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7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 15:02

Décorticage et commentaire d'une citation-clé

Amos Oz : terre et paix

Çà et là en terre d'Israël

Décorticage d'une citation-clé

La magie d'Oz

Est-il nécessaire d'avoir connu la vie et lu l'œuvre d'un auteur pour en déchiffrer la pensée et les tendances politiques? Amos Oz restera l'écrivain contemporain par excellence des sept premières décennies de l'Etat d'Israël, n'ayant eu que neuf ans le jour de l'indépendance. Par ses nombreuses déclarations et entretiens, Amos Oz nous épargne le fastidieux labeur de la lecture ou de l'étude de ses textes. Nous allons nous pencher ici sur un passage digne d'un résumé de fiche de lecture, qui est un condensé de la doctrine de l'écrivain israélien favori des médias, et qui en dit long sur sa considération de l'attache qu'il semble simultanément défendre et contester, entre Israël, le peuple, et Israël, la terre.

Si Finkielkraut, le penseur français, s'est vivement érigé contre le principe qui précède, s'il s'est plaint récemment de voir son imposant travail de recherche simplifié voire caricaturé, parce que d'indénombrables non-lecteurs résument l'homme d'une manière simpliste par le prisme de telle ou telle allocution filmée, il reste néanmoins honnête pour l'observateur neutre de se faire une idée d'après quelques phrases émanant du propre crû d'un auteur, à condition cependant qu'elles ne soient pas isolées de leur contexte ou déformées, sans qu'il ne soit besoin de procéder à un travail de doctorat en passant au peigne fin tous ses romans, biographies, articles etc.

Or, il se trouve qu'Amos Oz, en symbiose avec le parti Meretz, qui lui réserve la 116ème place de sa liste électorale en 2003, ne reflète pas l'opinion de la société israélienne dans son ensemble. Proche de Pérès et du parti travailliste jusqu'au début des années 90, il tourne à gauche et se rapproche de Choulamit Aloni, qui considère les habitants juifs de Judée-Samarie comme des étrangers dans leur propre patrie.

 C'est lui qui avait personnellement réduit son approche géopolitique en quelques traits de plume où sont traités côte à côte le lien du peuple d'Israël à sa terre et la concurrence sanglante que lui oppose un monde arabo-musulman impitoyable qui tente d'en effacer sinon l'existence en général, du moins d'en réduire localement la présence. Les termes aux allures de postulat et de logique improbable ne peuvent être démontrés et compris qu'en faisant intervenir le contexte et les a priori d'une conceptualisation politico-médiatique consternante et déconcertante pas toujours en phase avec la réalité sur le terrain : 

«Il faut comprendre que pendant tout ce temps, sont menées ici, des deux côtés, deux guerres, menées par des hommes : il y a la guerre du peuple palestinien, qui veut être libre sur sa terre, et qui dans le principe représente une guerre juste que tout homme irréprochable doit soutenir, même s'il réprouve les moyens auxquels ils ont recours dans cette guerre. Et il y a une seconde guerre, nationaliste, islamique, destinée à prendre du peuple juif son droit à l'autodétermination, et c'est une guerre où Israël a absolument raison, et elle doit elle aussi être soutenue par tout homme irréprochable.[1]»

Cette déclaration est à première vue surprenante. La trouver tout à fait logique est le symptôme de la décérébration voulue par un travail de sape vieux de cinquante et un ans pour Oz ou l'Israélien moyen et de trois de plus pour ses instigateurs. Une petite explication de texte s'impose. On relèvera tout d'abord des termes a priori synonymes : «peuple palestinien», «peuple juif», «Israël».

Les bons élèves de la désinformation contesteront ce constat. Pourtant, quand l'empereur Hadrien tente d'effacer le nom de Yéhouda de sa terre, il n'aura pas d'autre inspiration pour trouver une appellation de substitut, que de reprendre le nom d'un envahisseur d'origine crétoise, le Philistin. La Palestine est née, mais son lien avec Yéhouda n'est pas mort, car la tentative avorte. En effet, désormais, puisque le pays change de nom, son peuple est automatiquement désigné lui aussi par ce néologisme, et le Judéen devient Palestinien. Il gardera ce sobriquet jusqu'à la veille de son indépendance qui renaîtra de ses cendres, ce que confirme la quasi-totalité des institutions juives présentes en terre d'Israël, à l'exemple de la banque de Palestine rebaptisée banque Nationale (Leumi).

Or, puisque le Palestinien reprend en 48 son nom Israël, cette désignation pour lui provisoire redevient vacante pour la seconde fois. La première, c'était à la disparition de ce premier ennemi acharné d'Israël, quand le Philistin s'est éteint sans laisser de traces ou presque. C'est donc au Kremlin que sont jetées les bases d'un néo-peuple voué à usurper la place d'Israël, en l'an 64 du siècle dernier, comme le révéla intégralement Ion Mihai Pacepa, lieutenant général du bloc soviétique exilé par la suite en Occident. Et c'est ce «peuple palestinien», groupuscule terroriste arabo-musulman constitué autour d'une charte appelant explicitement à l'anéantissement, qui vient donner une seconde chance à Hadrien dans sa tentative, en appliquant le nom de substitution de la terre d'Israël à un autre groupe censé devenir peuple de la terre d'Israël à la place du peuple d'Israël, ce qu'Amos Oz admet comme légitime.

Ce stratagème est une variation sur le thème des tentatives d'accaparement de l'identité de l'autre, dont l'une des formes oubliées, à l'heure de gloire du catholicisme, a consisté à dire à Israël : «Vous n'êtes plus le peuple du Livre, car nous prenons votre place». Comme on le voit, celle de l'antisionisme vient lui dire aujourd'hui : «Vous n'êtes plus le peuple de la Terre, car nous prenons votre place».

Donc Oz accepte l'imposition de ce «peuple palestinien» qui n'est autre qu'un ramassis d'individus censé devenir le nouveau peuple palestinien en aspirant à supplanter l'ancien.

Cette compréhension de son texte ne vient que partiellement éclairer notre lanterne. Car sa première articulation est on ne peut plus claire : même si le néo palestinien a recours à des méthodes meurtrières et immorales, dignes des pires antisémites que la planète n'ait jamais portés, il faut néanmoins serrer les dents, avaler la pilule (et la couleuvre) et approuver son combat, car la fin qui se veut noble justifie en quelque sorte les moyens. La défense contre lesdites méthodes est dépréciée et sa légitimité ravalée au rang de l'instinct de conservation.  

Cette première clarification étant faite, ce qui exige explication, à présent, c'est l'affirmation contradictoire qui intervient juste après, selon laquelle une seconde guerre refuserait au peuple juif son droit à l'autodétermination. Quelle autodétermination reste-t-il donc après ce qui vient d'être établi? Car si le peuple palestinien n'est plus le peuple d'Israël, cette dernière proposition laisserait donc entendre que ce néo peuple palestinien, devenu peuple palestinien à la place de l'ancien peuple palestinien, accepterait sans contester (puisqu'il n'est pas selon Oz mêlé à cette seconde guerre) le droit du peuple juif à se définir, ou s'autodéterminer, en tant que tel. Ce qui voudrait donc dire que ces bons princes accepteraient l'idée d'un peuple d'Israël uniquement spirituel ou théorique, qui aurait le droit soit de se sentir lié internationalement à partir de tous les points de son exil, leur nation restant alors dans le cadre du virtuel, soit de se réunir géographiquement ailleurs, à condition que cela se passe en dehors de la terre d'Israël.

C'est là qu'une nouvelle donne imposée par une propagande made in extrême gauche d'Israël intervient : et c'est à présent la dernière articulation du raisonnement qui permet de nouveau de ne pas être dans l'incompréhension la plus absolue vis-à-vis du raisonnement d'Oz : la ligne verte en langue israélienne. Il s'agit de la frontière provisoire qui a tenu pendant dix-neuf ans, pendant la période qui a démarré à la guerre d'indépendance et pris fin à l'issue de la guerre des Six jours.

Une théorie farfelue s'est mise à déprécier la terre sainte, où les yeux du peuple juif convergent depuis deux mille ans, pour la transformer en une sorte de bien de consommation qui peut se monnayer et se marchander sous la formule commerciale des «territoires contre la paix». C'est magique : on vous donne les territoires, et vous nous donnez la paix. Idée totalement coupée de toutes les contingences terrestres et imaginaires, car en admettant qu'un ou des roitelets accordent sincèrement la paix en échange du centre de la patrie d'Israël, qui garantit sur le moyen terme que ses successeurs ou les révolutionnaires qui le renverseront se sentiront engagés par lesdits traités? Et qui nous dit qu'il ne risque pas lui-même, ledit roitelet, de se démentir? Israël n'a-t-il pas dans son historique un «nouveau roi qui n'avait pas connu Yossef?», et qui a pu n'être qu'une seule et même personne, comme l'explique Rachi?

Bien sûr, rassuraient les partisans de cette formule magique d'échange miraculeux entre terre et paix : «Si ça ne marche pas, on leur rentre dedans et on reprend tout». Or, l'histoire de ce dernier quart de siècle a montré qu'Israël ne reprenait jamais les territoires quand la contrepartie non seulement n'était pas livrée, mais qu'il obtenait en échange de chaque parcelle cédée une recrudescence de la violence et des actes de guerre à son égard. L'Olp a été introduite au cœur de la terre d'Israël, mais les milliers de victimes juives innocentes n'ont jamais décidé aucun gouvernement israélien à reprendre ses droits. Il en est de même pour Gaza : le terrain a été cédé contre la paix tacitement, officieusement, mais jamais les bombardements intensifs qui se sont ensuivis n'ont décidé le leadership à se dire que, tout compte fait, ce n'étaient pas les Juifs qu'il fallait expulser de Gaza, puis à en tirer les conclusions concrètes.

Donc, pour Oz, et pour la logique de sa tirade, une ligne de démarcation autorise l'existence parallèle de deux peuples palestiniens, chacune consistant en une guerre bien distincte qu'il convient d'approuver. Le problème de cette conception des mondes parallèles, c'est qu'elle n'affecte aucunement l'intellect des partisans de l'autre Palestine. Cette conception de la maison d'étude de la gauche puis de l'extrême gauche israélienne, défendue pendant un demi-siècle par Shimon Pérès, conçoit que si Israël se contracte pour exister exclusivement dans les frontières de 1948, le monde arabe et les néo-Palestiniens subiront une métamorphose surréaliste et seront les loups qui soudainement se mettront à paître avec les agneaux. Il est dangereux pour les non-initiés de lire et d'interpréter fabuleusement les prophéties bibliques. Car tout ce qu'ont fait les apprentis magiciens d'Oz ne s'est soldé que par une aggravation de la situation de guerre.

Le combat des néo-Palestiniens consiste dans l'aspiration à occuper toute la terre d'Israël et à en «chasser l'occupant sioniste». Les sigles des différentes organisations usurpatrices arborent pourtant, sans ambigüité aucune, une carte qui reprend trait pour trait les contours de la carte d'Israël. En outre, l'Olp a été fondée trois ans avant la reprise par Israël de sa souveraineté sur la Judée-Samarie et Gaza, sans compter le Golan et le Sinaï qui ne figurent pas sur la carte de ladite organisation négationniste, dans le sens où elle nie à Israël son droit à vivre sur son sol.

Il faut croire qu'Oz n'est pas à une affabulation près, car cet anachronisme ne semble pas le déranger, et c'est comme s'il accordait aux organisations terroristes la faculté de divination, car, comme précité, si cette organisation n'a pour objectif que de se contenter des territoires libérés par Israël en 67, c'est qu'elle savait trois ans avant ce qui allait se passer.

Une autre déclaration d'Oz, consignée elle aussi par la presse, fustige la volonté politique qui ne conçoit la paix pour Israël que par l'extirpation de ses entrailles d'une population haineuse dont les attaques n'ont rien à envier aux agissements des antisémites les plus acharnés. Comme le rabbin Kahane avait bousculé la pensée bienpensante en parlant de l'urgence d'une expulsion de cette nébuleuse qui produit chaque jour son quota d'attaques antijuives, le général de réserve Réhavam Zéévi, surnommé Gandhi, à la tête de son parti Molédeth, parlait plus délicatement en 88 d'un transfert.

Voici ce qu'avait déclaré Oz en réaction :

«Face à l'idée d'expulsion et d'exil des Arabes, surnommée chez nous dans un langage mensonger «transfert»… nous devons nous ériger et dire avec véhémence et simplement : c'est une idée irréalisable car nous ne vous laisserons pas expulser les Arabes même si nous devons scinder le pays et l'armée. Même si nous devons nous allonger sous les roues des camions (…) ou faire sauter les ponts. Un exil massif par la force n'aura pas lieu, car nous l'empêcherons… La droite israélienne doit savoir que si elle tente de réaliser certains actes, elle entraînera la dislocation de l'Etat.»

 Inutile de chercher chez cet auteur une relation équitable ou un peu de sentiments de solidarité envers ses frères juifs expulsés en masse de Goush Katif. Meir Gross, directeur à la retraite du centre universitaire Lifschitz, et pigiste sur Aroutz 7, avait relevé en 2005, à l'époque de l'anéantissement de cette zone désertique reverdie, le manque d'empathie des habitants de localités du pourtour de Gaza envers les expulsés auxquels ils n'ont pas tendu «du pain et de l'eau». Les bonnes consciences accusatrices qui voyaient dans les habitants juifs de Gaza la source de tous les maux et de toutes les haines ennemies, se sont retrouvées sur le front à leur place. Pour ses frères juifs, Monsieur Oz ne s'est pas couché sous les roues des camions.

En tout état de cause, il s'est toujours considéré sioniste. Il critiquait les gens de son camp qui n'étaient pas ou plus sionistes. La nuance n'est pas évidente, et semble trop subtile au premier abord. C'est pourtant sa revendication personnelle en tant que sioniste qui explique la dernière articulation de la précédente citation : le droit du peuple juif à l'autodétermination, ce qui est défendu par Israël : il réfutait catégoriquement l'exigence des Arabes d'inonder les frontières étriquées d'Israël de 48 par des millions d'arrière-descendants de réfugiés ou de présumés réfugiés.

On peut s'interroger sur la solidité et l'efficience de ce tracé géographique dans la théorie qui impose une distinction entre deux terres là où il n'y en a qu'une. Cette distinction est circonstancielle et absolument pas fondamentale. D'autant que la grande tolérance d'Oz obtient l'effet inverse de ce qu'il pourrait escompter.

