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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 12:36

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C'est à cause de faits comme celui que montre notre photo* que le débat en Europe porte sur le droit ou le non-droit à l'existence de l'Etat d'Israël. La réalité de ce débat est effarante, inimaginable. Car cette question, formulée comme un banal sujet de rédaction, de philo, ou encore de controverse idéologique ou télévisée, ne signifie rien de moins que de se demander si les quelque six millions de Juifs qui vivent dans ce même Etat d'Israël ont le droit ou non à la vie ou s'il ne vaudrait pas mieux les anéantir. Il ne faut pas s'y tromper, ce débat présente peut-être des similitudes avec un autre, qui ne fait certes plus les grands titres, le sort en étant jeté, et qui se focalisait sur l'avortement, mais à la différence près qu'il se pose ici bien après la naissance, sous la forme suivante: «Pour ou contre l'avortement de l'Etat d'Israël et de ses Juifs?»

Seul un antagoniste de mauvaise foi ou ne comprenant rien à la réalité peut prétendre ne rechercher que la dissolution du pouvoir politique d'Israël pour que ses habitants se contentent tout simplement de vivre sous la domination d'autres pays, et ne contester pour finir que son droit à l'autodétermination. Pourtant, il ne suffit plus uniquement de constater qu'il n'y a plus ni présent ni avenir pour les Juifs, dans des pays où ils sont arrivés souvent bien avant la conquête arabe. Et pour qui prétendrait qu'ils n'ont pas besoin d'Etat indépendant, sous prétexte qu'il leur suffit de quitter la zone islamisée et totalitaire du globe pour des pays démocratiques et tolérants, il faut bien se rendre à l'évidence que le sol devient instable même dans des pays les plus sûrs, dominés par les agitateurs antisémites par le bas, à savoir la rue, et non (encore?) par le haut, c'est-à-dire par le gouvernement et le parlement.

Si en 67, lors de la guerre des Six jours, il était dangereux d'être juif en Tunisie, par exemple, alors que l'Europe était encore un havre de sécurité, c'est à présent dans des pays comme la France, la Belgique ou encore la Norvège qu'il est téméraire pour un Juif de mettre le nez dehors, dès que l'hostilité arabo-musulmane oblige Israël à se défendre, comme l'illustre si réalistement l'opération Plomb coulé (désolé de ne pas reprendre la mauvaise traduction imposée un peu partout). Sur ce plan, les terres du nord de la méditerranée ont perdu leur avantage sur les pays arabes.

Mais plus fondamentalement, la question précitée, qui fait cogiter le monde éclairé aujourd'hui, n'est que la réincarnation sous une autre écorce de la question posée jadis de plus en plus ouvertement dans les années 1930, quand le débat politique et public portait sur le droit ou le non-droit des Juifs à l'existence, d'abord sur le sol européen, puis en général.

A titre de comparaison, aucun débat ne s'est jamais penché sur le droit à l'existence de l'Angleterre ou de la France, ni sur le droit à l'existence des Anglais ou des Français. Certes, leur hégémonie nationale est aujourd'hui menacée, mais c'est une autre affaire, car la question concernant ce droit ou ce non-droit les concernant n'a jamais été ouvertement débattue et a depuis longtemps, sans que la question ne se pose, abouti à sa conclusion, du moins auprès d'une autre culture qui prône l'hégémonie mondiale du système islamique, totalitaire et impitoyable, qui est ce même système qui se contentait il y a peu de se contenter de ne pas admettre l'existence d'Israël.

Donc, l'Angleterre, la France, les USA, l'Argentine, et ainsi de suite, ce macrocosme de l'Europe et de l'Amérique, en passant par l'Océanie – l'Afrique et l'Asie étant largement atteints – ne sont pas conscients, ou alors le feignent,  que la question qui ne concernait que le droit à l'existence du microcosme d'Israël a largement débordé des frontières de celui-ci pour les contaminer, et continuent à s'interroger au détriment d'Israël comme s'il était le seul pays menacé et comme si de rien n'était. Le monde libre, qui a dans le meilleur des cas fermé les yeux sur la menace contre Israël, et dans le pire l'a encouragée, se trouve confronté à un mal qu'il n'a pas voulu combattre tant qu'il n'était pas directement concerné, et qu'il semble ne plus pouvoir combattre par une force de l'habitude paralysante très difficile à surmonter. (Voir Une guerre sous anesthésiant).

Passons à présent à l'essence du débat en tant que concept. Dans un débat équilibré, chaque antagoniste défend la position qui lui est propre. Mais personne ne disconviendra qu'un débat n'est plus un débat dès lors que l'un des deux antagonistes adopte la position de son adversaire et que l'alimenter d'autres arguments, ne faisant qu'illustrer le célèbre «Je dirais même plus» d'Hergé. Ainsi, maints débats télévisés mettant sur le devant de la scène la doctrine refusant à Israël le droit à l'existence ont faussement confronté ses partisans à des Israéliens ne venant non pas défendre le bon droit de leur pays mais accepter, totalement ou partiellement, la position des négateurs de son droit à la vie. Si les organisateurs de débats savent que les dés sont pipés, ce n'est pas le cas d'une bonne partie des spectateurs qui n'entendront jamais le véritable point de vue traditionnel des habitants d'Israël.

Mais ce qui reste le plus grave, c'est que cette voix véridique d'Israël, majoritaire pourtant dans une société saine, est étouffée politiquement à l'intérieur même du pays, quand des politiciens prennent le contrepied du programme pour lequel ils ont été élus. Il est très facile d'anéantir ce qui a mis des générations à se faire. L'expulsion des habitants de Goush Katif a effacé en trois jours trois générations d'un travail qui a changé le désert en oasis, ramenant la désolation à un degré plus grave que celui qui avait prévalu avant l'irrigation du désert. Voilà déjà huit ans que ces trois jours de folie destructrice ont rendu le terrain dépeuplé de ses Juifs, et ce terrain est non seulement redevenu aride mais sert de base de lancement à des missiles qui portent la mort, et qui déclenchent la haine planétaire quand les Juifs décident enfin parfois de se défendre. La voix naturelle d'Israël est donc privée de tribune non seulement sur la scène médiatique internationale, mais sur la scène politique interne.

 Des petites minorités renégates se font aider financièrement de l'extérieur, et ceux qui refusent de l'intérieur que les Juifs exercent pleinement leurs droits sur leur terre ont pris d'assaut les tribunaux. Les prétextes fallacieux qu'ils invoquent pour bafouer les droits les plus élémentaires sont entérinés par un Premier ministre qui à son tour invoque son respect du droit et de la loi. Pourtant, quoi de plus flagrant pour illustrer ce parti-pris juridique que de rappeler à la mémoire collective deux précédents: l'expulsion des Juifs de Goush Katif, qui avaient pourtant le droit pour eux. Toutes leurs terres avaient le statut de terrain d'Etat et toutes les maisons avaient été érigées avec toutes les autorisations administratives en vigueur. Mais comme la politique de l'expulsion arrangeait bien l'opinion des juges, la Cour suprême s'est prétendument montrée incompétente en déclarant que la décision relevait du domaine politique et que le droit n'avait pas à se mêler de politique. Par contre, (et c'est là qu'intervient le second précédent) lorsqu'un inconnu vient se manifester contre la présence juive sur la colline de Bet-El, prétextant que le terrain, absolument inhabité et inexploité jusqu'à une décennie en arrière, lui appartiendrait, la Cour s'empresse de lui donner raison, opposant sa vision de la politique opposée au droit des Juifs, à celle du gouvernement, qui répond pourtant – du moins par la charte de son parti politique dominant, le Likoud, et par ses promesses et autres discours – aux aspirations indéfectibles du peuple d'Israël. Le comble, c'est que les conclusions du rapport rédigé par le juge Edmond Lévy, pourtant de la Cour suprême, qui reconnaissent aux Juifs le droit légal de vivre en Judée-Samarie, et qui peuvent représenter une base juridique favorable à un redémarrage sans entraves de l'expansion démographique juive, et qui devaient faire l'objet d'un vote au sein du gouvernement pour être entériné, ont été repoussées dimanche 22 octobre 12 précisément par Netanyahou, qui a refusé (momentanément?) que le vote se tienne.

Et pourtant, le peuple est mentalement sain d'esprit, et il le traduit par sa façon de vivre. Il ne se voue pas à l'autodestruction, en s'interdisant le droit d'avoir des enfants pour ne l'accorder qu'à ses ennemis, comme cela se passe malheureusement en Europe, qui avorte volontiers son avenir, et où de nombreux citoyens se consolent du remplacement de leur civilisation sur le déclin en se disant qu'ils ne seront plus de ce monde quand cette nouvelle réalité aura fait oublier l'ancienne. Quand l'un d'eux ose encore faire plus de quatre enfants, il ne manque pas d'amis qui lui reprocheront de «faire comme les Arabes» (sic), eux seuls ayant le droit, selon cette vision du désespoir qui touche l'Europe, de peupler la terre, comme si cette possibilité avait été retirée à une partie de l'humanité, condamnée désormais à disparaître.

Laissons de côté la question du non-droit à l'existence d'Européens qui s'interdisent le droit de perpétuer leur civilisation, et revenons à celle du droit contesté d'Israël à l'existence, car c'est bien cette acceptation par les dirigeants israéliens, du moins partiellement, des revendications de leurs ennemis, qui fait que ce débat se fait de plus en plus insistant et exacerbé au sein des autres nations. Et c'est là qu'il est permis de répondre à des gens bienpensants agacés qui nous disent: «Oh, ce n'est pas bientôt fini cette histoire d'Oulpena? Ça va, oublions un peu ça. Ce n'est pas la fin du monde. Il y a des problèmes plus graves. Il ne faut pas oublier que ce quartier contenait en tout trente familles, dont vingt-sept n'étaient que locataires. Et puis il y a eu un accord avec le gouvernement. Les gens sont partis résignés, sans violence, ont eu droit à un super déménagement, et ont été relogés dans des conditions tout à fait décentes. Et encore, en attendant que les maisons démontées soient rebâties, intactes, et de surcroît dans un endroit plus central.»

Si on veut, si on oublie que la plupart des ministres ne se sont laissé convaincre d'accepter ce «déménagement» qu'après avoir été menacés, par le chef du gouvernement, qui a agi en maître absolu, d'être vidés de leurs sièges et de les voir redistribués au parti Kadima. Ce n'est pas par hasard que son tout nouveau chef, Mofaz, homme de main lors de l'expulsion de Gaza, a fait une entrée inopinée dans le gouvernement, bien plus fracassante que sa sortie, celle-ci s'étant produite comme par enchantement à la fin de la polémique sur le sujet. Il comptait bien être récompensé largement avant de voir les ministres en poste renoncer à faire passer la loi sur la défense des dits logements. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il est difficile de fustiger les ministres qui, en s'abstenant de voter en faveur de l'amendement de la loi qui aurait permis aux maisons et aux habitants de ne pas être touchés, ont barré la route à Mofaz. Mais n'oublions pas que dans sa politique d'annihilation de la vocation d'Israël, le Premier ministre n'a pas hésité à nommer et surtout à conserver en tant que ministre de la Défense le chef d'un tout petit parti réunissant en tout cinq députés.

