רצונותיו, והאחרים בסביבתו יחושו תחושות אשמה כל פעם שאינם משכילים "להבין אותו". מוחקים יישוב יהודי, אבל שקט, אסור להעציב את נתניהו.

וכך הוא הדבר ב"שלום", במובנו ה"תקשורתי". "אם אין שלום, זה לא בגללנו, זה בגלל האויבים. הנה הם לא רוצים להכיר בנו, הנה הם לא רוצים לשבת סביב שולחן המשא ומתן." ואם הם ירצו? מקשה בדאגה האדם הציוני. "לא, זה לא ריאלי..." ואז פתאום הכריז סאדאת שהוא עונה להזמנתו של בגין, מגיע לכנסת, והנה מתחילים בהרס עצמי בימית ואופירה, והנה היום נשמעות קולות מלחמה מסיני בחלוצה. ומה אם שוב אויב יכריז שאין לו בעיה עם מדינת ישראל יהודית? או שהוא מוכן לקבל מתנות חד-צדדיות (כי כל מה שהוא "ייתן" בתמורה הרי הוא לא שייך לו) ?

אין אמירה ברורה של עם בני חורין כי "אין שלום לרשעים", וכי חזרנו לארצנו ולא נתייחס למולדתנו כאל סחורה. נרוויח אגב בכך שנכחיש את ההאשמות האנטישמיות הטוענות שיהודי זה מי שעושה מכל דבר כסף או מסחר.

וכשלרע במיעוטו, אם יש עדיין הסוסים, הוא היה עומד על במה במרכז עמונה או עפרה בקריאות תגר וגורם לממשלה להימנע מהמעשה הרע הזה.

ולסיכום, אמנם בנט תמיד מכריז שאל לו ליהודי לבקש סליחה על עצם העובדה שהוא חי, ואל לו להעמיד פנים מנומסות שוחקות ומנומסות כלפי חוץ, כדי שהעולם יבין סופסוף שאין לו סיבה לשנוא אותנו. אלא שזו בדיוק הנקודה : הוא לוקה במה שהוא מטיף : מפלגתו חבריה ומנהיגיה מתנהגים בדיוק בצורה הזאת, אולי לא כלפי הגויים, אלא כלפי החילונים, בשאיפה לשכנע אותם שאין להם כל סיבה לשנוא את הדתיים ו\או את אוהבי ארץ ישראל.

נותר לנו להתפלל אל ד' כי יצילנו מנתניהו, כשם שהוא הצילנו ממזימת ברק, בעת שהוא עמוד לכלות מאה יישובים, וכשכל הכוחות שבעולם צדדו בעדו. שד' ירחם עלינו, ויבטל את מחשבותיו של מלך שגזרותיו קשות כהמן, ויגאל אותנו מיד, אם לא למעננו אז למען שמו.

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 10:34

Avec Macron, ça va cramer...

Luttes main dans la main, mais avec qui et contre qui ?Ô médias tout puissants, une femme a été torturée et précipitée dans le vide, en plein Paris, sa seule faute ayant été d'être juive ; un «camion fou» a fait de la douce Nice un Beyrouth dans le cœur de tous ses visiteurs, les hôtels et locations privées sont en crise, plus d'Anglais sur la promenade ; un commando terroriste a perpétré un carnage en plein Paris. Tous, y compris ce camion sans vie, agissaient selon un dénominateur commun fortement motivé par la religion mahométane, motivation occultée autant que faire se peut.

Et vous avez réussi à faire en sorte que tout le monde, juif ou non, continue à dormir sur ses deux oreilles. Car vous avez en quelque sorte cyniquement répondu à la question que l'on n'ose plus se poser : «Comment faire pour que les massacres contre des innocents juifs ou non-juifs ne fassent plus la une des journaux?» Tout simplement en évitant que ces traitements inhumains ne soient portés à la connaissance du lecteur, à l'instar de la morphine qui fait oublier au souffrant en phase terminale son mal.