Le maintien par la menace et le recours à la force, au prix de la dislocation de l'Etat, n'est pas perçu à l'étranger comme une grande noblesse de cœur, prête à supporter des «moyens» que la conscience humaine réprouve. Il est appréhendé comme le symptôme de l'attitude d'un homme qui a quelque chose à se reprocher : à savoir que si la terre lui appartient, pour quelle raison se coucherait-il sous les roues des camions en prenant le parti de ses ennemis contre ses frères? Oz exprime sciemment ou non l'aveu que la terre ne lui appartiendrait pas, tandis que son explication alambiquée qui voit une séparation là où il n'y en a pas n'est pas retenue par l'opinion ou, si elle n'est, c'est encore plus grave. Au contraire, l'expulsion et l'exil de l'ennemi seraient perçus pour finir avec compréhension quand la non-violence et le ménagement de l'autre passent pour de la faiblesse et un manque d'intime conviction. Un Israélien conquérant, comme il l'a montré au monde entier lorsque ses frontières se sont élargies entre 1947 (l'ultime plan de partage) et 1948 sans soulever de contestations, aurait fait pencher la balance en sa faveur et l'on eût dit : «Puisque c'est sa terre, pourquoi voulez-vous qu'il s'accommode d'une présence tellement hostile et menaçante?»

Qu'on le veuille ou non, l'observation objective confirme que le plus violent est le plus convaincant. Les attaques les plus antisémites ont été largement commentées comme des actes de désespoir où la victime devient la propre responsable de sa situation.

Quant à la «ligne verte» dont nous évoquions plus haut l'insignifiance, la considérer comme effective ne changerait rien et ne jouerait pas en faveur d'Israël, car cela nous ramènerait au schéma de la Mishna : «Deux personnes revendiquent un même talith en arguant : "Il est entièrement à moi", on le partage en deux parties égales. Que l'un en revendique la totalité et l'autre le quart, le premier en obtient les trois quarts et l'autre le quart.»[2] Oz revendiquait la moitié. Cette revendication où le quart tend vers zéro n'est probablement pas étrangère au succès et aux flatteries obtenues par l'auteur çà et là en dehors de la terre d'Israël[3], auprès de publics non désintéressés.

Yéochoua Sultan ©

 

[1] Propos recueillis pour le journal Haaretz du 6 septembre 2002. (La traduction se veut proche du texte original et en reprend les répétitions : être mené, mené ; ou le terme «guerre», qui apparaît pas moins de six fois).   

[2]  Talmud, traité Baba Méciya, chapitre 2, Michna 1.

[3]  Allusion au titre d'un livre d'Amos Oz : «Ça et là en terre d'Israël».

 

[1] Propos recueillis pour le journal Haaretz du 6 septembre 2002. (La traduction se veut proche du texte original et en reprend les répétitions : être mené, mené ; ou le terme «guerre», qui apparaît pas moins de six fois).   

[2]  Talmud, traité Baba Méciya, chapitre 2, Michna 1.

[3]  Allusion au titre d'un livre d'Amos Oz : «Ça et là en terre d'Israël».

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31 décembre 2018 1 31 /12 /décembre /2018 12:13

אין כאן כל כוונה לערוך מאמר מדעי על הדיכוטומיה שבהגות עוז, אלא רק לשימת לב לנקודה למחשבה אודות אפיון תפיסתו הדואלית מניכאיסטית.

ככל, מעבר לחוברות ולספרים הדורשים מהקורא עבודה עיונית כדי להסיק מתוכן הכתיבה את הנחות ומנגנוני החשיבה של המחבר, ישנם אמירות קצרות ומבריקות בלשון סגי נהור היוצאות הישר מפיו של ההוגה הנותנות מבט כללי וקולע על כל התפיסה כולה. לאחרונה השכיל להגדיר זאת הוגה הדעות היהודי-צרפתי אלן פינקלקראוט, בנימה של התמרמרות. הוא קבל על כך שמצד אחד אדם מקים מפעל חיים אדיר של מחשבה פילוסופית, עמל בעבודות ממושכות כשהוא נובר באין-ספור ספריות וארכיונים למטרת איסוף מקורות מידע ומעבד אותם עד שהוא מגיע למחשבה האישית-ייחודית שלו, ושלעומת זאת, מצד שני, ההמון ננעל על איזו אמירה קצרה התופסת כמה שניות בסרטון כדי לשפוט הן את האיש והן כל מפעל חייו. הסופר והוגה הדעות שנכנס לחוג האקדמיה הצרפתית, בה הייתה אגב חברה הגברת סימון וייל, תולה את התופעה בהתפתחות האדירה של כלי התקשורת כשבאמצעותם ניתן להפיץ בפני אלפי רבבות משועממים סרטון המראה את האדם אומר משהו.

חכמים, היזהרו מדבריכם! מאיימת התקשורת, בה מתפרסמת התמונה שכבר לא זקוקה להתעכב במכונת הפיתוח, ובה נקראים הדברים הנכתבים בדילוג גמור על שלבי ההדפסה וההפצה באמצעות עגלות הנרתמות לסוסים, על האדם שיש בו דעה. רגע אחרי שהדבר נאמר, אם לא תוך כדי, הוא כבר על המסך של כל ניידי תבל.

צודק ההוגה. אלא אם כן המשפט הוצא מהקשרו, ואלא אם כן משמעותו עוותה, אכן אמירה קצרה תגיע לקהל הרבה יותר משמעותי מכל מאמר עיוני גם אם הוא יתפרסם בתקשורת הממוחשבת.

נחזור לעמוס עוז. אם אמנם ניתן – אם כי ללא וודאות מוחלטת - לזהות הסתכלות המצמצמת את המציאות בשחור ובלבן בלבד, ללא כל הבחנה בגוון אפור כלשהו, בספריו ובהתבטאויותיו הפוליטיות, בהם הוא מחלק את החשיבה בין שתי רשויות, הרע והטוב, ישנה לעומת זאת אמירה המשקפת את תפיסתו הרואה שתי רשויות בשיטתיות :

צריך להבין שכל הזמן הזה מתנהלות כאן, משני הצדדים, שתי מלחמות, שמנהלים אותן אנשים: יש מלחמה של העם הפלסטיני, שרוצה להיות עם חופשי בארצו, וזו בעיקרה מלחמה צודקת שכל אדם הגון צריך לתמוך בה, גם אם הוא סולד מהאמצעים שהם נוקטים במלחמה הזו. ויש מלחמה שנייה, לאומנית, אסלאמית, שמיועדת לקחת מהעם היהודי את זכותו להגדרה עצמית, וזו מלחמה שבה ישראל צודקת לחלוטין, וגם בה צריך כל אדם הגון לתמוך[1]

הבה נתבונן באמירה התמוה לכאורה. ראשית, לא ניתן להבין אותה מבלי להסמיכה על הרקע הגדוש בדעות קדומות שעוצבו מאופן מלאכותי במהלך שנות יובל שהתחיל למחרת מלחמת ששת הימים, משום שלפני מסע השקר התקשורתי-מדיני, העם הפלסטיני, טרם כבשה לה השיטה החדשה את המוחות שעייפו מלחשוב, שנכתב גם לרוב באות שי"ן, העם הפלשתינאי, הוא העם היהודי. כאשר הדריאנוס קיסר ניסה להשכיח את שם יהודה מהעולם, הוא שינה את שם הארץ לפלשתין, אלא שמזימתו נכשלה, היות ומאותו היום נהפך גם שמם של היהודים שכונו מעתה פלשתינאיים. רק בהכרזת המדינה החזיר העם היהודי את שם סבו ישראל (כפי שאמר האומן האורח גולן אזולאי לתושבי בית-אל בהופעתו במוצ"ש פ' שמות תשע"ט, כשהוא ציין שהאומה הישראלית היא המדינה היחידה הנקראת בשם האב של העם). יהודים עלו לפלשתינה כדוגמת בן-גוריון בשיר, הפייטן המפורסם אשר מזרחי שעבר להתגורר בשכונת לריינה בתוניס זוהה כפלשתינאי, בנק לאומי היה הבנק של פלשתינה, היו ליגות ספורטאים לאומיות שנשוא את אותו השם, וכן הלאה. כל מה שנשא את השם "פלשתינה-פלסטין" היה יהודי.

גנבת השם והעתקתו לקומץ של ערבים או מוסלמים שבאו לארץ ישראל היא ניסיון בשנית לתת ניצחון להדריאנוס קיסר. אם יצליחו לגזול מעם ישראל את זיקתו לארץ ישראל, אז יימצא כי שם ישראל ח"ו יימחק מהמפה, אבל באופן הפרדוקסאלי בו השם ישויך לקבוצה אחרת שהתארגנה ולא גובשה כדי לשרת את המטרה. ניסיון לגנוב מישראל את שמו כבר נעשה על ידי אבות הנצרות שכינו את עצמם בשם "ישראל האמיתי", ה"וורוס ישראל" בלטינית, הידוע לשמצה. אם הנוצרים של אז באו בבשורה של "אתם לא העם של התורה", הלחץ החיצוני שלצערנו מאומץ במידה רבה גם בפנים כיום מבשרת לנו : "אתם לא העם של הארץ". כאן ניתן להבין את פשר האמירה של עוז ב"עם פלסטיני הרוצה להיות חופשי בארצו", במשמעות של עם המחליף את ישראל ושולל ממנו כל זכות על ארצו שהפכה להיות ארצו של אחר.

עוד דבר תעמולתי תקשורתי יש לקחת בחשבון כדי להבין לנכון את אמרתו של עוז. כי לכאורה, אם העם הזה הוא כבר עם אחר, אז לא מובן במה צריכה להיות בעיה בשלילתו של "העם היהודי את זכותו להגדרה לאומית". ובכן, אם מנסים להבין את פשט הדברים, הרי שלעם האחר יש זכות על הארץ וכדי שלא תהיה סתירה בהגיון הדבר, אז הזכות של העם היהודי להגדרה עצמית יכולה להימצא במישור הרעיוני בלבד כשהיהודים מבחינת מציאותם הגופנית מפוזרים בכל קצוות תבל, או במקרה הטוב באיזושהי טריטוריה המצויה מחוץ לשטחה של ארץ ישראל.

ושוב אנחנו זקוקים למרכיב חדש של הפרדה היוצרת נגידויות : החלוקה הפנימית של הארץ, בין שני עברי קו הדמיון המכונה "הקו הירוק", הפוסל את חלקה המרכזי בכינוי הבזוי של "השטחים". יש באמירה זו נימת זלזול כשלעצמה, גם בלי תואר השם "כבושים". אז נגרר השיח סביב הוויכוח על הצדדה בעד או נגד "החזקת שטחים", ושוכחים שמדובר במהות עניין שיבת עם ישראל ללב לבה של ארצו ; פירוש השאלה "בעד או נגד החזקת שטחים" היא במילים בריאות שווה : "בעד או נגד גאולת עם ישראל והשבת ריבונותו?"

אז ממילא מובנת גם במאמר ההבחנה בין "העם היהודי" ל"ישראל". כך קורמת לה עור וגידים ברית חדשה בין העם היהודי ובין חלק פריפרי-היקפי בלבד מארצו, דרך צמצום שטח מדינתו בחלוקתו לשתי רשויות.

מה שלא תופסים תלמידי בית מדרשו של עוז, הוא עצם העניין שאצל הגויים אין מושג כזה המבחין בין שני חלקים, או "שתי מדינות". כולם רואים כאן רק ארץ אחת. מסתמנת דרך ההפוכה מזו של אברהם אבי האומה, שידע שלשמש, לירח, ליום וללילה ישנו רק בורא ומנהיג אחד. כאן הולכים בדרך הפוכה המנסה לקבוע שיש כמה רשויות וארצות במקום שיש רק אחת.

רק המהלך החשיבתי המסובך הנ"ל יכול לתת חזות של היגיון לדרישת הזכות של מדינת ישראל להתקיים תוך כדי הכחשה הקשר לארץ. אבל ההיגיון הזה לא עובר. כי לשאלה : מי הוא זה שיכול לדרוש בצורה לגיטימית שהוא אכן שייך לארץ הזו? רק מי שיכיר שאין כאן פירוד בין שתי רשויות, בין שתי מלחמות. הכל נובע ממציאות אחת ובריאת עולם אחת בלבד. כאשר "וורוס פלסינאי" שואף להיות עם חופשי בארץ לא לו, הוא בו-זמנית מערער על זכותו של היהודי לחיות בכל מקום בארץ ישראל, וההבדל בין חיפה לחברון קיים בתפיסה המנותקת מהמציאות והדבקה במגדל קלפים כבדת. קוראים לדת הזו גם "שלום", בהעתקת אחד משמות ד' למכלול מושגים של רשות אחרת.

וכשבעולם מתבוננים בדעותיו של עוז ותומכיו שהיללו לו, לא חושבים : "איזה אדם פתוח, חכם, מתון..." אלא רואים בו כאדם המודה במקצת, כי לטענתו חלק מהארץ בבעלות צד אחר. העולם לא צריך לדעת משנה, כשתפיסת עוז היא כמי שאומר לכתחילה על הטלית שרק חציה שלו, ואז אם יישאר לו משהו בידיים, במקרה הטוב, זה יהיה רבע טלית, כי מובן אז לכל העולם שלשני הדורש את כל הטלית, מגיע שלושה רבעים. על זו הדרך, כל מאבקו של האיש נגד הטרנספר מתפרש באופן שהוא לא ממש פרדוקסאלי מכוון שהוא מתפרש כהודאה שכביכול הארץ אינה שלו כיהודי. הקל וחומר הבולט לעין אינו מטריד את בית מדרש עוז. אבל אם חברון לא שלו, היות והיא ב"שטחים", למרות זיקת עם ישראל לעיר האבות בת שנות ארבעת אלפים, מה דינה של תל-אביב החדשה? ושוב, לדידן של הטוענים "ליסטים אתם", אין כל משמעות ל"קו הירוק", לא בגלל איזה עיוורון צבעים אלא משום שהקמת ה"ארגון לשחרור פלסטין" הפועלת למחיקת "פלשתינה היהודית", ח"ו, קדמה בשלוש שנים את שיבת השליטה הישראלית על חבלי הארץ המרכזיים. קריא : הקמת אש"ף ע"י גורמי הקרמלין קדמה בג' שנים את שחרור ירושלים ויהודה ושומרון.

או שמא עוז ייחס להם כישרונות של נבואה. ייאמר לזכותו כי הוא אכן התנגד ל"זכות השיבה", שהיא עוד מושג שגונבים מהיהודים, אלא שה"שמאל הלא ציוני", כפי שהוא הגדיר אותו ואף תקף אותו, מנצל את דעותיו עד לנישול ידנו מהרבע האחרון של הטלית.

יהושע סולטן ©

 

 

[1] ראיון לטל בשן, "עוז לתמורה", הארץ, 6 בספטמבר 2002 (על פי המאמר בוויקיפדיה).

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23 décembre 2018 7 23 /12 /décembre /2018 10:25
בית הכנסת הראשי בלה גולט תשמ"ה

תוניסיה היא מדינת פלאית שלנו בישראל יש הרבה מה ללמוד. אילו בארצנו, הייתה משבחת אותה רק התקשורת השמאלנית, אפשר היה לעבור לסדר היום ולהגיד : "נו, הם רגילים להסתכל תמיד על החצי המלא של הכוס הריקה לגמרי". הרי מי שכח את התלהבות רעיון ניגוב החומוס בדמשק, למרות חוסר כל הווה אמינא לשלום, כשהכלל קובע כי בכל פעם שהשמאל וה"מתהשמאלים" מדברים על שלום, האזרח השפוי מרגיש בדאגה אמיתית. על זה נאמר שמי שבכל זאת ילך לנגב בסוריה, שלא ישכח לקחת את המגבונים.

