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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 21:55

Jérusalem a été en proie aujourd'hui à de terribles embouteillages. La ville moderne aux transports rapides a fait un bond prodigieux vers l'âge de pierre. Les étudiants, en pleine période d'examens, les écoliers se rendant aux centres aérés, les honnêtes travailleurs, les touristes, les visiteurs, tous sont restés bloqués pendant des heures. Le tram ne représente (représentait?) pas seulement un moyen rapide, efficace et non polluant, de se déplacer avec célérité d'un endroit à l'autre comme par enchantement sur une ligne unique qui relie les quartiers les plus au nord de la ville au Mont Herzl, au sud-ouest de la capitale, en passant juste avant, par le grand hôpital Cha'aré Cédek ; il se trouve aussi que de nombreuses lignes de bus, qui étaient l'unique moyen de transports en commun, ont vu leur tracé retravaillé, et sur les axes où passent le train, annulé.

Les pouvoirs israéliens, dans leur grande ouverture d'esprit et de cœur, n'ont pas ignoré la population arabe de Jérusalem, officiellement israélienne, et lui ont fait profiter des bienfaits du progrès et de la civilisation. Qui plus est, les quartiers de Beth-Hanina et Chouafat, où un Juif ne pourrait s'installer, ont été traités en priorité avant les quartiers du sud de la ville, comme Baka et Talpiot. Or les quartiers sans Juifs précités précèdent, lorsque l'on vient du centre ville, Pisgat Zéev et Névé Ya'acov, les derniers bastions du nord de la capitale.

Donc, les habitants non-juifs de la ville ont pu profiter pendant de longs mois de stations de conception française, avec des appareils automatiques fonctionnant sur le même principe que ceux des correspondances du métro parisien, à l'entrée des lignes de prolongement, où il suffit de suivre les instructions sur un écran où on choisit sa langue et de placer sa monnaie ou sa carte de crédit pour obtenir son ticket. Un système de signalisation, avec les feux «intelligents», permet de traverser toute la partie centrale de la ville en un peu moins d'une demi-heure. Parmi les premiers bénéficiaires de ce progrès se trouvent les habitants de Beth-Hanina, quartier au nom mishnique malheureusement trompeur, dont les femmes habillées à la turque pouvaient faire des allers et retours jusqu'au centre hospitalier.

Quant à la circulation routière, une route relativement nouvelle qui relie les quartiers de Pisgat-Zéev et Bet-Hanina, permet de prendre la direction de la sortie Ouest de la ville et de toute la zone avoisinante, ce qui décongestionne le pont routier qui relie ces deux quartiers à la route qui suit l'ancienne ligne de démarcation avec la Jordanie.

Mais voilà, c'était trop beau pour durer. Et c'est dans des moments pareils que l'on comprend pourquoi aucun Juif ne peut vivre dans un quartier à forte densité arabe. De violents émeutiers musulmans ont saccagé toutes les stations dont ils se servaient, tous les appareils qui leur permettaient de profiter de la tolérance et de la liberté que leur offrent les Israéliens juifs sans compter. Ils ont semé la désolation, ont ramené la qualité des transports au moyen-âge. Mais en se sabordant, ils ont aussi paralysé tout le système. Même les endroits où ils n'habitent pas, et où les habitants de la cité israélienne sont protégés physiquement, ont été privés de tram.

Les Israéliens sont durement touchés dans leur quotidien. Les lignes interurbaines ont mis plus du double du temps habituel pour gagner les sorties de la ville.

Des passants juifs, depuis mardi, sont pris à partie. Heureusement, la solidarité naturelle humaine n'a pas été érodée comme elle l'a été en Europe. Deux femmes qui rentraient chez elles ont été attaquées par un individu plus excité qu'une bête féroce, de cette lâche catégorie qui préfère s'attaquer aux femmes ou aux enfants. Mais un homme qui se trouvait dans les parages les a défendues. Il a été blessé au pied.

Et ce n'est qu'un cas parmi tant d'autres. Toute une population arabe s'est jetée massivement sur les équipements urbains dont ils ne profitaient pas moins que les autres. Mais quand on a l'œil mauvais, quand on ne supporte pas que des gens qui ne sont pas musulmans puissent vivre dans un bonheur tranquille, alors on ne peut pas non plus apprécier son propre bonheur.

