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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 17:04

Jeudi, une manifestation monstre doit se tenir au lieudit E1. A titre de rappel, l'acceptation d'une Palestine non-juive et purifiée de toute présence juive dans le cercle de l'Onu en tant que membre observateur avait suscité une réaction courageuse et énergique du Premier ministre Benyamin Netanyahou. Il semblait en effet qu'il ne serait pas prêt à laisser passer l'injure qui avait sciemment choisi la date du 29 novembre 12, comme pour se railler d'un précédent 29 novembre, où, un peu moins d'un an avant la proclamation de l'indépendance d'Israël, la Société des Nations avait voté le partage de la terre d'Israël.

Or, le plus récent de ces deux 29 novembre, avec 138 voix favorables et 41 abstentions, commence à se faire vieux et a perdu son effet épidermique. Cela fait donc plus d'un an que Netanyahou s'était emporté, et il a eu le temps depuis de refroidir profondément. Quant au lieu qui doit voir se construire la ville de Mévasser Adoumi, autrement dit E1,  et qui forme un triangle avec la ville de Ma'alé Adoumim – qui dérangeait déjà Bush parce qu'elle coupait la Palestine en deux, alors qu'Har Homa, qui la coupa du coup en trois, dérangea plus tard Clinton  – et la localité de Kefar Adoumim, il n'a toujours pas reçu la visite du moindre tracteur commençant ne fût-ce qu'un début de travaux de terrassement. Celui qui semble bel et bien terrassé sous la pression américano-arabe reste le chef de la diplomatie. Le principe de la manifestation consiste donc à tenter d'apporter un contre poids pour palier un effondrement et surtout, le cas échéant, à ne pas donner l'impression que la masse correcte et silencieuse serait d'accord pour le sabordement de l'Etat d'Israël.

En attendant, les médias redoublent d'efforts de désinformation. Dimanche, le quotidien Ma'ariv titrait en lettres tellement grosses qu'elles occupaient quasiment toute la première page : «L'unité du peuple d'Israël est plus important que l'unité de la terre d'Israël». Sachant que le quotidien se vend mal, il peut servir néanmoins d'affiche, dans une rue passante de Jérusalem où peu seront ceux qui s'arrêteront pour l'acheter.

A la radio, le même jour, un commentateur décortiquant et disséquant en petits morceaux un discours d'Avigdor Libermann ponctuait ses allégations d'un «Etat palestinien en route», comme s'il s'agissait d'une fatalité inéluctable avec laquelle on ferait bien de composer. Rappelons que le diplomate Abba Eben avait qualifié les frontières d'avant la guerre des Six jours de frontières d'Auschwitz. Celles de 47 l'étaient davantage, et il est fort probable que si le partage de la Palestine voté à cette date, Palestine qui avait pourtant été reconnue tout entière comme le Foyer national du peuple juif, n'a pas tellement soulevé d'opposition, c'est qu'inconsciemment ou non, les observateurs «neutres» ne devaient pas donner cher de la peau de ce renouvellement de la souveraineté juive sur sa terre.

Pour revenir au titre de Ma'ariv, qui a été bien entendu placé entre guillemets en tant que citation d'une personnalité politique pour rendre un tout petit peu moins flagrant l'aspect propagandiste du travail de ce journal, il peut paraître étonnant qu'il soit encore considéré comme un argument sensé, alors qu'il intervient après le «désengagement» de Gaza qui a obtenu les résultats que l'on connaît ; sans compter la façon d'ignorer ouvertement ce que valait la vie d'un Juif, privé de sa terre, pendant son long exil. D'aucuns minimisent la gravité du problème, alléguant qu'il ne s'agit pas de se retrouver complètement sans un pays à soi, et soutenant mordicus qu'un retrait israélien des monts de Judée ne pourrait que conduire vers une normalisation des relations avec les néo-Palestiniens tout désignés pour supplanter l'identité nationale antique-nouvelle du peuple d'Israël.

Pendant près de deux millénaires, les nations, lorsque nous nous trouvions sur leur sol, nous disaient : «Palestiniens! Retournez chez vous!» Aujourd'hui, c'est fait. Alors, qu'est-ce qu'elles nous veulent encore?

Un autre argument poussant au rapetissement d'Israël se sert étrangement du retrait israélien de Gaza, non seulement en l'approuvant, mais en soutenant que si le retrait s'était produit plus tôt, le Hamas n'aurait pas pris le pouvoir des mains du Fatah, parce qu'il n'aurait pas eu suffisamment le temps de profiter de la situation pour se rendre populaire. Pour ceux qui sont de cet avis, on a trop traîné, alors qu'une décision plus prompte aurait changé la face de la région.

Tout d'abord, cet argument pèche par méconnaissance du terrain, et fait comme si les méchants avaient spolié les gentils de leur pouvoir modéré, humain, légitime etc. Si on avait laissé le choléra faire son travail, il n'y aurait pas eu la peste après lui. C'est en gros ce que cette dialectique veut dire. Ensuite, même en admettant que l'idée soit en rapport avec la réalité, il faut convenir que c'est l'inverse qui est vrai. Le Shin Beth attribue un taux de plus en plus croissant d'activités terroristes à Al-Qaïda et au Jihad islamique, qui sont des mouvements au minimum dissidents et dans le pire des cas concurrents au Hamas qui, lui, commence à passer du coup pour le mouvement qu'il est encore possible de contrôler.