La question du transfert des maisons du quartier de Bet-El est plus que symbolique. Il trône sur l'une des plus hautes collines de la région, celle-ci étant identifiée par de nombreux historiens, dont le célèbre Hagui Ben Artsi, accessoirement beau-frère de Netanyahou, comme le terrain, retenu par le récit biblique, où Jacob s'est arrêté pour y faire le fameux rêve de l'échelle sur laquelle montaient et redescendaient les anges.

Le fait qu'il n'y a pas eu d'opposition physique des habitants, pourtant contraints et forcés n'y change rien. Une résistance se serait sans aucun doute soldée par des violences policières que personne n'aurait dénoncées chez les défenseurs présumés des droits de l'homme. L'affaire de la Oulpena rejoint celle des dix mois de gel de la construction, interdiction sélectivement appliquée aux Juifs pour faire plaisir aux Américains et montrer au monde que le blocage des pourparlers dits de paix n'est pas dû à Israël. Elle rejoint celle de la destruction des trois maisons de Migron l'an dernier en plein hiver, ou encore la destruction musclée de constructions en matériaux légers en face de Guivat Assaf, à Ramat Migron et un peu partout en Judée-Samarie, alors qu'il suffit à un individu de ne pas être juif pour pouvoir construire un véritable palais sans être inquiété le moins du monde, et sans obtenir ni même demander la moindre autorisation administrative.

La douleur physique, l'injustice morale de l'abus de la force, ou encore la ruine financière de familles qui ont placé toutes leurs économies dans leur habitation et ont contracté des prêts hypothécaires sur trois décennies ne sont pas les seuls considérations en cause. La dimension symbolique est aussi forte que celle d'un drapeau national. Il est maladif pour le citoyen d'un pays qui fait confiance à ses valeurs, de se dire, en voyant des gens qui lui en veulent le brûler ou le piétiner, qu'il ne s'agit que d'un vulgaire morceau de tissu, voire de rire si son ennemi juré s'est procuré le tissu en le payant, en se disant qu'il s'en prend à son propre argent. Devoir retirer d'une terre son propre drapeau a quelque chose d'avilissant pour un homme normalement constitué. Or, on voudrait nous dire que, si le drapeau n'est pas brûlé, mais qu'on en récupère délicatement la couleur, et qu'on en découd soigneusement le fil, quitte à le recoudre plus tard, ne représenterait rien de très grave. Voyez, on ne détruit pas les maisons, on les démonte.

Mais s'ils ne se rendent pas compte de l'effarante absurdité de leurs gestes, c'est que les dirigeants politiques et autres universitaires ont leur esprit perdu quelque part dans le début des années 1800, quand les mouvements d'émancipation étaient encore très prometteurs, de la Russie à la France, en passant par l'Allemagne. Ils s'imaginent encore aujourd'hui que les antisémites se mettront à nous aimer quand ils comprendront que nous les aimons, que nous agissons pour leur faire plaisir, même si pour cela nous devons agir injustement envers nos propres valeurs et léser une partie de nos semblables.

«Cédons-leur la moitié de notre terre, même si la concession est douloureuse ; vous pensez, après près de 2000 ans d'exil! Et vous verrez naître sous vos yeux ébahis un nouveau Moyen-Orient, d'amour et de paix. Signons des accords de paix, faisons taire au milieu de nous ceux qui le contestent, qui n'ont rien compris, et montrons aux antisémites comme nous sommes sincères.» Une autre variante soutient: «Pourquoi imposer aux Arabes de Judée-Samarie un pouvoir importé de l'extérieur en leur imposant par des accords politiques des Arabes érangers? Nommons des dirigeants issus des villes qu'ils occupent, et vous verrez comme tout ira bien, comme ils se mettront à nous aimer.»

Or, cette façon de voir les choses, ou de prendre ses désirs pour des réalités, est démentie d'une manière ininterrompue depuis les premières révolutions culturelles et industrielles. L'aveuglement rend les politiciens et penseurs aux paramètres imaginaires encore plus fous : «Ah bon? Ça n'a pas marché? Mais qui se permet de le prétendre? Ça va marcher, il faut s'armer… de patience. Si on a l'impressions que ça n'a pas marché, c'est que nous n'avons pas assez donné, pas assez montré à quel point nous sommes prêts à faire des sacrifices pour convaincre nos ennemis de se mettre à nous aimer.»

Or, ce n'est pas de cette façon que les ennemis, les antisémites, et ceux qui ne l'étaient pas encore, interprètent de telles intentions. Pour eux, cette acceptation voulue par les dirigeants d'Israël, qui sacrifient leur peuple sur l'autel de leur souhait de plaire aux autres, signifie tout simplement qu'ils reconnaitraient que la terre d'Israël pourrait bien ne pas leur appartenir. «Si vous êtes prêts à débarrasser le plancher de la colline de Bet-El, même en douceur, à chasser les vôtres en pleine nuit et en plein hiver après les avoir tirés de leurs couvertures, si vous êtes prêts à voir surgir un Etat non-juif au milieu de vous, c'est que vous admettez que vous n'avez pas votre place sur l'ensemble de cette terre. Et si vous admettez que Bethlehem, Bethel ou encore Sichem doivent être occupées par d'autres forces et d'autres populations que les vôtres, alors qu'il existe une tradition a priori multimillénaire qui vous y attachent, c'est que des villes comme Holon, Netanya ou Tel-Aviv, où vos attaches sont bien plus récentes, n'ont à plus forte raison aucun rapport avec les Juifs.»

Nous avons déjà parlé du principe talmudique selon lequel un homme qui reconnait seulement une partie d'une dette doit prouver qu'il ne doit pas le reste de la somme, alors que s'il repousse en bloc les revendications du créancier supposé, c'est à ce dernier d'apporter les preuves de ce qu'il prétend. (Voir: Pourquoi les politiciens israéliens ne sont pas crédibles). C'est donc dans cette situation inconfortable que des politiciens comme ceux qui dirigent Israël mettent mal à l'aise le peuple juif, accordant du crédit aux revendications antisémites qui voient dans le Juif un apatride.

Arrêtons-nous un instant sur le tout début du commentaire de Rashi, qui justifie la place du premier verset de la Torah. «Pourquoi la Torah commence-t-elle par Béréchit (au commencement [de]), alors qu'elle aurait dû s'ouvrir sur "Ce mois-ci"» (le mois de nissan, qui sert à fixer le calendrier et les dates des différentes fêtes religieuses représente en effet le premier commandement donné à Israël en tant que peuple). Rashi répond en expliquant que si la communauté internationale venait à nous traiter de voleurs, en nous accusant d'avoir conquis et occupé la terre des sept nations, nous aurions à leur répondre que c'est D. qui a créé le monde et en a attribué les différentes régions à qui bon Lui semble.

Or, il faut admettre que ce n'est pas en acceptant les revendications d'un individu qui prétend qu'un terrain lui appartient que l'on démentira cette accusation de vol, surtout lorsque l'on se trouve dans une situation où même le droit turc ou jordanien, qui n'a pourtant rien à voir avec le droit hébraïque, stipule que personne ne peut revendiquer un terrain abandonné qui a été occupé sur une période de plus de trois ans par un tiers.

Il est intéressant de relever que ce commentaire on ne peut plus clairvoyant de Rashi a été notifié il y a plus de mille ans, et combien il est dommage de constater que les dirigeants politiques et autres penseurs n'ont pas la lucidité requise pour reconnaître la grandeur de nos exégètes et de les reconnaître comme guides. Le public orthodoxe, qui crée de nouvelles villes en Israël, qui a fait revivre Bétar,  en Judée, bâti la ville d'El-Ad à l'intérieur de la plaine côtière, et bientôt sDv de Harish, plus au nord, devrait sortir de son mutisme et faire valoir l'explication de Rashi, pour ne pas laisser se débrouiller des politiciens qui manquent de conviction et de dynamisme positif. Le leadership israélien doit cesser d'avoir peur de revendiquer son droit religieux sur sa terre, de la même façon que d'autres Juifs se battent ailleurs pour leur droit religieux à la circoncision ou à la nourriture cachère ; et ne pas hésiter à s'accrocher au Trône de Gloire pour surmonter la crainte inspirée par tant d'hostilité environnante, à l'instar de Moshé Rabénou qui répondit aux anges qui tentèrent, comme le rapporte le Midrach, de le brûler de leur souffle pour s'opposer à ce que la Torah descende sur la terre.

*Découpage des maisons à Bet-El qui doivent être transférées un peu plus loin.

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 21:04

Ne pas chercher midi à quatorze heures

IMG 4006Quelle différence y a-t-il entre un dangereux psychopathe et un émeutier assoiffé de sang? Aucune, me diriez-vous à première vue. Personne n'aimerait se retrouver sur leur route. En outre, leur cas intéresse les psychologues, sociologues et autres psychiatres, qui dissèqueront et analyseront pour leurs thèses, après que leur sujet aura disséqué selon les circonstances sa victime sociale ou politique, les antécédents malheureux qui, d'inhibés à refoulés, et pouvant remonter à la plus petite enfance, auront finalement donné libre cours à un caractère profondément asocial et dangereux. Et ce n'est pas tout : dans tous les cas de figure, ils seront jugés mentalement irresponsables.

Donc, fondamentalement, les analyses des deux parias, le psychopathe et l'émeutier sanguinaire, se rejoignent dans leurs diagnostiques. Bien qu'une première différence soit perceptible dès le départ, les fous dangereux ne se déplaçant généralement pas en meutes, la divergence ne se retrouvera que plus loin, sur le plan pratique, ou plus exactement dans l'attitude de la société considérée comme saine de corps et d'esprit vis-à-vis des cas soumis à son appréciation. Dans un cas classique d'éventreur par exemple, la mentalité en vogue plaindra la pauvre victime et voudra s'assurer que le dangereux tueur est bien sous les verrous, ou bien isolé dans un département spécial d'un hôpital psychiatrique ;  tandis que dans le plus nouveau de l'émeutier intégriste, on comprendra avec bienveillance que l'irresponsable autant que non coupable aura été offensé par la victime qui n'avait qu'à ne pas se rendre si hardie de se trouver dans ses parages. Et on comprendra, comme dans la fable du loup et de l'agneau, que celui-ci peut être châtié si l'un des siens a troublé l'onde pure utilisée par celui-là, si l'un de ses semblables a produit un film diffusé sur le Net et de très bonne qualité artistique, comparé au niveau du dogme critiqué ; ou si l'un de ses frères – puisque si ce n'est lui, c'est donc ce dernier – a produit une caricature qui ne vaut pas même qu'on lève un sourcil.