Je ne peux m'empêcher de penser à cette parabole. Un homme haïssait son voisin. Il se rendit chez le notable de la ville pour se plaindre. Il prétendit que son voisin le provoquait, le méprisait. Il ne supportait pas qu'il pût profiter de maints biens matériels. Le notable lui dit : «Ne sois pas jaloux, tout ce que ton voisin possède, je peux te le fournir, et même ce qu'il n'a pas. Mais sache que, mon objectif principal étant de te soigner de ton mauvais œil, que pour tout ce que tu obtiendras de moi, ton voisin touchera le double. » Que répondit-il? «Alors, crève-moi un œil. »

Attention, vous profiterez des transports modernes, mais sachez que les Juifs auront dans leurs quartiers le double de stations. Qu'ont-ils faits, ils ont sabordé les leurs, mettant celles des autres hors d'usage. Or, ils profitent aussi de celles des autres. Sont-ils donc encore plus virulents que le personnage de notre parabole, qui lui ne profitait pas du bien de son voisin?

Et comment les autorités israéliennes, qui avaient déjà essuyé les vexations d'ingrats qui s'étaient plaints aux instances internationales que les Juifs s'emparaient de terres prétendument arabes en leur installant le tram? Elles ont laissé les émeutes se poursuivre, pour les contenir avec le plus de retenue possible. Des émeutes qui, dans n'importe quel pays musulman, aurait fait des centaines de morts, comme le montrent de trop nombreuses affaires, n'ont donné suite qu'à des arrestations.

Un matériel trop moderne pour une population trop encline à la violence. Mais qui, sur la scène internationale, a condamné ces violences? Qui s'est mis à plaindre le pays d'Israël, victime de sa tolérance et de sa largesse, qui a vu des années d'investissements partir littéralement en fumée en quelques heures?

Observons bien ce qui se passe. Archivons les titres et les réactions des chancelleries, des médias étrangers. Car le déclic de cet étalage inouï de haine consiste en une énième accusation de crime rituel qui n'a pas encore été officiellement démystifiée, bien que les investigations penchent pour un règlement de compte en famille. Mais profitons, si j'ose dire, de cette occasion trop belle qu'ont trouvée nos ennemis pour délier leur langue et leur propagande.

Circonstances et effets de l'accusation

Une propagande malintentionnée veut faire oublier le terrifiant triple assassinat de trois jeunes Juifs innocents par des musulmans fanatiques haineux. Les populations musulmanes, toutes factions confondues, ont chanté, sauté de joie, se sont distribué des friandises, elles ont même inventé un nouveau signe de la main, représentant le chiffre trois. Le site du Fatah a publié une caricature montrant trois rats frappés d'une étoile de David ferrés par des hameçons au bout d'une canne à pêche, avec la mention «Un coup de maître».

Les pays libres ont fait preuve de cynisme et d'indifférence. Si le plaidoyer de Mme Frankel pour son fils kidnappé par les terroristes musulmans n'a pas porté ses fruits, il a agi comme le révélateur du manque d'intérêt chronique ressenti par l'Europe envers les Juifs même lors de leurs plus grandes souffrances. «Ah bon, vous pensez qu'il a été enlevé. Voyons, allons donc, il est en virée avec ses copains.» Ce ne sont peut-être pas les mots qui ont été prononcés, mais l'esprit y était. De gros médias ont titré que des colons avaient été enlevés. «Ben quoi, c'est pas grave, c'est des colons.» Sentiment qui ne change qu'un seul mot à l'attitude dédramatisante de la seconde guerre mondiale : «Ben quoi, c'est pas grave, c'est des Juifs».

Le Premier ministre israélien, dont il faut dans cette affaire souligner le parler vrai, a désigné le Hamas. La presse internationale a fustigé Netanyahou, lui reprochant d'emprisonner des membres de cette organisation terroriste sans fondement. Quand les tergiversations de l'étranger n'ont plus été possibles, et qu'il y a quand même eu quelques condamnations des atrocités perpétrées par les assassins musulmans, la première compréhension de la non-communauté internationale a été de considérer avec la plus banale évidence le fait qu'Israël n'avait pas le droit de s'adonner à la vengeance, notez bien le concept. Les assassins qui courent toujours n'inquiètent pas l'Europe ou les EU d'Obama, ce qui les inquiète c'est qu'Israël pourrait enfin anéantir ses ennemis en revendiquant à son avantage son propre «plus jamais ça».

