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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 13:55

Tout vient du Ciel, mais de quelle manière?

1 L'engagement de l'homme respectueux de la tradition

Si un homme qui observe la Torah ne peut soutenir que le Rédempteur ne lui aurait pas ordonné de se mettre en guerre contre l'ennemi et de le chasser de la surface de notre terre, ou que l'Etat ne peut exiger de lui un service militaire en l'obligeant à se mettre en danger physique et spirituel, c'est que la Torah l'ordonne dans le chapitre que nous allons lire ce shabbat. «Vous conquerrez ainsi le pays et vous vous y établirez ; car c'est à vous que je le donne à titre de possession… Or, si vous ne dépossédez pas à votre profit tous les habitants de ce pays, ceux que vous aurez épargnés seront comme des épines dans vos yeux et des aiguillons à vos flancs…» (Nombres XXXIII, 54-55, traduction GR Zadok Kahn). Il s'entend donc que, puisque l'armée, même lorsque le service est largement observé, ne se charge pas de faire disparaître l'ennemi, n'étant elle-même qu'un outil, fût-il sacré, entre les mains du gouvernement, c'est à l'homme profondément attaché aux valeurs juives d'infléchir le gouvernement et d'influer sur lui pour l'obliger à se charger de l'exécution de ce commandement, au même titre que celui-là insiste pour que le shabbat et la cacherout soient respectés au top niveau.

2. Le refus du programme de D.

Refuser le processus divin du retour d'Israël, ou le corrompre et le dévier, est un dessein voué d'avance à l'échec et à la guerre. Psaumes, CVI, 8 : «Ils ne détruisirent pas les peuples que D. leur avait demandé». On ne peut faire mentir la Torah. Si la Torah affirme dans un texte intemporel, même s'il intervient a priori dans un contexte précis, que les ennemis que nous maintiendrions sur notre terre deviendraient des aiguillons contre nos flancs, on ne peut le dénigrer d'un revers de la main, avec des affirmations prétentieuses autant que condescendantes, en se disant : «Oui, mais c'était il y a bien longtemps, parce qu'on avait peur qu'ils poussent le peuple à l'idolâtrie.» Un principe établi par nos Sages veut que si la raison apparente d'un décret cesse d'exister, celui-ci restera de mise. («batel taam, lo bétéla takana»). Le vin sans surveillance reste interdit même lorsque le viticulteur non-juif ne consacre absolument plus depuis des millénaires ses millésimes aux libations païennes. Il en est ainsi à plus forte raison pour un commandement de la Torah.

Le rejet, sélectif ou total, des lois de la Torah, tend à reléguer la tradition d'Israël au second plan, à en dénigrer l'actualité que les millénaires ne démentent pas. L'un se dira qu'il ne faut plus considérer les ennemis de cette façon, et iront même jusqu'à prétendre en toute fantaisie que c'est avec eux que la paix doit être établie, l'autre qu'il n'est plus interdit de manger toutes sortes d'aliments car les problèmes d'hygiène aujourd'hui font que cette nourriture n'est plus dangereuse pour la santé.

3 L'échafaudage de la mauvaise foi

Des ennemis de l'intérieur ou des gens sincères, mais candides à mourir dans l'obstination de leur erreur?

Personne n'a oublié la pression médiatique constante contre la légitimité et le maintien de la présence juive à Gaza. Les soldats étaient en danger, disait-on, à cause de ces gens-là. Il suffirait qu'ils partent pour que nos soldats n'aient plus à y être assignés en courant tous les dangers. Avant l'expulsion, quand elle semblait douloureusement inévitable, je m'étais entretenu avec Avner, habitant de Netzarim : «Mais qu'allez-vous donc faire?» Il me répondit en toute simplicité : «Si les gens de Tel-Aviv sont incapables de comprendre que c'est pour les défendre que nous sommes ici, alors nous ne nous battrons pas contre eux quand ils viendront nous chercher. Mais nous n'abandonnerons pas de notre plein gré, ça jamais, et il faudra qu'ils viennent nous chercher.» Et lors des grandes manifestations, les terrasses des cafés, à Tel-Aviv, n'étaient pas désertes comme aujourd'hui. Et un public moins exposé que dans la métropole côtière aux futures conséquences du désengagement, protestait et se faisait arrêter.

