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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 19:50
L'humble demeure d'Ouri Aloni, détruite dans la nuit du 12 au 13 avril, à 3h, sans annonce préalable
L'humble demeure d'Ouri Aloni, détruite dans la nuit du 12 au 13 avril, à 3h, sans annonce préalable

Le colonisé suit son ancien colonisateur

Israël n'est pas épargné par cette attitude irrationnellement obséquieuse envers tout ce qui touche aux pays arabes et à l'islam. Il est vrai que la tentative qui fonctionne merveilleusement bien en France a de plus grandes difficultés à s'imposer en Israël. En France, on voit se développer un complexe de culpabilité vis-à-vis des anciennes colonies. Cette logique émotive n'est pas éclipsée par la logique cartésienne qui voudrait pourtant que cette l'allégation postcoloniale soit réfutée en bloc :

«Vous avez refusé de vivre avec nous, et dans certains cas vous nous avez fait la guerre pour que nos cultures, nos religions, nos populations, se séparent. Vous n'avez plus voulu que nous vous envahissions. Nous auriez-vous languis pour que l'on vous retrouve en masse chez nous ? Ou alors, avouez-vous que sans nous, vous n'êtes capables de rien ! »

En Israël, certains voudraient jouer sur un argument encore plus fort : en ne parlant pas d'une ancienne colonie mais d'une colonie en mouvement. Les plus virulents exigeront que les Juifs retournent en Pologne, en Ukraine, comme si les contrées de leur exil avaient été leurs régions d'origine. Les plus conciliants diront que, même en admettant que le Juif est originaire de sa Palestine, il est resté trop longtemps absent pour exiger que son bien foncier lui soit restitué. Ce dernier argument s'apparente un peu au principe juridique de la prescription : «Vous avez été spoliés, on vous a pris votre pays, d'autres ont usurpé votre label palestinien? C'est trop tard, il fallait porter plainte plus tôt.» Il est vrai que même les plus enclins relativement à reconnaître quelque droit à Israël s'attachent à une réécriture de l'histoire, comme si la présence juive avait réellement été interrompue pendant deux millénaires, et comme si la présence arabe, en dépit d'un état désertique consigné par nombre de témoins historiques, avait toujours été attestée.

En tout état de cause, même si une certaine opinion israélienne a tendance à reprendre ce motif, la conscience collective sait très bien qui avait accepté l'énième partage de la terre en 1948, et qui a perdu en jouant à quitte ou double puis en se montrant mauvais perdant. La problématique de la quasi-totalité des populations juives ayant été chassées ou ayant dû renoncer à se maintenir dans tous ces pays tombés sous la coupe de l'islam, est en train de se faire une place de plus en plus prépondérante dans le ressenti collectif israélien, tout autant que la prise de conscience que la cohabitation pluraliste est mauvaise conseillère pour les Juifs, car, qu'ils soient minoritaires ou au pouvoir, à différents degrés, ce seront toujours eux qui tomberont sous le coup de la haine des autres, quelle que puisse être la puissance de leur Etat et de leur armée.

L'obtention de la nationalité par le lieu de naissance fut longtemps naturelle

Un autre point prend l'Europe au dépourvu là où Israël est averti. Il est fréquent aujourd'hui de se railler du principe du droit à la nationalité lié au lieu de la naissance, en reprenant le thème du vilain petit canard. De même qu'un cygne ni un singe ne sera canard en voyant le jour dans le nid d'une oie ou d'une cane, de même un islamique – combien même ce statut ne peut être inné – ne sera pas suédois, londonien ou anglais en naissant dans l'une des contrées correspondantes. Pourtant, du temps où ces pays agissaient comme de véritables creusets nationaux, tout individu y naissant perdait les difficultés de langue de ses parents, toute différence s'estompait, et il acquérait la culture, l'accent, les lieux communs aux autres natifs, intégrant comme partie prenante sa nouvelle nation, et sans que l'origine de ses parents ne lui pose, à lui ou à ses voisins, le moindre problème.