En d'autres termes, si dans le cas d'un psychopathe normal, s'il est permis de s'exprimer ainsi, on fera tout pour le mettre hors d'état de nuire, on se fera le plus complaisant possible dans le cas d'émeutiers motivés par le camp de l'anti-paix (le préfixe en i exprimant la négation, comme dans réel, irréel, chalom-salam, ichalom-islam) pour ne pas que leur colère incoercible et dévastatrice ne se déchaîne. Les reproches des pouvoirs français adressés à Charlie Hebdo sont bien légitimes, dans la mesure où ils lui demandent en filigrane de ne pas contrarier les fous, les fous d'Elil, bien sûr, car pour les fous tout court, il y a des asiles, surtout s'ils sont dangereux… enfin, en principe.

On remarquera au passage que personne ne s'inquiète à aucun moment d'une bien improbable réaction violente de la part de Juifs offensés prêts à tout casser. Il semble bien que le venin du crapaud n'atteigne pas la blanche colombe, alors qu'il est corrsif pour d'autres.

Malheureusement, en critiquant le droit à la caricature, les pouvoirs désavouent intégralement toutes les valeurs contre le racisme, l'amalgame etc. qu'ils se sont forgés pendant des siècles de lumières, d'émancipation et de développement, dès qu'ils se lèvent contre cette forme d'exercice de la presse, car ils devraient s'offusquer largement de l'amalgame et du racisme contre la race européano-américano-blanche des émeutiers libyens qui ne lisent pas et auquel une alphabétisation eût été profitable, quand ils prétendent se venger d'un fait attribué a priori à un Européen blanc en frappant sur le premier Européen blanc venu, fût-il non-informé du fait reproché.

Ce qui devrait offusquer le bienpensant, ce sont des émeutiers qui mettent des passants de race européenne en danger parce que les dits émeutiers sont aliénés par un dessin anodin réalisé par un homme de race européenne, ce qui pourrait ce dire en un seul mot : européanophobie, ou françophobie, mais par extraordinaire, ces termes n'existent pas. Or, le racisme et l'amalgame, portés à leur paroxysme par ces pratiques barbares des émeutes qui risquent de tourner, et malheureusement tournent souvent, au lynchage, ne suscitent aucune réaction saine au sein de la classe dirigeante et de la «claque» médiatique. On peut le dire, c'est le monde à l'envers, car, dans un monde normal, on se serait attendu au discours suivant: «Non, messieurs les émeutiers, vous n'avez pas le droit! C'est indigne d'un pays de liberté et de respect des droits de l'homme. Si vous estimez qu'un individu ou une personne morale vous a offensé, quelle que soit la couleur de sa peau ou les intonations de son accent, vous avez la possibilité de porter plainte, mais nous ferons tout pour lutter contre cette tendance immorale qui consiste à prendre à partie au gré du hasard tout individu représentant les mêmes particularités culturelles ou raciales que celui qui, selon vous, vous a manqué de respect». Ce même monde à l'envers – mais a-t-il été déjà un jour à l'endroit pour que l'on puisse dire qu'il est à l'envers? – trouve tout naturel également que cette forme de colère contre l'Occident qui jusqu'à présent n'avait pas dépassé le cadre du folklore exotique contenu à l'intérieur des frontières des pays du sud de la méditerranée, resurgisse contre les Juifs et scande aux Champs Elysées la volonté plus que bestiale de les égorger, que D. nous en préserve et anéantisse nos ennemis.

Et pourtant, l'Hebdo Charlie avait cru bien faire, en se démarquant d'Israël et en le critiquant sur un pied d'égalité avec les adeptes de l'islam. Il semblerait qu'il ait obtenu l'effet contraire: au lieu d'atténuer une réaction islamique plus ou moins prévisible, puisque l'on sait depuis plusieurs événements désastreux à qui on a affaire, le journal a d'autant plus offensé les musulmans qu'il les a ravalé au rang immonde pour eux des Juifs. Un phénomène orthographique intéressant abonde dans le sens du périodique, dans la mesure où il adhère à des valeurs dont toute ressemblance avec celle d'Israël serait purement fortuite. J'ai constaté que la caricature somme toute banale du journal en question a intéressé la presse israélienne. Décidément, quel fantastique coup de pub ! Or, ce n'est qu'en lisant le nom du quotidien écrit en hébreu que j'ai saisi cette particularité surprenante, et il n'est pas nécessaire de savoir le lire pour le comprendre. Voyons plutôt: Charlie a été orthographié שארלי  , tandis qu'Israël s'écrit de la façon suivante: ישראל  . Tout un chacun reconnaitra les cinq lettres dans un ordre différent. Cqfd.

Ce qui est encore moins réjouissant, c'est de trouver des pseudo-intellectuels de service, dont la façon de voir les choses est partagée par très peu de citoyens israéliens mais par beaucoup de journalistes – comme l'a fait remarquer un jour l'invité d'un plateau de télévision, en affirmant que les organisateurs du débat, avec la meilleur volonté du monde, n'aurait pas pu inviter un autre intervenant ayant à peu près le même point de vue que lui, parce qu'il n'y avait pas assez de place pour rééquilibrer sa présence en ajoutant une dizaine de «penseurs se trouvant du bon côté» – qui déplorent que l'on fasse de la provocation contre l'islam. Ils se joignent donc à la tendance à la mode énoncée plus haut, qui consiste de facto à déresponsabiliser les émeutiers non pas pour les interner mais pour faire reposer la culpabilité de leurs dangereux agissements sur les gens sensés et menacés par l'intégrisme, Charlie faisant office d'éclairé, puisqu'au pays des aveugles, les borgnes sont rois.

Cette attitude alarmiste quant à la liberté de caricaturer est d'autant plus déconcertante que les dessins ou autres films ne sont qu'un prétexte passager, car les raisons de la colère ne s'y arrêtent certainement pas, même si on veut se persuader qu'ils y sont pour quelque chose. Tout au plus, il peut s'agir d'un déclencheur, qui vient mettre en avant des symptômes de surface qui à leur tour viennent témoigner, si on cherche un peu, de crises civilisationnelles bien plus profondes et difficiles à soigner. Ces civilisations n'ont pas attendu une caricature ou un film pour contraindre tous les Juifs, ou 99.0% d'entre eux, à quitter massivement les terres passées sous leur hégémonie. Par conséquent, il faut bien se rendre à l'évidence que si aujourd'hui on assiste à une menace, en France, en Belgique ou ailleurs, qui vient s'attaquer aux Juifs dans leurs biens et dans leur chair, c'est que cette civilisation annonciatrice de désastre est en train de s'étendre et de s'épandre ; et de la même façon que la caricature représente la partie émergeante de l'iceberg, quand la partie invisible, si on ferme bien les yeux, reste l'intolérance, la haine, l'obscurantisme, le racisme musulmano-islamique ; les Juifs dont le sang est réclamé aux Champs Elysées ne sont que la partie tangible d'une haine qui vise toute la civilisation européenne qui a mis elle-même des siècles à devenir éclairée.

Il ne tient donc qu'aux dirigeants européens de se ressaisir, de ne plus diminuer leur importance à leurs propres yeux, de surmonter leurs phobies, y compris surtout la phobie de l'islamophobie, de faire en sorte que le nom d'une rue mondialement connue continue à l'être parce qu'elle évoque la paisible chanson chantée jadis pas un Juif qui ne crachait pas dans la soupe, et que cette image heureuse ne soit pas remplacée par le cauchemar du versement du sang des Juifs et des autres.

Que l'on se balade sur l'avenue, le cœur ouvert à l'inconnu, et non pas la gorge ouverte à un mal connu ; et que l'on puisse tomber sur des gens qui aient envie de dire bonjour à n'importe qui, et non pas de lui trancher les veines jugulaires, ou que l'on y puisse encore rencontrer des gens auxquels il suffit de parler pour les apprivoiser, parce que vu le mauvais coton qui est en train de se filer, ce n'est plus la parole qui peut apprivoiser, mais du matériel antiémeute, et ce ne sera plus une guitare que les fous auront dans leur main, avec laquelle ils vivent constamment, mais une kalatchnikov, «des fous ♫ qui vivent la kalatch à la main, ♪ du soir au matin ».

Mais afin que l'obscurantisme qui a mis si longtemps à être surmonté ne soit pas remplacé par un autre, il convient de prendre le taureau par les cornes, d'appeler un chat un chat et de confondre les véritables coupables sans éprouver pour eux une pitié mal-placée en faisant porter le chapeaux à des gens qui n'ont rien demandé d'autre que de vivre dans la quiétude des acquis de la civilisation qui ne se froisse ni ne s'offense plus pour un oui ou pour un non.

Chana tova.

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 11:28

IMG_0283.jpgSavez-vous pourquoi on ne revient à l'heure d'hiver qu'à deux heures du matin et non pas à une heure, comme c'était le cas au départ ?

Un samedi soir d'octobre, ou de tichri, Reuven remontait à Jérusalem dans la ligne interurbaine n°405, quand le prix du voyage ne coûtait que deux shékels quatre-vingt. L'effervescence de l'ancienne station centrale des bus de Tel-Aviv, avec ses petites ruelles où s'entremêlaient les échoppes et les quais, lui causa un bon quart d'heure de retard. Lui qui ne voulait pas rater le dernier bus pour le quartier de la Moshava, et qui pensait arriver sur le coup des onze heures et demie, ou minuit moins quart, ne se pointa qu'à minuit dix au départ de la ligne 18.

« Qu'à cela ne tienne », se dit-il. « En supposant que j'ai effectivement raté le dernier bus qui démarre à minuit, à une heure, on revient à l'heure d'hiver. »

Une femme d'une cinquantaine d'années, israélienne bon teint, arriva sur ces entrefaites. Elle semblait bien embarrassée. Reuven l'appela. « Vous devez prendre le dix-huit ?

-          Je devais, mais je pense que je vais être obligée de prendre un taxi.

-          Mais pas du tout. Dans un peu plus d'une demi-heure, c'est l'heure d'hiver.

-          Et alors ?

-          Eh bien, il sera à nouveau minuit, et il ne nous restera plus qu'à prendre le bus de minuit, qui sera double, puisqu'on change d'heure.

-          C'est complètement ridicule !

-          Allez le dire à ceux qui ont décidé qu'il serait deux fois minuit dans la même soirée !

-          C'est pas bête, en fait. »

Bref, en à peu près vingt minutes, la station était bondée, chaque nouveau venu transmettant ce raisonnement fort logique au suivant. Mais certains, vers minuit dix (du nouvel horaire), commencèrent à éprouver de sérieux doutes. Un homme vint à passer. Intrigué, il s'arrêta devant cette foule curieuse.

« Que faites-vous ici ? Vous ne devez pas rester là.

-          Mais qui êtes vous, s'enquit la première personne convaincue après Reuven.

-          Egued*.

-          Ça tombe bien, qu'est-ce que c'est que ce retard ?

-          Quel retard ? On a fini la journée, à demain. »

La foule ne l'entendit pas de cette oreille.

« C'est scandaleux, le service ne vaut rien, il est minuit vingt-cinq, et on est plantés là.

-          Quelle heure est-il ?

-          Minuit vingt-cinq, parfaitement ! »

Le préposé régla sa montre.

« Et qu'est ce que vous attendez ?  Le prochain bus est à six heures du matin »

L'ambiance chauffait de plus en plus.

