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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 16:41

L'opération militaire, Colonne de nuée, destinée à faire taire la menace des missiles n'a pas mis fin au pouvoir terroriste à Gaza, et c'est assurément ce qui a donné à l'ennemi une sensation de victoire si forte que beaucoup se sont sentis décontenancés. Si l'ennemi est exulte au plus haut point, et si, de surcroît, un large mouvement mondial, allant du Fatah aux pays démocratiques européens, l'épaule, cela veut-il dire que l'on aurait de sérieuses raisons de douter? Pourtant, il ne faut pas s'y tromper. Non pas qu'Israël ait mis fin à la menace venant de la ville où tout souvenir d'un judaïsme florissant a été effacé, mais il faut comprendre d'où vient se sentiment de l'ennemi, dont il est difficile de dire que la joie ait été feinte pour les caméras.

Le cas du terroriste à la tête de la bande de Gaza ressemble de près à celui d'Agag, roi d'Amalek, dans la guerre qui l'opposa à Israël. Amalek avait certes essuyé de lourdes pertes, mais il avait été épargné par le roi Saül et son armée. Quand il a réellement cru un instant qu'il allait définitivement s'en sortir, il a vite retrouvé son outrecuidance habituelle, en s'écriant, heureux et ironique: «Quoi? Ce monsieur de la mort s'est donc retiré?» (I Samuel 15). Si le prophète ne lui a pas donné l'occasion de se réjouir très longtemps, cela n'empêche pas d'établir un rapprochement avec les événements encore brûlants de novembre pour comprendre la réaction d'un archi terroriste qui s'apprêtait à être écrasé comme une punaise, et qui sentait que le sort de son bras armé allait être le sien, que ce n'était qu'une question d'heures. La réaction hilare du criminel n'a donc aucune relation avec le principe qui oppose la victoire à la défaite. Il ne ressent aucune pitié pour ses acolytes, ni pour aucun des habitants fanatisés de Gaza, qu'il utilise comme chair à canon. Seule sa peau compte, et il l'a en l'occurrence sauvée. D'où sa joie sans bornes.

En revanche, Netanyahou ne pourrait soutenir, s'il avait des comptes à rendre à un prophète, que le peuple aurait eu cette fois pitié des Amalécites et qu'il l'aurait approuvé. Au contraire, le peuple israélien voulait cette fois en découdre. Par contre, dans le contexte actuel où tout le monde se mêle de tout, contexte de mondialisation, ce sont les chancelleries étrangères qui ont eu pitié des criminels, et qui auraient vu d'un très mauvais œil qu'Israël récupère la ville de Gaza et répare la faute de l'expulsion de ses Juifs en les réinstallant et en en chassant cette fois à bon escient ses ennemis.

Oui, Gaza est juive. N'oublions pas que c'est à Gaza que vécut le grand Rabbin Israël Nadjara, décédé en 1626 et dont le tombeau serait certainement très difficile à retrouver. Les occupants de Gaza sont connus pour la délectation qu'ils trouvent à profaner tout souvenir juif, à commencer par les synagogues somptueuses des Juifs expulsés en 2005. Pour les familiers de la liturgie shabbatique, le grand rabbin Nadjara est l'auteur de nombreux chants, dont le plus connu reste celui de «Ya Ribon Alam», éloge adressée au Maître du Monde en araméen. Si la présence de ce grand rabbin et poète ne remonte qu'à un peu moins de quatre cents ans, le livre des Juges atteste que la présence juive remonte à quelque trente-trois siècles.

«Yéhouda s'empara de Gaza et de son district, d'Ashkelon et de son district, et d'Ekron». (Juges, I, 18). Un habitant de Kfar Yam, l'un des villages juifs détruits il y a huit ans, l'historien Arié Its'haki, interrogé pour le site d'Aroutz 7, a rapporté que des fouilles archéologiques dans son jardin avaient permis d'exhumer des ustensiles en usage chez les tribus d'Israël, qui étaient de conception différente de ceux des Cananéens et autres peuplades. Mais où sont les synagogues, les lieux saints, la vie épanouie de Gaza la juive, dont le souvenir est effacé par des négationnistes qui lui nient toute vérité historique liée au destin d'Israël? Ce n'est donc pas la pression israélienne qui a poussé le gouvernement à renoncer à récupérer Gaza, et il a été d'autant plus désarçonné sur la scène internationale que les prétendus analystes et stratèges de service dans les médias officiels avaient rassuré la population en soutenant que si des missiles venaient à l'avenir à être réellement catapultés depuis la bande de Gaza, Israël serait approuvé et appuyé par la communauté internationale dans son entreprise de récupération du terrain abandonné, ne l'oublions pas, pour la paix, même non signée.

