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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 23:51

Quand un ennemi à court d'arguments militaires se découvre un réseau d'alliés à l'intérieur

Certains réflexes dont le conditionnement remonte à la nuit des temps, tendent à montrer que la liberté de penser et la démocratie restent largement bien peu ancrées dans bien des esprits. S'il est aujourd'hui à peu près évident que les dictateurs et autres monarques ne gardent dans le meilleur des cas qu'un rôle décoratif et/ou de parade, ayant été remplacés par des élus devant justifier toute politique ou décision, sous peine d'être attendus au tournant des prochaines élections, le cas est absolument différent pour la gente impérieuse des tribunaux.

Dans certains pays, les juges et autres procureurs continuent de se pavaner avec des atours royaux, des manteaux d'hermine et autres longues toges. C'est loin d'être drôle. Il se peut que le plus inquiétant ne consiste pas dans le fait qu'ils échappent à tout système ou contrôle démocratique, ni qu'ils n'aient donc pas de comptes à rendre à un peuple qu'ils peuvent prendre de haut, mépriser et infantiliser comme bon leur semble. Le plus dangereux se situe au niveau de la réaction du bon citoyen, qui s'autocensure et se fait tout petit face à ce système : «Bien entendu, si c'est le juge qui l'a dit, si c'est la loi…» comme si les trouver iniques ou dans l'erreur serait un blasphème.

Pareillement, si un président de République ou un Premier ministre peuvent être directement désignés par leur nom, voire par un surnom – Tonton, Bibi – les juges, aussi bien que leur système, seront précédés et entourés de tout un arsenal de titres de noblesse et autres superlatifs. La Cour n'est pas moins que Suprême, ce qui veut bien dire qu'il n'y a plus aucune autorité au-dessus d'elle, tel l'aigle dans les cieux, tandis que ses protocoles désignent les participants aux prises de décision avec des qualificatifs plus imposants que leurs noms.

Ainsi, en Israël, la décision de la Suprême Maison de Justice n° 5023/08, relative à une affaire moderne d'expulsion de Juifs et de destruction de leurs maisons et de leurs biens, spectre que l'on avait cru suranné par le retour d'Israël à sa souveraineté et à sa dignité, s'ouvre sur pas moins de trois «son excellence», avec deux président (un président à la retraite et une présidente, en l'occurrence M. Naor, qui s'est illustrée dans plusieurs affaires où des Juifs se sont sentis lésés), et un juge tout court.

L'éditorialiste du Ptit Hebdo, A. Azoulay, a présenté cette affaire que tout homme digne de ce nom ne peut que trouver inimaginable, à savoir l'ordre de destruction de 9 maisons dans le village d'Ofra, sous un angle plus humain. Au lieu de se lancer dans des batailles de chiffres, du genre «c'est vrai, c'est dur pour ces neuf familles, mais d'un autre côté la construction va reprendre en grand, c'est dur aussi pour les quarante-deux foyers d'Amona, mais on doit leur reconstruire un village un peu plus loin», il a tout simplement publié la photo de l'une de ces somptueuses maisons, citant la famille Bensoussan, ayant réalisé son rêve de retour en Israël, lorsqu'elle jeta son dévolu sur ce magnifique village, qui a notamment accueilli, voici une quinzaine d'années, avec l'Aliya de groupe sous l'égide de Chalom Wach (qui fut dans un passé plus ancien maire de Kiryat-Arba-Hébron), quelques dizaines de familles ayant quitté un sol français bien moins tourmenté qu'aujourd'hui.

Selon une source proche du Conseil de Judée-Samarie, les neuf propriétaires se seraient d'ores et déjà fait rembourser leur achat, puisque les maisons faisaient partie d'un projet de repeuplement de la société Amana. Quoi qu'il en soit, même si cet argent a été restitué, imaginez ces propriétaires dépossédés se retrouvant sur le trottoir avec femme et enfants, et tout leur mobilier ; ou faisant fondre leur capital dans une location.

«Mais puisque c'est le tribunal qui a tranché», entendons-nous fuser un peu partout de la part personnes qui préfèrent hermétiquement fermer leur cerveau et leur cœur, ou leur sensibilité à ce que l'on appelle les droits de l'homme… «Il faut bien l'accepter. Nous ne sommes tout de même pas des hors-la-loi!»

Les juges ne sont pas nés de la dernière pluie, et ils savent enrober leurs démarches en leur donnant une façade des plus rigides.

Sous l'entête, qui, ironie du sort, présente l'emblème de l'Etat d'Israël avec la Ménorah et les rameaux d'olivier, figure comme susdit la désignation des trois membres du tribunal réunis. Puis vient la liste des plaignants, suivie de près de celle des personnes mises en accusation. Dès cette présentation, il faut vraiment vouloir fermer les yeux pour ne pas se dire que c'est l'Etat d'Israël qui est mis en accusation au profit de forces étrangères, par un recours pervers à ses propres instances.

Parmi les plaignants, des noms comme : Moustapha Abdallah Abdel Kader Hamad (il s'agit d'un seul individu), Saïd Zhadi Mohamed Shahada (c'en est un autre), ou encore les tristement célèbres organisations pour qui les droits de l'homme s'arrêtent là où la notion de juif commence, corrompues et arrosées à coup de centaines de millions d'euros, dollars, shekels, par des groupes étrangers dont des Etats aux intentions hostiles, à savoir Yesh Din et Betselem. Les accusés ne sont rien de moins que le ministre de la Défense d'Israël, le Commandant des forces de Tsahal de la «Rive Ouest» (sic), Ofra, autrement dit la municipalité juive, mais aussi un honnête couple de citoyens, David et Chira D, donc les Juifs.

Bien entendu, la presse ne vous en dira rien, car il faut bien que vous gardiez à l'idée qu'il s'agit d'un différend entre un propriétaire lésé et un squatter indélicat, et que peu importe le nom ou l'origine des plaideurs. On n'est pas racistes, non mais! Seulement, là, c'est un peu poussé, pour ne pas dire que ça dépasse les bornes.

Quoi qu'il en soit, ça ne dérange pas le tribunal, qui continue dans les pages suivantes son exposé : et ce toujours dans la démarche du «on fait pas de différence». Pour lui, les terrains seraient donc la propriété d'ex-Jordaniens de la colonie arabe Ein-Yabroud, terrains situés au milieu du village d'Ofra. Dans le paragraphe 2, le texte brille par son objectivité : «Les neufs constructions ont commencé à se construire sur les parcelles 1, 2, 14, 12, et 16, du bloc 7 (…) Ce terrain est enregistré et inscrit sous le nom d'"habitants palestiniens" (sic)». Or, dans le même paragraphe 2, nous lisons : «la première maison juive a obtenu les autorisations de construire en 2006, les autres en 2007»

Ces maisons ont en effet été construites avec toutes les autorisations légales en vigueur, qui permettent notamment d'accéder au droit d'être approvisionné en électricité par la très officielle compagnie du même nom, en eau, infrastructures diverses, dont route, trottoirs, places de parking, et relation avec des espaces communs abritant entre autres des jardins d'enfants. Ce mercredi, les enfants de ce jardin, qui donne sur cette rangée de maisons, et dont les plus grands ont six ans, pour ne pas être traumatisés par des pratiques que l'on pensait révolues, seront accueillis par le village de Bethel.

Ici, une aberration saute aux yeux par sa contradiction : si les maisons ont obtenu des permis de construire, comment est-il possible que les terrains soient inscrits sous d'autres noms? Et réciproquement (autrement dit, si les terrains sont inscrits etc., comment Ofra a-t-il obtenu lesdits permis?).

Autre élément qui cloche : ouvrons bien nos yeux et nos oreilles, ce qui va nous faire comprendre avec plus de précision le «sic» précédant. Deux problèmes sont posés par ces dits «habitants palestiniens», dont le tribunal affirme que les terrains seraient inscrits à leurs noms : le premier, c'est que leur nom ne figure nulle part, le texte dit «d'habitants» sans l'article défini, et non pas «des habitants», ce qui aurait pu renvoyer aux noms figurant dans la liste des attaquants, ou des plaignants. (dans l'original, pour les hébraïsants : «הרשומה על שמם של תושבים פלסטינים», on remarque l'absence de l'article).

Le grand rabbin de Bethel, le Rav Shlomo Aviner, a réexpliqué vendredi dernier (24 fev.) qu'il n'y a aucune liste de noms, ni dans le cas présent, ni dans des cas plus anciens, comme Migron, Amona, etc., ou de personnes réelles, les terrains étant restés des champs de ruines. Personne n'est venu remercier le tribunal en réintégrant ces terrains.

Le second problème sur le pur plan de la juridiction est cette appellation d' «habitants palestiniens». Cette notion ne saurait sérieusement servir de base juridique : il ne s'agit pas d'un pays ou d'une nationalité, ni d'un pays qui serait «occupé» illégalement par les Juifs.

La question est de savoir sur quelle base sérieuse le tribunal se fonde pour se permettre d'ordonner à un gouvernement faible une telle sanction et un tel traitement à des citoyens exemplaires.

Le journal Bechéva, du groupe Arouts 7, rapporte dans son édition hebdomadaire n° 732 du 16 février, que des photos anciennes, soumises par Yesh Din, montreraient à la place de ces maisons une ligne d'arbres, ce qui expliquerait la configuration curieuse du terrain revendiqué. Cette façon d'appréhender la justice n'est pas nouvelle ; pourtant, qu'est-ce qui permet au tribunal de penser que les arbres n'auraient pas pu être plantés par des Juifs? Ils n'étaient pas tous bloqués en Europe, anéantis par les Allemands ou livrés à eux par la France ; et on sait par ailleurs que le judenrein imposé par l'occupant jordanien a duré en tout dix-neuf ans, de 48 à 67.

Drôle de justice, donc, et coupable d'amalgame : les arbres n'ont été plantés que par des Arabes, et si des Juifs se trouvent sur un tel terrain, il faut les en déposséder. Un cas encore plus irréel et pourtant véridique a pris à partie le village juif israélien de Tekoa. A l'époque, il suffisait aux antijuifs de promener des moutons sur des terres pour en revendiquer la possession et d'une pierre deux coups l'interdiction aux Juifs de s'y établir. Ils n'avaient qu'à désigner les déjections laissées par leur cheptel sur le sol. Le comité d'accueil et d'information de Tekoa, expliquait alors (c'est-à-dire au milieu des années 80) aux groupes de visiteurs de la région quelle curieuse parade il leur a fallu mettre en application pour se défendre : ils ont acheté des moutons. Du coup, les déjections ne prouvaient plus rien à l'avantage des plaignants antijuifs.

Pour revenir à cette curieuse notion d'«habitant palestinien», la seule base qui pourrait aller dans le sens d'une propriété de la terre étrangère à Israël consiste dans l'occupation du terrain par l'envahisseur jordanien, en 1948. Hussein a en effet illégalement occupé la Judée-Samarie, terre légalement partie prenante du Foyer National Juif souligné par la déclaration Balfour et son officialisation à la conférence de San Remo. L'occupation de la rive occidentale du Jourdain par Hussein de Jordanie n'a été reconnue que par deux pays qui existent encore aujourd'hui : la Grande-Bretagne et le Pakistan. Pour le premier, c'est sa capitulation, qui remonte à l'époque de la menace d'émeutes violentes jusqu'à l'Inde, au chantage de Husseini qui l'a poussé à donner raison à Hussein.

En outre, cette occupation illégale a pris fin de facto en 1967, et de jure en 1988, lorsque le roitelet jordanien annonça officiellement son renoncement auxdits territoires. En poussant l'analyse un peu plus loin, il se pourrait aussi que la création de la Jordanie soit illégale (voir l'allocution de Bourguiba : «La Jordanie, ça n'existe pas. Ils ont pris un fleuve etc.»), puisqu'elle est née de la violation de la validation du projet national juif susmentionné.

Il s'avère donc que la décision de la Cour Suprême et de leurs Excellences peut très bien être considérée comme une ingérence politique et un abus de pouvoir outrepassant les prérogatives d'un tribunal.

Ingérence politique donc, déguisée en procédure judiciaire. Si vous lisez la décision, vous constaterez que les actes de propriétés, dont seuls les numéros de parcelles ont un semblant de précision, sont admis comme des axiomes ou des postulats, comme s'il s'agissait une fois encore de l'évidence même. C'est-à-dire que le tribunal accepte comme juste une donnée contestable.

La répartition géographique des peuples et des Etats est une notion purement politique. N'ayant pas réussi à jeter les Juifs à la mer, dans l'agression en 67 (la Jordanie est le seul pays mitoyen à n'avoir pas subi d'opération préventive d'Israël), et donc à leur prendre (entre autres bien sûr) la Judée-Samarie, les ennemis se constituent plaignants et remplacent les armées arabes par le tribunal israélien, dévoré par l'extrême-gauche.
Qui habitera telle ou telle région, telle ou telle parcelle de terrain? Cette question est laissée aux lois des conflits ou des ententes entre dirigeants de pays. Les tracés des frontières sont politiques. Toute carte indiquant les emplacements des différents pays l'est également.

Il est en principe assez clair que le tribunal aurait donc dû se déclarer invalide pour décider de l'avenir national du sol, et se cantonner derrière la ligne qu'il avait choisie en 2005, lorsque les habitants juifs de Gaza avaient tenté de faire valoir leurs droits devant ladite Cour.

Et pour tous ceux qui se borneraient à trouver que le tribunal est dans son droit, que diraient-ils du principe de présenter au gouvernement de l'organisation terroriste du Hamas, qui est une autorité «normale» et respectable pour beaucoup de pays normaux, une requête au nom des habitants de Goush Katif, injustement expulsés de chez eux ? D'autant que la spoliation de leur terre et de leurs biens n'a pas débouché sur cette paix que de dangereux mythomanes avaient faussement prophétisée, et qui valait bien le sacrifice solidaire du «confort» donc des droits les plus élémentaires d'un peu moins de dix mille habitants juifs.

Trouver fondamentalement (et non circonstanciellement) ridicule une telle idée de démarche, avec présentation à l'appui de photos des vergers de mangues et d'oliviers, de documents dument attestés, implique nécessairement que l'on s'insurge devant les pratiques du tribunal, qui use de sa force et manipule comme un pantin un Premier ministre fatigué. Inversement, toute personne qui trouverait superflue l'idée que des Français présentent des actes de propriété officiels établis entre 1830 et 1962 au gouvernement algérien, exigeant que leurs exploitations, leurs fermes, leurs maisons, leur soient restituées, et que les occupants éventuels en soient chassés avec destructions de leurs logis ; trouvera d'autant plus inouïe les agissements de cette Cour soumise à une caste qui a compris que le peuple ne l'élirait plus, depuis la démystification de l'utopie mensongère et dogmatique des territoires contre la paix.

 

Ci-joint le rapport du tribunal disponible en ligne

http://mida.org.il/wp-content/uploads/2015/02/08050230.s18.pdf (également sur ma page facebook)

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vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 10:29

כאשר ממשלת רבין-פרס עלתה לשלטון, לא עבר יום ללא הוספת אמירת פרק תהילים אחד לפחות להצלת עם ישראל ואחיזתו בארצו בסוף התפילה בבית הכנסת. בנימה גונחת קורעת לב, ובאווירה המשדרת תחושת לחץ דיכאוני, שליח הציבור היה אומר בקול מצמרר פסוק אחר פסוק, והקהל היה חוזר אחריו באותה ההנחה ואותו היגון. ולא הסתפקנו בזאת. היו כינוסים, הפגנות, הכרזות נוקבות. האם כל זה עזר? מובן שאי אפשר לענות על השאלה האמונית העמוקה הנ"ל. כי תמיד אפשר להיות בספק שמא גם ללא התפילות היה המצב מסתדר מאליו. בד בבד, סוגיית הצדיק ורע לו, היא שאלה מהותית הנוגעת ישירות לנקודת הבחירה החופשית של האדם שבלעדיה כולם היו שומרים על מנת לקבל את הפרס הוודאי העומד בהישג יד אוטומטי. ולא זו בלבד, אלא שגם כשהצדיק מתפלל וטוב לו, לא יכול לעולם לקבוע בוודאות שתפילותיו עמדו לו.

ובכן ממשלת רבין-פרס לא גירשה יהודים מבתיהם ולא מחקו כפרים יהודים על מטעיהם ושדותיהם. אמנם הם ניסו לעשות שהארץ תהיה שממה בגרמא. לא דובר בכבישים עוקבים אך במועצות היישובים היו מי שאמרו שנעבור דרך רמאללה תוך כדי ירי במשטרת המחבלים. ואכן בשמאל חימשו ערבים שירו וטבחו, אלא שהאנדרלמוסיה פשטה בכל הארץ, אוטובוסים ומסעדות נהיו למשרפות בכל רחבי ארצנו. אלא שביישובינו, כשנודע דרך כותרות העיתונים כי אחרי שנה שלמה של איומים וסכנות, גדלה האוכלוסייה היהודית בכעשרת האחוזים, נתמלאה שולמית אלוני חורי אף וחמאה נגד העיתונאיים שגילו את העובדה הזאת.

וגם אם נניח שרצו לגרש יהודים ולמחוק את עריהם המשגשגות, ה' יצילנו, דומני שתכנון העיר מודיעין ותחילת בניינה אז נועדו לקבל את מגורשי יהודה ושומרון לעת מתן האות. אך לאחר שהתמהמהו רבין-פרס, אז לא זו בלבד שקם יישוב חדש לתפארת כחזון שיבת השבות וישיבת ארצנו – כן נרבה וכן נפרוץ – אלא שגם היישובים שאוימו הכפילו ושילשו את עצמם. נכון שרבין-פרס הקפיאו את הבנייה, ולא ניתנו יותר משכנתאות, אבל מי שהיה לו כסף בנה, והיו גם יהודים שבמסירות כל מאודם מכרו את בתיהם שמעבר לקו הירוק ובנו בתים בישראל. ובקשר לבתים שנבנו באלפים על ידי ממשלת שמיר-שרון שהרגישה הקרקע נשמטת מתחת לרגלם, רבין-פרס העלימו עין כאשר מזכירויות היישובים החליטו לישב אותם, מה שזכה לכינויי חיבה מכגון "שכונת אשדר פולשים" ועוד. אבל הם לא גירשו יהודים מביתם. עלינו לזכור שהקיצוני ביותר שבהם לא דרש יותר – סליחה על הביטוי – מהזזת נצרים בלבד.

גם התעוררה תקווה בקרב הארץ כי לאחר שעם ישראל יגלה את השקר הגס של הביטויים ההזויים "שטחים תמורת שלום", "עם אויבים עושים שלום", "לוותר על האדמה לטובת האדם", ועוד, או אז יוסר האיום על היישוב היהודי לחלוטין.