Quant au ressentiment, à la peur qui fait se demander si l'on a vraiment envie ou besoin de se rendre à tel spectacle, à telle manifestation publique, vous l'avez détourné en agitant les démons du passé, par associations si habilement sous-entendues qu'elles vous mettront à l'abri de la diffamation, bien qu'elles soient proches d'être explicites. Vous avez donc habilement manœuvré pour faire avancer votre pion, et damner celui de la candidate qui ne mérite que l'élimination, sans lui accorder la moindre présomption d'innocence, pas même le premier des cent jours, non pas de Napoléon, mais que l'on accorde à tout nouveau dirigeant avant de le critiquer.

Et lorsque tous ceux qui auront docilement marché dans ce sentier tout tracé se seront réveillés trop tard, ils s'étonneront que le drapeau agité ne sera pas celui des valeurs de liberté, égalité, fraternité, tradition qui aura tenu au total un peu plus de deux siècles. Pareillement, vous occultez soigneusement depuis deux mois tout débat autour des coutumes islamistes qui s'incrustent dans le paysage. Les élections doivent se dérouler en dehors de ce contexte mutagène provoqué par l'étendue d'un croissant dont les extrémités tendent à se refermer.

Les électeurs se font laver le cerveau de tout ce qui pourrait leur permettre de prendre du recul. Pour faire avancer votre favori, vous avez discrédité le seul candidat plausible, non sans exploiter en parallèle le filon judiciaire, sachant bien que lorsqu'il sera innocenté de tous les fichiers qui alourdissent son casier, ce sera après les élections.

Dès lors, il ne vous reste plus qu'à entretenir une ambiance de psychose, où la peste brune devient blonde, et en conditionnant l'électorat comme s'il se trouvait en 1940, comme si tout recommençait à cette date, lorsque la menace de voir basculer la France dans la ligue arabe n'existait pas.

Et les gens vont en masse renoncer à leur liberté de choix, leurs capacités d'analyse, et ils vont vous obéir, noyés dans l'émotion du bon citoyen qui prendra son renoncement à son droit d'élection pour un devoir citoyen.

Mais vous n'aurez pas ma voix, car vous ne me faites pas peur avec vos démons. Et, si jamais – parce que vous n'aurez pas ma voix, et parce que l'abstention concernant votre candidat hébété signifie pour vous soutenir l'autre – le fameux spectre se hisse au pouvoir, et que vous tendiez à m'en faire porter le chapeau, vous en retiendrez peut-être une leçon de modestie et cesserez à l'avenir toutes vos manigances.

Vous relativiserez votre toute puissance, tels vos congénères surpris par le Brexit, le référendum suisse sur les mosquées, la défaite d'une candidate pas si hilarante tout compte fait, de la confirmation et du maintien de Netanyahou à son poste.

Vous avez fait en sorte de faire avancer votre pion jusqu'à la finale, et vous comptez sur le principe qui fait du premier tour celui du choix et du second celui de l'élimination, pour que votre candidat – ou celui d'un Hollande qui, tant qu'il ne sera pas parti, continuera d'avoir sous sa botte les ficelles des médias – devienne président. Si, cependant, certains électeurs moins malléables hésiteront un instant et se demanderont quelle menace entre Le Pen et l'hégémonie islamique sur la France doit être éliminée par son bulletin, en ce qui me concerne, en tant que citoyen moyen que vous ne priverez pas de son esprit critique, le danger qui doit être jugulé est celui de la dictature médiatique.

Ps au lecteur outré : le cas échéant, Mme M. Le Pen recevra un petit coup de fil de quelque(s) producteur(s) de pétrole. Il lui sera demandé si elle est bien certaine que la France puisse se passer de leur marchandise. La possible ressemblance entre elle-même et son père devrait vous rassurez : c'est bien lui qui a tenté la dernière chance de sauver un pays musulman. Souvenez-vous que J-M Le Pen s'était rendu personnellement chez Sadam Hussein pour le supplier de céder à l'ultimatum américain, à la veille de la première guerre du Golfe. Eh oui, Sadam se serait retiré du Koweït, et aurait repris son programme initial, avec son canon géant qu'il s'apprêtait à diriger contre Israël. L'histoire nous a montré que les plus terribles des Européens ne sont pas contre les musulmans et les Juifs, mais avec les musulmans contre les Juifs. Seulement, les accointances entre le mufti et le führer sont souvent absentes des manuels d'histoire. Et si vous tenez absolument voir en Mme Le Pen la réincarnation du maréchal Pétain, sachez que l'Allemagne n'est pas encore sur le point d'adresser en 2017 les mêmes revendications qu'en 1940.