לא ולא. כאן, הפלא הגדול בקשר למדינת תוניסיה, הוא ששבחים יימצאו לה דווקא בתקשורת הנגד, האמורה לתת משקל נגד שיתרום קצת איזון בתמונה הכללית. שמדובר בעלונים המופצים חינם מידי יום ששי, בין השאר בבתי הכנסת. ובכן, בגיליון מספר 508 של כתב העת "מצב רוח", ניתן לקרוא :

"הקהילה היהודית בתוניסיה נהנית מאוטונומיה מלאה, עם זכויות מלאות, והשלטונות מכבדים אותה ואת מנהיגיה." למי שחי עם התחושה העמוקה שבמצב הטוב ביותר, מסוגלים ה"אינם-יהודים" בחו"ל להשלים עם מציאותם של היהודים רק כשהם לא חיים בארץ משום שאותם גויים לוקים בקוצר רוח קיצוני ומסוכן ברגע שמדובר בישראל, המאמר מבשר ישועה ; כי כשמדובר בהגדלת מספר התיירים בתוניסיה, מובהר : "כולל תיירים מישראל, כדי להגיע להיקפי התיירות הישראלית הפוקדת בשנים האחרונות את המדינה הצפון אפריקנית השכנה מרוקו".

אמנם אל נוציא את התעמולה מהקשרה, כי המאמר פורסם עקב מינויו של יהודי ושמו רנה טרבלסי, לשר התיירות במדינה הנ"ל. אך נסיגה בהכללה הגאולתית, ניתן לראות כבר בחיתולי המינוי, כאשר השר נאלץ להתבטא באמירות שייתכן שהיה מעדיף שלא לאמרן : "אני גאה באזרחות התוניסאית שלי ואין לי אזרחות ישראלית". האם אמירה כזאת הייתה מתבקשת במדינה אחרת, בעברו הצפוני של ים התיכון, שעדיין נחשבת לעת עתה כנאורה? לכאורה לא.

מאיר חביב מייצג בפרלמנט הצרפתי את אזרחי צרפת השוהים מחוץ לגבולות המדינה במחוז השמיני בהתאם לחלוקת העולם לאזורי הצבעה. אלא שבמחוזו כלולים ה"צרפתים" שעשו עלייה וחיים במדינת ישראל. מובן שמשקל הקולות המתקבל בקרב "צרפתי" ישראל הכריע ולכן נשמע קול החביב לנו מתוך כתלי הפרלמנט הצרפתי. זוהי זכות שבאופן פרדוקסאלי לא ניתנה לנו כל עוד היינו חיים בצרפת, כי שם אין כזה דבר הצבעה עדתית שתאשפר ליהודים למנות נציג בלב הרשות המחוקקת. אך מעולם לא נתבקש מועדינו להתבטא בכאלה אמירות בוטות. טרבלסי מונה בשל כישרונותיו בתחום התיירות המשאירות רחוק מאחור את הטוב שבתוניסאיים הלא יהודיים, אלא ש"סולחים" לו על היותו יהודי כל עוד, דבר שלא צריך להיאמר מפורשות, שהוא לא "יגזים", כפי שהוא מבין כבר לבד, הגם כי יהדותו משמשת כקלף תעמולתי, כפי שמוכיח זאת עיתון שלא מאבד כשמו כן הוא את "מצב הרוח".

מסתמן אפוא שטוב להיות יהודי ממוצא תוניסאי פשוט בארץ ישראל, מלהיות יהודי בגלות במעמד של שר בארמונות ואהולי קדר. וטוב להיות בממציאות בה ניתן להכריז "אני גאה באזרחות הישראלית שלי ואין לי אזרחות תוניסאית".

המאמר מטייח בקורא. למשל : "בתוניסיה ובאי ג'רבה בתי כנסת רבים, כולם פעילים.". כאן המקום לומר : אין בכלל אלא מה שבפרט. המקום היחיד בו מתקיימות תפילות באופן מלא הוא ג'רבה, קרוב לקצה הדרומי של המדינה. בתוניס, הבירה, בית הכנסת הגדול רוב הזמן סגור, ויש בו עשרות ספרי תורה יקרי ערך המוחזקים כבני ערובה כי החוק קובע שהם חלק ממורשת המדינה. ורק מי שיכול להשתמש ב"מזוודה הדיפלומטית" יכול למעשה לאפשר לבעלים לקבל את רכושם הרוחני בחזרה. בעיר "חלק אל וואד" או "לה גולט", עיר בה עוצרת הרכבת "תוניס-מארסה" בכחמש תחנות, ששליש מתושביה היו יהודים לפני דור-דור וחצי (ועוד כשליש איטלקי-מלטי ושליש צרפתי לא יהודי), נשארו נכון להיום כעשרים עד שלושים יהודים, רובם בבית האבות המקומי, ואין מקום אם כן לדבר על מניינים בבית הכנסת הגדול השוכן במרכז אותה העיר. בנאבל, בלה-מארסה, בתי הכנסת כבר לא פעילים. הנחמה היחידה היא שלפחות הם לא נהפכו לבתי פולחן זרים ושהופקד בקרבתם שומר. במילים אחרות, בתי הכנסת הפעילים הרבים הם בערך עשרה במספר, כמו בשכונה לא דתית בכל עיר בישראל. הם רבים כמו שמרוקו היא שכנה של תוניס, כשהמרחק ביניהם הוא כאלף חמש מאות קילומטרים.

מספר היהודים בתוניסיה, אם נספור את מי שמתגורר בה רוב ימות השנה, נאמד בכדי אלף תושבים, לעומת אוכלוסייה המונה כעשר מיליון. אחוז האוכלוסייה היהודית בתוניסיה הוא : 0.0001

למותר לציין כי חיו עד לפני יובל ועשור כ120,000 יהודים, מספר שהיה עשוי לשלש את עצמו במרוצת השנים. אבל איזו מדינה, מבין תוניסיה לישראל, תמיד מופלית לרעה בכל הנוגע ליחס שלה לזרים ולמיעוטים? לא ייאמן כי יסופר!

אולם ביחסים שווים, היו כדוגמת המופת של תוניסיה צריכים להיות כאן בארץ ישראל בסך הכל כ400 ערבים, לא יותר. ואם היינו מחקים את הדוגמה של תוניסיה, היינו נותנים לשכונה מוסלמית אחת להתקיים כמוזיאון חי, ומרבים בכתבות וצילומים של המקום, בהצגת פנים חייכניות של ישמעאליים מאושרים, הנהנים מחופש דת וההולכים לפולחנם ללא כל הפרעה ודאגה.

באותו עניין, מדינת ישראל הייתה מאפשרת לכעוד אלפים בודדים של מוסלמים לפקוד את המקום המתועד לרוב במצלמות לביקור של שלושה ימים עד שבוע. איזה פלא היא תוניסיה!

החתום : יהושע סולטן ©

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19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 13:01

Et voilà. Un énième cessez-le-feu a été conclu avec le Hamas. Le Premier ministre Netanyahou l'a imposé non seulement au cabinet restreint mais également à tout le gouvernement, à la différence près que cette fois-ci, le ministre de la Défense a démissionné.

Va-t-en guerre ou pacifiste

Sur les réseaux sociaux, les semeurs de zizanie n'ont pas raté le coche. Et d'accuser les mécontents de va-t-en guerre, se flattant quant à eux d'être les inconditionnels partisans de la paix, les seuls citoyens qui ne considèreraient pas les soldats de Tsahal comme de la chair à canon, les seuls soucieux de la personne de ces derniers et du bonheur auquel ont droit leurs familles. Curieusement, ces moralisateurs champions de l'autosatisfaction se retrouvent géographiquement plus volontiers entre Guédéra et Hédéra, ou plus ponctuellement Tel-Aviv et Netanya, qu'entre Zikim et Ashkelon. Sciemment ou non, ils savent que du moment que le premier missile atteindra Tel-Aviv, la machine de guerre se mettra en marche et investira Gaza provisoirement pour donner une bonne raclée et du fil à retordre aux terroristes pour rebâtir leurs ruines, histoire que le calme se fasse sentir pendant environ trois ans, jusqu'à la prochaine vague. Si Tel-Aviv et Netanya devaient subir des salves de roquettes en tous genres, il est à parier que les donneurs de leçons mettraient en veilleuse leur dégoût de la guerre, soutenant que là, ce n'est plus possible. Et c'est en attendant ce qu'ils reprochent aux habitants d'Ashkelon qui disent la même chose en anticipant.

Nous verrons en ces lignes tout d'abord que les partisans d'une opération de grande envergure à Gaza et ceux du cessez-le-feu ne forment pas deux camps distincts qui s'affrontent mais les mêmes citoyens responsables tiraillés entre ces deux nécessités conjointes, puis qu'opter pour l'une ou l'autre de ces possibilités résulte d'un conditionnement sans issue des cerveaux et des mentalités.

Une réalité irritante

Le premier élément qui irrite notre entendement, quand nous apprenons qu'un cessez-le-feu a été convenu, c'est la tromperie portée par cette terminologie. Les terroristes bombardent l'Etat des Juifs en augmentant progressivement ou brutalement la dose et la pression, alors que ledit Etat ne les bombarde pas en retour, ou alors laisse tomber quelques bombes dans des champs ou des immeubles vides, tout en faisant croire à ses propres citoyens qu'il aurait anéanti des infrastructures pour la réorganisation desquelles il faudrait du temps et de l'argent aux agresseurs, puis, quand ils sentent que les Juifs pourraient se fâcher, ils se disent prêts à se montrer conciliants.

Les citoyens d'Israël sont d'autant plus mécontents, à l'heure où de plus en plus de pays réduisent voire annulent leur aide à une organisation terroriste tentaculaire qui menace le monde libre, à l'heure où les Usa ont coupé les vivres pour l'Unrwa, que leur gouvernement vient de céder au chantage et aux menaces de coups redoublés en permettant au sponsor du terrorisme mondial, le Qatar, de renflouer les caisses du mal. Le citoyen israélien se demande même, à raison, si ce n'est pas l'argent du contribuable qui va être ponctionné quand le vaste monde ne versera plus son obole.

Ou alors, le sens courant donné à la notion de cessez-le-feu a changé. On ne parle plus de belligérants qui s'affrontent les uns les autres et parviennent pour finir à une entente, mais à une seule entité hostile qui frappe à sens unique un voisin nourrisseur mais qui daigne prendre de temps en temps des pauses, dès que ledit voisin risque de sortir de sa torpeur.

Un autre élément révoltant est le droit de dévaster et de tuer accordé aux enfants et aux handicapés de chez l'ennemi. Après trois guerres lourdes de conséquences pour Israël sur le front créé artificiellement par ses propres dirigeants, une méthode intermédiaire entre l'engagement terrestre et rester les bras croisés avait pourtant fait ses preuves. En mai dernier, l'occupant de Gaza avait feint d'organiser des manifestations pacifiques le long de la clôture. Israël avait géré la crise d'une main de maître en mettant hors d'état de nuire plus de cinquante miliciens armés dont l'organisation a reconnu qu'il ne s'agissait pas de civils inoffensifs.

En quelques mois, ne faisant pas le poids, ils ont changé de tactique : prendre des handicapés et des mineurs pour faire le travail. Les réactions immorales ne se sont pas fait attendre: au lieu de condamner un mouvement terroriste qui pousse et expose ses civils sur les premières lignes, et qui maltraite ses infirmes en les prenant en photo avec une fronde volontairement dérisoire, les exposant aux nuées de mouches et les laissant macérer tels des civets dans leur crasse semi-liquide en plein soleil, ne voilà-t-il pas que le Hamas se retrouve félicité et encouragé dans sa victimisation, obtenant douze points non pas à l'Eurovision mais dans cette Gazavision outrancière.

A première vue, les manipulateurs d'opinion ne devraient pas faire peur aux gens qui sont dans leur bon droit, et Israël, Etat souverain, ne devrait pas craindre les propagandistes antijuifs. Le problème, c'est que les chefs politiques et militaires foncent tête baissée dans le panneau. Le pays peut brûler, le désert avancer, les espèces animales et végétales endémiques disparaître des réserves naturelles, les nourrissons humains potentiellement griller dans leur crèche (cf. le ballon incendiaire qui n'a pas fonctionné), les valeurs d'un Azenkot chef d'état major lui dictent que l'on ne tire pas sur des enfants qui préparent des cerfs-volants incendiaires, quitte à ce que nous soyons ramenés à l'épopée glorieuse de la guerre du feu à la différence près que ce n'est plus celui qui sait en allumer en frottant deux bouts de bois qui mène la danse mais celui qui sait piéger un aéronef de fortune.

L'argument logique de Netanyahou et sa faille

Quoi qu'il en soit, Netanyahou présente des arguments logiques. L'Iran est un serpent venimeux qui reste très dangereux quoique moribond. S'introduire à Gaza pour la quatrième fois en treize ans serait céder à une précipitation pulsionnelle et irréfléchie. Il ne faut pas se laisser enliser dans Gaza alors que l'Iran menace via le Hezbollah. C'est du Nord que le danger risque de frapper. D'ailleurs le Hamas a reconnu que son missile téléguidé ayant touché le car de soldats avait été fourni par l'Iran. Heureusement qu'il ne dort ni ne sommeil, le Gardien d'Israël, quand on sait que des quatre cents missiles ayant eu un impact, il n'y a eu qu'une victime directe, un occupant de Hébron qui passait par là. Permettons-nous de rappeler en apposition cette controverse entre inconditionnels : les étudiants de la Torah ou du service militaire. Bien entendu, on peut être étudiant et militaire, ça existe, mais sur l'indécision qui peut une fois encore toucher tout un chacun quant au choix entre ces deux options, nous sommes dans une situation où toute l'armée compte sur le miracle. Il n'est bien entendu pas question ici de minimiser l'abnégation et les risques pris par les meilleures de nos unités, sur le pied de guerre jours et nuits – et il faut toujours prier pour notre soldat D. B. blessé il y a huit jours (dimanche 11 nov. 18) – mais quand on sait qu'Israël pourrait militairement reprendre Gaza et en chasser l'occupant haineux en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, on peut sensément se dire que l'on s'appuie a priori sur le miracle.

Or on sait que le judaïsme ne préconise pas l'inaction confiante, mais l'action en mettant le maximum de chances de son côté non sans prier pour l'aide du Ciel.

Donc, l'acceptation du «cessez-le-feu» ne relèverait non pas de ce qui précède – escompter le miracle – mais d'une fine stratégie. Néanmoins, il y a une faille dans le raisonnement. Si le Hamas cherche à entraîner Tsahal à Gaza en avouant cette intention car il reconnaît qui est son fournisseur, pourquoi a-t-il limité les bombardements au Sud du pays sans toucher Tel-Aviv?