והנה באה בשורת נתניהו, אותו העילוי המתייחס ברצינות לנאומי ארגוני המחבלים בערבית דווקא, ובטח לא לאלה הנישאים באנגלית. הוא גם יודע מה חשיבותה המרכזית ביותר של חברון בעם ישראל, לאורך כל התקופות, מימות עולם, לא כקודמו שלא שמע על רחל אמנו כפי שסיפר זאת פעם חנן פורת זצ"ל. אז התגייסה לטובתו תחנת רדיו חופשית – לה הוא הכיר "טובה" מאוחר יותר – שקראה השכם וערב "מהפך? מהפך?" (הנשמע במבטאי העיתונאיים כ"מה? הפח?").

הדמויות האוחזות במושכות התחלפו, למרות הקושי שנערם אחרי רצח רבין – שדרך אגב עזב את העצרת בתל-אביב כשהוא עולה לאוטו ומתיישב – שעליו תלו תקוות במחנה פרס כדי לנצח בבחירות, בהסתמך על הבוחר שיצביע מתוך תחושות בטן, והנה לפתע החל העידן החדש, והוא עידן נתניהו.

ניתן לשאול כאן, אחרי כשני עשורים, הכיצד, מה קרה אז למחרת הבחירות? הרי העיתונאים מטעם, שדימו את נתניהו לאחאב, כשהם תפרו לו את תיק רצח רבין, נתבקשו שלא לעזוב את עמדות כוח ההסברה שכבשו, בדומה להפצרות באוכלוסיות העוינות שלא לעזוב את הארץ לאחר מפלת צבאותיהם. כמו כן לא הוקמה וועדת חקירה, לא נעצרו ולא הועמדו לדין המנהיגים המדיניים שהכניסו את התופת, ששיתפו פעולה עם האויב. לא ניקו את הארץ מנוכחותם של פושעי האנושות נגד העם היהודי, ואותם ארגוני המחבלים עדיין תקועים לנו בלב ארץ ישראל מאות מטרים ספורות בירושלים.

אז האם קם בכל זאת עידן חדש כי לפחות נתלו תקוות בחידוש הבנייה? או שמא נָדַמו פיגועי התופת?

כי הנה אכן קם עידן חדש. והוא התחיל בפועל כשראש הממשלה הנבחר הפך את עורו, או אז נִדְמוּ עמי מבלי דעת, כששותקו הכוחות הבריאים של האופוזיציה, של הכוח המתנגד להרס. ואם היה ברור שהסכם הכניעה של רבין-פרס לא עבר באישורו של העם, כשהוא נשען על הקנה הרצוץ של התנוצצות השוחד מול עיניו של גולדפרב –כשמו כן הוא – ששוכנע לצדד בעד הפיתיון והעשר באותו הרכב, וכן על שניים מחברי מפלגת צומת שגזלו את המנדטים במקום להתפטר, מה שדומה לחייל מצבא מדינה א' המחליט פתאום שיותר מתאים לו לשרת במדינה ב' אבל באמצעות שימוש בנשק שהוא קיבל במקומו הראשון ; הרי שהסכם חברון עבר ברוב מוחץ.

ואותו נתניהו, שהלהיב את עצמו ואת הציבור מכל במה אפשרית בהזכירו את זכותנו על חברון הבלתי ניתנת לערעור, לא רק שהוא לא נראה יותר על שום במה שכזאת, אלא שהוא עצמו ביצע את המהלך המחריד. שלהבת הייתה כנראה תאונת עבודה, כפי שמעולם לא הכו על חטא כל מי שהייתה לו יד במתן רובים למרצחים ובהפיכת חלקי ארץ קדשנו למעוזי המחבלים שניהלו גיחות ממרחק אפס. כמובן שיד הפוליטיקאים לא שפכה את הדם הזה, כי אם אויבי השלום. והרי האם יש מישהו שיטען שזה מה שהם רצו לגרום לאחיהם אחרי שיצאו מתופת הגלות וסוף סוף זכו לקוממיות?

ובמרוצת השנים, המהפך המיוחל, שנתלה כאמור בנתניהו, הפך לרע במיעוטו. אין מה לעשות, "אין ברירה", כפי שנהג תמיד לומר שמעון פרס לכל מי שחלם שלפחות בארץ ישראל לא תהיינה אוכלוסיות המספקות כל יום רוצחי יהודים. מה לעשות, גם לו אין ברירה! לרבין-פרס הייתה ברירה, והם הלכו למדשאה של הבית הלבן עם חיוך רחב על הפנים (אולי לרבין פחות) ועובדה שנתניהו והמפד"ל הגיעו לשם בלב שבור ובכפיפת קומה. אם כן, אולי היה עדיף כבר להצביע פרס. הוא היה צועד בחיוך רחב וארשת ניצחון, ולא בפנים של ראש גטו יהודי שזומן להתייצב בפני הפריץ ולקבל בראש רכון את תכתיביו.

אמנם, נתניהו בקולו הינו סנגור מעולה כשהוא נואם למשל בפני שני בתי הנבחרים של הקונגרס באמריקה. אבל עיתונאי אחד בשם סגל, העובד בחדשות ערוץ טלוויזיוני כלשהו, הופיע בעת אחת המלחמות האחרונות בעזה, לא השתכנע מההטחות של נתניהו כשהוא הזכיר אז שתמיד טען שיציאה מעזה לא תביא שלום אלא תגרום להחמרת המצב הביטחוני. ולראייה הקרין תוך כדי תוכנית קטע שצולם בכנסת במהלך ההצבעה המכריעה והגורלית על אודות עזה. בין כמה מפנטזים בהקיץ, מופיע נתניהו והוא מצביע... בעד (כלומר נגד אחיזתנו במחוזו של רבי ישראל נג'ארה. הבעיה היא שגם סגל לא דייק. כי נתניהו אמנם הזהיר ללא לאות שיציאה מעזה תהיה אסון, אבל במבחן המעשי הוא הצביע בעד.

כאן המקום לשאול את עצמנו : אם אנחנו מזמינים פועל כדי שיבנה לנו קיר, והקיר ילך בזיגזג, האם נזמין אותו מאוחר יותר לבנות עוד קיר, כי בטח הוא למד בינתיים לבנות? ואם יצא שוב בזיגזג, האם נזמין אותו לבנות את הקומה השנייה, ואז את השלישית? בצרפת היו משחקים של הימורים על סוסים בתחרויות ריצה. האם אדם יעלה על הדעת להמר על סוס שהגיע בין האחרונים וכבר גרם לא להפסיד כסף, בטענה שהפעם הוא כבר ירוץ יותר מהר?

והנה כאן יש הסכם חברון, הצבעה בעד ה"הינתקות", מסמך לאודר, עשרה חודשים של הקפאת בנייה עם כניסתו לתפקיד ראש הממשלה, אי הפצצת כורי הגרעין האיראניים, בניגוד למנהג הקדום לפיו לא נותנים לדברים כאלה להתפתח, אם בעיראק ואם בסוריה, שלושה בתים במגרון, כל מגרון, אולפנה, בתי דריינוף, עמונה, כשהקצב הולך וגובר, וכשהתנאים נעשים קשים ליהודים המגורשים מפעם לפעם. אם באולפנה העבירו קודם בעדינות יחסית את התושבים לקראווילות ובנו במקום הבתים שנהרסו שכונה יותר קרובה למרכז היישוב – מה שניתן לראות כ"העתקת השכונה" – על אף שלא בנו (עוד לא?) את שלוש מאות הדירות שהם חמש מאות ע"פ הידיעון (או שמא מר ראש הישיבה גורם לו לחרדת קודש), כיום מדובר ביישוב שלם שלא נודע לאין נעלמו עקבותיהם של התושבים.

כשאנו אומרים כי הקול קול יעקוב בנידון דידן, אין הכוונה שמדובר באדם ערמומי בעל לשון חלקלקה, אלא באדם שככל הנראה מדבר אמת, אלא שידיו שבויות כשכל מיני "עשיו-ים" מזיזים אותן, ומושכים בחוטים כבדמות בתיאטרון בובות. די להתבונן בהבעת פניו של נתניהו בכל מעשה בלתי מתקבל על הדעת כדי להבין שהשליטה בידיו אינה תלויה בו. הבג"ץ הוא רוח בלי אברים, והוא נטפל ומשתרש כדיבוק בגופו של נתניהו ועושה שימוש הרסני בידיו.

זהו העידן החדש. כיוון שללא העידן החדש, נתניהו היה מנהל את האופוזיציה, וסביר להניח שבעת כזאת הוא היה מוכיח בשיחות מוסר נמרצות את הממשלה, תוך כדי עמידה במרכז היישוב עמונה עם קיבוץ מאוד גדול ואולי אף מחנה אוהלים. והמפד"ל העייף היה מקבל כוחות וגם אנחנו היינו נשכבים תחת גלגלי הדחפורים ואוטובוסי הגירוש כמענה לקריאתו המוסרית של יוסי שריד. וכן היינו מוסיפים תפילות, צומות, עצרות תפילה ועוד. ה"אין ברירה" של פרס נהיה ל"אין ברירה" של נתניהו, בשקט, בלי התנגדות, בקבלת הייסורין באהבה.

הפגנות המוניות ? זה עוזר !

ואם נקשה : ומה יעזרו הפגנות המוניות?

1948 שנות גלות - מספר השנים מעברו מאז החורבן - זועקות לשמים, האם מה שעם ישראל צריך היום זה חברי כנסת אנוסים שמסתכלים ללא שליטה בפרעות ובהרס ביהודים כשהחידוש היחיד הוא שמלאכתם של שהאנטישמיים נעשית על ידי אחרים? כשמראים לכל העולם איך מגרשים את היהודי הנודד אחרי שהגיע אל המנוחה ואל הנחלה, כאשר אפילו למגישי החדשות הקשים ביותר נתקע המלל בגרון במראות שלא האמינו שיבואו עוד ובטח לא מישראל, שומעים שמתחדשת שוב השאלה הקודרת : "איה אל-והייהם" . אכן, יש טעם מר כשלמראית העין מלאכתם של רשעים נעשית על ידי אחרים, ועוד יותר קשה לא להיות משוגע ממראה העין, כשהאחרים הם יהודים המכים ביהודים.

ובכן, משדרים לכל העולם תמונות של קלגסים המכים באבות, באמהות ובילדים רכים וזורקים אותם מבתיהם. ובזמן הזה, זעקת העוול והזיקה לקוממיות נחנקת כי המפלגה המייצגת מבליגה בלית ברירה תוך כדי מתן כוח לכוח המבצע ? הייתכן שחמישים שנה אחרי שחרור ארץ היהודים, הטענה כי ליהודי אין זכות בארץ מולדתו תעשה שפטים ביהודים?

והבית היהודי בא להסביר ליהודי הקורבן שהכאב בא בכעין ניתוח הנדרש להצלת הגוף. כי מי הוא המחליט, מי הוא זה שקובע את עתיד ארץ ישראל, ואם היא תהיה ארץ יהודית או עוד מחוז לכיבוש ואסלמי של האזור ושל העולם כולו? מי הוא זה שקובע את הגבולות הפוליטיים של הימצאות היהודים בארץ, מעמדה שלטונית שהוא אוחז בה ללא כל תהליך דמוקרטי ? בית המשפט. אנשים שהבינו שאין להם סיכוי להיבחר לאחר שהאזרח הפשוט הבין את כל השקר שב"שטחים תמורת שלום" הנ"ל, נוחלים הצלחות נקודתיות וגורפות נגד היהודים הן ביהודה ושומרון, הן בגליל והן בנגב.

המחוקק הוא כבר לא המחליט, אלא מי שמחזיק בכוחניות בבית המשפט שאין כל בעיה מוסרית למחוק כבר לתפארת בשלמות ולהפוך שוב את היהודי לנע ונד בארץ. והוא גם יכול לצרף אליו גורם מדת זרה שחוות דעותיו המשפטיות באה כהמשך לחוות דעותיו של בית המשפט הספרדי לפני כחמש מאות שנה. והנה, כמלך, הוא בא בעזות מצחו לפסול את מסורת התורה שבעל פה היהודית, ולקבוע כמכריע את החוק את פרשנות המקרא שלו, בעניין המופיע בתחילת פרשת "כי תצא למלחמה על אויבך".

ובדיוק בנקודה הזו מסתמנת כל התועלת של ההפגנות הגדולות. כי כמו שבג"ץ ממנה את עצמו לפסקה בעניינים ההלכתיים יהודיים של ארץ ישראל, או בפרשנות התורה, כך הוא ניסה לפעול כפוסק הדור בהלכה בכל סוגיה, כולל מי יהודי ומי רב, ומי ראוי לנהל את הרבנות, הכשרות, המקוואות, וכן הלאה. ועכשיו עלינו להיזכר במה שזכה אז לשם "הפגנת המיליון". בימים ההם, כשאותו הארון ברק ביקש להכשיר את הבמות לעבודה שהיא זרה ליהדות, ולשחק בחוקיות ובמוסריות וכדומה, כשהוא ראה את עצמו כפוסק הדור, הזרם היהודי החרדי יזם הפגנת המונים שגם ישיבת בית אל הייתה שותפה לה בשטח, והשתרעה על כל אזור הכניסה המערבית של ירושלים. ראשי המדינה והצבא הפצירו ברבנים והתחננו שלא יקיימו ההפגנה. אבל הם לא נכנעו, לא לתירוצים ולא להבטחות, והנה ההפגנה התקיימה בשקט ובכבוד. אברכים עמדו כשהם מעיינים בספרי הגמרא שהצטיידו בהם. אז מה גרם לאחר מכן לברק להבין שהוא מתערב על ריב לא לו? והנה, לא שולבו ברבנות הערים בני דתות אחרות שיש בהן אזכור כלשהו ליהדות. ואם גם היום שוב מנסים לפרוץ פרצות, עם פרשת "הבנות" כביכול מול "נשות הכותל", אין הרתיעה מצד נתניהו ליישם את אותן ה"הבנות" נובעת כי אם מזכות הרושם העז שנשאר עד היום באותו המעמד.

למרבה הצער, נראה שרק מנהיגי המפלגות החרדיות יודעים להציב קווים אדומים, עד כדי כך שאף מנהיג לא יעלה על דעתו לחתור לפשרות שונות ומשונות. ראש סיעה חרדית, אם יבוא ראש ממשלה שירצה לתת סמכות או להשלים עם מתן סמכות לאנשים לא ראויים שיספקו בענייני הלכה הנוגעת לקדושת הגוף והקהילה, או ללימוד התורה, לא יישב יחד איתו בממשלה ; וכיצד יגיב ראש תנועה דתית-לאומית כשיבקשו לפגוע בקדושת הארץ ובקשר אליה? ואולי כאן מצוי המפתח להבנת התופעה : מדוע החוזרים בתשובה לא מתלהבים מהדרך הדתית לאומית? מדוע גם מבני הנוער שלנו נוטים לכבד יותר את החרדים או את החסידויות?

© יהושע סולטן

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 14:19

Marine Le Pen excellerait-elle dans l'art de se fourrer dans le pétrin? Ou quelle différence y a-t-il entre deux engagements électoraux fracassants de cette grande dame de la politique française?

Aucune, serions-nous tentés de répondre. Car non seulement les sorties de la patronne du Front National les plus remarquées se sont attaquées à la communauté juive, mais elles relèvent par extraordinaire d'une motivation, dans les deux cas, démarrant fondamentalement d'une bonne intention.

Le schéma d'un apaisement recherché est simple. Puisque la classe politique en général craint par-dessus tout d'être accusée de faire du favoritisme envers quelque frange de la population que ce soit, surtout s'il s'agit des Juifs, et d'irriter l'ensemble des électeurs, dont notamment une ex-minorité reconnaissable par ses éléments aux nerfs à fleur de peau, peu civils et prêts à tout casser en devenant rapidement les éléments d'une guerre d'émeutes ou civile à sens unique, il convient de prendre les devants et de calmer les esprits.

Donc, pour avoir un maximum de chances de renvoyer l'image d'une personne pondérée, juste et équitable, il faut rassurer. En d'autres termes, on choisira un message qui dit à peu près ceci : «Non, nous n'avons rien contre l'islam ou ses excentricités, nous voulons simplement préserver notre paysage culturel, nos libertés… La preuve, les Juifs, bien que pacifiques, ne bénéficieront d'aucun privilège. Ils n'auront pas plus le droit de porter la kippa que vos épouses le safsari ou la panoplie afghane, ni de détenir la double nationalité française et israélienne.»

Si l'éventualité de l'interdiction de la kippa a été accueillie comme une douche froide, comme un affront essuyé par les Juifs en général, porteurs ou non de kippa, la dernière déclaration est une gaffe de taille. Pourtant, on aurait pu a priori donner raison à la potentielle première dame de France. Pourquoi seuls les citoyens musulmans devraient-ils renoncer à la nationalité de leur pays d'origine? On aurait pu penser qu'il ne s'agit pas d'une question de religion, d'autant que la France est connue pour sa tolérance, pour son respect des cultes en tous genres où elle ne voit qu'un simple attrait culturel, une inclination, tout comme vous pouvez aimer les échecs ou l'équitation, les soirées de bridge ou les récitals de musique classique.

Là où le bât blesse, C'est que cette affirmation considérant la possibilité d'une seconde nationalité des Juifs n'aurait pas fait tant de remous si elle avait inclus l'énumération d'une liste de nationalités, tunisienne, constantinoise, djerbienne, galicienne. La retenue eût été de mise. On se fût dit qu'elle n'a pas tort.

Mais là, elle l'a dit. Le non-dit qui se cache, toujours sous-jacent, a éclaté au grand jour : car tout le monde sait très bien que le Juif est étranger en Europe et partout ailleurs, puisqu'il vient d'Israël. La liste des autres nationalités du Juif de France se résume à un seul nom : Israël…

Et pourtant… Et si madame la candidate n'avait absolument pas eu cette intention? Et si elle se contentait tout simplement de suivre l'actualité des chiffres éloquents de l'alyah de France, et qu'il eût été hors-sujet de parler d'une autre seconde nationalité?

Si c'est le cas, ça tombe plutôt mal, car c'est compter sans les énormes a priori forgés pendant vingt siècles d'expulsions et de persécutions des Juifs sur le sol français. On peut citer au début de cette tradition Childebert 1er, fils du célèbre Clovis, roi des Francs, qui promulgue en 533 de l'ère vulgaire le premier décret connu. S'il n'est pas trop suivi dans les faits, un autre mérovingien, Dagobert, dont il est question dans certaine comptine populaire, les expulse en 633, après avoir vainement cherché à inciter les habitants de la rue de la Juiverie, à Paris, à trahir la foi de leurs pères.

Certes, le pays, plus réduit géographiquement qu'aujourd'hui, avant l'occupation de maintes autres contrées pour lesquelles aucune revendication régionale ne monte au créneau, n'oblige pas les Juifs à trop s'éloigner, et ils reprennent pied entre autres en Provence. Et, bien qu'une trêve se fût ensuivie, les Carolingiens ayant été plus reconnaissants, il va sans dire que l'association des Juifs à une nationalité reliée à leur altneuland, ancienne nouvelle patrie, anciennement palestinienne et aujourd'hui israélienne, remonte très très loin dans les consciences.

