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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 18:29

Nous traiterons ici des puissants acquis d'une presse hégémonique bien ancrée dans les consciences neutralisées en dépit de ses échecs, de la prépondérance ou de la relativisation des élections américaines en Israël, et de sa particularité au regard des destinées des nations.

En Israël, le public n'est pas resté indifférent aux élections américaines. Le premier catalyseur de cet intérêt consiste indiscutablement dans les mass-médias, dans une mesure tellement excessive que, même sans être un gros consommateur d'émissions politiques et d'actualité[1], on aurait pu croire qu'elles se passaient ici.

Cet engouement manque de cohérence, si on se rappelle la vague d'indignation offusquée et générale, déclenchée y compris dans les milieux politiciens et journalistiques, un jour que quelqu'un avait eu la bonne idée de suggérer qu'Israël devienne le cinquante-et-unième Etat des USA. Les caricatures allaient alors bon train dans le monde entier, avec toutes les questions sur la forme qu'aurait dû prendre la nouvelle étoile sur le fond bleu.

L'orientation médiatique monolithique et schizophrène

Et pourtant, les animateurs et présentateurs de service ne se sont pas empêchés d'agir en tout point comme s'ils y étaient, à moins qu'ils ne se soient senti spectateurs de l'Eurovision, avec des Clinton douze points, Trump deux points.

Quoi qu'il en soit, ils avaient à l'avance leur favorite gagnante, leur bête noire perdante, et ils s'adonnaient à la même fête dont le caractère frénétique s'accentuait à mesure que l'échéance du véritable scrutin approchait. Et ils ingurgitaient de fortes doses d'effets propagandistes convaincants, tel ce fêtard s'empoisonnant dans un grand restaurant avant de rendre toute la nuit.

Et, comme lors des élections où se disputaient un Netanyahou et un Herzog, aigre vinaigre fils ou petit-fils du bon vin, la fête américaine a été grandiose et très rapide, puisqu'il n'est possible de ne faire mentir les sondages, pronostics et présages qu'avant l'éclatement de la vérité. Ensuite, il devient impossible  - tant que les résultats ne seront pas truqués – d'ignorer des faits trop flagrants.

De Pérès à H. Clinton, rien de nouveau sous le soleil

Rappelons-nous un autre festival, plus ancien, quand Pérès avait dans les journaux de quatre à sept points d'avantage, d'un sondage faussement réputé sérieux à l'autre. À la clôture des urnes, l'explosion d'une danse quasi rituelle le consacra en saluant l'annonce un peu trop rapide de sa prétendue victoire. Toutefois, le dépouillement des voix dépouilla peu à peu la pouilleuse clique journalistique de son aura, qui se faisait violence pour ne pas sombrer, continuant à dire, à mesure que l'écart s'amenuisait, que même une seule voix d'écart accorderait légitimement les pleins pouvoirs à Pérès, qui aurait le droit le plus absolu d'imposer ses (leurs) vues.

Les premiers arrachements de cheveux ne survinrent qu'après le renversement de la situation, en dépit d'un dernier espoir, celui d'une erreur de décompte, qui restait encore probable pour certains ténors médiatiques – comment la réalité pouvait-elle être contre eux – démenti  pour finir par un recomptage qui ne faisait que creuser davantage l'écart indubitablement en faveur d'un Netanyahou accusé sans succès d'être un assassin, et non des moindres : le tueur par procuration de Rabin.

Les fêtards dégrisés, qui faisaient tellement de peine que des responsables de droite leur avaient proposé un troisième comptage, le refusèrent à juste titre, craignant que l'écart ne se creuse encore.

Même fête poussée à l'extrême, même gueules de bois des lendemains qui déchantent. Les caïds du formatage des têtes n'en reviennent pas de la défaite de la favorite du Katar et de l'Arabie Saoudite, grands mécènes désintéressés d'une grande fondation d'œuvres de charité américaine, encore plus désintéressée.

Certes, les journalistes et autres commentateurs devins pourraient tenter leur chance ailleurs, comme leurs clones mentaux de la Cour suprême, justicière implacable contre les Juifs et compréhensive envers les bédouins et autres déshérités pitoyables de la terre, mais il y a déjà surpopulation en cet autre milieu. Ils n'ont pas tort lorsqu'ils considèrent que leurs protégés sont déshérités, puisque les sources bibliques, qu'ils se targuent de ne pas ignorer, consignent qu'Abraham donna tout ce qu'il possédait à Isaac, et qu'aux fils des concubines, il n'offrit que des cadeaux de consolation avant de les envoyer vers l'Orient. C'est bien ce que dit l'actualité de nos lectures synagogales hebdomadaires, non?

Là, trois personnes peuvent impunément en enrobant la pilule d'excipients judiciaires qu'ils jugent judicieux, paralyser des choix démocratiques votés en quatre lectures (en contant la lecture préliminaire) et débattus entre quelque cent-vingt élus.

Sous les pleurs de la défaite médiatique se camoufle une inquiétante hégémonie

Les confréries de journalistes qui colonisent comme leur bien propre l'antenne médiatique publique, peuvent se permettre toutefois de relativiser, car même s'ils ne parviennent pas à pousser Israël au suicide collectif, ils le neutralisent en agissant sur le pouvoir élu, quel que soit le résultat. Il lui fait accepter comme une fatalité la présence massive d'une population hostile et ses débordements et autres exactions inouïs, quand cette dernière ne se donne même plus la peine de cacher sa haine du Juif.

Le tireur et le pigeon de foire

Si l'on compare les journalistes et les élus à ces stands de tir installés dans des foires, les premiers sont les tireurs, les seconds les canards ou pigeons qui défilent inquiets et désireux de se faire tout petits, ne cherchant plus qu'à terminer leur traversée de la scène sans se faire descendre.

Un candidat diabolisé parce qu'il s'inquiétait à juste titre du danger des attaques contre les Juifs au cœur  même du pays fondé pour les en préserver, et interdit d'éligibilité, provoque presque trente ans après l'irritation de la peau et de l'humeur de cette gente, incapable non seulement de tout mea culpa mais également de toute remise en question, en dépit des milliers de victimes dues au choix de l'indulgence, et de la théorie pérèssienne selon laquelle si les haineux sont respectés, honorés, égalisés, ils en deviendront reconnaissants.

Seule une certaine I. Dayan, qui voudrait être procureur à la place du procureur, dans le cauchemar vécu par Elor Azria, ce soldat ayant neutralisé un terroriste musulman qui ne l'était pas, ainsi que par la population lucide de ce pays, a feint, dix ans après l'expulsion des Juifs de Gaza, de ne pas avoir eu l'oreille suffisamment attentive à la détresse de ses frères, quand elle tendait avec délectation son micro à ceux qui se réjouissaient de cette catastrophe nationale, les confortant de l'orientation de ses questions et commentaires.

Le fatalisme soumis face aux incendies criminels allumés par des ennemis protégés

Aujourd'hui, c'est dans un silence soumis que la population israélienne assiste à la jubilation d'ennemis diaboliques qui sautent sur les flammes de ce qu'ils perçoivent comme l'exécution d'Israël sur le bûcher. Ils y voient un châtiment d'Israël, puisque c'est sa terre qui brûle.

Et on ne tardera pas à trouvera un bon prétexte, dans cette nouvelle agression, dans ce «soulèvement» ingrat de l'Arabe israélien contre son bienfaiteur, toujours «palestinien» pour les besoins de la cause, pour que l'Israélien, le cerveau induit en ce sens par les maîtres des médias, dans son ensemble, se sente une énième fois largement coupable de la haine antijuive de l'autre.

La voie de la paix avec l'ennemi n'a pas fonctionné…

Et personne ne s'insurgera en s'écriant : des deux possibilités, nous avons choisi la paix avec eux. À présent, il ne reste que la voie que nous avons frappée d'ostracisme, diabolisée pour plaire sans jamais avoir plu, la paix sans eux.

Quand les attaques arabo-islamistes, même identifiées, deviennent des catastrophes naturelles

Il est vrai qu'une certaine nuance optimiste et encourageante, par comparaison avec l'Europe, consiste dans une hypocrisie nettement moins incurable en Israël qu'en Europe. En Israël, les instances reconnaissent que les incendies ne se sont pas allumés par génération spontanée, simplement sous l'effet d'un vent sec et constant.

On reconnaît la main d'un ennemi primitif et dangereux, agresseur unilatéral en une véritable guerre du feu. En Europe, en revanche, des vagues d'attaques systématiques sont l'effet de déséquilibrés ou de «jeunes» ; les loups y sont nombreux mais toujours solitaires. Il n'est jamais question d'une guerre.

 Mais là où le bât blesse, c'est que, en Israël, on n'en tire aucune implication logique, de sorte que l'attaque belligérante se range gentiment dans la catégorie des catastrophes naturelles. Il ne s'agit plus d'êtres humains qui doivent répondre de leurs actes, mais de hordes préhistoriques imprévisibles et irraisonnables. Tout au plus, les agresseurs, s'ils ne sont pas ravalés au rang de la bête, sont infantilisés à souhait.

Yossi Sarid – parlementaire de l'extrême gauche et occasionnellement moralisateur envers son peuple – écrivit un jour un texte surprenant, laissant penser qu'il s'était enfin rendu à l'évidence. Pour un peu, il se serait attiré le goudron et les plumes indélébiles des pires étiquettes dispensés par les tuteurs de la pensée. Il fallait cependant le lire jusqu'au bout. A première vue, il était enfin en train de reconnaître la large implication d'arabo-musulmans dans la haine active d'Israël. Il décrivait événements à l'appui leur incurabilité, leur ingratitude, l'immobilisme de leur doctrine de haine. Le lecteur habitué à ses invectives d'autocritique de ses congénères (c'est-à-dire en principe de soi en tapant sur ses semblables), commençait à se demander s'il n'y avait pas anguille sous roche. Il en a eu la confirmation dans les dernières lignes. En un virage à cent quatre-vingt degrés, Sarid concluait, en tant que membre d'un peuple acquis aux principes de la paix et de la non-violence, et ayant la chance de ne pas être comme eux, que son rôle sur cette terre consistait pour ainsi dire à les civiliser et à ne pas lâcher prise tant qu'ils n'auraient pas compris qu'ils avaient tout à gagner en acceptant de se pacifier.

On peut se demander, quand les ennemis sont assimilés à des catastrophes naturelles contre lesquelles on ne peut rien, à un châtiment divin pour reprendre l'aveu de dirigeants religieux musulmans, ou encore à des demeurés rendus violents par irresponsabilité, si on n'est pas réellement plus racistes de la sorte qu'en les traitant en ennemis majeurs et capables mentalement de répondre de leurs méfaits.

Cette apathie populaire est incontestablement à mettre sur le compte d'une victoire du triple bourrage de crâne juridique, médiatique et gouvernemental. Cette action annihile toute réaction, peut-être elle aussi primitive, mais pas nécessairement condamnable, d'un puissant rejet israélien vis-à-vis de minorités haineuses, destructrices, trop longtemps livrées à leurs agissements. 

La clique monolithique peut être satisfaite des résultats, et arrêter de pleurer. Elle se remet par ailleurs assez vite, et atteint son degré précédent d'agressivité, puisque c'est à ce titre que le gouvernement se joint à cette bruyante fanfaronnade. (cf. les accords de Wye Plantation en 98, suite de l'application des accords d'Oslo en dépit de l'échec de Pérès).

Israël doit-il se focaliser sur les élections américaines et leurs résultats?

C'est moins le phénomène d'hégémonie dictatoriale des parrains des médias que l'incroyable attraction pour la présidence américaine qui nous occupe ici. Car s'il est vrai que les journalistes ont déchanté après les résultats, révélant une énième fois leurs véritables intentions et leur total manque d'objectivité professionnelle, le peuple dont le pouvoir de la presse a été spolié a largement  montré sa satisfaction.

En clair, quand on dansait à la télé, on s'angoissait dans les chaumières ; et quand à la télé, on s'est enfin angoissé, ce fut au peuple de danser.

Baroukh Marzel, figure connue du paysage israélien, fervent défenseur de la ville des Patriarches d'Israël et admirateur de l'avènement de la royauté de David en ce lieu, responsable de l'auberge accueillante située à quelques pas seulement de la Makhpella, a fait part de sa déception, non pas du résultat de l'élection, mais du trop fort intérêt porté par le public à ce qui se passe de l'autre côté de la planète. Invoquant la souveraineté d'Israël, il a tenu à rappeler que cela fait déjà plusieurs générations que nous sommes redevenus un peuple indépendant et qu'il serait temps de s'y faire.

Meir Benayoun, rédacteur en chef du site Jérusalem 24, relève avec un brin d'ironie la jubilation excessive de gens qui s'y sont crus vraiment, citant des réactions de l'ordre de : «Qu'est-ce qu'on leur a mis!» en leur avouant qu'il ignorait qu'ils fussent citoyens américains et qu'ils eussent voté.

Redevenir maître de ses destinées

Si, sur le principe, ces affirmations sont vraies, il ne faut cependant pas perdre de vue que des habitudes inculquées par des siècles d'exil ont conditionné un certain nombre de réflexes et de réflexions. Au lieu de laisser le monde décider de ses propres destinées en le laissant tranquille, on en est encore à se demander : «Est-ce que c'est bon pour nous?»

 On agit parfois, sinon constamment, à la manière d'un ex bagnard achetant une pioche et reprenant à l'air libre sa besogne de casseur de cailloux. On continue à ne pas réclamer que justice soit faite contre nos ennemis, mais à les flatter pour solliciter d'eux qu'ils nous épargnent. (cf. pourparlers avec les terroristes, quand des milliers de chefs d'accusation auraient dû les condamner à l'élimination ciblée ou à un procès à la Eichmann).

Et on continue à obéir à l'Oncle Sam, ce Samuel Wilson, dont les traits furent reportés à l'époque sur la face du président Andrew Jackson, voire à anticiper ses exigences, voire encore à se donner à soi-même des coups sur la tête, puisque c'est devenu moins commode aux antijuifs de le faire, depuis qu'effectivement, nous avons notre Etat.

Lorsque le Premier ministre expose mieux que quiconque la pérennité indétrônable d'Israël sur son sol, rappelant que toutes les puissances provisoires qui se sont mesurées à Israël sont depuis longtemps des civilisations disparues, en sous-entendant plus ou moins que c'est ce qui attend les civilisations qui nous donnent du fil à retordre aujourd'hui, mais qu'il décrète juste après avoir battu son adversaire politique pro-concessions et coups de bâtons qu'il va continuer la politique des précédents pourtant désapprouvés par le peuple, ou qu'il va geler la construction juive pour montrer que ce ne sont pas les Juifs les méchants, ou encore qu'il approuve par son vote l'expulsion des Juifs de toute une région, après avoir contradictoirement expliqué que ce retrait serait catastrophique, on en vient effectivement à se demander s'il est salutaire pour Israël que le président américain ne soit pas un Clinton. (Cf. les accords d'Oslo, par exemple).

Netanyahou est-il le larbin de l'Amérique?

Il serait un peu dur cependant de ne considérer Netanyahou que dans le rôle restreint de simple larbin des Américains. Au moment où les projecteurs de la haine contre le développement du peuple juif étaient braqués sur les travaux de terrassement du magnifique quartier d'Har Homa, à Jérusalem, peu ont prêté foi aux affirmations de l'homme d'Etat sur l'avenir de ce site. Mais un autre fait important, que seuls les habitants qui vivaient dans les parages ont connu, c'est que les quartiers de Pisgat-Zéev et de Névé Ya'acov, ont doublé leur superficie et leur population sur cette même période, du côté gauche donc Ouest de l'avenue Moshé Dayan, désertique alors.

Aujourd'hui encore, quand les quartiers de Mévasséreth Adoumim ou d'expansion à Guilo peinent à démarrer, cette fois c'est en direction du Sud et de l'Est que les quartiers précités s'étendent.

Où placer sa confiance ?

«Béni soit l'homme qui place sa confiance en D.»[2] nous dit le texte, qui nous affirme dans le même énoncé : «maudit soit l'homme qui place sa confiance en l'homme». L'homme Netanyahou, l'homme Clinton ou l'homme Trump, peuvent, si nous nous focalisons exclusivement sur eux, nous faire oublier la destinée para historique du rassemblement d'Israël sur sa terre et du retour à sa souveraineté et à sa Montagne Sainte, qui s'inscrit dans un programme proto-énoncé, sans omettre le principe enseigné par le Midrach : «Le cœur des souverains est dans la main de D.»[3]

Qui a protégé Israël ? Les Patriotes ou la Providence ?

Quand une tournure non ordinaire de l'histoire se révèle, il n'est pas de bon ton d'accorder la délivrance occurrente à des idoles humaines, ou des humains idoles.

Une réaction largement partagée lors de la  première guerre du golfe ne présageait rien de bon. La fixation trop forte sur les missiles américains «patriotes», pris pour le bras étendu de l'œil américain bienveillant, sauveurs vus comme un peu trop providentiels des skuds irakiens, a détourné l'attention du D. d'Israël.

Anecdote révélatrice

Passant par une terrasse d'un immeuble universitaire près de l'autoroute 4, après que l'alerte eut retenti, je tombai sur un groupe d'une quinzaine d'étudiants occupés à scruter le ciel en direction de la mer, au-dessus de l'agglomération de Bené-Berak et de Ramat-Gan. Je me permis de leur dire : «Qu'est-ce que vous faites là, vous n'avez pas entendu la sirène?» «Mais bien sûr que si.» «Il faut entrer dans une pièce étanche, avec vos masques.» «Mais toi-même, qu'est-ce que tu fais là?» «Moi? Mais j'y allais. Il reste d'ailleurs une demi-minute environ. Et qu'est-ce que vous comptez faire si le skud tombe juste ici, vu qu'il y déjà eu plusieurs impacts entre Ramat Gan devant et Ramat Ephal derrière?» «Si ça tombe ici, on rentre», me dit l'un d'eux, mal assuré. « On rentre? Objectai-je, mais tu n'auras même pas le temps de lever le pied.» Il ne maugréa pas longtemps.

On entendit une première explosion, puis trois autres. «Les patriotes!!!» s'écria l'un d'eux, suivi par les autres, alors que deux paires de points lumineux d'un blanc très net s'élevaient en convergeant en au-dessus de Ramat-Gan, tirés de part et d'autre du panorama. Puis on vit descendre du ciel en direction de l'Est un faible point lumineux rouge orangé, de translation relativement lente, scud d'un quart de tonne en fin de parcours.

Les quatre missiles patriot éclatèrent dans un bruit titanesque, comme dans un feu d'artifice, mais en plus grand. «Ils l'ont eu», se mit à crier l'un d'eux. «Ouaih!» le relayèrent quelques autres. «Mais non, ils ne l'ont pas eu!» m'écriai-je en suscitant une angoisse subite dont je m'excusai. Je montrai du doigt le point orangé qui poursuivait sa chute inexorablement. «Mais il va s'écraser sur la ville», s'angoissa quelqu'un en se tenant les joues. «T'inquiète, il est loin, c'est pour la mer», conclus-je. Observation confirmée le lendemain.

Quand des défilés d'allégresse emplirent les rues à la gloire du patriot et de l'Amérique, la coupe fut pleine. Et une attaque sans précédent de scuds frappa un immeuble qui s'écroula comme un château de carte, en faisant une victime réelle. Le miracle avait cependant épargné tous les autres habitants, retrouvés intacts et dégagés des décombres.

Ne pas compter sur le miracle, et l'impossibilité de s'en passer

La pensée juive n'est pas dénuée de paradoxes. Il convient certes de ne pas compter a priori sur les miracles, mais sans oublier qu'ils font partie de notre décor. Il est permis de détenir de la puissance, de s'en servir pour se battre et pour vaincre, mais ne jamais éloigner de l'idée que c'est D. qui nous donne cette force.[4] Il doit être pareillement permis de préférer tel acteur de la scène géopolitique mondiale, mais ne pas oublier que la véritable confiance ne doit pas être misée sur ces hommes, de peur qu'ils ne se retournent contre nous.

Que les bonnes personnes aux bons endroits soient inspirées pour qu'il n'y ait pas de mauvaises surprises. Puissions-nous être épargnés de tout dérèglement de la machine humaine et de son cerveau, de Netanyahou, de Trump ou de bien d'autres, que le premier ne s'enorgueillisse pas contre son peuple.

