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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 13:27
Jérusalem, capitale éternelle
Jérusalem, capitale éternelle

Qu'arrive-t-il à l'Europe, et notamment à la France? Le Français qui s'emporte ne crie plus : «vive la république», mais assassine une faible femme en lançant son cri de guerre islamique. La presse est unanime, et c'est le sens de ce qu'elle titre à travers le monde quant à l'attaque terroriste récente sur le sol australien où un sombre musulman illuminé par la haine assassine une innocente.

La logique dépassée de l'attribution de la nationalité à la naissance

Une logique désuète qui n'a plus cours depuis bien longtemps pousse l'opinion à trouver normal ce qui ne l'aurait pas été si le changement s'était opéré de façon brutale au lieu de se poursuivre sur quatre décennies ; une logique qui a pourtant connu ses heures de gloire. Cette logique de l'intégration ou de l'absorption se fonde sur le principe physique de dissolution ou dilution. C'est l'élément infinitésimal qui se dissout dans la quantité, et non la quantité dans une goutte.

Vous mettez une pincée de sel dans une pâtisserie sucrée. Si vous avez la main lourde et en mettez deux kilos, vous mangerez du sel. Un plongeur effectuant une figure artistique aérienne sera absorbé dans le bassin de quatre mètres de profondeur où il s'engouffrera, c'est une évidence. Qu'arrivera-t-il si le bassin est remplacé par un verre d'eau? Non seulement le verre sera brisé, mais le plongeur ne profitera plus de l'effet protecteur et accueillant de l'élément liquide.

Il fut un temps où le bon sens de l'attribution automatique de la nationalité française à tout natif de son sol, quand bien même ses parents éprouveraient d'énormes difficultés à s'adapter à la langue et à la culture locale, était indiscutable. Scolarisé dès la maternelle, le fils de l'immigré faisait l'acquisition des mêmes valeurs, des mêmes réflexes sociaux et de la même langue, que les fils de l'autochtone, accent paroxyton et intonations compris. L'enfant né français de parents étrangers, voyait en quelque sorte le jour dans une civilisation moderne et raffinée tout en étant directement issu d'une génération déphasée qui aurait subi un prodigieux voyage à travers les âges. Age récent pour les civilisations proches, tel l'hibernatus coécrit par de Funès, et âge de bronze voire de pierre pour les plus lointaines.

En ces temps bénis, la question d'une meute de loups dont la louve de mère aurait mis bas dans une bergerie ne se posait pas encore. A un Ahmed contre trente Benoît, Ahmed apprenait le français. Mais à trente Benoît pour un Ahmed, le système baisse les bras et impose l'arabe à l'école, apparemment en seconde langue, bien que ce ne soit pas explicite.

La loi surannée n'est pas remise en question, ni à jour. Tout s'est passé en douceur. La presse titre qu'un Français assassin au nom d'une doctrine que l'on ne lui connaissait pas a banalement décrété qu'une femme qui ne lui plaisait pas méritait tout simplement la mort. C'est presqu'un fait divers. Et du moment qu'une société de plus en plus superficielle s'arrête à la superficialité d'un papier qui n'est plus l'expression de tout un peuple et de sa culture, l'assassin est français, tout comme le pyromane du train suisse est suisse. Tout au plus, on s'autorisera à se dire que le Français n'est plus ce qu'il était.

La nationalité ne peut se résumer à une simple formalité

C'est cette fixation sur la superficialité du papier d'identité qui a déjoué la vigilance citoyenne. Jamais le système, toutes tendances politiques confondues, emporté par l'invocation hors-sujet de principes démocratiques et humanitaires, n'a accepté de considérer que la population globale pouvait être composée d'un noyau national d'une part et de minorités d'autre part.

Le système a volontairement fait l'amalgame entre identité et papier d'identité.

Les statistiques officielles n'ont jamais pu que considérer la question d'une présence étrangère ou de ses proportions, toujours fondée sur le strict principe administratif des papiers. Ainsi, un ressortissant étranger versé dans la culture française se distinguait en tant qu'étranger tandis qu'un bénéficiaire du traitement de faveur du regroupement familial pouvait ne pas comprendre un traître mot de la langue de Maupassant et se fondre dans la masse. Un jour, Marchais s'était targué, pour donner du poids à sa représentativité du public immigré ou d'origine étrangère, de la présence dans le pays de quatre millions d'Arabes. S'il voulait plus précisément parler de populations musulmanes originaires de maints pays, et si ces populations avaient entretemps réussi, en sus de leur natalité nettement supérieure au taux local, à ramener leurs proches d'autres continents, nul n'est besoin d'être mathématicien ou statisticien pour comprendre qu'en plus d'une trentaine d'années, elles peuvent aujourd'hui avoir triplé ou quadruplé. Or, puisque inversement, le taux de natalité des populations ancrées de longue date dans le paysage s'est nettement effondré, on peut se lancer assez peu hasardeusement dans une évaluation des rapports statistiques entre les populations, sachant que d'ores et déjà il est permis de constater que la population d'origine autochtone est minoritaire dans les écoles publiques.

Quand le creuset s'émousse

Certes, on aimerait objecter que la France est un creuset, un pays de brassage de populations. Mais on ne peut nier que son projet national est un défi constant. Transposer sinon sauver des ressortissants de pays où sévissent la guerre et l'irrespect le plus effarant des droits de l'homme, peut se traduire par le plus beau succès humanitaires ou se solder par le plus cuisant échec civilisationnel : soit les individus sont sauvés de leur condition et deviennent profondément européens, soit ils deviennent bourreaux sur l'inspiration de leurs bourreaux d'origine dont ils reproduisent à une échelle plus ou moins grande le modèle. En cas d'échec, le temps ne colmatera pas les brèches mais ne fera que les creuser davantage. Le ressortissant d'un pays totalitaire se comportera d'une façon d'autant plus totalitaire qu'il mettra à profit les libertés démocratiques à mauvais escient, et transmettra en un accroissement démographique exponentiel ce totalitarisme aux générations futurs. Nous sommes loin ici de prévisions pessimistes ou alarmistes. A l'heure où sont écrites ces lignes, les zones de non-droits font légion et réduisent comme peau de chagrin le territoire restant.

La nationalité, superficialité ou aboutissement ?

L'obtention de la nationalité doit être un aboutissement, tout comme peut l'être l'entrée dans le cercle privilégié des anciens d'une grande école, et à plus forte raison quand il s'agit non pas seulement de connaissances théoriques mais d'une école de la vie. Etre français doit représenter un aboutissement méritoire, quel que soit le lieu géographique où l'on a pu voir le jour. En termes simples, le titulaire de la nationalité doit pouvoir se dire : «Avant, je vivais dans un pays où le chômeur volait ou mourait de faim, où les femmes étaient battues, où en l'absence de forces de police il était normal de s'approprier le bien de son imprudent voisin qui aurait laissé sa porte non verrouillée ou ses fenêtres sans barreaux. Mais ça, c'était avant…» ou : «Je suis très heureux de n'avoir pas vu le jour dans un pays où idem. Et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que mon pays ne leur ressemble pas.»

Que le candidat à l'appartenance au cercle réduit des pays qui sentent bon la liberté et les droits de l'homme ait eu au départ les qualités de l'huile d'olive ou les défauts des immondices, il doit finir par rayonner. La beauté de la flamme du candélabre émane de l'excellence cachée du combustible. Une huile nauséabonde ne produira qu'une flamme vacillante et une épaisse fumée noire. En revanche, dans le domaine de l'agriculture, ce sont les immondices qui produisent les meilleures récoltes. Le tout est de ne pas se tromper dans les manipulations, ni dans les dosages.

Subir soi-même pour finir ce que l'on présageait pour son prochain

Ce qui précède ne répond pas en profondeur à la question posée au début de cet exposé. La recrudescence de la violence d'inspiration musulmane contre la France, violence pour laquelle les Français non-juifs ont cessé d'être innocents depuis longtemps (c'est-à-dire dans le pire des cas victimes accessoirement quand des Juifs sont visés), a poussé certains observateurs et dessinateurs à imaginer un Nétanyahou s'adressant à un Hollande en lui signifiant que pour faire la paix avec l'Etat islamique, revendicateur des crimes contre l'humanité perpétrés sur l'Hexagone, il devrait renoncer à la moitié de son pays[1]. C'est bien imaginé, car le Premier ministre israélien a, dans les faits, tout au plus exprimé l'idée selon laquelle la désolidarisation de l'Europe vis-à-vis de l'Etat d'Israël et sa complaisance envers le terrorisme finirait par faire de celle-ci la cible de ce dernier. Par contre, d'autres dessinateurs ont le bonnet près de la tête, quand ils font circuler sur deux images en regard le dessin d'une femme juive marchant avec son enfant dans les années quarante et le même avec une femme arabe aujourd'hui. Car en réalité, c'est une femme d'origine française qu'il faudrait dessiner près de cette femme juive pour bien restituer le contexte actuel.

Ils subiront ce qu'ils fomentent à l'intention de leur prochain

Il est édifiant d'assister à grande échelle à un recul territorial des nations européennes devant l'expansion islamique. Il n'y a plus aujourd'hui ne serait-ce qu'un pays européen qui n'ait pas cédé peu ou prou une portion de son territoire. Et pourtant, ils feignent de ne pas le voir, ne mettent pas en garde les touristes asiatiques qui se font détrousser par cars entiers près de Roissy comme s'ils étaient entrés par mégarde à Ramallah. Car sur les guides touristiques, il est toujours écrit notamment que St-Denis est le lieu de la sépulture de bien des rois de France. Il faut croire que leur repos, s'il peut être respecté, ne présage rien des changements opérés en surface.

Il se trouve comme par coïncidence extraordinaire que lesdits pays ont nié à Israël son droit sur le cœur de sa terre. Dans le meilleur des cas, ces pays exercent une pression en contradiction totale avec le droit international pour qu'Israël cède ses régions récupérées lors de la guerre des Six jours. Dans le pire des cas, ils avouent en passant que l'existence d'Israël n'est pas pour eux indispensable. Quant aux actes, ils exercent sur le plan concret une pression via un travail de fourmi et des sommes fabuleuses pour nourrir des associations hostiles de l'intérieur et attaquer en justice tout auteur d'un acte citoyen ou de bravoure contre la haine vouée aux Juifs par des Arabes.

De Gaule, premier travail de sape officiel

De Gaule, déjà, avait trahi Israël en retenant les vedettes de Cherbourg. Heureusement qu'il y a dans ce pays quelques justes pour en redorer autant que faire ce peut le blason. Giscard le méprisant avait observé Israël du haut de sa paire de jumelles quand les hauteurs de Jérusalem étaient occupées par le roitelet Hussein. Mitterrand avait sauvé le criminel Arafat et son successeur idéologique serait sur le point d'accorder la légion d'honneur qui n'est plus elle non plus ce qu'elle était à l'une de ses acolytes. Chirac a fait son numéro dans la Vieille Ville et Sarkozy affirmé devant un public conquis, sur la pelouse de l'hôtel David Ha-Mélekh, que les Juifs devaient faire cadeau de la moitié de leur patrie aux Arabes. Nous ferons l'économie des dizaines voire des centaines de résolutions anti-israéliennes votées par l'Onu ou Bruxelles, de la focalisation sur la moindre foulure de petit orteil dont on peu accuser les Juifs d'être les auteurs, quand des centaines de milliers de civils se font massacrer en Syrie sans que ne filtre la moindre image.

Le faux témoignage selon la Bible

La Torah parle d'une façon assez particulière de la notion de faux témoignage. Le Talmud est plus explicite. La Torah se contente d'ordonner de faire subir aux faux témoins le châtiment qu'ils avaient prévu d'imposer à leur victime. Le Talmud vient nous expliciter la manière à laquelle le témoignage est invalidé. «Comment pouvez-vous témoigner contre cet homme alors qu'au même moment vous étiez avec nous à un autre endroit», vient nous dire la nouvelle paire de témoins. Une particularité de l'application de la loi des faux témoins consiste dans le fait que si la punition a déjà été appliquée, les nouveaux témoins ne sont plus effectifs.

L'Europe fait un faux témoignage quant au lien irréversible d'Israël à sa terre. Ils viennent dire : «Cette terre n'est pas à vous. Vous n'êtes pas palestiniens, vous l'avez volée aux Arabes.» Sur le plan stratégique, leur tactique consiste à faire pression sur Israël pour qu'il leur cède la moitié de sa terre, vu qu'il serait difficile de le convaincre de se suicider directement. Et nous voyons sous nos yeux étonnés une Europe qui subit le démantèlement qu'elle veut faire subir à son innocente victime, quand la moitié de leur terre est cédée au profit des mêmes bénéficiaires.

[1] Dessin du caricaturiste israélien Shaï Sharka (http://shaycharka.blogspot.co.il/2016/08/blog-post.html)

vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 18:02
Nuit de Cristal de Goush Katif (périodique Yécha chelanou)
Nuit de Cristal de Goush Katif (périodique Yécha chelanou)

Voici onze ans que la bande de Gaza a été totalement déjudaïsée, en dépit du bon sens. Comment a-t-on pu largement croire à cette grossière propagande qui avait promis au peuple d'Israël une paix totale pourvu que l'on sacrifie une partie relativement minime du pays? Quelque dix mille habitants du pays ne peuvent pas, pour leur idéal, leurs infrastructures, leurs synagogues, l'éducation, le confort et le bonheur de leurs enfants, imposer à six millions d'autres Juifs une guerre perpétuelle et la haine des nations. Telle était la mélopée répétée à faire éclater le crâne tellement on le bourrait, qui revenait telle quelle ou sous quelques variations à peine nuancées, jusqu'à cette date fatidique du 9 av, date des décrets terribles et des destructions jusqu'à la rédemption totale et véritable, espérons-le pour bientôt. Comme nous l'avons vu tantôt, la réalité n'est pas un film qui se termine avec une musique héroïque, le mot fin et le défilement des noms, pendant que les spectateurs engourdis et éblouis par les lumières qui se rallument restent sur l'impression du message profond ou superficiel qui lui a été inculqué.

Ce qui s'est produit tombe tellement sous le sens que l'on a du mal à produire des énoncés que même Lapalisse se serait retenu d'émettre. Et pourtant, le mensonge est si fort, quand il chamboule les notions les plus basiques et évidentes, qu'il semble falloir le dire, qu'il faut dire que la paix avec un périmètre donné sera réelle si ce périmètre est peuplé par une population amie, et que l'abandonner à des ennemis acharnés ne peut que provoquer guerre et désolation. Et pourtant, onze ans après, bien des menteurs refusent de le dire explicitement : ce n'étaient pas les Juifs qu'il fallait expulser de Gaza, mais les Arabes ; dès lors que l'on refuse les sacrosaints principes de la diversité, du vivre-ensemble et autres utopies. Aujourd'hui encore, le conditionnement pavlovien ancré jusqu'au fond de l'âme, des os et de la substance provoquera la réaction semblable à celle de ce rat qui doit changer de compartiment quand le voyant s'allume parce que le sol de cette partie de la cage va être incessamment électrifié, ou de ce chien habitué à saliver au son de la cloche, et fera dire, ressentir ou penser : «Ce n'est pas bien de dire ça», comme si les expulsions de Juifs étaient louables. La seule concession acceptée par les menteurs, c'est de ne plus parler de processus de paix mais de processus politique. Le Tahalikh Ha-Chalom s'est changé en Tahalikh médini. Mais quel honnête homme s'érigera en faux pour crier : «Mais alors, si ce n'est pas pour la paix, pourquoi faudrait-il que nous leur donnions notre terre? Ne nous avait-on pas parlé de concessions douloureuses, de renoncement à ce qui nous revient de droit, de sacrifice pour la paix? Si ce n'est pas en échange de la paix, pourquoi?»

En effet, nous ne sommes pas dans une salle de cinéma. Alors comment les politiciens, médias et autres menteurs allaient-ils s'y prendre pour que leur subterfuge ne leur saute pas à la figure? On peut distinguer diverses directions destinées à mettre à mal les opposants à l'anéantissement d'une région florissante suivi par la nuit de cristal de Goush Katif (j'ai demandé un peu partout quel nom avait été donné à l'incendie criminel perpétré par les Arabes des 22 synagogues de Gaza, toutes plus somptueuses les unes que les autres, mais sans réponse. Ce silence Internet, version à jour du silence radio, m'a conduit à adopter cette appellation). La réaction fanfaronne et sarcastique est tombée rapidement. Pérès, l'architecte des accords d'Oslo, titre pompeux qui lui va comme un gant, ne s'était-il pas écrié d'un rire gras, en traitant les sympathisants notamment de prophètes apocalyptiques : «Alors, niark niark niark, où sont-ils donc, ces missiles qui devaient pleuvoir sur Ashkelon dès le désengagement ?» Cette réaction a tenu la route quelques temps, mais il fallait l'exploiter et en profiter vite. Une autre a consisté dans un raisonnement autant alambiqué qu'inapproprié de plus, qui s'est échafaudé sur la question rhétorique suivante : «Mais les bombardements ont-ils commencé avec le désengagement?» Autrement dit, le désengagement n'y est pour rien!!!

C'est d'ailleurs toute une suite de raisonnements fantaisistes et inadaptés à la réalité qui a suivi Israël depuis la mainmise d'un pouvoir de l'intérieur ayant contesté ses droits, ou son droit au retour au cœur de sa patrie, au cœur de Hébron, douce vallée…

Les lignes qui vont suivre et qui traitent des raisonnements susdits ont été publiées peu après l'expulsion des Juifs de Gaza, sur feu Aroutz 7 en français, le principal, voire à peu près le seul média d'information non tronquée sur Israël en cette langue. Nous ne parlerons pas ici d'un média complaisant qui diffusait lui aussi des flashs en français. Aujourd'hui, elles permettent rétrospectivement de se remémorer ou de découvrir le cas échéant la démarche qui a tant annihilé la réactivité saine de tout un peuple :

La démagogie et la mauvaise foi se sont donné rendez-vous pour tenter d'annihiler la volonté de ce peuple et de lui substituer une réflexion qui n'est pas la sienne. Un participant à une délégation israélienne représentant la ville de Sedéroth a été interrogé par la presse: "selon vous, les bombardements que vous subissez sont-ils dus à l'expulsion des Juifs de Gaza?". "Non, a-t-il répondu, les bombardements avaient commencé bien avant". Il a raison, alors pourquoi sommes-nous révoltés par ce type de propos?

Transposition du débat

Si nous tentons de répliquer en nous attachant aux aspects superficiels de l'idée, nous ouvrirons la porte à un débat stérile autant qu'épuisant du genre: "la ville de Sedéroth reçoit forcément plus de bombes, puisque celles qui au départ devaient être lancées sur les Juifs de Gaza sont à présent envoyées sur Sedéroth." Ce à quoi on nous rétorquerait que cette localité en aurait de toute façon reçu autant vu l'augmentation de la production de l'armement. Et ainsi de suite. Le foyer du débat serait alors décentré et l'argumentation qui en découlerait conforterait dans leur position les coupables et les partisans de l'expulsion des Juifs. Ce n'est pas innocemment que les questions du type que nous venons de voir sont posées. Leur motivation est d'avorter l'approche des véritables problèmes tout en donnant l'impression de les avoir abordés. L'expulsion des Juifs passe alors inconsciemment pour un acte sans conséquence du moment qu'elle n'est pas la cause des bombardements.

On assiste à une inversion des données du problème: si A doit impliquer B, et que A n'a pas impliqué B, il serait par conséquent honnête d'annuler A. Ici, on n'annule pas A, en se disant tout simplement que la non obtention de B était déjà un fait ancien. A, c'est l'expulsion; B, c'est la paix et la tranquillité qui devaient être impliquées par l'expulsion; quant à l'annulation de A, c'est le retour des Juifs sur leur terre. Or, non seulement rien n'est réparé, mais de surcroît on considère A comme un événement banal et insignifiant sans incidence aucune sur la réalité. Alors si l'expulsion n'a rien à voir avec le problème, pourquoi a-t-elle été perpétrée?

Prenons un exemple. Si un terroriste promet de libérer des otages qu'il détient en échange d'une rançon, et qu'il les maintienne prisonniers après avoir été payé, se demandera-t-on si le payement de cette rançon a provoqué l'emprisonnement des victimes, et auquel cas on pourrait effectivement répondre que le payement n'est pas la cause de la prise d'otages et rassurer les payeurs en leur affirmant qu'ils n'y sont pour rien? Allons donc! Bien sûr que non, on leur reprocherait d'avoir fait un geste inconsidéré, irréfléchi, voire complaisant envers les terroristes!

