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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 14:29

On entend souvent sinon dire, du moins insinuer, que les Juifs seraient responsables des problèmes de l'humanité. Nous aborderons ici la question sous une perspective radicalement différente des attentes provoquées par les idées reçues.

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A la lecture du l'article suivant, d'aucuns s'insurgeront: «On avait fini par s'habituer aux allégations qui accusent les Juifs et Israël d'être la cause de tous les maux de la terre, mais on ne s'attendait certainement pas retrouver ces mêmes assertions sur un site qui nous procurait un peu de sérénité et de paix intérieure!» Si le développement qui va suivre peut provoquer un tel étonnement, la cause de la responsabilité qui leur est attribuée se trouve aux antipodes des idées reçues. Nous allons donc voir que le Juif n'est pas à l'origine des problèmes de la planète parce qu'il revendique sa terre, sa foi, sa culture, mais parce que, à contrario, en voulant trop faire plaisir à toute la planète tout en obtenant toujours les résultats inverses, il se montre, même sans que la demande ne lui soit explicitement adressée, prêt à tous les renoncements, ce qui rend le chemin de la paix d'autant plus sinueux.

Nous reprendrons pour commencer une affaire tirée de l'actualité, qui abonde dans le sens de la non-revendication d'Israël de ses droits les plus légitimes.  Nous passerons ensuite à des éléments permanents dont les hésitations israéliennes qu'ils révèlent sont tellement courantes qu'elles n'attirent même plus l'attention, avant de voir ce qu'en dit une très vieille source de la littérature rabbinique.

Bien entendu, dans cette perspective, le non événement, puisqu'il est plus symbolique – dans la mesure où l'antisionisto-sémitisme possède ses propres symboles – que concret, de la proclamation d'un Etat ennemi par des ennemis sur notre terre, et surtout aussi sa large acceptation par les nations, n'est que la face apparente de l'iceberg.

Dans sa réaction à la nouvelle de cette proclamation, le Premier ministre israélien s'est attaqué aux aspects superficiels et non au fond du problème. Les motifs invoqués pour justifier son opposition à cette démarche montrent que son opposition n'est pas catégorique. Sa réponse est toute relative car elle dépend à première vue de quelques conditions qui, une fois respectées, transformeront son refus en approbation. Cet Etat doit être le résultat de négociations et non pas d'une décision unilatérale, il doit respecter des accords sécuritaires non encore établis garantissant que les habitants d'Israël ne seront pas en danger etc.

Il faut bien comprendre que le caractère à première vue théorique et irréalisable de ces conditions ne change rien au problème. Même si on peut miser sur la supposition que le pari raté de Begin (quand il avait invité Sadat à la Knesset et que celui-ci avait répondu «chiche!» contre toute attente, la suite étant connue) ne se reproduira plus, on s'expose par de telles considérations à un blocage de la situation.

A quoi cela ressemble-t-il? Il existe une expression qui montre le degré d'attachement à des valeurs reconnues comme sûres, solides, irrévocables. Elle est introduite par la proposition: «Même pour tout l'or du monde!», la suite étant «jamais je n'accepterais, ne ferais, renoncerais…» Ici, le chef du gouvernement semble dire: «Sans rien en échange, je suis contre, mais en échange de certains arrangements vitaux, on peut discuter». Même si l' «or du monde», ce qui est peut-être méritant pour le Premier ministre, représente la vie de ses citoyens.

(On ne peut sur la forme dénier à Netanyahou le souci qui le préoccupe vis-à-vis de la santé physique de son pays, mais cette ténacité qui renie le fond risque à la longue de rendre précaire la défense de la forme.)

  Or, le Premier ministre ne refuse pas la fondation d'une énième dictature arabo-musulmane, en l'occurrence en Judée-Samarie (ce qui n'est qu'une première étape pour une organisation terroriste qui revendique «toute la Palestine»), en se fondant sur le principe irrévocable qui exige tout simplement que le peuple juif n'a pas subi un long et éprouvant exil afin de faire cadeau de sa patrie à un tiers, ou pour la laisser désertique et inhospitalière, ou tout simplement que cette terre est la nôtre et qu'il n'y a pas à discuter. Malheureusement, ces discussions, ou négociations, le Premier ministre les appelle de tous ses vœux.

