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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 15:09

Les-coulisses-du-meeting.jpgIl semble approprié ici de reproduire sans le modifier le compte-rendu d'un meeting du Likoud, datant du dimanche 22 avril 2012, et qui montre l'impuissance des députés du parti face à leur chef. La sincérité et l'engagement pour les idéaux de ce parti qui revendique les droits du peuple juif à réintégrer son territoire, ainsi que les principes fondamentaux de la charte du parti, ne peuvent influer sur les décisions du pouvoir, quand celui qui dirige ce parti impose par abus de pouvoir la politique voulue par l'extrême gauche. Cet article avait été publié le soir même sur le site Israël 7 zl, qui n'est malheureusement plus en ligne.

Réunion du Comité central du Likoud à Bet-El

La mairie de Bet-El a reçu ce dimanche une délégation importante de députés du Likoud. Ils ont tous exprimé leur détermination à défendre la ligne politique authentique du Likoud et ont rappelé que le peuple les avait désignés pour être représenté par eux et pour qu'ils mettent en œuvre les chantiers de développement qu'il attend d'eux, en agissant selon sa volonté. Plusieurs centaines de membres du Bureau central se sont déplacés, venus de Tel-Aviv, Haïfa, Netanya, et de bien d'autres localités encore.

Le représentant du Comité de la résidence de Guivat Haoulpena, Harel Cohen, a été invité  à prendre la parole, sur le podium où s'étaient installés les députés invités par le Conseil local de Bet-El. Il a affirmé qu'il allait certainement surprendre l'auditoire, en annonçant qu'il y a douze ans, il avait reçu du Premier ministre Ehoud Barak une aide gouvernementale de l'équivalent de 12000 dollars pour faire l'acquisition de son appartement.

Le député Zeev Elkin, qui a pris la parole après lui, a en effet confirmé que la planification de la résidence a été supervisée par Netanyahou, qu'une importante aide au financement est venue du gouvernement d'Ehoud Barak, et que le chef d'état major qui avait à l'époque signé les autorisations n'avait été autre que Saül Mofaz. Il a invoqué le danger que représenterait une victoire d'individus qui n'ont pas été élus et qui cherchent à supplanter le pouvoir légitime et représentatif du peuple. Alors que la région avait toujours été désertique, et après l'installation des familles dans leur foyer, un Arabe s'est présenté devant les tribunaux israéliens muni d'un papier signé de l'AP en prétendant que le terrain lui appartenait, et que la personne chez qui il avait été acquis n'en était pas le véritable propriétaire. Sans la moindre enquête, la Cour suprême a donné raison au plaignant et exigé du gouvernement, sans autre forme de procès, la destruction de cinq immeubles dans lesquels logent 30 familles. Elkin met en garde que si le Premier ministre ne fait pas preuve d'autorité, le précédent encouragerait les ennemis d'Israël à se présenter avec des documents semblables et à revendiquer la propriété non seulement des lieux situés de l'autre côté de la ligne verte (sic), mais également des terrains à Jérusalem, Tel-Aviv, etc., avec le sentiment de se trouver en pays conquis, grâce au soutien du Bagatz (Cour suprême). «C'est ici que se trouve la ligne du front; explique-t-il. Et nous sommes obligés de veiller à ce qu'il ne tombe pas. Qui est au pouvoir ici, le Parquet ou le peuple? Il ne s'agit pas de cinq immeubles, mais du sort de millions de civils. La lutte pour l'installation en terre d'Israël ne doit pas se trouver entre les mains du pouvoir pénal. Nous sommes obligés de l'emporter. Celui qui commande ici, c'est nous, c'est le peuple.»

