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18 avril 2019 4 18 /04 /avril /2019 09:50
Les fruits du travail humain et de la bénédiction du Ciel

Béni et maudit soient respectivement ces deux hommes qui placent leur confiance en D. et en l'homme. Quand un homme place sa confiance en un autre homme, on obtient une relation réflexive et transitive à la fois. L'homme étant en quelque sorte le reflet de l'homme, en passant par ce dernier, il se place également en troisième position d'où l'aspect transitif, le deuxième homme étant l'intermédiaire du premier pour rejoindre le troisième qui n'est autre en fait que ce premier. Il retombe sur ses pieds, sur son référentiel humain qui le limite et le rassure en même temps, car il retrouve sa propre image projetée au-delà du second homme. Schématiquement, ça donne :

1 ↔ 2 → 3 ; 1 = 3

Nous l'avons compris, faire confiance à l'homme est un nombrilisme qui rejette ou du moins écarte D. «Merci, je peux me débrouiller tout seul», semble dire cet homme autonome. La force intrinsèque de l'homme, avec toute la panoplie de ses propres capacités, fait face à l'aide de la Providence. Mais l'homme idéal a pour devise – sagesse chez les nations, tu peux le croire - «Aide-toi, le Ciel t'aidera». L'homme idéal marie harmonieusement son propre investissement à l'aide céleste : «Quand tu te diras en ton cœur : "Ma force et la puissance de ma main m'ont donné toute cette gloire"» ; cette perspective n'est pas à invalider, si toutefois : «Tu te rappelleras que c'est l'Eternel ton D. qui te donne cette force pour cette gloire».

Il n'empêche. Pourtant, à première vue, qui peut être plus heureux que l'homme dont la confiance est en D., lequel sait que, quoi qu'il arrive, et quelles que soient les situations indénombrables où prévalent la protection précisément humaine, et les relations, qu'il s'agisse de trouver du travail, d'obtenir un terrain, un permis quelconque, il s'en sortira toujours? Car D., dont la main ne saurait manquer, pourra le combler et faire de lui un homme riche, tout du moins sous l'angle de la définition qui veut que cet homme soit celui qui est heureux de ce qu'il possède.

Et pourtant, l'homme préfère souvent se replier sur lui-même, en compagnie de ses semblables, comme si l'Infini l'effrayait, ou peut-être parce qu'il ne veut pas être spirituellement et moralement redevable, comme si a contrario ce qu'il obtenait par le biais de l'homme ne venait pas indirectement de D., puisque cette force et cette puissance, il ne faut pas qu'il oublie d'où elle provient. Car, sans cette provenance, de même qu'aucun homme ne pourra lui fournir quoi que ce soit, personne ne pourra réciproquement l'empêcher de l'obtenir.

Il arrive qu'un individu en position de force vous empêche d'accéder à un poste, une opportunité de gagner décemment votre vie, et que pour finir, par d'autres voies, vous soyez bien mieux logé pour finir que ce que vous escomptiez.

Donc, le paradoxe est clair: on est moins effrayé de la confiance que l'on place en l'homme limité que de celle que l'on place en D.

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