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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 10:15

En revanche, si les auditeurs ou les lecteurs des journaux, dont nous avons sélectionné un peu au hasard un exemple, pourraient continuer à penser qu'ils ont été dupés, ne voilà-t-il pas que, pour couronner le tout, l'article «informationnel» est suivi d'une «analyse» politique. Donc, si jamais le lecteur n'admet toujours pas le principe qui exige qu'un élu se taise et ne défende pas ses positions et celles de son public, le «fin stratège» vient l'amadouer. Un certain Dan Margalit, est appelé en renfort. Il s'agit d'un pilier de la propagande si l'on peut dire «antisioniste», dans la mesure où elle vise à renier à Israël le droit de vivre en ses frontières d'origine.

Mais comment s'y prend-t-il? Il propose trois facettes afin de comprendre la position officielle de Netanyahou, non sans donner préalablement le ton et établir comme vérité absolue et indiscutable l'idée selon laquelle les déclarations du ministre ne peuvent qu'être nuisibles. Pas question, donc, de chercher à comprendre quel motif a pu pousser Benet à s'exprimer. Au passage, relevons que son langage est bourré de sous-entendus et que seul un tempérament impulsif et irréfléchi a pu pousser ce ministre à parler.

Le premier volet de l'interprétation des déclarations officielles de Netanyahou depuis son discours de Bar-Ilan, c'est qu'il n'y a aucune raison de s'emballer, puisque tout doit commencer par des négociations. «Calmez-vous, l'Etat qui vous semble si menaçant est encore loin», semble nous dire le commentateur politique. Car, même si le Premier ministre parvient à une entente avec les «modérés» du Fatah, il en soumettra les résultats à l'opinion du pays, à commencer par ses ministres, qu'il s'attachera à convaincre. Margalit nous dit: «… il conduira un combat démocratique pour convaincre ses associés de la coalition et le public israélien afin qu'ils adoptent sa solution, qui reste inadmissible pour les ministres de droite du Likoud Béténou (alliance Likoud-Libermann ndlr) et du Baït HaYéoudi (nouvelle appellation du parti sioniste religieux ndlr). En outre, il est commode pour lui de présenter les choses de cette façon, sans quoi il passerait auprès de ses interlocuteurs américains, puis auprès des "Palestiniens", pour un homme dont le mandat n'est pas sans défaut.»

Intéressant! A la lecture de cette phrase, qui n'est pas retirée de son contexte dans la mesure où elle n'est pas contredite ou relativisée plus loin, il semblerait que Netanyahou lui-même soit une sorte de «centriste», puisque l'opposition émane des ministres de droite. A moins qu'il n'ait franchement viré à gauche, ce qui ne dérange pas l'«orientaliste». Pourtant, cette analyse devrait nous inquiéter. En effet, les méthodes employées par Netanyahou pour convaincre sa coalition de soutenir ses manquements à la politique du Likoud sont connues: elles consistent à menacer tout ministre qui s'y opposerait de renvoi manu militari du gouvernement au profit d'un autre plus conciliant. (Voir le dossier Oulpena).

Puis, l'analyste de gauche se fait encore plus rassurant : «… de toute façon, les négociations peuvent ne pas aboutir. Abou Mazen (sic) a prouvé, lors de contacts établis avec des Premiers ministres modérés (resic) comme Ehoud Barak ou Ehoud Olmert (ter) qu'il n'est pas intéressé par une solution à deux Etats à l'ouest du Jourdain. Alors pourquoi se conduirait-il différemment avec Netanyahou?» La question est bien évidemment purement rhétorique pour son auteur. Pourtant, sa démonstration a fortiori n'en est pas une. Pour preuve, nous citerons les accords d'Oslo entérinés avec 61 voix seulement sous la gauche alors que les accords d'Hébron ont raflé dans les 80 voix, Likoud oblige.

Habile, Margalit veut montrer que la position ci-dessus n'est pas de son crû: «C'est ainsi que s'expriment des ministres et députés équilibrés (sic) partisans du "grand" Israël.» Puis, il soulève la possibilité que le Premier ministre n'est peut-être pas profondément convaincu par son propre discours, mais qu'il doit s'acquitter de ses obligations envers les Américains. C'est d'autant plus frappant que l'analyste, qui travaille notamment à la télévision, parle d'un «mandat».

L'argument suivant n'est pas mal non plus. Là, le «spécialiste» nous dit franchement que le ministre aurait mieux fait de se taire, car «l'échec des négociations n'est plus une éventualité envisagée par le gouvernement, mais le vœux de voir les efforts échouer». La démonstration est suivie d'une leçon de morale : « Passe encore! si ça vient de l'opposition mais c'est inadmissible quand ça provient de l'intérieur! » Mais pourquoi le lecteur devrait-il être indéniablement d'accord avec cette affirmation? Et si Benet était entré dans le gouvernement pour faire valoir le programme de son parti et la volonté de ses électeurs? Ou s'il voulait tout simplement ne pas se retrouver sous la barre du seuil d'éligibilité aux prochaines élections, pour avoir par sa mollesse déçu son public?

Le comble est annoncé dans les lignes suivantes: «Le monde, qui s'est habitué au fonctionnement étrange de la démocratie israélienne, a pris l'habitude d'accepter aussi ce type d'altération… mais lorsque des déclarations comme celle de Danny Danon se font entendre – dont le niveau n'a pas encore été atteint par Benet bien qu'il n'en soit plus très loin -, selon lesquelles le gouvernement et son Premier ministre ne sont absolument pas intéressés à parvenir à un accord avec les "Palestiniens", il s'agit d'un véritable préjudice. Car il se peut qu'elle fasse peser sur Netanyahou une culpabilité vaine. Ou alors, elle révèle un secret d'Etat et gouvernemental, qui le disqualifie dans ses manœuvres envers les Américains, les Européens et le monde arabe». Rien que ça! Ce spectre d'une guerre totale contre Israël est un leitmotiv de la gauche contre la volonté naturelle du peuple d'Israël.

Le politicien, et non le politologue, commence relativement piano avant de se lâcher dans ce fortissimo. Ne pas vouloir d'accord avec les terroristes, refuser de leur céder le cœur de la Palestine juive, c'est être coupable.

Après sa démonstration plus absurde que par l'absurde, le propagandiste révèle le pourquoi, selon lui, des protestations de politiciens honnêtes dans leur exigence de respecter la charte des partis au pouvoir à commencer par le Likoud et les promesses préélectorales, d'une part, et de ne pas décevoir l'opinion du peuple, d'autre part. Pour lui, ce qui les empêche de se taire s'explique comme suit:

«Pourquoi des ministres et des députés s'expriment d'une façon qui sape sous les pieds de Netanyahou le support qui lui sert à gérer ses pourparlers préliminaires? Une forte myopie (קוצר רוח dans le texte). Aussi bien en ce qui les concerne que dans leur volonté de maintenir la coalition gouvernementale. Au bout du compte, ils scient la branche sur laquelle ils sont assis. C'est un prix trop fort pour un grand titre éphémère.»

Parfois, il arrive que l'on renvoie la balle à ceux qui prennent toujours ces mêmes positions. En effet, pourquoi cette caste journalistique s'acharne-t-elle avec tant de hargne contre le droit pour les Juifs de vivre à quelques kilomètres de Tel-Aviv, si nous parlons par exemple du village juif de Yakir, en Samarie? D'une manière ou d'une autre, des observateurs répondent à cette question en invoquant la notion d'un «Etat de Tel-Aviv». Donc, si Margalit ne se sent pas concerner par le sort de la vieille ville de Jérusalem, du Néguev ou de la Galilée, c'est que, dans sa conception, l'Etat d'Israël s'arrête en gros à la route Ayalon, que l'on pourrait approximativement définir comme le «périph» de Tel-Aviv. Sa mentalité fossile bloquée est une mentalité de ghettoïsation de soi, qui est passée par plusieurs réincarnations depuis le Schtettel de l'exil.

Margalit, qui roule sa bosse depuis plusieurs décennies sur les tribunes journalistiques et les plateaux de télévision, notamment journaliste chez Haaretz de 64 à 91, et entre autres partisan de Moshé Dayan qu'un mouvement associatif voulait propulser à la tête du gouvernement vers la fin des années 60, n'a rien perdu de sa verve.

Inutile de préciser que le journal Israël HaYom n'a publié aucune réaction des personnalités infantilisées dans son numéro du 10  tamouz ou du 18 juin, ni même une analyse qui ne soit pas de ce bord monolithique. Dormez, braves gens! On vous a expliqué pourquoi  c'est pour votre bien de renoncer à votre volonté de réintégrer la partie occidentale de la terre d'Israël, et pour le bien de vos représentants politiques.

Chut! Taisez-vous! Il ne faut pas déranger! L'Etat terroriste est en marche, et peu importe que le parti travailliste historique n'ait remporté que 15 sièges. A présent, me diriez-vous, pourquoi avoir choisi tout particulièrement ce numéro de ce journal? Tout simplement parce qu'une telle déclaration, même si elle ne donne pas beaucoup à espérer pour les électeurs du parti national religieux ou du Likoud, est comme un coup de pied dans la… vase et qu'elle asticote et exacerbe les chiens de garde de la réduction au silence.

En revanche, si les auditeurs ou les lecteurs des journaux, dont nous avons sélectionné un peu au hasard un exemple, pourraient continuer à penser qu'ils ont été dupés, ne voilà-t-il pas que, pour couronner le tout, l'article «informationnel» est suivi d'une «analyse» politique. Donc, si jamais le lecteur n'admet toujours pas le principe qui exige qu'un élu se taise et ne défende pas ses positions et celles de son public, le «fin stratège» vient l'amadouer. Un certain Dan Margalit, est appelé en renfort. Il s'agit d'un pilier de la propagande si l'on peut dire «antisioniste», dans la mesure où elle vise à renier à Israël le droit de vivre en ses frontières d'origine.

Mais comment s'y prend-t-il? Il propose trois facettes afin de comprendre la position officielle de Netanyahou, non sans donner préalablement le ton et établir comme vérité absolue et indiscutable l'idée selon laquelle les déclarations du ministre ne peuvent qu'être nuisibles. Pas question, donc, de chercher à comprendre quel motif a pu pousser Benet à s'exprimer. Au passage, relevons que son langage bourré de sous-entendus laisse entendre que seul un tempérament impulsif et irréfléchi a pu pousser ce ministre à parler.

Le premier volet de l'interprétation des déclarations officielles de Netanyahou depuis son discours de Bar-Ilan, c'est qu'il n'y a aucune raison de s'emballer, puisque tout doit commencer par des négociations. «Calmez-vous, l'Etat qui vous semble si menaçant est encore loin», semble nous dire le commentateur politique. Car, même si le Premier ministre parvient à une entente avec les «modérés» du Fatah, il en soumettra les résultats à l'opinion du pays, à commencer par ses ministres, qu'il s'attachera à convaincre. Margalit nous dit: «… il conduira un combat démocratique pour convaincre ses associés de la coalition et le public israélien afin qu'ils adoptent sa solution, qui reste inadmissible pour les ministres de droite du Likoud Béténou (alliance Likoud-Libermann ndlr) et du Baït HaYéoudi (nouvelle appellation du parti sioniste religieux ndlr). En outre, il est commode pour lui de présenter les choses de cette façon, sans quoi il passerait auprès de ses interlocuteurs américains, puis auprès des "Palestiniens", pour un homme dont le mandat n'est pas sans défaut.»

Intéressant! A la lecture de cette phrase, qui n'est pas retirée de son contexte dans la mesure où elle n'est pas contredite ou relativisée plus loin, il semblerait que Netanyahou lui-même soit une sorte de «centriste», puisque l'opposition émane des ministres de droite. A moins qu'il n'ait franchement viré à gauche, ce qui ne dérange pas l'«orientaliste» dans les deux sens: orienteur des affaires orientales. Pourtant, cette analyse devrait nous inquiéter. En effet, les méthodes employées par Netanyahou pour convaincre sa coalition de soutenir ses manquements à la politique du Likoud sont connues: elles consistent à menacer tout ministre qui s'y opposerait de renvoi manu militari du gouvernement au profit d'un autre plus conciliant. (Voir le dossier Oulpena).

Puis, l'analyste de gauche se fait encore plus rassurant : «… de toute façon, les négociations peuvent ne pas aboutir. Abou Mazen (sic) a prouvé, lors de contacts établis avec des Premiers ministres modérés (resic) comme Ehoud Barak ou Ehoud Olmert (ter) qu'il n'est pas intéressé par une solution à deux Etats à l'ouest du Jourdain. Alors pourquoi se conduirait-il différemment avec Netanyahou?» La question est bien évidemment purement rhétorique pour son auteur. Pourtant, sa démonstration a fortiori n'en est pas une. Pour preuve, nous citerons les accords d'Oslo entérinés avec 61 voix seulement sous la gauche alors que les accords d'Hébron ont raflé dans les 80 voix, Likoud oblige.

Habile, Margalit veut montrer que la position ci-dessus n'est pas de son crû: «C'est ainsi que s'expriment des ministres et députés équilibrés (sic) partisans du "grand" Israël.» Puis, il soulève la possibilité que le Premier ministre n'est peut-être pas profondément convaincu par son propre discours, mais qu'il doit s'acquitter de ses obligations envers les Américains. C'est d'autant plus frappant que l'analyste, qui travaille notamment à la télévision, parle d'un «mandat», que l'on pourrait finir par se demander s'il ne proviendrait pas des Américains plutôt que des électeurs, bien que ce ne soit pas ce que dit Margalit dans le sens obvie du texte.

L'argument suivant n'est pas mal non plus. Là, le «spécialiste» nous dit franchement que le ministre aurait mieux fait de se taire, car «l'échec des négociations n'est plus une éventualité envisagée par le gouvernement, mais le vœux de voir les efforts échouer». La démonstration est suivie d'une leçon de morale : « Passe encore! si ça vient de l'opposition mais c'est inadmissible quand ça provient de l'intérieur! » Mais pourquoi le lecteur devrait-il être indéniablement d'accord avec cette affirmation? Et si Benet était entré dans le gouvernement pour faire valoir le programme de son parti et la volonté de ses électeurs? Ou s'il voulait tout simplement ne pas se retrouver sous la barre du seuil d'éligibilité aux prochaines élections, pour avoir par sa mollesse déçu son public?

Le comble est annoncé dans les lignes suivantes: «Le monde, qui s'est habitué au fonctionnement étrange de la démocratie israélienne, a pris l'habitude d'accepter aussi ce type d'altération… mais lorsque des déclarations comme celle de Danny Danon se font entendre – dont le niveau n'a pas encore été atteint par Benet bien qu'il n'en soit plus très loin -, selon lesquelles le gouvernement et son Premier ministre ne sont absolument pas intéressés à parvenir à un accord avec les "Palestiniens", il s'agit d'un véritable préjudice. Car il se peut qu'elles fassent peser sur Netanyahou une culpabilité vaine. Ou alors, elles révèlent un secret d'Etat et gouvernemental, qui le disqualifie dans ses manœuvres envers les Américains, les Européens et le monde arabe». Rien que ça! Ce spectre d'une guerre totale contre Israël est un leitmotiv de la gauche contre la volonté naturelle du peuple d'Israël.

Le politicien, et non le politologue, commence relativement piano avant de se lâcher dans ce fortissimo. Ne pas vouloir d'accord avec les terroristes, refuser de leur céder le cœur de la Palestine juive, c'est être coupable.

Après sa démonstration plus absurde que par l'absurde, le propagandiste révèle le pourquoi, selon lui, des protestations de politiciens honnêtes dans leur exigence de respecter la charte des partis au pouvoir à commencer par le Likoud et les promesses préélectorales, d'une part, et de ne pas décevoir l'opinion du peuple, d'autre part. Pour lui, ce qui les empêche de se taire s'explique comme suit:

«Pourquoi des ministres et des députés s'expriment d'une façon qui sape sous les pieds de Netanyahou le support qui lui sert à gérer ses pourparlers préliminaires? Une forte myopie (קוצר רוח dans le texte). Aussi bien en ce qui les concerne que dans leur volonté de maintenir la coalition gouvernementale. Au bout du compte, ils scient la branche sur laquelle ils sont assis. C'est un prix trop fort pour un grand titre éphémère.»

Parfois, il arrive que l'on renvoie la balle à ceux qui prennent toujours ces mêmes positions. En effet, pourquoi cette caste journalistique s'acharne-t-elle avec tant de hargne contre le droit pour les Juifs de vivre à quelques kilomètres de Tel-Aviv, si nous parlons par exemple du village juif de Yakir, en Samarie? D'une manière ou d'une autre, des observateurs répondent à cette question en invoquant la notion d'un «Etat de Tel-Aviv». Donc, si Margalit ne se sent pas concerné par le sort de la vieille ville de Jérusalem, du Néguev ou de la Galilée, c'est que, dans sa conception, l'Etat d'Israël s'arrête en gros à la route Ayalon, que l'on pourrait approximativement définir comme le «périph» de Tel-Aviv. Sa mentalité fossile bloquée est une mentalité de ghettoïsation de soi, qui est passée par plusieurs réincarnations depuis le Schtettel de l'exil.

