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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 09:34
Pour ne rien attraper, essayez de respirer l'ai quand il est pur

Toujours dans le cadre de la campagne de persuasion du public lancée en décembre dernier[1], le conférencier du 13 au soir, contrairement à la propagandiste de la veille, qui avait joué le détachement en annonçant d'emblée la diversité des publics auxquels elle avait l'habitude de s'adresser, mais dont le message ne s'était pas imposé (quand son dernier mot a été de reconnaître qu'aucun enfant n'était hospitalisé en Israël suite à l'infection par l'omicron, ce qui l'a poussée à la prudence, concluant sur un ton nettement plus pondéré qu'il revient aux parents de prendre leur décision), a tout de suite misé sur l'entente et la connivence avec son auditoire. Heureux d'être invité dans la région de Benyamin, quoique virtuellement, il déclare qu'elle lui est familière et qu'il y a effectué de nombreuses randonnées. Puis, se présentant comme natif de Tel-Aviv, il évoque sa jeunesse au sein du mouvement religieux Bené-Akiva, son service militaire, ses études au Technion, etc.

Le professeur Reif dirige depuis dix ans le département pédiatrique de l'hôpital Hadassah Ein-Kerem. Bien plus qu'une hypothèse de travail, il pose comme axiome l'avantage indiscutable de la médecine préventive sur la médecine thérapeutique, comme le veut par ailleurs l'adage connu de tous : «Mieux vaut prévenir que guérir». Cette affirmation d'apparence pourtant banale va relancer ma motivation de récupérer le ratage de la veille.

«S'il est une ligne principale dans la médecine préventive, explique-t-il, comme chacun sait, c'est bien entendu la vaccination. Vous connaissez tous l'histoire des vaccins. Pour la variole, on l'a d'abord inoculée à des vaches qui ne l'avaient pas eue, puis par la suite à un enfant. Bref, vous allez voir comment, en partant de Pasteur, les vaccins ont progressé et gagné en efficacité avec le temps, jusqu'au vaccin contre le corona. J'espère que je parviendrai à vous convaincre que le vaccin contre le corona est le plus efficace (sic, 2'38"[2]).»

Il énumère alors plusieurs maladies, la variole, la rougeole, les oreillons et la rubéole. Il s'attarde un peu sur la polio, évoquant au passage des exemples de grands-parents infirmes à cause de cette maladie. «Comme vous le savez, jusqu'en 1951/2, il n'y avait pas de vaccin contre la polio.» Il évoque quant à la varicelle le choix de vacciner au détriment de la possibilité de laisser s'opérer la vaccination naturelle consécutive à la contamination. Il rappelle le principe du vaccin actif destiné à provoquer dans l'organisme la production d'anticorps. Comme en aparté, il s'effraie de la dangerosité du procédé. «Rendez-vous compte! Inoculer la maladie!»

«A quel moment les problèmes ont commencé?» questionne-t-il, pour parler de la défiance du public envers les vaccins. «Je vais vous raconter cette histoire. Le problème a commencé avec un Anglais du nom de Wakefield[3]. Il a soutenu que le vaccin contre les oreillons déclenchait l'autisme. Car c'est au cours de la même période que l'on vaccine et que l'on révèle l'autisme. Il est donc possible que deux semaines après la vaccination, on ait découvert des cas d'autisme. Et quand il a publié les résultats de son travail, dans le journal Lancet, il s'est avéré par la suite qu'il avait – pardonnez-moi si je suis trivial – truqué ses résultats. Son article a été retiré et il a été exclu de la Royal Academy, et sa licence de médecin a été suspendue. Mais vous ne pouvez pas évaluer l'énormité du préjudice qu'il a causé. Parce que toujours, la contestation et l'opposition laissent une forte impression, même si vous n'avez pas entendu parler de lui. Le plus fort mouvement contre la vaccination est dénué de fondement. Et pourquoi ça a pris? Parce que c'est anarchiste, c'est contre le pouvoir, le système. Et puis, pourquoi introduire dans notre organisme un élément qui lui est étranger?

