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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 13:53

Dans quelle religion est-il écrit qu'il ne faut pas toucher aux civils en temps de guerre? Il n'est pas inintéressant d'établir le rapprochement suivant: c'est précisément au moment où Israël ne parvient pas à venir à bout de terroristes qui mettent tout son territoire sous les bombes uniquement pas leur haine du Juif, et ce parce qu'il veut à tout prix ne pas toucher aux civils, que la section hebdomadaire de la Torah, traite de la guerre totale que Moïse est sommé de mener contre Madian. Après seulement, il sera autorisé à accéder au repos éternel. Or, il se met tout de suite à l'ouvrage, ne cherchant pas le moindre délai. Douze mille hommes partent en campagne, et la besogne est vite abattue. Mais Moïse s'emporte : «Vous avez laissé vivre les femmes?» Le travail est repris. Plus de Madian. Seules les filles de moins de trois ans seront adoptées puis élevées selon les valeurs de la réserve et de la pureté familiale d'Israël et pourront se débarrasser du fond immoral de leur patrie d'origine, avant d'être épousées et reconnues comme membres à part entière de leur nouvelle patrie.

Il va de soi que Madian n'a plus jamais posé de problème à Israël. Deux sections hebdomadaires plus tôt, Madian avait été responsable de la mort de 24000 membres de la communauté de Moïse, en apprêtant ses femmes, et en séduisant ses victimes attirées et du coup prêtes à se soumettre au culte de Ba'al Peor. Bien entendu, les objections emportées ne vont pas tarder à fuser. «Mais ça n'a rien à voir!!!» En effet. Chez Madian, ce sont tout particulièrement les femmes, dans leur manière non conventionnelle de faire la guerre, qui ont obtenu des résultats que ni Og ni Sihon n'ont réussi à obtenir, malgré leur terrible puissance, digne de celle des Cananéens qui avait fait reculer les explorateurs qui, par répercussion, avaient découragé le peuple, condamné à périr dans le désert par son manque de confiance et d'optimisme. Donc, il est compréhensible que Moïse ait donné un tel ordre, et qu'il s'agissait d'une guerre tout à fait particulière qu'il n'est pas donné d'utiliser comme exemple pour d'autres cas.

Toujours est-il qu'il est un peu simpliste de faire comme si ce que nous rapporte la section que nous allons lire ce shabbat ne concernait pas notre période. On entend souvent les arguments du même topo : la guerre totale contre les Cananéens, malgré la possibilité d'avoir à son service des «travailleurs» cananéens, la guerre contre Amalek, sont des cas tout à fait particulier. Ces hommes étaient tellement dépravés et irrécupérables qu'ils n'avaient plus leur place dans la société globale. Seulement, tous ces arguments aboutissent à une attitude en opposition totale avec les récits bibliques. Certes, nous rabâche-t-on, les Madianites, les Cananéens, tous étaient suffisamment corrompus pour mériter un tel sort, mais aujourd'hui, au XXIème siècle (XXème il y a quelques années) etc. etc.

Une population haineuse sans raison aucune, ou dont les raisons se perdent dans l'irrationalité de la nature de certaines catégories présentes dans l'humanité, peuvent pendant des années ne chercher qu'à frapper les civils d'Israël, en visant les villes et les agglomérations où ils pourraient, D. préserve! obtenir les résultats les plus spectaculaires, et aucune instance ne se mobilise pour mettre au ban des nations ce sous-groupe musulman qui ne vit que pour détruire. Pourquoi ne trouverait-on pas naturel que les Israéliens se mettent à bombarder dans la direction de ceux qui les bombardent, en tant qu'Etat souverain agressé?

Alors, si la morale avec un grand M exige de ne toucher que les tireurs de missiles, et de ne plus les importuner en les laissant viser nos immeubles et nos villes dès qu'ils se cachent derrière la population qui les a mis au monde, on peut par analogie reprocher à Moïse d'avoir réglé leur compte aux Madianites. Après tout, entre leur agression et l'expédition punitive ordonnée sur ordre divin, ils s'étaient retirés et s'étaient tenus tranquilles. Et qui nous dit que la totalité des femmes de Madian étaient impliquées dans l'affaire avec laquelle Pinhas avait fini par découdre ? Ou encore, pourquoi alors tuer les hommes, s'ils semblent innocents ?

