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11 mars 2018 7 11 /03 /mars /2018 15:45

Les plaisanteries sont allées bon train au regard du nouveau couple présidentiel de France. Nous nous permettrons d'y voir une histoire qui en dit long sur les valeurs sûres, refoulées ou inhibées, des mœurs de la société. C'est un fait, la différence d'âge d'un peu plus de vingt ans l'est au détriment de la femme. Il serait peut-être de bon ton de dire : à l'avantage de la femme, puisque dans tant de cas à première vue semblables, c'est toujours l'homme le plus âgé, à commencer par un autre couple présidentiel, de l'autre côté de l'Atlantique.

D'aucuns s'en insurgent, et l'argument est sans faille : «Pourquoi, quand c'est l'homme le plus âgé, personne ne trouve rien à redire?» Un autre argument a été avancé pour renforcer ou contrer le précédent. Des spécialistes de la psychologie anthropologie sociologie etc., se sont lancés dans des analyses compliquées sur la structure patriarcale de la cellule familiale, voire de la tribu. Cette envolée explicative renforce la première protestation, si on vient opposer la société moderne à des modèles qui n'ont plus lieu d'exister, ou la réfuter, si l'on cherche objectivement à montrer sur quelles mentalités la société se fonde pour accepter ou railler un même phénomène a priori qui révèle un parti-pris plus que flagrant.

Une problématique siamoise nous apportera quelques éléments de réflexion. La même préconception touche la question de la polygamie. En Europe, y compris chez les Juifs depuis le décret halakhique de Rabénou Guerchom, qui interdit à un homme d'épouser plus d'une femme à la fois, le débat n'est que théorique. Il est plus marqué dès que l'on  s'intéresse aux sociétés méridionales et orientales. Et là, c'est encore une fois la même chose. Ce sera toujours un homme, au singulier, qui épousera deux, trois, quatre, voire davantage, femmes, et jamais le contraire. D'ailleurs, si le décret halakhique précité ne s'adresse qu'aux hommes, cela ne signifie absolument pas que la femme aurait droit à plusieurs maris simultanés, ça tombe sous le sens, tellement il est évident qu'elle n'a droit qu'à un mari à la fois.

Pourtant, naturellement, un «couple», ou un «tandem», composé d'un mari et de dix épouses, serait à même de mettre au monde à peu près tous les deux ans dix bébés ; ce qui n'est pas possible dans le cas contraire, du moins chez l'espèce humaine (des études montreraient par contre que chez le chat, tous ces mâles qui font la queue poliment auprès d'une même femelle seront tour à tour les pères de l'un des petits de la portée). En outre, la filiation de chacun ne nécessite pas pour être établie de test de paternité.

Donc, pour revenir à notre cas, la ressemblance avec ce dernier devient évidente. Si la période féconde d'une femme s'arrête à l'âge de quarante-cinq en général, celle de l'homme dure jusqu'à la fin de ses jours, en général aussi, ce qui fait qu'un couple décalé sera naturel dans la plupart des cas si l'homme est plus âgé. Dans le cas contraire, la période de chevauchement restera courte, car à quel âge madame doit-elle prendre monsieur pour époux de sorte que la marge restante jusqu'à 45 ans soit suffisamment effective? Car si monsieur a 20 ans le jour de leur mariage, il peut in extrémis faire un tout petit bébé ; or pour qu'il leur reste cinq ou six ans et qu'ils aient le temps de faire trois enfants, il faudrait que monsieur ait disons 14 ans. Donc, le sourire qui vient tel un réflexe sur de nombreuses lèvres repose sur un inconscient collectif qui aspire à des unions qui ne soient pas contre-nature en ce qui concerne la question du maintien et de la perpétuation de l'espèce humaine.

Si vous riez, c'est que pour vous, toute formation d'un couple doit servir la nécessité de la reproduction et de la procréation.

Et votre réaction amusée est d'autant plus curieuse que la société déclinante a à peu près oublié à quoi se mettre en couple sert. Et, de la même façon que l'on expliquait avant internet aux enfants comment on fait des bébés, autrement dit qu'on leur expliquait ce qu'il devait se passer au début du processus de la venue au monde, il faudrait à présent expliquer aux adultes ce qui doit en principe se passer à la fin, à savoir que la sexualité est essentiellement et intrinsèquement liée à la persistance de l'espèce humaine en l'espèce. Cependant, si la société cesse de se reproduire et de se maintenir, elle crée un appel d'air et le manque à peupler arrive à tire d'aile d'au-delà des frontières.

Pourtant, quelque chose cloche. S'il est tellement choquant ou interpelant qu'un homme prenne une femme de l'âge de sa mère, comment se fait-il qu'une autre association, appelée «couple» par abus de langage, ne choque-t-elle plus personne? Une paire d'hommes fondant un doux foyer jouit d'emblée de la compréhension et du respect de son entourage et de toute la société, ou au minimum de l'indifférence des autres. Nous l'avons dit, nous dirions-nous, puisque les associations à deux ne servent plus à procréer, quelle importance si nous avons à faire à une association homme/femme, homme jeune/femme âgée ou l'inverse, homme/homme, homme/singe homme/guenon?  

Ou, plus simplement, pourquoi un couple assez peu contre nature finalement s'attirerait-il plus les sarcasmes qu'une paire d'homos, absolument inféconde a fortiori? A moins que, peut-être, puisqu'il est totalement évident que la paire est résolument improductive, ce qu'il y a d'amusant, c'est que le couple qui nous intéresse pense qu'il serait encore capable d'engendrer?

Non, la réponse est ailleurs. Le côté naturel a été pourchassé et brisé jusqu'à la racine, suite à un travail d'intimidation sur le long terme. L'homme libre a dû choisir entre la liberté de mouvement et la liberté de pensée. C'est l'une ou l'autre. Si vous choisissez le mouvement, évitez de penser à rebrousse-poil. Si vous choisissez la pensée, on peut vous interdire le mouvement.

L'homme libre a largement choisi la première. Non seulement il craint d'être traîné devant les tribunaux en cas de contestation, mais il en est arrivé à ne plus penser qu'il pourrait s'agir de ce que la morale universelle qualifie d'abomination. Il ne peut même plus dire : «Ils font ce qu'ils veulent. Moi, personnellement, je suis contre». Il n'y a plus de moi ni de personnellement que pour certains monarques modernes. Qu'il essaye, et il sera injurié, traîné dans la boue, traité d'intolérant et de violent, alors qu'autre part, il est tout à fait permis d'être contre : pour l'alcoolisme et le tabac, si vous êtes contre, on ne vous reprochera pas de vouloir anéantir tous les alcooliques et tous les tabagistes. Essayez seulement de vous prononcer contre l'homosexualité.

La raison de cette anomalie est probablement liée à la volonté de solutionner la surpopulation mondiale, mais c'est un autre sujet.

Que le nouveau président recoure à ses prérogatives pour réprimer cette tendance à la moquerie en traçant les lignes d'un nouveau concept, aussi effrayant qu'homophobe! La déphasophobie, ou décalophobie pourraient bouleverser de fond en comble les mentalités, et faire trouver à l'opinion que rien n'est plus mignon qu'un couple où le mari s'affiche avec une épouse de l'âge de sa mère, ça prouve au moins qu'il a le respect des parents, et ça aussi, c'est une valeur sûre.

Et si l'homophobie fonctionne, alors la déphasophobie fonctionnera à plus forte raison. Pourquoi? Parce que rien n'est plus déplacé que de voir les militants de l'individualisme le plus égocentrique exiger que l'on tolère leur intolérance au nom de la tolérance et de l'acceptation de la différence. L'androgame se distingue par un refus de la différence tellement poussé qu'il refuse catégoriquement d'accepter de partager sa vie avec cet être si différent et pourtant si proche : la femme.

Nb: je remets à la disposition de mes lecteurs cette réflexion qui a suivi l'élection du président Macron

Yéochoua Sultan

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11 mars 2018 7 11 /03 /mars /2018 15:27

שוב הרעיד עניין תקשורתי כבד את היציבות המדינית בישראל, כשהפעם  התיק נושא את המספר 4000. ורוב ככל כלי התקשורת עוסקים רק באיך להפיל את נתניהו ואת הממשלה. בהתעקשות זו עובדים יד ביד אנשים ממערכות המשטרה ובתי המשפט בתזמון נפלא. וכפי שאומר הפתגם העממי : "אם לא הצלחת, נסה שוב ונסה שוב עד שתצליח". ובכן, כל פעם שניסיון להפליל ולהפיל את האיש לא הולך, במקום שבושת הפנים תאלץ את הציידים להודות בחשדות השווא שלהם, ולהתנצל, הם מחפשים בנרות פרשה חדשה בה יש אולי יותר סיכוי.

בפרשת תיק 4000. במבט ראשוני – והדבר לא מתכחש בהמשך – מסתמן שהערכים נהפכו, הרע הפך לטוב והטוב לרע. או, ליותר דיוק, לשון הרע והוצאת שם רע הם ההנהגות שראוי להציב בראש הסדר הציבורי, עד כדי כך שאם אישיות ציבורית תרצה שיחדלו מפעילות רצח האופי התקשורתית המתמדת, עליו יהיה לשלם ביוקר על זה. ולא זו בלבד, אלא שאם הוא בכל זאת ישלם כדי שקצת יתייחסו לחציו המלאה של הכוס, כדי שקצת ידונו לכף זכות, האיש יועמד לדין ויואשם במתן שלמונים.

וכך יושב אדם נכבד על לאחרונה, איש בשם ניר חפץ, בכלא משום שכדבריו רוצים לעשות בו שימוש נגד נתניהו. הוא העיד על תנאיי מאסר מחמירים ומשפילים, משמע שמפעילים עליו לחץ כדי שיתנהג כפי שמצפים ממנו שיתנהג. וכך הופך העורך הראשי לשעבר של מעריב לפושע פשוט המקבל שלמונים כדי לדבר טוב על אדם. ולא יעזור שגם מי שהתייחס להתמרמרותו בספק נוכח לדעת שאמת הדבר : השופטת שהוראתה על מאסרו התגלתה כפועלת במגמתיות פוליטית זדונית בתיאום עם הפרקליט, בכגון אמירה של : "אל תדאג, חבר, אספק לך את מה שחסר לך כדי להפיל את האיש". הייתם מצפים שהשופטת פוזננצקי-קץ ומר חפץ יתחלפו במקומותיהם? שהוא ישוחרר ושהיא לפחות תאבד את מקומה בלשכת הדיינים וייאסר עליה להתעסק במשפט? לא ולא. היא הועמדה לדין... משמעתי בלבד, כעין "נו נו נו" וגמרנו. "שופט שסרח אסור שישפוט!" נשמעה הזעקה מצד שרים בממשלה. אבל שוכחים כנראה מי באמת שולט במדינה הזאת!

גם יעלון מוסיף אש על המדורה ומתגאה בכך שהוא "מנע מנתניהו מלהשתלט על גל"ץ" ושהוא "לא נתן  לו".1

עכשיו אני רוצה לשאול. בטח שמעתם על האיש שנשא את השם פרנסואה מיטראן. אבל על ז'אן-פייר אלקבש ייתכן שלא שמעתם. בעת ההיא היה האיש האחרון מנהל החדשות של הערוץ השני (מתוך שלושה) של הטלוויזיה הצרפתית. וכשלמיטראן, הוא היה המזכיר הראשי של המפלגה הסוציאליסטית. הראשון לא היה מכבד את המזכיר וכל פעם שהוא הגיע להתראיין, ועוד יותר כשהלך וקרב מועד הבחירות לנשיא המדינה, נתמלאו פניו בארשת צחוק מאופק. כמובן שדבר זה לא החמיא למועמד שלנו ולא העלה את קרנו בעיני הקהל. ובכן, אלקבש עשוי להפוך את מיטראן לליצן לא רציני לקראת הבחירות, ואם מיטראן ייבחר אף על פי כן, העיתונאי ישים לו רגל על כל מהלך חברתי או מדיני שהוא ינסה ליזום וליישם. שמא יצטרך מיטראן לשלם לו הרבה כסף כדי שימתן את  העוינות כלפיו?

והנה : בתחילת שנת 1981 למניינם, אלקבש וחברו לעבודה, עיתונאי נוסף בשם אלן דוהמל (Jean-Pierre Elkabbach Alain Duhamel) מראיינים זה אחר זה את כל המועמדים לנשיאות המדינה בתוכנית "הקלפים על השולחן" . בהגיע תורו של מיטראן  להתראיין, המגישים מעמידים את המועמד במקומו. נאמר למועמד בשידור, כשנקטעים דבריו :  "מר מיטראן, אם אתה מסכים, אתה עונה ואנחנו שואלים את השאלות. כל אחד והעבודה שלו".2  מיטראן לא הרגיש בנוח עם הטלוויזיה, שהייתה אז המעוז של מפלגות דה-גול וז'יסקרד ותומכיהם. ולבסוף, כשמיטראן שרד את הסיבוב הראשון של הבחירות והגיע מועד ההתמודדות הטלוויזיונית מול ז'יסקרד, הוא סירב שאלקבש או דוהמל ינהלו את הדיון. הוא הציע רשימה של עיתונאי חוץ וכשהוא הראה את הרשימה ליריבו, זה ענה : "אני לוקח את שני העיתונאים הראשונים ע"פ סדר האלף-בית."

כעת נעשה הקבלה בין מה שקרה בצרפת כשמיטראן נבחר בפעם הראשונה להנהיג את צרפת ובין מה שקרה בישראל כשנתניהו נבחר בפעם הראשונה להנהיג את ישראל. ההבדל ה"דק" הוא שמיד בסגירת הקלפיות הופיעו פניו של מיטראן במדגם שקדם את מיון הקולות, כשלעומת זאת בישראל ניצלו עד פרק הזמן האחרון שנותר עד לתוצאות האמת כדי לשמוח לאיד בהצגת פני פרס כמנצח. העיתונאי שנכח באולפן בזמן שפניו של מיטראן הופיעו על המסך לידו, בערוץ השני, היה דווקא אלקבש. הוא הבין שכלתה עליו הרעה. ניחושו היה נכון : למחרת, הוא סולק מהנהגת הערוץ ואורו כבה. הוא הימר על הסוס הלא נכון ואיבד את מקומו. מה שאולי מעורר חיוך הוא שמועמד המפלגה הקומוניסטית בצרפת, בתורו להתראיין אף הוא כמועמד לנשיאות, הטיח בפניו של אלקבש ובפני חברו דברים קשים ואמיתיים  : "אתם בעד השינוי? אתם נגד השינוי! היות ויש לכם מקום עבודה מכובד ומסודר, ואתם גם מחזיקים בכמה משרות שמנות : טלוויזיה, רדיו..." 

הצרפתיים הצביעו בעד השינוי ולכן בחרו את מיטראן, והדבר הראשון אם לא היחיד שהשתנה היה המראה של התקשורות שהייתה עד כה לכלי מגמתי היותר. ניתן להניח שאלו אלקבש היה מתאושש וחש שאכן סר מר המוות, לא רק שמיטראן לא היה נבחר בשנית שבע שנים מאוחר יותר, אלא שהוא קרוב לוודאי היה נאלץ להתפטר אחרי כמה חודשים. אז מיטראן עשה סדר מייד לאחר היבחרותו. מספרים שבמקומות שעבודת הניקיון הייתה קשה יותר, שודרו ניגונים של מוזיקה קלאסית שקטה עם הכיתוב : "אנו מתנצלים מפני צופינו על אי-הנוחות הזמנית. בעוד כמה דקות יתחדשו תוכניותינו". ומה שראו אחרי כמה דקות, היו רק פנים חדשות, פני המהפך במלוא עוצמתו, חוץ מאולי איזה עיתונאי אחד חדש (פטריק פואבר דרבור), שזה עתה החליף את ליאון זיטרון המפורסם והנערץ. ותאמינו שמיטראן לא הוציא מכיסו ולא מהכיס של אף אחד אפילו גרוש אחד כדי שישבחו אותו ואת תוכניותיו וכוונותיו החברתיות-מדיניות בממלכה התקשורתית הכפופה ממילא למערכות הממלכתיות.