Il ne faut pas oublier que les deux dernières guerres provoquées par les ennemis qui se sont vu offrir le contrôle de Gaza, ont été déclenchées par le Hamas qui s'est à peu près tenu tranquille depuis. En outre, cette organisation terroriste comprend très bien que, tout paradoxale que cela puisse paraître, elle a besoin d'Israël pour continuer à occuper Gaza en toute quiétude et s'y sentir comme dans un paradis à ciel ouvert. Pour reprendre un argument de tendance gauchisante, les plus dangereux sont ceux qui n'ont rien à perdre. Or, le Hamas n'est plus dans ce cas. Il suffit de voir l'incroyable aide qu'il a reçu des pouvoirs israéliens pour ne pas sombrer sous les pluies diluviennes de décembre dernier, quand d'immenses pompes ont été actionnées pour rendre le terrain viable, sans compter la routine des livraisons de vivres, matériaux de construction etc., acheminés par le passage de Kerem Chalom.

Aujourd'hui, tout le monde comprend très bien –il suffit de voir ce qui se passe tout près d'ici en Syrie – quel serait l'avenir d'une Judée Samarie abandonnée au pouvoir d'un Mahmoud Abbas, et de quelle manière un départ de Tsahal créerait un vide qui ne serait pas comblé par le terroriste de Ma'alot et de Munich mais par toutes sortes de mouvements qui se multiplient tellement qu'on a du mal à en retenir les noms. Si, pendant une quarantaine d'années, on nous avait habitué à une organisation dominante, l'Olp, dont les autres n'étaient que des filiales ou des ramifications, puis à une deuxième, le Hamas, il faut savoir qu'aujourd'hui l'hydre terroriste possède des têtes de plus en plus nombreuses qui surgissent certes d'un vaste corps islamique, mais qui s'entredéchirent plus qu'elles ne coopèrent pour s'en prendre à l'ennemi sioniste ou européen. Bien sûr, il ne faut pas s'y tromper, car elles ne perdent rien de leur nocivité, et celui qui tenterait de les caresser serait bien mal inspiré.

La Jordanie et les terroristes du Fatah l'ont compris également. La Jordanie a vivement fait part de ses réticences vis-à-vis du plan Obama-Kerry, et qu'elle s'opposait résolument au retrait de la souveraineté israélienne de la vallée du Jourdain, sachant que le chaos qui suivrait en pareil cas s'infiltrerait profondément sur le terrain que ce pays occupe, ce qui aboutirait à une nouvelle carte régionale d'un partage de la Palestine avec une entité israélienne le long de la méditerranée, moins Gaza, et une entité islamo-chaotique quatre fois plus vaste à l'Es.

Même le terroriste Abbas, dans sa nouvelle proposition du 4 fév. 14,  a fait savoir qu'il ne serait pas opposé à ce qu'une force de l'Otan soit déployée sur le terrain. En Israël, le gouvernement a déclaré que les forces de l'Otan seraient plus efficaces que celles de la Finul. Il faut dire que cette dernière était censée assurer la non-belligérance envers Israël à partir du Sud-Liban depuis le retrait de Tsahal ordonné par Ehoud Barak qui partait encore une fois du principe bancal selon lequel l'animosité contre  Israël serait due à telle ou telle occupation par Israël d'un terrain revendiqué par ses ennemis.

Puisque le Hezbollah a kidnappé des soldats en patrouille et perpétré des attaques sans précédent, alors que pendant ladite occupation israélienne, les frappes de missiles les plus profondément imprégnées n'avaient pas dépassé la ville frontière de Kiryat-Chemona, on peut en effet considérer que la Finul est inefficace, d'autant que ses soldats avaient reçu l'ordre de ne jamais tirer et de ne transmettre que des rapports. «Voyons, voyons», doit se dire le patrouilleur de la Finul, «trois missiles de longues portées, dix Katioucha, c'est noté, et voilà le travail!»

Ce qui est plus difficile à comprendre, c'est en quoi le fait que la Finul ait un effet nul rendrait l'Otan compétent. Et ce qui est encore plus aberrant, c'est que  dans les discours du «plus jamais ça», on nous répète à longueur de temps que l'Etat d'Israël et Tsahal protègeront toujours dorénavant le peuple juif. Alors, si on ne peut compter que sur soi-même, pourquoi diable compter sur une armée étrangère pour assurer notre sécurité?

Le docteur Oded Eran, ancien délégué d'Israël à l'Otan, interrogé par la chaîne Ynet, après une énumération de faits qui prouvent que les armées internationales sont loin d'être sécurisantes, se lance dans une démonstration digne du pilpoul juif pour se déclarer confiant à 50 % dans cette nouvelle idée. En bref, il faudrait, puisque l'Otan n'est capable au mieux que de faire office de présence, et qu'il n'est pas possible d'envisager que ses soldats pénètrent dans les villages arabes pour en extraire les terroristes, qu'un bataillon de Tsahal soit incorporé au sein de la force internationale pour continuer à faire ce travail. Voilà comment une idée d'Otan emporte un analyste sérieux, à accorder du crédit à une idée qui ne devrait rester inacceptable qu'a priori.   

Afin de lutter contre ce processus de guerre totale qui porte toujours l'appellation incontrôlée de processus de paix, il ne reste à l'élite bâillonnée du peuple et à sa majorité trop silencieuse que les médias parallèles pour tenter de contrattaquer. N'ayant ni radio ni télévision, la liberté d'expression n'étant pas reconnue à ce niveau, il ne reste que certains journaux. Les appels à la marche de protestation et à la manifestation se font en outre par tracts et mobilisation de bénévoles cherchant à contacter les sympathisants en mesure de démentir le message mensonger qui fait du peuple israélien en otage le partisan de sa destruction. Des rabbins se sont mobilisés pour rédiger une lettre qui va à l'encontre du faux consensus de la prétendue normalisation, et mettant en garde contre une pression injuste et ne cherchant absolument pas la paix pour Israël.

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vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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