Et c'est là que le bât blesse. A peine deux jours plus tard, quelle coïncidence, le corps d'un jeune Arabe aurait été retrouvé près du quartier de Chouafat. Dans un premier temps, l'information est venue à l'état nu, sans circonstances, sans motif, sans rien. Mais un vieux réflex ressurgi de l'inconscient enfoui profondément dans les entrailles de la bête humaine européenne, a fait dire aux bons penseurs, oublieux probablement des poursuites fomentées par leurs ancêtres pour les meurtres rituels attribués aux Juifs : «Suivez mon regard.» Et au lieu de taire une information incomplète tant que la vérité n'est pas préalablement établie, ou de la présenter sans présumer que des Juifs seraient coupables, ils ont tous titré, fidèles à une haine ressurgie de leur préhistoire, que les Juifs étaient présumés auteurs de cet acte.

Un journalisme vraiment honnête, neutre, impartial, ne se serait permis que la présomption suivante: que la jeune victime a vraisemblablement été assassinée dans le cadre de sa famille et/ou de son voisinage, comme cela se rencontre souvent dans ces milieux, d'autant que l'entourage de la personne est connu de la police. Autre raison : que les mouvements terroristes et le soutien quasi unanime qu'ils rencontrent auprès des populations arabes ont tout intérêt à faire oublier le triple meurtre des adolescents juifs raflés et fusillés par les leurs, ou de le relativiser. Ce même journalisme impartial, s'il s'était permis des suppositions, qui corroborent d'ailleurs les pistes des enquêteurs, aurait conclu : «Mais il faudrait être naïf ou malintentionné pour tomber dans ce vulgaire panneau.»

Mais le journalisme ne saurait être honnête. L'occasion est trop belle. Elle permet de dissiper le malaise moral qui a pu malgré tout s'installer, ne fût-ce qu'infinitésimalement, dans les consciences. On a trouvé un raccourci rêvé des thèses antisionistosémites en vogue depuis 47 ans : «Les Allemands ont certes procédé au génocide contre le peuple juif, mais les Juifs en situation de pouvoir ne valent pas mieux. Les Arabes ont raflé et fusillé des étudiants juifs, mais les Juifs font la même chose.»

La politique des deux poids deux mesures des nations envers Israël est en train de frapper au plus haut point. Les réactions en masse et en chaîne de violence, de sabotage, de saccage, de dommages dont les réparations prendront de longs mois, d'après l'estimation de la société Citipass, qui gère la tram de Jérusalem, les incendies de forêts qui tendent à faire ressembler à nouveau la terre d'Israël à ce qu'elle fut pendant des siècles de désolation, tout ça est tellement banal, normal, admissible, que ça ne vaut même pas la peine d'être relevé, ou, le cas échéant, qu'il n'y a pas lieu le moins du monde de s'indigner, de condamner.

Le Juif est coupable, et il mérite naturellement de subir un châtiment collectif. Et c'est d'autant plus mal à propos de la part de l'Europe et du monde plus tellement libre que les émeutiers musulmans eux-mêmes ne feront plus de cas de cette victime de leur bord, victime parmi des centaines de milliers d'autres, si on ne se contente pas d'une vision limitée et que l'on tienne compte des agissements de leurs frères musulmans dans les pays avoisinants. Pour eux, si un arabe meurt parce qu'il a été tué par un autre arabe, il ne fera de peine à personne. Comme dit un vieux dicton : «Il n'est pas mort, c'est les arabes qui l'ont tué.»

Malheureusement, cet adage s'applique à toute victime du fanatisme arabe, quand on constate avec dépit que nos trois jeunes gens dans la fleur de l'âge, n'émeuvent pas plus que ça l'opinion mondiale. Ouri Yfrah, que j'ai connu à l'école talmudique, ne s'est pas encore relevé du deuil que déjà le monde accuse les Juifs, totalement indifférent au sort de ces familles exemplaires.