בישראל לעומת זאת הצביע העם בעד ה"מהפך" בתשנ"ו. העיתונאים דאז שחגגו תחילה, נאחזו בפחד בהלה וברעדה בחמש לפנות בוקר, עד שהעיזו לצעוק מרוב חרדתם "לא יכול להיות שנתניהו ניצח!"

כעת נחשוב שנייה. אם אלקבש הצרפתי נאלץ לעזוב את ארמונו התקשורתי ואת השלטון שהוא כפה דרך אימפריית התקשורת, אז לא היו צריכים העיתונאים כאן לפנות את כיסאותיהם מקל וחומר, לאחר שמעולם לא העיזו כת העיתונאים השלטת בצרפת להטיח במיטראן שהוא "גם רצח וגם ירש"? ועד עכשיו נתניהו משלם ביוקר ואנוס כשהוא מאמץ את תורתם האידיאולוגית של השמאל הקיצוני בהרבה מצבים.

ובאותה מידה, אנא מכם, אחיי, אל תדברו על התקשורת כמוסד משקר, מסלף עובדות, או על "תשקורת", בלשון נופל על לשון משעשע אם צחוק עצבני הוא צחוק של שמחה. התקשורת היא כלי, ואף כלי נשק, ניטראלי שקבוצה אידיאולוגית המייצגת את המיעוט של המיעוט בדעותיה ממשיכה להחזיק בו בניגוד לכל היגיון, כשרידים של מפלגות שחלפו מהעולם ; כי מעולם לא נעשתה עבודת ניקיון השורשית לאחר המהפך. "התקשורת משקרת" היא אמירה מחמיאה בשבילם. כי זה לכאורה נותן הצדקה להמשך השתלטותם באחד המרכיבים המשמעותיים ביותר של ריבונות המדינה. דייקו יותר ואמרו : "התקשורת לא משקרת, אלא : אתם שקרנים הפולשים על אחד הכלים של השלטון שהוא לא שלכם ולא של אבא שלכם".

השלטון הדמוקרטי צריך ידיים בריאות ולא תחת שליטה של ישות זרה הקובלת את זרועותיו.  

יהושע סולטן

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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 07:40

להיפך ביום אחד פעמיים. הייתכן ?

האם אדם יכול להפוך את עצמו למה שאינו הוא ביום אחד וליום אחד ? הרי כולם יודעים שלא. לא ברמת ההרגלים ההתנהגותיים, וקל וחומר שלא במהות הנפשית רוחנית. כדי להשתנות באמת, או לעצב דמות ערכית אישית ולהטביע בה דפוסי חשיבה והתנהגות, וכן מנגנוני תגובה נאותים, משקיעים הן ברמת הכלל והן ברמת הפרט בצורה מעמיקה ומתמדת. העבודה היא לטווח הארוך, ואף לטווח הארוך מאוד. מחנכים את הילד משחר חייו בדרך ארץ ובתורה, וככל שהחכם יזדקן יותר, כך ייראה לנו הגיוני יותר לשאול לעצותיו ולפסקיו. זה נכון גם במערכות השלטוניות, כאשר מעצבים את האישיות האזרחית הצייתנית שתגובותיה צפויות מראש.

במישר זה נעבור בקצרה על כמה ענייני חברה ופוליטיקה. למשל, עד שהתקבלה בתודעה הציבורית דמותו של ה"חילוני", במובן של אדם פטור משמירת מצוות המשוכנע בכנות שהוא באמת פטור עד כדי ייתכנות להעיר מרוב טוב לבו ל"דתי" בנסיבות מסוימות שדבר כזה או אחר אסור לו : על מאכל או פעולה מטעמי כשרות ושבת. קביעת העבודה המחלקת את החברה בין "דתי" ל"חילוני", זהו דבר שלקח כמאתיים שנה, ומקור הגישה בהשכלה החכמולוגית-שכלתנית הכסילית אשר כוח השפעתה עד היום נובע מהעיקרון המדומה שהיהודי הוא הנושא באשמת האנטישמיות, ותרופת הדמה תבוא מתוך הקהילה היהודית : אם היהודי יימנע מהתגרויות בגויים הכל יהיה טוב. וזה לא רק דבר של פעם. עבודת זיהום המוחות חוזרת ונשנית מיום ליום בצורה חוזרת על עצמה. רק הנסיבות משתנות בהתאם למצבים. פעם זה "רק תעזבו את השבת", ופעם אחרת זה "רק תשכחו מהעקשנות לשיבה לציון", ועוד פעם זה "רק תעזבו את ה"שטחים", וכן הלאה.

עוד דוגמה : במעבר מפרעות בלית ברירה כגון תרפ"ט או תרצ"ו, דרך הפרעות מרצון מתשכ"ז ועוד יותר מתשנ"ד, עם ייבוא מנגנוני המחבלים עד לתוך הארץ ממש, ועד להישארותם עד עצם היום הזה, הוא עניין שהושג אחרי השקעה מתמשכת של זיהום מוחות הלוקח כעילה את טיהור השרץ בקוראו לו שלום. "אתה נגד השלום?" זוכרים? ואז מגמגמים "לא, אני רוצה שלום כמובן, אבל..."

נראה בקצרה עוד "נהפוך הוא", והוא המעתק גישתי-מדיני. תחילה התחלק המיפוי הפוליטי לשני מחנות רעיוניים. לפני שהכול זז עוד יותר שמאלה, המחנה האחד רצה לדאוג ליהודים ולערבים בשווה, כשלעומתו השני קם כדי להגן על הזכות הבלעדית של עם ישראל על ארץ ישראל ובתוך זה קבעו כי לא ייתכן שיהיו נתחים רחבים בא"י ששם ישראל לא ייקרא עליהם. והנה, כיום, המחנה הראשון דואג רק לערבים ודומיהם והמחנה השני דואג לערבים וליהודים בשווה, עד שהעומד בראשו מתפאר בשילוב ערבים במערכות הרפואה והחינוך כשאין פוצה ואין מרים גבה גם כשרופאים יהודיים העולים מצרפת לא מוציאים מקומות עבודה כי הם שמורים לאחרים. ובמקביל החלה עוד עבודה לטווח ארוך : להכפיש את שמם הטוב ותדמיתם הטובה של העולים במהלכים הסברתיים טלוויזיוניים, עם סדרה המציגה אותם כפרימיטיביים שאין להם מה לחפש כאן.

אז בשלושה דברים של "נהפוך הוא" לקח אם לא מאות אז עשרות שנים של עבודה מאומצת ומתמדת. אם כן כיצד בתוך החברה שלנו מצפים שדברים התלויים בהסתגלות הנפש ועיצוב האופי ואורח החיים יתהפכו בן רגע ישר והפוך ? פעם אחת כדי להיכנס למצב של "ונהפוך הוא" בערב פורים ופעם שנייה כדי לצאת ממנו ולחזור לשגרה? אפשר להסתפק אם ניתן לסמוך על הנס של פורים ולצרף לחבילת הניסים את שני הנושאים המרכזיים והבולטים האמורים להפוך פעמיים את הקערה על פיה, והם  : השתייה וההומור.

ואז שוב עולה השאלה : האם אדם שלא שותה משקאות חריפים כולל יין כל השנה, למה הוא בדיוק יהפוך כאשר הוא פתאום לא יקפיד על המופיע בתוויות הבקבוקים : "אזהרה : צריכה מופרזת של אלכוהול מסכנת חיים ומזיקה לבריאות"? משום שאם האזהרה מופנית גם למי שהורגל לשתות כל השנה וראוי לו שיזהר, אז על אחת כמה וכמה שמי שגופו ומערכת העיכול שלו לא הורגלה לכך צריך לשמור את נפשו. בצרפת השתיינית, אימצו כל מיני פתגמים יצירתיים כמו " האם ראיתי את עצמך לאחר ששתית?" או "כוס אחת מילא, אבל שלוש! שלום לנזקים!" וגם מי שבן ארבעים שנה ושתה בהתמדה כל שנה רק בפורים, ההפסק של שנה בין כל שתי סבבים שובר את הרצף, ושלושים ימי השכרות שהוא חי מאז אינם מצטרפים יחד.

ישנה גם רתיעה של דעות קדומות אשר הוטמעו עמוק בתודעה משחר הילדות. התת מודע משדר לנו בשל הספרות שצרכנו עד אשר יצאה מאפינו, כי מי ששותה כל השנה הוא מין פרא אדם אוקראיני או פולני בדרך כלל בשם איוון או בוגדן בדרך כלל. הטראומה כל כך עמוקה שאפילו בשבת מקדשים על מיץ ענבים, מה שלא כל כך בריא בשל כמות הסוכר הנבלעת בבת אחת כמלוא לוגמיו.

שתייה במהלך כל השנה היא עניין של תרבות. מי שמכבד את עצמו לא משתכר כמו איוון האיום ולא כבוגדן המופיעים כדמות מחויבת המציאות בסיפורי הצדיקים. האדם התרבותי או המתורבת גם שותה במתינות וגם לא בולע כל שׁכר-זבל של תערובת מיץ וסוכר שהושמה במחסן ארבעים יום בג'ריקן פלסטיק שבמקרה הטוב לא היה בו נפט קודם. יש אמנם באזור שלנו יקבים שזכו להכרה בינלאומית ע"י מבינים דבר וגם ניצחו את יינות צרפת האגדתיים. אמת שחכמי היין בארצנו למדו את המקצוע מהגויים אבל נהפוך הוא : בתקופת הגלות המרה נפל החן בין הגויים, אבל הם עתידים להשיב לנו את החן. צרפת שמרה על החן של המשקה שנתייחדה לו ברכה רק בשבילו. וכשהחגיגה נגמרת, אותה האומה כבר משיבה לנו אותו.

מקובלני ממנהגינו שבפורים שותים רק במשתה המתקיים ביום ולא בלילה, ורק אחרי מנחה גדולה. כי כשם שלא יעלה על הדעת שגבר יתחפש לאשה בפורים כי יש גבול ל"ונהפוך הוא", כך הדין בתפילה שלא תאמר ע"י שתויי יין (או וודקה או אחר).   

כעת נעבור כנ"ל לחוש ההומור. באותה מידה, נשאל : איך ייתכן שאנשים המטפחים עקרונית רצינות יתר ולעתים (רחוקות או קרובות?) גם פרצוף חמוץ תמידי, יהפכו פתאום לאנשים מצחיקים, ועוד כאשר אותו הצחוק יוכה בן רגע כקיקיון יונה? האמת היא שכנראה חשבו על זה, מפני שבמערכות החינוך, שהוא עניין של טווח ארוך כזכור, כמה ימים לפני פורים כבר מרבים בתחפושות, בפספוסים, ברבני ו\או רבניות פורים, בפרצופים או צביעת פנים, חיקויים והתנהגויות משונות. אבל האם ריבוי הימים הזה יגרום ל"ונהפוך הוא" יסודי ? לא בטוח. כי חוש הומור טעון כושר ביקורת בכלל וכושר ביקורת עצמית בפרט, אפשרות להסתכלות רחבה ומדויקת כאחד, גילוי וחשיפת החוליה הלא רצינית האוחזת את עינינו בניסיון לשתק בנו את כושר הביקורת הנ"ל. והכול, כשמדובר בהומור המכבד את עצמו, בעדינות וזהירות מפגוע באישיות כל אדם, שגם היא תוצאה מהשקעה ארוכה לכל אדם.

והאמנות היודעת לצחוק ולהצחיק בשמירה על הגבול המסוכן של הליצנות, במקום שכל ההבדל עומד על הבחנה הדקה בין ההערכה לזלזול עמוק. וייתכן שגם עניין ההומור היהודי ידלה בחזרה את החן מהמדינה הנ"ל שהולכת וצוחקת פחות מיום ליום. היכולת לדון בדברים במעלה השנייה מאבדת מכוחה כשקומיקאי הדור בחו"ל נפלו בפוגענוּת במעלת האפס. וכשלהומור האמריקני, נראה שערך זה לא מצוי שם כי הוא ילדותי מדיי (מריחת עוגת גבינה על הפנים של אדם רציני מפושט מדיי בשבילנו). היוצא מן הכלל יוכיח. צ'רלי צ'פלין לא התאים למנטאליות הנטולה כל חוש הומור של אמריקה והוא נאלץ לגלות מארצו.

עלינו לשאוף בחזרה את הכוחות שנטמעו בין הקליפות, אז נתעלה הן בשתייה והן בחוש ההומור הכל כך מאפיין אותנו מלכתחילה, כפי שתמיד התייחסו ל"הומור היהודי", שהוגדר כ"סוגיה רצינית". אמנם נותר דבר מה תמוה. אם ההומור הוא כל כך יהודי, איך זה שמצביעים עליו במונח לועזי? הגם שיש מונחים במקורותינו, כמילתא דבדיחותא, אפשר לראות במונח "הומור" שורש עברי שמשמעותו מאוד קרובה ל"נהפוך הוא". ובכן חוש ההומור הוא החוש להמיר : להמיר את הכבד לקל, את המאיים לקליפת השום ואת ההר הגבוה לחוט השערה, והמרת כל המכשולים והמחסומים המגמדים את האדם והמקררים כעמלק את תנועתיותו הטבעית המקרבת אותו דרך השמחה אל בוראו. כי ידוע הוא שאין דבר יותר חזק מול האויב מלהפוך את רציניותו המדומה לרמתו הפחותה והמגוחכת האמיתית. לא לחינם אמרו שמותר להתבדח מעבודה זרה, אף על פי שמול זה לכאורה אין לנו חשק לצחוק. ולאחרונה, כמו בעבודה זרה כמו בכל דבר זר המבקש לגרום להיסח הדעת ולהחלשת חיותנו, הצחוק שנעשה במדינה הנאורה לשעבר, קריא צרפת, בקומיקאים שעשו צחוק מהיהודים, עורר בם בלבול וזעם שהוכיחו שקלענו. אכן, קומיקאים בעיני עצמם, לאחר שתמורת זלזולם  ביהודיים היו ללעג, ניסו להעמיד פנים כאילו "היהודים מומחים בעשיית צחוק מעצמם", אבל זה לא עזר להם, וכשם שהם החילו לנפול לפנינו, לא יוכלו לנו.

ואם הילד שלכם יפנה אליכם בנימת ייאוש שהוא מרגיש שהוא כבר לא אוהב ללכת לבית הספר ; ואם תאמרו לו : "אבל דווקא ירד לחץ הבחינות, ועברת את זה יפה?!" ואם הוא יענה אז : "כן, אבל זה כבר כמה ימים שעושים שמח ואני לא צוחק", עליכם להבהיר לו : "בסדר, אל תבכה בגלל זה. אל תדאג. אתה נורמאלי לחלוטין. אין לך בעיה ח"ו  של דיכאון או חוסר שמחת חיים. אתה לא צוחק כי הם פשוט לא מצחיקים. ההיפך. הם מצחיקים כי הם חושבים שהם מצחיקים. כי למי שאין חוש הומור כל השנה לא ימיר את גישתו למעוררת חשק לצחוק. וכשם שבשתייה של יום אחד זה לא הולך, כן הוא בהומור של יום אחד".

מישהו נעלב? סתםםםסתם !!! זה היה בצחוק !!! פורים שמח !

