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3 octobre 2022 1 03 /10 /octobre /2022 13:16
Mme Bachelot, ancienne ministre de la Santé, dont la tentative de vacciner toute la population a échoué

A l'époque, l'achat est nain (clin d'œil). Aujourd'hui, l'industrie se fait des milliards de dollars de bénéfices.

Un proverbe disait : «Si tu ne réussis pas la première fois, essaie et essaie encore jusqu'à ce que tu réussisses». Cette phrase populaire était enseignée aux enfants sous les traits d'un proverbe chinois.

Du refus de la connaissance ; ou du substrat de la maniabilité à souhait

L'enfant, l'adulte, tous se révoltent contre la contrainte, avant de l'accepter, sous l'inspiration de la sagesse. Le premier se fait gronder quand il rechigne à apprendre ses leçons, à retenir par cœur, disons, la liste des monarques mérovingiens, carolingiens ou encore capétiens, truffée de nombreuses dates. Même la série simplifiée des Louis où seuls sont à retenir les numéros le répugne. Au fondateur de la dynastie capétienne, le public préfère de loin le divertissement du western ou de la bd, ou un hugh est bien plus attrayant qu'un Hugues (Capet).

L'Institution tient bon. Vous recopierez dans votre cahier pour mardi les noms et dates des rois etc. Les personnes, les esprits, les efforts et les énergies sont domptés et canalisés par le système scolaire. L'instruction est obligatoire et on se félicite du recul de l'analphabétisme. Il en sort des gens civilisés, disciplinés, mesurés. Mais, en même temps, ils sont dignes. Ils réfléchissent, et toute nouvelle directive à même de faire tache sur les valeurs inculquées depuis la plus tendre enfance, dont bien entendu toutes les règles de bienséance et de respect du voisinage, est passée au prisme de la critique et peut provoquer un vent de protestation ou de révolte. C'est peut-être un paradoxe. Le pouvoir forme, voire formate le peuple, mais, après l'avoir civilisé,  il lui est difficile de le manipuler.

Puis le pouvoir révise sa copie. Haby dépouille le savoir. Hugh ! On respire ! Ce n'est pas le peuple avide de loisirs qui s'en plaindrait. De réformes en allègements, la France subit un raccourci historique. D'une épopée qui démarre encore à l'ère des Etrusques au milieu des années 70 du siècle dernier, on aboutit au milieu des années 80 à un programme au lycée fort bien résumé par le titre des manuels scolaires : «L'histoire de 1945 à nos jours». L'histoire n'a plus que quarante ans. D'aucuns parlent de nivellement par le bas, d'égalisation des malchances. Un peuple né de la dernière pluie perd de sa consistance, de sa résilience nationale. Il deviendra bien plus malléable et manipulable. D'une part, cela permettra à un certain président de la République française de déclarer qu'il n'y aurait pas à proprement parler de peuple français ou de culture française, ces dernières notions ayant besoin d'une certaine longueur de temps pour s'étayer. D'autre part, il sera plus aisé, face à un peuple vidé de substance intellectuelle, culturelle et morale, de faire passer pour des nouveautés absolues des stratagèmes déjà exploités dans le passé et de s'en servir pour l'asservir.

De l'association artificielle des valeurs et des idées

Quand on veut provoquer un phénomène de masse, on peut soit expliquer en quoi la chose est bonne, soit lui associer une valeur quelconque. (Il reste par ailleurs un autre procédé, celui de la force de frappe de l'image, qui permet d'endoctriner fort, mais c'est une autre question).

C'est aux États-Unis que le spécialiste des comportements humains, Edward Bernays, mit au point le principe des relations publiques. Jolie tournure, pour ne pas employer le mot propagande, qui, trop crument nommée, rend les gens réticents. Trop avisés pour se laisser berner, il fallut que Bernays enrobât la pilule pour la faire avaler. Ainsi, il vous fit acheter du tabac, non plus pour enrichir les firmes concernées, mais en suggérant à la gente féminine que fumer exprimerait l'émancipation de la domination masculine et la liberté retrouvée. «Non, ma grande, tu fumes pour doubler les profits des marchands de cigarettes».

Cent ans plus tard, on se laisse piquer pour sauver son prochain d'une épidémie resurgie de l'obscur moyen-âge, surgie pour sonner le glas de l'humanité, et non pas pour enrichir les laboratoires pharmaceutiques qui entretiennent d'étroites relations de copinage avec des chefs d'Etat ou d'UE. L'un de leurs plus grands chefs échange des tapes sur l'épaule et des accolades avec des Premiers ministres, le chef d'Etat français, la présidente de l'UE, et va même jusqu'à échanger des sms privés. Mais quiconque vous dira : «Non, mon grand, tu te laisses piquer pour enrichir les trusts déjà multimilliardaires du médicament», sera un complotiste. Evidemment, ça passe plus facilement si on n'a jamais entendu parler de Bernays et de ses combines de manipulation mentale. Donc, tout va bien quand l'histoire dure un nombre d'années comptables sur les doigts de la main.