Autre exemple: en supposant qu'un médecin prescrive à un patient qui lui fait confiance l'ablation d'un organe pour en sauver un autre considéré comme plus vital, et que son avis s'avère après l'opération avoir été une aberration, n'allons-nous pas abhorrer et avoir en horreur ce docteur, et plus encore s'il tente de se déresponsabiliser en se défendant que l'ablation du dit organe est indépendante de la détérioration de celui qu'on considérait comme plus vital?

La logique de ces suppositions est évidente. Ce qui l'est moins, c'est lorsque les données sont brouillées et que des solutions toutes faites sont proposées pour résoudre des problèmes mal posés. Dans les médias, l'effet est d'autant plus accentué qu'on nous les pose sous forme de "flashs" prétendus spéciaux mais répétitifs suivis de préférence d'un générique tapageur destiné à neutraliser toute éventualité d'un réveil de notre esprit critique. Tout journal télévisé est nécessairement précédé d'un tapage plus bruyant qu'un roulement de tambour. C'est ainsi qu'on nous fait avaler des couleuvres de plus en plus imposantes sans que nous ne nous en rendions compte.

Persuasion et dissuasion

L'instabilité à laquelle est en proie le pays d'Israël est la résultante d'une campagne de démagogie qui remonte sous sa forme actuelle au lendemain de la guerre des six jours. Si en Israël on sensibilise le public en lui parlant de concessions douloureuses qui, préférables à la guerre, ne remettent pas en cause la légitimité de son lien à sa terre, en revanche, en Europe on utilise un autre langage: les Israéliens doivent libérer des territoires qui ne leur appartiennent pas. D'où leur incompréhension lorsque les nations unies condamnent un état juif contraint de reconquérir des terres cédées à ses ennemis afin de parer aux attentats contre ses citoyens. "Vous n'avez pas échangé ces territoires contre la paix, vous les avez simplement rendus. Nous ne vous y reconnaissons aucun droit de domination", semblent-ils leur dire.

Bien évidemment, il a fallu mettre au point une dialectique pour convaincre les Israéliens de voter de leur plein gré pour un gouvernement à même de les affaiblir. L'adage des "territoires contre la paix" sévit de manière latente jusqu'aux accords d'Oslo. Des intellectuels circonstanciels viennent montrer sur les plateaux des émissions de télévision l'importance suprême de l'homme, Adam, en regard à la petitesse de la terre, Adama. Celui qui voudrait soutenir contre eux que, sans terre, la valeur de l'homme devient dérisoire n'a pas de place sur ces plateaux, et encore moins s'il souhaite rappeler la valeur insignifiante d'un Juif apatride en vigueur jusqu'à une époque encore récente. On essayera par contre de lui faire dire que, pour lui, la terre a davantage d'importance que la vie humaine. Des années durant, nous avons été gavés du principe des concessions territoriales salvatrices. Des grands rabbins ont même été engagés pour convaincre leurs fidèles que le maintien de notre pouvoir en terre sainte, aussi important soit-il, ne saurait dépasser la valeur de la vie humaine. Or, malgré les résultats malheureusement prévisibles alors –"ne leur donnez pas d'armes", préconisait une affiche- et tangibles aujourd'hui, la démagogie continue à sévir et à se servir des mêmes motifs.

Concrétisation

C'est à la suite de la première guerre du Golfe que le mensonge latent se réveille peu à peu de sa torpeur. Un nouvel argument vient s'ajouter à l'arsenal des négateurs du droit d'Israël sur sa terre: à l'ère des missiles, la détention du terrain physique n'a guère d'importance. Là encore, le foyer du débat est décentré. Au lieu de débattre de l'appartenance de la terre au peuple juif et de sa centralité, on doit se concentrer sur les méthodes et les avantages qu'elle peut donner ou non dans le cadre d'une guerre. Au lieu de poser franchement la question aux journalistes et de leur demander pour qui ils travaillent, ce sont eux qui nous font dire qu'il faut du terrain même si les missiles sont de longue portée ou que l'expulsion des Juifs a provoqué le bombardement de la localité de Sedéroth. Ils nous imposent notre place dans le débat pour qu'ils puissent toujours en sortir vainqueurs. Ils se réservent le meilleur terrain et nous placent pour ainsi dire le dos à la fenêtre dans une contrée où on est précisément susceptible de se faire tirer dans le dos.

La démagogie modifie et adapte son argumentation: "les territoires contre la paix" sont remplacés par une autre expression: "c'est avec ses ennemis qu'on fait la paix". Expression brillante ou mot d'auteur a priori, elle ne renferme pas moins qu'un défi au bon sens le plus élémentaire. Là encore, nous nous appuierons sur des parallèles: qu'adviendrait-il si de dangereux criminels organisés se verraient non seulement amnistiés mais de surcroît octroyer des armes et une zone de non droit? Ce serait bien sûr ridicule. Aucune personne sensée ne voudrait tenter une expérience aussi démentielle.

Supposons à présent qu'un candidat à un poste de caissier dans une banque soit un braqueur repenti, s'étant amendé et ayant purgé une peine de prison. Même dans le cas où il voudrait réellement devenir un honnête citoyen, aucun directeur ne serait prêt à l'engager ne serait-ce que pour une période d'essai. Quel que soit l'emploi proposé, le candidat doit présenter un C.V. élogieux et des références solides; son casier judiciaire doit être absolument vierge. Pareillement, le port d'armes est interdit ici à toute personne ayant été mêlée à une bagarre de rue. S'il en est ainsi au niveau individuel, il devrait en être de même à plus forte raison à un niveau collectif, régional ou national.

Le salaire du crime

Or précisément, l'absurde décline le bon sens. Ici, le criminel par excellence, l'auteur et le commanditaire des attentats de Munich et de Maalot, -la liste n'est pas exhaustive- celui qui a transformé la Suisse du Moyen Orient en poudrière sept ans avant l'opération "paix en Galilée", est désigné pour transformer cent ans de guerre en paix durable. Moralité: le crime paie. Pour prendre part au partenariat de la paix, il faut avant tout faire ses preuves en tant que bon criminel. Selon cette dialectique, il aurait fallu parler avec les nazis pour arriver à la paix. Qui oserait prétendre qu'il faut exterminer ses ennemis pour atteindre la tranquillité?

Le résultat ne s'est pas fait attendre. Lors du carnage du carrefour de Beit-Lid, près de la ville de Nathania, dû à l'un des premiers attentats-suicides directement provoqués par la signature et la mise en application des prétendus accords de paix, il a été diffusé sur les ondes que les enquêteurs ne parvenaient pas à retrouver les restes de la voiture piégée. Il s'est par la suite avéré que le piège pouvait se passer de voiture. Or, si l'on a cherché des traces semblables à celles qu'ont laissées de par le passé les attentats-suicides du sud du Liban, agissements émanant du même ennemi changé en partenaire de la paix, c'est que l'on s'attendait visiblement à ce qu'il perpètre à nouveau le même type d'actes criminels une fois installé au cœur de notre terre. Là encore, un nouvel argument est édicté: pour parvenir à la paix, des accords signés ne suffisent pas, il fait passer par des sacrifices. Des sacrifices humains, juchés sur l'échafaud de la paix.

La suprématie du pouvoir médiatique sur le pouvoir démocratique

La dialectique de la paix impose ses axiomes: c'est, pour elle, notre reconquête du centre de la terre sainte qui a réveillé l'animosité bestiale de nos ennemis. L'ennemi peut et doit être changé en allié. Céder des terres implique la paix et la métamorphose de l'ennemi en ami pour ainsi dire de longue date. Celui qui admettra ces axiomes sera introduit dans le camp des partisans de la paix et de la vie. Par contre, ceux qui, admettront ces principes mais objecteront qu'ils ne sont pas réalisables ou applicables, et à plus forte raison ceux qui voudront les rejeter, se verront étiquetés et qualifiés respectivement de pessimistes et de dangereux extrémistes.

En principe, le langage des médias est dérivé du pouvoir et lui sert d'outil pour asseoir sa légitimité. Un chef d'état et son gouvernement, avant d'opérer des changements au sein de leur pays, y prépareront préalablement leurs citoyens; qu'il s'agisse de l'octroi ou de la restriction de certains budgets ou subventions, il faudra d'abord créer un besoin. Le pouvoir étant démocratiquement élu, l'utilisation des médias dépend elle aussi de la majorité.

Ici, cas probablement unique dans l'histoire contemporaine, la radio et la télévision ne sont pas subordonnées au pouvoir mais sont dans les mains d'une caste élitiste et minoritaire ; c'est bien au contraire le pouvoir qui leur est assujetti, d'autant plus que les radios libres sont interdites. Les médias mettront par conséquent sous pression le dirigeant ou le cas échéant les électeurs afin de parvenir à leurs fins.

Considérons à présent les méthodes lancinantes propres aux médias: comme il a été cité plus haut, c'est à la suite de la guerre du Golfe que la propagande a atteint ses premiers résultats concrets. Le premier ministre s'est vu affubler toutes sortes d'étiquettes: intransigeant, borné, faucon, bref un obstacle à la paix. Allait-il œuvrer pour que son pays puisse enfin accéder au bonheur? En d'autres termes, allait-il s'associer à de dangereux criminels qui allaient obtenir rétrospectivement la justification de leurs méfaits. Toute démarche en ce sens bénéficie du qualificatif de progrès dans le processus de paix, tandis que toute réticence est considérée comme une entrave.

Le dirigeant cède et accepte le principe des pourparlers de Madrid, à condition toutefois que n'y soient pas admis de véritables criminels. Une première victoire est obtenue pour le camp de la démagogie. Bien que la condition exigée semble être respectée, les véritables terroristes seront dans les coulisses et aucun avis ne sera émis de la part des négociateurs sans effectuer un va et vient incessant de la table des négociations aux coulisses et vice et versa.

Le dirigeant ayant cédé, il faut se rabattre sur les électeurs. Pour commencer, on suscite et on entretient une sorte d'euphorie à l'aide d'émissions mettant en présence un Juif et un Arabe habitant Jérusalem et fabulant sur l'avenir. Comprenant malgré tout qu'on s'est joué de lui, le Premier ministre jure qu'il ne cédera jamais la moindre parcelle de la terre d'Israël à des étrangers, alors que tant de générations de Juifs ont prié et œuvré sans relâche pour s'y établir à nouveau.

Le public est à point pour la seconde étape: élire un autre dirigeant prêt à faire siens les principes cités plus haut. Il lui suffira de déclarer qu'il aura le courage de négocier sans ambages ni ambiguïté, et cela directement avec les véritables dirigeants du camp adverse. Le résultat ne se fait pas attendre: il est élu. Le tour est joué, ouvrir la porte aux catastrophes devient un acte de courage. Qui a dit qu'il fallait être courageux pour se suicider ?

Explications rétrospectives

Les faits sont connus, la mauvaise foi, elle, pas toujours perçue. Et c’est là qu’elle intervient en venant à la rescousse de la démagogie: si un Juif est assassiné dans une serre par un Arabe la veille de la signature des accords d’Oslo, c’est justement dû au fait que les accords n’ont pas encore été signés, mais ce sera assurément la dernière victime; si l’attentat a lieu après la signature, c’est que l’assassin ne vient pas des territoires autonomes; s’il vient des territoires autonomes, c’est qu’il fait partie d’une faction opposée à la paix que les dirigeants de l’autonomie ont du mal à contenir; s’il s’identifie à la faction dirigeante, il s’agit d’une bavure condamnée en silence par le dirigeant terroriste qui remet au Premier ministre israélien un petit morceau de papier plié sur lequel il aurait exprimé par écrit sa désapprobation ; et si l’armée de l’autonomie fait quatorze victimes dans les rangs de Tsahal, c’est la faute du gouvernement d’Israël qui s’est laissé aller à la provocation en faisant des travaux dans le tunnel du Mur Occidental. Nous sommes entraînés dans une ronde effrénée, rebondissant tel le récit de l’agneau du chant de la Haggada, cet agneau, Israël, qui survit au milieu de soixante-dix loups. »

Quand les arguments ne suffisent plus

Quand les paroles ne suffisent plus et que le peuple est las d'être dupe, qu'il n'y a plus, d'après les sondages, à l'automne 5756, que vingt pour cent de soutient au parti au pouvoir, en arrondissant par excès, et que les discours n'ont plus aucun effet, la démagogie, prête à tout, n'aura plus qu'un seul recours, dramatique : l'assassinat du Premier ministre, énigme qui n'a pas été élucidée officiellement à ce jour. Alors que depuis les dernières concessions territoriales, comme promis, douloureuses, les passations suivantes de pouvoir ont été suspendues, la peau de chagrin rétrécit à nouveau et le parti au pouvoir peut alors atteindre, (toujours d'après les sondages), quatre- vingt pour cent de côte de popularité. Le pays, pendant un moment, deviendra le théâtre d'une chasse aux sorcières dont les sabbats sont devenus intolérables. Le Juif traditionaliste, fidèle à sa Thora et à sa terre, sera considéré comme un incitateur au crime. L'assassin présumé du Premier ministre (tué selon les informations officielles de deux balles dans la colonne vertébrale alors qu'il a continué à marcher jusqu'à sa voiture) exprimera les idées de la droite ou de la tradition sans être interrompu: Hébron est le berceau du peuple juif à qui revient la Judée d'où il est originaire. Nul n'est besoin de contre argumenter puisque ce langage est celui du crime; entretemps les villes du nord de la Samarie et la ville natale du roi David sont livrées dans le silence aux organisations terroristes. Là non plus, le résultat ne se fait pas attendre et l'effet de l'assassinat n'est plus estimé à la veille des élections qu'à 54 ou 57 pour cent de soutien au parti au pouvoir. Le pouvoir médiatique se défend et les attaques verbales envers le candidat de l'opposition se multiplient. S'il n'est pas immanquablement accusé d'être l'assassin de son prédécesseur, il est toutefois considéré comme responsable. On pourrait même ajouter: responsable et coupable.

La citation biblique:"tu as assassiné puis dépossédé" est rappelée à son égard sans relâche.

Occasion manquée

C'est alors qu'on passe à côté d'une occasion sans précédent de balayer la suprématie du pouvoir médiatique sur le pouvoir démocratique: la campagne de désinformation échoue en même temps que son candidat, tandis que les principaux journalistes commencent à préparer leurs valises. Le nouvel élu, pas assez blindé probablement, ou en proie à l'euphorie de son pouvoir tout neuf, les prend en mauvaise pitié et cherche à les flatter et à leur montrer qu'ils avaient tord de ne pas l'aimer et, pour leur montrer sa bonne foi, remet la ville de Hébron aux mains de l'organisation dont l'essence même de l'existence est la purification ethnique de la présence juive en Palestine. Les journalistes se ressaisissent et qualifient les électeurs du parti vainqueur d'extrémistes marginaux.

De la même façon, les premiers ministres suivants, victimes de la pression médiatique directe ou par le biais d'un électorat préparé, fuiront le Liban et expulseront les Juifs de Gaza pour être bien vus des journalistes et d'un mouvement de mères de soldats monté de toutes pièces et surmédiatisé, prétendant avoir pour but que nos enfants n'aient plus à apprendre la guerre, et qui concrètement engendreront la deuxième guerre du Liban et assureront la mainmise des terroristes et leur contrôle sans entraves de la bande de Gaza.

L'erreur de la droiture humaine

Les gens de bonne foi se sont dit:" à tout chose malheur est bon; quand les accords auront été signés, qu'on aura écouté nos ennemis au lieu de les combattre, alors seulement les médias, les tribunaux et les gouvernements de tous bords, ainsi que l'opinion, comprendront à quel point l'erreur aura engendré l'horreur, et alors ils feront tout pour réparer les dégâts. La motivation première de l'État d'Israël n'est-elle pas de pouvoir combattre ses ennemis jusqu'à l'anéantissement et d'assurer de la sorte que des persécutions semblables à celles de la seconde guerre mondiale ne soient plus jamais notre lot? Combien aurions-nous donné pour pouvoir faire la guerre aux nazis sans attendre une intervention des autres nations?"

C'est compter sans la prodigieuse immunité de la démagogie associée à la mauvaise foi. Les fouilles et les files d'attente interminables devant les gares, les stations et autres lieus publiques ne les toucheront pas (quelqu'un se souvient-il aujourd'hui qu'à l'époque antérieure à la paix on pouvait directement entrer ou sortir des marchés et centres commerciaux?), ni l'expression moderne de la mort frappant non plus dans des fourgons mais dans des bus crématoires.

Quand le mensonge contenu dans ses arguments et ses axiomes sera connu de tous, la démagogie en inventera de nouveaux, car attention, un mensonge peut en cacher un autre. A moins qu'elle ne réemploie les mêmes, comme si rien ne s'était passé! Le président américain de service n'a-t-il pas exigé la reprise du "processus de paix"?

Le nouveau cheval de batail, quant à lui, consiste en la distinction entre bons et mauvais terroristes; mais déjà, à l'étranger, des voix se font entendre pour considérer les mauvais comme des bons: c'est logique, puisque c'est avec ses ennemis qu'il faut traiter. Ce qui signifie que même si on a réellement réussi à obtenir d'un ennemi qu'il se calme, il en viendra un autre pour le supplanter et être à son tour considéré comme partenaire de négociations, à condition au préalable qu'il prouve également qu'il fait un bon criminel. Et à l'instar des négociateurs "modérés" -ou rendus comme tels- choisis lors de la conférence de Madrid qui ont bien vite fait de céder leur place à des négociateurs plus adaptés et conformes, les criminels considérés comme usés ou plus assez virulents dans cette inquisition du terrorisme médiatique cèdent leur place à d'autres, et ainsi de suite. C'est le serpent qui se mord la queue et on n'a pas fini d'avaler des couleuvres.

C'est par conséquent à nous qu'il revient d'amoindrir l'impact médiatique de ce pouvoir absolu qui est au service de la démagogie et de la mauvaise foi. L'enjeu en vaut certainement la chandelle, et il faut diminuer leur importance.

Certains soutiennent que mon propos ne tient pas compte de la réalité, que l'Amérique, qui semble imposer son ordre du monde, pourrait paralyser notre économie en décrétant, par exemple, que nous n'ayons plus d'essence pendant une période déterminée selon leur bon plaisir, histoire de nous donner une bonne leçon, et que, par conséquent, la bonne ou mauvaise volonté de nos dirigeants n'y change rien. Eh bien, à moins que nous ayons tous été victimes d'une machination, l'initiative des accords d'Oslo ainsi que celle du "désengagement" sont le fait de l'initiative, officiellement du moins, de deux Premiers ministres israéliens.

D'autre part, en termes d'intérêts et de politique internationale, Israël reste le seul allié des E-U. Le Liban pacifique ainsi que l'Iran du Shah ont rejoint aujourd'hui les annales de l'histoire et les États-Unis ont été surpris sur leurs arrières. De plus, Israël a permis aux Américains de combler un retard considérable sur l'armement soviétique suite à la guerre des Six jours, et chaque fois qu'un "déserteur" syrien ou autre vient trouver refuge en Israël, quelle coïncidence, c'est avec un matériel, avion notamment, des plus sophistiqués. Il serait temps de cesser d'accomplir ce travail comme des esclaves mais d'y imposer un prix, et surtout de cesser de saborder notre pays. La seule différence existant entre l'exil et la délivrance, nous disent nos sages, c'est la soumission aux autres nations. Nous sommes rassemblés sur notre terre selon un programme divin scellé d'avance, qui doit aboutir, d'après une tradition qui a survécu et qui survivra à toutes les autres, au rétablissement du trône de David et à la reconstruction du Temple que nous attendons et pour laquelle nous œuvrons depuis 1948 ans (mise à jour, ndlr).

Toute tentative de remplacement du programme divin par un autre ne peut qu'apporter chaos et instabilité dans la région: si D. a promis de rassembler les exilés du peuple juif et de lui remettre la terre qu'Il a promise aux patriarches, ce n'est pas pour qu'on la lui confisque vers la fin des temps de l'exil, quand le rassemblement de la diaspora s'accélère, pour la donner à un tiers dont la nationalité a été créée de toutes pièces pour les besoins de la cause. Toute tentative d'imposture est irrémédiablement vouée à l'échec à plus ou moins brève échéance. Il n'y a pas et il ne peut pas y avoir de "nouveau Moyen-Orient", car l'ancien n'a pas dit son dernier mot, de la même façon qu'il ne peut pas y avoir de nouveau testament (comme nous l'avons vu dans un précédent article). La démagogie et son associée, la mauvaise foi, ne perdent rien pour attendre.

