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23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 19:21

De la confiance tranquille à la peur panique, une binarité constatée

Entre confiance et crainte, ou entre deux maux, que choisir ?

Comment gérons-nous nos émotions, et quelles sont nos décisions pratiques le cas échéant, quand un changement brutal intervient dans notre paysage ?

Certaines situations imprévues, extrêmes, de crise ou de guerre, peuvent provoquer des réactions radicalement opposées d'une personne à l'autre. Elles peuvent revêtir les dehors d'un jeu d'enfant ou au contraire provoquer une profonde angoisse. Commençons par relever deux événements historiques.

L'occupation de Djerba par les Allemands fut de très courte durée. Au beau milieu de la sainte quiétude du Chabbat, à l'heure du moussaf, des officiers nazis firent irruption dans la synagogue où se trouvaient les deux principales sommités rabbiniques de la ville. Ils exigèrent une rançon de 50 kg d'or en échange de la vie sauve qu'ils concèderaient aux habitants de l'île. Les rabbins réunirent dans les 70% du butin. Les nazis accordèrent un supplément de délai jusqu'au lendemain. Seulement, il ne semble pas que quiconque eût encore de l'or en sa possession. Or, ce fatidique dimanche, les nazis disparurent comme par enchantement. L'ennemi ne fit ni blessés ni morts, mais l'or expiatoire ne fut jamais ni rendu ni même retrouvé.

Le second consiste dans la guerre du Golfe telle qu'elle a été vécue en Israël. Alors qu'on s'attendait à une attaque conjointe de l'Irak dont l'armée s'apprêtait à franchir la Jordanie qui lui avait accordé son feu vert, et de la Syrie par le Hermon, au plus tard lors de l'expiration de l'ultimatum américain, puissance dont les forces s'étaient alliées à l'Arabie où elles stationnaient, la guerre a pris une tournure inattendue. Les soldats israéliens ont été démobilisés et la guerre s'est caractérisée par des bombardements à grande distance de missiles d'un quart de tonne d'explosifs, potentiellement biologiques, sur les grands centres urbains, donc  habités par les civils. En deux semaines approximativement, 39 scads ont été lancés sur Israël. Ces bombardements, s'ils ont fait des dégâts matériels, ont tué une personne en tout.

Ces deux histoires peuvent amener l'observateur neutre à se dire qu'en somme, il ne s'est rien passé. Ces guerres ont pourtant un impact psychologique terrible, voire psychosomatique. Deux aspects échappent à l'observateur qui en relativise la gravité. Personne ne sait combien ça va durer, d'une part, ni quel sera le résultat final, s'il sera plus proche de la fausse alerte ou de l'anéantissement.

Imaginons que nous nous trouvions sur une île volcanique, qu'une éruption se produise. Si elle ne dure que deux jours et que les dommages se résument à quelques nuages de cendres qui retombent au beau milieu de l'océan, un observateur lointain haussera les épaules et sourira dès qu'il aura eu vent de la terreur ressentie par les habitants de l'île. Pourtant, il ne faut pas perdre de vue qu'au moment de l'éruption, personne ne savait combien de temps elle allait durer ni si elle n'allait pas entraîner la destruction de tout ce qui vit ou est construit sur cette île.

A l'opposé, il est vrai que l'approche des personnes qui se retrouvent coincées dans des situations extrêmes importe énormément. Il ne s'agit pas ici de juger quiconque, mais juste de faire un constat. Il se peut que les personnes ne soient pas réellement maîtresses de leur réaction affective ou émotive. Nous n'avons pas dit plus haut que le choc émotionnel à Djerba avait rendu des gens malades, ni que sept personnes étaient décédées pendant la guerre du Golfe lorsque, prises de panique, elles se sont étouffées en omettant d'ouvrir le filtre de leur masque à gaz que la défense passive avait distribué aux civils.

Nous pouvons supposer en revanche que certains habitants de Djerba ont pu regarder l'envahisseur comme un monstre surgi de nulle part qui allait disparaître aussi vite qu'il était venu ou que, en Israël, certains n'ont jamais été tentés de céder à la panique et qu'ils n'ont jamais mis leur masque ni ne sont entrés dans les chambres étanches.

