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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 14:44

Obama a-t-il tenté une conversion au judaïsme?

Le premier mandat d'Obama s'est ouvert sur un assommant voyage en Egypte. Le second, à l'opposé, l'a vu effectuer son premier voyage en Israël. De l'oppression et l'obscurité de l'Egypte à la lumière d'Israël, est-ce ainsi que doit être perçue l'évolution de ce singulier président américain ?

Après bien des tractations, des arrangements, mais aussi des prières, Obama est devenu président des Etats-Unis, et plutôt deux fois qu'une. Son premier mandat, il l'a entamé sous le signe de l'Egypte, dont la racine étymologique trilitère signifie oppression. Aujourd'hui, elle reste synonyme de répression. Quant à son second, tout porterait à croire qu'il a voulu le placer sous le signe de la liberté et des valeurs humaines et universelles d'Israël, peu avant la fête nationale de sa rédemption qui l'a vu s'extirper justement du pays qui précède.

Tout semble aller pour le mieux. Dans l'expectative, Israël, d'abord sceptique – une annulation du dernier moment étant toujours possible – va réellement voir ce président américain pour la première fois sur son sol. Pourtant, cette visite est marquée par une profonde déception. On s'attendait à ce qu'Obama amène dans ses bagages un important prisonnier de Sion, un Juif inculpé et incarcéré pour des broutilles. C'est à se demander si c'est la judéité de celui-ci qui a provoqué une si forte condamnation, sachant d'une part qu'il s'est contenté de fournir des informations à Israël qui concernaient ses ennemis régionaux et certainement pas les Etats-dits-Unis, et, d'autre part, que des prisonniers accusés d'actes réellement dangereux sont souvent graciés par le dit président. Mais non, Obama s'est ramené les mains vides, malgré une pétition qui a rassemblé le quart du million de signatures.

Il a rencontré les nouveaux ministres, le gouvernement ayant été établi in extremis. Pas in extremis à cause de la venue d'Obama, mais à cause du dernier instant du second et dernier délai accordé au candidat au poste de Premier ministre qui, le cas échéant, se serait vu dessaisir du dossier qui aurait été remis à un autre, probablement à l'animateur télé reconverti dans la politique.

On raconte qu'Obama est déjà passé par le christianisme et l'islam. Il serait né chrétien et devenu musulman ou le contraire. Mais ce ne sont que des on-dit. On dit aussi que ce qui a justifié sa visite en Israël, le première hors des frontières de son pays après sa réélection, serait sa volonté de casser son image du président américain le plus hostile à Israël et dont tout effort diplomatique de sa part n'inspire rien d'autre que la méfiance. Difficile d'admettre cette supposition, elle aussi source d'un nouvel on-dit, puisque si ça avait été le cas, il nous aurait ramené notre prisonnier politique. (Politique parce qu'on n'admet pas aux States que des Juifs prennent position trop ouvertement pour Israël, surtout dans des affaires de ce genre. Tout citoyen américain doit toujours prendre fait et cause pour l'Amérique, même si elle part en guerre de destruction. Un précédent historique a vu les Américains originaires du Japon s'engager dans les troupes américaines, après avoir été cantonnés dans des régions isolées parce qu'ils n'inspiraient pas confiance, pendant la Seconde ou deuxième guerre mondiale. Aux USA, un Juif ne doit pas mettre des bâtons dans les roues quand une guerre, même indirecte, est menée contre l'Etat d'Israël, à savoir quand les dictatures fanatiques disposent d'armement et travaillent selon une stratégie inconnue d'Israël, ce qui pourrait bien les aider à gagner dans leur guerre totale d'extermination. Et qu'importe si le Japon avait tort et si Israël a raison, la seule raison, c'est la raison d'Etat, et l'Etat, c'est l'Amérique. Fermons la parenthèse).

Donc, le président américain débarque, ou plutôt, étymologiquement, se «désavionne», et tous les membres du gouvernement israéliens attendent, tendus, plein d'un espoir illusoire. L'illusion se confirme bientôt devant une assistance glacée qui a beau attendre mais ne voit personne descendre à sa suite. Seul le ministre du Logement lui glissera à l'oreille qu'on s'attend toujours malgré tout à le voir faire un geste de bonne volonté et libérer notre très ancien espion. Le prisonnier de Sion est donc toujours prisonnier. Vous parlez d'un ami!

Ce n'est donc pas la tentative de briser sa solide réputation d'ennemi qui l'a fait venir en Israël, auquel cas, comme nous venons de le démontrer, et pour donner le change, il se serait fait accompagner de notre concitoyen, sans que cela ne lui en coûte. Et le Premier ministre israélien a bien raison de faire dépendre tout ce qu'il y a de désastreux dans sa propre politique de la férocité de Obama. Jamais auparavant aucun village juif nouveau n'avait vu le jour en Judée, jamais la construction n'avait été interdite uniquement aux Juifs à Jérusalem. Et tout est la faute d'Obama. Jamais on ne s'était retenu de bombarder tout début de fabrication d'une bombe atomique, à Ossirak ou en Syrie. Toute est encore une fois la faute d'Obama.