Margalit, qui roule sa bosse depuis plusieurs décennies sur les tribunes journalistiques et les plateaux de télévision, notamment journaliste chez Haaretz de 64 à 91, et entre autres partisan de Moshé Dayan qu'un mouvement associatif voulait propulser à la tête du gouvernement vers la fin des années 60, n'a rien perdu de sa verve.

Inutile de préciser que le journal Israël HaYom n'a publié aucune réaction des personnalités infantilisées dans son numéro du 10  tamouz ou du 18 juin, ni même une analyse qui ne soit pas de ce bord monolithique. Dormez, braves gens! On vous a expliqué pourquoi  c'est pour votre bien de renoncer à votre volonté de réintégrer la partie occidentale de la terre d'Israël, et pour le bien de vos représentants politiques.

Chut! Taisez-vous! Il ne faut pas déranger! L'Etat terroriste est en marche, et peu importe que le parti travailliste historique n'ait remporté que 15 sièges. A présent, me diriez-vous, pourquoi avoir choisi tout particulièrement ce numéro de ce journal? Tout simplement parce qu'une telle déclaration, même si elle ne donne pas beaucoup à espérer pour les électeurs du parti national religieux ou du Likoud, est comme un coup de pied dans la… vase et qu'elle asticote et exacerbe les chiens de garde de la réduction au silence.

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 23:30

Loin de réagir et de satisfaire ses électeurs, Netanyahou s'est inscrit dans la ligne droite des accords d'Oslo, continuant à foncer droit dans le mur. Ce mur, c'est probablement le mur de  sécurité, qui endort l'opinion et cherche à la conforter, laissant entendre que, puisque ce mur nous défendrait, pourquoi s'inquiéter de ce qui se passe de l'autre côté, et pourquoi par conséquent s'opposer à ce qu'il y ait un Etat terroriste?

La tête dans le mur. Qui n'a pas entendu cette expression israélienne, Rosh bakir, qui désigne un entêtement borné à s'attacher à une voie vouée d'avance à l'échec, attitude pour laquelle opte quiconque refuse de tenir compte de certaines réalités qui ont pu lui échapper. «Non, monsieur, ici c'est une impasse», pourrait-on dire à celui qui s'obstinerait à essayer de poursuivre son chemin alors qu'il s'est engagé dans un cul-de-sac. «Vous devez repartir en arrière… Bien sûr, vous allez vous éloigner de votre destination. Mais il vous faut sortir de l'impasse, contourner le pâté de maisons et reprendre la rue principale.» On s'attendrait en principe à être écouté et remercié poliment. Mais pas à ce que la personne nous réponde: «Mais non. Je sais ce que je fais. Seuls les novices ou ceux qui ne comprennent rien à rien pensent que c'est une impasse. Il ne faut pas se décourager, ça va passer.» Je sais qu'il y a des noms pour qualifier une telle attitude, mais ils relèvent d'un contexte médical précis.

A une certaine époque, nous avions en Israël deux partis dominants, le Likoud, parti rassembleur, et le Ma'arakh, parti travailliste. Le premier défendait dans sa charte les droits du peuple juif à s'installer sur l'ensemble de la partie ouest de la terre d'Israël, le second pensait que des concessions douloureuses apporteraient une messianique paix. Quand le Ma'arakh a repris le pouvoir, il a abrogé la loi interdisant l'intelligence avec l'ennemi terroriste, a fait des concessions douloureuses avec un grand sourire, mais a refusé de déchanter quand la réalité vécue des dites concessions a démenti la paix idyllique, religieusement escomptée pour devenir cauchemardesque. Si le Ma'arakh appuyait encore plus fort sa tête contre le mur, en soutenant que si les terroristes étaient restés méchants, c'était parce qu'on n'avait pas été assez gentils avec eux pour les convaincre de nous aimer, le public, lui, malgré une arnaque propagandiste travaillant sur l'affectivité pour submerger les capacités d'analyse cartésienne, a préféré se rabattre sur le Likoud.

Ce qui avait fait voter Ma'arakh, c'était la certitude distillée par ce dernier qui voulait que, tant qu'on n'aurait pas essayé de faire la paix avec les terroristes, on ne pourrait jamais affirmer avec certitude et en toute honnêteté que ça n'aurait pas marché, et on ne pourrait que se dire qu'on s'est borné à refuser une occasion historique de transfigurer non seulement les relations des pays arabo-musulman envers Israël, mais de créer un nouveau Moyen-Orient. Le pacte avec le diable devait le dédiaboliser. On a voté, on a vu et on a compris. On a essayé, et on a compris que c'était réellement de la folie furieuse.

Ce qui s'est passé pendant la nuit qui a suivi les élections qui ont de nouveau destitué le Ma'arakh vaut la peine d'être retenu. Mais si on remonte juste quelques jours en arrière, c'est fort de manipulation médiatique. Le leader du Ma'arakh, à l'époque Pérès, toujours le même, avait été donné gagnant par tous les journaux, avec des résultats variant de quatre à sept points d'avance sur son rival. A la fermeture des urnes, il était toujours donné gagnant. Mais, à mesure que le dépouillement des voix avançait, son avantage se resserrait. Les commentateurs, les spécialistes en tous genres, de l'extrême gauche jusqu'à la gauche, étaient partis pour une nuit blanche radiophonique.

Ce qui est intéressant, c'est qu'ils étaient unanimes sur un argument, confirmé et rabâché dès minuit, et on pouvait entendre la litanie suivante : «Même s'il s'avère pour finir que la victoire de Pérès ne tiendra qu'à une voix d'écart, nous pourrons légitimement continuer les accords d'Oslo. Parce que c'est ça, la démocratie. Et ça fait partie des règles du jeu». Or, à cinq heures du matin, coup de théâtre, le journaliste de service, en direct, perd les pédales. Il annonce un retournement de la situation, et espère à haute voix qu'il ne peut s'agir que d'une erreur, et qu'il attend un démenti qui n'allait certainement pas tarder. Inutile de préciser que la victoire du Likoud se fit avec bien plus d'une voix d'écart, et que son nouveau dirigeant, Netanyahou, aurait pu se référer aux affirmations des spécialistes de la radio, pour revendiquer la légitimité du changement de cap qui s'imposait et qui, logiquement, allait faire oublier les catastrophiques accords d'Oslo, dont la réalisation avait profité des faux espoirs insufflés à la population, et de tirades fortement démagogiques et implacables comme celle qui exigeait que c'est avec ses ennemis qu'on fait la paix. «Eh ben oui, forcément», s'était-on dit trop facilement.

On peut aussi ajouter au contexte électoral, outre le «juste châtiment» et la sanction qu'aurait mérité Netanyahou pour le meurtre de Rabin («Tu as tué, et voilà que tu as hérité !», vitupéraient à longueur de journée les intellectuels interviewés), que les médias avaient fait passer sa possible victoire pour apocalyptique. «Si le Likoud reprend le pouvoir, c'est la guerre!» disaient à mi-mot ou de vive voix les maîtres de la pensée prémâchée. Pourtant, encore tout au début, beaucoup de férus de démocratie vraie fêtèrent cette victoire. Oslo et les terroristes allaient être balayés dans les oubliettes de l'histoire. Les propagandistes n'avaient qu'à bien se tenir. Ils avaient d'ailleurs préparé leurs valises avant qu'une mauvaise pitié ne les laisse maîtres de la place et torpiller toute volonté saine de ramener la tranquillité et la joie de vivre dans le pays.

Le nouveau premier ministre aurait dû s'atteler à la tâche avec méthode, faire valoir l'illégalité des accords, et poursuivre pour haute trahison les responsables politiques qui avaient manigancé pour importer les terroristes de l'Olp, les armer et leur donner un champ de manœuvre, à savoir les territoires placés sous leur autonomie exclusive, ou, à défaut, se contenter de s'appuyer sur l'irrespect des clauses par la partie adverse pour désengager Israël, un accord, quel qu'il soit, étant invalidé dès que l'une des partie engagées s'en dédit concrètement. Il devait en outre rétablir l'octroi des prêts hypothécaires qui avaient été l'unique mesure prise par le gouvernement Rabin pour geler la construction, en dehors des centaines de maisons construites dans les derniers soubresauts du gouvernement Shamir-Sharon, alors que ces derniers, brusquement conscients de leurs manquements à la volonté de l'électorat, sentaient qu'ils perdraient probablement les élections conséquentes aux accords de Madrid.

Malheureusement, le lendemain, le vainqueur frais émoulu déclarait piteusement qu'il respecterait tous les accords signés par ses prédécesseurs. C'était à se demander pourquoi il s'était présenté. Pendant près d'un an, c'était comme si le Ma'arakh avait gagné. Les électeurs, les membres actifs, les bénévoles qui avaient participé à la campagne n'y comprenaient plus rien.

Il aura fallu qu'un événement tragique survienne, l'assassinat de sang froid par des terroristes musulmans d'Ita Tsour et de son enfant, Ephraïm, pour que Netanyahou semble enfin se ressaisir. Il se rendit personnellement à l'enterrement des victimes de l'antisémitisme arabo-musulman très agressif sur la terre d'Israël mais rebaptisé depuis longtemps «nationalisme», et sembla approuver le veuf et père éploré, Yoël Tsour qui, stoïquement, retenant ses larmes, affirma que le peuple juif contre ceux qui l'assassinent répondait à la mort par la vie, et puisque les ennemis d'Israël considéraient comme plus grave de voir les Juifs se multiplier et s'étendre que de subir dans leur camp des pertes dites humaines, qu'un nouveau quartier, sur la colline déserte surplombant le cimetière, allait voir le jour à la mémoire des disparus.

Les plaisantins de la génération profitèrent de la situation pour jeter le discrédit et accuser le village victime de cette tuerie de « danser sur le sang». Tragique ironie de la politique bégayante de Netanyahou: au lieu de construire tout simplement parce que des centaines de milliers d'électeurs l'avaient mandaté dans cet objectif, il ne prit de résolution qu'à partir de cette énième utilisation des armes d'Oslo ; et encore, il ne réagit que partiellement. S'il permit peu après aux banques de renouveler les prêts bloqués par le gouvernement Rabin, il ne fit rien fait pour modifier le statut de terrains risquant à tout moment faire l'objet d'une revendication de particuliers hostiles se basant sur des documents remontant à l'occupation ottomane ou jordanienne. Tous ceux qui avaient occupé la terre d'Israël pendant l'exil de ses habitants, avaient annulé les prérogatives des précédents, sauf, à son retour, Israël. Et si l'attentat date de décembre 96, par voie de conséquence sur le long terme, la destruction des trente logements du quartier préconisé par Yoël Tsour date de juillet 12, soit seize ans plus tard, et qui plus est sous l'égide de ce même Netanyahou qui semblait avoir pourtant approuvé cette aspiration par des hochements de tête, au cours du double enterrement de la mère et de l'enfant.

Il va sans dire que les médias n'ont eu de cesse qu'ils n'aient jamais mis le Premier ministre au pied du mur, et ne lui demandèrent jamais tout simplement ce qu'il faisait de l'opinion de ses électeurs. Cette trahison récurrente s'est répétée avec le gel de la construction, l'expulsion des habitants de Migron, après la destruction, une nuit d'hiver, de trois de leurs maisons, l'expulsion des acquéreurs d'un bâtiment de Hébron, avant Pessah l'année dernière, et, tout dernièrement, la prise pour ainsi dire des pleins pouvoir, depuis qu'il interdit au ministre du Logement, Ouri Ariel, de valider tout appel d'offre pour les grands projets immobiliers des villes de Judée-Samarie comme Ariel ou Modi'in Ilit, et de Jérusalem, là où il est permis de se demander si une telle mesure ne serait pas illégale, le statut des zones de la ville récupérées à la suite de la guerre des Six jours n'étant pas soumis à l'administration du ministère de la Défense, mais étant l'égal de Ramat-Gan ou de Kiryat-Gat. La situation est aberrante. Alors qu'en 94, Yossi Sarid, le champion de l'extrême gauche, s'emportait quand on lui demandait s'il voulait renoncer à la moitié de Jérusalem, Netanyahou, champion a priori de la droite, empêche les quartiers juifs de s'y épanouir deux décennies plus tard.

Concrètement, par conséquent, depuis que Netanyahou a pris la direction du Likoud, plus aucun gouvernement ne tend plus à «judaïser» la Judée pour faire en sorte que le nationalisme exacerbé du monde arabe qui cherche à s'accaparer le territoire d'Israël – et pas seulement les régions reprises en 67, contrairement à ce que l'ensemble de la caste politique et journalistique passe son temps à se convaincre du matin au soir – s'amoindrisse et tente peu à peu à disparaître. Au contraire, la non construction et la menace d'expulsion qui pèse sur les Juifs (voir les précédents du Sinaï et de Goush Katif, malgré la précarité de la situation sécuritaire et les guerres impliquées directement par les mêmes précédents) galvanise l'appétit des ennemis d'Israël territoriaux, et conforte l'Europe et les E-U dans leur attitude d'ennemis ex-territoriaux.

Il est évident, contrairement à la litanie politico-journalistique, qu'une revendication formelle confirmée dans les actes de la Palestine par les Palestiniens juifs, soulignée d'un refus que leur appellation leur soit arrachée pour être attribuée au tout venant des populations arabo-bédouines accourues des alentours et devenues au regard de l'attitude israélienne frileuse les «propriétaires», et une israélisation massive de la Samarie qui se trouve à deux pas de Tel-Aviv, fera admettre à l'opinion et à ses faiseurs le point de vue du Juif redevenu Judéen.

Les discours de Netanyahou sont au moins aussi brillants que l'argumentation des défenseurs d'Israël et de ses droits légitimes, mais ils ne sont pas suivis par des actes. En hébreu, en anglais, et même en français, il sait chanter l'espérance multimillénaire et les souffrances d'un peuple enfin revenu chez lui. Il sait dire avec brio que les mouvements terroristes ont un double-langage, l'un en anglais, l'autre en arabe, mais que si l'Occident leur font confiance en anglais, lui ne les considère comme sérieux que sur la base de l'arabe. Mais, concrètement, il est toujours aussi difficile, si vous êtes juif, d'obtenir un permis de construire à dix minutes de route de Jérusalem.

Dans la pratique, Netanyahou obéit aux injonctions du président américain. Il y a un peu moins de vingt ans, c'était Clinton. Dès l'investiture de son deuxième mandat, il est parti chez Obama. «On arrête la construction pour dix mois», avait-il rapporté dans ses valises. Officiellement, le but de ce gel était de montrer que l'impasse des pourparlers avec les terroristes n'était pas imputable à Israël. Mais réellement, c'était parce qu'Obama ne voulait pas. Le nouveau gel, et ce malgré l'attribution du ministère du Logement à un militant des droits d'Israël sur l'ensemble de son territoire, à savoir Ouri Ariel, lui-même habitant d'une implantation juive de taille moyenne, Kfar-Adoumim, sur la route de la Mer Morte, est la conséquence directe de la visite d'Obama en Israël, survenue juste avant que Netanyahou ne termine de mettre en place sa coalition. Netanyahou est élu par le peuple d'Israël pour se soumettre, et le pays avec, aux ordres de l'Amérique. Cette soumission qui sape les bases de l'indépendance d'Israël est largement admise comme incontournable, justifiée bien entendu par les infatigables maîtres des mass-médias. L'erreur, s'il 'agit bien d'une erreur, est de s'imaginer que le soutien des USA à Israël serait motivé par une amitié qu'il serait dommageable de brimer, et non pas en raison d'un ordre mondial américain strictement dépendant de la carte de leurs intérêts. Beaucoup n'assouplissent en rien leurs positions, comme les Egyptiens ou Erdogan le Turc, rétorquent avec franchise aux interpellations d'Obama, sans pour autant changer la politique américaine à leur égard.

Pourtant, il faut reconnaître que Netanyahou a su, sur un point, et non des moindres, résister aux pressions obamesques, et ne pas se laisser impressionner par des menaces qui, comme nous venons de le voir ci-dessus, ne sont de toute façon pas exécutées. Obama avait très expressément exigé, ce qui remonte à leur tout premier entretien, de Netanyahou de procéder à un retrait des forces de Tsahal des villes administrées par Abbas. Mais Netanyahou a tenu bon. Pourtant, peu sont ceux qui ont fait attention à ce bras de fer, et pour cause. Tout le monde s'accorde aujourd'hui pour admettre que la sécurité retrouvée serait le résultat du mur du même nom. Or, la quasi-totalité des attentats résulte d'un déplacement motorisé des terroristes. Dans peu d'autres situations, le matériel passe au-dessus de la barrière, pour être récupéré par un acolyte, de l'autre côté.