On est loin de la clairvoyance politique qui avait jadis banni toute discussion avec des organisations terroristes, ce qui avait fermé la porte à la surenchère et au chantage. Aujourd'hui, si ceux qui nient à Israël le droit à la vie acceptent de parlementer, on est prêt à leur offrir un Etat sur un plateau d'argent. Cette analyse n'est pas déplacée, exagérée ou trop dure. Elle va dans le sens qui consiste à relever que la politique, depuis le désengagement de Gaza imposé par Sharon, fait peu de cas des principes érigés dans les chartes des partis candidats.

Ce n'est qu'en cas de problème technique, quand les agissements politiques sont extrêmes, que leurs auteurs quittent le parti de départ, mais pas en rendant aux lecteurs leur mandat. Lorsque les membres du bureau central du Likoud avaient voté contre le retrait de Gaza, le Premier ministre avait alors fondé un nouveau parti de transfuges. Le dysfonctionnement du système fait comme si les députés, dont certains deviennent ministres à la suite de chaque élection, étaient désignés nominalement, ou comme si l'orientation des idées et des combats politiques justifiant leur accession au pouvoir n'avait aucune importance.

De plus, le contenu de la critique du présent Premier ministre de la «proclamation» terroriste rejoint le message de son discours de Bar-Ilan, quand il se disait favorable à la formation d'un tel Etat, dont le principe consiste à priver le peuple d'Israël du cœur de sa terre, aussi bien pour les générations actuelles et à venir, qui ont pourtant vécu cet extraordinaire retour, que pour les deux milles ans de générations qui ont prié, risqué leur vie et œuvré pour cette aspiration.

Ce renoncement aux idéaux religieux, nationaux, historiques et sionistes touche tous les gouvernements israéliens depuis la guerre des Six jours, en supposant que les précédents ne l'étaient pas. Ceci est d'autant plus incompréhensible que le but avoué des organisations terroristes, Fatah, Olp et affiliés, n'est pas de se contenter de priver Israël du cœur de sa terre en lui laissant une bande côtière qui représenterait un compromis permettant aux Juifs de vivre enfin en paix, comme se bornent à faire semblant d'y croire les dirigeants politiques, mais bel et bien de vouloir remettre en exergue la bannière qui porte bien haut la considération d'Israël comme un peuple apatride.

L'ennemi actuel, ou son représentant de service, Abbas, est maintenu dans un statut d'importance contre toute logique, hormis celle de sauver les apparences des prétendus résultats positifs de trente ans de négociations, malgré les innombrables violations des accords (attentats à la bombe, suicides, au poignard, à l'arme à feu, attaques contre les civils et les soldats de Tsahal)

A présent, considérons le manque de détermination du pouvoir à affirmer le droit inéluctable du peuple juif sur toute la surface de sa terre non pas à travers le prisme des déclarations, discours et autres réactions, mais à travers les actes, dont certains montrent à s'y méprendre que le Premier ministre israélien abonde dans le sens de la proclamation onusienne. La destruction, au lendemain du vote interne du Likoud, d'un immeuble de trois étages appartenant à des Juifs, confirme en effet aux yeux de tous les habitants de Ramallah comment le pouvoir encourage ce processus. Pendant plusieurs jours, l'immeuble, éventré par une pelleteuse, n'a plus été touché, offrant un spectacle à se demander si des missiles tirés de Gaza ne s'étaient pas abattus sur lui. Jeudi dernier (6 déc. 12), les ruines ont enfin été hardiment rasées jusqu'au sol.

La situation topographique de la colline la rend visible à des dizaines de kilomètres à la ronde. Il est vrai que le Premier ministre peut être considéré comme modéré, empathique, puisque l'évacuation de cet immeuble s'est faite après qu'il eut promis d'autoriser la construction de trois cents nouveaux logements en compensation, et après le déménagement dans des logements provisoires et de qualité respectable de tous ces habitants. Certes, ces maisons auraient dû être découpées et remontées plus loin, mais nous n'insisterons pas sur cette variation de style, l'idée de reconstruire des immeubles viables à partir de morceaux découpés n'étant pas très sérieuse pour beaucoup. En outre, la solution «à l'amiable», qui crève en principe l'abcès, révèle la gangrène. Le Likoud aurait dû naturellement promouvoir la construction par centaines d'unités de logements dès le début de son mandat, et non pas travestir ce droit et n'en faire qu'une entorse à une politique d'immobilisme imposée arbitrairement.  

