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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 09:10

Certaines questions doivent indubitablement rester à l'état de question. Il est interdit d'y répondre. Elles servent à alimenter des articles, animer des débats, mais il est interdit de ne pas tourner autour du pot. Par exemple, vous n'avez pas le droit, dans la fameuse incertitude existentialiste au possible qui fait se demander qui, entre la poule et l'œuf, a été le premier sur terre, de démontrer disons que la poule a été la première. Vous seriez irrévocablement exclu du débat.

En l'occurrence, je veux parler ici d'un phénomène observé en Europe, et notamment en France. Il est relativement nouveau, puisqu'il est dérivé d'une situation nouvelle. Il relève indéniablement d'une anomalie ou d'une injustice ; il s'agit de la variabilité du traitement de l'antisémitisme. Cette lutte orchestrée par les pouvoirs n'est pas une valeur absolue. Aussi, un antisémitisme «classique», si l'on peut dire, d'origine autochtone, sera pris très au sérieux. Politiquement, les mouvements ou partis de droite seront étroitement surveillés, et qualifiés d'extrême droit avant d'être poursuivis par la justice, au moindre dérapage, réel ou même sujet à une interprétation, pas toujours justifiée, d'un mot qui peut parfois être pris pour une allusion.

En revanche, un antisémitisme marquant des ressortissants souvent de provenance ex territoriale, ou descendants non intégrés de ces populations, sera toujours minimisé, excusé, considéré comme isolé de son contexte ; que ce soit une phrase isolée d'un discours, ou un discours isolé du contexte de la guerre totale menée contre Israël par les pays d'où ces antisémites sont originaires, et «comme les Juifs soutiennent indéfectiblement Israël, que voulez-vous que nous fassions?».

J'ai donc proposé une explication en deux points, pas sous la forme d'un article mais d'une réaction en quelques lignes, sur un site dont je tairai le nom. Et j'ignore s'il s'agissait d'un problème technique ou d'un acte conscient: l'article qui approfondissait et dénonçait ce déséquilibre du traitement de l'antisémitisme a été, pendant quelques heures, non disponible. Le lien internet conduisait à un court texte expliquant que l'article n'existait plus. Le problème technique a donc été réparé quelques heures plus tard, excepté le fait que ma réaction n'y figurait plus.

En voici approximativement les termes, puisque je ne l'ai pas conservée:

La différence entre le traitement de l'antisémitisme «normal» et l'antisémitisme musulman s'explique pour deux raisons:

1.        Les pouvoirs locaux ne se sentent pas moralement responsables d'une haine contre les Juifs qui est le fait de personnes qui ne sont pas de leur provenance.

2.      Les pouvoirs sont tellement respectueux du droit à la liberté de culte qu'ils ont du mal à réprimer cette haine, parce qu'elle fait tout simplement partie des devoirs religieux de la religion musulmane.

On peut expliquer le premier point par une parabole. Si votre fils chaparde les cerises de l'arbre de votre voisin et que celui-ci s'en plaigne, vous prendrez des mesures pour éviter que ça ne se reproduise. Mais si, en revanche, le fils d'un autre voisin s'est servi, et qu'on vous le reproche, vous répondrez: «Le coupable n'est pas mon fils.»

Pour ma part, je ne trouve que deux explications plausibles à la non-réapparition de mon explication en bas de l'article évoqué plus haut. Ou bien le problème est purement technique, seul l'article ayant pu être récupéré ; ou bien la question générale, en raison de son rôle dénonciateur qui en conserve l'aspect exclusivement rhétorique, ne doit pas être solutionnée afin de pouvoir être fréquemment posée.

Une autre explication à ce laxisme des pouvoirs vis-à-vis de l'antisémitisme musulman, que je n'avais pas proposée, consiste précisément dans le racisme inavoué de ceux qui s'affichent ouvertement comme ses opposants. Pour beaucoup d'Européens moyens, les agresseurs musulmans des agressés juifs seraient tout simplement des sémites. Par conséquent, nul n'est besoin d'intervenir dans des querelles «de clochers» entre antagonistes d'une même obédience.  En d'autres termes, on parle d'une «importation de conflit», et en d'autres termes encore: «Allez laver votre linge sale en famille chez vous». Supposons par exemple qu'un Copte se fasse agresser à Paris par un autochtone d'extrême-droite. Les médias et le pouvoir feront le nécessaire pour le dénoncer à lui infliger la peine la plus forte que la loi prévoit. Mais supposons à présent que ce même Copte se fasse agresser par un Egyptien qui n'est pas copte. Le cas n'intéressera personne, car il sera traité comme de l'«importation de conflit».

Pourtant, si nous revenons au cas qui nous intéresse, les adeptes de l'i-slam, qui se réclament de l'ascendance d'Ismaël, sont selon leurs propres revendications les descendants de la servante Agar de Sarah, comme l'atteste le texte. Ce sont donc des Chamites, fils de Cham, et non pas des Sémites. D'autant qu'Agar choisit pour son fils une épouse égyptienne. Mais pour les racistes, la nuance est trop subtile.

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vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan - dans Analyses en français
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