Conditionnement des esprits

En fermant les yeux sur cette faille, il reste néanmoins possible de juger la position de Netanyahou raisonnable. Or, comme évoqué plus haut, l'acceptation comme le refus de sa décision s'inscrivent dans les sentiers battus du conditionnement des esprits. Il repose sur un système d'idées reçues qui canalisent la pensée. Le premier axiome veut que tout retour de Tsahal dans la bande de Gaza ne doit être que momentané. La pensée dictée dit : «Personne ne veut reprendre l'administration de ce territoire infesté». La litanie est bien rodée : pas question d'imposer notre pouvoir à cette population étrangère, encore moins de la faire déguerpir.

La proto-victimisation

De victime, on établit le concept de victimisation. Que construit-on à partir d'innocent?

La victimisation possède un phénomène jumeau, ou une sorte de grande sœur, pour laquelle il faudrait un terme de construction similaire, où le radical «victime» soit remplacé par «innocent». Cette approche, bien avant de faire de l'agresseur violent une victime, fait tout d'abord de lui un innocent. Des sondages d'opinions, des constats plus ou moins représentatifs, sont diffusés dans la presse pour faire de l'occupant civil de Gaza une victime de ce même Hamas élu par lui. Qu'elle est la conséquence logique de ce travail? C'est qu'à la limite, il ressort de ces démarches qu'un Netanyahou qui parviendrait à débarrasser du Hamas cette population de Gaza pourtant allergique à la diversité, deviendrait un héros planétaire. (N'oublions pas que toute la planète est très inquiète du sort des obèses de Gaza qu'elle craint de voir mourir de faim à l'heure où le Yémen souffre d'une famine réelle). Dans le prolongement de cette inquiétude pour l'innocent qui ne saurait devenir victime, Netanyahou fait en sorte que l'innocent ne manque de rien. La file infinie des camions de ravitaillement des denrées ou produits les plus inattendus, au passage de Kerem Chalom, ou encore l'eau et l'électricité, ne sauraient être interrompus. Et si l'Amérique et l'Europe se réveillent enfin pour couper les vivres à la plus grosse organisation terroriste jouissant de l'impunité totale, alors on laissera le Qatar l'inonder d'argent, ou sinon, ce sera le contribuable bombardé qui règlera l'addition. Toujours dans le même ordre d'idée, il ne faudra pas faire peur à cette population de Gaza. Et si elle manifeste derrière la clôture parce qu'il faut bien qu'elle gagne sa vie, non sans polluer au passage l'air pur de toute la région, qu'elle sache qu'elle bénéficiera de la compréhension et de l'indulgence d'Israël, dont le message porté par son dirigeant est limpide : «Nous sommes les gentils, le Hamas les méchants, et patientez, on va vous en débarrasser.»

De la distinction arbitraire entre une population et son pouvoir

Le problème, c'est que le message n'est pas perçu seulement par les «innocents». Le pouvoir peut dormir tranquille. Il peut tirer des centaines de missiles sur Israël puisqu'au maximum, ils seront personnellement en danger. Mais ça fait belle lurette que les têtes de l'hydre n'ont plus été sélectivement éliminées. Or, que feraient ces dirigeants terroristes sur une île déserte où ils ne se retrouveraient qu'entre eux? Ils perdraient tout pouvoir de nuire. C'est une stratégie de base que les Américains ont comprise il y a plus de soixante-dix ans, et que l'Europe avait également comprise il y a quelques siècles, avant de prendre le contrôle des territoires d'où sortaient les pirates des mers.

Est-ce que l'Amérique a fourni des vivres, de l'électricité, de l'eau potable à l'Allemagne nazie? La réponse est tellement claire qu'elle devient inutile. L'Amérique a-t-elle innocenté le civil allemand de Berlin ou de Dresde, ou au contraire a-t-elle fait de ces villes des champs de ruines, et ce sans se demander si les habitants avaient eu ou non le temps de descendre aux abris, ou s'ils soutenaient ou non le régime de leur pays? Ils ne se sont pas contenter du débarquement en Normandie, entre autres opérations militaires. Ils ont écrasé les arrières quand la menace armée se trouvait sur les différents fronts et le commandement du Reich dans ses bunkers, qui voyait son empire se décomposer autour de lui. Analogiquement, la stratégie de guerre qui nous intéresse aujourd'hui devrait trouver la situation moins alambiquées: puisque les terroristes se terrent derrière et sous leurs civils, les frapper directement ferait d'une pierre deux coups.

Et pourtant, les Américains ont contribué largement à la reconstruction de l'Allemagne, sans pour autant avoir mis la charrue avant les bœufs ; ce qui veut dire que l'hésitation entre l'opinion visant à rejudaïser Gaza et celle de la maintenir en l'état de judenrein n'entre pas à ce stade en considération. Faire le beau devant les innocents, c'est avant tout faire le beau devant les pires terroristes qui ne se cachent même plus de leurs rires.

Innocent ou erreur sur la personne

A présent, est-ce que le civil innocent abusé par le Hamas en aime pour autant les Israéliens? Les études et autres sondages d'opinions ne vont pas jusque là. Il ne faut  pas trop leur en demander, tout de même. Au maximum, le colon de Gaza préfèrerait travailler pour Israël, sans oublier de cacher un long couteau sous ses vêtements.

Cette interrogation rend cette vision dichotomique (entre méchant Hamas et gentille population) brimbalante à la racine. Si Sharon, avant l'interversion de la polarisation de son cerveau qui l'a fait passer de l'étiquette de faucon à celle de destructeur de Goush Katif, dénonçait un jeu politique dangereux consistant à distinguer entre les bons terroristes – l'Olp soi-disant repenti – et les mauvais terroristes, il est tout aussi périlleux de vouloir faire une distinction entre les dictatures sanguinaires et leurs sujets. L'Europe accueille à bras ouvert, au grand dam de ses populations non consultées, des millions de migrants qu'elle prend en pitié sous prétexte qu'ils fuient des régimes dictatoriaux. Le résultat est celui que nous révèle la dure actualité de l'insécurité et de la terreur semée sur le passage de populations non préparées aux systèmes et à la clémence des régimes démocratiques. Elles se sentent soudain pousser les ailes de l'impunité et de la victimisation collective, ce qui profite à leur masse en mouvement. L'environnement où tout semble permis, car les peines capitales ou d'amputation leur font défaut, ne parvient pas à les faire prendre conscience de la réflexion civilisationnelle et humaine qui s'impose, forgée par des générations d'évolution sociale.

A titre illustratif, nous citions la mésaventure du rabbin Malka de l'école talmudique du Machon Meir de Jérusalem, précisant que la publication de son cas par la presse en Israël nous permettait de le citer nommément. Alors qu'il n'était pas encore religieux et encore moins rabbin, il parcourait le monde à l'instar de nombre de ses compatriotes ayant fraîchement achevé leur service militaire. Il avait économisé un petit pécule pour se déplacer et marquer des pauses dans des auberges ou autres solutions de logement provisoire à bas prix. Un jour, il fait la connaissance d'un autre jeune en vadrouille, avec qui il se découvre des atomes crochus spontanés. Il est fort sympathique, lui aussi se trouvant loin de son pays. Et il est agréablement surpris quand l'autre lui révèle être de nationalité syrienne, et qu'il s'avère porter en lui bien des qualités humaines. M. Malka lui propose le gîte pour la nuit, ayant pour sa part une petite chambre à bas prix. Il se réveille au petit matin. Dans la chambre, plus de ressortissant syrien, plus de pécule. Juste quelques vêtements. Impossible de remettre la main sur le voleur. Ayant de la famille sur Paris, il se fait prêter l'argent du retour. Adieu l'escapade! Pour finir, il s'estime heureux de s'en être sorti vivant.

Nous venons d'effleurer trois jeux dangereux : s'estimer au-dessus des conventions admises en cas de conflit, et se considérer comme dispensé de frapper en retour un belligérant qui bombarde par prédilection tout particulièrement vos populations civiles, s'imaginer faire partie du même camp que la population de l'ennemi que l'on veut aider à se débarrasser du fardeau de son régime, et plus généralement le dissocier coûte que coûte des forces qui le gouvernent, comme nous l'avons vu par ailleurs quand Netanyahou s'est mis à proposer selon le même schéma au peuple iranien des solutions à leurs problèmes économiques en général et d'eau en particulier.

«Paix, paix, et il n'y a pas de paix»

Depuis le désengagement, pour reprendre cette désignation édulcorée d'un décret d'expulsion des Juifs de toute une région, nous tournons en rond, ou en rounds. Tous les trois à quatre ans, Tsahal rentre à Gaza, administre une correction aux terroristes et se retire sur la ligne de ce funeste départ du 9 av 5765 du calendrier que nous suivons.

 Mais qu'est-ce qui a pu mettre dans la tête des gens que le retrait de Tsahal comme des civils juifs serait l'avènement d'une paix sans précédent? Comment a-t-on pu être autant coupé de la réalité? Certes, il y avait un raisonnement. A-t-on voulu prendre une réflexion virtuelle pour tangible et réelle? Ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n'entendent pas.

Considérons ce raisonnement de l'école de la gauche à cheval sur les deux derniers siècles succinctement : «Gaza est occupée par Israël. Ses habitants souffrent d'une occupation étrangère. Les civils israéliens ne font qu'exacerber par la provocation de leur présence la rancœur des opprimés. Ce sont eux les coupables de notre mauvaise image.» Le docteur Meir Gross de l'école Lifschitz se rappelle avec amertume l'attitude de certains habitants du pourtour de Gaza, à l'heure où leurs frères avaient été entassés dans des cars, encore fraîchement arrachés à la quiétude de leur foyer. «Enfin, vous voilà mis au pas ; enfin vous avez ce que vous méritez», disaient-ils ou semblaient-ils dire. Il déplore qu'il ne se soit pas trouvé de public compatissant pour leur apporter un peu de vivres ou de boissons.

Parviendra-t-on aujourd'hui à une prise de conscience qui tarde à se faire entendre ? «Tous ces malheurs nous frappent aujourd'hui parce que nous avons vu la détresse de son âme quand il était suppliant et que nous n'avons pas prêté attention.» Certes, si les marches de protestation avaient démarré non pas à Kfar Maïmon mais à Erez ou à Ziquim, si les participants n'avaient pas été principalement identifiés au sionisme religieux, la situation en eût été changée.

Quant à la «grandeur d'âme» de Netanyahou ou d'Azenkot, émane-t-elle réellement d'une noblesse para humaine ou doit-elle bien au contraire être appréhendée comme le symptôme d'une mentalité dépressive d'anciens exilés ayant touché le fond? Comme s'ils se demandaient si on a le droit d'en vouloir à des antisémites d'avoir l'attitude qu'ils ont? Ils voudraient détruire nos kibboutzim et nos villes, nous égorger et faire de nos femmes et de nos filles leurs captives ; selon le dicton israélien à moitié cynique seulement, qui est entré dans le langage après la guerre des Six jours : «Excusez-nous d'avoir gagné la guerre», et de ne pas vous avoir laissé perpétrer votre génocide. «Peut-on tirer sur un mineur rien que parce qu'il envoie un cerf-volant piégé pour brûler vifs des Juifs prisonniers de flammes à l'intérieur de leur maison ou de leur école?» se demandent des gens placés aux commandes de l'armée de défense.

Similitude et cause commune aux principaux dangers

La menace qui pèse aujourd'hui sur Israël se focalise à Gaza et au Liban. Ils sont le bras long de l'Iran. Mais ces deux problèmes dérivent d'une même démarche dangereuse d'Israël : tous deux se sont implantés dans des sites lâchés par Israël : le Sud-Liban et la bande de Gaza. A-t-on pensé qu'une hypothétique communauté internationale viendrait à la rescousse d'Israël si, après leur avoir obéi en se retirant jusqu'au dernier centimètre carré, la situation tournait mal? Allait-on, en se cantonnant dans son rôle de petit garçon obéissant, se mettre sous la protection de ces nations paternantes et maternantes?  

Le peuple multimillénaire rentre chez lui suite à la destruction du Deuxième Temple. Sa légitimité en sa Palestine a été reconnue officiellement entre 1917 et 20 par les Nations, dont les Britanniques ont porté le mandat. Cette aspiration à son rétablissement n'est pas née il y a soixante-dix ans dans les fours crématoires. La place de la terre d'Israël dans la religion de ce peuple n'est pas à subordonner à la mort d'un homme ou d'un peuple, ce serait confondre le judaïsme avec un autre culte. Et ce n'est pas accessoirement que ce lieu a été désigné pour cette souveraineté, sur la base du vœu pieux de «l'an prochain à Jérusalem», juste pour le folklore.

Le retour d'Israël s'inscrit dans le projet d'une religion très ancienne et non pas d'une religion nouvelle qui se fonderait sur la foi dans des accords de paix, ou l'aspiration à une paix déconnectée de son support biblique. Et ce même Livre qui nous dit «et je vous rassemblerai des quatre coins de la terre», nous dit aussi que Gaza comme le Sud-Liban font partie de la terre d'Israël, ce dernier territoire étant celui d'Acher.

Le raisonnement mathématique par récurrence doit être remis dans le bon sens. Ce n'est pas la réalité historique de la décolonisation et de la propagation du phénomène des revendications nationalistes et des prises d'indépendances qui a fait qu'Israël a pris le train en marche pour avoir lui aussi son morceau. C'est parce qu'Israël devait rentrer chez lui que le monde s'est ébranlé, que les souverainetés et les empires se sont écroulés, car sans cela, même le pôle sud et l'Alaska ne pourraient être revendiqués par une ethnie polaire ou alaskienne sans levée de boucliers.

Le Rav Sabato, auteur notamment du Talmud expliqué en plus de mille heures d'enregistrement, avait à l'époque interrogé le grand rabbin kabbaliste, le Rav Guez, grand rabbin du Mur Occidental après la libération de Jérusalem de l'occupant jordanien. «C'est merveilleux, on va peut-être à ce rythme remettre la main sur l'Arche d'Alliance.» Dubitatif, il lui avait répondu : «En l'état des choses, qu'en ferait le gouvernement? Il la mettrait dans un musée?»

Les nations pressentent la restauration d'Israël alors que le miraculé ne voit pas son miracle. Le Psalmiste évoque la reconnaissance des prodiges réalisés par le Créateur pour Israël en premier lieu chez les nations et seulement après chez le peuple lui-même.

A l'époque où l'ordinateur se faisait une place grandissante dans la société, l'hébreu moderne avait adopté sans le changer le mot «disquette», pour en créer l'expression idiomatique : «changer la disquette». Quand un système de valeurs ou de pensée, quand une méthode invariablement conduit aux mêmes échecs, il faut changer de disquette. Céder des territoires, signer avec les ennemis les plus acharnés des accords de paix pompeux, les traiter avec des pincettes quand ils déçoivent, tout cela ne marche pas? Alors, il faut changer de disquette, et se replonger dans cet antique disque dur comme on n'en fait plus…

© Yéochoua Sultan

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4 novembre 2018 7 04 /11 /novembre /2018 11:54

Qu'arrive-t-il donc au célèbre «hebdomadaire israélien des francophones», pour ne pas le nommer? Comment peut-il poser sur sa première de couverture une question aussi peu crédible au regard de la réalité sur le terrain? Pour ceux qui ne l'auraient pas vue, on peut lire en haut de page : «Arabes et Juifs : une coexistence possible?» Admettons que le titre comporte tout de même un point d'interrogation, mais la question a-t-elle lieu d'être posée? Tout esprit critique non encore endommagé ou dépourvu d'idée derrière la tête se dit que c'est comme si on nous demandait si on peut respirer sans équipement adéquat sous l'eau ou sur la lune.