Bien entendu, les politiciens censés promouvoir le développement juif de la Judée-Samarie ont prévu une réponse, puisqu'ils ne font qu'appliquer la décision de la Cour suprême relative à ces mêmes immeubles. Ils nous diront donc qu'étant donné qu'il s'agit d'une affaire qui se trouve dans les mains de la justice, le pouvoir exécutif ne peut que s'exécuter. Mais il faut savoir que ce sont les idées politiques qui créent les décisions de justice, et non pas une justice absolue et abstraite qui impose sa réalité. Si on veut que les Juifs se développent en Judée-Samarie, on promulgue des lois ou on applique les lois existantes en ce sens. Si on veut les étouffer, voire, à D. ne plaise, les chasser, on prend d'autres décisions.

A titre d'exemple, si on veut que deux maisons arabes qui servent de base pour tirer sur les voyageurs juifs soient maintenues, on prendra la décision juridique de les laisser, comme ce fut le cas sur l'axe routier Karni-Netsarim. Mais si on veut que toutes les maisons de tous les Juifs d'une région donnée soient évacuées et détruites, on prendra la décision adéquate. Pareillement, on peut se déclarer prêt à suivre la vieille loi ottomane, ou prêt à faire voter un amendement, si on veut préserver un quartier juif israélien. Dans le cas contraire, on peut contraindre les ministres à voter contre l'amendement. Evidemment, on peut aussi plus simplement se référer aux conclusions de la conférence de San Remo (voir l'article en page précédente sur Israël-flash).

Passons à présent à l'un des piliers de la culture qui a défini l'identité juive pour les millénaires suivants. Le Midrash explique qu'il existe trois endroits en Palestine dont les nations ne pourront jamais contester au peuple d'Israël la propriété. Il s'agit du terrain de Makhpella à Hébron, acquis en bonne et due forme par Abraham Avinou, il y a plus de 3600 ans pour la postérité ; de la région de Sichem, achetée par le Patriarche hébreu Jacob lors de son retour ; et de l'emplacement du Temple, ou Mont Moria, acheté par le roi David (II Samuel, XXIV ; I Chroniques, XXI) des mains d'Arvana le Jébuséen. Dans ces trois cas, non seulement il est question de lieux qui font partie intégrante de la terre promise aux Patriarches Abraham, Isaac, et Jacob, pour leur postérité, mais la propriété y est rendue d'autant plus évidente par le rachat de mains étrangères confirmé et garanti par le droit international.

Pourtant, ces mêmes lieux saints font sans aucun doute partie des lieux les plus contestés. Peut-être faut-il comprendre paradoxalement que c'était précisément en prévision de cette forte opposition qu'il était indispensable de prévenir en renforçant la connaissance universelle de la propriété d'Israël par un acte juridique connu et reconnu internationalement. Mais il est indéniable que l'attitude de gouvernements qui ne sont pas fondamentalement opposés à la fondation d'un Etat terroriste sur ses terres aiguillonne des adversaires qui pourraient le cas échéant admettre la réalité du retour d'Israël chez lui.

Noam Arnon, porte-parole des Juifs de Hébron, expose sur le site Machpela.com la primordialité de la première ville qui a abrité la royauté de David.  Très sioniste, mais sans complaisance, il n'oublie pas ce faisant de mentionner les difficultés que rencontrent les Juifs pour se rendre sur le tombeau des Patriarches:

«En novembre 94, le gouvernement a décidé de partager le bâtiment qui se situe au-dessus de la caverne de Makhpella entre les habitants juifs et msulmans. A ces derniers, 82% de la surface ont été remis, alors que les Juifs n'ont eu droit qu'à 18%. Cette situation est à l'origine d'une grande promiscuité et de difficultés pénibles pour les fidèles et les visiteurs juifs. Afin de les protéger sommairement de la pluie, une toiture légère a été placée au-dessus de la surface en plein air. La surface concédée à l'islam comporte quant à elle la salle d'Isaac, la plus grande, mais qui est aussi celle qui contient le passage à la caverne en soi, et c'est cet endroit qui était traditionnellement choisi pour la prière et le recueillement. Selon les restrictions en cours, les Juifs s'en voient interdire l'accès presque totalement, hormis pendant dix jours répartis sur toute l'année. En contrepartie, il y a dix autres jours pendant lesquels l'accès reste réservé aux seuls visiteurs musulmans. D'autres restrictions frappent les Juifs. Alors que leur présence est strictement interdite dans une grande partie de ce lieu saint, les représentants musulmans du Waqf peuvent circuler dans les zones réservées aux Juifs, même pendant la prière, et le muézin continue de vociférer à partir du haut-parleur qui se trouve dans la salle où les Juifs se rendent pour prier.»