Mise au point : le développement ci-dessus puise sa cohérence du postulat qui veut que Le Pen est l'amie des nazis et Macron l'ami des islamistes, d'une part, et que les nazis incarnaient le danger antijuif il y a soixante-dix ans tandis que les islamistes le sont aujourd'hui, d'autre part.

Mais si l'on part de l'hypothèse de base selon laquelle, si, toujours, Le Pen est l'ami des nazis et Macron des islamistes, d'une part, les islamistes sont aussi les amis des nazis, aussi bien aujourd'hui quand les livres cultes de ces derniers sont les leurs, qu'hier quand la complicité entre führer et mufti est ce qui a permis la solution finale en Europe (voir le chasseur et le rabatteur), alors la boucle est bouclée et nous faisons face au pareil au même.

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 13:49

יהודי צרפת נקראים, יחד עם שאר אזרחי המדינה, להצביע לאחד המועמדים שנותרו בשלב הגמר של הקרב על הנשיאות. בהתייחס לטיבם של השניים, כשהאחת מזוהה עם המרשל פטן (Pétain בצרפתית אין לשון נול על לשון עם סוג של נחש), במקרה הטוב, ועם המשטר הנאצי במקרה הרע, וכשהשני מנהל יחסי ידידות אפלים עם גורמים מוסלמים קיצוניים ומצדד בעד הגדלת העתקת אוכלוסיות שבאפריקה ואסיה המוסלמיות לתוך תוכי העולם הנאור (עוד מעט לשעבר), נדמה שהיהודי אוחז באזני הכלב ומתערב על ריב לא לו.

אמנם ניתן להרגיע את מי שמשווה את לה פן לפטן, שהרי היום הגרמנים לא דורשים מצרפת כלום לגבי היהודים שלהם, אך הסכנה שמסתיר מאחורי גבו המועמד של מפלגת קדימה בגרסתה הצרפתית (En marche = בהליכה ), והנערץ בחוגים של האיסלם ( = אין שלום) מעורערת ע"י אמצעי התקשורת המגויסים לטובתו, שמעלימים מידיעת הציבור מקרה חמור ומזעזע ביותר, כשלפני פחות מחודש, נרצחה הגברת שרה הלימי הי"ד, תושבת הרובע ה11 בפריס, על ידי מוסלמי שפרץ לתוך דירתה וזרק אותה מחלון דירתה אחרי שעה ארוכה של עינויים, כשהשוטרים שהוזעקו עמדו חסרי מעש, כמשטרת הבריטים בתרפ"ט, בעילה שהם מחכים ליחידה המיוחדת והקרבית, המתאימה יותר למצבי חרום מכגון זה, מצבים ההולכים ומתרבים בצרפת. האישיות הציבורית היחידה שזועקת על זה הינה לא פחות מחבר הפרלמנט מאיר חביב. אך מסע ההפחדה בעיצומו, אותו מסע שמקודם דאג לחסל את המועמד פילון, המזוהה עם הימין המסורתי, היחיד מבין המועמדים שאחז בידו תוכנית רצינית להצלת המצב הכלכלי המתדרדר.

והנה, במקביל, בארצנו הקדושה, רבים הם אלה שתמהים מדוע היהודים לא עולים לארץ. וכשמנסים להבין שיהיה עליהם לאבד את מקור פרנסתם, וכן להיקלט במדינה בה יהיו לרובם קשיי שפה ומציאת דיור, אז נוטים לחשוב : "נו, אז הם ימצאו עבודה בארץ. הם ילמדו עברית, והעיקר הוא שהם סוף סוף יחזרו הביתה". אגב, הדבר האחרון כאן הוא לא כל כף פשוט. אם בחו"ל היינו "היהודיים", פה הפכנו להיות "הצרפתיים". וכשעליתי, היה שיר אופנתי : "אתה, אתה, יש לך מבטא", מה שאומר שלא בטוח שמי שעולה ירגיש כל כך מהר שהוא בבית. עליו יהיה לשים לנגד עיניו שארץ ישראל נקנית באיסורין ושאל לו להסתובב לאחור.

