Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 13:58
Les grands rabbins Ben Tov, zçl,et Sitruk, iba, à Hébron, sur le renforcement d'Israël, et le général Zéévi, ayad
Les grands rabbins Ben Tov, zçl,et Sitruk, iba, à Hébron, sur le renforcement d'Israël, et le général Zéévi, ayad

L'indépendance d'Israël indiquée en filigrane depuis la nuit des temps

Un écrit dont les équidistances frappent l'entendement

L'écriture cartésienne nous a tous à un moment ou à un autre poussés à considérer l'écriture biblique comme hermétique, répétitive, ésotérique, voire incohérente. Il aura fallu attendre la banalisation des ordinateurs et autres logiciels pour que soient révélées au grand public, sous forme de livres ou conférences avec rétroprojections à l'appui, des clés extraordinaires : des noms de personnages ou événements futurs sont inscrits en toutes lettres dans le corps même du texte, et peuvent être lus en démarrant d'une lettre et en en dépassant quelques unes avant d'en désigner les suivantes selon une périodicité régulière qui formera des mots et des phrases mis à jour par l'informatique.

Et ce fut surtout parmi les plus éloignés de la foi en l'authenticité de la tradition que l'on s'en ébranla le plus. Le public déjà rallié à la cause judaïque se montra bien plus blasé, reprochant notamment à Paris au rabbin Lemmel le peu de valeur pratique de son système, prophétiquement parlant, vu que s'agissant de noms propres, la possibilité de les isoler et de les identifier ne pouvant être effective que rétrospectivement. Outre le faible intérêt que le phénomène alors nouveau éveilla chez les religieux qui tranchait avec l'engouement de gens préalablement sceptiques quant à leur propre foi, une certaine mouvance scientifique en fut perturbée et chercha à montrer que ce travail devait pouvoir s'appliquer à n'importe quel texte, pourvu qu'il fût assez long.

Mais les rares réussites exigeaient de trop longs espacements d'une lettre à l'autre, ce qui ne fit que donner un coup de fouet à cette façon inédite de prêcher la foi, tandis que le principe de décodage sur la base de sauts de lettres peut être expérimenté d'une façon ahurissante tout seul. Par exemple : lorsqu'il est question de la création des grands luminaires, un écart régulier de onze lettres permet de retomber sur le mot soleil (réparties entre les mots royauté, luminaire, royauté, Genèse I, 16. Si l'on considère que sa période annuelle excède de onze jours l'alignement de douze mois lunaires, on peut sans trop s'émouvoir reconnaître l'aspect pour le moins ahurissant du principe. Si, en outre, cet écart est ignoré de tel culte ou civilisation et exclu d'office de sa base de données, car ses supposés savants renâclent à la besogne, manifestent une vive aversion pour le cassage de tête et rabotent les angles pour faire entrer de force les formes carrées dans les ronds, cette sotte négligence fera se succéder des cérémonies a priori à dates fixes sens dessus dessous.

Un texte digressif qu'en apparence

Un autre problème littéraire ne laisse pas de déconcerter dans la continuité du texte biblique. Il s'agit de brutaux changements de sujets qui interviennent à première vue d'une façon on ne peut plus digressive. Pour comprendre ce qu'il en est réellement, nous allons nous pencher sur un extrait. Abraham vient de passer avec succès sa dernière épreuve, sur les dix que relève la tradition. Alors qu'il rentre avec son fils Isaac de l'ultime épreuve du sacrifice, quand la conclusion qu'Abraham n'obéit pas à un système idéologique – auquel il adhèrerait par intime conviction, et qu'il se serait plus ou moins forgé lui-même, en adéquation avec toute la logique imposée par des systèmes de pensée et axiomes reconnus par lui, comme si lui et l'Eternel eussent été affiliés à un même parti – mais bien à la parole divine, s'impose comme une évidence, voilà soudain que le texte, sans crier gare, nous parle de la maternité de Milka, sa parente, comme si, au passage, on se serait soudain rappelé que ça faisait longtemps qu'on n'avait pas échangé de nouvelles.