Ce fut le cas d'un attentat déjoué alors qu'une ceinture d'explosifs était arrivée jusqu'à Tel-Aviv, avant d'être interceptée. Sous le gouvernement de Barak, lorsque Tsahal poursuivait des terroristes, il lui était interdit de dépasser la limite des zones attribuées à l'époque des accords d'Oslo à l'Olp. La classe politique voulait dans sa dialectique qu'Israël ne se mît pas lui aussi à ne pas respecter les accords, ce qui ferait perdre tout espoir tangible de voir l'autre partie abandonner le terrorisme pour les respecter un jour.

Inutile de préciser qu'il était fort rare que des terroristes se fassent prendre avant de refranchir cette ligne, et qu'ils avaient le champ libre de tout préparer sans être dérangés, le plus dur étant le passage par les régions où Tsahal restait en droit d'agir. Il aura fallu attendre l'opération Rempart, Homat Maguen, avec Sharon, pour que Tsahal réinvestisse la place. Aussi, dans les dépêches du matin, on peut voir régulièrement que tant de suspects recherchés ont été appréhendés. Ces mêmes suspects sont ceux qui, quand Tsahal avait été exclu de la scène, fomentaient les attentats et s'occupaient de toute la logistique de a à z, de la préparation des explosifs au recrutement des candidats aux attentats suicides, formés à cet effet. Alors à quoi sert ce mur? Comme mentionné plus haut, il sert paradoxalement les intérêts de l'extrême gauche et des partisans de l'intérieur comme de l'extérieur à la fondation d'un Etat terroriste à un pas de l'aéroport international Ben-Gourion. Puisque le mur serait le facteur ayant pratiquement mis un terme aux attentats, Israël n'a plus de raison d'être présent des deux côtés. Et c'est là que se trouve le véritable danger. En effet, si Netanyahou arrivait à la solution d'un Etat arabo-musulman dit palestinien, quel motif pertinent aura-t-il l'intention d'invoquer pour ne pas retirer totalement Tsahal des bastions qui entourent Jérusalem sur trois côtés, jouxtent Netanya, Kefar Saba ou Petah-Tikva?

Par conséquent, on comprend que cet acharnement à ne pas s'affranchir des conceptions des «territoires contre la paix», «des accords d'Oslo», «des deux pays pour deux peuples», sous toutes sortes d'étiquettes, ne peut présager de solution juste et viable. La nation arabo-islamique ne veut pas d'Israël, et elle ne se contentera pas des régions perdues par Israël en 49 pour être reprises en 67. Le conflit est antérieur à cette dernière date, et ce qu'ils appellent la libération de la Palestine ne se limite pas à leur mainmise sur les villes à forte population arabe et interdites aux Juifs, n'en déplaise aux politiciens de l'intérieur, qui veulent penser à la place de nos ennemis ce qu'ils pensent vraiment.

 

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 09:10

לכאורה, הציונות הדתית היא ההופעה המושלמת ביותר של הישראליות בימינו. יש לה זיקה למולדת. היא מחדשת את בנייתה, מפתחת חקלאות למופת, מחזיקה צבא בהשקפה עמוקה שה' הוא הנותן לה כוח לעשות חיל ומקיים בה את הכתוב הקובע כי אחד מחייליו עומד כנגד מאה אויבים, ומאה רבבה ירד˙פו. היא מיישבת את כל ארץ ישראל, ובכל מקום שם ישראל נקרא עליה. היא לא דואגת ליהודה ושומרון בלבד. ההיפך הוא הנכון, משום שמתוך שהיא דואגת למרכז ההר, היא שואפת לפתור את מצוקת הדיור שבמרכז אזור החוף. כי כאשר היא שמה למול עיניה למטרה להביא לידי בניית עשרות אלפי יחידות דיור בצפון השומרון, היא מבינה שהיא בו זמנית מורידה את הלחץ לדיירי שפלת החוף. הכל עובד בדומה לכלים השלובים. מגבירים את היצע, פותחים עוד צינור בצד והלחץ יורד בכל הצינורות. במקום שעשרה רוכשים ייטפלו על דירה אחת, תהיה דירה לכל מבקש. במונחים של קידום פוליטי, יוכל נציג תנועה ציונית להכריז: "אפתור את מצוקת הדיור באזור תל-אביב והשפלה. אפעל לשיפור התנאים ולהפחתת העומס לכולם באמצעות הקמת עיר של רבע מיליון תושבים במרחק של עשר דקות נסיעה." כמו כן, מפלגה ציונית הייתה פועלת נחרצות בנגב ובגליל, בדרום תל-אביב, וכמובן בירושלים. היא לא הייתה נותנת לשונאי ישראל לחלל ולבזות את מנוחתם של השוכבים בהר הזיתים, או להשתלט על קרקעות המיועדים לתוכניות הרחבה של שכונות קיימות מסודרות.

ובנוגע לחינוך, מפלגה דתית ציונית הייתה מתחייבת לדאוג לכך שבתי הספר הממלכתיים יחנכו את ילדי ישראל על ברכי היהדות, ולהכניס לתכניות הלימודים, אם מעט אם הרבה את שינון התורה והנביאים, והבנתם על פי המפרשים של מסורת ישראל, לימוד התלמוד וההלכה, מחשבת ישראל. על המקצועות האלה להיות עיקריים לא פחות מאשר חשבון והנדסה, שדרך אגב אפשר ללמוד בין היתר במסכת עירובין, וכן דרך נוסחאות סוד העיבור, גיאוגרפיה ותולדות ישראל, שאפשר ללמוד מהם נתחים משמעותיים בתנ"ך. ובשילוב שני הערכים הנ"ל, ארץ ישראל והתורה, לא רק שהעם יישב בטח במדינתו, אלא שהוא גם יפנים בתודעתו את צדקת דרכו. מפלגה דתית-ציונית אמיתית הייתה שמה קץ ל"סליחה שניצחנו" ול"סליחה שגרמנו לכם אסון ולא שמחה לאיד או עייד".   

אבל למעשה, מלבד היד הקשה שהממשלה מפעילה כלפי ההתיישבות, ומלבד ההתעלמות המוחלטת שלה מהשתלטות זרים על הארץ, יש במערכת החינוך דבר משונה. ובכן, בישראל, הורים המבקשים חינוך יהודי חייבים לשלוח את ילדיהם לבתי ספר פרטיים מאוד יקרים, בדיוק כמו בגלות. עליהם להדק את החגורה ולהפחית את רמת ההוצאות השוטפות לפעמים עד סף עוני. ובמקום שכאן יהיו בתי הספר המלמדים על פי התרבות והמסורת של עם ישראל תחת חסות המדינה, דווקא אלה שמעבירים חיקוים מתרבויות אחרות המסובסדים. ואמנם היה ניתן לצפות כמובן שמפלגה דתית לאומית תהיה מעורה בכל שכבות האוכלוסייה לגווניה, ושהיא לא תתן למגזר המכונה חילוני להישאר בור ועם הארץ.

יתירה מזאת, היא הייתה אמורה להחדיר למגזרים הלא יהודיים מושגים של הערכה וכבוד כלפי האומה הריבונית, הדואגת עבור המיעוטים לתנאי מחיה והשכלה מהטובים בעולם, כי הרי בני המיעוטים ניזונים ישירות ממדינת ישראל באופן שהם נהנים מרמת חיים והשכלה המעולה פי כמה וכמה מאלו שבמדינות המוצא שלהם. רק נזכיר שבצרפת, למשל, לא רק שהם מחדירים לכל תלמידי בתי הספר את הערכים הנשגבים של האומה הצרפתית, אלא גם שאבותיהם של כולם כולל כולם היו הגאלים. כמובן שלא צריך להפליג ולכן אל נלמד אותם שאבותיהם היו העבריים. אם כי, ישנם מומחים שטוענים שחלק מערביי ארץ ישראל הם לא אחרים מאשר צאצאי העבריים שהוסלמו תחת איום חרב האיסלם.

לאחרונה, מפלגת הבית היהודי עדכנה את בוחריה. היא שלחה עלון בין שני עמודים עם תמונות. היא גאה בעיקר בגיוס חבריה לקראת הבחירות המוניציפאליות. בין היתר נאמר : "באירוע רב משתתפים, הושק המטה החילוני...  אשר קיבל את השם "בית משותף"... ופרופ' אשר כהן הציג את נתוני ההצבעה מהבחירות האחרונות לכנסת והוכיח כי אחוז משמעותי מהמצביעים שייכים לציבור הכללי". אמרה זו אומרת דרשוני. בהעלם אחד מדגישים את ערך האחדות פעמיים:   השותפות ; כל ישראל ערבים זה לזה ; וכלל ישראל. אבל מה בעצם מר בנט ופמלייתו רוצים לשדר ?

האם הם מבקשים לתת חיזוק לעמדות של חובבי התורה והמדינה ? ולומר : "הנה, לא רק חובשי כיפות הלומדים בישיבות ואוניברסיטאות ומשרתים בצבא, לא רק תושבי ההתנחלויות והקיבוץ הדתי תומכים בדרך שלנו, אלא גם ציבור רחב מאוד שאורח חייו לגמרי שונה ? ואז במקרה הזה יש לציונות הדתית מנדט רחב ביותר לקראת יישום עקרונות המצע של המפלגה ; או שמא יש להבין את ההיפך הגמור: "היות ואנחנו בעצם תנועה שמייצגת מגוון רחב של תושבים ודעות במדינה, עלינו להוריד את כיסופינו לארץ השלמה ולהחדרת ערכי היהדות והציונות לפרופורציות הנכונות, ולהבין שאם הראש הממשלה יוותר על ריבונותינו לטובת "שתי מדינות", וגם במחיר כבד של הפגזת המדינה הדו-לאומית על ידי המדינה החד-לאומית, עלינו לקחת בחשבון שזה מה שחושב חלק לא מבוטל מהמצביעים שלנו".

לפני שננסה לענות, הבה נתבונן באחד המעשים הראשונים של המפלגה, שייתן לנו אולי להבין מה הכוונות שמאחורי הקלעים. לאחרונה, הממשלה החליטה על קיצוץ מרחיק לכת, כשתקצוב הישיבות נפגע יותר מכל תחום אחר. באחד מאתרי האינטרנט, כשדווח על כך בכתבה, תגובות הגולשים היו מעניינות. אחרי טור של קוראים שקבלו על המעשה, הופיעו כמה שורות בהן נכתב שטוב שהמפלגה לא סקטוריאלית, ושהיא לא דואגת רק לדתיים ולמתנחלים. כזכור שלעומת זאת, כשמפלגת ש"ס קיבלה פעם שבעה-עשר מנדטים, היא ידעה שלא כל ציבור בוחריה עשוי מחרדים ספרדיים, ושהמון  אנשים המגדירים את עצמם כמסורתיים תמכו בהם. ואף חילוניים הסוברים שחייבים שבשלטון יהיה מי שידאג לנצחיות של היהדות תמכו בה. אבל היא קיבלה את העובדה הזאת כעידוד מצד הציבור הכללי המצדיק את דרכם ואת שאיפותיהם.

ובנידון דדן, כחלק מעוצמת התקוות שתלו במפלגת הבית היהודי, יצא רב מהזרם הדתי לאומי להרגיע את הרוחות לפני הבחירות. הוא טען בפשטות שאין לחרדים לדאוג מבנט ופמלייתו, משום שגם בעולם הדתי-ציוני יש ישיבות, ואיך הוא בעצמו יתמוך במפלגה שעלולה לפגוע בישיבות לאחר שהוא בעצמו ראש ישיבה ואינו מפחד? אבל עובדה שלקח פחות מחודשיים למפלגה להרוס איזון שנרקם ועמד על כנו כשעמלו בו מקם המדינה. כבר שואלים אנשים אם לא היה כדאי להצביע בעד מפלגות הדואגות "רק" לעולם התורה, בחינת "מרובה לא תפסת". רצו התיישבות ותורה וגם תורה לא קיבלו.

ובנוגע להתיישבות, שבה קשורה כל הסוגיה של המצאותינו בארץ, דווח בתקשורת שנתניהו נתן הוראה להורי אריאל שלא לחתום על תוכניות בנייה בהתיישבות. שר השיכון סירב להתייחס לשאלה הזו. אבל מה שכבר ידוע, זה המשך ההכאה ביישובים שלא נותנים להם לעבור את השלב המכונה "מאחזים", ושממשיכים להוציא בכוח משפחות צעירות מביתם ה"לא חוקי" כשהם יהודיים. עוז ציון, חוות מעון, ועוד. מאידך, השפלת חיילי צה"ל על ידי פורעים ופורעות ערביים תפס תאוצה מאז כינונה של הממשלה החדשה. לפני הבחירות אמרו שחשוב מאוד שהבית היהודי יהיה חלק מהממשלה ולא יעמוד חסר ישע ומעש באופוזיציה. לא נראה לאיש שהם התכוונו שהבית היהודי יישב מנוטרל ונטולל כל אנרגיה מתוך הממשלה. אם כן, על אורי אריאל לחתום על כל התכניות להתיישבות יהודית בא"י, על אפו וחמתו של ראש הממשלה, מכוון שהמטרה היחידה של עלייתו לשלטון, הינה להכתיב מדיניות שתתמוך דווקא בזכויות עם ישראל ותמגר את ההשתלטות של הג'יהאד האיסלמי על אדמתנו, ובעיקר אחרי שהוא וחברי מפלגתו החדשה דגלו בזה כל הימים. סוף מעשה בהצהרה תחילה. אמנם אין זה קל לדבוק במטרה, אחרי שחברי מפלגתו הישנה כבר לא יכולים לשמור עליו ולתמוך בו מימין. אבל ממאי נפשך ? או שהוא ייתן פתחון פה לנתניהו ויעזור לו להתמודד בלחץ האמריקני, שהרי יוכל ראש הממשלה לטעון: "אמרתי לשר השיכון שלי, אבל הוא לא שומע לי. אתם רוצים שאפרק את הממשלה?" או שנתניהו מעיף אותו, ואז אריאל תופס תאוצה, מוביל מהלך של הפגנות ומכפיל את הישגיו בבחירות הבאות.

כעת, לשם מעקב או השוואה, הבה נתייחס להתנהלות המפלגה בעבר, כשהיא טרם שינתה את שמה, המפד"ל. גם אז תלו בה המצביעים שלה תקוות מאוד גבוהות. תושב חברון יהודי שנסע מירושלים שאל טרמפיסט, לאחר שהלז אמר לו שהוא יצביע מולדת, מדוע אינו רוצה לבחור במפד"ל. זה היה לפני הבחירות שהעלו לראשונה את נתניהו לשלטון. השני ביקש להפיג את המתח וענה במילתא דבדיחותא : "להפד"יל אלף אלפי הפד"לות". הנהג נדהם וכמעט הסיח את דעתו מהכביש. ידוע גם כן שחברי ותומכי המפלגה הנושאת את שם הציוניות והדת נורא כעסו על הלחן של תשדיר מולדת שהושר : "רק מולדת בימין . (פעמיים). רק מולדת , מולדת בימין".

אבל לדאבון הלב, כולם זוכרים שאחרי הבחירות, רצו שרי המפד"ל לחתום את הסכמי חברון. אז עדיין היו גלי ערוץ 7 משודרים ומרחפים באוויר, וכולם שמעו את אותה ההתייחסות עם נימת הזלזול והביטול. ושמענו את אותה הטענה: "למפלגה קשת רחבה מאוד של בוחרים. מי שכועס עלינו הם השוליים, ואינם מייצגים את רוח המפד"ל". איני? כנראה שהראות הזאת לא הייתה מדויקת, כי אם לא כן, לא היו יורדים במרוצת השנים לשלושה ח"כים בלבד. וכיום עדיין עומדים מספר בתים של יהודים שנרכשו בכסף מלא נעולים, סגורים ומסוגרים, כשהח"כים הסרוגים לא ששים לשנות את המצב, לא לטובת החוק כשהחוק מצדד בעד היהודי, ולא לטובת שינוי החוק כשהוא מקפח את היהודי.