En attendant, si on veut bien concéder que ce n'est pas l'expulsion des Juifs de Gaza qui a entraîné les bombardements sur Sedéroth, c'est bien cette expulsion qui a provoqué trois guerres, une incapacité de libérer un soldat retenu à quelques centaines de mètres de nous, une humiliation nationale pour le récupérer, et une haine sans précédent des nations qui ont entre autres publié le mensonger rapport Goldtone, dont l'auteur qui lui a donné son nom s'en est pourtant dédit, mais un peu trop tard.

Concluons cet exposé par une discussion anecdotique entre un habitant de Bet-El et un Parisien du dix-neuvième arrondissement:

"Est-ce que tu peux me parler du processus de paix d'un point de vue objectif, sans m'obliger à écouter tes idées que je connais déjà?

-C'est bien simple; avant qu'il ne soit question de paix, on pouvait, en rentrant à Beit-El depuis Jérusalem, s'arrêter à Ramallah pour y faire des courses ou y prendre un café. Quand les pourparlers ont commencé, il valait mieux ne plus s'arrêter. Quand il y a eu de véritables progrès dans le processus de paix, pour ne reprendre que des expressions objectives pour toi, il a fallu remplacer toutes les vitres des voitures par des vitres en plexiglas. Maintenant, quand les accords de paix ont été signés, on a commencé à ne plus pouvoir du tout passer par Ramallah. Depuis, il faut la contourner et, si possible, se déplacer dans des véhicules par- balles.

-Mais alors, ce n'est pas la paix!

-Je ne te le fais pas dire. Mais depuis, l'armée, la nôtre, a repris en partie le contrôle de la situation et on peut, en principe, avec l'aide de D., passer sans véhicule blindé."

Yéochoua Sultan, écrivain et traducteur

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 22:21
France : un demi-siècle de propagande contre Israël a créé le mythe de l'utopie du vivre-ensemble

En biaisant avec la vérité israélienne pendant un demi-siècle, le pouvoir politico-médiatique européen a berné ses citoyens en leur fournissant des données tronquées sur la réalité.

De la projection à l'erreur d'appréciation

L'une des caractéristiques des automatismes psychiques de l'être humain consiste dans la projection. L'homme projette ses propres tendances en la personne qui lui fait face, la prenant, sur la base de son aspect superficiel, un peu pour un miroir réfléchissant. Cette tendance fonctionne tout autant en bien qu'en mal. Ainsi, on tendra à affubler son prochain de ses propres défauts mais on pourra aussi bien le juger sans vraiment le jauger en lui attribuant ses propres qualités. Ceci explique peut-être pourquoi les antisémites en ont toujours voulu aux Juifs et pourquoi les Juifs n'ont pas toujours pris les menaces des antisémites au sérieux.

Un chasseur de serpent faisait de son activité d'une pierre deux coups. Appelé à la rescousse en cas d'infestation, il gardait le produit de son travail en captivité pour une mission médicale de recherche sur les antidotes. Il fit visiter ses vivariums à un reporter en quête de reportage. Se mettant à manipuler ses bêtes pour mieux les exhiber devant la caméra, il mit en garde le visiteur de faire bien attention de ne pas les toucher mais également de ne pas les approcher de trop près. Ce spécialiste laissa échapper un bref rire rauque que déclencha une observation du quidam. «Pour vous, ça ne craint pas parce qu'ils sont habitués à vous?» L'hôte, comprenant l'insuffisance de sa réaction spontanée, s'expliqua : «Mais vous voyez bien que je ne les touche pas directement.» Il avait en effet une sorte de manche terminé par un crochet métallique non tranchant. «Je pensais que c'était parce que c'est plus pratique avec ça.»

S'il ne viendrait à l'idée de personne d'introduire la main dans une boîte pleine d'araignées ou de scorpions, voire encore de guêpes, pas même d'élevage, la question se complique pour des animaux plus élaborés dans la mesure où ils présentent des yeux et des paupières.

Or, qu'est-ce qui a induit en erreur ce visiteur? Le trait de caractère profondément ancré en lui de la gratitude. Il est impensable qu'une créature vivante morde la main qui la nourrit. Et, bien qu'il ait réduit ce principe à son expression la plus restrictive, ne s'étant pas inclus par extension dans ce sentiment de connivence ou de proximité qu'il avait cru percevoir entre l'éleveur et le serpent, il n'en ressentit pas moins, par projection de sa propre manière de fonctionner, une complicité obligée entre l'homme et la bête.

Sa conception se schématise comme suit : les serpents venimeux sont potentiellement mortels pour tout homme qui s'aventure dans leur milieu naturel, et ils le sont d'autant plus s'ils parviennent à s'introduire subrepticement chez lui. Mais ils cessent de l'être dès que l'être humain se montre empathique à leur égard et l'introduit volontairement chez lui, l'adoptant pour ainsi dire. Chez certains animaux, l'animosité sera totalement annihilée vis-à-vis de tout autre être humain, à l'instar de ces hamsters et autres cochons d'Inde d'ornement, tandis que d'autres ne s'attacheront qu'à la personne qui s'en occupe.

Et c'est cette conception qui sinon perd du moins perturbe la sensitivité occidentale. Le schéma présenté ci-dessus a depuis longtemps échappé aux limites du raisonnement sciemment réfléchi. Il s'est traduit, comme un réflexe acquis, en une prédisposition de l'inconscient agissant superficiellement et ne faisant appel dans le meilleur des cas qu'aux sensations ou sentiments qui relèvent du domaine de l'émotion.

Le musulman affilié à l'Etat islamique est un danger pour l'homme de l'Occident. Il faut impérativement l'empêcher de pénétrer en Europe et de se mêler au flux de réfugiés. Par contre, le musulman hébergé par notre société, et à plus forte raison s'il y est né, est acquis à notre cause, et ne nous ferait de mal en aucun cas. Ou alors, il ne ferait de mal à aucune des personnes qui font preuve de bonté à son égard, d'où l'intérêt à surtout ne pas lui paraître hostile pour éviter d'éveiller un résidu d'ancien instinct sauvage.

La doctrine de l'ingratitude sous haute protection

S'il peut être vrai que ce schéma qui agit par automatisme affecte de nombreux Occidentaux, il existe dans la réalité des systèmes idéologiques, des doctrines, souvent religieuses mais pas nécessairement, pour qui la valeur incontournable de la reconnaissance est absente du registre du vocabulaire. Il est des sociétés semblables en tout point à un élevage de piranhas dont la main qui les nourrit se gardera constamment de se plonger dans leur eau. Ce raisonnement est pourtant désarmant de simplicité, et il pourrait a priori aider l'Occident à se libérer du carcan du précédent schéma conceptuel dans lequel il s'est plongé par projection et prolongement de ses propres valeurs.

Mais les gardiens de la révolution islamique veillent sur ce carcan. Le terrorisme physique serait bien fragile sans son aîné, le terrorisme moral et psychologique. Ce dernier, au besoin, s'enrichira d'une novlangue, soit en imposant de nouveaux mots, comme islamophobie, islamophobe, soit en détournant le sens de mots existants ou en en limitant le sens ; amalgame, racisme, par exemple.

Et si cette terreur ne suffit pas à forcer l'opinion à s'autocensurer, le délit d'opinion et de critique sera validé par la loi, et les prisonniers ou contrevenants sanctionnés par de fortes amendes serviront d'exemple et dissuaderont tout candidat à la liberté de penser. En pervertissant le sens du principe du racisme, les ayatollahs de la pensée libre ont livré la critique aux geôliers de tous les gains politiques et sociaux acquis depuis la Révolution. Il n'est donc pas étonnant que les fidèles de la liberté se fassent massacrer massivement précisément un 14 juillet.

Comme le souligne si lucidement mon homonyme, «le problème, c'est l'islam»[1]. Soit dit en passant, et sans nous attarder et jouer sur le sens étymologique des mots, le nom de cette doctrine annonce déjà en lui la négation de la paix. Il n'est pas question d'une forme quelconque de racisme, mais d'un problème de doctrine, de système de pensée totalitaire et intolérant. Les cas d'Européens transformés en terroristes apocalyptiques pour avoir opté pour cette doctrine et lui avoir prêté serment sont suffisamment éloquents pour que tout un chacun comprenne qu'il ne s'agit pas d'un problème de race ni, par voie de conséquence, de racisme.

Pourtant, même chez ceux dont les yeux se sont dessillés au point de comprendre qu'il ne s'agit pas en effet d'un problème de race donc de racisme, le refus de désigner l'islam demeure indélébile. Le totalitarisme politico-médiatique s'est mis lui aussi à comprendre que la supercherie du racisme devenait de moins en moins crédible et de plus en plus indigeste. Mais le réflexe pavlovien persiste. Il consiste à débiter inlassablement, à chaque crime commis au nom de l'islam que ce n'est pas l'islam. Et ces mêmes habitués des micros et autres tribunes concèderont à l'islam ce qu'ils ont toujours refusé au judaïsme. On aura beau leur citer le coran et ses innombrables injonctions d'en découdre avec les «infidèles», ils se poseront en exégètes savantissimes pour dire que là n'est pas l'intention du verbe, alors qu'ils ne démordront jamais que le principe «œil pour œil, dent pour dent…» du Livre des Juifs serait à prendre au pied de la lettre, et qu'il ne serait pas question, contrairement à ce qu'explique le traité talmudique Baba Kama, du principe pilier des dommages et intérêts, des indemnités, qui a inspiré par la suite bien d'autres législations.

Et à Nice, ce n'est pas l'islam?

«Mais comment pouvez-vous accuser l'islam, puisque le boucher de Nice a été vu avec du porc dans la bouche, de l'alcool et des filles (sic).» La petite parabole qui suit va nous apporter une ébauche d'explication. Un ancien voyou me décrivit un jour le fonctionnement du monde du banditisme. Des hors-la-loi de ses connaissances, trempant entre autres dans le proxénétisme, voulurent un jour donner une bonne correction à un autre hors-la-loi du même acabit. Ils décidèrent de lui transmettre l'avertissement suivant : envoyer des voyous subalternes frapper l'une de ses prostituées qui était en même temps sa favorite. Je fis part de mon incompréhension à mon interlocuteur. Je ne pouvais pas croire que le bandit concerné avait une haute idée de la non violence en général et du respect de la personne féminine en particulier. Il éclaira ma lanterne : «On voit bien que tu ne connais vraiment pas ce milieu. Il peut frapper sa femme tous les jours, dix fois par jour, mais qu'un autre type lève juste le petit doigt contre l'une de ses femmes, ça va les mettre dans une colère noire.»

Cette parabole peut nous faire comprendre qu'un musulman se permettant l'alcool peut être fou de rage en voyant un non-musulman sabler le champagne. Cette attitude peut par ailleurs ne pas être foncièrement négative. N'a-t-on pas vu des enfants en conflit avec leurs parents ou l'inverse s'ériger en dignes défenseurs en cas d'agression extérieure? Deux érudits s'auto qualifiant d'ignorants avec surenchère, chacun étant persuadé de l'être plus que son confrère, en raison de tout ce qui resterait encore à apprendre et comprendre, n'admettraient pas qu'un ignorant au sens large vienne leur objecter qu'il est plus ignorant qu'ils ne le sont.

Quoi qu'il en soit, c'est bien au nom de la doctrine islamique qu'il a perpétré son forfait.

Comment le mythe du vivre-ensemble a rendu invivable l'Occident aux Occidentaux

Le vivre-ensemble est trompeur. Ou, si l'on ne s'y trompe pas, on se fermera les yeux avant de détourner son regard et de regarder ailleurs. Nombreux furent les riverains qui longtemps firent fi du dérangement d'un voisinage pittoresque tant qu'il restait exotique dans l'inconscient collectif. Le tapage nocturne qui accompagnait certaines festivités leur faisait hausser les épaules, «ils ne sont pas bien méchants», se disait-on avec un sourire bon enfant. Puis vint l'ère du racket des blousons et des mobylettes. Les riverains, en quête de paix avec les voisins se dirent qu'ils ne devaient pas s'afficher de manière ostentatoire. De simples manteaux suffiraient. Quand l'exode inversement rural se fit sentir, on s'extraya des territoires conquis donc par l'islam, on accepta sans rien dire le partage du terroir et du territoire.

Après tout, un travail de sape incessant et inconditionnel avait profondément inculqué dans la tête des gens que pour la paix, on devait accepter l'idée de deux pays pour deux peuples. Le territoire est bien assez vaste et on peu se contenter de peu. A force de ressasser l'idée du renoncement, même si elle était pointée sur Israël, elle est devenue naturelle et acceptable ; ou, si elle est valable pour Israël, elle l'est aussi en tant que vérité absolue, et à plus forte raison pour un pays plus de quarante fois plus étendu. A force de dire aux autres ce qu'ils doivent faire, on finit par se l'appliquer à soi-même.

Du moment qu'il reste quelque chose

Pour le vivre ensemble, on comprend enfin l'entourloupette, que ce n'était qu'un argument de minorité hostile prête par projection de ses propres défauts à menacer de qualifier de raciste la population et culture de base en cas d'obstruction. Mais on ferme les yeux aussi sur cette escroquerie.

Du moment que l'on peut vivre en paix dans les contrées épargnées par l'expansion islamique. De la sorte, on se réorganisera dans le XVIIème arrondissement de Paris, tout en plaignant ceux qui n'ont pas encore les moyens de réaménager dans les contrées encore tranquilles. «Pourquoi quitter la France?» se dira le Juif de France, dont la patrie qui n'a pas su le protéger tant que l'ennemi ne s'attaquait qu'à lui est à présent débordée. Quant au citoyen français en général, il sera logique pour lui de ne pas s'attirer des ennuis. Il n'habitera plus dans le XVIIIème arrondissement de Paris, ni aux Mureaux ni aux Minguettes, ni à Roubaix ni à Stains ou St-Denis. Ce dernier lieu n'est-il pas par définition l'un des fiefs de l'islam?

Et s'il ne reste plus rien ?

C'était sans compter l'appétit de conquête des plus voraces de l'islam. Ce qui est nouveau dans les derniers attentats de Paris et de Nice, en dehors de l'ampleur, c'est que les agressions ont débordé pour dévorer des espaces situés en dehors des conquêtes islamiques. Le consensus ne se trouvait que dans la tête des gens ; ce consensus imaginaire qui voulait que les fils de cette race blanche non musulmane qui irrite les bons musulmans en raison des fautes dont elle est affublée, évitent de provoquer la colère de ces derniers en se gardant de violer leurs territoires, se trouve désormais brisé en une multitude d'éclats de chair humaine.

Un leurre monté de toutes pièces

«Et pourtant, en Israël, ça marche bien?» objecte la conscience collective conditionnée par la propagande antisionistosémite. Voici une nouvelle preuve d'un mensonge employé au détriment d'un tiers qui frappe comme un boomerang à la figure de l'envoyeur. Les pressions et menaces internationales sont incommensurables à l'encontre d'Israël. Citons pour l'illustrer l'un de ses derniers effets, ou de ses derniers méfaits, quand Netanyahou est revenu sur sa décision de renforcer le développement et d'aider financièrement l'une des communautés juives d'Israël durement frappées par le terrorisme arabe. La décision aura tenu à peine plus d'une semaine. Une très forte population arabo-musulmane hostile à Israël au point de non seulement ne pas s'en cacher mais de continuer 70 ans après sa résurrection nationale de pleurer l'échec nazi qui n'a pas parachevé la solution finale, est maintenue artificiellement sur les terres d'Israël, en grande partie par des fonds étrangers, dont la France n'est pas étrangère. Ses politiciens ne voudraient à aucun prix voir disparaître, ou même décroître, cette population hostile. Par contre, tout développement juif est montré du doigt, sa bonne santé est contraire à la paix.

Et les «ça n'a rien à voir avec l'islam» trouvent un écho de l'intérieur en Israël, grassement entretenu par une inondation de fonds retirés de la bouche du citoyen français auquel on refuse jusqu'à un abri en cas de coup dur. Et le pouvoir français verra d'un très mauvais œil que l'on démasque ses méthodes. Il se prononcera contre la loi des ONG enfin votée en Israël, fallacieusement sous le prétexte de la défense des droits de l'homme. Certes, l'Israélien corrompu s'armera d'une variante du mensonge politico-médiatique européen. Il nous dira : «mais bien sûr que c'est l'islam, c'est son essence même. Mais tous les musulmans ne sont pas comme ça. Ils veulent vivre tranquillement au milieu de nous.»

Un vivre ensemble artificiel

Et Israël, dont les fortes têtes ont été coupées depuis longtemps, ces fortes têtes qui préconisaient un travail de fond, une séparation des populations haineuses de la population juive en les répartissant dans des pays du même gabarit, lutte au quotidien contre la haine destructrice de l'islam et du monde arabe. La presse étrangère semble se mettre seulement à le reconnaître, mais il se peut qu'il ne s'agisse que d'un sursaut passager d'honnêteté et de lucidité, en raison de la tragédie encore trop proche du 14 juillet. «Plots en béton, circulation interdite, nombreux Israéliens armés… si ces mesures ne constituent pas une garantie de la sécurité à 100%, elles permettent de réduire les risques liés au terrorisme… », peut-on lire aujourd'hui dans un grand quotidien. [2]

Pourtant, l'opinion publique reste très profondément imprégnée par ce travail de propagande qui dure depuis presque cinq décennies, de sorte que personne ne fera jamais le rapprochement entre la petite fille fauchée dans sa poussette à un arrêt du tramway de Jérusalem et la trajectoire du «camion fou», pour ne pas dire par métonymie du «camion islamique» – en ne citant que l'arme de destruction massive artisanale de Nice pour nommer par sous-entendu le chauffeur.

Et puisque l'islamique hait cent fois plus le Juif qu'il ne hait l'Européen, par raisonnement d'a fortiori, en se fondant sur la donnée fausse du merveilleux vivre-ensemble israélien, il n'y a aucune raison pour que cela ne se passe pas bien en France ou en Allemagne.

Et à force de traiter avec nonchalance le principe de ne pas imposer aux autres ce que l'on ne veut pas s'imposer à soi-même, on en vient à trouver que ce qui est imposé est souhaitable même pour soi-même. A force de trouver génial le vivre-ensemble pour les Israéliens qui seraient racistes de ne pas en profiter, on en vient à trouver génial le vivre-ensemble pour l'Europe qui ouvre ses portes à des dizaines de millions de «migrants» pour expérimenter les joies du vivre-ensemble. L'Europe a tellement voulu convaincre Israël du bienfondé du vivre ensemble qu'elle s'en est convaincue elle-même, un peu comme un hypnotiseur qui se serait renvoyé sa propre image dans un miroir, le miroir de la société moderne et démocratique que l'Europe croit voir incarnée en la personne si l'on peut dire d'Israël.

Si seulement les médias informaient la population du nombre d'attentats déjoués au jour le jour en Israël, l'arnaque analysée en ces lignes n'aurait atteint que quelques marginaux.

Une opinion publique blasée même en présence de sacrifices humains

Il est un culte pour lequel on perpètre des sacrifices humains, et le cas rapporté de cet assassin d'une jeune fille en plein ramadan, a perdu son effet en passant pour un banal fait divers sensationnel au lieu d'être considéré le plus sérieusement possible comme la face visible de l'iceberg islamique. Vouloir introduire la mauvaise pièce du puzzle de force en disant que le tueur n'est qu'un simple déséquilibré – surtout pas représentatif du «véritable» islam – ou que les chefs des organisations terroristes ne sont pas sérieux quand ils déclarent vouloir la destruction du monde libre à commencer par Israël, a produit en Israël le chaos des accords d'Oslo et en France des grands attentats suicides.

Seule une considération des phénomènes humains ou inhumains sans projections de ses propres valeurs ou de ses propres tares, permettra d'apprécier ses ennemis à leur juste médiocrité. Mais c'est sans compter la ténacité et la persistance du préjugé antisionisto-sémite, qui fera qu'il sera très dur de reconnaître l'erreur, euphémisme de la turpitude, de discernement entre ceux qui méritent votre sympathie et ceux qui vous haïssent.

[1] Waffa Sultan

[2] http://www.lefigaro.fr/international/2016/07/17/01003-20160717ARTFIG00177-le-plan-israelien-contre-les-voitures-beliers.php

vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 12:00
כולנו מתנחלים או כולנו תל-אביביים ?

