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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 18:29

Nous traiterons ici des puissants acquis d'une presse hégémonique bien ancrée dans les consciences neutralisées en dépit de ses échecs, de la prépondérance ou de la relativisation des élections américaines en Israël, et de sa particularité au regard des destinées des nations.

En Israël, le public n'est pas resté indifférent aux élections américaines. Le premier catalyseur de cet intérêt consiste indiscutablement dans les mass-médias, dans une mesure tellement excessive que, même sans être un gros consommateur d'émissions politiques et d'actualité[1], on aurait pu croire qu'elles se passaient ici.

Cet engouement manque de cohérence, si on se rappelle la vague d'indignation offusquée et générale, déclenchée y compris dans les milieux politiciens et journalistiques, un jour que quelqu'un avait eu la bonne idée de suggérer qu'Israël devienne le cinquante-et-unième Etat des USA. Les caricatures allaient alors bon train dans le monde entier, avec toutes les questions sur la forme qu'aurait dû prendre la nouvelle étoile sur le fond bleu.

L'orientation médiatique monolithique et schizophrène

Et pourtant, les animateurs et présentateurs de service ne se sont pas empêchés d'agir en tout point comme s'ils y étaient, à moins qu'ils ne se soient senti spectateurs de l'Eurovision, avec des Clinton douze points, Trump deux points.

Quoi qu'il en soit, ils avaient à l'avance leur favorite gagnante, leur bête noire perdante, et ils s'adonnaient à la même fête dont le caractère frénétique s'accentuait à mesure que l'échéance du véritable scrutin approchait. Et ils ingurgitaient de fortes doses d'effets propagandistes convaincants, tel ce fêtard s'empoisonnant dans un grand restaurant avant de rendre toute la nuit.

Et, comme lors des élections où se disputaient un Netanyahou et un Herzog, aigre vinaigre fils ou petit-fils du bon vin, la fête américaine a été grandiose et très rapide, puisqu'il n'est possible de ne faire mentir les sondages, pronostics et présages qu'avant l'éclatement de la vérité. Ensuite, il devient impossible  - tant que les résultats ne seront pas truqués – d'ignorer des faits trop flagrants.

De Pérès à H. Clinton, rien de nouveau sous le soleil

Rappelons-nous un autre festival, plus ancien, quand Pérès avait dans les journaux de quatre à sept points d'avantage, d'un sondage faussement réputé sérieux à l'autre. À la clôture des urnes, l'explosion d'une danse quasi rituelle le consacra en saluant l'annonce un peu trop rapide de sa prétendue victoire. Toutefois, le dépouillement des voix dépouilla peu à peu la pouilleuse clique journalistique de son aura, qui se faisait violence pour ne pas sombrer, continuant à dire, à mesure que l'écart s'amenuisait, que même une seule voix d'écart accorderait légitimement les pleins pouvoirs à Pérès, qui aurait le droit le plus absolu d'imposer ses (leurs) vues.

Les premiers arrachements de cheveux ne survinrent qu'après le renversement de la situation, en dépit d'un dernier espoir, celui d'une erreur de décompte, qui restait encore probable pour certains ténors médiatiques – comment la réalité pouvait-elle être contre eux – démenti  pour finir par un recomptage qui ne faisait que creuser davantage l'écart indubitablement en faveur d'un Netanyahou accusé sans succès d'être un assassin, et non des moindres : le tueur par procuration de Rabin.

Les fêtards dégrisés, qui faisaient tellement de peine que des responsables de droite leur avaient proposé un troisième comptage, le refusèrent à juste titre, craignant que l'écart ne se creuse encore.

Même fête poussée à l'extrême, même gueules de bois des lendemains qui déchantent. Les caïds du formatage des têtes n'en reviennent pas de la défaite de la favorite du Katar et de l'Arabie Saoudite, grands mécènes désintéressés d'une grande fondation d'œuvres de charité américaine, encore plus désintéressée.

Certes, les journalistes et autres commentateurs devins pourraient tenter leur chance ailleurs, comme leurs clones mentaux de la Cour suprême, justicière implacable contre les Juifs et compréhensive envers les bédouins et autres déshérités pitoyables de la terre, mais il y a déjà surpopulation en cet autre milieu. Ils n'ont pas tort lorsqu'ils considèrent que leurs protégés sont déshérités, puisque les sources bibliques, qu'ils se targuent de ne pas ignorer, consignent qu'Abraham donna tout ce qu'il possédait à Isaac, et qu'aux fils des concubines, il n'offrit que des cadeaux de consolation avant de les envoyer vers l'Orient. C'est bien ce que dit l'actualité de nos lectures synagogales hebdomadaires, non?