Je vois que le nombre de questions n'arrête pas d'augmenter. Je vais donc abréger. Mais à mon avis, s'il existe un vaccin qui est vraiment bon aujourd'hui, c'est bien le vaccin contre le coronavirus. On a pris un segment d'Arn M, qui sait retranscrire la protéine présente sur la membrane du coronavirus, la protéine spike, par laquelle il adhère à la cellule. Là, une protéine semblable, non identique, est produite, ce qui entraîne la formation d'anticorps qui s'attaquent à cette protéine et bien sûr aussi au virus. Donc, qu'est-ce qui peut vous inquiéter? C'est qu'on a introduit un Arn étranger, mais il de disloque, il ne se maintient pas dans l'organisme. Il n'a pas d'influence sur la fertilité, sur l'accouchement. Il se contente de produire des anticorps qui se lient aux protéines du virus et l'empêchent de pénétrer à l'intérieur de la cellule. Le problème, comme vous en entendez parler, c'est les mutations, et il faut que cette protéine y soit adaptée. Et ce vaccin fonctionne. C'est vrai, pas à 100%, ça n'existe pas. Il est moins efficace, certes, que le vaccin contre les oreillons. Son efficacité tourne autour de 85%, 90%. Le second problème, c'est sa durée. Alors, d'accord, il faut répéter plusieurs fois l'opération. Mais à part le désagrément de la piqûre, je ne vois pas d'autre problème. Il n'y a pas d'autre moyen de lutter contre le corona.»

Puis, le conférencier s'étend sur des considérations morales ou moralisatrices. «Je ne veux pas m'étendre en ce 10 tévet sur l'importance de la responsabilité mutuelle. Alors, est-ce qu'il faut vacciner les enfants? Je pense que oui. J'ai plus de dix petits-enfants, et je les ai fait vacciner, ceux qui ont dix ans et plus. Tout d'abord, la loi du pouvoir, c'est la loi. Et si chacun cherche à s'ingénier, on retombera sur l'histoire où, au lieu d'apporter un verre de vin, chacun apportera un verre d'eau[4]. Les enfants sont non seulement porteurs, mais ils peuvent aussi tomber gravement malades, notamment de dix à quinze ans, avec le syndrome inflammatoire multi-systémique de PIMS, dont vous avez sans doute entendu parler, intervenant un mois plus tard. Donc, il n'est pas possible de dire que les enfants ne tombent pas malades. Il y a aussi des enfants grièvement atteints. Et pour finir, ils «rattrapent » (contaminent) leurs parents et leurs grands-parents.»

Puis, jouant sur la corde nationaliste : «En ce 10 tévet, je pense que ce public est précisément celui avec on n'a le moins besoin de parler. J'ai constaté aussi qu'à Ephrat ou Karné Shomron le pourcentage des vaccinés est très important. C'est un public sioniste, patriote. C'est un sujet dont il faudrait s'entretenir plus particulièrement au sein du public arabe ou à Bené-Berak, où j'ai d'ailleurs été invité.»

Il conclut en affirmant que le nombre d'interventions écrites (en marge de l'image) est arrivé à cent, et qu'il sera heureux de répondre aux questions par l'intermédiaire des organisateurs, pour choisir les plus pertinentes.

L'hôte perd rapidement son sang-froid : «J'ai la nausée à la vue de la quantité de mensonges affichés.» Dès le départ, il semble qu'il sera difficile de confronter le représentant de la ligne gouvernementale aux contradictions du discours officiel. Après un «beurk», l'hôte se ressaisit : «M. le Professeur, je vous présente mes excuses. Je demande aux participants de s'exprimer avec respect, et à ceux pour qui ce n'est pas possible de quitter ce forum». Le professeur, débonnaire, ne lui tient pas rigueur à ce stade.

