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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 18:39

Le droit à la terre d'Israël ne se définit pas par la naissance sur son sol. Les autorités ne l'ont compris que partiellement, en accordant la nationalité à tout Juif désirant devenir Israélien. Les membres de la nation d'Israël peuvent donc revenir au pays comme s'ils ne l'avaient jamais quitté.

Mais il ne faut pas s'y méprendre. Leur droit ne provient pas du fait que leurs ancêtres, mêmes lointains, y étaient nés, car ce droit commence pour des gens qui ont été définis en tant que nation alors qu'ils se trouvaient sur une terre étrangère, l'Egypte. Leur identité nationale, l'âme spirituelle ajoutée à leur corps national,  fut acquise dans le désert, après qu'ils eurent reçu la Torah sur le mont Sinaï.

Devrait-on, dans une ultime tentative de retrouver le principe du droit du sol, remonter encore plus loin dans l'histoire ?

En effet, on pourrait penser que, le rassemblement des Hébreux dans le désert n'étant que la suite généalogique logique des patriarches, le droit se définirait par rapport au lieu de naissance d'ancêtres plus anciens. Ce droit entrerait en vigueur alors depuis la naissance d'Isaac, premier de la lignée des Hébreux-Israélites-Juifs (ou Judéens) à être né en Palestine.

Or, on comprend bien que le droit biblique ne fonctionne pas de cette façon. En effet, bien que la Torah accorde une importance de taille au maintien d'Isaac sur cette terre, lui qui n'a jamais quitté la terre sainte sa vie durant, les autres fils d'Abraham, ceux qui ne reprendront pas le flambeau de la Révélation, sont envoyés par Abraham en personne vers d'autres contrées, le fils d'Agar comme les fils des servantes. Une génération plus tard, Esaü est à son tour dirigé vers le mont Séir.

Le droit au sol ne se défini pas en vertu des règles bien connues des différentes législations. Il transcende le lieu de naissance, qui peut ne procéder que d'une importance très secondaire. Rashi, le premier des sages de France, en jette les lignes essentielles: la terre ne s'étant pas faite toute seule mais ayant été créée, de même que la race humaine et ses différentes ramifications ; le Créateur, par conséquent, dispose de toutes les contrées et de tous les peuples et en établit les associations selon son bon vouloir.

Pour revenir au principe du nouvel immigrant juif qui obtient automatiquement la nationalité israélienne, son droit, de même que celui du peuple libéré du joug égyptien, ou de ses plus anciens ancêtres, n'émane pas du fait que lors d'une ou de plusieurs générations quelqu'un est effectivement né sur ce sol, mais d'une attribution extrinsèque fixée par Celui qui crée le monde.

Quelle importance, pourrait-on se dire ! Au contraire, cette considération peut servir de clé pour comprendre bien des problèmes, voire des impasses, dans lesquelles se sont mises des civilisations florissantes qui ont à leur tour influencé le système et la perception du pays actuel d'Israël, confronté à des populations considérables non seulement différentes, mais animées par des revendications hostiles allant jusqu'à la négation du droit d'Israël sur sa terre, ce qui rend hésitants et perplexes bien des citoyens qui ont perdu de vue le principe précité.

Car nul n'est besoin que les ressortissants de nationalités qui n'ont pas reçu la Palestine en héritage vivent ici depuis deux mille ans, ni même deux cents ni même cinquante ou soixante. Il suffit qu'un Koweitien ou un Soudanais ait donné naissance à sa progéniture en Israël pour rendre tout le pays impuissant, les gens tirant la sonnette d'alarme étant systématiquement qualifiés de racistes ou d'incitateurs à la violence.

Quand l'Etat décida d'expulser tous les Soudanais et tous les arrivants entrés en fraude dans le pays, les dirigeants se sont heurtés à un système de valeurs assujetti dans son approche au principe de l'association du droit du sol à la naissance ; ce qui est susceptible de mener tout un pays à sa perte. La déclaration des droits de l'homme est encore plus critique: pour elle, non seulement un individu né dans un pays doit avoir systématiquement le droit à la nationalité, mais ce principe s'applique aussi aux nouveaux-venus, puisque tout individu peut choisir délibérément et sans contrainte aucune le lieu où il désire s'établir.

Là où le bas blesse, c'est que le texte ne stipule pas l'attitude qu'il convient d'adopter au cas où des individus arriveraient en force, niant le droit et les lois en vigueur dans leur pays cible, pour passer à des populations quasi indénombrables. Est-ce que, là encore, il faut les considérer comme des individus libres ?

Une civilisation régie par des règles, dont les citoyens se démènent pour le bienêtre du pays, en travaillant, cotisant, éduquant, pourrait ainsi se voir envahie par une population la dépassant en nombre, soit par la masse des arrivants, soit par l'addition des enfants à naître qui ne seraient d'aucune façon éduqués selon les principes acquis par l'ancienne population au prix de siècles de renoncement, de labeur et au prix du sang, dans tous les cas où il a d'abord fallu passer par des révolutions. De surcroît, les nouveaux venus pourraient très bien provenir d'un ou de plusieurs pays aux mœurs obsolètes, fondés sur la rapine et la loi du plus fort, dénigrant l'effort et le principe de contribution personnelle en faveur de l'épanouissement de la société, sachant que ce n'est que par le résultat de cet investissement commun, national, des ressources, que l'individu profite en retour de l'opulence et du bienêtre mis en place.

De fait, ils pourraient tout simplement provenir de pays où les habitants sont divisés en faction s'entretuant à coups de hache, les fuyards et les réfugiés étant tout simplement ceux qui auront eu le dessous dans ces coutumes qui vivent de rapine et de carnage ; où fuir des dictatures se servant de religions ou de partis parmi lesquelles ils se sont circonstancielle ment seulement retrouvés dominés et non dominants. Et il serait bien périlleux de les prendre en pitié, car le faible, dans le maniement homicide de la machette, est dix fois plus brutal au moins que l'être humain moyen de la société occidentale, raffinée par des générations de travail sur la brutalité et la bestialité de l'homme.

Les règles de l'octroi de la nationalité doivent être revues et repensées. Tout individu a le droit, oui, mais à titre individuel, dans l'objectif ferme de s'intégrer à sa société d'accueil envers laquelle il s'engage à être reconnaissant et fidèle, de jouir de droits accordés aux autres habitants, mais à condition aussi de s'engager au niveau des devoirs, et non pas de refuser d'apprendre la langue et les coutumes, pour se replier en une société nombreuse de parias remontés contre leurs hôtes qu'ils finissent par haïr, menacer et agresser.

Cette nuance existe dans le judaïsme depuis le don de la Torah, où il est question de deux sortes d'étrangers, le converti, qui fera partie intégrante du peuple d'Israël, et l'étranger résident, qui doit respecter les règles du pays sans se les appliquer toutes à lui-même, comme l'observation du shabbat en privé ou de la nourriture cachère. Il va sans dire qu'une ville entièrement peuplée d'étrangers où le citoyen national risquerait de se faire lyncher simplement en passant par cette ville ne correspond pas à l'intention du droit biblique.

Or, cette situation n'est pas vraie uniquement à Ramallah, en plein cœur du territoire israélien, mais en Europe, où des zones entières sont abandonnées par les autochtones parce qu'elles sont devenues trop dangereuses.

Cette faiblesse, cette définition aberrante du droit du sol est bien connue des ennemis des civilisations dominantes. Ils ont compris que des nouveaux venus pouvaient agir comme un cheval de Troie. Les premiers doivent se montrer discrets, car ils ne sont admis qu'à titre d'essai, avec tout au plus une carte de séjour dont le renouvellement doit pouvoir être justifié par une conduite irréprochable. Mais les descendants qui n'existent que potentiellement au moment de leur arrivée, pourront, eux, se permettre de se proclamer nouveaux Européens et d'imposer des principes de violence, de refus de s'instruire et de participer sinon au fleurissement du moins au maintien des acquis de la civilisation qui a attiré leurs pères. Le principe de la démocratie, qu'ils ont bien compris également, sera exploité à son tour et il suffira de se faire de plus en plus nombreux pour écraser le pays envahi, avant d'en faire une dictature où il ne fait pas bon vivre.

Ce que de nombreux pays ont toujours su imposer aux Juifs, exigeant de leur part, en s'aidant de penseurs et prétendus philosophes interposés, d'être Juifs à la maison et hommes comme tout le monde dehors, à savoir de ne pas se montrer différents au sein de la société environnante, ce qui serait considéré comme un affront ; ils oublient à présent de l'exiger des autres étrangers.

Pourtant, toujours vis-à-vis des Juifs, certaines sociétés sont allées très loin, et ont été jusqu'à interdire l'abattage rituel, les obligeant de facto à être des hommes comme tout le monde non seulement dans la vie publique mais aussi chez eux à la maison, ou à devenir végétariens, ou encore à se fournir à prix fort quelques portions de viande dans des pays limitrophes plus tolérants, en limitant cependant la quantité de viande autorisée à chaque passage à cinq kilos.  

Quand on pense que les Juifs, si respectueux jusqu'à l'obséquiosité de pays d'accueil comme la France, ont dû lutter pour empêcher l'interdiction de la préparation de viande cachère qui planait sur toute l'Europe, on comprend mal la folie de certains politiciens qui se démènent pour permettre une pratique extérieurement analogue en apparence, aux adeptes d'un un autre culte, à savoir l'islam.

Le droit latin, qui avait défini le droit au sol, ou plus exactement à la citoyenneté, à la possibilité de participer activement et/ou politiquement à la gestion de la cité, définissait comme «métèques»  tous ceux qui ne correspondaient pas à certains critères.

Mon propos ici n'est bien évidemment pas destiné à attribuer un jugement de valeur à tel ou tel système. Mais force est de reconnaître que certains systèmes, ou, à défaut, certaines mesures prises par ces systèmes, peuvent être la cause de conséquences durables, à même de maintenir ou détruire une société.

 

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vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 15:24

On est souvent tenté de s'arrêter sur les apparences, qui se distinguent souvent sur deux niveaux: l'aspect purement physique d'une personne, ou son expression, qui est déjà plus élaborée, et le costume. Ces deux aspects peuvent s'accorder ou se contredire. Par exemple, un soldat sera reconnu comme tel sur son physique et sur son uniforme. Il peut être taillé comme un athlète. Dan ce cas, cet aspect ira de pair avec son uniforme. S'il est d'apparence chétive et que sa démarche soit maladroite, l'observateur profane s'arrêtera sur le second aspect uniquement, c'est-à-dire le vêtement. Il se dira alors paradoxalement qu'il ne faut pas le juger sur son allure mais sur son uniforme qu'il ne porterait pas s'il ne le méritait pas.

Dans le domaine de la publicité, on s'arrangera toujours pour que les deux facettes de l'aspect s'accordent. Un médecin, sur le dépliant publicitaire d'une clinique, par exemple, aura toujours l'air détendu en même temps que grave, et l'expression avenante et empathique d'un homme intelligent, sain et solide de corps et d'esprit. Sa blouse sera soigneusement boutonnée et son stéthoscope enfourché avec une fausse négligente sur sa nuque. Cet aspect décontracté soigneusement mesuré s'inscrira naturellement dans sa nature. Et pourtant, passé l'aspirine contre les maux de tête, il ne connaît rien à la médecine ; et pour cause! Malgré sa «gueule de l'emploi», c'est un mannequin qui travaille pour une boîte de mode dont les services ont été loués pour promouvoir telle clinique. Souvent, les véritables médecins sont plus proches en apparence de l'employé de banque épluchant un relevé bancaire que des hommes qui œuvrent pour la santé de l'humanité. Des patients sont prêts à affirmer que même le second aspect n'y est pas, c'est-à-dire le costume, et que la blouse ne leur sied guerre, ou qu'elle ne leur va pas du tout. Certains praticiens, conscients de l'importance accordée aux apparences dans un monde de l'image et de la publicité, se voient contraints pour les rassurer d'afficher dans des cadres leurs diplômes qui compensent et confirment ce qui manque à leur façade.   

Le courage, la loyauté et le professionnalisme confirmés par des préparations et entraînements ne sont pas visibles ; en effet, ce sont des aspects intérieurs. Mais il est difficile de les apprécier, de la même façon qu'il est plus facile de juger un vin sur la bouteille que sur le goût ou les effets secondaires différés comme le mal de tête et la langue chargée qui ne se manifestent que le lendemain. Nos Sages nous préviennent: «Ne regarde pas le récipient, mais ce qu'il contient». Nous pourrions faire l'analogie avec un adage répandu en disant que l'habit ne fait pas le rabbin.

D'aucuns protesteront: «Mais comment voudriez-vous que nous jugions autrement que sur l'aspect?» «En grattant un peu, pourrait-on répondre.» «Non, nous ne pouvons juger que sur l'aspect, insisterait le premier groupe. Si le vin est en bouteille, c'est qu'il a certainement de la valeur. On n'aurait pas suivi tout le processus de l'élaboration du produit jusqu'à sa présentation sur un étalage s'il ne valait rien. C'est pareil pour un soldat, un magistrat, un médecin, etc. Ils ne seraient pas autorisés à exercer et donc à revêtir le costume de leur fonction s'ils n'y avaient pas été préalablement autorisés par des autorités réellement compétentes.» Cette répartie se veut intransigeante et n'admet pas de réplique. Cet entêtement à ne pas chercher à creuser peut causer des surprises et bien des désagréments. Il peut s'agir de situations insolites, dans le meilleur des cas, mais ce symptôme de la superficialité est susceptible d'être exploité à mauvais escient. Nous l'illustrerons par quelques cas de figures.

Pour reprendre le cas du soldat, un groupe du volontariat civil, affecté dans une base d'intendance chargée du conditionnement de produits alimentaires, se mit à s'extasier à la vue de deux soldats sans armes qui semblaient en garder l'entrée. Les nouveaux venus furent d'autant plus impressionnés qu'ils n'avaient pas l'air particulièrement adroits. L'un d'eux s'extasia: «Voyez, ce sont des gens comme eux qui ont libéré les otages en Afrique!» Les deux jeunes gens ne comprenaient pas ce qu'ils leur voulaient. Le responsable du groupe, qui servait surtout d'interprète, leur dit par la suite qu'il s'agissait d'enrôlés dont le niveau et la motivation ne leur permettaient pas de s'engager dans des unités combattantes, mais qu'ils effectuaient un travail utile à la hauteur de leurs compétences. En outre, ils ne gardaient pas l'entrée mais attendaient que l'on vînt les chercher.

Bien que cette erreur d'appréciation ne prêtât pas à conséquence, il faut toutefois reconnaître que les deux braves recrues susdites s'inscrivaient quand même dans le vaste effort de Tsahal, car des unités d'élites comme Guivati ou Golani ne pourraient pas faire grand-chose sans toute la logistique et tout ce personnel chargé de l'équipement, de la maintenance, du ravitaillement etc., ainsi que des unités responsables de l'étude du terrain et l'évaluation des forces ennemies?