לאחרונה הוחמר המצב בו נשלחים יהודים לכלא כאסירי ציון בציון. הדבר המעורר תמיהה פחות מתגלם ברדיפה העיקשת כנגד ציבור שלם והניסיון לעשותו מוקצה מחמת מיאוס בעיני שאר האזרחים, מאשר בחוסר התגובה ובדממה השוררת בקרב הציבור המותקף. כיום דם ה"מתנחל", במובן האירופי ולא במובן המקורי של "והתנחלתם את הארץ", כלומר במובן של זר המצוי בארץ לא לו, הוא דם הנתפס כפחות חשוב מזה של החרק הנדרס תחת סנדל הולך הרגל.

מעשי טבח ביהודים שבוצעו על ידי ערבים בשם הדת המוסלמית כבר לא עוררו סערה עולמית מרגע שצוין שהתינוק הנשחט בזרועות אמו הוא תינוק מתנחל ומרגע שהילדה שמחבל ערבי אלמוני פרץ לחדרה ודקר אותה בעשרות מכות להב היא סה"כ ילדה מתנחלת. התופעה של היום נותנת לנו לפענח למפרע את אי ההבנה התהומי מצד התודעה האנושית כלפי מעשי העינויים והרציחות הרבים שפקדו במלחמת העולם השנייה את היהודים, ולהבין הכיצד העולם הנאור השלים עם התופעה המכחידה. ובכן, הפיתרון הוא טמון בשאלה. כי אם היום התואר שנותן למצפון האנושי לישון בשקט כשיהודים נרדפים בשל זהותם הוא התואר "מתנחל", אז בזמנם התואר שנתן לאנושות לישון בשקט היה התואר "יהודי". המשפחות, הילדים, ההורים שנרדפו ונרצחו על לא עוול בכפם היו פשוט סה"כ "יהודיים".

עבודת הפרופגנדה על הרגש האנושי מתמקדת ביצירת המסר כי הציבור שזכותו לכבוד ולחיים מעוּרער ונרמס עומד מחוץ להגדרה ולתחום של מי שראוי לו להיקרא בן-אנוש. הציבור החיצוני נתפס כתת אנושות. ותת-האנושות נפלה באירופה תחת הכותרת "יהודי" והיא כיום כלולה תחת הסמל "מתנחל". הסמל היה באירופה עוד יותר חזק כאשר הוא לווה בתווית, כשהטלאי הצהוב המאוד ציורי הודבק על דיוקנו. היום ישנה עבודת הסברה מאומצת שלא בוחלת בשום אמצעי פרופגנדה אנטי-יהודית. הבה נתייחס כדוגמה לתרגיל אחד העובד בשיטה של התפשטות בשרשרת בדומה לעלילות הדם של ימי הביניים. אם פעם חשדו ביהודי מסוים – לשווא אמנם – שהוא רצח איזשהו ילד נוצרי, לא לקח זמן עד שהשמועה הפכה לדרישה מטורפת לעשות שפטים בכל יהודי באשר הוא ; כיום הדבר חוזר על עצמו, בשינויים נסיבתיים בלבד. מאשימים יהודי מסוים, סליחה, מתנחל, – לשווא – שהוא שרף בית והרג ילד הפעם ערבי ששהה בתוכו, ומשניאים על דעת הקהל את כל מי שייקרא מתנחל. וכדי שהנושא לא יירק מהכותרות, משחילים לשמחת נישואין רוקד עם תמונה של אותו הערבי שנהרג, ומייד הופכים את כל המעמד, מהחתן והכלה ועד לאחרון האורחים דרך המלצרים, ל"חתונת השנאה". וכשרואים שאפילו עיתונים שאינם נחשדים כמזדהים עם האויב ולא רגילים להתנכר לאחיהם כמו "ישראל היום" מפיצים את השמועות, אז יש לנו מבט אל הכוח של שיטות אפלות שלא התעייפו כלל ועיקר.

כמובן שמטרת ההכפשה היא להפוך את ה"מתנחל" לאונטר-מענש בעל ערך נחות כדי שאיש לא יזדעזע בעת פורענות שלא תבוא. השיטה הצליחה לפני כשבעים שנה בליל הבדולח דגרמניה ולפני כעשר שנים בליל הבדולח דגוש קטיף. (לאחר שלא קיבלתי תשובה בקשר לשם שניתן לאותו ליל פורענות בו נשרפו כל בתי הכנסת של עזה, הובן הדבר שאותו לילה ייקרא מעתה "ליל הבדולח דגוש קטיף").

אך כאמור, הדבר היותר תמוה הוא מדוע הקהל שצלם הא-להים שבו מעורער עד היסוד אינו מוחה. כאן נראה היבט שלא תמיד ערים לו. בקרב קהל המתנחלים, קריא בקרב אותו הקהל היהודי השפוי שברור לו שעם ישראל לא חזר לארצו ומולדתו, אחרי תקווה בת שנות אלפיים, כדי לצאת שוב לגלות, אך הפעם מתוך בחירה חופשית, באמצעות מסירת ארצו במו ידיו לזולתנו שבאומות ; בקרב אותו הקהל היהודי שלא חושב שהוא חטף את המקל מידי מכהו כדי להקל עליו ולהכות את עצמו לבד, הובן אכן שכל מגמת הפרופגנדה הפוסלת אותו בהבדלה בין ה"מתנחל" לשאר האנושות, היא להפרידו ולהחרימו, ואז הוא ישאף לאחד ולאחת את הקרע.

כאן מסתמנות שתי דרכים נגדיות לאחד ולהגיד שגם המתנחל וגם הלא-מתנחל שייכים לאותו העם. אז ניצבות לפנינו שתי אפשרויות : או שכולנו מתנחלים, או שאומרים שכולנו לא מתנחלים, או במילים אחרות, מבלי לזלזל בעיר הקודש תל-אביב, שכולנו תל-אביביים. אלא שהתוצאה שהאפשרות השנייה, היא שבמקום להזכיר שגם תל-אביב, העיר הגדולה, לא נבנתה כי אם מכוח הרוח החלוצית שאסור שהיא תיפסק, ולכן על תושביה להבין ולהזדהות עם הרוח ההתיישבותית של השומרון, חברון ובית אל, הוחלט להתרכז דווקא בפן האינדיבידואליסטי אנוכי של חברה לכאורה בנויה מאוסף של אנשים פרטיים. ואז נוקטים נושאי דגל קו ההסברה ההתיישבותית בנימה הבאה : "גם אנחנו קמים בבוקר והולכים לעבודה או ללימודים ביום וחוזרים הביתה כדי לשבת בשקט בלילה".

וכאן נגענו לשורש הבעיה של השקט הציבורי. כי נראה שהבחירה הזאת היא זו שגרמה לאי-יכולת התגובה מול מעשי עוול שרק הולכים ונהיים יותר חזקים. נפרשה לנו מלכודת באופן שאם נגיב במחאה משמעותית, מיד נעמוד בסתירה עם עצמנו ונגלה שלמעשה אין אנחנו כתושבי תל אביב המסתפקים בניהול חיי חברה של אנשים העמלים ללימודם ולפרנסתם ללא כל אופי "פוליטי".

תודעת חופש ההבעה חלשה בחברה הישראלית

בנוסף לנ"ל, חופש הביטוי בכלל וחופש המחאה בפרט אינם ממש חלק מהמסורת הציבורית בישראל. מאידך, ישנו עיקרון משפטי האופייני למשטרים דמוקראטיים שדעת הקהל בארץ נראית כלא מודעת לו : אותו ערך קרוי "הגינות דרכי גביית ראיות". בתקשורת הפחות או יותר חופשית העידו שהמתחקרים כל כך משכנעים בפשע המיוחס למתוחקרים, המטופלים כאשמים למרות שהם בקושי חשודים, עד שהאחרונים מתחילים להרגיש שהם לוקים במחלת השכחה. אם זה כל כך ברור שהם היו במקום פלוני ביום פלוני ועשו מעשה פלוני, איך זה יכול להיות שלהם בעצמם אין מזה שום זכר ואיך זה ושנדמה להם שהם היו במקום אחר באותו יום ועסקו במשהו אחר. פעם היה אדם בשם אדיר זיק שערך תוכנית בימי שישי בערוץ שבע. הכינוי בולשביקים היה שגור בפיו כשהוא דיבר על השלטון שהמיט על מדינתו את הסכמי אוסלו והכניס את התופת בחוצותינו. תחילה חשבתי שהוא מגזים, עד שראיתי באיזו צורה פוגעים במפגינים בזמן שהם מסתפקים להפגין, איך מתנפלים בשיטה אקראית שוטרים ללא תו זיהוי בקבוצות של ארבעה על אחד. היה אז שרטון קצר של נער מצרפת שצולם בעת הילקחו למאסר, כשהוא פנה להוריו והצהיר להם שהוא לא פשע בדבר.

אין במה גם בימין

ישנו עוד דבר אחרון האופייני לנטייה לשקט בחברה אפילו הלא שמאלנית. ניתן לשים לב לכך שמי שכותב או מדבר מבלי להיכנע למינוחים המגמתיים השוללים את זכויותינו בארצנו, לא ימצא בקלות במה אפילו באתרים שהם בעד ישראל. אין הדברים נאמרים מכלי שני או שלישי אלא מניסיון אישי. ולמרות שהמאמרים שאני כותב בצרפתית מתפרסמים באתרים מפורסמים בתחום היהדות והישראליות, אתרים שהם מהמובילים בהבעת הצדק שהוא איתנו בכל מה שקשור למדינת ישראל ולארצנו, אינני מקבל מענה מערוצים אינטרנטיים מהמחנה שלנו כשאני כותב בעברית.

ולסיכום, עלינו לשנות את הכיוון. עלינו לא רק להבליט את הצד השווה בינינו לבין תל-אביב בתור חלוצים לשעבר בשבילם ובהווה בשבילנו, אלא להסב את תשומת לבם שהחלוציות שלהם היא חלוציות של כל רגע ורגע, ומבלי שמירה על השאיפה להפריח את השממה ולהשיב בנים לגבולם, העתיד של העיר השוכנת בחוף הים התיכון לא יהיה מבטיח לאורך זמן. אם הערכים הבלעדיים יהיו ההישגים הכלכליים והצבאיים, עשוי להיווצר מצב בו אלופינו ימצאו את עצמם שומרים על אוכלוסיית נוכריים מפני אוכלוסיית נוכריים אחרים בהעדר יהודים ח"ו. כי בארץ ישראל כולנו באותה הסירה, ומה שמראות לנו האומות כשנאה כלפי המכונים מתנחלים רשמית וכאהבה כלפי מי שלא מכונה מתנחל רשמית, היא אחיזת עניים, ואותם השונאים מחוץ רוצים שה"אהובים" יחסלו ח"ו את ה"שנואים" כדי להקל על ההמשך. התנגדות אצל תל-אביב כלפי חברון רק תתן פתחון פה לבני עשיו : "אם את זה עוזבים, למה אתם לא עוזבים את זה?" כי הדורשים שארץ ישראל, המכונה פלשתינא בלע"ז, תהיה טהורה מיהודים בעזה, רוצים שכך יהיה בכל הארץ. אל ניפול בפח כי כולנו מתנחלים.

vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 15:50
Big Ben en impose à la Mecque

Ce qui est arrivé au premier lieu de culte de l'islam ne serait pas arrivé chez nous. Dans leurs inspirations judaïques, comme l'interdiction de manger du porc, ou l'importance du pèlerinage, ou encore se couvrir la tête, ils n'ont pas jugé utile de «récupérer» le principe qui met en valeur le lieu de prière et lui accorde une place privilégiée, c'est-à-dire le lieu le plus élevé de la ville. Cette injonction est observée dès que les conditions le permettent, et notamment lorsqu'un plan d'occupation des sols peut être organisé a priori. Tout élément qui paraîtra plus important, imposant, luxueux, fera immanquablement de l'ombre et diminuera le prestige de la maison de D.

La grandeur et la splendeur peuvent être relativisées. Ce principe fonctionne à tous les niveaux, à commencer par le domaine le plus trivial qui soit, celui de la promotion commerciale. Illustrons ce phénomène par un exemple. Si vous avez trois modèles de tubes de dentifrice, de tailles différentes, leur volume absolu compte peu. Vous aurez systématiquement le petit modèle, le moyen modèle et le grand modèle. Le plus grand sera bien entendu le plus important et le plus à même d'inspirer le respect. Avec la dévaluation de la valeur des mots, on nous a habitués à ce que ce dernier modèle devienne le modèle géant. A présent, si vous apportez un autre tube qui contienne le double du géant, ce dernier sera amoindri, et il deviendra ridicule de continuer à le qualifier de modèle géant.

Dans le même ordre d'idée, la tour la plus haute du Moyen-Orient pouvait jusqu'à il y a un certain nombre d'années se contenter de ne mesurer que trois cents mètres. Aujourd'hui, plus personne ne s'en préoccupe, car Dubaï a surenchéri avec sa tour Burj Kha qui trône à plus de huit cents mètres.

Nous voyons venir l'objection suivante, qui consiste à opposer à cette considération que le mont Sinaï, choisi pour le don de la Torah, est loin d'être le plus haut du monde. Est-ce à dire que le Mont Blanc, qui culminait à 4807 m en 1978 et autres Everest n'existaient pas à l'époque, en l'an 2448 de notre ère, ou que les connaissances étaient trop limitées pour en avoir pris connaissance ? Le Midrash solutionne cette énigme, et met en avant le fait que de la même façon qu'il faut être humble pour mériter d'être un homme de Torah, la montagne la plus humble méritait d'être sélectionnée pour son arrivée en ce monde.

Mais revenons à notre considération de la relativité de cette notion qu'est la grandeur. Comme d'aucuns aiment à le dire, tout est relatif. Dans certains milieux, une concurrence s'établit entre voisins, ou entre collègues ou homologues. Ce sera à qui aura la plus belle voiture ou la plus somptueuse villa. La maison de 400 m2 fera pâle figure quand le voisin s'en fera bâtir une de 500 m2, qui a son tour ne sera plus admiré quand un autre aura construit un palace de plus de 1000 m2, et ainsi de suite. Saviez-vous qu'en Israël, jusqu'à il y a une vingtaine d'années, les deux derniers chiffres de la plaque minéralogique représentaient la date de production du véhicule? Les autorités ont dû modifier le système de numérotation, forts du constat des déboires économiques provoqués par la course à la voiture la plus neuve.

La supériorité topographique, donc, est reconnue auprès de nombre de nations et sociétés. Dans les pays musulmans où la discrimination fait loi, du statut euphémique de protégés, les Juifs n'avaient pas le droit de construire des lieux de culte qui soient plus hauts que ceux des musulmans.

Tout récemment, un auteur musulman a attiré mon attention. Il accuse les autorités saoudiennes d'avoir détruit maints lieux saints de l'islam autour de la Mecque, motivées par le lucre, pour y installer des hôtels et autres centres commerciaux. Il passe ainsi en revue un certain nombre de mausolées et de lieux de prière effacées par une autorité musulmane qui montre peut-être ainsi le peu de cas qu'elle fait de ses propres convictions religieuses. Mais à la vue de la photo que cet auteur a affichée pour appuyer le propos de son article, mon incrédulité m'a poussé à me lancer dans une recherche simple sur le Net. Des documents et photos de maintes provenances confirment le gigantisme des travaux.

Mais le plus frappant, ce n'est pas que d'autres hauts lieux aient été effacés, ce que le profane ne peut déceler sans en avoir été préalablement informé. Ce qui saute aux yeux, c'est le rapetissement du site de la Kaaba rendu lilliputien, non pas en raison d'une mosquée encore plus imposante qui aurait été bâtie à ses côtés, mais d'une horloge pour le moins incongrue. Son gigantisme rend tout ce qui se tient dans ses parages minuscule, au grand dam des millions de pèlerins attirés chaque année par le site.

Un hadj me dirait peut-être que cet effet n'est flagrant que sur des prises de vue, mais que sur place rien n'y paraît. Je lui répondrais hypothétiquement que le totalitarisme du pays des réducteurs de tête – dont l'un des métiers prometteurs et proposant le plus de débouchés est le métier de bourreau – m'interdit de mettre le pied sur ce sol. Certes, le venin de ce type d'anathème n'atteint pas la blanche colombe – aucun regret de ne pas pouvoir chronométrer mes révolutions en me repérant sur la grande horloge – et il se peut bien que le hadj soit certainement capable de se concentrer exclusivement sur son pèlerinage et ses incantations, mais bien entendu aussi sur sa marche pour ne pas faire un faux pas fatal dans ce sens giratoire obligatoire où toute embrouille de rythme ne pardonne pas.

On pourrait aussi alléguer que l'Arabie a fait un grand pas en avant, et que le Big Ben anglais, avec ses 96 mètres de longueur, fait figure de modèle de poche au regard de leur méga horloge de 600 et quelques mètres. Ne voilà-t-il pas qu'elle a réalisé une prouesse architecturale dans le gigantisme ? Mais ce qui a été diminué consiste-t-il vraiment dans l'horloge londonienne ? Pas nécessairement.

Il se pourrait peut-être en revanche que l'Empire du soleil levant, bien qu'ayant fortement décliné dès le début du vingtième siècle de l'ère vulgaire, pour ne plus être appelé Empire, pas même du soleil couchant, n'ait rien perdu de son prestige ni de l'impression qu'il faisait et fait encore sur des contrées il fut un temps sous sa tutelle. Et c'est cette admiration du modèle occidental qui a subjugué le pouvoir saoudien à un tel point que ce qui vaut la peine d'être grandi à l'infini, ne soit autre que cette horloge anglaise gigantesque.

vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 23:21
Dam Hamakabim est le nom de cette plante, symbole proche du plateau d'argent moderne d'Alterman
Dam Hamakabim est le nom de cette plante, symbole proche du plateau d'argent moderne d'Alterman

1 En Europe

La société européenne, malgré ses valeurs, souffre d'une faille considérable qui, en dépit de l'amélioration de la condition humaine, peut remettre en question jusqu'à son existence. L'exploitation de la science et son application au secours du genre humain et de sa dignité, par les progrès de la médecine, de l'hygiène sur le plan surtout pratique (comment vivaient les sociétés sans eau courante ni sanitaires, quand bien même eussent-ils souhaité se préserver des microbes et maladies), de la technologie, des transports et ainsi de suite, se passe bien trop souvent d'une base identitaire ou d'un idéal moral bien défini pourtant vitale.

Le confort, que l'on veut relativiser moralement, attire des étrangers venant d'autres horizons et bienheureux de quitter leurs pays pour en trouver d'autres où il fait bon vivre, où le salaire est garanti par des lois sociales, et où, en l'absence d'un travail, on n'est pas pour autant réduit à la mendicité ou à une pauvreté dont l'issue est souvent fatale. Or, ce confort, que l'on juge trop rapidement matérialiste et dépourvu d'âme, est le résultat d'une recherche du bien pour servir l'être humain en général, sans oublier personne et sans se limiter, comme jadis ou ailleurs, à une classe de nantis, d'êtres désignés exclusivement pour vivre correctement. Seulement, les nouveaux arrivants, ou certains d'entre eux, loin de se montrer reconnaissants envers la civilisation qui les accueille, apportent avec eux le bagage de leur souffrance, la perception archaïque des pays totalitaires qu'ils ont quittés, et remettent en cause avec ce bagage et cette perception la liberté et la tolérance de pays ouverts et développés qui leur ont autorisé l'accès à leur sol et à leur culture.

Le nouveau venu, en obtenant une carte de séjour ou, mieux, la nationalité, aura les mêmes droits que les habitants qui peuplent son environnement. Il aura accès à l'instruction, l'égalité sur le marché du travail, la possibilité de recevoir un logement fonctionnel et confortable. Si son culte est différent de celui du pays d'accueil, il jouira également de la liberté de religion, mise sur le même plan que la liberté d'opinion. Or, les principes inhérents à sa religion seront ceux des dictatures d'où il vient, et il se mettra paradoxalement à lutter pour étouffer la liberté au nom de la liberté d'exprimer son opinion liberticide. Avec le nombre, il pourra faire admettre certains principes, par le jeu de la démocratie, mais, s'il réussit, il poursuivra les natifs de la civilisation qu'il remplace, avant de rendre le pays conquis semblable en tous points au pays d'où il est parti.