לא רואים שום דבר חדש מתחיל באופק, ומזל הבית היהודי כמזל המפד"ל. שינוי השם לא חולל בו מפנה מהותי. הציבור היה מייחל בכליון עיניים שראש המפלגה לא יכריז שיש לגרש יהודים מאדמות שוממות הרשומות בארכיוני כוחות הכיבוש העוקמניים והירדניים על שם אנשים שכלל לא חיים בם ולא מעבדים אותן, אלא שהוא יפעל להחלת החוק הישראלי באותם המקומות, ובמיוחד כשנבנו בהם יישובים לתפארת ישראל. היינו מצפים שיושם קץ לבזוי העם הנבחר ולמי שבחר בו מכל העמים, כשהשלטון היהודי מפעיל את כל עוצמת כוחותיו נגד אזרחיו הנאמנים ומחניף למחבלים מכגון האחראי לטבחי מעלות ומינכן, הזוכה לכבוד גדול ולחשמל חינם.

שום דבר חדש אינו מתחיל תחת השמש, ושוב הציבור הדתי לאומי נוכח לדעת שהוא לא משפיע על המהלכים המדיניים לטובת חיזוק היהדות והמדינה היהודית. אם כי ייתכן שבכנסת הבאה, כבר לא יהיה ייצוג לבית היהודי. הוא לא יוכל להנאות בשלושה או ארבעה מנדטים עד לשינוי השם הבא, כי הוא במו ידיו כרת את הענף עליו הוא היה יכול לשבת, בהעלת אחוז החסימה לארבע אחוז.

 

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 13:07

L'image du déroulement de la libération du Mont du Temple au cours de la guerre des Six jours s'est arrêtée dans beaucoup d'esprits sous la forme suivante: après avoir écrasé et mis en fuite la légion jordanienne, réputée comme l'une des plus puissantes du monde arabe, Moshé Dayan accepte la capitulation musulmane, mais, «beau joueur», ou complètement dépassé par les événements, il remet simultanément aux autorités musulmanes la clé du lieu le plus saint du judaïsme. Selon cette compréhension, ce dernier ne serait resté qu'un très court instant entre les mains d'Israël, autrement dit jamais. On ignore souvent pourtant qu'une synagogue et un beth midrash, centre d'étude juif, y ont été ouverts et ont été fréquentés pendant plusieurs semaines. Le livre d'Avi Rat, Beoz Veta'açoumth (Avec ardeur et détermination) donne un nouvel éclairage sur une période occultée.

On a trop tendance à considérer aujourd'hui que le gouvernement de Lévy Eshkol, dont Moshé Dayan incarna les fonctions de ministre de la Défense, aurait été trop effrayé par une sorte d'accélération de l'histoire, et préféra ne pas mettre la main sur le Mont du Temple, pour ne pas réveiller les démons qui se seraient jetés sur le jeune Etat d'Israël qui n'avait, ne l'oublions pas, que 19 ans. Nous allons citer ici quelque passage de l'édifiant travail de documentation de l'auteur israélien Avi Rat, qui a rassemblé d'innombrables documents, des coupures de presse aux interviews couchées sur le papier, afin de dresser le parcours du grand rabbin de Tsahal, le Rav Shlomo Goren, dont de nombreux événements vécus se fondent dans l'histoire de la renaissance du peuple juif sur sa terre.

L'ouvrage est présenté comme une autobiographie, bien que l'auteur reconnaisse que si le grand rabbin militaire avait lui-même écrit ses mémoires, il aurait peut-être mis l'accent sur d'autres points que ceux choisis ici. (p294, édition Yédi'oth Sefarim).

«Nous nous implantâmes solidement sur le Mont du Temple. J'y ouvris un institut, près de la porte des Occidentaux (Cha'ar haMograbim) et j'y accrochai une enseigne: "L'institut du rabbinat militaire sur le Mont du Temple". (…) Nous commençâmes à y prier régulièrement. Nous procédions à la lecture des rouleaux de la Torah que nous avions mis à notre disposition sur le Mont du Temple, où nous entreposâmes également des livres saints. Pendant la période où j'exerçais mon autorité sur le Mont du Temple, j'avais convoqué le corps du génie militaire pour lui demander de prendre des mesures précises. Ils travaillèrent pendant environ deux semaines sur les relevés, et mirent au point des cartes qu'ils me remirent. Je désignai dix officiers du Mont du Temple, et les dotai de brassards qui portaient l'inscription: "Officier du Mont du Temple." Ils y exercèrent pendant toute cette période, qui dura à peu près quarante jours, à compter de la libération du Mont du Temple, jusqu'au moment où Dayan l'offrit aux Musulmans.

Un jour, Dayan vint me voir et m'annonça que je devais plier bagages et abandonner l'institut qui se trouvait sur le Mont du Temple, qu'il fallait enlever les livres et tout ce que nous possédions sur place, et congédier les officiers, parce qu'il avait remis l'autorité des lieux au Waqf musulman. J'eus le sentiment de recevoir un coup de tonnerre au beau milieu d'un jour serein. Il me dit qu'il le faisait en conformité avec la position du gouvernement. Je le mis en garde contre le fait de confier le Saint des Saints de la nation au Waqf musulman, fervent ennemi d'Israël. Or, bien que Begin était lui aussi membre du pouvoir, du gouvernement de l'union nationale, il agit très faiblement pour défendre nos intérêts et nos droits, ni pour la caverne de Makhpella, quand il apprit que la question était critique, ni pour le Mont du Temple.

Le 9 av 5727, je me fis accompagner d'un public d'environ cent fidèles, et montai sur le Mont du Temple en passant par la Porte des Occidentaux. Nous récitâmes la prière de l'après-midi, lûmes la Torah et je pris le dernier passage suivi du Prophète (Isaïe 56, 7) qui s'achève en ces termes: "Et Je les ramènerai sur Ma montagne sainte, Je les réjouirai dans ma maison de prière, leurs holocaustes et leurs sacrifices seront acceptés sur mon autel, car ma maison, maison de prière, sera ainsi nommée pour toutes les nations. Parole de l'Eternel Cevaoth, rassembleur des rejetés d'Israël, je les rassemblerai certes en ce lieu".

Le lendemain, le journal Haaretz informa ses lecteurs de cet événement. Ils ajoutèrent que les Arabes envisageaient de manifester contre ma personne dans la Vieille Ville. Ils étaient remontés contre notre prière et ma déclaration de revenir pour le shabbat de la Consolation, la semaine suivante, en invitant cinquante mille fidèles à me rejoindre, afin de prier et de revendiquer notre droit sur le Mont du Temple, et pas seulement sur le Mur Occidental. Je précisai que je n'avais pas l'intention de porter atteinte aux mosquées, mais seulement d'exercer notre droit de prier en cet éminent lieu saint.

Le jeudi qui précéda ce shabbat, je reçus un coup de téléphone de Dayan. Il me parlait depuis la réunion ministérielle, et m'informa que le gouvernement avait décidé d'exiger de moi l'annulation de la prière sur le Mont du Temple. Je lui fis part de mon refus. Il me demanda alors au nom du Premier ministre d'accepter au moins de repousser cette prière à une date ultérieure. Je lui répondis que s'il était juste question de la reporter à un autre shabbat, j'acceptais, à condition qu'il m'informât de quel shabbat il serait question, et qu'il conclût avec moi un accord. Il était d'accord, et me demanda de faire stopper les messages diffusés en permanence à la radio, et qui invitaient cinquante mille fidèles à me rejoindre. J'acceptai qu'il transmît en mon nom que la prière était repoussée. Mais la parole de Dayan ne pesait pas lourd, et toute la journée et la nuit suivante, il fit diffuser sur les ondes à dix reprises que j'annulais la prière et non pas que je la reportais.

Tous les jours de  ma vie, le remord me ronge pour avoir renoncé si facilement à notre droit de prier sur le Mont du Temple. J'aurais dû démissionner de l'armée et tout faire pour que nous puissions continuer à prier sur le Mont du Temple.

Au moment où la charge du Mont du Temple fut cédée au Waqf, la porte des Occidentaux ne nous était pas encore réservée, et nous entrions par la Porte des Lions. Les Arabes la condamnèrent avec des planches. Pendant cette même période, nous nous réunissions pour des congrès du rabbinat militaire sur le Mont du Temple, des journées d'études approfondies et des prières. Quand je vis que la porte était fermée, j'ordonnai à l'un des officiers de prendre un levier sur l'un des tanks, de  l'apporter et de briser le portail, et c'est ainsi que nous entrâmes. Quand nous voulûmes ressortir, ils fermèrent la porte des Occidentaux avec une clé qu'ils refusèrent de nous remettre. Je contactai le commandant de la région et demandai de m'envoyer un bataillon de jeeps avec des canons afin de forcer le portail qui était très solide. Il informa les Arabes que s'ils s'obstinaient à refuser de nous remettre la clé, nous enfoncerions la porte. Ils capitulèrent, et le commandant de la région appela Dayan et des photographes, et ils s'introduisirent par cette porte. Aujourd'hui encore, la photo où l'on peut voir Dayan et Ouzi Narkis passer par la porte des Occidentaux est restée célèbre. Il fut décidé que cette porte resterait sous l'autorité de la police militaire et qu'elle serait empruntée par les Juifs.»

Le Rav Goren précise ensuite que les relevés effectués par le génie militaire ont permis de déterminer avec précision qu'il est permis ou interdit de fouler sur le Mont du Temple. Avec un groupe restreint de fidèles, le Rav continua à disposer d'une certaine immunité qui lui permit de continuer à se rendre sur les lieux, à prier et se prosterner face contre terre, comme à l'époque où le Temple était encore en place. Il organisa même un office de Kippour l'année qui suivit la libération de la ville.

Cette politique émanant du pouvoir de l'intérieur et qui porte atteinte aux droits les plus légitimes du peuple juif ne date pas d'aujourd'hui, quand nous assistons impuissants aux décisions de gel sélectif de la construction qui ne passent plus depuis longtemps aux yeux du monde pour des gestes de bonne volonté, mais pour une attitude on ne peut plus normale. «Tes destructeurs et les auteurs de ta ruine proviennent de toi.»(Isaïe 49, 17) Le grand rabbin de Tsahal ne cessa de reprocher à Dayan, ministre de la Défense, d'avoir remis de ses propres mains et délibérément le Saint des Saints aux adeptes d'un autre culte. Dayan se défendit en soutenant que le gouvernement était d'accord et que personne n'avait réellement tenu ni exigé qu'une partie au moins de l'esplanade du Temple fût consacrée à la prière des enfants d'Israël.

Ce témoignage nous enseigne sans ambiguïté qu'il ne fut jamais question d'une sorte de frayeur qui aurait empêché le gouvernement d'investir le lieu le plus saint du judaïsme, mais que, bien au contraire, la souveraineté totale d'Israël s'y était exercée pendant quarante jours.

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 11:33

En principe, un criminel, et surtout de ceux qui tuent des innocents par haine ou en raison de tout autre déséquilibre mental, est emprisonné à vie ; s'il ne l'est pas, un mandat de recherche est délivré ; s'il peut se trouver dans un autre pays, Interpol s'en mêle; s'il s'enfuit, on le traque et on aggrave sa peine ou ses conditions de détention dès qu'il est repris. On ne se dit certainement pas que, puisqu'il a déjà été en prison, alors peu importe qu'il se soit enfui.

Rappelons à titre d'illustration un fait divers survenu en France qui a tenu en haleine tous les services de sécurité et de la police. Cette affaire, qui remonte à environ trois ans, a fait les titres de la presse, et pas seulement à sensation, pendant tout un trimestre. Un certain Treiber s'était évadé de prison, en se cachant dans un carton. Son crime, certes effarant, fut le meurtre de deux femmes à la chloropicrine. En novembre 04, il était simplement suspect, et comme il n'avait cessé de clamer son innocence, ce qui avait semé la confusion auprès des enquêteurs, d'autres recherches furent lancées, jusqu'à l'évidence de sa culpabilité, confirmée par la découverte des corps dans sa propriété. L'assassin évadé le 8 septembre 09, fut après d'importants efforts, rattrapé le 21 novembre. La police était sur les dents, et ne retrouva un sommeil serein qu'après l'avoir rattrapé, ce qui lui permit d'être jugé, le procès ayant été prévu pour avril 2010.

En quoi cette affaire nous intéresse-t-elle ? En rien, justement, si ce n'est qu'elle nous permet aux honnêtes gens de dormir sur leurs deux oreilles. Dormez tranquilles, braves gens ! La police et la justice veillent ! A fortiori, nous dirions-nous, un criminel ayant commandité un méga-assassinat, dix fois plus dévastateur que le meurtre précité, via la planification du massacre d'écoliers et le recrutement organisé de tueurs, sans lésiner ni sur leur entraînement  ni sur leur fanatisation en vue de commettre des crimes de haine, et en leur remettant des armes et des explosifs, ne se verrait attribuer par les autorités compétentes aucun répit, qui exploiteraient toutes les pistes afin de l'appréhender et de le mettre sous haute surveillance.

Et surtout, la pensée qu'un tel monstre sanguinaire non seulement ne serait pas inquiété, mais qu'il recevrait de surcroît les honneurs des médias et de l'ensemble du monde politique à l'échelle mondiale, y compris du pays des victimes, ne nous effleurerait certainement pas. Qu'il soit honoré comme un chef d'Etat et qu'il  voie converger dans ses poches des sommes fabuleuses ? Impossible, cette supposition est grotesque, totalement absurde, révoltante… et pourtant, la réalité dépasse cette élucubration qui n'en est pas une, car c'est le cas du boucher de Ma'aloth.

Ma'aloth, ça vous dit quelque chose? L'affaire aurait-elle été ignorée ou étouffée pour que personne ne s'en souvienne?  Le 15 mai 1974, des terroristes armés du dit Front démocratique pour la libération de la Palestine, l'une des branches de l'Olp, s'étant infiltrés en Israël depuis le Liban, font irruption dans l'appartement d'une jeune famille dans la paisible ville de Ma'aloth. Ils massacrent froidement le père, la mère et n'ont pas plus de sentiment humain pour leur enfant de quatre ans. Poursuivant leur course meurtrière, ils prennent en otage, dans l'école Nétiv Meir de la ville, cent cinq adolescents et dix enseignants en provenance de la ville de Safed, en villégiature et de passage dans la région pour une excursion et des activités éducatives. Vingt-deux adolescents et trois adultes sont assassinés par les terroristes de l'Olp. Sans l'élimination des tueurs assoiffés de sang par la Sayereth Matcal, commando de Tsahal, ils auraient anéanti l'ensemble des Juifs qu'ils séquestraient. Soixante-huit personnes sont blessées dans cette attaque immonde et innommable.

Le responsable de ce carnage n'est autre que le « modéré » Mahmoud Abbas, soutenu aujourd'hui hypocritement par le monde libre qui fait des pieds et des mains pour le maintenir « au pouvoir » dans cette autonomie attribuée à son criminel prédécesseur par la corruption et l'iniquité. Un ministre des Affaires étrangères européen se couche à ses pieds pour le supplier de rester quand il recourt à la ruse orientale bien connue du « retenez-moi sinon… » et ses nerfs le lâchent à l'idée que les yeux d'Israël se dessillent enfin et qu'il refuse une bonne foi pour toutes de « traiter » avec des criminels dont la traduction en justice pourrait faire changer la face du monde avant qu'il ne la perde. Mais ils peuvent faire confiance au gentil Netanyahou, qui ne voudrait pour rien au monde froisser cette opinion qui soutient mordicus les ennemis d'Israël. C'est à s'imaginer que ses conseillers le confortent dans cette position. Alors, où sont les mandats d'arrêts et les poursuites lancées contre le boucher de Ma'aloth?   

Le seul homme politique, ou l'un des rares peut-être, à refuser la supercherie de la fanfaronnade et de la fausse modération, reste le maire de Safed, Ychaï Maïmon, personnellement rescapé du massacre de Ma'aloth, alors qu'il était élève en classe de première. L'excursion extrascolaire qui a tourné au cauchemar il y a 39 ans restera définitivement gravée dans sa mémoire. Quand la terrifiante nouvelle rapporta qu'un groupe de terroristes armés et animés de haine gratuite  avait infesté la région, on décida de suspendre les excursions et de laisser les promeneurs dormir à l'intérieur de l'école. « Il n'est venu à l'idée de personne qu'ils s'en prendraient à une école et qu'ils abattraient froidement vingt-deux élèves », avait rapporté le maire de Safed. Les coups de feu et les cris déchirants de ses camarades résonnent encore dans sa mémoire.

De temps en temps, toutes les quelques années, le «modéré» boucher de Ma'aloth parle de son désir de se rendre à Safed. Mais Ychaï a toujours été vigilant et protesté contre cette injustice  flagrante, déclarant toujours qu'il faudrait d'abord lui passer sur le corps. « Le sang de mes amis hurle des entrailles de la terre ». Ce fut le cas notamment en 2005 et 1995. Déjà, l'archi terroriste s'était heurté à une manifestation de protestation des habitants.