Mais l'acharnement à ne vouloir s'en tenir qu'aux apparences dans la vie de tous les jours arrange surtout les escrocs. Un jour, un promoteur faisait du porte-à-porte. Il vendait sur plan des maisons spacieuses en terrains individuels, à un prix exceptionnellement bas. Comme la fortune ne pouvait sourire qu'aux audacieux, capables de se décider rapidement, il suffisait pour devenir propriétaire de payer l'acompte «dérisoire» de dix mille dollars. Le promoteur, complet veston et attaché-case où se trouvaient soigneusement rangés des contrats, des relevés cadastraux, des photos et des croquis d'intérieurs, accordait un délai de quelques jours à ses clients, pour leur permettre de rassembler la somme. Il poussait le perfectionnement assez loin, en offrant un véritable cigare à la signature du contrat. Le temps qu'il s'avère que rien n'était réel, excepté l'arnaque, l'escroc eut le temps de se volatiliser. Il sévissait dans la région de Dimona, et avait sur sa tête, comble d'ingrédient rassurant, une grande kippa noire. Du peu que l'on a pu savoir réellement de lui, conséquemment aux enquêtes de la police alertée, c'est qu'il n'était ni Israélien, ni même Juif.

Serait-ce à dire qu'il faudrait a contrario (c'est-à-dire en suivant le même raisonnement mais en en inversant l'hypothèse de départ et la conclusion) privilégier ce qui est laid et d'aspect inquiétant? Combien de fois a-t-il pu vous arriver de vous auto réprimander lorsqu'un individu ne vous inspirait pas confiance, en vous disant qu'il ne faut pas juger les gens sur leur allure extérieure, et de constater au bout du compte que vous auriez été mieux inspiré de faire confiance à votre intuition? Certaines personnes ont eu tellement de déboires en s'autocensurant qu'elles ont fini par prendre le parti de ne juger que sur les apparences, à condition qu'elles n'inspirent pas confiance. Mais comme, dans la vie, il y a par ailleurs de beaux arnaqueurs, on ne sait plus trop que penser.

En fait, le beau peut émaner ou non du bon, et le laid du mauvais, puisque cette conception de causalité est ancrée profondément dans l'inconscient depuis la plus tendre enfance. Les contes, dont le seul avantage consiste dans leur capacité à faire se tenir les enfants tranquilles, débordent de ces associations, établies en axiomes, qui rendent le beau indissociable du bon et le laid du méchant. Qui n'a pas été exposé à l'image de la vieille et méchante sorcière, aux traits déformés par les ans, et aux desseins nocifs? Il devient difficile par la suite de réparer les dégâts et d'expliquer que telle personne âgée est non seulement inoffensive mais qu'elle peut être animée de nobles sentiments, et qu'elle a naturellement droit à notre respect, car si quelqu'un ici doit faire peur à l'autre, c'est plus nous à elle qu'elle à nous.

La fête de Hanouka se penche en filigrane sur cette problématique des oppositions entre beau et laid, bon et mauvais, et des interactions entre celles-ci. La flamme des bougies doit être la plus splendide qu'il soit. Or, cette beauté saisissante sera produite par la meilleure des huiles, celle de l'olive, celle pour laquelle il est écrit sur les bouteilles : première pression à froid. L'expérience suivante est on ne peut plus concluante : prenez une huile de piètre qualité, tout juste comestible, et il se dégagera une flamme vacillante et un épais filet de fumée noire. J'avais un jour acheté une huile soi-disant en promotion, et c'est ce qui s'est produit. J'ai réclamé, et on m'a répondu qu'à ce prix on n'avait pas de la bonne huile. Je leur ai dit alors que dans ce cas ce n'est pas une promotion, et que leur prix exorbitant excédait de beaucoup celui du rapport qualité-prix. Mais soit, il est toujours plus facile de débourser que de se faire rembourser. Et je n'allais pas intenter un procès pour un peu moins de deux euros. Sans aller jusque là, il suffit de placer deux bougies l'une à côté de l'autre, l'une en paraffine même pure et l'autre alimentée par de l'huile d'olive pour constater que la première semble blanche et la seconde dorée.

Il convient donc de chercher d'où provient la beauté. Emane-t-elle de l'essence de son support, ou est-elle un leurre ajouté pour former un piège? La dorure témoigne-t-elle d'un bloc d'or pur ou d'un vulgaire plaquage sur un métal courant vendu à prix d'or?

En matière de contes infantiles, la patte blanche est-elle celle de la brebis ou celle d'un loup trempée dans la farine?

Le beau peut donc être le produit du bon ou ne constituer qu'un cache pour le mal.

Il peut aussi évoluer en un circuit complètement séparé. En supposant que le sabot fendu d'un animal soit le beau, il faut indépendamment de cette particularité s'intéresser aussi à son système digestif. S'il est ruminant, et que cette particularité soit assimilée au bon, il sera consommable, autrement dit casher, sinon, il ne le sera pas. Et c'est bien pour ça que de tous les animaux interdits à la consommation par la Halakha, le plus impressionnant reste le porc, car en tendant en avant ses pattes antérieures, il semble proclamer qu'il serait valable. Et c'est là que les apparences peuvent être trompeuses.

Le verset des Proverbes décrète : «Un anneau d'or dans le groin d'un cochon», ce qui ne veut pas dire que toute femme élégante soit méprisable, mais que l'homme doit se méfier de ne se fier qu'au tape-à-l'œil. Or, ils sont nombreux, ceux qui en souffrent ou en ont souffert. Et réciproquement, tout homme avenant, riche et drôle, ne peut lui aussi ne présenter qu'une façade accrocheuse. Il faut toujours sonder ce qui se cache derrière la façade.  

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vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 17:12

La dernière période d'indépendance qu'ait connue le peuple d'Israël, avant la renaissance de son Etat, a duré trois ans. Le nouveau gouvernement, sous l'égide de Bar Cokhba, frappa de la monnaie. La dévastation était encore un terrible désastre, les dégâts énormes, le Temple entièrement brûlé ; mais l'incommensurable, en se retroussant les manches, serait réduit, surmonté. Car l'on a pu se dire pendant ces trois ans  que l'exil d'Edom s'arrêterait là, et ne durerait pas plus d'environ soixante ans, soit un peu moins que l'exil de Babylone. Avec Shimon Bar Kokhba, l'espoir renaquit de ses cendres. Rabbi Aqiva, pilier incontournable du Talmud, coauteur de la Mishna, qui n'avait rien en commun avec cette image du sage chétif, avait vu en lui l'espoir de la restauration de la royauté perdue en 70 de l'ère vulgaire. Car du moment que la prophétie incontournable de la destruction du Second Temple venait de se réaliser, il était permis de présager que dorénavant tout irait bien.

C'est donc du  9 au 10 av 3828 du calendrier hébraïque, cela fait cette année 1949 ans (et toutes les limites du temps ont été franchies), après un terrible siège, la splendeur de Jérusalem est réduite en cendres. Pourtant, un peu plus d'un demi-siècle plus tard, en l'an 3892, une lueur d'espoir réchauffa les cœurs. C'était il y a 1885 ans. Une logistique solide, un réseau impressionnant de refuges, une stratégie en sous-sol, une coordination infaillible entre les forces, tout cela conduisit à une première période victorieuse. Le professeur israélien Hanan Eshel réfute les croyances populaires qui ne voient dans les insurgés qu'un ramassis d'extrémistes jouant à cache-cache avec l'occupant.  L'ennemi – la plus grande puissance mondiale de l'époque – fut chassé hors des frontières de la Judée. Mais l'innommable empereur romain, Hadrien, de sinistre mémoire, déplaça ses meilleures légions cantonnées en Bretagne pour écraser dans le sang les insurgés, exterminant ainsi toute présence juive d'une bonne partie des territoires que les nations nous contestent et cherchent à nous ravir à nouveau aujourd'hui.

La Grande Révolte commence donc moins de soixante-dix ans après la destruction du Temple. Le centre spirituel du judaïsme, avec Raban Yo'hanan Ben Zacaï,  est transféré de la capitale assiégée pour s'installer à Yabné. Rabbi Yéochoua Ben Hananya, disciple du précédent, conjure les siens de ne pas se révolter, voyant dans la survie du peuple juif et de sa présence sur sa terre une tragédie comparable au passage dans la gueule d'un lion duquel on se serait sortis vivants. Pour lui, la Torah est sauvée, et, par la même occasion, l'âme du peuple. Le Temple, quant à lui, il sait qu'il sera reconstruit, même si sa génération risque fort de ne pas être de la partie. Personne, parmi tous les Sages, ne s'oppose à la reconstruction. Le clivage repose uniquement sur une question de temps. Pour tous, il finira par renaître, puisque tel est le programme divin, les dates restant la grande inconnue.

Bar Kokhba frappe le tétra drachme, portant la mention: « Pour la liberté de Jérusalem ». Pas besoin d'être économiste pour savoir que l'une des composantes de la souveraineté nationale consiste à battre sa propre monnaie, contrairement à certains usurpateurs aujourd'hui. Les décrets de l'oppresseur sont extrêmement pénibles. Motivés par une sinistre ironie, les Romains, avec le successeur de Titus, Domitien, exigent que les prélèvements financiers apportés comme offrandes pour le Temple, comme le demi-sicle,  soient détournés en impôts pour renflouer leurs caisses. 

Quant aux premiers signes de la révolte, qui est loin d'avoir représenté un sursaut spontané irréfléchi, ils se firent sentir environ vingt ans plus tôt avec les communautés qui se trouvaient à la périphérie: en Cyrénaïque, à Chypre et en Egypte, alors que l'empereur Trajan se battait contre l'empire parthe. Pendant la révolte des Juifs de la diaspora, la situation était relativement calme en Judée, sous la domination du gouverneur intransigeant Lucius Quietus. 

Hadrien prend la place de Trajan, mais sans ressentir de prime abord un intérêt suprême en faveur de l'extension illimitée de l'Empire Romain. Il entreprend des travaux tendant à délimiter son territoire par une muraille, dont la muraille d'Hadrien en Bretagne. Il peut donc passer pour un modéré.

Un témoignage numismatique révèle la fondation d'une ville idolâtre et helléniste, Aelia Capitolina, sur les ruines de la ville sainte. Cette pièce montre l'empereur Hadrien debout derrière un soc, labourant le sol de Jérusalem. Un autel voué au culte de Jupiter est érigé sur l'Esplanade du Temple.

Géographiquement, la révolte s'étend de Bet-Horon,  Beitar et Beth-Gouvrin, du Nord au Sud ; de Ein-Guedi à Maalé Adoumim sur le front Est, les limites à l'Ouest s'étendant jusqu'au bas de la zone montagneuse. Les insurgés ont préparé une importante infrastructure de grottes et de passages souterrains.   

Osbius témoigne: « Au plus fort de la guerre, à la dix-huitième année du règne d'Hadrien, la ville de Beitar fut assiégée. C'était une imposante citée fortifiée, près de Jérusalem. À la longue, les insurgés ont succombé à la faim et à la soif. » La chute de Beitar s'est produite elle aussi, un 9 av. Pendant trois ans, les habitants de la ville restèrent sans sépulture, car les Romains ne le permettaient pas. Ce n'est qu'au terme de cette période qu'ils furent ensevelis. Ceux qui étaient entrés dans la ville en ruine furent témoins d'un fait miraculeux: les dépouilles étaient intactes.

985 villes et villages ont été rayés de la carte de la Judée. 585 000 soldats ont péri dans les combats, les épidémies et la faim, sans compter les millions de femmes, d'enfants et de vieillards que les Romains assassinaient sans distinction, c'est ce que rapporte l'historien Dion Cassius. Cet extrait du Talmud parle de lui-même: « Rabbi Yohanan a dit: " trois cents cerveaux de nourrissons avaient été répandus sur un seul rocher." »

Dans le livre des prières et lamentations du 9 av, un auteur, du nom de Samuel, rapporte le nombre effrayant de quatre millions de Juifs assassinés, entre la destruction du second Temple et les différentes campagnes de répression romaine (Lamentation commençant par les mots : שאי קינה במגינה: élève ta plainte dans l'affliction. « … quatre cents myriades, et la voix d'un homme droit, étouffée par le nuage, empêchée d'atteindre D. ; ils m'ont frappé et blessé… » ). C'est fâcheusement l'ignorance sur cette hécatombe qui fait que certains décideurs de la politique israélienne ne se réfèrent qu'aux événements de la seconde guerre mondiale comme motif de la défense d'un Etat juif souverain. Cette culture, voire ce culte de la mémoire courte conforte l'illusion de la solidité d'un judaïsme athée. Ils ne font pas le rapprochement entre l'aspect désertique de la région limitrophe de Jérusalem ou son occupation par des éléments étrangers et les massacres perpétrés par les Romains. Et pourtant, les cités juives de Judée-Samarie et les points de peuplements ne sont qu'une pâle ébauche de la splendeur effacée par la puissance européenne. 

Mais les Juifs, malgré la cruauté de l'oppresseur, ont su résister à l'occupant. En effet, Hadrien, lors de son discours au Sénat, n'a pas employé la formule de rigueur qui ouvre tout discours en signalant la paix des légions romaines. Des mesures antijuives draconiennes ont été prises par le pouvoir d'Hadrien: l'interdiction de la circoncision, de garder le shabbat et de nommer de nouveaux rabbins et d'étudier la Torah datent de cette époque.

C'est encore ce même empereur qui méprisa les Sages du Talmud, qui torturé et exécuta les Dix Martyrs: Rabbi Yichmaël Ben Elicha Cohen Gadol, Rabban Shimon Ben Gamliel Hazaken, Rabbi Hanina Ben Téradion, Rabbi Aqiva, Rabbi Yéhouda Ben Baba, Rabbi Houçpit Hamétourguéman, Rabbi Ychbav Hassofer, Rabbi Elazar Ben Chamoa, Rabbi Hanina Ben Hakhinaï, et Rabbi Yéhouda Ben Dema.

Les Sages d'Israël étaient des dirigeants profondément impliqués dans les destinées de leur peuple, déterminés à défendre le judaïsme au péril de leur vie, bravant la plus grande puissance de leur époque. L'esprit de l'exil n'avait alors aucune emprise, et jamais on aurait vu, comme aujourd'hui, des rabbins prendre position contre les visites sur le Mont du Temple, et ne pas s'émouvoir de la constante profanation du lieu le plus saint par un culte étranger.