Dans une conférence, le rabbin Chemouel Eliyahou, grand rabbin de Safed, démontre qu'il ne s'agit pas, puisqu'on parlait d'Abraham, d'en profiter pour prendre au passage des nouvelles de la famille. Il attire notre attention sur le fait que ce rapprochement met en scène les forces d'opposition qui interviennent pour tenir tête aux forces de la sainteté. Les douze descendants de la parente parallèle d'Abraham tenteront de contrecarrer et contrebalancer la mission et la destinée des douze descendants du père de la nation d'Israël qui, via son petit-fils, incarneront les douze tribus du peuple d'Israël. Le rabbin Yéhouda Ashkenazi, soulève le problème de l'occupation de la terre par le Cananéen, qui tente d'évincer la souveraineté de Malchi-Cédek, roi de Chalem, qui rejoint Abraham dans son aspiration à approcher D.

Quand les forces négationnistes s'intensifient, c'est qu'elles sentent leur fin proche

Lorsque les forces vives de la nation juive se trouvent en exil, c'est dans ces contrées que l'opposition se fait la plus pressante et oppressante. Et les opposants; s'auto qualifiant de néo Israël (ou véritable), cherchent à dépouiller le peuple juif de son identité et à se l'approprier, sur le plan de son lien avec le Livre et les commandements, non sans se priver paradoxalement de soutenir que l'observance terrestre des commandements serait surannée. Et lorsque les forces vives se relèvent et se rassemblent de l'exil, les opposants cherchent à dépouiller le peuple juif de son identité en lui inventant un néo Palestinien de substitution, sur le plan de son lien avec la terre.

Il faut parfois considérer l'ampleur des forces d'opposition pour comprendre que quelque chose de grand est sur le point de se produire. Ainsi, au lieu de se décourager, il faut s'en sentir renforcé. Le rabbin Zalman Melamed du centre d'études talmudiques de Bethel a coutume de citer la parabole suivante : des gens se réunirent pour creuser un puits. Le travail était harassant, long, soutenu, épuisant. Lorsque la terre se fit boueuse, la difficulté s'intensifia, et c'est précisément à ce stade que les chercheurs d'eau se découragèrent, se disant que jamais ils n'y parviendraient.

Aujourd'hui, le judaïsme et les Juifs ne sont plus attaqués en tant que tels à l'étranger, mais par ricochets, car identifiés à la nation renaissante. C'est l'indicateur de la conjoncture pour les forces de la nation d'Israël de se rassembler et de s'exprimer dans le sens d'une rédemption nationale et spirituelle. L'allégorie du messie se profilant sur un âne (hamor) – terme dont la racine trilitère h.m.r. qui rejoint l'idée du matériau (homer), représente l'assise terrestre, d'une certaine manière la Jérusalem d'en bas – annonce l'avènement de la Jérusalem d'en-haut, soit la réunion de la matière et de l'idée, symbolisée par ailleurs par la réunion des deux triangles équilatéraux, l'un ayant son assise sur la terre et l'autre dans le ciel. Une matière brute qui échappe à sa condition pour s'élever, et un concept spirituel qui se met à la portée de la création.

Histoire, Esther, ce qui est caché

C'est donc lorsque les desseins cachés de l'histoire se révèlent dans l'aboutissement de sa finalité que de grandes puissances s'y opposent, que les nations se liguent contre l'Eternel et son élu, comme le préconise le psaume : «Les rois de la terre se soulèvent, les princes se liguent ensemble contre l'Eternel et son oint» (Psaumes, II, 2, version grand rabbin Kahn). L'histoire se révèle, ce n'est pas une phrase fortuite. Elle mérite d'être soulignée. Elle signifie sous un certain angle que le caché, le voilé, se révèle, si l'on considère que la racine du terme histoire – bien que repris en hébreu moderne sous la forme historia avec la lettre têt (ט, היסטוריה) qui est conventionnellement de rigueur pour tout terme emprunté à une langue européenne contenant un t non suivi d'un h (voir le terme mathématiqua מתמטיקה, pour mathématiques) – présente une similitude frappante avec la racine d'un verbe qui désigne ce qui est dérobé du regard, s.t.r. (סתר), qui signifie caché, et que le Rav Kook orthographiait en raison de ce rapprochement avec la lettre tav (התסתוריה). La tradition kabbaliste parle du voilement de la face, Esther Panim, Esther étant aussi le nom de l'héroïne et du livre où D. intervient de manière voilée, sans jamais apparaître explicitement, sauf par sauts de lettres, ou alors, comme nous le disent nos Sages, sous le titre Hamélekh, le roi, sans être suivi du nom d'Assuérus. «Esther se vêtit d'atours royaux et se tint dans la cour de la maison du roi, dans la cour intérieure de la maison du roi» (Esther V, 1). Le texte est riche en allusions qu'il ne reste qu'à déceler.

