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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 13:25
Les fidèles à la tradition sont des empêcheurs de se camoufler en rond
Les fidèles à la tradition sont des empêcheurs de se camoufler en rond

La haine de soi ne pose relativement pas trop de problèmes lorsqu'elle est exclusivement personnelle. Nous l'avons dit, les plus grands ravages de l'antijudaïsme consistent moins dans les persécutions que dans la persuasion des personnes visées qui finissent par se considérer comme coupables. Certaines en sont grièvement atteintes, d'autre à un degré moindre, ou alors l'ambiance générale créée à dessein par l'antijudaïsme entraîne le nombre sans trop de réflexion.

La plus grande victime de l'antisémitisme consiste moins dans la personne victime d'injustices, que dans celle-là qui, même à l'abri d'une menace directe, se laisse convaincre de sa culpabilité supposée. Etre général de Tsahal ou ministre de la Défense en Israël ne met pas à l'abri de ce syndrome.

Si tant de gens sont remontés contre les Juifs, se dit-elle, c'est que les Juifs ont quelque chose à se reprocher. Sans quoi il n'y aurait pas tout ce déchaînement et ce déferlement si massif et une si longue durée.

Le hic véritable, c'est quand la haine de soi rebondit, et s'attaque surtout aux autres en les éclaboussant. On pourra ainsi tomber sur un citoyen libre en Israël, qui versera des larmes sur ses ennemis frustrés, qui comprendra, ou pire, s'identifiera, à la cause génocidaire qui, malgré les dégâts incommensurables subis par le peuple juif au cours de la dernière Guerre mondiale, pleure encore aujourd'hui le non achèvement du génocide. Au cours d'une rencontre de routine avec la direction d'une école, fière de son ouverture d'esprit, dont les élèves sont religieux, laïcs ou traditionnalistes, j'ai été surpris par la manière à laquelle s'exprimait dans les petits faits quotidiens cette grande tolérance, à propos d'une élève de la minorité arabe, dispensée d'une visite à la Knesset et d'une activité propre aux festivités de l'indépendance d'Israël.

Sans trop vouloir heurter la conception de cette équipe pédagogique, et afin de ne pas la frapper de stupéfaction ou de provoquer une surdité défensive, je leur ai d'abord expliqué gentiment qu'en France, nous apprenions par cœur nos leçons, les récitions, et répondions aux questions des compositions (les contrôles) scolaires, à propos de notre généalogie. Bien qu'ayant su très jeune que mes ancêtres furent hébreux et que mes petits camarades pouvaient être les descendants aussi bien des Seltes, des Meldes, des Ligures ou des Wisigoths et autres Ostrogoths, par respect pour la nation d'accueil, dont nous profitions des bienfaits civilisationnels, nous récitions sans mépris ni ironie ce que disait la leçon, et répétions sagement : «»nos ancêtres les Gaulois».

Alors qu'il n'aurait pas eu de teneur plus profonde que de signifier tout simplement que, bien que respectant la nation d'accueil, nous pouvions provenir d'un autre patrimoine génétique, un refus aurait été mal accueilli, parce que ladite nation d'accueil est un creuset qui fait de tout individu né sur son sol un élément à part entière de sa culture. Si aujourd'hui, le chaos est dominant, et que cet octroi automatique de la nationalité dérivée du lieu de naissance laisse perplexe – on entend de plus en plus de gens qui raisonnent en disant que s'il arrivait qu'une louve mette bas dans une bergerie, son louveteau n'en serait pas plus un agneau – d'autres temps impliquaient un respect naturel évident.

Que dire alors d'un élément qui, dès son plus jeune âge, dénie à son hôte le droit à l'existence, à la dignité et à l'indépendance politique, et qui se permet, alors que les concessions pour les minorités dont il relève frisent la caricature en les laissant composer plus du dixième des parlementaires tout en injuriant le système, annonce en pleine figure et en toute simplicité à Israël qu'il ne reconnait pas son existence, et qu'il regrette par conséquent que les Juifs de Palestine ne se soient pas laissé exterminer soit par Rommel, soit par les multiples attaques groupées d'un monde arabe fanatique, au lieu de s'en sentir moralement et logiquement mal à l'aise ?

Cette compréhension, empathie, ce pardon pour ces positions, fussent-elles exprimées avec le sourire, est maladive. Elle s'est imprégnée chez le Juif de la haine du Juif, comme si cette haine avait légitimement sa raison d'être.

Pourtant, comme nous venons de le voir, cette position, la haine de soi, donc, ne serait pas dérangeante si ses partisans ne s'en prenaient qu'à eux-mêmes. Elle devient en revanche inquiétante dès que les sujets touchés s'attaquent à d'autres Juifs, qui vivent leur identité sans complexes. Et elle s'attachera à salir leur image, ainsi que la réputation de publics décomplexés ayant échappé aux phobies diverses de séjours trop prolongés en terres d'exil, et à leur faire baisser la tête et courber l'échine.

Cette haine se fera virulente, gravira les échelons d'un système judiciaire non démocratique à même de leur permettre de contourner et supplanter la démocratie. Elle produira des accusateurs, des procureurs, pourchassera un peuple trop libre, trop fier et trop dominateur. Elle grossira à la loupe tout délit qu'elle pourrait reprocher aux Juifs restés juifs, et s'acharnera à servir et flatter des nations maîtresses qui n'ont plus aujourd'hui un réel pouvoir de nuire, pour se démarquer du Juif par qui traditionnellement tous les maux de la terre arrivent. Et le tout à partir de l'intérieur. En filigrane, en non-dit, leur leitmotiv sera toujours : «Ce n'est pas nous, ce sont eux. Nous avons fait nôtres les préjugés antijuifs, et nous pourchassons pour le prouver ceux qui, au milieu de nous, n'en démordent pas. Ils mordront la poussière, et le monde entier nous aimera.»

