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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 13:35
La porte de Sichem, que certains pays voudraient nous faire lâcher
La porte de Sichem, que certains pays voudraient nous faire lâcher

… les Juifs et les antisémites

Pierre Desproges relevait la dichotomie du genre humain : « D. a divisé l'humanité en deux grandes catégories : les Juifs et les antisémites [1]». Fréquentait-il, à l'instar de Sartre, des milieux juifs contemporains pour y avoir entendu cet adage : «Tout ce qui n'est pas juif est antijuif»? A moins qu'il n'eût parcouru les textes sacrés pour y relever une sentence talmudique qui stipule quant à elle : «C'est une loi» – de la nature, pourrait-on ajouter sans exagérer – «Esaü hait Israël».

Depuis peu, le monde non-juif en arrive à la conclusion que l'antisionisme est une forme d'antisémitisme, quand le sens de ce premier concept par métonymie, ne désigne plus depuis longtemps l'une des idéologies qui animaient la communauté juive, partagée entre le bundisme ou d'autres formes de socialisme. Il a bien fallu se rendre à l'évidence : les adeptes de l'islam qui ont attenté à la vie ou aux biens de Juifs dans le monde libre ont systématiquement revendiqué leur haine d'Israël. L'entourloupe publicitaire qui exige que lorsque vous êtes contre quelqu'un, vous devez le dire en revendiquant votre empathie pour une cause que ce quelqu'un brimerait, en créant au besoin de toute pièce cette cause, a été exploitée à un point tel que le public ne marche plus. Le «pauvre Palestinien», outil de la haine du «méchant Juif israélien», n'est pas plus pauvre que Palestinien.

Si on pouvait encore récemment se revendiquer antisioniste mais surtout pas antisémite, s'il était drôle de moquer l'étoile bleue et indigne de moquer l'étoile jaune, la fréquence des agressions a eu pour conséquence que plus personne n'y gagne à jouer au dupe, à faire semblant, surtout quand on sait concrètement aujourd'hui que le Juif est le dernier Rempart avant que le racisme ne s'attaque directement à l'autochtone.

Pourquoi une France sans Juifs ne serait plus la France?

«La France sans ses Juifs n'est plus la France». Quelle belle phrase et quelle emphase, peut-on penser en écoutant les discours rassurants des plus hautes personnalités politiques. Sachons cependant lire entre les lignes. Cette phrase n'est pas uniquement bien tournée. Elle est lourde de sens. Elle peut fort bien signifier que le Français indigène, voyant que son Juif – qui est le témoin de sa bonne santé tant que ce dernier n'est pas menacé – lui être retiré, n'a pas tort de se refuser toute nonchalance.

Un premier enchaînement

Le phénomène peut frapper par la rapidité de son enchaînement, si on ferme les yeux sur ces signes précurseurs que représente la menace qui pèse sur les Juifs. Trois années de calme ont suivi les attaques des rues Copernic et des Rosiers, ou encore de l'attentat contre le festival du cinéma juif. Puis, un premier plan Vigipirate a dû être mise en place pendant cette vague d'attentats qui avait secoué Paris et touché notamment les galeries La Fayette. Quelques années de calme plus tard, il y eut ce terroriste, Kelkal, et son réseau, dont l'attention et la tension sont retombées avec l'élimination de son chef. On aurait dû se dire : «Les Juifs ont été attaqués, mais le monde libre n'est pas entré en guerre contre ses agresseurs, aussi, eux et leurs émules ont élargi leurs attaques.»

Le phénomène s'amplifie

Il est dangereux de se tromper d'ennemi, c'est pourtant bien ce qui s'est produit

Or, la leçon n'a pas été retenue, ni même comprise. Poussant l'erreur encore plus loin, on est allé jusqu'à s'imaginer qu'en prenant le pas des revendications terroristes, et en blâmant les Juifs ou Israël, on s'attirerait les faveurs des organisations criminelles. On s'est alors écrié en haut lieu : «Les Juifs s'identifient beaucoup trop à Israël». L'annihilation des cerveaux s'est faite des plus intenses suite au très court métrage d'Enderlin, joué à l'intersection de Netzarim, où des acteurs avaient atteint une gloire foudroyante et instantanée, aux effets persistants en dépit de failles relevées par Philippe Karsenty ou de mensonges démasqués par le docteur Yéhouda, mais n'ayant jamais induit le moindre juge à condamner le producteur ou le metteur en scène pour faux, usage de faux et incitation à la haine.

Que ressent-on juste avant un tremblement de terre ?

