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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 12:22
La direction politique ne doit pas se débiner
La direction politique ne doit pas se débiner

Mobilisation générale de l'opinion pour libérer le soldat de Tsahal enfermé par une moralisation assassine

Les réactions à chaud sont-elles bonnes conseillères? Cela fait deux jours que l'opinion gronde contre le gouvernement qui a fait emprisonner un héros de Tsahal ayant neutralisé un terroriste musulman venu poignarder des Juifs. Netanyahou, son ministre de la Défense Ya'alon, et l'infime minorité idéologique qui phagocyte les médias et la pensée dans le domaine de l'information publique, reprochent au soldat d'avoir achevé un terroriste qui aurait déjà été neutralisé puisqu'il se serait trouvé à terre au moment où une dernière balle lui aurait été tirée dessus.

Des témoignages font pourtant état d'un risque de ceinture d'explosifs, bien qu'il se serait avéré que l'assassin antisémite n'en aurait pas portée pour finir. Cette présomption prouve pourtant que bien qu'à terre, le suspect n'aurait pas été réellement neutralisé. Déjà, certains sites, comme Provocator.com, s'adressent à leurs lecteurs dont ils cherchent à sonder l'opinion, en leur demandant s'ils sont pour ou contre l'achèvement d'un terroriste déjà allongé.

Cependant, que l'assassin ait eu ou non porté une ceinture d'explosifs, la classe politique dirigeante comme les partis de l'opposition, dont se démarque il est vrai Liebermann, a réagi à chaud en prenant pour argent comptant et dans une confiance aveugle un élément fourni par une organisation qui est loin d'être neutre : Betzelem, qui ne cache jamais son animosité envers Israël, et pour laquelle il a été établi qu'elle vit de fonds qui lui sont versés à des fins hostiles.

Or, ce n'est pas seulement la réaction précipitée de cet enfermement arbitraire d'un soldat qui risque sa vie pour sauver les nôtres qui est en jeu, mais bien toutes les réactions que nous exprimons en nous laissant happer par ce tourbillon de polémiques sur la question portant sur le maintien en vie ou l'élimination du danger dont personne ne peut être certain sur le champ de bataille qu'il est réellement écarté du moment que l'ennemi semble gésir sur le sol.

Certes, le principe qui exige qu'il est préférable a posteriori d'avoir commis une erreur en laissant un terroriste mort plutôt que de se laisser tuer par le terroriste suite à toutes sortes d'hésitations et de craintes de poursuites le cas échéant, reste une réalité en dépit de toute tournure événementielle portée par une actualité brûlante.

Pourtant, comment est-il possible que les responsables politiques ne se montrent pas un tout petit peu plus prudents? Leur réaction soupe au lait les révèle sous un angle on ne peut moins reluisant. Sont-ils nés de la dernière pluie pour occulter tellement fortement un précédent resté tristement célèbre, à savoir la fausse accusation de meurtre rituel en la personne de l'enfant Doura, dont le père aurait vainement tenté de protéger?

La réaction imbécile de l'époque avait consisté en premier lieu en de plates excuses d'un leadership qui ne savait plus où se mettre et aurait bien voulu disparaître sous la terre. «Toute la lumière sera faite sur cette affaire. Les hautes valeurs morales de notre armée ne nous permettent pas d'agir ainsi, et les coupables seront lourdement sanctionnés».

Les premiers doutes ont été émis par le journal Makor Rishon, qui avait peu après publié une étude selon laquelle les tirs, s'ils étaient venu du poste de Tsahal, auraient touché la supposée victime de biais, ce que démentaient les impacts sur le muret de briques de ciment.

Puis, quand Philippe Karsenty a fait contraindre la chaîne française de publier les rushs, il s'est avéré que l'enfant Doura n'avait été la victime de personne, puisque non seulement il n'y avait aucune trace de sang, mais surtout parce qu'il a été montré en train de lever le bras dès que la scène a eu fini d'être filmée. Plus tard, le docteur Yéhouda, qui avait soigné le père Doura d'un coup de hache porté par un congénère, avait fait savoir que la cicatrice ne provenait absolument pas de balles de Tsahal. Un démenti allait être publié plus d'une décennie plus tard par le bureau du Premier ministre. Mais le mal était fait.

De France 2 et Enderlin à Betselem, le gouvernement israélien sous l'égide de Netanyahou aurait pu avoir la décence la plus élémentaire de déclarer qu'il ne pouvait prêter foi à un document provenant d'un groupuscule aussi hostile et partial à l'encontre d'Israël et de son armée, groupuscule qui dispose de traîtres à sa solde dans le pays. Le gouvernement aurait dû prendre en compte la possibilité que la détonation entendue ait fort bien pu être ajoutée au montage, tout comme ce fut le cas pour les prétendus tirs du croisement de Netzarim, qui, bien que fictifs dans l'affaire Doura et ayant coûté la vie de Daniel Pearl et de deux de nos réservistes égarés dans une Ramallah assoiffée de sang juif.