« Et oh, un par un, s'il vous plait ! On ne s'entend plus. »

La dame sensée récapitula gentiment:

« On attend le bus de minuit.

-          Ah, c'est ça, mais il est déjà parti depuis une heure et demie. J'en sais quelque chose, c'est moi le responsable !

-          Quoi, mais qu'est-ce que vous nous racontez là, ça fait plus d'une heure que je suis là et je peux vous assurer qu'il n'est pas passé.

-          Ah, le deuxième?  Bon attendez, on ne va pas vous laisser là comme ça. »

Le responsable se retira, et revint peu après au volant d'un autobus. Depuis cette affaire un peu embrouillée, le passage à l'heure d'hiver s'effectue à deux heures du matin.

© * Compagnie israélienne des transports publics.

שנה טובה וגמר חתימה טובה לכל בית ישראל   

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 20:22

IMG_6161.jpgLe jeu des sept erreurs

     

               

 

  Observez bien les deux caricatures ci-dessus. Près de cent ans les séparent. Nous allons cependant être amenés à constater que les mentalités ainsi que leurs artifices ont assez peu évolué.

  Ceux qui sont habitués à ce genre de jeux sont généralement invités à examiner deux illustrations en apparence identiques et à y chercher de subtiles différences. Ici, pour changer, vous serez priés de trouver des points communs au niveau du procédé de la caricature et de l'impact recherché...

 

  Voilà, alors, combien en avez-vous trouvés? Il ne vous reste plus qu'à comparer vos réponses avec les solutions:

 

  1 On choisit un personnage connu, représentatif du peuple juif, quasi-emblématique.

 

  2 Il devra être célèbre pour la puissance financière ou militaire qu'il représente.

 

  3 Il sera représenté dans des dimensions disproportionnées, vis-à-vis duquel les Gentils paraîtront minuscules et impuissants malgré l'étendue de leur territoire (le monde entier) ou de leur armement (la puissance destructrice de la dynamite).

 

  4 Il écrasera les autres à l'aide des mains ou des pieds sans effectuer pour cela le moindre effort.

 

  5 Il devra arborer ostensiblement un signe de supériorité: couronne (on observera au passage comment la rouelle passe de symbole humiliant à apparat royal) ou décorations militaires.

 

  6 Pour la présentation de l'image, la tête du personnage en sera le point culminant.

 

  7 Les journaux qui les ont publiées ont la prétention de vouloir lutter contre les injustices, chacun à sa façon.

 

  7 bis: question subsidiaire, destinée à départager les ex aequo : quelle est la caricature la plus récente et de quel journal est-elle tirée?       

 

 Une allusion:   encore une méthode d'utilisation de la presse dont le but est d'éviter qu'elle ne s'use!

                                                                                            Yéochoua Sultan.

 

 

 

 

  *   Les caricatures étant d'assez mauvaise qualité, il semble nécessaire de préciser qui sont les personnages représentés.

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 12:14

De la palestinité des Juifs

 

 IMG_3333-copie-1.jpg Cet article présente une réflexion globale permettant de mieux appréhender les fonctionnements de l'antisémitisme, sur la base de l'antisionisme, qui n'est qu'un aspect moderne du précédent.

   Il n'attaque plus le peuple juif sur le terrain de sa dimension spirituelle mais terrestre.

   Il n'est pas superflu de passer très succinctement sur les motifs profonds de la judéophobie, dont les origines remontent à ce que l'on pourrait appeler la «préhistoire d'Israël», l'ère où Israël n'avait pas encore été désigné. Dès l'aube de l'humanité, pour représenter Sa Parole et Sa volonté ici-bas, D. a choisi un homme juste et intègre qui se distinguait radicalement des autres. S'il peut être malaisé de considérer qu'Adam évolua au sein d'une quelconque population alors qu'il venait d'être crée, même les sceptiques aujourd'hui, ceux qui ont tendance à considérer les faits rapportés par la Thora comme des légendes, ne peuvent disconvenir de l'hostilité à laquelle furent confrontés Noah ou plus tard Abraham. Le texte midrashique relève la précision du texte: «D. ferma pour lui (Noah  (   l'arche». Cela signifie que les gens de sa génération tentèrent de l'empêcher d'accomplir l'ordre divin. Il en est de même pour Abraham. La réfutation de l'idolâtrie réveille la haine et la colère de Nemrod qui tente de l'éliminer. Lorsque, beaucoup plus tard, c'est tout un peuple qui est choisi par D., tandis que l'humanité tout entière craint et respecte ceux pour qui tant de miracles ont été accomplis,   voilà qu'Amaleq vient sans vergogne s'attaquer aux élus tout juste après leur libération du joug égyptien.

  Mais que faisaient donc tous les impies à l'époque où personne n'avait encore été désigné   pour servir D.? La réponse est simple: ils tentaient de s'attaquer directement à Lui ou de déranger l'ordre et les règles de la création par la perversion. On construit une tour atteignant le ciel ou on détourne les unions des couples (כי השחית כל בשר וכו'  ). On conviendra cependant qu'il est plus commode de trouver un adversaire terrestre auquel on peut plus concrètement et rationnellement se mesurer.

  L'un des procédés de base des négateurs de D., au mécanisme dont les rouages sont depuis fort longtemps rodés, consiste pour eux à se présenter comme étant dans leur bon droit, ou mieux, défendant l'intérêt général. Leur dialectique est fondée sur de grandes causes qui leur permettent de conforter leurs opinions et de justifier leurs agissements: la tolérance, la justice et la paix, la largesse d'esprit ou le secours des opprimés seront les principaux motifs qui conforteront leur conscience. Mais pour se faire, il faudra tout d'abord inverser les rôles, transformer la victime en bourreau, le persécuté en oppresseur, le nain en géant si c'est le géant qu'on veut favoriser ou vice et versa, bref le bon en mauvais. La réalité est bien entendu très différente des récits fictifs diffusés par les romans et le cinéma où le méchant revendique son appartenance au domaine du mal.

   Ainsi, de nos jours, le descendant de David se verra  qualifié de Goliath tandis que l'immensité d'un monde arabo- musulman hostile, par le biais de l'un de ses sous-ensembles isolé du contexte général, le pseudo peuple palestinien, suscitera l'admiration médiatique par les supposées qualités de courage et de détermination attribuées au même sous- ensemble. Et voila comment une poignée de voyous, jeteurs de pierres puis de balles et de bombes, sera transformée par les médias en héros parvenant à l'aide de peu de moyens à mettre l'une des meilleures armées du monde en déroute. Notons en passant que ce tapage médiatique a suscité en Europe des vocations semblables rendant certaines cités impraticables pour les non- héros. A des époques relativement plus reculées, les accusations calomnieuses ne faisaient pas défaut aux détracteurs du judaïsme,  qualifié de culte déicide, et de ses fidèles, auxquels on reprochait de vouloir dominer le monde et (ou) d'en dépouiller les habitants de leurs biens et de leurs richesses, semant de la sorte la misère et la désolation de par le monde. En règle générale, le Juif sera qualifié d'accapareur, d'assassin par empoisonnement, meurtres rituels ou représailles abusives.

   Ce n'est qu'après la Shoah que vingt siècles de turpitude ont éclaté au grand jour et qu'ont été littéralement démasqués et déjoués tous les artifices de l'opposition farouche au choix de D. Il ne resta alors pas d'autre possibilité que de reconnaître les   tors provoqués par la haine ayant précipité les peuples qu'on prenait pour éclairés dans ce crime incommensurable, crime accepté voire voulu du fait des accusations lancinantes et maintes fois séculaires proférées à l'encontre des Juifs. Une accalmie passagère, sinon mondiale du moins européenne, s'en est donc ressentie. Pour reprendre plus tard à nouveau cette lutte et brandir l'étendard de la guerre contre D., il a fallu mettre au point de nouveaux  motifs. Certains continuent à utiliser les mêmes, non sans se référer toutefois aux élucubrations du négationnisme.  Les accusations  déicides étant dès à présent mal considérées, tout comme celles des crimes rituels, un concept nouveau est mis au point: l'antisionisme. Cette doctrine comble un terrible vide, car il est alors à nouveau donné à tout un chacun de prendre les Juifs à partie, fussent-ils nés en dehors de l'état d'Israël et n'y avoir jamais mis le pied.

Le vide laissé par l'enfant chrétien est comblé par l'enfant palestinien. Si dans le passé on a mis au point le concept du chrétien, lourd de sens puisque lui-même dérivé du terme croix, concept de la victime crucifiée pour qui la culpabilité incombe aux Juifs de toutes les générations, on assiste depuis quelques décennies à la mise au point du nouveau concept, relayant l'ancien, du palestinien, pour lequel on a procédé à un rétrécissement de sens. Et voici comment ça fonctionne pour reprendre le cheminement à son début:

Le Palestinien, dans un premier temps, c'est le Juif. En exil, il est originaire de sa patrie, la Palestine, dont le nom a été imposé  à la suite de la répression contre la révolte de Judée pour ne plus dire «terre des Juifs». Avec le temps, on constate un élargissement du sens du terme, quand le «Palestinien» devient tout habitant de la terre d'Israël, qu'il soit juif ou non. Or, comble d'outrecuidance, l'antisémitisme, dont toutes les cartes ont été brûlées par la Shoah, procède aux fins de sa propagande à un rétrécissement qui va exiger que seuls les non-juifs, à commencer par les arabo-musulmans, puissent bénéficier de cette désignation, au point de faire du Juif, supplanté, et dont le titre a été retiré, un étranger et un usurpateur sur sa propre terre, pour en faire définitivement un apatride.

  Mais la supercherie éhontée ne s'arrête pas là. Puisque le concept du Palestinien est une arme au service de la propagande contre le Juif, où qu'il se trouve (on reproche aux Juifs de la diaspora d'être solidaires des Israéliens), ne seront définis comme Palestiniens uniquement les populations ou individus que cette désignation rend utile à la condamnation des Juifs. Par conséquent, les habitants non-juifs du Liban ou de la Jordanie ne tomberont pas sous le coup de cette appellation, bien qu'ils se situent géographiquement en Palestine juive historique, puisqu'Israël n'y exerce pas de souveraineté. Pareillement, entre la date de l'Indépendance d'Israël et la guerre des Six jours, les non-juifs présents en Judée-Samarie ou à Gaza ne sont pas non plus appelés Palestiniens. Ils ne le deviennent qu'en fonction de la fonction qu'ils peuvent assumer en tant qu'outil servant à la propagande précitée. Supposons à présent qu'une méga attaque contre Israël ait pour résultat de voir l'Etat juif s'étendre très loin de ses frontières, nous verrions alors des ressortissants de nombreuses nationalités faire allégeance pour la citoyenneté palestinienne.

Mais aussi absurde que sont ses rouages, la propagande est implacable. La pression qu'elle exerce va jusqu'à faire considérer comme légitimes l'expulsion de milliers de Juifs de leurs villages et l'anéantissement de ces derniers. On assiste à nouveau à l'élaboration d'un «judenrein» sans que cela ne touche personne, et les nouveaux détenteurs du titre de Palestiniens sont légitimement encouragés à se faire justice contre les Juifs. Le soutien et l'empathie mondiale dont ils bénéficient sont déguisés en d'aide humanitaire, tandis que les vrais pays pauvres ne suscitent aucun intérêt.    