Le piège avait fonctionné bien au-delà de toutes les espérances. Et le Français, au lieu de déceler une odeur de roussi, regardait d'un mauvais œil son Juif attaqué de toute part et qui, décidément, devait faire apostasie de son appartenance à son peuple pour se réhabiliter à ses yeux. Si bien – ou si mal – qu'après une quinzaine d'années de calme relatif – tout au moins pour la France – lorsque le pot-aux-roses s'est révélé, l'enchaînement des attentats anti-juifs et anti-français ou européens s'est déroulé aussi rapidement que celui qui rapproche ce vrombissement qui évoque le passage d'un tank ou d'un rouleau compresseur sur la rue située en-bas de votre immeuble au tremblement de terre consécutif. Il aura fallu que le départ des Juifs s'accélère, que l'insécurité touche tout Français partout et à tout moment, pour qu'enfin on reconnaisse qu'antisionisme et antisémitisme ne font qu'un. Les poursuites et condamnations du mouvement antisionisto-sémite Bds ne datent que de cette année. La justice ne s'est penchée sur l'apologie du terrorisme de la municipalité de Stains qu'en mars 16, avec la convocation du maire par le préfet à Montreuil. Des années durant, les fans du fanatique Barghouti ont joui d'une immunité devant la loi.

En revanche, il serait question en France d'une vague de conversions sans précédent à l'islam ; c'est que beaucoup préfèrent pactiser avec la menace pour en solliciter la protection. En cela, l'attitude des individus n'est pas sans rappeler celle des instances au pouvoir, et ils répètent les mêmes erreurs qui sont passées du niveau politique au niveau social. Et on préfère rechercher les faveurs des islamistes comme on a pu rechercher celles de l'occupant allemand dès la reddition de Vichy.

Implications pratiques

Deux implications, et non des moindres, s'imposent dès lors que l'on réfute la nuance factice entre les deux haines, la haine vouée au Juif et celle que l'on tourne vers son Etat.

La première, c'est qu'il faudra bien reconnaître que les attaques terroristes qui ont jalonné l'histoire d'Israël au cours des quelque cent dernières années, et pas seulement au cours des six derniers mois comme on tente de nous le faire admettre, relèvent tout simplement de la haine vouée aux Juifs.

Pour intenter un procès à Israël, il faut être ni juif, ni non-juif

La seconde, c'est que ni l'Onu ni aucune instance ne pourra se prononcer, juger et prendre position honnêtement et légitimement pour toute affaire qui concerne Israël et un autre intérêt. Puisqu'Israël est le pays juif de la classe des pays en général, tout différend entre Israël et un pays ou mouvement non-juif ne pourra être jugé que par une instance judiciaire qui ne soit ni juive, ni non-juive. Par conséquent, si, pour reprendre l'axiome posé par Desproges, le monde est divisé en deux catégories, l'arbitre, ou le juge, ne peut être pris ni dans l'une, ni dans l'autre.

Les anti-israéliens se divisent en deux sous-catégories : les partisans de la destruction et du morcellement

A présent, considérons, dans la partie de l'humanité dite des «antisémites», les deux catégories suivantes, en fonction de leur attitude vis-à-vis du pays juif : ceux qui veulent le détruire, et ceux qui veulent se contenter de lui faire céder la moitié de son territoire, et accepter à sa porte un type de population largement hostile et aux principes opposés à son humanité.

Si l'on observe bien ce qui se passe dans les deux catégories de sociétés ou de pays précitées, on remarquera que, par un surprenant effet boumerang, elles subissent exactement ce qu'elles cherchent à faire subir à Israël. Pour les pays qui prônent la destruction, on observe que plus ils sont proches d'Israël et donc potentiellement dangereux, plus ils sont eux-mêmes livrés à la désolation et à la destruction. Des images de villes comme Homs[2] ou Raqqa, ont été filmées par des drones russes. L'Irak, plus éloigné, avait lui aussi été tenté et mené une attaque contre Israël, à distance, il est vrai. Bien que l'on puisse se demander si l'Irak ne ferait pas partie des partisans de «la moitié d'Israël», puisqu'il devait disposer d'un canon géant capable de bombarder la moitié de ce pays, nous le rangerons dans la classe des «destructeurs». Il se trouve que l'Irak est aussi largement un champ de ruines. Il ne s'agit pas ici de s'en réjouir ou de s'en attrister, mais simplement de ne poser ce constat. D'autres pays, moins hostiles en raison de leur distance, mais adeptes de la même doctrine destructrice, sont au plus mal.

