Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 12:36

IMG_1198.jpgSi les petits partis devaient être éliminés par le seuil d'éligibilité, d'autres, un tout petit peu plus gros, ont pris la relève.

Les tractations pour la formation du nouveau gouvernement vont bon train. Le Premier ministre a tenu une conférence de presse avec Tzippi Livni, mardi 19 février 2013. Elle est l'ancienne patronne du plus grand parti de la précédente Knesset. Ils viennent en effet de signer un accord en vue de la prochaine coalition gouvernementale.

La politique ne tourne pas rond ; et on tourne en rond

Aujourd'hui, il n'a fallu donc à l'ex dirigeante politique que six sièges sur cent-vingt pour obtenir le ministère de la Justice, et la direction des pourparlers avec les terroristes du Fatah, négationnistes au sens large (Shoah, droit d'Israël à l'existence etc.), mais toujours considérés par Netanyahou comme partenaires de la paix, en dépit des discours enflammés et déterminés du Premier ministre suite à  l'adhésion d'une Palestine non-juive à l'Onu, proclamée par le boucher de Ma'aloth.

Nous nageons par conséquent dans une criante incohérence politique qui ne fait que continuer. Le seuil d'éligibilité, qui est de 2% aujourd'hui, a été arbitrairement établi pour empêcher des petits partis de faire la loi et d'obliger les grandes formations politiques à se plier à leurs revendications. Son principe a été défini au cours d'une conversation entre Ben-Gourion et Pinhas Rozen, au début des années 50. Quand les partis religieux risquaient de monter au créneau et de se montrer trop exigeants, les grands partis, Mapaï et les Sionistes généraux, en 54, lors de la mise en place de la coalition pour la cinquième Knesset, ont tenté d'élever à 4% le seuil d'éligibilité.

Ce qui voulait dire que les formations n'atteignant pas l'équivalent de 5 députés seraient d'emblée réduites au silence. Mais les progressistes refusèrent pour finir une telle condition et le vote fut reporté à plus tard, pour être avorté. Si le seuil d'éligibilité a longtemps été d'un pour cent, c'est-à-dire un peu plus haut que le nombre de voix nécessaire à l'obtention d'un siège au parlement, il est monté à 1.5% au cours de la treizième Knesset, celle qui a succédé au gouvernement de rotation entre Pérès et Shamir. L'inflation s'est ressentie une fois de plus au moment des élections de la dix-septième Knesset. Le seuil s'élève depuis à 2%.

Il faut donc obtenir un score de l'équivalent de 2.4 sièges pour avoir droit au chapitre démocratique. Bien entendu, les gagnants sont les gros poissons, qui se partagent entre eux la dépouille des petits. Bien sûr, pourrait-on objecter, on ne peut pas faire siéger à la Knesset concrètement ce 0.4 siège, soit quatre dixièmes d'un être humain.

En effet, peut-on admettre, en trouvant cette évidence logique et donc admissible. Pourtant, cela signifie clairement que si vous atteignez effectivement ce seuil, en obtenant l'équivalent par exemple de 2.5 sièges, vous vous ferez souffler 20% de votre poids électoral. Inutile de préciser que si vous obtenez tout juste l'équivalent d'un député, et même de deux députés, la démocratie telle qu'elle est configurée vous fera taire.

Ce qui est aberrant, c'est que personne n'a jamais exigé que le nombre de députés soit revu à la hausse. Si 120 députés représentaient 3 millions d'habitants, voici environ trente ans, ils en représentent aujourd'hui plus du double. Ne pourrait-on pas considérer ce phénomène comme la division par deux du fameux pouvoir du peuple? Plus on est nombreux sur un député, moins il y a d'affinités entre le pouvoir et les électeurs. Quoi qu'il en soit, 29 000 électeurs n'ont un pouvoir démocratique à proprement parler que s'ils ont voté pour une formation qui a obtenu au moins presque trois fois leur nombre, puisque les 66 840 électeurs d'Arié Eldad sont considérés comme nuls et non avenus.

Par contre, le nombre des ministres a, quant à lui,    augmenté progressivement. Forcément, puisqu'il ne concerne plus directement la représentativité du peuple mais le besoin de régner d'élus qui font abstraction de ces mêmes électeurs dès qu'ils n'ont plus besoin de lui à court terme.

Le 23ème gouvernement (12ème Knesset) comptait 21 ministres, plus 6 sans portefeuille, et le 24ème (12ème Knesset, Shamir) en comptait 22, plus un sans portefeuille. Le nouveau poste fut celui du ministre des Affaires de Jérusalem. La 14ème Knesset (27ème gvnt), en 1996 avec Netanyahou, compte toujours 22 ministres, si on omet le nouveau ministre préposé au secteur arabe, Moshé Katzav. Mais voyons ce que fait le Premier ministre du 28ème gouvernement, Ehoud Barak. (15ème Knesset). Il fait passer à 25 le nombre des ministères, tractations obligent, puisqu'il n'avait pas assez de postes pour tout le monde.

Sur l'heure, Netanyahou vient donc de mettre la présidente d'un parti de 6 députés à la tête d'un ministère de taille, puisqu'il s'agit de celui de la Justice. Il n'en est pas à sa première expérience dans ce domaine. Ehoud Barak avait gardé le poste de ministre de la Défense – n'oublions pas que c'est lui qui (ne) signe (pas) les autorisations de construire dans toute la région de Jérusalem libérée à la guerre des Six jours et de la Judée et Samarie, pour les Juifs, bien sûr, les autres n'en ayant pas besoin – après s'être retrouvé à la tête d'un parti de 5 députés, Atsmaout.

L'avenir nous dira, s'il y parvient, de quelle manière Netanyahou aura formé sa nouvelle coalition, qui doit être la plus large possible, et qui, si on reprend les termes de la conférence de presse de ce soir, ne semble pas devoir suivre la voie des pionniers du recouvrement d'Israël de ses droits ancestraux sur sa terre, ni se conformer à la charte et aux principes du Likoud, puisqu'il a réitéré son intention du fameux discours de Bar-Ilan.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan - dans Analyses en français
commenter cet article

commentaires