Qu'il y ait un seul acte anti arabe, et ledit monde entier s'en souviendra pour l'éternité. Mais qui se souvient ne serait-ce que du dernier attentat antisémite commis par les Arabes en Israël? Le cas échéant, et c'est bien le cas, la haine de son frère produira des affaires de toute pièce, pour dévier la haine mondiale de leur propre personne, pour la détourner et la projeter sur ses frères, en disant : «On est des vôtres, ne nous haïssez pas, ce sont les autres.»

Nous avons déjà évoqué assez largement le faux du «mariage de la haine». Un jeune couple se marie, les parents, les amis, se réjouissent. Un individu venu de nulle part. Même si l'on admettait qu'il ne s'agissait pas d'un coup monté, et en supposant qu'un invité ait réellement dansé sur ce thème, est-ce que toute l'assistance méritait d'être montrée du doigt de cette façon, et, par extension, tout le public de Judée-Samarie, tout le public sioniste religieux ?

Cet incendie doit faire du bruit, il doit être exploité à fond pour attaquer et disqualifier tout ce noyau dur du public israélien qui s'oppose notamment à la supercherie des deux Etats pour deux peuples et qui revendique avec empressement son droit à vivre la Torah. Il faut que le maximum d'honnêtes citoyens s'en séparent, s'en démarquent, s'en désolidarisent.

Les fondements sont faibles, le terrain des accusations de masse glisse et se dérobe. On n'a pas réellement pu les greffer au moindre élément probant. Les incendies criminels se sont multipliés dans ce village de Douma, alors que tous les «suspects» juifs étaient sous les verrous, alors qu'un seul avait «avoué» sous la torture.

Mais il n'y a pas que la torture. Les interrogatoires sont tellement précis et persuasifs que c'est comme si on affirmait devant vous que vous vous trouviez tel jour en tel lieu, et que vous finissiez par vous demander comment il est possible que vous n'en ayez pas le moindre souvenir, puisque vous y étiez. «Ah bon, j'ai dansé avec Mickey à Disneyland ? Alors si vous le dites…»

Le côté orienté de ces accusations sans fondement est effectif jusque dans les procédures judiciaires, au sein même des tribunaux. Il y a un peu moins d'un an, deux jeunes Juifs ont été arrêtés car soupçonnés d'avoir mis le feu à l'église de la multiplication des pains en juillet dernier. Cette affaire a autorisé une distribution de pains et autres ramponneaux, selon la sémantique argotique, distribution qui a entraîné maints membres de notre communauté sur les réseaux sociaux toujours prompts à s'auto-accuser ou à accuser leurs frères, en raflant large. Les personnes nominalement arrêtées dans cette affaire de pains sont Ynon Reouvéni et Yéhouda Assaraf.

Les accusateurs officiels sont aveuglés par leur doctrine et privés de la notion de discernement neutre. Tal Mizrahi est l'un des enquêteurs désignés pour l'instruction de ce dossier. Cette semaine, l'avocat Itamar Ben Guevir, a voulu montrer que les éléments à charge étaient une profonde bouffonnerie. Au moment où ledit enquêteur devait faire sa déposition, et alors qu'il venait de s'absenter momentanément, Ben Guevir a sollicité auprès du président du tribunal, Georges Azoulay, l'autorisation de tendre un piège à l'intéressé afin de démontrer le manque de fondement des charges.

Les représentants du parquet, les avocats Sharon Danielli et Avi Pastermak, ont fait part de leurs observations, mais le président a autorisé la démarche. Au retour de Mizrahi, un film a été projeté à la demande de Ben Guevir. Il montre, d'après les allégations policières, le véhicule censé avoir servi aux jeunes gens censé avoir brûlé l'église. Mizrahi a alors allégué avec certitude qu'il s'agissait effectivement de la voiture des suspects et qu'il la reconnaissait sans l'ombre d'un doute. Il s'est mis a énuméré certains signes distinctifs infaillibles, comme un morceau de peinture arraché sur le toit du véhicule.

Ben Guevir l'a aussitôt accusé de ne pas dire la vérité, tout en lui avouant que le film qu'il venait de voir n'était pas celui de la voiture précédemment présentée comme suspecte, pour la bonne et simple raison qu'il avait été tourné, en prenant pour objet une voiture du même type, par l'équipe de son propre cabinet d'avocats. Mizrahi a insisté, prétendant qu'il était certain de ce qu'il avançait, et il lui a fallu un certain temps pour comprendre qu'il disait n'importe quoi.

L'accusation, certes, disposerait d'autres éléments, comme des traces d'Adn trouvées à quelques km de là, ou une bouteille de lait dans laquelle auraient été retrouvées des traces d'essence.

Quoi qu'il en soit, la défense dénonce le parti-pris des services de la sécurité intérieure (la branche «juive» du Shin Beth), ainsi que le sentiment de victoire prématurée à l'encontre de son client, Réouvéni :

«Les contrenquêtes que nous avons menées jusqu'à présent montrent que la version de l'accusation est truffée de failles, et il est clair que la démarche que nous avons faite suscite de nombreuses interrogations au sujet du véhicule, d'autant plus que l'accusé a présenté sa version et a affirmé disposer d'un alibi.»

Le second avocat, Adi Kedar, chargé de défendre Assaraf, a ajouté : «Nous avons déjà sonné l'alarme quant aux moyens sans précédent investis dans cette affaire. La police s'est fixé une cible et a piétiné grossièrement toute ligne de défense possible. Nous espérons que le parquet révisera sa position rigide dans cette affaire. »

Source de la scène au tribunal : http://www.inn.co.il/News/News.aspx/324115

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vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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