Or, chaque cessez-le-feu présage une situation de guerre de plus en plus grave, et il est permis de penser que le ras-le-bol israélien aura la prochaine fois plus de poids sur les décisions politiques. Au premier cycle d'agressions, les roquettes, dites artisanales, atteignaient le Goush Katif, les Juifs de Gaza, et la ville de Sdéroth. Au suivant, quelques tirs tombaient sporadiquement dans les terrains vagues entre Gaza et Ashkelon. Puis, alors que beaucoup trouvaient «normal» qu'Ashkelon soit bombardée, un premier jet a touché Ashdod, faisant une victime. Encore plus tard, au cours des dernières agressions en date, Jérusalem et Tel-Aviv étaient déjà dans la ligne de mire. Si ces deux villes n'ont essuyé qu'un nombre de missiles n'excédant pas le nombre des doigts de la main, on peut présager, sans être doué de prédispositions divinatoires, que la «pluie» de missiles qui a touché tout dernièrement Ashkelon, avec trente à quarante alertes toutes les vingt-quatre heures, touchera dans la même ampleur les deux métropoles.

Sans vouloir accuser le pouvoir politique d'établir des distinctions entre ses administrés, où Tel-Aviv serait peuplée de citoyens de première classe, Ashkelon de deuxième et troisième, ceux de Gaza ayant été de dernière zone – puisque déplacés, leur situation n'ayant pas justifié une guerre – il ne faut pas oublier que, dans un passé encore récent, certaines personnalités avaient déclaré que des tirs de missiles sur Tel-Aviv constitueraient un dépassement de la ligne rouge, autrement dit une déclaration de guerre. Le tollé provoqué par ces déclarations les avait fait retomber dans l'oubli.

Cependant, si cette considération n'a jamais été officielle, l'attitude gouvernementale a largement donné l'impression que seule une attaque massive sur la région de Tel-Aviv pousserait les décideurs à opter pour une autre politique et à faire changer la situation à la racine. Il est donc probable qu'au prochain round, la tête du criminel Hanié soit écrasée. En revanche, il soit moins aisé de se représenter un retour d'Israël dans sa ville de Gaza, les dirigeants du Likoud considérant comme normale leur trahison constance de sa charte. Il a suffi de voir la réaction de Netanyahou, qui a sans le oindre problème déclaré vouloir rapprocher Begin et Meridor du pouvoir, alors que le vote interne du Likoud les a écartés de la tête de la liste, en raison de leurs positions en contradiction avec les idéaux de l'électorat qui lui, n'a pas peur de rester fidèle aux idéaux sionistes ou tout simplement au droit d'Israël à vivre dans ses frontières légitimes.

En outre, l'attitude frileuse de Netanyahou en vigueur depuis le début de la 18ème Knesset est peut-être à l'origine de l'incroyable soutien de l'Europe au mouvement terroriste du Fatah, voire du Hamas, et dont les pays qu'on prenait pour les plus éclairés ont convoqué les ambassadeurs israéliens pour leur reprocher la décision d'Israël de vouloir construire sur une partie de sa terre libérée, entre Jérusalem et Ma'alé Adoumim. Si Netanyahou avait mis en œuvre ces chantiers dès sa seconde accession au pouvoir, au lieu de lancer un gel injuste et discriminatoire de la construction, les descendants d'Edom n'auraient pas à l'heure actuelle lancé une vaste offensive diplomatique de prise de position pour la cause islamique globale.

L'Angleterre, la France, la Suède et la Hollande ont en effet convoqué pour les tancer de haut les représentants diplomatiques israéliens. Il est vrai qu'on n'en est pas encore à la situation qui a sévi en Egypte, quand le personnel de l'ambassade a dû être évacué d'urgence dans des circonstances miraculeuses. Pour ceux qui pensaient que le danger ne se trouvait que dans la tête des assiégés du Caire, l'atroce assassinat de l'ambassadeur américain en Lybie, survenu peu après, a confirmé ce que les partisans de la religion de l'antipaix sont capables de faire.

La position de la diplomatie Netanyahou-Barak, qui se disait prête à montrer de quel bois elle se chaufferait si les terroristes du Fatah venaient à proclamer un Etat terroriste à la place de l'Etat d' Israël, qui irait du littoral au Jourdain, ne peut être comprise du monde occidental après tant de servilité vis-à-vis du président américain. N'oublions pas que les Etats-Unis sont la fille de l'Occident, et qu'hormis certains aspects améliorés, ils restent fondamentalement identiques à leurs nations originelles et représentées selon la tradition par le prince d'Esaü. Les concessions consenties par le gouvernement Netanyahou, sans précédent dans l'histoire de la politique israélienne, ont redonné à Israël le visage masqué et abaissé de la synagogue face à l'église fière et vindicative, d'où l'extrême difficulté qu'éprouve l'Europe à admettre qu'Israël opère un revirement et puisse de nouveau revendiquer et appliquer ses droits. L'élève qui a obtenu plusieurs mauvaises notes consécutives a du mal à faire admettre sa remontée fantastique et se fait voler des points quand il mérite un dix-huit ou un vingt. Espérons toutefois que ce revirement tiendra la route, comme l'a confirmé ce matin Netanyahou en affirmant qu'il ne ferait pas machine arrière dans son intention d'autoriser la construction.