Et pourtant, il semble que la question ne doive pas être traitée à la légère, en dépit de son côté à première vue fantaisiste. Car elle s'inscrit dans un long travail de sape et de bourrage de crâne, qui a permis de faire dire à un intervenant un peu spécial, sur la première chaîne israélienne, pendant la période des terrifiants attentats antisémites qui ont secoué le pays suite aux accords d'Oslo, dans la mesure où il participait au débat en tant que rescapé des camps : «Vous vous demandez comment nous avons pu nous laisser mener comme des moutons à l'abattoir, alors que nous n'avions pas de pays ou d'armée pour nous défendre. Voyez, nous avons maintenant un pays et des Juifs se font assassiner et déchiqueter par dizaines sans la moindre réaction.»

Sur le coup, personne n'a répondu à cette cinglante objection, mais une piste probable consiste en toute logique dans l'entretien de ce mythe du vivre-ensemble avec un ennemi juré qui n'a jamais déposé les armes, ni à l'issue de la deuxième guerre mondiale ni suite à l'indépendance d'Israël, contrairement à nos pires ennemis qui avaient cessé de nous menacer lors de leur reconnaissance de leur défaite en 45 du siècle passé.

Or non seulement aujourd'hui encore on minimise le danger en reposant une millionième fois la question de savoir si la coexistence est possible, mais il nous faut de surcroît constater que cette épidémie médiatique s'en prend aujourd'hui jusqu'à l'un des derniers bastions qui par ses nombreux articles informatifs et témoignages restitue le plus naturellement possible le lien entre Israël et sa terre.

Vous nous diriez peut-être que la question de la cohabitation bien que dénoncée reste esquivée. Elle nous indigne, nous révolte, semble faire abstraction totale de la mémoire des milliers de victimes juives innocentes des attentats et des guerres racistes et antisémites menées par le monde arabe quelle que soit sa position géographique, qu'elle soit incarnée de l'extérieur par une agression égyptienne ou de l'intérieur par un «arabe israélien» ; mais de réponse point.

Soit. Commençons par regarder autour de nous, à ouvrir les yeux et le cerveau. Ramallah, en plein cœur géographique de l'Etat d'Israël. Combien y a-t-il de synagogues, d'écoles juives, de boucheries ou épiceries cachères? Combien y a-t-il de portes relevées d'une mézouza? Combien de gens y portent le taleth ou la kippa? Aucune présence juive revendiquée ne s'y trouve. Alors, la coexistence, je vous le demande, est-elle possible? Ne serait-il pas pourtant pratique pour des Juifs d'habiter à une minute de trajet de leur capitale? Un argument mensonger vient opposer qu'ils ne sont pas tous comme ça. Allons donc… Et Bethléem en Judée, berceau de la famille royale de David ? Idem. Pour se rendre au tombeau de Rachel, il faut une forte escorte militaire, et le site lui-même est blindé. Autre exemple : Timnat 'Hérès? Autrement dit le site du successeur de Moshé, dont le nom n'a été que légèrement déformé? Personne ne peut y vivre et il faut une lourde escorte, et encore en pleine nuit, pour se rendre et se recueillir au mausolée de Josué, ou Yéochoua.

Et ne parlons pas de Gaza, où non seulement aucune présence juive n'est possible mais où la proximité n'est pas non plus tranquille. Une première conclusion s'impose : la coexistence est totalement impossible et impensable partout où les Arabes sont au pouvoir.

Passons aux lieux à majorité arabe mais sous souveraineté israélienne. Nous allons rapidement constater une fois encore l'inutilité de s'étendre. Pki'in, la cité talmudique de Rabbi Shimon, était encore habitée par quelques familles juives jusqu'à la dernière décennie. Elles en ont été chassées et leurs biens ont été incendiés, et elles ont dû s'estimer heureuses de s'en être miraculeusement tirées vivantes. Passons à un autre grand homme d'Israël, également nommé Shimon, autour duquel vivent quelques familles juives. Il s'agit de Shimon le Juste, l'un des derniers membres de la Grande Assemblée ; celle qui, comme chacun sait, était formée de cent-vingt Sages, dont les derniers géants de l'ère prophétique. Une pression terriblement antijuive est exercée contre cette communauté, avec renforts de manifestations pour le nettoyage ethnique, auxquelles prennent part des partisans de la haine de soi, trop faibles pour résister à cette tentation et à plus forte raison pour être heureux d'être juifs. Un combat judiciaire de plusieurs décennies a enfin rendu à un propriétaire juif spolié sa maison. et les «sept familles» de Beth Hanina? Idem. Et que penser des simples chauffeurs ayant suivi les indications de leur logiciel de navigation mais qui ont faillé y laisser leur peau simplement parce que le trajet passait par des quartiers occupés par les Arabes?

Les bourreurs de crâne qui ne s'attardent pas trop sur ce qui précède ont un argument qu'ils font mine de trouver juste : grâce à Israël, il y a des citoyens arabes très bien intégrés qui sont médecins, pharmaciens, ou informaticiens, et y a le gentil village d'Abou Gosh, qui n'a pas subi le sort d'autres localités justement parce qu'il n'avait pas été, déjà en 48, hostile aux Juifs.

En ce cas, en allant dans le sens de cette objection et avant de la réfuter, nous avons la preuve que pour que la coexistence soit possible, il faut nécessairement et impérativement que les Juifs soient au pouvoir et que ce soient eux qui dispensent les études dans des institutions leur appartenant, et que ce soient encore eux qui délivrent les diplômes et aussi les postes. Car concrètement, selon cette belle intégration, une femme juive de Beth-El ou d'Eli, peut accoucher à Hadassah Har Hatsofim mais pas à la maternité ultramoderne de Ramallah pourtant plus proche en kilomètres.

Mais qu'en est-il réellement de cette merveilleuse coexistence? Il convient ici de citer un cas qui fait école. Lors de la troisième guerre de Gaza, une soldate devait se faire soigner à l'hôpital Soroka. Il s'est trouvé qu'elle est tombée sur un médecin arabe qui l'a traitée avec mépris, lui disant qu'elle n'avait qu'à aller voir Netanyahou pour se faire soigner. Une fois encore, on peut se dire que ladite soldate a eu de la chance, car il aurait aussi bien pu s'en occuper et la laisser sur le billard. Si on objecte que ce médecin était énervé par la situation sécuritaire tendue, alors on se retrouve comme en Tunisie : les Arabes sont très accueillants, avenants et tout et tout tant qu'il n'y a pas de conflit actif entre Israël et se voisins. Ou alors, on objectera que ce médecin arabe ne parle que pour lui-même, et qu'il ne faut pas généraliser. C'est à voir. Car ce genre d'objection est caractéristique d'une tendance qui cherche à innocenter en généralisant tous les Arabes quand un des leurs assassine un ou des Juifs par racisme et antisémitisme. Ces objecteurs vont même jusqu'à haïr les leurs quand ils osent remettre en question cette coexistence qui tue.

Achevons l'objection à l'objection : Abou Gosh… Les usagers qui empruntent la route n°1, celle qui descend de Jérusalem vers la plaine côtière, pourront le remarquer s'ils n'ont pas fait attention : outre l'énorme mosquée aux multiples minarets ostentatoires et de fabrication récente, on peut voir que les dernières habitations se présentent sous la forme d'une rangée de maisons à l'écala localité juive voisine de Kiryat Yé'arim. Par ailleurs, malgré leur houmous casher, les élections pour la Knesset ont montré que plus de 90% des électeurs ont soutenu les listes antijuives dont l'abjection de la haine s'exprime quasi quotidiennement au sein de l'hémicycle et dont l'hostilité n'a plus besoin d'être prouvée.

Les bornés de la coexistence meurtrière affectionnent les poses en compagnie de rares exceptions qui confirment la règle, comme la Zouabi reconnaissante, parente de la tristement célèbre Zouabi ingrate et haineuse. Seulement, on sait qui des deux Zouabi siège dans la liste arabe unifiée de la Knesset. Mais cela n'empêche pas certains de se bercer d'illusions et à devenir totalement passifs dans le meilleur des cas et accusateurs envers leurs propres frères comme susdit dans les pires situations, mais surtout ils perdent toute volonté ou opinion contre cette coexistence factice.

On ne se contente pas d'imposer un décor artificiel de bonne entente, on écrase aussi outre le bon sens les valeurs et les aspirations les plus profondes. Quand la machine à tuer fut introduite en plein cœur de la terre d'Israël, et vit la porte grand s'ouvrir aux attentats-suicides en série, d'aucuns se sont écriés : «Il est mort, le rêve du grand Israël!» Malheureusement, certains ont renoncé à leurs aspirations, en fait à l'aspiration du retour et de la restauration du peuple juif à redevenir hébreu (pour reprendre la formulation de la pensée du Rav Ashkénasy), et ont commencé à faire contre mauvaise fortune bon cœur et à faire taire aussi leur cerveau pour aimer la coexistence toute en espérant s'en sortir vivants.

Il serait injuste d'oublier que le signal d'alarme avait toutefois été tiré par certaines personnalités connues du grand public, présageant qu'outre notre droit indéfectible à vivre partout sur notre terre et donc sous souveraineté israélienne, la seule paix raisonnablement viable devait consister à éloigner les populations antisémites et hostiles. La commémoration de Re'havam Zéévi, qui fut ministre, d'où l'officialité de la cérémonie, ou celle du rabbin Meir Cahana, en cercle privé bien qu'il fût député de la Knesset, ont obtenu un accueil sinon glacial du moins mitigé. Il suffit de parcourir les pages FB et de constater le petit nombre de «j'aime».

Ils ont été ostracisés, diabolisés puis finalement assassinés. Et pourtant, que nous montre la réalité quand tout le contraire de ce qu'ils revendiquaient a été imposé? Quand au lieu d'éloigner l'ennemi qui occupe Gaza, ce sont les Juifs qui ont été chassés? Honnêtement, refuser aujourd'hui de reconnaître qu'ils avaient raison revient à se dire que les Juifs assassinés parce qu'ils étaient juifs, ici en terre d'Israël, dans le pays d'Israël, ne pèsent pas bien lourd. Nous n'allons pas ici présenter un liste exhaustive ou partielle des victimes qui mériteraient une journée du souvenir où leurs noms seraient énumérés dans le recueillement, ni de l'atrocité des crimes antijuifs, mais que chacun tente de se commémorer les personnes assassinées qu'il connaissait personnellement, ou qu'il aurait pu connaître. Que l'on prenne en compte également ces rapports du Shin Beth qui font état d'un ordre de grandeur de quatre cents attentats contrecarrés chaque année.

On peut honnêtement se demander, alors que la vérité hurle d'elle-même, ce qui donne encore aujourd'hui la force à ces apprentis sorciers de la coexistence de ne pas se cacher sous terre d'opprobre. Eh bien, c'est précisément leur façon d'entretenir le déni de la réalité. Non, pour eux, les attentats ne sont pas antisémites, quand ils assassinent des Juifs en Israël. Nous l'évoquions récemment. Le vocabulaire est truqué, manipulé, et le prisme déformé. Les attaques seraient «nationalistes», les attaquants par désespoir (dont seuls les Juifs israéliens sont coupables) revendiqueraient des droits «sociaux», «socialistes». Bref, le Juif est coupable de ne pas reconnaître cette double appartenance. Personne n'y trouve à redire, pas même les feuillets hebdomadaires religieux ou de droite, selon l'appellation courante, qui se battent pour faire valoir que tel crime ne relevait pas du droit commun mais d'une motivation nationaliste. Alors, comment se fait-il que les observateurs qui ne voient que du nationalisme et du socialisme ici n'en disent pas autant pour l'Allemagne du IIIème Reich, quand les Juifs contrariaient selon ce régime des aspirations également nationales et socialistes?

Sans entrer dans l'analyse historique, ni chercher à répondre à la question sur la complicité ou l'indifférence des peuples et nations quand il se passait entre l'Allemagne et la Pologne ce que nous ne connaissons que trop bien, il se peut que la non désignation de l'antisémitisme par son nom ait neutralisé les bonnes volontés. Nous évoquions dans un autre papier (qui n'est pas notre sujet ici), que l'occultation du caractère antisémite des attaques contre les Juifs en Israël peut ne pas être étrangère à la recrudescence de l'antisémitisme en Europe, parce que si un coup porté par un Arabe à un Juif en Israël ne relève pas de l'antisémitisme, il en devient analogiquement de même en Europe, où il ne peut tout au plus qu'être question de glissement ou d'importation de conflit (bien qu'on tentera d'abord de voir s'il ne s'agit pas d'un règlement de compte entre voyous). Le dicton populaire dit : «Il faut appeler un chat un chat». Si on ne le désigne pas par son nom, alors il n'y a plus de chat. «Un chat? Mais où donc voyez-vous un chat? Espèce d'extrémiste parano!»

Nous parlions l'an dernier de l'effritement de la droite en Israël. Cet effritement s'accompagne aussi d'un dénigrement de valeurs du Livre. Les populations ennemies que vous laisseriez se transformeront en aiguillons sur vos flancs. Nous ne l'avons que trop expérimenté, et en avons récolté un énième phénomène ou une énième manifestation nouvelle : les cerfs-volants et autres ballons incendiaires.

Pour garder le cœur chaud et la tête froide, chez tous les observateurs dont l'expression peut s'apparenter au journalisme (terme devenu malheureusement péjoratif), il faut impérativement garder son indépendance. La presse n'est pas autonome, pas même la presse satirique. Ce n'est un secret pour personne : tous les organes de presse sont subventionnés par des gouvernements ou groupes d'intérêt.

Pour ne pas tomber dans l'admiration béate d'une coexistence hallucinatoire, il faut être prêt à rédiger ses analyses et opinions sans aucune rémunération en échange, en ayant en parallèle un autre métier pour gagner sa vie.

Rares sont ceux qui peuvent rester lucides ou revendiquer leur lucidité en gardant leur place dans une presse qui corrompt les cerveaux et les âmes. Il faut garder sa fierté et ne pas se laisser tenter par les fonds excessivement riches d'amis peu recommandables. Nous préserverons nos rêves, nos aspirations et nos valeurs, nous serons comme ce loup libre et non comme ce chien au pelage aplati par ses chaînes.

Que les apôtres qui se targuent de nous faire la morale aillent prospecter du côté de Ramallah, qu'ils y expliquent que ce n'est pas bien de n'avoir aucune trace de communauté juive et qu'il faut d'urgence qu'en ce lieu si proche des centres de la vie israélienne, surgissent des synagogues et que des habitants arborent l'étoile de David ou la kippa sereinement, que les routes interdites soient ouvertes à la circulation pour les Juifs, sans qu'ils ne soient attaqués, d'autant que les occupants musulmans utilisent les routes de déviation tracées précisément pour les Juifs en raison de la haine de ceux-là.