Et au nom des mêmes principes qui ont étouffé l'Europe pendant le Moyen-âge, la liberté d'expression et la recherche médicale et scientifique seront prohibées pour cause de sacrilège, au nom d'une morale tueuse. Si, auparavant, les étrangers changeaient et s'adaptaient à leurs nouvelles langues et cultures, ceux d'aujourd'hui aspirent à faire changer les autres. Leur nouvelle patrie sombrera alors, si on les laisse faire, dans la misère et le non droit de l'homme, et il leur faudra, après avoir instauré et imposé le désert et la misère, s'attaquer à d'autres pays libres, s'il en reste, en leur imposant encore et toujours le caractère dictatorial dans lequel ils ont trempé avant de chercher fortune ailleurs. Pourtant, ces pays, s'ils semblent riches, c'est qu'ils ont établi comme susdit, au prix de luttes sans merci contre les inégalités, des lois sociales destinées à répartir équitablement sinon les ressources du moins les chances, imposant des impôts aux plus aisés pour maintenir un niveau de vie général convenable, contrairement à certains pays aux pare-chocs en or qu'il est inutile de citer ici.

La permissivité prend le pas sur la tolérance, et les pays qui ont en général un demi-millénaire d'avance sur d'autres civilisations ne savent plus réagir à cette ingérence non pas politique d'un Etat étranger, mais sociale de ressortissants qui ont fui ce même type d'Etat. Connaissant le niveau moral, sinon inné du moins acquis de l'Européen, celui qui évolue dans un monde nouveau misera sur la culpabilité. Se référant à l'histoire récente, il assènera des reproches au petit-fils de celui qui colonisa la terre de son grand-père. Cette méthode psychologico affective fonctionne à merveille. L'Européen de bonne foi se sentira coupable pour les fautes de ses pères et redevable envers le descendant de ceux qui ont souffert de l'occupation de ses ancêtres. Le degré de tolérance sera poussé très haut au prix de nombreux sacrifices qui tolèrera une violence prise pour un juste retour des choses et considérée comme une punition désirée moralement par cet ancien colonisateur qui se sentirait malhonnête s'il en réchappait.

Pourtant, un argument, ou plutôt une réaction simple se tait. Pourquoi l'Européen, qui a depuis longtemps décolonisé ces contrées lointaines ne répondrait-il pas, en toute simplicité: «Pourquoi viens-tu ici, si tu ne supportes pas ma présence? Ton pays, le mien te la rendu depuis bien longtemps, et l'a enrichi d'infrastructures qui lui profitent encore aujourd'hui. Si tu préfères vivre ici, c'est que tu regrettes dans le fond la colonisation, que tu préfères un pays dirigé par des Européens. Nostalgique, tu es donc venu t'installer près de moi, sachant que mon pays te permettra de vivre bien mieux que le tien. » Mais l'Européen ne veut pas froisser, ni remettre à sa place cet étranger dont les parents ont tellement souffert de l'occupation européenne. Et il acceptera ce principe de châtiment collectif rejeté par sa justice.

Au mieux, l'Européen rétorquera en haussant les épaules: «Allons donc. Je n'ai aucune responsabilité dans cette affaire. Je suis né bien après, et tu ne vas quand même pas me faire payer pour la faute de mes ancêtres!» Or, cette réponse, qui n'est pas sans évoquer celle de l'agneau de la fable, est mauvaise aussi bien quand on se retient de la donner qu'en la disant. En s'abstenant d'opposer cet argument, on agit sous l'effet du sentiment de culpabilité envers les Juifs qui ont habité l'Europe pendant leur exil et auxquels on a reproché d'avoir tué un personnage rendu célèbre par l'histoire, malgré l'ancienneté du fait reproché. Et pourtant, si on s'aventure à donner cette réponse, on retombe dans la faille de la civilisation occidentale.

Explication: l'homme libre se détache de la tradition de ses pères. De ce fait, lui et l'individu fraichement nationalisé se retrouvent sur un pied d'égalité. La liberté-égalité-fraternité de l'un devient l'égale d'une religion que l'Occident redécouvre péniblement. Si l'un apprécie le bal populaire et la valse musette, l'autre a le droit de s'en offenser. Si chez l'un, la gente féminine peut choisir son cavalier, chez l'autre, qui enferme ses sœurs et ses filles, on peut s'efforcer et forcer les autres d'influer sur ce choix, sous la menace moralisatrice d'accusation au racisme en cas de refus. On peut même se moquer de l'Occident, et le narguer en raillant ses valeurs démocratiques, talon d'Achille qui le conduira, selon ceux qui le haïssent, à sa perte.

Dans la mentalité non-occidentale, la continuité entre père et fils est primordiale, et l'habitude répandue en Occident de ne se définir que par rapport à soi-même est un grand défaut, qui fait naître l'Européen de la dernière pluie pour d'autres cultures, lui retirant la légitimité de son existence dans le continuum des générations. Un autre problème de taille, directement dérivé de ce dernier, est l'ingurgitation mentale de certains rapprochements ; c'est pourquoi il convient de briser l'axiome qui associe le totalitarisme et/ou l'obscurantisme au respect patriarcal et la tolérance à la rupture d'avec ses ancêtres.

Un raccourci historique erroné laisse croire à l'Européen que ses pères étaient des dictateurs sanguinaires dont il est impératif pour lui de se démarquer. En réalité, il pourrait s'identifier à ses ancêtres qui, sous Louis XVI, luttèrent pour l'abolition de la monarchie. Fort de l'héritage de ses pères, il répondrait alors à celui qui tente de réviser ses valeurs: «Ce n'est pas vraiment à moi qu'appartient ce pays. Cette terre appartient avant moi à mes pères. De la même façon que je dois le respect à mes pères qui ont fondé cette civilisation qui t'a attiré ici, et qui fait venir depuis cent ans tous ceux qui admirent le résultat de leurs sacrifices et de leurs combats, tu dois les respecter également. Mes pères se sont battus contre le totalitarisme de la monarchie et de son bras, le clergé, qui considérait toute pensée humaine comme un crime, et je suis prêt à mon tour à me battre contre tout totalitarisme que l'on voudrait m'imposer aujourd'hui et qui voit en ma liberté un crime. Je ne me suis pas affranchi du dogmatisme catholique pour le remplacer par le dogmatisme musulman».

Pareille réaction, fondée sur une philosophie sans faille, remettrait les idées en place et l'arrogance à sa place. Seulement, l'Européen de souche se déresponsabilise, et il se considère comme un touriste, voire un colon, dans son propre pays. À la question: «Que feriez-vous en cas de guerre? », beaucoup répondent qu'ils chercheraient des horizons nouveaux. Mais en restera-t-il si personne ne se donne la peine de se battre pour garantir la paix et la liberté?

(2) Israël n'est pas un pays européen

Cette perception a été exportée vers Israël. Israël n'est pas un pays de colons européens surgi de nulle part, mais la restauration de l'ancienne souveraineté juive détruite par les Romains, les Chrétiens et les Sarazins. En revanche, il adopte et véhicule des valeurs qui ne lui sont pas intrinsèques. Il est différent de l'Arabie, régime totalitaire et inégalitaire, et c'est la raison pour laquelle on le prend pour un pays européen qui n'aurait pas sa place dans un océan de totalitarisme. En Europe, beaucoup transposent cette culpabilité et en font la projection sur Israël, défendant l'hégémonie et la manière de diriger de tant de pays où règnent l'obscurantisme et la misère. Or, ces pays, que bien des Européens défendent, sont la réplique anachronique des régimes les plus sombres de leur propre Moyen-âge, avec une autre religion au niveau de la forme, mais qui prône toujours la mort des «infidèles» en pratiquant largement bastonnades, lapidations et pendaisons chez eux et en menaçant le monde extérieur.

Les Anciens avaient une autre idée de la démocratie. Il ne s'agit pas de l'approuver ou de la condamner, mais de ne pas oublier une autre façon de la concevoir. Les citoyens devaient être distingués des «métèques», qui pouvaient être supérieurs en nombre au peuple dominant (dominus, le maître) sans pouvoir en altérer ou en ébranler le bienfondé.

Or, en Israël, un million et demi de citoyens sont représentés par des partis arabes hostiles à l'Etat d'Israël dont ils critiquent avec virulence la légitimité. Moins d'un pour cent de cette catégorie de la population vote pour des partis de l'éventail traditionnel politique, avec les partis de droite ou de gauche. Personne ne se fait d'idées quant à la direction que prendrait l'Etat Juif au cas où ces minorités deviendraient dominantes, au sujet du sort qui serait réservé aux Juifs. Une décision qui devait rendre inéligibles des partis qui se prononcent ouvertement pour la destruction d'Israël a été invalidée par la Cour suprême. La tolérance d'Israël vis-à-vis de ses minorités hostiles reproduit le danger dont souffrent aujourd'hui les démocraties occidentales, qui, en ce qui les concerne, cachent les véritables chiffres relatifs à la proportion des populations qui en modifient le paysage culturel.

Cette situation marche à sens unique. Jamais il n'y a eu autant de Juifs dans les pays arabes que d'Arabes aujourd'hui en Israël. Avant l'exode massif des populations juives d'Afrique du Nord et d'Orient, on parlait au maximum, tous pays confondus, d'un million de Juifs. Le même phénomène frappe Israël et l'Occident, et de la même façon qu'il est préférable pour un Algérien de vivre en France, les Koweitiens, Jordaniens et autres préfèrent vivre en Israël ou sous l'autonomie placée sous l'autorité du Fatah, pourvu qu'elle ne soit pas trop autonome. Ils n'aiment pas être indépendants, ils préfèrent vivre sous une autre domination. Pareillement, des centaines de familles arabes ont opté pour les quartiers juifs de Jérusalem depuis que s'impose cette prépondérance du régime terroriste dont ils dépendent derrière la barrière de sécurité. Au lieu de reconnaître la réalité de leur propre indépendance qu'ils abhorrent et qui est un cauchemar pour eux, ils se perdent en tergiversations, taxant leurs bienfaiteurs de colons et se sentant tous les droits pour les persécuter, les affublant d'apartheid mais étant incapables d'en citer le moindre exemple.

Là encore, le non-respect des pères est loin d'être négligeable. Que pense le politicien israélien moderne? Il se dit que, il fut un temps, ses lointains ascendants avaient à Jérusalem un Premier et second Temple, mais il moque l'aspiration au Troisième qui, toujours d'après ses pères dont il renie le lien qui le rattache à eux, doit être définitif et garant de la paix universelle. Il considère par la même occasion la terre de toutes les générations d'Israël, que certains, en raison des vicissitudes de l'exil, n'ont pu que chérir de loin, comme une vulgaire marchandise négociable: «Allez hop! Les territoires contre la paix». Il va donc de charybde en scylla, devant des ennemis toujours plus exigeants, une insécurité grandissante et une pression internationale de plus en plus avide et gourmande.

Fermant les yeux sur la charte de l'Organisation dite de Libération de sa terre, il se rend véritablement aveugle, et impose un ordre nouveau complètement coupé de la réalité. Il se retourne contre les siens, ceux qui sont restés fidèles à leurs pères qui sont aussi les siens et chérissent le sable et les pierres de la sépulture des patriarches et du pays de leur héritage, les accusant de tous les échecs et de tous les maux. S'il se montrait plus modeste, plus pragmatique, il dirait: «Cette terre, avant de m'appartenir, appartenait à mes pères et leur appartient toujours, et je n'ai pas le droit d'en disposer pour la remettre à mes ennemis et empêcher mes frères de s'y établir». Et ce serait précisément en respectant ses ancêtres et ses frères, qu'il s'attirerait le respect des autres nations. Et il ne faut pas s'étonner si, lorsqu'il se renie lui-même, les autres le renient. Au lieu de cela, il adopte et développe les mêmes complexes de culpabilité qui nuisent à son modèle occidental, devenant compréhensif envers les crimes perpétrés contre les siens. Pourtant, les sages de son peuple sont formels, et ce n'est pas pour rien que le Talmud a retenu le principe suivant: «Si les premières générations étaient semblables à des anges, nous sommes comme des hommes. Si elles étaient des hommes, nous sommes des ânes etc. » (Traité Shabbat, 112b).

Le tort des dirigeants dont le sionisme, sans un profond engagement et attachement aux fondations et fondements bibliques et prophétiques, ne peut à la longue que dégénérer sous la forme d'un post-sionisme que seuls une prise de conscience et un retour aux sources, à défaut de la haine isolatrice des pays voisins et des E-U, peuvent réfréner, c'est d'avoir tourné le dos à leur propre culture tout en ayant voulu en préserver la base existentielle, la terre d'Israël, but de la révélation sinaïtique, sans l'essentiel de la relation avec le Créateur. Leur carte d'identité, ou ce qu'il convient de répondre à leurs détracteurs, doit être complétée: «Cette terre, avant d'être mienne, appartenait et appartient toujours à mes pères, et elle leur a été remise par D. qui n'a jamais cessé d'y maintenant son acte de propriété. Il nous la donne, au présent, ça veut dire qu'Il est toujours en train de nous la donner».

Car les ennemis le sentent bien, ce don de la terre d'Israël et de la Torah est au-dessus du temps, et il concerne toutes les générations qui défilent et se mettent en mouvement le long de l'axe de ce temps, mais qui sont profondément simultanées, les instants se superposant les uns les autres pour donner une réalité indéfectible. Et ils sentent ce retour en l'observant de l'extérieur plus facilement qu'une bonne partie de ceux qui le vivent de l'intérieur, comme en témoigne le texte des Psaumes (126): «Quand l'Eternel ramena les captifs de Sion… "D. a réalisé de grandes œuvres pour ce peuple" (parole des autres nations)… "D. a réalisé de grandes œuvres pour nous" (Parole d'Israël) ». En suivant la progression chronologique du texte, il semble que les nations du monde se rendent compte du rapatriement des exilés avant les exilés eux-mêmes, qui considèrent la naissance d'Israël comme l'œuvre des mains d'humains sans aucune intervention d'en-haut.

Et ceux qui rejettent le sens du judaïsme et de son message géopolitique universel, ne se contentent pas de dénigrer des pratiques individuelles rituelles comme la cacherout ou le shabbat. Ils renient par ce biais ce texte qui qualifie Israël d'un peuple clairvoyant et instruit (Deutéronome IV, 6): «Observez-les et pratiquez-les! Ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, car lorsqu'ils auront connaissance de toutes ces lois, ils se diront: "Elle ne peut être que sage et intelligente, cette grande nation"». (Traduction dirigée par le GR Zadok Kahn).

Israël doit se ressaisir, et cesser de se prendre pour un pays comme les autres, les pays éclairés et libres, certes, et refaire sienne la dimension de son retour. Alors seulement, il agira à son tour de façon bénéfique envers les peuples qui ont admis le respect du droit et de la vie d'autrui, et qui n'auront, par répercussion, plus honte de défendre des valeurs qu'ils ont mis des siècles à élaborer au prix d'immenses sacrifices. La vocation d'Israël, qui, selon la tradition, doit être un phare pour les nations, n'est pas uniquement un phare qui a suscité les valeurs adoptées par l'éthique morale et sociale de l'Occident, et qui serait désormais éteint, mais le phare fer de lance du dévoilement de la vérité d'un monde qui ne s'est pas créé tout seul comme par enchantement. Le respect des pères fondateurs n'est autre que le respect des fondations et des fondements de la civilisation qui, privée de ses garants, pourrait vite ne plus être seulement bousculée mais basculer dans le néant. Et en attendant, on piétine.

Epilogue

Reprenons à présent la réflexion sur la dialectique de la dégénérescence du noble principe de la tolérance, pour celui qui, vivant dans un pays, brise la chaîne qui le relie à ses pères. Elle est empreinte d'un mélange d'impressions et de sentiments: étonnement davantage condescendant qu'offusqué où s'inscrivent de la permissivité, de l'indifférence puis, pour finir, une accoutumance oisive. Un phénomène, une conception, une idée politique de la vie sociale, s'ils viennent trop brusquement, sont rejetés par le bon sens et la morale. Le visage de l'Europe ne s'est pas changé en un jour. Si, il y a quarante ans, voire trente, on aurait dit à un Français, à un Belge ou un Britannique que certains pans géographiques de son pays allaient lui être totalement interdits, sous peine d'y risquer sa vie, il aurait réfuté cette éventualité, l'aurait trouvée révoltante ou risible. Aujourd'hui, si, d'aventure, il circule dans certaines cités, il se reprochera à lui-même son acte inconsidéré. Le changement, imposé progressivement, comme une corde tendue en douceur, s'est tranquillement et inexorablement imposé dans le paysage.

En Europe, les ressortissants de pays totalitaires ont importé le virus du totalitarisme et de l'intégrisme qu'ils ont, en voulant paradoxalement le fuir, transposé avec eux. Nombreux sont les ex-concitoyens d'intégristes qui souffrent en Europe de leurs voisins venus avec eux plus qu'ils n'en souffraient quand ils vivaient dans leur pays d'origine. Des citoyens algériens vivant en Algérie expliquent, bien plus sur des blogs que dans la presse écrite et largement diffusée, qu'ils sont frappés de constater les effets impressionnants que fait subir ce virus de l'autre côté de la Méditerranée à leurs voisins et proches, et observent un développement grandissant par périodes, à mesure de leurs visites au pays.

En Israël, quand certains précurseurs prévenaient que les députés arabes seraient dans toutes leurs démarches opposés à l'existence même d'Israël, fonctionnant comme une cinquième colonne ou un cheval de Troie, ils étaient montrés du doigt. Rehavam Zéévi avait prévenu que l'acceptation des revendications nationalistes des populations arabes de Judée allait entraîner des émeutes jusque chez les populations arabes israéliennes, et il avait été qualifié d'intransigeant. Pourtant, le terroriste notoire, Fayçal Husseini, qui recevait plus qu'en catimini des chefs d'Etat dans son Orient-House, avait lui-même fait sienne la stratégie dudit cheval ; et les émeutes de ce que les médias ont reconnu sous le nom flatteur de «seconde intifada», ont largement dépassé les limites de la Judée-Samarie et de la bande de Gaza.

La différence a juste consisté en la fermeté qui a permis de ramener le calme en Galilée, fermeté pourtant précaire car vivement critiquée par les médias et de nombreux partis politiques, alors que les violences des banlieues de Jérusalem, de Kfar Saba et de Natanya étaient perçues (c'est-à-dire subies en raison de la présence hostile à Ramallah, Kelkilya ou Toul Karem), malgré leur gravité, avec indulgence.

Mais la fermeté est salutaire bien avant de devenir répressive, à condition que le réveil ne soit pas tardif. Etre suffisamment déterminé pour ne pas distribuer d'armes et de zones de non-droit à des tueurs permet de ne pas avoir à employer la force pour réfréner les attentats inévitables dérivant d'une trop grande ouverture d'esprit.

Bien définir les règles et les limites, garantir un droit juste et non inique, sans hésitations ou tergiversations, garantit la paix de la société et du pays qui l'abrite. Quand le Juif est sûr de son droit, comme de l'acceptation sincère des étrangers, tolérés «tant qu'ils respectent le pays dans lequel ils vivent, ainsi que son caractère juif et démocratique», la paix s'impose d'elle-même. Mais lorsque ce dernier principe que faisaient prévaloir à une certaine époque les partis de gauche, avant de le refiler à la droite pour le remplacer par la doctrine du «pays de tous ses citoyens», certains étant prêts à en effacer le caractère juif, les étrangers en question profitent alors de cette aubaine pour se faire de plus en plus virulents et intolérants. Plus la tolérance des uns augmente, plus l'intransigeance des autres s'affirme. Cette permissivité s'est révélée désastreuse. La Knesset et le ministère de l'Education étaient prêts à «respecter» la sensibilité des minorités, allant jusqu'à leur permettre de remplacer le programme sur l'indépendance d'Israël par une propagande anti-israélienne inculquant un sentiment d'injustice lié à la défaite humiliante des armées arabes auxquels les écoliers se sont identifiés fortement. L'hostilité des minorités et leur mépris de l'Etat s'est renforcé, décevant la profonde reconnaissance escomptée.

Ce faux-pas résulte du concept erroné qui suppose que la gratitude fait écho à l'indulgence et à la compréhension. La Knesset a été obligée de reconnaître son échec: elle a fini par la suite à décréter que les écoles où étudient les Arabes israéliens allaient devoir inclure la Shoah dans leurs programmes. Trop ménager les minorités, leur faire grâce de ce qui pourrait les déranger, ne fait que les dresser davantage contre le pouvoir qui les accepte.