Allusions anciennes pour faits contemporains

L'implication divine dans l'histoire du monde en général et d'Israël en particulier ne se conjugue pas uniquement au passé antérieur. Elle agit au présent dans les moments les plus glorieux mais aussi les plus terrifiants. Après un exil aux quatre coins de la planète, et un instant historiquement bref mais terrible de colère écumante (voir Isaïe LIV, 8) et de voilement de la Face (Esther Panim), le rassemblement des exilés est tellement criant d'actualité que les textes qui en parlent semblent être en train se s'écrire aujourd'hui. Le chapitre XXX du Deutéronome est particulièrement édifiant à ce sujet. Après le rappel de la réalisation de la bénédiction mais aussi de son contraire, la suite des événements est clairement énoncée : «Fussent tes exilés [se trouver] aux confins des cieux, l'Eternel ton D. t'en rassemblera et t'en ramènera» (XXX, 5), puis Il «tranchera l'excroissance de ton cœur et de ta descendance» (idem 6), avant de déverser «toutes ces malédictions sur tes ennemis qui t'auront pourchassé» (idem 7). Le retour à la foi est inclus lui aussi dans les prophéties.

Des allusions frappantes au retour d'Israël dans la littérature biblique et rabbinique

Le Rav Filber, dans son livre de pensée juive, Ayélet Hachahar (l'Aube), rapporte l'exercice arithmétique que nous allons voir incessamment, fondé sur la clé Atbach, qui fait correspondre la première lettre de l'alphabet hébraïque à la dernière en nous demandant de les intervertir. Aleph devient tav, d'où la graphie at. La deuxième lettre s'interchange avec la deuxième lettre en partant de la fin, d'où le couple beth / šin (chin), qui donne baš, ou b-š, et ainsi de suite. Cette clé n'est pas née de la génération spontanée. L'origine de la clé atbach, ou a-t b-š, provient par déduction des versets de Jérémie (XXV, 26 et LI, 41), qui citent le roi de Chéchakh, inconnu sous cette forme, mais reconnu en tant que roi de Babel (soit b-š, b-š, k-l). Toujours dans Jérémie (LI, 1-2), il est question des habitants de Leb Kamaï (littéralement : le cœur de mes ennemis). La clé atbach révèle qu'il s'agit des Chaldéens. (l-k, b-š, k-d, m-y, y-m).

Venons-en au fait. L'œuvre halakhique du Tour, qui sert de base au Code des lois (Choul'han Aroukh, la Table Dressée) partie Orah Haïm (chap. 428), expose un principe mnémotechnique intéressant pour savoir avec quel jour de la semaine coïncideront les solennités du calendrier. Il faut pour ce faire se référer au déroulement des jours de Pessah.

Selon ladite clé Atbach, les sept jours de Pessah seront numérotés de 1 à 7, ou d'aleph à zaïn, et remplacés respectivement par les sept dernières lettres de l'alphabet en partant de la fin, et qui représenteront une à une les initiales d'autres événements marquants de l'année. Voyons comment ça fonctionne. Le premier jour de Pessah, aleph, tombera le même jour de la semaine que le jeûne du 9 av, ticha beav, donc tav.

Prenez le calendrier de l'année 5776 et vous observerez que le premier jour de Pessah était un samedi. Il en sera de même pour le 9 av, samedi 13 août en l'occurrence, qui sera donc reporté au dimanche, vu que seul Kippour se maintient en ce jour. Au beth correspond le chin, et le deuxième jour de Pessah, beth de Pessah, coïncidera à la fête de chavouot, soit dimanche cette année. Le guimel correspond au rech, donc le troisième jour à Rosh Hashana (de l'année suivante), soit lundi ; le quatrième, daleth, à la lettre K (ק') de Keriath Hatorah, autrement dit la lecture de la Torah, qui est clôturée et redémarre à Simhat Torah, tandis que le cinquième jour, lettre hé, correspondra à la lettre ç (çadé, ou cédille), comme çom, donc au jeûne de Kippour, soit mercredi ; le sixième jour, jour vav, à la lettre pé de Pourim, célébrée en effet un jeudi cette année, et nous voyons qu'il reste une lettre en suspens, le zaïn du septième jour, qui doit correspondre à un événement commençant par la lettre aïn. Ceux qui ont dès le départ vu où nous voulions en venir ont tout de suite compris que cette lettre, la grande inconnue de notre équation à l'époque du Tour, n'est autre que l'initiale d'Açmaout, Indépendance, et vous verrez de visu que le 5 du mois de yar, qui intervient moins d'un mois après Pessah, tombe comme un éclair en plein soleil le même jour de la semaine que le septième jour de Pessah, soit cette année un vendredi, bien qu'il ait été avancé ponctuellement en raison du respect du shabbat.