Heureusement, il reste cinquante justes pour sauver la ville. Mais que dire du monde politique qui a perdu la tête et s'affole ?  Les « analystes » sont aux abois et prévoient comme apocalyptique et catastrophique un possible départ à la retraite politique que fait miroiter de temps à autres le boucher de Ma'aloth, ce « modéré » – départ que les règles du jeu du « retenez-moi » ne permettraient pas, bien entendu –, car  cela pourrait bien signifier la fin de ce que l'on s'évertue à maintenir artificiellement, la tristement célèbre « l'Autorité palestinienne ». Mais quand bien même ne partirait-il pas, en bon maître qui sait faire chanter les autres, est-ce que son maintien perdurera définitivement ? Jusqu'à quel âge va-t-il encore persister, malgré une peau dure imposée par sa condition de crapule ? Sans compter les révolutions du monde arabe qui feront avancer ce dernier jusqu'aux portes de Jérusalem, de Tel-Aviv et de toute  la région côtière d'Israël. Laisser se maintenir cette occupation sur les monts de la terre d'Israël est un non-sens qui, à plus ou moins court terme, feront avancer une sorte de califat qui s'étend déjà de l'océan atlantique à la mer Rouge.

Pour le monde occidental en général et pour Israël en particulier, l'horreur syrienne est un double avertissement,. Tout d'abord, l'anti-corrosivité d'Assad, qui a tenu bien plus longtemps que Ben-Ali, Moubarak et Kadhafi, a fait tomber la couverture d'une supposée révolution populaire avide de démocratie et de liberté. L'Occident, si prompt en son temps à faire tomber le dictateur libyen, alors encore sous l'emprise du parfum d'un jasmin hallucinatoire, semble s'être relativement désintoxiqué et guéri de cette dépendance.

Sa circonspection qui l'a empêché de se précipiter sur la Syrie lui a permis de voir que les principaux instigateurs ne sont autres que les dirigeants du mouvement Al-Qaïda, qui ne connaît pas de frontière, et qui fait avancer les pions de la mondialisation islamique. Instaurer un nouvel Etat arabe totalitaire, antisémite, antisioniste, etc., mais également faible, sans monnaie,  sans une véritable industrie,  au cœur d'Israël ne peut déboucher que sur deux possibilités: ou bien il se fait renverser et devient province d'une vaste entité islamique, ou bien il se maintient comme aujourd'hui, protégé par Israël de la première solution. En tout état de cause, seul le maintient d'Israël, interrompu par les accords d'Oslo et remis en place pendant l'opération Rempart (חומת מגן  ), garantira la sécurité des Juifs redevenus Judéens. Que l'occupant islamique se nomme Abbas ou Al-Qaïda, ça ne fait pas une grande différence.

Ce jeu de l'hypocrisie, qui empêche la justice d'exister, non seulement laisse un dangereux criminel en liberté dans un palais, mais réclame constamment son lot de victimes innocentes, qui tombent sous les coups de couteaux ou sous les balles d'assassins encouragés par leur modèle, aussi bien en raison de l'iniquité dont il jouit, que de l'incitation au meurtre diffusée continuellement à la télévision de Ramallah, la seule chaîne à ne pas faire l'objet de poursuites ou de restrictions.

Le gouvernement frileux de Netanyahou se contente d'affirmer mollement que le Fatah d'Abbas ne fait pas preuve de volonté de paix en glorifiant les assassins et en incitant à la haine et qu'il devrait prouver qu'il veut la paix. Cette dialectique de l'impasse, doublée d'un frein impitoyable et intransigeant envers les citoyens israéliens dont le seul tort est de vouloir vivre sur leur patrie retrouvée, contribue largement à faire retarder un aboutissement heureux au conflit qui oppose le totalitarisme à la bonne marche de la planète.

En cette veille de la fête de Shavouoth, accomplissement spirituel de la sortie physique de l'Egypte, où nous écouterons les Dix Commandements, debout dans le plus grand recueillement, il convient de ne pas perdre de vue que la vérité passe par l'accomplissement de la justice, que le référentiel des lois immuables de la Torah sont la seule garantie contre les égarements les plus iniques et les plus absurdes.

Yéochoua Sultan traite vos traductions (livres saints, kodesh, récits, autobiographies, actualité…) de l'hébreu au français et vice versa. Contactez-le par courrier: TD 1166, DN Mizrah Benyamin, 90628 Israël, ou par téléphone: 054-2628237.

 

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 21:56

L'intense ténacité du peuple juif l'a propulsé à travers les âges, et le fera tenir jusqu'à sa complète rédemption. Personne n'en connait le terme exact. Les événements sont connus depuis l'aurore de l'histoire, mais non le jour ou l'heure où la clarté éblouissante ne sera plus mâtinée d'obscurité. Tout attachement à un calendrier supposé est sujet à l'erreur. Dans les instants qui ont suivi la réunification de Jérusalem, débarrassée du joug jordanien, des élèves d'éminentes figures du sionisme qui s'abreuve directement au puits de la foi d'Israël, ont posé la question suivante:

Puisque l'emplacement du Temple a été libéré, et qu'il est revenu entre les mains du peuple juif, ce qui ne s'était jamais produit depuis l'occupation romaine, allons-nous continuer à nous endeuiller et à jeûner le jour du 9 av? Cette question sous-entend qu'un deuil qui a tellement duré renferme l'espoir en la restauration, contrairement à un deuil qui, s'il avait marqué uniquement l'anéantissement, aurait été oublié après une année, voire un peu plus. Or, le 28 yar 5727, cela faisait 1899 que cette coutume durait. Donc, puisque le peuple juif reprenait en main les commandes de son destin, le moment était-il venu de considérer, comme l'avait énoncé le prophète Ezra, mais toujours sans en préciser la date exacte, que le moment était venu de changer les quatre jours d'affliction et de privations, dont le jeûne du 9 av, en jours d'allégresse?

Le Rav Zwi Yéhouda Kook, figure de proue du mouvement spirituel sioniste, leur fit part de sa réponse. Peu de temps avant la guerre des Six jours, soit environ trois semaines plus tôt, comme par prémonition, lors des cérémonies de la fête de l'indépendance, exprimé sa profonde amertume en s'écriant: «Où se trouve notre Hébron? Où se trouve notre Sichem? Où se trouve notre Bet-Lehem?» Il refroidit toutefois le trop fort empressement de ses élèves, et, bien que n'espérant pas moins qu'eux en la rédemption parfaite, il leur répondit que rien ne serait pour l'instant modifié dans le rituel de l'année. Unanimement, les rabbins ne se laissèrent donc pas outre mesure perturber par la déclaration qui ne perd rien de son historicité: «Le mont du Temple est entre nos mains.»

Halakhiquement, si l'emplacement du Temple reste interdit d'accès aux Juifs, cela ne signifie pas pour autant que d'autres seraient autorisés à s'y rendre. «Le lieu pour qui le texte dit: "Et l'étranger (qui n'est pas un prêtre descendant des Cohanim) qui s'en approchera sera mis à mort", est piétiné par des renards, et nous ne pleurerions pas? » (Traité Macoth). Les règles de purification préliminaire sont strictes, certaines zones sont réservées exclusivement aux Cohanim (les prêtres), tandis que le Saint des Saints ne peut être approché qu'une fois l'an par le Cohen Gadol, le grand pontife, à Kippour, qui y dépose en habits blancs la pelle d'or contenant les encens. Cependant, une étude très précise des sources mishniques et bibliques, illustrée par des plans architecturaux de haut niveau, a permis de définir les lieux sur lesquels il est permis de se tenir, et qui ne font pas partie de l'enceinte du Beit-haMikdach.

Il faut néanmoins porter des chaussures en toile, et se plonger dans un bassin purificateur au préalable, quoique la véritable purification nécessite les cendres de la vache rousse (section hebdomadaire Houkat).

Depuis quelques années, le nombre des groupes qui le visitent va en s'intensifiant. Mais, concrètement aujourd'hui, contrairement aux adeptes de l'islam, les Juifs doivent obtenir une autorisation préalable et ne sont autorisés qu'à venir en comité restreint, accompagnés de la police et, suprême horreur, de gardiens musulmans d'un organisme répondant au nom effarant de Waqf.

Cet intérêt pour le mont du Temple auprès du peuple d'Israël est d'une importance considérable. Il est indéniable qu'un tournant décisif est survenu à la libération de Jérusalem. L'absence de Juifs sur le mont du Temple ne revêt absolument plus la même signification qu'avant la réunification. Jusqu'à sa libération, si les Juifs ne s'y rendaient pas, pas plus qu'ils ne se rendaient d'ailleurs au Kotel, c'était parce que les ennemis qui occupaient le terrain ne leur permettaient pas d'y approcher.

En revanche, depuis, l'opinion générale a tendance à s'imaginer que si les Juifs n'y vont pas, c'est parce qu'ils ne le vénèreraient pas. Cette même opinion profite de l'occasion pour redonner de l'énergie au mensonge qui cherche à imposer à la conscience collective que Jérusalem serait sainte à un niveau égal aussi bien pour les Juifs que pour d'autres: que les Juifs vénèrent l'esplanade du Mur Occidental uniquement, alors que les adeptes de l'islam en vénèrent l'autre côté. Pourtant, les initiés savent très bien que si l'esplanade du Mur Occidental est tellement respectée, c'est précisément parce qu'elle représente le lieu le plus proche du Saint des Saints, et que toute prosternation ne se fait qu'en raison de la proximité du lieu le plus saint du judaïsme.

Certes, se rendre sur le mont du Temple est un défi très difficile à relever pour un Juif. Ceux qui s'y rendent sont soumis à des interdictions et subissent maintes humiliations. Le jour de Jérusalem, qui vient fêter la libération de la totalité de la superficie de la ville, six personnes ont été arrêtées pour s'être prosternées ou parce que les sinistres gardiens du Waqf ont signalé aux policiers que certains fidèles remuaient les lèvres, ce qui a été interprété, à tort ou à raison, comme une tentative de prier.

Mercredi matin, le site d'Aroutz 7 en a rapporté les faits. Les personnes appréhendées ont été suspectées  (arrestations pour cause de prière) de n'avoir pas respecté les directives de la police. Celle-ci a indiqué aux fidèles que la prière leur était interdite sur le mont du Temple, ainsi que tout acte s'y rapportant. Les civils incriminés ont été amenés et retenus au poste de police Kichla. L'association Honénou, qui défend les victimes d'arrestations abusives, a pris leur dossier en charge. Ses responsables ont rapporté que plusieurs groupes s'étaient rendus en état de pureté sur le Mont du Temple et que, comme d'habitude, la police a mis en garde le public de l'interdiction de prier. L'association a signalé au passage qu'en ce qui concerne les adeptes musulmans, aucune restriction ne leur est imposée par la police, et aucun discours ne leur est adressé avant leur montée sur le Mont du Temple.

L'un des membres du groupe qui s'est rendu sur les lieux à 9h30, s'est prosterné sur le sol. Les gardiens du Waqf l'ont signalé aux policiers qui l'ont arrêté. Un peu plus tard, un groupe de vingt personne s'est prosterné au moment de quitter le lieu saint, et ont prononcé quelques paroles. Des témoins ont rapporté à Honénou que les policiers ont eu recours à la force alors que les fidèles étaient déjà en train de sortir. Le porte-parole de l'association de défense du citoyen a communiqué: «Il est question d'une injustice flagrante qui n'a nulle part d'équivalent. Précisément le jour de la libération de Jérusalem, et sur l'emplacement du Temple, la police "israélienne" choisit son moment pour appliquer ses lois raciales contre les Juifs sur le lieu qui est pour eux le plus saint. Durant de nombreuses années, les Juifs avaient l'habitude de ne pas s'élever au-delà de la sixième marche, et il faut qu'aujourd'hui ce soient les dirigeants de l'Etat juif qui imposent une telle politique.»

Récemment, le député Moshé Feiglin s'est vu interdire l'accès sur le Mont du Temple malgré son immunité parlementaire. En effet, l'ordre est venu directement du Premier ministre. Pour protester contre cette décision, mardi, c'est-à-dire la veille du jour de Jérusalem, quelques dizaines de membres de la plateforme du Likoud s'y sont rendus. Le conseil général des mouvements associatifs pour le Temple ont rapporté que les visiteurs avaient été répartis en groupes de vingt-cinq personnes, accompagnés de dix policiers. De plus, la surveillance a été renforcée pour protéger les fidèles de toute provocation ou émeute en provenance de musulmans stationnés non loin de la mosquée «de l'Extrémité». Le rabbin Yéhouda Glick a félicité la police pour ses efforts qui ont permis d'éviter que des situations pénibles ne se produisent, comme ce fut le cas de par le passé.

Les responsables de la branche nationale du Likoud, Nathan Anglesman et David Zwiel ont appelé les membres du parti à se rendre sur le mont du Temple. Ils ont déclaré: «Il est impératif d'exprimer notre souveraineté sur le Mont du Temple, et de nous laver de l'opprobre due à l'abandon de l'autorité israélienne du lieu le plus saint de tout le monde juif… En cette période, où l'accès au vice-président de la Knesset, le député Moshé Feiglin a été interdit sous l'injonction directe du Premier ministre, M. Benyamin Netanyahou, nous sommes appelés, nous les membres actifs centraux du mouvement Likoud-Beitenou, à manifester l'autorité juive sur le Mont du Temple, et d'y venir en pèlerinage en état de pureté.» (lire)

La problématique des difficultés posées par l'accès au lieu le plus saint de la planète n'interpelle pas uniquement le monde des rabbins ou, par extension, le monde religieux. L'importance du mont du Temple s'étend à toutes les couches de la société israélienne. Shahar Ilan, sur Kol Israël, une semaine avant le jour de la réunification de Jérusalem, a déclaré que les principes exigés par le droit de pratiquer sa religion exigent que les Juifs puissent se rendre sur le mont du Temple. Shahar Ilan est le directeur adjoint de l'association Liberté de culte et égalité: «Le principe qui voudrait qu'il soit interdit à un Juif de prier sur le Mont du Temple est inadmissible.»

En revanche, des dizaines de milliers de visiteurs ont célébré le jour de la réunification. L'esplanade du Kotel débordait de fidèles venus des quatre coins du pays dès le petit matin. Quant à la marche des drapeaux, dans l'après-midi, elle a attiré quelque soixante mille jeunes. L'ambiance de liberté et de bonheur retrouvé pouvait se voir dans toute la ville, et les axes routiers empruntant les rues Betsalel et King George ont été fermées à la circulation automobile. Les marcheurs sont arrivés au Kotel en fin d'après-midi, pour se répartir en des danses accompagnées par un orchestre traditionnel.

Si les jours commémoratifs de la destruction du Temple sont maintenus encore à ce jour, la réunification est très fortement ancrée dans la conscience collective. Si la montée sur le Mont du Temple ne fait pas l'unanimité aujourd'hui, en raison des risques de se rapprocher par inadvertance des zones réellement interdites, elle la fera bientôt, quand le Temple sera reconstruit et que tout Israël sera appelé à y monter trois fois l'an. La fête de Chavouoth, que nous célèbrerons la semaine prochaine, attire dans l'enceinte de Jérusalem d'ores et déjà de très nombreux pèlerins.

 

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 22:51

La foi est-elle produite par la mode et les spectacles ou est-elle profondément ancrée dans les consciences ? Peu après l'indépendance d'Israël, et à l'approche du jour de la réunification de Jérusalem, cette question vaut la peine d'être creusée.

Aux principes fondamentaux de la foi d'Israël s'impose depuis quarante-six ans une foi de substitution, superficielle et artificielle, ou une certaine forme de culte étranger, qui cherche à supplanter le lien authentique qui rattache ce peuple à ses racines morales et spirituelles. Pourquoi un nombre si précis d'années?

Parce que cet idéal mutagène de paix universelle, qui renie les voies tracées depuis la nuit des temps dans l'authentique tradition où s'inscrivent l'exil et le retour, et qui cherche à en modifier l'aboutissement, quand un Camp David veut à tout prix écraser l'avènement de la descendance du véritable roi David, a obtenu une monnaie d'échange, à marchander et négociable, le Sinaï et l'axe géographique des principaux sites originaux de l'histoire juive, s'étendant de Sichem au Nord à Hébron au Sud.

Les adeptes de cette foi usent des moyens qu'offrent les médias et les spectacles pour miser sur l'émotion du grand public ou se jouer de lui. Cependant, nous allons voir que l'interpellation de l'émotion, qui remplace plus qu'elle ne complète un véritable travail de fond, a existé bien avant l'invention du cinéma et de la télévision.

