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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 16:31

La course à l'armement nucléaire de l'Iran n'a de secret pour personne. Et elle se poursuit malgré quelques virus à première vue efficaces, et avec l'aide de pourparlers censés lui mettre un terme mais servant de couverture à la dictature qui gagne toujours plus de temps. Du coup, tout est fait médiatiquement pour semer la panique dans les chaumières israéliennes. Les déclarations apocalyptiques sont amplifiées, et pour couronner l'ambiance, des sondages n'y vont pas avec le dos de la cuiller en ne demandant rien de moins aux gens que s'ils pensent qu'une nouvelle Shoah serait possible.

Devrions-nous donc déjà nous dire, à l'image de Samson: «Que meure ma personne avec les Philistins?» A défaut, serait-il possible d'effrayer des ennemis dont la menace est bien plus effective que celle de l'Iran, de les faire trembler de cette peur que l'on cherche à nous inculquer, afin qu'ils s'enfuient le plus loin possible et que nous puissions enfin circuler en toute quiétude dans notre pays sans avoir à chaque déplacement besoin de l'accord et de la protection de l'armée ou de la police? Car il est évident qu'une attaque atomique sur Jérusalem n'épargnerait pas Ramallah, et qu'une autre sur Haïfa ne serait pas moins dangereuse pour les Arabes de la Galilée. Donc, logiquement, si les menaces étaient retransmises dans toute leur horreur dans les quartiers où il est interdit aux Juifs de circuler – avec mention du risque sur un panneau rouge à l'entrée, – on devrait s'attendre à ce que des populations qui ne sont pas réellement attachées à cette terre décampent pour nous permettre de ne plus circuler en bus blindés.

Quoi qu'il en soit, la question persiste: faut-il avoir peur de l'Iran? Peut-être pas plus que de son voisin l'Irak. Quand ce dernier menaçait Israël de guerre chimique, celle-ci s'est avérée chimérique. Non pas grâce aux missiles Patriotes inefficaces, qui, s'ils ne rataient pas leurs cibles, les atteignaient pour les faire éclater au-dessus des villes pour casser presque toutes les vitres ; mais peut-être en raison d'une Force que le monde se refuse à reconnaître et qui est garante d'une promesse à mainte reprises énoncée dans la Torah, promesse d'un rassemblement des exilés qui ne devront plus être déracinés ou réellement menacés.

Non, ce qui fait peur, ce n'est pas la menace extérieure, même s'il ne faut pas la prendre à la légère. Cette menace ne changera pas, et du printemps arabe, c'est comme du travail du même nom, ça restera du printemps arabe. Ce qui fait peur, c'est quand le commandement d'Israël s'emmêle les pédales, quand il scie la branche sur laquelle il est assis, quand il se retourne contre ses propres citoyens au profit de ses ennemis. Ce qui fait peur, c'est cet abandon du Sinaï au profit d'un pays haineux au possible, où quand une célébrité est prise au piège d'un jeu télévisé, après avoir cru naïvement qu'on l'interviewait pour la télé israélienne, et juste avant qu'elle ne tombe en syncope, se fait dire que c'était pour rire.

Ce qui fait peur, c'est quand un gouvernement israélien, comme une machine qui s'emballe, expulse tous les Juifs de Gaza au lieu d'en éloigner ses ennemis. Cet acte ne s'arrête pas à l'injustice flagrante et insupportable subie par les victimes directes d'un acte discriminatoire inimaginable, mais fait d'une vie paisible un véritable cauchemar dans les villes alentours. A Eshkol et Sdéroth, c'est au quotidien. A Béer-Cheva ou Ashdod, c'est plus espacé dans le temps. Mais qui eût pensé que des villes israéliennes allaient être bombardées suite à une politique suicidaire d'un pouvoir créé pour les protéger?

Ce qui fait peur, c'est quand on mobilise la police israélienne pour chasser des Juifs de chez eux (voir Migron), pour servir d'organe de guerre aux ennemis qui revendiquent la terre d'Israël ; c'est de voir cette discrimination antijuive d'un gouvernement juif qui risque fort de nuire à Jérusalem et à Tel-Aviv, tout comme elle a été et est nuisible à Ashkelon et Ashdod pour un agissement semblable dans le Sud.

Ce qui fait peur, c'est cette signature des accords d'Oslo, qui a fait plus de victimes juives qu'une bonne partie des guerres, quand le mouvement le plus antisémite de l'époque s'est vu offrir de vastes bases d'endoctrinement et de préparation d'explosifs devant aussi faire le jeu d'attentats à l'arme à feu dont les tristes images ont circulé dans le monde des médias.