Laissez-nous vivre l'instant. Nous ne sommes pas le produit d'une évolution civilisationnelle. Il est bien entendu tentant de vivre dans une béatitude dénuée de tout effort de réflexion exigeant un peu de jugeote. Donc, même dix ans, c'est une période qui dépasse de beaucoup les capacités de notre mémoire. De 2009 à 2019, de la farce H1N1 à l'affaire du covid (19), le temps a été trop long pour que chat échaudé craigne encore l'eau froide.

Premier essai

Et pourtant, la même stratégie avait été mise en œuvre. Un virus terrible fait son apparition. La vaccination de masse prend l'allure d'une course contre la montre de la mort. On commande des millions de dose. En octobre 2009, en France, la ministre Roselyne Bachelot, du gouvernement Sarkozy, use de son pouvoir pour promouvoir «la vaccination de l'ensemble de la population». Un dispositif gouvernemental est mis en place.

Bachelot fait peur[1] : «Nous avons des taux d'attaque (…) extrêmement important. Par exemple, en Nouvelle-Calédonie, 17%. Nous avons un taux d'attaque à la Réunion trois fois supérieur au taux d'attaque de la grippe saisonnière. » Interrogée quant à la métropole, elle reconnaît qu'il est difficile de faire des prévisions claires. Cependant, le terme de pandémie est déjà à l'ordre du jour : «Ce que nous constatons, c'est que la pandémie progresse régulièrement. Nous mesurons cette pandémie par le nombre de consultations liée à la grippe pour cent mille habitants.» De 37 par semaine, le nombre d'infectés grimpe à 45 en quelques jours. A 74 consultations pour cent mille habitants, elle considéra que l'urgence pandémique sera atteinte en métropole. Le vocable si nouveau à nos oreilles en 2020/21/22 avait été déjà lancé par Bachelot : «… une période particulièrement sensible, ça va être évidemment la rentrée scolaire, parce que la rentrée scolaire ce sont des enfants, des enfants qui connaissent mal les gestes-barrière (sic), (…) et qu'ils vivent dans une relative promiscuité dans les lieux scolaires. Il va falloir surveiller avec beaucoup d'attention, le ministre de l'Education nationale [et de la Jeunesse] Luc Chatel s'y emploie, avec une communication et une information intense(s) (sic), auprès des familles, des associations, et bien sûr des syndicats d'enseignants». La pyramide allant de l'alignement des positions à la transmission des directives impliquait déjà tous les rouages de l'autorité et de ses ramifications.

Et déjà, les ingrédients de la psychologie de masse commençaient à être soupesés, ou le juste équilibre entre la carotte et le bâton : «Il s'agit de céder ni au catastrophisme, ni à un optimisme qui ne serait pas étayé finalement sur des fondements précis», poursuit Bachelot. Obéissez, et vous éviterez la catastrophe et bénéficierez de l'optimisme que vous pourrez alors mériter. Elle insiste ensuite sur l'impérativité de la transparence et prononce une phrase bien curieuse dans ce contexte, qu'elle définit comme premièrement : «On n'a pas le droit de mentir aux Français».

Et là encore, le pouvoir comprend qu'il faut faire croire au peuple que toutes les contraintes et/ou restrictions dont il est susceptible de souffrir découlent de sa propre décision, libre et éclairée : «Deuxièmement, une communication compréhensible. Parce que la lutte contre le virus H1N1, on ne la mène pas tout seuls au gouvernement. Vous comprenez bien qu'on la mène avec l'ensemble des Français qui utilisent les gestes barrière. Se laver les mains, se moucher, éternuer dans un mouchoir en papier, et qu'on jette.» Bien que le bon sens de ces dernières mesures d'hygiène soit évident, on ne peut pas ne pas voir dans ce discours une infantilisation du public adulte. Pour finir, la ministre parle de l'importance de la cohésion entre les différents éléments du pouvoir : «Et une communication qui doit être cohérente. C'est pour cela que la cellule interministérielle de crise (sic) est placée sous la direction du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, et que nous travaillons véritablement en totale coordination. Ça, c'est la façon  de ne pas faire une communication anxiogène et catastrophiste etc.»

Mais n'exprimerait-elle pas le contraire de ce qui est recherché ? Pourquoi tant insister sur la peur, alors que rien de tel ne semblait devoir se profiler dans les mentalités ?  Pour conclure, Mme Bachelot pense que la stratégie est au point, que le peuple est mûr pour se laisser faire : «Deux Français sur trois pensent que la communication du gouvernement est à la hauteur des enjeux. » Bien entendu, elle craint encore un relâchement du sérieux concédé à la démarche du pouvoir : «Il ne faut pas que les Français soient démobilisés, parce que le plus dur est devant nous, puisque le taux d'attaque du virus H1N1 sera évidemment beaucoup plus fort lors de la période hivernale.»

Le politicien professionnel sait dire tout et son contraire dans un seul discours de cinq minutes : affirmer qu'il ne faut pas avoir peur et en même temps distiller la peur de la menace de l'hiver qui est à nos portes ; dire qu'il est trop tôt pour savoir si la menace est tangible pour la métropole puis déclarer qu'elle le sera évidemment.