Certes, les apôtres moralisateurs du vivre-ensemble de l'intérieur sont parfois moins nocifs que ceux de l'extérieur pour qui même les assassins qui perpètrent des attentats antisémites sont justifiables, mais ils restent corrosifs. Colporteurs de la coexistence, allez prêcher ailleurs…

© Yéochoua Sultan

 

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19 octobre 2018 5 19 /10 /octobre /2018 10:04

J'aurais voulu être de gauche. C'est un privilège qui vous donne un doux sentiment de souveraineté, de supériorité et de domination pleine d'assurance. Un principe bien connu s'est élevé au rang d'axiome : toute nation aux citoyens majoritairement regroupés sous une identité commune, une religion et une doctrine, voire une couleur de peau, a tendance à opprimer ses minorités et à leur accorder un statut d'infériorité légale pour individus diminués. C'est d'autant plus vrai lorsque ladite nation vient d'obtenir ou de réobtenir son indépendance, l'exaltation ne laissant alors aux minorités dans le meilleur des cas que la possibilité de fuir en laissant tout derrière elles.

Il est une nation différente de toutes les autres nations, ce qui n'est pas nécessairement glorieux pour elle, excepté dans le contexte imaginatif et virtuel d'un prisme déformant ou reformant, d'où la vie est en rose. On a pensé, au moment de son indépendance, qu'elle agirait comme les autres, ayant a fortiori de bien meilleures raisons d'opter pour cette attitude : ayant été persécutée, ayant vécu tout intervalle séparant deux vagues persécutrices dans un sentiment de calme avant la tempête et d'insécurité chez les autres, logiquement elle devrait leur dire : «Allez hop! Du balai! On vous a assez vues et nous ne savons que trop bien à quoi nous attendre de votre part!»

Les minorités qui se trouvaient sur son sol ont d'ailleurs fui le plus loin possible, et elles auraient sans doute montré moins de zèle sans ce catalyseur qui les sommait de partir pour permettre à leurs nations d'origine de procéder à ce que l'on appelle aujourd'hui un nettoyage ethnique non fastidieux et de conquérir le terrain victorieusement. Heureusement pour Israël – pour la nommer – ça n'a pas marché, sans quoi le génocide interrompu dans l'Allemagne de l'exil eût été prolongé jusqu'à la patrie multimillénaire de ses citoyens, patrie connue en traduction étrangère sous l'appellation de Palestine.

Les dites minorités se sont doublement trompées, pour le plus grand bien, qu'elles l'aient voulu ou non, d'Israël. La population s'étant déplacée de son plein gré a permis au terrain de ne pas être ingérable, contrairement à ce qui se produisit dix-neuf ans plus tard, quand elle avait appris à ne plus craindre cette nation décidément pas comme les autres, d'une part ; et ses tuteurs environnant n'ont pas déferlé sur le pays d'Israël pour parachever le génocide et les y ramener conquérants, d'autre part. De toute façon, ceux qui avaient conservé des clés pour les réutiliser en les transmettant à leurs rejetons de génération en génération, s'imaginant peut-être qu'ils allaient développer artificiellement une diaspora qui allait concurrencer le peuple juif, alors qu'ils ne se distinguaient ni par leur D., ni par leur langue ni par leur écriture et encore moins par leur attachement à ladite terre, savaient très bien qu'elles n'étaient que symboliques et ne correspondaient à aucune serrure réelle.

Revenons à la nation ayant fraîchement récupérer son indépendance, après plus de mille neuf cents ans. Le sentiment de confiance en soi, de certitude dominatrice, pour faire un clin d'œil à l'expression formulée par un ex animateur radio londonien mondialement connu, allait faire entrer Israël dans la mentalité des beaux princes. Elle est bien entendu sans rapport avec le monde tangible, mais elle est tellement agréable. Pauvre minorité pas gâtée par la nature ou par la vie, qui se retrouve ainsi à la  merci d'une nation tout juste reconstituée. Allons, faisons preuve envers eux de la plus grande bienveillance. Ils ont voulu nous anéantir, soit. Alors, montrons-leur qu'ils n'avaient absolument aucune raison de nous en vouloir. Admettons-les dans nos hôpitaux, nos universités et nos villes, construisons-en leur là où la minorité est majoritaire, sortons-les de la pauvreté, car il est bien connu que seules la pauvreté et les brimades leur donnent cette rancœur que nous pourrions prendre à tort pour une haine viscérale et irrationnelle. Allons même jusqu'à les favoriser, à leur faire passer par exemple des examens plus faciles que ceux des Juifs s'ils veulent être médecins ou pharmaciens. C'est peut-être terriblement injuste, discriminatoire, aussi bien pour nos frères qui devront en souffrir, que pour les patients qui seront pris en main par des compétences moins professionnelles, et par des médecins parfois cruels qui s'amuseront à appuyer sur le ventre d'enfants juifs souffrant de l'appendicite par exemple, en retardant leur transfert du centre des urgences à l'hôpital compétent, et en appuyant bien plus de fois qu'il n'en faut sur le ventre des pauvres patients, pour se délecter de la douleur qui suit le moment où la pression de la main se relâche au bas de l'abdomen… Mais que faire, la fin justifie les moyens, et puisque la paix est au bout du tunnel, elle vaut bien maints sacrifices et petites injustices.

D'accord, on a un peu trop forcé sur la dose avec les sacrifiés de la paix, mais il ne faut pas perdre de vue que le principal, c'est de savoir que nous ne sommes plus dispersés dans le monde entier sous la forme de minorités au destin précaire, c'est de savoir que les dominants, maintenant, c'est nous. Et nous ferons tous les efforts possibles pour que la minorité hostile parce qu'inquiète se détende et nous embrasse la main. D'ailleurs, chaque fois qu'elle s'emballe et croit devoir s'identifier à nos ennemis, elle se calme assez vite. Les fêtards qui jubilaient sur les toits à l'approche des scuds irakiens sont vite redescendus[1].

Je sais, ce gauchisme si délectable de bon prince risque de s'éroder, de perdre sa crédibilité, de ne plus être plausible. Donc, toute attaque à connotation raciste et antisémite devra être niée en tant que telle. Comment oserions-nous seulement imaginer que l'antisémitisme pourrait nous poursuivre jusque dans nos murs et campagnes égorger fils et compagnes? Serions-nous une minorité juive persécutée à l'intérieur des frontières de notre propre pays? Oh que non! Nous savons bien que nous pourrions en quelques heures nous débarrasser de tout cet antisémitisme en quelques heures, sans qu'il ne reste le moindre vestige ou souvenir de la population qui le cultive et le véhicule. Il est envisageable également que nous ferions alors d'une pierre deux coups, puisque la pression internationale qui se sert de la présence de ces minorités sur notre sol pour exiger un changement d'orientation et de désignation nationale à même notre terre n'aurait plus de raison d'être, mais c'est là un défi de plus qu'il nous faut moralement relever.

De l'antisémitisme? Ici? En Israël? Allons, du calme. Non! Il s'agit de relents de nationalisme. Certains minoritaires s'imaginent encore que les pays catalyseurs de la fuite de leurs congénères ancestraux en 48 pourraient venir leur faire un pays. Ils n'ont donc aucun racisme ni antisémitisme dans leur position, mais juste une motivation politique d'aspiration nationaliste. Qu'on se le dise et gare à celui qui oserait prétendre le contraire! On ne le répète pas assez : il ne peut pas y avoir d'antisémitisme puisque nous sommes majoritaires et qu'ils sont en minorité. Et on ne répète pas assez non plus que si on veut, eh ben on a une des meilleures armées du monde et on peut les anéantir avant qu'ils n'aient le temps de dire ouf. L'antisémitisme, c'est autre chose. Tout le monde le sait. L'antisémitisme, c'est quand on est une minorité juive dans un pays majoritairement autre chose, à la merci du souverain et de l'homme de la rue.

Autrement, quand vous vous faites vacciner, n'introduisez-vous pas volontairement le microbe atténué, donc minoritaire, dans votre organisme? Et n'est-ce pas là le meilleur moyen de vous défendre contre lui?

Et puis, une telle catégorie d'individu ne peut être raciste. Ce qu'elle peut être, par contre, c'est jalouse de notre supériorité. C'est exactement la même chose si on extrapole pour l'Europe : un quidam foncé ne peut pas être raciste contre un clair, puisque le clair lui est par définition supérieur. Axiome gauchiste : on ne peut être raciste que vis-à-vis d'une catégorie qui vous est inférieure. Or, ce n'est pas le cas. Et si le foncé insiste, ou celui qui se réclame du groupe des foncés insiste et tue un clair, ça relève alors de la psychiatrie, du déséquilibre mental, car un clair vaut deux foncés si ce n'est plus, comme en musique, et celui-ci ne peut donc pas être raciste. Quant aux autres candidats aux tueries aveugles, avant qu'ils ne sombrent dans la démence, c'est à nous de faire des efforts et des gestes de bonne volonté pour qu'ils comprennent à quel point on n'est pas comme eux – autre principe entre parenthèses du gauchisme : le gauchiste appartient à une caste supérieure et ne consent l'égalité que par pitié – et à quel point ça vaut vraiment le coup pour eux d'être sous notre souveraineté.

Et je sais que c'est très cher, tellement cher que je conseille vivement à tous ceux de mon bord qui ne sont pas d'accord avec moi à se méfier de mes étiquettes. Je n'admettrai aucun dialogue, ne tolèrerai aucune contestation. Soit vous êtes d'accord avec moi, soit vous êtes racistes, primitifs, intégristes, et j'en passe. Et si vous venez mettre vos commentaires sous mes prises de positions souvent masquées par une photo idyllique d'égalité ayant gommé les frontières entre les peuples, vous avez intérêt à faire le beau. Car le raciste, c'est vous. Et ne venez pas me soumettre la liste des attentats perpétrés contre des Juifs en Israël. Ça ne m'intéresse pas, et mon système est bien rodé, et comme rien ne vaut un bon bourrage de crâne, répétez sans relâche : il ne peut pas y avoir d'antisémitisme dans un pays majoritairement juif où les Juifs sont aux commandes. D'ailleurs, le gauchisme des bons princes peut se vanter de ses résultats : ce n'est que récemment que tous les panneaux de signalisation sont rédigés aussi en arabe, et désolé si ce qui vous sauvait d'une confusion entre Ramla et Ramallah, c'était précisément cette dernière langue dont l'usage restreint faisait qu'on se sentait mal rien qu'en en voyant les lettres. Maintenant, l'arabe vous montre la route de tous les endroits, même sécurisants car habités par des Israéliens… euh juifs. Même à l'aéroport Ben-Gourion, les panneaux sont en arabe. Quel beau geste de beaux princes!

Voilà pourquoi je veux être de gauche. Que c'est bon d'être de gauche!

De toute façon, je ne peux pas changer d'avis. Je ne pourrais pas reconnaître qu'un attentat nationaliste où des bébés israéliens sont assassinés dans leur sommeil chez eux un vendredi soir ou des parents exécutés à bout portant en présence ou non de leurs enfants, en Samarie ou à Barkan, par exemple, soit de la même nature profonde qu'un attentat antisémite perpétré dans une école juive à Toulouse où un père et ses deux enfants sont assassinés ainsi qu'une petite fille. Je ne pourrais me dire que des nébuleuses antisémites produisent chaque jour leur cortège d'assassins assoiffés de sang juif parce que nous n'avons pas eu la force ou le courage d'éloigner ces nébuleuses. Non, une fois encore, l'antisémitisme, c'est ailleurs. C'est en France, par exemple, là où, nous l'avons dit, les Juifs vivent en minorité noyée dans une majorité d'autre chose. Et la France ne peut me renvoyer l'ascenseur en me disant que les attentats perpétrés sur son sol seraient eux aussi nationalistes car ils s'attaquent par extension à des membres de la nation d'Israël dans son ensemble.

Et si je le reconnaissais? Mais ce serait terrible! D'abord je devrais redescendre de mon piédestal de beau prince tolérant et généreux… Et il faudrait alors que je fasse de la discrimination contre les antisémites! Que je les expulse du pays! Mais ce serait l'étranglement à l'échelle mondiale! Et je ne puis vivre en autarcie! Plus d'exportations ni importations! Plus d'échanges! Je me tue déjà à prendre tous les jours des claques que je suis content de me prendre parce que ça prouve que j'ai réussi à prouver que je ne suis pas méchant et qu'il ne faut pas avoir peur de moi. Je suis inoffensif! Je ne fais pas aux minorités ce que les autres m'ont fait quand j'étais moi-même minoritaire! Non, le beau prince, maintenant, c'est moi, et il n'est pas question que je renonce à ce statut!

A moins que… Et si j'allais voir un peu du côté de la Tunisie. Aujourd'hui encore, elle passe pour un pays modéré, tolérant, ouvert, favorable aux Juifs, avec Bourguiba qui les aimait à première vue, qui envoyait systématiquement les forces de l'ordre… d'accord, après les émeutes et le saccage, mais il ne faut pas voir que le mal. Quoi qu'il en soit, lui et son pays sont quand même parvenus à faire en sorte, ou à laisser faire en sorte que la population juive qui ne comptait pas moins de cent mille âmes, au lieu de devenir un bon million en quelques décennies, est descendue en à peine plus d'un demi-siècle sous la barre des 0.0001 % de  la population globale. Comment faire, en Israël, inversement, pour que la minorité exigeante, injurieuse et menaçante jusque depuis notre Knesset où ses élus s'étranglent de haine, tombe sous la barre des 0.0001% ? Et comment conserver l'image d'un pays aimant et fier de son multiculturalisme, en leur laissant organiser une fois par an un pèlerinage dans un lieu décentré, qui attirerait beaucoup de caméras et mille figurants qui déguerpiraient en moins de soixante-douze heures?

En attendant, qu'il est bon d'être de gauche…

© Yéochoua Sultan

 

 

 

[1] Cf. David Lévy lors de la première guerre du Golfe.

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2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 13:40

 

Vous me direz "mais quel rapport, cette photo?" Je vous répondrai : "Je suis parti hier en vacances au bord de la mer et ai donc échappé à l'interdiction de circulation"

Couvre-feu à Jérusalem?

Les principaux axes routiers seront fermés dans la capitale aujourd'hui à partir de quinze heures. Ces mesures de police arbitraires et abusives qui harcellent les habitants en leur interdisant leur droit élémentaire de circulation sont dues à l'abaissement des autorités qui cirent les chaussures du mouvement contre nature LG etc. au lieu de tenir compte du caractère saint de Jérusalem et de la sensibilité de ses habitants.

La ville où on prie pour la reconstruction de la Sainteté par excellence, mais où en attendant le dernier vestige du Temple, le Mur Occidental, a montré à son tour des signes d'écroulement, avec ce rocher énorme qui s'en est désolidarisé, est la cible privilégiée du mouvement qui veut dans un premier temps semer le doute et banaliser la réalité des paires à la place de celle des couples, et peut-être dans un second temps interdire les unions fécondes, Les marches s'y succèdent à un rythme nettement supérieur à celui de toutes les autres villes du monde. En seconde position se place Tel-Aviv, elle aussi ville de la terre sainte, ne l'oublions pas, et qui compte pas moins de six cents synagogues.