 

En conclusion, nous affirmerons que les notions d'Ancien-Testament et de Palestiniens se rejoignent. Toutes deux sous-entendent la caducité supposée des Juifs.

  Vous n'êtes plus le peuple choisi par D. au niveau de la dimension spirituelle, votre pacte est obsolète, dépassé, pour ainsi dire périmé. C'est un «ancien testament», un «vieux bottin». D'autres élus ont été désignés.

  Vous n'êtes plus le peuple choisi par D. au niveau de la dimension terrestre, vous êtes condamnés à errer jusqu'à la fin des temps. Vous n'êtes plus palestiniens. D'autres élus ont été désignés.

  Si on ne peut que se féliciter du réveil collectif refusant à présent l'emploi de la plus ancienne des deux notions ci-dessus, y compris chez certains chrétiens, l'adoption de la seconde ne présage rien de bon. Le débat est perdu d'avance. Remplaçons mentalement les termes Palestiniens par propriétaires et Israéliens par squatters, on obtiendra par exemple: «Que pensez-vous de l'action menée par les squatters contre les propriétaires, action qui selon eux est censée rétablir le calme?»

  Cette dernière réflexion peut sembler parodique mais elle reflète exactement l'inconscient collectif.

S'il arrive toutefois qu'une personne interrogée par des journalistes refuse d'entrer dans ce jeu en affirmant que si un peuple mérite l'appellation de palestinien, ce ne peut être que le peuple juif, dont la palestinité est bafouée, ses propos seront automatiquement censurés. Il devra préalablement admettre l'idée reçue qui conteste aux Juifs la légitimité de leur dimension terrestre.

Quand à l'objection soutenant: «Qu'à cela ne tienne, palestinien veut dire étymologiquement envahisseur, dérivé de la racine trilitère plš», elle n'influe pas sur les consciences, la valeur sémantique ayant fait oublier la valeur étymologique, qui ne dérange pas plus que «saupoudrer de sucre», bien que ce verbe devrait signifier «poudrer de sel».

Il convient donc de dénoncer et de lutter sans relâche contre cette imposition tronquée du vocabulaire, et ne pas hésiter à se montrer choquer d'être déshérité de sa terre par un jeu du verbe.

IMG_3333.jpg

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 10:59

Un missile tiré de Gaza a encore frappé de plein fouet une habitation, à Nétivoth cette fois. Sept blessés sont à déplorer à Béer-Cheva en raison d'un autre tir. Le cauchemar des bombardements, et l'incertitude, même en période de calme, d'un avenir toujours menacé est le cadeau direct d'un pouvoir prêt à léser ses frères et électeurs pour faire plaisir à des ennemis qui, on le sait, ne consIMG_6099.jpgidéreront jamais le moindre geste de bonne volonté, pour eux, et de trahison, pour le peuple d'Israël, par ses dirigeants comme la manifestation d'une recherche de paix mais comme un signe de soumission et de faiblesse.

Quand des voyous sévissent dans un quartier, faut-il leur faire des cadeaux ou faire en sorte de les en éloigner le plus loin possible? Un jour, un autocollant apposé un peu partout dans le pays disait, sans passer par quatre chemins: «Pas d'Arabes, pas d'attentats!» Ce langage un peu trop direct lui a valu d'être interdit. Pourtant, indépendamment de toute opinion, la loi israélienne interdit l'accès aux Israéliens dans tous les territoires de la terre d'Israël occupés par des Arabes et contrôlés par un pouvoir de la même obédience. C'est ce qu'indique le fameux panneau rouge près de chaque route qui conduit aux régions concédées aux «partenaires de la paix», cosignataires des tristement célèbres accords d'Oslo. Serait-ce à dire que les autorités ont adopté le principe énoncé par le dit autocollant? Car cette interdiction euphémique, qui concrètement n'interdit le passage qu'aux seuls Juifs, les Arabes israéliens étant libres de leurs mouvements, veut bien dire: «Juifs! N'entrez pas là-dedans! La population arabe vous veut du mal, sa présence est dangereuse, et la loi veut vous protéger du risque d'attenter à votre vie.» Or, cette interdiction n'est pas une affaire d'extrême droite, puisqu'elle a été concoctée tout autant qu'elle est approuvée par toute la classe politique, y compris par ceux du «camp de la paix», qui n'est certainement pas la paix dans le sens où l'entend le monde libre. 

Souvent, on entend dire, de la bouche de Juifs qui ont dû déguerpir dare-dare des pays arabes: «Le problème des dirigeants israéliens, c'est qu'ils ne connaissent pas la mentalité arabe et qu'ils peuvent pas la comprendre, parce qu'ils n'ont pas vécu dans les pays arabes. C'est ce qui les empêche de comprendre que toutes les concessions possibles non seulement n'apporteront jamais le calme ni la paix, mais au contraire apporteront la guerre.»

Le véritable problème, au niveau de la pensée qui caractérise la classe dirigeante en Israël aujourd'hui, c'est que non seulement elle ne peut correctement appréhender la mentalité susnommée, mais qu'elle n'avait pas permis davantage de comprendre la mentalité allemande ou polonaise, quand on s'imaginait au 19ème siècle que les Gentils allaient aimer les Juifs pourvu qu'ils fassent des concessions, et que ceux-là renonceraient à tout sentiment d'animosité en échange du renoncement à se distinguer de ceux-ci, par la religion et l'environnement, pour exceller dans les sciences et les arts, et investir un colossal effort d'intégration. Il est vrai que l'émancipation était prometteuse, du siècle des Lumières à l'égalité des droits, et rares furent ceux qui prirent au sérieux les dangers. S'il est vrai cependant que les droits civiques ont été de nouveau accordés aux Juifs d'Algérie, les avantages du décret Crémieux ayant été réhabilités après une période incertaine dans les années 40, il n'en fut pas de même pour la dégradation des droits des Juifs d'Allemagne et de France, pour ne citer que ceux-ci. Je peux citer ici une anecdote intéressante: les grands-parents d'un de mes voisins quittèrent l'Allemagne pour la Terre sainte il y a un peu moins d'un siècle. Réticente, l'épouse protesta dans un premier temps: «Les temps ont changé. Les non-Juifs ne nous haïssent plus comme avant. J'ai moi-même beaucoup d'amies. – As-tu parmi tes bonnes amies au moins une personne à qui tu puisses te confier, et poser des questions délicates de sorte qu'elle te réponde franchement? – Certainement, mais que veux-tu dire? – Demande-lui si le peuple allemand ne risque pas un beau jour, si les circonstances s'y prêtent, de se lever pour tuer les Juifs? – Tu n'y penses pas? – Pose-lui la question, tu verras bien.» L'épouse, bien que choquée, y consentit. Elle fut encore plus choquée par la réponse. Ils firent leur alyah, avec les conditions que l'on sait.

Les dirigeants préfèrent opter pour une mauvaise lecture de la carte, et tomber de Charybde en Scylla, et continuer à ignorer la parole divine pour faire confiance à l'espèce humaine. Les textes prophétisent le retour d'Israël sur sa terre, tandis que sa conquête et l'installation en ses frontières consiste en un commandement. Mais non, on préfère agir comme si la terre était tombée entre nos mains pour l'offrir sur un plateau d'argent à des ennemis qui ne nous veulent pas le plus grand bien. L'entêtement à ne pas s'écarter de cette attitude n'est pas sans rappeler la démarche suivie dans la parachat Ki Tavo, («Quand tu viendras sur la terre que D. te donne en héritage. Tu l'as conquerras et tu t'y établiras.» Deutéronome 26, 1) section hebdomadaire de la Torah que nous venons de lire ce shabbat. De terribles répercussions sont énoncées en cas de non-respect des termes prévus par le Pacte, et elles vont en s'aggravant à mesure que l'on s'entête à faire la sourde oreille: «Si vous continuez à agir avec Moi comme s'il s'agissait d'un malencontreux accident» (קרי  , dans le texte, se rapproche de מקרה  , מקרה לילה    étant un accident impur. En hébreu moderne, במקרה signifie par hasard, ou accidentellement.) On a laissé la région de Gaza aux terroristes, Olp puis Hamas ; on a même fait partir tous les Juifs pour vraiment leur faire plaisir…

Mais qu'à cela ne tienne! On continue! Les travaux se poursuivent de plus belle pour que les maisons «errantes» soient déplacées de la colline du quartier de la Oulpena. «Mais pourquoi nous inquiétez?», nous diraient, rassurants, Netanyahou et Barak. «N'avons-nous pas le Dôme de fer dans le Sud, et pardonnez-nous si certains ont la poisse et sont touchés dans leur chair et leurs biens par le faible pourcentage d'échec de ce système. Que voulez-vous, on n'a jamais vu un système de défense fonctionner à 100%, il ne faut pas exagérer, tout de même! Non mais! » Et que peuvent-ils dire pour nous rassurer, sachant que les avions qui atterrissent à Ben-Gourion sont dans la ligne de mir de tout agresseur muni d'un lance-missile portable? Tout simplement la chose suivante: «Comment, vous ne savez pas qu'Elbit a mis au point un système de défense qui va être incorporé aux avions pour détruire tout missile qui s'approcherait d'eux?» (Présenté le 9 juillet dernier par Elbit, ce système entre dans la série des DIRCM, voir http://www.inn.co.il/News/News.aspx/240783)

Il ne nous reste plus qu'à prier pour que les dirigeants israéliens n'aient d'autre choix – à l'ombre des attaques du Sinaï, du dévoilement de la véritable face de l'Egypte, et des attaques de Gaza d'où les missiles pleuvaient déjà à une moindre échelle quand Israël s'y trouvait encore partiellement, après les accords de Gaza et Jéricho d'abord – que d'agir pour le bien de leur pays et de leurs citoyens ; et que le verset de la haftarah, passage des Prophètes lu après la Torah, se réalisera promptement et de nos jours: «Et on n'entendra plus Hamas sur ta terre… » (Isaïe, 60, 18). IMG_6106.jpg

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 16:31

La course à l'armement nucléaire de l'Iran n'a de secret pour personne. Et elle se poursuit malgré quelques virus à première vue efficaces, et avec l'aide de pourparlers censés lui mettre un terme mais servant de couverture à la dictature qui gagne toujours plus de temps. Du coup, tout est fait médiatiquement pour semer la panique dans les chaumières israéliennes. Les déclarations apocalyptiques sont amplifiées, et pour couronner l'ambiance, des sondages n'y vont pas avec le dos de la cuiller en ne demandant rien de moins aux gens que s'ils pensent qu'une nouvelle Shoah serait possible.