Ce qui fait peur, c'est de savoir que plus de mille jeunes filles sont captives dans des localités arabes ou bédouines, et que seules des associations caritatives se soucient de leur sort, les autorités se contentant d' «avoir honte» et de le proclamer fièrement quand des jeunes gens défendent l'honneur de jeunes filles harcelées en plein centre de Jérusalem.

Ce qui fait peur, c'est de voir le gouvernement laisser complaisamment des clandestins remplacer la population israélienne au sud de Tel-Aviv, débloquer six milliards de shekels pour légaliser la mainmise de clans bédouins belliqueux dans le Néguev (politique à deux vitesses quand on sait ce qui se passe à Bet-El), ne prendre aucune mesure pour protéger les éleveurs juifs de Galilée…

Et si l'Iran doit faire peur, c'est encore une fois indirectement. Car ce qui peut nour effrayer, c'est cette attente du gouvernement israélien qui, au lieu de prendre les devants, se fait suppliant devant la communauté internationale pour qu'elle empêche cette menace de devenir réelle. Or, cette communauté, en supposant qu'elle existe, chaque pays ayant ses propres chats à fouetter, ne fera rien de plus que de verser une larme à l'avance. Elle restera égale à elle-même, et ne se mobilisera pas plus qu'il y a près de sept décennies. Tant que l'Iran ne menace pas directement l'Europe ou l'Amérique, physiquement ou économiquement, rien ne se fera de ce côté. Les nations du monde libre conserveront à leur avantage l'alibi de n'avoir eu cesse de tenter de persuader l'Iran, à défaut de le dissuader, d'abandonner son programme atomique, sanctions contournées à l'appui.

Cette attente du gouvernement Netanyahou-Barak leur fait oublier que le principal objectif politique de la fondation de l'Etat d'Israël consiste justement à ne pas compter sur les nations pour faire la guerre en notre faveur quand une partie d'entre elles nous agresse.

Il y a certes peu à attendre, et c'est certainement ce qui doit nous faire peur, d'un ministre de la Défense toujours prompt à prendre la fuite, comme l'indique si bien le surnom populaire qu'il s'est fait, Ehoud Bara'h, Ehoudle fuyard. Et on peut se permettre de penser à juste titre qu'un ministre, quelle que fût sa fonction en toutes circonstances, qui a abandonné le Sud-Liban – ce qui s'est soldé par une seconde guerre du Liban ouverte avec des tirs de missiles jusqu'à Meron et Haïfa, et par une menace toujours plus imminente du Hezbollah, allié féroce de l'Iran et d'Assad – et qui a voulu démanteler cent villes et villages juifs pour faire plaisir au plus grand terroriste de son époque, puisse être à plus forte raison bien incapable de s'imposer sur un terrain qui est loin d'être sous l'emprise d'Israël. Difficile de l'imaginer attaquer l'Iran pour prévenir une attaque atomique. A moins que Netanyahou n'en reçoive intimement l'ordre de celui qu'il considère comme son supérieur hiérarchique, à savoir le président américain de service, ce qui ne semble pas probable à l'heure actuelle.

En tout cas, l'Iran n'a pas peur des conséquences que pourraient lui causer ses menaces, quand une attaque israélienne, même lorsqu'elle est envisagée, devrait se faire de la manière la plus rassurante possible: en touchant le moins possible les populations civiles. Pourtant, ce qui fait peur aux régimes féroces, comme à Dresde ou à Nagasaki, c'est bien un pilonnage massif du pays et non de ses  dirigeants. C'est d'ailleurs cette même menace qui pèse sur la population civile israélienne qui dérange tellement l'équipe qui nous gouverne. Mais alors, si cette équipe met un point d'honneur à causer le moins possible de «dommages collatéraux», pourquoi ne capture-t-elle pas le dictateur iranien? Puisque les civils iraniens sont tellement sympathisants d'Israël (ce qui n'est par ailleurs pas nécessairement totalement impossible), la menace s'annulerait d'elle-même.

 Il ne reste plus qu'à espérer, comme ce fut le cas à de nombreuses reprises depuis le début de l'histoire de notre résurrection nationale, qu'une cause extrinsèque détourne l'attention et les intentions de l'Iran de notre pays et de nos affaires, et le mette au bord de l'épouvante.

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