Que le premier ne cherche pas à démontrer que l'hostilité envers ses frères n'était pas due à une capitulation face aux pressions d'Obama mais à une doctrine étudiée en toute indépendance, et que le second ne soit pas aspiré dans une spirale de folie des grandeurs, et ne cherche pas à plaire aux nations qui se rassemblent et se concertent contre D. et son oint, ni ne veuille leur prouver qu'ils avaient tort d'avoir eu peur de lui.

Et tu te diras en ton cœur, tel ou tel dirigeant est préférable pour nous, mais tu n'oublieras pas que c'est D. qui place en leur cœur et en leur pouvoir la possibilité que les événements s'organisent autour de ta victoire.

Les miracles accompagnent ce peuple d'exilés rassemblés. Ils préservent aujourd'hui nos êtres de chair de l'incendie, comme si cette horrible guerre du feu ne pouvait toucher que les arbres ; tout comme nous fûmes sauvés de la guerre du Golfe, comme si les missiles irakiens n'avaient eu aucune incidence sur les personnes présentes dans les bâtiments touchés.

Sur un plan nettement plus géopolitique, l'Irak a commencé à se désagréger après sa menace de détruire notre pays avec son canon anglais, et surtout après son intention de nous attaquer en pénétrant une Jordanie consentante. Aujourd'hui, des pays ligués contre Jérusalem et menaçant Israël, appelant à l'anathème sur une partie de ses produits en apparence seulement, sont eux-mêmes en pleine tourmente. Et le peuple qui n'aspire qu'à la paix et à la justice aspire à sa délivrance complète. «D. combattra pour vous et vous resterez silencieux[5]».

Yéochoua Sultan © 1 Décembre 2016

 

 

 

[1] Ce n'est pas une périphrase du mot information, puisqu'il s'agit d'un peu tout sauf de cela. En revanche, il peut s'agir d'un euphémisme de propagande ou de désinformation.

[2] Jérémie XVII, 7.

[3]  Proverbes XXI, 1.

[4] Deutéronome VIII, 18.

[5] L'Exode XIV, 14

vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 19:31

Les élections aux USA ont laissé très peu d'observateurs indifférents à travers le monde. Cette puissance occidentale a beau être indépendante, et ne s'adresser qu'à ses propres citoyens quant au choix de son suprême dirigeant, il n'en demeure pas moins qu'en cette ère de mondialisation, où tout terrain délaissé crée un vide aspirant dans une nature qui a horreur du vide, quand les pays se regroupent sans sortir de chez eux autour de blocs moins économiques et plus idéologiques qu'il n'y paraît, les opinions de par le monde ont toutes célébré ce qu'elles ont considéré comme une victoire ou une défaite. 

Car certaines menaces longtemps dormantes, inoffensives en apparence seulement, sont aux aguets, et s'emparent par un effet ventouse de toute parcelle dont le regard d'un grand frère se détourne et sur laquelle se posent les yeux puis la main d'un frère oriental devenu gigantesque par le départ d'un aîné plus fatigué que pacifique. Et ce grand frère par défaut, cet aîné autoproclamé, impose à grande échelle la domination de  son dogme chaotique par effet domino.

Donald T ou Hillary C,  qui doit être associé à l'admiration et à la joie, et qui au désastre et à la défaite? Le mieux à faire, si vous démarrez d'une position neutre, que vous soyez au départ sans opinion, c'est de parcourir le monde sans bouger de votre fauteuil et de lire les réactions de préférence à chaud, quand les contents et mécontents expriment ce qu'ils ont sur le cœur ou au fond de leurs trippes, et qu'ils révèlent sans détours leur véritable opinion.

Deux catégories de facteurs en l'occurrence influeront sur notre réflexion : en surface, ce sera l'école ou le groupe idéologique. Dis-moi qui tu es, et je te dirai pour qui je suis. Donc, si un mouvement intégriste religieux très prosélyte se désole du résultat électoral, je dois a priori m'en réjouir. Et si un pays, détenteur en passant du record mondial des décapitations de droit commun, se livre à un chantage en cherchant à affaiblir le nouveau président dans sa détermination à relever la tête de l'Occident, le menaçant en lui demandant s'il veut vraiment se passer de son pétrole, c'est que  l'on doit en conséquence se sentir intuitivement rassuré. A contrario, les sirènes activées par l'éminent analyste Guy Millière, dont le choix ne laisse entendre aucune hésitation, peuvent sérieusement induire un observateur neutre à pencher pour sa lecture de la réalité géopolitique.

Moins superficiellement, ou plus profondément, la seconde catégorie des facteurs induisant la réflexion nous interpelle sur le plan de l'argument rationnel fondé sur des principes, des valeurs ou des sentiments.

Racisme, sexisme et corruption

Nous ne passerons que très brièvement ici sur la dialectique problématique des accusations de racisme, xénophobie, etc., étant donné que, premièrement, les deux candidats de génomes relativement proches ont des électeurs de toutes les couleurs, et que, secondement, préférer quelqu'un pour sa couleur et non pour ses valeurs est aussi raciste que de le haïr pour ces motifs, comme nous l'avons vu quand le problème s'était inversement posé, avec la jubilation pléthorique de bien des Blancs flattés dans leur égo et définitivement blanchis lorsqu'ils eurent enfin élu un président noir.

Ce racisme à l'envers porte ailleurs la dénomination caressante de discrimination positive. Quoi qu'il en soit, il s'agit donc bien d'une discrimination, en valeur absolue qui, avec ses deux barres placées de part et d'autre du nombre, attribue exactement la même valeur au racisme à l'endroit ou à l'envers, ou à la discrimination négative ou positive.

Si je suis noir, et que j'aie réussi dans une société occidentale, ingénieur à Paris XI ou honnête manutentionnaire chez Félix Potin (le choix de cette firme n'est pas une déconnexion de la réalité mais un refus de s'adonner à la publicité clandestine) qui gagne correctement sa vie ; si je règle les échéances en temps et en heure de copropriété ou Hlm, scolarise et élève dignement mes enfants, au point d'avoir le sentiment profond que la couleur de la peau n'a plus aucune importance, je serais je pense très choqué qu'un antiraciste installe sur mon pallier un immigrant érythréen hors-la-loi et violent, et qu'il réponde à mon air étonné : «Si toi, tu as réussi, lui aussi, il le pourra».

Il se peut aussi que certains électeurs pris dans le piège du vote motivé subconsciemment par la couleur se sentent aussi investis d'une mission de lutte contre le sexisme en votant pour la candidate au détriment du candidat, et en faisant coup double puisque la candidate est plébiscitée par le président de couleur. En votant Hillary, on a non seulement voté contre le sexisme, mais aussi contre le racisme. C'est tout pour la problématique du prisme. 

Un argumentaire bien plus préoccupant que démagogique touche au pouvoir de l'argent et son alter ego, la corruption

Des physionomies labourées par la résignation, le mécontentement sans espoir a été justifié par l'impuissance des idéaux, des valeurs humaines, etc. etc., face à l'argent. L'on déplore que le candidat républicain n'ait remporté les élections que par son immense fortune dont il s'est, chacun le sait, largement servi pour financer sa campagne. «Il n'y en a que pour les riches» ou «Avec un idéal de vérité et de sincères convictions, on n'arrive à rien», se dit-on en acceptant finalement son sort. C'est vrai, on peut en faire, des choses, avec l'argent. L'argent influe sur les capacités de discernement, il est capable d'agir sur les valeurs humaines et de les renverser tel ce marcheur sans boussole qui fonce dans la direction opposée à sa destination en étant persuadé qu'il avance dans le bon sens. 

Si un tout petit cadeau, voire un sourire, comme dans cette histoire talmudique du sage qui s'était déclaré inepte à officier en tant que juge dans une affaire où l'une des parties l'avait préalablement gratifié d'un grand bonjour, présente le risque de rendre les juges aveugles et de les pousser à l'injustice, on comprend aisément les dégâts causés par des Etats immensément riches cherchant à imposer leurs dogmes religieux et culturels à des pays de surcroît souvent en difficultés économiques, en achetant sous couvert d'investissement ou d'une œuvre de charité une Europe libérale à conquérir réduite à un vaste jeu de Monopoly qui a cessé d'être virtuel.

Mais on n'achète pas seulement les immeubles. On s'impose dans les consciences par voie de mass-médias. Comment un individu, bras long d'une organisation prosélyte nourrie aux bénéfices infinis du pétrole, qui cherche à imposer à l'Europe un jeûne de trente jours et d'autant d'improductivité, jeûne dont il porte le nom, peut-il bénéficier de séquences d'antenne tellement conséquentes sur des chaînes publiques en se faisant passer par la même occasion pour un intellectuel ou un savant, et dans tellement de pays libres?

Et c'est en pensant à cet achat de l'opinion par l'argent, qui n'affecte plus seulement certains politiciens mais l'ensemble du système politique – immigration, égalité des droits pour les travailleurs étrangers, installation définitive desdits travailleurs, mission achevée ou non, regroupement familial, mosquées, écoles coraniques, adaptation de la loi à la délinquance, fichés S en liberté, etcetera etcetera – quand cette corruption de l'espace et des mœurs passe depuis longtemps pour normale, que l'on en vient à se dire, réveillés en sursaut par la victoire de Trump, qu'il est peut-être heureux qu'il en ait, lui, de l'argent, et qu'il ait pu faire barrage.

C'est donc conséquemment à la compréhension subite que Trump a remporté l'élection grâce à son argent que l'on réalise du même coup que l'acceptation par l'Occident d'une mainmise grandissante de l'islam sur son patrimoine et ses acquis matériels et culturels, ainsi que de son mépris tout d'intolérance, est la première à résulter d'un immense mouvement de corruption. L'argument anti-Trump de l'argent se retourne ainsi en sa faveur.  

Cela signifie  qu'avant Trump (bien qu'il soit encore tôt pour être certain qu'il persiste dans sa ligne de pensée), aucune idéologie ni aucune défense de valeurs humaines, de ce que l'on nomme la liberté et/ou la laïcité – bien qu'il s'agisse d'un autre débat, car l'on peut très bien ne pas accepter le rejet de l'idée du Créateur sans tomber dans les excès et mensonges de cultes post-judaïques -  n'a pu résister au rouleau compresseur de l'islamisation de la planète, financée à coups de milliards par des pays coupeurs de têtes.

Corruption ou œuvre de charité ?

La fondation Clinton[1] a reconnu déjà en 2008 avoir reçu vingt-cinq millions de dollars du royaume saoudien. D'après les déclarations du prince saoudien M. ben Salman Al Saoud, cinq mois avant les élections américaines, son pays avait déjà subventionné vingt pour cent des frais de la campagne d'Hillary. Quelques jours avant le vote, ladite fondation a reçu du Katar un don d'un million de dollars, officiellement à l'occasion du soixante-cinquième anniversaire de Bill Clinton. Des documents révélés par Wikileaks et relayés entre autres par le Monde parlent d'une promesse du souverain marocain d'onze millions de dollars toujours à la fondation dont le caractère caritatif semble donc devoir consister à venir en aide à certains candidats présidentiables dans le besoin bien définis, puisque cette promesse avait été faite en vue de l'approche de la campagne électorale[2]pour une conférence, selon Huma Abdine, qui a acquis ses galons en Arabie, et se trouve être l'une des plus proches collaboratrices de la candidate. Et ainsi de suite.

Nous avons tellement été habitués à ces pratiques, comme les dons libyens à Sarkozy, que nous les acceptons débonnairement. «Mais bien sûr, les victimes du racisme – puisque les musulmans le sont depuis l'invention de l'islamophobie – font ce qu'elles peuvent pour soutenir ceux qui les défendent», pensons-nous sans vraiment y penser. Ou alors nous le prenons sur un ton bon-enfant : « Boâf, il faut bien qu'elle trouve de l'argent quelque part, ce n'est pas gratuit, une campagne électorale», car même si, au départ, on pourrait peut-être encore supposer que sa politique n'a rien pour favoriser l'expansion islamique, elle risque en cas de victoire d'être redevable à ses souteneurs financiers. Pire, en tant qu'élue d'un pays qui fait près d'un demi-continent, c'est l'Amérique entière qui aurait été redevables à l'Arabie.

De la défaite du 11/9 au coup de théâtre du 9/11 ?

Or, pour que le 11/9 ait eu des chances d'être contrecarré et changé en 9/11, et que l'Arabie Saoudite puisse être traînée en justice devant les tribunaux américains, il faut absolument se dégager de l'étau de ces cadeaux corrupteurs que représentent les aides à se hisser aux plus hauts sommets de la pyramide du pouvoir. L'Amérique n'a jamais obtenu réparation, quand un véto personnellement émis par le président américain sortant, Obama, proche des Frères musulmans comme il l'a montré avec son historique visite au Caire, a interdit toute assignation en justice des magnats de la péninsule arabique. Pourtant,  quinze des dix-neuf terroristes impliqués dans les attaques contre le World Trade Center, étaient des ressortissants saoudiens.

Il apparaît vraisemblablement qu'un tournant soit intervenu à se stade et que la fortune musulmane à la mégalomanie expansionniste soit tombée sur plus riche qu'elle, ce qui n'est malheureusement pas le cas dans la branche politique de la vieille Europe qui, si elle déplore à première vue la victoire de Trump, c'est plus parce qu'elle redoute la colère de ses sponsors et moins parce qu'elle se sent de culte ou de culture musulmane.

Y a-t-il en Europe un candidat assez puissant pour dégager son pays de la mainmise de l'argent?

Y aura-t-il en France un candidat aux présidentielles qui soit capable de se dégager de l'emprise de la corruption des monarchies du pétrole? Il est permis d'en douter, quand le seul parti qui semble être resté lucide et vigilant est présenté dans certains médias comme nécessiteux d'une aide aux senteurs de ce minerai qui fait tourner les moteurs et la tête des dirigeants[3].

Il faut se rendre à l'évidence que le facteur majeur, qui présage de la situation précaire de la France quant à la pérennité de ses libertés, consiste dans la résultante directe de l'implication des pays musulmans du pétrole, qui, sous leurs dehors d'alliés économiques salutaires, ne sont pas étrangers à l'acharnement d'un pouvoir local européen vassalisé contre le grondement citoyen suscité par les abus de la terreur islamique flagrante ou insidieuse, ou encore de la remise au goût du jour du délit de blasphème. A la différence du moyen-âge, ce totalitarisme qui s'appuie sur la religion puise sa force cette fois d'un autre culte, et la France jadis libérée de son joug d'aînée de l'Eglise peut être de nouveau interdite de penser en tendant à ce second joug son cou et subir les affres d'une soumission qui ne sera qu'une autre variation d'un même thème. Quant au pouvoir, à gauche, à droite ou au centre, il refuse de tolérer cette révolte populaire, taxée de populiste, tenant trop à fermer les yeux et à préserver sa cécité tellement rentable.

Religion de paix, culte moteur d'une culture innovante et fondatrice de la civilisation, etc., autant de superlatifs flatteurs et saugrenus d'une administration et de pouvoirs à la solde des détenteurs des rênes de l'argent, et dont l'admiration aveugle d'un or noir les force à porter aux nues un culte d'un autre âge peinant à élever le niveau économique ne fût-ce que d'un seul des pays sous sa botte au-dessus du zéro qu'il aurait d'ailleurs parait-il inventé. Une novlangue qu'Orwell avait préconisée dans un contexte imaginaire sans encore prévoir le nôtre, impose à notre vocabulaire une islamophobie pour mieux imposer la terreur de la pensée, préambule des privations de liberté puis des brimades physiques destinées à mater les récalcitrants.  

La politique arabe monolithique qui sévit depuis plus de quarante ans, quel que soit le parti au pouvoir, quand un monde arabe frustré de son cuisant échec contre Israël décide de se venger en faisant de l'Europe par la coercition sa complice, profitant encore aujourd'hui, dans un monde incapable d'évoluer, de la crise du pétrole inventée et favorisée par des chantages perpétuels ; une France achetée aussi par soixante-quinze milliards de dollars investis par l'Arabie[4] dans tout le pays pour faire pousser plus vite que des champignons des mosquées et autres écoles coraniques ; sont autant d'agents annonciateurs des zones de non-droit dites seulement sensibles par euphémisme intéressé, tandis que les prévisions les plus sombres y voient de multiples chevaux de Troie.

La corruption rend les pouvoirs et manipulateurs d'opinions sourds aux tentatives de dédiabolisation d'Israël, toujours prêts à inverser les rôles entre un monde arabo-musulman qui avoisine le milliard d'habitants, véritable Goliath qui s'étend officiellement seulement sur deux continents, et un pays d'Israël avec six millions de Juifs grand comme deux départements français.

Quand un centre national de documentation israélien relevait au début des années quatre-vingt que le budget publicitaire et flatteur de l'Olp était cinq fois supérieur au budget de la défense d'Israël, c'était moins par autocritique, comme si Israël n'avait pas saisi les véritables enjeux, que pour établir le constat de l'écrasante corruption des idées de masses dont deux cents ans de démocratie et de république n'ont pas résisté aux assauts qui ont plongé les consciences dans une léthargie morale les empêchant de se défendre.

Le salut de la France, mais aussi de l'Europe, ne semble  pas devoir provenir d'un pouvoir élu. Aucun candidat de la vieille Europe n'a les épaules assez solides, les épaules de l'argent qu'on le veuille ou non, pour contrer par l'antidote financier qui consiste à être encore plus riche, la poursuite de l'arabisation mais surtout de l'islamisation du continent. Aucun Donald coléreux prêt à s'insurger tout haut contre ce que d'autres observent avec un grand sourire hypnotique béant. Aucun milliardaire dont l'argent ne sente pas de près ou de loin le pétrole des péninsules orientales pour détromper une population livrée entre les mains d'un pouvoir corrompu, pas même la supposée quintessence de l'extrême, une présidente que la France s'apprête peut-être à élire, dont les espoirs risquent de déchanter tout autant que ceux qui avaient été accrochés après la promesse d'un certain karcher.

Le salut viendra du peuple, comme en 1789, ou de l'intervention américaine, comme à maintes reprises plus récemment.

Yéochoua Sultan © 

Que de changements dans mon environnement!

 

[1] https://fr.sputniknews.com/international/201611051028548723-usa-fondation-clinton-don-qatar/

https://fr.sputniknews.com/international/201606141025834193-clinton-arabie-saoudite-paye-campagne/

[2]  http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/10/27/wikileaks-s-en-prend-a-bill-clinton-et-sa-fondation_5021685_829254.html

[3] Le Figaro titrait le 24 oct. 16 : "En quête de finances pour 2017, le FN fait les yeux doux aux Emirats Arabes Unis".

[4] http://www.europe-israel.org/2016/11/video-larabie-saoudite-a-investi-75-milliards-de-dollars-pour-repandre-lideologie-islamiste-salafiste-en-leurope-avec-la-benediction-des-hommes-politiques/

vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 20:40

La 7ème marche, un souvenir révolu de l'exilLa notion d'amalgame est utilisée en principe comme une barrière contre les exagérations visant à impliquer des innocents par généralisation. Chacun sait aujourd'hui toutefois que la récupération de ce motif par les ennemis idéologiques de l'Occident détourne l'attention d'un enchaînement d'amalgames réels qui s'est attaqué à la base aux Juifs puis s'est étendu par la suite, d'une manière pas si imprévisible, également aux parties d'une population française ou européenne dont les origines remontent aux pays arabes et qui sont passés par la religion musulmane.

Mais qui donc met-il tout le monde dans le même sac ?

Il y a de cela bien longtemps, quand Paris était encore en paix, au cours d'une réception, je me tenais près du buffet d'une réception et d'un couple de Juifs constantinois. Leur conversation, que je me suis permis d'écouter un peu malgré moi, m'a partiellement marqué. «Si j'avais été français, pensa à haute voix le mari, un verre dans une main et un canapé dans l'autre, j'aurais sans hésiter voté Le Pen.»

Son épouse s'indigna gentiment : «Mais comment tu peux te dire une chose pareille? Tu sais très bien qu'ils sont contre nous, et que s'ils montent au pouvoir, ils nous mettront dans le même sac que tous les autres. On aura beau être respectueux, travailleurs… tu sais bien que ça n'y changera rien.» Se froissant légèrement, le mari n'en démordit point : «Ecoute au moins ce que je te dis, avant de n'être jamais d'accord. C'est pour ça que j'ai commencé par te dire "si j'étais français". A ce moment-là, ils ne nous auraient mis dans aucun sac, puisqu'on aurait été dans le sac français. Et plus, si je puis  me permettre, j'aurais peut-être trouvé regrettable et injuste qu'on mette les Juifs dans cet autre sac-là, mais j'aurais fini par me faire une raison parce que  dans le fond qu'est-ce que ça m'aurait fait?»