 

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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 09:49

Contamination

Nous avons parlé plus haut de l'assujettissement du pouvoir politique, élu par la majorité, à un groupuscule qui le fait marcher droit en tenant d'une main le bâton médiatique et de l'autre le barreau judiciaire. Les élus de droite ont parfois hérité d'un meuble préfabriqué auquel il ne manquait que le dernier coup de marteau. Renverser la vapeur est bien plus ardu, et ne permet pas toujours d'empêcher les catastrophes de se produire. Netanyahou a commencé par introduire les terroristes de l'Olp à Hébron, ce que Pérès n'avait pas eu le temps de faire, malgré la répétition frénétique du repli de Tsahal de terrains qui n'allaient pas tarder à se transformer en ateliers de préparation et logistique du phénomène apocalyptique des attentats suicides. Ce n'est que plus tard, en mars 2002, que l'opération Homat Maguen réinvestit la place et ferme les ateliers de la mort. Mais à ce jour, les organisations terroristes n'ont pas été délogées

On avait voté pour les territoires contre la paix avec la garantie qui voulait que si la marchandise n'était pas fournie, on reprendrait les territoires, et le monde entier comprendrait alors la nécessité du traitement à la racine de ce faux ami qui n'avait que feint de faire la paix. Cette option reste d'autant moins évidente qu'aucun des instigateurs de l'introduction de la machine de mort instaurée dans le cadre des accords d'Oslo n'a jamais été inquiété. Aucune commission d'enquête n'a vu le jour pour cette connivence avec l'ennemi.

A présent, nous allons nous pencher sur de grandes opinions qui restent dans le domaine de l'idée exprimée, dans la mesure où elles ne doivent pas être traduites sur le terrain de l'action. Il s'agit de personnes qui peuvent être critiquées comme ayant la voix de Jacob et les mains d'Esaü, comme revendiquant intelligiblement la légitimité de la présence juive en terre d'Israël d'une part, et envoyant des bulldozers effacer un mochav d'autre part. Certes, sous un certain angle, habiter dans une localité juive de Judée-Samarie ne vaut pas moins que l'appel de la gauche à s'allonger sous les roues des véhicules qui devaient selon elle accompagner les Arabes jusqu'à la frontière pour les expulser du pays.

Sur son blog, l'auteure israélienne Ruth Kotlorov explique que vivre dans les territoires libérés à la guerre des Six jours signifie que l'on est constamment couchés sous les roues des cars envoyés D. préserve pour se charger de l'expulsion des Juifs. L'ex député Ya'acov Katz disait depuis la tribune de la Knesset que sans les centaines de milliers de Juifs installés en Judée-Samarie, les politiques auraient depuis longtemps cédé la totalité du terrain aux mains de l'ennemi.

Cependant, on peut être sidéré de constater que certains observateurs proches de nos cercles, journalistes ou non, se mettent à leur tour à ressentir de l'empathie pour le terreau arabo-musulman de la haine qui colonise la terre d'Israël et en interdit des zones entières aux Juifs tout en les mettant en danger là où il leur est permis de se trouver.

Ils ne manquent pas d'imagination, et si les idées ne sont pas nouvelles sur le fond, elles semblent l'être en tout cas sur la forme. Ainsi, les «deux pays pour deux peuples», idée ayant infesté les cerveaux jusque dans les cours d'histoire-géo des lycées laïcs de France au début des années 80, s'est retrouvée récemment sous deux nouvelles variations : «La terre n'appartient ni aux Juifs ni aux Arabes, ce sont les Juifs et les Arabes qui lui appartiennent» ; et : «les Arabes qui occupent la terre d'Israël méritent notre admiration car ils aiment notre terre au moins autant que nous». On peut ajouter au passage que le monde arabe les adore d'une mesure inversement proportionnelle à leur détestation d'Israël. Ces deux formules ne sont pas citées mot à mot. Je ne les ai pas sous les yeux. Il est vrai que toute ressemblance avec des penseurs qui existent ou ayant existé ne serait absolument pas fortuite. Mais c'est volontairement que je n'en cite pas les auteurs, car ce qui est intéressant, c'est le phénomène.  Et puis, citer à rebrousse-poil de leur gloire des gens qui peuvent par ailleurs être des amis de longue date pourrait avoir un côté vexant, s'assimiler à une trahison, voire à une attaque groupée. Ce n'est pas pour rien que lorsque je rencontre des amis qui tournent entre divers plateaux et tribunes, nos discussions n'incluent pas de débats d'idées, ce serait non seulement inutile, mais fatiguant, et tel personnage médiatique a déjà coupé court au dialogue par un «mais tu sais bien qu'en réalité, je pense exactement comme toi». Toujours est-il que les variations sur le thème – tout ce qui est d'un même temps se ressemble – des «deux Etats pour deux peuples» permet de garder son collier à l'instar du second antagoniste dans le loup et le chien, ou de se faire repérer sur un média de moindre importance qui servira de tremplin pour passer sur une chaîne contraignante à grande écoute.

C'est pourquoi il suffira de se contenter de l'observation du phénomène uniquement. Un autre symptôme des éditoriaux met en avant les bienfaits de la «modération», de la volonté de poursuivre ou reprendre les pourparlers avec les organisations terroristes, ne fût-ce que pour montrer au monde entier que ce n'est pas nous qui refusons la paix. Quand on pense que Weizman prenait des «risques courageux» en rencontrant «en secret» les génocidaires de l'Olp.

Pour ceux qui travaillent pour des organes de presse, il relève donc de l'évidence que leur motivation est liée à leur gagne-pain ou leur besoin d'audimat. Il est indéniable aujourd'hui que la presse riche doit plaire à toutes sortes de courants peu recommandables, politiques ou islamistes, et qu'elle ne survit que par de grasses subventions. En France, pour les plus entretenus, l'aide avoisine les sept millions d'euros par an.

Il arrive même que nos complaisants innovent, et poussent encore plus loin les limites de l'acceptable. La «comique» belge présentée sur France 2 comme une «femme qui ose tout», comme si c'était une qualité suprême, a été trouvée drôle par nos journalistes ou aspirants. Trois pages FB au moins ont trouvé la comique pas antisémite, sans être très claires quant à la blague, et sans nous dire si plaisanter sur des comparaisons entre Juifs et chaussures, était ou non antisémite. Si elle avait plaisanté sur la lâcheté d'une résistance non-chauffante qui a bouilli en 45 selon une courbe inversement proportionnelle à la diminution des Juifs assassinés, on aurait peut-être pu y déceler de l'autodérision goïe. Eh oui, cette tentative facebookienne de complaisance était prématurée. La blague ayant largement déplu, l'apprécier ne leur a pas (encore) permis d'être en retour appréciés pour leur grande tolérance et leur exemplaire ouverture d'esprit.

Il reste toutefois moins aisé de comprendre ce qui peut motiver les prises de position précitées sur la terre d'Israël, d'autant plus lorsqu'elles touchent des Juifs religieux, qui s'alignent alors publiquement sur le reniement du don de la terre d'Israël à Abraham et sa postérité par le Saint béni soit-Il, cette postérité se retrouvant nommément en Isaac, et qui ne s'élargissant horizontalement qu'à la génération des fils de Jacob.

On dirait que les esprits s'érodent, qu'ils sont fatigués de résister, et surtout qu'ils en ont assez d'être dans le meilleur des cas montrés du doigt par les accapareurs d'ondes pour qui la tolérance de l'intolérable est placée au sommet de leur échelle de valeurs : le pays est pour ces derniers binational. La langue arabe est introduite partout. Avant, seuls des panneaux routiers indiquant mettons Ramallah portaient une mention en arabe, comme pour dire : «Attention! Vous vous dirigez vers une zone à risques, l'une des plus antisémites de la terre!»

Aujourd'hui, il ne reste pas un seul panneau qui soit uniquement en hébreu (bon, d'accord, et en anglais pour les visiteurs amicaux). Tel voyageur me disait récemment s'être senti mal à l'aise en arrivant à Ben-Gourion, qu'il avait ressenti un arrière goût, comme s'il avait atterri à l'Aouina. La loi toujours amendée à sens unique vous interdit de rechercher des prestataires de services en mentionnant que vous désirez du «travail hébreu». L'étiquette «raciste» s'est élargie. Et pourtant, les graveurs de lois imposent sans que la contradiction ne les dérange qu'un garde armé au moins soit présent sur chaque chantier employant une main d'œuvre hostile. Et ce travail s'instille profondément dans notre être et nos réflexes.

L'autre jour, convoqué par le fisc, j'avouais humblement : «M. l'inspecteur, j'ai employé des Ramalliens au noir.» En fait, c'est un entrepreneur comme vous et moi qui a en sous-traitance apporté des Ramalliens. Quand je me suis rendu sur mon chantier et lui ai dit : «Qui c'est celui-là, qu'est-ce qu'il fait ici?» Il m'a dit : «T'occupe pas. C'est moi qui gère.» «Et pour les reçus, factures, etc.?» «Mais t'occupe pas, j'te dis!» Par contre, pour tous les prestataires israéliens (juifs donc en fait),  j'ai remis à l'inspecteur tous les contrats et reçus en bonne et due forme. Quand j'ai parlé des Ramalliens, il a froncé les sourcils. Non pas pour exiger la transparence, mais parce que le sujet lui pesait. «M. l'inspecteur, qu'est-ce que je fais pour les Ramalliens? Je n'ai aucun reçu ni papier.» «Hum… ça va, le dossier est complet.» «Mais, M. l'inspecteur, vous pensez bien que le total des sommes déclarées ne peut équivaloir au coût d'un chantier pareil?» Rien à faire. Il a fermé le classeur et fait le gros dos jusqu'à ce que je reparte –libre – de son bureau. Il y a à Ramallah des entrepreneurs et prestataires du bâtiment qui roulent sur l'or totalement au noir.

Ah, j'oubliais, pour ceux qui trouvent que les Arabes sont moins chers! Quand vous ne travaillez pas au noir, vus les risques encourus, vous devez entre autres frais contracter des assurances pour vos ouvriers. En attendant, avec cette concurrence déloyale qui ne dérange aucun tribunal ou instance, Ramallah bâtit les quartiers juifs des alentours, mais attention, ils restent venimeux. N'essayez pas de caresser un scorpion que vous nourrissez. Et si vous êtes idéalistes, et que vous parveniez envers et contre tous à embaucher une équipe israélienne, faites-le discrètement parce que vous pourriez être poursuivi pour racisme. Mais surtout, n'omettez pas de déclarer jusqu'au dernier centime.

La paix avec les loups

Ah, la paix avec nos pires ennemis! Un vieux rêve! Qu'il est bon de se laisser bercer par ce vieux rêve! On en ressent un avant-goût des temps messianiques. «J'ai fait une réunion sur la paix entre Juifs et Arabes, s'aime-t-on à bêler. Et ils ne m'ont même pas mordu.» En effet, il arrive qu'ils n'aient pas faim. Il ne faut pas chercher loin. Des parents proches ont été faire un tour à la Goulette, le mois dernier. Inutile de préciser que du multiculturalisme séculaire, il ne reste depuis longtemps qu'un culturalisme à sens unique. Devinez lequel. «Eh bien, ce n'est pas si terrible que ça, s'extasie-t-on sur place. Pour un peu, je les trouverais même gentils». Il fallait le dire très vite. Le lendemain, il y a eu des émeutes.

Il est évident que, surtout chez les Juifs, on affectionne particulièrement la paix. Mais, comme disait Guéoula Cohen lorsqu'elle était parlementaire du parti Résurrection (Ha-Te'hiya) : «Ah, comme on aime la paix! On aimerait se lever un matin avec l'agréable constat que les Arabes ont quitté la terre d'Israël. Plus de dangers, plus de menaces! Hélas…» Alors, que faire, quand on voit que non seulement le rêve de Guéoula Cohen tarde à se réaliser et qu'ils prennent de plus en plus de force (accords d'Oslo, destructions de maisons juives etc.)? Alors, on se dit que la paix existe tout de même. Soit on reprend le vieux leitmotiv de la gauche (Globalement, ils nous adorent, et les «autres », les terroristes, sont les ennemis de la paix) ; soit on met en avant l'arbre fertile isolé qui cache la forêt inculte : on focalise notre microscope sur la bonne Zouavi, sur ce cheikh voisin du Goush Etzion qui participe à la manifestation judéo-arabe pour la cohabitation paisible, sur cette famille Jaber de Hébron menacée par ses congénères le lendemain d'une rencontre avec un député israélien.

Si la paix ne peut être atteinte par le «vivre ensemble» («dou-kioum», double existence en hébreu), alors on la vivra dans notre imagination, en nageant en pleine science-fiction.

On ressent ainsi une profonde jouissance de béatitude. Si on les aime, ils nous aimeront en retour, non? Comment ça, non? En fait, ils nous aiment déjà. Comment ça, encore moins? Les euphorisants procurant une sensation de bonheur béat et bêlant, de jouissance inégalable face au Dou-Kioum, de la bonne entente avec les loups végétariens, sont disponibles en piqures ou en cachets. A consommer avec modération. Une dose trop forte pourrait vous pousser à faire une crise, et à vous promener avec une kippa au centre-ville de Ramallah.  

Yéochoua Sultan ©

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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 09:43

J'accuse la gauche et ses vassaux de la banalisation de l'antisémitisme

I Les médias sont le premier pouvoir car ils ramollissent, nivèlent et formatent les opinions pour les réduire à l'«Opinion»  

Il n'y a plus de droite. Ça, on le savait déjà, de Begin à Netanyahou, en passant par Sharon. L'arnaque d'accords de «territoires contre la paix» en général et en particulier avec l'Egypte, le retour à une vieille tradition où l'expulsion des Juifs s'inscrit dans la norme, de Yamit et Ofira à Amona, en passant par Goush Katif, s'admet comme une bonne affaire. L'arnaque égyptienne, donc, trahie par les visages des antagonistes, pour qui a bien voulu le voir. Les photos sur la pelouse de la maison blanche avec Sadat et Carter hilares tandis que Begin a l'air de se demander : «Je me demande si je ne me suis pas fait avoir quelque part…» Quand Carter, plus de trois décennies plus tard, vilipende Israël, fait son pèlerinage à Gaza vidée de ses Juifs, ce n'est pas un retournement. Cela vient au contraire confirmer ses véritables intentions dans cette arnaque.

L'arnaque égyptienne, encore, révélée par la tuerie de Ras Bourka, dans le Sinaï, où furent assassinés et fusillés les passagers d'un car israélien en 85, dont la présentatrice enfant vedette de la télévision, Ofri Toural ; par l'intention de Moubarak d'entrer en guerre contre Israël en s'associant à Sadam Hussein dans les circonstances de la première guerre du Golfe (soit dit en passant, le traumatisme égyptien dans les consciences a été révélé par le lapsus répété de la présentatrice radio qui disait à chaque fois Sadat au lieu de Sadam, sans même s'en rendre compte pour se reprendre) ; par les obus de chars que l'on entend constamment depuis des années dans toutes les localités israéliennes qui longent la frontière entre le Néguev et le Sinaï, au point que les gens se réveillent en sursaut en plein milieu de la nuit, à Yévoul ou à Haloutsa, se demandant si le dernier obus n'a pas explosé dans leur cour.

La position officielle est incapable de reconnaître cette réalité, et les autorités israéliennes ont voulu, comme si de rien n'était, fêter les quarante ans de «mariage», alors que la mariée était absente. Elle avait pris la poudre d'escampette depuis belle lurette, et seul le mari dupé était de la fête. L'impératrice Sissi, connue pourtant pour sa grande modération après l'éviction des Cousins musulmans, a fait clairement savoir qu'elle ne viendrait pas. J'avais un jour participé à des fiançailles où l'élu avait été empêché. La soirée avait été maintenue car tout avait été préparé, et le fiancé était de tout cœur avec la fête. Finalement, comme on l'avait craint, le mariage n'a pas eu lieu.

