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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 23:51

Quand un ennemi à court d'arguments militaires se découvre un réseau d'alliés à l'intérieur

Certains réflexes dont le conditionnement remonte à la nuit des temps, tendent à montrer que la liberté de penser et la démocratie restent largement bien peu ancrées dans bien des esprits. S'il est aujourd'hui à peu près évident que les dictateurs et autres monarques ne gardent dans le meilleur des cas qu'un rôle décoratif et/ou de parade, ayant été remplacés par des élus devant justifier toute politique ou décision, sous peine d'être attendus au tournant des prochaines élections, le cas est absolument différent pour la gente impérieuse des tribunaux.

Dans certains pays, les juges et autres procureurs continuent de se pavaner avec des atours royaux, des manteaux d'hermine et autres longues toges. C'est loin d'être drôle. Il se peut que le plus inquiétant ne consiste pas dans le fait qu'ils échappent à tout système ou contrôle démocratique, ni qu'ils n'aient donc pas de comptes à rendre à un peuple qu'ils peuvent prendre de haut, mépriser et infantiliser comme bon leur semble. Le plus dangereux se situe au niveau de la réaction du bon citoyen, qui s'autocensure et se fait tout petit face à ce système : «Bien entendu, si c'est le juge qui l'a dit, si c'est la loi…» comme si les trouver iniques ou dans l'erreur serait un blasphème.

Pareillement, si un président de République ou un Premier ministre peuvent être directement désignés par leur nom, voire par un surnom – Tonton, Bibi – les juges, aussi bien que leur système, seront précédés et entourés de tout un arsenal de titres de noblesse et autres superlatifs. La Cour n'est pas moins que Suprême, ce qui veut bien dire qu'il n'y a plus aucune autorité au-dessus d'elle, tel l'aigle dans les cieux, tandis que ses protocoles désignent les participants aux prises de décision avec des qualificatifs plus imposants que leurs noms.

Ainsi, en Israël, la décision de la Suprême Maison de Justice n° 5023/08, relative à une affaire moderne d'expulsion de Juifs et de destruction de leurs maisons et de leurs biens, spectre que l'on avait cru suranné par le retour d'Israël à sa souveraineté et à sa dignité, s'ouvre sur pas moins de trois «son excellence», avec deux président (un président à la retraite et une présidente, en l'occurrence M. Naor, qui s'est illustrée dans plusieurs affaires où des Juifs se sont sentis lésés), et un juge tout court.

L'éditorialiste du Ptit Hebdo, A. Azoulay, a présenté cette affaire que tout homme digne de ce nom ne peut que trouver inimaginable, à savoir l'ordre de destruction de 9 maisons dans le village d'Ofra, sous un angle plus humain. Au lieu de se lancer dans des batailles de chiffres, du genre «c'est vrai, c'est dur pour ces neuf familles, mais d'un autre côté la construction va reprendre en grand, c'est dur aussi pour les quarante-deux foyers d'Amona, mais on doit leur reconstruire un village un peu plus loin», il a tout simplement publié la photo de l'une de ces somptueuses maisons, citant la famille Bensoussan, ayant réalisé son rêve de retour en Israël, lorsqu'elle jeta son dévolu sur ce magnifique village, qui a notamment accueilli, voici une quinzaine d'années, avec l'Aliya de groupe sous l'égide de Chalom Wach (qui fut dans un passé plus ancien maire de Kiryat-Arba-Hébron), quelques dizaines de familles ayant quitté un sol français bien moins tourmenté qu'aujourd'hui.

Selon une source proche du Conseil de Judée-Samarie, les neuf propriétaires se seraient d'ores et déjà fait rembourser leur achat, puisque les maisons faisaient partie d'un projet de repeuplement de la société Amana. Quoi qu'il en soit, même si cet argent a été restitué, imaginez ces propriétaires dépossédés se retrouvant sur le trottoir avec femme et enfants, et tout leur mobilier ; ou faisant fondre leur capital dans une location.

«Mais puisque c'est le tribunal qui a tranché», entendons-nous fuser un peu partout de la part personnes qui préfèrent hermétiquement fermer leur cerveau et leur cœur, ou leur sensibilité à ce que l'on appelle les droits de l'homme… «Il faut bien l'accepter. Nous ne sommes tout de même pas des hors-la-loi!»

Les juges ne sont pas nés de la dernière pluie, et ils savent enrober leurs démarches en leur donnant une façade des plus rigides.

Sous l'entête, qui, ironie du sort, présente l'emblème de l'Etat d'Israël avec la Ménorah et les rameaux d'olivier, figure comme susdit la désignation des trois membres du tribunal réunis. Puis vient la liste des plaignants, suivie de près de celle des personnes mises en accusation. Dès cette présentation, il faut vraiment vouloir fermer les yeux pour ne pas se dire que c'est l'Etat d'Israël qui est mis en accusation au profit de forces étrangères, par un recours pervers à ses propres instances.