En ce qui concerne les rapports de la communauté internationale, de la fin des années quarante au début des années quatre-vingt, il était difficile de comprendre les prophéties de l'envergure de celles qui ont été lues dans toutes les synagogues il y a trois jours (shabbat Vayichla'h, 20 kislev ou 1 décembre), comme par hasard juste après le fatidique vote qui soutient la formation d'un Etat terroriste sur notre terre et qui n'a rien de reluisant et de très prometteur pour l'Onu. Dans le livre d'Obadia, la maison d'Esaü est assimilée à de la paille alors qu'Israël est fait de feu. Il est dit qu'il ne restera pas de souvenir d'Esaü. En effet, comment des nations repenties pourraient être encore passibles d'un châtiment, pouvait-on se demander au lendemain de la deuxième guerre mondiale, après que les nations les plus dures ont été pilonnées, leurs gouvernements éteints et qu'elles ont-elles-mêmes voté alors en faveur de l'indépendance d'Israël? La réponse vient de se profiler. Elles reviendront à leurs intentions premières, et l'évidence est déjà apparue au grand jour lors du vte en faveur d'une organisation qui se veut exterminatrice et remplaçante de l'Etat d'Israël. Il suffit, pour comprendre que cette idée est loin d'être exagérée de faire un tout petit peu attention à la carte représentée sur les écussons des organisations terroristes comme l'Olp, le Fatah, le Hamas et j'en passe. Ce ne sont pas la Judée, la Samarie et Gaza, qu'ils se contentent d'y représenter, mais toute la largeur de la bande côtière allant de la méditerranée à la vallée du Jourdain.

Le Rav Chabtaï Sabato, auteur d'une colossale explication du Talmud qui s'étend sur plus de mille cassettes audio et à présent numérisées, a établi un parallèle entre le dernier vote des nations contre Israël et la requête d'Abraham pour tenter de sauver de l'anéantissement de Sodome. Comme on le sait, Abraham s'est résigné quand il a compris que cette ville n'abritait pas même dix justes. Or, il n'y a eu que neuf nations qui se sont opposées à la supercherie onusienne. Le rabbin a relevé que les nations qui se sont abstenues ont laissé faire, et que l'Allemagne, qui a anéanti le tiers du peuple juif, ne s'est pas sentie obligée envers le peuple juif. Les médias israéliens ont soutenu que l'Europe avait trahi Israël. Mais il faudra bien un jour se mettre à l'évidence que l'Europe ne fait que reprendre une très ancienne tradition, avec une rémission qui a laissé entendre qu'elle aurait changé, de 1947 à 67. Pourtant, qui ne connait pas les expressions consacrées du genre: «Plus jamais ça»?

Il faut donc bien comprendre que la guerre menée contre Israël n'est pas limitée aux bombardements en provenance de la bande de Gaza. De nombreux Etats et organisations en tous genres soutiennent le Hamas, à tel point que certains ont même été choqués d'apprendre que des joueurs de foot l'ont soutenu et condamné Israël d'avoir voulu mettre un terme aux bombardements sur ses civils, prétextant le bombardement d'un terrain de foot. Pourtant, il est franchement difficile de trouver cette attitude surprenante, donc choquante. Cette catégorie socioprofessionnelle n'a jamais brillé par son esprit. Et il faut être footballeur pour donner avec sa tête un violent coup sur un ballon qui arrive à une vitesse prodigieuse après avoir effectué une longue parabole. Tout individu non footballer qui tient à sa santé et à ses neurones n'aurait pas suivi des yeux la trajectoire d'un ballon pour mieux le recevoir sur sa tête mais pour mieux s'en écarter. D'une certaine manière, on peut excuser l'attitude de ces joueurs pour leur accusation. Peut-être en effet qu'une déformation professionnelle les aurait poussés, s'ils avaient été à Ashkelon pendant les alertes, à tenter de suivre la trajectoire des missiles pour mieux les retourner à l'envoyeur en se servant de la solidité de leur crâne. Mais il ne faut pas désespérer ; on vient d'apprendre ce matin que d'autres footballers ont condamné la prise de position des premiers.

Les Israéliens, avec leur volonté exacerbée de faire la paix avec le monde entier, ont, au lieu d'amadouer les Etats les plus féroces, réveillé de leur torpeur les Etats les plus conciliants à son égard. Et les cadeaux incompréhensibles qu'ils ont fait aux ennemis de leur nation, du maintien des populations hostiles qui les ont attaqués dès leur indépendance puis à la suite de la guerre des Six jours, au gel de la construction imposé uniquement à ses propres citoyens, en passant par les concessions dérivées des accords censés être de paix, du Sinaï à la majeur partie de la ville de Hébron, puis au cadeaux totalement désintéressés sans aucune promesse de paix, fût-elle mensongère, en retour, ont réussi pour finir à réveiller toutes les haines et sans doute à accélérer le processus des temps futurs dont l'une des composantes de taille n'est autre que la guerre connue sous le nom de guerre de Gog et Magog.

Or, cette hostilité de plus en plus affichée semble être montée d'un cran cette semaine, en passant des accusations démagogiques à une menace de l'annulation des relations diplomatiques et économiques. Le temps n'est peut-être pas loin où les rescapés des nations monteront à Jérusalem à Souccot, après s'être remis de tous les débordements de leurs dirigeants et de leurs semblables.

 

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