«Mais nous sommes français…» objecta-t-elle d'un ton incertainement[1] affirmatif. «Tu sais très bien ce que j'entends par français, français français, pas français (il fit un geste circulaire de la tête) français…» Il s'arrêta, considérant avec agacement son verre vide et chercha une surface libre où le poser. Sur le tard, ce couple respectable opta pour un aller simple pour le pèlerinage à Jérusalem où il établit sa résidence.

Une génération part, une génération vient, et, sur le sol français, Le Pen toujours se maintient, à la nuance près que Mme Junior remplace M. son père ; ce qui rend le parti plus vendable, à l'instar de ce qui se fait dans les grandes boîtes commerciales, où c'est toujours une voix féminine qui vous aborde ou vous répond. Ça rassure. Il est toutefois indéniable qu'en dehors de ce constat de mercantile markéting, le cours de l'histoire sur les trois décennies passées et l'instabilité croissante ont déçu bien des Français jadis patients qui désapprouvaient le Front national tant qu'ils avaient encore foi dans une intégration lente qu'il fallait surtout ne pas bousculer.

Pourtant, les territoires occupés ou perdus de la république ou de la nation, valeurs auxquelles se réfèrent étrangement, comme par prémonition, les deux places ou stations qui portent ces noms, abandonnées déjà symboliquement par tant de défilés contestataires qui les foulaient de leurs vindictes ; mais aussi surtout de surcroît les débordements en provenance de ces derniers territoires du renoncement imposé comme si leur sort eût dépendu de la marche inexorable de la fatalité, lorsque des éléments terroristes ont exploité les fiefs des enclaves musulmanes et mené des incursions sanglantes dans les derniers bastions mal protégés d'une France en repli, ont convaincu bien de ses citoyens dont les valeurs humanitaires sont méprisées car considérées comme faiblesse et soumission, que la connotation, sinon de guerre du moins de lutte, sinon de lutte du moins de résistance, choisie par ce Front national lorsqu'il se choisit cette appellation, n'était pas nécessairement belliqueuse ou trop poussée.

Puisque l'apanage vestimentaire islamique est un drapeau de conquête qui s'étend, pourquoi ne pas en profiter au passage pour taper sur la kippa

Revenons à ce même sac où des Juifs craignent d'être jetés et amalgamés pêle-mêle avec tant d'autres, et cherchons un peu si, sérieusement, un tel risque existe. Pour s'inscrire en faux contre l'islamisation galopante qui fauche en rouant de coups l'ex empire gallo-romain, la candidate Le Pen à la présidentielle se déclare non seulement prête à faire appliquer les lois interdisant les symboles de l'expansion du croissant remis de sa défaite à Vienne, signes religieux devenus drapeaux et autre étendards, mais également à se pencher sur la kippa des Juifs.

Il convient de bien comprendre que l'expansion de l'islam fait feu de tout bois, et que, par extension, ce rectangle de toile qui flotte au vent en arborant les couleurs ou sigles d'un régime ou pays et appelé communément drapeau, peut aisément être remplacé par d'autres éléments. N'en déplaise à certains observateurs limitatifs qui n'ont vu de problème que dans le remplacement cinq années durant de la cocarde tricolore par le drapeau du Reich, conséquent à la capitulation du 22 juin 40, d'une part, et à certains analystes politiques qui se bornent à ne voir dans les aspects vestimentaires qui forment l'apanage des musulmans tout au plus qu'une simple question sécuritaire, selon qu'il soit possible ou non d'y cacher des armes, voire d'y travestir des hommes. Pour qui se laisse prendre à ces pipeaux, seul le vêtement de ville reste problématique, tandis que le vêtement de plage tellement décrié l'été dernier ne poserait de problème qu'à des grincheux trop coincés. (Cf. les analyses de D. Pipes).

En revanche, les signes distinctifs chez les Juifs n'ont jamais été revendiqués ni joué le rôle tacite d'une quelconque invasion. Le sionisme et l'expansionnisme sont antinomiques. Et s'il est arrivé que des Juifs aient brandi à Paris le drapeau d'Israël dans des manifestations, ce n'était nullement dans l'intention de l'y imposer, mais de défendre ce pays.

Amalgame à l'extrême-droite?

Quand un député dénonce un amalgame que l'opinion semble accepter

Le couple cité plus haut avait donc pu entrevoir en un éclair prémonitoire cet amalgame qui ne manquerait pas de le montrer du doigt. Or, seul le député Meir Habib est monté en l'occurrence au créneau pour dénoncer les propos de Le Pen qui s'est comme susdit déclarée prête à interdire le port de la kippa aux Juifs en faisant d'une pierre deux coups. Mais peu s'en émeuvent vraiment. Tous ne pressentent pas le scandale de la même façon. D'aucuns comprennent le motif de la politicienne. N'interdire qu'aux musulmans d'arborer leurs symboles passerait mal. Ce serait terriblement sélectif et discriminatoire. En fait, on aurait bien aimé obliger les membres plus anciens de la nation française à se découvrir la tête, mais que faire? Ils ne portent déjà pas de couvre-chef. Il devient donc logiquement juste de mettre tout le monde dans le même sac.

Mais attention, car si nous poussons plus loin cette logique qui ne craint pas l'absurde, si un jour des élections parviennent à hisser au pouvoir une politique qui aboutirait à l'expulsion du sol français de tout ce qui lui est extrinsèque, il serait injuste de faire du favoritisme à l'endroit des Juifs et de leur permettre de rester sur le sol français. Ce serait très mal perçu. Ils seraient donc sommés de partir sans exiger de traitement de faveur.

Quand les Juifs peuvent se faire représenter en tant que tels

Il est à relever qu'hormis quelques félicitations adressées au député Habib pour sa lucidité, son courage et sa détermination, les réactions n'ont pas été toutes très favorables. Certains préfèrent préconiser le silence et ne pas relever cette opinion tendant à interdire au passage la kippa. Mais, paradoxe insolite de la démocratie, seuls les Juifs d'Israël de nationalité française élisent leur député en France identitairement, en tant que juifs, puisqu'ils représentent la majorité de la huitième circonscription, alors qu'aucun représentant parlementaire métropolitain ne peut parler au nom des Juifs vivant en métropole, dont le vote se dilue dans la masse. Ils seront de gauche, de droite ou du centre, électeurs de partis qui les oublieront à loisir au gré de la tectonique du paysage politique.

Leur pouvoir démocratique est bien dérisoire. Leur seul porte-parole préoccupé de leur sort sera tout au plus le chef d'un conseil représentatif, démuni de toute prérogative effective, ni député, ni sénateur, et encore moins ministre. Et même alors, peu sont les privilégiés autorisés à se prononcer par les urnes à l'endroit de ce conseil représentatif, quoique les opinions et intérêts puissent théoriquement converger.

La lutte islamique et la culture juive sont aux antipodes l'une de l'autre

Il semble donc que l'opinion juive soit sur le point d'être amalgamée et identifiée à une autre tendance qui, quant à elle, ne cache pas son mépris, sa hargne et sa haine des valeurs humanitaires et occidentales, et est ouvertement décidée à se servir de la démocratie pour mieux en découdre avec elle. Elle discrédite – nous le verrons plus loin – en un autre amalgame tout ressortissant français ou étranger originaire d'un pays où l'islam impose sa dictature mais persuadé pourtant qu'avec son accession ou celle de ses parents à un pays libre, il s'était extirpé du cauchemar d'un système charriant tous les symptômes de la terreur.

Cependant, il existe une frange de la population juive en Europe qui se fâche de la kippa, mais également de tout élément à même de différencier le Juif du creuset culturel général, de sorte que ne pas travailler shabbat, ni pendant les fêtes du calendrier hébraïque, voire également le jour de Kippour, consiste dans une provocation intolérable qui la menace aussi, amalgame oblige.

Amalgame au centre-droite

Une autre prise de position d'un homme politique a occupé une petite place de l'actualité lorsqu'il a mis la religion juive dans le même panier que les revendications de musulmans dont les plus vindicatifs ne verraient pas d'inconvénients à ce que leurs interdits s'imposent aussi aux autres.

Avec sa «double ration de frites»[2] pour les élèves musulmans ne prenant pas de porc, Sarkozy, avec son mot d'auteur d'ex président, a certes défrayé la chronique, mais peu sont ceux qui ont fait attention à une attaque gratuite lancée contre les Juifs en ratissant large. Bien sûr, on a trouvé ridicule l'entorse à la bienséance en société, au b-a ba qui veut que, si dans une cantine, sur une table de six, il y a six cuisses de poulet rôti et six parts de pâtes denses et collantes, il faudrait avoir bien du toupet pour prendre une double ration de protéines en se disant qu'un autre pourrait se gaver de deux fois plus de pâtes gluantes, d'où l'effet retentissant de la bourde ex présidentielle. Il faut les chercher à la lumière d'une bougie, ceux qui ont été scandalisés par l'affirmation sentencieuse de Sarkozy : «… qu'il y ait des tables de Juifs et des tables de musulmans», comme s'il s'était jamais trouvé parmi ceux-là des revendicateurs exigeant le retrait du porc du menu des écoles laïques.

Pourtant, l'amalgame ici est bien plus inquiétant que le précédent. Ici, il ne peut plus être confiné (si contrainctibilité[3] il y a en l'occurrence politique mouvementée) à la simple extrême droite. Ici, l'amalgame a fait du chemin. Il a glissé de façon quasi subliminale dans une réaction sur le vif en apparence.

On pourrait effectivement se dire que le public de figurants qui applaudissent un Sarkozy qui fustige et vilipende les Juifs pour leur table, ne représente que lui-même. Permettons-nous cependant d'y  voir un signe symptomatique.

Quand chez les Juifs certains tombent dans le panneau de l'amalgame qui les vise

Si l'amalgame n'est pas encore complètement admis sur le fond des questions de la kippa ou de la cacherout, n'étant comme nous venons de le voir ni un fanion ni une tentative d'imposer son culte aux autres, il s'est par contre beaucoup plus incrusté dans les esprits quand il s'attache à des principes perçus par beaucoup comme moins spécifiques au judaïsme.

Il existe pour les amalgamistes, ou amalgameurs au sens figuré, un ou des sujets bien plus probants pour inciter une partie de l'opinion juive à s'attaquer à ses propres valeurs pour mieux tenter de les saper. La naïveté, ou du moins une certaine bonhomie,  prévaudra dans les questions de la tentative d'étouffement et de substitution du judaïsme immuable et multimillénaire par un ersatz séduisant, la religion réformée sous ses diverses déclinaisons.

Certes, la Torah ne sera jamais oubliée par le peuple d'Israël. La confusion peut faire cependant des ravages considérables autant qu'indésirables, surtout lorsque les détracteurs camouflent leur attaque en se posant en victime. Si parmi les Juifs beaucoup ne sont pas nés de la dernière pluie et leur diront «à d'autres», certains sont enclins à se laisser submerger par une émotion épidermique qui leur donnera la chair de poule.

Les réformés s'attaquent au point le plus sensible, et, puisque le Temple n'est pas encore reconstruit, ils s'attaquent au Kotel, et pointent leurs flèches sur les fidèles, essayant de les pousser dans leurs derniers retranchements, ce qui diffère peu, sur le plan de la méthode, des provocateurs venant chercher les soldats de Tsahal et attendant caméra au poing une réaction pour les diaboliser. Les réformés viendront pareillement défiler sous le nez des gardiens de la tradition sans oublier de se faire filmer. Ils se feront relayer par des articles les exposant sous une lumière favorable.

L'arme d'une religion de substitut sème la confusion là où les attaques de la kippa renforcent l'unicité

Et là, à la différence du resserrement de rangs solidaires autour d'une même cause lorsque les attaques s'attachent à la kippa ou à Kippour, le syndrome de l'amalgame disloquera ces rangs, et, bien qu'il restera une tranche de l'opinion non négligeable qui se dira: «mais qu'est-ce qu'ils veulent chez nous?», d'autres tomberont à pieds joints dans le panneau et s'écrieront avec rage : «la preuve qu'il existe des… chez nous».

 Remplacez les points de suspension par le vocable en vogue qui désigne le spectre de l'islam le plus menaçant du moment. Aujourd'hui, le néologisme est le salafisme[4]. Pourtant, la religion réformée est très peu représentative en Israël, où on préfère être franc d'abord avec soi-même. Elle paraît naturelle dans les contrées du clinquant et du creux, de la forme au détriment du fond, de cette Américan dont les lettres évoquent Am-récani, en hébreu peuple vide. Bien sûr, vu le sujet abordé ici, nous nous garderons d'étendre à ce continent et à des gens très bien et fort nombreux qui vivent en ces contrées lointaines la moindre généralité amalgamante. Il n'en demeure pas moins que le fond de l'air y est davantage propice à l'apparition de doctrines creuses.

Les circonstances exténuantes de la prise de position contre soi-même

Toutefois, il est malaisé de s'emporter contre les victimes du réflexe acquis devenu presque inné, qui sur incitation s'emportent et collent à tout va les pires étiquettes sur leurs propres congénères. Cela fait bien trente ans que la propagande cherche à faire glisser sur les Juifs les pires symboles de l'islam. Insidieusement, pas à pas, on a d'abord comparé le Juif fidèle à son D. et à sa Torah à la catastrophe de la révolution qui a fait basculer un Iran heureux et amical dans l'obscurantisme le plus sombre.

Avec une photo apocalyptique à l'appui, présentant un Juif avec ses tefillins courroucé et aux traits grossis et disproportionnés par un double effet de grand-angulaire et de contre-plongée, un hebdomadaire dont le poids sur les consciences n'était pas négligeable titrait au lendemain du scrutin de la 12ème Knesset : «La montée des ayatollahs juifs en Israël».

Aujourd'hui, cette injure ne génère plus le même effroi. Une contre propagande s'est chargée de pacifier les bons ayatollahs, partenaires commerciaux non pas allumés mais éclairés, et surtout clients juteux et payeurs de centrales atomiques. Qu'on se le dise : un ayatollah est quelqu'un de très gentil qui va de paire avec une religion de paix. Et qu'on le recopie cent fois si on n'est pas suffisamment convaincu! Quoi qu'il en soit, la propagande est bien faite. Evitez de dire qu'un ayatollah veut la bombe atomique pour faire sauter la planète, vous vous couvririez de ridicule et provoqueriez l'hilarité de bien des Occidentaux.

En attendant, on peut encore utilises le mot salafiste, avant qu'il ne passe lui aussi pour un gentil, et l'inscrire sur un grand sac afin d'y fourrer pêle-mêle les Juifs un peu trop irréductibles.

L'ancienneté n'est pas toujours preuve de vérité

«Mais puisqu'on vous dit que rien n'est plus beau que d'aller au Kotel en famille, dans la mixité, pourquoi vous entêtez-vous à vouloir y faire deux zones séparées?» nous disent pour y revenir ceux qui se laissent émouvoir par les lamentations lancinantes et contagieuses des réformateurs. Et ils apporteront pour preuve des photos de cent ans pour faire état de ce que la «vraie» tradition attend de nous.

S'il est indéniable que la photo de Sichem vieille de plus d'un siècle, atteste en effet par la campagne désertique qui entoure le mausolée de Joseph, le fils de Jacob notre patriarche, que les Arabes n'étaient pas «là avant nous», une autre image montrant des Juifs en prière à l'extérieur du monument qui abrite à Hébron les sépultures des pères et mères d'Israël, ne représente quant à elle nullement la preuve d'une authentique tradition.

Il faut savoir que le grand rabbin de Tsahal Shlomo Goren, qui officiait à l'époque de la guerre des Six jours, a tenu tête à Moshé Dayan et à tout le gouvernement quand, cette dernière photo ancienne à l'appui, celui-ci prétendit que la tradition juive aurait exigé que la prière des Juifs se tînt à la septième marche. Cette septième marche fait partie d'un escalier qui longe l'enceinte de l'édifice à l'extérieur, l'intolérance musulmane leur ayant strictement interdit l'entrée sous peine de décapitation.

Une vieille photo peut attester d'une situation de fortune ou d'infortune, sans faire nécessairement attestation de loi. Il y a cent ans, il n'y avait au Kotel qu'une étroite ruelle, et l'enceinte occidentale du Temple était couramment profanée et jonchée d'immondices, ce qui n'est ni une loi, ni une tradition.

Un amalgame à double tranchant qui s'étend sur toute la France

En se désolidarisant du sort des Juifs assimilés d'une manière inappropriée à d'autres groupes, les politiciens et formateurs d'opinion n'ont pas vu venir une doctrine qui n'allait pas tarder à les mettre, eux et la société française, dans le même panier que les Juifs, quand eux-mêmes pensaient les mettre dans le même sac que l'islam. Un représentant communautaire l'avait bien pressenti pourtant. R. Cukierman, président du Crif, avait fait part en 2004 de la réflexion suivante : «Les Juifs sont les sentinelles de la République et des valeurs de la République… Quand on s'attaque aux Juifs, peu de temps après on s'attaque à la liberté, à la démocratie». Les sombres événements d'abord espacés dans le temps, avec le massacre de la famille Sandler puis précipités entre l'Hyper-cacher de la porte de Vincennes et le siège du journal satirique, ont malheureusement confirmé la clairvoyance de son propos, et ces tragédies semblent faire prendre conscience d'un destin commun.

Certains effets rassurants du passage d'un amalgame à l'autre

Partager le sort de la nation française et ne plus faire partie d'un magma d'immigrés et d'étrangers a de quoi réconforter. «La France sans ses Juifs ne serait plus la France», entend-on de la bouche des plus hautes instances. Il y aurait même, paraît-il, une baisse de l'Alyah de France. Paraît-il, parce qu'elle peut ne pas être absolue, puisqu'il y a moins de monde aujourd'hui. Ou alors, on serre les dents, on attend que l'orage passe… peut-être aussi que l'on s'accoutume telle la parabole du homard de la journaliste Laly D. La température augmente dans la marmite, c'est la panique ; qu'elle se stabilise un instant et on s'en accommode. Un cinq pièces à Créteil ou Enghien, a vu sa valeur divisée par trois en dix ans, passant de quatre à environ cent mille €. On ne s'en émeut plus. Un destin commun à tous les partisans et défenseurs des valeurs acquises suite à la révolution française, fait que l'on s'attend à un retour de la paix, à une reconnaissance.

Et quand l'amalgame nuit pour finir aux populations d'origine musulmane  

En attendant, pour le pouvoir et les médias, il n'existe qu'une unique forme d'amalgame. Pour simplifier, nous dirons qu'ils nous interdisent de mettre tous les musulmans fanatiques ou fanatisés dans le même panier que les terroristes inspirés par la même doctrine qu'il devient délictueux de critiquer. Paradoxalement, ce non-amalgame est l'amalgame par excellence, car on reconnaîtra par extension à toutes les personnes musulmanes ou d'origine musulmane le droit de s'afficher sans complexes dans les apanages les plus lourds de ce culte, et elles y seront poussées, qu'elles le veuillent ou non.

L'amalgame génère une force de formatage. Si vous ne ressemblez pas à ce que l'on veut que vous ressembliez, on vous y fera ressembler par la force.

Tout ce qui a été évoqué plus haut concernant les Juifs n'est en fait qu'un amalgame par ricochet, car l'amalgame étatique et médiatique menace comme susdit les populations affranchies des régimes de dictature et de misère imposés par le dogme islamique. On ne compte plus les politiciens qui, en Europe, se montrent conciliants et souriants vis-à-vis de l'expansion de l'islam le plus dur. Ils se flattent de leur compréhension, de leur tolérance, sont complices du recul de la république et charrient dans leur sillage un obscurantisme d'un autre âge.

Et ils ignorent royalement les premiers citoyens menacés par leur permissivité, et qui ne manqueront pas d'être traités de traîtres et qualifiés de renégats par les nouveaux maîtres de l'Europe, coiffés de bonnets de laine et déambulant en tunique et babouches.

