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12 mai 2019 7 12 /05 /mai /2019 10:26
Premier ministre, Jérusalem, été 93

 

Israël sous les bombes : de l'impensable à la routine

Comment des circonstances impensables se transforment en routine. La question se pose. Certes, les bombardements font l'objet de trêves plus ou moins prolongées, mais la situation s'est suffisamment détériorée pour que des populations juives se retrouvent à nouveau à la merci du bon ou du mauvais vouloir d'éléments extrinsèques haineux, avec chantages et rançons au tableau.

Le général Réhavam Zéévi, membre de la 12ème Knesset, et chef du parti Moledeth, disait au moment où le Premier ministre Rabin préparait son plan de «Gaza et Jéricho d'abord» : «Si on les écoute et que l'on accepte leur recommandation, la bande de Gaza deviendra une tumeur maligne et un foyer de terrorisme mille fois plus dangereux, quand les missiles Katioucha pleuvront sur Ashkelon et Sdéroth.» (Rapport de la Knesset, 22 mars 93). Impensable.

Rabin n'y voyait que divagation hallucinogène et fantaisiste et ne cachait pas son dédain, ce qu'il confirma victorieux : «Les histoires d'horreur du Likoud, on les connaît. Ne nous avaient-ils pas promis des Katiouchas depuis Gaza?» Précisant le 24 juillet 94 que cela faisait déjà un an que le gros de la bande de Gaza était sous l'emprise de l'Olp, il affirmait : «Il n'y a pas eu une seule Katioucha et il n'y aura pas de Katiouchas. Ce ne sont que des paroles. Le Likoud a peur de la paix comme de la mort. Ils ont peur de la paix. C'est ça, le Likoud d'aujourd'hui»[1]

Un an plus tard, Pérès prenait encore plus d'assurance pour se départir d'un rire cinématographique et déclarer : «Des voix se sont fait entendre de l'intérieur, nous menaçant de bombes et de Katiouchas qui seraient lancées de Gaza sur Ashkelon? Ont-elles été lancées?» (Pérès, 28 juin 95).

Il n'était pas bon de contester ce réalisme brillant et implacable du parti au pouvoir encensé constamment par la presse qui inondait les esprits de «processus de paix» et de «progrès décisifs dans le processus de paix». C'était tellement impensable et incontestable que l'idée de missiles tirés par les Arabes contre l'Etat juif, n'avait rien perdu de sa drôlerie dix ans plus tard : «Il y a eu un argument qui voulait qu'il y aurait une menace, une menace de sauve-qui-peut, une menace sur les localités du Néguev. Je n'avais encore jamais entendu une allégation aussi ridicule que celle-là» (Meir Chetrit, octobre 2004, au cours des délibérations ayant précédé le vote de l'anéantissement du judaïsme de Gaza).

On s'était habitué en dix ans à prendre les opposants aux accords avec l'ennemi pour des mauvais perdants, des grincheux vivant en pleine science fiction, à les considérer hargneusement, avec orgueil et dédain. Allons, soyons sérieux, puisque c'est impensable. Et puisque c'est impensable, c'est impossible.

La logique de l'absurdité, de l'inconscience et de l'irresponsabilité a voulu, puisqu'en dix ans les avertissements catastrophiques et apocalyptiques contre les bombardements s'étaient révélés dans toute leur drôlerie, que l'on pousse encore plus loin les limites de l'insolent non-sens et de l'ineptie.  Les débats préliminaires au vote contre la présence juive à Gaza, y compris celle de l'armée sur l'axe de Philadelphie (désignation alors codée d'une bande sécuritaire tampon à la hauteur de Rafah), ont été une orgie de délirium trémens où de dangereux fantaisistes ont eu le pouvoir décisionnaire d'ouvrir la porte au chaos.

Ehoud Olmert, ayant réintégré le Likoud suite à ses deux mandats à la mairie de Jérusalem (93-03) – que nous retrouverons plus loin, dans la mesure où la haine contre Israël serait due selon lui à des discours qui l'attiserait – déclare (oct. 2004): «Le désengagement (sic) apportera plus de protection, de sécurité, de prospérité, et bien plus de bonheur à tous les gens qui vivent au Moyen-Orient. Ensemble, nous irons de l'avant dans le sens de l'établissement de relations différentes, d'une meilleure compréhension et de plus de confiance.» L'affabulation est à son comble. Et il n'est pas possible de dire qu'on ne pouvait pas savoir, qu'il s'agissait simplement d'une opinion et d'une conviction qui a priori auraient pu fonctionner : les bombes artisanales avaient déjà commencé à pleuvoir sur le Goush Katif, et elles s'approchaient dangereusement de Sdéroth. Mais on se confortait encore dans un grisant impensable. 

Quinze ans après, la routine semble avoir toujours fait partie de notre quotidien. Ce n'était qu'une question de temps, d'organisation, d'argent et de richesse aussi. Le temps de se perfectionner et de passer de la petite fusée artisanale proche du pétard à mèche et de très courte portée (de la barrière de Névé Dekalim aux premières maisons) aux missiles de dernier cri, made in Iran. La gaucherie des partisans de l'impensable les a empêchés de voir plus loin que le bout de leur nez et de leur nombrilisme, répondant avec moquerie et mépris à ceux qui refusaient de se laisser droguer par l'illusion de faux messianisme voyant des loups changés en moutons au mauvais endroit.

Quand le Sud du pays vit sous les bombes, ce sont 690 missiles lancés sur la population civile, attaquée début mai en pleine quiétude du Shabbat, qui sont comptabilisés ; contre 400 lors des précédents bombardements en novembre dernier. S'ils n'avaient alors fait qu'une victime, un Arabe  de Hébron qui passait par là, les terroristes de Gaza ont assassiné trois Juifs, dont un homme qui se rendait paisiblement à la synagogue. Chacun est une perte immense, outre cette vie où l'on se sent pourchassé, où l'on doit prendre toujours la fuite et échapper à la menace de mort qui plane sur nos têtes. C'est presque la moitié du pays d'Israël qui doit vivre dans la peur, dans l'impossibilité de travailler, d'étudier, bref, de revendiquer naturellement son droit à la dignité humaine.

Faire passer le confort de celui qui vous détruit avant le vôtre

On entend trop souvent vanter les possibilités de notre armée, capable d'anéantir toute entité ennemie, de ne pas lui laisser deux pierres l'une sur l'autre. On vient minimiser les effets dévastateurs de l'irresponsabilité des décideurs qui ont permis par leur aveuglement que ces bombes soient lancées. Et c'est une relativisation qui marche, car en suivant le fil des réactions sur les réseaux de la libre expression, on retombe trop souvent sur cette crainte faussement morale mais véritablement corrompue de faire des victimes supposées innocentes dans les rangs  de l'ennemi. «Il faut porter un coup décisif au Hamas, écrit-on un peu partout, mais on ne peut pas d'un autre côté toucher chez eux des civils.» C'est une prise de position inouïe, surtout quand elle hante l'esprit de futures cibles potentielles.

C'est comme si on considérait que la vie de la population d'ennemis acharnés dont la seule motivation de l'existence est sinon de nous anéantir du moins de nous nuire, de nous attrister et de nous endeuiller, était plus importante que notre propre vie et que celle de nos propres frères, femmes et enfants. C'est comme si on disait froidement à nos proches qu'on ne peut rien faire pour eux car pour garantir leur sécurité il faudrait porter un coup à la population qui nous bombarde. C'est comme si on répondait à l'envers à la question : C'est eux ou nous.

Quand les Américains ont bombardé Berlin et Dresde, ils sont partis du principe que les Allemands ne pouvaient déployer leurs troupes sur de nombreux fronts en toute quiétude et faire de la vie de pays entiers un cauchemar,  en étant pour leur part toujours dans la certitude que leurs arrières ne seraient pas touchées ou menacées. Or, non seulement les terroristes n'éprouvent aucune crainte pour leurs familles, mais ils jouissent de surcroît du privilège de les faire soigner dans les hôpitaux qu'ils visent, comme cette petite-fille de criminel soignée en Israël. Ils craignent tellement peu pour leurs civils qu'ils se cachent derrière eux, établissant leurs rampes de lancement et leur planque au milieu de leurs épouses et de leurs enfants. Leur message est clair, mais il semble qu'il ait tout de même besoin d'être décrypté : «N'est-ce pas que votre moralité vous interdit de risquer de toucher nos civils? C'est tant mieux, car ça nous permet de nous cacher derrière eux pour mieux tuer les vôtres.»

Pour qui se dirait que nous avons des dômes de fer, et que le problème ne se poserait pas de cette façon, il faut savoir que ces systèmes de défense sont fondés sur une approche humaine, stratégique et militaire logique. Un tel bouclier sert à ne pas se laisser surprendre au cas hypothétique, a priori, où tel ou tel ennemi oserait se permettre de lancer les hostilités. Dans un cadre normal, il recevrait une réponse sur mesure, soit à la véritable mesure de la puissance de l'agressé, auquel cas il n'aurait plus jamais l'occasion de recommencer, soit dans une demi-mesure qui ne lui permettrait tout au plus que de tenter sporadiquement quelques autres lancements.

Mais là, c'est une autre logique qui prévaut dans le cerveau borné de l'ennemi : «De toute façon, premièrement, ils n'attaqueront jamais nos civils. Ils reprennent les mêmes dirigeants et ils recommencent, et les candidats qui voudraient les remplacer sont encore bien meilleurs pour nous, puisqu'ils ont mis sur le terrain, quand ils étaient militaires, leurs soldats en danger tellement ils craignaient pour les nôtres. Ce qu'il faut, donc, pour plonger les civils d'Israël dans l'enfer, c'est bombarder le plus intensément possible, au-delà de la saturation de leurs systèmes.» Nous connaissons tous ces standards téléphoniques de grands médias qui s'effondrent quand une émission rencontre un trop grand succès, et que les systèmes les plus performants tombent en panne.

Des lois qui confortent l'ennemi et remodèlent sa logique de guerre

Le général de réserve israélien Ben Sion Gruber, membre du centre opérationnel de Tsahal notamment lors de l'opération Plomb fondu, a encore déclaré tout récemment que nos dirigeants savent très bien où se cachent les têtes : sous des écoles ou des hôpitaux, ou à proximité de mosquées.

Au niveau de la formation des esprits de nos soldats, on parle de la «pureté de l'arme», qui est bien loin de la pureté de l'âme du judaïsme pour qui prendre en pitié ses ennemis revient à être cruel envers ceux qui la méritent vraiment. Voici ce que l'on enseigne aux premiers échelons de la hiérarchie militaire, dans la base de formation 1, où toutes les unités combattantes sont exposées toute une semaine à cette conception de la prépondérance de la présumée innocence de l'ennemi :

«S'il y a un doute, il n'y a pas de doute». Explication : si, en tant que simple soldat, voire officier, vous tombez, au beau milieu d'un environnement hostile et en situation de guerre, sur un individu qui pourrait en vouloir à votre vie mais qui pourrait n'être qu'un simple quidam, il est clair que vous ne tirerez pas. Voilà ce qui est dit à nos fils lors de la semaine de formation qui fait partie de leur cursus.

Quand on sait que la moindre fraction de seconde est décisive, quand il faut tirer plus vite et plus efficacement que l'ennemi, la responsabilité des cadres de l'armée met en danger nos soldats en semant le doute et en les rendant hésitants. Au lieu de se rendre sur le front déterminés, ils manquent de conviction et deviennent malhabiles en plein champ de bataille.

L'ennemi le sait et en tire profit. Il en a repensé toute sa stratégie fondée sur la fourberie et la lâcheté. Au lieu d'appréhender ou d'éviter que des civils non impliqués directement ne se retrouvent sur le chemin de Tsahal, il encouragera sciemment une foule non armée à grossir le nombre. Connaissant les ordres côté israélien, cette «unité spéciale» - ce groupe non armé - viendra provoquer et narguer nos soldats, comptant sur un effet d'écran de fumée pour les déconcentrer de leur véritable objectif stratégique, les terroristes armés qui prendront tout leur temps pour viser et se dérober. Donc, au lieu de s'écarter le plus loin possible, ces «commandos» feront perdre un temps précieux à Tsahal dans l'identification des provenances de tirs, leur feront des pieds-de-nez tellement ils se sentent hors de danger. Et si ça ne marche pas, s'il arrive qu'un soldat élimine ce bouclier en même temps que le tireur embusqué, ils pourront toujours se réjouir de la «bavure», car en vertu des ordres, non seulement ce soldat de Tsahal ne serait pas accueilli en héros mais cueilli à son retour à la maison pour être jeté au cachot.

Cas de victimes d'une guerre de tranchées d'un genre nouveau

Ce qui précède n'est pas purement théorique. Cela concerne aussi bien le danger en profondeur que les efforts d'endiguement d'une armada d'assassins qui cherchent à déferler sur les villages juifs. Cette tactique qui met en mouvement ces unités non armées décrites plus haut, qui résulte donc directement de nos ordres, permet aussi à des snippers de travailler main dans la main avec cette foule «inoffensive» et de profiter de cet écran de fumée pour tirer sur nos officiers.

Le vendredi 20 juillet 18, le sergent Aviv Lévy[2], a été tué exactement selon cette configuration par un tireur d'élite alors qu'une force non armée détournait l'attention des soldats de Tsahal. Le 25 juillet, un autre officier a été grièvement blessé dans des circonstances semblables. Des jeunes émeutiers se sont approchés de la barrière, et l'officier leur a sommé de s'éloigner. C'est à ce moment-là qu'il a été touché et a vacillé dans la poussière, bien que son groupe eût porté des gilets pare-balles.  Un autre incident de ce type s'est produit à la mi-janvier 19[3]. Ce qui avait dans un premier temps laissé les analystes de Tsahal dans l'expectative, se demandant si la coïncidence était fortuite, a fait place au constat d'une véritable tactique de guerre : des émeutiers sans armes font diversion, attirent les soldats dans leur rôle circonstanciel du maintien de l'ordre qui peuvent alors servir de cibles à des tireurs embusqués à distance. C'est encore ce qui s'est produit dans la suite d'incidents survenus environ dix jours après Pessah, quand un officier et une soldate ont été blessés (début mai 19).