אך נחזור לעניין הפרנסה. נכון שלפני כעשור, מי שמכר את דירתו בפריס קנה שתיים בנתניה, ומי שעלה לפני שני עשורים קנה שתיים בירושלים, ונכון שהיורו ירד במרוצת השנים מששה שקלים לפחות מארבעה. אבל בעצם מתקשים להבין מדוע הבנאדם לא יוותר על 100% הכנסות. לא זו בלבד, כי הרי בין היהודים השוהים בצרפת, חלק ניכר היה רוצה לחיות בארץ, אלא שהוא מרגיש כאנוס (ראינו אנוסים בגירוש יהודים מאדמתם והריסת ביתם, ה' יצילנו, בארץ, לא?).

הבעיה היא שלא רק אצלם האידיאלים נגמרים במקום שהכסף מתחיל. ארץ ישראל שלנו, הארץ המובטחת שצר לנו להיות עדים לכך שאזורים נרחבים מאדמתנו נמסרים או נכבשים ע"י זרים, באופן שאין ליהודים כל אפשרות אפילו לעבור דרך נתחים אלה של לב לבה של ארץ ישראל. אבל בפועל הציבור שלנו (אוהבים את הצירוף הזה) דואג לחיזוק אחיזתם והתרבותם, דבר שממשיך למנוע נסיעה ישירה לירושלים, וייתכן גם העברת פורים לתאריך המוקפות חומה.

המשק והכלכלה של כל מדינה מבוססים על מגוון רחב של ענפים, אך היהודים מנועים מלעבוד בשניים מהם : החקלאות והבניין. הראשון שמור לתאילנדים, עובדי העבודה הזרה המובהקים, והשני לאלה שמבקשים לרשת ולהשמיד את [אויבי] ישראל. הטענה העיקרית היא שהיהודים כביכול עולים הרבה יותר כסף. אז הבה ניתן את הכסף לאויבנו ונמנע מאחינו להתפרנס. וכשמחפשים אחר הצדקה הלכתית, מביאים שיעורים עד איזה אחוז יש להעדיף את אחינו על פני שונאינו, ומאיזה אחוז אין יותר אחים ושונאים, בידוע שלכסף אין ריח.

לא רק שלא מדובר בעזיבת 100% מהכסף, אלא שחלק מההפרשים מעלויות נובע מעצם זה שהישראלי העובד בהתאם לחוק משלם מיסים, מע"ם, ביטוחים, מה שהיחפנים שהעשרנו עד כדי החזקת כלי הנדסה כבדים, מכניסים ישר את הכל לכיסם. כשבניתי, פניתי למקצוענים יהודיים. אך את חטאיי אני מזכיר היום : לא התניתי דבר. וכשביקרתי באתר הבנייה, לא אתאר לכם מה הייתה זהותם של הפועלים. הקבלן היהודי טען שכך נהוג, אבל מה שמעניין אותי יותר הוא מה שקרה לי ביושבי מול פקיד מס הכנסה, כשנתבקשתי לעשות הצהרת הון. על כל יהודי שעבד אצלי, המצאתי את החשבוניות ואת הקבלות. וברגע שאמרתי שחלק גדול מהעלות אינו מאושר כדין כי חלק מהעוסקים במלאכה הם ערבים שבאו ממקום שלא זוהה בוודאות על ידי, הפקיד עצר אותי ואמר שזה לא מעניין אותו, ושהתיק מספיק מלא.

ובטענה שהכסף נותן כיסוי לכל, נסגרו כל האפשרויות לאנשים טובים מאוד שה"בעיה" שלהם היא שהם לא נבראו בתור ר"מים או מהנדסים. הישיבות התיכוניות שהכינו למקצועות של בעלי מלאכה נסגרו. ומה שנותר, זה רק מקומות שמדרגים את האנשים ביחס לרמתם במתמטיקה, כממיינים אותם משתיים עד חמש יחידות, והאדם שהיה יכול להיות חקלאי מעולה ייחשב ל"תלמיד עם קשיי למידה", כי אותו החקלאי או הבנאי לא עשויי מטבע תכונותיו האישיות לפתור שאלה עם מספר מרוכב כי מבחינתו מספר בריבוע לא יוכל להיות שלילי, או שאלה אקספוננציאלית בריבוי איזשהו ייצור חי העשוי להתרבות בין גידולי הקרקע שהוא דווקא יכול היה להצמיח בצורה נפלאה.