Et si, de surcroît, la candidate favorite, du moins dans les sondages, quoique la présidence puisse encore lui filer sous les doigts, est confrontée dans une émission à une animatrice nettement moins cultivée que peut l'être Mme Lepen, son interlocutrice médiatisée lui renvoie tel un miroir reformant la caricature de ses déclarations publiée pourtant dans une bonne intention.

«Puisque les Juifs – israélites ou israéliens quelle différence – sont de toute façon des étrangers et que tout le monde sait qu'en réalité ils viennent d'Israël, pensez-vous qu'il serait temps de les mettre au pied du mur?» lui dit presqu'en filigrane l'animatrice, lui renvoyant comme un boomerang sa déclaration en pleine figure. Le réveil est difficile à encaisser pour une aspirante présidente qui veut de toute évidence surtout ne pas être assimilée à la ligne de propagande du monde arabe qui a dépossédé de leurs biens et de leurs terres un bon million de Juifs, et où la vie est de toute façon à peu près invivable. La connivence et le clin d'œil de la poseuse de questions n'en deviennent que plus insupportables, accrocheuses comme une nasse, et un retrait stratégique s'impose.

«Mais non, bien sûr. Il n'est pas question de faire subir aux Juifs ce qu'ils ont subi de l'autre côté de la méditerranée, ou dans toutes sortes de pays totalitaires que je ne nommerai pas. Ils pourront rester, même si ça doit durer longtemps. Etc. etc. »

On peut légitimement se demander pourquoi une telle gaffe n'est pas sortie des rangs des politiciens considérés comme classiques. Tout simplement parce que, dans le cas de madame Le Pen, c'était le seul moyen de dissiper les malentendus qui planent quant à ses intentions vis-à-vis du public musulman. Les autres se sont déjà illustrés tant et plus en inaugurant en burnous maintes mosquées et écoles coraniques, ou en bénéficiant d'appels à voter lancés à la population par d'éminents imams.

Et s'il s'agissait de faire taire le Juif de France dont la nationalité française lui sert de tribune depuis Israël?

Il est vrai que la proposition de résiliation de la nationalité française, même masquée en demande de consentement à y renoncer soi-même par devoir civique et patriotique, risque de porter atteinte au principe de la légitimité des Français de l'étranger, et de mettre en péril le rôle du porte-parole des Français d'Israël, paradoxe insupportable pour plus d'un observateur. Comment, les Juifs, qui n'avaient jamais eu le droit à la liberté d'expression en tant que communauté sinon par une représentation centrale sous contrôle élue par une toute petite élite, sans jamais bénéficier de la moindre représentation parlementaire ou politique, viennent nous dire nos quatre vérités au cœur même de l'Assemblée, en nous disant ce qu'ils pensent de nos capitulations face au radicalisme islamiste, en passant par un vote via Israël?

Autre problème : les Français à la retraite à Netanya ou Jérusalem. Non seulement ils souffrent de l'effondrement de l'Europe et doivent se serrer la ceinture un peu plus chaque jour – puisque d'un euro à 5.8 Nis, qui couvrait le logement, les courses et les sorties, ils arrivent à un euro qui ne vaut plus que 3.9 Nis – mais ils devraient aussi renoncer à leur nationalité, donc peut-être à leur pécule divisé par deux, après trente-sept ou quarante ans d'un travail honnête.

Alors, pour qui faut-il voter? Le Pen, Fillon, autre? Un dilemme où on se sent en attente entre le marteau et l'enclume. Le marteau d'une dépossession des Juifs de leurs biens et de leur nationalité, car il faudra bien leur taper dessus pour lutter équitablement contre l'islamisation ; ou l'enclume de l'islamisme rampant qui profite de l'effondrement des frontières tant voulue par les humanistes et autres chansonniers des années 60/70, pour faire de Paris et Nice Beyrouth ou Bagdad.

Ou alors, on s'inspirera en France du modèle israélien : une opération Rempart où les territoires occupés sous la férule des terroristes et autres brûleurs de policiers seront réinvestis, désarmés dans la mesure du possible, et où une logistique sans relâche de surveillance et de prévention suivra. On aura alors de nouveau l'impression, affermie artificiellement et médicalement, qu'il est doux de vivre dans le multiculturalisme.

Et on ne sera plus dans la parabole du zoo de Pérès, où le tigre vit en paix avec un agneau remplacé toutes les quelques heures, mais dans l'histoire inverse, celle d'une forte population islamiste passant pour pacifiée car les terroristes y seront arrêtés par des forces spéciales toutes les quelques heures. Et, si par malheur, certains groupes terroristes parvenaient à frapper, on reparlera alors d'une marginalité excessive dont la bonne morale nous interdit de faire un amalgame.

Sûr que madame le Pen gagnerait à s'entourer de conseillers qui voient un peu plus loin que le bout de leur nez.

Yéochoua Sultan ©

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 18:29

L'antisionisme judiciaire, une arme redoutable qui remet au goût du jour les heures de gloire de l'antisémitisme

En voulant pratiquer à tout prix une justice irréprochable, sans faire de différence, et en faisant abstraction de la haine du monde arabe contre Israël, la Cour suprême israélienne devient la caricature d'elle-même et présente une réalité ubuesque répétant des traitements inhumains et des réflexes passés que l'on pensait à jamais révolus. En voulant exposer une facette équitable par excellence et se montrer trop bons, on diffuse au monde des images que l'on pensait surannées

Leibowitz[1] disait que le plus grand défi moral de l'Etat d'Israël était de ne pas devenir à notre tour des bourreaux, de ne pas faire aux Arabes ce que les Allemands nous ont fait. En filigrane, l'enfant longtemps battu pouvant devenir en s'affranchissant un parent violent, il fallait se montrer particulièrement vigilants, et privilégier la retenue.

Cette doctrine dangereuse pour les Juifs, nous le verrons plus loin, s'est profondément ancrée à l'usure dans les mentalités. Elle a même généré cette approche des concessions en échange de leur conciliation. Et, curieusement, alors que les dirigeants arabes avaient été les complices des Allemands, de connivence avec eux, fait pression sur les Anglais, ourdi des pogroms en Palestine juive, il fallait prouver que nous pouvions désamorcer la haine par l'amour. Pourtant, en dépit de la défaite des forces de l'Axe et de la montée d'une Allemagne plus conciliante au moment même où le leader Husseini[2] échappait au procès des criminels de guerre et que les adeptes de son idéologie n'ont jamais cessé de commettre partout où ils le peuvent les pires atrocités contre les Juifs, de la lapidation de bébés dans les bras de leur mère au mitraillage à l'arme automatique de fidèles en prière en passant par l'exécution de jeunes parents devant leurs enfants, nos intellectuels moralisateurs – du moins ceux qui ont les faveurs des médias – n'en ont jamais démordu.

D. a accordé à Israël des victoires qui ont dépassé l'entendement. On s'est sentis forts, on a été grisés par la défaite éclatante de l'ennemi sanguinaire, à commencer par les dirigeants, à un point tel que si quelqu'un émettait encore des réserves quant au côté invraisemblable de l'écrasement des Grecs par les Asmonéens, événement commémoré chaque année à Hanoukka, il lui suffira de reconsidérer le déroulement de la guerre des Six jours pour dissiper le doute de son esprit.

Puis, au lieu d'entonner un cantique, de le louer et de voir dans ce renversement de la menace du grand nombre sur le petit, des criminels sur les innocents, le doigt de Dieu et l'accomplissement des prophéties sur le retour d'Israël en ses frontières et l'affranchissement du joug des nations, on a voulu faire les magnanimes, plaire, jouer les grands seigneurs, pratiquer d'une bien curieuse façon le principe essentiel qui doit faire d'Israël le «phare des nations».

On a donc corrompu le projet initial, en refusant de chérir cette terre si longtemps hors de notre portée, si longtemps interdite. Mais non, très peu pour nous, la terre de «l'an prochain à Jérusalem» devient une marchandise échangeable – des «territoires» tangibles à négocier contre une paix très abstraite – territoires que l'on a bien voulu, pour ne pas trop trahir notre conscience, ne pas faire suivre de qualificatifs comme «occupés» - nous en sommes tout de même originaires - encore plus dégradants que ne l'est déjà cette appellation.

Mais ça ne s'arrête pas là. On joue la carte de l'égalité absolue, on s'extrait du contexte de guerre totale que nous vouent nos ennemis, les plus dangereux au quotidien restant ceux de l'intérieur, ceux qui peuvent entre autres supplices vous foncer dessus à votre arrêt d'autobus. Aujourd'hui, on pérore en voulant montrer à l'ex monde libre encore imbibé de catholicisme, ce que tendre l'autre joue veut dire, comment il faut s'y prendre.

  1. un rapide coup d'œil sur le rouleau biblique des Lamentations révèle en une phrase que cette inclination ne procure aucune gloire, ni n'amadoue, ni ne fait regretter à l'agresseur son agressivité. Tendre l'autre joue est une invitation à se faire rosser davantage : «qui tend sa joue à celui qui le frappe se rassasiera d'opprobre»[3]. Aujourd'hui, donc, les dirigeants veulent montrer que tous sont égaux devant la loi, via un imbroglio de divers systèmes juridiques, souvent résiduels d'empires disparus, et de mises à jour de colmatage, qui constituent la base d'un système de justice très loin des sources du droit biblique hébraïque dont on se réclame pourtant. On croit puiser dans la profonde culture d'Israël, et, puisqu'il faut aimer l'étranger, attachons-nous donc à brimer nos frères, à les molester, expulsons les nôtres pour faire justice à l'ennemi. Le monde entier nous en aimera davantage. Le prix est lourd, mais qu'est-ce qu'on sera bien vus des goïms! Quelle maîtrise de notre force, quelle retenue malgré notre puissance!

L'effet inverse

Et c'est ainsi qu'un beau soir, l'opinion internationale découvre stupéfaite des images qu'elle pensait à jamais révolues. Et un monde qui cherche à s'amender, à sanctifier le «plus jamais ça», dans un élan de sincérité, en honorant largement la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste, en ce dernier 27 janvier[4], découvre sur ses petites écrans, moins d'une semaine plus tard, l'horreur que l'on croyait révolue : coups, blessures, expulsions de familles juives innocentes par un froid glacial de la douce quiétude de leur foyer rassurant.

Même les propagandistes les plus aguerris manquent de s'étrangler. Débitant sa sempiternelle mélopée du méchant colon juif et du pauvre spolié arabe, le journaliste se met à bafouiller. Interloqué, il manque de s'étrangler en direct. En France, un célèbre employé de la télévision, un certain Pujadas, ne peut s'empêcher de constater l'abject décalage entre son laïus prémâché et les images qu'il doit commenter. Il voit des forces de police s'introduire dans les maisons, en jeter dehors avec brutalité et force cris les habitants, quarante-deux familles paisibles et respectables, dont quelque deux-cents enfants, par une glaciale journée d'hiver. Des familles démunies de tout en un instant, dont la maison et la vie économique, associative, culturelle… s'écroulent du jour au lendemain, n'ayant absolument pas les moyens de se louer un logement décent. Ils ne peuvent pas même accepter avec résignation cette violence du tribunal et de ses exécutants, se dire qu'ils iront se reloger ailleurs ; les prix de l'habitat, en ville, à Jérusalem, s'élèvent à des millions, sommes qu'ils ne gagneront pas dans toute une vie de travail honnête.

«Heraus, schnell», croit entendre le téléspectateur choqué. Certes, le décalage entre ces présentes violences et l'association incontournable qu'évoquent ces images dans l'opinion est immense. Ah, si les Allemands avaient seulement jeté les Juifs dans la rue en les laissant partir! Comment peut-on comparer un village juif en errance à des événements indicibles des millions de fois plus graves?

On pourrait opposer à ce constat sinistre que d'autres agissements brutaux de cet ordre avaient déjà été commis lors des événements de la destruction de la ville de Yamit, dans le Sinaï, ou l'expulsion des Juifs de Gaza, il y a un peu plus d'une décennie. Mais la pilule, bien enrobée, avait été avalée plus facilement. Les notions de paix historique avec l'Egypte, de l'avènement imaginaire de l'ère de la paix, ou l'impression d'un règlement régional, justifiaient quelques douloureuses concessions. On ne peut pas tout avoir. Par contre, dans le cas présent, même des observateurs, chroniqueurs, journalistes ou analystes, globalement de gauche, pour en reprendre l'appellation, se mettent à titrer : «Un village juif anéanti, des familles jetées hors de leurs maisons pour rien».

Car il faut bien comprendre que la conscience collective, aujourd'hui, s'est conditionnée de sorte que dès que l'on pense antisémitisme, on pense Shoah. Personne en Israël ne souhaite une pareille comparaison, comparaison qui vient s'imposer paradoxalement par la prépondérance qu'occupent les événements indicibles de la deuxième guerre mondiale dans le souvenir. Cette tragédie, ce cauchemar ne doit pas être banalisé, et il convient de toujours s'attacher à ne lui comparer aucun autre fait, même des plus insupportables pour le bon sens et la morale.

La comparaison redoutée ne peut que conduire à deux résultats diamétralement opposés : soit l'on fait de ces policiers qui n'ont fait qu'obéir à des ordres des monstres indignes du genre humain, mais aussi du tribunal et du gouvernement ; soit l'indicibilité de la Shoah se banalise à la longue. De l'échec moral absolu d'une humanité qui se voulait éclairée, le génocide devient sémantiquement une notion affaiblie associée à toute conduite plus ou moins déshonorante.

La restriction des connaissances impose cette comparaison

On a tellement peur que les falsificateurs de l'histoire ne parviennent à imposer leur mensonge, lorsqu'ils prétendent que le génocide est une invention des Juifs, que l'on fait tout son possible pour que la vérité persiste triomphe. Les derniers témoins vont bientôt disparaître, et il ne restera pour l'attester que tout ce travail immense de documentation, de rassemblement de récits, de noms, en une besogne opiniâtre et inlassable.

Il y a cependant un sérieux inconvénient. L'une des conséquences de l'investissement inouï en vue de récolter, d'archiver et de mettre à la portée de toutes les consciences le cauchemar irrationnel que fut l'Holocauste, est qu'il serve de référence exclusive dès qu'il est question de condamner des violations des droits de l'homme. Cette association se superpose par un réflexe conditionné à la pensée.

Certes, il ne faut pas oublier ce qui se produisit en Europe. Mais élargissons un peu nos horizons, ne jouons pas la carte de la mémoire courte, de la tragédie exclusive et jamais vue en d'autres temps. La destruction du Temple, et surtout la répression de la révolte de Bar-Kokhba, ont fait des millions de morts. Les Romains, à Bethar notamment, saisissaient les jeunes garçons par les pieds et leur fracassaient la tête sur la roche[5], ne lâchant prise qu'après s'être assurés d'y avoir répandu leur cervelle. Des découvertes archéologiques récentes ont attesté de l'existence de fosses communes, à proximité des vestiges du Temple, où les Juifs étaient massacrés pas centaines, jetés et ensevelis, tous âges confondus. L'empire romain fit disparaître les deux millions de Juifs qui vivaient en Palestine juive pendant les premiers siècles de l'exil d'Édom.

Cette Shoah est occultée, et les négationnistes de l'Unesco sont bien placés pour le savoir puisque ses décrets renient jusqu'au lien entre les Juifs et Jérusalem. Nous ne nous étendrons pas non plus sur les tentatives d'anéantir le peuple juif sous l'Inquisition ou sur les communautés massacrées à l'époque qui suivit de peu celle de Rachi, ni sur les expulsions répétées des Juifs de France, plus de dix au total, qui s'étendent sur un millénaire et demi, de 533 à 1941 de l'ère vulgaire, sous Philippe Auguste en 1182 par exemple, ou encore en 1394 sous Charles VI. D'aucuns pressentent dans les années 2000 une nouvelle expulsion, bien qu'en l'occurrence elle se produit indirectement.

L'expulsion de Juifs était une malheureuse tradition pendant leur exil, et ce qui choque aujourd'hui le téléspectateur qui n'en croit ni ses yeux ni ses oreilles, c'est de constater que l'Etat juif ne garantit pas que ses citoyens puissent enfin considérer ces pratiques comme révolues, définitivement rattachées au passé où le Juif semblait apatride.

Naor, Netanyahou et Liebermann y contribuent concrètement

Cette question n'est contournable que par hypocrisie : Qui, encore une fois de trop, a mis en scène des policiers s'introduisant dans des foyers privés, boutant brutalement dans le froid des pères, des mères, des enfants? Attention! Ne dites surtout pas que vous avez cru revoir des kapos, vous risqueriez d'être grièvement accusé d'immoralité. Enoncer une vérité qui dérange peut coûter cher. Le prophète Jérémie, vers la fin de l'époque du Premier Temple, en avait fait les frais, emprisonné parce qu'il en prédisait la destruction. «Comment oses-tu dire que le Temple va être détruit en raison de nos fautes? Quelles fautes? Oiseau de mauvais augure.»

Choqués, sans plus

Cependant, si l'opinion est choquée, elle ne s'en formalisera pas pour autant. Les Juifs n'ont jamais eu droit à la considération des défenseurs des droits de l'homme. La célèbre Licra française prend les antijuifs pour des antiracistes, ce qui a poussé même Finkielkraut à émettre de sérieuses réserves. Rien n'à attendre de ce côté-là. Et les Américains? Parlons-en. Les Américains n'ont pas débarqué en Normandie pour sauver les Juifs. Pire, des documents déclassifiés montrent qu'ils ont refoulé des navires bourrés de réfugiés juifs[6].

Le problème, c'est que le comportement du gouvernement Netanyahou qui n'a pas le choix banalise la haine et normalise les mauvais traitements contre les Juifs. Choqué? C'est vrai au fait, mais pourquoi? Aucun dirigeant d'aucun pays n'a été outré, ni n'a condamné, critiqué, cette répétition de l'un des traitements inhumains que les Juifs subissaient jadis en Europe ou ailleurs. Après tout, si les antisémites n'ont plus besoin de taper sur les Juifs parce qu'il y en a qui s'en chargent, que voulez-vous que l'on fasse? On oublie que sous cape, cette Europe libre n'y est pas complètement pour rien[7]. L'opinion non seulement s'en accommodera bien vite, mais elle trouvera ce fait normal. Les plus antijuifs doivent déjà bien rire : «Eh, regardez! On n'a plus besoin de taper sur les Juifs, ils s'en chargent!»

Un documentaire de la télévision israélienne sur les Juifs de Tunisie pendant les heures noires de la deuxième guerre mondiale démonte l'un des principaux clichés solidement incrustés dans les consciences mais inappropriés. Le journaliste n'y coupe pas. Interrogeant un homme âgé qui avait vécu en Tunisie, où plus de cent personnes, surtout parmi les hommes réquisitionnés pour le travail obligatoire, ont été tuées par les nazis, il l'interroge : «Donc, vous avez été vous aussi victimes de crime contre l'humanité?» On est tellement rodés par cette pensée rabâchée que la réponse du vieil homme semble avoir à première vue quelque chose de risible. «Vous n'y êtes pas. C'est un crime de l'humanité contre les Juifs.»