Quant aux pays qui cherchent à priver Israël d'une partie de son sol, ils se trouvent aujourd'hui confrontés à la problématique qu'ils cherchent continuellement à lui imposer. Ils veulent la colonisation dans un premier temps de toute la partie de la terre d'Israël libérée suite à la guerre des Six jours. Et ils inversent les rôles en qualifiant les Israéliens de colons, de colonisateurs, eux les colonisés. Ils ont voulu la colonisation d'Israël par l'islam, et ils se retrouvent colonisés par cet islam. Le terroriste le plus recherché d'Europe vient de se faire coincer à Molenbeek, en Belgique. Il convient cependant, malgré la facilité apparente de cette opération – comment ce terroriste a-t-il pu braver les services de renseignement en n'ayant parcouru que quelques centaines de mètres de son domicile – de néanmoins féliciter les forces qui ont opéré en plein territoires occupés.

Les territoires occupés de l'Europe

Voici une anecdote routinière : Des élèves d'écoles laïques parisiennes, en séjour linguistique en Angleterre, arrivés sur la fameuse place de Piccadilly-Circus, ne la trouvent pas très différente de la zone qui englobe Barbès et la gare du Nord. En guise de perfectionnement et de progrès en langues vivantes, ce n'est pas en anglais qu'ils avancent, mais en pakistanais ou en arabe. Pareillement, à Londres, pas encore partout, des miliciens musulmans commencent à s'attaquer à tout Anglais autochtone qui serait surpris une bouteille d'alcool à la main. Des spécialistes américains font état de mille zones de non-droit sur le simple sol français. Elles étaient au nombre de sept cents une décennie plus tôt. La ville de Malmö, en Suède, est une enclave islamique, etc. etc.

La moitié seulement ?

Bien entendu, tous ces pays qui exigent d'Israël de déserter totalement une partie de son sol verraient d'un très mauvais œil que les Juifs puissent ne se retrouver qu'entre eux sur la partie restante. Et c'est exactement ce qui se produit chez eux : des zones sont totalement désertées par les habitants de souche locale, sans qu'ils se retrouvent tranquilles pour autant dans les territoires non encore perdues de leurs républiques.

Clin d'œil de Pourim

La fête de Pourim se fonde sur le principe de l'inversion. Le dénouement du récit relaté par le Rouleau d'Esther consiste dans le renversement de la situation, lorsque «les Juifs dominèrent leurs haïsseurs». Bien que l'on n'assiste pas ici à une domination, il est clair que le message du verset biblique suivant semble s'appliquer, lorsque le fomenteur voit se réaliser à ses dépens «ce qu'il avait fomenté de faire subir à son frère». Si l'Occident est bien affilié à Esaü, Esaü est le frère de Jacob. Quant au monde musulman, il s'identifie souvent à Ismaël, frère d'Isaac en ce qui le concerne.

Il reste dans ce tableau un point qui n'a pas été traité. Comment se fait-il qu'une des populations qui haït au plus au point Israël est-elle épargnée de tout ce qui se passe dans le monde environnant, de l'Irak au Yémen, de l'Arabie à la Lybie? Peut-être faut-il y voir une trop grande indulgence des dirigeants politiques israéliens, un manque de détermination, une pitié malencontreuse envers un ennemi qui ne cesse de nuire. Peut-être que l'inversion des rôles qui l'induit en erreur est à remettre en cause, qu'un manque de ressenti du lien inéluctable entre Israël le peuple et Israël la terre est conséquent à un trop long exil. Il est évident que cet abus de langage qui met dans la bouche de trop nombreuses personnes le qualificatif de «palestiniens» pour l'attribuer aux résidus de la colonisation turque, de cet ancien empire ottoman qui s'est rétracté sans reprendre avec lui tous ses sujets, ne relève pas d'une limpidité des capacités de discernement.

Une seule inversion des rôles serait bénéfique, voire deux : se mettre dans la peau des anciens Philistins qui s'imposèrent de longues années durant et empêchèrent Israël de disposer d'une autonomie économique concernant la détention de métaux, pour les empêcher d'accéder à «l'âge du fer» (voir I Samuel, époque de Saül) ; ou se mettre dans la peau du pharaon qui déclara : «Levez-vous, et sortez du milieu de mon peuple».

[1] Pierre Desproges au Théâtre Grévin 1984, retransmis par FR3 régionale, Bourgogne, Franche-Comté

[2] https://www.youtube.com/watch?v=MAG4HrAmdEg

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vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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