En attendant, le public n'est pas dupe, et il refuse de jouer le jeu de la morale falsifiée de la deuxième joue tendue par des dirigeants ayant perdu toute énergie. Des manifestations se tiennent dans le pays ou sont prévues, et une pétition qui vise les cent mille signatures en ont déjà récolté près de 40 000 ce dimanche, à la mi-journée.

Récit réel d'un cas d'un homme tué par trop de morale mal placée

Pour en revenir au danger de la course à une image de marque à la Peace and love, voici ce que publie un soldat de Tsahal, Dror Zichermann, sur Facebook, dont le commandant a été tué par sa trop grande moralité :

«Je me sens obligé de soulager mon cœur d'un poids que je porte depuis ces deux derniers jours, à peu près depuis que j'ai appris la nouvelle du soldat ayant vérifié que le terroriste qui a tenté de l'assassiner était bien mort. Je ne l'ai révélé jusqu'à la publication de ce post qu'à un comité très restreint.

Le 29 décembre 2005, je faisais partie d'une patrouille de routine dans la région de Toul Karem (près de Netanya, ndlr). Pendant le service de mon régiment, nous avons obtenu une information concernant une menace d'attentat contre un spectacle de Hanoukka. C'est pourquoi, Ouri Binman, zl, a décidé de dresser un barrage stratégique à la sortie Sud de Toul Karem. Nous avons reçu l'ordre explicite de contrôler tous les véhicules en route pour le territoire israélien, sachant que l'information principale consistait dans la date de naissance du terroriste, 1976. C'est ce que nous avons fait. Au bout de 50 mn, un taxi est arrivé, avec 8 passagers à son bord. J'ai ramassé leurs cartes d'identité, et ai constaté que la date de naissance de l'un d'eux était bien 76. Nous leur avons immédiatement ordonné de descendre pour les contrôler. Nous avons vérifié les trois premiers, qui n'avaient aucun matériel de guerre sur eux. Nous leur avons demandé de se tenir de côté. Le quatrième portait un manteau en cuir. C'était il est vrai en décembre, mais la chaleur était inhabituelle. Il s'agissait de ce terroriste en route pour perpétrer un attentat suicide au beau milieu d'une célébration de Hanoukka. Le terroriste, ainsi que les autres, disposait d'un permis de travail, ce qui est moins important pour ce post mais qu'il est important de signaler.

Ouri voulait contrôler ce passager, mais le manteau en cuir a tout de suite éveillé mes soupçons. J'ai pointé mon arme sur sa tête, pendant le contrôle. Ouri l'a remarqué et s'est alors adressé à moi :

Ouri : "Zichermann, tu ne tires pas.

Moi : "Mais il porte un manteau en cuir".

Ouri : "Tu ne tires pas, point final."

J'ai bien sûr obéi à Ouri. Et j'ai agi selon les ordres, qui ne permettent de tirer que si l'identification ne fait l'objet d'aucun doute. Quelques secondes plus tard, Ouri s'est adressé au terroriste, d'abord en hébreu.

Ouri : "Ouvre ton manteau, et montre-moi ta chemise."

Le terroriste l'a regardé avec des yeux ronds, comme s'il ne comprenait pas l'hébreu (les Arabes autorisés à travailler sont hébraïsants, ndlr). Puis Ouri a crié à son intention en arabe, tout en me signifiant d'un geste de me tenir prêt à tirer, et j'ai donc visé le suspect avec une balle engagée dans le canon. Mais je continuai à l'écouter, n'entreprenant rien de personnel.

Ouri : "Relève ta chemise!"

Le terroriste m'a fixé des yeux, puis s'est tourné vers Ouri. Il a feint de retirer sa chemise. Mai il a actionné le déclencheur de la ceinture d'explosifs qu'il portait sur lui, une charge de près de 30 kg, se faisant exploser avec Ouri et avec moi-même. Ouri a été tué sur le coup, j'ai été grièvement blessé.

Des années après, je me dis chaque soir : "J'ai agi selon les ordres. Je n'ai pas tiré sur le terroriste car l'identification n'était pas certaine à cent pour cent. J'aurais vraiment voulu tirer, mais Ouri, qui était pointilleux, ne me l'a pas permis. Nous avons tous deux payé le prix. Lui de sa vie, moi de ma santé. Et tout ça parce que j'ai agi en respectant les consignes de tir. Et, bien que j'aurais vraiment voulu tirer, je ne l'ai pas fait. Je suis comme ça, je ne transgresse pas les ordres". »

Témoignage des personnes ayant soupçonné le port d'explosifs : http://www.inn.co.il/News/News.aspx/318848

Pétition pour libérer le soldat prisonnier : http://www.atzuma.co.il/citation

Illustration : Pm en déplacement

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vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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