Parmi les plaignants, des noms comme : Moustapha Abdallah Abdel Kader Hamad (il s'agit d'un seul individu), Saïd Zhadi Mohamed Shahada (c'en est un autre), ou encore les tristement célèbres organisations pour qui les droits de l'homme s'arrêtent là où la notion de juif commence, corrompues et arrosées à coup de centaines de millions d'euros, dollars, shekels, par des groupes étrangers dont des Etats aux intentions hostiles, à savoir Yesh Din et Betselem. Les accusés ne sont rien de moins que le ministre de la Défense d'Israël, le Commandant des forces de Tsahal de la «Rive Ouest» (sic), Ofra, autrement dit la municipalité juive, mais aussi un honnête couple de citoyens, David et Chira D, donc les Juifs.

Bien entendu, la presse ne vous en dira rien, car il faut bien que vous gardiez à l'idée qu'il s'agit d'un différend entre un propriétaire lésé et un squatter indélicat, et que peu importe le nom ou l'origine des plaideurs. On n'est pas racistes, non mais! Seulement, là, c'est un peu poussé, pour ne pas dire que ça dépasse les bornes.

Quoi qu'il en soit, ça ne dérange pas le tribunal, qui continue dans les pages suivantes son exposé : et ce toujours dans la démarche du «on fait pas de différence». Pour lui, les terrains seraient donc la propriété d'ex-Jordaniens de la colonie arabe Ein-Yabroud, terrains situés au milieu du village d'Ofra. Dans le paragraphe 2, le texte brille par son objectivité : «Les neufs constructions ont commencé à se construire sur les parcelles 1, 2, 14, 12, et 16, du bloc 7 (…) Ce terrain est enregistré et inscrit sous le nom d'"habitants palestiniens" (sic)». Or, dans le même paragraphe 2, nous lisons : «la première maison juive a obtenu les autorisations de construire en 2006, les autres en 2007»

Ces maisons ont en effet été construites avec toutes les autorisations légales en vigueur, qui permettent notamment d'accéder au droit d'être approvisionné en électricité par la très officielle compagnie du même nom, en eau, infrastructures diverses, dont route, trottoirs, places de parking, et relation avec des espaces communs abritant entre autres des jardins d'enfants. Ce mercredi, les enfants de ce jardin, qui donne sur cette rangée de maisons, et dont les plus grands ont six ans, pour ne pas être traumatisés par des pratiques que l'on pensait révolues, seront accueillis par le village de Bethel.

Ici, une aberration saute aux yeux par sa contradiction : si les maisons ont obtenu des permis de construire, comment est-il possible que les terrains soient inscrits sous d'autres noms? Et réciproquement (autrement dit, si les terrains sont inscrits etc., comment Ofra a-t-il obtenu lesdits permis?).

Autre élément qui cloche : ouvrons bien nos yeux et nos oreilles, ce qui va nous faire comprendre avec plus de précision le «sic» précédant. Deux problèmes sont posés par ces dits «habitants palestiniens», dont le tribunal affirme que les terrains seraient inscrits à leurs noms : le premier, c'est que leur nom ne figure nulle part, le texte dit «d'habitants» sans l'article défini, et non pas «des habitants», ce qui aurait pu renvoyer aux noms figurant dans la liste des attaquants, ou des plaignants. (dans l'original, pour les hébraïsants : «הרשומה על שמם של תושבים פלסטינים», on remarque l'absence de l'article).

Le grand rabbin de Bethel, le Rav Shlomo Aviner, a réexpliqué vendredi dernier (24 fev.) qu'il n'y a aucune liste de noms, ni dans le cas présent, ni dans des cas plus anciens, comme Migron, Amona, etc., ou de personnes réelles, les terrains étant restés des champs de ruines. Personne n'est venu remercier le tribunal en réintégrant ces terrains.

Le second problème sur le pur plan de la juridiction est cette appellation d' «habitants palestiniens». Cette notion ne saurait sérieusement servir de base juridique : il ne s'agit pas d'un pays ou d'une nationalité, ni d'un pays qui serait «occupé» illégalement par les Juifs.

La question est de savoir sur quelle base sérieuse le tribunal se fonde pour se permettre d'ordonner à un gouvernement faible une telle sanction et un tel traitement à des citoyens exemplaires.

Le journal Bechéva, du groupe Arouts 7, rapporte dans son édition hebdomadaire n° 732 du 16 février, que des photos anciennes, soumises par Yesh Din, montreraient à la place de ces maisons une ligne d'arbres, ce qui expliquerait la configuration curieuse du terrain revendiqué. Cette façon d'appréhender la justice n'est pas nouvelle ; pourtant, qu'est-ce qui permet au tribunal de penser que les arbres n'auraient pas pu être plantés par des Juifs? Ils n'étaient pas tous bloqués en Europe, anéantis par les Allemands ou livrés à eux par la France ; et on sait par ailleurs que le judenrein imposé par l'occupant jordanien a duré en tout dix-neuf ans, de 48 à 67.