Dans certains cas, le sentiment, d'angoisse ou de confiance, de panique ou à la limite d'amusement, est purement subjectif et n'influe en rien sur les décisions ou comportements de l'individu : que vous ayez vécu la peur de votre vie ou observé les faits comme un divertissement, ça ne change rien aux conséquences en ce qui vous concerne.

Mais ce n'est pas toujours le cas. En Allemagne, Pologne, Autriche, etc., les différents ressentis ont impliqué quatre réactions, entre la montée au pouvoir du nazisme et la deuxième guerre mondiale. Les confiants se sont dit qu'il ne fallait pas se laisser impressionner, que tout allait redevenir comme avant ; les autres ont préféré s'éloigner. Certains se sont déplacés de quelques centaines de kilomètres, notamment vers la France. D'autres sont partis en Amérique, d'autres encore en terre d'Israël.

Chacun avait dans son raisonnement une part de confiance et une part de craintes. Les premiers craignaient les vicissitudes du départ. Les derniers avaient la foi dans la résurrection de la nation d'Israël, la victoire contre l'insalubrité et la fructification d'une terre plus de mille ans désertée et livrée aux ravages de la malaria et de la famine.

Qui, des quatre groupes avaient raison ? Il est aisé de fanfaronner après coup, surtout si on a soi-même choisi son camp de façon anachronique, pour la bonne et simple raison que l'on est soi-même né bien après. On a pu voir tel sioniste religieux se flatter en toute modestie d'avoir eu raison face à tel adepte de telle hassidout qui a eu tort. Avec quel groupe ce sioniste religieux se serait identifié s'il avait vécu dans cette tourmente ? Aurait-il seulement été informé de l'existence du Rav Kook ?

Nous sommes aujourd'hui plongés dans une autre tourmente. Restrictions des libertés, chantages, transformation de populations protégées par les droits de l'homme, les lois fondamentales constitutionnelles, le code de Nuremberg, en vaste laboratoire expérimental pour des procédés thérapeutiques nouveaux, quand les récalcitrants sont attaqués par la propagande d'Etat qui fait d'eux des assassins ou des inconscients, des cinglés ou des imbéciles. Là encore, les attitudes sont partagées. Il y a ceux qui rejettent en bloc et sans hésitation aucune le procédé qui viole les droits de l'homme, et à l'autre extrémité ceux qui absorbent le remède génique et en redemandent, persuadés qu'ils ont été touchés par la grâce d'une société pharmaceutique salvatrice. Entre les deux, nous avons ceux qui cèdent au chantage afin de ne pas perdre leurs droits, après avoir pesé le pour et le contre entre le bénéfice – garder son emploi, son droit de circulation libre – et le risque - être tué ou gravement touché par l'injection – ou ceux qui pensent que les multiples vaccins pourraient peut-être effectivement les sauver, sait-on jamais.

Mais peu à peu, le mythe s'effondre. Bientôt, il sera évident pour tout le monde qu'un repris de justice empoisonneur et acheteur de complicité de praticiens n'aurait jamais dû être écouté. Les amendes en milliards de dollars font partie de sa stratégie de marketing. Et de la même façon que nous avons des gens très intelligents pour qui il est évident qu'il fallait suivre d'entre les quatre options celle du départ pour le futur Etat d'Israël, nous aurons des gens qui naîtront bien après et qui se riront à gorge déployée de tous ceux qui avaient pris cet escroc pour le messie. Mais ça sera trop facile, car les cartes, les résultats, auront alors été dévoilés.

Car qui peut affirmer, dans le feu de l'action, que telle ou telle option est la bonne ? Le citoyen qui se promenait sans masque en plein air pendant les alertes, face à la menace irakienne, comment pouvait-il savoir que l'avenir lui donnerait rétrospectivement raison ? Et cet individu resté humain, qui a serré dans ses bras ses parents touchés par le coronavirus, comment pouvait-il savoir que, non seulement, il ne lui arriverait rien pour finir, mais que ses soins allaient sauver ceux qu'il n'a pas voulu abandonner ? Et ce Juif allemand, ou autrichien, qui a renoncé au confort et pris le risque d'être fauché par quelque rodeur ou la malaria, en prenant sa décision de partir pour la Palestine ancestrale, qui a prophétisé pour lui qu'il avait raison ?