Et ce sont également les mêmes ordres qui restent en vigueur quand nos soldats pénètrent à l'intérieur de zones de combats, où ils doivent composer au péril de leur vie avec des troupes de diversion qui peuvent tout aussi bien être armées. Mais comme le doute persiste jusqu'après le dernier moment, et que l'on nous a imprégné les cerveaux de la redoutable injonction neutralisante et mortelle : «Un doute… pas de doute…»

Le terrain préventif et judiciaire

Des collectifs civils tentent de lutter contre cet embrigadement à reculons de nos forces, et diffusent des messages clairs, où l'on peut voir en deux images ce qu'hésitation veut dire : les menottes ou le cercueil. Certes, on pourra toujours reprocher au vaillant défenseur d'Israël d'avoir fait une erreur de jugement, de ne pas avoir vu que ce qu'il avait pris pour une grenade dans la main de celui qu'il a neutralisé n'était en fait qu'un caillou. Mais ces cailloux sont transformés par les détracteurs d'Israël en or comme sous l'effet de la pierre philosophale, à l'exemple du rapport Goldstone, dont les prétendus témoignages recueillis ont mis Israël au ban des nations ou au pilori, bien que lorsque ledit Goldstone a reconnu par la suite qu'il avait été trompé, il était trop tard.

Elor Azaria avait craint que le terroriste qui venait de s'en prendre sauvagement à son compagnon d'arme, et dont il avait entamé le dépeçage vivant, n'ait eu, bien qu'il fût à terre, une ceinture d'explosifs sous le manteau qu'il portait malgré la chaleur, et qu'il ne l'actionnât. La défense avait insisté sur le fait qu'un terroriste ne peut être considéré comme neutralisé, en vertu des règles de Tsahal, qu'après un contrôle constatant soit son décès, soit l'absence de toute arme ou explosif sur le corps, ce qui n'avait pas été fait. Il était par conséquent impossible d'affirmer qu'il était véritablement hors d'état de nuire au moment où Elor a tiré. En tout état de cause, si on a préféré accuser Elor d'avoir tiré sur un terroriste déjà mort, on n'aurait pas pu alors l'accuser de l'avoir tué. Mais sa hiérarchie l'avait livré en pâture. Bougi Yaalon, alors ministre de la Défense, avant toute enquête, l'avait déjà déclaré coupable. Elor vien de publier (mars 19) un livre au titre éloquent : «Bougi, pourquoi m'avoir jeté aux chiens?»

Elor a donc choisi bien malgré lui les menottes, et il serait malhonnête de le critiquer en alléguant qu'il aurait mieux fait de ne rien faire, accusation dont ne se privent pas les spécialistes de l'après-coup absents de la scène de guerre. Qui pouvait savoir dans le feu de l'action que le terroriste ne portait pas en fait d'explosifs?

Les formateurs de la base 1 préconisent le choix du cercueil. Ils privilégient l'hommage rendu au héros de la maîtrise de soi qui a donné sa vie pour ne pas risquer une erreur d'appréciation, et non pas ce tireur qui aurait pu s'en tirer sans user de son arme. Mais d'où vient cette mentalité qui rappelle trait pour trait une certaine attitude dans une Europe verseuse d'une larme pour les victimes du nazisme et très en colère contre ce Juif qui met en déroute son persécuteur?

Le cheminement

Le dilemme israélien se conçoit sous deux angles opposés. Si le dénominateur commun à tous les Israéliens veut qu'ils ne soient pas dupes et restent conscients du danger incarné par la présence massive de cette minorité hostile qui ne cache pas sa haine, les deux aspirations divergentes tendaient respectivement à la mettre en route pour des contrées où elle serait en osmose avec ses semblables ; et à les intégrer, les respecter, les rendre israéliens, jusqu'à ce qu'ils renoncent à leur animosité viscérale envers les Juifs. Les deux démarches recherchaient la paix. La première, assez facile à comprendre, voulait que l'absence d'ennemis sanguinaires impliquât automatiquement l'absence du risque d'attentats ; la seconde, nettement moins évidente, tendait à les pacifier et à susciter en eux un sentiment de reconnaissance (entre autres, les Arabes en Israël jouissent d'un niveau de vie, d'une instruction et de soins médicaux aux antipodes de ce que proposent les pays du même nom).

Mais soixante-et-onze ans après l'indépendance, ils continuent à cracher dans la soupe et à considérer la résurrection de la nation d'Israël comme une catastrophe qu'ils marquent avec haine et agressivité. Il est vrai qu'il s'en est fallu de peu que Rommel arrive en Palestine juive pour y apporter sa part de solution finale. Sa défaite a enlevé le pain de la bouche de la haine qui salivait déjà en savourant par avance la curée.

En revanche, les partisans de l'intégration et de la pacification n'ont pas voulu reconnaître le problème démographique, étant par ailleurs bien conscients qu'une majorité arabe empêcherait à la longue la pérennité de la souveraineté et de la présence juive en Israël. Une interview sur ABC News[4] confronte deux partisans de ces visions qui s'opposent : le rabbin Meir Kahana, et le membre du Likoud susnommé Ehoud Olmert.

Meir Kahana, Réhavam Zéévi, Guéoula Cohen…

Ce dernier ne se contente pas de ne pas voir le problème démographique. Et, alors qu'il reconnaît sans détours l'animosité d'une population arabe qui perpètre quotidiennement son florilège d'attentats contre des Juifs, il identifie les causes de cette haine dans le discours du rabbin Kahana, qui selon lui exacerberait les sentiments de frustration. Pour le rabbin, cette haine est la cause et son discours le constat. L'intervieweur semble objectivement plus enclin à accepter le bon sens du discours du rabbin, mais il fait part de son incompréhension quant à la faiblesse de l'impact de ses positions en Israël. C'est là que l'on comprend que les dés sont pipés, quand le rabbin déclare qu'il est interdit de radio et de télévision en Israël.

Quand il cherche à entrer à la Knesset, une loi est vite mise en place pour interdire aux doubles nationaux l'éligibilité. Il renonce à sa nationalité américaine et entre à la Knesset. Mais, vue la pertinence de son discours, et le risque conséquent de le voir prendre de l'importance aux yeux des électeurs, sa dénonciation de la haine du secteur arabe en général lui vaut une nouvelle loi qui lui interdit de se présenter. En bref, on lui reproche son racisme contre les antijuifs.

Lorsque la  campagne électorale pour la 12ème Knesset bat son plein, le message du pouvoir est clair. Point d'alternative. Il n'est plus question d'écarter ou d'intégrer une population qui n'éprouve aucune sympathie ni reconnaissance pour l'idéal sioniste. Il faut se résigner. Seul le parti Molédeth tente encore de défendre l'idée du transfert. C'est son chef cité plus haut, Rehavam Zéévi, qui utilisera ce terme (טרנספר) orthographié en hébreu, afin de calmer les esprits qui s'effraient à l'idée de devoir se séparer de ce bouillon de culture d'où s'échappent presque quotidiennement des tueurs. Il n'est pas aussi populaire que le rabbin Kahana, mais en dépit de ses faibles chances, et de la crainte de nombreux électeurs de perdre leur vote, il entre avec deux mandats.

Une autre militante intervient : Guéoula Cohen. Elle a participé à la lutte contre les autorités du Mandat britannique qui avait corrompu sa mission et oublié que la Palestine lui avait été confiée en vue d'y préparer l'avènement du Foyer Juif. Arrêtée par la police britannique en pleine émission radiophonique clandestine, sa troisième tentative d'évasion sera la bonne. Ancienne membre du Lehi, puis du Likoud, elle fonde le parti de la Tehiya (résurrection). Il réunit religieux et laïcs autour de l'idéal et de la revendication sans concessions du lien d'appartenance entre le peuple juif et sa terre.

Au cours d'un meeting électoral dans la localité de Bet-El, en 88, ses paroles mesurées lui valent la question suivante d'une auditrice : «Puisque vous revendiquez notre droit de vivre où bon nous semble sur notre terre, et sachant qu'en certains lieux, c'est dangereux, voire impossible, pourquoi ne préconisez-vous pas le déplacement de la population qui nous en empêche?»

Elle explique qu'elle marche sur des œufs, un peu comme si elle expliquait le principe éliminatoire du jeu du «ni oui, ni non». Puis, elle se met à rêver à haute voix : «Ah, eh oui! Tout le monde aimerait se réveiller un beau matin et constater qu'ils ne sont plus là! Quel monde paisible tout à coup! Mais voilà… la nuit passe, on se réveille, ettttt!» Elle lève les yeux au ciel, écarte les paumes de ses mains dans un geste d'impuissance. Son effet lyrique est vite interrompu quand la questionneuse complète sa phrase : «et ils sont encore plus nombreux.» Le parti tellement rassembleur obtiendra trois sièges.

Les électeurs sont canalisés. Le message du système est clair : «Non, vous ne serez pas débarrassés de vos ennemis. Vous n'aurez plus d'autre choix que de les dissuader ou de les amadouer».

L'Israélien moyen, si on peut se permettre cette désignation, n'est donc pas nécessairement naïf. Bien qu'on lui laisse entendre que la carte de la dissuasion a été jouée sans succès (Rabin est ministre de la Défense quand éclatent les émeutes arabes de 87, voir «Gaza, la Paix perdue» ©), le public choisit la droite de Shamir. Mais les médias ne sont pas synchrones et poursuivent leur propagande, soutiennent qu'il faut du courage pour faire la paix, pour parler avec ses ennemis, pour surmonter les vieilles rancœurs. Shamir est présenté comme un vieux bourru, borné sans retour. Mais…

Tant et si bien que Shamir accepte le principe des discussions de Madrid, mascarade où les modérés – tout est relatif – qu'il accepte comme partenaires font le va et vient entre la table des négociations et le couloir où ils reçoivent les ordres des chefs des organisations terroristes. Shamir, dans un chant du cygne politique désespéré mais accroché à ses valeurs comme aux angles de l'autel, déclarera : «Mes successeurs politiques signeront peut-être des accords avec les terroristes, leur accorderont un pied-à-terre mais, avec moi, ils n'auront pas un pouce.» Avec son ministre du Logement, Sharon, ils lancent une dernière tentative de peuplement en allant jusqu'à doubler dans certains quartiers juifs de Judée-Samarie le nombre de logements.

Le fruit est mûr. Il ne reste plus qu'à le cueillir : la mascarade précitée est mise à profit par Rabin : «Pourquoi parler avec des intermédiaires? Je vous promets la fin de cent ans de conflit en ouvrant enfin la porte au dialogue».

La suite est connue : les factions terroristes sont introduites et armées. Les attentats suicident ainsi importés mettent fin à la paix de facto. Un argumentaire nouveau se met en place : ce n'est pas la faute d'Arafat mais de ses opposants (la suite montrera le contraire), il faudra beaucoup de patience car l'enjeu en vaut la chandelle ; ainsi que de nouveaux concepts : les ennemis de la paix – les tireurs et auteurs d'attentats à la bombe – et les opposants à la paix – tout Israélien qui remet en cause le principe-même de cet acoquinement avec les pires assassins antijuifs contemporains.

Les autorités tempèrent les exécutions massives de civils israéliens en fermant pour quelques jours l'accès aux Arabes des territoires. Mais chaque fois que quelques jours de tranquillité s'écoulent, on ouvre les passages, et c'est encore un autobus, un restaurant, la terrasse d'un café, qui se transforment en scènes de carnage. Un ami me disait : «Evite autant que tu le peux de te retrouver sur la voie publique le dimanche à Jérusalem et le lundi à Tel-Aviv». Ironie du désespoir, tel a été en effet le schéma concret des accords de paix. Cette situation contre laquelle le gouvernement était impuissant, a fait chuter sa cote de popularité à moins de 20%. Le Premier ministre ne pouvait plus se produire en public, sans que ce public ait été préalablement minutieusement sélectionné, comme le soulignait l'animateur radio Adir Zik dans son émission hebdomadaire d'Arouts Chéva, la septième chaîne, qui émettait clandestinement d'un chalutier au large de Haïfa (et d'une antenne de relai à Bet-El).

A aucun stade, le gouvernement n'a reconnu son erreur, admis avoir pu s'être trompé quelque part. Il n'a fait que se convaincre de son propre slogan jouant entre les ennemis et les opposants à la paix. La radio abondait en ce sens. Pourtant, Rabin prit une décision : puisqu'il était question d'un échange de paix et de territoires, Israël continuerait à livrer la marchandise qu'après que l'Olp ait lui aussi tenu ses engagements. Rabin s'est arrêté à «Gaza et Jéricho d'abord». Son message devenait : «Pas de paix, pas de territoire».

Son assassinat allait faire d'une pierre deux coups : a. Le remontée fantastique de la popularité du parti travailliste, l'opinion ayant réagi non plus avec son cerveau mais avec ses tripes, ce qui a légitimé en parallèle une véritable chasse aux sorcières contre toute autorité morale revendiquant les droits du peuple juif sur l'ensemble de son sol national ; b. Le Premier ministre intérim a disposé de six mois pour effectuer le retrait de Tsahal des grandes villes d'occupation arabo-musulmane (celle-ci ayant peu à peu liquidé la composante arabo-chrétienne de Bethléem), sans aucune paix en échange.

Effet Netanyahou

En 96, Netanyahou a battu Pérès. D'aucuns diront miraculeusement. Le nouvel adage disait : «On s'est endormis avec Pérès et on s'est réveillés avec Netanyahou». Le peuple déçu n'assista pas au retournement escompté : les terroristes ne furent pas appréhendés ou chassés, ceux qui les avaient introduits ne furent pas jugés pour intelligence avec l'ennemi. Et pourtant, Netanyahou félicita le journaliste d'Aroutz 7 venu l'interroger suite à sa victoire, car il savait pertinemment que cette radio était le seul contrepoids d'un système médiatique monolithique, qui répétait continuellement le verset : «Tu as assassiné, et tu as aussi hérité». Mais il ne fit pas le ménage. Les journalistes terrorisés reprirent bien vite du poil de la bête.

Et il fallut près d'un an pour que la vaste campagne de construction du gouvernement Shamir-Sharon, dont les appartements avaient été scellés par Rabin-Pérès, aboutissent enfin à la vente au profit de jeunes familles.

Aujourd'hui, coup sur coup, Netanyahou se fait réélire par son peuple. On s'endort avec son opposant dédoublé ou quadruplé, avec Herzog-Livni, ou Gantz-Lapid-Ashkénazi-Yaalon et on se réveille avec Netanyahou. Des pressions terribles sont exercées de l'extérieur pour tenter d'empêcher sa réélection. Des budgets énormes sont engagés, comme pour le V15 avant la 18ème Knesset, et des tentatives presque d'ingérence font que certains monarques reçoivent ses opposants pour tenter de faire pencher la balance contre lui.