Passons à une autre allusion : le verset des Psaumes (XC, 4) dit : «Mille ans à tes yeux passent comme le jour d'hier». Le Talmud (traité Aboda Zara 9a), indique que la durée du monde est de six mille ans, deux mille de Tohu, deux mille de Torah, et deux mille pour les temps messianiques. Ce qui permet d'établir une équation, où mille années de notre monde correspondent à une journée de la création, autrement dit à 24 heures, dont cinq cents couvrent la nuit et cinq cents le jour. 6000 années correspondent de ce fait aux 6 jours de la Genèse. Chaque première tranche de cinq cents années correspond à la nuit et la suivante au jour, selon l'ordre du texte : «Il y eut un soir et il y eut un matin». D'où : 500/12 = 41,67 ans ; c'est-à-dire que chaque heure des six jours de la création du monde équivaut à 41,67 ans de chaque millénaire vécu ici-bas. Le lever du soleil du sixième jour de la création nous propulse dans la première «heure» de ce dernier, en fait période d'environ 42 ans, du matin du sixième millénaire. Au lever du soleil, nous sommes en l'an 5500. Le texte biblique nous apprend que l'homme fut créé au sixième jour.

Un homme créé par paliers

Le Midrach (Aboth de Rabbi Nathan chap. 1) nous dévoile le détail de la progression de cette création au fil des heures. (Heure 1 : la glaise est ramassée ; heure 2 : sa forme est esquissée ; heure 3 : forme brute, golem ; heure 4 : ses membres se rassemblent ; etc.) Nous avons donc une suite arithmétique de période 41,67. Ce qui nous donne les correspondances suivantes : la fin de la première heure (du 6ème jour de la création) : an 5541, 67 ; de la deuxième : 5583.33 ; de la troisième : 5625 ; de la quatrième : 5666.66 ; de la cinquième : 5708,33. Cessons ici notre progression. Le Midrach certifie qu'à la cinquième heure s'acheva la création matérielle de l'homme, ses viscères et son système respiratoire étant prêts à la réception de son âme prévue pour l'heure suivante. 5708 est l'année de la proclamation de l'Indépendance d'Israël sur le calendrier hébraïque. Fortuit ? Peut-être.

Autre clin d'œil : l'idée du peuple d'Israël, après vingt générations d'une humanité globale, naît avec Abraham. Sa date de naissance : 1948. Renaissance d'Israël : 1948 d'un autre calendrier en usage dans l'univers informatique mondial. Relevons également que ce prochain 9 av marquera les 1948 ans de la destruction du Second Temple qui officialise le départ pour l'exil d'Edom.

Pourquoi se contenter d'allusions ?

Mais alors, objectera-t-on, comment se fait-il que la proclamation d'Israël n'ait pas été le fait d'un grand rabbin de l'envergure de Moïse ou de Josué fils de Noun?

Tout d'abord, il semble que la Providence échappe aux griffes pour ainsi dire des forces d'opposition et les esquive, tout comme l'avènement de la royauté de David partant de Yéhouda et Tamar non seulement n'a pas emprunté la voie classique d'une union religieuse kedat Moshé ve-Israël, mais il s'est aussi accommodé du prélèvement via Ruth du caryotype de Moav, dont les circonstances ayant préludé l'enfantement dans la maison de Loth n'est inconnue pour personne. Ensuite, si les jalons de l'histoire avaient été trop évidents pour tout le monde, sans la moindre possibilité de laisser quelque place au doute, le principe basique du libre arbitre aurait été sérieusement bafoué. Chacun doit être libre de faire ses choix et d'agir en son âme et conscience.