 Rabbi Ychmaël, qui comptait parmi les sept hommes les plus beaux de la terre, plut à la fille de l'empereur qui le vit au moment où il allait être exécuté. Elle demanda la peau de son visage. Les Romains l'arrachèrent alors qu'il était en vie. Elle la fit conserver afin de pouvoir toujours la contempler. D'autres souffrances atroces lui furent infligées jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Rabbi Hanina Ben Teradion fut brûlé dans un rouleau de la Torah. Pour prolonger le supplice, les Romains avaient entouré son corps d'éponges imbibées d'eau. Pendant que le parchemin était dévoré par les flammes, les lettres s'envolaient dans les airs.

Rabbi Aqiva fut écorché vif. Il proclama l'unicité de Dieu en rendant son âme au Créateur. Il s'était toujours demandé s'il aurait le courage et le mérite de pouvoir mourir en sanctifiant Son Nom.

Les Romains, malgré l'atrocité des massacres qu'ils ont perpétrés en Palestine – ce nom ayant été imposé dans le but de faire oublier la relation entre les Judéens et la Judée - , ne sont pas parvenus à en effacer définitivement la judéité - la clôture de la Mishna a pu y être réalisée environ deux cents ans plus tard – pas plus que les Arabes qui avaient commencé avec le massacre des Juifs de Madian, ou que les Espagnols ou les nazis. Aujourd'hui, les nations se liguent pour attaquer à nouveau Jérusalem, mais le peuple d'Israël se rétablit peu à peu, en attendant la restauration complète de son Etat et de sa ville, avec le Troisième Temple.

Le Talmud rapporte que Rabbi Aqiva se mit à rire, lorsqu'il vit un renard sortir de l'enceinte du Temple détruit. Aux autres Sages qui ne le comprirent pas, il expliqua que la réalisation des prophéties qui prévoyaient la destruction était la confirmation et l'introduction aux prophéties de la restauration. La ville de Beitar, rebâtie il y a vingt-huit ans, compte aujourd'hui près de trente mille habitants. Puissions-nous assister à la réédification du Temple de Jérusalem, et à la rédemption totale, même si notre mérite est insuffisant, au nom des souffrances endurées par Son peuple depuis 1945 ans.   

Il importe de ne pas méconnaître trop son histoire. Seul un individu né de la dernière pluie peut ne pas ressentir l'absence cuisante et criante du Temple, et se laisser convaincre que Jérusalem serait banalement la «ville des trois religions», formule séduisante signifiant qu'Israël n'aurait définitivement plus droit à son lieu saint par excellence.

Des dirigeants malades de l'exil, dans la ligne tortueuse de Moshé Dayan, s'érigent contre les droits de leur propre nation et facilitent la perpétuation de l'état d'exil. La violence musulmane en fait fréquemment interdire aux Juifs l'accès par les autorités israéliennes, qui ne sentent pas le terrible manque, auquel ils sont habitués depuis leur berceau, qui n'est pas celui de leur civilisation. Un Juif ne devrait pas répondre à la question: «Quel âge avez-vous?» en disant qu'il a quinze, quarante ou quatre-vingt-dix ans, mais quatre mille.

Et il faut absurdement que ce soient des non-juifs qui proclament dans toute tribune qu'Israël veut reconstruire le Temple. Mais le malade s'étonne, il n'est plus sensible à sa douleur et à son profond besoin de guérir. La doctrine de la mémoire courte le persuade que le peuple juif n'est pas revenu d'un très long périple, dispersé entre les nations, pour restaurer sa souveraineté, mais pour végéter sans but, dans un Foyer national dépourvu d'âme. Mais si les non-juifs qui se chargent de rappeler à Israël ce qu'il est venu chercher sur sa terre veulent se poser comme ennemis, et considérer comme une nakba, catastrophe, le fait de ne pas avoir réussi à le massacrer et à empêcher sa renaissance nationale, il ne reste qu'à aspirer à une méga nakba, avec la fin de la main-mise de la présence négationniste qui cherche à démentir la judéité de la Palestine.

Que «le quatrième jeûne, le cinquième jeûne, le septième jeûne et le dixième jeûne soient pour la maison de Juda jours de joie, d'allégresse et de fête ; et la vérité et la paix, chérissez-les» (Zacharie VIII, 19). Toutes ces dates, le 17 du mois de tamouz, quatrième en comptant de nissan, le 9 av, le 3 tichri et le 10 téveth sont liées à la destruction du Temple, à l'exil et à la perte de la liberté nationale. Et que de la même façon que nous voyons de nos yeux se réaliser les prophéties du rassemblement, puissions-nous assister à la réalisation du verset de notre lecture hebdomadaire: «… pour déposséder, à ton profit, des peuples plus grands et plus forts que toi » (Deutéronome, IV, 38) ; «… pour te donner des villes grandes et bonnes que tu n'as pas bâties ; des maisons débordantes de biens que tu n'as pas emplies etc.» (Idem VI, 10, 11).

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 09:46

Europe : deux mots d'ordre: enrayer la surpopulation et empêcher la guerre mondiale

Peut-on miser sur le vide démographique?

Pour nombre de gens qui vivent en Europe, l'équation est simple. En supprimant un organisme existant, l'organisme voisin va s'amplifier et se transposer pour occuper l'espace qui n'aura à aucun moment été vacant, le changement s'effectuant en fondu-enchaîné. Ce premier organisme, c'est l'ensemble des pays du vieux continent, et surtout son fer de lance le plus occidental qui fut à l'apogée de la civilisation mondiale ; quant à l'organisme voisin, c'est ce croissant musulman expansionniste arrêté tantôt – vous vous en souvenez ? – à Vienne. Ce principe est facile à comprendre, pour qui vit ou a vécu en France ou dans ses parages, et ce qu'il s'affilie à l'un ou l'autre groupe.

Mais comment verrions-nous les choses si nous étions Américains ?

Car en dehors de l'antagonisme qui oppose l'islam à la civilisation occidentale, un troisième organisme, conciliant, entretient des échanges avec tout le monde. L'Europe, à qui il devrait en principe s'identifier, puisqu'il en est issu, pourrait au contraire être perçue par lui comme son ancien ancêtre en dégénérescence, désuet et encombrant, car les habitants du Nouveau monde sont en droit de se demander : «Est-ce que ces gens-là vont nous déclencher toutes les vingt années une nouvelle guerre mondiale? »

Les Etats-Unis, puisque c'est de cet organisme qu'il s'agit, ne sont pas cet arbitre ou policier se contentant d'asséner des coups de sifflet. La première guerre mondiale leur a coûté la vie de près de cent trente mille homme, et une augmentation conséquente de la dette extérieure. La seconde leur a coûté presque le quadruple. La première éclate en (19)14, la suivante en 39, si c'est une tradition qui se met en place, imposant une fréquence apocalyptique tous les 25 ans, à moins que l'on ne compte à partir de la fin du premier conflit, de 18 à 39, d'où une période d'accalmie de 21 ans tout au plus. La troisième guerre mondiale, à ce rythme, aurait donc dû éclater entre 66 et 71.

1966 est d'ailleurs l'année où Londres est anéantie par une attaque à la bombe atomique qui provoque une éruption de magma suivie d'une coulée de lave dans le centre-ville, dans le film de science fiction la Machine à explorer le temps de George Pal, sorti en 1960.

Donc, l'Europe est pour le moins embarrassante. Elle cause bien du souci aux États-Unis. Si l'Amérique ne connaît plus une telle frénésie guerrière entre elle et entre elle-même, la plus grande guerre interne ayant cessé en 1865, c'est que l'on n'a pas affaire à des Etats assujettis à des nationalismes volontiers belliqueux mais en sommeil tant qu'ils ne s'étripent pas, ces nationalismes étant en constante concurrence, tandis que les querelles patriotiques sont montées en épingle pour redorer le blason de telle nation rancunière qui revendique son honneur bafoué et son droit à la revanche, mais à une fédération entre des Etats pourtant plus nombreux que ceux de l'Europe. Et c'est une formule gagnante !  

La surpopulation, autre casse-tête pour l'Amérique

Il est possible que la prochaine problématique inquiète aussi d'autres gens, mais puisque c'est l'Amérique qui règle les problèmes planétaires – la face du monde sans elle aurait été changée – il lui revient donc de donner le mot d'ordre et le bon. Deux menaces mettent potentiellement la planète en péril, les guerres, surtout si elles sont mondiales comme nous venons de le voir, et l'épuisement des ressources, la pollution de la planète, et jusqu'à récemment, le réchauffement climatique (moins tangible apparemment), ces trois derniers thèmes dérivant d'un seul et même facteur : la surpopulation. Si, en quatre décennies, la population a doublé, passant grosso modo de quatre à huit milliards d'habitants, et que le volume de la terre soit resté le même en dépit de l'expansion de l'univers, c'est que tout ce beau monde exploite les mêmes ressources en vertu de la conservation de la matière et qu'une promiscuité certaine commence à se faire sentir.

Un gênant paradoxe

On pourrait se demander au passage pourquoi, pour que cette surpopulation se fasse plus légère, on n'est pas encore passés au chauffage et aux transports électriques, avec une électricité bien entendu produite par l'énergie solaire ou la force du vent ; mais là, c'est qu'un paradoxe provoque un sérieux blocage : on nous dit que les piles rechargeables pour les voitures sont trop lourdes, doivent restées branchées longtemps et ne restent efficaces que sur de courtes distances. Le citoyen moyen se dit que ce n'est qu'une question de temps pour que les piles se réduisent en taille et se décuplent en puissance.

Mais le temps passe et rien n'avance. Moins de citoyens se demandent aussi pourquoi un projet prometteur comme Better Place, produit d'un partenariat franco-israélien, n'exploite pas un principe aussi simple que génial et dont tout enfant se servait il y a déjà quarante ans : la dynamo qui éclairait son vélo. «Mais oui mais c'est bien sûr!», se dit le citoyen aussi naïf qu'honnête ; car, au lieu de mettre un fil électrique long de vingt mètres qui passe par la fenêtre et de laisser la voiture branchée toute la nuit, «il suffirait de mettre une dynamo sur l'essieu de transmission!» Mais c'est compter sans le sucrage des caisses de l'Etat par litre de combustible vendu, impôt largement suffisant pour corrompre le cerveau y compris à l'endroit des solutions les plus enfantines, l'odeur de l'argent étant bien plus fort que toute la pollution du monde et refroidissant bien des ardeurs face au réchauffement. 

La menace européenne et la surpopulation

Quoi qu'il en soit, la surpopulation n'est donc pas sur le point de se faire moins polluante. Et puisqu'on en est à régler les problèmes, pourquoi ne pas faire d'une pierre deux coups, et ainsi montrer l'exemple à des civilisations loin derrière le phare européen? Une France, par exemple, de mettons vingt-cinq millions d'habitants sera moins polluante et moins belliqueuse, puisqu'elle se sentira moins à l'étroit, qu'une France de soixante millions.

Les changements évolutifs impliqués

1 Fédération européenne

L'implication de cette double observation fort pertinente outre-Atlantique (contre les nationalismes et la surpopulation, donc) s'est concrétisée par des changements en profondeur propres à réduire cette double menace récurrente. Les mesures sont concrètes. D'un timide marché commun, qui avance via l'Europe des Douze, ou le traité de Maastricht, on débouche sur une Union Européenne et l'annulation des frontières de cette union, soit le fameux espace Schengen, qui double le nombre d'Etats associés, et surtout qui les place sous une tutelle centralisée où chacun pourra émettre un avis qui soit de préférence à l'unisson avec la direction centrale, dont l'homogénéisation est le sens  de l'existence.

Quoi qu'il en soit,  même  si un Etat se montrait un peu trop souverain, son point de vue n'aurait que peu d'effet. Quoi qu'il en soit, comme nous venons de le voir  en France, une machine bien rôdée de propagande mènera le candidat le  plus conciliant au sommet du pouvoir régional, et qu'importe que le principe même de la démocratie  réprouve ce choix (avec  plus de 50% d'abstention, le président est finalement  mis en place sur la base d'une sorte de gros sondage).

Tel est le premier outil ou la première arme visant à l'imposition de cette uniformisation de l'Europe : chaque Etat se retrouve moins souverain, moins indépendant, et, sinon subordonné, du moins affilié par des délégués à la maison mère européenne.

2 La réduction de la population

C'est une question chère notamment à l'Unesco, et les moyens sont variés. Nous relèverons ici le retard de la date moyenne du mariage, obtenu par un travail multiple sur l'égalité des sexes – ce qui ne peut se faire que sur le plan social car ils ne sont pas près de rendre l'homme enceint ou repousser l'âge de la perte de la fertilité chez la femme à la limite masculine – les études devenant de plus en plus longue pour tout le monde ; tout ceci interdisant l'éventualité de fonder une famille avant la trentaine.

On travaillera sur l'égocentrisme – je n'ai pas besoin d'un braillard qui me réveille au milieu de la nuit, ni d'être convoqué plus tard par ses profs – ou le pessimisme – pourquoi obliger une  nouvelle génération à venir subir les effets d'une guerre ou famine généralisée, de la pollution ou du réchauffement, voire d'une catastrophe à la Tchernobyl mais sans frontières.

Si, soit dit en passant, les frontières étaient encore effectives à l'heure de ce dernier accident nucléaire entre la France et l'Allemagne, comme l'avait relevé Coluche en soulignant que l'extrême prudence requise à l'Est n'avait plus de sens à l'Ouest de la même ligne, aujourd'hui l'espace Schengen n'arrête plus rien ni personne. Cet espace peut donc renforcer le pessimisme.

On pourra aussi exploiter les problèmes de la dépolarisation affective, ou miser encore une fois sur la propagande : plus on parviendra à persuader de gens qu'ils sont homos, plus il y en aura de paires et moins il y aura de couples. Et si les paires de pères revendiquent le droit à l'adoption – bien que ça ait souvent tourné en affaires sordides tout de même un peu médiatisées – le cas restera rare, et ils ne voudront a fortiori pas s'encombrer d'un braillard ou d'une convocation. Même les séries télévisées anodines en apparence, sont de la partie, dans cette offensive propagandiste. Si on montre toujours du doigt l'homme qui délaisse sa compagne pour une autre, on exige de celle-ci de se montrer tolérante et compréhensive si le trompeur la délaisse pour un… homme. Pourtant, dans les deux cas, il en a marre de sa… figure et a eu envie de se changer les idées.   

Dans ce dernier volet, la lutte pour la diminution de la population mondiale ne demandera pas à un homo s'il est vraiment certain que sa nature lui dicte cette orientation, et s'il ne lui préfèrerait pas les joies du mariage traditionnel, surtout si pour sa part ses antécédents sont normatifs.

Par contre, on demandera à un jeune, très amoureux de sa compagne ou de son épouse, s'il est vraiment certain de ne pas être profondément un homo refoulé, s'il est certain de ne pas se fourvoyer et de prendre le risque de le regretter par la suite.