La gauche ou la droite en Israël, n'est pas un système de notions à prendre dans le sens des Girondins ou des Montagnards, royalistes ou révolutionnaires qui se trouvaient à la droite et à la gauche du président, mais dans le sens où la gauche cède du terrain aux ennemis tandis que la droite revendique le droit du peuple juif à la souveraineté au centre de sa patrie. Telle fut donc la tournure du différend qui allait opposer une gauche hallucinée prônant le principe extravagant des territoires contre la paix et une droite pour qui la paix devait se faire sinon par l'éloignement géographique de l'ennemi, du moins par sa dissuasion.

Aujourd'hui, et paradoxalement après que la machine de la gauche s'est révélée comme totalement inadaptée à la réalité, c'est en dépit du bon sens ce camp qui a gagné. La gauche a cependant mis légèrement en veilleuse son flagrant mensonge, et a remplacé dans son discours son «processus de paix» par un «processus politique». La paix était l'appât, et l'appâté a été ferré. Il accepte la tête basse l'idée qu'il n'a pas de droits, complexe d'infériorité qui lui suggère de se contenter d'être encore vivant et de pouvoir exister dans les limites dans lesquelles on lui permet d'évoluer.

Le Rav Cahana disait que ce loup dans la bergerie allait exiger un tribut de sang juif de plus en plus lourd. Yossi Sarid disait que les Arabes, comme les Juifs, en avaient assez de la guerre, «Il veut vivre en paix près de toi», répétait-il sur un ton péremptoire et sentencieux. L'observateur roulé et dont l'esprit d'analyse a été plus ou moins malicieusement isolé du contexte de l'histoire multimillénaire du peuple juif et de son Alliance, s'est laissé berné comme si l'issue de ce débat se serait limité à une question purement sécuritaire. L'ordre des valeurs a été inversé, notre présence légitime et retrouvée sur notre terre qui devait, par le renforcement de la présence juive paisible et la diminution des nids à terroristes, garantir notre sécurité comme conséquence de notre retour, devenait aléatoire, incertaine, et justifiée seulement si l'ennemi se maintiendrait dans sa haine et sa recherche constante de guerre et de destruction. Pour Sarid, Aloni, Ran et d'autres encore, si l'envahisseur déposait les armes, le Juif pouvait renoncer à l'aboutissement de ses espérances, pour reprendre l'expression chantante si chère à la gauche : «Il est bien fini, le rêve du grand Israël!!!» Il pouvait reprendre le chemin de l'exil.

L'observateur neutre ou plutôt neutralisé, était dans l'expectative, se demandant à qui, de Cahana et de Sarid, la suite des événements donnerait raison. Pour Sarid, la nébuleuse d'où sortaient les assassins antijuifs était un lieu globalement paisible, et les terroristes l'exception confirmant la règle. Rabin avait repris cette astuce quand la situation était devenue pourtant déjà beaucoup plus claire. Alors que les Juifs étaient tués par dizaines puis par centaines, dans les transports et les terrasses de cafés, qu'Arafat avait obtenu l'absolution de ses péchés, les auteurs d'attentats suicides étaient d'autonomes fanatiques équipés de bombes perfectionnées qui s'étaient faits tout seuls et qui cherchaient à torpiller la paix.

Sarid avait un argument redoutable et agressif qui n'avait pas d'équivalent dans le discours de fond de Cahana. Nous avons déjà évoqué largement le principe des étiquettes : le «raciste» de Sarid puis l'«opposé à la paix» de Rabin étaient des sobriquets dont pour rien au monde on aurait voulu se faire enduire, ce goudron et ces plumes étant indélébiles et ineffaçables. C'est ce même racisme testé en Israël qui a fait boule de neige et fait aujourd'hui que l'Europe subit aujourd'hui une mutation profonde. On notera honnêtement sans trembler de peur que le discours de la droite débattait sur le fond de l'argumentaire pur, sans s'aider d'injures, ou de dénigrement. La droite ne collait aucune étiquette sur la gauche.

Alors, comment se fait-il qu'après l'éclatement de la vérité au grand jour, la gauche n'ait pas été discréditée au point de disparaître de l'arène politique? Il y a deux semaines, les autorités ont mis en garde la population : «Préparez-vous à la tempête ravageuse qui s'annonce! Evitez de sortir de chez vous si vous le pouvez. Munissez-vous de chauffages et de moyens de cuisson qui ne sont pas électriques en prévision de la panne de courant…» Pour finir, il a plu. Inutile de parler du malaise et de la honte des prévisionnistes : il n'y en a pas eu.

Les raisons du maintien de la gauche au pouvoir sont peu nombreuses, mais puissamment ancrées dans les rouages du pouvoir. Quand un escroc vend une villa sur la côte d'azur à un client motivé par son offre alléchante, et qu'il s'avère dans le meilleur des cas qu'il y a en tout et pour tout une vieille bâtisse et dans le pire un immeuble ou un terrain sur lequel l'escroc n'avait aucun droit, l'escroc a pris l'argent et ne le rendra pas. S'il est faible, il se volatilisera, sinon, il sera soutenu par le pouvoir, et on reprochera à la victime de médire de l'escroc.

On a vendu trois fois le même produit avarié aux citoyens israéliens. Ils l'ont payé de leurs acquis territoriaux : le Sinaï, les alentours de Jérusalem, la bande de Gaza. La première fois, ils ont obtenu une sorte de paix ou de guerre froide, la deuxième des milliers de morts et d'handicapés à vie, et la troisième trois guerres à ce jour et des tunnels. Dans le premier cas, ils ont été abusés, dupés, et les prises de position anti-israéliennes de Carter aujourd'hui, comme susdit, ne sont pas un revirement mais la révélation de sa véritable personnalité.

Les deux autres ventes de ce produit défectueux ont été imposées par des méthodes dictatoriales, et par le déni de la démocratie, soutenu par la Cour Suprême, non élue par le peuple (le peuple peut très bien théoriquement élire des juges) et dont l'agenda idéologique n'a de secrets pour personne. Si un Juif est attaqué par un Arabe sur un contentieux foncier, il n'a pratiquement aucune chance de s'en sortir gagnant. Jamais cette Cour n'a rétorqué à des dirigeants ayant retourné leur veste, élus dans le but de défendre les intérêts du peuple juif avant de les attaquer, qu'ils s'étaient fait élire sur la base d'une charte donnée, et qu'ils devaient – puisqu'ils s'étaient métamorphosés – démissionner et se représenter devant leurs électeurs en leur disant qu'ils avaient changé d'avis et qu'ils seraient désormais pour que Gaza devienne arabo-musulmane et que les Juifs en soient bannis. Quant à la gauche, même élue par miroitement d'une paix qui ne s'obtiendrait qu'en se montrant conciliants devant les organisations aux aspirations génocidaires, elle a usé de pots de vins, avec deux transfuges du parti de droite laïc Tsomet de Raphaël Eithan et d'un membre hésitant de leur parti, qui ne voulait pas aller jusqu'à approuver l'introduction du criminel Arafat et de ses infrastructures à deux minutes de Jérusalem et à vingt de Tel-Aviv, mais qui s'était laissé acheter par la Mitsubishi généreusement offerte pour l'aider à se décider. Comble d'ironie, son nom était Goldfarb, la couleur de l'or.

Une autre raison du maintien au pouvoir de la gauche, c'est le soutien financier qu'elle obtient de l'étranger. Il a été clairement établi que toutes les organisations dites des droits de l'homme et défavorisant systématiquement les Juifs sont grassement entretenues par des fonds étrangers. La destruction du chantier Dreinof qui devait permettre à plusieurs dizaines de familles juives de se loger a été initiée par l'association Yesh Din, et tous les frais de procédure couverts par des fonds hostiles.

Bien entendu, on ne peut pas ne pas évoquer la mainmise d'un groupuscule ayant parasité l'empire médiatique. L'autre jour, dans le bus (je ne les écoute a priori plus depuis bien longtemps, et surtout depuis qu'on peut tout savoir par Internet), j'entends un accapareur chronique de micro se lamenter en répétant inlassablement : «Cahana avait raison». Avant même de me concentrer sur ce qu'il disait, j'avais d'ores et déjà compris qu'il ne voulait pas faire son mea culpa pour le travail de sape et de «rétsah ofi», assassinat du caractère, mot à mot, que lui et ses complices avaient orchestré pendant des années jusqu'à son élimination physique presque passée sous silence  et jusqu'à la recrudescence des attaques antisémites contre toute logique au beau milieu du pays d'Israël. Non, ce monsieur se lamentait que des gens aient collé des autocollants sur lesquels il était écrit : «Cahana avait raison». Bien entendu, le système radiophonique est suffisamment inaccessible et fermé pour vous empêcher de lancer au chroniqueur : «Monsieur le détenteur de micro, si vous pensez que Cahana n'avait pas raison, et à condition bien sûr que vous ne soyez pas né de la dernière pluie, c'est que la vie des Juifs ne pèse pas lourd pour vous.»

 La première préoccupation de toute la clique qui s'accapare les ondes, lorsqu'un Juif innocent est lâchement assassiné, c'est d'innocenter le milieu qui a produit son assassin. Les actes antisémites sont déguisés en actions nationalistes, compris et excusés. Et les mêmes censeurs donneurs de leçons offusqués par l'idée de la punition collective contre des colonies islamiques qu'il serait injuste d'effacer lorsqu'elles produisent des enfants égorgeurs de familles juives qui se reposent chez elles dans la douce quiétude du shabbat, réclament la fermeture d'écoles talmudiques qui se permettent de revendiquer un peu trop clairement les droits du peuple juif sur son sol. Et puisque le rabbin Cahana avait tort, son école, Hara'ayon Hayéhoudi reprise par son fils, a été fermée sur l'ordre du Chabak, au début du siècle. On peut évoquer également dans ce contexte les poursuites et descentes de police à la yéchiva d'Itshar, en Samarie. Et pourtant, personne chez les Juifs n'a égorgé qui que ce soit.

Les populations arabes sont globalement présumées innocentes, et, au lieu qu'il soit exigé d'elles qu'elles condamnent sans réserves les pires crimes antisémites perpétrés par leurs frères, les accapareurs d'ondes présentent à leurs interviewés leurs plus plates excuses pour bien leur laisser entendre qu'ils n'ont jamais eu l'intention de les accuser de crimes qu'elles n'ont pas commis, et qu'ils regrettent que des Israéliens pourraient ressentir une rancœur injustifiée envers elles.

Parfois aussi, on invite sur les plateaux de télévision les exceptions qui confirment une règle que l'on veut taire. Prenons le syndrome Zouabi. Forte des droits octroyés à ses minorités par le débonnaire Etat juif, la députée qui porte ce nom, fidèle à la politique ingrate du salami ou du couteau dans le dos, profite de sa position pour exprimer sa haine d'Israël et encourager ses électeurs à désinhiber leur antisémitisme somme toute légitime. Par contre, on aime bien mettre en avant sa sœur, qui ne parle que pour elle-même, et qui exprime quant à elle toute sa reconnaissance envers Israël. Le hic, c'est que la Zouabi gentille n'est pas représentative.

Par extension, puisque les pires actes antisémites, massacres compris, ne sont que l'expression malheureuse d'un conflit local, alors, dans un premier temps, nous assisterons à un écho de la position politico-médiatique israélienne, à chaque fois que les médias internationaux se chargeront de propager ces tristes nouvelles. Il y est vrai qu'ils en ajoutent une couche de leur propre crû, avec leurs «bébés colons», entre autres. Mais que se passera-t-il dans un second temps? Autrement dit, quand, sur le sol français, des Arabes attaqueront des Juifs qui se rendent à la synagogue, ou qui vont faire leurs emplettes pour shabbat? On parlera alors d'importations de conflit : «Allez régler vos comptes ailleurs!!» La notion neutralisante de cette importation a vu le jour vraisemblablement vers l'année 2002, lorsque le ministre français de l'Intérieur, Daniel Vaillant, lance à l'Assemblée le principe de l'importation de conflit, qui fait que ce ne sont plus les seuls crimes antisémites perpétrés en Israël qui ne sont que politiques, mais également ceux qui sont perpétrés en France.

Au départ, même la presse a été surprise par Vaillant, puisqu'elle a parlé d'une «formule». Jean Kahn, président du Consistoire central, ne s'était pas laissé embrouiller et avait immédiatement réagi en dénonçant une «banalisation de l'antisémitisme.» Plus tard, en juillet 2014, après l'attaque à Paris de la synagogue de la Roquette, les plus hautes autorités de l'Etat, bien que condamnant ces émeutes, n'en ont pas moins usé de cette nouvelle notion. «Le conflit israélo-palestinien ne peut pas s'importer», disait en public F. Hollande. Mais pourquoi se gêner, puisque la notion d'antisémitisme n'est pas présente dans le discours israélien? Seuls les dirigeants communautaires du Consistoire et du Crif ont montré du doigt le problème, dénonçant la motivation des attaques contre «des familles en prière… menacées physiquement et verbalement au sein d'un lieu de culte au seul motif qu'elles sont juives» (Communiqué du Consistoire juil. 14).

Revenons aux tyrans du système médiatique israélien qui imposent leur dictature. Ils tentent parfois de donner le change. Un homme de droite, il me semble que c'était Ouri Auerbach – je félicite d'avance qui me donnera des précisions sur ce fait –  avait été invité autour d'une table ronde aux nombreux intervenants, dans un studio de télévision. Il s'agissait de débattre des sujets qui opposent la gauche et la droite comme établi plus haut. Il devait y avoir une dizaine de personnes. Notre invité remercia chaleureusement l'accapareur d'ondes à peu près dans ce langage : «Je dois honnêtement reconnaître que vous n'auriez pas pu recevoir un autre défenseur du même bord que moi. Vous n'auriez pas eu assez de place.» Le présentateur, vaguement médusé : «Oh, on aurait peut-être pu s'arranger et se serrer un peu.» L'invité insiste : «Ah, non, parce que vous n'auriez pas pu rééquilibrer le débat.» Le journaliste ne le suit pas. Et, profitant du direct, notre invité s'explique : «Où auriez-vous fait alors fait tenir neuf personnes de plus, pour rééquilibrer le débat? »

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18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 11:30

Israël accusé pour sa trop grande bonté

Que recherche-t-on par la publication d'un article, d'une opinion, d'une analyse ou d'une réflexion? Faut-il avoir le premier mot ou le dernier mot, le premier ou le dernier à en parler? S'il s'agit d'une information, il semble évident qu'il vaut mieux être le premier, surtout quand il est question de faits qui vont a priori faire le tour du monde. En revanche, lorsque l'on présente l'explication d'un phénomène géopolitique ou social, les avis sont partagés. On peut vouloir être le premier à donner son point de vue, mais on peut aussi attendre que l'engouement se tasse pour n'intervenir que si l'on constate que l'angle sous lequel on appréhende la question n'a pas été évoqué au moment du déferlement d'encre virtuelle sur les nouveaux médias tels les téléphones digitaux, les ordinateurs portables et autres téléscripteurs modernes.

Donc, le président américain a pris la décision de transférer son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. Il a par conséquent concrétisé la reconnaissance par les Usa de la centralité du mont Moria où s'affirme le démarrage de l'histoire hébraïque en 2085 de l'ère du même nom, et ou sera construit le Premier Temple moins d'un millénaire plus tard, dans l'âme et l'histoire du peuple d'Israël.

Maïmonide, dans ses lois de la Maison d'Election (2, 2), évoque en quelques mots la centralité universelle puis ponctuelle du Mont du Temple : «La tradition admise de tous veut que le lieu où David et Salomon édifièrent l'autel, là où se trouvait la grange Aravna, est le lieu où Abraham bâtit son autel et y ligota Isaac ; c'est le lieu où Noé construisit [son autel] en sortant de l'arche, et c'est le lieu où Caïn et Abel firent leurs offrandes. C'est le lieu où Adam offrit son sacrifice, lorsqu'il fut créé, et c'est à partir de ce lieu qu'il fut créé. Les Sages dirent : "Adam, c'est sur le lieu de son expiation qu'il a été créé"».