Leibowitz avait donc tort. Cette extériorisation de tous les mauvais traitements subis par les Juifs des centaines d'années durant, doit servir de signal d'alarme au pays d'Israël, afin qu'il ne fasse pas subir aux Juifs ce que l'Allemagne leur a fait subir, ainsi que, par extension, bien d'autres nations. Et nous n'avons pas parlé de l'expulsion de tous les Juifs manu militari en 1948, partout où l'occupant jordanien n'a pu être délogé, surtout à Jérusalem.

© Yéochoua Sultan

 

[1] L'intellectuel israélien Yeshayahou Leibowitz, très médiatisé, disparu à la fin du siècle dernier, se pose en philosophe et moraliste. Il défend que si les Juifs en exil n'ont pas fait preuve de l'usage de la force, c'était en raison d'un motif non pas dû à sa haute moralité mais purement circonstanciel.

[2] Voir le Chasseur et le rabatteur.

[3] Lamentations IV, 30.

[4] La Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, International Holocaust Remembrance Day est une journée du souvenir de l’Holocauste et de prévention des crimes contre l’humanité instituée à initiative des ministres de l’Éducation des États membres du Conseil de l’Europe en octobre 2002 et suivie par l'Organisation des Nations unies. Par une résolution intitulée « Mémoire de l’Holocauste » adoptée le 1er novembre 20051, l’Assemblée générale a décidé que les Nations unies la célèbreraient chaque année, le 27 janvier, à la date d’anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz2. Sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_internationale_d%C3%A9di%C3%A9e_%C3%A0_la_m%C3%A9moire_des_victimes_de_l'Holocauste

[7] Nous le traiterons plus en profondeur par la suite, bn.

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 10:15

ניתן להבחין בשני סוגים של אורח חיים ברמה הרעיונית והביצועית. יש אנשים עקרוניים ויש אנשים נסיבתיים. יש מי שאוכל כשר כי זה חלק מהעקרונות שלו ויש מי שלא יסרב להזמנה למסעדה לא כשרה אם מכרים לא יהודיים יציעו לו להתלוות אליהם. מקרה השני ייתכן שיהיו קצת התלבטויות והתחבטויות טרם המעשה. ישנה גם שאלה פשוטה יותר. האם אני אוכל כשר כי יש ליד הבית שלי מכולת כשרה, או האם יש מכולת כשרה ליד הבית שלי כי אני אוכל כשר? כלומר, האם אני אוכל כשר מהותי או נסיבתי, מזדמן ?

במידה דומה ייתכן ראש ממשלה שהוא מנהיג רק לכאורה כי יצא לו לחיות בתוך מדינה יהודית. ובמדינה היהודית יש עם ישראל, תורת ישראל, ארץ ישראל ; כפי שבמכולת ליד ביתי יש רב פלוני טחון למהדרין, ורב אלמוני פרוס שאינו נופל מרמתו הכשרה מקודמו. אבל מה יהיה אם יפצירו בי לעזוב את המכולת ולשבת בשולחנם של אחרים?

ברוך הגבר אשר יבטח בה'. כמובן שאנו בוטחים בו ומודים לו על כל השליחים הטובים שהוא שם לפנינו. אין כל פסול להעריך ולנצל את הכלים שה' שם בידינו. הרי שפשט הדברים הוא שאכן כוחי ועוצם ידי עשה לי את החיל הזה, אבל תמיד יש להתייחס לדברים בקני מידה נכונים : "וזכרת". ייתכן בדבר האחרון כאן ששאלה יותר נוקבת תחתור לכיוון שונה ותעמוד סביב נקודת המחשבה : אם כבר ה' נתן לך כוח לעשות חיל, אז למה שלא תשתמש בו ? וייתכן גם לשאול : "אם כבר ה' נתן לך שנשיא המעצמה שאתה יירא מפניה לא יהיה עוין אלא אדרבה אוהב, אז למה תמשיך להכות את אחיך היהודים ולמה תמשיך לקפח את זכויותיו של העם החוזר לנחלתו? שמא יש כאן בחינה שיגיונית של ופחדת מקול עלה נידף.

זה כבר עשרים שנה שנתניהו אומר לנו שהוא יודע את ארץ ישראל ובתוכה חברון, את שיבת ציון ואת זכויות עם ישראל עלייה. הוא נושא נאומים מפליאים, בחינת הקול קול יעקב. אלא שבקשר לידי עשיו, הוא הרגיל אותנו בטיעון הלחצים מבחוץ. ומעצם תפיסתו זו, הוא נתפס כהרע במיעוטו, וכתריס מפני פורענות מפלגות השמאל הכורתות ברית עם האויב. ולעט לעט התרגלנו שכביכול מדינת ישראל אינה מדינה עצמאית. על בניה, על התגוננות מפני אויב, אפילו ברמה הביצועית הנמוכה ביותר, כפי שמתאר זאת צבי פישמן בסרטונו הקצר שיצא לאחרונה, מבקשים אישור מנשיא ארה"ב. במילים אחרות, שיטת חומה ומגדל אינה אפשרית היום, ואילו היה מוטל על ממשלת נתניהו להכריז על עצמאות מדינתנו, הוא וחבר מרעיו (לאו דווקא במובן שלילי, רעים בקמץ שונה מרעים בצרה ; "רעים אהובים" זה לא אנשים רעים) היו נמנעים בק"כ טעמים. היהודי חזר לארצו אבל עדיין מייחסים חלות משפטית לחוקים של זרים שהשתלטו על ארצו בתקופות גלותו המרה. אין פלא אפוא שכל העיניים של מדינת ישראל פוזלות לאמריקה.

יכול להיות אמנם שאכן הפעם יהיה נשיא אמריקה אוהד לישראל, אבל למרבה ההפתעה, בתחום ההכאה האכזרית ביהודים על ידי שלטון יהודי, אם במישרים אם בעקיפים, נתניהו יהיה מסוגל להפגין דווקא עצמאות. חבר, עידן הגלות חלף הלך לו! לא ולא, ואם היום גויים לא יכולים לזרוק יהודים מביתם, אז עלינו להמשיך במנהג זה, יאמר לנו רה"מ.

ניתן יהיה להתפעל אם הממשלה תנהג באנושיות כלפי היישוב היהודי בארץ, תבטל את החוקים ואת שטרות הקניין שהונפקו (אם הונפקו) ע"י שלטונות זרים שנעלמו ואינם, אבל הגורמים להמשך ההרס כאילו היהודים לא נהיו ריבוניים בארצם, בעקבות החלפת השלטון באמריקה. אבל כדי שנאמין בתום לב שהמהפך הזה שם יהיה באמת גם מהפך לגבנו כאן, צריך קודם כול להסביר לנו עד כמה קלינטון (הבעל) היה רע בשבילנו, כשהוא פעל בכל כוחותיו כדי להמיט עלינו את אסון הסכמי אוסלו, שבגינם עד היום שוכנים ארגוני מחבלים בלב ארצנו, תקועים על אוכלוסיותיהם העוינות בין ירושלים לבית אל. הום יגידו לנו שקלינטון היה חבר, אז במה השתנה טראמפ? האם הממשלה תשכיל לתפוס טרמפ על טראמפ?

אכן קשה להאמין שנתניהו יפעל למען ההסדרה החוקית של הימצאות היהודי בארץ ישראל, כי הלא דין הוא. אם הוא לא היסס (או אולי קצת היסס ואחר כך התגבר על הספק) לגרש קהילות שלמות מחבל ארץ כשהיו בהן כריבוא יהודים, כאשר ישיבתם הייתה חוקית לכל דבר, מדוע כל כך קשה להבין שאותו בנאדם יכול לגרש יהודים בכמויות יותר קטנות ומאדמות שהימצאותם בה אינה חוקית בדת הממלוכים או העותמאנים ? אז הוא ישכנע אותנו שאין בכוחו לאשר נוכחות יהודית בארץ, ויעתיק את מגרון ואת ל' דירות הישיבה הגבוהה שבבית אל. אך במצבים אחרים הוא פשוט יהרוס וישלח פרשים להכות ביהודים, דוגמת בתי דריינוף ושלוש בתי מגרון בבוקר של חורף קר.

עובדה שבמקומות אחרים נתניהו אינו מונע בנייה יהודית, למרות מיקומים זהים למקומנו, הכוונה בעניין ייחס האומות אליהם, כמו ביתר עילית למשל, או אריאל. ולכן ספק אם העיכוב המתמשך כבר כמעט חמש שנים בעניין בניית שלוש מאות הדירות שלמאן דאמר יכולות להגיע לחמש מאות, תלוי באמת בתוצאות הבחירות בצידו השני של העולם, במקום שהולכים לישון כשאצלנו קמים.

ולכן עלינו להיות תמיד מכירים תודה לה'. הגאולה לא תובא ע"י רוזן זה או מלך זה מבין האומות, אלא ע"י ה' הבוחר בשליחיו. אין להלל לקלס ולשבח לנשיא ארה"ב. זכורני כי במלחמת המפרץ הראשונה, יצאו לחוצות קהלים להודות ולשבח ל"פטריוט", אותו הטיל נגד טילים. לא רק שהמפגנים המגוחכים הזכירו אוהדי כדורגל בתהלוכותיהם, אלא שמי שהסתכל נכון לשמים ראה שטילי הפטריוט התפוצצו באוויר לבדם ושטילי הסקאד המשיכו בדרכם, רובם לים. למחרת ההלל והשבח ספגה רמת גן את המכה הקשה ביותר מכל המהלך ההיסטורי הזה. מי שהציל את ישראל, זה הקב"ה, ואף לא דרך הפטריוט. בחינת ה' ילחם לכם, כשחוסן חשב להתנגש בנו ולבסוף משך יריב אחר אליו לפני יציאתו לדרכו אלינו.

אנחנו תמיד מחפשים מה הן הסיבות לחוסר הצדק המופגן כלפי היישוב שלנו. האם חשבנו על דברים שמתרחשים בזעיר אנפין בתוך קהילתנו ויכולים להיות דומים לדברים היותר גדולים שמעיקים עלינו מבחוץ? ואולי ברמה האישית אנחנו לא נוהגים במאזני צדק, איפת צדק והין צדק גם ברמות של עמדות שלטון הקטנות ביותר שיש בנו, ואולי בחסות איסור לשון הרע, בביטחה שלא יודעו הדברים, ושאם יתוועדו, נטיח במגלים שהם מוציאי שם רע? על רשימות למגרשים בהן אדם עמד בתורו ודחקו אותו החוצה כדי להטיב לאנשים יותר "משלנו"? על מקומות עבודה שאולי לא ניתנו לאנשים תמימים ומתאימים, על עולים חדשים שלא קיבלו עבודה למרות שהציווי לאהוב את הגר ולא להונות אותו חל היום על היהודי השב לארצו מארצות הנכר? ושלא נשלה את עצמנו בטענה, כדוגמת סדרות הטלוויזיה האמריקניות, כי יש [כבר] ספרדי או צרפתי אחד בכל מסגרת עבודה, יצאנו ידי חובה. או שמא אנחנו גורמים להפרעות לשכנים ומתייחסים עליהם בבוז כשהם באים בעדינות לעורר את תשומת לבנו?

בכל אופן, בין כך או בין כך, בנפול אויבך אל תשמח. אומנם נראה כאן שלהיפך במתרחש באמריקה מדובר בקימת אוהבך, אלא שהצלחתו של האוהב (בהסתייגות כמובן) עשויה לסמן מפלה לאויבים.

יהושע סולטן ©


אנא פתח לנו שערי גאולה

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 18:29

Nous traiterons ici des puissants acquis d'une presse hégémonique bien ancrée dans les consciences neutralisées en dépit de ses échecs, de la prépondérance ou de la relativisation des élections américaines en Israël, et de sa particularité au regard des destinées des nations.

En Israël, le public n'est pas resté indifférent aux élections américaines. Le premier catalyseur de cet intérêt consiste indiscutablement dans les mass-médias, dans une mesure tellement excessive que, même sans être un gros consommateur d'émissions politiques et d'actualité[1], on aurait pu croire qu'elles se passaient ici.

Cet engouement manque de cohérence, si on se rappelle la vague d'indignation offusquée et générale, déclenchée y compris dans les milieux politiciens et journalistiques, un jour que quelqu'un avait eu la bonne idée de suggérer qu'Israël devienne le cinquante-et-unième Etat des USA. Les caricatures allaient alors bon train dans le monde entier, avec toutes les questions sur la forme qu'aurait dû prendre la nouvelle étoile sur le fond bleu.

L'orientation médiatique monolithique et schizophrène

Et pourtant, les animateurs et présentateurs de service ne se sont pas empêchés d'agir en tout point comme s'ils y étaient, à moins qu'ils ne se soient senti spectateurs de l'Eurovision, avec des Clinton douze points, Trump deux points.

Quoi qu'il en soit, ils avaient à l'avance leur favorite gagnante, leur bête noire perdante, et ils s'adonnaient à la même fête dont le caractère frénétique s'accentuait à mesure que l'échéance du véritable scrutin approchait. Et ils ingurgitaient de fortes doses d'effets propagandistes convaincants, tel ce fêtard s'empoisonnant dans un grand restaurant avant de rendre toute la nuit.

Et, comme lors des élections où se disputaient un Netanyahou et un Herzog, aigre vinaigre fils ou petit-fils du bon vin, la fête américaine a été grandiose et très rapide, puisqu'il n'est possible de ne faire mentir les sondages, pronostics et présages qu'avant l'éclatement de la vérité. Ensuite, il devient impossible  - tant que les résultats ne seront pas truqués – d'ignorer des faits trop flagrants.

De Pérès à H. Clinton, rien de nouveau sous le soleil

Rappelons-nous un autre festival, plus ancien, quand Pérès avait dans les journaux de quatre à sept points d'avantage, d'un sondage faussement réputé sérieux à l'autre. À la clôture des urnes, l'explosion d'une danse quasi rituelle le consacra en saluant l'annonce un peu trop rapide de sa prétendue victoire. Toutefois, le dépouillement des voix dépouilla peu à peu la pouilleuse clique journalistique de son aura, qui se faisait violence pour ne pas sombrer, continuant à dire, à mesure que l'écart s'amenuisait, que même une seule voix d'écart accorderait légitimement les pleins pouvoirs à Pérès, qui aurait le droit le plus absolu d'imposer ses (leurs) vues.

Les premiers arrachements de cheveux ne survinrent qu'après le renversement de la situation, en dépit d'un dernier espoir, celui d'une erreur de décompte, qui restait encore probable pour certains ténors médiatiques – comment la réalité pouvait-elle être contre eux – démenti  pour finir par un recomptage qui ne faisait que creuser davantage l'écart indubitablement en faveur d'un Netanyahou accusé sans succès d'être un assassin, et non des moindres : le tueur par procuration de Rabin.

Les fêtards dégrisés, qui faisaient tellement de peine que des responsables de droite leur avaient proposé un troisième comptage, le refusèrent à juste titre, craignant que l'écart ne se creuse encore.

Même fête poussée à l'extrême, même gueules de bois des lendemains qui déchantent. Les caïds du formatage des têtes n'en reviennent pas de la défaite de la favorite du Katar et de l'Arabie Saoudite, grands mécènes désintéressés d'une grande fondation d'œuvres de charité américaine, encore plus désintéressée.

Certes, les journalistes et autres commentateurs devins pourraient tenter leur chance ailleurs, comme leurs clones mentaux de la Cour suprême, justicière implacable contre les Juifs et compréhensive envers les bédouins et autres déshérités pitoyables de la terre, mais il y a déjà surpopulation en cet autre milieu. Ils n'ont pas tort lorsqu'ils considèrent que leurs protégés sont déshérités, puisque les sources bibliques, qu'ils se targuent de ne pas ignorer, consignent qu'Abraham donna tout ce qu'il possédait à Isaac, et qu'aux fils des concubines, il n'offrit que des cadeaux de consolation avant de les envoyer vers l'Orient. C'est bien ce que dit l'actualité de nos lectures synagogales hebdomadaires, non?

Là, trois personnes peuvent impunément en enrobant la pilule d'excipients judiciaires qu'ils jugent judicieux, paralyser des choix démocratiques votés en quatre lectures (en contant la lecture préliminaire) et débattus entre quelque cent-vingt élus.

Sous les pleurs de la défaite médiatique se camoufle une inquiétante hégémonie

Les confréries de journalistes qui colonisent comme leur bien propre l'antenne médiatique publique, peuvent se permettre toutefois de relativiser, car même s'ils ne parviennent pas à pousser Israël au suicide collectif, ils le neutralisent en agissant sur le pouvoir élu, quel que soit le résultat. Il lui fait accepter comme une fatalité la présence massive d'une population hostile et ses débordements et autres exactions inouïs, quand cette dernière ne se donne même plus la peine de cacher sa haine du Juif.

Le tireur et le pigeon de foire

Si l'on compare les journalistes et les élus à ces stands de tir installés dans des foires, les premiers sont les tireurs, les seconds les canards ou pigeons qui défilent inquiets et désireux de se faire tout petits, ne cherchant plus qu'à terminer leur traversée de la scène sans se faire descendre.

Un candidat diabolisé parce qu'il s'inquiétait à juste titre du danger des attaques contre les Juifs au cœur  même du pays fondé pour les en préserver, et interdit d'éligibilité, provoque presque trente ans après l'irritation de la peau et de l'humeur de cette gente, incapable non seulement de tout mea culpa mais également de toute remise en question, en dépit des milliers de victimes dues au choix de l'indulgence, et de la théorie pérèssienne selon laquelle si les haineux sont respectés, honorés, égalisés, ils en deviendront reconnaissants.

Seule une certaine I. Dayan, qui voudrait être procureur à la place du procureur, dans le cauchemar vécu par Elor Azria, ce soldat ayant neutralisé un terroriste musulman qui ne l'était pas, ainsi que par la population lucide de ce pays, a feint, dix ans après l'expulsion des Juifs de Gaza, de ne pas avoir eu l'oreille suffisamment attentive à la détresse de ses frères, quand elle tendait avec délectation son micro à ceux qui se réjouissaient de cette catastrophe nationale, les confortant de l'orientation de ses questions et commentaires.

Le fatalisme soumis face aux incendies criminels allumés par des ennemis protégés

Aujourd'hui, c'est dans un silence soumis que la population israélienne assiste à la jubilation d'ennemis diaboliques qui sautent sur les flammes de ce qu'ils perçoivent comme l'exécution d'Israël sur le bûcher. Ils y voient un châtiment d'Israël, puisque c'est sa terre qui brûle.

Et on ne tardera pas à trouvera un bon prétexte, dans cette nouvelle agression, dans ce «soulèvement» ingrat de l'Arabe israélien contre son bienfaiteur, toujours «palestinien» pour les besoins de la cause, pour que l'Israélien, le cerveau induit en ce sens par les maîtres des médias, dans son ensemble, se sente une énième fois largement coupable de la haine antijuive de l'autre.

