Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 10:09

Un petit pays qui fait trembler les grands, ou, comme dirait à peu près en ces termes un vieux spot publicitaire, que reste-t-il aux grands?

La confiscation par Israël sous l'égide de son Premier ministre Netanyahou rappelle les moments forts de l'histoire renouvelée du pays juif. Israël fait littéralement trembler la terre des pays avoisinants. Déjà, dimanche (29 avril 18), Al-Hama, près de Homs en Syrie, donc du site nucléaire anéanti en septembre 07, lors de l'opération «mi'houç la-koufsa» (mot à mot en dehors de la boîte), a été secoué par un tremblement de terre de magnitude 2.6. Des témoins auraient vu une boule de feu céleste et dix-huit généraux iraniens auraient été éliminés. Deux-cents missiles sophistiqués ont été détruits dans cette attaque.

Les protestations de l'Iran confirment leur mainmise sur la région frontalière. Ce pays n'en est pas à sa première provocation. Auparavant, le drone abattu par Tsahal après avoir franchi la frontière israélienne en février portait une charge explosive et avait échappé aux radars des forces internationales présentes dans la région, à moins qu'elles n'aient  fermé volontairement les yeux. En avril, la base syrienne T-4, véritable usine de drones iraniens et centre de téléguidage, a été sérieusement visée, contrairement à l'attaque internationale qui a loupé ses objectifs le 14 de ce même mois. Ces volées de coups répétées montrent que l'Iran aurait dû réfléchir avant de venir narguer Israël sur son palier.  

Mais le plus bel exploit qui restera gravé dans les annales de l'histoire, c'est certainement la confiscation du programme nucléaire iranien, à environ mille six cents kilomètres d'Israël. Netanyahou a fait état lundi soir (30 avril 18) d'une demi-tonne de documents saisis, soit cent mille documents secrets prélevés dans les archives secrètes de Téhéran. En comparaison, le légendaire (et imaginaire) James Bond passe pour un minable. Alors que ce dernier parvenait après bien des péripéties et un suspens à la limite de l'insupportable, à ramener un tout petit microfilm, le Mossad a pour sa part saisi un quintal de documents secrets et de preuves accablantes en démasquant les menteurs patentés qui continuent de nier la main dans le sac. Il faut dire que leur doctrine religieuse encourage le mensonge, en dehors du fait que là où elle prend racine, peu à peu le désert avance.

Cette opération sans précédent s'inscrit dans la période qui relie les fêtes de Pessah et Chavouot, de la sortie d'Egypte au don de la Torah. Après l'effroyable recul résigné d'Israël traduit par des événements que l'on ne pensait plus possibles, comme l'introduction des structures terroristes au beau milieu de son territoire ou l'expulsion inouïe des Juifs de Gaza, on aimerait y voir le signe d'un redressement durable qui, en s'inscrivant dans la lignée glorieuse des événements de l'indépendance et de la libération de Jérusalem ou encore de Hébron, vient contrebalancer la difficile période qui marque le deuil encore observé aujourd'hui de l'épidémie ayant décimé les vingt-quatre mille disciples de Rabbi Akiva, à l'époque de la Michna.

Quant à la leçon que nous pourrions retenir, dans ce rapprochement évident entre la tournure de la guerre des Six Jours et de l'opération de saisie du programme iranien, ce que toutes les puissances occidentales réunies ne sont pas parvenues à réaliser, c'est de faire preuve d'humilité devant le Créateur qui rassemble les exilés des quatre «ailes» de la terre, et qui nous «donne la force de vaincre».

Savoir le remercier, et ne pas oublier que la dimension du peuple d'Israël a toujours été intrinsèquement liée à son D., consiste dans une composante clé qui a accompagné le peuple juif tout au long de son histoire. Le Rav Chabtaï Sabato, recteur de l'école talmudique du village de l'Observatoire de Jéricho, et connu depuis longtemps pour son explication linéaire du Talmud en plus de mille cassettes (numérisées depuis), a insisté sur l'humilité que doit ressentir l'homme vis-à-vis de son Créateur et des forces établies dans la nature. Que l'homme ne s'enorgueillisse pas en se disant qu'il a conquis la planète et l'espace. Si la catastrophe qui a vu dix jeunes d'une école périr emportés par un torrent de pierres et de boue, la leçon à l'échelle nationale consiste précisément dans cette humilité.

