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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 11:10

Le-croissant-s-etend-jusqu-a-la-limite-de-l-Euro-copie-1.JPGEn rouge, les pays islamiques, ou en voie de le devenir, ou qui, en tout cas, soutiennent les thèses hégémoniques et expansionnistes de ce camp. En rose, ceux qui ne sont pas encore rouge. Couleur azure, seule une lueur d'espoir, avec la République Tchèque, brille sur l'Europe. Mais est-ce bien suffisant? Impossible de ne pas remarquer le renforcement du croissant musulman dont l'écarlate coule jusqu'à la pointe du Raz, à l'extrême nord-est de l'Europe. Mais ont-ils conquis tout le pourtour méditerranéen, en raflant le plus largement possible? Non, car une irréductible étoile à six branches brille sur le monde, au beau milieu de ce croissant soumis.

L'argent n'a pas d'odeur, dit-on. On ne peut pas en dire autant pour le pétrole, et l'Europe se laisse envahir par la religion des pays de l'or noir. Ce parfum ne laisse plus personne indifférent, puisque même la Suisse s'est colorée en rouge, elle qui se demandait si les minarets la gênaient sans n'avoir rien à redire sur la multiplication des mosquées, édifices aussi neutres que peut l'être le soutien de l'islamisation de tout le pourtour de la méditerranée. Tout le pourtour? Tout! Quant à l'Angleterre, il semble qu'elle est encore rose, encore à mi-chemin entre la blancheur et la couleur du sang. Il faut croire qu'elle s'abstient dès qu'un vote se présente un 29 novembre.

Quant aux dirigeants européens, observez bien leur expression. Voyez le Français Hollande qui revient d'un voyage en Algérie. Ils se sentent coupables, et ils ont des remords. Nous ne nous attarderons pas ici sur l'indiscutable apport économique, culturel, civilisationnel, de l'Europe dans ses anciennes colonies ; ni du dépit des populations locales et autochtones délaissées, trahies, abandonnées, dont une bonne partie a suivi et continue de suivre ses tuteurs en Europe. Nous ne considérerons ici que les remords. Mais nous allons voir tout de suite qu'ils sont bien plus graves et omniprésents que ce que l'on s'imagine.

Le président français ne se sent pas mal à l'aise parce que son pays a fait de l'Algérie une de ses provinces pendant un peu plus d'un siècle, mais parce qu'il impose aujourd'hui son autorité à une population arabe. Au fond, il s'excuse de s'imposer d'une façon tout à fait illégitime, en tant que dirigeant étranger, à une population d'où il n'est pas issu. Pour lui, et pour les autres, de l'Assemblée au Sénat, députés, préfets ou ministres, la colonisation française ne représente pas un passé sur lequel, avec un petit effort, on peut tirer un trait, mais le présent dans toute l'acuité de son actualité. Et c'est terriblement déshonorant pour des anticolonialistes qui se respectent que d'imposer leur pouvoir à des gens qui n'aspirent qu'à être libres.

Regardez! Qui s'est promené en France, récemment? Qui a marché une bonne demi-heure, d'un bon pas, dans les rues de Paris, de Lille, de Lyon ou de Marseille, et j'en passe? Peut-être avez-vous rencontré quelques Français de souche. Mais en majorité, vous avez surtout croisé la route d'une population originaire du continent africain. Les Israéliens, majoritairement grands admirateurs de la France et de sa culture, ont déchanté. Moshé B, de Kiryat Gat, raconte: «Mon fils, après son service militaire, est parti avec quelques amis visiter Paris. Ils ont été encerclés par des Arabes qui avaient la haine dans le regard. Ils ont été frappés. Remis de leur stupeur, ils ont bien rendu quelques coups, mais ils ont dû décamper en vitesse. Je lui ai reproché de ne pas avoir fait attention, d'être allé dans des quartiers à risques. "Mais, non, papa", qu'il m'a dit. "C'était au Trocadéro".» Mme Péled, de Tel-Aviv: «J'aime les rues de Paris. Mais je dois dire que je rencontre de moins en moins cette culture française quand je flâne dans la capitale des lumières. On dirait que la lumière faiblit.»

Depuis plus d'une décennie, les Israéliens, pour ceux qui sont avides de voyages et de dépaysement, préfèrent depuis longtemps l'Extrême-Orient, de l'Inde au Japon, en passant par la Thaïlande.

Il ne faut donc pas en vouloir à ces pauvres Hollande et Fabius. Ils n'y peuvent rien, et sont obligés de mettre en veilleuse leurs aspirations – loin de nous de les soupçonner de ne plus vibrer pour elles – aux droits de l'homme, au droit des peuples, y compris Israël, à disposer d'eux-mêmes et à se défendre. Ce n'est pas de leur faute, ils ne sont pas coupables s'ils ont reconnu comme membre de l'Onu un Etat qui veut en effacer un autre, puisqu'il s'agit d'un Etat arabe contre un autre qui ne l'est pas. En tant que Français qui dirigent une population arabo-musulmane, ils étaient bien obligés de se montrer démocratiques et de répondre aux aspirations de leurs administrés.

On comprendra donc bien qu'il est inutile d'argumenter ; ni d'expliquer qu'il s'agit de la terre multimillénaire du peuple juif qui est en exil dès qu'il est ailleurs ; ni que les accords d'Oslo empêchent logiquement et déontologiquement l'Europe d'accepter une démarche unilatérale ne découlant pas de pourparlers ; ni que l'approbation ou le silence face à des nations qui veulent effacer un petit pays qui ne fait pas le centième de ce qu'elles occupent en surface rappelle le silence ou l'approbation des pays libres face à la machine nazie.

Et de la même façon qu'aucun pays arabo-musulman n'admet pour reconnaître Israël des arguments qui pourraient pourtant leur être vitaux, comme la coopération économique, l'irrigation, la lutte contre l'avancée du désert, les nouveaux pays musulmans sont obligés de s'aligner sur les positions des plus anciens.

Si l'Europe a reconnu, ou s'est en partie abstenue, l'Etat arabo-musulman de substitution, c'est qu'elle est en phase de devenir elle-même la suite du continent musulman. Le-croissant-s-etend-jusqu-a-la-limite-de-l-Europe-JPG

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vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan - dans Analyses en français
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