Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 21:56

L'intense ténacité du peuple juif l'a propulsé à travers les âges, et le fera tenir jusqu'à sa complète rédemption. Personne n'en connait le terme exact. Les événements sont connus depuis l'aurore de l'histoire, mais non le jour ou l'heure où la clarté éblouissante ne sera plus mâtinée d'obscurité. Tout attachement à un calendrier supposé est sujet à l'erreur. Dans les instants qui ont suivi la réunification de Jérusalem, débarrassée du joug jordanien, des élèves d'éminentes figures du sionisme qui s'abreuve directement au puits de la foi d'Israël, ont posé la question suivante:

Puisque l'emplacement du Temple a été libéré, et qu'il est revenu entre les mains du peuple juif, ce qui ne s'était jamais produit depuis l'occupation romaine, allons-nous continuer à nous endeuiller et à jeûner le jour du 9 av? Cette question sous-entend qu'un deuil qui a tellement duré renferme l'espoir en la restauration, contrairement à un deuil qui, s'il avait marqué uniquement l'anéantissement, aurait été oublié après une année, voire un peu plus. Or, le 28 yar 5727, cela faisait 1899 que cette coutume durait. Donc, puisque le peuple juif reprenait en main les commandes de son destin, le moment était-il venu de considérer, comme l'avait énoncé le prophète Ezra, mais toujours sans en préciser la date exacte, que le moment était venu de changer les quatre jours d'affliction et de privations, dont le jeûne du 9 av, en jours d'allégresse?

Le Rav Zwi Yéhouda Kook, figure de proue du mouvement spirituel sioniste, leur fit part de sa réponse. Peu de temps avant la guerre des Six jours, soit environ trois semaines plus tôt, comme par prémonition, lors des cérémonies de la fête de l'indépendance, exprimé sa profonde amertume en s'écriant: «Où se trouve notre Hébron? Où se trouve notre Sichem? Où se trouve notre Bet-Lehem?» Il refroidit toutefois le trop fort empressement de ses élèves, et, bien que n'espérant pas moins qu'eux en la rédemption parfaite, il leur répondit que rien ne serait pour l'instant modifié dans le rituel de l'année. Unanimement, les rabbins ne se laissèrent donc pas outre mesure perturber par la déclaration qui ne perd rien de son historicité: «Le mont du Temple est entre nos mains.»

Halakhiquement, si l'emplacement du Temple reste interdit d'accès aux Juifs, cela ne signifie pas pour autant que d'autres seraient autorisés à s'y rendre. «Le lieu pour qui le texte dit: "Et l'étranger (qui n'est pas un prêtre descendant des Cohanim) qui s'en approchera sera mis à mort", est piétiné par des renards, et nous ne pleurerions pas? » (Traité Macoth). Les règles de purification préliminaire sont strictes, certaines zones sont réservées exclusivement aux Cohanim (les prêtres), tandis que le Saint des Saints ne peut être approché qu'une fois l'an par le Cohen Gadol, le grand pontife, à Kippour, qui y dépose en habits blancs la pelle d'or contenant les encens. Cependant, une étude très précise des sources mishniques et bibliques, illustrée par des plans architecturaux de haut niveau, a permis de définir les lieux sur lesquels il est permis de se tenir, et qui ne font pas partie de l'enceinte du Beit-haMikdach.

Il faut néanmoins porter des chaussures en toile, et se plonger dans un bassin purificateur au préalable, quoique la véritable purification nécessite les cendres de la vache rousse (section hebdomadaire Houkat).

Depuis quelques années, le nombre des groupes qui le visitent va en s'intensifiant. Mais, concrètement aujourd'hui, contrairement aux adeptes de l'islam, les Juifs doivent obtenir une autorisation préalable et ne sont autorisés qu'à venir en comité restreint, accompagnés de la police et, suprême horreur, de gardiens musulmans d'un organisme répondant au nom effarant de Waqf.

Cet intérêt pour le mont du Temple auprès du peuple d'Israël est d'une importance considérable. Il est indéniable qu'un tournant décisif est survenu à la libération de Jérusalem. L'absence de Juifs sur le mont du Temple ne revêt absolument plus la même signification qu'avant la réunification. Jusqu'à sa libération, si les Juifs ne s'y rendaient pas, pas plus qu'ils ne se rendaient d'ailleurs au Kotel, c'était parce que les ennemis qui occupaient le terrain ne leur permettaient pas d'y approcher.

En revanche, depuis, l'opinion générale a tendance à s'imaginer que si les Juifs n'y vont pas, c'est parce qu'ils ne le vénèreraient pas. Cette même opinion profite de l'occasion pour redonner de l'énergie au mensonge qui cherche à imposer à la conscience collective que Jérusalem serait sainte à un niveau égal aussi bien pour les Juifs que pour d'autres: que les Juifs vénèrent l'esplanade du Mur Occidental uniquement, alors que les adeptes de l'islam en vénèrent l'autre côté. Pourtant, les initiés savent très bien que si l'esplanade du Mur Occidental est tellement respectée, c'est précisément parce qu'elle représente le lieu le plus proche du Saint des Saints, et que toute prosternation ne se fait qu'en raison de la proximité du lieu le plus saint du judaïsme.

Certes, se rendre sur le mont du Temple est un défi très difficile à relever pour un Juif. Ceux qui s'y rendent sont soumis à des interdictions et subissent maintes humiliations. Le jour de Jérusalem, qui vient fêter la libération de la totalité de la superficie de la ville, six personnes ont été arrêtées pour s'être prosternées ou parce que les sinistres gardiens du Waqf ont signalé aux policiers que certains fidèles remuaient les lèvres, ce qui a été interprété, à tort ou à raison, comme une tentative de prier.