Une Algérienne musulmane se confiait sur le site Bivouac, absent depuis de la toile. Elle racontait comment, chaque été, sa sœur lui ramenait de Paris des charcuteries locales, des tenues et des parfums. Mais, d'année en année, sa sœur apportait moins de cadeaux. Ceci toucha d'abord la nourriture, puis les parfums, puis les tenues. Jusqu'au jour où elle vit sa sœur débarquer un bel été à Alger dans une tenue afghane. Elle en ressentit un profond découragement. Dépitée, elle relata comment, alors qu'elle rêvait inconsciemment que le modèle de la liberté européenne influât un jour son pays, elle fut forcée de constater que des gens qui avaient quitté volontairement l'Afrique, attirés par les attraits de ladite liberté, se mettaient à l'assassiner.

Rien de tout cela n'eût été possible si les autorités des pays démocratiques avaient contrecarré les tentatives d'imposition de la loi islamique telle qu'elle peut se pratiquer en Arabie ou au Katar. Au lieu de cela, les élus plébiscitent les menaces contre la culture et la nation française, se moquent d'elle de l'intérieur, et la menacent de poursuites sur un motif créé de toute pièce par une novlangue plus que douteuse : l'islamophobie[5]. Il suffit de parcourir la presse, quand elle n'est pas trop censurée, pour se rendre à l'évidence de cette menace qui ronge les libertés. Il est vrai que beaucoup y trouvent leur compte. Quoi de plus grisant que de sentir que l'on s'identifie au plus fort, à celui qui impose sa loi?

Pourquoi le musulman sera le premier sauvé par une limitation de l'islam

Et c'est ce laxisme, encore une fois cet amalgame qui aveugle les dirigeants (peut-on encore parler de dirigeants?) qui incite l'opinion générale à mettre tous les musulmans dans le même sac et leur refuse l'émancipation, puisque de toute façon ils sont arabes, ainsi que le droit de vivre à l'européenne ; et c'est encore ce laisser-aller qui pousse le citoyen non musulman à admettre ce terrible syllogisme qui veut que, si tous les musulmans ne sont pas terroristes, tous les terroristes le sont, etc.

Supposons que vous soyez originaire d'un pays musulman, que vous ayez la nationalité française ou un titre de séjour, voire que vous soyez natif de la France, il y a trois possibilités.

La première, c'est que vous appréciiez la culture occidentale, que vous aimiez la liberté et travailler ; vous n'aimeriez pas que des individus vous rappellent par leur comportement ce que vous n'aimiez pas trop là-bas, et encore moins qu'ils cherchent à vous imposer leurs vues.

La deuxième, c'est que vous acceptiez le système européen et ses valeurs, mais que, si l'occasion se présente, vous pourriez être tenté de rejoindre des mouvements de protestation ou de pagaille, sans lesquels vous vous tiendriez inévitablement tranquille.

La troisième, ce serait d'aspirer a priori à renverser le système et à imposer la terreur de l'islam. En cas de régime inébranlable, de pouvoir solides, vous vivriez heureux a priori dans le premier cas, vous feriez avec a posteriori dans le deuxième, et iriez voir ailleurs dans le troisième.

Des Français d'origine française se sentent abandonnés par leurs instances

Aujourd'hui, la pagaille est telle que non seulement tous les habitants originaires de pays dits arabes sont pris à partie, mais qu'il existe aussi, vue la conjoncture, des natifs de France aux origines non islamiques qui se convertissent à l'islam, sentant que leur pays et ses institutions ne les protègent plus. Une émission télévisée de reportage, au début des années 90, demandait à des gens qui avaient vu leur environnement se transformer en une enclave islamique, ce qu'ils comptaient faire et/ou pourquoi ils ne déménageaient pas. L'une des réponses était que les zones moins sensibles étaient au-dessus de leurs moyens. Un reportage plus récent montre une parade originale, si l'on peut dire, d'une famille de blonds, sans vouloir être raciste, entièrement drapée et voilée, avec tapis de prières et tout le tralala. «Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse?», semble dire en filigrane cette Fatma improvisée entre deux «Inch'Allah».

La démocratie sait elle aussi se faire respecter

Quant à cet abandon qui consiste à dire que les Arabes seraient trop nombreux pour que la loi puisse être appliquée et la paix sociale préservée, qu'il serait bien trop tard maintenant, c'est encore une fois imposer l'amalgame et c'est surtout oublier l'antécédent d'un refus total d'un autre débordement qui avait mis en scène lui aussi des antagonistes musulmans quand, le 17 octobre 1961, des travailleurs algériens qui vivaient en France, ayant cherché à monter sur Paris, dans le contexte troublé d'une Algérie française finissante, furent physiquement défaits au moment même où ils tentaient, sur le pont de Neuilly, de forcer le passage jusqu'à l'Etoile. Les manifestants étaient dix mille, ce qui est loin d'être peu. Il ne s'agit pas ici de prendre position ni de faire l'apologie de l'usage de la force. Cependant, une main de fer avait étouffé dans l'œuf ce qui aurait pu échapper à tout contrôle et faire de Paris le théâtre d'une libanisation. Or, s'il est encore aujourd'hui difficile d'accepter que la police ait fait en cette occurrence l'usage de ses armes, un démantèlement des filières qui incitent à la haine dans les mosquées pourrait se faire sans dégainer, et des réseaux armés sans que cet usage ne choque.

Ce qui se passe en France est tellement indéfinissable qu'il est donné de parler d'anarchie. Le laxisme envers l'islam et les débordements de populations qui ne s'intègrent pas faute d'un cadre adéquat et sérieux, a ouvert la porte à un phénomène encore plus absurde, les migrations à aller simple, phénomène qui permet de s'introduire sur le sol français (ou européen de l'Ouest) sans passeport, sans visa, et encore moins en essayant de se cacher.

Un autre amalgame en chaîne se prépare, la traînée de poudre sera déclenchée au niveau de l'élément migrant pour remonter jusqu'à la kippa et au sans-kippa. Et alors, en supposant que la civilisation de la nation française parvienne à reprendre le dessus, les ex ressortissants de pays musulmans pourraient bien en pâtir également.

Yéochoua Sultan ©

  

 

[1]  Attesté par le Littré qui cite Montaigne : http://www.littre.org/definition/incertainement

[3] Figure dans le dictionnaire : Enrichissement de la langue française, de Richard de Radonvilliers, deuxième édition 1845.

[4] Terme reconnu par la nouvelle tradition orale du vocabulaire journalistique-politique.

[5] Reconnu par le correcteur de Word.

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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 15:11

Qui criait-il ainsi du haut de son minaret ?

Un mugissement rauque et prolongé qui fait rêver les jeunes enfants et leur déplait adultes

Il arrive que l'on garde un souvenir impérissable d''un film vu des années plus tôt, de la tendre période de l'enfance ou d'une période insouciante. Et c'est avec une impatience contenue que l'on a salué les capacités internétiques modernes et l'éventualité très probable de le visionner à nouveau via le téléchargement ou la connexion à des sites de mise en ligne de plus en plus richement documentés. Un ami à l'âge de la retraite me faisait part de sa joie anticipée suscitée par son rêve en voie de réalisation. Il avait retrouvé toute une série de titres qu'il affectionnait alors qu'il était encore tout jeune cadre, du topo du Cave se rebiffe.

 Il lui faudrait encore plusieurs jours avant de pouvoir les visionner sur son ordinateur, leur disponibilité étant assez faible sur le site de partage. Un jour que je le rencontrai, je lui dis : «Au fait, tes films, tu les as eus ?» «Ne m'en parle pas. C'était décevant, et je ne comprends pas comment j'ai pu à ce point en garder un bon souvenir. Il y a certaines nostalgies qui devraient rester à l'état de nostalgie. C'est fou ce que peut faire comme effet l'idéalisation du passé.» «Mais sur le moment, c'est-à-dire la première fois que tu les as vus, ça t'avait plu?» «J'étais sûr et certain que oui, mais là je me suis mis à en douter. En réalité ça doit être tout un ensemble, la sortie au cinéma entre amis, le moment de détente après une journée un peu stressante de travail…»

Il se pourrait en effet que le contexte y soit pour quelque chose. Lors de l'une de nos périodes d'une enfance insouciante, l'école était fermée le mercredi. L'opportunité heureuse et répétitive de n'avoir pas à se lever ce matin-là les yeux et la tête emplis de sommeil opérait un effet de décrispation euphorique dès le mardi soir, quand il était permis de traîner un peu, et de ne pas se soumettre aux exigences strictes de l'horaire. Et alors que nous étions heureux de cette absence de toute obligation, la télévision nous offrit pendant de longues semaines chaque fois un nouvel épisode des aventures de Tarzan, alias Weissmuller (ou l'inverse). Les parents étaient de sortie, et les consignes autorisaient cette réunion entre frères et sœur au salon dont nous devenions les maîtres pour un soir.

Nous étions conquis par ce héros qui se contentait de presque rien, et qui se faisait comprendre des animaux. Il nous faisait rêver en accédant à sa cabane sans vitres ni électricité, juchée sur un arbre haut comme un immeuble de cinq étages, en se servant d'une simple corde alors que nous-mêmes aurions tout au plus renoncé à l'ascenseur mais certainement pas aux marches stables d'un escalier.

Quant aux animaux, ils accouraient de tous les continents pour répondre à son appel : éléphants d'Afrique et d'Asie se côtoyaient au pied de son arbre.  Je faisais observer à mon public puîné les différences morphologiques apparentes.

Un autre film m'avait bercé d'exotisme. J'avais vu le Message au cinéma, au cours de grandes vacances. Dans des décors désertiques, de poussière et de ciel bleu, il plongeait le spectateur dans le contexte des débuts de la religion musulmane, quand des idoles de terre cuite devaient disparaître pour un autre système. Le scénario ne manquait pas d'un sens aigu du gag cinématographique.

Un passage montrait une querelle idéologique familiale sur fond d'idolâtrie autant primitive que primaire. Soudain, l'un des protagonistes se saisit d'une statuette et la précipita sur le sol, la brisant avec fracas. Les pro-idoles en furent fort effrayés, se morfondaient bruyamment en se demandant quels fléaux n'aillait pas tarder à s'abattre sur eux.

Le spectateur, informellement abonné aux effets imaginaires et fantastiques qui tiennent lieu de réalité dans les films, autant qu'aux figurines maléfiques douées de sortilèges, malédictions et autres effets néfastes, s'attend alors à quelque développement surnaturel à même de relancer une intrigue qui s'éternise. Et c'est là qu'il comprend qu'il ne va rien se passer, puisque c'était justement là que se trouvait le message à proprement parler du film, à savoir que les poupées ou poupons, qu'ils soient en argile, en fer ou en plastique, ont des yeux sans voir et des oreilles sans entendre.

Je n'avais pas, à l'âge où j'ai vu ce film, les éléments qui m'eussent permis de crier au plagia, au détournement aux fins de services de culte étranger, quand, dans un cadre antérieur à l'Hégire de vingt-cinq bons siècles, Abraham luttait déjà contre l'attribution de quelque prérogative qu'il fût aux idoles. Tenant le magasin de son père qui en vendait, il demanda à un client quel était son âge. Puis il lui demanda comment un personnage aussi honorable pouvait accorder de l'importance à une figurine dont la glaise venait tout juste de sécher.

Un jour, il détruisit la marchandise, ne laissant que la statue la plus imposante intacte, avec une hallebarde entre les mains. Son père ne crut pas un traître mot de son histoire, lorsqu'il argua que les dieux s'étaient entretués, et que le plus robuste avait gagné la partie. Le différend se termina chez Nemrod. Quoi qu'il en soit, partager le message de l'inutilité de l'idolâtrie n'implique pas nécessairement que l'on souscrive à un autre culte présenté comme succédané sans en lire les petits caractères, un peu comme certains se servent de la réfutation des théories de l'évolution non pas pour nous faire reconnaître la création, mais pour nous réorienter vers certains cultes de dieux hommes ou de versement de sang.

Ce que le téléchargement peut comprendre comme désenchantement est impressionnant. Des années plus tard, je me faisais une joie de retrouver sur un site de partage l'intégralité de la série des Tarzan, dont je n'avais pas soupçonné la richesse, ayant sans doute manqué quelques épisodes en dépit de ma fervente assiduité. Mais non, décidément, il ne me plaisait plus du tout avec son logis sans ascenseur et son vague short informe et gauche, évocateur de la couche-culotte préhistorique, pour tout vêtement. Comment avais-je pu le suivre dans tous ses agiles déplacements sans que ne s'éveillât en mois un mépris condescendant ni la plus profonde commisération? Mon attention ne put se fixer sur ces images au-delà d'un court laps de temps d'environ cinq minutes.

Et il en fut de même pour cet autre film dont le principal message me sembla du cou porteur de désertification et de désolation humaine. Ayant plus ou moins revu divers métrages de la catégorie comédie dont je reste ouvert face à une certaine sensibilité qui s'en dégage, je me suis demandé ce qu'il pouvait y avoir de commun entre Tarzan et le culte défendu par Antony Couine (je ne trouve plus l'orthographe), qui m'ait tellement enchanté enfant et déplu aujourd'hui. Ce matin, j'ai enfin trouvé, tandis que des muézins mugissaient dans le lointain : il s'agit de cette façon de s'imposer par l'émission d'un cri rauque et prolongé.  

Yéochoua Sultan ©

 

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 15:11

La symbolique la plus dévastatrice de la machination antijuive : l'enfance

Le mois dernier, Philippe Karsenty nous informait de la sortie de son livre l'Enfant, la mort et la vérité. D'emblée, il nous replonge dans le vif du sujet : «L'image a fait le tour du monde», nous rappelle-t-il telle l'annonce d'un scoop fracassant, juste avant de nous situer de nouveau la date et le lieu : «le 30 septembre 2000 dans la bande de Gaza».

Pour des consommateurs d'informations fraîches qui se démodent dès le lendemain de leur publication, c'est à première vue du réchauffé, et une petite voix intérieure, fruit du conditionnement d'une société toujours assoiffée de la dernière nouveauté, vient nous souffler : «Bon d'accord, c'est vrai que cet auteur a du mérite, là où monsieur tout le monde préfère raser les murs et regarder le sol, mais c'est bon, on la connaît, son histoire».

Pourtant, d'aucuns retiendront ce terrible incident sous l'appellation de la machination Al Dura ou Enderlin, deux désignations qui forment presque des anagrammes, surtout lorsque cette affaire puise son inspiration dans une région où les langues reposent sur des alphabets consonantiques (Al Dura Adurla etc.). Quoi qu'il en soit, autre clin d'œil phonologique, cette affaire a engendré un phénomène durable, et ses effets sont encore éminemment nuisibles aujourd'hui, alors que l'on pensait, bercés par un optimisme des temps nouveaux, que la haine irrationnelle des Juifs relevait d'une époque révolue.

Il est des procédés de propagande produisant une haine indélébile qui persiste, et ce bien longtemps après la chute, dans les oubliettes du temps, du mobile ayant servi de point de départ. C'est ainsi qu'il existe encore, en Espagne ou au Portugal, toute une frange populaire qui tressaille rien qu'à l'écoute du mot judío (prononcer Kh, comme dans Juan, exception faite de Juan les Pins).

Qu'une jeune fille espagnole moderne et universitaire rencontre un jeune Français dans une université parisienne, elle fera machine arrière si, bien que fortement laïc et assimilé, il s'avère être juif. Il recevra dans le meilleur des cas une fin de non recevoir polie misant sur son ouverture et sa compréhension, vu que dans ce milieu, «on n'a pas l'habitude de se marier ou de lier ses destinées avec des Juifs». Cela signifie que l'on acceptera dans ces contrées tout parti de toute nationalité ou couleur possible, pourvu qu'il ne soit ni juif ni d'origine juive trop récente ou tangible.

Personne ne sera cependant capable dans ces pays d'expliquer le pourquoi de cette détestation généralisée et ancrée jusqu'au plus profond de leur moelle sans les transformer nécessairement en ennemis incivils et violents. L'image négative du Juif de départ, ayant alimenté le moteur de la haine, est sortie de leur champ de vision, mais l'impression lui a survécu en dépit des cinq siècles passés depuis.

On ne peut attribuer ce profond sentiment d'antipathie uniquement à une pingrerie ou perfidie dont on affuble le Juif, car des pingres et des perfides, on se doute bien qu'ils en ont vu d'autres dans leur entourage. C'est donc bien à l'Inquisition et ses procédés autant habiles que malhonnêtes que remonte l'abcès.

Or, si plus de 500 ans n'ont rien changé dans les campagnes profondes de la péninsule ibérique – et qu'importe la reconnaissance officielle d'Israël, la demande de pardon du roi Juan Carlos, ou l'offre alléchante de la nationalité aux descendants d'expulsés de villes toujours sans Juifs – moins de 20 années assimilent a fortiori le coup d'éclat propagandiste précité à l'instant présent.

Et quel est cet élément commun aux deux événements médiatiques qui ont provoqué les plus fortes émeutes et mesures de rétorsion contre les Juifs, respectivement au XVème et au XXIème siècle de l'ère vulgaire? Un enfant. Un enfant de vingt ans ; un enfant de cinq cents ans.

S'en prendre aux Juifs sans s'accrocher à un fondement à toute épreuve risque à la longue d'éveiller d'intenables et irrépressibles remords. «Notre tempérament agressif et sanguinaire nous pousse à nous défouler sur une malheureuse victime bien pratique nous tombant sous la main» ; une telle revendication, profitant du faible risque de rétorsion, rassurée par le tempérament paisible d'une population minoritaire opprimable et déportable à souhait sans risques de contrecoups, d'éclaboussures ou autres pluies de pavés, ne sied pas à des gens civilisés.  

Le Juif sera donc présenté dans la peau d'un bourreau d'enfant qui lui, symbolisera le non-Juif. L'enfant représente toujours l'innocence, la candeur, l'optimisme, l'avenir et la joie de vivre. Il est fragile. Rien de plus naturel que de le protéger (quoiqu'aujourd'hui, il se pourrait bien que les images apocalyptiques de certaines des exécutions perpétrées par l'Etat Islamique aient quelque peu égratigné cette réputation).

Les antijuifs ont bien compris quel sera leur meilleur combustible pour mettre en marche leur logique de guerre: faire du Juif en général l'antinomie inconciliable de l'Enfant. L'enfant exploité comme symbole dont les répercussions se propagent comme une traînée de poudre en l'an 1500 se révèle tout autant redoutable en l'an 2000, sans qu'aucun progrès civilisationnel n'allume le moindre voyant rouge ou n'y change quoi que ce soit.

Et cette guerre par voie d'accusation de crime rituel ou hégémonique se base sur l'image. Voyons à présent quelle image forte avait été exploitée voici 500 ans.

Un chroniqueur moyenâgeux d'expression latine, répondant au nom de Fontana, écrivait:

« En l'an 1492, la victoire écrasante une fois rapportée contre les Maures, les souverains glorieux, Ferdinand et Isabelle, entreprirent d'expulser tous les Hébreux impies du royaume d'Espagne après que ces derniers eurent crucifié un an auparavant un enfant innocent ».

Il se peut cependant que les propagandistes soient cependant victimes d'un accident de travail. La bombe de la manipulation de l'image enfantine peut parfois leur sauter à la figure. Le propagandiste de la machine nazie a sans doute cherché, avec son jeune modèle pris sur le vif en train de lever les mains, donner un sentiment de justice enfin accomplie. Il est arrivé au Juif ce qu'il voulait faire aux autres, et le voici aujourd'hui réduit lui-même à l'état de l'enfant : tel est pris qui croyait prendre.

C'est pourtant l'effet inverse qui a été obtenu. Et ce n'est pas le Juif supposé vouloir prendre qui a été pris, mais la propagande, enchevêtrée dans son propre piège. En s'emmêlant les pinceaux, les antijuifs n'ont pas montré qu'ils avaient fait du Juif l'enfant, mais qu'il n'avait jamais cessé de l'être et de se voir attaquer par des loups de forme humaine, humanité coupable de crime contre le peuple juif. L'image de l'enfant juif levant les bras devant l'arme nazie a porté un coup fatal à l'image rétinienne qu'avait laissée l'image du petit enfant chrétien immolé de Fontana.