החקלאי, הבנאי, המהנדס, כל בעלי המקצועות בכוח, לא יגיעו לאושר ולעושר בפועל כי כולם יתבקשו לשקוד על השאלה המעניינת דווקא את המהנדס לעתיד. זה כמו לכפות על שחיין, כדורגלן, מתאגרף, להתמודד כולם בתחרות התעמלות קרקע ולפסול את כל מי שלא יצליח, בטענה שיש לא קשיים בספורט. אם כשמתייחסים לעולם החי, מובן מאילו שמה שמסוגל לעשות לוויתן הצולל מעמדי הים לא מסוגל לעשות קוף וכן להיפך, כשהלוויתן לא מסוגל לטפס במהירות עד לצמרת עץ גבוה, אז עלינו לקחת בחשבון שבני אדם שונים הם זה מזה מבחינת זיקתם לעיסוקיהם בחיים. לא ראי זה כראי זה וכו'. כי גם אם נרצה לפרמט את כולם שיהיו רק רמים או מהנדסים, זה לא ילך.

ואם, גופא, נדון בעניין של העלויות לכאורה היותר נמוכות כשמעסיקים זרים, יש כאן ביישובנו מבנה ציבורי שכל כמה שנים עובר שיפוצים מהיסוד, בגלל הצפות לא נעימות הנגרמות משפיכת מלט, סמרטוטים, וכן הלאה, ובזדון, לתוך הצנרת בעת הבנייה או השיפוץ, בהשארת מעבר דק שייתן למפקח בנייה לראות שהכל עובד כראוי. אין ספק שאם היו לוקחים עובדים נאמנים, היו חוסכים הרבה הרבה כסף.

ועוד עניין שנגמר איפה שהכסף מתחיל. זכורני שהייתה ביישובנו חנות בשר עם שירות אדיב וחומרים איכותיים למהדרין ובהשגחה צמודה. יום אחד פתח קפיטלסט חנות בה הציעו עופות טריים ב 1 ₪ לקילו, עם תנאי נוח של קנייה בעד מאה שקל משאר המוצרים, ועד לארבעה קילו בקנייה. "אתה לא חושב שיש לחזק את אחינו שלא ימוך?" "תשמע, אם היה לי יותר כסף, תאמין לי וכו'..." כצפוי, החנות נסגרה, הבנאדם שרד באיסורים, וכצפוי, העוף בשקל היה כלא היה. וזה לא נגמר רק בכסף, כי הנה לאחרונה נתגלו בעיות חמורות בכשרות אצל אותו הקפיטליסט, אבל זה כבר לא משנה לו. ולא צריך להבהיר שאותה החנות כאן הייתה למקור פרנסתן של כמה וכמה משפחות ביישוב. ועלינו לשים לב גם שיש עוד חנויות מזון שדואגות לפרנס ולהעסיק בכבוד אבות למשפחות שאולי לא באו לעולם כדי להיות מהנדסים או בעלי תואר ראשון, שני, שלישי....

  • ונכון הדבר שביישובנו פועלים אנשים נפלאים שלא ייתנו למתקשים בפרנסה להתרושש עד כדי פת לחם, ויש גם הנחות בארנונה למי שקשה לו לעמוד בזה, אם כי בדרכים של לועג לרש כשמטרטרים שנה שנה את אותם האנשים שלא התעשרו באיום כי יצטרכו לשלם מחיר מלא. אך חברה בריאה היא זו שכל אחד מוצא מקצוע המתאים לנפשו, ולא לחינם יש במערכות השעות של בתי הספר כל כך הרבה מקצועות, כדי שכל אחד ייגלה ימצה את ה פוטנציאל שלו. וכמו שהיינו אומרים כשהיינו ילדים, בציטוט פתגם "סיני", תואר המגיע לכל אמירה שלא יודעים את מקורה : "עדיף ללמד אדם לדוג מאשר לתת לו דג", מה שלא סותר את התמיכה בו עד שיידע לדוג לבד.
  • החתום : יהושע סולטן

 

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