Là, trois personnes peuvent impunément en enrobant la pilule d'excipients judiciaires qu'ils jugent judicieux, paralyser des choix démocratiques votés en quatre lectures (en contant la lecture préliminaire) et débattus entre quelque cent-vingt élus.

Sous les pleurs de la défaite médiatique se camoufle une inquiétante hégémonie

Les confréries de journalistes qui colonisent comme leur bien propre l'antenne médiatique publique, peuvent se permettre toutefois de relativiser, car même s'ils ne parviennent pas à pousser Israël au suicide collectif, ils le neutralisent en agissant sur le pouvoir élu, quel que soit le résultat. Il lui fait accepter comme une fatalité la présence massive d'une population hostile et ses débordements et autres exactions inouïs, quand cette dernière ne se donne même plus la peine de cacher sa haine du Juif.

Le tireur et le pigeon de foire

Si l'on compare les journalistes et les élus à ces stands de tir installés dans des foires, les premiers sont les tireurs, les seconds les canards ou pigeons qui défilent inquiets et désireux de se faire tout petits, ne cherchant plus qu'à terminer leur traversée de la scène sans se faire descendre.

Un candidat diabolisé parce qu'il s'inquiétait à juste titre du danger des attaques contre les Juifs au cœur  même du pays fondé pour les en préserver, et interdit d'éligibilité, provoque presque trente ans après l'irritation de la peau et de l'humeur de cette gente, incapable non seulement de tout mea culpa mais également de toute remise en question, en dépit des milliers de victimes dues au choix de l'indulgence, et de la théorie pérèssienne selon laquelle si les haineux sont respectés, honorés, égalisés, ils en deviendront reconnaissants.

Seule une certaine I. Dayan, qui voudrait être procureur à la place du procureur, dans le cauchemar vécu par Elor Azria, ce soldat ayant neutralisé un terroriste musulman qui ne l'était pas, ainsi que par la population lucide de ce pays, a feint, dix ans après l'expulsion des Juifs de Gaza, de ne pas avoir eu l'oreille suffisamment attentive à la détresse de ses frères, quand elle tendait avec délectation son micro à ceux qui se réjouissaient de cette catastrophe nationale, les confortant de l'orientation de ses questions et commentaires.

Le fatalisme soumis face aux incendies criminels allumés par des ennemis protégés

Aujourd'hui, c'est dans un silence soumis que la population israélienne assiste à la jubilation d'ennemis diaboliques qui sautent sur les flammes de ce qu'ils perçoivent comme l'exécution d'Israël sur le bûcher. Ils y voient un châtiment d'Israël, puisque c'est sa terre qui brûle.

Et on ne tardera pas à trouvera un bon prétexte, dans cette nouvelle agression, dans ce «soulèvement» ingrat de l'Arabe israélien contre son bienfaiteur, toujours «palestinien» pour les besoins de la cause, pour que l'Israélien, le cerveau induit en ce sens par les maîtres des médias, dans son ensemble, se sente une énième fois largement coupable de la haine antijuive de l'autre.

La voie de la paix avec l'ennemi n'a pas fonctionné…

Et personne ne s'insurgera en s'écriant : des deux possibilités, nous avons choisi la paix avec eux. À présent, il ne reste que la voie que nous avons frappée d'ostracisme, diabolisée pour plaire sans jamais avoir plu, la paix sans eux.

Quand les attaques arabo-islamistes, même identifiées, deviennent des catastrophes naturelles

Il est vrai qu'une certaine nuance optimiste et encourageante, par comparaison avec l'Europe, consiste dans une hypocrisie nettement moins incurable en Israël qu'en Europe. En Israël, les instances reconnaissent que les incendies ne se sont pas allumés par génération spontanée, simplement sous l'effet d'un vent sec et constant.

On reconnaît la main d'un ennemi primitif et dangereux, agresseur unilatéral en une véritable guerre du feu. En Europe, en revanche, des vagues d'attaques systématiques sont l'effet de déséquilibrés ou de «jeunes» ; les loups y sont nombreux mais toujours solitaires. Il n'est jamais question d'une guerre.

 Mais là où le bât blesse, c'est que, en Israël, on n'en tire aucune implication logique, de sorte que l'attaque belligérante se range gentiment dans la catégorie des catastrophes naturelles. Il ne s'agit plus d'êtres humains qui doivent répondre de leurs actes, mais de hordes préhistoriques imprévisibles et irraisonnables. Tout au plus, les agresseurs, s'ils ne sont pas ravalés au rang de la bête, sont infantilisés à souhait.