Pourtant, le spectre propagandiste n'a pas digéré sa défaite. Il n'y a vu qu'une revanche, attendant son heure de faire la belle. Il ne lui aura pas fallu pour se rétablir plus de cinquante ans au cours desquels l'humanité était en bonne voie de désintoxication de son antisémitisme. Sept ans après que l'image du nouveau millénaire a remis en marche la besogne de piétinement et d'accusation du Juif, P.A Taguieff publiait un aperçu du livre sur lequel il travaillait, portant sur l'identité juive et ses ennemis etc.  Il cite une certaine éditorialiste, répondant au nom de Catherine Nay, qui déclarait: «la mort de (…) Al Dura annule, efface, celle de l'enfant juif les mains en l'air, mis en joue par un SS dans le Ghetto de Varsovie».

On pourra relever au passage que deux images sur les trois sont de vulgaires montages, Karsenty l'a clairement établi lors de sa conférence au club de la presse*, où même le célèbre journaliste Jean-Claude Bouret, très sceptique à son égard de prime abord, s'est rapidement rendu à l'évidence de la supercherie. Mais la propagande n'a que faire de la vérité, pourvu que le coup passe pour crédible un instant et soit générateur de scoops. Dans la majeure partie des cas, c'est bien connu, les fausses informations alléchantes font l'objet d'un tout petit démenti à l'une des éditions suivantes, mais en ce qui nous concerne ici, l'aubaine est bien trop belle pour être délaissée, et l'absence cuisante de démenti permet aux plus acharnés de la cause antijuive d'admettre tout au plus un faible doute. Et on notera aussi que l'image favorable a posteriori aux Juifs aura été prise par leurs ennemis qui, telle l'escroquerie récente d'une Unesco qui crie sa haine, se discréditent et continueront à se discréditer par leurs erreurs d'appréciation.

Ceci établi, tout ce qui précède n'évoque en rien un motif de haine bien moins technique ou épidermique, qui consiste pour une civilisation qui se prétend héritière du judaïsme et de son peuple à constater qu'il est plus que jamais bien réel et bien vivant. On peut comprendre l'effet que produirait sur un héritier s'apprêtant chez le notaire à toucher dans une patience feinte un consistant pactole, l'arrivée inopinée du testateur que l'on croyait mort. D'aucuns n'éprouveraient-ils pas une irrésistible pulsion de l'étrangler, alors que lui-même s'attendrait à voir sa progéniture ravie de son arrivée ? Mais c'est une autre affaire.

Yéochoua Sultan ©

*https://www.youtube.com/watch?v=P2Zib9wlSjU

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 13:27

Jérusalem, capitale éternelle

Qu'arrive-t-il à l'Europe, et notamment à la France? Le Français qui s'emporte ne crie plus : «vive la république», mais assassine une faible femme en lançant son cri de guerre islamique. La presse est unanime, et c'est le sens de ce qu'elle titre à travers le monde quant à l'attaque terroriste récente sur le sol australien où un sombre musulman illuminé par la haine assassine une innocente.

La logique dépassée de l'attribution de la nationalité à la naissance

Une logique désuète qui n'a plus cours depuis bien longtemps pousse l'opinion à trouver normal ce qui ne l'aurait pas été si le changement s'était opéré de façon brutale au lieu de se poursuivre sur quatre décennies ; une logique qui a pourtant connu ses heures de gloire. Cette logique de l'intégration ou de l'absorption se fonde sur le principe physique de dissolution ou dilution. C'est l'élément infinitésimal qui se dissout dans la quantité, et non la quantité dans une goutte.

Vous mettez une pincée de sel dans une pâtisserie sucrée. Si vous avez la main lourde et en mettez deux kilos, vous mangerez du sel. Un plongeur effectuant une figure artistique aérienne sera absorbé dans le bassin de quatre mètres de profondeur où il s'engouffrera, c'est une évidence. Qu'arrivera-t-il si le bassin est remplacé par un verre d'eau? Non seulement le verre sera brisé, mais le plongeur ne profitera plus de l'effet protecteur et accueillant de l'élément liquide.

Il fut un temps où le bon sens de l'attribution automatique de la nationalité française à tout natif de son sol, quand bien même ses parents éprouveraient d'énormes difficultés à s'adapter à la langue et à la culture locale, était indiscutable. Scolarisé dès la maternelle, le fils de l'immigré faisait l'acquisition des mêmes valeurs, des mêmes réflexes sociaux et de la même langue, que les fils de l'autochtone, accent paroxyton et intonations compris. L'enfant né français de parents étrangers, voyait en quelque sorte le jour dans une civilisation moderne et raffinée tout en étant directement issu d'une génération déphasée qui aurait subi un prodigieux voyage à travers les âges. Age récent pour les civilisations proches, tel l'hibernatus coécrit par de Funès, et âge de bronze voire de pierre pour les plus lointaines.

En ces temps bénis, la question d'une meute de loups dont la louve de mère aurait mis bas dans une bergerie ne se posait pas encore. A un Ahmed contre trente Benoît, Ahmed apprenait le français. Mais à trente Benoît pour un Ahmed, le système baisse les bras et impose l'arabe à l'école, apparemment en seconde langue, bien que ce ne soit pas explicite.

La loi surannée n'est pas remise en question, ni à jour. Tout s'est passé en douceur. La presse titre qu'un Français assassin au nom d'une doctrine que l'on ne lui connaissait pas a banalement décrété qu'une femme qui ne lui plaisait pas méritait tout simplement la mort. C'est presqu'un fait divers. Et du moment qu'une société de plus en plus superficielle s'arrête à la superficialité d'un papier qui n'est plus l'expression de tout un peuple et de sa culture, l'assassin est français, tout comme le pyromane du train suisse est suisse. Tout au plus, on s'autorisera à se dire que le Français n'est plus ce qu'il était.

La nationalité ne peut se résumer à une simple formalité

C'est cette fixation sur la superficialité du papier d'identité qui a déjoué la vigilance citoyenne. Jamais le système, toutes tendances politiques confondues, emporté par l'invocation hors-sujet de principes démocratiques et humanitaires, n'a accepté de considérer que la population globale pouvait être composée d'un noyau national d'une part et de minorités d'autre part.

Le système a volontairement fait l'amalgame entre identité et papier d'identité.

Les statistiques officielles n'ont jamais pu que considérer la question d'une présence étrangère ou de ses proportions, toujours fondée sur le strict principe administratif des papiers. Ainsi, un ressortissant étranger versé dans la culture française se distinguait en tant qu'étranger tandis qu'un bénéficiaire du traitement de faveur du regroupement familial pouvait ne pas comprendre un traître mot de la langue de Maupassant et se fondre dans la masse. Un jour, Marchais s'était targué, pour donner du poids à sa représentativité du public immigré ou d'origine étrangère, de la présence dans le pays de quatre millions d'Arabes. S'il voulait plus précisément parler de populations musulmanes originaires de maints pays, et si ces populations avaient entretemps réussi, en sus de leur natalité nettement supérieure au taux local, à ramener leurs proches d'autres continents, nul n'est besoin d'être mathématicien ou statisticien pour comprendre qu'en plus d'une trentaine d'années, elles peuvent aujourd'hui avoir triplé ou quadruplé. Or, puisque inversement, le taux de natalité des populations ancrées de longue date dans le paysage s'est nettement effondré, on peut se lancer assez peu hasardeusement dans une évaluation des rapports statistiques entre les populations, sachant que d'ores et déjà il est permis de constater que la population d'origine autochtone est minoritaire dans les écoles publiques.

Quand le creuset s'émousse

Certes, on aimerait objecter que la France est un creuset, un pays de brassage de populations. Mais on ne peut nier que son projet national est un défi constant. Transposer sinon sauver des ressortissants de pays où sévissent la guerre et l'irrespect le plus effarant des droits de l'homme, peut se traduire par le plus beau succès humanitaires ou se solder par le plus cuisant échec civilisationnel : soit les individus sont sauvés de leur condition et deviennent profondément européens, soit ils deviennent bourreaux sur l'inspiration de leurs bourreaux d'origine dont ils reproduisent à une échelle plus ou moins grande le modèle. En cas d'échec, le temps ne colmatera pas les brèches mais ne fera que les creuser davantage. Le ressortissant d'un pays totalitaire se comportera d'une façon d'autant plus totalitaire qu'il mettra à profit les libertés démocratiques à mauvais escient, et transmettra en un accroissement démographique exponentiel ce totalitarisme aux générations futurs. Nous sommes loin ici de prévisions pessimistes ou alarmistes. A l'heure où sont écrites ces lignes, les zones de non-droits font légion et réduisent comme peau de chagrin le territoire restant.

La nationalité, superficialité ou aboutissement ?

L'obtention de la nationalité doit être un aboutissement, tout comme peut l'être l'entrée dans le cercle privilégié des anciens d'une grande école, et à plus forte raison quand il s'agit non pas seulement de connaissances théoriques mais d'une école de la vie. Etre français doit représenter un aboutissement méritoire, quel que soit le lieu géographique où l'on a pu voir le jour. En termes simples, le titulaire de la nationalité doit pouvoir se dire : «Avant, je vivais dans un pays où le chômeur volait ou mourait de faim, où les femmes étaient battues, où en l'absence de forces de police il était normal de s'approprier le bien de son imprudent voisin qui aurait laissé sa porte non verrouillée ou ses fenêtres sans barreaux. Mais ça, c'était avant…» ou : «Je suis très heureux de n'avoir pas vu le jour dans un pays où idem. Et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que mon pays ne leur ressemble pas.»

Que le candidat à l'appartenance au cercle réduit des pays qui sentent bon la liberté et les droits de l'homme ait eu au départ les qualités de l'huile d'olive ou les défauts des immondices, il doit finir par rayonner. La beauté de la flamme du candélabre émane de l'excellence cachée du combustible. Une huile nauséabonde ne produira qu'une flamme vacillante et une épaisse fumée noire. En revanche, dans le domaine de l'agriculture, ce sont les immondices qui produisent les meilleures récoltes. Le tout est de ne pas se tromper dans les manipulations, ni dans les dosages.

Subir soi-même pour finir ce que l'on présageait pour son prochain

Ce qui précède ne répond pas en profondeur à la question posée au début de cet exposé. La recrudescence de la violence d'inspiration musulmane contre la France, violence pour laquelle les Français non-juifs ont cessé d'être innocents depuis longtemps (c'est-à-dire dans le pire des cas victimes accessoirement quand des Juifs sont visés), a poussé certains observateurs et dessinateurs à imaginer un Nétanyahou s'adressant à un Hollande en lui signifiant que pour faire la paix avec l'Etat islamique, revendicateur des crimes contre l'humanité perpétrés sur l'Hexagone, il devrait renoncer à la moitié de son pays[1]. C'est bien imaginé, car le Premier ministre israélien a, dans les faits, tout au plus exprimé l'idée selon laquelle la désolidarisation de l'Europe vis-à-vis de l'Etat d'Israël et sa complaisance envers le terrorisme finirait par faire de celle-ci la cible de ce dernier. Par contre, d'autres dessinateurs ont le bonnet près de la tête, quand ils font circuler sur deux images en regard le dessin d'une femme juive marchant avec son enfant dans les années quarante et le même avec une femme arabe aujourd'hui. Car en réalité, c'est une femme d'origine française qu'il faudrait dessiner près de cette femme juive pour bien restituer le contexte actuel.

Ils subiront ce qu'ils fomentent à l'intention de leur prochain

Il est édifiant d'assister à grande échelle à un recul territorial des nations européennes devant l'expansion islamique. Il n'y a plus aujourd'hui ne serait-ce qu'un pays européen qui n'ait pas cédé peu ou prou une portion de son territoire. Et pourtant, ils feignent de ne pas le voir, ne mettent pas en garde les touristes asiatiques qui se font détrousser par cars entiers près de Roissy comme s'ils étaient entrés par mégarde à Ramallah. Car sur les guides touristiques, il est toujours écrit notamment que St-Denis est le lieu de la sépulture de bien des rois de France. Il faut croire que leur repos, s'il peut être respecté, ne présage rien des changements opérés en surface.

Il se trouve comme par coïncidence extraordinaire que lesdits pays ont nié à Israël son droit sur le cœur de sa terre. Dans le meilleur des cas, ces pays exercent une pression en contradiction totale avec le droit international pour qu'Israël cède ses régions récupérées lors de la guerre des Six jours. Dans le pire des cas, ils avouent en passant que l'existence d'Israël n'est pas pour eux indispensable. Quant aux actes, ils exercent sur le plan concret une pression via un travail de fourmi et des sommes fabuleuses pour nourrir des associations hostiles de l'intérieur et attaquer en justice tout auteur d'un acte citoyen ou de bravoure contre la haine vouée aux Juifs par des Arabes.

De Gaule, premier travail de sape officiel

De Gaule, déjà, avait trahi Israël en retenant les vedettes de Cherbourg. Heureusement qu'il y a dans ce pays quelques justes pour en redorer autant que faire ce peut le blason. Giscard le méprisant avait observé Israël du haut de sa paire de jumelles quand les hauteurs de Jérusalem étaient occupées par le roitelet Hussein. Mitterrand avait sauvé le criminel Arafat et son successeur idéologique serait sur le point d'accorder la légion d'honneur qui n'est plus elle non plus ce qu'elle était à l'une de ses acolytes. Chirac a fait son numéro dans la Vieille Ville et Sarkozy affirmé devant un public conquis, sur la pelouse de l'hôtel David Ha-Mélekh, que les Juifs devaient faire cadeau de la moitié de leur patrie aux Arabes. Nous ferons l'économie des dizaines voire des centaines de résolutions anti-israéliennes votées par l'Onu ou Bruxelles, de la focalisation sur la moindre foulure de petit orteil dont on peu accuser les Juifs d'être les auteurs, quand des centaines de milliers de civils se font massacrer en Syrie sans que ne filtre la moindre image.

Le faux témoignage selon la Bible

La Torah parle d'une façon assez particulière de la notion de faux témoignage. Le Talmud est plus explicite. La Torah se contente d'ordonner de faire subir aux faux témoins le châtiment qu'ils avaient prévu d'imposer à leur victime. Le Talmud vient nous expliciter la manière à laquelle le témoignage est invalidé. «Comment pouvez-vous témoigner contre cet homme alors qu'au même moment vous étiez avec nous à un autre endroit», vient nous dire la nouvelle paire de témoins. Une particularité de l'application de la loi des faux témoins consiste dans le fait que si la punition a déjà été appliquée, les nouveaux témoins ne sont plus effectifs.

L'Europe fait un faux témoignage quant au lien irréversible d'Israël à sa terre. Ils viennent dire : «Cette terre n'est pas à vous. Vous n'êtes pas palestiniens, vous l'avez volée aux Arabes.» Sur le plan stratégique, leur tactique consiste à faire pression sur Israël pour qu'il leur cède la moitié de sa terre, vu qu'il serait difficile de le convaincre de se suicider directement. Et nous voyons sous nos yeux étonnés une Europe qui subit le démantèlement qu'elle veut faire subir à son innocente victime, quand la moitié de leur terre est cédée au profit des mêmes bénéficiaires.

Auteur : Yéochoua Sultan

[1] Dessin du caricaturiste israélien Shaï Sharka (http://shaycharka.blogspot.co.il/2016/08/blog-post.html)

vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 18:02
Nuit de Cristal de Goush Katif (périodique Yécha chelanou)
Nuit de Cristal de Goush Katif (périodique Yécha chelanou)

Voici onze ans que la bande de Gaza a été totalement déjudaïsée, en dépit du bon sens. Comment a-t-on pu largement croire à cette grossière propagande qui avait promis au peuple d'Israël une paix totale pourvu que l'on sacrifie une partie relativement minime du pays? Quelque dix mille habitants du pays ne peuvent pas, pour leur idéal, leurs infrastructures, leurs synagogues, l'éducation, le confort et le bonheur de leurs enfants, imposer à six millions d'autres Juifs une guerre perpétuelle et la haine des nations. Telle était la mélopée répétée à faire éclater le crâne tellement on le bourrait, qui revenait telle quelle ou sous quelques variations à peine nuancées, jusqu'à cette date fatidique du 9 av, date des décrets terribles et des destructions jusqu'à la rédemption totale et véritable, espérons-le pour bientôt. Comme nous l'avons vu tantôt, la réalité n'est pas un film qui se termine avec une musique héroïque, le mot fin et le défilement des noms, pendant que les spectateurs engourdis et éblouis par les lumières qui se rallument restent sur l'impression du message profond ou superficiel qui lui a été inculqué.

Ce qui s'est produit tombe tellement sous le sens que l'on a du mal à produire des énoncés que même Lapalisse se serait retenu d'émettre. Et pourtant, le mensonge est si fort, quand il chamboule les notions les plus basiques et évidentes, qu'il semble falloir le dire, qu'il faut dire que la paix avec un périmètre donné sera réelle si ce périmètre est peuplé par une population amie, et que l'abandonner à des ennemis acharnés ne peut que provoquer guerre et désolation. Et pourtant, onze ans après, bien des menteurs refusent de le dire explicitement : ce n'étaient pas les Juifs qu'il fallait expulser de Gaza, mais les Arabes ; dès lors que l'on refuse les sacrosaints principes de la diversité, du vivre-ensemble et autres utopies. Aujourd'hui encore, le conditionnement pavlovien ancré jusqu'au fond de l'âme, des os et de la substance provoquera la réaction semblable à celle de ce rat qui doit changer de compartiment quand le voyant s'allume parce que le sol de cette partie de la cage va être incessamment électrifié, ou de ce chien habitué à saliver au son de la cloche, et fera dire, ressentir ou penser : «Ce n'est pas bien de dire ça», comme si les expulsions de Juifs étaient louables. La seule concession acceptée par les menteurs, c'est de ne plus parler de processus de paix mais de processus politique. Le Tahalikh Ha-Chalom s'est changé en Tahalikh médini. Mais quel honnête homme s'érigera en faux pour crier : «Mais alors, si ce n'est pas pour la paix, pourquoi faudrait-il que nous leur donnions notre terre? Ne nous avait-on pas parlé de concessions douloureuses, de renoncement à ce qui nous revient de droit, de sacrifice pour la paix? Si ce n'est pas en échange de la paix, pourquoi?»

En effet, nous ne sommes pas dans une salle de cinéma. Alors comment les politiciens, médias et autres menteurs allaient-ils s'y prendre pour que leur subterfuge ne leur saute pas à la figure? On peut distinguer diverses directions destinées à mettre à mal les opposants à l'anéantissement d'une région florissante suivi par la nuit de cristal de Goush Katif (j'ai demandé un peu partout quel nom avait été donné à l'incendie criminel perpétré par les Arabes des 22 synagogues de Gaza, toutes plus somptueuses les unes que les autres, mais sans réponse. Ce silence Internet, version à jour du silence radio, m'a conduit à adopter cette appellation). La réaction fanfaronne et sarcastique est tombée rapidement. Pérès, l'architecte des accords d'Oslo, titre pompeux qui lui va comme un gant, ne s'était-il pas écrié d'un rire gras, en traitant les sympathisants notamment de prophètes apocalyptiques : «Alors, niark niark niark, où sont-ils donc, ces missiles qui devaient pleuvoir sur Ashkelon dès le désengagement ?» Cette réaction a tenu la route quelques temps, mais il fallait l'exploiter et en profiter vite. Une autre a consisté dans un raisonnement autant alambiqué qu'inapproprié de plus, qui s'est échafaudé sur la question rhétorique suivante : «Mais les bombardements ont-ils commencé avec le désengagement?» Autrement dit, le désengagement n'y est pour rien!!!

C'est d'ailleurs toute une suite de raisonnements fantaisistes et inadaptés à la réalité qui a suivi Israël depuis la mainmise d'un pouvoir de l'intérieur ayant contesté ses droits, ou son droit au retour au cœur de sa patrie, au cœur de Hébron, douce vallée…

Les lignes qui vont suivre et qui traitent des raisonnements susdits ont été publiées peu après l'expulsion des Juifs de Gaza, sur feu Aroutz 7 en français, le principal, voire à peu près le seul média d'information non tronquée sur Israël en cette langue. Nous ne parlerons pas ici d'un média complaisant qui diffusait lui aussi des flashs en français. Aujourd'hui, elles permettent rétrospectivement de se remémorer ou de découvrir le cas échéant la démarche qui a tant annihilé la réactivité saine de tout un peuple :

La démagogie et la mauvaise foi se sont donné rendez-vous pour tenter d'annihiler la volonté de ce peuple et de lui substituer une réflexion qui n'est pas la sienne. Un participant à une délégation israélienne représentant la ville de Sedéroth a été interrogé par la presse: "selon vous, les bombardements que vous subissez sont-ils dus à l'expulsion des Juifs de Gaza?". "Non, a-t-il répondu, les bombardements avaient commencé bien avant". Il a raison, alors pourquoi sommes-nous révoltés par ce type de propos?