***

Il y a bien longtemps, encore jeune écolier, je m'étais mis à lire le livre des Rois. Connaissant par tradition familiale le récit de l'esclavage en Egypte et de sa sortie, événement couronné par le don de la Torah et l'entrée en terre d'Israël, où devait culminer le Temple, (ces éléments figurent eux aussi dans la Haggadah, dans le chant Dayénou, Cela nous aurait suffi) je fus effaré de lire que des rois d'Israël s'adonnèrent à l'idolâtrie, alors que D. avait tiré les ficelles de l'histoire afin de voir son règne éclairer le monde en rayonnant de Jérusalem, où devait se réaliser la jonction entre le pouvoir céleste et le pouvoir terrestre.

Mais, comble d'horreur, le roi Jéroboam (I Rois, XII, 28-29) empêche le peuple d'Israël d'adorer D., et le contraint à faire des offrandes à deux idoles, deux veaux d'or (décidément notre bête noire attitrée), qu'il érige à Beit-El et à Dan. En refermant le Livre, j'ai regardé autour de moi, et je me suis dit : «Heureusement que je ne vis pas à cette époque terrifiante ; heureusement que l'injustice entre les hommes, et à plus forte raison une iniquité d'Etat, sont aujourd'hui révolues.»

Cette douce impression devait s'estomper d'abord, pour finalement s'évanouir. Et pourtant, dans un premier temps, en refermant mon livre, comme j'ai pu être bercé par les nouvelles, par cette paix signée entre Israël et son très ancien oppresseur, l'Égypte, avant de comprendre, bien plus tard, que j'étais loin d'avoir été le seul à m'être laissé berner par cette ambiance d'une ère de paix factice, plus forte encore que le messianisme biblique, introduite par des mises en scène que le progrès de la télévision a su mettre à la portée du monde entier.

Qui n'a pas vu, qu'il fût âgé de sept ans ou de soixante-dix-sept, ce happy-end de l'histoire mondiale, dont le souvenir le plus ancien, les relations pharaoniques et hébraïques, remontaient sur le devant de la scène, comme pour boucler la boucle?

Qui n'a pas assisté en direct à la reddition du vainqueur en faveur du vaincu, cette capitulation voulue par les dirigeants israéliens, cette signature d'un accord de paix tant attendu, censé faire du loup qu'est l'Egypte, et que seule une série ininterrompue de miracles a empêché de ne faire qu'une bouchée d'Israël, le voisin pacifié de la brebis ? Cette cérémonie avait tout pour plaire. Le président de la plus grande puissance du moment supervise le parachèvement heureux des destinées de la terre, par ce très officiel accord de paix.

Il n'est cependant pas erroné de considérer que l'éblouissement et l'énorme satisfaction suscités par cette fin en apothéose ne s'alimentaient pas à la source de l'optimisme, ou que ceux qui, en Israël, dont les sentiments allaient du scepticisme à la sensation de s'être fait duper, refusèrent de s'en émouvoir, ne souffraient pas nécessairement de pessimisme. Comme dans beaucoup d'affaires concernant l'Amérique, on a trop souvent tendance à réduire la réalité à l'image rendue au travers du prisme du rêve, voire du fantasme, cinématographique. Or, la vie continue, et la terre ne s'arrête pas de tourner à la suite de chaque happy-end, ou chaque fois que le mot fin apparaît. Un optimisme forcé, artificiel, reste le lot du spectateur qui joue le jeu de la production hollywoodienne, soit par manque de connaissance des enjeux et des réalités de terrain, comme ce fut le cas du jeune écolier ébahi que j'étais, encore bien trop jeune pour analyser le terrain, soit par autosuggestion, en dépit des exigences conjoncturelles.

Plus de trente ans plus tard, on ne peut que constater les dégâts. «Qui est l'homme avisé? Celui qui est (pré)voyant». (Traité Aboth). Du surarmement du Hamas de Gaza livré avec ou sans tunnels depuis le Sinaï, aux bombardements sciemment dirigés contre les civils d'Israël, en passant par l'attaque terroriste sur la route d'Ovda à Eilath, ou encore par l'immigration illégale qui a transfiguré le sud de Tel-Aviv, toutes ces plaies doivent être envisagées sous le regard du prisme des conséquences du happy-end tripartite Begin-Carter-Sadate.

Par ailleurs, à propos du remplacement de population qui touche une bonne partie de Tel-Aviv, il faut bien comprendre que, contrairement à ce qu'on voudrait bien croire, l'attitude des autorités et des mass-médias en Israël est exactement la même qu'en Europe. On a tendance à penser que les Israéliens ne se laissent pas submerger. L'équation commune est pourtant la suivante: «Si vous ne voulez pas devenir minoritaires dans vos propres pays, pour être remplacés d'abord démographiquement puis pour voir les derniers des vôtres se faire chasser ou anéantir, arrangez-vous pour avoir plus d'enfants que les ressortissants d'origine étrangère.»

La famille israélienne apporte ses quatre ou cinq enfants, certaines mères dépassent les dix, à l'instar de la génération captive en Egypte, pour les membres de laquelle le texte rapporte que, plus on les maltraitait, plus ils se multipliaient.

Quant à Carter, il est plus que probable qu'il savait pertinemment que le repli israélien du Sinaï n'apporterait que le chaos. En conséquence, son parti-pris contre Israël pendant toutes les années ultérieures aux célèbres signatures ne sont par en contradiction avec sa motivation pour cet accord, imposé à Israël par son administration.

L'Égypte, de son côté, avait tout à gagner: d'abord le Sinaï, que ses dirigeants n'ont pas réussi à reprendre militairement, pas même à la guerre de Kippour ; ensuite, économiquement, puisque ce pays, incapable de se prendre en main, vit de l'aide américaine. En ce qui concerne les «Frères» de Sadate qui l'ont assassiné, leur position, insensée, peut être comparée à celle d'un serpent qui s'empoisonnerait tout seul, ou d'un scorpion qui s'inoculerait de son propre venin. La politique des opposants de Sadate dans son propre pays consiste depuis le début à scier la branche sur laquelle l'Égypte est assise. Bien que les médias s'y intéressent assez peu à l'heure actuelle, elle est sur le bord de l'implosion. Et pour ce qui est de sa paix avec Israël, il ne lui manque plus qu'à lui rétrocéder le Sinaï, puisqu'elle ne s'acquitte plus du tout de ses obligations, et que la péninsule est devenue un nid de factions terroristes armées qu'elle n'ose plus affronter et sur laquelle elle n'exerce plus de facto son autorité.

Revenons aux chapitres des Rois. On ne doit pas juger son prochain tant que l'on ne s'est pas retrouvé dans sa situation. Ce sage principe fait que nous nous demandons quelle aurait été notre attitude si nous avions vécu à l'époque de Jéroboam, d'Achab ou de Ménaché. La Guemara (Sanhédrin 102b) rapporte qu'un éminent rabbin et enseignant évoqua son souvenir avec mépris: «Rav Achi termina son cours la veille d'une leçon qui porterait sur trois rois. Il dit à ses élèves: "Demain, nous ouvrirons le cours sur nos 'amis'." Vint Ménaché, qui lui apparut dans un songe. Il lui dit: "C'est nous que tu appelles 'tes amis et les amis de ton père'? De quel côté faut-il couper le pain quand on s'apprête à prononcer dessus la bénédiction?" Il lui dit: "Je l'ignore". "De quel côté il faut couper le pain, tu ne le sais pas, et tu nous appelles tes amis?"Rav Achi lui dit: "Apprends-le moi, et demain j'enseignerai cette halakha en ton nom." Il lui dit: "Là où la cuisson forme une croûte". Rav Achi rétorqua: "Puisque vous étiez si instruits, comment se fait-il que vous ayez fait de l'idolâtrie?" Il lui répondit: "Si tu y avais été, tu aurais soulevé le pan de ton manteau pour me suivre et courir plus vite". Le lendemain il commença sa leçon: "Aujourd'hui nous allons parler de nos maîtres". ».

Il est vrai que les Sages (Yoma 69b Zacharie V, 8) ont prié pour que fussent refroidies les pulsions extrêmement puissantes qui poussaient à cette forme de débauche, et qu'il est mal aisé pour une génération qui vit après l'exécution du mauvais penchant de l'idolâtrie de juger ceux qui le voyaient littéralement danser au milieu d'eux.

Quoi qu'il en soit, il n'est pas interdit de trouver quelque similitude entre l'époque des Rois et l'époque du cinéma hollywoodien. Il semblerait bien que, de même que l'emballement provoqué par le cinéma, la mise en scène, le point de vue de la caméra, conquiert le spectateur moderne à la cause pour laquelle il est sensibilisé, la génération antique affectionnait le spectacle et fixait son opinion en fonction de l'impression qu'il lui laissait. Là aussi, il fallait que le film soit bon. L'impression l'emportait sur la raison.

Dans le livre des Rois (I Rois, XVIII), le prophète Elie défie les prêtres du Baal. Il les attaque sur leur propre terrain, celui du grand spectacle, si l'on peut dire. Il leur impose pour ainsi dire un concours, une compétition, d'où se développera une sorte de scénario. C'est à celle des deux «équipes», la sienne et celle de ces prêtres, qui réussira à invoquer la force divine dont elle se réclame pour qu'une offrande et le bois déposés sur un autel soient immolés sans que la main de l'homme n'y mette le feu. Le peuple accourt en masse. C'est dire s'il a le goût du spectacle. Le prophète exagère volontairement les effets théâtraux. «Criez plus fort, peut-être que c'est l'heure de sa sieste» (traduction libre). Il les relance, il se moque d'eux. Et que fait le public, pendant ce temps? Il ne perd pas une miette de la production, il est saisi par le suspens, et, hésitant, indécis, il est prêt bien entendu à se rallier à la cause du futur vainqueur.

Les prêtres idolâtres s'épuisent et s'avouent vaincus, mais espèrent le match nul. Puis, quand vient le tour du prophète, il accentue les effets. Il fait creuser une tranchée autour de l'autel, demande que de l'eau soit versée en grande quantité sur l'offrande, au point de remplir et de faire déborder la rigole. Il implore l'Eternel, et un feu dévorant descend du ciel, consumant les pierres de l'autel avec l'offrande. Le peuple se prosterne et reconnaît la suprématie de D.

Mais que signifie donc tout ceci? Un peuple dont la foi est ancrée dans sa tradition qui remonte aux patriarches, Abraham, Isaac et Jacob, qui est sorti d'Égypte quatre cents ans après la naissance du deuxième, a été accompagné par la Présence Divine et sa manifestation évidente tout au long de sa libération, du don de la Torah et de son entrée en terre de Canaan, peut-il remettre en question la primordialité du fondement de son identité et faire dépendre son avenir et sa foi de l'issue d'un spectacle, avec tout le respect dû aux Ecritures?

C'est pourtant le stade où ils sont descendus pour que le prophète Elie s'implique de la sorte, et surtout pour que D. s'adresse au peuple dans le langage qu'il comprend, le langage du spectacle. Et que se serait-il passé si, par extraordinaire, les prêtres du Baal avaient réussi à allumer ce feu, et si D. avait décidé pour finir de ne pas révéler sa présence de la sorte?

Il est par conséquent possible d'admettre que l'homme dont la foi était suffisamment stable et profonde à cette époque et qui n'avait pas besoin de passer par un «concours» interpelant la superficialité de sa personnalité et provoquant une réaction quasi épidermique, préfigure celui qui, aujourd'hui, par effet inversement proportionnel, ne se laisse pas impressionner par le goût du spectacle des nouveaux partisans du Baal.

Aujourd'hui, D. ne se prête pas à ce jeu, et le fidèle doit prouver son attachement par la profondeur de sa foi et la solidité de ses convictions, motivées à présent par une tradition devenue multimillénaire. C'est pourquoi le Baal, demeuré seul acteur sur la scène, triomphe. Au point qu'un Carter sera dans l'impossibilité de garder son sérieux tout au long de la cérémonie, s'esclaffant sans cesse de la réussite de son tour.

Pourtant, ceux qui se délectent des effets propres aux spectacles sons et lumières devraient être attentifs aux effets à retardement, lorsqu'effectivement un feu surgit du ciel, mais propulsé sous la forme de missiles ; un peu comme si les événements venaient nous dire: «Vous avez apprécié le spectacle, vous avez applaudi le prêtre Carter et son autel, la fameuse "table" sur laquelle ont été signés les traités à répétition (cf. les accords d'Oslo), appréciez donc aussi comment le feu va s'abattre.»

Or, si l'idolâtrie était le faible des générations qui ont précédé la destruction et la dispersion, celle du retour en Palestine souffre d'un éloignement de la foi qui s'exprime sous une autre forme. Il s'agit moins d'une substitution de la foi en D. par un attachement aux cultes étrangers que d'un détournement d'une autre nature. Pour revenir aux similitudes ou différences entre la démonstration spectaculaire d'Elie le prophète d'un côté et les accords de paix à grand spectacle de l'autre, nous remarquerons que si le premier cas concerne le choix entre la foi en D. et l'idolâtrie, le second s'attache à l'acceptation ou au rejet du plan divin énoncé dans l'histoire d'Israël et des nations, et écrit au passé et au futur dans la Bible.

Dans cette optique, nous ne pouvons que constater que tous les «efforts de paix» sont des tentatives de faire échouer le plan divin du retour d'Israël sur sa terre, condition sine qua non de la rédemption qui ne se limite pas aux seules affaires du peuple juif. Il suffit de voir la mesure de la focalisation de l'attention mondiale sur le sort de l'aboutissement de ce programme en marche pour comprendre à quel point toute la planète est concernée.

Au moment des accords avec l'Égypte, la question qui revenait souvent dans les milieux profondément sionistes, autrement dit là où le sionisme se conçoit comme l'amour que voue le peuple d'Israël à Sion, avec tout le poids de son identité et de sa tradition, était de savoir si le Sinaï faisait oui ou non partie de la terre d'Israël, dont la superficie s'étend jusqu'au fleuve d'Égypte, qui n'est pas nécessairement identifié au Nil, selon les exégètes bibliques. Il est évident que la question ne s'est plus posée dès lors que les concessions territoriales qui allaient suivre, et que prévoyaient les premiers accords, ont concerné directement des parties très centrales du patrimoine d'Israël.

Le plus étonnant dans l'entêtement de ceux qui, de l'intérieur, imposent au peuple d'Israël cette politique de repli et de reddition, c'est qu'ils persistent dans cette voie malgré les échecs qui ne relèvent absolument pas de l'analyse géopolitique mais de l'évidence la plus flagrante. A croire qu'ils adhèrent à un autre système, à une autre croyance. Certains indices abonderaient dans ce sens. Les partisans des concessions territoriales ont toujours prétendu qu'ils agissaient pour la paix. Ils prient pour la paix, espèrent en son avènement, croient en la paix, pour reprendre leurs propres tournures. «Paix! Paix! Et il n'y a pas de paix!» nous dit le prophète. (Jérémie, VI, XIV). Cette croyance dans la paix telle qu'elle est conçue dans ce contexte, contredit et bafoue la foi multimillénaire d'Israël, qui n'est certainement pas revenu dans son pays pour le céder à une autre nation, en l'occurrence la nation arabo-musulmane, qui veut faire de la Palestine une de ses provinces, purifiée des Palestiniens légitimes, les  Judéens ou Juifs.

Que ce soit un fait voulu ou inconscient, cette croyance en cette paix adopte la position de l'ennemi en minimisant cette dernière et en y greffant l'espoir qu'il se contentera d'un compromis, d'une partie du sol alors qu'il réclame le tout.

Il est clair que cette «greffe» va être rejetée, et pourtant les adeptes de cette vision de la paix n'en démordent pas. En hébreu, le mot paix, Chalom, désigne l'un des noms du Saint béni soit-Il. Le commandant de la Région Centre, prononçant une allocution lors de la cérémonie du souvenir des soldats tombés au combat et des victimes du terrorisme, le 5 yar 5773, (veille de l'indépendance 2013) conclut son discours en modifiant le verset «… jusqu'à l'avènement de Šilo» (Genèse XLIX, 10) en «… jusqu'à l'avènement de la paix». La notion messianique de rédemption – Šilo étant le roi Machia'h, l'oint, nous indique Rashi en citant le Midrash Raba – se voit supplantée par la notion politique d'une paix de renoncements et de concessions.

D'aucuns se souviennent de la réaction gouvernementale à la suite de chacun des atroces carnages qui ont accompagné ce que l'on appelait encore le «processus de paix», notion mensongère ou illusoire créée artificiellement et imposée arbitrairement par voie médiatique après la signature des accords d'Oslo et leur mise en application. Les innocents assassinés étaient appelés, selon la traduction courante : «les victimes de la paix». Or, le terme hébraïque employé, korbanoth, signifie à l'origine sacrifices. Les concessions politiques furent donc élevées – ou rabaissées – au rang d'un culte, avec des sacrificateurs et des sacrifiés. L'ironie du sort a voulu que les partisans du processus ci-dessus et par extension des sacrifices humains étaient les plus acharnés dans leur mépris pour les sacrifices d'animaux dont les règles sont énoncées dans la Torah. Il semble que les sacrifices humains entraient par contre pour eux dans une certaine logique.