Le maire, Moshé Rosenbaum, a ensuite informé le public qu'une réunion extraordinaire du Likoud devait se tenir lundi, avant le pont du jour de l'Indépendance. La députée Miri Réguev a exigé que la législation israélienne soit appliquée à toutes les localités juives de Judée-Samarie. Pour elle, la terre d'Israël n'est pas une question politique. Elle a invoqué le droit du peuple juif hérité de ses Patriarches. «Il est impensable que des citoyens qui comptent parmi les meilleurs éléments de la société israélienne, dont un divisionnaire de Tsahal, doivent se demander si on ne va pas frapper à leur porte en pleine nuit pour leur dire qu'ils n'ont plus de maison.» Elle a rappelé le contenu des deux lois que la centrale du parti a exigé du Premier ministre. Elle compte personnellement en faire avancer la réalisation. Il s'agit de faire passer tous les points de peuplement juifs sous le coup de la loi de l'Etat d'Israël et non plus sous celle de l'administration civile, qui dépend directement du ministre de la Défense, d'une part ; et de la loi sur la règlementation, qui veut que tout quartier ou localité juifs construits avec l'aval et l'encouragement du gouvernement ne puisse plus faire l'objet d'un anéantissement.

Elle a en outre rappelé, en s'adressant en apposition au président de la Knesset, Zeev Elkin, présent à cette réunion, qu'il est possible de faire passer une loi dans un délai de deux jours seulement. Cette affirmation a été confirmée également par le président du Conseil de Ma'alé Adoumim, Benny Kashriel, qui a rappelé le contenu d'un entretien avec le Premier ministre, dans lequel ce dernier lui avait rappelé que Ma'alé Adoumim était l'un de groupes d'implantation juive qu'il n'est pas question de toucher, avant de lui demander pourquoi il se mobilisait pour l'ensemble de la région. Il lui avait alors répondu que la route de sa ville, dont il est maire depuis vingt ans, passait par Kedoumim, au Nord. Il a affirmé que rien n'avait changé dans la situation du pays ou internationale. «Les pays étrangers se sont toujours opposés à nos droits légitimes de vivre ici. La différence, c'est qu'avant on avait du courage, de la détermination. Il faut à nouveau montrer au monde entier que les 320 mille habitants de Judée-Samarie sont capables de descendre dans la rue et de remplir toute la Place des Rois d'Israël, comme nous l'avons fait au temps de Shamir et de Rabin. Netanyahou en sortirait renforcé. Il ne faut plus que le débat public porte sur la destruction ou la non-destruction, mais sur la construction et sur son ampleur. Nous ne devons plus regarder la rangée d'immeubles qui est devant nous mais les travaux qui doivent reprendre au plus vite en haut de la colline, au-dessus de nous.»

Les caméras de la télévision israélienne ainsi que de nombreux cameramen ont saisi le discours de Yoël Tzour, qui a rappelé que le quartier avait été construit pour immortaliser le souvenir de son épouse, Ita ayad, et Ephraïm, ayad, son fils âgé alors de onze ans, tués par des arabo-musulmans qui les avaient assassinés à bout portant d'une voiture qui avait dépassé la sienne avant de se réfugier à Ramallah, en pleine autonomie terroriste. La gorge nouée, il a rappelé au Premier ministre: «Voici quinze ans, vous êtes venus accompagner Ita et Ephraïm… J'avais dit en désignant cette colline depuis le cimetière qu'il fallait y construire une grande résidence. Vous nous avez approuvés et répondu qu'il fallait réagir à chaque massacre par la vie. Vous avez promis et vous avez tenu votre promesse.» Il lui a demandé de ne pas l'oublier.

 Danny Danon a pris à son tour la parole. Il s'est adressé au public venu de tout le pays. Il a rappelé que les membres du Likoud, au même titre que les électeurs, étaient très contrariés par les décisions du ministre de la Défense bafouant la volonté de la majorité, mais il a tenu à mettre l'accent sur le fait que le véritable décideur restait en tout état de cause le Premier ministre. Il a alors dit une phrase qui a surpris et ravi l'auditoire: «Nous sommes pour l'expulsion, pour l'expulsion de Barak du poste de ministre de la Défense. Il y a suffisamment de personnes compétentes pour ce poste à l'intérieur du Likoud. S'il faut choisir entre la destruction et l'expulsion de Juifs de leur maison d'une part et l'expulsion de Barak de son poste d'autre part, alors il faut se défaire de Barak.» IL s'est ensuite adressé à Begin (absent de ce rassemblement), le fils de feu Menahem, en demandant au public de ne pas le huer. Les plus mécontents parmi le public s'étant déplacé venaient de Tel-Aviv pour le congrès à Bet-El. Il a tenu à lui rappeler en public que son père respectait l'autorité de la loi mais savait aussi reconstruire la terre d'Israël. Il a en outre rendu hommage aux «véritables héros de l'histoire moderne d'Israël: Levi Eshkol, qui avait établi la souveraineté israélienne sur les zones libérées de Jérusalem ; et Menahem Begin, qui en avait fait de même pour le Golan.» Il a exigé de Netanyahou d'être le troisième en nationalisant Be-El, Eli, et toutes les autres localités juives.