Yossi Sarid – parlementaire de l'extrême gauche et occasionnellement moralisateur envers son peuple – écrivit un jour un texte surprenant, laissant penser qu'il s'était enfin rendu à l'évidence. Pour un peu, il se serait attiré le goudron et les plumes indélébiles des pires étiquettes dispensés par les tuteurs de la pensée. Il fallait cependant le lire jusqu'au bout. A première vue, il était enfin en train de reconnaître la large implication d'arabo-musulmans dans la haine active d'Israël. Il décrivait événements à l'appui leur incurabilité, leur ingratitude, l'immobilisme de leur doctrine de haine. Le lecteur habitué à ses invectives d'autocritique de ses congénères (c'est-à-dire en principe de soi en tapant sur ses semblables), commençait à se demander s'il n'y avait pas anguille sous roche. Il en a eu la confirmation dans les dernières lignes. En un virage à cent quatre-vingt degrés, Sarid concluait, en tant que membre d'un peuple acquis aux principes de la paix et de la non-violence, et ayant la chance de ne pas être comme eux, que son rôle sur cette terre consistait pour ainsi dire à les civiliser et à ne pas lâcher prise tant qu'ils n'auraient pas compris qu'ils avaient tout à gagner en acceptant de se pacifier.

On peut se demander, quand les ennemis sont assimilés à des catastrophes naturelles contre lesquelles on ne peut rien, à un châtiment divin pour reprendre l'aveu de dirigeants religieux musulmans, ou encore à des demeurés rendus violents par irresponsabilité, si on n'est pas réellement plus racistes de la sorte qu'en les traitant en ennemis majeurs et capables mentalement de répondre de leurs méfaits.

Cette apathie populaire est incontestablement à mettre sur le compte d'une victoire du triple bourrage de crâne juridique, médiatique et gouvernemental. Cette action annihile toute réaction, peut-être elle aussi primitive, mais pas nécessairement condamnable, d'un puissant rejet israélien vis-à-vis de minorités haineuses, destructrices, trop longtemps livrées à leurs agissements. 

La clique monolithique peut être satisfaite des résultats, et arrêter de pleurer. Elle se remet par ailleurs assez vite, et atteint son degré précédent d'agressivité, puisque c'est à ce titre que le gouvernement se joint à cette bruyante fanfaronnade. (cf. les accords de Wye Plantation en 98, suite de l'application des accords d'Oslo en dépit de l'échec de Pérès).

Israël doit-il se focaliser sur les élections américaines et leurs résultats?

C'est moins le phénomène d'hégémonie dictatoriale des parrains des médias que l'incroyable attraction pour la présidence américaine qui nous occupe ici. Car s'il est vrai que les journalistes ont déchanté après les résultats, révélant une énième fois leurs véritables intentions et leur total manque d'objectivité professionnelle, le peuple dont le pouvoir de la presse a été spolié a largement  montré sa satisfaction.

En clair, quand on dansait à la télé, on s'angoissait dans les chaumières ; et quand à la télé, on s'est enfin angoissé, ce fut au peuple de danser.

Baroukh Marzel, figure connue du paysage israélien, fervent défenseur de la ville des Patriarches d'Israël et admirateur de l'avènement de la royauté de David en ce lieu, responsable de l'auberge accueillante située à quelques pas seulement de la Makhpella, a fait part de sa déception, non pas du résultat de l'élection, mais du trop fort intérêt porté par le public à ce qui se passe de l'autre côté de la planète. Invoquant la souveraineté d'Israël, il a tenu à rappeler que cela fait déjà plusieurs générations que nous sommes redevenus un peuple indépendant et qu'il serait temps de s'y faire.

Meir Benayoun, rédacteur en chef du site Jérusalem 24, relève avec un brin d'ironie la jubilation excessive de gens qui s'y sont crus vraiment, citant des réactions de l'ordre de : «Qu'est-ce qu'on leur a mis!» en leur avouant qu'il ignorait qu'ils fussent citoyens américains et qu'ils eussent voté.

Redevenir maître de ses destinées

Si, sur le principe, ces affirmations sont vraies, il ne faut cependant pas perdre de vue que des habitudes inculquées par des siècles d'exil ont conditionné un certain nombre de réflexes et de réflexions. Au lieu de laisser le monde décider de ses propres destinées en le laissant tranquille, on en est encore à se demander : «Est-ce que c'est bon pour nous?»

