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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 18:38

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[Illustration. Trop compter sur l'aide extérieure ne conduit qu'à la ruine]

Le nouveau président américain, dès le début de son premier mandat, s'est rendu très impopulaire auprès de l'opinion israélienne et des pays libéraux. En se rangeant du côté de la religion de l'Arabie, il s'est fait passer, en s'inclinant devant le roi saoudien, pour le vassal de cette force sous la pression de laquelle la face de l'Occident change à grands pas. La mise en exergue de son prénom Hussein, qui l'a d'un seul coup fait ressembler au dictateur moyen oriental capturé par ses prédécesseurs, dont il est l'homonyme par le prénom, a plongé dans le désarroi bon nombre de ses électeurs, dont beaucoup pourtant ne lui ont pas tenu rigueur en lui refaisant confiance.

Mais la frayeur inspirée par sa réélection est peut-être exagérée. Il suffit de ne pas oublier quelle était la nuance subtile qui le distinguait du dernier Bush, - car c'est bien d'une nuance qu'il est question et non pas d'une différence fondamentale. Cette nuance veut qu'il a cherché alors à démarrer son mandat en se concentrant sur l'Etat juif, qu'il rêvait de voir diminué et privé de sa capitale, tandis que son prédécesseur considérait cet objectif comme l'élément final de son service à la tête des EU. Il n'est pas à exclure que le nouveau président ait fait alors une fixation sur les paroles quasi prophétiques de Georges Bush II, qui avait décrété, un an avant son investiture, (voir Un nouveau prophète), que la soumission d'Israël à ses fantasmagoriques prévisions pseudo prophétiques se réaliseraient dans la dernière année de son mandat. En bon disciple et en bon exégète du prophète Bush, Obama a dû interpréter ses dires et comprendre que cette prédiction, puisqu'elle ne s'était pas réalisée avant la passation de pouvoir, n'allait pas tarder à se réaliser peu après pour le plus grand bien de sa propre gloire.

Si ce qui distingue les deux derniers présidents n'est qu'une question de vitesse ou de patience, comment se fait-il que le dernier, selon un sondage effectué en Israël, n'avait inspire confiance qu'à 4% de ses citoyens, alors que le précédent passait pour l'apôtre de la paix auprès, toujours si on se fie aux sondages, d'une tranche nettement plus importante de l'opinion ?

Avant le premier mandat d'un président dont la couleur ressuscite bien des peurs et des phobies, une campagne visant à sensibiliser la conscience américaine avait traduit les exigences d'Obama en termes d'épuration ethnique, la pression exercée par ce dernier ayant pour but de «nettoyer» Jérusalem, la Judée et la Samarie de leur présence juive. De son côté, pour bien dénoncer le déséquilibre de la volonté politique d'éradiquer les Juifs de la région, le porte-parole du gouvernement israélien avaient rendus publics les résultats d'un rapport faisant état des récentes acquisitions par des Arabes d'appartements dans la partie Ouest de la capitale israélienne, fuyant à l'avance la possible mise en place d'un pouvoir arabo-musulman totalitaire censé les représenter depuis les accords d'Oslo, dans le but de montrer que, contrairement à la déjudaïsation exigée par les nations dites libérales, les instances de l'Etat Juif n'avaient jamais exigé l'équivalent dans les régions que l'Occident concédait à reconnaître comme israéliennes.

Cette effarante déclaration de guerre contre la vie juive caractérisait pourtant tout autant des gens paisibles tels que Clinton, Bush 1 et Bush 2, Reagan, etc. Comment Clinton a-t-il pu être tellement populaire en Israël alors que des Juifs étaient occis par dizaines dans des bus ou des restaurants, et alors que les accords entre Rabin, Pérès, et Arafat, au bas desquels il avait lui-même apposé sa signature, avaient été le déclencheur de la situation la plus catastrophique jamais subie par le pays ?

La réponse, et sans allusion à connotation raciste allant à l'encontre des Blancs ou des Noirs, c'est que les présidents auxquels on nous avait habitués jusqu'à l'année qui a précédé le premier mandat d'un élu de couleur, montraient tous patte blanche. Le partenaire d'Israël s'avançait, les bras en avant, les mains tournées vers le haut, bien en évidence, un grand sourire carnassier supposé transpirer la fraternité, mû par un élan de bonne volonté et la ferme résolution d'établir la paix américaine dans le monde, parvenant ainsi à transmettre à ses «amis», alliés et autres interlocuteurs, un sentiment coupable. «Nous somme de grands amis, et nous allons réaliser ensemble de grands projets. Alors pourquoi nous fâcher pour des broutilles en raison d'un entêtement dépassé et puéril de votre part?» La suite est bien connue. Si le président de la grande puissance est si sympathique, pourquoi le froisser? Et c'est pour ne pas froisser de si grands amis qu'Israël a cédé le Sinaï à L'Egypte, Sinaï aujourd'hui infesté de groupuscules bédouins armés par Al-Qaïda et l'ex arsenal de Kadhafi, le Sud-Liban au Hezbollah, ou encore Gaza au Hamas.

N'oublions pas que l'Amérique excelle dans le commerce et le cinéma. Ces deux matières ont plus de points communs qu'on ne se l'imagine. Le commerçant, l'acteur, mais aussi le politicien, travaillent de la même façon ; ils vantent et vendent tout, à commencer par ce qui est creux: le premier vante un produit, le second un héros, le troisième un ordre nouveau.   