Mais on peut se demander pourquoi il fait l'objet d'un tel acharnement depuis l'étranger.  Il n'a pas reconquis Gaza pour y réinstaller les Juifs expulsés. Il n'a pas démantelé l'autorité encore exercée à ce jour par ce chef terroriste du Fatah qui interdit au nord de Jérusalem l'accès et le passage à tout Juif. Alors, pourquoi est-il tellement diabolisé par les antisionistes/antisémites? Il est simplement permis de comprendre que les autres, en l'occurrence ce parti à quatre têtes, serait bien plus catastrophique pour Israël…

C'est le doigt de D.

Quand les bombardements massifs submergent les systèmes de défense, que les systèmes et autres dômes les plus sophistiqués sont débordés, et que les missiles pleuvent comme des grêlons, les ennemis d'Israël, constatant qu'en novembre dernier, leur unique victime réelle comptait parmi la population pour laquelle a priori ils attaquent Israël, pourraient honnêtement se dire : «C'est le doigt de D.»

Une approche naïve des temps nouveaux nous fait croire qu'en cas de reconnaissance de l'implication divine, le méchant admettra la vérité. Mais à quel moment l'ennemi réagit en conséquence et déclare : «Fuyons devant les enfants d'Israël, car D. fait la guerre pour eux»?

Il n'est absolument pas évident que reconnaître pour un ennemi d'Israël que D. combat pour lui le pousse à reconnaître son tort. Ce serait oublier qu'avant que la question d'Israël ne se posât, il pouvait construire une tour à Babel pour arriver jusqu'aux cieux et le combattre, ou encore, comme le Laban biblique, protester en campant sur ses positions, en restant sûr de son droit, et en considérant Jacob et sa famille comme ses esclaves, ne renonçant pas mais s'inclinant devant la force. Que les criminels qui occupent la bande de Gaza dont ils ont fait une rampe de lancement de missiles pour bombarder Israël reconnaissent le doigt de D. ne changera rien à leur entêtement, et il en est de même pour tous leurs soutiens à travers le monde. Ils continueront de se conforter dans leur position de forces du mal. Ils se sentent en mesure sinon de s'opposer à la restauration d'Israël, du moins de harceler le rassemblement des exilés en tant que nation libre sur leur terre, et ils poursuivront leur guerre contre D., tel Amalek s'attaquant au peuple progressant dans le désert vers la terre d'Israël et marchant derrière Moshé, son berger.

 

 Yéochoua Sultan ©

 

 

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6 mai 2019 1 06 /05 /mai /2019 11:55
Le caractère d'une société se définit sur la base de sa population

Ce n'est pas le pays qui fait l'homme, c'est l'homme qui fait le pays. Ce n'est pas l'époque qui fait l'homme, mais encore une fois l'inverse.

Certaines phrases édictées péremptoirement comme des axiomes sonnent bien et suscitent le respect. Néanmoins, beaucoup ne veulent rien dire. Le langage journalistique dit qu'untel a trouvé la mort. Que gagnerait-on à le contredire en affirmant le contraire : que c'est la mort qui l'a trouvé? Certaines inversions de phrases impliquent une inversion de sens. Un chansonnier inversait le sujet et le complément d'objet de la prise entre l'homme et la mer. Son jeu de mot inversait le rapport de domination. Si vous prenez la mouche, ça a un sens. Si c'est la mouche qui vous prend, c'est déjà moins évident. Trêve d'élucubrations pseudo-comiques.

L'énoncé de départ peut susciter l'agacement. Prenons un pays dangereux au hasard : la Syrie. En quoi est-ce que ça change quelque chose, pour celui qui se retrouverait malencontreusement dans ce pays, que la Syrie ait rendu le Syrien dangereux ou que le Syrien ait rendu la Syrie infréquentable? Ça revient strictement au même.

Le problème réel démarre si vous décalez votre référentiel et que vous le placiez mettons en France. Bien que notre énoncé si joliment posé semble dénué de fond, nous pensons tous (ou presque) sans y penser que c'est le pays qui fait l'homme. Cette approche remonte à notre plus tendre enfance. Les cours de géographie nous présentent des pays déplorables et d'autres ou il fait bon vivre. Donc : vous êtes né au bon endroit. Les cours d'histoire nous présentent des époques de servage et de misère, d'autres avec une guillotine à chaque coin de rue, et enfin pour les plus jeunes une époque où vous ne courrez plus le risque d'être retranché de la vie en cas d'erreur judiciaire à votre détriment. Donc : vous êtes né à la bonne époque.

Pour vous, pour nous, c'est bien le pays et l'époque qui font que nous ne sommes pas des pilleurs violeurs trancheurs de têtes et que nous ne sommes plus des guillotineurs ou des guillotinés.

Et c'est précisément cette approche qui met en péril les acquis de notre civilisation. Nous l'allons montrer instamment. Notre indignation, jusqu'à une période encore récente, quand la société n'était pas trop moribonde, nous poussait à nous écrier : «Mais enfin nous sommes en France!» ou : «Mais enfin, nous ne sommes plus au moyen-âge!»  L'implication logique desdites exclamations exige que toute personne débarquée d'un autre pays ou d'une autre époque – cette dernière éventualité reste tout à fait réaliste dans la mesure où certains pays vivent relativement à des époques reculées technologiquement et mentalement, la seconde tare étant bien plus difficile à soigner que la première – se transforme d'un coup de baguette magique – en citoyen français moderne et empreint de civilité (nous évitons ici «civilisé» ou «civilisation» pour ne pas ouvrir la porte à une autre polémique, tout groupe ayant ses codes civilisationnels). 

Nous ne sommes pas capables de concevoir que des populations en migration d'Est en Ouest ou du Sud au Nord, pour converger vers la France et le reste du vieux continent, soient à même de faire basculer notre civilisation dans la misère et la violence qui sévit à leurs différents points de départ. Mais pourquoi serait-ce donc à ce point inimaginable?

C'est précisément parce que nous pensons que c'est le lieu et l'époque qui font la civilisation que le raisonnement suivant est possible : l'Europe souffre d'un déficit des naissances et d'un vieillissement de la population. Laissons-y un sang nouveau s'installer, et ce double problème sera réglé. D'où les mines attendries et hébétées d'officiels coupés du monde réel au regard de la forte natalité des natifs d'autres continents se retrouvant magiquement, d'un coup de naturalisation, nouveaux Européens qui travailleraient démographiquement pour l'Europe.

On n'a pas seulement fait appel à des mères porteuses venant remédier à la fatigue et au doute civilisationnels qui font qu'à quarante-cinq ans, on se demande encore si on n'est pas trop jeune pour fonder une famille ; on a réussi aussi à faire venir les inséminateurs. Il ne nous reste plus qu'à nous installer confortablement dans notre fauteuil et laisser le travail se faire tout seul, un peu à la manière du robinet qui remplit votre baignoire – que c'est beau le progrès – sans qu'il vous faille transporter de lourds seaux remplis d'eau.

Et c'est encore une fois cette conceptualisation qui nous fait éprouver de la compassion pour tel sujet débarqué de tel régime obscurantiste mû par un dogme politico-religieux prônant la razzia et l'égorgement de l'infidèle. C'est elle qui fait que nous sommes incapables de prudence qui devrait faire que nous le considérions a priori comme le fidèle ambassadeur de son pays. En offrant à ces arrivants l'égalité, l'insertion, en mettant à leur disposition d'énormes budgets d'intégration,  en les accueillant dans nos villes et nos banlieues, nous pensons en faire à terme nos égaux, nous pensons qu'ils s'estimeront heureux : «Et dire que mes parents étaient d'origine… Ah, ce qu'on est bien, ici! Quelle chance de vivre ici et maintenant!»

Néanmoins nous avons vu ces arrivants reforger le pays à leur image, les langues européennes s'étioler et s'absenter de l'école publique, la rue du folklore local d'antan disparaître du paysage et l'exotisme locataire se faire indigène et propriétaire, la soumission et l'absence de la femme de l'espace public représenter désormais le nouveau concept de sa liberté, les haut-parleurs modernes et hurlants supplanter progressivement les vieilles cloches d'airain non moins bruyantes cependant…

A contrario, doit-on faire sienne irrémédiablement l'autre extrémité de notre premier énoncé? Serions-nous réduits à la morale de la chatte métamorphosée en femme du sieur Lafontaine?

Brièvement, c'est l'histoire d'un homme seul qui apprécie tellement sa chatte (l'animal portant ce nom) qu'à force de prière, elle se transforme en femme. (Tout ce qui est souligné est extrait du texte original, sans changer une virgule).

«Il l'amadoue, elle le flatte». Le Français amadoue beaucoup celui dont il veut faire son égal, mais c'est encore lui qui le flatte. L'immigré le ressent bien : «Il m'amadoue, il me flatte».  Or donc : «Il n'y trouve plus rien de chatte, et poussant l'erreur jusqu'au bout, la croit femme en tout et partout, lorsque quelques souris qui rongeaient la natte troublèrent le plaisir des nouveaux mariés. Aussitôt la femme est sur pieds. Souris de revenir, femme d'être en posture […] tant le naturel a de force.» Puis : «En vain de son train ordinaire on le veut désaccoutumer.» Et enfin : «Qu'on lui ferme la porte au nez, il reviendra par les fenêtres». En termes plus actuels : «Chassez le naturel, il reviendra au galop».

Faudrait-il donc comprendre qu'incurablement, le rustre le sera pour l'éternité? Pas nécessairement. Car d'humain à humain, il ne s'agit pas d'une métamorphose, mais d'un changement de milieu. Mais alors, dans ce cas, nous contredirions-nous en disant que c'est le pays qui fait l'homme?

On peut appréhender la parabole de Lafontaine également ainsi : tant que cette créature vivra en côtoyant les gens de son nouveau milieu, elle poursuivra son effort d'adaptation. Et, même si elle compte encore dans sa langue de départ, ses enfants compteront dans celle d'arrivée. Mais qu'elle retrouve ce qui faisait d'elle ce qu'elle était, et automatiquement elle replongera. Le convalescent revenu d'une addiction ne doit plus rencontrer ses fréquentations du temps de son addiction.

Il ne faut pas laisser de souris ronger la natte! Si je suis un enfant martien admis dans une classe de terriens, si les terriens m'acceptent comme l'un des leurs et que je fasse tous les efforts pour être comme eux, je pourrais toutefois manger chez moi sans l'afficher ma nourriture martienne avec quelques autres comparses de ma petite minorité. Mais que des milliers de martiens débarquent, et ils me malmèneront et me considèreront comme un traître : «Toi? Terrien? Non mais pour qui tu te prends?»

Le Rav Aviner, dans son livre, «les Princes de l'humanité», s'interroge quant au plus sage des hommes. Comment pourrait-on accuser le roi Salomon, épris de piété, d'avoir épousé des femmes idolâtres? Il répond qu'il n'a jamais été question de cela en réalité. Salomon ne pouvait épouser une felle n'adhérant pas au monothéisme d'Israël. Seulement, les prosélytes étaient vraisemblablement acceptés en trop grand nombre à la fois, et cette quantité nuisait à la qualité de leur sincérité à la fois non éprouvée et mise à trop dure épreuve. Et certaines nouvelles venues avaient conservé leurs fétiches dans leurs bagages.

Conversion ou naturalisation, il faut laisser au corps absorbant sa capacité d'absorption, et l'abus de naturalisation ne saurait chasser le naturel.

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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 20:15
Le rassemblement des exilés d'Israël, réalisation humaine laïque ou concrétisation d'une antique prophétie?

L'histoire ou la face cachée

Une tempête de siècle, ou plus simplement un vent violent, un raz-de-marée, une déclaration politique inattendue… autant d'événements qui peuvent être associés à la volonté du Créateur ou dissociés d'elle.

Deux angles opposés et de même sommet et de charges identiques s'affrontent dans l'appréhension du cosmos et de tout ce qu'il contient : le religieux et le laïc. Le premier attribue des forces supranaturelles, transcendantales, à la création. Le second explique tout scientifiquement, rationnellement, approche qu'il nie au premier, et ce qu'il ne parvient pas à résoudre n'est que partie remise. Nous allons nous interroger sur les principes de dichotomie ou de compatibilité entre la foi et le cartésien.

Le superstitieux et le rationnel

Un volcan entre en éruption. Une peuplade primitive vit en-dessous de lui, dans la plaine. Elle humanise le volcan, lui prête des intentions, de la colère. Elle s'en remet à sa clémence, sa magnanimité. Ses notables déposent des offrandes, des simples oranges aux sacrifices humains, pour l'apaiser. Que le volcan cesse de gronder, et ils attribueront cette annulation du funeste décret à leur intervention. Le scientifique sourit, et peut leur expliquer, si seulement ils sont prêts à l'écouter, les phénomènes tectoniques sous-jacents, les faiblesses et les failles de la croûte terrestre, le magma qui sommeille en-dessous.  

Récemment encore, chez les Papous, on se livrait au cannibalisme. Ça n'avait rien de méchant ; au contraire, on montrait en consommant la chair fumée des chers disparus combien on les aimait. D'ailleurs, tout le monde n'avait pas droit à ce privilège, seulement les plus proches, et un rituel précis prévoyait la répartition des membres du défunt entre ceux de la famille. Ainsi, dans une contrée de l'Est de la Nouvelle-Guinée, chez les tribus Foré,  alors colonie britannique, beaucoup mouraient, frappés par le kuru. Deux groupes courroucés se livraient une guerre acharnée, s'accusant mutuellement de dispenser généreusement des malédictions à l'autre camp. Le kuru, qui faisait perdre au malade le sens de l'équilibre, sa lucidité, son appétit, provoquait aussi des tremblements dont l'origine remontait sans coup férir à des pratiques de sorcellerie de l'autre camp. Plus rationnellement, cette maladie surprenante a été comparée à celle de la vache folle ou plus exactement, dans leur cas, au syndrome de Creutzfeldt-Jakob. Et pourtant, impossible de conjurer le mauvais sort. Les Anglais, garants de la civilisation et de ses valeurs, interdirent le cannibalisme, et, pour se faire obéir, ils désignèrent des surveillants locaux. De la sorte, cette pratique prit fin.

Simultanément, par extraordinaire, alors que les recherches de médecins européens ayant longtemps vécu au milieu des Papous n'ont pratiquement rien donné, bien qu'ils soient allés jusqu'à mettre en confiance un chef pour qu'il les laissât prélever un échantillon de cerveau d'une jeune victime, afin de l'inoculer à des bonobos et de constater que, de cette manière, le mal était contagieux, la maladie disparut comme par enchantement. Au lieu de mêler les bonobos une fois le chef en confiance, ils auraient dû plus simplement prendre le risque et part eux-mêmes à ce curieux festin, ce qui aurait eu l'avantage de simplifier l'expérience scientifique.