Drôle de justice, donc, et coupable d'amalgame : les arbres n'ont été plantés que par des Arabes, et si des Juifs se trouvent sur un tel terrain, il faut les en déposséder. Un cas encore plus irréel et pourtant véridique a pris à partie le village juif israélien de Tekoa. A l'époque, il suffisait aux antijuifs de promener des moutons sur des terres pour en revendiquer la possession et d'une pierre deux coups l'interdiction aux Juifs de s'y établir. Ils n'avaient qu'à désigner les déjections laissées par leur cheptel sur le sol. Le comité d'accueil et d'information de Tekoa, expliquait alors (c'est-à-dire au milieu des années 80) aux groupes de visiteurs de la région quelle curieuse parade il leur a fallu mettre en application pour se défendre : ils ont acheté des moutons. Du coup, les déjections ne prouvaient plus rien à l'avantage des plaignants antijuifs.

Pour revenir à cette curieuse notion d'«habitant palestinien», la seule base qui pourrait aller dans le sens d'une propriété de la terre étrangère à Israël consiste dans l'occupation du terrain par l'envahisseur jordanien, en 1948. Hussein a en effet illégalement occupé la Judée-Samarie, terre légalement partie prenante du Foyer National Juif souligné par la déclaration Balfour et son officialisation à la conférence de San Remo. L'occupation de la rive occidentale du Jourdain par Hussein de Jordanie n'a été reconnue que par deux pays qui existent encore aujourd'hui : la Grande-Bretagne et le Pakistan. Pour le premier, c'est sa capitulation, qui remonte à l'époque de la menace d'émeutes violentes jusqu'à l'Inde, au chantage de Husseini qui l'a poussé à donner raison à Hussein.

En outre, cette occupation illégale a pris fin de facto en 1967, et de jure en 1988, lorsque le roitelet jordanien annonça officiellement son renoncement auxdits territoires. En poussant l'analyse un peu plus loin, il se pourrait aussi que la création de la Jordanie soit illégale (voir l'allocution de Bourguiba : «La Jordanie, ça n'existe pas. Ils ont pris un fleuve etc.»), puisqu'elle est née de la violation de la validation du projet national juif susmentionné.

Il s'avère donc que la décision de la Cour Suprême et de leurs Excellences peut très bien être considérée comme une ingérence politique et un abus de pouvoir outrepassant les prérogatives d'un tribunal.

Ingérence politique donc, déguisée en procédure judiciaire. Si vous lisez la décision, vous constaterez que les actes de propriétés, dont seuls les numéros de parcelles ont un semblant de précision, sont admis comme des axiomes ou des postulats, comme s'il s'agissait une fois encore de l'évidence même. C'est-à-dire que le tribunal accepte comme juste une donnée contestable.

La répartition géographique des peuples et des Etats est une notion purement politique. N'ayant pas réussi à jeter les Juifs à la mer, dans l'agression en 67 (la Jordanie est le seul pays mitoyen à n'avoir pas subi d'opération préventive d'Israël), et donc à leur prendre (entre autres bien sûr) la Judée-Samarie, les ennemis se constituent plaignants et remplacent les armées arabes par le tribunal israélien, dévoré par l'extrême-gauche.
Qui habitera telle ou telle région, telle ou telle parcelle de terrain? Cette question est laissée aux lois des conflits ou des ententes entre dirigeants de pays. Les tracés des frontières sont politiques. Toute carte indiquant les emplacements des différents pays l'est également.

Il est en principe assez clair que le tribunal aurait donc dû se déclarer invalide pour décider de l'avenir national du sol, et se cantonner derrière la ligne qu'il avait choisie en 2005, lorsque les habitants juifs de Gaza avaient tenté de faire valoir leurs droits devant ladite Cour.

Et pour tous ceux qui se borneraient à trouver que le tribunal est dans son droit, que diraient-ils du principe de présenter au gouvernement de l'organisation terroriste du Hamas, qui est une autorité «normale» et respectable pour beaucoup de pays normaux, une requête au nom des habitants de Goush Katif, injustement expulsés de chez eux ? D'autant que la spoliation de leur terre et de leurs biens n'a pas débouché sur cette paix que de dangereux mythomanes avaient faussement prophétisée, et qui valait bien le sacrifice solidaire du «confort» donc des droits les plus élémentaires d'un peu moins de dix mille habitants juifs.

Trouver fondamentalement (et non circonstanciellement) ridicule une telle idée de démarche, avec présentation à l'appui de photos des vergers de mangues et d'oliviers, de documents dument attestés, implique nécessairement que l'on s'insurge devant les pratiques du tribunal, qui use de sa force et manipule comme un pantin un Premier ministre fatigué. Inversement, toute personne qui trouverait superflue l'idée que des Français présentent des actes de propriété officiels établis entre 1830 et 1962 au gouvernement algérien, exigeant que leurs exploitations, leurs fermes, leurs maisons, leur soient restituées, et que les occupants éventuels en soient chassés avec destructions de leurs logis ; trouvera d'autant plus inouïe les agissements de cette Cour soumise à une caste qui a compris que le peuple ne l'élirait plus, depuis la démystification de l'utopie mensongère et dogmatique des territoires contre la paix.

 

Ci-joint le rapport du tribunal disponible en ligne

http://mida.org.il/wp-content/uploads/2015/02/08050230.s18.pdf (également sur ma page facebook)

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