Leur habileté est si grande qu'un homme de bonne foi peut se faire empoisonner par un produit tout en étant persuadé qu'il est tombé à pic pour le soigner d'un mal qui s'est déclaré au moment de son acquisition ; un autre peut voir son caractère se transformer pour devenir irrespectueux et vindicatif en pensant bien faire, sur le modèle d'un personnage commercialisé par une série ; un autre encore pourra détruire une oasis bâtie sur un ancien désert pour en faire une base de tir de roquettes contre son propre pays, pensant apporter la paix car on l'a convaincu qu'il suffit de faire plaisir aux ennemis pour les rendre gentils, comme dans les contes …

La différence entre le président classique et le nouveau, c'est la manière de présenter la chose. Un individu menaçant armé d'un bâton éveillera la vigilance de la personne visée, qui, prévenue, pourra se protéger du mieux qu'elle peut. Mais si un agresseur, muni d'un sécateur, qui est une arme bien plus terrible qu'un simple bout de bois, s'avance avec un grand sourire, et explique qu'une amputation douloureuse sera salutaire pour le « patient » qui risquerait sans cette intervention de périr, et qu'il faille l'endurer pour que le reste du corps survive, il représentera, par son pouvoir de persuasion, un danger bien plus terrible.

Si un individu en menace un autre de le tuer en lui faisant ingurgiter une amanite phalloïde, ce dernier a de fortes chances de se défendre et de s'en tirer sain et sauf ; mais si on lui dit que ce champignon serait innocent et dangereux uniquement dans les idées reçues, et que la force de son poison puisse au contraire le débarrasser de tous les microbes qui le menacent bien plus sérieusement, sa vie est en péril dès qu'il est sur le point de se laisser convaincre.

Ces deux dernières paraboles symbolisent les « concessions douloureuses » qui amputent le pays d'Israël de ses régions les plus vitales, aussi bien spirituellement que matériellement, et qui sont consignées à l'encre coagulée pat toutes sortes d'accords et de décrets, qui n'ont fait qu'apporter désastre et désolation. Le nombre des victimes des conséquences de la persuasion américaine ont dépassé en nombre celui des victimes des véritables guerres.

Le président américain fait passer un message clair, ainsi que le diplomate Solana, qui se faisait l'écho de ses ambitions politiques au moins au début de son premier mandat: « Je veux que vous renonciez à vos possessions parce que je ne vous aime pas. Et, combien même vous vous plieriez à mes exigences, vous n'en tireriez aucun profit pour l'avenir. Bien au contraire, vous vous en sortiriez diminués et affaiblis. »  

A moins d'un président ami d'Israël, sans guillemets, qui inciterait les Arabes présents sur son territoire à rejoindre les pays avec lesquels ils s'identifient, le nouveau vaut bien mieux a priori que les anciens, ceux qui exhibaient leurs « sabots fendus », signes extérieurs de leur prétendue loyauté. Mais l'avantage de cette effrayante franchise se perd en raison de l'incroyable complaisance mal-placée du gouvernement de Netanyahou, qui, s'il a affaire à un président prétendu ami, fera des concessions douloureuses pour préserver cette amitié, et ne défendra pas plus les véritables intérêts d'Israël que s'il a affaire à un président américain ouvertement hostile.

Dans ce dernier cas, et qui est celui qui nous intéresse, il se justifiera auprès du peuple d'Israël de deux façons. Ou bien il s'excusera de ne pas avoir le choix, la pression étant trop forte, ou bien il tentera de se persuader et de persuader les autres que les concessions ou le sabordage d'Israël amadoueront à la longue un président américain admirateur des dictatures musulmanes et le rendront plus magnanime envers le pauvre petit Etat juif – puisque c'est en effet cette façon des dirigeants de se sentir inférieurs qui met Israël en position d'infériorité. («Nous étions à nos yeux comme des sauterelles, et c'est comme ça qu'ils nous voyaient» Nombres XIII, 33).

 A ceux qui rétorqueront que le résultat escompté est plus qu'hypothétique, il répondra que, justement, c'est la preuve qu'il faut faire de plus en plus de concessions pour qu'il n'ait plus aucune raison de douter de notre bonne foi. Aujourd'hui, après cette réélection, rien n'est moins sûr que de supposer que Netanyahou ait atteint la maturité à même de lui permettre d'agir en chef d'Etat indépendant. Quoi qu'il en soit, la différence ne dépend pas de la couleur blanche ou noire du locataire de la maison blanche dont l'adjectif qui la qualifie reste de toute façon constant quelle que soit la couleur de celui-là, mais des capacités et de la mesure du courage et de la détermination d'un Premier ministre israélien qui soit capable d'agir selon ce qui est bon pour son pays, et non pas désolé de saborder l'avenir de son peuple parce qu'il a trop peur de faire les bons choix. Or, depuis ses débuts au pouvoir, Netanyahou a été par excellence l'homme qui a baissé la tête, et a accepté toutes les concessions: Hébron, les dix mois de gel total de la construction juive y compris à Jérusalem, le vote apocalyptique pour l'anéantissement de Goush Katif et indirectement des bombardements qui pour l'instant ne touchent que le Sud, jusqu'aux prochaines concessions douloureuses. L'horizon semble bouché, car plus personne ne peut se dire que les déclarations du type de celles tenues lors du discours de Bar Ilan ne seraient que des paroles stratégiques destinées à détourner l'attention. Mais le peuple juif, fidèle à son optimisme, s'en remettra. Souhaitons que les dégâts soient jugulés au mieux et que D. nous préserve des effets douloureux des concessions politiciennes.

Cette réélection américaine conforte le gouvernement israélien dans son manque de détermination à défendre les intérêts du pays car il pourra continuer à prétexter que la pression américaine est incontournable, alors qu'avec un Blanc plus complaisant, mais en apparence seulement, il         aurait honte de capituler pour une pression si faible en apparence. Quoi qu'il en soit, elle sert de leurre et détourne l'attention du public en Israël du manque de charisme de ses dirigeants.

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