Nous pourrions conclure que, s'étant humanisés, ils obtinrent une bénédiction du Ciel qui leur accorda la grâce et la guérison miraculeuse. On peut dire aussi que la consommation des cellules malades et contagieuses des défunts ayant pris fin, les jeunes papous comme les vieux ont tout simplement arrêté de se contaminer.

Mais l'un empêche-t-il l'autre?

Expliquons-nous. Il est effectivement facile de s'accorder le beau rôle du scientifisme et de l'athéisme en se mesurant à des superstitieux, à des gens qui se réfèrent à mille et un dieux, qu'ils soient sophistiqués comme ceux de l'Olympe ou plus bruts, impliquant la déification de chaque élément, montagne, torrent, soleil, et à plus forte raison les éléments frappant l'imagination ou frappants tout court comme les volcans, les tsunamis, les éclairs et le tonnerre... Mais il est peut-être moins aisé de s'attaquer au véritable monothéisme, celui des Hébreux devenus Juifs et témoins de la Révélation. Car qui a dit qu'un phénomène naturel explicable scientifiquement n'est pas en soi l'émissaire qui vient exécuter la sentence divine?

Une difficulté majeure se retrouve dès qu'il est question de châtier les créatures, quand leur sort est irréversiblement scellé. Nous nous arrêterons succinctement sur trois événements bibliques significatifs. La génération dite du déluge, la plaie des sauterelles et l'anéantissement de l'armée pharaonique dans les eaux de la mer des Joncs. Si nous partons du principe que l'Eternel a non seulement créé les cieux, la terre, etc., mais que de surcroît il en maintient à tout instant l'existence, pourquoi ses décrets sont-ils réalisés par les voies naturelles? Au lieu de retirer la vie à la génération de Noé, comme il le fit en ne restituant pas leurs âmes aux soldats de Sennachérib assiégeant Jérusalem sous le règne d'Ézéchias, nous constatons en lisant simplement le texte qu'il faut d'abord quarante jours de pluies, puis une deuxième période équivalente pour que les montagnes les plus hautes soient submergées, et enfin une dernière pour que le niveau redescende. Pour la plaie des sauterelles, le texte est explicite : c'est un vent qui les apporte, et c'est encore un vent qui les emporte. Quant à l'ouverture de la mer, il est bien précisé qu'un vent puissant a soufflé toute la nuit précédente. Donc, tous ces phénomènes peuvent être expliqués scientifiquement : la pluie, l'inondation, la tempête, un phénomène ponctuel de marée basse…

Les sources racontent que Titus avait bien compris le principe. Dieu se sert des éléments pour exécuter ses décrets. Après la destruction du Temple, Titus prend la mer. Elle commence à s'agiter. Il défie le Créateur. «Bien sûr, tu ne te sens fort que sur l'eau. Tu es bien moins efficient sur la terre ferme.» La mer redevient calme. Puis un insecte ailé s'introduit dans la narine de Titus, se loge dans ses sinus et bourdonne. Impossible de l'en extraire. Le supplice se fait de plus en plus insoutenable, et ce n'est qu'en se tenant près d'un forgeron qui frappe le métal que Titus peut ressentir un semblant de soulagement. A sa mort, on retira de son cerveau un énorme moustique. Quel entomologiste zélé nous donnera le nom de ce nématocère? Car voici encore un phénomène qui peut s'expliquer rationnellement.

Dans ce contexte, un autre phénomène remarquable met en scène les éléments naturels. D'ailleurs  il nous ramène une fois de plus au thème du volcan. Pompéi est bien connue, moins qu'Herculanum, Oplontis ou Stables. Ces quatre imposantes cités romaines de Campanie ont été détruites en quelques heures par un feu tombé du ciel, soit par l'éruption du Vésuve, plus rationnellement parlant. Cette brutale disparition de villes entières n'est pas sans rappeler les quatre villes dont la culture générale a surtout retenu les noms de Sodome et Gomorrhe. Dans les deux cas, les sites sont restés dans leur état de désolation. Le plus fort, c'est qu'à Pompéi, si jamais on cherchait à remettre en question cet événement, des fouilles ont permis de retrouver les habitants de la ville  dans le feu de l'action, si l'on peut dire, dans ce à quoi ils étaient occupés au moment où la pluie incandescente les a surpris. C'est à Pompéi que vivaient les dirigeants romains, le gratin d'une société qui n'était pas étrangère à la destruction du Temple. En 62 de l'ère vulgaire, la région subit un premier tremblement de terre. Le sol se montre nerveux en 70. Du mois d'août 70 au mois d'août de l'an 79, de la destruction de Jérusalem aux villes nanties de Rome anéanties dans la foulée, il est bien entendu tout à fait possible d'expliquer le plus scientifiquement qu'il soit ce qui s'est produit.

L'observation de la nature, remercier Dieu ou le renier

Il est en principe impossible de prouver scientifiquement l'existence de D., puisque le scientifique raisonne sur le mesurable. Mais il nous reste le raisonnement par l'absurde. Ce procédé démontre que ci le phénomène y qui représente l'antithèse du phénomène x est impossible, alors la réalité d'y s'impose.

Aristote, Platon, et les autres, sont connus pour leur position sur la question de la création. Ce qui les dérange, c'est qu'il ne peut y avoir de création sans créateur, et on le retrouve à tous les niveaux de ce qui est fabriqué sur terre dès que l'on se penche sur les êtres vivants : la maison de l'homme, le barrage du castor, le nid de la pie… Et c'est là que la solution desdits philosophes est originale. Pour eux, le monde n'a pas été créé, pour la bonne raison qu'il a toujours existé. C'est une situation donnée connue depuis toujours, depuis que l'homme est homme. Leur position est solide. Ce n'est pas à eux de prouver que le monde a toujours existé, mais à ceux qui le contestent de prouver son contraire. Tout au plus admettent-il cependant une cause créatrice, mais pas dans le sens où l'entend le judaïsme, ni les religions qui en dérivent ou s'y greffent, et la nuance est énorme : car pour eux la matière est préexistante et c'est elle qui permet à l'entité créatrice d'inférer des formes à la matière, un peu comme le plus brillant des peintres utilisera dans tous les cas des matériaux, toile, couleurs, et des outils, contenants, pinceaux… dont l'existence est plus ancienne que la sienne.

C'est un problème de vocabulaire qui nous fait penser que le philosophe et le rabbin ne discutent pas sur un malentendu, dans un total quiproquo, et qu'ils débattraient sur la même longueur d'onde. En effet, le verbe bara, dans le premier verset de la Genèse, est traduit par créa [les cieux et la terre]. Le problème, c'est que le verbe suivant, qui porte la racine yaçar, est aussi rendu par créer. Or, il ne peut en être ainsi, puisque le premier verbe indique une création à partir du néant, et le second à partir de la matière, c'est-à-dire un façonnage. Ce second sens se retrouve aujourd'hui encore, puisque l'homme se crée à partir de la terre, en tant que dernier échelon de la chaîne alimentaire qui démarre à partir des sels minéraux contenus dans le sol, de l'eau qui est aussi un minéral, et subissent diverses transformations pour devenir la matière physique de l'homme. Yaçar devrait, au nom de la précision scientifique linguistique, être rendu par former, ou transformer.

En revanche, l'idée créatrice et le principe de l'expansion de l'univers chers à la physique cantique n'impliquent non seulement aucune contradiction entre l'idée du Créateur et le raisonnement scientifique, mais pourraient bien signifier que tous ces phénomènes physiques et biologiques doivent bien avoir un auteur, qui créa le temps en même temps qu'il créa l'espace.

Il en est de même pour la difficulté de l'incompatibilité à première vue entre la matière et le spirituel. Or, l'idée générale des tissus, qui se restreint aux dimensions de la molécule, puis de l'atome, lui-même composé d'un noyau aux protons chargés positivement et aux électrons de charge négative qui gravitent autour de celui-ci en laissant un énorme vide, aboutit au principe de la non-existence de la matière, pure apparence, qui se réduit à un assemblage, une relation, une interaction entre des phénomènes et des forces qui donnent l'image si réelle et si solide de ce qui devient concret pour la perception de nos sens.

Une autre idée, celle de l'élaboration des espèces, quand sont extraits des couches géologiques plus profondes – donc anciennes – des organismes moins complexes que ceux des couches plus superficielles, suit elle aussi le déroulement chronologique biblique des six jours de la création, allant d'une mer déserte à l'apparition des continents, puis du protozoaire au mammifères dont l'homme est le sommet, s'il est permis de s'attacher dans le récit de la création au sens obvie du texte.

Donc, les mêmes réalités entraînent des effets opposés, puisque des mêmes observations on aboutit à de véritables postulats, à deux systèmes dont l'un reconnait le Créateur, et l'autre le renie. Et s'il existe un élément qui, par excellence, illustre cette divergence, c'est bien le singe. Sa ressemblance avec l'homme est plus que frappante. Il est immanquable que, lors d'une visite au jardin des plantes ou dans n'importe quel zoo, vous ne trouviez un air de famille entre tel orang-outan et tel voisin pensif, ou telle antelle ou ouistiti et tel enfant turbulent de votre voisinage. Encore une fois, les réactions seront divergentes. Soit vous vous attacherez au dogme évolutionniste qui vous fera voir en ce singe par raccourci votre grand-père, soit vous remercierez Dieu pour avoir échappé à ce côté identique par la différenciation que vous procure «juste l'âme pure dont la finalité consiste à comparaître devant le Roi des Rois, le Saint béni soit-Il», cette âme qui vous attribue le discernement et le libre arbitre, comme le suggère le rituel de prière, le Sidour, au chapitre de la prière du matin, qui postule sans elle : «Point de différence de la bête à l'homme».

Le gardien de son frère

Une autre difficulté, de taille, elle aussi, se retrouve dans les brefs récits de la Genèse que le monde entier connaît par cœur. C'est cette sorte de mouvement d'aller-retour constant, d'approche et d'absence, pour ainsi dire, du Créateur auprès de sa création. Un ordre est donné, ou établi. Adam ne doit pas consommer le fruit de la connaissance – préférons à ce terme celui de discernement – et Caïn, froissé de s'être vu refuser son offrande, reçoit un encouragement divin doublé d'une terrible mise en garde. Il lui est enjoint de s'améliorer, sans quoi le péché, tapis à sa porte, prendra possession de lui. On remarquera qu'à chaque fois, après la faute, Dieu interroge le fauteur. Il cherche quelqu'un : «Où es-tu?» «Où est ton frère?» Adam reste humble. Il tente piteusement de se justifier, aggravant en fait son cas, puisqu'il est qualifié d'ingrat par les exégètes, reprochant au Créateur son merveilleux cadeau : «c'est la femme que tu m'as donnée». Quant à Caïn, il renvoie l'accusation à Dieu ; car lorsqu'il rétorque : «Suis-je le gardien de mon frère?», qu'insinue-t-il exactement? «Le gardien, c'est toi. Où étais-tu quand cet assassinat s'est produit?» Un homme en assassine un autre, et la question, c'est de savoir où était Dieu à ce moment-là?!

Qui responsabilise l'homme acquitte Dieu. Et qui déresponsabilise l'homme l'accuse. Le prophète vient renforcer cette double relation, avec les deux côtés de la même médaille : «Béni soit l'homme qui place sa confiance en Dieu…» «Maudit soit l'homme qui place sa confiance en l'homme». Peut-être cette mise en garde vient-elle nous prévenir qu'il faut prendre au sérieux les menaces des régimes humains, des mouvements idéologiques destructifs et menaçants, sans chercher à les excuser et à minimiser le danger potentiel qu'ils représentent, sans les décharger en accusant la conjoncture, sans se dire qu'ils finiront par se calmer, qu'ils ne pensent pas vraiment ce qu'ils disent. Il est très important de ne pas négliger les signes avant-coureurs d'une catastrophe qui se prépare, fomentée par le genre humain.

Mais le libre arbitre de l'homme peut-il faire échouer le programme de Dieu, qui consiste à l'amendement du genre humain, en imposant à la marche du monde une direction radicalement opposée? Puisque l'homme part dans toutes les directions, c'est à l'homme, à titre individuel, de distinguer et de déterminer dans quelle voie humaine se retrouve celle de Dieu. Prenons le cas de la destinée nationale du peuple d'Israël. Plusieurs directions, plusieurs tentatives ont animé les Juifs. Certaines options venaient de leur propre cru, d'autres avaient été suggérées de l'extérieur. Il y a eu les aspirations du Bund, l'idée du Birobidjan, l'idée de trouver une terre promise dans l'immensité de l'Amérique du Nord, ou encore l'option d'invention britannique de l'Ouganda. Il y a eu aussi l'idée de faire partie prenante d'autres nations éclairées. Une seule option a fonctionné, en dépit de toutes les forces qui s'acharnent contre elle pour la faire échouer ou la vider de sa substance, de ces forces qui tentent d'en faire un pays comme les autres, pas mêmes exclusivement celui de la nation juive.

La reconnaissance proclamée par la déclaration Balfour, un événement politique parmi tant d'autres, remonte à l'époque de l'aube de la décolonisation, quand les nationalismes du monde entier se sont mis à revendiquer leur indépendance. A première vue, on peut penser que cette toile de fond a fait que les Juifs ont pris le train en marche et se sont dit qu'ils méritaient bien eux aussi le retour de leur souveraineté perdue, ces Juifs redevenus Palestiniens, puis Israéliens dès leur indépendance. Mais on peut sous l'optique de la Providence inverser la cause et l'effet : le train s'est précisément mis en marche car le temps de la rédemption d'Israël était arrivé. Quoi qu'il en soit, c'est une fois de plus par les voies naturelles et politiques que l'histoire avance à grands pas. D'un pharaon tyrannique qui pousse naturellement vers la sortie d'Egypte, en 2448 de notre calendrier, à une Europe et un monde arabe chaotiques, qui poussent vers la sortie d'Edom, en cette fête de Pessah 5779.

L'histoire, l'avancée de la destinée collective de l'humanité, derrière laquelle le Créateur cache ou révèle sa face ; les trois lettres STR, selon le système étymologique consonantique hébraïque ou plus largement sémitique, racine du mot hiSToiRe, forment en hébreu le mot SéTeR, caché «cacher je cacherai ma face», «aster astir panaï». A l'homme de le voir ou de ne pas le voir.