Devrions-nous donc déjà nous dire, à l'image de Samson: «Que meure ma personne avec les Philistins?» A défaut, serait-il possible d'effrayer des ennemis dont la menace est bien plus effective que celle de l'Iran, de les faire trembler de cette peur que l'on cherche à nous inculquer, afin qu'ils s'enfuient le plus loin possible et que nous puissions enfin circuler en toute quiétude dans notre pays sans avoir à chaque déplacement besoin de l'accord et de la protection de l'armée ou de la police? Car il est évident qu'une attaque atomique sur Jérusalem n'épargnerait pas Ramallah, et qu'une autre sur Haïfa ne serait pas moins dangereuse pour les Arabes de la Galilée. Donc, logiquement, si les menaces étaient retransmises dans toute leur horreur dans les quartiers où il est interdit aux Juifs de circuler – avec mention du risque sur un panneau rouge à l'entrée, – on devrait s'attendre à ce que des populations qui ne sont pas réellement attachées à cette terre décampent pour nous permettre de ne plus circuler en bus blindés.

Quoi qu'il en soit, la question persiste: faut-il avoir peur de l'Iran? Peut-être pas plus que de son voisin l'Irak. Quand ce dernier menaçait Israël de guerre chimique, celle-ci s'est avérée chimérique. Non pas grâce aux missiles Patriotes inefficaces, qui, s'ils ne rataient pas leurs cibles, les atteignaient pour les faire éclater au-dessus des villes pour casser presque toutes les vitres ; mais peut-être en raison d'une Force que le monde se refuse à reconnaître et qui est garante d'une promesse à mainte reprises énoncée dans la Torah, promesse d'un rassemblement des exilés qui ne devront plus être déracinés ou réellement menacés.

Non, ce qui fait peur, ce n'est pas la menace extérieure, même s'il ne faut pas la prendre à la légère. Cette menace ne changera pas, et du printemps arabe, c'est comme du travail du même nom, ça restera du printemps arabe. Ce qui fait peur, c'est quand le commandement d'Israël s'emmêle les pédales, quand il scie la branche sur laquelle il est assis, quand il se retourne contre ses propres citoyens au profit de ses ennemis. Ce qui fait peur, c'est cet abandon du Sinaï au profit d'un pays haineux au possible, où quand une célébrité est prise au piège d'un jeu télévisé, après avoir cru naïvement qu'on l'interviewait pour la télé israélienne, et juste avant qu'elle ne tombe en syncope, se fait dire que c'était pour rire.

Ce qui fait peur, c'est quand un gouvernement israélien, comme une machine qui s'emballe, expulse tous les Juifs de Gaza au lieu d'en éloigner ses ennemis. Cet acte ne s'arrête pas à l'injustice flagrante et insupportable subie par les victimes directes d'un acte discriminatoire inimaginable, mais fait d'une vie paisible un véritable cauchemar dans les villes alentours. A Eshkol et Sdéroth, c'est au quotidien. A Béer-Cheva ou Ashdod, c'est plus espacé dans le temps. Mais qui eût pensé que des villes israéliennes allaient être bombardées suite à une politique suicidaire d'un pouvoir créé pour les protéger?

Ce qui fait peur, c'est quand on mobilise la police israélienne pour chasser des Juifs de chez eux (voir Migron), pour servir d'organe de guerre aux ennemis qui revendiquent la terre d'Israël ; c'est de voir cette discrimination antijuive d'un gouvernement juif qui risque fort de nuire à Jérusalem et à Tel-Aviv, tout comme elle a été et est nuisible à Ashkelon et Ashdod pour un agissement semblable dans le Sud.

Ce qui fait peur, c'est cette signature des accords d'Oslo, qui a fait plus de victimes juives qu'une bonne partie des guerres, quand le mouvement le plus antisémite de l'époque s'est vu offrir de vastes bases d'endoctrinement et de préparation d'explosifs devant aussi faire le jeu d'attentats à l'arme à feu dont les tristes images ont circulé dans le monde des médias.

Ce qui fait peur, c'est de savoir que plus de mille jeunes filles sont captives dans des localités arabes ou bédouines, et que seules des associations caritatives se soucient de leur sort, les autorités se contentant d' «avoir honte» et de le proclamer fièrement quand des jeunes gens défendent l'honneur de jeunes filles harcelées en plein centre de Jérusalem.

Ce qui fait peur, c'est de voir le gouvernement laisser complaisamment des clandestins remplacer la population israélienne au sud de Tel-Aviv, débloquer six milliards de shekels pour légaliser la mainmise de clans bédouins belliqueux dans le Néguev (politique à deux vitesses quand on sait ce qui se passe à Bet-El), ne prendre aucune mesure pour protéger les éleveurs juifs de Galilée…

Et si l'Iran doit faire peur, c'est encore une fois indirectement. Car ce qui peut nour effrayer, c'est cette attente du gouvernement israélien qui, au lieu de prendre les devants, se fait suppliant devant la communauté internationale pour qu'elle empêche cette menace de devenir réelle. Or, cette communauté, en supposant qu'elle existe, chaque pays ayant ses propres chats à fouetter, ne fera rien de plus que de verser une larme à l'avance. Elle restera égale à elle-même, et ne se mobilisera pas plus qu'il y a près de sept décennies. Tant que l'Iran ne menace pas directement l'Europe ou l'Amérique, physiquement ou économiquement, rien ne se fera de ce côté. Les nations du monde libre conserveront à leur avantage l'alibi de n'avoir eu cesse de tenter de persuader l'Iran, à défaut de le dissuader, d'abandonner son programme atomique, sanctions contournées à l'appui.

Cette attente du gouvernement Netanyahou-Barak leur fait oublier que le principal objectif politique de la fondation de l'Etat d'Israël consiste justement à ne pas compter sur les nations pour faire la guerre en notre faveur quand une partie d'entre elles nous agresse.

Il y a certes peu à attendre, et c'est certainement ce qui doit nous faire peur, d'un ministre de la Défense toujours prompt à prendre la fuite, comme l'indique si bien le surnom populaire qu'il s'est fait, Ehoud Bara'h, Ehoudle fuyard. Et on peut se permettre de penser à juste titre qu'un ministre, quelle que fût sa fonction en toutes circonstances, qui a abandonné le Sud-Liban – ce qui s'est soldé par une seconde guerre du Liban ouverte avec des tirs de missiles jusqu'à Meron et Haïfa, et par une menace toujours plus imminente du Hezbollah, allié féroce de l'Iran et d'Assad – et qui a voulu démanteler cent villes et villages juifs pour faire plaisir au plus grand terroriste de son époque, puisse être à plus forte raison bien incapable de s'imposer sur un terrain qui est loin d'être sous l'emprise d'Israël. Difficile de l'imaginer attaquer l'Iran pour prévenir une attaque atomique. A moins que Netanyahou n'en reçoive intimement l'ordre de celui qu'il considère comme son supérieur hiérarchique, à savoir le président américain de service, ce qui ne semble pas probable à l'heure actuelle.

En tout cas, l'Iran n'a pas peur des conséquences que pourraient lui causer ses menaces, quand une attaque israélienne, même lorsqu'elle est envisagée, devrait se faire de la manière la plus rassurante possible: en touchant le moins possible les populations civiles. Pourtant, ce qui fait peur aux régimes féroces, comme à Dresde ou à Nagasaki, c'est bien un pilonnage massif du pays et non de ses  dirigeants. C'est d'ailleurs cette même menace qui pèse sur la population civile israélienne qui dérange tellement l'équipe qui nous gouverne. Mais alors, si cette équipe met un point d'honneur à causer le moins possible de «dommages collatéraux», pourquoi ne capture-t-elle pas le dictateur iranien? Puisque les civils iraniens sont tellement sympathisants d'Israël (ce qui n'est par ailleurs pas nécessairement totalement impossible), la menace s'annulerait d'elle-même.

 Il ne reste plus qu'à espérer, comme ce fut le cas à de nombreuses reprises depuis le début de l'histoire de notre résurrection nationale, qu'une cause extrinsèque détourne l'attention et les intentions de l'Iran de notre pays et de nos affaires, et le mette au bord de l'épouvante.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 15:29

La course à l'armement nucléaire de l'Iran n'a de secret pour personne. Et elle se poursuit malgré quelques virus à première vue efficaces, et avec l'aide de pourparlers censés lui mettre un terme mais servant de couverture à la dictature qui gagne toujours plus de temps. Du coup, tout est fait médiatiquement pour semer la panique dans les chaumières israéliennes. Les déclarations apocalyptiques sont amplifiées, et pour couronner l'ambiance, des sondages n'y vont pas avec le dos de la cuiller en ne demandant rien de moins aux gens que s'ils pensent qu'une nouvelle Shoah serait possible.

Devrions-nous donc déjà nous dire, à l'image de Samson: «Que meure ma personne avec les Philistins?» A défaut, serait-il possible d'effrayer des ennemis dont la menace est bien plus effective que celle de l'Iran, de les faire trembler de cette peur que l'on cherche à nous inculquer, afin qu'ils s'enfuient le plus loin possible et que nous puissions enfin circuler en toute quiétude dans notre pays sans avoir à chaque déplacement besoin de l'accord et de la protection de l'armée ou de la police? Car il est évident qu'une attaque atomique sur Jérusalem n'épargnerait pas Ramallah, et qu'une autre sur Haïfa ne serait pas moins dangereuse pour les Arabes de la Galilée. Donc, logiquement, si les menaces étaient retransmises dans toute leur horreur dans les quartiers où il est interdit aux Juifs de circuler – avec mention du risque sur un panneau rouge à l'entrée, – on devrait s'attendre à ce que des populations qui ne sont pas réellement attachées à cette terre décampent pour nous permettre de ne plus circuler en bus blindés.

Quoi qu'il en soit, la question persiste: faut-il avoir peur de l'Iran? Peut-être pas plus que de son voisin l'Irak. Quand ce dernier menaçait Israël de guerre chimique, celle-ci s'est avérée chimérique. Non pas grâce aux missiles Patriotes inefficaces, qui, s'ils ne rataient pas leurs cibles, les atteignaient pour les faire éclater au-dessus des villes pour casser presque toutes les vitres ; mais peut-être en raison d'une Force que le monde se refuse à reconnaître et qui est garante d'une promesse à mainte reprises énoncée dans la Torah, promesse d'un rassemblement des exilés qui ne devront plus être déracinés ou réellement menacés.

Non, ce qui fait peur, ce n'est pas la menace extérieure, même s'il ne faut pas la prendre à la légère. Ce qui fait peur, c'est quand le commandement d'Israël s'emmêle les pédales, quand il scie la branche sur laquelle il est assis, quand il se retourne contre ses propres citoyens au profit de ses ennemis. Ce qui fait peur, c'est cet abandon du Sinaï au profit d'un pays haineux au possible, où quand une célébrité est prise au piège d'un jeu télévisé, après avoir cru naïvement qu'on l'interviewait pour la télé israélienne, et juste avant qu'elle ne tombe en syncope, se fait dire que c'était pour rire.