Pour revenir à l'issue de la libération de la Judée-Samarie, on est malencontreusement passés de la terrible sensation d'un étau mortel écrasant Israël à une prétention qui a consisté à prendre les Arabes pour les pires idiots de la terre, en illustrant ce sentiment notamment par l'abandon des soldats égyptiens de leurs chaussures pour mieux prendre la fuite, revenant tout à coup à l'état sauvage et se débarrassant d'atours encombrants et superflus pour eux. Il faudrait éviter, suite à la présente opération en Iran, de retomber dans ce travers, qui consisterait à se flatter en prenant les Iraniens pour des arriérés, même s'ils peuvent l'être par ailleurs. Il faut reconnaître la סייעתא דשמיא  , l'Assistance Providentielle, quel que soit le degré d'intelligence et d'audace mis en œuvre pour la réussite des opérations de l'armée ou des services secrets.

Le copilote de l'opération Entebbe révéla au début des années 90, qu'à leur arrivée sur les lieux, une imprécision de leurs cartes et appareils lui donnèrent un horrible doute, si bien qu'il commença à se demander si le commando n'avait pas dépassé l'aéroport où étaient parqués les otages d'Air France. C'est alors qu'il le vit s'allumer. Il décrit ce qui lui parut être un chandelier de Hanoukka sous ses yeux. Les Asmonéens sont victorieux, malgré leur petit nombre et leur armement proportionnellement dérisoire, mais ils sont précédés par la Présence Divine. Il ordonna alors l'atterrissage. Et les lumières s'éteignirent instantanément. Il arrive également que des gens laïcs deviennent religieux suite à des opérations périlleuses.

Si Israël doit servir de phare pour l'ensemble de l'humanité dont les yeux sont, quoi qu'il arrive, constamment rivés sur ce tout petit pays, ce n'est pas en prenant la matraque des mains de ses agresseurs pour leur permettre de se reposer en continuant à se frapper tout seul, mais au contraire en leur infligeant de cuisantes défaites. Un dénominateur  commun caractérise les divers développements glorieux de l'histoire récente d'Israël. Il s'agit du côté rationnellement irréalisable. En toute logique, les médias européens avaient en 67 dressé le bilan de l'histoire des Juifs : «Ils auront réussi à garder leur indépendance pendant dix-neuf ans». Les mêmes pays rationnels et sceptiques ont, motivés par leur lâcheté inhérente, signé des accords avec l'Iran, en feignant de croire à ses mensonges, bien qu'ils n'aient jamais pu établir la vérité, puisque les inspecteurs de l'IEA étaient systématiquement menés en bateau dès qu'ils arrivaient pour effectuer des contrôles, ou alors ils visitaient des endroits qui n'étaient pas les bons. Et on préfère sinon fermer les yeux, du moins porter des œillères, et, tel l'âne dirigé par son maître ânier, regarder là où il le réclame. Les révélations indiscutables apportées par Israël quant à la réalité des intentions de Téhéran sont pour le moins gênantes pour l'Europe, France et Allemagne en tête.

Ce travail de Netanyahou rappelle le fond de la polémique chez les Juifs qui vivaient aux Usa pendant la seconde Guerre mondiale. Fallait-il révéler aux Alliés le génocide ou exiger du gouvernement américain une intervention directe ? En Europe, on a longuement tergiversé : «Est-ce vrai ce que l'on raconte ? Y aurait-il réellement des camps d'extermination?» S'il s'est avéré plus tard que toutes les forces en lice savaient, c'est qu'elles préféraient fermer les yeux.

Les questionneurs minés par l'incompréhension et  motivés par la révolte ou l'indignation morale qui consiste à se demander comment il a pu être possible que l'on n'ait pas su, ou comment il a pu être possible que l'on n'ait rien fait trouveront peut-être des explications dans un contexte plus abordable car actuel : l'indifférence des démocraties occidentales même après que Netanyahou a fait lesdites révélations a priori fracassantes. A la limite, Netanyahou pourrait être considéré comme naïf. «Mais vous le savez bien que ça ne sert à rien d'apporter des preuves. Ils le savent très bien, tout ça», pourrait-on lui rétorquer. Il aura au moins eu le mérite d'avoir confondu les menteurs et ceux que leurs mensonges arrangent et confortent.  

A moins de trouver au contraire dans la même attitude molle de l'Occident de grandes qualités. Car si Israël a été capable de piquer aux Iraniens, à leur nez et à leur barbe, leur programme nucléaire, tout comme il avait récupéré ses vedettes bloquées par l'animateur de radio-Londres, il sera bien capable, le moment venu, de confisquer à l'Iran ses ogives nucléaires. Et si Israël n'a pas à ce jour liquidé les dirigeants du régime iranien, Ali Khamenei et les autres, dont son prédécesseur Ahamdinejad, ni Nasrallah qui se terre dans son bunker, c'est que probablement ce sont des agents du Mossad.

Partager cet article
Repost0

commentaires