Pour ne pas avoir à subir les agressions répétées et chaque jour plus violentes de minorités que trop de libertés rendent hostiles, il faut faire valoir sans faiblesses la culture de l'Etat dominant. Et il faut surtout éviter de raisonner d'une manière totalement coupée de la réalité. De même, afin de pouvoir réfléchir sur une solution concernant la sécurité en Europe ou le règlement du conflit au Proche-Orient, il est indispensable d'étudier, observer et comprendre le terrain. Seule une analyse responsable et sensée peut amener des solutions concrètes et réalistes. Le hic, c'est que l'incompréhension et l'irresponsabilité sont vantées. Cela donne en substance: «Il faut oublier le passé, tourner la page, repartir sur des bases nouvelles», et toutes les formulations qui recommandent l'oubli et la sénilité pour parachuter une «solution» inadéquate au possible. Dans le langage politique, on nous parle d'un hypothétique «Nouveau Moyen-Orient» que l'on prend pour une réalité, d'où explosion et radicalisation. Ces solutions miracles et charlatanesques relèvent d'un rêve à caractère schizophrène en total décalage.

Cet acharnement à vouloir coller à tout prix une solution invraisemblable à Israël ou à l'Europe, et dont les désastres ne peuvent que s'aggraver même là où il semble que le niveau le plus grave a été atteint, est le même que celui d'un candidat à un test de perspicacité qui prendrait pour de la ténacité et du déterminisme la volonté bornée de vouloir adapter une pièce triangulaire à un emplacement carré ; autant chercher à prouver la quadrature du cercle.

La permissivité, que l'on prend pour la noble qualité de tolérance chez l'un est de la faiblesse chez l'autre. De la sorte, Israël, qui a vaincu ses ennemis lors de lourds conflits armés, est trop souvent considéré comme vaincu, précisément à cause de sa volonté de paix et la souplesse de ses positions, par ses ennemis et par les puissances dites éclairées. L'antisémitisme séculaire aidant, une certaine mentalité ouverte et moderne conçoit difficilement que le Juif, dont on veut bien ne pas faire attention à l'origine et à l'identité, s'organise et persiste à vouloir non seulement subsister mais exister haut-la-main en tant qu'Etat-nation. On admet mal qu'il veuille se retrouver chez lui entouré des siens.

Cette attitude envers Israël fait qu'on lui refuse le droit d'aspirer à la tranquillité. Une telle volonté est très ma acceptée, car le perdant ou celui qui passe pour tel n'a pas son mot à dire. Les hôpitaux israéliens obligent les Juifs à côtoyer en grands nombres les ressortissants de populations qui leur sont hostiles. On n'admet pas non plus que les Israéliens refusent que des Arabes fassent l'acquisition d'appartements dans des quartiers où la population est intégralement juive, encore moins que le passage leur y soit interdit. Mais cette position pseudo humanitaire où on s'empresse de s'offusquer contre le Juif est partiale et malhonnête, car la réciproque ne dérange personne. Non seulement – c'est «normal» – aucun juif n'est autorisé à vivre ni même à se promener dans les pays limitrophes, comme l'Arabie, grande donneuse de leçons en matière de droits de l'homme là où ça l'arrange, mais il en est de même sur la terre d'Israël, dans des zones où les Juifs sont interdits. L'apartheid n'est pas là où on voudrait le voir.

A Ramallah, par exemple, les Arabes ne se retrouvent qu'entre eux, et pas un patient juif ne vient perturber leur quiétude. Des routes entières sont interdites aux Juifs, et le monde ne trouve rien à redire. Pire, quand un Israélien se rend «par erreur» dans une ville occupée par les forces terroristes du Fatah, il faut «remercier» l'organisation terroriste de l'avoir reconduit vivant en dehors de la dite «zone A» sans qu'il n'y soit lynché. Et personne ne trouve rien à y redire. Imaginons un seul instant que des Arabes se fassent reconduire sains et saufs à l'extérieur des régions habitées par des Israéliens!!

Pour parvenir à une paix véritable, il faut reconnaître la réalité telle qu'elle est, et ne plus essayer d'imposer des rêves dangereux et contraires aux aspirations du processus de l'histoire, avec le retour d'Israël chez lui et sa restauration complète. Et pourtant, avant la renaissance d'un Etat juif en Palestine, les précurseurs n'étaient-ils pas, dans une certaine mesure, des rêveurs? Il y a deux cents ans, et même cent, il y avait deux sortes de rêveurs, l'un réaliste et l'autre pas: le réaliste rêvait de la fin de son exil, de son retour et de son rétablissement sur sa terre ; l'autre rêvait de ressembler aux autres nations et de s'y assimiler parfaitement. Quelle différence y avait-il entre ces deux rêveurs, sans le recul dont nous disposons aujourd'hui et qui nous rend «intelligents»? L'un rêvait dans le respect de la foi, l'autre dans une révolte contre la foi. Et quelle différence y a-t-il aujourd'hui entre le rêveur qui veut voir Israël libre sur l'ensemble de sa patrie biblique et celui qui rêve de s'en débarrasser pour y créer un énième pays totalitaire étranger, alors que nous ne disposons pas encore de ce recul? Idem.

vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 20:52
C'est encore loin, l'Europe?
C'est encore loin, l'Europe?

Il suffit par les temps qui courent de se livrer à une brève revue de presse pour constater qu'un schisme caractérise les tendances au niveau de l'opinion. Qu'il s'agisse des parutions sur Internet, de la presse écrite ou des livres, quant à ce grand thème de l'immigration, les penseurs se divisent en deux écoles, l'intégration ou le changement de populations. Qu'un originaire du Pakistan devienne maire de la capitale anglaise ou une originaire de Turquie parlementaire en Allemagne, certains y verront le summum de la réussite sociale sur le plan de l'intégration. Il est vrai que le cliché dont nous sommes nourris véhicule avec lui deux leitmotivs sans aucune équivoque : le voyou et le notable ; ils incarnent tour à tour le corps étranger incurable et la réussite par excellence à tous les niveaux.

D'autres verront en revanche dans cette réussite même le signe de la conquête des instances du pouvoir par des belligérants qui non seulement seront arrivés à leurs fins sans tirer la moindre balle, mais qui de surcroît n'auront pas même eu besoin d'être armés. Ils n'auront fait que cueillir le pouvoir comme un fruit mûr.

Supposons l'exemple d'un Martinez

Objectivement, on peut s'interroger en effet. Supposons qu'un Martinez devienne président de la république française, le sera-t-il en tant que français accessoirement d'origine portugaise ou en tant que membre de la première ligne d'un front portugais ayant pris d'assaut la forteresse, et ayant vidé le président pour être président à la place du président ?

La question est donc la suivante : Martinez est-il un Français sous toutes les coutures, mais d'origine portugaise, comme nombre de citoyens de ce pays dont les pères n'ont pas tous élevé les moutons avec Vercingétorix ou Mme d'Arc ; ou alors doit-on le considérer comme un Portugais au même titre que tout Portugais vivant au Portugal, mais qui, chargé d'une mission de conquête, aura appris le français, les us et coutumes et autres bonnes manières de ce pays pour en faire des armes et parvenir à ses fins?

Nous chaufferons en considérant que ce n'est pas à nous, observateurs placés en ligne de touche, de répondre à cette question, mais aux intéressés. Qui sont-ils donc, Martinez ou le gouvernement portugais ? Si Martinez, non par duplicité, couardise, roublardise, etc., mais en toute sincérité, affirme qu'il se sent en tout point français, et que le gouvernement portugais, s'il est contacté, réponde avec un sourire étonné que l'idée ne l'avait pas même effleuré, on peut en effet alors se dire qu'il s'agit en l'occurrence d'une intégration réussie. Quant aux autres citoyens français d'origine portugaise qui se sentiraient flattés et s'enorgueilliraient de la réussite de cet homme, leur sentiment ne relèverait que de l'admiration motivée par une réussite sociale imitable. La progression historique courante des événements confirmera cette perspective, sachant que les enfants et descendants suivants des immigrés portugais, polonais ou autres provenances européennes, sont aujourd'hui civiquement, civilement, culturellement et patriotiquement parlant partie prenante et à part entière de la nation française.

Il est également possible de citer en exemple cette réussite de l'intégration que fut le cas de la célèbre Anne d'Autriche qui, fille d'un roi d'Espagne, et de mère autrichienne, n'en a pas moins été reine de France et régente, gérante des affaires françaises sans allégeances contradictoires.

Supposons l'exemple d'un Mehdeb

Prenons à présent un autre cas de figure, un cas qui ne s'appellerait pas Martinez mais mettons Mehdeb, un cas qui se poserait en conquérant, et brandirait un autre drapeau que celui de la France, un drapeau à croissant par exemple. Seulement, en dépit d'un franc-parler inégalé dans les annales de l'histoire, l'hôte, en pareille situation, refuse de prendre au sérieux les intentions avouées de cet autre ressortissant d'origine étrangère. La dialectique de l'hôte est tellement construite, figée, imbriquée, logique, cartésienne, qu'on en oublie qu'elle n'est que la résultante de la mise en relation artificielle entre les faits observés et des idées toutes faites inadaptées.

Ces réactions qui consistent à ne pas réagir peuvent être classées par degrés

Le premier consiste à se dire que Mehdeb ne s'identifie pas profondément ou réellement à ce qu'il dit, qu'il est en proie à une sorte de crise d'adolescence, qui peut être tardive ou prolongée, conformément à ce qui peut être lu dans la presse, lorsque des actes de vandalismes sont perpétrés par des «jeunes» sans limite d'âge. On aurait raison de penser ainsi, la preuve : ce n'est tout de même pas pour rien qu'il a préféré la France ou un pays non obscurantiste au pays qu'il a laissé derrière lui.

Le degré suivant consiste à se dire que l'intéressé ne plaisante pas, et alors, au lieu de lui signifier qu'il est totalement libre de faire valoir son billet de retour pour son pays de départ, on inversera la donne en s'accusant de la colère de l'autre. On parlera d'inégalité des chances, de ghettoïsation, de paupérisation, en se convainquant soi-même, en faisant comme si les éléments amers de ces minorités n'avaient pas droit autant que les autres à la scolarisation obligatoire et à la gratuité de l'instruction, comme si ce n'était pas le communautarisme poussé qui chassait les Blancs, comme s'il n'y avait pas dans les populations qui refusent la langue et la culture françaises des nababs assis au café toute la journée et touchant de larges allocations en tous genres, comme si les trafiquants au volant de grosses cylindrées manquaient d'argent, ou comme s'ils n'avaient pas craché à la figure d'un système éducatif et scolaire qui ne leur aurait apporté après des études poussées, à les en croire, que de maigres salaires.

Ni pauvreté, ni indissociabilité de l'islam, ni exception

Cette déformation de la perception honnête de la vérité touche aussi Israël, quand toutes sortes de motifs sont invoqués pour comprendre la haine et la violence musulmanes, dans un déni total de la réalité, quand certains, et pas des moins haut placés, continuent à soutenir que les occupants de Gaza seraient agressifs en raison d'une supposée pauvreté. Ces mêmes observateurs entêtés accusaient tantôt l'occupation, et font aujourd'hui abstraction totale d'une nocivité qui a été décuplée précisément par l'augmentation de la richesse, qui a fait passer les ennemis de bombardiers de la localité toute proche de Sdéroth, quand ils n'avaient que des missiles artisanaux, à bombardiers de Jérusalem et Tel-Aviv quand leur enrichissement leur en a donné les moyens.

Quant aux excuseurs chroniques et incurables de service dans les sommets politiques et médiatiques, ils bondiront par réflex acquis pour nous rengainer, en Europe, que ça n'a rien avoir avec l'islam, et en Israël que la majorité minoritaire n'est pas assimilable aux assassins qu'elle produit sans interruption, qu'il ne faut surtout pas généraliser en lui imputant la responsabilité d'agissements qu'elle réprouverait.

Or, en France comme en Israël ou dans le reste de l'Europe, cette affirmation est invalidée par la réaction massive des populations dont les assassins sont issus et qui les font grandir. Le «Je suis Charlie» et la minute de silence n'ont pas été admis comme allant de soi partout en France, et les distributions de gâteaux et autres liesses de rue ponctuent chaque attentat arabo-musulman antijuif en Israël.

Il serait peut-être temps de prendre au sérieux les revendications de cet étranger qui ne s'appelle pas Martinez ou Matuszak, lorsqu'il déclare la guerre de l'invasion par le ventre de ses femmes ou l'assaut populationnel qui prend l'aspect d'un véritable raz-de-marée.

On ne peut qu'être interloqué par la fausse ingénuité, qui ne peut qu'être feinte, d'une réaction apaisante suite à l'élection d'un maire dans une capitale d'Europe – qui a pu être la goutte qui a fait déborder le vase de l'Union Européenne - choisi moins pour ses origines que pour le dogme religieux qu'il incarne. L'intervention qui se targue de n'y rien voir dit en substance la chose suivante : «En démocratie, on a le droit d'opter pour la religion que l'on veut, cela relève du sentiment personnel. Alors pourquoi s'insurge-t-on de l'élection d'un concitoyen dont la foi religieuse le rattache à l'islam?»

Considérons, toujours dans ce contexte, que les monts et merveilles qui miroitent sous les yeux des aspirants aux nationalités du monde libre ne se limitent pas toujours à la citoyenneté, une bonne école, un bon travail, l'égalité devant la loi, etc., mais à déposséder l'indigène de ses avoirs humains, comme les principes de liberté-égalité-fraternité, dont ils ne sont pas les seuls malheureusement à se moquer, et à imposer un système proto-moyenâgeux ressusciteur d'emplois pour bourreaux au chômage.

L'électoralisme signe-t-il le glas de la démocratie ?

Déjà, la démocratie est mise à mal, parce que les candidats doivent pour survivre politiquement s'assujettir au clientélisme et tenir compte de revendications qui viennent étouffer la liberté, et doivent pour se maintenir le nez hors de la fange adopter des positions compatissantes envers la violence inspirée par l'esprit de conquête islamique, non plus par naïveté ou moralité trop zélée, mais par hypocrisie et servilité travaillée, car les conquérants disposent largement aujourd'hui de la capacité de faire pencher la balance en faveur du candidat le plus soumis.

Il se peut que des politiciens, maires ou parlementaires, s'en accommodent, et se disent qu'ils n'auraient aucune raison de s'en plaindre puisque c'est ce qui leur permet de vivre dans l'opulence réservée aux élus. Alors il faut qu'ils en profitent à fond tant qu'il en est encore temps, car, lorsque lesdits électeurs passeront à la vitesse supérieure, ils pourront se passer du candidat le plus conciliant pour en imposer un sorti de leurs rangs. La vie au pouvoir est trop courte pour s'habiller d'inquiétude et de tristesse.

Un maire du 9.3, révèle merveilleusement au grand public un discours qui ne se cache plus et cite un électeur jusqu'ici inconditionnel : «Il se peut bien que grâce à nous, vous n'ayez rien à craindre de vos concurrents politiques, mais profitez-en, car si, aux prochaines élections, la victoire vous est assurée, il se pourrait bien que la prochaine fois, nous n'ayons plus besoin de vous.»

L'Allemagne porte des bâts qui blessent

Et quant à la position de l'Allemagne, qui se déclare obligée d'accueillir toute la détresse du monde sur son sol, parce qu'il s'agirait là de l'ultime épreuve qu'il leur faut surmonter pour être certains de bien s'être débarrassés de leur haine de l'étranger, il n'y a pas qu'un bât qui blesse. Le premier, c'est que cette population en grande majorité venue de pays totalitaires dont ils se sont bien imprégnés des traits, fait fuir, comme c'est curieux, les Juifs.

Le second, plus profond et moins circonstanciel, c'est que déjà, pendant la deuxième Guerre mondiale, le nazisme avançait main dans la main avec l'islam, sous la houlette du mufti Husseini, sachant qu'Hitler avait fait part à ce dernier de son admiration pour les Arabes dont la pureté de la race l'impressionnait. Ce qui fait que l'Allemagne ne marque aucun progrès dans l'acceptation d'une invasion consentie en provenance de pays musulmans.

Le viol est chez certaines civilisations l'apanage de la conquête

Si la proportion de violeurs est réellement impressionnante, à Cologne ou ailleurs, c'est qu'il est l'expression de la victoire conquérante. Il ne faut pas perdre de vue que le viol à grande échelle est l'expression pour les civilisations européennes et arabo-musulmanes non pas du vice caractéristique du violeur en série, mais de la conquête victorieuse et de l'avancée territoriale, et peu importe que cela se fasse sans tanks, fusils, et que les tambours et trompettes aient été remplacés par le tapage médiatique, même si les pouvoirs tentent d'en étouffer l'ampleur.

Si certains ont cherché à disculper les viols collectifs perpétrés en l'Europe en alléguant que ses libérateurs américains en 1945 en avaient fait autant, bien qu'ils fussent de culture démocratique d'origine européenne, c'est qu'il faut justement considérer ce qu'il y a de commun entre ces deux événements séparés par 70 ans d'histoire. Ces soldats américains de faction en Allemagne vaincue, ont agi en conquérants sous toutes les coutures (passez-moi l'expression), tout comme les migrants de Cologne se sont comportés en conquérants en cette même contrée.

Alors, intégration et apport à la civilisation d'accueil, ou conquête et remplacement ? Tous les antagonistes ont raison, selon que l'on considère la question depuis l'angle de vue de Martinez ou de Mehdeb.

vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 13:14
חברון, שכונת אברהם אבינו
חברון, שכונת אברהם אבינו

כשרופא חותר למציאת פתרון לבעיה רפואית, עיקר עבודתו היא לשים שם על המחלה. כל עוד היא לא תזוהה בוודאות, הוא יסתפק במתן תרופות להרגעת התופעות בלבד. כן הוא הדבר כאשר יש להגדיר כל איום. ובהקשר הזה אני תמיד נדהם מחדש נוכח הלשון התקשורתית פוליטית בקשר לשאיפות הרצחניות של ערבים כלפי יהודים הן בארץ והן בשאר העולם. אם בקשר לגרמניה אומרים שהקרבנות נרצחו ע"י הגרמניים, לא כן הוא הדבר כאשר ל"ע אדם נרצח ע"י הערבים. הדבר תמיד מסוגנן באופן שהגורם לא יזוהה, ולא ייקרא בשמו, ותמיד אנו עדים לסגנן סגי נהור, ל"נפגע בפיגוע ירי תופת דריסה..." (עקף בעיגול), בהתחמקות מכחידה מהצבעה ברורה על הגורם העוין.

גם כשמתקרבים במקצת אל שורש הבעיה, אז המניע של המחבל הערבי-מוסלמי לא יהיה גזעני אנטישמי. ולא תהיה כל השפעה מכך שלמעשה המחבל מקבל השראה וגיבוי מצבורים שלמים סופגי ושופעי שנאה עד כדי הסתכנות כל יהודי באשר הוא שיעבור דרך שכונה הקיימת מכוח הכיבוש הערבי בנתחים מארצנו. ואותה השנאה היא כל כך מובנת לכולם, ולא משנה מה תהיינה הדעות, שכשזה קורה, זה בטח בטעות והאשמים לכך לא יהיו אותם שונאים שעליהם לא מדברים (מבחינת נפגע בפיגוע) אלא המתכנתים של אפליקציות הניווט למיניהם. כי עצם העובדה ששונאים כל יהודי, זה דבר מקובל לחלוטין, ואין פוצה פה.

ובכן, אם כבר ייאמר שהמפגע הוא ערבי, אז בסמוך מאוד ייאמר שהמניע הינו לאומני. גם בעיתונות המזוהה עם וזכויותינו על כל ארצנו, יהיה כתוב שהרקע למעשים אלה הוא לאומני. ובכך ראו איזה פלא ! פתרנו את בעיית האנטישמיות. פשוט, הירגעו, אין אנטישמיות בארץ, תמשיכו להיות שאננים ! ובדרכים עקמומיות יוסבר לנו השכם וערב שכשמדובר ביהודים החיים כעם חופשי בארצו, יש רק בעיה של איזשהו לאום הסובל מקיפוח והשופך את הדם היהודי לא כי הוא דם יהודי אלא שבמקרה אותו המקפח הוא יהודי ואם כן הוא כבר אחראי למצבו ועליו לשאת באשמה.

וכמו שמתעלמים מהזהות והמניעים של השונאים, כי כאמור הם לא רוצחים יהודים בשל היותם יהודים, כך יישמע אף בקרב אנשי שלומנו שגל ה"פיגועים" החל לפני "ששה חודשים" (קצת יותר כי ייחסו את ה"התחלה" לתשרי השנה). למדנו על פרעות תרפ"ט, למדנו על הקשר האידיאולוגי והמבצעי ההדוק בין הטלר לאיש הדת המוסלמית הדגול חוסייני. ובכל זאת, כאילו אין אנחנו רואים את הקשר, אנחנו בולעים את השפה ואת המינוחים השקריים הנ"ל.