Certains affabulateurs médiatiques – en gros tout ce qui brandit un micro – ont tout de suite vu rouge et agité des drapeaux noirs, prétendant s'indigner d'un retournement radical de la direction du leadership américain. Pourtant, l'honnêteté la plus élémentaire serait de pousser un grand soupir de soulagement : «Aaah! Enfin! Et ben c'est pas trop tôt!» puisque Trump, comme susdit, n'a en fait que rendue effective la décision prise démocratiquement par le Congrès en octobre 1995.

Une date buttoir avait même été avancée : le 31 mai 1999. Peut-être eût-il fallu interroger les élus américains responsables quant aux motivations du choix de cet instant, car elle occupe une place non négligeable dans l'inconscient occidental, comme en témoignait déjà environ trente ans à l'avance, la série télévisée, américaine elle aussi, de Cosmos 1999. En filigrane, le message de cette série consiste à dire que l'humanité peut jouer aux apprentis sorciers tant que ça lui chante, mais jusqu'à la date dé péremption, où il faudra rendre compte de ses actes, et du sabotage amorcé très tôt de notre univers. L'an 2000 devait être la fin du monde. Des sectes en ont fait leur beurre : inscrivez-vous vite pour ne pas manquer votre suicide collectif, fonds de commerce lucratif, et échapper au châtiment.

La psychose était si puissante en Europe qu'elle en a en quelque sorte influé sur le cours de la nature, avec la fameuse tempête du siècle qui a frappé deux grands coups juste avant le passage à la date fatidique. Mais un subconscient du subconscient y a discerné peut-être une autre fin du monde, celle où le Dieu d'Israël exigerait des comptes de cette humanité qui s'est montrée vorace tels les soixante-dix loups auxquels elle est comparée. Le Midrach (Yalkout Chimoni Deutéronome chap. 10), rapporte que les éloges : «Le Dieu grand, puissant et terrible», avaient été réduits lors de la destruction du Temple par Jérémie : «Des Chaldéens coassent dans son Sanctuaire…»  qui fit retirer «terrible» et Daniel : «Des Chaldéens esclavagistes soumettent ses enfants…», qui ne fit garder que l'adjectif de grandeur. Les Sages de la Grande Assemblée rétablirent la formule complète. Où se trouvent donc les aspects puissants et terribles du Dieu d'Israël? Dans la résistance exceptionnelle de «la brebis au milieu des soixante-dix loups affamés». Ces loups étant les nations, et l'heure de vérité approchant, il fallait donc montrer patte blanche avant que les dés ne soient irrévocablement jetés. D'ailleurs, des Accadiens pourtant non convertis à l'orphisme il ne reste que des traces.

Mais les pulsions traditionnelles irrationnelles ne s'avouent pas vaincues si facilement. Le cap du millénaire, une fois franchi, désamorce la psychose mondiale, et les rancœurs  en veilleuse ne tardent pas à reprendre des forces. Et il se peut fort que ce ne soit pas non plus par hasard, que la plus grande offensive médiatique avec accusation de crime rituel, adaptée au goût du jour bien sûr, se soit déchaînée dès qu'il fut constaté que le calme avait repris ses droits après la tempête du siècle, qui n'a donc pas été l'avant-goût de la dévastation de la planète terre. Et ces mêmes pulsions fâchent un grand nombre qui assiste médusé à une reconnaissance qui pourtant ne fait que passer de de jure à de facto, en tout cas de moins en moins théoriquement, puisqu'entretemps, l'Administration américaine a acheté l'hôtel Diplomat. Mais les indignés avaient pris pour acquis le rituel de Clinton Bush Obama, qui consistait régulièrement, tous les six mois, à reconduire la concrétisation de cet engagement, contournant la loi en exploitant l'une de ses sections. Ce transfert s'inscrit donc dans la suite logique de cette normalisation entamée vingt-deux ans plus tôt.

Israël est sûr de lui, attaquons ses «brebis galeuses»

Pour une fois, Israël est sûr de lui. Il n'a pas eu la peur de sa vie escomptée par beaucoup de faux prophètes prétendument inquiets pour lui et pressés de le pousser à sauver sa peau en s'opposant lui-même à cette reconnaissance, qui n'a plus existé pendant près de deux mille ans, depuis la destruction du Temple par les Romains. Et Israël devrait procéder à sa propre flagellation, prendre le fouet qu'on lui tend et continuer à se mortifier tout seul, puisqu'il a largement eu le temps de comprendre la leçon.

Mais non, rien à faire, Israël vit sa vie, et ne juge pas utile de leur répondre, hormis çà et là quelques discours, fameux il est vrai, de mise au point, histoire de réfuter les ardeurs fanatiques, au cas où les détracteurs seraient tentés de conclure que «qui ne dit mot consent». Car même des diplomates souvent frileux revendiquent le lien trimillénaire de la capitale des Juifs. il remonte à une époque antédiluvienne pour ceux dont les pères chassaient le mammouth ou le dinosaure, à en croire les gardiens de leur mémoire, à coups de silex.

D'où le nouveau discours antijuif :

Si Israël reste stoïque et indifférent à la haine pourtant nettement étayée, il ne reste plus qu'à s'en prendre à ses saints. Allons attaquer les Juifs d'Europe en les accusant de double allégeance, ça faisait longtemps, voire de simple allégeance exclusivement vouée à Israël. Les tenants d'un judaïsme ou d'un nationalisme juif allégé de tout ce qui nécessite beaucoup de courage et de conviction pour être assumé, ou les adeptes adaptés au décor de formes dérivées du judaïsme authentique pour faire plaisir et bien se faire voir des autres, tous en porte-à-faux avec leurs valeurs, ne nous intéressent pas. Ce que nous cherchons, c'est de provoquer de front et de mettre en difficulté les fidèles d'un judaïsme sans complexes, et, pourquoi pas, de les obliger à abjurer ou, le cas échéant, à reconnaître qu'ils sont personnellement responsables de cette importation de conflit, argument que nous avons presque abandonné depuis que nous avons été accusés d'être permissifs et empathiques envers l'antisémitisme musulman. Telle est la démarche journalistique ou politique qui se remet à sortir ses griffes.    

Israël, sa gentillesse le perdra

Une interview intéressante a mis le président du Consistoire en face-à-face avec un journaliste qui peut être considéré comme le porte-voix ou parole de cette approche accusatrice. La tentation et la tentative de l'interviewer était aussi de brouiller les relations entre l'organisme représentatif et le pouvoir. Le travail du porte-micro a été de mettre en conflit la satisfaction des Juifs de la démarche américaine d'une part et la position de Macron dont le discours officiel laisse assurément entendre qu'il ne reconnaît pas la souveraineté d'Israël sur l'emplacement de ses trois Temples, d'autre part. L'interviewé doit donc se laisser enfermer dans les limites de la chambre noire tracées par la dialectique des questions, et en venir à trahir soit son attache à Jérusalem, soit le rapport de confiance entretenu entre la communauté juive et le président français.

J'ai été agréablement surpris par la maîtrise du discours et du jeu diplomatique du président du consistoire. Il a simplement refusé de courber l'échine et a brisé les carcans de cette chambre noire. Sa position a oscillé entre «l'un n'empêche pas l'autre» et un «je n'ai pas envie d'entrer dans ton jeu», sous-entendu, bien sûr.

Quant à la question en soi du retour d'Israël sans partage en la terre de ses racines, la démarche repose sur des clichés, le plus gros –mais plus c'est gros, plus ça passe – restant celui de Jérusalem-Est. «Mais puisqu'on vous l'a prise, la cité de Jérusalem, pourquoi imaginez-vous que vous allez le reprendre? Acceptez donc ce fait accompli de l'occupation qui vous est extrinsèque, puisque vous aimez la paix» peut-on entendre ou lire en filigrane.

Serait-ce à dire que le monde entier, ou du moins sa partie qui procède de cette démarche, reproche à Israël d'avoir été trop bon? Il va de soi que la non-affirmation et confirmation des droits d'Israël sur son sol, lorsqu'il n'a pas fait partir ses ennemis vaincus, et qu'il les a laissés de surcroît s'étendre jusqu'à asseoir leur occupation sur des pans entiers de Jérusalem, fournit de l'eau au moulin des détracteurs, ce qui est bien loin de les convaincre qu'Israël doit être respecté en tant que pays et armée les plus moraux du monde. Paradoxalement, c'est sa gentillesse qui le fait passer pour le méchant.

Et pourtant, l'occupant arabo-musulman sinon sanguinaire du moins intolérant, qui impose sa présence à Jérusalem, et qui empêche le Juif de vivre et de se déplacer librement où bon lui semble dans sa capitale en assujettissant les forces vives d'Israël, ne bénéficie pas d'une appellation ou d'un label spécial, contrairement à la propagande qui a par contre, concernant l'ensemble du pays, fabriqué le Nouveau «Palestinien», argument faux mais fort pour évincer l'Ancien Palestinien. La majuscule est à dessein.

Ce ne sont pas les musulmans ou les chrétiens qui subiraient les effets d'une indignation provoquée par des Vaticaniens ou des Mecaniens, puisqu'ils n'ont jamais toléré la présence et encore moins l'installation d'entités qui ne seraient pas à l'unisson avec leurs doctrines respectives. Effectivement, les Vaticaniens et les Mecaniens n'existant pas, il n'y a par conséquent aucun argumentaire qui mettrait en avant un Vatican-Est ou une Mecque-Est. Autre conséquence, si le Vatican ou la Mecque rénovent leur partie Est, et que les catholiques et musulmans de Paris en éprouvent une grande joie, aucun catholique ni aucun musulman ne sera soupçonné de double ou simple allégeance. Ce serait un fait religieux, sans plus.

Yéochoua Sultan ©

 

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4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 17:47

Illustration : chêne millénaire sur le site du rêve de Jacob

Je voudrais aborder ici une question fondamentale qui se rapporte au traitement inéquitable de la haine contre les Juifs, selon sa provenance.

Lorsque nous parcourons les titres de la presse, des journaux ou les chroniques et les livres d'histoire, tout au moins en ce qui concerne les soixante-dix à cent dernières années, nous relevons que les crimes antisémites sont présentés différemment selon qu'ils sont ou ont été perpétrés par des Européens ou par des Arabes. «Untel, fusillé ou exécuté par les Allemands ou par la Milice». «Untel, mort dans un attentat terroriste». Les listes de victimes du nazisme portent pour chaque nom la mention acrostiche hébraïque הי"ד : «Que D. venge son sang» tandis que pour les assassinés par les Arabes ou l'islam, il est mentionné ז"ל : «que son souvenir soit bénédiction». Cette distinction n'est ni fortuite ni hasardeuse. Elle est systématique. Et s'il reste néanmoins envisageable que certains lecteurs aient pu ne pas y prêter attention, il ne pourra plus à partir de cet instant où il vient d'en être avisé ne pas être frappé par ce phénomène hégémonique.

Tout mal commence par des mots, et on ne pourra dire qu'il ne faut pas se formaliser pour ce qui vient d'être dit. J'ai tenté sur les réseaux sociaux une petite expérience. J'ai d'abord émis l'hypothèse qu'il ne faut pas chercher la petite bête, puisque les indicateurs de dépêches ne sont pas des férus de littérature, et qu'ils disposent d'un vocabulaire limité et surtout d'une liste de phrases savantes formatées par un cerveau extrinsèque et prémâchées par eux. Le choix pour le journaliste de corvée de la dépêche de circonstance s'impose comme la résultante d'un aiguillage qui oriente vers leur cerveau par un éventail réduit de réflexes conditionnés l'association voulue entre l'événement constaté et la ligne du texte en adéquation du dépanneur linguistique.

Il n'est pas question ici de les tourner en dérision, mais les journalistes de terrain sont suffisamment débordés et selon le cas en danger pour se mettre à raisonner comme s'ils se trouvaient dans un salon littéraire, ou penchés sur leur cahier. De plus, dès que le premier a lancé sa dépêche, elle est reprise en l'état par tous les médias qui en font l'écho, et elle est retranscrite dans toutes les langues. C'est donc l'innocence supposée de ce travail que ladite expérience tente de vérifier. Elle est très simple. Il suffit d'écrire : «Un bébé juif assassiné dans les bras de sa mère par un Arabe sur le quai d'une station de tramway» ; «Un père et une mère juifs fusillés par les Arabes sous les yeux de leurs enfants». «Une famille juive égorgée par les Arabes dans la quiétude de son foyer». Ce n'est qu'un échantillon de faits réels dont le monde s'est fort peu ému, tirée de la très longue liste des pires attentats antisémites contemporains.

Certes, les personnes sensées qui partagent cette vision non édulcorée de la réalité existent, et elles sont bien plus nombreuses qu'on ne le pense, mais les réactions que j'attendais mais dont il fallait que je sois certain de leur réalité n'ont pas tardé à fuser. Très brièvement, l'argumentaire défendait qu'il ne fallait pas mettre tout le monde dans le même sac, qu'il y a des Arabes très favorables à Israël, qu'il ne faut pas blesser les sensibilités etc.

Même sans réfuter cet argument qui résulte d'une recherche éventuelle à la loupe d'une rose photographiée à l'aide d'un microscope à balayage électronique dans un champ d'orties – puisque les urnes électorales parlent vrai et que les sentiments haineux des députés arabes de la Knesset profitent de la liberté d'expression en dépassant largement la dose prescrite mais non proscrite les concernant, de sorte qu'il ne reste pas de place au doute – c'est-à-dire que même en voulant le prendre pour vrai, n'y avait-il pas des Allemands qui réprouvaient le nazisme, ayant compté parmi les justes des nations qui ont risqué leur vie pour protéger des Juifs? Les défenseurs des deux poids deux mesures vont lanceront alors leur dernier mots, celui qui vient tout relativiser : «Oui, mais c'est pas pareil.»

Mais en quoi est-ce que ce n'est pas pareil?

Effectivement, ce n'est pas pareil. Le nazisme, acrostiche de nationalisme et socialisme, soit dit en passant, le pétainisme, le déicisme, pourquoi ce mot n'e fait-il pas partie du vocabulaire du correcteur ? Et ainsi de suite, sont autant de visages d'une même bête immonde. L'islamisme est le chouchou de cette liste, pour la bonne raison qu'il n'y figure pas. Encore plus fort : il est protégé par la terreur de la pensée, et qui le dénoncera sera pourchassé par une nouvelle milice d'Etat. Elle porte en France la bannière de l'islamophobie, drapeau rouge qui sera brandi sous les yeux de qui osera la montrer du doigt.

Et c'est pareil en Israël, à la différence près que la caricature n'est pas allé si loin, puisqu'il n'a pas été inventé de terme en hébreu pour faire peur aux gens, et que l'on y est resté à l'accusation moins sophistiquée de «racisme», qui n'est en l'occurrence que l'absurde dénonciation de l'aversion du Juif contre ce qui le hait. Donc, généralement, il existe une forme et une seule d'antisémitisme défendue par les autorités.

Il y a un hic, un blocage dans le raisonnement

Or, bien que le mensonge semble reculer et les cerveaux se dessiller, puisque l'opinion admet de plus en plus facilement que l'antisionisme est une forme ma déguisée d'antisémitisme, logique que revendiquent avec courage de plus en plus de politiciens du monde libre (si j'ose dire), il y a quelque chose qui bloque dans le raisonnement, qui n'est pas sans rappeler le cancre importuné par son professeur qui lui demande : «Allons, mon petit Toto, combien ça fait un et un?» Un attentat à la rue des Rosiers est antisémite même s'il est motivé par la «solidarité avec la "Palestine"». Et un attentat à Tel-Aviv? «Hein, mon petit Toto, comment ça s'appelle un attentat perpétré contre des Juifs au Delphinarium de la rue Hayarkon. Allons, Toto.»