Yéochoua Sultan ©

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18 avril 2019 4 18 /04 /avril /2019 09:50
Les fruits du travail humain et de la bénédiction du Ciel

Béni et maudit soient respectivement ces deux hommes qui placent leur confiance en D. et en l'homme. Quand un homme place sa confiance en un autre homme, on obtient une relation réflexive et transitive à la fois. L'homme étant en quelque sorte le reflet de l'homme, en passant par ce dernier, il se place également en troisième position d'où l'aspect transitif, le deuxième homme étant l'intermédiaire du premier pour rejoindre le troisième qui n'est autre en fait que ce premier. Il retombe sur ses pieds, sur son référentiel humain qui le limite et le rassure en même temps, car il retrouve sa propre image projetée au-delà du second homme. Schématiquement, ça donne :

1 ↔ 2 → 3 ; 1 = 3

Nous l'avons compris, faire confiance à l'homme est un nombrilisme qui rejette ou du moins écarte D. «Merci, je peux me débrouiller tout seul», semble dire cet homme autonome. La force intrinsèque de l'homme, avec toute la panoplie de ses propres capacités, fait face à l'aide de la Providence. Mais l'homme idéal a pour devise – sagesse chez les nations, tu peux le croire - «Aide-toi, le Ciel t'aidera». L'homme idéal marie harmonieusement son propre investissement à l'aide céleste : «Quand tu te diras en ton cœur : "Ma force et la puissance de ma main m'ont donné toute cette gloire"» ; cette perspective n'est pas à invalider, si toutefois : «Tu te rappelleras que c'est l'Eternel ton D. qui te donne cette force pour cette gloire».

Il n'empêche. Pourtant, à première vue, qui peut être plus heureux que l'homme dont la confiance est en D., lequel sait que, quoi qu'il arrive, et quelles que soient les situations indénombrables où prévalent la protection précisément humaine, et les relations, qu'il s'agisse de trouver du travail, d'obtenir un terrain, un permis quelconque, il s'en sortira toujours? Car D., dont la main ne saurait manquer, pourra le combler et faire de lui un homme riche, tout du moins sous l'angle de la définition qui veut que cet homme soit celui qui est heureux de ce qu'il possède.

Et pourtant, l'homme préfère souvent se replier sur lui-même, en compagnie de ses semblables, comme si l'Infini l'effrayait, ou peut-être parce qu'il ne veut pas être spirituellement et moralement redevable, comme si a contrario ce qu'il obtenait par le biais de l'homme ne venait pas indirectement de D., puisque cette force et cette puissance, il ne faut pas qu'il oublie d'où elle provient. Car, sans cette provenance, de même qu'aucun homme ne pourra lui fournir quoi que ce soit, personne ne pourra réciproquement l'empêcher de l'obtenir.

Il arrive qu'un individu en position de force vous empêche d'accéder à un poste, une opportunité de gagner décemment votre vie, et que pour finir, par d'autres voies, vous soyez bien mieux logé pour finir que ce que vous escomptiez.

Donc, le paradoxe est clair: on est moins effrayé de la confiance que l'on place en l'homme limité que de celle que l'on place en D.

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12 avril 2019 5 12 /04 /avril /2019 11:22
והארץ תתן יבולה

נאלצתי לשמוע תשדיר בשעת סגירת הקלפיות במוצאי יום הבחירות לכנסת העשרים-ואחת. שני דוברים עם מבטא פולני כבד, המתווכחים בנימה של כעס למרות שדעותיהם זהות. אך בכל זאת נסתמנה נקודה רצינית למחשבה. אהבתי את המילה החדשה "ישראליזציה". כשבשלב זה היה נראה שהמפלגה הרוסית לא תעבור את אחוז החסימה, שני הדוברים בתום ויכוח עיקש (שוב, למרות שדעותיהם זהות), הסכימו שכבר אין משמעות למפלגה המגזרית הזאת אך הפעם באמת. (כשצ'רנסקי חשב על זה ניסו להניאו בטענה שאין טעם בארץ למפלגות מגזריות). העלייה ההמונית מברית המועצות המתפרקת התרחשה לפני כחצי יובל וכבר הוטמעה בחתוך החברה הישראלית, כשאלה שהיו ילדים וכל שכן אלה שנולדה בהמשך כבר לא מרגישים זיקה למה שהיה פעם.

השאלה שמתעוררות מייד, היא : אז איך זה שמפלגת האווזים זכתה לכל כך הרבה תמיכה בקרב הציבור? כבר מזמן הוכיח המחנה הפוליטי הזה כי כל הוויתורים הכואבים אינם מחיר לשלום כי אם כניעה והשתעבדות מרצון כלפי האויב האכזר. הכיצד הציבור לא עבר "גאולתיזציה", איך אחרי יובל וחצי של חירות, עצמאות, כוח צבאי ועוצמה מדינית, ציבור הבוחרים לא שואף להתנער לחלוטין מהאיום המרחף תמיד מתוך כתלי הבית? איך ייתכן שעם הכוח שיש לו, הוא לא שם קץ למצב הזה?

ההבדל הוא כדלקמן : אם ה"רוסי" הפסיק להיות רוסי, זה רק משום שכבר לא היה לו עוגן הכובל אותו בשלשלאות לשפה, ללאום ולתרבות של רוסיה. הוא התאקלם בארץ עד כדי כך שאחרי שתיים עשרה שנות לימוד ושירות צבאי, גם מי שאינו יהודי אינו מבין למה הוא לא יהודי.

לעומת זאת, אם הישראלי לא מוחק כפר עוין שממנו יוצאים רוצחים לטבוח משפחה יהודית על נשם ועל טפם בעצם מנוחת השבת (לתמהים על ההנחה כי הייתה אמורה להיות תגובה כזו הדבר הטבעי ביותר, נשאל אותו אם הוא מבין את הנוצרים שבקשו לעשות שפטים ביהודים כשחשדו באחד מהם שטבח אפילו ילד נוצרי אחד נגיד כדי לאפות מצות. בסיפורים שלפעמים הסתיימו בטוב, זה תמיד התאפשר רק אחרי שהוכיחו שהאשמות היו עלילות דם. ואם זה היה קורה באמת? אז כולם היו מבינים), וזה רק דוגמה אחת מבין עשרות אם לא מאות, זה רק משום שמוחו נתון להשפעה אדירה של "גלותיזציה" מתמדת, הנעשית על ידי טיפוסים מכגון שני הפולנים הנ"ל.

אז מכניסים עמוק לנבכי נפשם של היהודים הישראליים את "טוהר הנשק" הנערץ על ראשי המפלגה שלא ניצחה בבחירות אבל שלא צריכה באמת לנצח לאחר שהישראלי אימץ ממילא את תפיסתם הקובעת שאם הערבים שונאים ברובם את ישראל, זה אך ורק באשמתו של היהודי. זה התחיל ברעיונות שכביכול הארץ היא שלהם ושאנו כופים עליהם שלטון עם זר. שלשלו עמוק לתוך הראש שהיהודי את החוק שהוא תמיד האיש הזר, זה שמרגיז את השני שבסה"כ רצה להיות שאנן.

וכך נשארת לנו הנהגה מדינית והנהגה אישית שחושבת ומרגישה שהמוסריות היא דווקא להידבק ב"איפוק", שלא לפגוע ב"חפים מפשע" (שמתם לב לאסוציאציה, בעברית תסמיך, שככלבו של פוולוב, כל פעם שמדברים על טיפול שורש בעזה, מיד מתחילים לחוס על ה"חפים מפשע"?), בקיצור שיש "לתת למכנו לחי ולשבוע בחרפה".

לחבב ולאהוב את מי ששונא אותך הוא רעיון מהברית המודרנית (הרשו לי להשתמש במילה הלועזית הפעם), ובטח לא מדוד המלך. די לקרוא את פרק ק"ט בתהילים כדי לדעת מה הוא היחס הנכון למחזיר "שינאה תחת אהבתי". (המידה שהוא מייחל להם מפסוק ו' עד ט"ו). "ויכרת מארץ זכרם... יען אשר לא זכר עשות חסד".

הדבר פשוט הוא שכדי לשחרר את עם ישראל מה"גלותיזציה" ולהביאו ל"גאולתיזציה", ברמת התפיסה, ועל מנת שהמפלגות הגלותיות תרדנה אל מתחת לאחוז החסימה ושהמצב יתהפך לטובה, יש לנער את כלי התקשורת הכבדים מהפולנים שהם דינוזאורים מאובנים מתקופת פילוסופית האמנציפציה, המקבעים בלבנו את תחושות הגלות של היהודי הבזוי מול הגוי האציל.

ויהיה רצון שנזכה לגאולה ונראה בקרוב בישועת ד'.

כותב : יהושע סולטן ©

 

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9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 08:50
והחורבות נבנות מחדש

למי הניצחון ?

מה אנו לומדים מגדעון , אליהו, מלחמות ששת הימים ויום הכיפורים ?

מזהירה אותנו התורה פן נייחס את ניצחונותינו באויבנו ל"כוחי ועוצם ידי" בהבנה מוטעית. ואכן מיד בהמשך, מעלתו החיובית של ה"כוחי ועוצם ידי" מובנת מתוך ההבנה כי ד' הוא הנותן לנו "כוח לעשות חיל". אין כאן לכאורה שני מושגים העומדים זה לעומת זה – מעשינו מול מעשי ד' – אלא שילוב של כוח ד' הפועל מתוך כוח ישראל. ואם כי אין העיקרון הזה פוסל אפשרות כי ד' יפעל בדרך ניסית גרידא, ישנה הבנה כי הנגאל יחפוץ בגאולתו. בין כך או בין כך, יש חשש שהניצחון ייוחס לכוח האדם בלבד.למען הסר ספק, יש צורך בנסיבות שיעוררו פליאה כי לא יכול להיות שהאדם פעל כל זאת לבדו.

אז בין שתי סוגי השאיפות המנוגדות, אם לצאת למשימה עם כל אנשי הצבא ואם לא לעשות דבר כי ד' יילחם לנו ואנחנו נחריש, יש דרך אמצעית. גדעון, בטרם צאתו למלחמה, נדרש בנבואה להפחית את מספר החיילים היוצאים איתו לקרב לקבוצה הזעירה ביותר. אסור להכשיל את דעת הקהל, כי אם הכוח האנושי יהיה עצום מדי, אז לא יוכלו להבין כי ד' מסר לנו את האויב בידנו.

גישה זו נכונה באופן כללי יותר, ולאו דווקא בהקשר מלחמתי פשוט. אליהו הנביא בהר הכרמל עושה הכל לכאורה כדי להכשיל את המצבע. אם הייתי מתלווה אליו, הייתי נלחץ : "כבוד הנביא, מה אתה עושה? אמנם ד' אמר לך שיתקדש שמו היום, אבל מה פתאום להטביע את כל המזבח בקיטונות של מים?" אכן, יכולה להתפתח תחושה כי המהלך ייכשל דווקא בגלל האדם העומד בראש המערכה. כמובן שעלינו לנסות לראות את המעשה של אליהו לא כסרט, חוץ מכבודכם, שראיתם אותו כבר כמה פעמים ואתם מתענגים מראש על הסוף השמח.

לעומת זאת, במהלכים שהאדם רק מובל, כבמאבק במצרים, עדיין יש דרישה אחת שבני ישראל נתבקשו לציית לה : להסכים ללכת אחריו במדבר אל ארץ לא זרועה. חמושים עלו ממצרים. שמונים אחוז לא רצו לצאת. (כך מחבר רש"י בין ה"חמושים" כאן למכת החושך). על ה"אין בעל הנס מכיר בניסו", ניתן אולי להוסיף : "אין בעל נס שלא רוצה בניסו".

כעת נראה מה בקצה הנגדי. ישנם מהלכים שמסתמן כנראה שרק האדם מוביל. חנוכה ומלחמת ששת הימים. ושוב אנו מתבקשים להבין ולהאמין שד' הוא הנותן לנו כוח לעשות חיל, והנותן רבים ביד מעטים, גיבורים ביד חלשים.

ויש שלא מעניין אותם ולא מעוניינים להודות ולהלל ולשבח. היסטוריונים תמים על נס פך השמן, בראותם נכונות גשמית לצאת להילחם שעלתה בידם של החשמונאים.  

וכך מתפתח בית ספר חולני שמסביר את הכול רק מהצד של הנחישות והנכונות של בני אנוש מסוימים שתפסו אומץ ונאזרו בגבורה וחרב. למרות שבחלק מהתפיסות רואים מייד שההוגים מגזימים, כדוגמת האלוף שהסביר מרוב חכמתו במלחמת המפרץ שאין מה להתפעל כי הטילים העירקיים נועדו לפגוע בבניינים ולא בבני אדם, אם נתמקד ברישא, אותם הוגים כל כך בטוחים שהכול נעשה בידי אדם ותו לא, שאני מתחיל אם לא להשתכנע, אז לפחות לחשוש ולהסס.

כי אכן מתעוררת השאלה. ואם היושבים בציון לא יפעלו למען גאולתם ? אם הם יחליטו שלא מרימים את האצבע, אז כביכול יהיה קב"ה בבעיה. על התלבטות זו עונה ההקבלה בין מלחמת ששת הימים למלחמת יום הכיפורים. כי מכל מקום, בין כך ובין כך הם נגאלים.

ניתן לשער כי נהגו כנביאם, אליהו, שחפר תעלה והציף את הכל במים. בידי אדם, כבר לא ייתכן שהאש תידלק על המזבח. במלחמת ששת הימים, יצאנו למלחמת מנע. בכיפור, שחררנו כמה שיותר חיילים, לא גויסו למילואים, והסדירים קיבלו רגילות מדהימות. ידענו שעומדים לקום עלינו, אבל עשינו כמי שעיניים לו ולא רואה. הגם כי במלחמת ששת הימים האשימו אותנו השונאים לישראל כי תקפנו מדינות שקטות ונחמדות. עשינו כמי שרוצה להראות לחסידי הבעל שלא אנחנו המדליקים את האש שתכלה את האויב. אילו הייתי יושב ליד גולדה מאיר, הייתי בטח נלחץ : "מה את עושה? אמנם ד' הבטיח לנו שהוא ישיב אותנו לגבולנו ושנשב על אדמתנו לבטח, אבל..." "לא, חביבי, הייתה עונה לי כבוד המנהיגה, צריך שיבינו במאת האחוזים שד' הוא הא-להים". לא נלחמנו ונגאלנו. אבל המחיר יותר כבד.

ומה כהיום? קשה להבחין בין ימיננו לשמאלנו. כבר לא יודעים אם להאמין על ימין שהוא שמאל או על שמאל שהוא ימין. יש אחד שהוא ימין כל כמה שנים בסמוך לבחירות, ויש מי שמכריז שהוא "מתחייב ליותר", כשאותיות "יותר" הם גם אותיות "ויתור". וכן הלאה וכן הלאה. בחירות הולכות ובחירות באות, והארץ לעולם עומדת עם אותה הנוכחות העוינת של השונאים הקשים ביותר של הדור.