C'est le lieu de la sainteté qui dérange le plus la banalisation de ce qui est contraire à la Torah et aux valeurs humaines. Ces mouvements, par martèlement des cerveaux et à l'injure facile contre tout ce qui ne pense pas comme eux, cherchent aussi à réhabiliter les marchés où se commercialise la personne humaine, en promouvant le marché où se négocie la vente d'enfants arrachés à leur naissance à leur mère.

Je me suis interrogé sur leur sigle, l'arc-en-ciel. Pourquoi s'accaparer de sorte que tous ceux qui le voient pensent à eux?

L'explication est peut-être la suivante.

Après le déluge, le Saint béni soit-Il fait le serment de ne plus détruire sa création et pour le sceller fait intervenir comme symbole l'arc-en-ciel.

Dans sa lutte contre Jérusalem et sa sainteté, et aussi dans son mépris sans honte de la sensibilité de ses habitants, ce mouvement puissant malgré ce qu'il revendique (disons sa faiblesse et sa prétendue position de victime qui prend les devants en agressant), agite sour les yeux du Saint béni soit-Il cet étendard, le narguant en lui rappelant qu'ils ne pourraient plus être détruits.

Mais hélas, sa puissance publicitaire, sa mainmise sur l'espace public, marquent des points, et d'aucuns s'imaginent qu'il s'agirait d'un pauvre petit mouvement sans défense et dont les sympathies d'hommes du pouvoir ne seraient suscitées que par une pure compassion désintéressée sans aucune lâcheté.

Et pour ce qui est des accusations qu'ils nous portent, de la même manière que jusqu'au début des années 90, on se servait de l'interdiction de la consommation du porc pour nous agresser et nous qualifier d'assassins potentiels du contrevenant, ils savent très bien, d'où leur "courage", qu'ils ne risquent rien et que tout ce qu'on leur demande c'est : "Manger ce que vous voulez, mais sans nous en faire part".

Sans vulgarité, nous leur dirions : "De la même façon que nous ne venons pas troubler vos orgies, ne venez pas troubler la quiétude sainte de Jérusalem'.

 

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30 juillet 2018 1 30 /07 /juillet /2018 19:32

שונאי ישראל באים ומתחלפים, דור הולך ודור בא, המהות זהה והפנים חדשות. ובכן, האנטישמיות היום נשענת על התחכמות נלוזה ופשוטה שמציגה אותה כמקובלת ומובנת מאיליה עד כי המתרעמים כנגדה ייחשבו לקיצוניים ולמי שבחר בדרך הטרור.

יד ושם ומדינת ישראל עושים עבודה משובחת בכל הדן בתקופת השואה באירופה. ואכן אין מחלוקת בינינו שיש לתת שם לכל קורבן יהודי, לזכור את גילו, את מקום מגוריו, ואת הנסיבות בהן הוא נרצח. אלא שיש בכך נגזרות לא רצויות : הראשונה היא התחושה שהקמת מדינת ישראל היא התוצאה הישירה של השואה, מה שמגמד את הממד המתפרס לאורך אלפי שנים, והשנייה היא הכיסוי המוסרי כביכול והרעיוני לאנטישמיות המחליפה.

יתר העיסוק בשואה בכל הֶקְשֵׁר אפשרי נוטה ליצור יהדות חדשה המתנתקת בצורה מסוכנת משורשיה האיתנים : ישנה האפלה על "ושבתי אתכם " על יד ההשגחה הפוקדת את עם ישראל כששיבת ציון מהווה את התגלמותה של תוכנית ה' בעולם ; לעומת ניסיון השרשת טעם קיום לאומי מלאכותי תחליפי המבוסס על עקרון של מוות, כאילו ללא ההמתה ההמונית שבשואה לא הייתה משמעות לעם ישראל ולתקומתו, דבר שיכול להידמות לדת אחרת, להבדיל, שלא הייתה קיימת אלמלא נהרג מייסדה ונהפך לסמל אלילי.

נחזור לבעיית האנכרוניזם שבהתעסקות הבלעדית בשואה ברמת מחשבת ישראל בת ימינו. יש מעתק זמן, קיבעון בדור עבר והשארות מאחור לעומת התקדמות העולם ותולדות עמנו, בדומה מאוד לשמרנות בנוגע ללבושים מתקופות שחלפו להם המעוררת תהיה כשהיא כה חזקה שמפעלים לכובעים באיטליה לא היו שורדים אלמלא הלקוחות היהודיים הממשיכים להחיות אותם.

כעת נחיה יסוד שאנחנו חוזרים עליו שנה בשנה. ההגדה היא לא סתם סיפור ילדים. הרי אנחנו מזמרים : "אלא שבכל דור ודור עומדים עלינו לכלותנו, והקב"ה מצילנו מידם." ובכן, שונא ישראל של דור השואה הוא לא שונא ישראל של מצרים, ולא דומה השונא האחרון לשונא של אברהם אבינו, ולא  אחשוורוש לאדריאנוס קיסר ; לא ראי זה כראי זה ולא ראי זה כראי זה.

השונא הגרמני הנאצי הוא לא השונא של היום. ואם אסור לנו לשכוח את עמלק של גרמניה או (חבל שאין יד ושם לקורבנות איזבלה הקתולית שקטלה – כשמה כן היא – המוני יהודים או יד לקורבנות ירושלים ומודיעין מתקופת דיכוי מרד בר-כוכבא).

ההתעסקות באחת מתקופות העבר גומרת למצב לא-ישוער ולא-יתואר בו שונאי ישראל הקשים ביותר והמסוכנים ביותר של הדור, הזורים הרס והרג, יוכלו להפוך בתפיסה המחשבתית הלקויה למסכנים תמימים ולקרבנות של העם היהודי שהוא דווקא הנרדף על ידם. ולא רק האו"ם והמשטרים הפוחדים ממדינות הנפט יוצרים עולם  הפוך שכזה, אלא אנשים טובים בקרב עמנו. לאחרונה נשמעו תפיסות משונות חולניות קשות בגילוי השנאה האחרונים של החמס הממלא את הארץ . "גם אני, אם הייתי נער בעזה, הייתי רוצה לעשות שמות בישראליים" קוראים באיזה מקום, או, כפי שדיקלם ילד יהודי הלומד באחד הגנים בעוטף עזה : "הם עושים לנו את זה כי אנחנו רעים איתם".

האם תהיה ההקבלה הבאה מקובלת במוחם של הנ"ל ? "גם אני, אילו הייתי נער גרמני בברלין, הייתי רוצה לעשות משפט ביהודים", וכן לא היו  מקבלים על הדעת אמירה הזויה של ילד יהודי בעת מצוד ולודרום ד'איבר מכגון : "הם עושים לנו את זה כי אנחנו רעים איתם". וודאי שלא.

אבל כאן הופכים את האמת. שונאי ישראל שכבשו את עזה רק בשל אזלת היד של ההנהגה בארץ, הינם שונאי ישראל האכזרים והממשיים ביותר בדורנו, וכן חבריהם שבשל שנאתם הידועה הוצבו שלטי אזהרה בארץ האוסרים תנועת יהודיים, מרוב האנטישמיות הכל כך וודאית שבמקומות שטוהרו אתנית מכל נוכחות יהודית. אומנם השלטים מנוסחים בלשון סגי נהור, כשכתוב "הכניסה אסורה לישראליים", כאילו, היות ויש שונאים המחזיקים מנהלית באותה האזרחות, הדבר לא מופנה בלעדית ליהודים. העיוורון הרווח אף הוא נגזר מהתעסקות היתר בתקופות העבר. כל דבר נשאר טוב כשהוא במידה, ולא כשהוא תופס את כל מרחב המחשבה. אז אפשר לדבר על קריקטורה, כי מגדילים בקנה מידה מופרז עצם אחד מתוך כל ההקשר.

אז גם באירופה, ממשיכים לחפש אחר תנועות נאציות פן תקומנה לתחייה, או אחר ניאו-נאצים צעירים, כשבו בזמן היהודים נוטשים את אירופה בשל אנטישמיות מסוג שכובשים את העיניים בקרקע מולה.

יש לדעת שלא רק שנאת היהודים של ימינו היא עטופה בגלולה מבריקה ומתוקה. כיום הופכים את האנטישמיות המכחידה ביותר לשאיפה לאומנית, וכולם נופלים ברגליים צמודות הישר לתוך המלכודת. המניע לאנטישמיות מכונה "פלסטינאי", והיא הגושפנקא, חותמת הכשרות ההופכת את השנאה ההרסנית הפוגענית בחפים מפשע למאבק לגיטימי  ומקובל. אבל גם לנאצים הייתה שאיפה לאומנית וכל מיני הצדקות, וכן למשטר הקומוניסטי שאסר מטעמים הומניטאריים את ברית המילה או שדאג מבגידה מצד מי שלמד או לימד עברית.

מצד אחד כאמור לא נשכח את השואה, אבל מאידך יש להגדיר היטב את השונא שבדורנו. בכל דור ודור עומדים עלינו לכלותנו, ובכל דור ודור מצדיקים את השנאה בעמידת פנים חדשה. ועלינו להפריך לבטל ולדחות מכל וכל את הטענות הנותנות מסווה ומסך של צדק ומשפט לשנאה כלפינו.

היום המועמד לכלותנו אינו גרמני נאצי או שופט בבית משפט האינקוויזיציה אלא ערבי מוסלמי היוצא ללא שום הפרעה מוסרית לטבוח במשפחה יהודית על ילדיה ותינוקיה בשלוות מנוחת השבת הביתי. הוא מצדיק הפיכת ארץ פורייה לעיי חורבות, את תחיית הארץ והאומה להיפך הגמור, את ההעמדה של אבות וילדים יהודיים בפני כיתת יורים המחסלת משפחות שלמות, כי בתוך החברה שלנו לא משכילים לעשות את השדרוג המדובר, את המעתק מאויב השלב הקודם לאויב השלב הנוכחי.  ממשיכים לחפש אסימונים גם אחרי שהטלקארט הלך לו, ואין אנו מזהים את האויב הנתעב בלבושו של היום.

נוח במקום זה לחפש הצדקות. לפני גירוש היהודים וליל הבדולח דגוש קטיף, טענו בעלי עמדות שלטוניות, בניתוק מוחלט והמציאות ומעל במת הכנסת, שהאויב האכזר אינו שונא אותנו במהותו, אלא שאנחנו כביכול מרגיזים אותו. הוא בסך הכל רוצה שלא נכפה עליו את הריבונות שלנו. וכן סנוורו את עיניהם ואטמו את מוחם יוזמי הסכמי אוסלו שהכניסו את האויב לפתח חיינו ונתנו להם לטבוח ביהודיים באופן שאוטובוסים נהיו לתאי השמדה. ובכל זאת לא ראו דבר כי את העבר לא נשכח ואת ההווה לא נלמד.

שני אויבים אכזרים הלכו יד ביד נגד עמנו במלחמת העולם השנייה. אחד מהם רצח אותם והשני מנע מהם לצאת מהתופת. אחד הקים מחנות השמדה ואחד הפעיל לחץ על האנגליים שסגרו את שערי הארץ ליהודיים. אחד הובס בסוף המלחמה ואחד מצא מקלט מדיני בצרפת. אותם המניעים האידיאולוגיים של אותו חוסייני שלא מצא את עצמו בין נאשמי משפט נירנברג, ממשיכים עד היום להניע את מכונת השמדת היהודים, אלא שהקב"ה מצילנו מידם ומעניק למדינתנו ולצבא שלנו הצלחות ניסיות שכל העולם רואה בהם את השגחת הבורא על ישראל.

ולכן עלינו להתקומם כנגד השקר הגס ההופך אותנו לרודנים ואת שונאנו ההרסניים ביותר לקרבנות תמימים. ושלא ניפול שולל למתיימרים ללמד אותנו מה זה מוסר יהודי. כשדוד המלך נתבקש להביא מאה עורלות של פלשתים, הוא הידר במצווה והביא מאתיים. לא שמענו שהוא אמר : "אבל למה לעשות בהם עונש קולקטיבי? לא כולם רעים. יש הרבה פלשתים שאוהבים אותנו ורוצים רק לחיות על ידינו בשלום".

אותה הלאומניות שמנסים להרגיע אותה במתן סמכויות מדיניות על חורבות מדינת היהודיים, כפי שזה מתרחש בנדבכים ענקים בלב ארץ ישראל, בליווי שלטי אזהרה גזעניים וכבישים עוקפים שלמרבה הציניות פתוחים לאויב, היא היא ההתגלמות של האמרה : "אלא שבכל דור ודור עומדים עלינו לכלותנו". ויש להפסיק לאלתר לכנות את האויב בתיאור "פלסטינאי" המשתמע כהודאה ח"ו שהארץ שייכת לו ושאנחנו לעומתו עם נע ונד בעולם. אם כבר משתמשים במונח  זה, אז הפלשתינאי, זה אני וזה אתה. ערמומיות הפיכת הטוב לרע והרע לטוב היא ההמשך המתמשך היוצא מבית מדרשו של הקרמלין, שבשנת 1964 למניינם, החליט להפוך את שנאת ישראל למאבק לאומני לגיטימי, כפי שפרסם זאת יון מיחאי פצ'פה (בכיר הונגרי שריגל לטובת ברית המועצות ולבסוף חזר בו ומצא מקלט בארה"ב).

אז הבה נודה בארצנו ונכיר באויב המנסה לכלותנו כקם העכשווי. הזמן לא עמד מלכת לפני שבעים שנה. והנוף משתנה רק בחיצוניותו.

לסיכום, ויתר על כן, העם היהודי הוא כעין אח גדול לכל האנושות כולה. והוא משמש דוגמה אישית. כשהוא ממשיך להוקיע את הנאציזם, כל העולם הנאור עומד על המשמר ומוקיע כל התעוררות נאצית בשטחו, אבל כאשר מייצגי עמנו נותנים לאויב רשת הסוואה ומלבישים אותו בפרוות כבשה בעלת רגל לבנה, אז נאותים באירופה לכל היותר להכיר ב"קונפליקט", אז גם באירופה מתייחסים לאנטישמיות המוסלמית כאל "ייבוא הקונפליקט המזרח-תיכוני". עובדה שהמאבק המשפטי להכיר בשרה הלימי כקרבן האנטישמיות, אותה האישה היהודייה המבוגרת שרצח אותה בדירתה מוסלמי קיצוני לא הצליח, כי הרי גם בארץ, יותם עובדיה הי"ד "נהרג בפיגוע".

יהי רצון שד' יקום את דמם של כל בני עמו השפוך לדורותיו.  

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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 17:53

Vivre seul, vivre ensemble, vivre seul, ce sont les trois mouvements qui résument le processus qui se déroule aujourd'hui dans les pays civilisés et tolérants.

Dans un premier temps, la cité est homogène. En France, on trouve des Français, en Italie des Italiens etc. Ils ont des valeurs communes de droits, obligations, mœurs, loisirs, savoir-vivre.