 On agit parfois, sinon constamment, à la manière d'un ex bagnard achetant une pioche et reprenant à l'air libre sa besogne de casseur de cailloux. On continue à ne pas réclamer que justice soit faite contre nos ennemis, mais à les flatter pour solliciter d'eux qu'ils nous épargnent. (cf. pourparlers avec les terroristes, quand des milliers de chefs d'accusation auraient dû les condamner à l'élimination ciblée ou à un procès à la Eichmann).

Et on continue à obéir à l'Oncle Sam, ce Samuel Wilson, dont les traits furent reportés à l'époque sur la face du président Andrew Jackson, voire à anticiper ses exigences, voire encore à se donner à soi-même des coups sur la tête, puisque c'est devenu moins commode aux antijuifs de le faire, depuis qu'effectivement, nous avons notre Etat.

Lorsque le Premier ministre expose mieux que quiconque la pérennité indétrônable d'Israël sur son sol, rappelant que toutes les puissances provisoires qui se sont mesurées à Israël sont depuis longtemps des civilisations disparues, en sous-entendant plus ou moins que c'est ce qui attend les civilisations qui nous donnent du fil à retordre aujourd'hui, mais qu'il décrète juste après avoir battu son adversaire politique pro-concessions et coups de bâtons qu'il va continuer la politique des précédents pourtant désapprouvés par le peuple, ou qu'il va geler la construction juive pour montrer que ce ne sont pas les Juifs les méchants, ou encore qu'il approuve par son vote l'expulsion des Juifs de toute une région, après avoir contradictoirement expliqué que ce retrait serait catastrophique, on en vient effectivement à se demander s'il est salutaire pour Israël que le président américain ne soit pas un Clinton. (Cf. les accords d'Oslo, par exemple).

Netanyahou est-il le larbin de l'Amérique?

Il serait un peu dur cependant de ne considérer Netanyahou que dans le rôle restreint de simple larbin des Américains. Au moment où les projecteurs de la haine contre le développement du peuple juif étaient braqués sur les travaux de terrassement du magnifique quartier d'Har Homa, à Jérusalem, peu ont prêté foi aux affirmations de l'homme d'Etat sur l'avenir de ce site. Mais un autre fait important, que seuls les habitants qui vivaient dans les parages ont connu, c'est que les quartiers de Pisgat-Zéev et de Névé Ya'acov, ont doublé leur superficie et leur population sur cette même période, du côté gauche donc Ouest de l'avenue Moshé Dayan, désertique alors.

Aujourd'hui encore, quand les quartiers de Mévasséreth Adoumim ou d'expansion à Guilo peinent à démarrer, cette fois c'est en direction du Sud et de l'Est que les quartiers précités s'étendent.

Où placer sa confiance ?

«Béni soit l'homme qui place sa confiance en D.»[2] nous dit le texte, qui nous affirme dans le même énoncé : «maudit soit l'homme qui place sa confiance en l'homme». L'homme Netanyahou, l'homme Clinton ou l'homme Trump, peuvent, si nous nous focalisons exclusivement sur eux, nous faire oublier la destinée para historique du rassemblement d'Israël sur sa terre et du retour à sa souveraineté et à sa Montagne Sainte, qui s'inscrit dans un programme proto-énoncé, sans omettre le principe enseigné par le Midrach : «Le cœur des souverains est dans la main de D.»[3]

Qui a protégé Israël ? Les Patriotes ou la Providence ?

Quand une tournure non ordinaire de l'histoire se révèle, il n'est pas de bon ton d'accorder la délivrance occurrente à des idoles humaines, ou des humains idoles.

Une réaction largement partagée lors de la  première guerre du golfe ne présageait rien de bon. La fixation trop forte sur les missiles américains «patriotes», pris pour le bras étendu de l'œil américain bienveillant, sauveurs vus comme un peu trop providentiels des skuds irakiens, a détourné l'attention du D. d'Israël.

Anecdote révélatrice

Passant par une terrasse d'un immeuble universitaire près de l'autoroute 4, après que l'alerte eut retenti, je tombai sur un groupe d'une quinzaine d'étudiants occupés à scruter le ciel en direction de la mer, au-dessus de l'agglomération de Bené-Berak et de Ramat-Gan. Je me permis de leur dire : «Qu'est-ce que vous faites là, vous n'avez pas entendu la sirène?» «Mais bien sûr que si.» «Il faut entrer dans une pièce étanche, avec vos masques.» «Mais toi-même, qu'est-ce que tu fais là?» «Moi? Mais j'y allais. Il reste d'ailleurs une demi-minute environ. Et qu'est-ce que vous comptez faire si le skud tombe juste ici, vu qu'il y déjà eu plusieurs impacts entre Ramat Gan devant et Ramat Ephal derrière?» «Si ça tombe ici, on rentre», me dit l'un d'eux, mal assuré. « On rentre? Objectai-je, mais tu n'auras même pas le temps de lever le pied.» Il ne maugréa pas longtemps.