Mercredi matin, le site d'Aroutz 7 en a rapporté les faits. Les personnes appréhendées ont été suspectées  (arrestations pour cause de prière) de n'avoir pas respecté les directives de la police. Celle-ci a indiqué aux fidèles que la prière leur était interdite sur le mont du Temple, ainsi que tout acte s'y rapportant. Les civils incriminés ont été amenés et retenus au poste de police Kichla. L'association Honénou, qui défend les victimes d'arrestations abusives, a pris leur dossier en charge. Ses responsables ont rapporté que plusieurs groupes s'étaient rendus en état de pureté sur le Mont du Temple et que, comme d'habitude, la police a mis en garde le public de l'interdiction de prier. L'association a signalé au passage qu'en ce qui concerne les adeptes musulmans, aucune restriction ne leur est imposée par la police, et aucun discours ne leur est adressé avant leur montée sur le Mont du Temple.

L'un des membres du groupe qui s'est rendu sur les lieux à 9h30, s'est prosterné sur le sol. Les gardiens du Waqf l'ont signalé aux policiers qui l'ont arrêté. Un peu plus tard, un groupe de vingt personne s'est prosterné au moment de quitter le lieu saint, et ont prononcé quelques paroles. Des témoins ont rapporté à Honénou que les policiers ont eu recours à la force alors que les fidèles étaient déjà en train de sortir. Le porte-parole de l'association de défense du citoyen a communiqué: «Il est question d'une injustice flagrante qui n'a nulle part d'équivalent. Précisément le jour de la libération de Jérusalem, et sur l'emplacement du Temple, la police "israélienne" choisit son moment pour appliquer ses lois raciales contre les Juifs sur le lieu qui est pour eux le plus saint. Durant de nombreuses années, les Juifs avaient l'habitude de ne pas s'élever au-delà de la sixième marche, et il faut qu'aujourd'hui ce soient les dirigeants de l'Etat juif qui imposent une telle politique.»

Récemment, le député Moshé Feiglin s'est vu interdire l'accès sur le Mont du Temple malgré son immunité parlementaire. En effet, l'ordre est venu directement du Premier ministre. Pour protester contre cette décision, mardi, c'est-à-dire la veille du jour de Jérusalem, quelques dizaines de membres de la plateforme du Likoud s'y sont rendus. Le conseil général des mouvements associatifs pour le Temple ont rapporté que les visiteurs avaient été répartis en groupes de vingt-cinq personnes, accompagnés de dix policiers. De plus, la surveillance a été renforcée pour protéger les fidèles de toute provocation ou émeute en provenance de musulmans stationnés non loin de la mosquée «de l'Extrémité». Le rabbin Yéhouda Glick a félicité la police pour ses efforts qui ont permis d'éviter que des situations pénibles ne se produisent, comme ce fut le cas de par le passé.

Les responsables de la branche nationale du Likoud, Nathan Anglesman et David Zwiel ont appelé les membres du parti à se rendre sur le mont du Temple. Ils ont déclaré: «Il est impératif d'exprimer notre souveraineté sur le Mont du Temple, et de nous laver de l'opprobre due à l'abandon de l'autorité israélienne du lieu le plus saint de tout le monde juif… En cette période, où l'accès au vice-président de la Knesset, le député Moshé Feiglin a été interdit sous l'injonction directe du Premier ministre, M. Benyamin Netanyahou, nous sommes appelés, nous les membres actifs centraux du mouvement Likoud-Beitenou, à manifester l'autorité juive sur le Mont du Temple, et d'y venir en pèlerinage en état de pureté.» (lire)

La problématique des difficultés posées par l'accès au lieu le plus saint de la planète n'interpelle pas uniquement le monde des rabbins ou, par extension, le monde religieux. L'importance du mont du Temple s'étend à toutes les couches de la société israélienne. Shahar Ilan, sur Kol Israël, une semaine avant le jour de la réunification de Jérusalem, a déclaré que les principes exigés par le droit de pratiquer sa religion exigent que les Juifs puissent se rendre sur le mont du Temple. Shahar Ilan est le directeur adjoint de l'association Liberté de culte et égalité: «Le principe qui voudrait qu'il soit interdit à un Juif de prier sur le Mont du Temple est inadmissible.»

En revanche, des dizaines de milliers de visiteurs ont célébré le jour de la réunification. L'esplanade du Kotel débordait de fidèles venus des quatre coins du pays dès le petit matin. Quant à la marche des drapeaux, dans l'après-midi, elle a attiré quelque soixante mille jeunes. L'ambiance de liberté et de bonheur retrouvé pouvait se voir dans toute la ville, et les axes routiers empruntant les rues Betsalel et King George ont été fermées à la circulation automobile. Les marcheurs sont arrivés au Kotel en fin d'après-midi, pour se répartir en des danses accompagnées par un orchestre traditionnel.

Si les jours commémoratifs de la destruction du Temple sont maintenus encore à ce jour, la réunification est très fortement ancrée dans la conscience collective. Si la montée sur le Mont du Temple ne fait pas l'unanimité aujourd'hui, en raison des risques de se rapprocher par inadvertance des zones réellement interdites, elle la fera bientôt, quand le Temple sera reconstruit et que tout Israël sera appelé à y monter trois fois l'an. La fête de Chavouoth, que nous célèbrerons la semaine prochaine, attire dans l'enceinte de Jérusalem d'ores et déjà de très nombreux pèlerins.

 

Partager cet article

Repost 0
vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan - dans Actualité
commenter cet article

commentaires