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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 16:21

Bien que le Premier ministre soit en principe de droite, selon l'appellation courante, et les journalistes de gauche, ces derniers se montrent très complaisants envers lui en ce qui concerne certaines questions qui s'imposent. Personne ne lui a demandé comment un homme qui a promis un développement sans précédent du judaïsme et de la présence juive en Judée-Samarie a pu tourner le dos d'une façon jamais égalée à ses principes et à ses électeurs et imposer une interdiction sélective de construire dans la capitale éternelle et indivisible du peuple juif, comme il le dit lui-même souvent.

Le personnage politique sait ménager la chèvre et le chou. Reprenons l'affaire du gel de la construction. Il a su donner une explication logique à son attitude: «Le monde entier comprendra que la non signature d'accords politiques (on ne dit plus de paix depuis les résultats désastreux d'Oslo) n'est pas la faute d'Israël, et alors nous aurons les mains libres». Il demande au peuple de le comprendre et d'être patient: «Ce n'est que pour dix mois, et après, nous rattraperons plus que largement le retard.» Comme il est devenu une sorte d'icône, le peuple s'endort: «C'est un rusé, se disent les braves gens, qui est plus favorable que lui à la construction à Jérusalem et en Judée-Samarie?»

Beaucoup ressentent tout de même un drôle de pressentiment, car dix mois, ça promet, surtout quand ils coïncident comme par hasard avec le tout début de la nouvelle ère Netanyahou. Mais on cherche à faire passer ce goût amer: «Le nouveau Netanyahou n'est pas le premier, et il est inconcevable qu'il répète les erreurs qui avaient fait chuter le gouvernement de l'ancien Netanyahou», cherchent à convaincre et à se convaincre d'éminents observateurs qui cherchent surtout à éviter les insomnies chroniques. «Rabin, à son époque, ou Pérès et Barak, ils veulent tout donner, mais Netanyahou, nan!!!» disent à qui veut les entendre les analystes sans se dire que c'est du «pipo». Une grande société fait faillite à Modiin Ilit, Néoth Hapisga. Elle devait construire 2400 logements, alors qu'elle avait eu toutes les autorisations administratives, et avait déboursé déjà entre 50 et 60% des investissements. Mais non, la décision d'Obama retransmise par Netanyahou est sans appel, alors que même Rabin, quand il avait arrêté en son temps la construction, avait permis aux projets en cours de s'achever. Le site spécialiste en économie, Globes, affirme que cette affaire a eu de graves répercutions sur la crise du logement en conduisant aux prix exorbitants de l'immobilier, «des deux côtés de la ligne verte». (http://www.globes.co.il/news/article.aspx?did=1000589270). Mais dormez tranquilles, braves gens, ce repli n'est que stratégique. Netanyahou veille au grain.

Et aujourd'hui, rebelote. Continuez à dormir tranquilles, braves gens. L'affaire de la Oulpena, mais pourquoi se fâcher pour une simple affaire d'immobilier? Netanyahou n'a pas le choix (on connait la chanson). «Il va faire détruire 30 logements, mais il a promis d'en reconstruire 300. Pour chaque appartement détruit pour faire plaisir aux antisémites de tous bords, y compris les psychopathes de la haine de soi (payés grassement par des fonds étrangers de donateurs qui n'aiment les Juifs que quand ils trahissent leurs idéaux) il va en construire dix! Bon, d'accord, les habitants auront à vivre le temps des travaux dans des maisons en carton de quelques dizaines de mètres carrés, où il fait zéro degré en hiver et cinquante en été, mais il faut être patient et se concentrer sur le long terme», nous disent ceux qui se veulent rassurants et pondérés.

Or, avant même que les forces spéciales ne soient venues concrétiser le cauchemar des habitants, le Parquet a mis en garde le vice conseiller juridique du gouvernement, en l'informant qu'il n'y aura pas de place à Bet-El pour construire 300 logements. Bien sûr, une visite sur le terrain montrera au contraire que les trois quarts de l'espace ne sont pas construits, mais selon le principe de la Cour suprême qui continue d'honorer le pouvoir féodal turco-jordanien, et à faire tous les efforts possible pour que la Judée continue de rester dépeuplée comme avant le retour d'Israël en ses frontières, il n'y a pas de place. Naphtali Benett, candidat aux primaires du parti Habaïth Hayéhoudi (anciennement PNR) a déclaré sur Galé Tsahal, en émettant quelques réserves sur l'authenticité de la revendication du prétendu propriétaire terrien, que l'ONG Yesh Din a recherché pendant des années la personne au nom de laquelle l'immense terrain avait été inscrit, alors que l'intéressé était le premier à l'ignorer.  (http://www.youtube.com/watch?v=F50Q8bQkgpw&feature=g-hist).