De deux choses l'une. Soit les civils ne sont pas foncièrement hors de cause, auquel cas les hommes et les personnes non impliquées ont ressenti une profonde jubilation en apprenant la mort des vingt-quatre mille Israélites, et sont prêts à prendre la relève pour des agressions ultérieures éventuelles, soit ils sont sincèrement peinés, mais ils doivent alors assumer une dynamique de groupe, sans laquelle les agresseurs n'auraient pas été en mesure de nuire.

Les médias se chargent de répondre à la problématique ci-dessus, et la masse de nos ennemis, au nom desquels ils nous parlent, est certainement extrêmement affligée par ce qui nous arrive. Et ils font remuer les lèvres de la masse avec les paroles qu'ils y placent. Les civils sont tellement innocents à Gaza que «civils innocents» devient presqu'un pléonasme. Cette formule, nous l'ingurgitons des dizaines de fois par jour. Eux aussi, ils souffrent, eux aussi aimeraient que cette situation de guerre finisse. Les civils sont innocents. D'où provient donc l'assurance de telles affirmations? Un questionnaire a-t-il été remis à tous les habitants de Gaza pour nous présenter ces affirmations comme une réalité accomplie? De surcroît, comment peut-on présumer innocente une population qui a dans sa quasi-totalité applaudi en apprenant la nouvelle du triple kidnapping où trois jeunes qui ne demandaient qu'à vivre en paix ont été exécutés par un tribunal islamique de terrain?

Les terroristes sont le produit de la société dans laquelle ils vivent, et de laquelle ils surgissent pour nuire, pour tenter par tous les moyens de changer la vie d'une nation qui n'aspire qu'à la paix et la prospérité en cauchemar. Plus encore, quand bien même seraient-ils opposés à l'agressivité de leurs dirigeants, ils servent de terreau, de vivier, de support à toutes les activités criminelles des groupes terroristes. En outre, si cette population avait été opposée à ce que des terrorismes les dominent, elle aurait beaucoup plus tôt dû manifester son soutien au maintien de l'administration civile israélienne à Gaza, au lieu de s'attaquer à Tsahal d'abord à coups de pierres puis de dynamite. En tout état de cause, aussi bien à Gaza qu'auprès du public musulman qui occupe Hébron, les mères – civiles donc – d'assassins se vantent de les avoir nourris au lait de l'islam, offrent des petits gâteaux à la foule en liesse quand de jeunes Juifs innocents sont massacrés sans la moindre considération de la valeur de la vie par leurs rejetons de bourreaux.

Quoi qu'il en soit, l'histoire des guerres a montré, que la question de soutien ou de l'opposition est secondaire, car on n'arrive à bout des ennemis les plus acharnés qu'en sapant les arrières. Il aura fallu les bombardements de Dresde et d'Hiroshima pour que les forces les plus opiniâtres de l'Axe capitulent enfin.

Ici, un aparté s'impose. Voyant d'avance les vaillants grincheux, les soupes au lait, pointer un doigt lyncheur accusateur contre le pacifiste auteur de ces lignes, il convient d'établir sans équivoque qu'il ne s'agit pas ici de faire l'éloge de la bombe atomique, ou de l'attaque de civils, mais d'établir des constats, sans le moindre parti-pris.

Entre l'ordre donné contre Madian et l'annulation d'un raid de Tsahal parce que des civils ont été aperçus dans les parages des lanceurs de missile, il y a un monde, surtout que peu après cette annulation, un jeune de seize ans a été grièvement blessé par une attaque menée depuis Gaza à Ashkelon. Il faut bien comprendre que la guerre implique un bouleversement des valeurs, ce qui oblige l'antagoniste le plus pacifiste, Israël en l'occurrence, qui n'est pas le premier à avoir lancé des bombes sur les populations des autres, à reconnaître et à s'identifier à son propre camp.

Impossible de durcir son cœur avec une fausse neutralité, qui se justifierait par le principe de la limitation des dégâts des deux côtés. Car ne pas employer tout les moyens pour mettre au plus vite un terme définitif à des attaques potentiellement extrêmement dangereuses, c'est se forger une indifférence envers la souffrance des siens, c'est s'empêcher de tout mettre en œuvre pour sauver leur sang, et leur droit à la vie et à la paix. Les «deux côtés» ne sont pas à mettre sur un pied d'égalité. Israël aspire à la vie. Les terroristes qui le bombardent rentrent dans la même catégorie que toutes les organisations du même acabit qui mettent le monde entier à feu et à sang dès qu'elles le peuvent. Et cette neutralité (cette considération équivalente des «deux côtés») est d'autant plus fautive que n'importe quel observateur comprend que des nids de haine produisent un flot de bombardements que seule une action radicale aux implications prolongées dans le temps et l'espace saurait interrompre définitivement.