Ce qui fait peur, c'est quand un gouvernement israélien, comme une machine qui s'emballe, expulse tous les Juifs de Gaza au lieu d'en éloigner ses ennemis. Cet acte ne s'arrête pas à l'injustice flagrante et insupportable subie par les victimes directes d'un acte discriminatoire inimaginable, mais fait d'une vie paisible un véritable cauchemar dans les villes alentours. A Eshkol et Sdéroth, c'est au quotidien. A Béer-Cheva ou Ashdod, c'est plus espacé dans le temps. Mais qui eût pensé que des villes israéliennes allaient être bombardées suite à une politique suicidaire d'un pouvoir créé pour les protéger?

Ce qui fait peur, c'est quand on mobilise la police israélienne pour chasser des Juifs de chez eux (voir Migron), pour servir d'organe de guerre aux ennemis qui revendiquent la terre d'Israël ; c'est de voir cette discrimination antijuive d'un gouvernement juif qui risque fort de nuire à Jérusalem et à Tel-Aviv, tout comme elle a été et est nuisible à Ashkelon et Ashdod pour un agissement semblable dans le Sud.

Ce qui fait peur, c'est cette signature des accords d'Oslo, qui a fait plus de victimes juives qu'une bonne partie des guerres, quand le mouvement le plus antisémite de l'époque s'est vu offrir de vastes bases d'endoctrinement et de préparation d'explosifs devant aussi faire le jeu d'attentats à l'arme à feu dont les tristes images ont circulé dans le monde des médias.

Ce qui fait peur, c'est de savoir que plus de mille jeunes filles sont captives dans des localités arabes ou bédouines, et que seules des associations caritatives se soucient de leur sort, les autorités se contentant d' «avoir honte» et de le proclamer fièrement quand des jeunes gens défendent l'honneur de jeunes filles harcelées en plein centre de Jérusalem.

Ce qui fait peur, c'est de voir le gouvernement laisser complaisamment des clandestins remplacer la population israélienne au sud de Tel-Aviv, débloquer six milliards de shekels pour légaliser la mainmise de clans bédouins belliqueux dans le Néguev (politique à deux vitesses quand on sait ce qui se passe à Bet-El), ne prendre aucune mesure pour protéger les éleveurs juifs de Galilée…

Et si l'Iran doit faire peur, c'est encore une fois indirectement. Car ce qui peut nour effrayer, c'est cette attente du gouvernement israélien qui, au lieu de prendre les devants, se fait suppliant devant la communauté internationale pour qu'elle empêche cette menace de devenir réelle. Or, cette communauté, en supposant qu'elle existe, chaque pays ayant ses propres chats à fouetter, ne fera rien de plus que de verser une larme à l'avance. Elle restera égale à elle-même, et ne se mobilisera pas plus qu'il y a près de sept décennies. Tant que l'Iran ne menace pas directement l'Europe ou l'Amérique, physiquement ou économiquement, rien ne se fera de ce côté. Les nations du monde libre conserveront à leur avantage l'alibi de n'avoir eu cesse de tenter de persuader l'Iran, à défaut de le dissuader, d'abandonner son programme atomique, sanctions contournées à l'appui.

Cette attente du gouvernement Netanyahou-Barak leur fait oublier que le principal objectif politique de la fondation de l'Etat d'Israël consiste justement à ne pas compter sur les nations pour faire la guerre en notre faveur quand une partie d'entre elles nous agresse.

Il y a certes peu à attendre, et c'est certainement ce qui doit nous faire peur, d'un ministre de la Défense toujours prompt à prendre la fuite, comme l'indique si bien le surnom populaire qu'il s'est fait, Ehoud Bara'h, Ehoudle fuyard. Et on peut se permettre de penser à juste titre qu'un ministre, quelle que fût sa fonction en toutes circonstances, qui a abandonné le Sud-Liban – ce qui s'est soldé par une seconde guerre du Liban ouverte avec des tirs de missiles jusqu'à Meron et Haïfa, et par une menace toujours plus imminente du Hezbollah, allié féroce de l'Iran et d'Assad – et qui a voulu démanteler cent villes et villages juifs pour faire plaisir au plus grand terroriste de son époque, puisse être à plus forte raison bien incapable de s'imposer sur un terrain qui est loin d'être sous l'emprise d'Israël. Difficile de l'imaginer attaquer l'Iran pour prévenir une attaque atomique. A moins que Netanyahou n'en reçoive intimement l'ordre de celui qu'il considère comme son supérieur hiérarchique, à savoir le président américain de service, ce qui ne semble pas probable à l'heure actuelle.

Il ne reste plus qu'à espérer, comme ce fut le cas à de nombreuses reprises depuis l'histoire de notre résurrection nationale, qu'une cause extrinsèque ne détourne l'attention et les intentions de l'Iran de notre pays et de nos affaires.

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 17:45

Une question, voire une polémique, qui refait souvent surface tourne autour des voyages, qui ont pris la tournure de pèlerinages, en Pologne, dans les camps de concentration. En Israël, d'où partent la majorité des participants et organisateurs, tout ce qui touche à la culture se rapproche de près ou de loin à un acte religieux. Aussi, la figure d'Herzl, que tout le monde peut contempler sur la route principale d'Herzliyya, est-elle bidimensionnelle,  pour ne pas faire d'un homme, tout illustre autant qu'il soit, une statue, de plein relief.

Ces déplacements ne font pas exception à la règle. Se souvenir du tort incommensurable qu'Amalek a causé à Israël, non seulement à la sortie d'Egypte mais à toutes les générations, est un commandement de la Torah. Seulement, la proximité contextuelle entre le souvenir et l'anéantissement d'Amalek a donné lieu à une importante recherche halakhique consistant à établir si ces deux éléments consistent en deux commandements séparés, auquel cas l'un peut être observé et valide même si l'autre n'est pas suivi, ou alors s'agit-il des deux aspects d'un même commandement, auquel cas les visites susnommées seraient dénuées de sens.

Ramener la finalité de ces déplacements à l'observation d'un ordre de la Torah consiste profondément à s'interroger sur ce qu'apportent ces derniers et sur ce qui en résulte sur les plans spirituel et concret. Donc, de quelle manière ces voyages influencent-ils la conscience israélienne ou juive en générale? Quelle empreinte en reste-t-il?

Certes, a priori, sous un certain angle du moins, ces voyages peuvent présenter l'avantage d'aider le peuple d'Israël à se renforcer dans la conviction qu'il ne peut faire confiance à aucun autre peuple, puisque la tragédie la plus terrible s'est produite non pas dans les périodes les plus sombres de l'intellect et de la conscience de l'humanité, ni dans des pays réputés pour leur sauvagerie – où quand il y a mille Juifs c’est un exploit d’humanité – mais qui plus est après la révolution des Lumières et l'émancipation dans les plus grands pays d'Europe, et après que les Juifs eurent reçu l'égalité des droits, y compris dans cette Allemagne qui la leur accorda  finalement en 1869.

Pour vivre en paix, et pour vivre tout court, Israël a donc intérêt à ne pas fixer sa conduite propre en fonction de ce que les nations attendent de lui, puisque, comme l'histoire l'a trop souvent démontré, agir selon ce qui fait plaisir aux autres et renoncer à son identité propre et à ses intérêts n'a pas renforcé l'amour de celles-ci pour lui; c'est le moins qu'on puisse dire. Or, cette singularité consistant à savoir garder ses distances, et ne pas être à l'écoute exacerbée des mentalités, des paroles et des attentes des nations, est mise en exergue précisément par le pilier incontournable de la culture juive par excellence, c'est-à-dire la Torah, avec un prophète non-juif, Balam, qui bénit Israël en disant: «Voici! Un peuple séjourne seul ; et des nations, il n'en a cure».

Bien plus tard, une décision dramatique du roi David peut servir de preuve à ce principe, et nous montre bien qu’il ne fait aucune confiance dans les peuples qui l’entourent, ni en situation de guerre, cela va de soi, ni même de paix. Dans le dernier chapitre de II Samuel, la colère divine s’enflamme contre le roi qui décide de procéder au dénombrement du peuple. Or, le compte ne s’est pas fait conformément à l’ordre qui interdit d’y procéder directement, mais de passer par une quête où chacun apporte la cotisation d’un demi-sicle. Le prophète Gad informe le roi qu’il ne lui reste pas d’autre alternative que de se résoudre à opter pour un châtiment choisi entre trois : sept ans de disette, trois mois de défaite devant les armées ennemies, ou trois jours de peste. Bien que résigné, le roi ne peut énoncer clairement ce qu’il a décidé. «Mieux vaut tomber dans la main de D. que de tomber dans la main d’un homme, car Sa miséricorde est grande.» (II Samuel 24, 14). Trois jours de peste s’ensuivent. C’est en effet la seule possibilité de ne pas dépendre du bon ou mauvais vouloir d’autres nations, ni en tombant devant elles, ni en essayant de les amadouer pour obtenir de la nourriture et d’en discuter les conditions. Ce choix pénible n’est absolument pas soumis à une tierce influence : pas de médecins ni de remède à quémander, ni de victoire chez un ennemi qui garde ses distances par crainte d’être contaminé. Le texte laisse entendre que le choix de David fut le bon, puisque l’affaire se termine sur l’arrêt du châtiment et la localisation de l’emplacement du Temple : «Le messager divin étendait la main vers Jérusalem (…) lorsque D., ému de cette calamité, di à l’ange qui décimait le peuple : « Assez ! Retire maintenant ta main. L’ange ( …) se trouvait près de l’aire d’Aravna, le Jébuséen.» (Idem, id. 16. D’après la traduction du Grand Rabbin Zadok Kahn). Le bras étendu de la Haggadah de Pessah reprend cette image : «Et avec un bras étendu, c’est le glaive, comme il est dit : « Son glaive nu à la main, étendu contre Jérusalem » (Magguid, traduction du rabbin David Berdah).

Si Israël retient bien la leçon impérissable qu'il ne peut faire confiance à personne – ce qui ne signifie pas qu'il doive vivre en autarcie mais qu'il comprenne que les relations économiques ne sont pas suscitées par l'amitié mais par les intérêts uniquement – alors il ne tombera pas non plus dans les pièges cachés derrière toutes sortes d'exigences «pour son bien», y compris voire surtout américaines, qui se traduisent en actes suicidaires dès que le pouvoir juif se dit qu'il n'a d'autre choix que de se soumettre au nom de l'amitié.

En revanche, si les visites à Auschwitz doivent le rendre soumis, et servir d'avertissement pour lui dire: «Juif! Méfie-toi! Regarde ce que nous avons fait de tes semblables et ce que nous ferons de toi si tu lèves trop haut la tête!», leur effet devient immanquablement nuisible, et ne font que maintenir un peuple bien trop longtemps et terriblement pourchassé dans sa hantise et son désarroi.

Ce qui incite à penser que la deuxième possibilité risque d'être malheureusement la plus prépondérante des deux, c'est une seconde question, dérivée de la première et qui se cache derrière elle. Le Premier ministre se sent-il à la tête d'un pays libre, souverain et indépendant, ou alors se sent-il investi du rôle de chef de rien de plus qu'un ghetto, dont l'action la plus louable à laquelle il puisse aspirer ne serait que de limiter les dégâts?