La voie de la paix avec l'ennemi n'a pas fonctionné…

Et personne ne s'insurgera en s'écriant : des deux possibilités, nous avons choisi la paix avec eux. À présent, il ne reste que la voie que nous avons frappée d'ostracisme, diabolisée pour plaire sans jamais avoir plu, la paix sans eux.

Quand les attaques arabo-islamistes, même identifiées, deviennent des catastrophes naturelles

Il est vrai qu'une certaine nuance optimiste et encourageante, par comparaison avec l'Europe, consiste dans une hypocrisie nettement moins incurable en Israël qu'en Europe. En Israël, les instances reconnaissent que les incendies ne se sont pas allumés par génération spontanée, simplement sous l'effet d'un vent sec et constant.

On reconnaît la main d'un ennemi primitif et dangereux, agresseur unilatéral en une véritable guerre du feu. En Europe, en revanche, des vagues d'attaques systématiques sont l'effet de déséquilibrés ou de «jeunes» ; les loups y sont nombreux mais toujours solitaires. Il n'est jamais question d'une guerre.

 Mais là où le bât blesse, c'est que, en Israël, on n'en tire aucune implication logique, de sorte que l'attaque belligérante se range gentiment dans la catégorie des catastrophes naturelles. Il ne s'agit plus d'êtres humains qui doivent répondre de leurs actes, mais de hordes préhistoriques imprévisibles et irraisonnables. Tout au plus, les agresseurs, s'ils ne sont pas ravalés au rang de la bête, sont infantilisés à souhait.

Yossi Sarid – parlementaire de l'extrême gauche et occasionnellement moralisateur envers son peuple – écrivit un jour un texte surprenant, laissant penser qu'il s'était enfin rendu à l'évidence. Pour un peu, il se serait attiré le goudron et les plumes indélébiles des pires étiquettes dispensés par les tuteurs de la pensée. Il fallait cependant le lire jusqu'au bout. A première vue, il était enfin en train de reconnaître la large implication d'arabo-musulmans dans la haine active d'Israël. Il décrivait événements à l'appui leur incurabilité, leur ingratitude, l'immobilisme de leur doctrine de haine. Le lecteur habitué à ses invectives d'autocritique de ses congénères (c'est-à-dire en principe de soi en tapant sur ses semblables), commençait à se demander s'il n'y avait pas anguille sous roche. Il en a eu la confirmation dans les dernières lignes. En un virage à cent quatre-vingt degrés, Sarid concluait, en tant que membre d'un peuple acquis aux principes de la paix et de la non-violence, et ayant la chance de ne pas être comme eux, que son rôle sur cette terre consistait pour ainsi dire à les civiliser et à ne pas lâcher prise tant qu'ils n'auraient pas compris qu'ils avaient tout à gagner en acceptant de se pacifier.

On peut se demander, quand les ennemis sont assimilés à des catastrophes naturelles contre lesquelles on ne peut rien, à un châtiment divin pour reprendre l'aveu de dirigeants religieux musulmans, ou encore à des demeurés rendus violents par irresponsabilité, si on n'est pas réellement plus racistes de la sorte qu'en les traitant en ennemis majeurs et capables mentalement de répondre de leurs méfaits.

Cette apathie populaire est incontestablement à mettre sur le compte d'une victoire du triple bourrage de crâne juridique, médiatique et gouvernemental. Cette action annihile toute réaction, peut-être elle aussi primitive, mais pas nécessairement condamnable, d'un puissant rejet israélien vis-à-vis de minorités haineuses, destructrices, trop longtemps livrées à leurs agissements. 

La clique monolithique peut être satisfaite des résultats, et arrêter de pleurer. Elle se remet par ailleurs assez vite, et atteint son degré précédent d'agressivité, puisque c'est à ce titre que le gouvernement se joint à cette bruyante fanfaronnade. (cf. les accords de Wye Plantation en 98, suite de l'application des accords d'Oslo en dépit de l'échec de Pérès).

Israël doit-il se focaliser sur les élections américaines et leurs résultats?

C'est moins le phénomène d'hégémonie dictatoriale des parrains des médias que l'incroyable attraction pour la présidence américaine qui nous occupe ici. Car s'il est vrai que les journalistes ont déchanté après les résultats, révélant une énième fois leurs véritables intentions et leur total manque d'objectivité professionnelle, le peuple dont le pouvoir de la presse a été spolié a largement  montré sa satisfaction.

En clair, quand on dansait à la télé, on s'angoissait dans les chaumières ; et quand à la télé, on s'est enfin angoissé, ce fut au peuple de danser.

Baroukh Marzel, figure connue du paysage israélien, fervent défenseur de la ville des Patriarches d'Israël et admirateur de l'avènement de la royauté de David en ce lieu, responsable de l'auberge accueillante située à quelques pas seulement de la Makhpella, a fait part de sa déception, non pas du résultat de l'élection, mais du trop fort intérêt porté par le public à ce qui se passe de l'autre côté de la planète. Invoquant la souveraineté d'Israël, il a tenu à rappeler que cela fait déjà plusieurs générations que nous sommes redevenus un peuple indépendant et qu'il serait temps de s'y faire.

Meir Benayoun, rédacteur en chef du site Jérusalem 24, relève avec un brin d'ironie la jubilation excessive de gens qui s'y sont crus vraiment, citant des réactions de l'ordre de : «Qu'est-ce qu'on leur a mis!» en leur avouant qu'il ignorait qu'ils fussent citoyens américains et qu'ils eussent voté.

Redevenir maître de ses destinées

Si, sur le principe, ces affirmations sont vraies, il ne faut cependant pas perdre de vue que des habitudes inculquées par des siècles d'exil ont conditionné un certain nombre de réflexes et de réflexions. Au lieu de laisser le monde décider de ses propres destinées en le laissant tranquille, on en est encore à se demander : «Est-ce que c'est bon pour nous?»

 On agit parfois, sinon constamment, à la manière d'un ex bagnard achetant une pioche et reprenant à l'air libre sa besogne de casseur de cailloux. On continue à ne pas réclamer que justice soit faite contre nos ennemis, mais à les flatter pour solliciter d'eux qu'ils nous épargnent. (cf. pourparlers avec les terroristes, quand des milliers de chefs d'accusation auraient dû les condamner à l'élimination ciblée ou à un procès à la Eichmann).

Et on continue à obéir à l'Oncle Sam, ce Samuel Wilson, dont les traits furent reportés à l'époque sur la face du président Andrew Jackson, voire à anticiper ses exigences, voire encore à se donner à soi-même des coups sur la tête, puisque c'est devenu moins commode aux antijuifs de le faire, depuis qu'effectivement, nous avons notre Etat.

Lorsque le Premier ministre expose mieux que quiconque la pérennité indétrônable d'Israël sur son sol, rappelant que toutes les puissances provisoires qui se sont mesurées à Israël sont depuis longtemps des civilisations disparues, en sous-entendant plus ou moins que c'est ce qui attend les civilisations qui nous donnent du fil à retordre aujourd'hui, mais qu'il décrète juste après avoir battu son adversaire politique pro-concessions et coups de bâtons qu'il va continuer la politique des précédents pourtant désapprouvés par le peuple, ou qu'il va geler la construction juive pour montrer que ce ne sont pas les Juifs les méchants, ou encore qu'il approuve par son vote l'expulsion des Juifs de toute une région, après avoir contradictoirement expliqué que ce retrait serait catastrophique, on en vient effectivement à se demander s'il est salutaire pour Israël que le président américain ne soit pas un Clinton. (Cf. les accords d'Oslo, par exemple).

Netanyahou est-il le larbin de l'Amérique?

Il serait un peu dur cependant de ne considérer Netanyahou que dans le rôle restreint de simple larbin des Américains. Au moment où les projecteurs de la haine contre le développement du peuple juif étaient braqués sur les travaux de terrassement du magnifique quartier d'Har Homa, à Jérusalem, peu ont prêté foi aux affirmations de l'homme d'Etat sur l'avenir de ce site. Mais un autre fait important, que seuls les habitants qui vivaient dans les parages ont connu, c'est que les quartiers de Pisgat-Zéev et de Névé Ya'acov, ont doublé leur superficie et leur population sur cette même période, du côté gauche donc Ouest de l'avenue Moshé Dayan, désertique alors.

Aujourd'hui encore, quand les quartiers de Mévasséreth Adoumim ou d'expansion à Guilo peinent à démarrer, cette fois c'est en direction du Sud et de l'Est que les quartiers précités s'étendent.

Où placer sa confiance ?

«Béni soit l'homme qui place sa confiance en D.»[2] nous dit le texte, qui nous affirme dans le même énoncé : «maudit soit l'homme qui place sa confiance en l'homme». L'homme Netanyahou, l'homme Clinton ou l'homme Trump, peuvent, si nous nous focalisons exclusivement sur eux, nous faire oublier la destinée para historique du rassemblement d'Israël sur sa terre et du retour à sa souveraineté et à sa Montagne Sainte, qui s'inscrit dans un programme proto-énoncé, sans omettre le principe enseigné par le Midrach : «Le cœur des souverains est dans la main de D.»[3]

Qui a protégé Israël ? Les Patriotes ou la Providence ?

Quand une tournure non ordinaire de l'histoire se révèle, il n'est pas de bon ton d'accorder la délivrance occurrente à des idoles humaines, ou des humains idoles.

Une réaction largement partagée lors de la  première guerre du golfe ne présageait rien de bon. La fixation trop forte sur les missiles américains «patriotes», pris pour le bras étendu de l'œil américain bienveillant, sauveurs vus comme un peu trop providentiels des skuds irakiens, a détourné l'attention du D. d'Israël.

Anecdote révélatrice

Passant par une terrasse d'un immeuble universitaire près de l'autoroute 4, après que l'alerte eut retenti, je tombai sur un groupe d'une quinzaine d'étudiants occupés à scruter le ciel en direction de la mer, au-dessus de l'agglomération de Bené-Berak et de Ramat-Gan. Je me permis de leur dire : «Qu'est-ce que vous faites là, vous n'avez pas entendu la sirène?» «Mais bien sûr que si.» «Il faut entrer dans une pièce étanche, avec vos masques.» «Mais toi-même, qu'est-ce que tu fais là?» «Moi? Mais j'y allais. Il reste d'ailleurs une demi-minute environ. Et qu'est-ce que vous comptez faire si le skud tombe juste ici, vu qu'il y déjà eu plusieurs impacts entre Ramat Gan devant et Ramat Ephal derrière?» «Si ça tombe ici, on rentre», me dit l'un d'eux, mal assuré. « On rentre? Objectai-je, mais tu n'auras même pas le temps de lever le pied.» Il ne maugréa pas longtemps.

On entendit une première explosion, puis trois autres. «Les patriotes!!!» s'écria l'un d'eux, suivi par les autres, alors que deux paires de points lumineux d'un blanc très net s'élevaient en convergeant en au-dessus de Ramat-Gan, tirés de part et d'autre du panorama. Puis on vit descendre du ciel en direction de l'Est un faible point lumineux rouge orangé, de translation relativement lente, scud d'un quart de tonne en fin de parcours.

Les quatre missiles patriot éclatèrent dans un bruit titanesque, comme dans un feu d'artifice, mais en plus grand. «Ils l'ont eu», se mit à crier l'un d'eux. «Ouaih!» le relayèrent quelques autres. «Mais non, ils ne l'ont pas eu!» m'écriai-je en suscitant une angoisse subite dont je m'excusai. Je montrai du doigt le point orangé qui poursuivait sa chute inexorablement. «Mais il va s'écraser sur la ville», s'angoissa quelqu'un en se tenant les joues. «T'inquiète, il est loin, c'est pour la mer», conclus-je. Observation confirmée le lendemain.

Quand des défilés d'allégresse emplirent les rues à la gloire du patriot et de l'Amérique, la coupe fut pleine. Et une attaque sans précédent de scuds frappa un immeuble qui s'écroula comme un château de carte, en faisant une victime réelle. Le miracle avait cependant épargné tous les autres habitants, retrouvés intacts et dégagés des décombres.

Ne pas compter sur le miracle, et l'impossibilité de s'en passer

La pensée juive n'est pas dénuée de paradoxes. Il convient certes de ne pas compter a priori sur les miracles, mais sans oublier qu'ils font partie de notre décor. Il est permis de détenir de la puissance, de s'en servir pour se battre et pour vaincre, mais ne jamais éloigner de l'idée que c'est D. qui nous donne cette force.[4] Il doit être pareillement permis de préférer tel acteur de la scène géopolitique mondiale, mais ne pas oublier que la véritable confiance ne doit pas être misée sur ces hommes, de peur qu'ils ne se retournent contre nous.

Que les bonnes personnes aux bons endroits soient inspirées pour qu'il n'y ait pas de mauvaises surprises. Puissions-nous être épargnés de tout dérèglement de la machine humaine et de son cerveau, de Netanyahou, de Trump ou de bien d'autres, que le premier ne s'enorgueillisse pas contre son peuple.

Que le premier ne cherche pas à démontrer que l'hostilité envers ses frères n'était pas due à une capitulation face aux pressions d'Obama mais à une doctrine étudiée en toute indépendance, et que le second ne soit pas aspiré dans une spirale de folie des grandeurs, et ne cherche pas à plaire aux nations qui se rassemblent et se concertent contre D. et son oint, ni ne veuille leur prouver qu'ils avaient tort d'avoir eu peur de lui.

Et tu te diras en ton cœur, tel ou tel dirigeant est préférable pour nous, mais tu n'oublieras pas que c'est D. qui place en leur cœur et en leur pouvoir la possibilité que les événements s'organisent autour de ta victoire.

Les miracles accompagnent ce peuple d'exilés rassemblés. Ils préservent aujourd'hui nos êtres de chair de l'incendie, comme si cette horrible guerre du feu ne pouvait toucher que les arbres ; tout comme nous fûmes sauvés de la guerre du Golfe, comme si les missiles irakiens n'avaient eu aucune incidence sur les personnes présentes dans les bâtiments touchés.

Sur un plan nettement plus géopolitique, l'Irak a commencé à se désagréger après sa menace de détruire notre pays avec son canon anglais, et surtout après son intention de nous attaquer en pénétrant une Jordanie consentante. Aujourd'hui, des pays ligués contre Jérusalem et menaçant Israël, appelant à l'anathème sur une partie de ses produits en apparence seulement, sont eux-mêmes en pleine tourmente. Et le peuple qui n'aspire qu'à la paix et à la justice aspire à sa délivrance complète. «D. combattra pour vous et vous resterez silencieux[5]».

Yéochoua Sultan © 1 Décembre 2016

 

 

 

[1] Ce n'est pas une périphrase du mot information, puisqu'il s'agit d'un peu tout sauf de cela. En revanche, il peut s'agir d'un euphémisme de propagande ou de désinformation.

[2] Jérémie XVII, 7.

[3]  Proverbes XXI, 1.

[4] Deutéronome VIII, 18.

[5] L'Exode XIV, 14

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 19:31

Les élections aux USA ont laissé très peu d'observateurs indifférents à travers le monde. Cette puissance occidentale a beau être indépendante, et ne s'adresser qu'à ses propres citoyens quant au choix de son suprême dirigeant, il n'en demeure pas moins qu'en cette ère de mondialisation, où tout terrain délaissé crée un vide aspirant dans une nature qui a horreur du vide, quand les pays se regroupent sans sortir de chez eux autour de blocs moins économiques et plus idéologiques qu'il n'y paraît, les opinions de par le monde ont toutes célébré ce qu'elles ont considéré comme une victoire ou une défaite. 

Car certaines menaces longtemps dormantes, inoffensives en apparence seulement, sont aux aguets, et s'emparent par un effet ventouse de toute parcelle dont le regard d'un grand frère se détourne et sur laquelle se posent les yeux puis la main d'un frère oriental devenu gigantesque par le départ d'un aîné plus fatigué que pacifique. Et ce grand frère par défaut, cet aîné autoproclamé, impose à grande échelle la domination de  son dogme chaotique par effet domino.

Donald T ou Hillary C,  qui doit être associé à l'admiration et à la joie, et qui au désastre et à la défaite? Le mieux à faire, si vous démarrez d'une position neutre, que vous soyez au départ sans opinion, c'est de parcourir le monde sans bouger de votre fauteuil et de lire les réactions de préférence à chaud, quand les contents et mécontents expriment ce qu'ils ont sur le cœur ou au fond de leurs trippes, et qu'ils révèlent sans détours leur véritable opinion.

Deux catégories de facteurs en l'occurrence influeront sur notre réflexion : en surface, ce sera l'école ou le groupe idéologique. Dis-moi qui tu es, et je te dirai pour qui je suis. Donc, si un mouvement intégriste religieux très prosélyte se désole du résultat électoral, je dois a priori m'en réjouir. Et si un pays, détenteur en passant du record mondial des décapitations de droit commun, se livre à un chantage en cherchant à affaiblir le nouveau président dans sa détermination à relever la tête de l'Occident, le menaçant en lui demandant s'il veut vraiment se passer de son pétrole, c'est que  l'on doit en conséquence se sentir intuitivement rassuré. A contrario, les sirènes activées par l'éminent analyste Guy Millière, dont le choix ne laisse entendre aucune hésitation, peuvent sérieusement induire un observateur neutre à pencher pour sa lecture de la réalité géopolitique.

Moins superficiellement, ou plus profondément, la seconde catégorie des facteurs induisant la réflexion nous interpelle sur le plan de l'argument rationnel fondé sur des principes, des valeurs ou des sentiments.

Racisme, sexisme et corruption

Nous ne passerons que très brièvement ici sur la dialectique problématique des accusations de racisme, xénophobie, etc., étant donné que, premièrement, les deux candidats de génomes relativement proches ont des électeurs de toutes les couleurs, et que, secondement, préférer quelqu'un pour sa couleur et non pour ses valeurs est aussi raciste que de le haïr pour ces motifs, comme nous l'avons vu quand le problème s'était inversement posé, avec la jubilation pléthorique de bien des Blancs flattés dans leur égo et définitivement blanchis lorsqu'ils eurent enfin élu un président noir.

Ce racisme à l'envers porte ailleurs la dénomination caressante de discrimination positive. Quoi qu'il en soit, il s'agit donc bien d'une discrimination, en valeur absolue qui, avec ses deux barres placées de part et d'autre du nombre, attribue exactement la même valeur au racisme à l'endroit ou à l'envers, ou à la discrimination négative ou positive.

Si je suis noir, et que j'aie réussi dans une société occidentale, ingénieur à Paris XI ou honnête manutentionnaire chez Félix Potin (le choix de cette firme n'est pas une déconnexion de la réalité mais un refus de s'adonner à la publicité clandestine) qui gagne correctement sa vie ; si je règle les échéances en temps et en heure de copropriété ou Hlm, scolarise et élève dignement mes enfants, au point d'avoir le sentiment profond que la couleur de la peau n'a plus aucune importance, je serais je pense très choqué qu'un antiraciste installe sur mon pallier un immigrant érythréen hors-la-loi et violent, et qu'il réponde à mon air étonné : «Si toi, tu as réussi, lui aussi, il le pourra».