ומצידנו עלינו לא לשבת בחיבוק ידיים, עלינו ללכת להצביע, לא כבכרוז שראיתי, בו נטען שאסור לקחת ממשלה לפני זמן הגאולה. מי אמר להם שלא הגענו לזמן הגאולה? אדרבה, אם יש לנו שלטון, זה דווקא אומר שאנחנו בעצם נמצאים בתוך מהלכי הגאולה, כי בלאו הכי לא היה עולה הדבר בידנו. אבל בכל זאת יש הרגשה שההשתדלות שלנו דלה, ושאנחנו לפעמים מקבלים הפוך ממה שהשתדלנו, כמו בשימנו בעל כישרון בשלטון שנהיה לכישלון : הושמדה יהדות עזה.

אנו נעים בין מצבים תקועים ומקובעים לחידושים עצומים בתולדותינו.  

מידי פעם בפעם מתרחש אירוע שמשנה לגמרי את המציאות. היישוב. המושבות. קום המדינה. אבל נשארת מועקה רצינית שבסוף מתרגלים לה. וזה לא משנה כבר מה תצביעו ומה לא תצביעו. אתם חיים במדינה בלי המקומות המשמעותיים ביותר שלנו, שהתפללנו לשובה אליהם במשך שנות אלפיים. חיים ב"איפה חברון שלנו, איפה ירושלים שלנו?" במשך תשע-עשרה שנה, לא אתם ולא ממשלתכם משנה דבר.

ואז מכוח עליון – תרתי משמע – הר הבית בידנו, ושוב אפשר להגיע לכותל ולמערת המכפלה. אלא שישנה נוכחות עוינת של אויב שלא סולק כתוצאה מתבקשת מעצם ניצחוננו ותבוסתו. והנה : זה כבר חמישים ושתיים שנה שאנו חיים בארצנו עם ה"שיכים בעיננו" וה"צנינים בצידנו".

ומתי יבוא השלב המיוחל הבא ? בו נלך בבטחה ובשלום בכל מרחבי ארצנו, בלי אזורים "טהורים מיהודים", בו נספר לילדים הרכים שהיו היה אויב אכזר שופך דם היהודי, ואז הילדים לא יאמינו לנו. ושלב בניית בית המקדש שמתוך החמישים ושתיים שנים נראה רחוק... רחוק...

יהיה רצון שנראה בישועת ה' בקרוב ממש.

בחירות טובות.

כותב : יהושע סולטן ©

 

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 11:03

Politique insensée pas même crédible sur le plan de l'imaginaire, idée de l'évolution ouvrant la voie à celle de l'anticipation dont la science fiction

La vie est faite de paradoxes. Le plus curieux et prépondérant veut que l'ont prenne l'imaginaire très au sérieux.

Mini-monde imaginaire (pour enfants)

Ah, que notre époque est belle !

Quand j'étais jeune – non pas que je sois spécialement vieux – et que nous étudions l'histoire, je me sentais d'une part heureux de vivre dans le lieu et l'époque où je me trouvais, mais surtout d'autre part dans l'impossibilité si ça avait été le cas de supporter les conditions et les mentalités de presque toutes les époques traversées par l'histoire. Le maintien des populations dans l'esclavage – la servitude des serfs – et surtout l'interdiction de dire que la terre est ronde et qu'elle tourne, sous peine de piloris, bûchers et autres joyeusetés, m'ont fait penser enfant que jamais je n'aurais pu m'accommoder de la profonde imbécilité et dangerosité de mon entourage, si jamais j'avais dû vivre à une autre époque.

Il en a été de même pour l'histoire juive. Comment a-t-on pu être suffisamment idiot pour faire un veau d'or en plein période de révélation divine au quotidien? Comment a-t-on pu pareillement adorer le Baal alors que l'équation inversement proportionnelle de la fidélité ou de l'idolâtrie permettant d'atteindre respectivement la paix ou la débandade, était claire pour tout le monde, et que de surcroît des prophètes étaient présents et prévenaient matin et soir les contrevenants, jusqu'à la destruction du Temple? On a même mis Jérémie en prison parce qu'on n'aimait pas ce qu'il disait, dans la cour de Matera. Et chaque fois que je me plongeais sur ces sujets, j'éprouvais un vif soulagement en me retransposant dans mon époque.

C'est dire si j'avais du mal à comprendre le sens de la prière : «Renouvelle nos jours comme autrefois», ne voyant finalement dans les bons temps du passé non pas le bonheur absolu mais des possibilités inouïes de l'atteindre, qui n'ont été que rarement mises à profit, comme du temps de Josué ou des Juges, quand le «pays fut tranquille pour tant ou tant d'années».

De la difficulté de composer avec les inepties

Il importe peu que les théories fantaisistes soient radicalement démenties par la réalité

On dit que plus on augmente en intelligence, plus on trouve que le temps passe vite. Je me dis que plus on simplifie par des schémas les mécanismes du monde environnant, plus on a du mal à le supporter. Les accords d'Oslo, dès qu'il en a été question – voire toutes les discussions et aspirations à vouloir troquer sinon le pays d'Israël du moins une partie contre de la paix, orientation qui n'en portait pas encore l'appellation – me paraissaient inouïs. Je me consolais encore en pensant que si le pire des rêves venait à se réaliser, ses préconiseurs reviendraient à la réalité. Mais il n'en fut rien.

 

Je voudrais à ce propos citer un passage de Proust : «Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances, ils n'ont pas fait naître celles-ci, ils ne les détruisent pas ; ils peuvent leur infliger les plus constants démentis sans les affaiblir, et une avalanche de malheurs ou de maladies dans une famille ne la fera pas douter de la bonté de son Dieu ou du talent de son médecin»[1].

 

[1] A la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann, page 176, édition Gallimard, Collection folio, dépôt légal février 1982. On sait que la doctrine gauchiste israélienne a la force d'un nouveau culte : «Je crois en la paix», est l'un de ses slogans, où cette paix revêt les formes d'un culte.

 

Plus inouï et invraisemblable fut l'expulsion par le pouvoir de l'Etat juif des Juifs de Gaza, là où la logique la plus évidente eût dû exiger que ce fussent les ennemis qui eussent dû être éloignés le plus loin possible pour un solutionnement modéré, ou anéantis pour une option plus radicale. Quatorze ans après, le pouvoir ne veut toujours pas reconnaître ses erreurs ou méthodes, encore moins y remédier. Les  bombardements sur le Sud, jusqu'à Ashdod et Béer-Cheva ne constituent pas un casus belli, alors qu'ils le deviennent s'ils touchent ou dépassent Tel-Aviv. Ils ne le sont pas si les bombes tombent dans les champs, mais ils le deviennent en cas de pertes ou de blessures humaines, comme si manquer leur cible était pour les antisémites du jour la preuve d'intentions pacifiques.

Ou encore, quand on décide d'entrer en guerre, c'est pour aussitôt après céder à nouveau le terrain à l'ennemi, au lieu de le lui reprendre et de l'anéantir. A quelques jours des élections de la vingt-et-unième Knesset, M. Oie (Gans) bafouille et cafouille, mais le Premier ministre déterminé plus que jamais bombarde les bureaux vides du chef du Hamas au lieu de dégommer directement ledit chef. De nombreuses gens au crâne abruti et délavé, dès que la question d'un bombardement intensif et à distance de la population antijuive qui colonise Gaza se pose, sont immédiatement réticents et affirment haut et fort, de leur piédestal improvisé, qu'ils ne veulent pas que des innocents soient frappés, ces innocents étant incroyablement la population d'où sortent nos agresseurs. On voudrait leur demander si les Américains ont battu les Allemands en ayant de la compassion pour les enfants innocents des nazis, de Berlin à Dresde, ou s'ils s'imaginent que la Seconde guerre mondiale a pris fin parce que les bureaux vides de la Weimar ont été rasés.

J'éprouve de plus en plus de difficultés à ne pas m'irriter d'autant de bêtise meurtrière. C'est pourquoi je commence à comprendre les gens pas si débiles qui préfèrent se réfugier dans l'imaginaire, préférant concentrer leur pensée sur autre chose. Dans mes relativement nombreux écrits, j'ai toujours craint de ne pas être suffisamment vraisemblable, même dans les histoires inventées quoique inspirées le plus souvent du réel. Je dois même réfréner une tendance à vouloir alourdir d'explications rationnelles tout ce qui risque de ne pas passer ou aller de soi. Et pourtant, dans la réalité, plus il y a d'imaginaire, plus ça a du succès. J'ai beau me dire que l'imaginaire peut être grisant, il n'empêche que j'ai toujours du mal à m'y abandonner. C'est pour moi un drôle de paradoxe.

Des enfants faisant obstruction à l'imaginaire

J'ai souvenir que, petit, je faisais obstruction à l'imaginaire. Pour m'encourager à lire, on m'a offert des livres dont le personnage principal était un pantin vivant avec un ressort à la place du cou. J'ai objecté, avant de rendre cette série, que je ne comprenais pas comment il faisait pour respirer si son ressort était ouvert. Cette réticence doit être héréditaire, car ce personnage coriace, qui existe toujours et s'est imposé sous la forme de dessins animés à images numériques, a fortement déplu à mes enfants, qui n'ont absolument pas apprécié l'idée d'un enfant vivant seul dans un studio en forme de champignon. Ils étaient d'accord que c'était purement imaginaire, mais en ce cas, ils auraient dû lui prévoir aussi des parents imaginaires.

L'imaginaire sous l'angle d'une extrapolation scientifique à une réalité encore trop triste

Mais globalement, il faut reconnaître que l'imaginaire plaît. Il y a certes l'anticipation, ou la science fiction, qui se revêt d'une peau de vraisemblabilité puisque c'est toujours dans un espace ou un futur lointain que ça se passe, et qui sait si le monde ne pourrait évoluer dans telle ou telle optique? On attribue à Jules Verne la place de précurseur dans bien des inventions ou systèmes improbables à son époque. Quand il parle de la puissance de l'électricité qui fait avancer son sous-marin, il faut presque, pour ses contemporains, faire abstraction du ridicule de son idée pour se laisser captiver par le récit.

Toutes les hypothèses sont permises. Et si des singes supplantaient les hommes? Ou des extraterrestres? Et ce qui rend le monde si indulgent, et lui fait accepter toute éventualité qu'il appréhende comme peut-être pas si fantastique que ça, c'est la foi en l'évolution, véritable dogme, dont il est nourri depuis le double berceau de son état larvaire et de sa civilisation. Les adeptes de la théorie de l'évolution sont conditionnés comme par une croyance, celle que tout peut changer du tout au tout. L'amibe devient poisson qui se fait pousser des pattes pour sortir de l'eau avant de se changer en mammifère, en passant par le singe et l'éléphant pour aboutir à l'homme. Bien entendu, ce n'est pas un hasard, si l'homme est le produit le plus parfait de cette progression, puisque l'idée vient de lui. Peut-être le singe se place-t-il quant à lui au summum de ce processus. On ne comprend pas encore son langage, mais son expression en dit long quand il regarde dubitatif l'homme. Toutes les théories sont permises, puisque, évolution ou non, toutes les formes sont là en simultané.

L'amibe aussi est parfaitement en droit de soutenir que son ancêtre fut jadis l'homme, qu'il s'est débarrassé de tout ce qu'il avait de superflu au fil des milliards d'années.

Un certain Chéret situe l'homme imberbe, élancé et blond, au sommet du développement physique et moral de l'espèce humaine simiesque pour laquelle il éprouve beaucoup de compassion et investit d'ingénieux efforts d'éducation avec abnégation.

La volonté peut rendre le changement imaginatif réel

Ce qui est extraordinaire dans la théorie de l'évolution, c'est qu'on y accorde une place primordiale à la force de la volonté. En science fiction, un peu de bonne volonté et de concentration vous permet de vous téléporter, de vous dématérialiser en un point a et de vous projeter en un point b où vous serez rematérialisé. Il suffit de vous concentrer. On peut au passage y voir l'apologie des bons élèves auprès des cancres, pour les rendre réceptifs au message du danger de rester quelque part définitivement condamné entre les deux matérialisations par faute de concentration.

Dans la théorie de base, donc, si la girafe a pu être le produit d'une évolution, à partir d'un animal aussi bas qu'un gyrophare (attention! Il est interdit d'y voir son ancêtre), qui a dû soumettre sa morphologie à la domination de sa volonté pour passer d'un cou court à un cou long puisqu'il lui fallait grignoter les feuilles d'arbres qu'il ne restait plus qu'en hauteur, vu qu'il avait tout mangé plus bas, tout est permis à l'imagination de supposer pour l'avenir. On ne fait plus que poursuivre cette évolution admise depuis la maternelle, au gré de la fantaisie.

Marionnette fantastique et familière

Imagination active et passive

Toujours dans le même paradoxe, il faut reconnaître que plus une histoire est fantaisiste, plus elle se répand et est accueillie favorablement par les foules. Je regardais récemment un mini documentaire sur l'histoire qui a servi d'inspiration au dessin animé du titre de Pinocchio. Ça se passe effectivement en Italie, quand un dénommé Carlo Collodi, en 1881, devant éponger une dette, tente sa chance en écrivant un conte – La storia di un burratino - qui obtiendra un succès retentissant. Si dans la version Disney, c'est une prière de l'ébéniste puis l'intervention d'une fée qui donne la vie au pantin, en revanche, dans la version originale, l'ébéniste tombe sur un morceau de stère de bois parlant avec une voix d'enfant à laquelle il décide de donner une forme humaine, dotée de jambes et de bras. Mais comme le personnage par son entêtement dans la voie du mal finit par être pendu, le public exige un dénouement heureux et l'auteur finit par accepter de réviser son histoire à laquelle, puisque le pantin de bois est toujours vivant, il va pouvoir augmenter presqu'à l'infini le nombre des chapitres et rebondissements. Mais comment l'idée d'un pantin sculpté dans un morceau de bois qui prendrait vie a-t-elle pu séduire l'opinion? Il semblerait qu'en introduisant des êtres imaginaires dotés de pouvoirs spéciaux – la fée – ou tout phénomène naturel extraordinaire devenu cependant vraisemblable, l'entourloupe est pardonnée. Cette histoire relève des êtres magiques et de la sorcellerie. D'autres portent l'adjectif de paranormal. Elles ressemblent au modèle précédent, dans la mesure où interviennent des êtres ou forces étranges, avec une bonne dose d'inconnu.