Tzippi Hotoboli a pour sa part affirmé que le souci du respect de la loi chez les partisans de la destruction et de l'expulsion n'était qu'un prétexte fallacieux, puisque que les membres de l'association Yesh Din et Shalom Akhchav avaient sauté sur l'occasion et exigé l'expulsion des Juifs alors que l'affaire n'avait pas encore fini d'être traitée par le tribunal de district, et que même si la revendication était reconnue, le propriétaire lésé serait alors dédommagé financièrement, cette démarche ne manquant pas de précédents. 

Yariv Levin a rappelé que le parti travailliste s'était réuni ce dimanche pour une conférence où ils traiteraient d'idées. Il leur a demandé de venir constater non pas des idées mais des actes sur le terrain en venant à Bet-El. Il a rappelé que pour se maintenir au pouvoir, un parti politique devait respecter ses engagements pour gagner la confiance du peuple. Il a parlé d'un coup de force sans précédent dans aucune démocratie occidentale des dirigeants des tribunaux, et accusé un «groupuscule de juges qui se nomment les uns les autres» de chercher à imposer leurs vues. Il a parlé de l'urgence de ramener leur influence à de justes proportions. «Les autorités pénales doivent reconnaître que l'installation des habitants s'est faite et se fera en vertu de la loi et qu'elle représente la concrétisation de nos droits historiques. Nous devons voir ici la réalisation de projets de construction massifs qui répondent à la volonté du peuple.»

Parmi les derniers députés à prendre la parole, Ofir Akonis a raconté qu'il revenait de l'inauguration à Petah-Tikva d'un monument érigé à la mémoire des membres du Lehi tombés au combat. Il a rappelé le premier principe du mouvement, qui fait partie aujourd'hui de la charte du Likoud: «Nos droits sur la Palestine n'ont pas expiré et n'expireront jamais.» Il a parlé des milliers de chantiers sauvages visibles sur les abords de la route, en pleine zone C, sous administration israélienne exclusive, mais qui n'intéressent absolument pas le Parquet ni la Cour suprême, et encore moins les ONG.

Shevah Stern, président du secteur Judée-Samarie au Likoud, a mis un bémol à cette ambiance bon enfant: «Nous sommes rassasiés de déclarations. Nous voulons des actes. Quand vous rentrerez de ce congrès, vous retrouverez les ministres du Likoud qui ont majoritairement le point de vue que vous avez revendiqué et défendu, et vous leur direz que si la moindre pierre ou le moindre grain de sable sont déplacés ici dans un but destructeur, il n'y aura plus de gouvernement.»

Yariv-Levin-homme-de-bonne-volonte.jpg

Notre journaliste a posé la question en dehors des projecteurs à Yariv Levin: «Si Netanyahou décide de passer outre et de mettre la machine destructrice en route, en dépit de la volonté du peuple et de la charte du Likoud, que va-t-il se passer?» «Je ne veux pas parler de ce qui ne se produira pas.» «On a pourtant vu pour la Maison de Mahpella ce qui s'est passé malgré les visites rassurantes des députés et des ministres?!» Il a répondu agacé: «Il n'y aura plus de gouvernement.» «Avant ou après?» «Ni avant, ni après.»

Voilà, l'histoire de ces derniers mois nous a ouvert les yeux.

 

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