Il se peut aussi que certains électeurs pris dans le piège du vote motivé subconsciemment par la couleur se sentent aussi investis d'une mission de lutte contre le sexisme en votant pour la candidate au détriment du candidat, et en faisant coup double puisque la candidate est plébiscitée par le président de couleur. En votant Hillary, on a non seulement voté contre le sexisme, mais aussi contre le racisme. C'est tout pour la problématique du prisme. 

Un argumentaire bien plus préoccupant que démagogique touche au pouvoir de l'argent et son alter ego, la corruption

Des physionomies labourées par la résignation, le mécontentement sans espoir a été justifié par l'impuissance des idéaux, des valeurs humaines, etc. etc., face à l'argent. L'on déplore que le candidat républicain n'ait remporté les élections que par son immense fortune dont il s'est, chacun le sait, largement servi pour financer sa campagne. «Il n'y en a que pour les riches» ou «Avec un idéal de vérité et de sincères convictions, on n'arrive à rien», se dit-on en acceptant finalement son sort. C'est vrai, on peut en faire, des choses, avec l'argent. L'argent influe sur les capacités de discernement, il est capable d'agir sur les valeurs humaines et de les renverser tel ce marcheur sans boussole qui fonce dans la direction opposée à sa destination en étant persuadé qu'il avance dans le bon sens. 

Si un tout petit cadeau, voire un sourire, comme dans cette histoire talmudique du sage qui s'était déclaré inepte à officier en tant que juge dans une affaire où l'une des parties l'avait préalablement gratifié d'un grand bonjour, présente le risque de rendre les juges aveugles et de les pousser à l'injustice, on comprend aisément les dégâts causés par des Etats immensément riches cherchant à imposer leurs dogmes religieux et culturels à des pays de surcroît souvent en difficultés économiques, en achetant sous couvert d'investissement ou d'une œuvre de charité une Europe libérale à conquérir réduite à un vaste jeu de Monopoly qui a cessé d'être virtuel.

Mais on n'achète pas seulement les immeubles. On s'impose dans les consciences par voie de mass-médias. Comment un individu, bras long d'une organisation prosélyte nourrie aux bénéfices infinis du pétrole, qui cherche à imposer à l'Europe un jeûne de trente jours et d'autant d'improductivité, jeûne dont il porte le nom, peut-il bénéficier de séquences d'antenne tellement conséquentes sur des chaînes publiques en se faisant passer par la même occasion pour un intellectuel ou un savant, et dans tellement de pays libres?

Et c'est en pensant à cet achat de l'opinion par l'argent, qui n'affecte plus seulement certains politiciens mais l'ensemble du système politique – immigration, égalité des droits pour les travailleurs étrangers, installation définitive desdits travailleurs, mission achevée ou non, regroupement familial, mosquées, écoles coraniques, adaptation de la loi à la délinquance, fichés S en liberté, etcetera etcetera – quand cette corruption de l'espace et des mœurs passe depuis longtemps pour normale, que l'on en vient à se dire, réveillés en sursaut par la victoire de Trump, qu'il est peut-être heureux qu'il en ait, lui, de l'argent, et qu'il ait pu faire barrage.

C'est donc conséquemment à la compréhension subite que Trump a remporté l'élection grâce à son argent que l'on réalise du même coup que l'acceptation par l'Occident d'une mainmise grandissante de l'islam sur son patrimoine et ses acquis matériels et culturels, ainsi que de son mépris tout d'intolérance, est la première à résulter d'un immense mouvement de corruption. L'argument anti-Trump de l'argent se retourne ainsi en sa faveur.  

Cela signifie  qu'avant Trump (bien qu'il soit encore tôt pour être certain qu'il persiste dans sa ligne de pensée), aucune idéologie ni aucune défense de valeurs humaines, de ce que l'on nomme la liberté et/ou la laïcité – bien qu'il s'agisse d'un autre débat, car l'on peut très bien ne pas accepter le rejet de l'idée du Créateur sans tomber dans les excès et mensonges de cultes post-judaïques -  n'a pu résister au rouleau compresseur de l'islamisation de la planète, financée à coups de milliards par des pays coupeurs de têtes.

Corruption ou œuvre de charité ?

La fondation Clinton[1] a reconnu déjà en 2008 avoir reçu vingt-cinq millions de dollars du royaume saoudien. D'après les déclarations du prince saoudien M. ben Salman Al Saoud, cinq mois avant les élections américaines, son pays avait déjà subventionné vingt pour cent des frais de la campagne d'Hillary. Quelques jours avant le vote, ladite fondation a reçu du Katar un don d'un million de dollars, officiellement à l'occasion du soixante-cinquième anniversaire de Bill Clinton. Des documents révélés par Wikileaks et relayés entre autres par le Monde parlent d'une promesse du souverain marocain d'onze millions de dollars toujours à la fondation dont le caractère caritatif semble donc devoir consister à venir en aide à certains candidats présidentiables dans le besoin bien définis, puisque cette promesse avait été faite en vue de l'approche de la campagne électorale[2]pour une conférence, selon Huma Abdine, qui a acquis ses galons en Arabie, et se trouve être l'une des plus proches collaboratrices de la candidate. Et ainsi de suite.

Nous avons tellement été habitués à ces pratiques, comme les dons libyens à Sarkozy, que nous les acceptons débonnairement. «Mais bien sûr, les victimes du racisme – puisque les musulmans le sont depuis l'invention de l'islamophobie – font ce qu'elles peuvent pour soutenir ceux qui les défendent», pensons-nous sans vraiment y penser. Ou alors nous le prenons sur un ton bon-enfant : « Boâf, il faut bien qu'elle trouve de l'argent quelque part, ce n'est pas gratuit, une campagne électorale», car même si, au départ, on pourrait peut-être encore supposer que sa politique n'a rien pour favoriser l'expansion islamique, elle risque en cas de victoire d'être redevable à ses souteneurs financiers. Pire, en tant qu'élue d'un pays qui fait près d'un demi-continent, c'est l'Amérique entière qui aurait été redevables à l'Arabie.

De la défaite du 11/9 au coup de théâtre du 9/11 ?

Or, pour que le 11/9 ait eu des chances d'être contrecarré et changé en 9/11, et que l'Arabie Saoudite puisse être traînée en justice devant les tribunaux américains, il faut absolument se dégager de l'étau de ces cadeaux corrupteurs que représentent les aides à se hisser aux plus hauts sommets de la pyramide du pouvoir. L'Amérique n'a jamais obtenu réparation, quand un véto personnellement émis par le président américain sortant, Obama, proche des Frères musulmans comme il l'a montré avec son historique visite au Caire, a interdit toute assignation en justice des magnats de la péninsule arabique. Pourtant,  quinze des dix-neuf terroristes impliqués dans les attaques contre le World Trade Center, étaient des ressortissants saoudiens.

Il apparaît vraisemblablement qu'un tournant soit intervenu à se stade et que la fortune musulmane à la mégalomanie expansionniste soit tombée sur plus riche qu'elle, ce qui n'est malheureusement pas le cas dans la branche politique de la vieille Europe qui, si elle déplore à première vue la victoire de Trump, c'est plus parce qu'elle redoute la colère de ses sponsors et moins parce qu'elle se sent de culte ou de culture musulmane.

Y a-t-il en Europe un candidat assez puissant pour dégager son pays de la mainmise de l'argent?

Y aura-t-il en France un candidat aux présidentielles qui soit capable de se dégager de l'emprise de la corruption des monarchies du pétrole? Il est permis d'en douter, quand le seul parti qui semble être resté lucide et vigilant est présenté dans certains médias comme nécessiteux d'une aide aux senteurs de ce minerai qui fait tourner les moteurs et la tête des dirigeants[3].

Il faut se rendre à l'évidence que le facteur majeur, qui présage de la situation précaire de la France quant à la pérennité de ses libertés, consiste dans la résultante directe de l'implication des pays musulmans du pétrole, qui, sous leurs dehors d'alliés économiques salutaires, ne sont pas étrangers à l'acharnement d'un pouvoir local européen vassalisé contre le grondement citoyen suscité par les abus de la terreur islamique flagrante ou insidieuse, ou encore de la remise au goût du jour du délit de blasphème. A la différence du moyen-âge, ce totalitarisme qui s'appuie sur la religion puise sa force cette fois d'un autre culte, et la France jadis libérée de son joug d'aînée de l'Eglise peut être de nouveau interdite de penser en tendant à ce second joug son cou et subir les affres d'une soumission qui ne sera qu'une autre variation d'un même thème. Quant au pouvoir, à gauche, à droite ou au centre, il refuse de tolérer cette révolte populaire, taxée de populiste, tenant trop à fermer les yeux et à préserver sa cécité tellement rentable.

Religion de paix, culte moteur d'une culture innovante et fondatrice de la civilisation, etc., autant de superlatifs flatteurs et saugrenus d'une administration et de pouvoirs à la solde des détenteurs des rênes de l'argent, et dont l'admiration aveugle d'un or noir les force à porter aux nues un culte d'un autre âge peinant à élever le niveau économique ne fût-ce que d'un seul des pays sous sa botte au-dessus du zéro qu'il aurait d'ailleurs parait-il inventé. Une novlangue qu'Orwell avait préconisée dans un contexte imaginaire sans encore prévoir le nôtre, impose à notre vocabulaire une islamophobie pour mieux imposer la terreur de la pensée, préambule des privations de liberté puis des brimades physiques destinées à mater les récalcitrants.  

La politique arabe monolithique qui sévit depuis plus de quarante ans, quel que soit le parti au pouvoir, quand un monde arabe frustré de son cuisant échec contre Israël décide de se venger en faisant de l'Europe par la coercition sa complice, profitant encore aujourd'hui, dans un monde incapable d'évoluer, de la crise du pétrole inventée et favorisée par des chantages perpétuels ; une France achetée aussi par soixante-quinze milliards de dollars investis par l'Arabie[4] dans tout le pays pour faire pousser plus vite que des champignons des mosquées et autres écoles coraniques ; sont autant d'agents annonciateurs des zones de non-droit dites seulement sensibles par euphémisme intéressé, tandis que les prévisions les plus sombres y voient de multiples chevaux de Troie.

La corruption rend les pouvoirs et manipulateurs d'opinions sourds aux tentatives de dédiabolisation d'Israël, toujours prêts à inverser les rôles entre un monde arabo-musulman qui avoisine le milliard d'habitants, véritable Goliath qui s'étend officiellement seulement sur deux continents, et un pays d'Israël avec six millions de Juifs grand comme deux départements français.

Quand un centre national de documentation israélien relevait au début des années quatre-vingt que le budget publicitaire et flatteur de l'Olp était cinq fois supérieur au budget de la défense d'Israël, c'était moins par autocritique, comme si Israël n'avait pas saisi les véritables enjeux, que pour établir le constat de l'écrasante corruption des idées de masses dont deux cents ans de démocratie et de république n'ont pas résisté aux assauts qui ont plongé les consciences dans une léthargie morale les empêchant de se défendre.

Le salut de la France, mais aussi de l'Europe, ne semble  pas devoir provenir d'un pouvoir élu. Aucun candidat de la vieille Europe n'a les épaules assez solides, les épaules de l'argent qu'on le veuille ou non, pour contrer par l'antidote financier qui consiste à être encore plus riche, la poursuite de l'arabisation mais surtout de l'islamisation du continent. Aucun Donald coléreux prêt à s'insurger tout haut contre ce que d'autres observent avec un grand sourire hypnotique béant. Aucun milliardaire dont l'argent ne sente pas de près ou de loin le pétrole des péninsules orientales pour détromper une population livrée entre les mains d'un pouvoir corrompu, pas même la supposée quintessence de l'extrême, une présidente que la France s'apprête peut-être à élire, dont les espoirs risquent de déchanter tout autant que ceux qui avaient été accrochés après la promesse d'un certain karcher.

Le salut viendra du peuple, comme en 1789, ou de l'intervention américaine, comme à maintes reprises plus récemment.

Yéochoua Sultan © 

Que de changements dans mon environnement!

 

[1] https://fr.sputniknews.com/international/201611051028548723-usa-fondation-clinton-don-qatar/

https://fr.sputniknews.com/international/201606141025834193-clinton-arabie-saoudite-paye-campagne/

[2]  http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/10/27/wikileaks-s-en-prend-a-bill-clinton-et-sa-fondation_5021685_829254.html

[3] Le Figaro titrait le 24 oct. 16 : "En quête de finances pour 2017, le FN fait les yeux doux aux Emirats Arabes Unis".

[4] http://www.europe-israel.org/2016/11/video-larabie-saoudite-a-investi-75-milliards-de-dollars-pour-repandre-lideologie-islamiste-salafiste-en-leurope-avec-la-benediction-des-hommes-politiques/

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 20:40

La 7ème marche, un souvenir révolu de l'exilLa notion d'amalgame est utilisée en principe comme une barrière contre les exagérations visant à impliquer des innocents par généralisation. Chacun sait aujourd'hui toutefois que la récupération de ce motif par les ennemis idéologiques de l'Occident détourne l'attention d'un enchaînement d'amalgames réels qui s'est attaqué à la base aux Juifs puis s'est étendu par la suite, d'une manière pas si imprévisible, également aux parties d'une population française ou européenne dont les origines remontent aux pays arabes et qui sont passés par la religion musulmane.

Mais qui donc met-il tout le monde dans le même sac ?

Il y a de cela bien longtemps, quand Paris était encore en paix, au cours d'une réception, je me tenais près du buffet d'une réception et d'un couple de Juifs constantinois. Leur conversation, que je me suis permis d'écouter un peu malgré moi, m'a partiellement marqué. «Si j'avais été français, pensa à haute voix le mari, un verre dans une main et un canapé dans l'autre, j'aurais sans hésiter voté Le Pen.»

Son épouse s'indigna gentiment : «Mais comment tu peux te dire une chose pareille? Tu sais très bien qu'ils sont contre nous, et que s'ils montent au pouvoir, ils nous mettront dans le même sac que tous les autres. On aura beau être respectueux, travailleurs… tu sais bien que ça n'y changera rien.» Se froissant légèrement, le mari n'en démordit point : «Ecoute au moins ce que je te dis, avant de n'être jamais d'accord. C'est pour ça que j'ai commencé par te dire "si j'étais français". A ce moment-là, ils ne nous auraient mis dans aucun sac, puisqu'on aurait été dans le sac français. Et plus, si je puis  me permettre, j'aurais peut-être trouvé regrettable et injuste qu'on mette les Juifs dans cet autre sac-là, mais j'aurais fini par me faire une raison parce que  dans le fond qu'est-ce que ça m'aurait fait?»

«Mais nous sommes français…» objecta-t-elle d'un ton incertainement[1] affirmatif. «Tu sais très bien ce que j'entends par français, français français, pas français (il fit un geste circulaire de la tête) français…» Il s'arrêta, considérant avec agacement son verre vide et chercha une surface libre où le poser. Sur le tard, ce couple respectable opta pour un aller simple pour le pèlerinage à Jérusalem où il établit sa résidence.

Une génération part, une génération vient, et, sur le sol français, Le Pen toujours se maintient, à la nuance près que Mme Junior remplace M. son père ; ce qui rend le parti plus vendable, à l'instar de ce qui se fait dans les grandes boîtes commerciales, où c'est toujours une voix féminine qui vous aborde ou vous répond. Ça rassure. Il est toutefois indéniable qu'en dehors de ce constat de mercantile markéting, le cours de l'histoire sur les trois décennies passées et l'instabilité croissante ont déçu bien des Français jadis patients qui désapprouvaient le Front national tant qu'ils avaient encore foi dans une intégration lente qu'il fallait surtout ne pas bousculer.

Pourtant, les territoires occupés ou perdus de la république ou de la nation, valeurs auxquelles se réfèrent étrangement, comme par prémonition, les deux places ou stations qui portent ces noms, abandonnées déjà symboliquement par tant de défilés contestataires qui les foulaient de leurs vindictes ; mais aussi surtout de surcroît les débordements en provenance de ces derniers territoires du renoncement imposé comme si leur sort eût dépendu de la marche inexorable de la fatalité, lorsque des éléments terroristes ont exploité les fiefs des enclaves musulmanes et mené des incursions sanglantes dans les derniers bastions mal protégés d'une France en repli, ont convaincu bien de ses citoyens dont les valeurs humanitaires sont méprisées car considérées comme faiblesse et soumission, que la connotation, sinon de guerre du moins de lutte, sinon de lutte du moins de résistance, choisie par ce Front national lorsqu'il se choisit cette appellation, n'était pas nécessairement belliqueuse ou trop poussée.

Puisque l'apanage vestimentaire islamique est un drapeau de conquête qui s'étend, pourquoi ne pas en profiter au passage pour taper sur la kippa

Revenons à ce même sac où des Juifs craignent d'être jetés et amalgamés pêle-mêle avec tant d'autres, et cherchons un peu si, sérieusement, un tel risque existe. Pour s'inscrire en faux contre l'islamisation galopante qui fauche en rouant de coups l'ex empire gallo-romain, la candidate Le Pen à la présidentielle se déclare non seulement prête à faire appliquer les lois interdisant les symboles de l'expansion du croissant remis de sa défaite à Vienne, signes religieux devenus drapeaux et autre étendards, mais également à se pencher sur la kippa des Juifs.

Il convient de bien comprendre que l'expansion de l'islam fait feu de tout bois, et que, par extension, ce rectangle de toile qui flotte au vent en arborant les couleurs ou sigles d'un régime ou pays et appelé communément drapeau, peut aisément être remplacé par d'autres éléments. N'en déplaise à certains observateurs limitatifs qui n'ont vu de problème que dans le remplacement cinq années durant de la cocarde tricolore par le drapeau du Reich, conséquent à la capitulation du 22 juin 40, d'une part, et à certains analystes politiques qui se bornent à ne voir dans les aspects vestimentaires qui forment l'apanage des musulmans tout au plus qu'une simple question sécuritaire, selon qu'il soit possible ou non d'y cacher des armes, voire d'y travestir des hommes. Pour qui se laisse prendre à ces pipeaux, seul le vêtement de ville reste problématique, tandis que le vêtement de plage tellement décrié l'été dernier ne poserait de problème qu'à des grincheux trop coincés. (Cf. les analyses de D. Pipes).

En revanche, les signes distinctifs chez les Juifs n'ont jamais été revendiqués ni joué le rôle tacite d'une quelconque invasion. Le sionisme et l'expansionnisme sont antinomiques. Et s'il est arrivé que des Juifs aient brandi à Paris le drapeau d'Israël dans des manifestations, ce n'était nullement dans l'intention de l'y imposer, mais de défendre ce pays.

Amalgame à l'extrême-droite?

Quand un député dénonce un amalgame que l'opinion semble accepter

Le couple cité plus haut avait donc pu entrevoir en un éclair prémonitoire cet amalgame qui ne manquerait pas de le montrer du doigt. Or, seul le député Meir Habib est monté en l'occurrence au créneau pour dénoncer les propos de Le Pen qui s'est comme susdit déclarée prête à interdire le port de la kippa aux Juifs en faisant d'une pierre deux coups. Mais peu s'en émeuvent vraiment. Tous ne pressentent pas le scandale de la même façon. D'aucuns comprennent le motif de la politicienne. N'interdire qu'aux musulmans d'arborer leurs symboles passerait mal. Ce serait terriblement sélectif et discriminatoire. En fait, on aurait bien aimé obliger les membres plus anciens de la nation française à se découvrir la tête, mais que faire? Ils ne portent déjà pas de couvre-chef. Il devient donc logiquement juste de mettre tout le monde dans le même sac.