Et puis, ne fêtons-nous pas Hanoukka alors que la tribu de Lévy s'était emparée du pouvoir qui aurait dû revenir à Yéhouda ? (Avertissement, soit dit en passant : le but de cet exposé est de valoriser les événements contemporains et de les replacer dans leur contexte historique de longue haleine concernant Israël, et non pas de dissuader des fidèles d'observer la fête de Hanoukka).

Manifestation des forces d'opposition historiques

L'invisibilité, le doute, ou encore les forces d'anéantissement les plus dévastatrices se réveillent aux temps qui préludent et accompagnent les événements clés qui s'échelonnent tout au loin de l'histoire ou de la rédemption.

Don de la Torah

Ce phénomène est loin d'être nouveau. Moshé gravit le Mont Sinaï pour en ramener la Torah. Il craint d'être anéanti par les anges du service. «Rabbi Yéochoua ben Lévy rapporte : "Lorsque Moshé a gravi les cieux, les anges ont réagi : 'Qu'est-ce qui amène ici cet engendré?"'» D. leur répond qu'il est venu chercher la Torah. Ils protestent : «Un trésor caché que Tu possèdes depuis 974 générations avant la Création, Tu cherches à le donner à un être de chair et de sang ??!! Que vaut l'homme pour que Tu t'en souviennes?» D. suggère à Moshé : «Accroche-toi à mon trône de gloire et donne-leur une réponse». Il objecte : «Je crains qu'ils ne me brûlent du souffle de leur bouche.» (Talmud Schabbat 88b). Il leur rend pourtant une réponse des plus simples. La Torah étant attribuée par l'Eternel à son peuple qu'il a fait sortir du pays d'Egypte, il se permet de les tancer : «Seriez-vous descendus en Egypte? Y auriez-vous été esclaves du pharaon? (…) Vous adonneriez-vous à des travaux pour avoir besoin du jour du shabbat? Auriez-vous des parents pour que vous les respectiez?» Les anges s'inclinèrent pour ainsi dire.

Or, malgré l'évidente clarté que la Torah concerne les hommes et non les anges, nombre de commandements ne s'appliquant qu'à des êtres évoluant dans une enveloppe corporelle et une dimension temporelle, forte d'un cycle de célébrations, Moshé craignit que cette évidence ne le fût pas pour tout le monde. Pareillement, l'attribution de la terre d'Israël au peuple du même nom éveille le courroux et l'agitation, en dépit de l'évidence de l'origine géopolitique du Juif, de toutes ses particularités sociales, culturelles, historiques et religieuses qui l'y rattachent. Que tel texte soit en anglais, il vient d'Angleterre. Tel autre en anglais américain, il vient donc d'Amérique. Un autre est en maya, en aztèque ou en Incas. Mais bien évidemment, il provient des confins de la cordillère des Andes. Analogiquement parlant, la langue hébraïque et son alphabet unique, pour ne citer que cette surprenante caractéristique, proviennent de Palestine, patrie multimillénaire du peuple d'Israël.

Une lueur de lucidité honnête vite balayée

Si les nations ont dans un premier temps non seulement accepté le retour d'Israël mais également œuvré pour son installation (cf. la déclaration Balfour, la conférence de San Remo et le mandat britannique en vue de la réalisation), la planète a par deux fois manqué d'exploser, et la Présence Divine a entamé son retour vers la terre d'élection sans être complètement suivie.

Le Juif peut-il se soustraire à la Présence Divine ?

Dans la section hebdomadaire Niçavim, il est écrit : «Et il te ramènera etc., au pays qu'auront possédé tes pères, et tu le possèderas à ton tour ; et il te rendra florissant et nombreux» (Deutéronome XXX, 5, version du grand rabbin Zadok Khan 1899). La forme verbale de ramener contredit cette traduction. Rachi relève la difficulté. Il n'est pas écrit «il te ramènera» ou plus littéralement «il te fera revenir», mais «il reviendra». (Il n'est pas écrit והשיב, sous cette forme qui signifie «faire faire, hif"il)», mais שב, sous la forme pa'al, «faire»). Il résout la difficulté en indiquant qu'il est question du séjour de la Présence Divine en exil soudée au peuple juif, et du retour de la Présence Divine de l'exil avec ce même peuple. Faut-il comprendre que dès que la Présence se retire, il n'est alors plus possible pour la brebis de survivre entre soixante-dix loups?