On entendit une première explosion, puis trois autres. «Les patriotes!!!» s'écria l'un d'eux, suivi par les autres, alors que deux paires de points lumineux d'un blanc très net s'élevaient en convergeant en au-dessus de Ramat-Gan, tirés de part et d'autre du panorama. Puis on vit descendre du ciel en direction de l'Est un faible point lumineux rouge orangé, de translation relativement lente, scud d'un quart de tonne en fin de parcours.

Les quatre missiles patriot éclatèrent dans un bruit titanesque, comme dans un feu d'artifice, mais en plus grand. «Ils l'ont eu», se mit à crier l'un d'eux. «Ouaih!» le relayèrent quelques autres. «Mais non, ils ne l'ont pas eu!» m'écriai-je en suscitant une angoisse subite dont je m'excusai. Je montrai du doigt le point orangé qui poursuivait sa chute inexorablement. «Mais il va s'écraser sur la ville», s'angoissa quelqu'un en se tenant les joues. «T'inquiète, il est loin, c'est pour la mer», conclus-je. Observation confirmée le lendemain.

Quand des défilés d'allégresse emplirent les rues à la gloire du patriot et de l'Amérique, la coupe fut pleine. Et une attaque sans précédent de scuds frappa un immeuble qui s'écroula comme un château de carte, en faisant une victime réelle. Le miracle avait cependant épargné tous les autres habitants, retrouvés intacts et dégagés des décombres.

Ne pas compter sur le miracle, et l'impossibilité de s'en passer

La pensée juive n'est pas dénuée de paradoxes. Il convient certes de ne pas compter a priori sur les miracles, mais sans oublier qu'ils font partie de notre décor. Il est permis de détenir de la puissance, de s'en servir pour se battre et pour vaincre, mais ne jamais éloigner de l'idée que c'est D. qui nous donne cette force.[4] Il doit être pareillement permis de préférer tel acteur de la scène géopolitique mondiale, mais ne pas oublier que la véritable confiance ne doit pas être misée sur ces hommes, de peur qu'ils ne se retournent contre nous.

Que les bonnes personnes aux bons endroits soient inspirées pour qu'il n'y ait pas de mauvaises surprises. Puissions-nous être épargnés de tout dérèglement de la machine humaine et de son cerveau, de Netanyahou, de Trump ou de bien d'autres, que le premier ne s'enorgueillisse pas contre son peuple.

Que le premier ne cherche pas à démontrer que l'hostilité envers ses frères n'était pas due à une capitulation face aux pressions d'Obama mais à une doctrine étudiée en toute indépendance, et que le second ne soit pas aspiré dans une spirale de folie des grandeurs, et ne cherche pas à plaire aux nations qui se rassemblent et se concertent contre D. et son oint, ni ne veuille leur prouver qu'ils avaient tort d'avoir eu peur de lui.

Et tu te diras en ton cœur, tel ou tel dirigeant est préférable pour nous, mais tu n'oublieras pas que c'est D. qui place en leur cœur et en leur pouvoir la possibilité que les événements s'organisent autour de ta victoire.

Les miracles accompagnent ce peuple d'exilés rassemblés. Ils préservent aujourd'hui nos êtres de chair de l'incendie, comme si cette horrible guerre du feu ne pouvait toucher que les arbres ; tout comme nous fûmes sauvés de la guerre du Golfe, comme si les missiles irakiens n'avaient eu aucune incidence sur les personnes présentes dans les bâtiments touchés.

Sur un plan nettement plus géopolitique, l'Irak a commencé à se désagréger après sa menace de détruire notre pays avec son canon anglais, et surtout après son intention de nous attaquer en pénétrant une Jordanie consentante. Aujourd'hui, des pays ligués contre Jérusalem et menaçant Israël, appelant à l'anathème sur une partie de ses produits en apparence seulement, sont eux-mêmes en pleine tourmente. Et le peuple qui n'aspire qu'à la paix et à la justice aspire à sa délivrance complète. «D. combattra pour vous et vous resterez silencieux[5]».

Yéochoua Sultan © 1 Décembre 2016

 

 

 

[1] Ce n'est pas une périphrase du mot information, puisqu'il s'agit d'un peu tout sauf de cela. En revanche, il peut s'agir d'un euphémisme de propagande ou de désinformation.

[2] Jérémie XVII, 7.

[3]  Proverbes XXI, 1.

[4] Deutéronome VIII, 18.

[5] L'Exode XIV, 14

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