Mais attention, car si nous poussons plus loin cette logique qui ne craint pas l'absurde, si un jour des élections parviennent à hisser au pouvoir une politique qui aboutirait à l'expulsion du sol français de tout ce qui lui est extrinsèque, il serait injuste de faire du favoritisme à l'endroit des Juifs et de leur permettre de rester sur le sol français. Ce serait très mal perçu. Ils seraient donc sommés de partir sans exiger de traitement de faveur.

Quand les Juifs peuvent se faire représenter en tant que tels

Il est à relever qu'hormis quelques félicitations adressées au député Habib pour sa lucidité, son courage et sa détermination, les réactions n'ont pas été toutes très favorables. Certains préfèrent préconiser le silence et ne pas relever cette opinion tendant à interdire au passage la kippa. Mais, paradoxe insolite de la démocratie, seuls les Juifs d'Israël de nationalité française élisent leur député en France identitairement, en tant que juifs, puisqu'ils représentent la majorité de la huitième circonscription, alors qu'aucun représentant parlementaire métropolitain ne peut parler au nom des Juifs vivant en métropole, dont le vote se dilue dans la masse. Ils seront de gauche, de droite ou du centre, électeurs de partis qui les oublieront à loisir au gré de la tectonique du paysage politique.

Leur pouvoir démocratique est bien dérisoire. Leur seul porte-parole préoccupé de leur sort sera tout au plus le chef d'un conseil représentatif, démuni de toute prérogative effective, ni député, ni sénateur, et encore moins ministre. Et même alors, peu sont les privilégiés autorisés à se prononcer par les urnes à l'endroit de ce conseil représentatif, quoique les opinions et intérêts puissent théoriquement converger.

La lutte islamique et la culture juive sont aux antipodes l'une de l'autre

Il semble donc que l'opinion juive soit sur le point d'être amalgamée et identifiée à une autre tendance qui, quant à elle, ne cache pas son mépris, sa hargne et sa haine des valeurs humanitaires et occidentales, et est ouvertement décidée à se servir de la démocratie pour mieux en découdre avec elle. Elle discrédite – nous le verrons plus loin – en un autre amalgame tout ressortissant français ou étranger originaire d'un pays où l'islam impose sa dictature mais persuadé pourtant qu'avec son accession ou celle de ses parents à un pays libre, il s'était extirpé du cauchemar d'un système charriant tous les symptômes de la terreur.

Cependant, il existe une frange de la population juive en Europe qui se fâche de la kippa, mais également de tout élément à même de différencier le Juif du creuset culturel général, de sorte que ne pas travailler shabbat, ni pendant les fêtes du calendrier hébraïque, voire également le jour de Kippour, consiste dans une provocation intolérable qui la menace aussi, amalgame oblige.

Amalgame au centre-droite

Une autre prise de position d'un homme politique a occupé une petite place de l'actualité lorsqu'il a mis la religion juive dans le même panier que les revendications de musulmans dont les plus vindicatifs ne verraient pas d'inconvénients à ce que leurs interdits s'imposent aussi aux autres.

Avec sa «double ration de frites»[2] pour les élèves musulmans ne prenant pas de porc, Sarkozy, avec son mot d'auteur d'ex président, a certes défrayé la chronique, mais peu sont ceux qui ont fait attention à une attaque gratuite lancée contre les Juifs en ratissant large. Bien sûr, on a trouvé ridicule l'entorse à la bienséance en société, au b-a ba qui veut que, si dans une cantine, sur une table de six, il y a six cuisses de poulet rôti et six parts de pâtes denses et collantes, il faudrait avoir bien du toupet pour prendre une double ration de protéines en se disant qu'un autre pourrait se gaver de deux fois plus de pâtes gluantes, d'où l'effet retentissant de la bourde ex présidentielle. Il faut les chercher à la lumière d'une bougie, ceux qui ont été scandalisés par l'affirmation sentencieuse de Sarkozy : «… qu'il y ait des tables de Juifs et des tables de musulmans», comme s'il s'était jamais trouvé parmi ceux-là des revendicateurs exigeant le retrait du porc du menu des écoles laïques.

Pourtant, l'amalgame ici est bien plus inquiétant que le précédent. Ici, il ne peut plus être confiné (si contrainctibilité[3] il y a en l'occurrence politique mouvementée) à la simple extrême droite. Ici, l'amalgame a fait du chemin. Il a glissé de façon quasi subliminale dans une réaction sur le vif en apparence.

On pourrait effectivement se dire que le public de figurants qui applaudissent un Sarkozy qui fustige et vilipende les Juifs pour leur table, ne représente que lui-même. Permettons-nous cependant d'y  voir un signe symptomatique.

Quand chez les Juifs certains tombent dans le panneau de l'amalgame qui les vise

Si l'amalgame n'est pas encore complètement admis sur le fond des questions de la kippa ou de la cacherout, n'étant comme nous venons de le voir ni un fanion ni une tentative d'imposer son culte aux autres, il s'est par contre beaucoup plus incrusté dans les esprits quand il s'attache à des principes perçus par beaucoup comme moins spécifiques au judaïsme.

Il existe pour les amalgamistes, ou amalgameurs au sens figuré, un ou des sujets bien plus probants pour inciter une partie de l'opinion juive à s'attaquer à ses propres valeurs pour mieux tenter de les saper. La naïveté, ou du moins une certaine bonhomie,  prévaudra dans les questions de la tentative d'étouffement et de substitution du judaïsme immuable et multimillénaire par un ersatz séduisant, la religion réformée sous ses diverses déclinaisons.

Certes, la Torah ne sera jamais oubliée par le peuple d'Israël. La confusion peut faire cependant des ravages considérables autant qu'indésirables, surtout lorsque les détracteurs camouflent leur attaque en se posant en victime. Si parmi les Juifs beaucoup ne sont pas nés de la dernière pluie et leur diront «à d'autres», certains sont enclins à se laisser submerger par une émotion épidermique qui leur donnera la chair de poule.

Les réformés s'attaquent au point le plus sensible, et, puisque le Temple n'est pas encore reconstruit, ils s'attaquent au Kotel, et pointent leurs flèches sur les fidèles, essayant de les pousser dans leurs derniers retranchements, ce qui diffère peu, sur le plan de la méthode, des provocateurs venant chercher les soldats de Tsahal et attendant caméra au poing une réaction pour les diaboliser. Les réformés viendront pareillement défiler sous le nez des gardiens de la tradition sans oublier de se faire filmer. Ils se feront relayer par des articles les exposant sous une lumière favorable.

L'arme d'une religion de substitut sème la confusion là où les attaques de la kippa renforcent l'unicité

Et là, à la différence du resserrement de rangs solidaires autour d'une même cause lorsque les attaques s'attachent à la kippa ou à Kippour, le syndrome de l'amalgame disloquera ces rangs, et, bien qu'il restera une tranche de l'opinion non négligeable qui se dira: «mais qu'est-ce qu'ils veulent chez nous?», d'autres tomberont à pieds joints dans le panneau et s'écrieront avec rage : «la preuve qu'il existe des… chez nous».

 Remplacez les points de suspension par le vocable en vogue qui désigne le spectre de l'islam le plus menaçant du moment. Aujourd'hui, le néologisme est le salafisme[4]. Pourtant, la religion réformée est très peu représentative en Israël, où on préfère être franc d'abord avec soi-même. Elle paraît naturelle dans les contrées du clinquant et du creux, de la forme au détriment du fond, de cette Américan dont les lettres évoquent Am-récani, en hébreu peuple vide. Bien sûr, vu le sujet abordé ici, nous nous garderons d'étendre à ce continent et à des gens très bien et fort nombreux qui vivent en ces contrées lointaines la moindre généralité amalgamante. Il n'en demeure pas moins que le fond de l'air y est davantage propice à l'apparition de doctrines creuses.

Les circonstances exténuantes de la prise de position contre soi-même

Toutefois, il est malaisé de s'emporter contre les victimes du réflexe acquis devenu presque inné, qui sur incitation s'emportent et collent à tout va les pires étiquettes sur leurs propres congénères. Cela fait bien trente ans que la propagande cherche à faire glisser sur les Juifs les pires symboles de l'islam. Insidieusement, pas à pas, on a d'abord comparé le Juif fidèle à son D. et à sa Torah à la catastrophe de la révolution qui a fait basculer un Iran heureux et amical dans l'obscurantisme le plus sombre.

Avec une photo apocalyptique à l'appui, présentant un Juif avec ses tefillins courroucé et aux traits grossis et disproportionnés par un double effet de grand-angulaire et de contre-plongée, un hebdomadaire dont le poids sur les consciences n'était pas négligeable titrait au lendemain du scrutin de la 12ème Knesset : «La montée des ayatollahs juifs en Israël».

Aujourd'hui, cette injure ne génère plus le même effroi. Une contre propagande s'est chargée de pacifier les bons ayatollahs, partenaires commerciaux non pas allumés mais éclairés, et surtout clients juteux et payeurs de centrales atomiques. Qu'on se le dise : un ayatollah est quelqu'un de très gentil qui va de paire avec une religion de paix. Et qu'on le recopie cent fois si on n'est pas suffisamment convaincu! Quoi qu'il en soit, la propagande est bien faite. Evitez de dire qu'un ayatollah veut la bombe atomique pour faire sauter la planète, vous vous couvririez de ridicule et provoqueriez l'hilarité de bien des Occidentaux.

En attendant, on peut encore utilises le mot salafiste, avant qu'il ne passe lui aussi pour un gentil, et l'inscrire sur un grand sac afin d'y fourrer pêle-mêle les Juifs un peu trop irréductibles.

L'ancienneté n'est pas toujours preuve de vérité

«Mais puisqu'on vous dit que rien n'est plus beau que d'aller au Kotel en famille, dans la mixité, pourquoi vous entêtez-vous à vouloir y faire deux zones séparées?» nous disent pour y revenir ceux qui se laissent émouvoir par les lamentations lancinantes et contagieuses des réformateurs. Et ils apporteront pour preuve des photos de cent ans pour faire état de ce que la «vraie» tradition attend de nous.

S'il est indéniable que la photo de Sichem vieille de plus d'un siècle, atteste en effet par la campagne désertique qui entoure le mausolée de Joseph, le fils de Jacob notre patriarche, que les Arabes n'étaient pas «là avant nous», une autre image montrant des Juifs en prière à l'extérieur du monument qui abrite à Hébron les sépultures des pères et mères d'Israël, ne représente quant à elle nullement la preuve d'une authentique tradition.

Il faut savoir que le grand rabbin de Tsahal Shlomo Goren, qui officiait à l'époque de la guerre des Six jours, a tenu tête à Moshé Dayan et à tout le gouvernement quand, cette dernière photo ancienne à l'appui, celui-ci prétendit que la tradition juive aurait exigé que la prière des Juifs se tînt à la septième marche. Cette septième marche fait partie d'un escalier qui longe l'enceinte de l'édifice à l'extérieur, l'intolérance musulmane leur ayant strictement interdit l'entrée sous peine de décapitation.

Une vieille photo peut attester d'une situation de fortune ou d'infortune, sans faire nécessairement attestation de loi. Il y a cent ans, il n'y avait au Kotel qu'une étroite ruelle, et l'enceinte occidentale du Temple était couramment profanée et jonchée d'immondices, ce qui n'est ni une loi, ni une tradition.

Un amalgame à double tranchant qui s'étend sur toute la France

En se désolidarisant du sort des Juifs assimilés d'une manière inappropriée à d'autres groupes, les politiciens et formateurs d'opinion n'ont pas vu venir une doctrine qui n'allait pas tarder à les mettre, eux et la société française, dans le même panier que les Juifs, quand eux-mêmes pensaient les mettre dans le même sac que l'islam. Un représentant communautaire l'avait bien pressenti pourtant. R. Cukierman, président du Crif, avait fait part en 2004 de la réflexion suivante : «Les Juifs sont les sentinelles de la République et des valeurs de la République… Quand on s'attaque aux Juifs, peu de temps après on s'attaque à la liberté, à la démocratie». Les sombres événements d'abord espacés dans le temps, avec le massacre de la famille Sandler puis précipités entre l'Hyper-cacher de la porte de Vincennes et le siège du journal satirique, ont malheureusement confirmé la clairvoyance de son propos, et ces tragédies semblent faire prendre conscience d'un destin commun.

Certains effets rassurants du passage d'un amalgame à l'autre

Partager le sort de la nation française et ne plus faire partie d'un magma d'immigrés et d'étrangers a de quoi réconforter. «La France sans ses Juifs ne serait plus la France», entend-on de la bouche des plus hautes instances. Il y aurait même, paraît-il, une baisse de l'Alyah de France. Paraît-il, parce qu'elle peut ne pas être absolue, puisqu'il y a moins de monde aujourd'hui. Ou alors, on serre les dents, on attend que l'orage passe… peut-être aussi que l'on s'accoutume telle la parabole du homard de la journaliste Laly D. La température augmente dans la marmite, c'est la panique ; qu'elle se stabilise un instant et on s'en accommode. Un cinq pièces à Créteil ou Enghien, a vu sa valeur divisée par trois en dix ans, passant de quatre à environ cent mille €. On ne s'en émeut plus. Un destin commun à tous les partisans et défenseurs des valeurs acquises suite à la révolution française, fait que l'on s'attend à un retour de la paix, à une reconnaissance.

Et quand l'amalgame nuit pour finir aux populations d'origine musulmane  

En attendant, pour le pouvoir et les médias, il n'existe qu'une unique forme d'amalgame. Pour simplifier, nous dirons qu'ils nous interdisent de mettre tous les musulmans fanatiques ou fanatisés dans le même panier que les terroristes inspirés par la même doctrine qu'il devient délictueux de critiquer. Paradoxalement, ce non-amalgame est l'amalgame par excellence, car on reconnaîtra par extension à toutes les personnes musulmanes ou d'origine musulmane le droit de s'afficher sans complexes dans les apanages les plus lourds de ce culte, et elles y seront poussées, qu'elles le veuillent ou non.

L'amalgame génère une force de formatage. Si vous ne ressemblez pas à ce que l'on veut que vous ressembliez, on vous y fera ressembler par la force.

Tout ce qui a été évoqué plus haut concernant les Juifs n'est en fait qu'un amalgame par ricochet, car l'amalgame étatique et médiatique menace comme susdit les populations affranchies des régimes de dictature et de misère imposés par le dogme islamique. On ne compte plus les politiciens qui, en Europe, se montrent conciliants et souriants vis-à-vis de l'expansion de l'islam le plus dur. Ils se flattent de leur compréhension, de leur tolérance, sont complices du recul de la république et charrient dans leur sillage un obscurantisme d'un autre âge.

Et ils ignorent royalement les premiers citoyens menacés par leur permissivité, et qui ne manqueront pas d'être traités de traîtres et qualifiés de renégats par les nouveaux maîtres de l'Europe, coiffés de bonnets de laine et déambulant en tunique et babouches.

Une Algérienne musulmane se confiait sur le site Bivouac, absent depuis de la toile. Elle racontait comment, chaque été, sa sœur lui ramenait de Paris des charcuteries locales, des tenues et des parfums. Mais, d'année en année, sa sœur apportait moins de cadeaux. Ceci toucha d'abord la nourriture, puis les parfums, puis les tenues. Jusqu'au jour où elle vit sa sœur débarquer un bel été à Alger dans une tenue afghane. Elle en ressentit un profond découragement. Dépitée, elle relata comment, alors qu'elle rêvait inconsciemment que le modèle de la liberté européenne influât un jour son pays, elle fut forcée de constater que des gens qui avaient quitté volontairement l'Afrique, attirés par les attraits de ladite liberté, se mettaient à l'assassiner.

Rien de tout cela n'eût été possible si les autorités des pays démocratiques avaient contrecarré les tentatives d'imposition de la loi islamique telle qu'elle peut se pratiquer en Arabie ou au Katar. Au lieu de cela, les élus plébiscitent les menaces contre la culture et la nation française, se moquent d'elle de l'intérieur, et la menacent de poursuites sur un motif créé de toute pièce par une novlangue plus que douteuse : l'islamophobie[5]. Il suffit de parcourir la presse, quand elle n'est pas trop censurée, pour se rendre à l'évidence de cette menace qui ronge les libertés. Il est vrai que beaucoup y trouvent leur compte. Quoi de plus grisant que de sentir que l'on s'identifie au plus fort, à celui qui impose sa loi?

Pourquoi le musulman sera le premier sauvé par une limitation de l'islam

Et c'est ce laxisme, encore une fois cet amalgame qui aveugle les dirigeants (peut-on encore parler de dirigeants?) qui incite l'opinion générale à mettre tous les musulmans dans le même sac et leur refuse l'émancipation, puisque de toute façon ils sont arabes, ainsi que le droit de vivre à l'européenne ; et c'est encore ce laisser-aller qui pousse le citoyen non musulman à admettre ce terrible syllogisme qui veut que, si tous les musulmans ne sont pas terroristes, tous les terroristes le sont, etc.

Supposons que vous soyez originaire d'un pays musulman, que vous ayez la nationalité française ou un titre de séjour, voire que vous soyez natif de la France, il y a trois possibilités.

La première, c'est que vous appréciiez la culture occidentale, que vous aimiez la liberté et travailler ; vous n'aimeriez pas que des individus vous rappellent par leur comportement ce que vous n'aimiez pas trop là-bas, et encore moins qu'ils cherchent à vous imposer leurs vues.

La deuxième, c'est que vous acceptiez le système européen et ses valeurs, mais que, si l'occasion se présente, vous pourriez être tenté de rejoindre des mouvements de protestation ou de pagaille, sans lesquels vous vous tiendriez inévitablement tranquille.

La troisième, ce serait d'aspirer a priori à renverser le système et à imposer la terreur de l'islam. En cas de régime inébranlable, de pouvoir solides, vous vivriez heureux a priori dans le premier cas, vous feriez avec a posteriori dans le deuxième, et iriez voir ailleurs dans le troisième.

Des Français d'origine française se sentent abandonnés par leurs instances

Aujourd'hui, la pagaille est telle que non seulement tous les habitants originaires de pays dits arabes sont pris à partie, mais qu'il existe aussi, vue la conjoncture, des natifs de France aux origines non islamiques qui se convertissent à l'islam, sentant que leur pays et ses institutions ne les protègent plus. Une émission télévisée de reportage, au début des années 90, demandait à des gens qui avaient vu leur environnement se transformer en une enclave islamique, ce qu'ils comptaient faire et/ou pourquoi ils ne déménageaient pas. L'une des réponses était que les zones moins sensibles étaient au-dessus de leurs moyens. Un reportage plus récent montre une parade originale, si l'on peut dire, d'une famille de blonds, sans vouloir être raciste, entièrement drapée et voilée, avec tapis de prières et tout le tralala. «Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse?», semble dire en filigrane cette Fatma improvisée entre deux «Inch'Allah».

