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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 14:48

Des dates de l'indépendance d'Israël et de la réunification de Jérusalem, et de leur implication dans la prière

Les jours de fêtes se particularisent par la suppression des supplications et la récitation du Hallel, la louange, suite de psaumes entonnée en signe de gratitude, de génération en génération, à deux conditions. La première, c'est que le peuple ne soit pas assujetti à un pouvoir étranger au moment de l'événement de base (il ne doit pas être un serviteur de serviteur), d'où l'omission du Hallel du rituel de Pourim, et la seconde, c'est que le miracle doit concerner l'ensemble de la communauté d'Israël, sans quoi il n'est récité que ponctuellement, uniquement par les personnes concernées et sur un temps limité.

Et c'est depuis qu'Israël a accédé au titre de peuple avec six cent mille membres et l'implication providentielle dans les événements de la sortie d'Egypte, que ce nombre désigne et définit cette collectivité. Donc, une implication providentielle célébrée d'année en année doit, d'une part, comporter au moins ce nombre, et d'autre part se produire soit en l'absence de la mainmise d'une souveraineté étrangère sur Israël, soit dans un changement d'état, de l'état de soumission à l'état de liberté.

A ce jour, nous sommes considérés comme miraculés de la sortie d'Egypte ; pas un haut fait qui ne soit accompagné de la mention : «en souvenir de la sortie d'Egypte». Nous lisons dans la Haggadah que si nos ancêtres les Hébreux n'avaient pas été libérés de cet esclavage, nous y serions encore, ainsi que nos enfants et nos petits-enfants. C'est donc la référence par excellence. Outre le Hallel précité, les enfants d'Israël, épiloguèrent la délivrance susdite par un cantique que nous continuons de lire tous les jours, le cantique de la Mer, et qui s'insère entre les versets du chant, incorporés à la prière du matin, et dont le déclenchement de sa composition ne fut confirmé qu'à la vue de l'armée égyptienne définitivement neutralisée.

Quant au Midrash où l'on peut lire : «L'œuvre de mes mains se noie dans la mer et vous entonneriez un cantique?», il n'est pas contradictoire, puisqu'il ne s'adresse pas à Israël mais aux anges du Service. Puisque ce chant tue (un plagiat légèrement modifié se retrouve chez Ulysse et ses sirènes), et puisque les Egyptiens devaient périr noyés, il n'était pas question que les anges n'en mutent le verdict en une autre peine. Ils ne seront autorisés à faire entendre leur voix, que pour faire lever le siège de Jérusalem, aux oreilles des armées de Sennachérib. Mais cette fois, il sera reproché au roi Ezéchias de ne pas avoir entonné de cantique de gratitude. Comme si un seul chant pouvait intervenir à la fois.

Quant à la proclamation de l'Etat d'Israël, et dix-neuf ans plus tard la réunification de Jérusalem, le grand rabbinat d'Israël est formel. Le grand Hallel doit être récité. Le grand rabbin Shlomo Goren, tour à tour grand rabbin de Tsahal - célèbre dans le monde entier pour avoir sonné du schofar lors de la libération du Mont du Temple - puis d'Israël, précise à l'intention du grand public les fondements halakhiques de cette décision. Il s'agit du début de l'ère de la rédemption, telle qu'elle se présente concrètement dans le déroulement de l'histoire «Les phénomènes principaux annonciateurs selon la halakha du bourgeonnement du commencement de la rédemption et de la libération de nos personnes.

  1. La libération de notre saint pays de l'assujettissement des étrangers, et la réalisation du commandement de la Torah, selon l'école de Nahmanide dans son livre des Commandements, qui nous enjoint de conquérir le pays que l'Eternel a donné à nos pères et de ne pas l'abandonner dans la main d'un tiers ni de le laisser désert...
  2. Le rassemblement des exilés d'Israël des quatre confins de la terre, dans une mesure jamais égalée comme il est écrit : "L'Eternel ton D. ramènera (reviendra) tes captifs et te prendra en pitié ; il reviendra et te ramènera de tous les peuples où il t'aura dispersé… il te ramènera dans le pays, l'héritage de tes pères, et tu en hériteras".
  3. L'établissement du gouvernement d'Israël dans notre saint pays. Conformément aux paroles de Maïmonide, chapitre 8 des Lois du retour… "tous les avantages prévus par les prophètes pour Israël sont des choses concrètes et Israël en profitera à l'époque messianique lorsque le gouvernement reviendra aux mains d'Israël"…»

Le grand rabbin poursuit et souligne que les conflits, consécutifs à l'indépendance, ou annonciateurs de la réunification de Jérusalem, «lorsque sept armés entraînées et lourdement équipées se sont précipitées pour envahir le pays», relèvent du processus de la délivrance, lorsqu'il cite le traité talmudique Méguila (17b).

En outre, le grand rabbin de Kiryat-Arba-Hébron, Dov Lior, met au point la considération suivante : les prières de reconnaissance, sans rien diminuer du mérite des héros qui ont pris part à la libération et à la défense d'Israël, sont adressées au Créateur ; ce qui implique que les prises de position ou les actes politiques des dirigeants, fussent-ils déplorables, n'altèrent en rien le devoir du peuple envers son D.