Les ennemis l'ont tellement bien comprise, cette «neutralité», qu'ils savent qu'ils peuvent faire du chantage. Si Israël veut la paix, à savoir ne pas être bombardé, alors Israël devra céder à leurs exigences. On ne nous dit pas tout. Peut-être que les conditions de luxe insensées dont bénéficient les terroristes dans les prisons israéliennes, peut-être que cette promptitude à ne pas respecter les décisions des magistrats en les libérant comme si les prisons étaient des passoires ne sont-elles qu'une partie des résultats que les ennemis obtiennent par ce chantage.

Et le jour où Israël ne voudra plus être racketté, alors ils bombarderont et accuseront, avec l'assurance préalable de la complaisance d'un Occident devenu lâche, Israël d'être responsable de la guerre.

Cet argument trompeur de la majorité de la population ennemie qui veut la paix est la séquelle, le trouble persistant de l'influence de l'extrême-gauche proto-accords-d'Oslo dont le pays ne s'est jamais remis complètement. Au nom de leur dialectique, nous sommes parvenus à la situation que nous savons. Une fois encore, combien même seraient-ils innocents, leurs civils le seraient moins que les civils d'Ashkelon, de Jérusalem ou de Tel-Aviv visés par des pluies de roquettes de modèles qui devraient aider le monde occidental à comprendre que la population qui peut se les payer ne mérite pas le qualificatif de pauvre.

Israël, avec son retour en ses frontières, aurait tout à gagner à ne pas persister dans sa situation de victime, réelle il est vrai, qui consiste à montrer au monde entier : «Regardez, nous ne leur avons rien fait de mal. Et pourtant ils nous bombardent. Nous leur fournissons l'eau, l'électricité, des vivres, nous avons mis un terme au judaïsme de Gaza qui gênait leur haine pour les rendre heureux. Nous ripostons très gentiment, prenons soin de leurs civils bien plus que des nôtres, et pourtant ils continuent…»

Dans l'affaire de la vengeance de Madian que nous lirons ce shabbat, il nous faut retenir non pas ce qui éloigne cette affaire de notre réalité, mais ce qui la rapproche. Si le contexte présente des différences qui ne permettent pas d'appliquer le traitement de Madian à Gaza, il n'en demeure pas moins qu'il est donné d'en retenir la leçon suivante : une peur obsessionnelle de toucher, même sans en avoir le choix, les civils de l'ennemi au prix de mettre en péril les nôtres, n'émane pas d'une essence profondément juive. .

Et pour répondre à la question posée au début de cette analyse, cette attitude ne provient pas du judaïsme tel qu'il est selon ses sources, mais se conforme au judaïsme tel qu'il est perçu par le résidu de la doctrine qui se dit judéo-chrétienne d'un Occident qui considère que notre culture consiste à tendre l'autre joue. Vanter les supposées qualités de retenue, de discernement entre les bons et les mauvais ennemis, ne relève que d'un judaïsme déformé par le prisme et le regard d'un Occident qui noue un bandeau autour des yeux d'Israël. Cette perception s'est transposée également dans un contexte philosophique laïc où Sartre définit le Juif en tant qu'individu ou collectif qui ne peut exister que selon la manière que les non-Juifs ont de le percevoir.

Il est temps qu'Israël cesse de se regarder avec les yeux des autres, et qu'il récupère sa vision en même temps que son prestige dont le souvenir s'est perdu avec la défaite de Bar-Kokhba. Si les arabo-musulmans ne sont pas Madian, et s'il n'y a pas eu d'ordre divin donné explicitement au suprême dirigeant d'Israël, il n'en demeure pas moins que les ennemis d'aujourd'hui, à l'instar de ceux de l'époque biblique, se battent contre D. et contre son peuple. Une interview qui circule sur Internet laisse entendre un Balam des temps modernes avouer que D. protège Israël. C'est donc bien contre Lui qu'il admet se battre. «Venge Israël des □*, et seulement après tu aspireras au repos.»

*A compléter.

Yéochoua Sultan

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