Il faut tout de même observer et reconnaître une chose : l'imagination, aussi délirante soit-elle, n'est pas donnée à tout le monde. On pourrait parler d'une imagination active et d'une imagination passive. Si Disney est un grand rêveur qui vit confortablement de ses rêves, il n'en demeure pas moins qu'ils restent empruntés à l'imagination de Collodi dans le cerveau de qui a germé l'histoire. Il en est de même pour tous les «grands classiques», dont le démarrage ou l'idée provient d'autres auteurs.

Quant à la parodie «Pinockenstein», par allusion à Frankenstein, où Gotlib met en parallèle deux histoires où un homme veut créer en dehors des voies naturelles un être vivant et humain autant que faire se peut, on y trouve aussi bien des éléments de la première version de Collodi, quand le personnage raté finit dans le «cabinet noir de monsieur Jean-Henri», que du long métrage, lorsque l'auteur conclut en remettant à l'ordre du jour la célèbre trame, s'arrêtant aussitôt : «La suite, vous la connaissez». Sa parodie apparaît donc comme une incise ou un épisode inutile omis par la suite.

Le voyage dans le temps

La SF affectionne l'idée de base du voyage dans le temps. Elle ne prend pas toujours en considération l'idée selon laquelle un voyageur qui se retrouverait dans le passé modifierait par n'importe quelle intervention le cours du futur, donc également de son propre présent. Aidez un pauvre hère à convaincre une femme de l'épouser, et vous empêcherez l'arrière grand-père de votre grand-mère d'épouser cette femme et de fil en aiguille de vous engendrer. Le premier auteur ayant envisagé ce problème à ma connaissance est Gotlib. Un voyageur du temps rencontre sa propre mère sans la reconnaître et l'épouse. Une première réflexion fait dire à l'auteur que cet homme devient alors son propre père, avant de renoncer puisque le père de cet individu ne peut être une autre personne que son propre et véritable père. Donc, le personnage disparaît instantanément et l'auteur conclut par le constat du paradoxe spatiotemporel.

Un épisode captivant de la quatrième dimension – de «Westinghouse Desilu Playhouse», «une histoire écrite par Rod Serling» – décrit un homme qui consulte un psychiatre parce qu'un rêve récurrent lui semble trop réel. Il explique qu'il se réveille (dans son rêve) dix-sept ans plus tôt à Honolulu, et qu'il comprend avec effroi qu'il se trouve à la veille de l'attaque japonaise de Pearl Harbour. Il sympathise au bar avec un jeune couple dont le mari marin est sur l'Arizona, un bateau qui doit sombrer le lendemain. Il tente de le sauver, de le prévenir, mais n'y parvient pas. Le psychiatre, bien que très intrigué, tente un raisonnement : «Si je voyage dans le passé, périe dans un accident, alors la vie s'arrête et je ne puis me retransposer dans le présent, et du coup ni ma maison, ni ma famille ne peuvent par conséquent exister.» Il en déduit que c'est donc forcément un rêve. Puis le patient sur le divan s'endort, et revit chez le psychiatre et en sa présence le même rêve. Seulement, dans toutes les manifestations précédentes, le rêve s'arrête quand surgissent les avions. Cette fois, il se poursuit et le patient dans son rêve essuie des tirs et meurt. Instantanément, il disparaît du divan. Le praticien contrôle son agenda, et au lieu d'y voir le nom de son patient, il lit : «Aucun patient prévu aujourd'hui». Il se répète son raisonnement, puis descend au café, et reconnaît sur un tableau son patient. Le barman lui répond : «Cet homme est mort pendant l'attaque de Pearl Harbour.»

On assiste donc une fois de plus au même paradoxe.

Il est vrai que l'imaginaire peut s'avérer poignant, passionnant. Chez Gotlib, le voyageur réussit dans son entreprise et disparaît. Dans la 4ème dimension, le voyageur échoue mais disparaît aussi.

Alors, pourquoi, chaque fois qu'une histoire imaginaire m'effleure l'esprit, je me force à garder les pieds sur terre et la laisse se volatiliser? Pourtant, s'évader raisonnablement par la pensée de ce monde rendu illogique et aberrant serait salutaire.  

 Yéochoua Sultan ©

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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 19:26

ונהפוך הוא או עולם הפוך ?

מה ההבדל בין יציאת מצרים ליציאת אדום? שבצאת ישראל ממצרים, די היה בהתחלף דור אחד כדי שלא יסבלו מתחושות נחיתות ופחד כלפי הגויים. כדי להקים דור לוחמים הבוטחים בה' והבטוחים בצדקת דרכם, שלא ייכנעו בראותם מלחמה וישובו להשתעבד, לידתם מחוץ לגבולות המצר חוללה את המהפך. מי שטען מרוב בהלה שטוב להיות תלוי בגויים, ואפילו למות שם, "טוב מותנו במצרים...", כבר לא בא בחשבון ; וכן מי שהכעיס בהפיכת המושגים "המעט כי העליתנו מארץ זבת חלב ודבש"[1], או מי שתאב "את סיר הבשר", שהמצרים ניזונו בתוכנו, כשהמתלוננים ככל הנראה נהנו מהריח. הדור הבריא כבר לא סבל מהשפעתם.

אז איך זה שהיום, זה לא עובד? איך זה שאחרי שכבר חלפו כמה דורות שנולדו כבני חורין, עדיין מפחדים מקול עלה נידף, לא נלחמים בעמידה איתנה על שלנו? הכיצד הדאגה העומדת בראש העדיפויות היא כמה שפחות להפריע לאוכלוסיות השונאות אותנו בשגרת חייהם? גם כשיודעים שהדאגה לנוחיותם תעלה בדם יהודי, בנשים, גברים בטף שיירו או ייטבחו למוות למרות כל המאמצים שמשקיעים מצד שני ושמונעים מידי שנה כחמש מאות ניסיונות רצח ביהודים?

ההבדל הוא בפתחון הפה של דתן ואבירם

התשובה היא שאם שתקו דתן ואבירם מאותו רגע שנעלמו, כיום יש רדיו דתן ואבירם הנותן לא רק תחושה שלא יצאנו ממצרים, אלא שבגאונותם נותנים אפילו הרגשה שלא יצאנו מארצות שמעולם לא היינו בהן! בידוע שדין "ארה"ב" הוא דין מצרים, כי הולכים לפי המעצמה של הדור. בית יעקב ממשיך לחיות בדמיון כאילו לא יצא מעם לועז.

רואים את זה גם בנטייה שלא לשמור את לשונם[2]. מתענגים בערוצי דתן ואבירם בריבוי אמירת מילים אמריקניות כהפנינג, קאמפן, דיל, ואני עובר על הרבה מבין הטובים ביותר. דומה ששפת עבר דלה מכדי להביע את הרגשות ואת הרעיונות, שכן רבים חשים שדווקא הניב הלועזי מבטא בצורה הטובה ביותר את מה שרוצים לומר, סיטואציה מדבר יותר מסתם מצב, ניואנסים מדקויות. להכניס כמה שיותר פריטים מלשון עם זר, כאילו נולדנו באמריקה וכאילו לא יצאנו משם. היוצא מהכלל בארץ הוא המושג שמאל שממש לא נשמע כאחיו של הקטנות בהשראה מהשפה האנגלית.

אך לא זו בלבד. ערוצי דתן ואבירם מציפים את תודעתנו ופוגעים בה בעיוורון שמסתיר מעינינו את המציאות. הנה השבוע נפסל בן-ארי מהיות מועמד לכנסת. באותו הקשר קיבלתי מסרון מתנועת מרצ[3] : "ביבי ניסה להכניס את הכהניסטים לכנסת ומרצ הוציאה אותם. רק בזכות העתירה הנחושה של מרצ נפסלה הקומבינה המושחתת הגזענית של נתניהו עם הכהניסטים".

אדם שיגיע לכאן דרך מנהרת הזמן או חייזר שינחת בחללית אצלנו, ינסה להבין ולא יבין. נגיד שהוא יקבל תמונת מצב על מה זה ביבי או נתניהו, ועל מה זה מרצ. אך הוא יתקשה להבין מה זה "כהניסטים", שאפילו שומר-האיות של וורד לא מזהה במתיחת קו אדום מתחתיו. אז הוא ישאל. מה זה כהניסט? האם מדובר בסוג של אנשים שמתנפלים על אנשים אחרים בשל צבע עורם או אמונתם, או בשל מאפיין אחר? בכמה ניסיונות טבח הם פושעים ברמה היומית, החודשית, השנתית? כמה אנשים, כמה נשים ותינוקות  דקרו ה"כהניסטים", בכמה הם פגעו במתכוון באמצעות כלי רכב, הפלת לבנה מבניין? וכן הלאה. רק בני דורנו שראשם על הכתפיים, שראו את הנולד וממשיכים לראותו גם אחרי שהוא נולד, מבינים שיש כאן שוב ונהפוך הוא גדול. אז איך יכול להיות שבן ארי נפסל ושזה עובר בשיא השקט? ואיך יש פתחון פה כה חצוף למרצ שמנהיגיהם יורדים לרגל בקבר ערפת ימ"ש, ומתחבקים באופן מתועד עם חברי וראשי ארגוני מחבלים? רק שתפסק שפיכות הדמים הגזענית אנטישמית בארץ ישראל. ובהבנה לא הפוכה, הכהניסט הוא אפוא האנטי-אנטישמי שהסברתו הנמרצת של ערוץ דתן ואבירם מטשטשת.

כי אם רוצים לחפש אירועים בהם נפגעו ערבים מיהודיים, נמצא את תקרית גולדשטיין המפוקפקת (מג"ב הרגו שלושים ושמעו כמוני על גולדשטיין רק למחרת בתקשורת) לפני חצי יובל ואת התקרית הוודאית לפני כשלושה עשורים בצומת גן הוורדים. כבר שלושים שנה, הערבים חיים בארצנו בשלום מוחלט. או שמא במרצ לא אוהבים לאמץ את הראש, אוהבים שיעורי היסטוריה כשהם קלים, כי ב"כהניזם" ניתן לספור את המקרים בפחות מאצבעות היד (תקרית כפר דומה התבדתה סופית ואירוע הטביעות התורשתיות על האבן טרם התבדתה). תארו לעצמכם שמרצ תתחיל להפנים את הרשימה של היהודים שחייהם קופחו ע"י ערבים. שיעור היסטוריה עמוס כזה לא בא בחשבון.

ובכן, את פסילת בן-ארי ואי-פסילת מרצ וחבר מרעיהם, יש להעמיד לזכותו-חובתו של ערוץ דתן ואבירם. הכניסו אותנו למצרי חשיבה מוגבלים שאין לצאת מהם, סגרו את יכולת החשיבה שלנו בתוך קופסה אטומה (הרמטית). אז את מונחי היסוד של החשיבה, לא חושבים "מחוץ לקופסה". מה יש בקופסה, והיא אותה הקופסה בדיוק לכל גווני הקשת, מערוץ אחד עד ערוץ מאה?

הנה :"נהרג בפיגוע ירי, דקירה, התאבדות..." אכן, סופסוף עלינו על זה ! לא נאמר ולא נכתב אף פעם : "ערבי גזעני אנטישמי מתועב התנפל על יהודי שלא לא עשה לו שום דבר רע". ששש... שקט... ואז נהפוך הוא : מי שיעיז לדבר כנגד תופעת הגזענות הערבית-מוסלמית כלפי יהודים חפים מפשע (סליחה על ה"נהפוך הוא", שהצמד – אסוציאציה בלע"ז – לא שגרתי כי רגילים ליהודי גזעני ולערבי חף מפשע) הוא זה שייקרא מעתה לא מציאותי וגזעני... גזעני נגד גזענות.

כי אם היו מזכירים את מעשיהם של הערבים הגזענים-אנטישמיים, אז כל אחת משלוש המילים כאן הייתה מייד מעוררת את זיכרון שתי האחרות :

ערבי ? גזעני אנטישמי.

גזעני? ערבי אנטישמי.

אנטישמי? ערבי גזעני.

 (אגב. ושלא יחלוקו באמירה שכאילו גם הם שמיים, חזרו על תחילת ספר בראשית : הם משתייכים לבני-חם ולא לשם כי הולכים אחר אימם המצרית, שפחתו לש אברהם אבינו, ואנו בני שם, ומלכי צדק הוא הדוד שלנו). בצמד הרעיוני הנ"ל אפילו לא חולקים על משנתו של יוסי שריד המנוח, כי הוא שלל הכללה, "עונש קולקטיבי", אבל מעולם לא קם נגד עובדות כשמחבלים ערבים מאבדים כל צלם אנוש או שממילא לא היה להם כזה מעודם.

אי שם באיזה אי בעולם קם נוצרי, נכנס למסגד והרג חמישים, יצא ונכנס למסגד שני והרג אחד פחות. העולם הנוצרי לא יצא לחלק עוגות וממתקים בחוצות, אבל מצד שני לא עשו מזה כותרות גדולות. נשמעה איזושהי הסתייגות, למרות שהיורה הרגיש בבית, כששם העיר "הכנסייה הנוצרית", דבר שצריך לעורר את הדיון אם לתת שם כזה למקום מסוים, זה לא הזמנה לפורענות. מעטים השמיעו בין הנוצרים קול שונה, כשהם מצד אחד מאוד מצטערים על הטבח אך שמים במול[4] באומרם כי דת שמתפרסמת בכל העולם בתוהו-ובוהו שמאמיניה זורים לא יכולה להיות בטוחה שיהיה לה תמיד שקט וביטחון. איך אומר הפתגם הצרפתית ? "הם הרי חיפשו את זה". תגובה קשה מזו נשמעה במערב צרפת כשנוצרייה, כדרכם כשהם גונבים לנו מקורות, דולים סמוכים גם כשאין פשט הכתוב כמשמעו, ראתה בדבר "עין תחת עין"[5].

אבל אל דאגה, גם בעולם הרחב לא כל כך שומעים על "ערבי מוסלמי גזעני". ואם בארץ הקרבנות נהרגים לבד, ב"פיגוע כזה או אחר", אז בצרפת למשל המוסלמים מבצעי מעשי הטבח וההרג הם "משוגעים חסרי אחריות משפטית שלא הבינו נכון את מסר הקוראן שהוא דת דורשת שלום". משוגעים, זה לא רק אצלנו.