Eh oui, Avner avait raison. Il n'avait pas la puissance requise pour empêcher le pays de se faire du mal, de se laisser aller à une tendance autodestructrice. Avner n'était pas un psychiatre virtuose de la camisole de force ou capable de matelasser les murs et d'immobiliser un forcené. Avner et toute sa famille, et tous ses voisins, tous furent emportés et décalés de force de quelques kilomètres. Mais il n'a pas perdu son travail, conservant son poste d'enseignant à Netivot. Son épouse non plus. Enseignante à Netzarim, elle l'est restée à Yevoul dans leur résidence transitoire puis à Bené Netzarim, dans leur nouvelle maison, inaugurée sept ans. La commune est restée soudée, sans quoi ceux qui y travaillaient se seraient retrouvés sans emploi. D'autres ont eu plus de mal. Les cultivateurs qui ont mis au point le système des salades dépourvues d'organismes animaux ont été soutenus par une très vaste campagne de don du peuple d'Israël qui leur a permis de reconstruire des serres avec tous les systèmes quelques km plus loin.

4 Les Juifs du Goush pestiférés

Votre serviteur a été arrêté à Kissoufim. Comment le peuple d'Israël, au cœur en or, a été contraint et manipulé. Notre cœur saigne aujourd'hui pour les soldats Golani. Les combattants de l'unité avaient refusé la tâche de l'expulsion des Juif : «Nous défendons Israël, s'étaient-ils insurgés, un Juif n'expulse pas un Juif de sa terre.» Devant le refus généralisé, les bus en partance pour Gaza avaient fait demi-tour. D'autres personnes ont été engagées, des mercenaires! Neuf mille shekels par mois pour toute la période sensible pour qui s'engagerait dans cette unité au brassard bleu foncé auquel la guerre psychologique avait fait coudre une étoile de David, comme pour dire aux expulsés : «C'est Israël qui te demande de partir, tu ne vas pas te battre contre ton propre pays?»

Je marchais sur la route du point de passage de Kissoufim, je n'avais plus qu'un ou deux kilomètres à parcourir. Un immense camp s'étendait à droite, tout le long de cette route. Puis des policiers à un barrage routier m'ont dit que je ne pouvais pas passer. «Mais depuis quand marches-tu comme ça? Tu n'as plus d'eau?» Ils m'ont donné deux bouteilles d'eau minérale. Une jeune femme en uniforme de police, alors que je ne sais plus si je m'apprêtais à leur dire «Vous n'avez pas honte, je viens au secours de mes frères», perdit presque contenance, et m'implora de ne pas la regarder comme ça. Le cœur solidaire d'Israël continue de battre même sous la contrainte. J'ai quitté la route pour couper à travers champs. Presqu'arrivé au passage de Kissoufim, deux personnes m'abordent : «Halte, tu es prisonnier!» Je m'arrête: «Qui êtes-vous donc?» «Unité de surveillance des champs et campagnes.» «Ça existe? Pour qui travaillez-vous?» «Non, pas de questions comme ça. On ne voulait pas. Alors on nous a placés à l'extérieur. De toute façon, si tu t'en vas, tu te feras arrêter un peu plus haut.» Je m'assis et constatai que je n'étais pas seul. Mes yeux s'habituaient à l'obscurité, et j'ai vu des gens de l'Alya de France, que je connaissais de Jérusalem.