La confusion est d'autant plus plausible que la contraception est un acquis tellement évident qu'il y a longtemps que l'acte sexuel ne sert plus à procréer, ce qui rend plus acceptable l'imposition dans les mentalités de l'idée que le sexe du partenaire n'aurait aucune espèce d'importance. Inutile de préciser ici que nous n'entrons pas dans un débat de valeurs, ou de ce qui est naturel ou abominable ; nous nous contentons de nous intéresser à la question en tant que moyen politique sous-jacent nageant en eaux troubles d'instiller le doute et de rendre compliquée voire repoussante l'attirance naturelle qui fait que le monde est monde.

Ce pari risqué semble sans dangers, car on admet que la natalité n'approchera pas le zéro absolu, puisque tout le monde ne se laissera pas manipuler, et qu'il est simplement question de diviser la population par deux ou peut-être un peu plus. Le problème technique majeur réside dans cette période transitionnelle où l'assistanat programmé sur quatre décennies de travail des retraités qui ont payé des années durant pour jouir de la retraite ne marche plus comme sur des roulettes, puisque le nombre de ceux qui sont censés assister les anciens travailleurs est trop faible.

3 La tentation du melting-pot

Le troisième front (toujours dans cette optique de la lutte contre le nationalisme et la surpopulation qui le soutient) consiste à retenter le rêve américain du melting-pot. Reconnaissons que son échec relatif aux States est relativement bénin, car les Chinatown, Bronx et autres villes italiennes ne font pas de ces ex nationalités qui ne se mélangent pas tant que ça des belligérants. En Europe, en revanche, un brassage ethnique pourrait créer à la longue une sorte de nouvelle race métisse unique.

Mais n'y a-t-il pas un risque, me diriez-vous, de voir les candidats au brassage de population s'identifier aux nationalismes / patriotismes d'accueil? Ce risque est vrai si les brasseurs sont minoritaires. En revanche, s'ils sont très nombreux, ce seront les autochtones qui s'identifieront aux religions, cultures, langues des arrivants. N'y a-t-il pas déjà des zones en Angleterre, en Allemagne ou en France, où les trois langues portées par ces nations ne sont plus parlées ou presque ?

Et la tendance à estomper les trop forts patriotismes indigènes n'a pas peur d'aller trop loin. Au contraire, il ne faut pas hésiter à donner un grand coup si on veut pouvoir faire un peu bouger les choses. Et puis, puisque vous n'avez pas assez de travailleurs actifs pour soutenir les ex actifs, voici une manne inespérée fougueuse, débordante d'énergie, et qui va se charger de repeupler les rangs vides de la vie active.

«Et s'ils s'installent au café?» s'inquiète une petite voix intérieure. «Allons, rassure une voix plus forte. Il ne faut pas stigmatiser, ils se reposent juste du voyage avant de se mettre à bosser.» Vous ferez d'une pierre deux coups. Les retraites seront réglées, et la population rajeunie… et remplacée?

Et si la machine échappe au contrôle du fabricant ?

La crainte d'une troisième guerre mondiale où l'Allemagne se fâcherait une énième fois contre la France se fait moins tangible. Les deux  mots d'ordre marchent bien. Les Etats sont soumis à une direction centrale et commune qui pense ces pays et fait la loi pour eux ; les populations locales diminuent à grands pas et un flux migratoire égalise tout ce beau monde qui tend vers le nouvel homo erectus sapien africano-indoeuropéen qui fera ou fait déjà de l'ancien type d'homme un mauvais souvenir.

Et l'Amérique, qui supervise et observe cette évolution galopante d'un œil débonnaire, pourrait bien à la longue changer d'idée, lorsque cette menace islamisante inconnue jusqu'alors, bien que ses assises consistent dans un dogme uniformisant et homogénéisant anté-moyenâgeux, fera régner sur le vieux continent une civilisation désertique, improductive et violente, qui, au XXème siècle, n'attirait que très peu l'attention de l'Occident. Il est vrai que, depuis 1830, les menaces contre la navigation et le commerce international étaient restées pour longtemps jugulées.

Et alors seulement, l'Amérique se dira qu'il y avait peut-être d'autres moyens de rendre l'Europe pacifique, de prévenir sa prochaine guerre mondiale, et qu'elle s'était peut-être même pacifiée toute seule, puisqu'elle avait atteint l'âge de raison, et compris que rien ne servait de se crêper à mort le chignon.

Mais comment intervenir quand il ne reste plus personne?

Assisterons-nous à une intervention américaine d'un genre nouveau, qui recherchera les anciennes souches européennes pour lancer un programme de ré-acclimatation, par insémination artificielle ou clonage, puisqu'il s'agira de réimplanter des espèces disparues? Tout comme elle avait préservé quelques couches amérindiennes. Certes, dans ce cas, elle avait elle-même massacré ses propres Indiens, tandis que pour la vieille Europe, elle se contente d'observer attentivement sans en avoir l'air son déclin programmé.

© Yéochoua Sultan

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 22:03

Le président américain a rendu la politesse au Premier ministre israélien, qui lui avait rendu visite peu après son investiture. Il s'est donc déplacé pour le cinquantième anniversaire de la libération et réunification de Jérusalem. Le pays victorieux malgré lui, étonné littéralement, se souvient encore de l'impossibilité de se rendre au Cotel dix-neuf années durant, et cet étonnement fait suite à une résignation aussi tenace qu'a pu l'être l'enlisement dans un exil qui a vu des centaines de générations du peuple juif prier «l'an prochain à Jérusalem», nées et disparues sans mériter d'en vivre la réalisation.

L'acuité du texte des Psaumes connait cette acceptation d'une attente tellement longue que son aboutissement en devient difficile à concevoir quand il devient réalité : «Lors du retour de Sion, nous serions comme en plein rêve.» Le basculement de l'attente prophétique à sa réalisation produit un effet neutralisant qui hébète le miraculé, et l'empêche de l'appréhender de ses sens et de son bon sens.

Et c'est ce jour qu'a précisément choisi le nouveau président américain pour non seulement visiter le plus officiellement possible en Israël, mais également pour se rendre en pèlerinage au Mur Occidental, au cœur de la capitale éternelle, et s'y recueillir. Certes, la date hébraïque de ce retour, attendu et inattendu, de la souveraineté, le 28 yar, est pour ce soir. Cependant, sachant que la présence officielle de cet hôte de marque provoque immanquablement des limitations de la circulation, le président américain n'a probablement pas voulu être la cause d'un paradoxe ironique qui aurait vu les Juifs se faire interdire l'accès au Mur Occidental le jour J, comme au cours des années de la mainmise de cet Etat surgi de nulle part et basé sur le rive orientale du Jourdain, où il ne fut pas même question d'effectuer le moindre pèlerinage, pas même par petits groupes ou en temps chronométré.

Cette visite officielle est une première, et tout porte à penser qu'elle confirme la ligne électorale de Trump, en dépit de démentis, ou d'incohérences réelles ou apparentes de ses gestes et prises de position. S'il n'a rien promis au terroriste Abbas, si les observateurs de l'entretien en Amérique entre le président américain et le successeur direct du sinistre Arafat ont relevé qu'il n'a eu droit qu'à des honneurs mitigés, il n'en demeure pas moins que le commanditaire des massacres de Munich et de Ma'alot n'a été ni arrêté, ni même refoulé à la frontière. D'un autre côté, le président américain a commencé son périple en passant par l'Arabie, première au hit-parade des coupeurs de têtes.

Il est vrai que, contrairement à son prédécesseur, il n'a pas démarré son périple à l'étranger avec une courbette de soumission à un chef ou représentant d'organisation intégriste, puisqu'il a exhorté les dirigeants des pays musulmans à se démarquer du terrorisme, mais au regard des contrats du montant fabuleux de trois cent cinquante mille milliards de dollars, on peut se dire que l'homme d'affaires a pris le pas sur l'homme des principes humanitaires, à la différence près, et pour le plus grand bien de son pays, qu'il traite aujourd'hui non plus pour son compte personnel mais pour celui de ce conglomérat d'Etats dont il est le chef désormais.

Le caractère de sa sortie est loin d'être dichotomique. Il n'est pas allé en Iran, il dénonce le terrorisme qui frappe notamment l'Europe, mais il n'est pas dupe, et ce ne sont pas de vains mots que de conseiller aux Etats arabes de se démarquer de l'Etat islamique et ressemblants. Par contre, les pratiques de l'Arabie, dont entre autres l'avilissement des femmes, n'ont pas fait l'objet de critiques.

Quant à l'ordre des pays visités, quand Israël passe après l'Arabie, ce pays se serait étranglé de la persistance rétinienne de l'image d'un président américain non seulement en Israël mais de surcroît au Cotel. Il est donc aisé de saisir les motivations qui ont fixé les étapes du parcours.

Pour revenir à sa relation avec Israël, il n'en demeure pas moins que la considération positive de la réunification de Jérusalem s'accorde mal avec une visite chez un multi négationniste, «docteur» es négation de la Shoah, mais surtout, dans la configuration politique actuelle, négateur de Sion, dans sa dimension qui rattache ce lieu au peuple d'Israël. D'un autre côté, il lui a dit ses quatre vérités en face.

Il y a lieu de présumer que la clé de l'énigme de ces démarches contradictoires remonte à la première rencontre au sommet évoquée plus haut. Elle s'est tenue, rappelons-nous, à huis-clos. Seules les images princières ont capté l'attention. Or nous savons que Netanyahou continue de trahir les principes du Likoud et a adopté la solution dite des «deux Etats», sortie tout droit de l'école de l'extrême gauche, mais a priori édulcorée, avec interdiction imposée à l'entité terroriste de posséder une armée lourde, et obligation de reconnaître le droit de l'identification du peuple juif à son Etat, mais il s'agit tout au plus des mesures sécuritaires qui ne sont pas sans rappeler le «sport» du lâché de vaches landaises aux cornes limées censées prévenir les risques encourus par la foule.

Objectivement – et c'est ainsi que le perçoivent les nations – l'histoire du retour d'Israël s'est produite en deux étapes, respectivement marquées par les guerres d'Indépendance et des Six jours, où ce qui n'a pu être inclus dans les frontières en 48 l'a été en 67. Cette dernière n'a fait que reprendre, mais avec succès, la tentative ratée de conquérir la région allant de Latroune à la région de Bet-El, qui devait assurer les coudées franches à Jérusalem du côté Nord, mais avortée en 48.

Pourtant, la position officielle des dirigeants israéliens a été depuis pour le moins surprenante. Au lieu de se dire «enfin!», quand les échecs et les défaites ont été si prodigieusement réparés, il a été affirmé que le cœur historique et religieux du pays servirait de monnaie d'échange contre une reconnaissance de l'existence d'Israël par le monde arabe environnant.

On assiste alors à une terrible rechute, à un retour inouï de la mentalité d'exil, de cette manie de s'excuser d'exister, de se sentir coupable de prendre trop de place. Et cette mentalité est transmise religieusement de génération en génération, lorsque l'on voit des jeunes cadres politiques, qui vivent pourtant dans un pays où personne ne se sent contraint de sortir sans kippa dans la rue ou sans taleth, ou de réfléchir à deux fois avant d'aller à la synagogue, continuer à vivre comme si le Juif était par définition apatride, ou comme s'il avait tout au plus le droit de se confiner dans une zone géographique entourée d'un mur.

Avec son programme à deux Etats, qu'il rabâche à en radoter, Netanyahou rend perplexes des dirigeants bien intentionnés qui pour finir ne se montreront pas plus royalistes que le roi. Et si le roi d'Israël est tellement submergé et subjugué, et se noie dans les complexes d'insignifiance, ce n'est pas le roi des Nations qui lui dira : «Bibi, c'est toi là-bas dans le noir? ». Ce n'est pas lui qui l'encouragera, ou fera tout pour qu'il reprenne confiance, qu'il sorte son mental de l'ombre, qu'il réagisse à la hauteur de la Rédemption dont son peuple est l'objet.

Le texte, dans le livre des Psaumes, suggère que le retour d'Israël sera dans un premier temps tangible vu du dehors : D. «a fait de grandes choses pour ces gens» apparait au verset 3 du psaume 126, avant «Oui, l'Eternel a fait de grandes choses à notre égard», de «ces gens» à «notre égard», l'on passe d'une considération extrinsèque à intrinsèque. Mais quel doit être le laps de temps qui fera que la classe dirigeante israélienne reconnaitra à son tour ces «grandes choses»?

Les informations se contredisent, se succèdent en zigzaguant. Un jour Trump reconnaît à Israël son droit de s'établir partout sur sa terre ; un autre, on nous dit qu'il a demandé de mettre un bémol à la construction ; un autre encore qu'il n'a aucune intention d'exiger d'Israël un quelconque gel de la construction venant étouffer l'expansion saine et naturelle des localités bibliques ressuscitées. Ces informations cessent d'être contradictoires et s'inscrivent dans une suite logique si l'on en dégage la cohérence : «Construisez où vous voulez, mais ne venez pas nous en faire part à tout instant. Prenez vos responsabilités, ne mêlez pas l'Amérique à vos projets ou autres affaires intérieures».

Le problème, c'est que Netanyahou lève timidement le doigt, avec l'espoir de cet élève timide de ne pas être remarqué par son instit, ce qui le dispenserait de toute initiative. «Ben voilà, j'ai levé le doigt, mais on ne l'a pas vu».

Nous avons vu récemment comment des Juifs sont expulsés et leurs maisons détruites, «vous prendrez la fuite sans poursuivants » (Lévitique 26, 17). Et une crainte indicible vient nous faire pressentir un possible traitement discriminatoire envers les Juifs de Judée-Samarie, sans que les non-Juifs ne l'exigent, comme si le Premier ministre, ayant tendu son bâton au dirigeant de la grande puissance, ne supporte pas de ne pas recevoir de coups.

«Mais enfin, semble se dire perplexe l'hôte américain, je suis venu partager avec vous votre joie, la joie de votre rédemption et de la réunification de votre capitale éternelle – c'est pourtant bien comme ça que vous l'appelez – qui s'inscrit dans l'histoire de votre indépendance, et vous êtes en train de me dire que vous vous obstineriez à considérer votre patrie comme une monnaie d'échange que personne ne veut acheter? Seriez-vous rentrés d'un exil de 1948 années révolues pour y retourner de votre plein gré?»

A nouveau Netanyahou applique à la lettre les malédictions de la section hebdomadaire Behoukotaï – si vous observez mes lois – lorsqu'il supplie les ennemis d'une part puis un président américain enfin bien disposé d'autre part, de lui acheter son plan des «deux Etats» : «… par le son de la feuille qui bruisse… ils tomberont sans qu'on ne les poursuive… Et ils trébucheront l'un sur l'autre comme à la vue de l'épée, sans que personne ne les poursuive» (Lévitique 26, 36-37). Car il est bien évident que renoncer à sa terre n'est pas seulement un déni de sa propre identité, mais également, sur le plan des circonstances, la répétition en macroscopie de l'expérience du «retrait de Gaza». Netanyahou s'avoue vaincu sans combattre, se conformant religieusement à un passage de l'autre section biblique des conséquences de la non-observance : «Vous chercherez à vous vendre à vos ennemis… mais personne ne sera acquéreur» (Deutéronome, 29, 68). Personne ne veut acheter la solution à deux Etats, mais Netanyahou continue de faire baisser le prix.