Eh oui, ce n'est pas pareil. Les nazis sont recherchés jusqu'au bout du monde. On remuera la planète entière, à juste titre bien sûr… on ira en Argentine chercher Mengele, en Syrie sur les pas d'Alois Brunner, on amènera pieds et poings liés Eichmann ou Demjanjuk, tous ces nazis démoniaques qui avaient réussi lors de la défaite de l'Axe à échapper à leur procès. Mais on encensera Barghouti, honorera Arafat, Habash ou Abbas.

Les monstres de l'Europe doivent être pourchassés, la morale humaine ne saurait accepter leur impunité, et des hommes déterminés et infatigables, à l'instar du couple Klarsfeld, ne s'accorderont aucun répit tant que justice ne sera pas faite. Et pour d'autres, non moins dangereux pour la paix publique et la protection des innocents, on se placera aux antipodes de ce qui va pourtant de soi. La signature des accords d'Oslo a été couverte par un grand tapage médiatique.

«C'est avec ses ennemis qu'on fait la paix». «Aimez-vous les uns les autres, oubliez les vieilles rancunes». On le comprend tout de suite. Ces injonctions morales ne s'appliquent pas aux antijuifs de l'Europe autochtone. Nous viendrait-il à l'idée d'oublier les vieilles rancunes contre les nazis en fuite, de faire table rase? Il est vrai que leur âge moyen frise la centaine, mais ce n'est qu'une question pratique. L'éthique ne saurait admettre cette impunité, et elle continuera à la considérer comme inadmissible même dans deux cents ans, tout comme le génocide arménien ne saurait être passé sous silence, bien que les assassins friseraient aujourd'hui l'âge de cent cinquante ans. Mais là, non seulement on nous demande d'oublier les vieilles rancunes, mais de ne pas nous formaliser pour les nouvelles. Les accords d'Oslo, l'introduction dans la bergerie d'Arafat et de ses sbires, puis le maintien de ses successeurs, ont semé la guerre non plus sur le front mais à l'intérieur des villes, dans les rues, les cafés, les maisons, et personne ne s'insurge réellement contre les ravages de cette forme de haine du Juif.

Il est vrai que cette aberration n'est pas née d'hier. D'entre les criminels de guerre jugés au cours du procès de Nuremberg puis condamnés, le seul de leur complice ayant bénéficié d'une protection d'Etat en Europe fut le mufti Husseini, protégé puis soustrait à la justice par la France, qui couvrit par la suite le départ d'Arafat de Beyrouth.

Les excuses que la (mauvaise) conscience accorde aux tueurs de Juifs, quand ces tueurs sont des adeptes de l'islam, sont démenties par la violence abjecte de leurs crimes. Les motivations d'inspiration arabo-musulmane se situent dans un no man's land. Elles sont une valise diplomatique de contenance illimitée où s'entassent toutes les formes anciennes de la haine contre les Juifs.

Et c'est ainsi qu'en dépit de principes moraux défendus entre autres par trois révolutions françaises, on admet qu'un bébé juif soit assassinée dans les bras de sa mère à une station de tram. Des gens très humains, avenants, paisibles au possible, agissent par désespoir, exaspérés par les Juifs qui éveillent la bête humaine qui sommeille dans les tréfonds d'une hérédité tenace et ancrée jusque chez le représentant le plus pacifique de l'espèce humaine. En d'autres termes, les Juifs l'ont bien cherché.

Tout comme ils le cherchaient bien quand les Croisés et autres Inquisiteurs  que la morale aujourd'hui condamne les châtiaient de leur témérité. Ils défendaient pourtant de profondes valeurs chrétiennes lorsqu'ils passaient au fil de leur épée les communautés de Worms ou de Navarre.

Les allégations contemporaines ne valent pas mieux. Car l'Argument avec un grand A, la si hérétique «Occupation» reprochée à Israël, chère aux grincheux automatisés, si roborative et valorisante, rivalise par son ineptie avec les motifs fautifs et les prétextes fallacieux d'antan. L'Olp, dont le l libérateur des haines frustrées est l'adoucissant d'un e exterminatoire,  a été fabriquée en 1964, soit trois ans avant la guerre de 67, marquée par la reprise par Israël du cœur de son berceau territorial, et l'on ment ouvertement depuis cinquante ans en nous faisant croire que c'est à la Judée-Samarie qu'ils en voudraient. Que l'on ne nous parle pas de «Cisjordanie», car nous pourrions revendiquer pour notre part le «Trans-Israël».

En remontant un peu plus loin, on nous dit que la création de l'Etat d'Israël en 1948 est la raison de la colère d'un monde arabe pourtant si inoffensif. Et que faire alors des pogroms de 1929 et de 1936? Ah, c'était à cause de Balfour et de San Remo, puisque 1917 et 20, c'était avant. Et que dire de la tentative ottomane de confisquer toutes les armes des Juifs de Palestine pendant la première guerre Mondiale, au moment-même où les Ottomans avides de sang massacraient systématiquement les Arméniens? Ils ont fait quoi les Juifs, avant 1914? Quant à l'octroi de la nationalité israélienne et à l'égalité des droits à des ennemis malencontreusement pris pour des ex, elle n'a rien fait. Les terribles incendies qui ont ravagé la région de Haïfa et de Jérusalem ont été allumés par des Arabes israéliens. L'octroi de la nationalité n'est pas, comme on peut le constater, une conversion à la cause d'Israël, et encore moins au judaïsme. Les derniers attentats sur le mont du Temple ont eux aussi été perpétrés par des Arabes israéliens.

Vouloir éloigner l'ennemi est une opinion dangereuse

Les observateurs politiques qui ont envisagé que la meilleure paix possible ne se ferait qu'en éloignant les populations ennemis, véritable terreau qui produit continuellement des tueurs de Juifs, ont été assassinés par les Arabes. Le Rav Kahana et Rehavam Zéevi n'ont pas pu faire valoir ce point de vue, bien que la réalité leur ait donné raison.  Du coup, plus personne aujourd'hui n'ose prononcer le nom de cette menace. Tout au plus, on revendiquera le droit des Juifs à vivre sur toute la terre d'Israël, sur toute la Palestine historique, patrie du peuple juif. Mais les revendications les plus courageuses occulteront avec beaucoup de précautions le fait que tant que Ramallah ou Oum-El-Fahem continueront à imposer leur présence, il y aura sur cette terre des régions interdites aux Juifs.

Et flatter les antijuifs en Israël par solidarité avec les Juifs de l'étranger?

J'ai parlé et discuté longuement avec des militants et politiciens de partis comme le Mapam, Rats, ou le Ma'arakh, dont le dernier est connu à l'étranger sous la dénomination de parti travailliste. Les formations politiques ont vécu des remaniements depuis. Mais, puisque les accords d'Oslo n'avaient pas encore été tentés, le débat portait sur deux points.

 Le premier, c'est que le peuple juif n'a pas souffert presque de deux mille ans d'exil pour faire cadeau de sa terre à son retour au premier venu. Un consensus voulait que toutes les factions politiques s'accordassent sur le lien d'appartenance entre le peuple d'Israël et la terre d'Israël. Nous avons eu droit, un ami et moi, à une réaction indignée de la part du célèbre Yossi Sarid, lorsqu'on lui a annoncé qu'on avait appris qu'il se serait déclaré prêt à ramener les frontières aux portes de Jérusalem.

C'est donc de ce consensus qu'est né le concept des «concessions douloureuses». Les partisans des cadeaux aux ennemis arguaient qu'ils préféraient ne garder qu'une partie de leur bien et vivre en paix ; à en garder la totalité et être toujours en guerre. Il fallait par conséquent leur expliquer leur erreur en relevant l'incohérence de leur équation et de leur en faire prendre conscience. L'argumentation consistait à dire que plus on leur accorderait de cadeaux, plus ils seraient gourmands, et moins ils seraient conciliants, persuadés qu'ils seraient de gagner par étape une guerre psychologique.

Et c'est à partir de là qu'est né le reproche qui nous a été adressé par la suite: «Comment, vous, défenseurs de la légitimité de la souveraineté d'Israël sur sa terre, vous osez la justifier par des arguments sécuritaires??? Alors que D. a créé la terre entière et accordé cette portion de terre à Abraham, Isaac, Jacob et leur postérité???» C'était au départ sortir la question de son contexte, bien que certains défenseurs eussent oublié à leur tour ce contexte.

Et que nous a-t-on répondu à l'argument sécuritaire, du cauchemar et des chantages à n'en plus finir qui s'ensuivraient? Eh bien, contre toute attente, à part quelques sombres illuminés qui croyaient à la paix – ou plus précisément en la paix – avec les ennemis comme en un dogme mystique – «Je veux croire que cela marchera», m'avait-on dit parfois – les plus avisés étaient d'accord sur le fond. Mais ils ont arboré un argument original, révélant les dessous de l'illogisme de leur démarche.

«Nous ne sommes pas seuls au monde. Nous pourrions en effet nous débarrasser en très peu de temps de cette menace permanente. Il n'y aurait plus d'attentats dans le pays. Mais il faut penser aussi aux communautés juives de l'étranger. Nous ne saurions les livrer à des représailles de masses qui n'attendent que ça, de gens sans scrupules, qui se vengeraient lâchement sur eux... et pas seulement dans les pays arabes. Je doute notamment que la France soit capable ou motivée pour défendre ses Juifs des organisations terroristes arabes.» Ce célèbre argument de la gauche locale est moins connu.

Amadouer les antijuifs en Israël rend légitime le même antijudaïsme en Europe

Il fallait donc redéfinir la problématique, et surtout ne pas agiter les démons de l'antisémitisme. Non, il fallait coûte que coûte cacher la vérité et ramener l'équation au cas classique d'un différend territorial entre deux nationalités, la juive et la pan-arabique. Il fallait aussi interpréter de mille et une façon le cri de haine qui motivait le crime, et qui était bien plus couramment «Egorgeons le Juif» que le fameux «Allah est grand» auquel se sont familiarisées de nos jours les démocraties occidentales et les capitales européennes.

Et c'est cette logique de minimisation de l'extrême gravité de la recrudescence des assassinats antisémites, phénomène d'autant plus alarmant qu'il se manifeste là où le Juif vit enfin sur sa terre et dans son pays, qui non seulement n'a pas épargné les communautés juives de l'étranger en voie accélérée d'extinction, mais qui a d'une certaine manière mis hors de cause l'antisémitisme musulman, là-bas en Europe. Et c'est bien entendu par ruse, par profit de l'occasion, que des dirigeants gouvernementaux ont ri sous cape et feint de ne voir qu'une «importation de conflit», là où les agressions contre les Juifs ont grimpé en flèche. «Allez chahuter ailleurs», quand les agressions à sens unique ont obligé les Juifs à se retrancher ou à quitter les banlieues ou tout simplement la France et l'Europe, cependant que l'antisémitisme sous ses «formes classiques» était toujours aussi sévèrement jugulé. C'est peut-être pour cela que la conversion à l'islam est tellement tentante, puisque vous pourrez alors donner libre cours à vos sentiments refoulés.

Le plus étonnant, c'est que des voix s'élèvent en Israël pour exiger de l'Europe qu'elle lutte contre l'antisémitisme motivé par l'islam. Il faudrait peut-être tout d'abord à cet effet que l'on reconnaisse le caractère antijuif primaire de la haine ressentie par les pseudo-Palestiniens, dont l'appellation est le tampon encreur casher de cette haine. Reconnaître qu'ils ne cherchent pas à obtenir un énième Etat musulman arabophone, mais à nous prendre le nôtre pour en faire un désert, il n'y a rien de plus salutaire.

Mais le mal est profond. Dans quelle région du monde est-il admissible qu'un groupe de non-Juifs se rassemblent et se mettent en marche dans l'intention de tuer des enfants juifs? Je vous le donne en mille. Comme je l'exposai plus haut, aucun média n'a titré : «Un pogrom contre des enfants juifs miraculeusement neutralisé». Non, le 30 novembre dernier, pour ceux qui ont relayé l'information, «des enfants ont été attaqués, un "Palestinien" a été tué par un accompagnateur sécuritaire.» Les enfants ne sont pas juifs, ils n'ont été attaqués par personne, ou peut-être par x, et l'appellation forgée par le narratif de la légitimation de la haine est dans le titre. Ce n'est pas encore gagné.

Mais la pérennité d'Israël ne sera pas démentie, et il sera délivré en dépit du manque de volonté et de conviction de ses dirigeants, tout comme Jérusalem a été libérée sans qu'aucun parti politique ne l'exigeât, et encore moins le gouvernement. Israël récupérera son pays, envers et contre tout, et D. fera seul les miracles, si Israël ne veut plus y prendre part. La guerre des Six jours a été gagnée miraculeusement, c'est indéniable, mais le leadership israélien y a été pour quelque chose ; par contre, concernant la guerre de Kippour, où, bien que l'effet de surprise a été démenti par la levée de la censure, quarante ans après les faits, la direction politique a accordé une vague de permissions sans précédent, dégarnissant les frontières. Et pourtant, Israël a repoussé son ennemi. Israël vaincra, qu'il le veuille ou non,  bé-ezrath Hachem.

Yéochoua Sultan ©  

 

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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 18:39

Le droit à la terre d'Israël ne se définit pas par la naissance sur son sol. Les autorités ne l'ont compris que partiellement, en accordant la nationalité à tout Juif désirant devenir Israélien. Les membres de la nation d'Israël peuvent donc revenir au pays comme s'ils ne l'avaient jamais quitté.

Mais il ne faut pas s'y méprendre. Leur droit ne provient pas du fait que leurs ancêtres, mêmes lointains, y étaient nés, car ce droit commence pour des gens qui ont été définis en tant que nation alors qu'ils se trouvaient sur une terre étrangère, l'Egypte. Leur identité nationale, l'âme spirituelle ajoutée à leur corps national,  fut acquise dans le désert, après qu'ils eurent reçu la Torah sur le mont Sinaï.

Devrait-on, dans une ultime tentative de retrouver le principe du droit du sol, remonter encore plus loin dans l'histoire ?

En effet, on pourrait penser que, le rassemblement des Hébreux dans le désert n'étant que la suite généalogique logique des patriarches, le droit se définirait par rapport au lieu de naissance d'ancêtres plus anciens. Ce droit entrerait en vigueur alors depuis la naissance d'Isaac, premier de la lignée des Hébreux-Israélites-Juifs (ou Judéens) à être né en Palestine.

Or, on comprend bien que le droit biblique ne fonctionne pas de cette façon. En effet, bien que la Torah accorde une importance de taille au maintien d'Isaac sur cette terre, lui qui n'a jamais quitté la terre sainte sa vie durant, les autres fils d'Abraham, ceux qui ne reprendront pas le flambeau de la Révélation, sont envoyés par Abraham en personne vers d'autres contrées, le fils d'Agar comme les fils des servantes. Une génération plus tard, Esaü est à son tour dirigé vers le mont Séir.

Le droit au sol ne se définit pas en vertu des règles bien connues des différentes législations. Il transcende le lieu de naissance, qui peut ne procéder que d'une importance très secondaire. Rashi, le premier des sages de France, en jette les lignes essentielles: la terre ne s'étant pas faite toute seule mais ayant été créée, de même que la race humaine et ses différentes ramifications ; le Créateur, par conséquent, dispose de toutes les contrées et de tous les peuples et en établit les associations selon son bon vouloir.

Pour revenir au principe du nouvel immigrant juif qui obtient automatiquement la nationalité israélienne, son droit, de même que celui du peuple libéré du joug égyptien, ou de ses plus anciens ancêtres, n'émane pas du fait que lors d'une ou de plusieurs générations quelqu'un est effectivement né sur ce sol, mais d'une attribution extrinsèque fixée par Celui qui crée le monde.