עוד נהפוך הוא. הטענה הרווחת בארץ היא שאם ננהג ביד קשה כאן אצלנו, אז האנטישמיות בגולה תגבר. הגיוני, לא? אבל מה קורה באמת? בעולם המכונה נאור (או שכונה פעם נאור), הצליחו השלטונות להוקיע את כל הופעות האנטישמיות שבשטחם, והשקיעו מאמצים כבירים ומשמעותית ביותר במאמץ החינוכי לכל הגילאים, וכמובן הנהיגו יד קשה כנגד כל אמירה או ניסיון התארגנות אנטישמיים. "מה, האם ניתן לזיכרונות הקשים והאפלים לשוב להתגשם?" כשנרצחו בירייה הרב סנדלר ושני בניו, וכן הבת הקטנה של מנהל בית הספר אוצר התורה בטולוז, לפני שבע שנים, הממשלה והתקשורת הוציאו את הכלים הכבדים, כל עוד נותר ספק שאולי מדובר באנטישמיות "מסורתית רגילה"[6].

אלא שהיד הרפה כאן בארצנו, וההבנה של ה"לאומניות", וכן הדממה האל-חוטית והמדינית שלא אומרת אף פעם "ערבי גזעני אנטישמי", גרמו כבתופעת הראי שם באירופה לאותה היד הרפה ולאותה ההבנה הסלחנית להתגלם שם. כשהחלה להתעצם הסכנה האנטישמית בצרפת בעקבות כתבתו השקרית של הערוץ "פראנס 2", שהיא קיבלה מהכתב שלה בארץ, וכשיהודיים הותקפו ברחובות, אמר שר הפנים הצרפתי דאז : וואיינט (Vaillant), שבסה"כ מדובר בייבוא סכסוך, משמע שלשני הצדדים אחריות בדבר. וזה בדיוק המסר שיוצא מהארץ אל העולם, כשכל הזמן מעלילים עלילות ואומרים בשקר : "בני עמי בחרו בדרך הטרור".

זה לא שאני תומך נלהב של בן ארי... שלחתי לאחד מעוזריו במסר פרטי שזה לא כל כך חכם להפיץ את תמונתו עם מסגרת המראה את הרב כהנא הי"ד ברקע. כמובן שאילו היו שומעים לו, להרבה יהודים היו עדיין היום אבא ואמא, ורבים הילדים שהיו יכולים להמשיך לחיות ולהקים לכשיגדלו בתים נאמנים בישראל, כי שוב אותם הערבים הגזענים והאנטישמיים לא היו יכולים לנו... יש דעות קדומות (סטיגמות) והרבה מתחלחלים בשומעם את שמו של הרב וק"ו בראותם את תמונתו, וזה כבר לא רציונאלי. להופיע עם התמונה של הרב כהנא לבן ארי, זה כמו לצאת עם כיפה על הראש או שרשרת עם מגן דוד במקומות המועדים לפורענות בחו"ל או ברמאללה. כבפתגם התוניסאי זה : "לתת את המקל בשביל לקבל מכות". הבעיה היא שבמפלגה נשאר אדם שצידד בעד מילוי אחר פקודת הגירוש מעזה של היהודים. או שנקווה שבצלאל ס' ובן-גביר יעשו עבודה טובה ושהוא יישב בשקט. גם בנט לא משהו, המתפאר בדאגה לעבודה לערבים כשליהודים מצרפת לא דואגים לעבודה ברוקחות, רפואה או רפואת שיניים, ומחייבים גם את המדופלמים לעבור בחינות קשות כשרמת הבחינות לערבים ברוקחות קלות ואלה של הישראליים[7]. או אולי להצביע זהות?

לא נשאר לנו כעת אלא להתרכז במצוות היום : "ונהפוך הוא אשר ישלטו היהודים המה בשוניאהם". לו יהיה. הלהווי. נתפלל שיתקיימו גם תפילותינו מראש השנה : "שיפלו שונאינו תחת רגלנו, ולא יוכלו קום", ושלא יבואו קטנוניים לרחם עליהם : "קום, מה אתה מפחד?"

פורים שמח !

כותב : יהושע סולטן  © אור לי"ד אדר ב' תשע"ט

 

 

[1] במדבר טז, יג.

[2] השמות, הלבוש והלשון הם אלה ששמרו על ישראל אז.

[3] אל תשאלו אותי מי נתן להם את מספר הנייד שלי.

[4] איך אומרים במול בעברית? הורדה מחצי טון. ואיך אומרים טון?

[6] היהודים משתלטים על הכסף ועל המשאבים, מכינים מצות מדם של נוצרים, מרעילים את מקורות המים, הרגו את אותו האיש וכן הלאה.

[7] במובן המקובל של בן עם ישראל.

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15 mars 2019 5 15 /03 /mars /2019 11:05

מי יותר לוקה בשכלו ובנפשו ? המחבל המתאבד שנדמה לו שפשעו ייקח אותו לעולם שכולו טוב ובו ממתינות לו שבעים בתולות, או המדינאי בישראל שבהגיונו המעניין חולם בהקיץ שהקצאת שטח בפתח מדינתו, נשק וחופש התארגנות לשונאיו עד מוות תיקח אותו לעולם שכולו טוב בשם "שלום"?

המשותף ביניהם הוא שמדובר אצל כל אחד באמונה דתית שמקורה בסוג של שכל אנוש : דתו של הראשון שניתנת לעברות כדת ה"אי-שלום", ודתו של השני האומרת "אלהינו למעשה ידינו"[1], ביצירת פתגמים כגון "אני מאמין בשלום", בו מעשי ידיו – ההסכמים והנסיגות – נושאים את השם שלום.

זה הרי מה שחשבו בני הכת השנייה כשקבעו את הנוסחה : "שטחים תמורת שלום", כלומר : אני נותן לך אחיזה בארץ ד' ועמו, ואתה נותן לי שלום, החלפת מוחש במופשט. וכשלימודי בית הספר כבר מזמן עומדים מאחוריהם ונשכחו, מותר להם להתכחש לכלל האלמנטארי-בסיסי שלמדו שם בילדותם, בשיעורי החשבון, שאין לחבר או להחסיר כי אם בין דברים ממהות זהה (מספרים לחוד, x בחזקה אחת לחוד, 2x לחוד וכן הלאה). ייתכן אמנם שבמחשבה שנייה ההיגיון הפשוט לא נתן להם מנוחה, ולכן הם העדיפו להסוות את הנוסחה ולעצב אותו מחדש : "שטחים תמורת שטחים" : אתה מוותר לי על שטח פה ואני מוותר לך על שטח שם.

כמובן שנוסחת "השטחים תמורת שטחים" היא צמצום או קיצור של נוסחה יותר מורכבת : "שטחים תמורת שטחים תמורת שלום", כי גם בני הדת היהודית החדשה, המאמינים בשלום, מסוגלים ללמוד בעיון כאשר הם מתחרים באמונת ישראל העתיקה-חדשה-עתידית בה שיבת עם ד' והשכינה לא"י עיקר, ומנסים להחליף עיקר זה בתחכום מעניין הטוען שאם עם ישראל שב לארצו אחרי כאלפיים שנות גלות, זה רק במטרה לחלק אותה לזולתנו שבאומות עד כדי חזרה לגלות (הרבה מהירדים אחזו טרם עזיבתם באמונה זו).

נחזור אפוא ל"שטחים תמורת שטחים" ונראה שבכל זאת לא נתרפא הנגע בהגיון. היה מי שחשב לתת לארגוני המרצחים חלק מהנגב (אז אזור חולות חלוצה בטרם הוקמו יישובי המגורשים היהודיים), תמורת שטח אחר באזור שבין באר שבע לעפולה כשירושלים בתווך. אבל עדיין משהו כאן לא הגיוני, כי לא דובר בהחלפת שטחים הנתונים בהתאמה תחת שתי ריבונויות שונות – זה נותן משלו וזה נותן משלו – אלא במקומות שכולם תחת שליטה ישראלית. כל השטח הנידון כבר בחזקת מדינת ישראל, גם בהיעדר החלטה בינתיים להחיל ולממש את ריבונותה במה שחזר לה במלחמת ששת הימים, וממילא אין כבר גם "שטחים תמורת שטחים".

למה הדבר דומה ? לגזלן מזוין שמאיים על אדם כדי לנשלו מכספו. אם הגזלן מרוב טוב ליבו "יסכים" לקחת "רק" את מחצית כספו של הנגזל, גם ילד קטן יבין שזה לא ייקרא פשרה. אבל בדיוק על זה המבנה, מושתתים כל מאמצי המשאים-ומתנים מול הארגונים האנטישמיים. הבל הבלים. פעם היו יותר חכמים, כאשר החוק אסר כל הידברות איתם. כי אז ידעו בפשטות שזה רק מזיק ומסוכן, כי העלוקה דורשת "הב הב" שבעתיים.  

ובינתיים ממשיכות שתי האמונות – אמונת אי-השלום ואמונת האמונה בשלום – להתקיים בהחלפת חומרים – סימביוזה בלעז – כשנותן השטחים מאפשר למתאבד לפעול, וכשהמתאבד מצדו נותן למאמין בשלום להתחזק באמונתו, לעמוד בניסיונות ולהשלות את עצמו שהוא בדרך הנכונה וכי עליו להתגבר על המכשולים הכואבים שלא ימישו ולא יזיזו אותו מהחתירה למטרה. המתאבד וחבר מרעיו מהצד האחר ייקראו "אויבי השלום", ואלה שבצד האחד לא נמנים בין חסידי אמונת השלום ייקראו "מתנגדי השלום".  כך יוכלו המאמינים להיות פטורים מלהודות בכישלונם ולהפוך את הטעות היסודית לשיטה. כתוצאה מזה יכולים השבויים בתפיסתם האמונית השקרית ו\או השגויה להישאר כמו שהם, לעמוד במקום ולא להתקדם, ולהמשיך לגדול ב"הסכמי שלום" ולקרוא «"שלום שלום" ואין שלום»[2].

או שמא נתערבה כאן צביעות

כי גם אחרי מה שקרה, אחרי שהמצב הורע עד כדי פיגועים בעוצמה שלא נודעה קודם (אז בבית-ליד דווח כי טרם מצאו את שרידי מכוניות התופת), המשיכו להאשים דווקא את היהודים המרימים את ראשם בקיצוניות ובגזענות, ומאוד התרעמו וכשאחד ניסח עובדה פשוטה וגאונית, צעקו ואסרו את הניסוח. נביע זאת בשיחה דמיונית בין דובר א' לב' :

  • לאור כל מה שמתרחש, אני יכול להגיד שבמקום שיש ערבים, יש פיגועים.
  • אבל אתה לא יכול להגיד דבר כזה. יש ערבים טובים, אפילו יותר טובים מהיהודים, זה לא יפה. אתה חייב להיות ישר ולהודות שאפשר לעבור במקום מלא ערבים בלי שיקרה אפילו פיגוע הכי קטן שיכול להיות.
  • בסדר... נחשוב רגע... אז אגיד את זה בדרך השלילה :"אין ערבים אין פיגועים". על זה אין להתווכח, נכון?
  • זה לא משנה, אתה משחק בציניות במילים ובניסוחים.

לשביעות רצונו של ב', נאסר השימוש באותו הפתגם. אמנם יש חופש ביטוי אבל לכל דבר יש גבול.

נניח ששוב נפגשים א' וב' ושוב משוחחים.

  • אתה יודע שרצחו יהודי ליד רמאללה?
  • מה הוא בכלל הלך לחפש שמה ???

כותב : יהושע סולטן

 

 

 

 

[1] הושע יד, ד.

[2] ירמיהו ח, יא.

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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 11:08

פסוק לי פסוקך : "כל זמן שלא סילק ידו"

בהקשר לבחירתו של רב יישוב חדש, קראתי שני דברים באותו יום. בבית-אל-ליסט פורסם שהמועמד הרב אריאל בראלי ידרוש בבית הכנסת היכל גבריאל בליל שבת (נחיה ונראה). להודעה בפורום האינטרנטי ניתנה תגובה המפנה את הקוראים למאמר באתר "סרוגים" עליו מתנוססת הכותרת  : "הרב אריאל בראלי : 'צריך ליצור לחץ על ידי היפרדות זמנית מהצבא", הנימוק הוא "ביטולה זה הוא קיומה", דבר שבשפה עממית יותר ייאמר : "ירידה לצורך עלייה" או "לסגת לאחור כדי לשפר את הקפיצה".

אכן המטרה היא להרתיע את המנצלים את כוחם לרעה כדי לכפות "על החיילים חילון ופריצות". הכותב מודע ומזכיר שיש לקחת את הסיכון אפילו על מחיר של העסקת שכירי חרב, אך לא מובן אם מדובר ב"אפילו במתן אמון לאינם-יהודים שיבואו להבטיח את הגנתם וביטחונם של היהודים, על אף עיקרון המפעל הציוני הדורש כי אין לסמוך על זרים בכל הקשור לביטחוננו ולהגנתנו, דבר שדרך אגב כבר הופר בהסכמי אוסלו, כשארגוני החבלים גויסו והובאו לארץ בהנחה שיוכלו לפעול לטובתנו "בלי בצלם ובלי בג"ץ".

הדבר השני שקראתי הוא בסעיף של"א בשו"ע, בנושא ברית מילה בשבת : "כל עוד שלא סילק ידו מן המילה חוזר אפילו על ציצין שאינם מעכבין. סילק ידו אינו חוזר אלא על ציצין שמעכבין..." ה"משנה ברורה" מסביר : "וכולה חדא מלתא היא". אינני בא לדון מסמכות רבנית או מעמדה של ת"ח, אלא מבחינת "פסוק לי פסוקך", כלומר : "מה למדת היום ונראה איך ניתן מזה להסיק לימוד בקשר הדברים המתרחשים במציאות של היום.

אם כן כל עוד האדם מתעסק במצווה, הכל שייך לעניין אחד, והוא יכול לשפר ולהדר בה. כשגנץ קבע בסופו של עניין שחיילים יורשו שלא לקחת חלק בכל דבר ברמה של פנאי או בידור בצבא, אכן משבר הקול הנשי בא לידי פיתרון כשהחיילים דווקא רצו בכל כוחם להמשיך במצוות הגנת העם והארץ. יתירה מזו, אם ח"ו נסלק את ידינו, מי מבטיח לנו שכל מה שבחלקנו יישאר על כנו? הכשרוּת והלכותיה שנקבעו בכל מטבחי צה"ל כפקודות מנכ"ל? בתי הכנסת וסדרי התפילה, שמירת השבת והעירוב?

מה שתפסנו תפסנו ואל לנו להרפות את ידנו. ומה שתפסנו הוא בעיקר נקנה מלמטה למעלה, מהגיוס כטירונים עד לקצונה הבינונית הלא פוליטית. ומה שלא תפסנו, הוא מה שניתן לתפוס מלמעלה למטה, מהדרגים של הרשות המבצעת הקובעים מי יהיו הרמטכ"לים ואלופי הפיקוד.

 

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