L'homme d'affaire pourrait bien se réveiller à nouveau, et puisque dans ce monde tout s'achète ou se vend, il pourrait bien se proposer comme courtier, si ce n'est pas trop cher.

Il convient de ne pas dénigrer tout être humain qui peut être la bonne personne au bon moment. Il ne sied pas de mépriser les forces et capacités terrestres, mais il faut, tout en sachant apprécier les bonnes personnes et les bons outils, ne pas perdre de vue que c'est D. qui «t'a donné cette force pour décrocher la victoire», sans entrer en conflit avec la pensée: «tu te diras en ton cœur : c'est ma force et la puissance de ma main qui m'ont apporté cette victoire». On apprécie le soleil qui nous fournit la chaleur, la lumière et permet à la chaîne alimentaire d'exister par la photosynthèse, mais il ne faut pas oublier que c'est l'Eternel qui «crée la lumière et les ténèbres». Le soleil n'est pas un dieu mais une créature que l'Eternel a mise à la disposition du reste de sa création.

Nos prières, en ce jour de réunification de Jérusalem, en ce jubilée de l'extraordinaire préservation de l'anéantissement, seront adressées à D., à qui nous demanderons aussi de placer de bonnes intentions dans le cœur des hommes.

Yéochoua Sultan ©

 

 

 

 

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 10:04

התחת פער יבוא פאר ?

תרגיל בדיקת הייתכנות לאובדן יישובים יהודיים בא"י כשהמפלגה הדתית-לאומית בממשלה

כשנהרסו בתי עופרה וכשנמחק ממפת ארץ ישראל היישוב העברי עמונה, נשמעו קולות מוזרים בקרב הציבור המכונה דתי-לאומי, עד כדי קולות שמחה שעוררה סברה הנשענת על הבטחות שאם אכן יהודים הושפלו, ונעשה בהם דברים בבחינת ייתי ולא אחמיניה, הרי שמעתה הנפגעים יושכנו במקום טוב ו"חוקי", וכן יושגו הישגים חסרי תקדים בבנייה ביו"ש, ותחת הכאב בוא תבוא כהרף עין הנחמה.

אם כי קשה להאמין שדווקא במתכונת הפער בין דעת המושל לכיסופים אל הארץ יסתמן אותו הפאר. פעם התעוררה בפריס שערורייה עקב שמועות לפיהן שוחטים קיבלו הוראה שלא לפסול עופות טרפה. שאלתי אדם נאמן, שוחט במקצועו, קריא האדם הנכון שביכולתו להבהיר לי איזו עמדה לגבש בנושא. ידעתי שלא יהיה לי קל כי אדם זה שומר פיו ולשונו. אך הנחתי שאם הוא יידחה מכל וכל את השמועות, אדע שאכן מדובר בסתם שמועות. אלא שהוא הביע בפניי את הצטערותו משום שהוא כבר לא עובד כשוחט והוא כעת בהסבה מקצועית לשרברבות. ואז, היות ואין עשן בלי אש, בחיפושיי אחר כתובת אטליז הנושא אישור כשרות שונה, משהו כמו "שערי צדק", פגשתי אדם בעל חזות מרשימה, נושא חליפה ומגבעת. שאלתיהו והוא הרגיע אותי בניחותא ואנחה עמוקה : "כל אחד מאיתנו אכל לפחות חזירון אחד בחייו". די הוכתי בתדהמה. עד שהתאוששתי, כבר לא ראיתיהו. חשבתי שכנראה שהוא התכוון שכדי לאכול בסה"כ מזון כשר, צריך לפעמים להתפשר.

כבר הורגלנו לכך כי בכל חוג דתי קיים גבול אחד ברור. יש מי שיילחם על כשרות המזון, ויש מי שיילחם על הצניעות, יש מי שיילחם על הרבנות בל יושחלו בה גורמים מדתות אחרות המתיימרות להיות אחת הפנים להבנת התורה – כי כשם שהפרושים ידעו להיזהר מהקראיים או הצדוקים שלא נמנו בין שבעים הפנים, כך גם היום יודעים להיזהר מרפורמיים או קונסרבטיביים בלשון שגיא נהור (המונח בלעז פירושו "שמרן") – ומי על השבת, הן כיום מנוחה והן כיום השביעי בשבוע וכן הלאה. וכשלחוג הדתי- לאומי, היינו מצפים לכאורה כי הגבול, בתחום התורה והמצוות, יעמוד בריבונות של העם הנבחר על ארץ ישראל.

אז בחכמת פלפול יתירה, הסבירו לנו שעל ידי הכניעה, האיפוק, ההבלגה, הסובלנות (מחק את המיותר), שהם השכילו להפגין, אחיזתנו בארץ ישראל תצא דווקא מזה מנצחת, כעין גדול חילול ד' [הבא] מחילול ד'. אבל אם אכן ארץ ישראל לא פחות חשובה בעולם המצוות מאכילה כשרה והנחת תפילין, היות וכל הגדולה של הציונות הדתית היא ההבנה שהיהדות זה לא רק מהבטן ומטה, האמירה הזאת שווה לאמירה הבאה : "אמנם אכלנו שרצים ושקצים, אבל עכשיוווווו הא !!!! אנחנו נוכל רק כשר למהדרין מן המהדרין".

ולא זו בלבד, אלא שהרחיקו לכת בכך שאותו המשגיח שהאכיל אותנו (אותנו כי כל עם ישראל סובל מזה, גם מי שבהרדמה מלאה) בדברים הלא כשרים האלה, הוא זה שמעתה ידאג להאכיל אותנו אך ורק במזון כשר למהדרין מן המהדרין, בנושא א"י כמובן. והנה ! פה ייבנו שש אלף דירות, ושם חמש אלף, ובעוד מקום שטח השיפוט של יישוב זה או אחר יורחב. נכון שזה מטעה ומפתה, כי אותיות להרחיב שוות לאותיות להחריב, ה' יצילנו. אז הבה נאכל קצת מהבהמה אשר איננה טהורה, אחרת לא נהיה בטוחים שנמשיך לאכול כשר.

סיפורים מצמררים מתקופות אפלות מתארים לנו מצבים בקהילות הגולה, בהם פריץ או רודן פונה לרב וקובע תנאי כי אם הרב יבוא לו רשימת שמות, רק הם ייאסרו והקהילה תינצל. בסיפורים אלה, הרב תמיד היה מסרב, או שהיה כותב את שמו במספר הפעמים התואם את מספר הקרבנות שהוא מיאן לנקוב בשמותיהם. למותר לציין שזה לא תמיד נגמר בנס. בין קהילות צרפת נטבחו בגזרות תתנ"ו אלפי יהודים שלא כרעו ולא השתחוו לבעל של הנצרות. גם לא בתור אנוסים, אבל אנוסים ממש, לא אנוס על כסא מרופד הקרוב למלכות והעושה חשבונות של רווח והפסד. אך אותו הקרוב לא מודע שבסופו של דבר הוא עלול להפסיד את כל הקופה, כדוגמת המשרת שבסיפור האשכנזי העממי שקיבל את שלושת העונשים (הביא דג מקולקל לאדונו וכו'). וההתחבטות היא : האם כדאי להישאר צמוד למושל שמא יקום תחתיו מושל גרוע ממנו?

לדאבון, המפלגה ה"דתית-לאומית" הופנטה בתרגילים פוליטיים. היה כאן מבחן : המבחן על פן האפשרי והמעשי של מחיקת נוכחות יהודית לטובת האויב בארץ ישראל. כמובן שתמיד, בתאיי מעבדה, הניסוי נעשה בזעיר אנפין, לפני שעושים הכללה וקובעים כלל, בדומה למשקל של : "כל המציל בית אחד מישראל, כאילו הציל את כל ההתיישבות אם לא כל המדינה", אבל בכיוון ההפוך : "כל היכול להרוס בית אחד משיראל..." חבל שלא התמקדו על רמת העיקרון והאיכות במקום על יחסי כמויות. והנה הניסוי הצליח.

ובאופן כללי יותר, למרבה הצער, הכוחות המתנגדים לשיבת ציון ניצחו את הכוחות המצדדים בעד יישוב וישיבת הארץ. המערכה הוכרעה בין מי שרצה לגרש אויבים ומי שרצה לגרש אחים. אם בכוח ואם בעדינות (טרנספר), ראשי המאבק חוסלו ; ואם בכוח ואם בעדינות, הכניעו כוחות הגירוש את המדינה. חברון נשלטת ברובה על ידי אויבים, ולא יעזור בכהוא זה הצבא העומד בין החזקים בעולם. ולעומת זאת, ורוצח הבחורים בתש"מ, ידו על העליונה : הנה הוא ראש העיר והתרדמה כה חזקה שאין פוצה פה ומצפצף, כשלא פסקה התופעה בה יהודים מגורשים בחברון גם מבתים ששילמו לזרים בכסף מלא. ואלה שרצו לשמור על ה"הישגים" של פוגרום תרפ"ת הם אלה שקובעים את צביונה של חברון עד היום.

וכן הוא ובין השאיפה לחסל או לפחות להעמיד לדין את מחמוד עבס, ובין הנכונות להושיבו על כס מלכות בלב ארץ ישראל, שוב האחרונים קובעים. וכבימי הגלות, היהודי הוא זה שעליו לפחד על עתיד אחיזתו בארץ אבותיו, ולא הפולש הזוכה בתמיכת הממשלות החולפות וברשויות בתי המשפט המגלים תדיר בחוק פנים שלא כהלכה.

והמפד"ל בפניו החדשות מתפאר בהישגיו ובתוצאותיו כביכול. במקום לחולל מהפכה בעולם המשפט ולשים קץ לעוול, ולדאוג להוראת שעה שתשעה את החגיגה, הם חגגו מנגד על הכנסת קומץ שופטים מהחוג הנכון מבחינתם. שמחת המפסידים הזו מזכירה, להבדיל, את שמחת ראשי ארגוני הטרור שהעתיקו את מקומם מבירות לתוניס במלחמת לבנון הראשונה.

היום, מאז עמונה ועפרה, הובן שהמפלגה הולכת אחר העדר. על הבטחות שווא בלעו הנציגים את השרץ. אמנם המתפקדים עינם בראשם. כשהם נמנעו בשיעור כה גבוה להצביע בבחירות האחרונות למי ראוי להנהיג את, הם סימנו לנבחרים שהם מעלו בתפקידם. וכן רבים היו התגובות, מתחת למאמרים על הרדיפה שפקדה את יהודי עמונה ועפרה, שהכילו נוסח ברוח : "בנט, ניפגש בבחירות לכנסת".

וכהרגלו, ראש הליכוד מתעתע בנו. הוא לכאורה הולך יחד עם עמו. הוא יודע את הזיקה לארץ ישראל, וכי היא צודקת ואין כל עם ולשון יכולים להתחרות בארבע אלף שנות היסטוריה ובשפה כה עתיקה שזהותה וזהות הארץ זהות. וכשהוא מדבר בגאות על חברון לקראת הכנסת הארבע-עשרה, וכשמיד לאחר מכן הוא נכנע ללא קרב למחבלים, זה לא מדבר אל אף אחד. מעטים הם אלה שאמרו שאין לסמוך על האיש. כי כולם שוכנעו, "הבינו", שזה לא תלוי בו. זה תמיד בגלל מישהו אחר. וזה מסביר ומפענח את העובדה שכולם כה תלו תקוות בבחירת טרמפ בארה"ב. הורגלנו לכך שהמדינה לא עצמאית ושעליה לקבל אישור על כל מישוש זכות בלב ארצנו. אז היות ואובמה היה "נשיא ארה"ב הקשה ביותר לישראל", והיות, שוב, ונתניהו מכל מקום לא אחראי, כדאי שייבחר טראמפ.

אך כעת הובן כי הנשיא האמריקני החדש אינו שונה מקודמיו. הוא קיבל את המרצח עבס כמנהיג מדינה, מה ששוב מצביע על ניצחון מחנה הכחשת זכויות עם ישראל. לדבר הזה יש משמעות כבדה, ולא תעזורנה תנועת היד הקמוצה וסיבובי האגודל. ה"אין ברירה" של נתניהו שונה קצת מה"אין ברירה" של פרס, בכך שנתניהו "באמת היה רוצה לנהוג אחרת".

הבנאדם אף פעם לא אחראי ואף פעם לא אשם. יש דבר דומה ביחסים מקולקלים בקרב משפחות מסוימות. אחד מבני הזוג שם את עצמו במרכז, כופה על כולם את רצונותיו, והאחרים בסביבתו יחושו תחושות אשמה כל פעם שאינם משכילים "להבין אותו". מוחקים יישוב יהודי, אבל שקט, אסור להעציב את נתניהו.

וכך הוא הדבר ב"שלום", במובנו ה"תקשורתי". "אם אין שלום, זה לא בגללנו, זה בגלל האויבים. הנה הם לא רוצים להכיר בנו, הנה הם לא רוצים לשבת סביב שולחן המשא ומתן." ואם הם ירצו? מקשה בדאגה האדם הציוני. "לא, זה לא ריאלי..." ואז פתאום הכריז סאדאת שהוא עונה להזמנתו של בגין, מגיע לכנסת, והנה מתחילים בהרס עצמי בימית ואופירה, והנה היום נשמעות קולות מלחמה מסיני בחלוצה. ומה אם שוב אויב יכריז שאין לו בעיה עם מדינת ישראל יהודית? או שהוא מוכן לקבל מתנות חד-צדדיות (כי כל מה שהוא "ייתן" בתמורה הרי הוא לא שייך לו) ?

אין אמירה ברורה של עם בני חורין כי "אין שלום לרשעים", וכי חזרנו לארצנו ולא נתייחס למולדתנו כאל סחורה. נרוויח אגב בכך שנכחיש את ההאשמות האנטישמיות הטוענות שיהודי זה מי שעושה מכל דבר כסף או מסחר.

וכשלרע במיעוטו, אם יש עדיין הסוסים, הוא היה עומד על במה במרכז עמונה או עפרה בקריאות תגר וגורם לממשלה להימנע מהמעשה הרע הזה.