Considérons un exemple d'ordre trivial. Entre deux averses, un homme qui doit faire une course dehors sort sans parapluie ni manteau. Il pleuvait juste avant qu'il ne sorte et des cordes se sont mises à tomber juste après son retour. On peut dire paradoxalement qu'il a été intelligent après coup mais qu'il a fait preuve de bêtise ou d'inconscience pendant. Il pourra toujours crier : «Vous voyez bien que j'avais raison de sortir sans me couvrir», il ne sera pas convaincant. On pourra aussi bien dire qu'il a manqué d'intelligence à coup sûr mais que les insensés bénéficient d'une protection divine. Mais là, hormis le fait que dans le pire des cas, il aurait juste pris une bonne douche et qu'il aurait été bon pour se changer, l'observateur neutre considèrera, malgré les rayons de soleil, que cet individu aurait quand même dû se munir d'une protection. Pourquoi ? parce que l'alternative ne coûte rien. Mais si toutes les possibilités comportent des risques : étouffer avec le manteau s'il ne pleut pas, oublier son parapluie quelque part, la question devient moins simple.

Parfois, toute option est porteuse de risques : se faire tuer par un nazi allemand ou un rodeur bédouin, se refaire ailleurs ou risquer de ne jamais rebondir…

Entre deux maux, dit-on, il faut choisir le moindre… certes, mais quel est le moindre mal ? Risquer la stérilité ou se faire faucher par un virus ? Pendant la première vague de polémique peur panique, un penseur hâtif avait écrit sur le fil d'un groupe : «Que l'humanité s'éteigne, pourvu que nous sauvions nos vies.»  La peur rend violent. Ma fille m'a fait part de son observation sur un passage de la Bible : les explorateurs qui refusèrent dans le désert d'entrer en terre de Canaan convainquirent le peuple de s'y opposer. Quand Caleb et Yéochoua cherchèrent à les encourager pour au contraire mener à bien le projet du retour dans la patrie d'Israël, on chercha à les faire taire en les lapidant de rochers. La peur, m'a-t-elle dit, suggère des pulsions assassines. En effet, ils avaient peur d'être taillés en pièces par l'occupant de leur terre. Les diatribes inconsidérées sont elle aussi motivées par la peur panique? Personne ne peut affirmer a priori quel est le moindre mal pour lequel il faut opter. La suggestion rabbinique, en cas d'incertitude quant à la juste application d'une halakha, consiste à dire : «Reste assis et ne fais rien, c'est mieux.» Alors, se laisser injecter un produit potentiellement dangereux ou risquer d'attraper un virus qui tue à raison de moins d'un pour dix mille, le mieux est de rester tranquille.

En tout état de cause, que chaque camp, puisque malheureusement une grave scission a monté les citoyens d'un même pays les uns contre les autres, s'abstienne avec humilité de s'autoriser une attitude sarcastique, de couvrir l'autre de quolibets ou d'injures faciles, ou de recourir contre l'autre à l'ostracisme social.

Il faut néanmoins reconnaître que les deux camps ne sont pas touchés à égalité par un sentiment de haine, et que ceux qui optent pour la violence et l'intolérance sont comme par hasard ceux que la peur frappe au ventre : ceux qui meurent de peur de mourir du virus. Ils vous diront que c'est vous qui avez peur de la piqûre ou de l'inconnu que renferme la nouvelle thérapie génique. Il n'en est rien. Car tant que, D. nous en préserve, nous ne sommes pas piqués de force par la dictature, ceux qui ont prétendument peur du supposé remède prophylactique ne sont pas réellement en proie à des frayeurs. Ils sont tout simplement prudents. Ils refusent poliment le produit comme ils n'auraient pas dans l'idée de boire de l'éther ou du détachant pour se purifier le ventre.

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