Transposition du débat

Si nous tentons de répliquer en nous attachant aux aspects superficiels de l'idée, nous ouvrirons la porte à un débat stérile autant qu'épuisant du genre: "la ville de Sedéroth reçoit forcément plus de bombes, puisque celles qui au départ devaient être lancées sur les Juifs de Gaza sont à présent envoyées sur Sedéroth." Ce à quoi on nous rétorquerait que cette localité en aurait de toute façon reçu autant vu l'augmentation de la production de l'armement. Et ainsi de suite. Le foyer du débat serait alors décentré et l'argumentation qui en découlerait conforterait dans leur position les coupables et les partisans de l'expulsion des Juifs. Ce n'est pas innocemment que les questions du type que nous venons de voir sont posées. Leur motivation est d'avorter l'approche des véritables problèmes tout en donnant l'impression de les avoir abordés. L'expulsion des Juifs passe alors inconsciemment pour un acte sans conséquence du moment qu'elle n'est pas la cause des bombardements.

On assiste à une inversion des données du problème: si A doit impliquer B, et que A n'a pas impliqué B, il serait par conséquent honnête d'annuler A. Ici, on n'annule pas A, en se disant tout simplement que la non obtention de B était déjà un fait ancien. A, c'est l'expulsion; B, c'est la paix et la tranquillité qui devaient être impliquées par l'expulsion; quant à l'annulation de A, c'est le retour des Juifs sur leur terre. Or, non seulement rien n'est réparé, mais de surcroît on considère A comme un événement banal et insignifiant sans incidence aucune sur la réalité. Alors si l'expulsion n'a rien à voir avec le problème, pourquoi a-t-elle été perpétrée?

Prenons un exemple. Si un terroriste promet de libérer des otages qu'il détient en échange d'une rançon, et qu'il les maintienne prisonniers après avoir été payé, se demandera-t-on si le payement de cette rançon a provoqué l'emprisonnement des victimes, et auquel cas on pourrait effectivement répondre que le payement n'est pas la cause de la prise d'otages et rassurer les payeurs en leur affirmant qu'ils n'y sont pour rien? Allons donc! Bien sûr que non, on leur reprocherait d'avoir fait un geste inconsidéré, irréfléchi, voire complaisant envers les terroristes!

Autre exemple: en supposant qu'un médecin prescrive à un patient qui lui fait confiance l'ablation d'un organe pour en sauver un autre considéré comme plus vital, et que son avis s'avère après l'opération avoir été une aberration, n'allons-nous pas abhorrer et avoir en horreur ce docteur, et plus encore s'il tente de se déresponsabiliser en se défendant que l'ablation du dit organe est indépendante de la détérioration de celui qu'on considérait comme plus vital?

La logique de ces suppositions est évidente. Ce qui l'est moins, c'est lorsque les données sont brouillées et que des solutions toutes faites sont proposées pour résoudre des problèmes mal posés. Dans les médias, l'effet est d'autant plus accentué qu'on nous les pose sous forme de "flashs" prétendus spéciaux mais répétitifs suivis de préférence d'un générique tapageur destiné à neutraliser toute éventualité d'un réveil de notre esprit critique. Tout journal télévisé est nécessairement précédé d'un tapage plus bruyant qu'un roulement de tambour. C'est ainsi qu'on nous fait avaler des couleuvres de plus en plus imposantes sans que nous ne nous en rendions compte.

Persuasion et dissuasion

L'instabilité à laquelle est en proie le pays d'Israël est la résultante d'une campagne de démagogie qui remonte sous sa forme actuelle au lendemain de la guerre des six jours. Si en Israël on sensibilise le public en lui parlant de concessions douloureuses qui, préférables à la guerre, ne remettent pas en cause la légitimité de son lien à sa terre, en revanche, en Europe on utilise un autre langage: les Israéliens doivent libérer des territoires qui ne leur appartiennent pas. D'où leur incompréhension lorsque les nations unies condamnent un état juif contraint de reconquérir des terres cédées à ses ennemis afin de parer aux attentats contre ses citoyens. "Vous n'avez pas échangé ces territoires contre la paix, vous les avez simplement rendus. Nous ne vous y reconnaissons aucun droit de domination", semblent-ils leur dire.

Bien évidemment, il a fallu mettre au point une dialectique pour convaincre les Israéliens de voter de leur plein gré pour un gouvernement à même de les affaiblir. L'adage des "territoires contre la paix" sévit de manière latente jusqu'aux accords d'Oslo. Des intellectuels circonstanciels viennent montrer sur les plateaux des émissions de télévision l'importance suprême de l'homme, Adam, en regard à la petitesse de la terre, Adama. Celui qui voudrait soutenir contre eux que, sans terre, la valeur de l'homme devient dérisoire n'a pas de place sur ces plateaux, et encore moins s'il souhaite rappeler la valeur insignifiante d'un Juif apatride en vigueur jusqu'à une époque encore récente. On essayera par contre de lui faire dire que, pour lui, la terre a davantage d'importance que la vie humaine. Des années durant, nous avons été gavés du principe des concessions territoriales salvatrices. Des grands rabbins ont même été engagés pour convaincre leurs fidèles que le maintien de notre pouvoir en terre sainte, aussi important soit-il, ne saurait dépasser la valeur de la vie humaine. Or, malgré les résultats malheureusement prévisibles alors –"ne leur donnez pas d'armes", préconisait une affiche- et tangibles aujourd'hui, la démagogie continue à sévir et à se servir des mêmes motifs.

Concrétisation

C'est à la suite de la première guerre du Golfe que le mensonge latent se réveille peu à peu de sa torpeur. Un nouvel argument vient s'ajouter à l'arsenal des négateurs du droit d'Israël sur sa terre: à l'ère des missiles, la détention du terrain physique n'a guère d'importance. Là encore, le foyer du débat est décentré. Au lieu de débattre de l'appartenance de la terre au peuple juif et de sa centralité, on doit se concentrer sur les méthodes et les avantages qu'elle peut donner ou non dans le cadre d'une guerre. Au lieu de poser franchement la question aux journalistes et de leur demander pour qui ils travaillent, ce sont eux qui nous font dire qu'il faut du terrain même si les missiles sont de longue portée ou que l'expulsion des Juifs a provoqué le bombardement de la localité de Sedéroth. Ils nous imposent notre place dans le débat pour qu'ils puissent toujours en sortir vainqueurs. Ils se réservent le meilleur terrain et nous placent pour ainsi dire le dos à la fenêtre dans une contrée où on est précisément susceptible de se faire tirer dans le dos.

La démagogie modifie et adapte son argumentation: "les territoires contre la paix" sont remplacés par une autre expression: "c'est avec ses ennemis qu'on fait la paix". Expression brillante ou mot d'auteur a priori, elle ne renferme pas moins qu'un défi au bon sens le plus élémentaire. Là encore, nous nous appuierons sur des parallèles: qu'adviendrait-il si de dangereux criminels organisés se verraient non seulement amnistiés mais de surcroît octroyer des armes et une zone de non droit? Ce serait bien sûr ridicule. Aucune personne sensée ne voudrait tenter une expérience aussi démentielle.

Supposons à présent qu'un candidat à un poste de caissier dans une banque soit un braqueur repenti, s'étant amendé et ayant purgé une peine de prison. Même dans le cas où il voudrait réellement devenir un honnête citoyen, aucun directeur ne serait prêt à l'engager ne serait-ce que pour une période d'essai. Quel que soit l'emploi proposé, le candidat doit présenter un C.V. élogieux et des références solides; son casier judiciaire doit être absolument vierge. Pareillement, le port d'armes est interdit ici à toute personne ayant été mêlée à une bagarre de rue. S'il en est ainsi au niveau individuel, il devrait en être de même à plus forte raison à un niveau collectif, régional ou national.

Le salaire du crime

Or précisément, l'absurde décline le bon sens. Ici, le criminel par excellence, l'auteur et le commanditaire des attentats de Munich et de Maalot, -la liste n'est pas exhaustive- celui qui a transformé la Suisse du Moyen Orient en poudrière sept ans avant l'opération "paix en Galilée", est désigné pour transformer cent ans de guerre en paix durable. Moralité: le crime paie. Pour prendre part au partenariat de la paix, il faut avant tout faire ses preuves en tant que bon criminel. Selon cette dialectique, il aurait fallu parler avec les nazis pour arriver à la paix. Qui oserait prétendre qu'il faut exterminer ses ennemis pour atteindre la tranquillité?

Le résultat ne s'est pas fait attendre. Lors du carnage du carrefour de Beit-Lid, près de la ville de Nathania, dû à l'un des premiers attentats-suicides directement provoqués par la signature et la mise en application des prétendus accords de paix, il a été diffusé sur les ondes que les enquêteurs ne parvenaient pas à retrouver les restes de la voiture piégée. Il s'est par la suite avéré que le piège pouvait se passer de voiture. Or, si l'on a cherché des traces semblables à celles qu'ont laissées de par le passé les attentats-suicides du sud du Liban, agissements émanant du même ennemi changé en partenaire de la paix, c'est que l'on s'attendait visiblement à ce qu'il perpètre à nouveau le même type d'actes criminels une fois installé au cœur de notre terre. Là encore, un nouvel argument est édicté: pour parvenir à la paix, des accords signés ne suffisent pas, il fait passer par des sacrifices. Des sacrifices humains, juchés sur l'échafaud de la paix.

La suprématie du pouvoir médiatique sur le pouvoir démocratique

La dialectique de la paix impose ses axiomes: c'est, pour elle, notre reconquête du centre de la terre sainte qui a réveillé l'animosité bestiale de nos ennemis. L'ennemi peut et doit être changé en allié. Céder des terres implique la paix et la métamorphose de l'ennemi en ami pour ainsi dire de longue date. Celui qui admettra ces axiomes sera introduit dans le camp des partisans de la paix et de la vie. Par contre, ceux qui, admettront ces principes mais objecteront qu'ils ne sont pas réalisables ou applicables, et à plus forte raison ceux qui voudront les rejeter, se verront étiquetés et qualifiés respectivement de pessimistes et de dangereux extrémistes.

En principe, le langage des médias est dérivé du pouvoir et lui sert d'outil pour asseoir sa légitimité. Un chef d'état et son gouvernement, avant d'opérer des changements au sein de leur pays, y prépareront préalablement leurs citoyens; qu'il s'agisse de l'octroi ou de la restriction de certains budgets ou subventions, il faudra d'abord créer un besoin. Le pouvoir étant démocratiquement élu, l'utilisation des médias dépend elle aussi de la majorité.

Ici, cas probablement unique dans l'histoire contemporaine, la radio et la télévision ne sont pas subordonnées au pouvoir mais sont dans les mains d'une caste élitiste et minoritaire ; c'est bien au contraire le pouvoir qui leur est assujetti, d'autant plus que les radios libres sont interdites. Les médias mettront par conséquent sous pression le dirigeant ou le cas échéant les électeurs afin de parvenir à leurs fins.

Considérons à présent les méthodes lancinantes propres aux médias: comme il a été cité plus haut, c'est à la suite de la guerre du Golfe que la propagande a atteint ses premiers résultats concrets. Le premier ministre s'est vu affubler toutes sortes d'étiquettes: intransigeant, borné, faucon, bref un obstacle à la paix. Allait-il œuvrer pour que son pays puisse enfin accéder au bonheur? En d'autres termes, allait-il s'associer à de dangereux criminels qui allaient obtenir rétrospectivement la justification de leurs méfaits. Toute démarche en ce sens bénéficie du qualificatif de progrès dans le processus de paix, tandis que toute réticence est considérée comme une entrave.

Le dirigeant cède et accepte le principe des pourparlers de Madrid, à condition toutefois que n'y soient pas admis de véritables criminels. Une première victoire est obtenue pour le camp de la démagogie. Bien que la condition exigée semble être respectée, les véritables terroristes seront dans les coulisses et aucun avis ne sera émis de la part des négociateurs sans effectuer un va et vient incessant de la table des négociations aux coulisses et vice et versa.

Le dirigeant ayant cédé, il faut se rabattre sur les électeurs. Pour commencer, on suscite et on entretient une sorte d'euphorie à l'aide d'émissions mettant en présence un Juif et un Arabe habitant Jérusalem et fabulant sur l'avenir. Comprenant malgré tout qu'on s'est joué de lui, le Premier ministre jure qu'il ne cédera jamais la moindre parcelle de la terre d'Israël à des étrangers, alors que tant de générations de Juifs ont prié et œuvré sans relâche pour s'y établir à nouveau.

Le public est à point pour la seconde étape: élire un autre dirigeant prêt à faire siens les principes cités plus haut. Il lui suffira de déclarer qu'il aura le courage de négocier sans ambages ni ambiguïté, et cela directement avec les véritables dirigeants du camp adverse. Le résultat ne se fait pas attendre: il est élu. Le tour est joué, ouvrir la porte aux catastrophes devient un acte de courage. Qui a dit qu'il fallait être courageux pour se suicider ?

Explications rétrospectives

Les faits sont connus, la mauvaise foi, elle, pas toujours perçue. Et c’est là qu’elle intervient en venant à la rescousse de la démagogie: si un Juif est assassiné dans une serre par un Arabe la veille de la signature des accords d’Oslo, c’est justement dû au fait que les accords n’ont pas encore été signés, mais ce sera assurément la dernière victime; si l’attentat a lieu après la signature, c’est que l’assassin ne vient pas des territoires autonomes; s’il vient des territoires autonomes, c’est qu’il fait partie d’une faction opposée à la paix que les dirigeants de l’autonomie ont du mal à contenir; s’il s’identifie à la faction dirigeante, il s’agit d’une bavure condamnée en silence par le dirigeant terroriste qui remet au Premier ministre israélien un petit morceau de papier plié sur lequel il aurait exprimé par écrit sa désapprobation ; et si l’armée de l’autonomie fait quatorze victimes dans les rangs de Tsahal, c’est la faute du gouvernement d’Israël qui s’est laissé aller à la provocation en faisant des travaux dans le tunnel du Mur Occidental. Nous sommes entraînés dans une ronde effrénée, rebondissant tel le récit de l’agneau du chant de la Haggada, cet agneau, Israël, qui survit au milieu de soixante-dix loups. »

Quand les arguments ne suffisent plus

Quand les paroles ne suffisent plus et que le peuple est las d'être dupe, qu'il n'y a plus, d'après les sondages, à l'automne 5756, que vingt pour cent de soutient au parti au pouvoir, en arrondissant par excès, et que les discours n'ont plus aucun effet, la démagogie, prête à tout, n'aura plus qu'un seul recours, dramatique : l'assassinat du Premier ministre, énigme qui n'a pas été élucidée officiellement à ce jour. Alors que depuis les dernières concessions territoriales, comme promis, douloureuses, les passations suivantes de pouvoir ont été suspendues, la peau de chagrin rétrécit à nouveau et le parti au pouvoir peut alors atteindre, (toujours d'après les sondages), quatre- vingt pour cent de côte de popularité. Le pays, pendant un moment, deviendra le théâtre d'une chasse aux sorcières dont les sabbats sont devenus intolérables. Le Juif traditionaliste, fidèle à sa Thora et à sa terre, sera considéré comme un incitateur au crime. L'assassin présumé du Premier ministre (tué selon les informations officielles de deux balles dans la colonne vertébrale alors qu'il a continué à marcher jusqu'à sa voiture) exprimera les idées de la droite ou de la tradition sans être interrompu: Hébron est le berceau du peuple juif à qui revient la Judée d'où il est originaire. Nul n'est besoin de contre argumenter puisque ce langage est celui du crime; entretemps les villes du nord de la Samarie et la ville natale du roi David sont livrées dans le silence aux organisations terroristes. Là non plus, le résultat ne se fait pas attendre et l'effet de l'assassinat n'est plus estimé à la veille des élections qu'à 54 ou 57 pour cent de soutien au parti au pouvoir. Le pouvoir médiatique se défend et les attaques verbales envers le candidat de l'opposition se multiplient. S'il n'est pas immanquablement accusé d'être l'assassin de son prédécesseur, il est toutefois considéré comme responsable. On pourrait même ajouter: responsable et coupable.

La citation biblique:"tu as assassiné puis dépossédé" est rappelée à son égard sans relâche.

Occasion manquée

C'est alors qu'on passe à côté d'une occasion sans précédent de balayer la suprématie du pouvoir médiatique sur le pouvoir démocratique: la campagne de désinformation échoue en même temps que son candidat, tandis que les principaux journalistes commencent à préparer leurs valises. Le nouvel élu, pas assez blindé probablement, ou en proie à l'euphorie de son pouvoir tout neuf, les prend en mauvaise pitié et cherche à les flatter et à leur montrer qu'ils avaient tord de ne pas l'aimer et, pour leur montrer sa bonne foi, remet la ville de Hébron aux mains de l'organisation dont l'essence même de l'existence est la purification ethnique de la présence juive en Palestine. Les journalistes se ressaisissent et qualifient les électeurs du parti vainqueur d'extrémistes marginaux.

De la même façon, les premiers ministres suivants, victimes de la pression médiatique directe ou par le biais d'un électorat préparé, fuiront le Liban et expulseront les Juifs de Gaza pour être bien vus des journalistes et d'un mouvement de mères de soldats monté de toutes pièces et surmédiatisé, prétendant avoir pour but que nos enfants n'aient plus à apprendre la guerre, et qui concrètement engendreront la deuxième guerre du Liban et assureront la mainmise des terroristes et leur contrôle sans entraves de la bande de Gaza.

L'erreur de la droiture humaine

Les gens de bonne foi se sont dit:" à tout chose malheur est bon; quand les accords auront été signés, qu'on aura écouté nos ennemis au lieu de les combattre, alors seulement les médias, les tribunaux et les gouvernements de tous bords, ainsi que l'opinion, comprendront à quel point l'erreur aura engendré l'horreur, et alors ils feront tout pour réparer les dégâts. La motivation première de l'État d'Israël n'est-elle pas de pouvoir combattre ses ennemis jusqu'à l'anéantissement et d'assurer de la sorte que des persécutions semblables à celles de la seconde guerre mondiale ne soient plus jamais notre lot? Combien aurions-nous donné pour pouvoir faire la guerre aux nazis sans attendre une intervention des autres nations?"

C'est compter sans la prodigieuse immunité de la démagogie associée à la mauvaise foi. Les fouilles et les files d'attente interminables devant les gares, les stations et autres lieus publiques ne les toucheront pas (quelqu'un se souvient-il aujourd'hui qu'à l'époque antérieure à la paix on pouvait directement entrer ou sortir des marchés et centres commerciaux?), ni l'expression moderne de la mort frappant non plus dans des fourgons mais dans des bus crématoires.

Quand le mensonge contenu dans ses arguments et ses axiomes sera connu de tous, la démagogie en inventera de nouveaux, car attention, un mensonge peut en cacher un autre. A moins qu'elle ne réemploie les mêmes, comme si rien ne s'était passé! Le président américain de service n'a-t-il pas exigé la reprise du "processus de paix"?

Le nouveau cheval de batail, quant à lui, consiste en la distinction entre bons et mauvais terroristes; mais déjà, à l'étranger, des voix se font entendre pour considérer les mauvais comme des bons: c'est logique, puisque c'est avec ses ennemis qu'il faut traiter. Ce qui signifie que même si on a réellement réussi à obtenir d'un ennemi qu'il se calme, il en viendra un autre pour le supplanter et être à son tour considéré comme partenaire de négociations, à condition au préalable qu'il prouve également qu'il fait un bon criminel. Et à l'instar des négociateurs "modérés" -ou rendus comme tels- choisis lors de la conférence de Madrid qui ont bien vite fait de céder leur place à des négociateurs plus adaptés et conformes, les criminels considérés comme usés ou plus assez virulents dans cette inquisition du terrorisme médiatique cèdent leur place à d'autres, et ainsi de suite. C'est le serpent qui se mord la queue et on n'a pas fini d'avaler des couleuvres.