Bien sûr, la ministre connaît les enjeux de la propagande et de l'indispensabilité de l'enrôlement des médias, qui ne doivent donner qu'un seul son de cloche. Elle n'hésite pas à utiliser un glossaire un tantinet dictatorial ou martial : «Nous déployons de nouveaux moyens, en particulier avec la réquisition (sic) d'un certain nombre de moyens d'information pour diffuser les messages de mobilisation (re-sic). Il y a une saisine du CSA pour que l'ensemble des chaînes de télévisions hertziennes, Radio-France, et je dois dire d'une manière volontariste, beaucoup d'autres médias se mobilisent pour diffuser ces messages d'information etc. un numéro azur pour avoir des renseignements…» Son mot d'ordre reste le calme et la détermination, ou, en un mot, l'obéissance.

Dans les faits, le ministère de la Santé et des Sports engage 700 000 € dans l'achat de masques et de doses de vaccins. Bachelot se livre à un haut fait de propagande médiatique : elle se fait vacciner devant les caméras contre la grippe H1N1[2].

Couac

Alors que tous les préparatifs sont en place, et qu'il ne reste plus qu'à injecter les doses, on se dirige tout droit vers un grand flop. Le taux de la population qui se fait vacciner reste très bas, dans les 8%. Un rapport est rapidement diligenté par le Sénat. Il sera publié au Journal Officiel du 30 juillet 2010[3]. Il informe entre autres que, sur 94 millions de doses commandées, seules 7.8 sont utilisées. Puis, malgré des rapports chiffrés qui auraient pu commencer à faire vraiment peur, quand 312 décès sont imputés au virus, jusqu'en avril 2010, et que 1334 cas graves sont recensés. Sur le plan international, l'Oms compte 18 311 décès, ce qui n'empêche pas le rapport n°685 de mettre sévèrement en cause ladite organisation, dans la troisième partie du chapitre I, et d'évoquer la «fausse pandémie» et l'«opacité de l'Oms et [de] son incapacité à gérer les conflits d'intérêt».

Il n'en demeure pas moins que ce rapport n'est pas dénué d'une certaine ambigüité. Jusqu'à la page 103 (d'un rapport de 163 pages), le gouvernement français, l'Oms et les marchands de vaccins se font tirer les oreilles. Il est question pour ces derniers de «contrats déséquilibrés et rigides», d'«exigences démesurées des fournisseurs et de garanties insuffisantes pour les acquéreurs.»

Mais soudain, les préoccupations du rapport changent de sens. Tout à coup, les préposés du Sénat s'interrogent sur l'échec de l'opération. Tout avait pourtant si bien commencé. De la page 120 à la page 130, le rapport cherche à comprendre les raisons de l'échec. Le titre (page 120) est éloquent : «Le résultat décevant de la campagne de vaccination». C'est un peu comme si on reprochait dans une seule tirade à un braqueur d'être malhonnête et d'avoir raté son coup. Le terme décevant dénote d'un parti-pris. Il n'est pas question d'un faible résultat, ou d'un résultat peu probant ou de toute autre formule globalement neutre. Sinon, pourquoi ne pas titrer : «La société française échappe in extremis à la campagne de vaccination » ? Soit, c'est un fait, la propagande n'a pas fonctionné.

Mais il ne faut pas se décourager. Il faut comprendre pourquoi ça n'a pas marché, et ce qu'il faudra rectifier au prochain coup. Le titre suivant parle de lui-même : «Les leçons à tirer de la première campagne de vaccination pandémique».

Eh oui, chers amis, ce n'était qu'un coup d'essai. Raté, d'accord, mais ce n'est que partie remise. Nul doute que les gouvernements actuels et les «fournisseurs de vaccins» ont planché sur leur copie, tandis que, dans un rapport inversement proportionnel, le public oubliait cette histoire. Les uns bachotaient quand les autres oubliaient Bachelot.

J'invite tout un chacun à chercher les différences entre les discours de Bachelot d'octobre 2009 et de Véran dès février 2020. Mais la réponse est en fait déjà suggérée par ledit rapport, page 122 : «Les conséquences du défaut d'association à la campagne de vaccination des professionnels de santé». En 2019, le virus fait une timide apparition médiatique. En 2020, il sert de motif au blocage total de la liberté de circuler, travailler, se distraire… Mais là, les professionnels de santé sont tout de suite enrôlés, «associés à la campagne de vaccination», et malheur aux déserteurs. Certes, d'autres différences sont à prendre en considération, comme la promesse fallacieuse du «Tous vaccinés tous protégés», à l'effet convaincant garanti sur les plus effarés, ou cette autre promesse de revenir à la normale sitôt piqués…

Deuxième essai

Cet essai est encore neuf dans nos mémoires

 

[1] https://www.dailymotion.com/video/xc7yst

[2] https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/grippe-h1n1-quand-la-france-s-etait-trop-preparee-a-une-pandemie-183984

[3] https://www.senat.fr/rap/r09-685-1/r09-685-11.pdf

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