ולסיכום, אמנם בנט תמיד מכריז שאל לו ליהודי לבקש סליחה על עצם העובדה שהוא חי, ואל לו להעמיד פנים מנומסות שוחקות ומנומסות כלפי חוץ, כדי שהעולם יבין סופסוף שאין לו סיבה לשנוא אותנו. אלא שזו בדיוק הנקודה : הוא לוקה במה שהוא מטיף : מפלגתו חבריה ומנהיגיה מתנהגים בדיוק בצורה הזאת, אולי לא כלפי הגויים, אלא כלפי החילונים, בשאיפה לשכנע אותם שאין להם כל סיבה לשנוא את הדתיים ו\או את אוהבי ארץ ישראל.

נותר לנו להתפלל אל ד' כי יצילנו מנתניהו, כשם שהוא הצילנו ממזימת ברק, בעת שהוא עמוד לכלות מאה יישובים, וכשכל הכוחות שבעולם צדדו בעדו. שד' ירחם עלינו, ויבטל את מחשבותיו של מלך שגזרותיו קשות כהמן, ויגאל אותנו מיד, אם לא למעננו אז למען שמו.

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 10:34

Avec Macron, ça va cramer...

Luttes main dans la main, mais avec qui et contre qui ?Ô médias tout puissants, une femme a été torturée et précipitée dans le vide, en plein Paris, sa seule faute ayant été d'être juive ; un «camion fou» a fait de la douce Nice un Beyrouth dans le cœur de tous ses visiteurs, les hôtels et locations privées sont en crise, plus d'Anglais sur la promenade ; un commando terroriste a perpétré un carnage en plein Paris. Tous, y compris ce camion sans vie, agissaient selon un dénominateur commun fortement motivé par la religion mahométane, motivation occultée autant que faire se peut.

Et vous avez réussi à faire en sorte que tout le monde, juif ou non, continue à dormir sur ses deux oreilles. Car vous avez en quelque sorte cyniquement répondu à la question que l'on n'ose plus se poser : «Comment faire pour que les massacres contre des innocents juifs ou non-juifs ne fassent plus la une des journaux?» Tout simplement en évitant que ces traitements inhumains ne soient portés à la connaissance du lecteur, à l'instar de la morphine qui fait oublier au souffrant en phase terminale son mal.

Quant au ressentiment, à la peur qui fait se demander si l'on a vraiment envie ou besoin de se rendre à tel spectacle, à telle manifestation publique, vous l'avez détourné en agitant les démons du passé, par associations si habilement sous-entendues qu'elles vous mettront à l'abri de la diffamation, bien qu'elles soient proches d'être explicites. Vous avez donc habilement manœuvré pour faire avancer votre pion, et damner celui de la candidate qui ne mérite que l'élimination, sans lui accorder la moindre présomption d'innocence, pas même le premier des cent jours, non pas de Napoléon, mais que l'on accorde à tout nouveau dirigeant avant de le critiquer.

Et lorsque tous ceux qui auront docilement marché dans ce sentier tout tracé se seront réveillés trop tard, ils s'étonneront que le drapeau agité ne sera pas celui des valeurs de liberté, égalité, fraternité, tradition qui aura tenu au total un peu plus de deux siècles. Pareillement, vous occultez soigneusement depuis deux mois tout débat autour des coutumes islamistes qui s'incrustent dans le paysage. Les élections doivent se dérouler en dehors de ce contexte mutagène provoqué par l'étendue d'un croissant dont les extrémités tendent à se refermer.

Les électeurs se font laver le cerveau de tout ce qui pourrait leur permettre de prendre du recul. Pour faire avancer votre favori, vous avez discrédité le seul candidat plausible, non sans exploiter en parallèle le filon judiciaire, sachant bien que lorsqu'il sera innocenté de tous les fichiers qui alourdissent son casier, ce sera après les élections.

Dès lors, il ne vous reste plus qu'à entretenir une ambiance de psychose, où la peste brune devient blonde, et en conditionnant l'électorat comme s'il se trouvait en 1940, comme si tout recommençait à cette date, lorsque la menace de voir basculer la France dans la ligue arabe n'existait pas.

Et les gens vont en masse renoncer à leur liberté de choix, leurs capacités d'analyse, et ils vont vous obéir, noyés dans l'émotion du bon citoyen qui prendra son renoncement à son droit d'élection pour un devoir citoyen.

Mais vous n'aurez pas ma voix, car vous ne me faites pas peur avec vos démons. Et, si jamais – parce que vous n'aurez pas ma voix, et parce que l'abstention concernant votre candidat hébété signifie pour vous soutenir l'autre – le fameux spectre se hisse au pouvoir, et que vous tendiez à m'en faire porter le chapeau, vous en retiendrez peut-être une leçon de modestie et cesserez à l'avenir toutes vos manigances.

Vous relativiserez votre toute puissance, tels vos congénères surpris par le Brexit, le référendum suisse sur les mosquées, la défaite d'une candidate pas si hilarante tout compte fait, de la confirmation et du maintien de Netanyahou à son poste.

Vous avez fait en sorte de faire avancer votre pion jusqu'à la finale, et vous comptez sur le principe qui fait du premier tour celui du choix et du second celui de l'élimination, pour que votre candidat – ou celui d'un Hollande qui, tant qu'il ne sera pas parti, continuera d'avoir sous sa botte les ficelles des médias – devienne président. Si, cependant, certains électeurs moins malléables hésiteront un instant et se demanderont quelle menace entre Le Pen et l'hégémonie islamique sur la France doit être éliminée par son bulletin, en ce qui me concerne, en tant que citoyen moyen que vous ne priverez pas de son esprit critique, le danger qui doit être jugulé est celui de la dictature médiatique.

Ps au lecteur outré : le cas échéant, Mme M. Le Pen recevra un petit coup de fil de quelque(s) producteur(s) de pétrole. Il lui sera demandé si elle est bien certaine que la France puisse se passer de leur marchandise. La possible ressemblance entre elle-même et son père devrait vous rassurez : c'est bien lui qui a tenté la dernière chance de sauver un pays musulman. Souvenez-vous que J-M Le Pen s'était rendu personnellement chez Sadam Hussein pour le supplier de céder à l'ultimatum américain, à la veille de la première guerre du Golfe. Eh oui, Sadam se serait retiré du Koweït, et aurait repris son programme initial, avec son canon géant qu'il s'apprêtait à diriger contre Israël. L'histoire nous a montré que les plus terribles des Européens ne sont pas contre les musulmans et les Juifs, mais avec les musulmans contre les Juifs. Seulement, les accointances entre le mufti et le führer sont souvent absentes des manuels d'histoire. Et si vous tenez absolument voir en Mme Le Pen la réincarnation du maréchal Pétain, sachez que l'Allemagne n'est pas encore sur le point d'adresser en 2017 les mêmes revendications qu'en 1940.

Mise au point : le développement ci-dessus puise sa cohérence du postulat qui veut que Le Pen est l'amie des nazis et Macron l'ami des islamistes, d'une part, et que les nazis incarnaient le danger antijuif il y a soixante-dix ans tandis que les islamistes le sont aujourd'hui, d'autre part.

Mais si l'on part de l'hypothèse de base selon laquelle, si, toujours, Le Pen est l'ami des nazis et Macron des islamistes, d'une part, les islamistes sont aussi les amis des nazis, aussi bien aujourd'hui quand les livres cultes de ces derniers sont les leurs, qu'hier quand la complicité entre führer et mufti est ce qui a permis la solution finale en Europe (voir le chasseur et le rabatteur), alors la boucle est bouclée et nous faisons face au pareil au même.

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vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 13:49

יהודי צרפת נקראים, יחד עם שאר אזרחי המדינה, להצביע לאחד המועמדים שנותרו בשלב הגמר של הקרב על הנשיאות. בהתייחס לטיבם של השניים, כשהאחת מזוהה עם המרשל פטן (Pétain בצרפתית אין לשון נול על לשון עם סוג של נחש), במקרה הטוב, ועם המשטר הנאצי במקרה הרע, וכשהשני מנהל יחסי ידידות אפלים עם גורמים מוסלמים קיצוניים ומצדד בעד הגדלת העתקת אוכלוסיות שבאפריקה ואסיה המוסלמיות לתוך תוכי העולם הנאור (עוד מעט לשעבר), נדמה שהיהודי אוחז באזני הכלב ומתערב על ריב לא לו.

אמנם ניתן להרגיע את מי שמשווה את לה פן לפטן, שהרי היום הגרמנים לא דורשים מצרפת כלום לגבי היהודים שלהם, אך הסכנה שמסתיר מאחורי גבו המועמד של מפלגת קדימה בגרסתה הצרפתית (En marche = בהליכה ), והנערץ בחוגים של האיסלם ( = אין שלום) מעורערת ע"י אמצעי התקשורת המגויסים לטובתו, שמעלימים מידיעת הציבור מקרה חמור ומזעזע ביותר, כשלפני פחות מחודש, נרצחה הגברת שרה הלימי הי"ד, תושבת הרובע ה11 בפריס, על ידי מוסלמי שפרץ לתוך דירתה וזרק אותה מחלון דירתה אחרי שעה ארוכה של עינויים, כשהשוטרים שהוזעקו עמדו חסרי מעש, כמשטרת הבריטים בתרפ"ט, בעילה שהם מחכים ליחידה המיוחדת והקרבית, המתאימה יותר למצבי חרום מכגון זה, מצבים ההולכים ומתרבים בצרפת. האישיות הציבורית היחידה שזועקת על זה הינה לא פחות מחבר הפרלמנט מאיר חביב. אך מסע ההפחדה בעיצומו, אותו מסע שמקודם דאג לחסל את המועמד פילון, המזוהה עם הימין המסורתי, היחיד מבין המועמדים שאחז בידו תוכנית רצינית להצלת המצב הכלכלי המתדרדר.

והנה, במקביל, בארצנו הקדושה, רבים הם אלה שתמהים מדוע היהודים לא עולים לארץ. וכשמנסים להבין שיהיה עליהם לאבד את מקור פרנסתם, וכן להיקלט במדינה בה יהיו לרובם קשיי שפה ומציאת דיור, אז נוטים לחשוב : "נו, אז הם ימצאו עבודה בארץ. הם ילמדו עברית, והעיקר הוא שהם סוף סוף יחזרו הביתה". אגב, הדבר האחרון כאן הוא לא כל כף פשוט. אם בחו"ל היינו "היהודיים", פה הפכנו להיות "הצרפתיים". וכשעליתי, היה שיר אופנתי : "אתה, אתה, יש לך מבטא", מה שאומר שלא בטוח שמי שעולה ירגיש כל כך מהר שהוא בבית. עליו יהיה לשים לנגד עיניו שארץ ישראל נקנית באיסורין ושאל לו להסתובב לאחור.

אך נחזור לעניין הפרנסה. נכון שלפני כעשור, מי שמכר את דירתו בפריס קנה שתיים בנתניה, ומי שעלה לפני שני עשורים קנה שתיים בירושלים, ונכון שהיורו ירד במרוצת השנים מששה שקלים לפחות מארבעה. אבל בעצם מתקשים להבין מדוע הבנאדם לא יוותר על 100% הכנסות. לא זו בלבד, כי הרי בין היהודים השוהים בצרפת, חלק ניכר היה רוצה לחיות בארץ, אלא שהוא מרגיש כאנוס (ראינו אנוסים בגירוש יהודים מאדמתם והריסת ביתם, ה' יצילנו, בארץ, לא?).

הבעיה היא שלא רק אצלם האידיאלים נגמרים במקום שהכסף מתחיל. ארץ ישראל שלנו, הארץ המובטחת שצר לנו להיות עדים לכך שאזורים נרחבים מאדמתנו נמסרים או נכבשים ע"י זרים, באופן שאין ליהודים כל אפשרות אפילו לעבור דרך נתחים אלה של לב לבה של ארץ ישראל. אבל בפועל הציבור שלנו (אוהבים את הצירוף הזה) דואג לחיזוק אחיזתם והתרבותם, דבר שממשיך למנוע נסיעה ישירה לירושלים, וייתכן גם העברת פורים לתאריך המוקפות חומה.

המשק והכלכלה של כל מדינה מבוססים על מגוון רחב של ענפים, אך היהודים מנועים מלעבוד בשניים מהם : החקלאות והבניין. הראשון שמור לתאילנדים, עובדי העבודה הזרה המובהקים, והשני לאלה שמבקשים לרשת ולהשמיד את [אויבי] ישראל. הטענה העיקרית היא שהיהודים כביכול עולים הרבה יותר כסף. אז הבה ניתן את הכסף לאויבנו ונמנע מאחינו להתפרנס. וכשמחפשים אחר הצדקה הלכתית, מביאים שיעורים עד איזה אחוז יש להעדיף את אחינו על פני שונאינו, ומאיזה אחוז אין יותר אחים ושונאים, בידוע שלכסף אין ריח.

לא רק שלא מדובר בעזיבת 100% מהכסף, אלא שחלק מההפרשים מעלויות נובע מעצם זה שהישראלי העובד בהתאם לחוק משלם מיסים, מע"ם, ביטוחים, מה שהיחפנים שהעשרנו עד כדי החזקת כלי הנדסה כבדים, מכניסים ישר את הכל לכיסם. כשבניתי, פניתי למקצוענים יהודיים. אך את חטאיי אני מזכיר היום : לא התניתי דבר. וכשביקרתי באתר הבנייה, לא אתאר לכם מה הייתה זהותם של הפועלים. הקבלן היהודי טען שכך נהוג, אבל מה שמעניין אותי יותר הוא מה שקרה לי ביושבי מול פקיד מס הכנסה, כשנתבקשתי לעשות הצהרת הון. על כל יהודי שעבד אצלי, המצאתי את החשבוניות ואת הקבלות. וברגע שאמרתי שחלק גדול מהעלות אינו מאושר כדין כי חלק מהעוסקים במלאכה הם ערבים שבאו ממקום שלא זוהה בוודאות על ידי, הפקיד עצר אותי ואמר שזה לא מעניין אותו, ושהתיק מספיק מלא.

ובטענה שהכסף נותן כיסוי לכל, נסגרו כל האפשרויות לאנשים טובים מאוד שה"בעיה" שלהם היא שהם לא נבראו בתור ר"מים או מהנדסים. הישיבות התיכוניות שהכינו למקצועות של בעלי מלאכה נסגרו. ומה שנותר, זה רק מקומות שמדרגים את האנשים ביחס לרמתם במתמטיקה, כממיינים אותם משתיים עד חמש יחידות, והאדם שהיה יכול להיות חקלאי מעולה ייחשב ל"תלמיד עם קשיי למידה", כי אותו החקלאי או הבנאי לא עשויי מטבע תכונותיו האישיות לפתור שאלה עם מספר מרוכב כי מבחינתו מספר בריבוע לא יוכל להיות שלילי, או שאלה אקספוננציאלית בריבוי איזשהו ייצור חי העשוי להתרבות בין גידולי הקרקע שהוא דווקא יכול היה להצמיח בצורה נפלאה.