«Tiens, mais, qu'est-ce que vous faites là?» «Comme toi, on est prisonniers». «Eh bien c'est pas plus mal, m'écriai-je. J'aurais un casier, et ce casier sera la preuve, pour quand mes enfants me demanderont ce que j'ai fait alors, je brandirai fièrement sous leurs yeux mon procès-verbal.» J'ai vu mon «geôlier» me regarder en silence. Je l'apostrophai: «Je suis prisonnier, et je n'ai pas dîné. Vous devez me nourrir.» «Ce n'est pas prévu». «Vous voulez nous affamer». «Ecoute, me dit-il. D'ici une petite heure, on va apporter aux soldats de ma compagnie des paniers-repas, je te donnerai le mien». «Il n'en est pas question, c'est à ceux qui ont donné cet ordre illégal, notoirement illégal, de nous traiter comme doivent l'être des prisonniers». Quelle grandeur d'âme avait ce jeune soldat, exploité pour sa bonne foi. Vers la fin de la nuit, on nous a apporté un autocar, on nous a fait monter et on nous a conduits dans une base. Mais c'était l'effervescence entre le commandement et les chauffeurs. J'ai protesté que je voulais que mon arrestation soit officielle. C'était presque le matin. D'autres m'ont approuvé, il fallait que l'on puisse prouver à la génération montante qu'on n'avait pas baissé les bras. On nous fit ressortir de la base, les véhicules roulèrent je ne sais plus combien de temps, et on nous fit descendre à un carrefour, les chauffeurs et leurs véhicules étant attendus d'urgence à l'intérieur du Goush, pour la tragédie qui s'y joua en moins d'une semaine. Le travail de quarante ans. Je refusai de descendre. «Vous n'êtes plus prisonniers, vous êtes libres». «Je veux un document qui le prouve». On ne nous répondit pas, comme pour dire: «Vous n'avez jamais été prisonniers». Quelqu'un nous informa cependant : «À gauche, c'est Tel-Aviv, à droite Eilat.»

Quel dommage que nous n'avons pas été plus nombreux. Certes, Kfar Maimon s'est terminé en très grosse arnaque, quand il n'a plus été question de marcher sur le Goush. Mais d'autres avaient peut-être appréhendé le piège. Ah! Si seulement étaient venus de Tel-Aviv directement à Kissoufim au moins autant de gens qu'à Kfar Maïmon!

Mais les habitants du Goush étaient tellement marginalisés, montrés du doigt, coupables du danger encouru par nos soldats, que même dans le camp politique réprouvant le désengagement, on s'est senti envahi par l'opprobre. A ceux qui prévenaient: «Gaza sera pire que le Liban, les missiles pleuvront jusqu'à Tel-Aviv», on conseilla de faire moins de bruit, de la mettre en veilleuse, de ne pas aggraver le cas. Youli Edeltein a demandé pardon la semaine dernière en reconnaissant qu'il avait lui-même considéré que le public soutenant coûte que coûte la présence juive à Gaza en avait fait trop. Ils passaient pour des prophètes apocalyptiques, des prophètes de la colère (névié zaam).

5 La terre ou l'abondance? L'un ne va pas sans l'autre

D. a établi un programme. Il l'a écrit dans la Torah. «Et je me rassemblerai avec vos bannis des quatre coins de l'exil et je vous prendrai en pitié. Et je ramènerai ma présence en vous rassemblant de tous les peuples (…)» (Deutéronome XXX, IV, trad. d'après Rachi ibid.) Que l'on ne vienne pas nous dire qu'Il garde le silence, ce qui a été écrit depuis la révélation sur le Mont Sinaï nous parle aujourd'hui au présent. Rabbi Yéhouda nous parle de milliers de prophètes (Kouzari I, 11). En relisant toute la Bible, on n'en trouve pas autant. Solution de l'énigme : «Toute prophétie prononcée pour les temps futurs est mentionnée par écrit dans le texte, et toute prophétie qui ne concernait que le temps de son émission n'est pas retenue par les écrits». D. nous parle au présent. (אין מוקדם ואין מאוחר בתורה) Mais d'aucuns, avec leurs idées folles, démentes, ont décidé d'inventer un programme à eux, et ont décrété qu'un nouveau Moyen-Orient remplacerait l'ancien. Mais qui fait avancer l'histoire ? Ont-ils seulement conscience que toutes les péripéties des razzias, de la colonisation et de la décolonisation n'étaient que le préambule qui allait préparer les conditions sociopolitiques adéquates au renouveau de l'avènement de la souveraineté d'Israël? N'y aurait-il donc aucun horloger derrière tout ce programme? Le monde serait-il livré à lui-même sans que D. n'en tire les ficelles?

Contredire les plans du Créateur ne marchera pas. Rester à l'étranger quand l'heure du rassemblement des exilés à sonné depuis plus de cent trente ans ne marchera pas. Il y aura peut-être quelques trêves. Céder la souveraineté sur la terre d'Israël à des étrangers ne marchera pas.