Aujourd'hui (mardi 12 juin 2012), Moshé Rosenbaum, le maire de Bet-El, a répondu à Netanyahou qu'il n'avait pas foi en ses promesses. En effet, fidèle à ses méthodes, de la même façon qu'il avait promis à Yoël Tsour (http://www.ynet.co.il/articles/0,7340,L-3259781,00.html) après l'assassinat de son épouse Ita et de son fils Ephraïm, en 1996, qu'il autoriserait la construction sur cette colline pour en ordonner (a priori) la destruction 16 ans après, il nous dira qu'il voulait construire 300 logements à la place des 30, mais que le Parquet n'a pas voulu. (Voir comment sa crainte exacerbée du Parquet est traitée par le site satirique Latma, http://www.youtube.com/watch?v=iGnPATdaRp8&feature=g-all-u à partir de la minute 6'13").

Depuis une semaine, il envoie presque tous les jours un ministre au domicile du Rav Melamed, recteur de la yéchivah de Bet-El et dont une partie des élèves vivent avec leurs familles dans les appartements visés par le funeste décret. Mais le Rav ne devrait pas se laisser endormir. Netanyahou cherche à lui faire miroiter toutes sortes d'avantages et de compensations en échange de la destruction. Le Rav reste sceptique et tient à lui faire comprendre que la violence policière incomberait à la responsabilité du Premier ministre. Il est en effet trop tôt pour se montrer défaitistes. L'exemple de Goush Katif ne peut servir de tremplin au découragement. Si la marche de Kfar Maïmon à Kfar Darom par des dizaines de milliers de participants n'avait pas été annulée au dernier moment parce que le Conseil de Judée-Samarie-Gaza avait cru obtenir un accord, le Goush ne serait pas tombé et on n'aurait pas aujourd'hui à composer avec la menace Hamasso-iranienne. (Voir l'interview du chef de la police sur Makor Rishon de vendredi 8 juin).

Il faudrait donc arrêter de se bercer dans l'illusion et de se dire qu'avec Bibi, tout va bien, ou tout ira bien, car il faudrait croire à longue échéance que le résultat sera tout le contraire de ce que l'on voit dans ses actes. Il est vrai cependant que certaines promesses peuvent en effet être prises au sérieux. Par exemple, la promesse du discours de Bar-Ilan, quand il affirme vouloir la création d'un Etat du Fatah en Judée-Samarie. Par contre, on peut douter de ses intentions quand il affirme vouloir maintenir les trois groupes d'implantations juives de Goush Etzion, Ma'alé Adoumim et Ariel, qu'il n'a pas épargnés pendant son gel de la construction. Avant d'être une marionnette dans les mains de la Cour et du Parquet qui est pourtant censé représenter et défendre l'Etat, incarné par ses élus, en la personne du gouvernement, il est avant tout l'exécutant d'Obama. Il n'y a aucune logique dans ses actes en désaccord total avec ses principes, ou du moins avec les principes dont il se prévaut. Or, si Obama est réélu, il exigera la création d'un Etat terroriste au cœur de notre terre, D. préserve, et Netanyahou s'inclinera en faisant la même tête que lors des accords d'Hébron ou de l'affaire du quartier de la Oulpena, à l'instar des présidents américains des films de fiction qui appuient sur le bouton qui déclenche la destruction du globe terrestre bien malgré eux.

Nos Sages nous ont dit: «Même si une épée tranchante est appuyée à ton cou, ne te décourage pas de la miséricorde». Nous avons déjà eu un miracle contre une tentative de déracinement de Barak, un autre contre Netanyahou. Nous n'en avons pas eu contre Mofaz. Aujourd'hui, il nous faut un triple miracle, car tous trois règnent ensemble quand, malheureusement, l'extrême gauche antisioniste qui est incapable de se faire élire démocratiquement depuis l'implosion du mensonge des «territoires contre la paix», règne par le biais des tribunaux, et risque de faire, D. préserve, expulser des dizaines de milliers de familles juives de leur foyer en se servant du précédent de la Oulpena, si les droits féodaux qui maintiennent la terre d'Israël désertique et en ruine ne sont pas abrogés. Seule une modification de la règlementation en vigueur en Judée-Samarie fera prévaloir la volonté du peuple de ne plus faire confiance aux idées de la gauche politique. Or, ni Netanyahou, ni son gouvernement dont les ministres, jusqu'à Liebermann, avaient au départ pris position jusqu'à l'heure de vérité pour la loi de la légalisation, ne sont les hommes forts de la situation à même de déjouer le coup d'Etat des ONG et des maîtres du Parquet et de la Cour suprême qui se servent de ces instances pour faire avancer leurs pions.

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