Puis débarquent des gens qui sont tellement dénués de bonnes manières qu'ils en deviennent risibles et qu'ils viennent mettre un peu de piquant dans la morosité du décor. Il ne faut pas s'en irriter, au contraire, le savoir-vivre-ensemble dans une société de savoir-vivre à sens unique ne peut qu'être enrichissant.

Le troisième mouvement est le départ d'abord des plus gênés qui s'en vont, puisque là où il y a de la gêne, y a pas d'plaisir, puis des plus tolérants qui n'avaient pas compris que l'on ne voulait pas d'eux ici. Le piquant était trop fort et la cité crache du feu du plus profond de sa gorge et de ses poumons.

En politique, c'est un peu plus lent. Des arrivistes et des opportunistes autochtones se frottent les mains, portent le burnous et s'extasient moins du folklore d'un autre magma de peuples hauts en couleurs que des voix qui pencheront en leur faveur. Ces politiciens savent profiter de l'instant présent, car vient le jour où le nouveau vivre-seul les mettra au rebut comme un vieux kleenex.

Peuples civilisés, peuples tolérants, réveillez-vous, tant que vous le pourrez encore.

Cessez de tendre les deux joues, de leur prouver que vous les aimez et de vous leurrer en vous disant que vous parviendrez à récupérer vos territoires qui ne vous appartiennent plus que sur le papier à coup de milliards qui vous donnent la berlue. Vos sourires les offensent et les irritent, et votre argent n'achètera pas leur indulgence, car il est d'avance perçu comme une petite partie du retard de votre arriéré fiscal.

 

Israël, Europe, Israël. Cessez de vous imiter pour le pire. Qui copie sur qui? C'est un cercle infernal.

Israël abandonne Gaza. Bien sûr qu'ils nous détestent, puisqu'on les empêche de disposer d'eux-mêmes, c'est un principe essentiel de la déclaration des droits de l'homme. La solution : dès que nous n'exercerons plus notre souveraineté sur eux, ils nous laisseront tranquilles. L'équation est tellement facile qu'au cours des dernières violences arabes à Gaza, l'Afrique du Sud a exigé pour les calmer qu'Israël  tout simplement s'en retire. C'est tellement évident que nul n'est besoin d'être au courant d'un événement vieux de treize ans.

J'aime bien en hébreu le terme de hakhmologue, qui désigne un parfait imbécile dont les raisonnements déments semblent incarner la plus pure des logiques. Le suffixe en logue est connu.  Rendons le terme par  sageologue. Nous en avons  à revendre.

Tel abruti haut gradé  disait – aux fins de justifier une propagande favorable à la reddition consentante  face à la  Syrie,  qui a donné lieu à la contre-propagande  aux moyens télémédiatiques inexistants du «peuple est avec le Golan» – sans rire, qu'à notre époque technologique avancée des missiles balistiques, qu'il importait peu que la frontière syrienne se trouvât quelques dizaines de kilomètres plus près ou plus loin de nous. Les agriculteurs de la région d'Eshkol et les habitants de Sdérot ne sont pas assez intelligents pour comprendre la finesse dudit sageologue, apparemment.

Un autre politicien haut-placé, plusieurs fois ministres, dont Premier, expliquait depuis son cerveau de sageologue que la haine contre Israël n'était pas un mal profondément ancré. Il soutenait qu'il ne s'agissait que d'un sentiment de frustration dérivatif dû à la pauvreté et à la misère, comme si tous les pauvres étaient haineux. Qui devient riche devient civilisé. Taillez un costard à l'homme des cavernes, et vous serez étonné par la magie du résultat. Usant et abusant de son pouvoir, notre dignitaire s'attache à enrichir Gaza.

Mais qu'est-ce qui a bien pu faire rater l'expérience, quand des toutes  petites roquettes pathétiques qui touchaient Névé-Dekalim puis Sdérot, avec l'argent qui a servi à creuser tout un réseau de galeries d'invasion, on est passé à des missiles perfectionnés pouvant frapper Tel-Aviv et Jérusalem?

La maladie de l'exil du peuple juif, qui s'est incrustée et a imprégné tout son être et toute sa pensée, pour les moins résistants au microbe, établit le postulat qui veut que si le Juif est haï, c'est la faute du Juif. A lui de réparer ses traits de caractère ou de modifier son comportement, ou alors, s'il pense que le non-Juif le soupçonne sans fondement, à lui de prouver à quel point le non-Juif se trompe sur la noblesse des intentions du Juif vis-à-vis du non-Juif.

Que celui-ci soit odieux, haineux, destructeur, on lui montrera qu'il a tort, et on le laissera lapider nos soldats et brûler notre terre sans recourir à tous nos moyens qui nous manquaient cruellement de Tunis à Berlin, de Moscou à Paris. Parce que ce qui compte avant tout, et ça vaut bien quelques sacrifices, c'est de montrer aux antijuifs qu'ils n'ont aucune raison d'être antijuifs. Un ancien message européen originaire d'un dissident palestinien juif au nom de qui des massacres effroyables ont été perpétrés à titre posthume, disait sous une autre formulation qu'en cas d'agression, il faut faire le beau.

Alors, ce seraient les Européens qui auraient inspiré les Juifs jusqu'aux ordres qu'ils donnent à leur armée? Ou alors, par retour à l'envoyeur, ce serait au contraire la police européenne pitoyable face aux flambeurs de cités du second vivre seul – dont les ordres reçus consistent à se laisser immoler plutôt que de se servir de leur arme – qui serait influencée par ricochet par les ordres donnés à l'armée d'Israël? «C'est avec ses ennemis qu'on fait la paix», est-ce un adage de la maison d'étude de Chamberlain qui s'est retrouvé chez Rabin ou une idée de Barak adoptée en retour par Merkel et ses grands sourires adressés aux migrants importateurs de troubles sociaux qu'on ne saurait repousser par intolérance vis-à-vis de leur différence?

Ou alors, ni Israël ni l'Europe ne se copient l'un l'autre. «On ne tire pas sur un jeteur de pierre ou un envoyeur de cerf-volant qui met sur la paille tous les agriculteurs et rend bientôt vides les rayons de produits alimentaires» ; serait donc une valeur morale tiré d'un système indiscutable en provenance d'un empire de loisirs très puissant : le cinéma hollywoodien. Le héros ne doit pas tirer sur le méchant deux fois plus lourd que lui qui le menace de ses poings. Donc, il se déleste de son arme, la jette dédaigneux de côté, roule les mécaniques et termine en quelques coups bien placés le méchant.

Question blasphématoire à ne pas poser : «Et si le méchant assomme le bon dès le premier coup de poing? Et s'il prend ensuite l'arme du gentil en lui logeant au passage une ou deux balles?»

Impensable, le bon a toujours raison et la réalité lui donne toujours raison. L'auteur de Rahan s'est révolté dans l'un des épisodes de sa célèbre bd, laissant mourir son héros qui voulait loyalement donner ses chances égalitaires au méchant.

Bref, la mythomanie est un vilain défaut. «Mais bien sûr qu'ils veulent la paix au moins autant que nous, mais on ne doit pas les laisser se dire qu'on leur en voudrait», entend-on dire de part et d'autre du monde civilisé.

Pour sa part, du côté de la civilisation de l'agression et de l'imposition du malheur et de la désolation, on prend tout geste de bonne volonté pour une preuve de soumission, et il suffit dans sa logique de haine de faire monter la pression pour que la soumission devienne totale et sans retour. Un politicien usant et abusant de son pouvoir, à qui on avait demandé ce qu'il pensait des déclarations belliqueuses des archi-terroristes de l'Olp sur leur  tactique des étapes, répondit dans un grand rire : «Vous n'avez rien compris, mais bien sûr qu'il veut la paix, c'est juste stratégique, il faut bien calmer ses opposants.»

Le même avait dit, suite au désengagement de Gaza : «Alors, où est donc cette pluie de Katiouchas que les prophètes de la colère nous avaient prédite?» Effectivement, il n'y a pas eu de pluie de Katiouchas sur Ashkelon le lendemain du désengagement. Comme quoi la courte-vue peut rendre heureux.   

Légende : le vitrail de la synagogue Chalom al Israël de Jéricho. La tolérance de la présence ennemie par Israël malgré sa victoire éclatante a de fil en aiguille rendue ce site inaccessible aux Juifs. 

© Yéochoua Sultan

 

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17 mai 2018 4 17 /05 /mai /2018 11:12

Appréhension ou prémonition ?

L'espèce humaine a-t-elle un pouvoir ésotérique sur la matière? Un espoir ou, au contraire, une appréhension, sont étrangement confirmés par les événements qui interviennent et se déroulent par la suite. Certains cas éveillent tout au plus de l'admiration. Tel individu qui ne payait pas de mine mais était bien décidé à faire son service militaire en Israël dans une unité d'élite alors que ses camarades de classe le trouvaient chétif et caractérisé par des épaules tombantes le rendant reconnaissable de dos et de loin, ou tel autre qui voulait faire son alyah mais qu'on ne prenait pas au sérieux parce qu'il aimait trop le confort et les commodités de l'exil où il était né, ou tel autre encore qui voulait devenir écrivain mais qui, s'il en parlait, éveillait des sourires parce que l'on était persuadé qu'il était le champion de la page blanche ; sont autant de cas pour lesquels on soulèvera peut-être un sourcil.

Il est à peu près certain que tout un chacun a dû ressentir, plus d'une fois, que ce en quoi il a cru a réussi contre toutes les apparences. A contrario, toujours sur le plan individuel, une appréhension qui conçoit un échec est confirmée même quand toutes les apparences jouaient en faveur du projet. L'œuvre toujours célèbre de Goscinny, Iznogoud, le méchant vizir qui veut devenir calife à la place du calife, insère avant chacune de ses manigances la petite phrase, dite par son serviteur : «Ça va rater, patron.» Cette appréhension récurrente est toujours confirmée par la suite.

Plus concrètement, il y a ceux qui déclarent forfait à l'avance, et on peut dire plus sérieusement à une plus grande échelle que la pérennité et la rédemption d'Israël, si elles ne sauraient être démenties au niveau global, peuvent devenir étroitement dépendantes de la foi ou de l'appréhension sur le plan individuel. On peut dire que la «gauche israélienne», pour reprendre cette appellation, est profondément affectée par une appréhension extrêmement pessimiste. Non seulement elle pense que «ça va rater», mais elle agit dans le sens de ce ratage. Pourquoi se battre si l'on est persuadé que l'on va perdre? Autant limiter les dégâts, et c'est ainsi que l'on signe des traités de reddition couverts d'une couche de verni édulcoré appelé paix. De quelle logique ont procédé les accords d'Oslo? C'est que l'on sait dit : «Puisqu'ils veulent tous nous tuer, autant leur faciliter la tâche et les faire venir tout de suite. Cette attente est insupportable».

Précédemment, bien que Ben-Gourion ait remporté la majorité du Conseil pour proclamer l'indépendance d'Israël, on comprend que les opposants ne l'ont été que par leur pessimisme qui leur soufflait: «Ça va rater, patron.»  Car qui n'avait pas rêvé de la restauration de la souveraineté juive en ses frontières? Il est évident que l'opposition de près de la moitié des membres du cabinet de Ben-Gourion n'avaient pas les mêmes motivations que les hordes arabo-musulmanes fanatiques et fanatisées qui s'apprêtaient à attaquer. Les Américains aussi avaient conseillé à Ben-Gourion de ne pas proclamer l'indépendance. Il est vrai que, dans certains cas, l'espérance rejoint la foi et défit la logique.

Je voudrais à présent revenir sur l'ambiance qui régnait avant le passage à l'an 2000 de l'ère vulgaire. Sur le plan concret, une appréhension technologique prévoyait le bug 2000, effondrement de tous les systèmes informatisés et gérés par ordinateurs de la planète. Heureusement que cette appréhension n'a pas poussé les informaticiens à  tout saborder, puisque, en tout état de cause, on allait à la catastrophe.

Mais le plus surprenant fut ce qui se produisit sur un plan que la science ne saurait expliquer. Une croyance superstitieuse profondément ancrée dans les esprits appréhendait la fin du monde pour l'an 2000. D'aucuns ont dû se figurer qu'ils constataient la crédibilité de leurs attentes : deux tempêtes successives en provenance de l'Atlantique s'abattirent sur l'Europe, provoquant des dégâts spectaculaires principalement sur tout le territoire français. Le «ça va rater» se concrétisait, s'incarnait sous leurs yeux. Mais les influences optimistes l'emportèrent avec leur célèbre : «Après la pluie le beau temps.»

Il faut se dire que, contrairement à tout ce qu'ils allèguent, les antijuifs appréhendent l'inverse de ce qu'ils avancent. Chaque époque est accompagnée d'un cortège de statisticiens qui calcule jusqu'à quel moment le peuple juif perdurera. Mais ils savent profondément que ce qu'ils fomentent ou espèrent «va rater». Les régimes les plus inhumains, catholiques (Croisades, Inquisitions), nazis ou musulmans (voir le chasseur et le rabatteur), ont toujours su qu'en dépit des souffrances indicibles qu'ils ont infligées aux Juifs et de l'incarnation du mal par excellence en la personne des auteurs des tentatives d'extermination, le peuple juif leur survivrait et qu'ils n'auraient pour salaire que l'enfer, terrestre ou céleste ou les deux. C'est comme si, au sommet de leur curée et des bains de sangs qu'ils perpétraient, ils éprouvaient une jouissance meurtrière en se disant : «J'ai massacré aussi ceux-là, et ceux-là ; mais je dois faire vite car je sais que ça ne va pas durer.»

Cette forme d'appréhension est tellement forte qu'elle peut s'avérer lourde de conséquences. Lors de la guerre de Kippour [les documents déclassifiés l'année dernière montrent les dysfonctionnements inimaginables du commandement politico-militaire en Israël, mais c'est une autre affaire (les dirigeants d'Israël peuvent-ils faire échouer la rédemption?)] les troupes de chars syriennes avaient franchi la frontière du Golan sans opposition,  et elles avançaient tranquillement en direction de la Galilée. Quelle ne fut pas la surprise du faible maillon de la chaîne, en Israël, qui s'apprêtait à se sacrifier pour tenter au moins de gêner la marche de l'ennemi, de voir la masse métallique qui avançait comme un rouleau compresseur piler, faire demi-tour et repartir dardar. Le «ça va rater» était à son apogée chez les Syriens. Il s'est avéré par la suite qu'ils étaient certains que les Juifs leur tendaient un piège, et qu'ils les laissaient avancer d'eux-mêmes tête baissée pour mieux les faire tomber dans le panneau, et de la sorte mieux les massacrer sans laisser le moindre survivant. C'est l'une des explications, car une autre veut que les tankistes aient eu la vision d'une forme humaine dans le ciel  levant la main pour leur signifier de s'arrêter.

Puissent nos ennemis toujours être animés par le profond sentiment de «ça va rater», et que le peuple juif reste persuadé que l'issue heureuse de son histoire en particulier et de l'histoire en général est proche.

 

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