Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 21:23

Jonathan Pollard n'a tué personne. Il n'a pas non plus mis des personnes en danger. Et pourtant, il purge une peine de prison depuis plus d'un quart de siècle. Ce qui a propulsé de nouveau cette affaire en haut de l'affiche, c'est précisément la visite d'Obama en Israël. Une pétition pour sa libération, en ligne sur le site Atzuma (http://www.atzuma.co.il/presidentobama) appelle le président américain à venir avec Pollard. Des personnalités politiques et des artistes connus l'ont signée. Une manifestation, entre autres expressions populaires de soutien, est prévue mardi soir près de la résidence présidentielle, à Jérusalem. Même aux Etats-Unis, le New York Time a consacré un dossier en titrant que le courant central israélien est uni pour demander sa libération.

En revanche, le président américain, qui s'est prononcé sur la question, a annoncé il y a trois jours qu'il ne libèrerait pas Pollard à ce stade. A titre de rappel, Jonathan Pollard est emprisonné aux États-Unis depuis novembre 1985. Accusé d'espionnage, il a en effet fourni des renseignements à Israël sur l'armement, les contrats et les positions de pays ennemis comme l'Iran, l'Irak, ou encore la Syrie, informations qui auraient dû en principe être communiquées par le grand «allié» d'Israël. Le poids du châtiment est non seulement démesuré, les conditions de détentions sont extrêmement pénibles et dégradantes. L'opinion israélienne ne comprend pas l'opiniâtreté des dirigeants américains successifs, qui ont pourtant tout à fait le droit de le gracier.

En outre, le président américain devrait se rendre jeudi à Ramallah. Moshé Rosenbaum, le maire de la commune toute proche de Bet-El, fait part de l'impression amère laissée par les «deux poids, deux mesures» qui caractérise l'attitude de l'invité américain: «J'ai rencontré Dan Shapiro, l'ambassadeur des Etats-Unis en Israël. Je lui ai dit qu'il serait temps qu'un représentant officiel de son gouvernement visite les implantations juives et qu'il écoute directement notre position sur le sujet des "colonies". Il y a environ deux semaines, je lui ai envoyé une invitation officielle à l'intention du président des États-Unis, Barack Obama, afin qu'il se rende à Bet-El lors de sa prochaine visite, puisqu'il compte se rendre à Ramallah.

Je lui ai fait savoir qu'il y a à Bet-El des dizaines, voire des centaines d'habitants détenteurs de la nationalité américaine, et qu'il ne paraît pas impensable qu'Obama les écoute eux aussi. Je lui ai signifié également que nous avons un terrain d'atterrissage pour les hélicoptères, ce qui est à même de faciliter sa venue, aussi bien sur le plan technique que sécuritaire. » Le maire a ajouté, dubitatif, qu'il ne se faisait aucune illusion sur les véritables intentions du «grand ami» d'Israël concernant l'itinéraire de sa visite, mais que la question valait la peine d'être soulevée:

«Je sais, en tout état de cause, que l'invitation a été transmise à la Maison Blanche, et que quelqu'un là-bas est en train de lire nos doléances et nos arguments quant à nos droits nationaux et exclusifs sur la terre d'Israël, qui émanent de l'authenticité et de la validité de la Promesse divine accordée à Abraham, Isaac et Jacob.»  

Le maire, mais aussi les habitants, ont une autre raison d'être mécontents. En ces derniers jours de préparatifs en vue de la fête de Pessah qui approche à grands pas, Bet-El va se retrouver comme en situation de couvre-feu, puisque les routes seront «stériles» ce jeudi, de 8h30 à 10h30 et de 12h30 à 15h. Personne n'aura le droit de circuler, pas même les ambulances. S'il faut s'attendre à des similitudes avec la visite de Clinton pour qui la route 1, de Tel-Aviv à Jérusalem, avait été réquisitionnée pour l'honorer, il se pourrait que des décalages avec l'emploi du temps initialement prévu bloquent la route pour presque toute la journée. Par contre, en cas d'urgence, les habitants assiégés pourront toujours – c'est prévu – emprunter la voie des airs et se servir de l'aire de décollage et d'atterrissage citée plus haut.

  

Et pour finir, quelle différence y a-t-il entre le président américain Obama et une chute de neige? Aucune, dans les deux cas la circulation sur les routes est bloquée.

Partager cet article

Repost 0
vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan - dans Actualité
commenter cet article

commentaires