En Israël, le système a tout de suite compris qu'une minorité arabo-musulmane, ça ne se mélange pas. Ou alors, ça soumet les autres à son ou ses dogmes. L'islam n'est pas pluraliste, mais il a besoin du pluralisme pour s'imposer et faire de nouvelles conquêtes territoriales. Les systèmes scolaires y sont donc séparés, et c'est un consensus que d'être conscient que l'on ne peut vivre heureux amalgamés sur un même palier. Aujourd'hui, on peut dire que le principe de non pluralisme se vérifie en Europe, où les zones dites de non droit – où le système est remplacé par un autre système – se comptent désormais par centaines, de Nantes à Malmö, d'une partie de Londres au tout Bruxelles. Et ce principe de cession du terrain se retrouve dans le domaine politique. Certes, si, en Israël, la liste arabe unie a de quoi donner des sueurs froides, de par l'exacerbation de l'ingratitude et de la haine ressenties vis-à-vis du pays qui accorde tous les droits à ses électeurs et les protège en sus des massacres arabo-arabes en vogue sur le reste de deux continents, elle n'en canalise pas moins l'électorat arabe, de sorte que, contrairement à ce qui se passe notamment en France, ce n'est pas le politicien le plus servile et le plus caressant envers cet électorat qui gagne les élections.

Une société optimiste et saine envers et contre tout

Au niveau de monsieur tout le monde, la société israélienne, en dépit de la menace de génocide que la chute du troisième Reich n'a pas désactualisée, ne souffre pas des clichés pessimistes qui veulent que, tôt ou tard, l'humanité soit en proie à de terrifiantes souffrances, et que, pour celui qui n'est pas né, mieux vaut ne pas naître. La vitalité du peuple d'Israël semble être inversement proportionnelle à la menace. Le Midrash rapporte qu'aux périodes les plus noires de l'exil d'Egypte, les mères israélites mettaient au monde des sextuplés. Aujourd'hui encore, la menace démographique de l'ennemi intérieur fait dans le pire des cas lever un sourcil intrigué. Il est dans le peuple juif un sentiment d'éternité, et la morale, ou le moral populaire, aime à dire que si nous avons surmonté l'épreuve du pharaon, nous surmonterons aussi les épreuves d'aujourd'hui, ou de toute autre époque. Les civilisations montent, les civilisations périclitent, et Israël reste ce témoin de l'histoire. Si aujourd'hui, on n'écrit plus ni ne parle le sumérien, l'accadien, ou le «hiéroglyphe», l'hébreu, toujours vivante mais vernaculaire surtout dans la correspondance épistolaire rabbinique, a rarement été aussi vivante que depuis le renouveau juif en sa patrie.

Globalement, l'Israélien se sait chez lui. Il est sûr de son bon droit. Il ne se demande pas où il se sauvera quand tout ira mal, mais s'engage volontairement et sacrifie de son plein gré les meilleurs années de sa vie pour la pérennité et la sécurité de son pays. Certains objecteront ici que le sous-ensemble de la population qui assure la bonne marche de l'accroissement démographique ne fait pas largement l'armée, et vice versa. Nous nous contenterons donc de considérer la réunion des forces vitales qui fait la force de l'union.

Des politiciens fatigués

Par contre, là où le bât blesse, c'est au niveau de la direction politique. Et sur ce plan, Israël n'est pas épargné. Il est en Israël une toute petite minorité idéologique qui ressemble dans sa pensée à tout ce monde qui fait des courbettes à l'islam en Europe. Mais cette petite minorité annonce la couleur et donne le ton. Elle détient la Cour suprême et les tribunaux en général. Elle détient aussi les médias. Ses associations sont très riches, soutenues à coups de millions par des intérêts hostiles qui ont compris avant tout le monde leurs orientations ; avant tout le monde, c'est-à-dire avant beaucoup d'Israéliens honnêtes qui pensaient ou pensent encore que ces activistes hostiles de l'intérieur seraient en fait de gentils idéalistes dans l'erreur. Par exemple, beaucoup les avaient trouvés sincères quand ils nous ont inventé le concept publicitaire de processus de paix, de territoires contre la paix. On se disait que si un jour ces idées en viendraient à se concrétiser, leurs adhérents reconnaîtraient leur tort. Ce phénomène ne s'est confirmé qu'auprès de gens qui s'étaient laissé séduire par ces mêmes idéologistes avant d'en revenir.