Décalage entre la Présence Divine et ses sujets

Déjà, à la sortie d'Egypte, Amalek s'en prend aux membres affaiblis du peuple d'Israël. Nous lisons ce passage, outre selon le partage par sections hebdomadaires de la Torah, le shabbat qui précède Pourim : il s'est «jeté sur tous tes traînards par derrière» (Deutéronome, XXV, 18, version idem). Le terme hébraïque, וַיְזַנֵּב, peut avec plus de précision se traduire par «équeuté» ; il a «équeuté » ceux qui, s'étant fourvoyés, marchaient derrière. Le dictionnaire Milog rapproche dans son premier sens נחשל de נכשל[1]. Nos exégètes expliquent que les Amalécites se saisissaient du signe de l'alliance de leurs victimes, le tranchaient et le jetaient en l'air, comme pour défier D., qui en avait imposé et fait apposer le signe.

Là encore, on est en droit de se demander comment, après une si évidente implication divine dans l'histoire, non seulement il peut se trouver des opposants, mais qu'ils pourraient de surcroît porter la main sur les élus de D. Nos exégètes viennent à notre secours, et nous expliquent qu'alors que la Présence Divine entourait le camp, certains devaient temporairement s'en extraire, ce qui était à même de les exposer au danger à l'extérieur de la superficie couverte. Bien entendu, personne n'est laissé pour compte, et Moshé se chargea de guerroyer contre les Amalécites pour leur infliger une cuisante défaite.

Union malfaisante contre le retour des exilés

Les forces venues contrer le programme de la création se montrent plus fortes, plus menaçantes et plus envahissantes dès qu'un bouleversement historique, un dévoilement du mystère, codé dans l'histoire (histoire et mystère ont la même origine étymologique et sont tous deux dérivés de la racine str, comme vu plus haut), dès qu'un immense dévoilement du programme divin doit intervenir.

Les nations s'agitent, se concertent, prennent des décisions démagogiques qui, si elles ne se montraient pas si menaçantes, si elles étaient plus faméliques et moins maléfiques, prendraient l'allure d'une vaste plaisanterie (est-ce que la guerre de Gog et Magog aurait inspiré le gag et la démagogie?) à l'encontre du peuple désigné qui rentre au foyer, bouclant deux mille années d'exil. Les puissances de l'Europe occidentale se réunissent au sommet pour accuser Israël, l'Onu ne s'occupe que de décisions contre l'un des rares pays paisibles à l'échelle mondiale.

En Syrie, le compteur des victimes de la guerre s'est bloqué à 230 000, les adeptes de l'islam font de l'Irak, la Libye, etc., un enfer dont les damnés se rabattent sur l'Europe, et l'Allemagne, la France et j'en passe ne trouvent rien de plus important que de mettre Israël au ban des nations ou sur le banc des accusés, alors que ses ennemis sont traités dans les meilleurs hôpitaux, gagnent 40 fois le smic égyptien (malheureusement au détriment du bon et loyal citoyen). Que nous vaut cette gigantesque farce? Et de quelle démagogie faut-il user pour en farcir la panse de l'opinion sans la dérider ?

Devrions-nous céder à nos ennemis en nous frappant nous-mêmes ?

L'opposition, l'hostilité, le voile s'épaississent à mesure que la rédemption avance. Devrions-nous, après avoir recouvré notre indépendance et notre dignité, nous autocensurer pour obtenir un semblant de paix provisoire ? Imiter les cultures étrangères pour amadouer est un mauvais remède. Il ne sert à rien de nous automutiler avant que les adeptes de cultures qui s'affichent en porte-à-faux ne nous attaquent, ni de nous auto-équeuter pour faire plaisir aux Amalécites en cherchant par exemple à être félicités par eux à l'Eurovision. Qu'ils nous couronnent lorsque nous chantons «Am Israël Haï», «le peuple d'Israël est vivant, chantons le en chœur. Je demande et je prie. Il est bon que l'espoir n'ait pas été perdu…» Mais s'ils veulent nous soumettre, nous avons la possibilité de nous défendre et de nous battre, aussi bien sur le plan physique, quand des ennemis déferlent depuis de nombreux pays pour tenter de nous exterminer, que sur le plan spirituel, quand le déferlement s'attaque à ses valeurs morales par des manifestations monstres de dépravation et de vulgarité.