«En raison de certains événements de ces dernières années, un certain relâchement s'est fait sentir quant à la relation positive à l'Etat, au sein de différents cercles de notre peuple. Il me semble donc important d'établir et de clarifier quelle est l'approche de la Torah d'Israël vis-à-vis de ces phénomènes pénibles subis par notre peuple. Nous, en tant que disciples de notre maître et rabbin Zwi Yéhouda Kook, que le souvenir du juste soit bénédiction, qui avons eu le mérite d'étudier et de nous éduquer auprès de lui sur la façon d'appréhender les effets qui accompagnent les processus de la rédemption, établissons sans équivoque qu'il convient de distinguer entre le rapport à l'Etat et la considération de ceux qui le gèrent.

L'Etat d'Israël, dont nous avons eu le mérite d'assister à son édification après environ deux mille années d'un exil excessivement pénible, est réellement le début de l'avènement de notre délivrance.

Personne ne peut affirmer qu'il connaît avec certitude de quelle manière la rédemption d'Israël doit se dérouler, et pour laquelle tous les prophètes se sont prononcés, comme le précise Maïmonide à la fin des Lois des Rois. C'est pourquoi le fait que les choses ne progressent pas comme nous le voudrions ne change rien à la réalité qui veut que notre Etat incarne le début de l'avènement de notre délivrance. Il appartient à tout le peuple d'Israël, à tous ses cercles et toutes ses couches, dans le pays et en diaspora, et aussi aux générations futures. Il œuvrera en tant que trône de D. en ce monde, et la gloire de la royauté d'Israël y flottera à l'avenir.

Il convient donc de rendre grâce au Créateur qui nous a permis d'être présents lors de la résurrection de l'Etat d'Israël, car le fait même de ce renouveau est une sanctification éminente du grand Nom, après l'indicible Shoah.»

Le grand rabbin Lior ne se campe pas dans le fatalisme ou l'inactivité : «Nous faisons part de nos sérieuses réserves vis-à-vis de la direction politique, qui cherche à affaiblir le caractère judaïque de l'Etat juif, à en céder des pans entiers à des terroristes, et qui pourchasse des personnes de grande valeur qui cherchent à peupler le pays, et en chérissent la poussière et la roche. Il est évident que ces démarches sont opposées à la Torah d'Israël, qu'elles remettent en question les pères fondateurs du sionisme, qui ont vu dans la libération du sol et l'installation de Juifs un objectif national de première importance.

Le public doit œuvrer pour le changement de la direction politique dans tous les domaines de notre vie sur le plan public. Il lui faut s'opposer énergiquement à tout processus visant à affaiblir le tempérament du pays en tant qu'Etat juif dans tous les domaines de sa vie publique. »

Le grand rabbin Lior, qui comptait parmi les passagers de l'Exodus, s'est illustré par son courage et sa détermination, lorsqu'il lança un appel en vue du grand rassemblement qui se tint à Kiryat-Arba-Hébron, au moment-même où le gouvernement Pérès-Rabin avait projeté d'expulser les habitants juifs de la cité des Patriarches, au nombre de quatre cents et jamais réellement encouragés à se multiplier en ce lieu. C'était au printemps 1994, peu après Pourim.

Aujourd'hui, le jour de l'Indépendance ainsi que celui de la réunification de Jérusalem, dont nous marquerons cette année les cinquante ans, sont largement célébrés, y compris bien entendu par le public orthodoxe. Si en général la presse s'attache à des éléments sortis du contexte général pour donner une idée tronquée de la réalité, il faut savoir que les unités combattantes orthodoxes sont de plus en plus demandées par le public. Et, une fois n'est pas coutume, on saluera l'étude publiée hier (Yom Haaçmaout 69), sur le site du grand quotidien Yédioth Aharonot, dans laquelle, outre un aperçu global sur l'identification du public orthodoxe à cette nouvelle tradition du barbecue national, publie des chiffres selon lesquels 75% du public orthodoxe est optimiste au sujet de l'avenir du pays. Les chiffres sont moins éloquents au sujet de sentiment d'appartenance totale au pays et d'identification à ses défis. Et pour ce qui est du manque de confiance dans la Cour suprême, quand seuls 6% la considère comme sérieuse, ou du ralliement à 96% aux exigences de la tradition juive au détriment d'une loi qui serait en conflit avec celle-ci, cette approche est non seulement solidaire du sionisme religieux, mais également d'une tendance israélienne non religieuse inconnue ou presque tant que la liberté de presse (électronique) n'existait pas, telle la page Hatsel, (The Shadow).

La rédemption est en marche, et le phénomène du retour de l'exil s'accentue, qu'il soit motivé par la foi et l'idéal, ou par des problèmes économiques ou sociaux, comme cet antijudaïsme qui rend la vie impossible dans des pays arabo-islamiques ou en voie d'arabisation-islamisation, ou lors des (courtes?) périodes d'un pouvoir national-socialiste (national, socialiste?) ou d'extrême droite. Nantis ou démunis, les membres du peuple juif se reconstruisent sur leur alt-neu Land, en dépit des difficultés posées par les partisans d'une mentalité figée quelque part entre 1798 et 1869, entre les émancipations (française ou allemande).

Nb : les propos des grands rabbins Gorenז צ"ל et Lior, שילח"א sont extraits respectivement du livre de prière Bet-Meloukh du rabbin Cherki, et de l'introduction d'un feuillet renfermant les prières des Jours de l'Indépendance et de Jérusalem. L'étude rapportée par Ynet peut être consultée sur le lien suivant :

http://www.ynet.co.il/articles/0,7340,L-4956387,00.html


Beth Hasassa, Hébron

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vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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