Nous sommes donc très clairement les témoins d'une «religion» qui nomme du Nom de D. un principe qui va à l'encontre de Sa volonté. Ce phénomène n'est pas nouveau. Il a connu un antécédent à une époque qui ressemble un peu à la nôtre, celle  de la sortie d'Égypte, puisqu'elle consistait elle aussi dans un mouvement de libération du peuple d'Israël, se déplaçant de l'étranger vers sa terre.

Les courants contraires se renforcent vraisemblablement chaque fois qu'il est question pour Israël de rentrer au bercail. Lorsque le veau a jailli du moule d'or en fusion, on s'écria : «Voici ton Dieu, Israël!», la désignation du veau massékha, masque venu cacher et éclipser la Présence divine, se fait sous le nom: E-lohékha, contraction d'E-lohim chelkha, ton E-lohim.

«Non», vient-on nous dire, «ton D. n'est pas immatériel, omnipotent et omniprésent. Il est on ne peut plus matériel et limité dans l'espace. Le message de ton D. n'est pas de te ramener en tes frontières et de te rendre tes villes de Jérusalem, Hébron, Sichem, mais de te contraindre à y renoncer.» L'exégèse exige que cette annonce a été proclamée par un tiers, qui a décrété que ce veau serait un dieu, sans quoi le texte aurait été entièrement à la première personne: «Voici notre Dieu, Israël».

Et ce tiers, c'est le 'Erev Rav, un mélange de nations qui a feint d'adhérer au message porté par Israël au moment de sa sortie d'Égypte. Plus loin, D. reproche à Moshé: «Le peuple que tu as fait monter d'Égypte a fauté», le peuple que «tu as fait monter», et non pas le peuple que «J'ai fait monter». Un autre verset confirme cette affirmation: «Les enfants d'Israël qui sont montés d'Égypte représentaient le cinquième». Il s'agit soit du cinquième de la population des Hébreux présents en Egypte, les autres, très attachés à leur terre d'exil, n'ayant pas voulu partir, ayant péri sous le coup de la plaie de l'obscurité ; soit du cinquième de la population ayant quitté le sol égyptien.

Le Rav Goren, ancien grand rabbin de Tsahal, et que l'on peut voir sur les films d'archives sonnant du schofar lors de la  libération de l'esplanade du Temple, interrogé par des étudiants de la yéchiva de Beit-El à la suite d'une conférence qu'il donna à l'occasion du jour de l'indépendance d'Israël, en 91, affirma que les partisans acharnés d'une paix consistant à chasser Israël de ses terres sont le 'Erev Rav de notre génération. Cet avis n'est pas partagé par tous les rabbins, dont le Rav Z.B. Melamed qui l'avait invité, et qui pense qu'il s'agit de gens honnêtes qui sont dans l'erreur. D'autres pensent que ceux qui se laissent convaincre sont en effet dans l'erreur, tandis que ceux qui défendent à la racine ce principe distillent leur méthode avec préméditation.

Les forces qui s'opposent à la rédemption, aussi bien à la sortie d'Egypte qu'à celle de l'exil d'Edom, sont féroces, troublantes, perturbantes, et il semble bien que le travail de tout un chacun, sur le plan de la véritable foi, doit se faire en profondeur, et que ni D. ni le prophète ne joueront le même jeu que celui qui avait consisté à ridiculiser sur la scène les adeptes du Baal, malgré la forte sanctification du Nom qui s'était ensuivie. Pourtant, ceux qui ont des yeux voient que, sur une scène beaucoup plus vaste et non sur un «autel-podium», D. intervient, non seulement dans des guerres comme celle des Six jours ou de Kippour, mais au jour le jour, sans quoi la brebis aurait été depuis longtemps engloutie par les soixante-dix loups qui l'entourent, au sens propre comme au figuré.    

 

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 12:16

«Le mont du Temple est entre nos mains». Cette phrase, prononcée lors de la libération des parties orientale, septentrionale et méridionale de Jérusalem, en dit long sur le profond attachement du peuple d'Israël au cœur de sa capitale éternelle, en dépit de toutes les modes et de toutes les influences. Elle montre que cet éminent lieu saint n'est pas pris pour le fief d'un autre culte, ni que l'aspiration profonde du peuple juif se limiterait au Cotel ou Mur Occidental – revenu lui aussi, après plusieurs siècles, à son légitime propriétaire – mais qu'il est la pierre angulaire de l'édification du monde. Nous vous proposons ici le propos d'une personnalité centrale de la vie spirituelle en Israël, traduits de l'hébreu.

Proposé par Yéochoua Sultan

Le mont du Temple (n') est (pas encore) entre nos mains

Cette réflexion du Rav Dov Lior, grand rabbin de Kiryat-Arba-Hébron et recteur d'une école talmudique, est parue dans l'hebdomadaire Guilouï Da'at (Opinion révélée) n°155, l'un des feuillets distribués le vendredi.

Notre section hebdomadaire se penche sur l'un des thèmes fondamentaux de la doctrine du judaïsme: les bénédictions et les malédictions prononcées au Mont Sinaï. Elles renferment l'un des piliers de la foi, celui de la Providence divine individuelle, et, bien entendu, collective. Tout ce qui advient à l'individu d'Israël, et a fortiori à l'ensemble de la communauté d'Israël, provient de la providence divine, et dépend des actes.

Dans la section de la Torah intitulée «Si vous suivez mes lois», Moshé déclare: «Si vous agissez hostilement à mon égard (Lévitique 26, 21), je procèderai à votre égard avec une exaspération d'hostilité (id., id. 28)»1. Ce qui signifie: «Si je vous fait subir un châtiment afin de vous interpeler au repentir, mais que vous pensiez qu'ainsi va le monde et qu'il ne s'agit que d'une coïncidence, je me comporterai avec vous avec une exaspération d'hostilité: vous serez châtiés pour ce raisonnement.» Ces paroles nous concernent tout autant aujourd'hui.

Dans peu de temps, nous célèbrerons si D. veut le jour de la libération de Jérusalem. C'est un événement d'une importance primordiale, car le peuple d'Israël a mérité de libérer du joug étranger le cœur de sa terre: la Judée, la Samarie et la région de Gaza, et tout particulièrement l'emplacement du Sanctuaire.

Il semble cependant qu'il n'y ait pas assez de prise de conscience au sein du grand public, en ce qui concerne l'obligation de louanges concernant la grandeur de l'événement. En plus du sauvetage d'une mort certaine, qui ressemble à ce qui s'était produit au cours de la guerre d'Indépendance, le peuple d'Israël a réussi à libérer l'emplacement du Temple, mais il n'a pas été suffisamment conscient de la grandeur de l'instant. De ce fait, nous avons laissé passer une occasion en or de ramener le Mont du Temple à la propriété du peuple d'Israël, avec toutes les conséquences négatives que cela implique encore aujourd'hui.

Quoi qu'il en soit, du point de vue de la Providence divine, la libération de Jérusalem a consisté en la deuxième étape, après la proclamation de l'indépendance de l'Etat. Jérusalem inclut intrinsèquement l'aspiration à la spiritualité, la sainteté, au Temple et au sacerdoce, qui sont primordiaux pour le monde du judaïsme. Quand ces événements ont commencé, personne ne s'était imaginé comment ils se termineraient. On pensait que toute la guerre se limiterait au front égyptien, et qu'elle ne s'étendrait certainement pas à la Jordanie qui exerçait son autorité sur Jérusalem et la Judée-Samarie.

La Providence a fait en sorte que nos ennemis contractent une alliance avec l'ensemble des pays arabes, et nous avons été contraints de nous battre contre tous. A ce propos nous pouvons invoquer l'adage de nos Sages, qui veut que la rédemption survienne au moment où on s'y attend le moins.

Nous pouvons constater que notre rédemption se déroule étape après étape.

Dans un premier temps, l'Etat a été proclamé sur une petite partie de la terre d'Israël. Puis, dans un second temps, Jérusalem, qui représente le niveau spirituel, a été reconquise. Le peuple d'Israël doit savoir que l'emplacement du Temple, d'où émane la lumière qui éclaire le monde et d'où la Torah se propage, doit être libéré et redevenir la propriété du peuple d'Israël.

C'est une véritable honte, que d'avoir laissé ce lieu, qui est tellement saint, retomber sous la domination de nos ennemis. Le peuple d'Israël n'en possède pas d'autre, excepté celui-ci, sanctifié et consacré par le roi Salomon ; il s'agit de l'emplacement du Sanctuaire sur le Mont du Temple. Même s'il existe actuellement un empêchement halakhique touchant à sa reconstruction, la propriété du lieu et sa préservation doivent obligatoirement se trouver dans les mains du peuple d'Israël. De la même façon, le roi David, bien qu'il n'eût pas le droit de construire le Temple, n'en établit pas moins les plans et n'en rassembla pas moins les matériaux, afin que, l'heure venue, Salomon fût en mesure d'en entamer immédiatement les travaux.

Nos Sages stipulent que toute génération qui n'a pas vu la reconstruction du Temple en son temps doit considérer qu'il a été détruit en son temps. Chaque génération a un rôle à jouer pour en approcher l'avènement. Lors de la précédente génération, alors que nous étions très loin de l'emplacement du Temple, il fallait au moins en étudier les principes, comme le souligne le Hafez Haïm dans son ouvrage Likouté Halakhot (Recueil de lois) sur l'ordre Kodachim. De même, il incombe à notre génération, par ordre divin, d'en libérer l'emplacement et de le ramener sous notre autorité.

Certes, Jérusalem est réunifiée, mais le lieu saint est piétiné par les terroristes qui détruisent et annihilent tout souvenir de son passé juif. Il ne fait aucun doute que cette faiblesse, qui fait que le lieu ne se trouve pas entre nos mains, est l'une des raisons pour lesquelles il n'y a pas de paix dans notre région et le terrorisme se déchaîne dans le pays. La clé de la paix consiste en la libération de notre terre en général et du Mont du Temple en particulier. Si seulement nous voulions le faire, il ne fait aucun doute qu'il y aurait aussi une aide du Ciel pour le réaliser. Nous relèverions alors le prestige du peuple d'Israël et de toute sa terre, nous obtiendrions une paix véritable, et une sécurité réelle dans toutes les régions de notre pays.

1 En hébreu, le terme hostilité, hostilement (traduction du grand rabbinat de Paris) est désigné par kéri, de la même racine que le mot mikré, hasard.

Voir: Le mont du Temple est entre nos mains

Yéochoua Sultan effectue vos traductions (livres saints, kodesh, récits, autobiographies, actualité…) de l'hébreu au français et vice versa. Contactez-le par courrier: TD 1166, DN Mizrah Benyamin, 90628 Israël, ou par téléphone: 054-2628237.

 

 

 

 

 

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 18:49

Ou: L'amalgame, un principe à trois vitesses

La notion d'amalgame, dans le langage politique et médiatique, est apparente dans un seul contexte, dans lequel elle revêt une puissance tellement grande qu'elle fustige et anéantit les notions de liberté d'expression et de démocratie. Cet amalgame est synonyme de terreur.  Par Yéochoua Sultan

Dans pratiquement tous les forums mis sur le devant de la scène par les grands médias, les intervenants, invités, participants, sont soigneusement filtrés, afin que tous émettent sur la même longueur d'onde. Les concepts servant de base à un faux débat sont acceptés par tous. Il est inutile de rappeler, dans ces lignes, qu'une certaine tranche de la population, en Europe, risque à la longue, et pas seulement aux dires des autochtones, de transfigurer ce continent, si ce n'est déjà fait. (Voir Le nouveau monde arabe et la résistance des irréductibles).

Imaginons un seul instant le dérapage suivant, et supposons que l'un des participants à un débat sur la crise économique ou sur l'insécurité, sur un plateau en direct, ne parle pas des problèmes posés par les jeunes mais par les musulmans. Encore, si sa langue ne fourchait qu'en employant le terme islamistes, on le remettrait gentiment en place, en ne faisant que légèrement clignoter un voyant rouge. Et s'il ajoutait là-dessus que ces prétendus jeunes peuvent être âgés aussi bien de quinze ans que de quarante ou cinquante, le téléspectateur verrait alors apparaître automatiquement sur son écran la fameuse note annonçant: «Dans quelques instants, reprise de notre programme». Mais ce genre d'incident ne risque pas d'arriver, vu le nombre de précautions plus draconiennes les unes que les autres, que l'on se rassure.

En revanche, si vous voyez que l'on accorde le droit de parole à une personnalité qui reste persuadée que le déséquilibre sécuritaire et social est dû à une trop forte immigration et à une indulgence sans nom de la justice envers la délinquance d'origine étrangère, vous constaterez assez rapidement qu'il s'agit d'un piège prémédité et destiné à une coupure de la parole dans les règles, avec une contre argumentation souvent fautive et de toute façon fondée sur des remontrances pseudo morales comme : «Vous n'avez pas honte, à notre époque civilisée, de soutenir des propos qui ne sont que l'expression de la haine etc.»

Dans ce dernier cas, de deux choses l'une: ou bien l'antagoniste, insuffisamment préparé parce qu'il s'attendait réellement à un débat équilibré, bafouille ; ou bien il a tout prévu et est prêt à parer en contrattaquant, mais alors on lui fera clairement comprendre qu'il a déjà trop usé et abusé de son temps de parole et qu'il doit penser à laisser aussi aux autres le droit de s'exprimer. La perversité du jeu médiatique aura fait passer pour intolérante et totalitariste une personne à laquelle il aura catégoriquement coupé la parole.

Une autre méthode consiste, au même niveau, à faire démarrer le générique de la fin, celui qui accompagne le défilement des noms, le tout ayant été savamment calculé pour que celui qui soutient que les invasions ne se font plus par les armes mais par l'infiltration de masse ne puisse faire valoir des faits, chiffres ou arguments. Quoi qu'il en soit, le ton de ces émissions est dans tous les cas celui de la terreur. Le mot amalgame s'allume et se met à clignoter: «Attention, vous n'êtes pas dans un débat. Vous assistez à votre propre procès. Tout ce que vous allez dire peut se retourner et être retenu contre vous.»

Le cerveau de la propagande est si fort que le concept de l'amalgame entrera exclusivement dans le contexte de l'islam, l'immigration, et de la délinquance qui en découle. Pourtant, à l'envers du décor, un autre amalgame est tellement admis, évident, que son nom n'est jamais invoqué. Celui-ci concerne les Juifs. S'il est interdit de condamner un criminel musulman en établissant un lien entre son acte et son idéologie, il n'en est pas de même quand on parle d'un Juif.

Si un Juif tue deux Arabes et est condamné à deux peines de réclusion à perpétuité, alors qu'il avait été dans un premier temps sur le point d'être déclaré mentalement irresponsable, reconnu de surcroît, par ceux qui l'avaient côtoyé, au minimum comme un original, les médias, à commencer bien entendu par les plus gros, associeront avec appétence les mots: terroriste et juif.

Or, non seulement cet acte, en admettant qu'il relève d'un tel motif, apparait  dans une proportion bien plus diluée qu'un composant actif dans un dosage homéopathique, comparé au terrorisme directement motivé par l'anti-paix (s[a]lam = paix ; i-slam = non-paix ; le préfixe i, ou in, existe dans de nombreuses langues, dont l'hébreu et le français, voir: réel, irréel, possible, impossible), mais le terrorisme musulman est toujours présenté de sorte que les termes terrorisme et musulman n'apparaissent jamais côte à côte. Et pourtant, les agressions musulmanes, du jet de pierre à l'attentat suicide, en passant par le tir de missile, sont systématiquement précédées par la formule «Allah est grand!» (Nous ne traduirons pas ici le nom Allah pour ne pas entrer dans un autre débat, puisqu'il peut vouloir dire E-l, D., ou Elil, dieu païen, ce que semble justifier le doublage de la consonne).  

Et on s'éloigne d'autant plus du principe de terrorisme musulman que l'on ne se contente pas de dissocier l'adjectif du nom, mais que l'on édulcore ce dernier en le rebaptisant activisme. Ce n'est donc pas par souci d'éviter le pléonasme que les médias ne disent pas terrorisme musulman ou terrorisme islamique, mais pour ne pas réveiller les démons.