La première question est posée sur le dernier point : le syndrome PIMS. Depuis quand est-il connu? Il semble que ce soit un phénomène récent. Le médecin confirme, et précise qu'il a été observé la première fois en Angleterre puis en Italie. «Nous l'avons aussi observé chez nous, c'est de l'ordre d'un cas sur 3000. Un mois ou deux après la maladie, les facteurs atteignent le cœur, et non plus le cortex cérébral, comme pour le corona (13'50), et s'accompagnent de fièvres et éruptions. C'est uniquement chez les enfants, et le système immunitaire s'emballe. Personne n'en connaît la raison, et ça ne se produit pas après d'autres vaccins (sic 14'22). Certes, il y a des réactions inflammatoires après les autres vaccins, mais elles restent légères.»

La réponse suivante est loin d'être admise à l'unanimité, lorsque le docteur affirme que le vaccin, s'il n'empêche pas la contamination, la réduirait largement.

Un intervenant, Ethan, passablement excédé, s'insurge : «Pourquoi est-ce que vous appelez ça un vaccin, alors que c'est une expérimentation?» La responsable de la réunion en vidéoconférence prend à nouveau la parole : «Laissez-nous écouter le professeur, honte à vous. Que ceux qui sont contres sortent!» Elle maîtrise mal cette technologie, ou alors il y a un problème technique, car, soudain, c'est le silence.

Le son est rétabli. La présentatrice réitère ses excuses. Le prof répond qu'il n'est pas effrayé mais stupéfait. La présentatrice supplie quiconque n'est pas capable de maintenir un dialogue respectueux de quitter le débat. «Je pense avoir déjà indiqué en introduction que ce mouvement est un mouvement accusateur et agressif. Je pense que même si quelqu'un est contre la vaccination, et qu'il refuse de vacciner son enfant, c'est acceptable. Il n'est pas obligé. Je pense qu'il commet une erreur, mais sous une forme tellement fanatique! »

Un nouvel intervenant prend ses précautions, et arrache un sourire au professeur en lui demandant s'il peut poser une question dans le calme : «Ah, ah, mais bien sûr.» La parole lui étant concédée, il poursuit : «Si le discours est agressif, vous n'avez pas d'autre choix que de vous défendre. Mais je pense que l'agressivité vient du côté de la coercition, de la propagande mensongère du ministère de la Santé. Je voudrais vous poser une question très simple. Ce vaccin, depuis quand est-ce qu'il existe?»

Le professeur répond : «Il a été développé au début du corona, ça fait à peu près un an, un an et demi.»

L'intervenant : «Un an, un an et demi. Et ça fait combien de temps qu'on l'essaye sur nous? Comment peut-on prendre une responsabilité, et s'engager vis-à-vis de la sécurité des enfants, sur un délai très très court, sans le moindre recul. On ne connaît pas les résultats futurs, et je voudrais savoir comment vous, en tant que médecin, homme de science, prenez la responsabilité et vous engagez devant toute l'assemblée, devant tous les parents rassemblés ici qui vous écoutent, qu'il n'y aurait absolument aucun danger pour leurs enfants.»

L'homme de science se fait polémiste : «Est-ce que vous vous souvenez de ce qu'il y avait avant le vaccin? Combien sont morts du corona?»

L'intervenant lui retourne la question : «Après que le ministère de la Santé a reconnu que les chiffres ont été déformés, c'est vous qui allez nous dire combien sont morts par le corona et combien avec le corona.»

La coordinatrice s'immisce dans le débat et reproche à l'intervenant sa brutalité avant de réitérer sa demande de quitter le forum à tous ceux qui ne seraient toujours pas d'accord. Il tente de rétablir le fil de la discussion : «Ma question était de savoir comment le professeur peut avec tant d'assurance s'engager et garantir la non-dangerosité d'un produit nouveau, et il me demande si je sais combien sont morts du corona…» L'hôte vocifère : «Vous n'êtes pas en train de poser une question, vous êtes en train de tenter de convaincre. Vous êtes en train d'insinuer que l'Etat nous ment. Nous ne partons pas de l'hypothèse que l'Etat nous ment. Nous voulons simplement obtenir des informations. Donc, si vous n'êtes pas capable de l'accepter, d'admettre que l'Etat où vous vivez recherche votre bien, je vous demande de ne pas rester en ligne. Vous faites honte à tout le monde».