Obama n'a pas manqué lui non plus cette occasion. Il présente ses condoléances au «peuple palestinien» sic., alors qu'il s'agit d'Israéliens. Il suffit que les masses retournent au fanatisme comportemental le plus primaire pour réobtenir de la part de l'Amérique un droit à une autodétermination. Terrible gifle pour tous les théoriciens du pacifisme, pour qui «on n'obtient rien avec la violence». Avec Obama, le crime paye.

Attention, cependant, car le vice euro arabo médiatique va plus loin. Les médias mènent le débat et choisissent le ring, la vengeance, non sans édicter préalablement un certain nombre d'axiomes. Les Arabes ne se vengent jamais. Ce sont toujours les Israéliens qui se vengent. Israélien signifie juif, puisque les Arabes israéliens sont palestiniens (cf. Obama et ses condoléances). On attribue aux Juifs un acte de vengeance. Bien sûr, il faut faire vite, mais peu importe. C'est une blitzkrieg. Les occasions ne manquent pas. On en profite à fond et les démentis, s'ils sont publiés, figurent en petits caractères dans une édition unique. Les émeutes, les tirs de roquettes, les agressions ne sont pas perçus comme des actes de vengeance des Arabes mais comme une escalade de la violence provoquée par Israël. Voici déjà les premières cartes.

En d'autres termes, si un quidam se présente devant des faiseurs d'opinion en disant: «J'ai tué quelqu'un qui n'est pas de ma religion», la réaction dépendra de son camp, et la France sera horrifiée ou compatissante. Je laisse au lecteur le soin de définir les cas.

Autre axiome: la vengeance, en tant que plat qui se mange froid, a le mauvais goût de la viande froide. Ce concept exploite un résidu de conscience chrétienne dont l'Occident ne se débarrasse pas facilement. La vengeance est mauvaise, ainsi que la violence. Tout s'obtient par l'amour, etc. etc. Bien entendu, on retombe sur le «Fais ce que je dis, pas ce que je fais». Car c'est avec ses croisés et ses épées que cette religion s'est imposée.

Donc, le Juif, Israël, qui doit essayer de se défendre depuis la cul-de-sac où il est aculé, n'a plus d'autre choix que d'expliquer qu'il y a de bonnes vengeances et de mauvaises vengeances. Mais il aura tout faux d'avance puisque par axiome la vengeance est disqualifiée.

Ne tombons pas dans ce piège. Un débat plus dans le vrai prendrait pour thème la justice, ou mieux, la guerre. Les enlèvements et exécutions d'enfants (cf. famille Vogel) ou d'adolescents sont des actes de guerre. Les bombardements de citoyens innocents qui ne demandent que la paix et la vie alors que les ennemis sanctifient la mort, comme l'a si bien défini Netanyahou cette semaine, sont des actes de guerre. Par conséquent, il n'est nullement question de vengeance, ou sous d'autres nuances, de représailles, de punitions, etc. mais de l'attitude responsable que doit avoir un pays dont les civils se font attaqués, spoliés, assassinés. Faire volte-face et protéger son pays, sans hésiter à poursuivre ses ennemis jusqu'à leur défaite totale, avec l'aide de D., ennemis qui ne se sentent plus de joie et ne ressentent aucune honte humaine quand trois jeunes qui ne demandaient qu'à rentrer chez leurs parents sont assassinés d'une façon des plus atroces, ce sera tout à l'honneur du pays victime de ce fanatisme qui frappe partout dans le monde.

Et pour finir, comment peut-on comprendre la véhémence et la colère de certains Juifs qui condamnent à l'avance les supposés tueurs juifs d'un crime qu'ils n'ont, selon toute vraisemblance, pas commis ? Comment peuvent-ils s'ériger en censeurs, en moralisateurs, alors que les parents des jeunes Juifs innocents n'en sont qu'au troisième jour de la première semaine de deuil, comme si la nouvelle affaire aux circonstances encore légèrement obscures avait tout effacé d'un revers de la main? Peut-être qu'il est doux de se sentir en osmose avec la force, avec tous ces pays qui prennent fait et cause pour les émeutiers qui détruisent en un jour ce qu'un pays libre a édifié au fil des années ; pouvoir se permettre, les occasions sont si rares, de hurler avec les loups, de crier haro sur le baudet, de fustiger son propre peuple gratuitement, en se donnant l'impression de se faire bien voir par une masse mille fois plus forte que la nôtre.

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vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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