זה כבר לפחות מאה שנה שאנחנו עדים לתופעה בה ערבים מתנכלים ליהודים, שאנחנו מודעים למניעים השותפים בין הנאציזם לאסלם. ואם יש הבדל, הוא עומד בכך שהרציחות מצד הנאציזם הגרמני פסקו כשגרמניה נכנעה לפני כשבעים שנה ושהרציחות מצד הערבים והאיסלם המשיכו גם לאחר מכן. המנהיגים הגרמנים נשפטו במשפט נירנברג, ובאותו זמן אמין חוסייני לא הועמד לדין ואף הוגן בחסות צרפת.

כעת נראה עוד פן משמעותי בשימוש המגמתי המדבק של השפה הפוליטית-תקשורתית. והבעיה היא בשימוש במונח פלסטין ובניצולו המעוות. כידוע, פלסטין הוא השם הלועזי של ארץ ישראל. וגם אם נתייחס לכוונותיו של אדריאנוס קיסר להשכיח לאחר דיכוי מרד בר כוכבא את השם יהודה מהמפה, בכל מקרה, פלסטין הוא השם הלועזי של ארץ היהודים. וכנגזר מעובדה זו, הפלסטינאי הוא היהודי. אגב, גם בארץ השם פלסטין, שנכתב אז באיות שונה, פלשתינא, היה מכוון ליהודים. ויתירה מזאת, היישוב המשיך להשתמש במילה הלועזית, וכל הממצאים מהתקופה שקדמה לעצמאותה של מדינת ישראל יעידו על כך, כמו למשל הבנק הפלשתינאי, ששונה לימים לבנק לאומי. על שם איזה לאום ? הלאום הפלשתינאי כמובן. ומי הוא הלאום הפלשתינאי ? עם ישראל. המשורר והפייטן אשר מזרחי, כשהלך לגור בתוניס, היה מזוהה בשל מוצאו הקרוב בתור פלשתינאי. יהודי שהיה עולה לארץ בכל התקופות אז הלך לפלשתינא, ארץ היהודים.

ניסיון דומה של גנבת סממן זהותי לאומי מהותי כנגד היהודים נעשה כבר בעבר, כשהנוצרים כינו את עצמם בתואר : "ישראל האמיתי". וכמו שלא יעלה על הדעת שנקבל דבר כזה של ישראל חדש המנסה לרשת אותנו, כך לא יעלה על הדעת שנסכים לכך שאנשים אחרים ייגנבו את זהותנו כעם השייך למולדת, ומובן שלא ניתן להם להפוך אותנו ליהודי הנודד הנטול מולדת לצמיתות.

וכל הטמטום של חלוקת הארץ, ובעיקר כשנכסי צאן ברזל כחברון ובית לחם ייכללו חלילה בחלק שיש שואפים לתתו לאויב, אינו אלא תופעה סכיזופרנית אמיתית או מעושה שמתייחסת לאיבה כאילו היא פרצה רק לפני ששה חודשים או לכל היותר 59 שנים בשחרור ירושלים וחברון. זהו ניסיון נואש ומנותק לחלוטין מהמציאות שרוצה לראות באנטישמיות את אשמת היהודים כאילו רק "תעזבו את השטחים" ואז "יהיה בסדר", בלשון ההדברה- פרופגאנדה הרדיופונית. כאילו לא ניסו להשמיד אותנו לפני מלחמת ששת הימים, וכאילו לא ניסו להשמידנו לפני קום המדינה, וכאילו לא שתפו פעולה עם הגרמניים בהפעלת לחץ על הממלכה הבריטית שחזרה בה מהבטחותיה ליישוב וגללה בכך את האבן על באר החירות דרכה יכלו עדיין יהודי אירופה להימלט לכיוון ארץ ישראל.

אין אשמה יהודית כלפי השונאים, לא כלפי הערבים, לא כלפי הגרמנים, ולא כלפי האינקוויזיציה הספרדית. אם יש אשמה, צריך לחפש אותה בבחינת : "שובו אליי ואשובה אליכם".

אין זה אקראי, אם אלה שמצדיקים את טענות האסלם, אלה המנסים ללא לאות למחוק את מורשתנו ואת הקשר שלנו עם חברון ועם שכם, נקראים שמאל, כי זה אותם האותיות (או אותם הצלילים, ס', ש').

ולא זו בלבד, אלא שמי שקורה לערבים הכובשים את ארצנו והמנסים להדיחנו פלסטינאים, לא מודה בארצו. וכאן ברשות הרבנים יש להבין ולהפיק דבר מתוך דבר. אם אדם שלא מזדהה עם הקשר לארצו, כשאומרים עליו שהוא איש מצרי, נחשב כלא מודה בארצו, אז כך הוא הדבר כשאדם יאמר על זר שהוא זה המיוחס לאותה הארץ. פעם שמעתי בצרפת ראיון של פוליטיקאי[1], והוא אמר שהוא קורא לפלסטינאים בשם זה כי זה שמם, אילו הייתי במחיצתו של המרואיין, הייתי מתקומם ואומר : "לא, הפלסטינאים, זה אנחנו, היהודים, אז אל תכנה בשמנו-זהותנו אנשים לא שייכים".

אינני יודע אם השימוש במונחים לועזים פוגע בלשון הקודש, אבל בנידון דידן נראה שאכן כך הוא הדבר. כי אם היו מכבדים את השם העברי של ארצנו, אז כל הוויכוח הנשען על השקר, בעד או נגד "מדינה פלסטינאית", היה מתגלה במלוא ההיבט האבסורדי שלו ובמלוא חוסר עניינו באמירה : "בעד או נגד מדינה ארצישראלית?" ואז התשובה הייתה : "כמובן שבעד", כי אז ללא שום הטעיה היה גלוי לכל שהמדינה הארצישראלית היא מדינה יהודית ותו לא.

[1] Antoine Wechter

vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan - dans מאמרים בעברית
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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 13:25
Les fidèles à la tradition sont des empêcheurs de se camoufler en rond
Les fidèles à la tradition sont des empêcheurs de se camoufler en rond

La haine de soi ne pose relativement pas trop de problèmes lorsqu'elle est exclusivement personnelle. Nous l'avons dit, les plus grands ravages de l'antijudaïsme consistent moins dans les persécutions que dans la persuasion des personnes visées qui finissent par se considérer comme coupables. Certaines en sont grièvement atteintes, d'autre à un degré moindre, ou alors l'ambiance générale créée à dessein par l'antijudaïsme entraîne le nombre sans trop de réflexion.

La plus grande victime de l'antisémitisme consiste moins dans la personne victime d'injustices, que dans celle-là qui, même à l'abri d'une menace directe, se laisse convaincre de sa culpabilité supposée. Etre général de Tsahal ou ministre de la Défense en Israël ne met pas à l'abri de ce syndrome.

Si tant de gens sont remontés contre les Juifs, se dit-elle, c'est que les Juifs ont quelque chose à se reprocher. Sans quoi il n'y aurait pas tout ce déchaînement et ce déferlement si massif et une si longue durée.

Le hic véritable, c'est quand la haine de soi rebondit, et s'attaque surtout aux autres en les éclaboussant. On pourra ainsi tomber sur un citoyen libre en Israël, qui versera des larmes sur ses ennemis frustrés, qui comprendra, ou pire, s'identifiera, à la cause génocidaire qui, malgré les dégâts incommensurables subis par le peuple juif au cours de la dernière Guerre mondiale, pleure encore aujourd'hui le non achèvement du génocide. Au cours d'une rencontre de routine avec la direction d'une école, fière de son ouverture d'esprit, dont les élèves sont religieux, laïcs ou traditionnalistes, j'ai été surpris par la manière à laquelle s'exprimait dans les petits faits quotidiens cette grande tolérance, à propos d'une élève de la minorité arabe, dispensée d'une visite à la Knesset et d'une activité propre aux festivités de l'indépendance d'Israël.

Sans trop vouloir heurter la conception de cette équipe pédagogique, et afin de ne pas la frapper de stupéfaction ou de provoquer une surdité défensive, je leur ai d'abord expliqué gentiment qu'en France, nous apprenions par cœur nos leçons, les récitions, et répondions aux questions des compositions (les contrôles) scolaires, à propos de notre généalogie. Bien qu'ayant su très jeune que mes ancêtres furent hébreux et que mes petits camarades pouvaient être les descendants aussi bien des Seltes, des Meldes, des Ligures ou des Wisigoths et autres Ostrogoths, par respect pour la nation d'accueil, dont nous profitions des bienfaits civilisationnels, nous récitions sans mépris ni ironie ce que disait la leçon, et répétions sagement : «»nos ancêtres les Gaulois».

Alors qu'il n'aurait pas eu de teneur plus profonde que de signifier tout simplement que, bien que respectant la nation d'accueil, nous pouvions provenir d'un autre patrimoine génétique, un refus aurait été mal accueilli, parce que ladite nation d'accueil est un creuset qui fait de tout individu né sur son sol un élément à part entière de sa culture. Si aujourd'hui, le chaos est dominant, et que cet octroi automatique de la nationalité dérivée du lieu de naissance laisse perplexe – on entend de plus en plus de gens qui raisonnent en disant que s'il arrivait qu'une louve mette bas dans une bergerie, son louveteau n'en serait pas plus un agneau – d'autres temps impliquaient un respect naturel évident.

Que dire alors d'un élément qui, dès son plus jeune âge, dénie à son hôte le droit à l'existence, à la dignité et à l'indépendance politique, et qui se permet, alors que les concessions pour les minorités dont il relève frisent la caricature en les laissant composer plus du dixième des parlementaires tout en injuriant le système, annonce en pleine figure et en toute simplicité à Israël qu'il ne reconnait pas son existence, et qu'il regrette par conséquent que les Juifs de Palestine ne se soient pas laissé exterminer soit par Rommel, soit par les multiples attaques groupées d'un monde arabe fanatique, au lieu de s'en sentir moralement et logiquement mal à l'aise ?

Cette compréhension, empathie, ce pardon pour ces positions, fussent-elles exprimées avec le sourire, est maladive. Elle s'est imprégnée chez le Juif de la haine du Juif, comme si cette haine avait légitimement sa raison d'être.

Pourtant, comme nous venons de le voir, cette position, la haine de soi, donc, ne serait pas dérangeante si ses partisans ne s'en prenaient qu'à eux-mêmes. Elle devient en revanche inquiétante dès que les sujets touchés s'attaquent à d'autres Juifs, qui vivent leur identité sans complexes. Et elle s'attachera à salir leur image, ainsi que la réputation de publics décomplexés ayant échappé aux phobies diverses de séjours trop prolongés en terres d'exil, et à leur faire baisser la tête et courber l'échine.

Cette haine se fera virulente, gravira les échelons d'un système judiciaire non démocratique à même de leur permettre de contourner et supplanter la démocratie. Elle produira des accusateurs, des procureurs, pourchassera un peuple trop libre, trop fier et trop dominateur. Elle grossira à la loupe tout délit qu'elle pourrait reprocher aux Juifs restés juifs, et s'acharnera à servir et flatter des nations maîtresses qui n'ont plus aujourd'hui un réel pouvoir de nuire, pour se démarquer du Juif par qui traditionnellement tous les maux de la terre arrivent. Et le tout à partir de l'intérieur. En filigrane, en non-dit, leur leitmotiv sera toujours : «Ce n'est pas nous, ce sont eux. Nous avons fait nôtres les préjugés antijuifs, et nous pourchassons pour le prouver ceux qui, au milieu de nous, n'en démordent pas. Ils mordront la poussière, et le monde entier nous aimera.»

Qu'il y ait un seul acte anti arabe, et ledit monde entier s'en souviendra pour l'éternité. Mais qui se souvient ne serait-ce que du dernier attentat antisémite commis par les Arabes en Israël? Le cas échéant, et c'est bien le cas, la haine de son frère produira des affaires de toute pièce, pour dévier la haine mondiale de leur propre personne, pour la détourner et la projeter sur ses frères, en disant : «On est des vôtres, ne nous haïssez pas, ce sont les autres.»

Nous avons déjà évoqué assez largement le faux du «mariage de la haine». Un jeune couple se marie, les parents, les amis, se réjouissent. Un individu venu de nulle part. Même si l'on admettait qu'il ne s'agissait pas d'un coup monté, et en supposant qu'un invité ait réellement dansé sur ce thème, est-ce que toute l'assistance méritait d'être montrée du doigt de cette façon, et, par extension, tout le public de Judée-Samarie, tout le public sioniste religieux ?

Cet incendie doit faire du bruit, il doit être exploité à fond pour attaquer et disqualifier tout ce noyau dur du public israélien qui s'oppose notamment à la supercherie des deux Etats pour deux peuples et qui revendique avec empressement son droit à vivre la Torah. Il faut que le maximum d'honnêtes citoyens s'en séparent, s'en démarquent, s'en désolidarisent.

Les fondements sont faibles, le terrain des accusations de masse glisse et se dérobe. On n'a pas réellement pu les greffer au moindre élément probant. Les incendies criminels se sont multipliés dans ce village de Douma, alors que tous les «suspects» juifs étaient sous les verrous, alors qu'un seul avait «avoué» sous la torture.

Mais il n'y a pas que la torture. Les interrogatoires sont tellement précis et persuasifs que c'est comme si on affirmait devant vous que vous vous trouviez tel jour en tel lieu, et que vous finissiez par vous demander comment il est possible que vous n'en ayez pas le moindre souvenir, puisque vous y étiez. «Ah bon, j'ai dansé avec Mickey à Disneyland ? Alors si vous le dites…»

Le côté orienté de ces accusations sans fondement est effectif jusque dans les procédures judiciaires, au sein même des tribunaux. Il y a un peu moins d'un an, deux jeunes Juifs ont été arrêtés car soupçonnés d'avoir mis le feu à l'église de la multiplication des pains en juillet dernier. Cette affaire a autorisé une distribution de pains et autres ramponneaux, selon la sémantique argotique, distribution qui a entraîné maints membres de notre communauté sur les réseaux sociaux toujours prompts à s'auto-accuser ou à accuser leurs frères, en raflant large. Les personnes nominalement arrêtées dans cette affaire de pains sont Ynon Reouvéni et Yéhouda Assaraf.

Les accusateurs officiels sont aveuglés par leur doctrine et privés de la notion de discernement neutre. Tal Mizrahi est l'un des enquêteurs désignés pour l'instruction de ce dossier. Cette semaine, l'avocat Itamar Ben Guevir, a voulu montrer que les éléments à charge étaient une profonde bouffonnerie. Au moment où ledit enquêteur devait faire sa déposition, et alors qu'il venait de s'absenter momentanément, Ben Guevir a sollicité auprès du président du tribunal, Georges Azoulay, l'autorisation de tendre un piège à l'intéressé afin de démontrer le manque de fondement des charges.

Les représentants du parquet, les avocats Sharon Danielli et Avi Pastermak, ont fait part de leurs observations, mais le président a autorisé la démarche. Au retour de Mizrahi, un film a été projeté à la demande de Ben Guevir. Il montre, d'après les allégations policières, le véhicule censé avoir servi aux jeunes gens censé avoir brûlé l'église. Mizrahi a alors allégué avec certitude qu'il s'agissait effectivement de la voiture des suspects et qu'il la reconnaissait sans l'ombre d'un doute. Il s'est mis a énuméré certains signes distinctifs infaillibles, comme un morceau de peinture arraché sur le toit du véhicule.

Ben Guevir l'a aussitôt accusé de ne pas dire la vérité, tout en lui avouant que le film qu'il venait de voir n'était pas celui de la voiture précédemment présentée comme suspecte, pour la bonne et simple raison qu'il avait été tourné, en prenant pour objet une voiture du même type, par l'équipe de son propre cabinet d'avocats. Mizrahi a insisté, prétendant qu'il était certain de ce qu'il avançait, et il lui a fallu un certain temps pour comprendre qu'il disait n'importe quoi.

L'accusation, certes, disposerait d'autres éléments, comme des traces d'Adn trouvées à quelques km de là, ou une bouteille de lait dans laquelle auraient été retrouvées des traces d'essence.

Quoi qu'il en soit, la défense dénonce le parti-pris des services de la sécurité intérieure (la branche «juive» du Shin Beth), ainsi que le sentiment de victoire prématurée à l'encontre de son client, Réouvéni :

«Les contrenquêtes que nous avons menées jusqu'à présent montrent que la version de l'accusation est truffée de failles, et il est clair que la démarche que nous avons faite suscite de nombreuses interrogations au sujet du véhicule, d'autant plus que l'accusé a présenté sa version et a affirmé disposer d'un alibi.»

Le second avocat, Adi Kedar, chargé de défendre Assaraf, a ajouté : «Nous avons déjà sonné l'alarme quant aux moyens sans précédent investis dans cette affaire. La police s'est fixé une cible et a piétiné grossièrement toute ligne de défense possible. Nous espérons que le parquet révisera sa position rigide dans cette affaire. »

Source de la scène au tribunal : http://www.inn.co.il/News/News.aspx/324115

vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 08:49
Plus que le peuple juif a observé la Torah, la Torah indéfectible a préservé le peuple juif
Plus que le peuple juif a observé la Torah, la Torah indéfectible a préservé le peuple juif

Connaître un peu l'histoire affranchit des œillères et assainit notre vision. L'expression populaire revient toujours sur la tactique de l'autruche, dont il est permis de douter de la véracité. L'unique fois où je me suis retrouvé nez-à-bec avec une autruche dans une région désertique, dans la région du Bessor, je ne sais pas qui de nous deux fut le plus impressionné. Je m'arrêtai net. Le volatile, qui me dépassait de deux ou quatre têtes, selon que la mienne ou la sienne serve d'unité de mesure, déploya ses ailes et les fit trembler, entama une danse en ondulant comme un serpent. Je me permets donc d'être sceptique quant à la croyance qui lui fait mettre la tête dans le sable. On ne peut donc pas même invoquer l'influence animale là où elle n'existe pas. Par contre, nous pourrions parler d'un autre animal, le cheval, qui se fait une opinion de la vie qui n'est que soumission, et qui s'obtient par les œillères qui l'obligent à ne rien regarder d'autre que la route que le coche le force à emprunter.

En se limitant à observer tel ou tel phénomène politique, comme si on portait des œillères quant aux phénomènes plus larges des sociétés humaines, on admettra ce que l'on veut nous faire admettre comme vérité ou valeur scientifique ou morale absolue, et on réfléchira, si réflexion il y a, exactement de la manière à laquelle on nous fera réfléchir. En revanche, une vue plus large permettra de déchiffrer le langage de notre antagoniste, et démasquera telle ou telle technique de persuasion déjà exploitée par d'autres systèmes obnubilants de par le passé. En d'autres termes, se pencher sur des faits parallèles ou anciens nous permettra de ne pas réagir comme nés de la dernière pluie et de rétorquer : «On ne me la fait pas, à moi !»

Nous nous intéresserons particulièrement ici, d'entres toutes les orientations possibles des masses qui jouent sur l'obéissance, la vénération, la soumission, la crainte d'un passage à tabac physique ou moral, la peur de perdre son emploi, sa dignité, sa liberté, etc., la tentative de détruire par la dépravation. S'il reste aujourd'hui quelques gens qui osent encore penser que le monde ne s'est pas créé tout seul, qu'il n'est pas jeté sans surveillance dans un univers où il ne tiendrait pas trois jours (voir les prévisions apocalyptiques en tous genres, de la Nasa aux diverses sectes), on retiendra que l'un des fondements les plus solides de nos sociétés consiste dans la bienséance et la décence.

On vient d'attirer mon attention sur le passage suivant, tiré de l'ouvrage Bientôt… de nos jours, d'Alexandre Mandelbaum, et sous-titré : «Une étude sur notre exil entre les mains d'Edom et d'Ychmaël (…) les douleurs d'enfantement de l'époque pré messianique, que D. attend-il de nous?»:

«Au cours de la dernière étape de l'exil, l'immoralité s'opposera par tous les moyens à la perfection et à la délivrance, sévira avec force et fera des ravages au sein du peuple juif.» Nous verrons ci-après qu'il n'est pas le seul visé.

«Lorsqu'ils disent : "Aux temps prémessianiques, les lieux de rencontre seront des lieux d'immoralité", nos Sages veulent souligner que l'impudicité ne sera plus un manque de décence ordinaire : elle pénètrera jusque dans les places publiques, les lieux de rendez-vous, les artères principales des grandes métropoles et cherchera à s'introduire dans les lieux les plus saints à grands renforts de publicité. L'impudeur sera de même nature que celle de Moav – une immoralité insolente et pleine d'arrogance, comme en témoigne le nom de ce peuple : Moav, du père.»