Avec des mass médias de gauche, les Premiers ministres de droite virent à gauche

Il est quasi certain que c'est par la mainmise sur les mass médias que cette frange idéologique marginale peut se permettre d'être révoltante sans révolter. Et c'est sous le poids des patrons auto désignés du tribunal et de la propagande que tous les Premiers ministres de droite ont largement observé une politique de soumission ou de reddition vis-à-vis des exigences ennemies : les discussions de Madrid ont répondu à une pression constante, posant nuit et jour la question : «Est-ce que Shamir continuera de s'obstiner ou est-ce qu'il fera un pas vers la paix», la paix signifiant bien sûr tout le contraire de ce qu'imposent les contingences terrestres. Ces médias imposent leur langage, qui est toujours agressif. Ils déterminent et imposent les termes du débat public : «Etes-vous pour la paix ou extrémiste?» Qui aime se voir poser de telles questions? Et c'est ainsi qu'un pays entier, politiciens inclus, balbutiant et tentant de se justifier tel un accusé sur son banc, renonce à sa paix, conclut des pactes avec la mort, l'introduit en ses frontières pour escompter le pire.

Que le peuple enthousiaste et courageux, assidu et déterminé s'installe sur sa terre, ne craignant pas le danger que représente l'ennemi acharné, et il sera montré du doigt jours et nuits dans un martelant travail de sape de son image. Savez-vous qu'en dépit des bombardements à coups de fameuses roquettes artisanales, la population juive de Gaza avait avant l'expulsion connu une croissance démographique annuelle de plus de 10% ? Mais le danger vient moins de l'ennemi qu'un leadership politique soumis à ses exigences, car, qu'à cela ne tienne, les exactions politiques viendront à bout de cet enthousiasme, et on exultera chez la minorité totalitaire en chantant la fin du grand Israël. Expulsion de pans entiers de la population, quitte à plonger la totalité du pays dans la guerre – trois déjà en dix ans – destruction d'une synagogue à la mémoire de jeunes innocents assassinés par les Arabes, maison d'un moniteur d'équitation et d'équithérapie changée en monticule comme après le passage d'un typhon sur le campus du centre hippique, etc.

Quant au moral du soldat d'Israël, on s'attachera à le démonter. On humiliera celui qui s'investit avec abnégation pour la sécurité de ses frères. Les accusations les plus aberrantes et les plus iniques deviendront la norme. On emprisonnera un régiment entier pour avoir osé déshonorer le drapeau que le mouvement terroriste de l'Olp cherche à imposer sur les ruines d'un pays de six millions de Juifs. On aurait pu, en ces circonstances défiant tout bon sens, s'attendre à ce que la direction de l'armée ne félicite pas ses soldats, mais de là à limoger un commandant et à le châtier par intelligence avec l'ennemi en le condamnant à vingt jours de cachots, il y a des limites, des lignes rouges qui ont depuis longtemps été franchies sans que plus personne ne réagisse autrement qu'en ressentant un terrible coup de sang muet.

Jusqu'où cela ira-t-il? Ces minorités qui phagocytent toute instance du pouvoir cherchent-elles à provoquer une vaste réticence populaire à s'engager dans l'armée, à s'installer où bon lui semble en terre d'Israël?

Les derniers symptômes du virage dangereux à gauche, qui tiennent peut-être dans les dernières déclarations d'un Netanyahou prêt à rencontrer le terroriste Abbas certain, ne sont pas plus reluisantes que certaines déclarations d'un Hollande français pour qui la déchéance de nationalité ne ferait pas reculer le terrorisme, ou d'un autre Belge qui ne voit pas la différence entre des citoyens qui ont caché des Juifs pendant la guerre et d'autres qui cachent actuellement des islamistes, ou encore d'une certaine chancelière qui trouve un destin commun entre les Juifs qui fuyaient le nazisme et les hordes venues d'Afrique ou d'Asie investir et submerger l'Europe par millions.

En Europe ou chez les dirigeants israéliens, il est assez difficile de saisir quelles sont les motivations de cette admiration béate pour tout ce qui touche à l'islam, de cette recherche de prétextes faux pour toujours trouver les circonstances les plus atténuantes aux criminels de l'islam, quand il ne s'agit pas de tout simplement disculper totalement leur doctrine. Il est tout aussi difficile d'admettre cet empressement pour se retourner contre les siens et se réhabiliter aux yeux d'ennemis qui ne cesseront pas ce faisant de prôner la haine du monde libre.

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vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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