Illustrons le principe de la terreur de l'amalgame : le plus effarant des massacres antisémites, perpétré en France au cours de la nouvelle période, est désigné sous le titre d'affaire du mal, l'Affaire Mérah (mérah signifiant du mal, tout comme Arafat voulait dire guillotine, Hamas dépouillement, ou vol aggravé etc.). On constate qu'il n'est question ni de terrorisme ni d'islam, et encore moins d'antisémitisme, comme si le fait que le massacreur était antifrançais annulait le fait qu'il détestait aussi les Juifs, puisque moins par moins, ça fait plus. ( – x – = +) Mais là, c'est – + –. Non seulement il s'agit d'un antifrançais, mais aussi d'un antisémite, ou réciproquement.   

Le premier amalgame, prohibé, qui protège la population musulmane dans son ensemble, avec toutes les conséquences auxquelles s'expose le contrevenant, ouvre la voie au second, plus qu'autorisé, tacite et incontournable, qui met en danger la population juive dans son ensemble.

Or, ce qui montre pourquoi l'amalgame interdit est intrinsèquement lié à l'amalgame recommandé, c'est, par défaut, une situation qui ne jouit pas d'un amalgame protecteur. Un retour en arrière avec arrêt sur image, nous ramène devant l'école Ozar HaTorah de Toulouse, au moment où on ne connait pas encore l'appartenance ethnico-religieuse du criminel. Deux possibilités sont alors envisagées : celle qui s'est avérée réelle, encore à peine retenue, et celle de l'extrême droite, encouragée en raison de la religion dont les deux précédentes victimes étaient les adeptes.

Il fallait voir l'ampleur de l'indignation contre l'idéologie incriminée par supposition. On cherchait au tueur des motifs idéologiques, des fréquentations, une école, des maîtres, des coupables. Puis, l'attitude générale caressante, indulgente, compréhensive, vis-à-vis de l'idéologie musulmane, a présenté un caractère disproportionné, très loin du savon que l'on s'apprêtait à passer à l'extrême droite.

Sans vouloir prendre le parti d'une idéologie qui met souvent les Juifs dans le même panier que l'islam, nous serions-nous attendu à entendre une complainte officielle pleurant : «Pauvre extrême droite, à cause d'un acte isolé d'un seul forcené, des gens violents et impulsifs vont encore faire l'amalgame, et s'en prendre à ses membres sans raison» ?

Donc, l'islam est protégé. Et il est d'autant plus protégé qu'il s'attaque à des Juifs, surtout si l'on sait que les Juifs sont sous la férule despotique d'un amalgame mijoté avec beaucoup de soins depuis non pas treize ans mais trente-et-un. Jusque là, le Juif était protégé ; pas depuis bien longtemps, il est vrai, depuis la fin de la Seconde (ou Deuxième) guerre mondiale, soit environ trente-sept ans. Mais le concept d'antisémitisme était si fortement abject qu'il a fallu, dans un système de valeurs qui régit les emportements politiques et médiatiques, en inventer un autre pour le contourner. Car on ne pouvait plus dire: «Il faut haïr les Juifs, ou s'indigner contre les Juifs.»

Mais on pouvait en distinguer une catégorie et haïr par extension, par amalgame, donc, tous les autres. On a travaillé avec acharnement sur l'axiome: «Israël est haïssable». Et ce travail a été fait à partir de la propagande lancée pendant la guerre du Liban (voir le roman Comme l'amandier en hiver). Des commentaires haineux et accablants étaient énoncés sur fond d'étoile de David, filmée en gros plan sur le drapeau d'Israël.

Et les premiers effets se sont fait sentir rapidement, dans toute la France, comme une traînée de poudre. Les Juifs étaient partout pris à partie, par amalgame. S'ils répondaient honnêtement qu'ils se sentaient solidaires de l'Etat d'Israël, puisqu'enfin il existait des Juifs non apatrides, et qui se défendent stoïquement dans un océan de pays totalitaires qui refusent le dialogue, malgré sa main tendue pour faire la paix, ils s'exposaient à une colère d'autant plus virulente. On exigeait qu'ils fassent acte d'apostasie, qu'ils se fassent ennemis de la cause d'Israël, qu'ils approuvent les antisionistes appelant à l'anéantissement du seul pays juif, tout comme leurs ancêtres devaient, au moyen-âge, dans des cas pas nécessairement extrêmes, et afin de s'attirer la sympathie de leur entourage, renier le judaïsme.

L'affaire Enderlin, survenue quant à elle voici treize ans, est par excellence l'illustration de l'amalgame dont sont victimes aussi bien les Israéliens que les Juifs encore en exil. Certes, comme l'a démontré le courageux Philippe Karsenty, le reportage montrant un enfant musulman prétendument tombé sous les balles de l'armée israélienne était un faux, et les tribunaux français refusent, sur des problèmes de forme, de lui donner définitivement raison. Il est regrettable que le gouvernement israélien, dont le bureau du Premier ministre a pourtant produit un document remettant en cause l'authenticité du reportage, ne vienne pas demander des comptes à la chaîne française coupable de la diffusion de ce faux, ainsi qu'à l'Etat français, sous l'autorité duquel il se passe de drôles de choses, sans parler bien sûr du correspondant.

Mais supposons qu'il ne se soit pas agi d'un faux ; ou encore, pour mieux comprendre qu'il est bien question d'un problème d'amalgame, transposons ce problème dans un autre pays. Imaginons qu'en Syrie, un partisan du régime alaouite assassine une femme (l'exemple de l'enfant ne nous éloigne pas assez du contexte du faux du carrefour de Netzarim), après lui avoir fait subir les derniers outrages, parce qu'il suppose qu'elle est opposante ; ou qu'un opposant d'Assad s'en prenne à une partisane de ce même régime.

Ou alors imaginons qu'un policier égyptien, musulman, tire sur une foule de fidèles coptes à la sortie de la messe. En ayant suffisamment d'imagination pour nous dire que ce n'est qu'une simple supposition, et pour penser que quelqu'un s'en offusquerait dans le camp des partisans ou des opposants, ou chez les Egyptiens musulmans, ou encore sur le plan de l'opinion mondiale, nous viendrait-il à l'idée de nous fâcher sans appel contre un habitant de Paris, sous prétexte qu'il soit partisan ou opposant au régime d'Assad, ou de nationalité égyptienne et de religion musulmane?

Cette transposition, imaginaire bien sûr, nous montre très clairement dans quelle mesure les Juifs sont, par excellence, les victimes de l'amalgame, amalgame dont le nom, antisémitisme, a été mis à jour et changé en antisionisme (cas rare où l'état civil le permet), en raison de la trop forte teneur qu'il renfermait.

Il est donc permis de vilipender, dans les rues de Paris, des Juifs, qui tombent sous le coup de l'anathème de l'amalgame, et à plus forte raison si les agresseurs sont musulmans, puisqu'ils sont, eux, immunisés contre toute attaque qui les mettrait dans un seul et même panier, et qu'ils sont aussi un peu les victimes, amalgame oblige, amalgame déguisé en solidarité ethnico-religio-culturelle, du méchant sionisme.

Le seul moyen qui resterait à un pays comme la France de guérir de son antisémitisme serait de se soigner dans un premier temps de son antisionisme, qui sert de tremplin à ce premier mal. Seule une forte campagne de relégitimation d'Israël, et une condamnation continue des actes inhumains perpétrés dans les dictatures qui l'entourent, en bref un amour du sionisme, peut guérir l'Europe de son antisémitisme réhabilité sous l'identité de l'antisionisme.  

En cette veille du soixante-cinquième anniversaire de la renaissance de l'indépendance d'Israël, il serait peut-être temps de penser à se soumettre à une sérieuse thérapie (de   רפואה réfoua, ou תרופה teroufa, en hébreu).

 

 

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 16:53

Nous ouvrirons ces lignes en reprenant un peu la rhétorique d'une des fables les plus connues de la Fontaine, puisqu'elle est apprise par cœur en cours primaire. «Les cigales ayant chanté tout l'été se trouvèrent fort dépourvues lorsque la bise fut venue ; elles allèrent crier famine chez les fourmis leurs voisines, les priant de leur prêter quelques grains pour subsister jusqu'à la saison nouvelle.»

Comme dans le texte original, et comme le disait bien avant Esope et la Fontaine le roi Salomon, «Va voir la fourmi, fainéant!», les fourmis resteront dans ce propos le symbole du courage et les cigales de l'insouciance mal placée. A la différence près qu'il s'agira ici non pas d'individus mais de civilisations, les civilisations travailleuses et consciencieuses, d'un côté, et les civilisations incapables de mettre en valeur leurs ressources, de l'autre.

Bien que l'on puisse aisément admettre qu'à titre individuel, des ressortissants de pays qui ne font rien pour s'en sortir puissent honnêtement tenter leur chance ailleurs, et réussir, puisqu'ils ne quémanderont pas quelques grains mais se mettront sérieusement au travail et auront mérité le fruit de leur labeur, il ne faut pas se voiler la face vis-à-vis des autres, dont l'attitude est d'autant plus désobligeante pour les gens courageux venus des pays des cigales qu'elle les fait regarder d'un mauvais œil par généralisation du cas.

Déchantant en été et ne chantant plus, les cigales choisissent pour finir d'autres horizons, plus prospères. Le danger consiste à généraliser d'une manière abusive, et de prendre en pitié, dans les contrées des fourmis travailleuses, sans aucune distinction, tous les ressortissants de tous les pays cigaliens, qui en général se gaspillent en guerres de religions ou interethniques, en incluant dans le lot les plus grands fauteurs de troubles des pays de départ. Aussi, l'ambiance tiers-mondiste se fait même en plein hiver une place au soleil des grandes villes européennes ou d'autres pays qui travaillent. Ce qui est plaisant au départ pour tout le monde, autant pour le nouvel arrivé que pour l'ancien habitant, c'est que des systèmes sociaux soutiennent les plus faibles économiquement. Le nouveau est très content de l'accueil, et l'ancien de ne pas avoir près de chez lui un dépouilleur potentiel. L'ennui, c'est que ces systèmes ont été prévus pour soutenir l'équilibre social. Un demandeur d'emploi remerciera son pays de ne pas l'oublier le temps de retrouver un poste, de la même façon qu'il sait que lorsqu'il travaillait, ses cotisations servaient à soutenir des gens ayant enduré les épreuves qu'il éprouve à son tour. Il sait aussi que sa retraite est alimentée par la vie active, tout comme il payait au même âge celle des anciens du temps.

Le décalage entre les cultures des cigales et des fourmis veut que les premières passent de reconnaissantes pour le somptueux cadeau, manne inespérée et extraordinaire, à exigeantes, quand elles s'habituent à ne jamais rien faire d'autre qu'à protester si les allocations désignées par toutes sortes d'initiales administratives ne viennent pas assez vite ou ne sont pas assez larges ; et que les dernières croulent sous le déficit, se demandant bien quand les cigales aux circonstances atténuantes pour les uns et exténuantes pour les autres deviendront enfin des fourmis. Mais c'est encore un problème dû au décalage des cultures, car les cigales trouvent normal qu'ayant gaspillé toutes les ressources de leurs pays, elles migrent vers les pays où il y a encore quelque chose à se mettre sous la dent. Après avoir razzié sous certaines latitudes, on razzie plus au Nord, à la grande lassitude des grandes fourmilières. Mais nous respecterons l'image choisie par le fabuliste et ne remplacerons pas le «concept» de cigale par celui de sauterelle.

Une autre anomalie consiste à l'extrême indulgence qui continue à rendre intouchables mais surtout à l'abri de toute critique les émigrants des pays où c'est l'été toute l'année, quand ils commencent à troubler l'ordre social des pays vers lesquels ils migrent. Les réfugiés menacés par les catastrophes humaines existent, autant que les victimes de catastrophes naturelles, mais la plupart des immigrants que peuvent voir arriver les fourmis dans leurs pays ne sont pas des apatrides. Leurs différentes patries ne sont pas dépourvues de ressources, et ce sont même les plus riches en métaux et minerais précieux.

En comparaison, les sols pauvres en pétrole, chez maintes fourmis, obligent leurs habitants à avoir des idées. Souvent, voire systématiquement, un manque d'humanité séculaire, aux pays des cigales, qui diffère peu de la mentalité des époques sombres et non encore totalement révolues de l'esclavage, empêche les travailleurs de jouir d'un minimum de conditions sociales et de salaire. La misère qui résulte de la mauvaise répartition du fruit de l'exploitation des ressources est édifiante. Les associations humanitaires, les vraies, pas celles qui engraissent par mauvaise pitié des terroristes déjà gras, s'emploient à œuvrer sur le terrain pour lutter contre la famine et la maladie.

En Cigalie, des armes et du matériel de combat des plus sophistiqués sont achetés par des Etats qui n'investissent pas le moindre sou dans l'irrigation et l'exploitation du sol dans le secteur primaire, celui de l'agriculture et de l'élevage. Mais est-ce bien là le seul problème?

Ou alors, serait-on obligés d'approuver le célèbre chanteur, qui par ailleurs travaille comme la fourmi, quand il considère que la misère serait moins pénible au soleil, autrement dit qu'il ferait trop chaud pour travailler, chez les cigales? Pas facile!

Une troisième question qui saute tout de suite à l'esprit dans ce contexte reste celle de l'avancée du désert. Les hommes sont-ils les victimes du désert, au Sahara et au Sahel, ou est-ce le contraire qui est vrai? Ne serait-ce pas le sol qui serait la victime des débordements de l'espèce humaine?

Et pourtant, a priori, rationnellement parlant, la réalité d'Israël répond à ces trois questions. Du Sahel à Israël, il n'y a qu'un pas. Israël est contraint, en raison de son environnement inhumain et hostile motivé par le domaine de la guerre et une religion intolérante et destructrice, d'être à la pointe du progrès sur le plan de l'armement. Or, cet armement est destiné à garantir la paix et la prospérité de la population civile, mais il n'empêche pas le salaire minimum, 4100 NIS, les congés payés, les soins médicaux pris en charge et les indemnités en cas de perte de l'emploi d'exister.

Sur le plan du soleil et de la misère qu'un temps estival coriace devrait encourager au même titre qu'une prolifération de cigales, c'est en centaines d'heures qu'est évaluée la différence entre le temps de travail en Israël et des pays où le climat favoriserait selon le poète la prédominance des fourmis, en dépit du prétendu réchauffement climatique démenti par la conférence au sommet à ce sujet annulée à Copenhague il y a peu en raison d'un froid trop intense. Et ce ne sont pas les pays de l'hiver qui travaillent le plus.

Et en ce qui concerne la pauvreté des ressources et du sol, Israël bénéficie certes de la promesse de voir sa terre cesser d'être un désert dur comme le cuivre et reverdir à son retour, mais non sans efforts. Pour reprendre une autre célèbre phrase, «Aide-toi, le Ciel t'aidera». Israël développe depuis des dizaines d'années des systèmes d'irrigation de pointe, allant du goutte à goutte selon les besoins exacts de chaque espèce végétale et permettant d'en goûter les saveurs, à la récupération de l'eau par condensation de l'hygrométrie de l'air. Des eucalyptus ont été plantés là où l'insalubrité l'exigeait, pour drainer l'eau croupie, siège du paludisme et de la malaria. Des haies de cyprès ont été dressées pour freiner le vent et le sable. Seulement, les cigales avoisinantes ne le comprennent pas et veulent par jalousie et mesquinerie dépouiller les Juifs de ce qu'ils obtiennent par leur labeur et la bénédiction du Ciel. Les cigales voient un pays verdoyant, un pays où le climat a été adouci, où des oasis transfigurent le désert. Et, comparant le pays d'Israël au sol qu'elles occupent, les cigales en meurent de jalousie, protestent que les Juifs aient accaparé les terres les plus fertiles, et se mettent à convoiter un terrain dont elles n'ont fait que souligner la désolation pendant des siècles, comme cet ancien Turc qui a saisi la Cour suprême israélienne, voyant comment un sol rocailleux et à première vue sans valeur a été transformé en cité verdoyante où il fait bon vivre, s'étant soudain rappelé que les étrangers qui avaient occupé la terre d'Israël dont ils avaient perpétué la pauvreté avaient inscrit cette parcelle à son nom.

De la même façon, comment pourrait-on reprocher à des Israéliens d'être mécontents de voir affluer par milliers des ressortissants de Somalie et Erythrée qui n'ont rien fait de leur pays et qui viennent profiter du labeur d'une nation dont le sol n'avait rien d'enviable au départ, même comparé à celui des cigales?

Le seul angle sous lequel on pourrait approuver les migrations des cigales, puisque, une fois encore, c'est le terme qui a été choisi, serait de considérer que le dicton qui exige que les succès ne viennent qu'après l'effort devrait être réfuté et modifié en: «Tu peux toujours t'aider, le Ciel jamais ne t'aidera», et de considérer alors que ces pays et leurs habitants seraient désespérément maudits par D. jusqu'à la fin des temps. Mais pour s'en assurer, encore faudrait-il essayer! Comprenne qui pourra! 

 

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