 On est en droit de se demander quel pourrait être le lien qui unirait Abraham, Sarah, Isaac, Rebecca, Jacob et Léa aux adeptes de l'islam. Même en reconnaissant une filiation possible à Abraham via Ismaël, on ne devrait logiquement leur accorder qu'un douzième de la surface et du temps de visite. (Seule une sommité sur six les concernerait, et il faudrait donc la partager avec les Juifs.) Mais cette discrimination étonnante  ne décourage pas le peuple d'Israël, et des dizaines de milliers de fidèles se rendent régulièrement à Hébron, obligeant les pouvoirs à assurer leur sécurité.

Si cette réalité a été imposée par le gouvernement de Rabin, aucun gouvernement qui a pris le pouvoir par la suite n'a changé quoi que ce soit au tragique de la situation. Le dernier gouvernement a même expulsé avant Pessah de l'année dernière les habitants juifs d'une maison, Beth HaShalom, acquise en bonne et due forme quelques jours avant Pessah. Ils ont été pris au dépourvu et n'ont pas pu appeler à leur secours une résistance massive, puisque le Premier ministre les avait appelés pour les rassurer qu'un délai leur serait accordé quelle qu'en serait l'issue.

Aujourd'hui encore, une affaire risque de noircir la réputation du gouvernement, à quelques mois des élections: Beth-Ezra. Il s'agit d'une maison qui a toujours appartenu à des Juifs. Ses anciens habitants avaient survécu au pogrom de 1929, qui avait fait 62 morts, ainsi qu'à l'expulsion des survivants ordonnée et commanditée par les forces mandataires. Ils avaient été dépossédés cependant de leur maison par les Jordaniens. Aujourd'hui, donc, le dénouement du sort de cette maison et de ses habitants dépend d'une décision juridique qui doit tomber dans les jours qui suivent. Mais déjà, il semble qu'en cas de décret défavorable, le gouvernement risque une fois encore de s'exécuter et de nuire une fois encore aux droits légitimes du peuple d'Israël.

Il ne faut donc pas s'étonner outre mesure que des ennemis du peuple juif et de ses droits multimillénaires aient l'outrecuidance de se proclamer propriétaires de la terre d'Israël. C'est déjà la quatrième fois que des gouvernements Likoud bernent leurs électeurs en prétextant qu'ils ne peuvent rien changer aux décisions prises par leurs prédécesseurs dès le lendemain du dépouillement des scrutins. Netanyahou a occupé des postes prépondérants dans trois d'entre eux, deux fois en tant que Premier ministre. Il ne représente donc plus la droite dans le sens où on l'entend, tandis que la charte du Likoud ne vaut plus même le papier sur lequel elle est écrite. Netanyahou est un politicien de gauche qui porte le masque d'un homme de droite.

Toutefois, certains pensent qu'un vent nouveau souffle sur la politique, et qu'une véritable droite pourrait surprendre pour la 19ème Knesset. Mais d'autres voix se font entendre dans l'opinion. Elles prévoient que l'évolution de la situation, avec le nouveau Moyen-Orient, plus fanatique, plus pauvre, plus instable et plus dangereux que le précédent, ramènera inéluctablement Israël non seulement à Gaza mais dans le Sinaï, voire plus loin encore… L'avenir nous le dira, puisque, en attendant, «Il n'y a plus de prophète » (Psaumes, 74, 9), cependant que les très anciennes prophéties ne se démentiront pas. «La victoire d'Israël ne sera ni démentie ni sujette au renoncement…» (I Samuel XV, 29).

Et si des Juifs sont, sans le vouloir, à l'origine d'une colère internationale qu'ils pensaient au contraire apaiser par tous leurs renoncements et les souffrances qu'ils infligent à leurs frères, il ne faut pas qu'ils oublient qu'en redevenant fidèles aux préceptes de leur tradition, et en aimant les promesses divines quant à leur restauration nationale, au lieu de mépriser tout ce qui dans les textes affirme le droit d'Israël, ils apporteraient une grande bénédiction à l'ensemble de la planète. Si les nations savaient le bien qu'elles en retireraient, elles feraient pression sur Israël pour l'obliger à respecter sa tradition et s'empresseraient de reconstruire le Temple dans les matériaux les plus nobles comme l'or, nous dit le Midrash.

Un texte de Yéochoua Sultan

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