C'est par conséquent à nous qu'il revient d'amoindrir l'impact médiatique de ce pouvoir absolu qui est au service de la démagogie et de la mauvaise foi. L'enjeu en vaut certainement la chandelle, et il faut diminuer leur importance.

Certains soutiennent que mon propos ne tient pas compte de la réalité, que l'Amérique, qui semble imposer son ordre du monde, pourrait paralyser notre économie en décrétant, par exemple, que nous n'ayons plus d'essence pendant une période déterminée selon leur bon plaisir, histoire de nous donner une bonne leçon, et que, par conséquent, la bonne ou mauvaise volonté de nos dirigeants n'y change rien. Eh bien, à moins que nous ayons tous été victimes d'une machination, l'initiative des accords d'Oslo ainsi que celle du "désengagement" sont le fait de l'initiative, officiellement du moins, de deux Premiers ministres israéliens.

D'autre part, en termes d'intérêts et de politique internationale, Israël reste le seul allié des E-U. Le Liban pacifique ainsi que l'Iran du Shah ont rejoint aujourd'hui les annales de l'histoire et les États-Unis ont été surpris sur leurs arrières. De plus, Israël a permis aux Américains de combler un retard considérable sur l'armement soviétique suite à la guerre des Six jours, et chaque fois qu'un "déserteur" syrien ou autre vient trouver refuge en Israël, quelle coïncidence, c'est avec un matériel, avion notamment, des plus sophistiqués. Il serait temps de cesser d'accomplir ce travail comme des esclaves mais d'y imposer un prix, et surtout de cesser de saborder notre pays. La seule différence existant entre l'exil et la délivrance, nous disent nos sages, c'est la soumission aux autres nations. Nous sommes rassemblés sur notre terre selon un programme divin scellé d'avance, qui doit aboutir, d'après une tradition qui a survécu et qui survivra à toutes les autres, au rétablissement du trône de David et à la reconstruction du Temple que nous attendons et pour laquelle nous œuvrons depuis 1948 ans (mise à jour, ndlr).

Toute tentative de remplacement du programme divin par un autre ne peut qu'apporter chaos et instabilité dans la région: si D. a promis de rassembler les exilés du peuple juif et de lui remettre la terre qu'Il a promise aux patriarches, ce n'est pas pour qu'on la lui confisque vers la fin des temps de l'exil, quand le rassemblement de la diaspora s'accélère, pour la donner à un tiers dont la nationalité a été créée de toutes pièces pour les besoins de la cause. Toute tentative d'imposture est irrémédiablement vouée à l'échec à plus ou moins brève échéance. Il n'y a pas et il ne peut pas y avoir de "nouveau Moyen-Orient", car l'ancien n'a pas dit son dernier mot, de la même façon qu'il ne peut pas y avoir de nouveau testament (comme nous l'avons vu dans un précédent article). La démagogie et son associée, la mauvaise foi, ne perdent rien pour attendre.

En attendant, si on veut bien concéder que ce n'est pas l'expulsion des Juifs de Gaza qui a entraîné les bombardements sur Sedéroth, c'est bien cette expulsion qui a provoqué trois guerres, une incapacité de libérer un soldat retenu à quelques centaines de mètres de nous, une humiliation nationale pour le récupérer, et une haine sans précédent des nations qui ont entre autres publié le mensonger rapport Goldtone, dont l'auteur qui lui a donné son nom s'en est pourtant dédit, mais un peu trop tard.

Concluons cet exposé par une discussion anecdotique entre un habitant de Bet-El et un Parisien du dix-neuvième arrondissement:

"Est-ce que tu peux me parler du processus de paix d'un point de vue objectif, sans m'obliger à écouter tes idées que je connais déjà?

-C'est bien simple; avant qu'il ne soit question de paix, on pouvait, en rentrant à Beit-El depuis Jérusalem, s'arrêter à Ramallah pour y faire des courses ou y prendre un café. Quand les pourparlers ont commencé, il valait mieux ne plus s'arrêter. Quand il y a eu de véritables progrès dans le processus de paix, pour ne reprendre que des expressions objectives pour toi, il a fallu remplacer toutes les vitres des voitures par des vitres en plexiglas. Maintenant, quand les accords de paix ont été signés, on a commencé à ne plus pouvoir du tout passer par Ramallah. Depuis, il faut la contourner et, si possible, se déplacer dans des véhicules par- balles.

-Mais alors, ce n'est pas la paix!

-Je ne te le fais pas dire. Mais depuis, l'armée, la nôtre, a repris en partie le contrôle de la situation et on peut, en principe, avec l'aide de D., passer sans véhicule blindé."

Yéochoua Sultan, écrivain et traducteur

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 22:21

En biaisant avec la vérité israélienne pendant un demi-siècle, le pouvoir politico-médiatique européen a berné ses citoyens en leur fournissant des données tronquées sur la réalité.

De la projection à l'erreur d'appréciation

L'une des caractéristiques des automatismes psychiques de l'être humain consiste dans la projection. L'homme projette ses propres tendances en la personne qui lui fait face, la prenant, sur la base de son aspect superficiel, un peu pour un miroir réfléchissant. Cette tendance fonctionne tout autant en bien qu'en mal. Ainsi, on tendra à affubler son prochain de ses propres défauts mais on pourra aussi bien le juger sans vraiment le jauger en lui attribuant ses propres qualités. Ceci explique peut-être pourquoi les antisémites en ont toujours voulu aux Juifs et pourquoi les Juifs n'ont pas toujours pris les menaces des antisémites au sérieux.

Un chasseur de serpent faisait de son activité d'une pierre deux coups. Appelé à la rescousse en cas d'infestation, il gardait le produit de son travail en captivité pour une mission médicale de recherche sur les antidotes. Il fit visiter ses vivariums à un reporter en quête de reportage. Se mettant à manipuler ses bêtes pour mieux les exhiber devant la caméra, il mit en garde le visiteur de faire bien attention de ne pas les toucher mais également de ne pas les approcher de trop près. Ce spécialiste laissa échapper un bref rire rauque que déclencha une observation du quidam. «Pour vous, ça ne craint pas parce qu'ils sont habitués à vous?» L'hôte, comprenant l'insuffisance de sa réaction spontanée, s'expliqua : «Mais vous voyez bien que je ne les touche pas directement.» Il avait en effet une sorte de manche terminé par un crochet métallique non tranchant. «Je pensais que c'était parce que c'est plus pratique avec ça.»

S'il ne viendrait à l'idée de personne d'introduire la main dans une boîte pleine d'araignées ou de scorpions, voire encore de guêpes, pas même d'élevage, la question se complique pour des animaux plus élaborés dans la mesure où ils présentent des yeux et des paupières.

Or, qu'est-ce qui a induit en erreur ce visiteur? Le trait de caractère profondément ancré en lui de la gratitude. Il est impensable qu'une créature vivante morde la main qui la nourrit. Et, bien qu'il ait réduit ce principe à son expression la plus restrictive, ne s'étant pas inclus par extension dans ce sentiment de connivence ou de proximité qu'il avait cru percevoir entre l'éleveur et le serpent, il n'en ressentit pas moins, par projection de sa propre manière de fonctionner, une complicité obligée entre l'homme et la bête.

Sa conception se schématise comme suit : les serpents venimeux sont potentiellement mortels pour tout homme qui s'aventure dans leur milieu naturel, et ils le sont d'autant plus s'ils parviennent à s'introduire subrepticement chez lui. Mais ils cessent de l'être dès que l'être humain se montre empathique à leur égard et l'introduit volontairement chez lui, l'adoptant pour ainsi dire. Chez certains animaux, l'animosité sera totalement annihilée vis-à-vis de tout autre être humain, à l'instar de ces hamsters et autres cochons d'Inde d'ornement, tandis que d'autres ne s'attacheront qu'à la personne qui s'en occupe.

Et c'est cette conception qui sinon perd du moins perturbe la sensitivité occidentale. Le schéma présenté ci-dessus a depuis longtemps échappé aux limites du raisonnement sciemment réfléchi. Il s'est traduit, comme un réflexe acquis, en une prédisposition de l'inconscient agissant superficiellement et ne faisant appel dans le meilleur des cas qu'aux sensations ou sentiments qui relèvent du domaine de l'émotion.

Le musulman affilié à l'Etat islamique est un danger pour l'homme de l'Occident. Il faut impérativement l'empêcher de pénétrer en Europe et de se mêler au flux de réfugiés. Par contre, le musulman hébergé par notre société, et à plus forte raison s'il y est né, est acquis à notre cause, et ne nous ferait de mal en aucun cas. Ou alors, il ne ferait de mal à aucune des personnes qui font preuve de bonté à son égard, d'où l'intérêt à surtout ne pas lui paraître hostile pour éviter d'éveiller un résidu d'ancien instinct sauvage.

La doctrine de l'ingratitude sous haute protection

S'il peut être vrai que ce schéma qui agit par automatisme affecte de nombreux Occidentaux, il existe dans la réalité des systèmes idéologiques, des doctrines, souvent religieuses mais pas nécessairement, pour qui la valeur incontournable de la reconnaissance est absente du registre du vocabulaire. Il est des sociétés semblables en tout point à un élevage de piranhas dont la main qui les nourrit se gardera constamment de se plonger dans leur eau. Ce raisonnement est pourtant désarmant de simplicité, et il pourrait a priori aider l'Occident à se libérer du carcan du précédent schéma conceptuel dans lequel il s'est plongé par projection et prolongement de ses propres valeurs.

Mais les gardiens de la révolution islamique veillent sur ce carcan. Le terrorisme physique serait bien fragile sans son aîné, le terrorisme moral et psychologique. Ce dernier, au besoin, s'enrichira d'une novlangue, soit en imposant de nouveaux mots, comme islamophobie, islamophobe, soit en détournant le sens de mots existants ou en en limitant le sens ; amalgame, racisme, par exemple.

Et si cette terreur ne suffit pas à forcer l'opinion à s'autocensurer, le délit d'opinion et de critique sera validé par la loi, et les prisonniers ou contrevenants sanctionnés par de fortes amendes serviront d'exemple et dissuaderont tout candidat à la liberté de penser. En pervertissant le sens du principe du racisme, les ayatollahs de la pensée libre ont livré la critique aux geôliers de tous les gains politiques et sociaux acquis depuis la Révolution. Il n'est donc pas étonnant que les fidèles de la liberté se fassent massacrer massivement précisément un 14 juillet.

Comme le souligne si lucidement mon homonyme, «le problème, c'est l'islam»[1]. Soit dit en passant, et sans nous attarder et jouer sur le sens étymologique des mots, le nom de cette doctrine annonce déjà en lui la négation de la paix. Il n'est pas question d'une forme quelconque de racisme, mais d'un problème de doctrine, de système de pensée totalitaire et intolérant. Les cas d'Européens transformés en terroristes apocalyptiques pour avoir opté pour cette doctrine et lui avoir prêté serment sont suffisamment éloquents pour que tout un chacun comprenne qu'il ne s'agit pas d'un problème de race ni, par voie de conséquence, de racisme.

Pourtant, même chez ceux dont les yeux se sont dessillés au point de comprendre qu'il ne s'agit pas en effet d'un problème de race donc de racisme, le refus de désigner l'islam demeure indélébile. Le totalitarisme politico-médiatique s'est mis lui aussi à comprendre que la supercherie du racisme devenait de moins en moins crédible et de plus en plus indigeste. Mais le réflexe pavlovien persiste. Il consiste à débiter inlassablement, à chaque crime commis au nom de l'islam que ce n'est pas l'islam. Et ces mêmes habitués des micros et autres tribunes concèderont à l'islam ce qu'ils ont toujours refusé au judaïsme. On aura beau leur citer le coran et ses innombrables injonctions d'en découdre avec les «infidèles», ils se poseront en exégètes savantissimes pour dire que là n'est pas l'intention du verbe, alors qu'ils ne démordront jamais que le principe «œil pour œil, dent pour dent…» du Livre des Juifs serait à prendre au pied de la lettre, et qu'il ne serait pas question, contrairement à ce qu'explique le traité talmudique Baba Kama, du principe pilier des dommages et intérêts, des indemnités, qui a inspiré par la suite bien d'autres législations.

Et à Nice, ce n'est pas l'islam?

«Mais comment pouvez-vous accuser l'islam, puisque le boucher de Nice a été vu avec du porc dans la bouche, de l'alcool et des filles (sic).» La petite parabole qui suit va nous apporter une ébauche d'explication. Un ancien voyou me décrivit un jour le fonctionnement du monde du banditisme. Des hors-la-loi de ses connaissances, trempant entre autres dans le proxénétisme, voulurent un jour donner une bonne correction à un autre hors-la-loi du même acabit. Ils décidèrent de lui transmettre l'avertissement suivant : envoyer des voyous subalternes frapper l'une de ses prostituées qui était en même temps sa favorite. Je fis part de mon incompréhension à mon interlocuteur. Je ne pouvais pas croire que le bandit concerné avait une haute idée de la non violence en général et du respect de la personne féminine en particulier. Il éclaira ma lanterne : «On voit bien que tu ne connais vraiment pas ce milieu. Il peut frapper sa femme tous les jours, dix fois par jour, mais qu'un autre type lève juste le petit doigt contre l'une de ses femmes, ça va les mettre dans une colère noire.»

Cette parabole peut nous faire comprendre qu'un musulman se permettant l'alcool peut être fou de rage en voyant un non-musulman sabler le champagne. Cette attitude peut par ailleurs ne pas être foncièrement négative. N'a-t-on pas vu des enfants en conflit avec leurs parents ou l'inverse s'ériger en dignes défenseurs en cas d'agression extérieure? Deux érudits s'auto qualifiant d'ignorants avec surenchère, chacun étant persuadé de l'être plus que son confrère, en raison de tout ce qui resterait encore à apprendre et comprendre, n'admettraient pas qu'un ignorant au sens large vienne leur objecter qu'il est plus ignorant qu'ils ne le sont.

Quoi qu'il en soit, c'est bien au nom de la doctrine islamique qu'il a perpétré son forfait.

Comment le mythe du vivre-ensemble a rendu invivable l'Occident aux Occidentaux

Le vivre-ensemble est trompeur. Ou, si l'on ne s'y trompe pas, on se fermera les yeux avant de détourner son regard et de regarder ailleurs. Nombreux furent les riverains qui longtemps firent fi du dérangement d'un voisinage pittoresque tant qu'il restait exotique dans l'inconscient collectif. Le tapage nocturne qui accompagnait certaines festivités leur faisait hausser les épaules, «ils ne sont pas bien méchants», se disait-on avec un sourire bon enfant. Puis vint l'ère du racket des blousons et des mobylettes. Les riverains, en quête de paix avec les voisins se dirent qu'ils ne devaient pas s'afficher de manière ostentatoire. De simples manteaux suffiraient. Quand l'exode inversement rural se fit sentir, on s'extraya des territoires conquis donc par l'islam, on accepta sans rien dire le partage du terroir et du territoire.

Après tout, un travail de sape incessant et inconditionnel avait profondément inculqué dans la tête des gens que pour la paix, on devait accepter l'idée de deux pays pour deux peuples. Le territoire est bien assez vaste et on peu se contenter de peu. A force de ressasser l'idée du renoncement, même si elle était pointée sur Israël, elle est devenue naturelle et acceptable ; ou, si elle est valable pour Israël, elle l'est aussi en tant que vérité absolue, et à plus forte raison pour un pays plus de quarante fois plus étendu. A force de dire aux autres ce qu'ils doivent faire, on finit par se l'appliquer à soi-même.

Du moment qu'il reste quelque chose

Pour le vivre ensemble, on comprend enfin l'entourloupette, que ce n'était qu'un argument de minorité hostile prête par projection de ses propres défauts à menacer de qualifier de raciste la population et culture de base en cas d'obstruction. Mais on ferme les yeux aussi sur cette escroquerie.

Du moment que l'on peut vivre en paix dans les contrées épargnées par l'expansion islamique. De la sorte, on se réorganisera dans le XVIIème arrondissement de Paris, tout en plaignant ceux qui n'ont pas encore les moyens de réaménager dans les contrées encore tranquilles. «Pourquoi quitter la France?» se dira le Juif de France, dont la patrie qui n'a pas su le protéger tant que l'ennemi ne s'attaquait qu'à lui est à présent débordée. Quant au citoyen français en général, il sera logique pour lui de ne pas s'attirer des ennuis. Il n'habitera plus dans le XVIIIème arrondissement de Paris, ni aux Mureaux ni aux Minguettes, ni à Roubaix ni à Stains ou St-Denis. Ce dernier lieu n'est-il pas par définition l'un des fiefs de l'islam?

Et s'il ne reste plus rien ?

C'était sans compter l'appétit de conquête des plus voraces de l'islam. Ce qui est nouveau dans les derniers attentats de Paris et de Nice, en dehors de l'ampleur, c'est que les agressions ont débordé pour dévorer des espaces situés en dehors des conquêtes islamiques. Le consensus ne se trouvait que dans la tête des gens ; ce consensus imaginaire qui voulait que les fils de cette race blanche non musulmane qui irrite les bons musulmans en raison des fautes dont elle est affublée, évitent de provoquer la colère de ces derniers en se gardant de violer leurs territoires, se trouve désormais brisé en une multitude d'éclats de chair humaine.

Un leurre monté de toutes pièces

«Et pourtant, en Israël, ça marche bien?» objecte la conscience collective conditionnée par la propagande antisionistosémite. Voici une nouvelle preuve d'un mensonge employé au détriment d'un tiers qui frappe comme un boomerang à la figure de l'envoyeur. Les pressions et menaces internationales sont incommensurables à l'encontre d'Israël. Citons pour l'illustrer l'un de ses derniers effets, ou de ses derniers méfaits, quand Netanyahou est revenu sur sa décision de renforcer le développement et d'aider financièrement l'une des communautés juives d'Israël durement frappées par le terrorisme arabe. La décision aura tenu à peine plus d'une semaine. Une très forte population arabo-musulmane hostile à Israël au point de non seulement ne pas s'en cacher mais de continuer 70 ans après sa résurrection nationale de pleurer l'échec nazi qui n'a pas parachevé la solution finale, est maintenue artificiellement sur les terres d'Israël, en grande partie par des fonds étrangers, dont la France n'est pas étrangère. Ses politiciens ne voudraient à aucun prix voir disparaître, ou même décroître, cette population hostile. Par contre, tout développement juif est montré du doigt, sa bonne santé est contraire à la paix.

Et les «ça n'a rien à voir avec l'islam» trouvent un écho de l'intérieur en Israël, grassement entretenu par une inondation de fonds retirés de la bouche du citoyen français auquel on refuse jusqu'à un abri en cas de coup dur. Et le pouvoir français verra d'un très mauvais œil que l'on démasque ses méthodes. Il se prononcera contre la loi des ONG enfin votée en Israël, fallacieusement sous le prétexte de la défense des droits de l'homme. Certes, l'Israélien corrompu s'armera d'une variante du mensonge politico-médiatique européen. Il nous dira : «mais bien sûr que c'est l'islam, c'est son essence même. Mais tous les musulmans ne sont pas comme ça. Ils veulent vivre tranquillement au milieu de nous.»

Un vivre ensemble artificiel

Et Israël, dont les fortes têtes ont été coupées depuis longtemps, ces fortes têtes qui préconisaient un travail de fond, une séparation des populations haineuses de la population juive en les répartissant dans des pays du même gabarit, lutte au quotidien contre la haine destructrice de l'islam et du monde arabe. La presse étrangère semble se mettre seulement à le reconnaître, mais il se peut qu'il ne s'agisse que d'un sursaut passager d'honnêteté et de lucidité, en raison de la tragédie encore trop proche du 14 juillet. «Plots en béton, circulation interdite, nombreux Israéliens armés… si ces mesures ne constituent pas une garantie de la sécurité à 100%, elles permettent de réduire les risques liés au terrorisme… », peut-on lire aujourd'hui dans un grand quotidien. [2]

Pourtant, l'opinion publique reste très profondément imprégnée par ce travail de propagande qui dure depuis presque cinq décennies, de sorte que personne ne fera jamais le rapprochement entre la petite fille fauchée dans sa poussette à un arrêt du tramway de Jérusalem et la trajectoire du «camion fou», pour ne pas dire par métonymie du «camion islamique» – en ne citant que l'arme de destruction massive artisanale de Nice pour nommer par sous-entendu le chauffeur.