Quelle importance, pourrait-on se dire ! Au contraire, cette considération peut servir de clé pour comprendre bien des problèmes, voire des impasses, dans lesquelles se sont mises des civilisations florissantes qui ont à leur tour influencé le système et la perception du pays actuel d'Israël, confronté à des populations considérables non seulement différentes, mais animées par des revendications hostiles allant jusqu'à la négation du droit d'Israël sur sa terre, ce qui rend hésitants et perplexes bien des citoyens qui ont perdu de vue le principe précité.

Car nul n'est besoin que les ressortissants de nationalités qui n'ont pas reçu la Palestine en héritage vivent ici depuis deux mille ans, ni même deux cents ni même cinquante ou soixante. Il suffit qu'un Koweitien ou un Soudanais ait donné naissance à sa progéniture en Israël pour rendre tout le pays impuissant, les gens tirant la sonnette d'alarme étant systématiquement qualifiés de racistes ou d'incitateurs à la violence.

Quand l'Etat décida d'expulser tous les Soudanais et tous les arrivants entrés en fraude dans le pays, les dirigeants se sont heurtés à un système de valeurs assujetti dans son approche au principe de l'association du droit du sol à la naissance ; ce qui est susceptible de mener tout un pays à sa perte. La déclaration des droits de l'homme est encore plus critique: pour elle, non seulement un individu né dans un pays doit avoir systématiquement le droit à la nationalité, mais ce principe s'applique aussi aux nouveaux-venus, puisque tout individu peut choisir délibérément et sans contrainte aucune le lieu où il désire s'établir.

Là où le bas blesse, c'est que le texte ne stipule pas l'attitude qu'il convient d'adopter au cas où des individus arriveraient en force, niant le droit et les lois en vigueur dans leur pays cible, pour passer à des populations quasi indénombrables. Est-ce que, là encore, il faut les considérer comme des individus libres ?

Une civilisation régie par des règles, dont les citoyens se démènent pour le bienêtre du pays, en travaillant, cotisant, éduquant, pourrait ainsi se voir envahie par une population la dépassant en nombre, soit par la masse des arrivants, soit par l'addition des enfants à naître qui ne seraient d'aucune façon éduqués selon les principes acquis par l'ancienne population au prix de siècles de renoncement, de labeur et au prix du sang, dans tous les cas où il a d'abord fallu passer par des révolutions. De surcroît, les nouveaux venus pourraient très bien provenir d'un ou de plusieurs pays aux mœurs obsolètes, fondés sur la rapine et la loi du plus fort, dénigrant l'effort et le principe de contribution personnelle en faveur de l'épanouissement de la société, sachant que ce n'est que par le résultat de cet investissement commun, national, des ressources, que l'individu profite en retour de l'opulence et du bienêtre mis en place.

De fait, ils pourraient tout simplement provenir de pays où les habitants sont divisés en faction s'entretuant à coups de hache, les fuyards et les réfugiés étant tout simplement ceux qui auront eu le dessous dans ces coutumes qui vivent de rapine et de carnage ; où fuir des dictatures se servant de religions ou de partis parmi lesquelles ils se sont circonstancielle ment seulement retrouvés dominés et non dominants. Et il serait bien périlleux de les prendre en pitié, car le faible, dans le maniement homicide de la machette, est dix fois plus brutal au moins que l'être humain moyen de la société occidentale, raffinée par des générations de travail sur la brutalité et la bestialité de l'homme.

Les règles de l'octroi de la nationalité doivent être revues et repensées. Tout individu a le droit, oui, mais à titre individuel, dans l'objectif ferme de s'intégrer à sa société d'accueil envers laquelle il s'engage à être reconnaissant et fidèle, de jouir de droits accordés aux autres habitants, mais à condition aussi de s'engager au niveau des devoirs, et non pas de refuser d'apprendre la langue et les coutumes, pour se replier en une société nombreuse de parias remontés contre leurs hôtes qu'ils finissent par haïr, menacer et agresser.

Cette nuance existe dans le judaïsme depuis le don de la Torah, où il est question de deux sortes d'étrangers, le converti, qui fera partie intégrante du peuple d'Israël, et l'étranger résident, qui doit respecter les règles du pays sans se les appliquer toutes à lui-même, comme l'observation du shabbat en privé ou de la nourriture cachère. Il va sans dire qu'une ville entièrement peuplée d'étrangers où le citoyen national risquerait de se faire lyncher simplement en passant par cette ville ne correspond pas à l'intention du droit biblique.

Or, cette situation n'est pas vraie uniquement à Ramallah, en plein cœur du territoire israélien, mais en Europe, où des zones entières sont abandonnées par les autochtones parce qu'elles sont devenues trop dangereuses.

Cette faiblesse, cette définition aberrante du droit du sol est bien connue des ennemis des civilisations dominantes. Ils ont compris que des nouveaux venus pouvaient agir comme un cheval de Troie. Les premiers doivent se montrer discrets, car ils ne sont admis qu'à titre d'essai, avec tout au plus une carte de séjour dont le renouvellement doit pouvoir être justifié par une conduite irréprochable. Mais les descendants qui n'existent que potentiellement au moment de leur arrivée, pourront, eux, se permettre de se proclamer nouveaux Européens et d'imposer des principes de violence, de refus de s'instruire et de participer sinon au fleurissement du moins au maintien des acquis de la civilisation qui a attiré leurs pères. Le principe de la démocratie, qu'ils ont bien compris également, sera exploité à son tour et il suffira de se faire de plus en plus nombreux pour écraser le pays envahi, avant d'en faire une dictature où il ne fait pas bon vivre.

Ce que de nombreux pays ont toujours su imposer aux Juifs, exigeant de leur part, en s'aidant de penseurs et prétendus philosophes interposés, d'être Juifs à la maison et hommes comme tout le monde dehors, à savoir de ne pas se montrer différents au sein de la société environnante, ce qui serait considéré comme un affront ; ils oublient à présent de l'exiger des autres étrangers.

Pourtant, toujours vis-à-vis des Juifs, certaines sociétés sont allées très loin, et ont été jusqu'à interdire l'abattage rituel, les obligeant de facto à être des hommes comme tout le monde non seulement dans la vie publique mais aussi chez eux à la maison, ou à devenir végétariens, ou encore à se fournir à prix fort quelques portions de viande dans des pays limitrophes plus tolérants, en limitant cependant la quantité de viande autorisée à chaque passage à cinq kilos.  

Quand on pense que les Juifs, si respectueux jusqu'à l'obséquiosité de pays d'accueil comme la France, ont dû lutter pour empêcher l'interdiction de la préparation de viande cachère qui planait sur toute l'Europe, on comprend mal la folie de certains politiciens qui se démènent pour permettre une pratique extérieurement analogue en apparence, aux adeptes d'un un autre culte, à savoir l'islam.

Le droit latin, qui avait défini le droit au sol, ou plus exactement à la citoyenneté, à la possibilité de participer activement et/ou politiquement à la gestion de la cité, définissait comme «métèques»  tous ceux qui ne correspondaient pas à certains critères.

Mon propos ici n'est bien évidemment pas destiné à attribuer un jugement de valeur à tel ou tel système. Mais force est de reconnaître que certains systèmes, ou, à défaut, certaines mesures prises par ces systèmes, peuvent être la cause de conséquences durables, à même de maintenir ou détruire une société.

 

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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 15:24

On est souvent tenté de s'arrêter sur les apparences, qui se distinguent souvent sur deux niveaux: l'aspect purement physique d'une personne, ou son expression, qui est déjà plus élaborée, et le costume. Ces deux aspects peuvent s'accorder ou se contredire. Par exemple, un soldat sera reconnu comme tel sur son physique et sur son uniforme. Il peut être taillé comme un athlète. Dan ce cas, cet aspect ira de pair avec son uniforme. S'il est d'apparence chétive et que sa démarche soit maladroite, l'observateur profane s'arrêtera sur le second aspect uniquement, c'est-à-dire le vêtement. Il se dira alors paradoxalement qu'il ne faut pas le juger sur son allure mais sur son uniforme qu'il ne porterait pas s'il ne le méritait pas.

Dans le domaine de la publicité, on s'arrangera toujours pour que les deux facettes de l'aspect s'accordent. Un médecin, sur le dépliant publicitaire d'une clinique, par exemple, aura toujours l'air détendu en même temps que grave, et l'expression avenante et empathique d'un homme intelligent, sain et solide de corps et d'esprit. Sa blouse sera soigneusement boutonnée et son stéthoscope enfourché avec une fausse négligente sur sa nuque. Cet aspect décontracté soigneusement mesuré s'inscrira naturellement dans sa nature. Et pourtant, passé l'aspirine contre les maux de tête, il ne connaît rien à la médecine ; et pour cause! Malgré sa «gueule de l'emploi», c'est un mannequin qui travaille pour une boîte de mode dont les services ont été loués pour promouvoir telle clinique. Souvent, les véritables médecins sont plus proches en apparence de l'employé de banque épluchant un relevé bancaire que des hommes qui œuvrent pour la santé de l'humanité. Des patients sont prêts à affirmer que même le second aspect n'y est pas, c'est-à-dire le costume, et que la blouse ne leur sied guerre, ou qu'elle ne leur va pas du tout. Certains praticiens, conscients de l'importance accordée aux apparences dans un monde de l'image et de la publicité, se voient contraints pour les rassurer d'afficher dans des cadres leurs diplômes qui compensent et confirment ce qui manque à leur façade.   

Le courage, la loyauté et le professionnalisme confirmés par des préparations et entraînements ne sont pas visibles ; en effet, ce sont des aspects intérieurs. Mais il est difficile de les apprécier, de la même façon qu'il est plus facile de juger un vin sur la bouteille que sur le goût ou les effets secondaires différés comme le mal de tête et la langue chargée qui ne se manifestent que le lendemain. Nos Sages nous préviennent: «Ne regarde pas le récipient, mais ce qu'il contient». Nous pourrions faire l'analogie avec un adage répandu en disant que l'habit ne fait pas le rabbin.

D'aucuns protesteront: «Mais comment voudriez-vous que nous jugions autrement que sur l'aspect?» «En grattant un peu, pourrait-on répondre.» «Non, nous ne pouvons juger que sur l'aspect, insisterait le premier groupe. Si le vin est en bouteille, c'est qu'il a certainement de la valeur. On n'aurait pas suivi tout le processus de l'élaboration du produit jusqu'à sa présentation sur un étalage s'il ne valait rien. C'est pareil pour un soldat, un magistrat, un médecin, etc. Ils ne seraient pas autorisés à exercer et donc à revêtir le costume de leur fonction s'ils n'y avaient pas été préalablement autorisés par des autorités réellement compétentes.» Cette répartie se veut intransigeante et n'admet pas de réplique. Cet entêtement à ne pas chercher à creuser peut causer des surprises et bien des désagréments. Il peut s'agir de situations insolites, dans le meilleur des cas, mais ce symptôme de la superficialité est susceptible d'être exploité à mauvais escient. Nous l'illustrerons par quelques cas de figures.

Pour reprendre le cas du soldat, un groupe du volontariat civil, affecté dans une base d'intendance chargée du conditionnement de produits alimentaires, se mit à s'extasier à la vue de deux soldats sans armes qui semblaient en garder l'entrée. Les nouveaux venus furent d'autant plus impressionnés qu'ils n'avaient pas l'air particulièrement adroits. L'un d'eux s'extasia: «Voyez, ce sont des gens comme eux qui ont libéré les otages en Afrique!» Les deux jeunes gens ne comprenaient pas ce qu'ils leur voulaient. Le responsable du groupe, qui servait surtout d'interprète, leur dit par la suite qu'il s'agissait d'enrôlés dont le niveau et la motivation ne leur permettaient pas de s'engager dans des unités combattantes, mais qu'ils effectuaient un travail utile à la hauteur de leurs compétences. En outre, ils ne gardaient pas l'entrée mais attendaient que l'on vînt les chercher.

Bien que cette erreur d'appréciation ne prêtât pas à conséquence, il faut toutefois reconnaître que les deux braves recrues susdites s'inscrivaient quand même dans le vaste effort de Tsahal, car des unités d'élites comme Guivati ou Golani ne pourraient pas faire grand-chose sans toute la logistique et tout ce personnel chargé de l'équipement, de la maintenance, du ravitaillement etc., ainsi que des unités responsables de l'étude du terrain et l'évaluation des forces ennemies?

Mais l'acharnement à ne vouloir s'en tenir qu'aux apparences dans la vie de tous les jours arrange surtout les escrocs. Un jour, un promoteur faisait du porte-à-porte. Il vendait sur plan des maisons spacieuses en terrains individuels, à un prix exceptionnellement bas. Comme la fortune ne pouvait sourire qu'aux audacieux, capables de se décider rapidement, il suffisait pour devenir propriétaire de payer l'acompte «dérisoire» de dix mille dollars. Le promoteur, complet veston et attaché-case où se trouvaient soigneusement rangés des contrats, des relevés cadastraux, des photos et des croquis d'intérieurs, accordait un délai de quelques jours à ses clients, pour leur permettre de rassembler la somme. Il poussait le perfectionnement assez loin, en offrant un véritable cigare à la signature du contrat. Le temps qu'il s'avère que rien n'était réel, excepté l'arnaque, l'escroc eut le temps de se volatiliser. Il sévissait dans la région de Dimona, et avait sur sa tête, comble d'ingrédient rassurant, une grande kippa noire. Du peu que l'on a pu savoir réellement de lui, conséquemment aux enquêtes de la police alertée, c'est qu'il n'était ni Israélien, ni même Juif.

Serait-ce à dire qu'il faudrait a contrario (c'est-à-dire en suivant le même raisonnement mais en en inversant l'hypothèse de départ et la conclusion) privilégier ce qui est laid et d'aspect inquiétant? Combien de fois a-t-il pu vous arriver de vous auto réprimander lorsqu'un individu ne vous inspirait pas confiance, en vous disant qu'il ne faut pas juger les gens sur leur allure extérieure, et de constater au bout du compte que vous auriez été mieux inspiré de faire confiance à votre intuition? Certaines personnes ont eu tellement de déboires en s'autocensurant qu'elles ont fini par prendre le parti de ne juger que sur les apparences, à condition qu'elles n'inspirent pas confiance. Mais comme, dans la vie, il y a par ailleurs de beaux arnaqueurs, on ne sait plus trop que penser.

En fait, le beau peut émaner ou non du bon, et le laid du mauvais, puisque cette conception de causalité est ancrée profondément dans l'inconscient depuis la plus tendre enfance. Les contes, dont le seul avantage consiste dans leur capacité à faire se tenir les enfants tranquilles, débordent de ces associations, établies en axiomes, qui rendent le beau indissociable du bon et le laid du méchant. Qui n'a pas été exposé à l'image de la vieille et méchante sorcière, aux traits déformés par les ans, et aux desseins nocifs? Il devient difficile par la suite de réparer les dégâts et d'expliquer que telle personne âgée est non seulement inoffensive mais qu'elle peut être animée de nobles sentiments, et qu'elle a naturellement droit à notre respect, car si quelqu'un ici doit faire peur à l'autre, c'est plus nous à elle qu'elle à nous.

La fête de Hanouka se penche en filigrane sur cette problématique des oppositions entre beau et laid, bon et mauvais, et des interactions entre celles-ci. La flamme des bougies doit être la plus splendide qu'il soit. Or, cette beauté saisissante sera produite par la meilleure des huiles, celle de l'olive, celle pour laquelle il est écrit sur les bouteilles : première pression à froid. L'expérience suivante est on ne peut plus concluante : prenez une huile de piètre qualité, tout juste comestible, et il se dégagera une flamme vacillante et un épais filet de fumée noire. J'avais un jour acheté une huile soi-disant en promotion, et c'est ce qui s'est produit. J'ai réclamé, et on m'a répondu qu'à ce prix on n'avait pas de la bonne huile. Je leur ai dit alors que dans ce cas ce n'est pas une promotion, et que leur prix exorbitant excédait de beaucoup celui du rapport qualité-prix. Mais soit, il est toujours plus facile de débourser que de se faire rembourser. Et je n'allais pas intenter un procès pour un peu moins de deux euros. Sans aller jusque là, il suffit de placer deux bougies l'une à côté de l'autre, l'une en paraffine même pure et l'autre alimentée par de l'huile d'olive pour constater que la première semble blanche et la seconde dorée.