החקלאי, הבנאי, המהנדס, כל בעלי המקצועות בכוח, לא יגיעו לאושר ולעושר בפועל כי כולם יתבקשו לשקוד על השאלה המעניינת דווקא את המהנדס לעתיד. זה כמו לכפות על שחיין, כדורגלן, מתאגרף, להתמודד כולם בתחרות התעמלות קרקע ולפסול את כל מי שלא יצליח, בטענה שיש לא קשיים בספורט. אם כשמתייחסים לעולם החי, מובן מאילו שמה שמסוגל לעשות לוויתן הצולל מעמדי הים לא מסוגל לעשות קוף וכן להיפך, כשהלוויתן לא מסוגל לטפס במהירות עד לצמרת עץ גבוה, אז עלינו לקחת בחשבון שבני אדם שונים הם זה מזה מבחינת זיקתם לעיסוקיהם בחיים. לא ראי זה כראי זה וכו'. כי גם אם נרצה לפרמט את כולם שיהיו רק רמים או מהנדסים, זה לא ילך.

ואם, גופא, נדון בעניין של העלויות לכאורה היותר נמוכות כשמעסיקים זרים, יש כאן ביישובנו מבנה ציבורי שכל כמה שנים עובר שיפוצים מהיסוד, בגלל הצפות לא נעימות הנגרמות משפיכת מלט, סמרטוטים, וכן הלאה, ובזדון, לתוך הצנרת בעת הבנייה או השיפוץ, בהשארת מעבר דק שייתן למפקח בנייה לראות שהכל עובד כראוי. אין ספק שאם היו לוקחים עובדים נאמנים, היו חוסכים הרבה הרבה כסף.

ועוד עניין שנגמר איפה שהכסף מתחיל. זכורני שהייתה ביישובנו חנות בשר עם שירות אדיב וחומרים איכותיים למהדרין ובהשגחה צמודה. יום אחד פתח קפיטלסט חנות בה הציעו עופות טריים ב 1 ₪ לקילו, עם תנאי נוח של קנייה בעד מאה שקל משאר המוצרים, ועד לארבעה קילו בקנייה. "אתה לא חושב שיש לחזק את אחינו שלא ימוך?" "תשמע, אם היה לי יותר כסף, תאמין לי וכו'..." כצפוי, החנות נסגרה, הבנאדם שרד באיסורים, וכצפוי, העוף בשקל היה כלא היה. וזה לא נגמר רק בכסף, כי הנה לאחרונה נתגלו בעיות חמורות בכשרות אצל אותו הקפיטליסט, אבל זה כבר לא משנה לו. ולא צריך להבהיר שאותה החנות כאן הייתה למקור פרנסתן של כמה וכמה משפחות ביישוב. ועלינו לשים לב גם שיש עוד חנויות מזון שדואגות לפרנס ולהעסיק בכבוד אבות למשפחות שאולי לא באו לעולם כדי להיות מהנדסים או בעלי תואר ראשון, שני, שלישי....

  • ונכון הדבר שביישובנו פועלים אנשים נפלאים שלא ייתנו למתקשים בפרנסה להתרושש עד כדי פת לחם, ויש גם הנחות בארנונה למי שקשה לו לעמוד בזה, אם כי בדרכים של לועג לרש כשמטרטרים שנה שנה את אותם האנשים שלא התעשרו באיום כי יצטרכו לשלם מחיר מלא. אך חברה בריאה היא זו שכל אחד מוצא מקצוע המתאים לנפשו, ולא לחינם יש במערכות השעות של בתי הספר כל כך הרבה מקצועות, כדי שכל אחד ייגלה ימצה את ה פוטנציאל שלו. וכמו שהיינו אומרים כשהיינו ילדים, בציטוט פתגם "סיני", תואר המגיע לכל אמירה שלא יודעים את מקורה : "עדיף ללמד אדם לדוג מאשר לתת לו דג", מה שלא סותר את התמיכה בו עד שיידע לדוג לבד.
  • החתום : יהושע סולטן

 

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 14:48

Des dates de l'indépendance d'Israël et de la réunification de Jérusalem, et de leur implication dans la prière

Les jours de fêtes se particularisent par la suppression des supplications et la récitation du Hallel, la louange, suite de psaumes entonnée en signe de gratitude, de génération en génération, à deux conditions. La première, c'est que le peuple ne soit pas assujetti à un pouvoir étranger au moment de l'événement de base (il ne doit pas être un serviteur de serviteur), d'où l'omission du Hallel du rituel de Pourim, et la seconde, c'est que le miracle doit concerner l'ensemble de la communauté d'Israël, sans quoi il n'est récité que ponctuellement, uniquement par les personnes concernées et sur un temps limité.

Et c'est depuis qu'Israël a accédé au titre de peuple avec six cent mille membres et l'implication providentielle dans les événements de la sortie d'Egypte, que ce nombre désigne et définit cette collectivité. Donc, une implication providentielle célébrée d'année en année doit, d'une part, comporter au moins ce nombre, et d'autre part se produire soit en l'absence de la mainmise d'une souveraineté étrangère sur Israël, soit dans un changement d'état, de l'état de soumission à l'état de liberté.

A ce jour, nous sommes considérés comme miraculés de la sortie d'Egypte ; pas un haut fait qui ne soit accompagné de la mention : «en souvenir de la sortie d'Egypte». Nous lisons dans la Haggadah que si nos ancêtres les Hébreux n'avaient pas été libérés de cet esclavage, nous y serions encore, ainsi que nos enfants et nos petits-enfants. C'est donc la référence par excellence. Outre le Hallel précité, les enfants d'Israël, épiloguèrent la délivrance susdite par un cantique que nous continuons de lire tous les jours, le cantique de la Mer, et qui s'insère entre les versets du chant, incorporés à la prière du matin, et dont le déclenchement de sa composition ne fut confirmé qu'à la vue de l'armée égyptienne définitivement neutralisée.

Quant au Midrash où l'on peut lire : «L'œuvre de mes mains se noie dans la mer et vous entonneriez un cantique?», il n'est pas contradictoire, puisqu'il ne s'adresse pas à Israël mais aux anges du Service. Puisque ce chant tue (un plagiat légèrement modifié se retrouve chez Ulysse et ses sirènes), et puisque les Egyptiens devaient périr noyés, il n'était pas question que les anges n'en mutent le verdict en une autre peine. Ils ne seront autorisés à faire entendre leur voix, que pour faire lever le siège de Jérusalem, aux oreilles des armées de Sennachérib. Mais cette fois, il sera reproché au roi Ezéchias de ne pas avoir entonné de cantique de gratitude. Comme si un seul chant pouvait intervenir à la fois.

Quant à la proclamation de l'Etat d'Israël, et dix-neuf ans plus tard la réunification de Jérusalem, le grand rabbinat d'Israël est formel. Le grand Hallel doit être récité. Le grand rabbin Shlomo Goren, tour à tour grand rabbin de Tsahal - célèbre dans le monde entier pour avoir sonné du schofar lors de la libération du Mont du Temple - puis d'Israël, précise à l'intention du grand public les fondements halakhiques de cette décision. Il s'agit du début de l'ère de la rédemption, telle qu'elle se présente concrètement dans le déroulement de l'histoire «Les phénomènes principaux annonciateurs selon la halakha du bourgeonnement du commencement de la rédemption et de la libération de nos personnes.

  1. La libération de notre saint pays de l'assujettissement des étrangers, et la réalisation du commandement de la Torah, selon l'école de Nahmanide dans son livre des Commandements, qui nous enjoint de conquérir le pays que l'Eternel a donné à nos pères et de ne pas l'abandonner dans la main d'un tiers ni de le laisser désert...
  2. Le rassemblement des exilés d'Israël des quatre confins de la terre, dans une mesure jamais égalée comme il est écrit : "L'Eternel ton D. ramènera (reviendra) tes captifs et te prendra en pitié ; il reviendra et te ramènera de tous les peuples où il t'aura dispersé… il te ramènera dans le pays, l'héritage de tes pères, et tu en hériteras".
  3. L'établissement du gouvernement d'Israël dans notre saint pays. Conformément aux paroles de Maïmonide, chapitre 8 des Lois du retour… "tous les avantages prévus par les prophètes pour Israël sont des choses concrètes et Israël en profitera à l'époque messianique lorsque le gouvernement reviendra aux mains d'Israël"…»

Le grand rabbin poursuit et souligne que les conflits, consécutifs à l'indépendance, ou annonciateurs de la réunification de Jérusalem, «lorsque sept armés entraînées et lourdement équipées se sont précipitées pour envahir le pays», relèvent du processus de la délivrance, lorsqu'il cite le traité talmudique Méguila (17b).

En outre, le grand rabbin de Kiryat-Arba-Hébron, Dov Lior, met au point la considération suivante : les prières de reconnaissance, sans rien diminuer du mérite des héros qui ont pris part à la libération et à la défense d'Israël, sont adressées au Créateur ; ce qui implique que les prises de position ou les actes politiques des dirigeants, fussent-ils déplorables, n'altèrent en rien le devoir du peuple envers son D.

«En raison de certains événements de ces dernières années, un certain relâchement s'est fait sentir quant à la relation positive à l'Etat, au sein de différents cercles de notre peuple. Il me semble donc important d'établir et de clarifier quelle est l'approche de la Torah d'Israël vis-à-vis de ces phénomènes pénibles subis par notre peuple. Nous, en tant que disciples de notre maître et rabbin Zwi Yéhouda Kook, que le souvenir du juste soit bénédiction, qui avons eu le mérite d'étudier et de nous éduquer auprès de lui sur la façon d'appréhender les effets qui accompagnent les processus de la rédemption, établissons sans équivoque qu'il convient de distinguer entre le rapport à l'Etat et la considération de ceux qui le gèrent.

L'Etat d'Israël, dont nous avons eu le mérite d'assister à son édification après environ deux mille années d'un exil excessivement pénible, est réellement le début de l'avènement de notre délivrance.

Personne ne peut affirmer qu'il connaît avec certitude de quelle manière la rédemption d'Israël doit se dérouler, et pour laquelle tous les prophètes se sont prononcés, comme le précise Maïmonide à la fin des Lois des Rois. C'est pourquoi le fait que les choses ne progressent pas comme nous le voudrions ne change rien à la réalité qui veut que notre Etat incarne le début de l'avènement de notre délivrance. Il appartient à tout le peuple d'Israël, à tous ses cercles et toutes ses couches, dans le pays et en diaspora, et aussi aux générations futures. Il œuvrera en tant que trône de D. en ce monde, et la gloire de la royauté d'Israël y flottera à l'avenir.

Il convient donc de rendre grâce au Créateur qui nous a permis d'être présents lors de la résurrection de l'Etat d'Israël, car le fait même de ce renouveau est une sanctification éminente du grand Nom, après l'indicible Shoah.»

Le grand rabbin Lior ne se campe pas dans le fatalisme ou l'inactivité : «Nous faisons part de nos sérieuses réserves vis-à-vis de la direction politique, qui cherche à affaiblir le caractère judaïque de l'Etat juif, à en céder des pans entiers à des terroristes, et qui pourchasse des personnes de grande valeur qui cherchent à peupler le pays, et en chérissent la poussière et la roche. Il est évident que ces démarches sont opposées à la Torah d'Israël, qu'elles remettent en question les pères fondateurs du sionisme, qui ont vu dans la libération du sol et l'installation de Juifs un objectif national de première importance.

Le public doit œuvrer pour le changement de la direction politique dans tous les domaines de notre vie sur le plan public. Il lui faut s'opposer énergiquement à tout processus visant à affaiblir le tempérament du pays en tant qu'Etat juif dans tous les domaines de sa vie publique. »

Le grand rabbin Lior, qui comptait parmi les passagers de l'Exodus, s'est illustré par son courage et sa détermination, lorsqu'il lança un appel en vue du grand rassemblement qui se tint à Kiryat-Arba-Hébron, au moment-même où le gouvernement Pérès-Rabin avait projeté d'expulser les habitants juifs de la cité des Patriarches, au nombre de quatre cents et jamais réellement encouragés à se multiplier en ce lieu. C'était au printemps 1994, peu après Pourim.

Aujourd'hui, le jour de l'Indépendance ainsi que celui de la réunification de Jérusalem, dont nous marquerons cette année les cinquante ans, sont largement célébrés, y compris bien entendu par le public orthodoxe. Si en général la presse s'attache à des éléments sortis du contexte général pour donner une idée tronquée de la réalité, il faut savoir que les unités combattantes orthodoxes sont de plus en plus demandées par le public. Et, une fois n'est pas coutume, on saluera l'étude publiée hier (Yom Haaçmaout 69), sur le site du grand quotidien Yédioth Aharonot, dans laquelle, outre un aperçu global sur l'identification du public orthodoxe à cette nouvelle tradition du barbecue national, publie des chiffres selon lesquels 75% du public orthodoxe est optimiste au sujet de l'avenir du pays. Les chiffres sont moins éloquents au sujet de sentiment d'appartenance totale au pays et d'identification à ses défis. Et pour ce qui est du manque de confiance dans la Cour suprême, quand seuls 6% la considère comme sérieuse, ou du ralliement à 96% aux exigences de la tradition juive au détriment d'une loi qui serait en conflit avec celle-ci, cette approche est non seulement solidaire du sionisme religieux, mais également d'une tendance israélienne non religieuse inconnue ou presque tant que la liberté de presse (électronique) n'existait pas, telle la page Hatsel, (The Shadow).

La rédemption est en marche, et le phénomène du retour de l'exil s'accentue, qu'il soit motivé par la foi et l'idéal, ou par des problèmes économiques ou sociaux, comme cet antijudaïsme qui rend la vie impossible dans des pays arabo-islamiques ou en voie d'arabisation-islamisation, ou lors des (courtes?) périodes d'un pouvoir national-socialiste (national, socialiste?) ou d'extrême droite. Nantis ou démunis, les membres du peuple juif se reconstruisent sur leur alt-neu Land, en dépit des difficultés posées par les partisans d'une mentalité figée quelque part entre 1798 et 1869, entre les émancipations (française ou allemande).

Nb : les propos des grands rabbins Gorenז צ"ל et Lior, שילח"א sont extraits respectivement du livre de prière Bet-Meloukh du rabbin Cherki, et de l'introduction d'un feuillet renfermant les prières des Jours de l'Indépendance et de Jérusalem. L'étude rapportée par Ynet peut être consultée sur le lien suivant :

http://www.ynet.co.il/articles/0,7340,L-4956387,00.html


Beth Hasassa, Hébron

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vu-sous-cet-angle Yéochoua Sultan
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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 23:51

Quand un ennemi à court d'arguments militaires se découvre un réseau d'alliés à l'intérieur

Certains réflexes dont le conditionnement remonte à la nuit des temps, tendent à montrer que la liberté de penser et la démocratie restent largement bien peu ancrées dans bien des esprits. S'il est aujourd'hui à peu près évident que les dictateurs et autres monarques ne gardent dans le meilleur des cas qu'un rôle décoratif et/ou de parade, ayant été remplacés par des élus devant justifier toute politique ou décision, sous peine d'être attendus au tournant des prochaines élections, le cas est absolument différent pour la gente impérieuse des tribunaux.