C'est là que j'interviens (19'30'). Mais c'est là aussi que le symposium va tourner court. «Excusez-moi, madame, mais ce n'est pas joli. Toute personne qui ne s'aligne pas sur les positions du ministère de la Santé de Benêt doit se taire?» La dame répond indirectement : «Qu'une seule personne parle à la fois. Nous allons faire taire tout le monde et passer en micro fermé.» Après quelques secondes de silence, n'ayant pas bien compris à qui le droit de parole était du coup attribué, je tente ma chance : «Je peux poser une question? C'est mon tour? Merci. Aux Usa, un docteur, docteur Zelenko, a mis au point un protocole et a guéri 6000 personnes. En France, le docteur Raoult a guéri énormément de gens avec la même formule. Le protocole consiste dans l'hydroxychloroquine, l'azithromycine, le zinc, et les vitamines C et D. On a assisté à une tentative de calomnier ces médecins, par le biais d'une publication du Lancet, retirée par la suite. Alors, pourquoi, quand des médicaments existent, faudrait-il vacciner des dizaines de millions de gens, et pourquoi mettre en place des restrictions? N'est-il pas plus logique de recourir aux médicaments qui existent, en se limitant de soigner les malades?» A ce moment-là, le silence s'installe sur les ondes. Au bout d'une minute, je m'écrie que ça ne fonctionne pas. Or, on me contacte par un autre moyen pour me dire que ma voix est audible. Je reprends : «Avez-vous entendu ma question? Vous m'avez donné l'autorisation de parler. Il y a des médicaments. Il faut soigner les malades. Il n'est question que de quelques centaines ou milliers de personnes que l'on peut sauver. Il ne faut pas vacciner des dizaines de millions de gens. Ce n'est pas logique, excusez-moi.»

Quel pourrait être l'avantage de la médecine préventive quand il faut traiter dix millions de personnes, alors qu'il aurait suffi d'en soigner trois mille ? Et surtout, qu'a-t-elle de préventive, quand le virus est déjà là, quand les gens sont déjà touchés ?

Deux minutes plus tard, l'hôte reprend la parole : «Nous avons un problème technique et nous nous en occupons.» J'ai juste le temps de constater que le pictogramme symbolisant mon micro vient d'être barré d'un trait rouge. Bref, le conférencier a quitté la scène, et après quelques autres minutes de silence, l'organisatrice se contente de lancer une accusation générale selon laquelle le professeur aurait été mal accueilli et se serait fait taire par quelque participant malintentionné. Je me demande si je suis passé pour un spécialiste ou ingénieur informatique, qui aurait réussi à s'attribuer exclusivement la parole en faisant taire tous les autres.

On notera que dans son anthologie des vaccins, tous gagnants, le professeur a omis de citer celui de la grippe H1N1, mis au point lui aussi de façon bâclée, en 2009, et qui avait été suspendu après une première opération de grande envergure qui s'était révélée désastreuse. Notamment, une maladie réputée rare s'était répandue comme une traînée de poudre. Plus de soixante personnes injectées avaient été victimes de narcolepsie. C'est à croire que l'erreur retenue à partir de cette expérience aura consisté dans l'interruption de la vaccination, erreur sur laquelle on ne revient pas aujourd'hui.  

 

[1] Voir : Israël : tentative de persuasion douce du 12 déc. au soir

[2] J'ai enregistré la conférence.

[3] L'étude de Wakefield est le sujet d'un article du Paediatr Child Health de juillet-août 2001 (PMCID 2804766). Elle traite de l'éventuelle corrélation entre le vaccin RR0 (rougeole, rubéole, oreillons) et l'autisme. Bien que cet article ne retienne pas l'hypothèse de Wakefield, arguments à l'appui, il n'évoque en aucun cas un trucage des données.

[4] Allusion à l'histoire populaire où un roi avait demandé à chaque habitant d'un hameau donné de verser un verre de vin dans un tonneau lui appartenant.

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