Pourtant, nous diriez-vous, le président américain a pris la parole devant un public estudiantin, en faisant comme s'il parlait au «peuple» qui devrait selon lui faire pression sur le «pouvoir» et l'obliger à «faire la paix». Ah, ces Américains, toujours le mot pour rire! Sortis d'Hollywood, ils prennent la réalité pour du cinéma : ils vont servent du peuple, du pouvoir, du bon, du méchant, du happy end, et hop! le tour est joué. Les étudiants triés sur le volet ne sont pas plus le peuple que la poignée de figurants, venus figurer le rôle de plusieurs millions d'hommes, femmes et enfants, au sortir de l'Egypte, ne représente le peuple hébreu. Des figurants de Cecil B. 2000, à la petite centaine de figurants étudiants d'opinion minoritaire, il n'y a qu'un pas, franchi allégrement par Obama.

Mais alors, qu'est venu chercher le président américain? D'aucun vous diront qu'il a cherché à voir de plus près comment on fait pour devenir juif. Du blond aux yeux bleus au citoyen de teint nubien, toutes les couleurs de l'arc-en-ciel se retrouvent dans le peuple juif, alors pourquoi pas lui?

Sa venue en Israël ne coïncide pas fortuitement avec la dernière ligne droite des préparatifs de Pessah, qui est la fête de la libération du peuple juif à sa sortie d'Egypte. Au début de son premier mandat, Obama est profondément embourbé dans la fange égyptienne. Il entame la présidence du pied gauche. Ses prédispositions mentales et morales relèvent de la période antérieure à la sortie d'Egypte, et il le montre bien en faisant son premier voyage au pays de l'esclavage, du matérialisme et du culte idolâtre. Si le pouvoir égyptien n'est plus celui des pharaons, le président américain s'agenouille cependant devant celui qui en représente du moins symboliquement l'héritier. Et si la civilisation égyptienne d'aujourd'hui n'écrit plus en hiéroglyphes, ce n'est pas pour rien que le nom de ce pays n'a jamais été changé, contrairement à cette tentative entamée par Hadrien, motivé par la volonté d'effacer le nom d'une civilisation qui, elle, en revanche, écrit toujours en hébreu.

Mais là, cette fois, il se dit qu'il va briser les chaînes de ses conceptions qui l'attachaient (et le maintiennent cependant toujours) prisonnier de l'une des cultures les plus oppressantes et répressives que la terre ait jamais portée. Et il va aller de l'autre côté, à l'aboutissement du long périple qui a fait passer le peuple hébreu de l'obscurité à la lumière, de l'esclavage à la souveraineté, en passant par la Révélation sur le Mont Sinaï.

Obama fera peut-être comme les Khazars, dont le roi était venu retrouver Rabbi Yéhouda Ha-Lévy, roi qui avait entraîné à sa suite son peuple, venu s'inscrire dans la destinée du peuple d'Israël.

Il tente de briser la glace, et change sa tactique d'approche. Il apostrophe le nouveau chef du parti national religieux, et lui fait part de son admiration quant à son ascension fulgurante, et comment, sorti du néant, il est devenu ministre et l'un des principaux collaborateurs du Premier. Obama fait peut-être allusion à sa propre condition, lui aussi en a parcouru, du chemin, avant de devenir: Président des Etats-Unis! On ne va pas refuser l'entrée au sein du peuple juif à quelqu'un qui est tellement important que toutes les routes sont fermées à son passage, même si on pourrait a priori ne pas trop s'inquiéter pour sa santé, vu qu'un vice-président est là pour le remplacer comme si de rien n'était en cas de pépin.

Mais le président américain est aigri, maladroit, et suscitera cette réaction chez le même nouveau ministre surgi du néant dont il avait tenté de s'attirer la sympathie: «On ne dit pas qu'un peuple est colonisateur dans son propre pays». Le gouvernement, rancunier, tenace, à la nuque raide, moins indulgent que les grands rabbins qui reprocheront à ce dernier son opiniâtreté dans son refus d'accepter Obama dans l'Alliance, lui réservera un accueil des plus glacials, en choisissant une mélodie chrétienne pour accompagner sa venue: «Reste où tu es, Obama, tu n'es pas des nôtres», exprime l'Etat judéen par le choix de cette musique. Les rabbins le regrettent, personne n'est foncièrement ni irrémédiablement mauvais, et tout un chacun peut s'amender et revenir de loin. Et Obama est reparti, déconfit, la tête basse, malgré une satisfaction de façade, sans avoir rien obtenu de nouveau.

 

 

 

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