Nous verrons également de quels artifices usent en ce sens les manipulateurs de masses aujourd'hui, de quelle manière ils agressent en feignant les agressés.

Ceux qui attentent à la pudeur feront passer leur combat pour un engagement moral en faveur d'une sous catégorie de la société qu'ils désigneront, à tort ou à raison, comme lésée ou défavorisée. Une fois défini, le prétexte vivant, donc, servira les intérêts et les objectifs des anti-pudeurs, sera exploité comme un outil de travail, ou une chair à canon, pour être une fois inutile, dépassé, ravagé et usé, jeté à la poubelle comme un vulgaire torchon, à l'instar du travailleur qui pensait avoir éveillé la bienveillance d'un syndicalisme intéressé qui n'avait en réalité fait que considérer sa condition comme un échiquier ou un damier. Si les Maximes des pères (II, 3) nous mettent en garde contre un pouvoir dont la bienveillance à notre égard n'a d'égal que l'intérêt que nous représentons à ses yeux sur une très courte période, nous devons nourrir la même défiance envers les publicistes de tous poils qui se servent de nous comme d'un décor générateur d'ambiance propice à l'achat de la camelote idéologique qu'ils véhiculent.

Le judaïsme a mieux à proposer que l'égalité des sexes

Revenons à la démolition de la pudeur morale des sociétés. Souvenez-vous. Il y a une quarantaine d'années, le prétexte utilisé était la lutte pour l'égalité des sexes. S'il est vrai que la condition de la gente féminine n'a pas toujours été reluisante en des temps où elle n'avait pas accès à l'instruction ou au travail – l'entrée dans la vie active n'a rien arrangé, puisque un avilissement d'un autre ordre allait sévir jusqu'à ce jour, de l'inégalité des salaires à l'harcèlement que l'on sait, les changements ayant travaillé sur la forme et non pas sur le fond des mentalité – il n'est pas moins vrai que les forces les plus virulentes ont récupéré cette cause pour l'instrumentaliser.

Ces dernières se sont attaquées aux systèmes moraux et à la société en général. Paradoxe ridicule, la libération de la femme a consisté à en faire un objet de plaisir, du regard ou des sens, pour le sexe fort. «Et pourquoi la femme n'aurait-elle pas le droit de se mettre à l'aise et de se découvrir ?» revendiquait avec salacité la tartufferie moderne, pour s'imposer non plus au nom d'une fausse décence mais d'un souci falsifié d'égalité. Peu se sont ri de leurs méthodes. Bien au contraire, on se fâcha en masse. Le judaïsme, dont l'immunité et l'immuabilité dérangent, fut lui aussi mis au pilori, d'autant que la société en générale se montra bien plus docile.

A toute chose, malheur est bon, est-on en droit de se dire, près de trois générations plus tard. Et comme il ne fut plus permis de poursuivre son chemin sans répondre aux attaques, la pensée juive fut affinée, explicitée. Aux sourds coups de buttoir, on répondait dans un calme olympien :

« C'est vrai, vous avez raison, il n'y a pas d'égalité. Mais le respect de la femme consiste à reconnaître cette réalité. Si l'homme et la femme sont différents, si leurs rôles et leurs places ne sont pas les mêmes, leurs valeurs sont d'égale importance.»

La littérature sur ce thème a fait un bond prodigieux. On publia des livres sur les héroïnes de la Bible, sur la femme vaillante, l'honneur de la fille du roi. Dans l'ensemble, le judaïsme a honorablement résisté, même si des stalactites se sont formés et sont encore aujourd'hui fossilisés sous la forme de ces femmes qui se déguisent en homme, et qui non seulement sont tombées dans le panneau, mais ne font rien pour en sortir : «Y a pas de raison, je serai une femme rabbin, et je serai femme rabbin à la place de l'homme rabbin.»

Nivelage par le vide

Mais la société non-juive souffre encore des coups du rabotage des nuances tout en finesse entre l'homme et la femme. La femme n'a pas seulement voulu mettre ostensiblement les tefillins, en ce qui concerne l'infime minorité troublée de la communauté juive, elle a voulu porter la culotte. Elle a obtenu, poussée par les mouvements intéressés, l'égalité totale des sexes. Et puisque, biologiquement, on n'est toujours pas parvenu à implanter une matrice masculine procréatrice qui rendrait l'homme égal à la femme – il n'y a pas de raison qu'il ne souffre pas des affres de l'enfantement – et qu'on a tout au plus réussi à procéder à un changement de sexe de façade, une palissade de plastique chirurgicale qui sonne creux, c'est du coup la femme qui, devenue l'égale de l'homme, a cessé de se marier, d'enfanter, préférant de loin faire carrière. La propagande audiovisuelle aidant, les femmes d'affaires ont dès lors étaient présentées comme l'aboutissement de l'évolution auquel toute femme non encore convaincue doit rêver d'aspirer.

Et cette réalité contre-nature a conduit en quelques décennies aux discours de gouvernements sérieux et autres chancelleries féminines, venus justifier le déclin de la civilisation occidentale préalablement brillante et féconde au profit d'un changement de population venu rééquilibrer le déficit des naissances. Et la femme, ne servant plus à faire avancer les pions des intérêts de l'indécence institutionnalisée, s'est retrouvée gros Jean comme devant, avec l'amère et cuisante impression de s'être fait duper, d'être laissée pour compte, sa masculinisation à outrance l'ayant privée du droit de donner la vie, ne lui laissant que les regrets, la dépression, ou la poussant à tenter le tout pour le tout en se lançant dans l'expérience de la grossesse après cinquante ans. Cette réalité contre nature la fait se retrouver seule. Le Destin d'Amélie Poulain met en scène une société de gens seuls.

Association de bonnes idées à des mauvaises pour gâter les premières

Avant de passer à la trouvaille relativement récente des fauteurs de troubles, nous évoquerons une toile de fond très présente qui pousse dans le sens des changements à même de faire régresser la société. Il s'agit d'associer une valeur réelle et honorable à un tyran de service pour la démolir. Certains tyrans, que ce soit par méchanceté ou opportunisme, permettront de faire d'une pierre trois coups. C'est évidemment le cas de Pétain. Eh oui ! La conscience, du moins le subconscient collectif, a retenu Vichy et oublié Verdun. Une image chasse l'autre. Soit dit en passant, personne n'a vraiment compris en quoi Verdun fut une victoire, à moins de considérer que l'issue de ce carnage fut d'éviter que les troupes prussiennes n'entrassent dans Paris.

Quoi qu'il en soit, Pétain a servi de motif pour la démolition de trois piliers du fonctionnement d'un monde en bonne santé, regroupés et déshumanisés sous la formule : travail, famille, patrie. Qui dit travail-famille-patrie dit Pétain, qui dit Pétain dit collaboration. . D'où : le travail, la productivité, les progrès scientifiques ou des infrastructures, l'aisance, le recul de la famine, des maladies, de la misère : c'est mal. La famille, la responsabilité des parents, le modèle à suivre pour les futurs adultes élevés par ceux-ci, l'engagement solide, la fidélité, c'est mal. La patrie, être prêt à défendre son pays, ne pas le laisser détruire, donner sa vie le cas échéant pour sauver de nobles principes, c'est mal. On assiste au sabordage de l'Europe, qui a laissé s'inverser les valeurs. De la sorte, même si l'on se met à réfléchir, on ne réhabilitera pas solidement ces principes. Plus de bien, plus de mal, tout est relatif, ou tout est susceptible d'être relativisé.

Personne ne l'ignore : moins par moins, ça fait plus… la manipulation ne se le fait pas dire

Une autre association consiste à rapprocher un monstre tyrannique à une abomination qui reste abjecte aux yeux de ce tyran. Cette proximité d'opposition réhabilitera l'ignominie et dépréciera la grandeur de l'humilité et de la décence. Je vois venir au galop l'agressivité et la mauvaise foi, qui me vilipenderont et me prêteront les plus nocives intentions envers ceux qui souffrent d'homosexualité. C'est cette même dialectique violente qui s'en prend aux Juifs qui revendiquent leurs droits en terre d'Israël, les affublant des plus mauvaises intentions envers les colons arabes. Vous ne défendez pas une cause, vous dira-t-on, puisque vous en êtes dépourvus, vous opprimez l'autre et bafouez la sienne. Des mots-épouvantails ont été instillés dans le langage pour vous faire peur : «Homophobes ! Islamophobes ! Tremblez manants !» Et si vous n'êtes pas convaincu, cher lecteur, du parti-pris insidieux caché derrière les modifications imposées au langage, essayez de taper judéophobe pour voir, et vous verrez se dessiner la ligne rouge du correcteur.

Fort de ce constat et de la terreur qu'elle impose – personne ne voudrait être comparé à Hitler, et vous ne rencontrerez plus personne qui se prénomme Adolphe et qui ait moins de 80 ans – l'immoralité se rabat sur l'anomalie de l'homosexualité pour avancer.

Toute approche critique de ce sujet équivaut à marcher sur un champ de mines. Avant de se lancer, il faut se protéger. Dans son film le Grand restaurant, P. Palmade prend ses précautions. Il se couvre, et ce n'est qu'après avoir montré patte blanche en se mettant en paire en tant que directeur de l'établissement avec son cuisinier qu'il peut ridiculiser l'idée d'un changement de sexe, en faisant jouer un Boujenah sans accent tunisien, prenant au dépourvu son vieil ami incarné par G. Depardieu.

Un terrain glissant

Quant aux Juifs et à leurs rabbins, s'ils ont remporté la première manche, en expliquant la position extraordinaire et privilégiée de la femme dans le judaïsme, ils auront bien plus de mal à résister aux assauts du second round.

Donc, puisque l'abject est devenu honorable, l'honorable devient abject. Les commandements, les limites rendues naturelles par des siècles d'acquis civilisationnels, la maîtrise de ses sens et la domination de soi, les sources d'inspiration biblique dont s'inspire ou s'inspirait un monde réparé, c'est le mal. Les Juifs respirant sans complexes le judaïsme, les rabbins, c'est le mal.

Le choix de l'homosexualité comme fer de lance est d'autant plus banalisé que, depuis la libération de la femme, telle que nous l'avons envisagée plus haut, depuis que le couple n'est plus la base de la famille ni de la perpétuation de la société, l'opinion en perte de repères ne perçoit plus tellement de différence sur le plan concret entre les couples et les paires, et tout peut donc s'imposer selon les goûts sans dégout. Chacune des deux options ne servira plus qu'à assouvir et combler des besoins aussi diversifiés que les idées et les inclinations, et le choix de l'attirance qui ne se discute plus sera aussi inattaquable qu'en politique on peut s'orienter à gauche ou à droite. La tête n'a plus à penser pour que l'homme la suive et le souhait de suivre «la tête et non pas la queue» se vide de sa substance.

Par contrebalancement, la guerre sera déclarée à l'interdit: «Ne cohabite pas avec un mâle, d'une cohabitation sexuelle, c'est une abomination» (Lévitique, XVIII, 22). A l'heure actuelle, le verset suivant n'attise pas les foudres de l'immoralité à la hauteur de celui-ci, mais il se pourrait que ce ne soit qu'une question de temps : «Ne t'accouple avec aucun animal» (idem, 23. Trad. GR Kahn, 1899).

D'une supercherie qui se veut libératrice à la suivante

Quatre ou cinq décennies plus tard, la lutte pour l'égalité des sexes est tombée dans les oubliettes. Loin de rendre service, elle a souvent fait de la femme sinon un jouet du moins un objet pour l'homme (pourquoi se cacherait-elle, elle a le droit de laisser vivre son corps, respirer sa peau, et autres arguments intéressés), et a conduit au mal être et au dépeuplement. Le combat de l'immoralité a changé de prétexte. Ce ne sont plus les femmes qui leur servent de chair à canon, mais des gens exploités pour leur anomalie.

Laissez-vous aller, libérez-vous, décomplexez-vous, enjoignent-ils à des gens qui, surtout dans les cas où le problème relève purement de l'autosuggestion ou de la persuasion perverse de tiers, pourraient s'en sortir, fonder une famille, avoir une descendance. La théorie de Darwin nous pousse à mépriser nos ancêtres, à plus forte raison les sociétés très anciennes qui avaient souvent une logique droite, et considéraient que le pire des maux était de ne point laisser de descendance. Le Midrach, mais aussi les sociétés contemporaines à Nimrod, considéraient qu'un homme riche et sans enfants était comme un cheval dans une grange bourrée d'avoine mais dont on aurait retiré la tête.

Mais avez-vous remarqué la terrible ténacité des préjugés modernes ? Quoi qu'aient pensé les générations de l'antiquité, leur avis ne fait pas le poids ; à tel point que si jamais on est confronté à des technologies qui ont pu entre autres bâtir les pyramides ou empiler à Jérusalem ou Hébron des pierres taillées sans le fer dont la largeur équivaut à la taille d'un homme, ce qui pourrait nous donner une leçon d'humilité, on réfute cette réalité en préférant sans craindre le ridicule affirmer qu'il y a de l'extraterrestre là-dessous : la preuve, nos ancêtres étaient trop primitifs. On comprendra au passage ce que ces préjugés font du respect des parents.

La société est devenue tellement égoïste pour ne former qu'un agglomérat d'individus désolidarisés, même s'ils peuvent être très nombreux, que se soucier de la pérennité de sa société par le renouvellement des générations est devenu ridicule. Ne plus sortir, être réveillé par un braillard, changer des couches au milieu de la nuit, être convoqué par les profs… à la limite, on peut être favorable à une natalité limitée, mais toujours dans la logique de l'égoïsme : j'ai cotisé pour ma retraite, et l'argent a servi à verser celle des vieux quand je travaillais, qui va me payer la mienne s'il n'y a plus personne ? La solution est toute trouvée et digne d'un scénario de bande dessinée fantastique : importons (c'est facile, elles s'exportent d'elles-mêmes) des populations jeunes qui s'adapteront et travailleront pour nous. Si elles sont paresseuses et donc miséreuses, elles deviendront vite travailleuses : si la misère est moins triste au soleil, elle l'est davantage quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle.

L'homo roi instrumentalisé

Dans le film le Placard de Francis Veber, qui défend avec art et brio une ambigüité entretenue de bout en bout, l'antihéros qui se fait passer pour un homo pour ne pas être licencié défile sur un char, un préservatif géant sur la tête. Avec subtilité, la terreur imposée par l'arrogance des associations qui cherchent à normaliser le phénomène, est montrée du doigt par la mise en images de la panique et du renoncement voulu à des décisions relevant de la marche d'une entreprise. Le cinéaste jongle avec habileté pour tirer son épingle du jeu, car il doit se protéger d'un procès d'intention ou aux assises : le patron, Jean Rochefort, dirige une fabrique de caoutchouc, et ne voudrait pas se mettre à dos une certaine catégorie de sa clientèle. On comprend que le producteur n'a pas voulu courir le risque de le placer à la tête d'une usine de pâtée pour chats ou de presse-purées.

Mais ce qui rejoint davantage ici notre sujet, c'est que l'homo ou supposé comme tel, rôle dans lequel Auteuil excelle depuis les Sous doués, est tout simplement instrumentalisé par des intérêts capitalistes qui ne sont pas les siens. C'est le problème aujourd'hui des manipulations massives qui jouent sur la sensibilité, voire la sensiblerie, de toute une catégorie de gens, pour faire avancer leurs pions. Et ils ont réussi à faire plier les grandes puissances, sans user de double sens.

Toute la planète, toute ?

Mais il existe un petit pays qui résiste à l'invasion du mépris des valeurs absolues et immuables : Israël. Contre lui, on augmente la pression, on redouble de violence. Les meneurs de la résistance doivent être décapités. Dans le reste du monde libre, déjà soumis, on perpétuera la mainmise avec un défilé par an, ou par période plus longue. Mais en Israël, il y en aura tous les deux jours. L'immoralité sait qu'elle peut compter sur de solides appuis de l'intérieur, qui eux aussi s'attèlent à œuvrer pour la perdition du peuple qui a reçu l'injonction : «Vous serez saints car Je suis saint», mais qui, ne parvenant pas à dominer démocratiquement un peuple aux mœurs également saines dans sa très grande majorité, ont trouvé comment prendre les rênes de la justice pour l'orienter selon leur mauvais vouloir.

Une pureté des intentions de façade

Ces mouvements montrent patte blanche. Ils ont le sabot fendu mais avalent tout sur leur passage. Ils se maquillent de nobles intentions, feignent de défendre l'opprimé, le laissé pour compte. Un jour ils détruisent la femme en voulant la défendre, engloutissent la cellule familiale, défendent la paresse ; un autre ils se servent d'un problème contre nature pour faire défiler des gens et les exposer telles des bêtes de cirque. Eussè-je été une femme dans les années 60, que je n'eusse pas suivi le mlf, pas plus que je n'eusse suivi la triste parade, eussè-je été homo.

La société exige qu'un minimum de normes de décence soient respectées. Toute société se caractérise par ses propres codes sociaux et moraux, et une sous catégorie de la société se doit de les respecter. Un trompettiste ne joue pas sur son toit à deux heures du matin, un maître nageur ne marche pas en slip de bain dans la ville. Le nudiste a conscience qu'il ne peut s'exprimer que dans un lieu fermé ou isolé, et des pancartes serviront à mettre en garde le promeneur isolé qui n'adhère pas.

Les plus remontés objecteront que la vue d'un Juif portant kippa et taleth les choque plus que celle d'un nudiste. On pourra réfuter cet axiome par maints arguments. Mais admettons que l'on approuve leur position. Eh oui, messieurs les remontés, mais voilà, nous avons un pays où nous pouvons avoir les pieds arqués et le nez crochu, où nous pouvons porter librement et sans inquiétude l'étoile de David et la kippa. Et de la même façon que je ne déambulerai pas avec mon taleth et ma kippa en pleine plage naturiste, vous devez respecter nos normes et nos valeurs, et ne pas faire se déhancher des individus en slip rouge et moulant dans les rues de Tel-Aviv, qui fait partie ne vous en déplaise de notre terre sainte.

Un autre type de contrevenant aux bonnes mœurs a compris le principe. Quand les autorités françaises ont décidé de faire respecter les lois et de lutter contre le bizutage et ses excès d'avilissement et d'humiliation de la personne humaine, les récidivistes ont compris la leçon et se sont mis dès lors à se dénicher un lieu privé rien que pour eux en dehors des villes et des campus. Le hic, c'est qu'ils entraînent par soumission leurs victimes avec eux. Les organisateurs de la triste parade ont sur eux un avantage de taille : s'ils se choisissent un lieu privé éloigné des villes, ils ne nous obligeront pas à les y rejoindre.

Une permissivité par lâcheté ?

Mais que sont devenues la décence, la correction, la politesse et la bienséance de sociétés occidentales jadis si raffinées pourtant ? A moins peut-être qu'elles n'agissent par lâcheté. N'étant pas parvenues à convaincre une culture et un culte en provenance de pays bruyants et relâchés venus se greffer de force à leur civilisation fort civile, à respecter l'espace public et la tranquillité de mise ; que la fête et la musique pratiquées à des heures indues ne doivent pas empiéter sur le voisinage, la liberté de l'un s'arrêtant là où celle de l'autre commence, elles se soumettent au tapage, et se mentent en trouvant le culot décoincé très joyeux. Et de la même façon qu'elles ont pris sur elles de supporter en riant jaune le ramadage nocturne débridé, elles veulent nous forcer à trouver très touchants et très sympathiques les paires d'homos qui s'exhibent au grand jour.

c'est un regard sur l'histoire qui ratisse large qui fera de nous une société qui n'est pas née de la dernière pluie, et qui les verra venir quand, après avoir exploité il y a quarante ans les femmes et aujourd'hui les homos, ils trouveront un nouveau prétexte pour nous traiter de tous les noms. A nous de savoir leur dire : « À d'autres, avec nous ça ne prend pas ».

Et quant à savoir ce que D. attend de nous, en cette période où la prophétie ne s'adresse en attendant son retour par la grande porte qu'aux simplets, selon le Talmud (Baba Batra 12b) : «Depuis la destruction du Temple, la prophétie a été soustraite aux prophètes et remise aux simplets», il nous reste nos textes et notre discernement pour ne pas perdre le Nord ni regarder d'un air trop bien veillant ces déferlements que d'autres veulent touchants. Mais en ces temps accélérés, il se pourrait que la prophétie refasse ses premiers pas.

vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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