Il convient donc de chercher d'où provient la beauté. Emane-t-elle de l'essence de son support, ou est-elle un leurre ajouté pour former un piège? La dorure témoigne-t-elle d'un bloc d'or pur ou d'un vulgaire plaquage sur un métal courant vendu à prix d'or?

En matière de contes infantiles, la patte blanche est-elle celle de la brebis ou celle d'un loup trempée dans la farine?

Le beau peut donc être le produit du bon ou ne constituer qu'un cache pour le mal.

Il peut aussi évoluer en un circuit complètement séparé. En supposant que le sabot fendu d'un animal soit le beau, il faut indépendamment de cette particularité s'intéresser aussi à son système digestif. S'il est ruminant, et que cette particularité soit assimilée au bon, il sera consommable, autrement dit casher, sinon, il ne le sera pas. Et c'est bien pour ça que de tous les animaux interdits à la consommation par la Halakha, le plus impressionnant reste le porc, car en tendant en avant ses pattes antérieures, il semble proclamer qu'il serait valable. Et c'est là que les apparences peuvent être trompeuses.

Le verset des Proverbes décrète : «Un anneau d'or dans le groin d'un cochon», ce qui ne veut pas dire que toute femme élégante soit méprisable, mais que l'homme doit se méfier de ne se fier qu'au tape-à-l'œil. Or, ils sont nombreux, ceux qui en souffrent ou en ont souffert. Et réciproquement, tout homme avenant, riche et drôle, ne peut lui aussi ne présenter qu'une façade accrocheuse. Il faut toujours sonder ce qui se cache derrière la façade.  

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 17:12

La dernière période d'indépendance qu'ait connue le peuple d'Israël, avant la renaissance de son Etat, a duré trois ans. Le nouveau gouvernement, sous l'égide de Bar Cokhba, frappa de la monnaie. La dévastation était encore un terrible désastre, les dégâts énormes, le Temple entièrement brûlé ; mais l'incommensurable, en se retroussant les manches, serait réduit, surmonté. Car l'on a pu se dire pendant ces trois ans  que l'exil d'Edom s'arrêterait là, et ne durerait pas plus d'environ soixante ans, soit un peu moins que l'exil de Babylone. Avec Shimon Bar Kokhba, l'espoir renaquit de ses cendres. Rabbi Aqiva, pilier incontournable du Talmud, coauteur de la Mishna, qui n'avait rien en commun avec cette image du sage chétif, avait vu en lui l'espoir de la restauration de la royauté perdue en 70 de l'ère vulgaire. Car du moment que la prophétie incontournable de la destruction du Second Temple venait de se réaliser, il était permis de présager que dorénavant tout irait bien.

C'est donc du  9 au 10 av 3828 du calendrier hébraïque, cela fait cette année 1949 ans (et toutes les limites du temps ont été franchies), après un terrible siège, la splendeur de Jérusalem est réduite en cendres. Pourtant, un peu plus d'un demi-siècle plus tard, en l'an 3892, une lueur d'espoir réchauffa les cœurs. C'était il y a 1885 ans. Une logistique solide, un réseau impressionnant de refuges, une stratégie en sous-sol, une coordination infaillible entre les forces, tout cela conduisit à une première période victorieuse. Le professeur israélien Hanan Eshel réfute les croyances populaires qui ne voient dans les insurgés qu'un ramassis d'extrémistes jouant à cache-cache avec l'occupant.  L'ennemi – la plus grande puissance mondiale de l'époque – fut chassé hors des frontières de la Judée. Mais l'innommable empereur romain, Hadrien, de sinistre mémoire, déplaça ses meilleures légions cantonnées en Bretagne pour écraser dans le sang les insurgés, exterminant ainsi toute présence juive d'une bonne partie des territoires que les nations nous contestent et cherchent à nous ravir à nouveau aujourd'hui.

La Grande Révolte commence donc moins de soixante-dix ans après la destruction du Temple. Le centre spirituel du judaïsme, avec Raban Yo'hanan Ben Zacaï,  est transféré de la capitale assiégée pour s'installer à Yabné. Rabbi Yéochoua Ben Hananya, disciple du précédent, conjure les siens de ne pas se révolter, voyant dans la survie du peuple juif et de sa présence sur sa terre une tragédie comparable au passage dans la gueule d'un lion duquel on se serait sortis vivants. Pour lui, la Torah est sauvée, et, par la même occasion, l'âme du peuple. Le Temple, quant à lui, il sait qu'il sera reconstruit, même si sa génération risque fort de ne pas être de la partie. Personne, parmi tous les Sages, ne s'oppose à la reconstruction. Le clivage repose uniquement sur une question de temps. Pour tous, il finira par renaître, puisque tel est le programme divin, les dates restant la grande inconnue.

Bar Kokhba frappe le tétra drachme, portant la mention: « Pour la liberté de Jérusalem ». Pas besoin d'être économiste pour savoir que l'une des composantes de la souveraineté nationale consiste à battre sa propre monnaie, contrairement à certains usurpateurs aujourd'hui. Les décrets de l'oppresseur sont extrêmement pénibles. Motivés par une sinistre ironie, les Romains, avec le successeur de Titus, Domitien, exigent que les prélèvements financiers apportés comme offrandes pour le Temple, comme le demi-sicle,  soient détournés en impôts pour renflouer leurs caisses. 

Quant aux premiers signes de la révolte, qui est loin d'avoir représenté un sursaut spontané irréfléchi, ils se firent sentir environ vingt ans plus tôt avec les communautés qui se trouvaient à la périphérie: en Cyrénaïque, à Chypre et en Egypte, alors que l'empereur Trajan se battait contre l'empire parthe. Pendant la révolte des Juifs de la diaspora, la situation était relativement calme en Judée, sous la domination du gouverneur intransigeant Lucius Quietus. 

Hadrien prend la place de Trajan, mais sans ressentir de prime abord un intérêt suprême en faveur de l'extension illimitée de l'Empire Romain. Il entreprend des travaux tendant à délimiter son territoire par une muraille, dont la muraille d'Hadrien en Bretagne. Il peut donc passer pour un modéré.

Un témoignage numismatique révèle la fondation d'une ville idolâtre et helléniste, Aelia Capitolina, sur les ruines de la ville sainte. Cette pièce montre l'empereur Hadrien debout derrière un soc, labourant le sol de Jérusalem. Un autel voué au culte de Jupiter est érigé sur l'Esplanade du Temple.

Géographiquement, la révolte s'étend de Bet-Horon,  Beitar et Beth-Gouvrin, du Nord au Sud ; de Ein-Guedi à Maalé Adoumim sur le front Est, les limites à l'Ouest s'étendant jusqu'au bas de la zone montagneuse. Les insurgés ont préparé une importante infrastructure de grottes et de passages souterrains.   

Osbius témoigne: « Au plus fort de la guerre, à la dix-huitième année du règne d'Hadrien, la ville de Beitar fut assiégée. C'était une imposante citée fortifiée, près de Jérusalem. À la longue, les insurgés ont succombé à la faim et à la soif. » La chute de Beitar s'est produite elle aussi, un 9 av. Pendant trois ans, les habitants de la ville restèrent sans sépulture, car les Romains ne le permettaient pas. Ce n'est qu'au terme de cette période qu'ils furent ensevelis. Ceux qui étaient entrés dans la ville en ruine furent témoins d'un fait miraculeux: les dépouilles étaient intactes.

985 villes et villages ont été rayés de la carte de la Judée. 585 000 soldats ont péri dans les combats, les épidémies et la faim, sans compter les millions de femmes, d'enfants et de vieillards que les Romains assassinaient sans distinction, c'est ce que rapporte l'historien Dion Cassius. Cet extrait du Talmud parle de lui-même: « Rabbi Yohanan a dit: " trois cents cerveaux de nourrissons avaient été répandus sur un seul rocher." »

Dans le livre des prières et lamentations du 9 av, un auteur, du nom de Samuel, rapporte le nombre effrayant de quatre millions de Juifs assassinés, entre la destruction du second Temple et les différentes campagnes de répression romaine (Lamentation commençant par les mots : שאי קינה במגינה: élève ta plainte dans l'affliction. « … quatre cents myriades, et la voix d'un homme droit, étouffée par le nuage, empêchée d'atteindre D. ; ils m'ont frappé et blessé… » ). C'est fâcheusement l'ignorance sur cette hécatombe qui fait que certains décideurs de la politique israélienne ne se réfèrent qu'aux événements de la seconde guerre mondiale comme motif de la défense d'un Etat juif souverain. Cette culture, voire ce culte de la mémoire courte conforte l'illusion de la solidité d'un judaïsme athée. Ils ne font pas le rapprochement entre l'aspect désertique de la région limitrophe de Jérusalem ou son occupation par des éléments étrangers et les massacres perpétrés par les Romains. Et pourtant, les cités juives de Judée-Samarie et les points de peuplements ne sont qu'une pâle ébauche de la splendeur effacée par la puissance européenne. 

Mais les Juifs, malgré la cruauté de l'oppresseur, ont su résister à l'occupant. En effet, Hadrien, lors de son discours au Sénat, n'a pas employé la formule de rigueur qui ouvre tout discours en signalant la paix des légions romaines. Des mesures antijuives draconiennes ont été prises par le pouvoir d'Hadrien: l'interdiction de la circoncision, de garder le shabbat et de nommer de nouveaux rabbins et d'étudier la Torah datent de cette époque.

C'est encore ce même empereur qui méprisa les Sages du Talmud, qui torturé et exécuta les Dix Martyrs: Rabbi Yichmaël Ben Elicha Cohen Gadol, Rabban Shimon Ben Gamliel Hazaken, Rabbi Hanina Ben Téradion, Rabbi Aqiva, Rabbi Yéhouda Ben Baba, Rabbi Houçpit Hamétourguéman, Rabbi Ychbav Hassofer, Rabbi Elazar Ben Chamoa, Rabbi Hanina Ben Hakhinaï, et Rabbi Yéhouda Ben Dema.

Les Sages d'Israël étaient des dirigeants profondément impliqués dans les destinées de leur peuple, déterminés à défendre le judaïsme au péril de leur vie, bravant la plus grande puissance de leur époque. L'esprit de l'exil n'avait alors aucune emprise, et jamais on aurait vu, comme aujourd'hui, des rabbins prendre position contre les visites sur le Mont du Temple, et ne pas s'émouvoir de la constante profanation du lieu le plus saint par un culte étranger.

 Rabbi Ychmaël, qui comptait parmi les sept hommes les plus beaux de la terre, plut à la fille de l'empereur qui le vit au moment où il allait être exécuté. Elle demanda la peau de son visage. Les Romains l'arrachèrent alors qu'il était en vie. Elle la fit conserver afin de pouvoir toujours la contempler. D'autres souffrances atroces lui furent infligées jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Rabbi Hanina Ben Teradion fut brûlé dans un rouleau de la Torah. Pour prolonger le supplice, les Romains avaient entouré son corps d'éponges imbibées d'eau. Pendant que le parchemin était dévoré par les flammes, les lettres s'envolaient dans les airs.

Rabbi Aqiva fut écorché vif. Il proclama l'unicité de Dieu en rendant son âme au Créateur. Il s'était toujours demandé s'il aurait le courage et le mérite de pouvoir mourir en sanctifiant Son Nom.

Les Romains, malgré l'atrocité des massacres qu'ils ont perpétrés en Palestine – ce nom ayant été imposé dans le but de faire oublier la relation entre les Judéens et la Judée - , ne sont pas parvenus à en effacer définitivement la judéité - la clôture de la Mishna a pu y être réalisée environ deux cents ans plus tard – pas plus que les Arabes qui avaient commencé avec le massacre des Juifs de Madian, ou que les Espagnols ou les nazis. Aujourd'hui, les nations se liguent pour attaquer à nouveau Jérusalem, mais le peuple d'Israël se rétablit peu à peu, en attendant la restauration complète de son Etat et de sa ville, avec le Troisième Temple.

Le Talmud rapporte que Rabbi Aqiva se mit à rire, lorsqu'il vit un renard sortir de l'enceinte du Temple détruit. Aux autres Sages qui ne le comprirent pas, il expliqua que la réalisation des prophéties qui prévoyaient la destruction était la confirmation et l'introduction aux prophéties de la restauration. La ville de Beitar, rebâtie il y a vingt-huit ans, compte aujourd'hui près de trente mille habitants. Puissions-nous assister à la réédification du Temple de Jérusalem, et à la rédemption totale, même si notre mérite est insuffisant, au nom des souffrances endurées par Son peuple depuis 1945 ans.   

Il importe de ne pas méconnaître trop son histoire. Seul un individu né de la dernière pluie peut ne pas ressentir l'absence cuisante et criante du Temple, et se laisser convaincre que Jérusalem serait banalement la «ville des trois religions», formule séduisante signifiant qu'Israël n'aurait définitivement plus droit à son lieu saint par excellence.

Des dirigeants malades de l'exil, dans la ligne tortueuse de Moshé Dayan, s'érigent contre les droits de leur propre nation et facilitent la perpétuation de l'état d'exil. La violence musulmane en fait fréquemment interdire aux Juifs l'accès par les autorités israéliennes, qui ne sentent pas le terrible manque, auquel ils sont habitués depuis leur berceau, qui n'est pas celui de leur civilisation. Un Juif ne devrait pas répondre à la question: «Quel âge avez-vous?» en disant qu'il a quinze, quarante ou quatre-vingt-dix ans, mais quatre mille.

Et il faut absurdement que ce soient des non-juifs qui proclament dans toute tribune qu'Israël veut reconstruire le Temple. Mais le malade s'étonne, il n'est plus sensible à sa douleur et à son profond besoin de guérir. La doctrine de la mémoire courte le persuade que le peuple juif n'est pas revenu d'un très long périple, dispersé entre les nations, pour restaurer sa souveraineté, mais pour végéter sans but, dans un Foyer national dépourvu d'âme. Mais si les non-juifs qui se chargent de rappeler à Israël ce qu'il est venu chercher sur sa terre veulent se poser comme ennemis, et considérer comme une nakba, catastrophe, le fait de ne pas avoir réussi à le massacrer et à empêcher sa renaissance nationale, il ne reste qu'à aspirer à une méga nakba, avec la fin de la main-mise de la présence négationniste qui cherche à démentir la judéité de la Palestine.

Que «le quatrième jeûne, le cinquième jeûne, le septième jeûne et le dixième jeûne soient pour la maison de Juda jours de joie, d'allégresse et de fête ; et la vérité et la paix, chérissez-les» (Zacharie VIII, 19). Toutes ces dates, le 17 du mois de tamouz, quatrième en comptant de nissan, le 9 av, le 3 tichri et le 10 téveth sont liées à la destruction du Temple, à l'exil et à la perte de la liberté nationale. Et que de la même façon que nous voyons de nos yeux se réaliser les prophéties du rassemblement, puissions-nous assister à la réalisation du verset de notre lecture hebdomadaire: «… pour déposséder, à ton profit, des peuples plus grands et plus forts que toi » (Deutéronome, IV, 38) ; «… pour te donner des villes grandes et bonnes que tu n'as pas bâties ; des maisons débordantes de biens que tu n'as pas emplies etc.» (Idem VI, 10, 11).

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