Les faux prophètes, les visionnaires en état d'addiction à leurs doctrines ont dit : «On ne veut pas du grand Israël, ni dans sa grandeur spirituelle et religieuse, ni dans sa sanctification, ni dans sa superficie. On veut un petit pays et on ne veut pas de problèmes avec les voisins. On veut gagner beaucoup d'argent en étant tranquilles avec tout le monde.» Le Sinaï a été cédé aux Egyptiens en échange d'un hypothétique essor économique. Pour le moment, il n'y a eu que des pertes financières. On a cédé Gaza, et on en est pour l'instant à la troisième guerre, on essuie des boycotts, des rapports mensongers. Et chaque fois, on s'entête. Certes, on fait la guerre parce qu'on n'a pas le choix, mais une fois la raclée donnée, on ne reste pas.

Chaque fois, l'ennemi est plus fort, plus déterminé, plus haineux, mais personne ne veut reconnaître que le programme ersatz du véritable Retour d'Israël n'a pas sa place, que le peuple se rend coupable de ne pas avoir anéanti les peuplades que D. nous a demandé d'anéantir. (Psaumes 106, 8). L'évidence se fait plus forte, plus puissante, incontournable, mais le faux messianisme s'acharne, se bloque, se rend incapable de reconnaître sa faute, étape préliminaire avant de pouvoir s'amender: «Peut-être aurions-nous dû donner raison aux défenseurs de Goush Katif, aux inconditionnels de la terre d'Israël, et en grand s'il vous plait!» On a voulu céder Gaza pour que le monde entier comprenne notre très haut niveau de recherche de la paix, de sacrifice de soi, des siens et de son D., pourvu que tout le monde sourie ; on a voulu faire des affaires avec le monde entier, battre chaque année le record d'entrées touristiques de l'année précédente. Eh bien, il aura fallu trois guerres consécutives pour que l'on n'ait ni la terre, ni l'argent.

Le temps de l'exil est révolu, mais il faut encore extirper du cœur et de la tête des dirigeants politiques la mentalité de l'exil, cette tendance à corrompre les vraies valeurs de la Torah en en appliquant d'autres, inhumaines, traitresses, immorales. Relisez donc la Torah, réapprenez les valeurs juives depuis le début, et vous comprendrez que le sang d'un seul de nos soldats vaut plus que celui de mille de nos ennemis. «Et cent d'entre vous en poursuivront dix mille» (Lévitique, 26, 8). Si le monde entier conçoit qu'un Juif en vaut 1027, dans le cadre d'un échange, il peut le concevoir aussi dans le cadre de la guerre.

Un gouvernement moral, exemplaire, c'est celui qui s'engage avec loyauté (concept malheureusement oublié) auprès de ses citoyens, qui garantit aux épouses et aux mères, et aux jeunes enfants d'Israël qu'il fera, mais réellement, tout ce qui est en son pouvoir pour que leurs proches qui se séparent de leur famille, qui se mettent en danger en faveur de tout le peuple d'Israël, reviennent sans qu'un seul ne manque, même s'il doit pour cela bombarder sans distinction le camp de l'ennemi, et surtout sans éprouver une pitié inadéquate et excessive pour les épouses le les mères de la haine, car la pitié pour ces dernières ne consiste en rien d'autre que dans la cruauté pour son propre camp.

Certes, pourtant, tout vient du Ciel, la bénédiction ou son contraire, mais c'est à l'homme qu'il revient de choisir la vie (Deutéronome 30, 19), afin que l'ont n'en vienne pas à la situation préconisée dans le passage de la Torah que nous lirons ce shabbat : «Et ce que Je préconisais de faire subir à vos ennemis, c'est à vous que Je le ferai subir» (Nombres XXXIII, 56). Puissions-nous revenir au plus vite dans le droit chemin, sans être sans cesse contraints et dupés par des dirigeants qui ont des programmes que la raison ne connaît pas, et que se réalise pleinement la prophétie: «Et vous siégerez dans la sécurité sur votre terre» (Lévitique XXV, 28).

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vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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