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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 22:28

Le site de Peki’in, en Galilée, est connu depuis l’époque talmudique. C’est là que se trouve la grotte où Rabbi Shimon Bar Yohaï s’était caché en compagnie de son fils Rabbi Elazar pour échapper à la condamnation romaine.

Aujourd’hui, il n’y a pas de communauté juive à Peki’in, chassée en 2007 par des émeutiers druzes. En 2007, donc, les habitants de la ville avaient violemment attaqué les forces de polices, suite à un début d’émeutes suscitées par l’installation d’une antenne téléphonique sur le site. L’antenne n’était qu’un prétexte. En effet, elle avait été installée dans le village juif de Peki’in, et avait été détruite par des émeutiers le mercredi 26 octobre 2007, qui avaient en même temps entièrement détruit un poulailler qui appartenait aux habitants juifs. La police n’était alors pas intervenue. Puis, les émeutiers ont jeté une grenade dans la maison d’une famille juive du vieux village. Le père de famille, miraculeusement, n’avait pas été touché par la grenade qui avait pourtant explosé juste à côte de lui.

Ce n’est que le 27 que la police a décidé d’intervenir, alors que les émeutiers s’apprêtaient à nouveau à saboter l’antenne, entretemps réinstallée. Des combats avaient alors éclaté. Les policiers avaient utilisé du gaz lacrymogène. Une autre grenade avait été jetée chez la même famille juive. Samedi soir, à une heure du matin, une autre famille a dû fuir le village sous la protection de la police. Le grand-père des enfants était venu les chercher, la voiture de la famille ayant été préalablement brûlée. La famille était rentrée chez elle dimanche dans l’après-midi. Lundi 29 au soir, des Druzes menaçants, le visage masqué, armés de fusils et de matraques, avaient terrorisé les habitants juifs en circulant dans leur quartier. Dans la nuit de lundi à mardi, à 4h00, la police est enfin venue pour arrêter des émeutiers. Cinq d’entre eux avaient en effet été pris, mais ils avaient été relâchés en échange de la jeune femme policière retenue en otage.

Personne n’avait alors parlé d’antisémitisme, ni de pogrom. Dans la nuit suivante, alors que la police était repartie et que la situation ne semblait pas devoir s’améliorer, la famille qui était pourtant rentrée chez elle dimanche comprit que les Juifs étaient devenus la nouvelle proie des émeutiers druzes. A six heures du matin, ils ont quitté Peki’in avec leurs enfants, un ami de Ma’alot qui avait passé la nuit chez eux les amena avec lui. Dans la même nuit, leur maison a été brûlée.

Les contestataires s’étaient attaqués aux policiers le 29 octobre, et l’un d’eux avait été grièvement blessé par une pierre l’ayant percuté à la tête. En tout, 37 personnes avaient été blessées : 27 policiers, sept civils et trois secouristes. Un secouriste, lui-même druze, avait même déclaré : « Quand nous sommes arrivés, nous avons secouru un policier grièvement blessé ainsi que deux autres blessés. J’ai commencé à prendre la route pour quitter le village, quand, tout à coup, des gens sur place ont fait attention à nous et une cinquantaine de jeunes se sont attaqués à l’ambulance. Ils ont jeté des pierres et ont tenté d’ouvrir les portes pour prendre les policiers. J’ai accéléré, mais un camion a surgi pour nous barrer la route. J’ai quand même réussi à sortir du village. Nous avons vu la mort en face, les manifestants voulaient nous tuer ».

Dans la journée du lendemain, la police avait procédé à des arrestations. L’événement avait fait la une des journaux, après qu’une femme de la police des gardes-frontières avait été retenue en otage et qu’une équipe avait été désignée pour parlementer avec les ravisseurs. Aujourd’hui, presque dix ans plus tard, l’association Régavim des droits de l’homme s’est adressée à la Cour suprême, s’étonnant qu’un événement aussi grave se soit terminé récemment par la fermeture des casiers des nombreux prévenus. Régavim s’était dans un premier temps adressée au Parquet, pour protester contre sa façon de traiter cette affaire. Le recours avait été rejeté par le Parquet. L’avocat qui représente l’association, Maître Amir Fisher, déclare : « Ce sont précisément ceux qui voient dans les Druzes des citoyens à part entière de l’Etat d’Israël qui ne peuvent admettre une situation où trente policiers ont été blessés et une policière retenue en otage se termine sans le moindre acte d’accusation. Le manque de motivation de la police pour s’occuper des agités fait peser un lourd préjudice aux dizaines de milliers de personnes que compte la communauté druze qui a fait allégeance à l’Etat d’Israël. » La Cour suprême s’est adressée au Parquet pour lui enjoindre de reconsidérer pour quelle raison aucun chef d’accusation n’avait été retenue suite à ces affaires.

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