La démocratie sait elle aussi se faire respecter

Quant à cet abandon qui consiste à dire que les Arabes seraient trop nombreux pour que la loi puisse être appliquée et la paix sociale préservée, qu'il serait bien trop tard maintenant, c'est encore une fois imposer l'amalgame et c'est surtout oublier l'antécédent d'un refus total d'un autre débordement qui avait mis en scène lui aussi des antagonistes musulmans quand, le 17 octobre 1961, des travailleurs algériens qui vivaient en France, ayant cherché à monter sur Paris, dans le contexte troublé d'une Algérie française finissante, furent physiquement défaits au moment même où ils tentaient, sur le pont de Neuilly, de forcer le passage jusqu'à l'Etoile. Les manifestants étaient dix mille, ce qui est loin d'être peu. Il ne s'agit pas ici de prendre position ni de faire l'apologie de l'usage de la force. Cependant, une main de fer avait étouffé dans l'œuf ce qui aurait pu échapper à tout contrôle et faire de Paris le théâtre d'une libanisation. Or, s'il est encore aujourd'hui difficile d'accepter que la police ait fait en cette occurrence l'usage de ses armes, un démantèlement des filières qui incitent à la haine dans les mosquées pourrait se faire sans dégainer, et des réseaux armés sans que cet usage ne choque.

Ce qui se passe en France est tellement indéfinissable qu'il est donné de parler d'anarchie. Le laxisme envers l'islam et les débordements de populations qui ne s'intègrent pas faute d'un cadre adéquat et sérieux, a ouvert la porte à un phénomène encore plus absurde, les migrations à aller simple, phénomène qui permet de s'introduire sur le sol français (ou européen de l'Ouest) sans passeport, sans visa, et encore moins en essayant de se cacher.

Un autre amalgame en chaîne se prépare, la traînée de poudre sera déclenchée au niveau de l'élément migrant pour remonter jusqu'à la kippa et au sans-kippa. Et alors, en supposant que la civilisation de la nation française parvienne à reprendre le dessus, les ex ressortissants de pays musulmans pourraient bien en pâtir également.

Yéochoua Sultan ©

  

 

[1]  Attesté par le Littré qui cite Montaigne : http://www.littre.org/definition/incertainement

[3] Figure dans le dictionnaire : Enrichissement de la langue française, de Richard de Radonvilliers, deuxième édition 1845.

[4] Terme reconnu par la nouvelle tradition orale du vocabulaire journalistique-politique.

[5] Reconnu par le correcteur de Word.

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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 15:11

Qui criait-il ainsi du haut de son minaret ?

Un mugissement rauque et prolongé qui fait rêver les jeunes enfants et leur déplait adultes

Il arrive que l'on garde un souvenir impérissable d''un film vu des années plus tôt, de la tendre période de l'enfance ou d'une période insouciante. Et c'est avec une impatience contenue que l'on a salué les capacités internétiques modernes et l'éventualité très probable de le visionner à nouveau via le téléchargement ou la connexion à des sites de mise en ligne de plus en plus richement documentés. Un ami à l'âge de la retraite me faisait part de sa joie anticipée suscitée par son rêve en voie de réalisation. Il avait retrouvé toute une série de titres qu'il affectionnait alors qu'il était encore tout jeune cadre, du topo du Cave se rebiffe.

 Il lui faudrait encore plusieurs jours avant de pouvoir les visionner sur son ordinateur, leur disponibilité étant assez faible sur le site de partage. Un jour que je le rencontrai, je lui dis : «Au fait, tes films, tu les as eus ?» «Ne m'en parle pas. C'était décevant, et je ne comprends pas comment j'ai pu à ce point en garder un bon souvenir. Il y a certaines nostalgies qui devraient rester à l'état de nostalgie. C'est fou ce que peut faire comme effet l'idéalisation du passé.» «Mais sur le moment, c'est-à-dire la première fois que tu les as vus, ça t'avait plu?» «J'étais sûr et certain que oui, mais là je me suis mis à en douter. En réalité ça doit être tout un ensemble, la sortie au cinéma entre amis, le moment de détente après une journée un peu stressante de travail…»

Il se pourrait en effet que le contexte y soit pour quelque chose. Lors de l'une de nos périodes d'une enfance insouciante, l'école était fermée le mercredi. L'opportunité heureuse et répétitive de n'avoir pas à se lever ce matin-là les yeux et la tête emplis de sommeil opérait un effet de décrispation euphorique dès le mardi soir, quand il était permis de traîner un peu, et de ne pas se soumettre aux exigences strictes de l'horaire. Et alors que nous étions heureux de cette absence de toute obligation, la télévision nous offrit pendant de longues semaines chaque fois un nouvel épisode des aventures de Tarzan, alias Weissmuller (ou l'inverse). Les parents étaient de sortie, et les consignes autorisaient cette réunion entre frères et sœur au salon dont nous devenions les maîtres pour un soir.

Nous étions conquis par ce héros qui se contentait de presque rien, et qui se faisait comprendre des animaux. Il nous faisait rêver en accédant à sa cabane sans vitres ni électricité, juchée sur un arbre haut comme un immeuble de cinq étages, en se servant d'une simple corde alors que nous-mêmes aurions tout au plus renoncé à l'ascenseur mais certainement pas aux marches stables d'un escalier.

Quant aux animaux, ils accouraient de tous les continents pour répondre à son appel : éléphants d'Afrique et d'Asie se côtoyaient au pied de son arbre.  Je faisais observer à mon public puîné les différences morphologiques apparentes.

Un autre film m'avait bercé d'exotisme. J'avais vu le Message au cinéma, au cours de grandes vacances. Dans des décors désertiques, de poussière et de ciel bleu, il plongeait le spectateur dans le contexte des débuts de la religion musulmane, quand des idoles de terre cuite devaient disparaître pour un autre système. Le scénario ne manquait pas d'un sens aigu du gag cinématographique.

Un passage montrait une querelle idéologique familiale sur fond d'idolâtrie autant primitive que primaire. Soudain, l'un des protagonistes se saisit d'une statuette et la précipita sur le sol, la brisant avec fracas. Les pro-idoles en furent fort effrayés, se morfondaient bruyamment en se demandant quels fléaux n'aillait pas tarder à s'abattre sur eux.

Le spectateur, informellement abonné aux effets imaginaires et fantastiques qui tiennent lieu de réalité dans les films, autant qu'aux figurines maléfiques douées de sortilèges, malédictions et autres effets néfastes, s'attend alors à quelque développement surnaturel à même de relancer une intrigue qui s'éternise. Et c'est là qu'il comprend qu'il ne va rien se passer, puisque c'était justement là que se trouvait le message à proprement parler du film, à savoir que les poupées ou poupons, qu'ils soient en argile, en fer ou en plastique, ont des yeux sans voir et des oreilles sans entendre.

Je n'avais pas, à l'âge où j'ai vu ce film, les éléments qui m'eussent permis de crier au plagia, au détournement aux fins de services de culte étranger, quand, dans un cadre antérieur à l'Hégire de vingt-cinq bons siècles, Abraham luttait déjà contre l'attribution de quelque prérogative qu'il fût aux idoles. Tenant le magasin de son père qui en vendait, il demanda à un client quel était son âge. Puis il lui demanda comment un personnage aussi honorable pouvait accorder de l'importance à une figurine dont la glaise venait tout juste de sécher.

Un jour, il détruisit la marchandise, ne laissant que la statue la plus imposante intacte, avec une hallebarde entre les mains. Son père ne crut pas un traître mot de son histoire, lorsqu'il argua que les dieux s'étaient entretués, et que le plus robuste avait gagné la partie. Le différend se termina chez Nemrod. Quoi qu'il en soit, partager le message de l'inutilité de l'idolâtrie n'implique pas nécessairement que l'on souscrive à un autre culte présenté comme succédané sans en lire les petits caractères, un peu comme certains se servent de la réfutation des théories de l'évolution non pas pour nous faire reconnaître la création, mais pour nous réorienter vers certains cultes de dieux hommes ou de versement de sang.

Ce que le téléchargement peut comprendre comme désenchantement est impressionnant. Des années plus tard, je me faisais une joie de retrouver sur un site de partage l'intégralité de la série des Tarzan, dont je n'avais pas soupçonné la richesse, ayant sans doute manqué quelques épisodes en dépit de ma fervente assiduité. Mais non, décidément, il ne me plaisait plus du tout avec son logis sans ascenseur et son vague short informe et gauche, évocateur de la couche-culotte préhistorique, pour tout vêtement. Comment avais-je pu le suivre dans tous ses agiles déplacements sans que ne s'éveillât en mois un mépris condescendant ni la plus profonde commisération? Mon attention ne put se fixer sur ces images au-delà d'un court laps de temps d'environ cinq minutes.

Et il en fut de même pour cet autre film dont le principal message me sembla du cou porteur de désertification et de désolation humaine. Ayant plus ou moins revu divers métrages de la catégorie comédie dont je reste ouvert face à une certaine sensibilité qui s'en dégage, je me suis demandé ce qu'il pouvait y avoir de commun entre Tarzan et le culte défendu par Antony Couine (je ne trouve plus l'orthographe), qui m'ait tellement enchanté enfant et déplu aujourd'hui. Ce matin, j'ai enfin trouvé, tandis que des muézins mugissaient dans le lointain : il s'agit de cette façon de s'imposer par l'émission d'un cri rauque et prolongé.  

Yéochoua Sultan ©

 

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 15:11

La symbolique la plus dévastatrice de la machination antijuive : l'enfance

Le mois dernier, Philippe Karsenty nous informait de la sortie de son livre l'Enfant, la mort et la vérité. D'emblée, il nous replonge dans le vif du sujet : «L'image a fait le tour du monde», nous rappelle-t-il telle l'annonce d'un scoop fracassant, juste avant de nous situer de nouveau la date et le lieu : «le 30 septembre 2000 dans la bande de Gaza».

Pour des consommateurs d'informations fraîches qui se démodent dès le lendemain de leur publication, c'est à première vue du réchauffé, et une petite voix intérieure, fruit du conditionnement d'une société toujours assoiffée de la dernière nouveauté, vient nous souffler : «Bon d'accord, c'est vrai que cet auteur a du mérite, là où monsieur tout le monde préfère raser les murs et regarder le sol, mais c'est bon, on la connaît, son histoire».

Pourtant, d'aucuns retiendront ce terrible incident sous l'appellation de la machination Al Dura ou Enderlin, deux désignations qui forment presque des anagrammes, surtout lorsque cette affaire puise son inspiration dans une région où les langues reposent sur des alphabets consonantiques (Al Dura Adurla etc.). Quoi qu'il en soit, autre clin d'œil phonologique, cette affaire a engendré un phénomène durable, et ses effets sont encore éminemment nuisibles aujourd'hui, alors que l'on pensait, bercés par un optimisme des temps nouveaux, que la haine irrationnelle des Juifs relevait d'une époque révolue.

Il est des procédés de propagande produisant une haine indélébile qui persiste, et ce bien longtemps après la chute, dans les oubliettes du temps, du mobile ayant servi de point de départ. C'est ainsi qu'il existe encore, en Espagne ou au Portugal, toute une frange populaire qui tressaille rien qu'à l'écoute du mot judío (prononcer Kh, comme dans Juan, exception faite de Juan les Pins).

Qu'une jeune fille espagnole moderne et universitaire rencontre un jeune Français dans une université parisienne, elle fera machine arrière si, bien que fortement laïc et assimilé, il s'avère être juif. Il recevra dans le meilleur des cas une fin de non recevoir polie misant sur son ouverture et sa compréhension, vu que dans ce milieu, «on n'a pas l'habitude de se marier ou de lier ses destinées avec des Juifs». Cela signifie que l'on acceptera dans ces contrées tout parti de toute nationalité ou couleur possible, pourvu qu'il ne soit ni juif ni d'origine juive trop récente ou tangible.

Personne ne sera cependant capable dans ces pays d'expliquer le pourquoi de cette détestation généralisée et ancrée jusqu'au plus profond de leur moelle sans les transformer nécessairement en ennemis incivils et violents. L'image négative du Juif de départ, ayant alimenté le moteur de la haine, est sortie de leur champ de vision, mais l'impression lui a survécu en dépit des cinq siècles passés depuis.

On ne peut attribuer ce profond sentiment d'antipathie uniquement à une pingrerie ou perfidie dont on affuble le Juif, car des pingres et des perfides, on se doute bien qu'ils en ont vu d'autres dans leur entourage. C'est donc bien à l'Inquisition et ses procédés autant habiles que malhonnêtes que remonte l'abcès.

Or, si plus de 500 ans n'ont rien changé dans les campagnes profondes de la péninsule ibérique – et qu'importe la reconnaissance officielle d'Israël, la demande de pardon du roi Juan Carlos, ou l'offre alléchante de la nationalité aux descendants d'expulsés de villes toujours sans Juifs – moins de 20 années assimilent a fortiori le coup d'éclat propagandiste précité à l'instant présent.

Et quel est cet élément commun aux deux événements médiatiques qui ont provoqué les plus fortes émeutes et mesures de rétorsion contre les Juifs, respectivement au XVème et au XXIème siècle de l'ère vulgaire? Un enfant. Un enfant de vingt ans ; un enfant de cinq cents ans.

S'en prendre aux Juifs sans s'accrocher à un fondement à toute épreuve risque à la longue d'éveiller d'intenables et irrépressibles remords. «Notre tempérament agressif et sanguinaire nous pousse à nous défouler sur une malheureuse victime bien pratique nous tombant sous la main» ; une telle revendication, profitant du faible risque de rétorsion, rassurée par le tempérament paisible d'une population minoritaire opprimable et déportable à souhait sans risques de contrecoups, d'éclaboussures ou autres pluies de pavés, ne sied pas à des gens civilisés.  

Le Juif sera donc présenté dans la peau d'un bourreau d'enfant qui lui, symbolisera le non-Juif. L'enfant représente toujours l'innocence, la candeur, l'optimisme, l'avenir et la joie de vivre. Il est fragile. Rien de plus naturel que de le protéger (quoiqu'aujourd'hui, il se pourrait bien que les images apocalyptiques de certaines des exécutions perpétrées par l'Etat Islamique aient quelque peu égratigné cette réputation).

Les antijuifs ont bien compris quel sera leur meilleur combustible pour mettre en marche leur logique de guerre: faire du Juif en général l'antinomie inconciliable de l'Enfant. L'enfant exploité comme symbole dont les répercussions se propagent comme une traînée de poudre en l'an 1500 se révèle tout autant redoutable en l'an 2000, sans qu'aucun progrès civilisationnel n'allume le moindre voyant rouge ou n'y change quoi que ce soit.

Et cette guerre par voie d'accusation de crime rituel ou hégémonique se base sur l'image. Voyons à présent quelle image forte avait été exploitée voici 500 ans.

Un chroniqueur moyenâgeux d'expression latine, répondant au nom de Fontana, écrivait:

« En l'an 1492, la victoire écrasante une fois rapportée contre les Maures, les souverains glorieux, Ferdinand et Isabelle, entreprirent d'expulser tous les Hébreux impies du royaume d'Espagne après que ces derniers eurent crucifié un an auparavant un enfant innocent ».

Il se peut cependant que les propagandistes soient cependant victimes d'un accident de travail. La bombe de la manipulation de l'image enfantine peut parfois leur sauter à la figure. Le propagandiste de la machine nazie a sans doute cherché, avec son jeune modèle pris sur le vif en train de lever les mains, donner un sentiment de justice enfin accomplie. Il est arrivé au Juif ce qu'il voulait faire aux autres, et le voici aujourd'hui réduit lui-même à l'état de l'enfant : tel est pris qui croyait prendre.

C'est pourtant l'effet inverse qui a été obtenu. Et ce n'est pas le Juif supposé vouloir prendre qui a été pris, mais la propagande, enchevêtrée dans son propre piège. En s'emmêlant les pinceaux, les antijuifs n'ont pas montré qu'ils avaient fait du Juif l'enfant, mais qu'il n'avait jamais cessé de l'être et de se voir attaquer par des loups de forme humaine, humanité coupable de crime contre le peuple juif. L'image de l'enfant juif levant les bras devant l'arme nazie a porté un coup fatal à l'image rétinienne qu'avait laissée l'image du petit enfant chrétien immolé de Fontana.

Pourtant, le spectre propagandiste n'a pas digéré sa défaite. Il n'y a vu qu'une revanche, attendant son heure de faire la belle. Il ne lui aura pas fallu pour se rétablir plus de cinquante ans au cours desquels l'humanité était en bonne voie de désintoxication de son antisémitisme. Sept ans après que l'image du nouveau millénaire a remis en marche la besogne de piétinement et d'accusation du Juif, P.A Taguieff publiait un aperçu du livre sur lequel il travaillait, portant sur l'identité juive et ses ennemis etc.  Il cite une certaine éditorialiste, répondant au nom de Catherine Nay, qui déclarait: «la mort de (…) Al Dura annule, efface, celle de l'enfant juif les mains en l'air, mis en joue par un SS dans le Ghetto de Varsovie».

On pourra relever au passage que deux images sur les trois sont de vulgaires montages, Karsenty l'a clairement établi lors de sa conférence au club de la presse*, où même le célèbre journaliste Jean-Claude Bouret, très sceptique à son égard de prime abord, s'est rapidement rendu à l'évidence de la supercherie. Mais la propagande n'a que faire de la vérité, pourvu que le coup passe pour crédible un instant et soit générateur de scoops. Dans la majeure partie des cas, c'est bien connu, les fausses informations alléchantes font l'objet d'un tout petit démenti à l'une des éditions suivantes, mais en ce qui nous concerne ici, l'aubaine est bien trop belle pour être délaissée, et l'absence cuisante de démenti permet aux plus acharnés de la cause antijuive d'admettre tout au plus un faible doute. Et on notera aussi que l'image favorable a posteriori aux Juifs aura été prise par leurs ennemis qui, telle l'escroquerie récente d'une Unesco qui crie sa haine, se discréditent et continueront à se discréditer par leurs erreurs d'appréciation.

Ceci établi, tout ce qui précède n'évoque en rien un motif de haine bien moins technique ou épidermique, qui consiste pour une civilisation qui se prétend héritière du judaïsme et de son peuple à constater qu'il est plus que jamais bien réel et bien vivant. On peut comprendre l'effet que produirait sur un héritier s'apprêtant chez le notaire à toucher dans une patience feinte un consistant pactole, l'arrivée inopinée du testateur que l'on croyait mort. D'aucuns n'éprouveraient-ils pas une irrésistible pulsion de l'étrangler, alors que lui-même s'attendrait à voir sa progéniture ravie de son arrivée ? Mais c'est une autre affaire.

Yéochoua Sultan ©

*https://www.youtube.com/watch?v=P2Zib9wlSjU

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