Nous n'avons pas à nous en effrayer, ni à nous taire ou à nous terrer. Nous avons le droit et le devoir de revendiquer notre droit à la terre sans nous faire traiter de colons, notre droit à l'indépendance politique sans que l'on brandisse sous notre nez le drapeau de l'apartheid, notre droit à la décence, à l'expression de notions comme la pureté, tout autant qu'au jour du shabbat en tant que septième jour de la semaine.

Certains dirigeants donnent l'impression, après que le peuple juif s'est fait écraser partout dans le monde, qu'ils ont entendu une voix céleste mais qu'ils l'ont mal interprétée. «Stop, les nations suspendent leurs coups, à votre tour maintenant.» Et ils prennent le bâton, lancent un regard vers leurs anciens bourreaux qu'ils rassurent aussitôt : ils prennent le bâton et se mettent à s'en asséner tout seuls de violents coups sur la tête.

Ni s'effrayer, ni s'attrister

Quand quelque chose de bien se renforce, une force négative se renforce en parallèle. Un exemple : la recherche sur Internet. Que vous ayez une question sur un livre, un texte, un événement, personnage ou lieu historique, biblique ou politique, un phénomène mathématique, physique ou géographique, vous pouvez aujourd'hui, au lieu de vous enfermer dans des bibliothèques de longs jours durant, taper sur Google votre recherche. Mais sachez qu'en parallèle, la dépravation, la violence, l'horreur la plus indicible, accessibles tantôt seulement dans des milieux bien spéciaux que l'honnête homme n'approchait pas, sont tout autant à la portée de votre main ou de votre souris. Le verset qui suit semble avoir été édicté pour le jour de cette étonnante découverte. «Voici, j'ai placé devant vous la vie et la mort, le bien et le mal. Et vous choisirez la vie.» (Deutéronome, XXX, 15, 19).

Il ne manque à l'ordinateur que la parole pour vous répondre. Et au lieu de nous en attrister, lorsque les forces redoublent de démagogie pour se poser en pauvres victimes et nous agressent en inversant les rôles, lorsqu'elles lynchent médiatiquement un éminent rabbin qui refuse de se laisser imposer le silence, sûres d'elles et galvanisées par leur propre haine contre un peuple paisible, déferlant dans notre pays en nous affublant d'intentions meurtrières qu'elles feignent de déceler chez nous mais soudain très conciliantes envers des pays qui leur en veulent à mort (gageons qu'un seul mot d'un rabbin fera bien plus de bruit contre tous les Juifs, dont d'aucuns conjureront le danger en flattant l'ignoble, qu'une fusillade de cinquante, voire cent ou plus adeptes par tout autre courant) , apprenons à les ignorer et à les mépriser (bien que ce ne soit pas évident si une marche de l'abomination défile sous vos fenêtres), et sachons nous renforcer dans la joie qui nous unit autour du rassemblement silencieux et indéfectibles de nos exilés, n'en déplaise à une presse d'immondices en quête de «repentis» (qui n'irait pas faire un reportage sur la réussite, le bonheur et la dignité retrouvée de Juifs sortis de l'exil) ; sachons être heureux et reconnaissants, face au raffermissement de la nation d'Israël, matérielle et spirituelle, tout en priant sans nous angoisser pour que les forces négatives de l'extérieur comme de l'intérieur s'annulent et n'aient pas plus d'effet sur nous que la pluie sur les plumes du canard. Car les ennemis d'Israël au nom de maintes causes, savent que s'ils parviennent à nous attrister, même s'ils ne peuvent nous nuire comme ils le voudraient, en obtiennent tout de même une demi-victoire. Sachons cultiver la joie et le rire, le rire de D. dans le verset : «Celui qui siège dans les cieux rira, l'Eternel se moquera d'eux» (Psaumes II, 4).

Sources sur Iinternet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Zadoc_Kahn, http://www.moreshet.co.il/web//alonparash/print.asp?codeClient=100&id=28705&kod_gilon=7037 : atbach, indépendance

http://upload.kipa.co.il/media-upload/matan/17119157-4242013.PDF comment le premier homme fut créé

http://www.daat.ac.il/daat/mahshevt/tifeeret/24-2.htm : traité Shabbat 88b

[1] https://milog.co.il/%D7%A0%D7%97%D7%A9%D7%9C

Partager cet article

Repost 0
vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
commenter cet article

commentaires