Quand on voit de quelle façon il traite ses habitants, ses concitoyens, en exigeant d'eux de se soumettre, notamment en Judée-Samarie, à des démarches administratives à n'en plus finir, alors que ses ennemis envahissent littéralement sa terre, on peut s'inquiéter sans complaisance sur la nature profonde de la motivation qui répondra aux deux questions qui se rejoignent (donc toujours: l'effet des voyages en Pologne et son sentiment en tant que dirigeant).

Ces questions débouchent sur une énigme difficile à première vue à résoudre. Les versets bibliques garantissent que la terre d'Israël ne peut fructifier et être vivable qu'en présence de ses enfants. L'histoire a confirmé ces prophéties, et les écrivains et voyageurs européens le confirment de leurs témoignages. Alors, comment est-il possible que ce soit précisément à l'époque du grand retour d'Israël sur sa terre et de sa restauration que ses ennemis en occupent des pans de plus en plus vastes sans que le désert ne les menace? La réponse effarante et sans complaisance est que l'Etat juif, de ses propres mains, ou du moins de celles de ses dirigeants, soutient de ses deniers les entités qui ont juré sa perte et empêche leur éradication d'une terre qui ne peut fleurir que pour ses enfants. Il y a donc une corruption de la bénédiction accordée à Israël pour non  seulement empêcher ses citoyens naturels de vivre où bon leur semble, mais pour la détourner, exactement comme on détourne par une déviation l'eau qui coule naturellement sur une plaine, et la donner à ses ennemis.

Et c'est là qu'est la plus grande tare héritée de l'exil: vouloir plaire et faire plaisir à ses ennemis en bafouant ses propres frères, en les faisant passer pour des moins que rien, en raison de la conviction profonde autant que chimérique que cette piètre attitude changera les ennemis en amis. Cette tare était fortement imprégnée dans les mentalités de nombreux Juifs européens des années 1800, qui ont commencé par renier leur foi sous prétexte que c'était à cause d'elle qu'ils ne parvenaient pas à plaire aux non-Juifs, et elle continue aujourd'hui, quand, dans la même optique, on est tombé dans le travers d'avoir voulu parler avec des ennemis qui ont délié leur langue venimeuse pour dire à Israël ce qu'il comptait faire de lui. Or, s'entêtant et ne voulant pas comprendre, on a répondu mollement à des ennemis venimeux qui ont avoué sans la moindre honte que la paix ne serait pour eux obtenue qu'avec le démantèlement total de l'Etat, en l'inondant de millions de leurs semblables élevés dans de véritable parcs en tant que réfugiés éternels, grossissant et dégénérant de génération en génération. Le jeton aurait dû tomber, pour reprendre cette fameuse expression idiomatique israélienne, c'est-à-dire qu'on aurait dû comprendre. Mais non, les dirigeants israéliens ont simplement répondu le plus sérieusement et naïvement possible que cette clause, dite du «retour des réfugiés», ne pouvait être acceptée par eux car elle signifierait la fin de l'existence de leur pays, comme si les ennemis ne l'avaient pas exigé sciemment et comme s'ils ne l'avaient pas compris avant.

Les Sages d'Israël avaient prévu la rédemption sans vouloir y assister. «Qu'elle vienne et que je ne la voie pas», affirment Oula et Raba (Sanhédrin 98b). Cette vision, qui ne fait pas l'unanimité, invoque les problèmes qui l'accompagneront. Or, quoi de plus invraisemblable que de voir des Juifs se voir empêcher de redevenir Judéens par leurs semblables, après un exil aussi interminable?    

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 10:32

Une question qui revient souvent tourne autour des voyages, qui ont pris la tournure d'un pèlerinage, en Pologne, dans les camps de concentration. En Israël, d'où partent la majorité des participants et organisateurs, tout ce qui touche à la culture se rapproche de près ou de loin à la religion. Aussi, la figure d'Herzl, que tout le monde peut contempler sur la route principale d'Herzliyya, est-elle bidimensionnelle, et non pas en relief, pour ne pas faire d'un homme, tout illustre autant qu'il soit, une statue, de plein relief.

Se souvenir du tort incommensurable qu'Amalek a causé à Israël, non seulement à la sortie d'Egypte mais à toutes les générations, est un commandement de la Torah. Seulement, la proximité contextuelle entre le souvenir et l'anéantissement d'Amalek a donné lieu à une importante recherche halakhique consistant à établir si ces deux éléments consistent en deux commandements séparés, auquel cas l'un peut être observé et valide même si l'autre n'est pas suivi, ou alors s'agit-il des deux aspects d'un même commandement, auquel cas les visites susnommées seraient dénuées de sens.

Ramener la finalité de ces déplacements à l'observation d'un ordre de la Torah consiste profondément à s'interroger sur ce qu'apportent ces derniers et sur ce qui en résulte sur les plans spirituel et concret. Donc, de quelle manière ces voyages influencent-ils la conscience israélienne ou juive en générale? Quelle empreinte en reste-t-il?

Certes, ces voyages peuvent présenter l'avantage d'aider le peuple d'Israël à se renforcer dans la conviction qu'il ne peut faire confiance à aucun autre peuple, puisque la tragédie la plus terrible s'est produite non pas dans les périodes les plus sombres de l'intellect et de la conscience de l'humanité, ni dans des pays réputés pour leur sauvagerie, mais qui plus est après la révolution des Lumières, et l'émancipation dans les plus grands pays d'Europe, et après que les Juifs eurent reçu l'égalité des droits, y compris dans cette Allemagne qui la leur accorda  finalement en 1869.

Pour vivre en paix, et pour vivre tout court, Israël a donc intérêt à ne pas fixer sa conduite propre en fonction de ce que les nations attendent de lui, puisque, comme l'histoire l'a trop souvent démontré, agir selon ce qui fait plaisir aux autres et renoncer à son identité propre et à ses intérêts n'a pas renforcé l'amour de celles-ci pour lui; c'est le moins qu'on puisse dire. Or, cette singularité consistant à savoir garder ses distances, et ne pas être à l'écoute exacerbée des mentalités, des paroles et des attentes des nations, est mise en exergue précisément par le pilier incontournable de la culture juive par excellence, c'est-à-dire la Torah, par un prophète non-juif, Balam, qui bénit Israël en disant: «Voici! Un peuple séjourne seul ; et des nations, il n'en a cure». Si Israël retient bien la leçon impérissable qu'il ne peut faire confiance à personne – ce qui ne signifie pas qu'il doive vivre en autarcie mais qu'il comprenne que les relations économiques ne sont pas suscitées par l'amitié mais par les intérêts uniquement – alors il ne tombera pas non plus dans les pièges cachés derrière toutes sortes d'exigences «pour son bien», y compris voire surtout américaines, qui se traduisent en actes suicidaires dès que le pouvoir juif se dit qu'il n'a d'autre choix que de se soumettre au nom de l'amitié.

En revanche, si les visites à Auschwitz doivent le rendre soumis, et servir d'avertissement pour lui dire: «Juif! Méfie-toi! Regarde ce que nous avons fait de tes semblables et ce que nous ferons de toi si tu lèves trop haut la tête!», leur effet devient immanquablement nuisible, et ne font que maintenir un peuple bien trop longtemps et terriblement pourchassé dans sa hantise et son désarroi.

Ce qui incite à penser que la deuxième possibilité risque d'être malheureusement la plus prépondérante des deux, c'est une seconde question, dérivée de la première et qui se cache derrière elle. Le Premier ministre se sent-il à la tête d'un pays libre, souverain et indépendant, ou alors se sent-il investi du rôle de chef de rien de plus qu'un ghetto, dont l'action la plus louable à laquelle il puisse aspirer ne serait que de limiter les dégâts?

Quand on voit de quelle façon il traite ses habitants, ses concitoyens, en exigeant d'eux de se soumettre, notamment en Judée-Samarie, à des démarches administratives à n'en plus finir, alors que ses ennemis envahissent littéralement sa terre, on peut s'inquiéter sans complaisance sur la nature profonde de la motivation qui répondra aux deux questions qui se rejoignent (donc toujours: l'effet des voyages en Pologne et son sentiment en tant que dirigeant).

Ces questions débouchent sur une énigme difficile à première vue à résoudre. Les versets bibliques garantissent que la terre d'Israël ne peut fructifier et être vivable qu'en présence de ses enfants. L'histoire a confirmé ces prophéties, et les écrivains et voyageurs européens le confirment de leurs témoignages. Alors, comment est-il possible que ce soit précisément à l'époque du grand retour d'Israël sur sa terre et de sa restauration que ses ennemis en occupent des pans de plus en plus vastes sans que le désert ne les menace? La réponse effarante et sans complaisance est que l'Etat juif, de ses propres mains, ou du moins de celles de ses dirigeants, soutient de ses deniers les entités qui ont juré sa perte et empêche leur éradication d'une terre qui ne peut fleurir que pour ses enfants. Il y a donc une corruption de la bénédiction accordée à Israël pour non  seulement empêcher ses citoyens naturels de vivre où bon leur semble, mais pour la détourner, exactement comme on détourne par une déviation l'eau qui coule naturellement sur une plaine, et la donner à ses ennemis.

Et c'est là qu'est la plus grande tare héritée de l'exil: vouloir plaire et faire plaisir à ses ennemis en bafouant ses propres frères, en les faisant passer pour des moins que rien, en raison de la conviction profonde autant que chimérique que cette piètre attitude changera les ennemis en amis. Cette tare était fortement imprégnée dans les mentalités de nombreux Juifs européens des années 1800, qui ont commencé par renier leur foi sous prétexte que c'était à cause d'elle qu'ils ne parvenaient pas à plaire aux non-Juifs, et elle continue aujourd'hui, quand, dans la même optique, on est tombé dans le travers d'avoir voulu parler avec des ennemis qui ont délié leur langue venimeuse pour dire à Israël ce qu'il comptait faire de lui. Or, s'entêtant et ne voulant pas comprendre, on a répondu mollement à des ennemis venimeux qui ont avoué sans la moindre honte que la paix ne serait pour eux obtenue qu'avec le démantèlement total de l'Etat, en l'inondant de millions de leurs semblables élevés dans de véritable parcs en tant que réfugiés éternels, grossissant et dégénérant de génération en génération. Le jeton aurait dû tomber, pour reprendre cette fameuse expression idiomatique israélienne, c'est-à-dire qu'on aurait dû comprendre. Mais non, les dirigeants israéliens ont simplement répondu le plus sérieusement et naïvement possible que cette clause, dite du «retour des réfugiés», ne pouvait être acceptée par eux car elle signifierait la fin de l'existence de leur pays, comme si les ennemis ne l'avaient pas exigé sciemment et comme s'ils ne l'avaient pas compris avant.

Les Sages d'Israël avaient prévu la rédemption sans vouloir y assister. «Qu'elle vienne et que je ne la voie pas», affirment Oula et Raba (Sanhédrin 98b). Cette vision, qui ne fait pas l'unanimité, invoque les problèmes qui l'accompagneront. Or, quoi de plus invraisemblable que de voir des Juifs se voir empêcher de redevenir Judéens par leurs semblables, après un exil aussi interminable?   

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