Et puisque l'islamique hait cent fois plus le Juif qu'il ne hait l'Européen, par raisonnement d'a fortiori, en se fondant sur la donnée fausse du merveilleux vivre-ensemble israélien, il n'y a aucune raison pour que cela ne se passe pas bien en France ou en Allemagne.

Et à force de traiter avec nonchalance le principe de ne pas imposer aux autres ce que l'on ne veut pas s'imposer à soi-même, on en vient à trouver que ce qui est imposé est souhaitable même pour soi-même. A force de trouver génial le vivre-ensemble pour les Israéliens qui seraient racistes de ne pas en profiter, on en vient à trouver génial le vivre-ensemble pour l'Europe qui ouvre ses portes à des dizaines de millions de «migrants» pour expérimenter les joies du vivre-ensemble. L'Europe a tellement voulu convaincre Israël du bienfondé du vivre ensemble qu'elle s'en est convaincue elle-même, un peu comme un hypnotiseur qui se serait renvoyé sa propre image dans un miroir, le miroir de la société moderne et démocratique que l'Europe croit voir incarnée en la personne si l'on peut dire d'Israël.

Si seulement les médias informaient la population du nombre d'attentats déjoués au jour le jour en Israël, l'arnaque analysée en ces lignes n'aurait atteint que quelques marginaux.

Une opinion publique blasée même en présence de sacrifices humains

Il est un culte pour lequel on perpètre des sacrifices humains, et le cas rapporté de cet assassin d'une jeune fille en plein ramadan, a perdu son effet en passant pour un banal fait divers sensationnel au lieu d'être considéré le plus sérieusement possible comme la face visible de l'iceberg islamique. Vouloir introduire la mauvaise pièce du puzzle de force en disant que le tueur n'est qu'un simple déséquilibré – surtout pas représentatif du «véritable» islam – ou que les chefs des organisations terroristes ne sont pas sérieux quand ils déclarent vouloir la destruction du monde libre à commencer par Israël, a produit en Israël le chaos des accords d'Oslo et en France des grands attentats suicides.

Seule une considération des phénomènes humains ou inhumains sans projections de ses propres valeurs ou de ses propres tares, permettra d'apprécier ses ennemis à leur juste médiocrité. Mais c'est sans compter la ténacité et la persistance du préjugé antisionisto-sémite, qui fera qu'il sera très dur de reconnaître l'erreur, euphémisme de la turpitude, de discernement entre ceux qui méritent votre sympathie et ceux qui vous haïssent.

Article rédigé par Yéochoua Sultan 

[1] Waffa Sultan

[2] http://www.lefigaro.fr/international/2016/07/17/01003-20160717ARTFIG00177-le-plan-israelien-contre-les-voitures-beliers.php

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 12:00

לאחרונה הוחמר המצב בו נשלחים יהודים לכלא כאסירי ציון בציון. הדבר המעורר תמיהה פחות מתגלם ברדיפה העיקשת כנגד ציבור שלם והניסיון לעשותו מוקצה מחמת מיאוס בעיני שאר האזרחים, מאשר בחוסר התגובה ובדממה השוררת בקרב הציבור המותקף. כיום דם ה"מתנחל", במובן האירופי ולא במובן המקורי של "והתנחלתם את הארץ", כלומר במובן של זר המצוי בארץ לא לו, הוא דם הנתפס כפחות חשוב מזה של החרק הנדרס תחת סנדל הולך הרגל.

מעשי טבח ביהודים שבוצעו על ידי ערבים בשם הדת המוסלמית כבר לא עוררו סערה עולמית מרגע שצוין שהתינוק הנשחט בזרועות אמו הוא תינוק מתנחל ומרגע שהילדה שמחבל ערבי אלמוני פרץ לחדרה ודקר אותה בעשרות מכות להב היא סה"כ ילדה מתנחלת. התופעה של היום נותנת לנו לפענח למפרע את אי ההבנה התהומי מצד התודעה האנושית כלפי מעשי העינויים והרציחות הרבים שפקדו במלחמת העולם השנייה את היהודים, ולהבין הכיצד העולם הנאור השלים עם התופעה המכחידה. ובכן, הפיתרון הוא טמון בשאלה. כי אם היום התואר שנותן למצפון האנושי לישון בשקט כשיהודים נרדפים בשל זהותם הוא התואר "מתנחל", אז בזמנם התואר שנתן לאנושות לישון בשקט היה התואר "יהודי". המשפחות, הילדים, ההורים שנרדפו ונרצחו על לא עוול בכפם היו פשוט סה"כ "יהודיים".

עבודת הפרופגנדה על הרגש האנושי מתמקדת ביצירת המסר כי הציבור שזכותו לכבוד ולחיים מעוּרער ונרמס עומד מחוץ להגדרה ולתחום של מי שראוי לו להיקרא בן-אנוש. הציבור החיצוני נתפס כתת אנושות. ותת-האנושות נפלה באירופה תחת הכותרת "יהודי" והיא כיום כלולה תחת הסמל "מתנחל". הסמל היה באירופה עוד יותר חזק כאשר הוא לווה בתווית, כשהטלאי הצהוב המאוד ציורי הודבק על דיוקנו. היום ישנה עבודת הסברה מאומצת שלא בוחלת בשום אמצעי פרופגנדה אנטי-יהודית. הבה נתייחס כדוגמה לתרגיל אחד העובד בשיטה של התפשטות בשרשרת בדומה לעלילות הדם של ימי הביניים. אם פעם חשדו ביהודי מסוים – לשווא אמנם – שהוא רצח איזשהו ילד נוצרי, לא לקח זמן עד שהשמועה הפכה לדרישה מטורפת לעשות שפטים בכל יהודי באשר הוא ; כיום הדבר חוזר על עצמו, בשינויים נסיבתיים בלבד. מאשימים יהודי מסוים, סליחה, מתנחל, – לשווא – שהוא שרף בית והרג ילד הפעם ערבי ששהה בתוכו, ומשניאים על דעת הקהל את כל מי שייקרא מתנחל. וכדי שהנושא לא יירק מהכותרות, משחילים לשמחת נישואין רוקד עם תמונה של אותו הערבי שנהרג, ומייד הופכים את כל המעמד, מהחתן והכלה ועד לאחרון האורחים דרך המלצרים, ל"חתונת השנאה". וכשרואים שאפילו עיתונים שאינם נחשדים כמזדהים עם האויב ולא רגילים להתנכר לאחיהם כמו "ישראל היום" מפיצים את השמועות, אז יש לנו מבט אל הכוח של שיטות אפלות שלא התעייפו כלל ועיקר.

כמובן שמטרת ההכפשה היא להפוך את ה"מתנחל" לאונטר-מענש בעל ערך נחות כדי שאיש לא יזדעזע בעת פורענות שלא תבוא. השיטה הצליחה לפני כשבעים שנה בליל הבדולח דגרמניה ולפני כעשר שנים בליל הבדולח דגוש קטיף. (לאחר שלא קיבלתי תשובה בקשר לשם שניתן לאותו ליל פורענות בו נשרפו כל בתי הכנסת של עזה, הובן הדבר שאותו לילה ייקרא מעתה "ליל הבדולח דגוש קטיף").

אך כאמור, הדבר היותר תמוה הוא מדוע הקהל שצלם הא-להים שבו מעורער עד היסוד אינו מוחה. כאן נראה היבט שלא תמיד ערים לו. בקרב קהל המתנחלים, קריא בקרב אותו הקהל היהודי השפוי שברור לו שעם ישראל לא חזר לארצו ומולדתו, אחרי תקווה בת שנות אלפיים, כדי לצאת שוב לגלות, אך הפעם מתוך בחירה חופשית, באמצעות מסירת ארצו במו ידיו לזולתנו שבאומות ; בקרב אותו הקהל היהודי שלא חושב שהוא חטף את המקל מידי מכהו כדי להקל עליו ולהכות את עצמו לבד, הובן אכן שכל מגמת הפרופגנדה הפוסלת אותו בהבדלה בין ה"מתנחל" לשאר האנושות, היא להפרידו ולהחרימו, ואז הוא ישאף לאחד ולאחת את הקרע.

כאן מסתמנות שתי דרכים נגדיות לאחד ולהגיד שגם המתנחל וגם הלא-מתנחל שייכים לאותו העם. אז ניצבות לפנינו שתי אפשרויות : או שכולנו מתנחלים, או שאומרים שכולנו לא מתנחלים, או במילים אחרות, מבלי לזלזל בעיר הקודש תל-אביב, שכולנו תל-אביביים. אלא שהתוצאה שהאפשרות השנייה, היא שבמקום להזכיר שגם תל-אביב, העיר הגדולה, לא נבנתה כי אם מכוח הרוח החלוצית שאסור שהיא תיפסק, ולכן על תושביה להבין ולהזדהות עם הרוח ההתיישבותית של השומרון, חברון ובית אל, הוחלט להתרכז דווקא בפן האינדיבידואליסטי אנוכי של חברה לכאורה בנויה מאוסף של אנשים פרטיים. ואז נוקטים נושאי דגל קו ההסברה ההתיישבותית בנימה הבאה : "גם אנחנו קמים בבוקר והולכים לעבודה או ללימודים ביום וחוזרים הביתה כדי לשבת בשקט בלילה".

וכאן נגענו לשורש הבעיה של השקט הציבורי. כי נראה שהבחירה הזאת היא זו שגרמה לאי-יכולת התגובה מול מעשי עוול שרק הולכים ונהיים יותר חזקים. נפרשה לנו מלכודת באופן שאם נגיב במחאה משמעותית, מיד נעמוד בסתירה עם עצמנו ונגלה שלמעשה אין אנחנו כתושבי תל אביב המסתפקים בניהול חיי חברה של אנשים העמלים ללימודם ולפרנסתם ללא כל אופי "פוליטי".

תודעת חופש ההבעה חלשה בחברה הישראלית

בנוסף לנ"ל, חופש הביטוי בכלל וחופש המחאה בפרט אינם ממש חלק מהמסורת הציבורית בישראל. מאידך, ישנו עיקרון משפטי האופייני למשטרים דמוקראטיים שדעת הקהל בארץ נראית כלא מודעת לו : אותו ערך קרוי "הגינות דרכי גביית ראיות". בתקשורת הפחות או יותר חופשית העידו שהמתחקרים כל כך משכנעים בפשע המיוחס למתוחקרים, המטופלים כאשמים למרות שהם בקושי חשודים, עד שהאחרונים מתחילים להרגיש שהם לוקים במחלת השכחה. אם זה כל כך ברור שהם היו במקום פלוני ביום פלוני ועשו מעשה פלוני, איך זה יכול להיות שלהם בעצמם אין מזה שום זכר ואיך זה ושנדמה להם שהם היו במקום אחר באותו יום ועסקו במשהו אחר. פעם היה אדם בשם אדיר זיק שערך תוכנית בימי שישי בערוץ שבע. הכינוי בולשביקים היה שגור בפיו כשהוא דיבר על השלטון שהמיט על מדינתו את הסכמי אוסלו והכניס את התופת בחוצותינו. תחילה חשבתי שהוא מגזים, עד שראיתי באיזו צורה פוגעים במפגינים בזמן שהם מסתפקים להפגין, איך מתנפלים בשיטה אקראית שוטרים ללא תו זיהוי בקבוצות של ארבעה על אחד. היה אז שרטון קצר של נער מצרפת שצולם בעת הילקחו למאסר, כשהוא פנה להוריו והצהיר להם שהוא לא פשע בדבר.

אין במה גם בימין

ישנו עוד דבר אחרון האופייני לנטייה לשקט בחברה אפילו הלא שמאלנית. ניתן לשים לב לכך שמי שכותב או מדבר מבלי להיכנע למינוחים המגמתיים השוללים את זכויותינו בארצנו, לא ימצא בקלות במה אפילו באתרים שהם בעד ישראל. אין הדברים נאמרים מכלי שני או שלישי אלא מניסיון אישי. ולמרות שהמאמרים שאני כותב בצרפתית מתפרסמים באתרים מפורסמים בתחום היהדות והישראליות, אתרים שהם מהמובילים בהבעת הצדק שהוא איתנו בכל מה שקשור למדינת ישראל ולארצנו, אינני מקבל מענה מערוצים אינטרנטיים מהמחנה שלנו כשאני כותב בעברית.

ולסיכום, עלינו לשנות את הכיוון. עלינו לא רק להבליט את הצד השווה בינינו לבין תל-אביב בתור חלוצים לשעבר בשבילם ובהווה בשבילנו, אלא להסב את תשומת לבם שהחלוציות שלהם היא חלוציות של כל רגע ורגע, ומבלי שמירה על השאיפה להפריח את השממה ולהשיב בנים לגבולם, העתיד של העיר השוכנת בחוף הים התיכון לא יהיה מבטיח לאורך זמן. אם הערכים הבלעדיים יהיו ההישגים הכלכליים והצבאיים, עשוי להיווצר מצב בו אלופינו ימצאו את עצמם שומרים על אוכלוסיית נוכריים מפני אוכלוסיית נוכריים אחרים בהעדר יהודים ח"ו. כי בארץ ישראל כולנו באותה הסירה, ומה שמראות לנו האומות כשנאה כלפי המכונים מתנחלים רשמית וכאהבה כלפי מי שלא מכונה מתנחל רשמית, היא אחיזת עניים, ואותם השונאים מחוץ רוצים שה"אהובים" יחסלו ח"ו את ה"שנואים" כדי להקל על ההמשך. התנגדות אצל תל-אביב כלפי חברון רק תתן פתחון פה לבני עשיו : "אם את זה עוזבים, למה אתם לא עוזבים את זה?" כי הדורשים שארץ ישראל, המכונה פלשתינא בלע"ז, תהיה טהורה מיהודים בעזה, רוצים שכך יהיה בכל הארץ. אל ניפול בפח כי כולנו מתנחלים.

כותב : יהושע סולטן

vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 15:50
Big Ben en impose à la Mecque

Ce qui est arrivé au premier lieu de culte de l'islam ne serait pas arrivé chez nous. Dans leurs inspirations judaïques, comme l'interdiction de manger du porc, ou l'importance du pèlerinage, ou encore se couvrir la tête, ils n'ont pas jugé utile de «récupérer» le principe qui met en valeur le lieu de prière et lui accorde une place privilégiée, c'est-à-dire le lieu le plus élevé de la ville. Cette injonction est observée dès que les conditions le permettent, et notamment lorsqu'un plan d'occupation des sols peut être organisé a priori. Tout élément qui paraîtra plus important, imposant, luxueux, fera immanquablement de l'ombre et diminuera le prestige de la maison de D.

La grandeur et la splendeur peuvent être relativisées. Ce principe fonctionne à tous les niveaux, à commencer par le domaine le plus trivial qui soit, celui de la promotion commerciale. Illustrons ce phénomène par un exemple. Si vous avez trois modèles de tubes de dentifrice, de tailles différentes, leur volume absolu compte peu. Vous aurez systématiquement le petit modèle, le moyen modèle et le grand modèle. Le plus grand sera bien entendu le plus important et le plus à même d'inspirer le respect. Avec la dévaluation de la valeur des mots, on nous a habitués à ce que ce dernier modèle devienne le modèle géant. A présent, si vous apportez un autre tube qui contienne le double du géant, ce dernier sera amoindri, et il deviendra ridicule de continuer à le qualifier de modèle géant.

Dans le même ordre d'idée, la tour la plus haute du Moyen-Orient pouvait jusqu'à il y a un certain nombre d'années se contenter de ne mesurer que trois cents mètres. Aujourd'hui, plus personne ne s'en préoccupe, car Dubaï a surenchéri avec sa tour Burj Kha qui trône à plus de huit cents mètres.

Nous voyons venir l'objection suivante, qui consiste à opposer à cette considération que le mont Sinaï, choisi pour le don de la Torah, est loin d'être le plus haut du monde. Est-ce à dire que le Mont Blanc, qui culminait à 4807 m en 1978 et autres Everest n'existaient pas à l'époque, en l'an 2448 de notre ère, ou que les connaissances étaient trop limitées pour en avoir pris connaissance ? Le Midrash solutionne cette énigme, et met en avant le fait que de la même façon qu'il faut être humble pour mériter d'être un homme de Torah, la montagne la plus humble méritait d'être sélectionnée pour son arrivée en ce monde.

Mais revenons à notre considération de la relativité de cette notion qu'est la grandeur. Comme d'aucuns aiment à le dire, tout est relatif. Dans certains milieux, une concurrence s'établit entre voisins, ou entre collègues ou homologues. Ce sera à qui aura la plus belle voiture ou la plus somptueuse villa. La maison de 400 m2 fera pâle figure quand le voisin s'en fera bâtir une de 500 m2, qui a son tour ne sera plus admiré quand un autre aura construit un palace de plus de 1000 m2, et ainsi de suite. Saviez-vous qu'en Israël, jusqu'à il y a une vingtaine d'années, les deux derniers chiffres de la plaque minéralogique représentaient la date de production du véhicule? Les autorités ont dû modifier le système de numérotation, forts du constat des déboires économiques provoqués par la course à la voiture la plus neuve.

La supériorité topographique, donc, est reconnue auprès de nombre de nations et sociétés. Dans les pays musulmans où la discrimination fait loi, du statut euphémique de protégés, les Juifs n'avaient pas le droit de construire des lieux de culte qui soient plus hauts que ceux des musulmans.

Tout récemment, un auteur musulman a attiré mon attention. Il accuse les autorités saoudiennes d'avoir détruit maints lieux saints de l'islam autour de la Mecque, motivées par le lucre, pour y installer des hôtels et autres centres commerciaux. Il passe ainsi en revue un certain nombre de mausolées et de lieux de prière effacées par une autorité musulmane qui montre peut-être ainsi le peu de cas qu'elle fait de ses propres convictions religieuses. Mais à la vue de la photo que cet auteur a affichée pour appuyer le propos de son article, mon incrédulité m'a poussé à me lancer dans une recherche simple sur le Net. Des documents et photos de maintes provenances confirment le gigantisme des travaux.

Mais le plus frappant, ce n'est pas que d'autres hauts lieux aient été effacés, ce que le profane ne peut déceler sans en avoir été préalablement informé. Ce qui saute aux yeux, c'est le rapetissement du site de la Kaaba rendu lilliputien, non pas en raison d'une mosquée encore plus imposante qui aurait été bâtie à ses côtés, mais d'une horloge pour le moins incongrue. Son gigantisme rend tout ce qui se tient dans ses parages minuscule, au grand dam des millions de pèlerins attirés chaque année par le site.

Un hadj me dirait peut-être que cet effet n'est flagrant que sur des prises de vue, mais que sur place rien n'y paraît. Je lui répondrais hypothétiquement que le totalitarisme du pays des réducteurs de tête – dont l'un des métiers prometteurs et proposant le plus de débouchés est le métier de bourreau – m'interdit de mettre le pied sur ce sol. Certes, le venin de ce type d'anathème n'atteint pas la blanche colombe – aucun regret de ne pas pouvoir chronométrer mes révolutions en me repérant sur la grande horloge – et il se peut bien que le hadj soit certainement capable de se concentrer exclusivement sur son pèlerinage et ses incantations, mais bien entendu aussi sur sa marche pour ne pas faire un faux pas fatal dans ce sens giratoire obligatoire où toute embrouille de rythme ne pardonne pas.

On pourrait aussi alléguer que l'Arabie a fait un grand pas en avant, et que le Big Ben anglais, avec ses 96 mètres de longueur, fait figure de modèle de poche au regard de leur méga horloge de 600 et quelques mètres. Ne voilà-t-il pas qu'elle a réalisé une prouesse architecturale dans le gigantisme ? Mais ce qui a été diminué consiste-t-il vraiment dans l'horloge londonienne ? Pas nécessairement.

Il se pourrait peut-être en revanche que l'Empire du soleil levant, bien qu'ayant fortement décliné dès le début du vingtième siècle de l'ère vulgaire, pour ne plus être appelé Empire, pas même du soleil couchant, n'ait rien perdu de son prestige ni de l'impression qu'il faisait et fait encore sur des contrées il fut un temps sous sa tutelle. Et c'est cette admiration du modèle occidental qui a subjugué le pouvoir saoudien à un tel point que ce qui vaut la peine d'être grandi à l'infini, ne soit autre que cette horloge anglaise gigantesque.

vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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