Dans certains pays, les juges et autres procureurs continuent de se pavaner avec des atours royaux, des manteaux d'hermine et autres longues toges. C'est loin d'être drôle. Il se peut que le plus inquiétant ne consiste pas dans le fait qu'ils échappent à tout système ou contrôle démocratique, ni qu'ils n'aient donc pas de comptes à rendre à un peuple qu'ils peuvent prendre de haut, mépriser et infantiliser comme bon leur semble. Le plus dangereux se situe au niveau de la réaction du bon citoyen, qui s'autocensure et se fait tout petit face à ce système : «Bien entendu, si c'est le juge qui l'a dit, si c'est la loi…» comme si les trouver iniques ou dans l'erreur serait un blasphème.

Pareillement, si un président de République ou un Premier ministre peuvent être directement désignés par leur nom, voire par un surnom – Tonton, Bibi – les juges, aussi bien que leur système, seront précédés et entourés de tout un arsenal de titres de noblesse et autres superlatifs. La Cour n'est pas moins que Suprême, ce qui veut bien dire qu'il n'y a plus aucune autorité au-dessus d'elle, tel l'aigle dans les cieux, tandis que ses protocoles désignent les participants aux prises de décision avec des qualificatifs plus imposants que leurs noms.

Ainsi, en Israël, la décision de la Suprême Maison de Justice n° 5023/08, relative à une affaire moderne d'expulsion de Juifs et de destruction de leurs maisons et de leurs biens, spectre que l'on avait cru suranné par le retour d'Israël à sa souveraineté et à sa dignité, s'ouvre sur pas moins de trois «son excellence», avec deux président (un président à la retraite et une présidente, en l'occurrence M. Naor, qui s'est illustrée dans plusieurs affaires où des Juifs se sont sentis lésés), et un juge tout court.

L'éditorialiste du Ptit Hebdo, A. Azoulay, a présenté cette affaire que tout homme digne de ce nom ne peut que trouver inimaginable, à savoir l'ordre de destruction de 9 maisons dans le village d'Ofra, sous un angle plus humain. Au lieu de se lancer dans des batailles de chiffres, du genre «c'est vrai, c'est dur pour ces neuf familles, mais d'un autre côté la construction va reprendre en grand, c'est dur aussi pour les quarante-deux foyers d'Amona, mais on doit leur reconstruire un village un peu plus loin», il a tout simplement publié la photo de l'une de ces somptueuses maisons, citant la famille Bensoussan, ayant réalisé son rêve de retour en Israël, lorsqu'elle jeta son dévolu sur ce magnifique village, qui a notamment accueilli, voici une quinzaine d'années, avec l'Aliya de groupe sous l'égide de Chalom Wach (qui fut dans un passé plus ancien maire de Kiryat-Arba-Hébron), quelques dizaines de familles ayant quitté un sol français bien moins tourmenté qu'aujourd'hui.

Selon une source proche du Conseil de Judée-Samarie, les neuf propriétaires se seraient d'ores et déjà fait rembourser leur achat, puisque les maisons faisaient partie d'un projet de repeuplement de la société Amana. Quoi qu'il en soit, même si cet argent a été restitué, imaginez ces propriétaires dépossédés se retrouvant sur le trottoir avec femme et enfants, et tout leur mobilier ; ou faisant fondre leur capital dans une location.

«Mais puisque c'est le tribunal qui a tranché», entendons-nous fuser un peu partout de la part personnes qui préfèrent hermétiquement fermer leur cerveau et leur cœur, ou leur sensibilité à ce que l'on appelle les droits de l'homme… «Il faut bien l'accepter. Nous ne sommes tout de même pas des hors-la-loi!»

Les juges ne sont pas nés de la dernière pluie, et ils savent enrober leurs démarches en leur donnant une façade des plus rigides.

Sous l'entête, qui, ironie du sort, présente l'emblème de l'Etat d'Israël avec la Ménorah et les rameaux d'olivier, figure comme susdit la désignation des trois membres du tribunal réunis. Puis vient la liste des plaignants, suivie de près de celle des personnes mises en accusation. Dès cette présentation, il faut vraiment vouloir fermer les yeux pour ne pas se dire que c'est l'Etat d'Israël qui est mis en accusation au profit de forces étrangères, par un recours pervers à ses propres instances.

Parmi les plaignants, des noms comme : Moustapha Abdallah Abdel Kader Hamad (il s'agit d'un seul individu), Saïd Zhadi Mohamed Shahada (c'en est un autre), ou encore les tristement célèbres organisations pour qui les droits de l'homme s'arrêtent là où la notion de juif commence, corrompues et arrosées à coup de centaines de millions d'euros, dollars, shekels, par des groupes étrangers dont des Etats aux intentions hostiles, à savoir Yesh Din et Betselem. Les accusés ne sont rien de moins que le ministre de la Défense d'Israël, le Commandant des forces de Tsahal de la «Rive Ouest» (sic), Ofra, autrement dit la municipalité juive, mais aussi un honnête couple de citoyens, David et Chira D, donc les Juifs.

Bien entendu, la presse ne vous en dira rien, car il faut bien que vous gardiez à l'idée qu'il s'agit d'un différend entre un propriétaire lésé et un squatter indélicat, et que peu importe le nom ou l'origine des plaideurs. On n'est pas racistes, non mais! Seulement, là, c'est un peu poussé, pour ne pas dire que ça dépasse les bornes.

Quoi qu'il en soit, ça ne dérange pas le tribunal, qui continue dans les pages suivantes son exposé : et ce toujours dans la démarche du «on fait pas de différence». Pour lui, les terrains seraient donc la propriété d'ex-Jordaniens de la colonie arabe Ein-Yabroud, terrains situés au milieu du village d'Ofra. Dans le paragraphe 2, le texte brille par son objectivité : «Les neufs constructions ont commencé à se construire sur les parcelles 1, 2, 14, 12, et 16, du bloc 7 (…) Ce terrain est enregistré et inscrit sous le nom d'"habitants palestiniens" (sic)». Or, dans le même paragraphe 2, nous lisons : «la première maison juive a obtenu les autorisations de construire en 2006, les autres en 2007»

Ces maisons ont en effet été construites avec toutes les autorisations légales en vigueur, qui permettent notamment d'accéder au droit d'être approvisionné en électricité par la très officielle compagnie du même nom, en eau, infrastructures diverses, dont route, trottoirs, places de parking, et relation avec des espaces communs abritant entre autres des jardins d'enfants. Ce mercredi, les enfants de ce jardin, qui donne sur cette rangée de maisons, et dont les plus grands ont six ans, pour ne pas être traumatisés par des pratiques que l'on pensait révolues, seront accueillis par le village de Bethel.

Ici, une aberration saute aux yeux par sa contradiction : si les maisons ont obtenu des permis de construire, comment est-il possible que les terrains soient inscrits sous d'autres noms? Et réciproquement (autrement dit, si les terrains sont inscrits etc., comment Ofra a-t-il obtenu lesdits permis?).

Autre élément qui cloche : ouvrons bien nos yeux et nos oreilles, ce qui va nous faire comprendre avec plus de précision le «sic» précédant. Deux problèmes sont posés par ces dits «habitants palestiniens», dont le tribunal affirme que les terrains seraient inscrits à leurs noms : le premier, c'est que leur nom ne figure nulle part, le texte dit «d'habitants» sans l'article défini, et non pas «des habitants», ce qui aurait pu renvoyer aux noms figurant dans la liste des attaquants, ou des plaignants. (dans l'original, pour les hébraïsants : «הרשומה על שמם של תושבים פלסטינים», on remarque l'absence de l'article).

Le grand rabbin de Bethel, le Rav Shlomo Aviner, a réexpliqué vendredi dernier (24 fev.) qu'il n'y a aucune liste de noms, ni dans le cas présent, ni dans des cas plus anciens, comme Migron, Amona, etc., ou de personnes réelles, les terrains étant restés des champs de ruines. Personne n'est venu remercier le tribunal en réintégrant ces terrains.

Le second problème sur le pur plan de la juridiction est cette appellation d' «habitants palestiniens». Cette notion ne saurait sérieusement servir de base juridique : il ne s'agit pas d'un pays ou d'une nationalité, ni d'un pays qui serait «occupé» illégalement par les Juifs.

La question est de savoir sur quelle base sérieuse le tribunal se fonde pour se permettre d'ordonner à un gouvernement faible une telle sanction et un tel traitement à des citoyens exemplaires.

Le journal Bechéva, du groupe Arouts 7, rapporte dans son édition hebdomadaire n° 732 du 16 février, que des photos anciennes, soumises par Yesh Din, montreraient à la place de ces maisons une ligne d'arbres, ce qui expliquerait la configuration curieuse du terrain revendiqué. Cette façon d'appréhender la justice n'est pas nouvelle ; pourtant, qu'est-ce qui permet au tribunal de penser que les arbres n'auraient pas pu être plantés par des Juifs? Ils n'étaient pas tous bloqués en Europe, anéantis par les Allemands ou livrés à eux par la France ; et on sait par ailleurs que le judenrein imposé par l'occupant jordanien a duré en tout dix-neuf ans, de 48 à 67.

Drôle de justice, donc, et coupable d'amalgame : les arbres n'ont été plantés que par des Arabes, et si des Juifs se trouvent sur un tel terrain, il faut les en déposséder. Un cas encore plus irréel et pourtant véridique a pris à partie le village juif israélien de Tekoa. A l'époque, il suffisait aux antijuifs de promener des moutons sur des terres pour en revendiquer la possession et d'une pierre deux coups l'interdiction aux Juifs de s'y établir. Ils n'avaient qu'à désigner les déjections laissées par leur cheptel sur le sol. Le comité d'accueil et d'information de Tekoa, expliquait alors (c'est-à-dire au milieu des années 80) aux groupes de visiteurs de la région quelle curieuse parade il leur a fallu mettre en application pour se défendre : ils ont acheté des moutons. Du coup, les déjections ne prouvaient plus rien à l'avantage des plaignants antijuifs.

Pour revenir à cette curieuse notion d'«habitant palestinien», la seule base qui pourrait aller dans le sens d'une propriété de la terre étrangère à Israël consiste dans l'occupation du terrain par l'envahisseur jordanien, en 1948. Hussein a en effet illégalement occupé la Judée-Samarie, terre légalement partie prenante du Foyer National Juif souligné par la déclaration Balfour et son officialisation à la conférence de San Remo. L'occupation de la rive occidentale du Jourdain par Hussein de Jordanie n'a été reconnue que par deux pays qui existent encore aujourd'hui : la Grande-Bretagne et le Pakistan. Pour le premier, c'est sa capitulation, qui remonte à l'époque de la menace d'émeutes violentes jusqu'à l'Inde, au chantage de Husseini qui l'a poussé à donner raison à Hussein.

En outre, cette occupation illégale a pris fin de facto en 1967, et de jure en 1988, lorsque le roitelet jordanien annonça officiellement son renoncement auxdits territoires. En poussant l'analyse un peu plus loin, il se pourrait aussi que la création de la Jordanie soit illégale (voir l'allocution de Bourguiba : «La Jordanie, ça n'existe pas. Ils ont pris un fleuve etc.»), puisqu'elle est née de la violation de la validation du projet national juif susmentionné.

Il s'avère donc que la décision de la Cour Suprême et de leurs Excellences peut très bien être considérée comme une ingérence politique et un abus de pouvoir outrepassant les prérogatives d'un tribunal.

Ingérence politique donc, déguisée en procédure judiciaire. Si vous lisez la décision, vous constaterez que les actes de propriétés, dont seuls les numéros de parcelles ont un semblant de précision, sont admis comme des axiomes ou des postulats, comme s'il s'agissait une fois encore de l'évidence même. C'est-à-dire que le tribunal accepte comme juste une donnée contestable.

La répartition géographique des peuples et des Etats est une notion purement politique. N'ayant pas réussi à jeter les Juifs à la mer, dans l'agression en 67 (la Jordanie est le seul pays mitoyen à n'avoir pas subi d'opération préventive d'Israël), et donc à leur prendre (entre autres bien sûr) la Judée-Samarie, les ennemis se constituent plaignants et remplacent les armées arabes par le tribunal israélien, dévoré par l'extrême-gauche.
Qui habitera telle ou telle région, telle ou telle parcelle de terrain? Cette question est laissée aux lois des conflits ou des ententes entre dirigeants de pays. Les tracés des frontières sont politiques. Toute carte indiquant les emplacements des différents pays l'est également.

Il est en principe assez clair que le tribunal aurait donc dû se déclarer invalide pour décider de l'avenir national du sol, et se cantonner derrière la ligne qu'il avait choisie en 2005, lorsque les habitants juifs de Gaza avaient tenté de faire valoir leurs droits devant ladite Cour.

Et pour tous ceux qui se borneraient à trouver que le tribunal est dans son droit, que diraient-ils du principe de présenter au gouvernement de l'organisation terroriste du Hamas, qui est une autorité «normale» et respectable pour beaucoup de pays normaux, une requête au nom des habitants de Goush Katif, injustement expulsés de chez eux ? D'autant que la spoliation de leur terre et de leurs biens n'a pas débouché sur cette paix que de dangereux mythomanes avaient faussement prophétisée, et qui valait bien le sacrifice solidaire du «confort» donc des droits les plus élémentaires d'un peu moins de dix mille habitants juifs.

Trouver fondamentalement (et non circonstanciellement) ridicule une telle idée de démarche, avec présentation à l'appui de photos des vergers de mangues et d'oliviers, de documents dument attestés, implique nécessairement que l'on s'insurge devant les pratiques du tribunal, qui use de sa force et manipule comme un pantin un Premier ministre fatigué. Inversement, toute personne qui trouverait superflue l'idée que des Français présentent des actes de propriété officiels établis entre 1830 et 1962 au gouvernement algérien, exigeant que leurs exploitations, leurs fermes, leurs maisons, leur soient restituées, et que les occupants éventuels en soient chassés avec destructions de leurs logis ; trouvera d'autant plus inouïe les agissements de cette Cour soumise à une caste qui a compris que le peuple ne l'élirait plus, depuis la démystification de l'utopie mensongère et dogmatique des territoires contre la paix.

 

Ci-joint le rapport du tribunal disponible en ligne

http://mida.org.il/wp-content/uploads/2015/02/08050230.s18.pdf (également sur ma page facebook)

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