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29 décembre 2023 5 29 /12 /décembre /2023 08:29

Ce que l'on apprécie dans les fables, c'est leur côté échappatoire et rassurant, puisqu'elles n'engagent personne. La fable et l'affabulation (la morale qui sert de trame en filigrane) ont une relation symétrique de cause à conséquence.

Les principes éthiques dérivent-ils des leçons qu'enseigne le terrain, ou, au contraire, sont-ils affublés à une réalité qui ne colle pas ? Est-ce le terrain qui nous fournit le juste constat d'un civil innocent, ou alors ce principe s'impose-t-il tel un axiome dans le plus profond mépris des évidences ?

Certaines affabulations ont ceci de traître qu'elles prennent racine sur le néant du déni de réalité, et qu'elles ne pourront en temps (non) voulu empêcher le retour en force de cette dernière. Elles sont une bombe à retardement au doux tictac qui conforte sur l'heure un sentiment illusoire de paix neutralisante. Et comme le déni est un éloignement des contingences terrestres, qu'il consiste à ne plus avoir les pieds sur terre, plus le déni sera grand, plus la chute du retour sera douloureuse.

Les attitudes adoptées face à l'adversité se répartissent en deux catégories contradictoires, dont chacune se subdivise à son tour en deux sous-catégories, soit quatre au total. Les deux premières consistent à affronter les problèmes soit en les surmontant et les solutionnant jusqu'à les faire disparaître, soit en se contentant de rendre le danger moins périlleux et plus supportable, souvent par le biais de compromis.  Les troisième et quatrième attitudes se rangent derrière le déni, l'illusion, soit l'affabulation décalée.

L'avant-dernière approche considère les menaces réelles comme imaginaires donc relevant de la psychiatrie, d'où l'exigence d'un  traitement médicamenteux contre les angoisses ; quant à la dernière, elle verra dans tous ceux qui les évoquent des alarmistes, extrémistes ou autres adeptes de théories de complots.

Le concept du civil innocent n'est pas le seul à poser problème dans la civilisation moderne. Il est le plus criant aujourd'hui, quand les nations s'agitent pour pointer d'un doigt accusateur Israël. Citons par ailleurs notamment le processus de paix d'Israël (territoires contre la paix, lâcher de terroristes sanguinaires pour l'apaisement etc.), qui fera des observateurs s'inscrivant en faux des opposés à la paix puis à la normalisation ; ou encore l'immigration de masse en Europe, perçue par ses commanditaires comme l'afflux d'un sang nouveau et l'opportunité d'une intégration d'autant plus salvatrice pour une société en déclin démographique qu'elle sera faite à grande échelle et sans attendre. Elle fera quant à elle de ceux qui n'en veulent pas et dénoncent une invasion de remplacement non plus des protectionnistes mais de dangereux xénophobes. Ils ne seront pas victimes du sans-gêne et de l'hostilité des nouveaux-venus mais les générateurs de cette hostilité. Il est mal vu de ne pas abonder dans le sens de la fable.

Pour revenir à la quatrième approche, l'illusion à l'état pur, elle a ceci de différent de l'avant-dernière qu'elle présente l'avantage de rendre inutiles les traitements lourds, puisque tout baigne dans l'huile.

Cependant, se démarquer de l'état d'illusion permanente –jusqu'au retour sur terre – ne signifie pas que l'espoir n'existe pas. La nuance entre l'illusion et l'espoir est subtile, et passer à côté peut induire en erreur.

Nous identifierons cette nuance par quelques illustrations. Supposons que vous ayez à passer un examen, un entretien d'embauche, à préparer une réception, construire une maison, et ainsi de suite. Si vous vous y préparez en mettant le maximum de chances de votre côté, vos attentes sont de l'espoir.  Vous priez notamment que votre contrôle ne tombe pas sur un sujet hors-programme pour lequel on vous répondra quand vous aurez protesté qu'avec ce que vous avez appris vous auriez été en mesure de réussir. L'illusion consiste à ne rien préparer, à ne pas ouvrir un cahier de toute l'année et à vous présenter les mains dans les poches devant votre examinateur, que vous pourrez toujours tenter d'amadouer pour qu'il consente à vous donner au moins la moyenne.

En Israël, la longue période d'absence d'indépendance nationale et politique fait qu'aujourd'hui encore, nous lorgnons dans un certain infantilisme sur les opinions et positionnements d'autres États, comme s'ils devaient être immuablement les lanceurs de dés et que nous ayons toujours à déplacer nos pions selon la température ambiante.

À l'illusion tactique ou stratégique s'ajoute l'illusion galoutique[1], dérivée d'un lourd passé d'exil. L'illusion galoutique consiste à se dire que, puisque nous ne sommes plus en galouth [en exil], il est inconcevable de subir chez nous ce que nous endurions là-bas. Certes, cette approche illusoire n'est pas partagée par tous. Il y a des gens avisés même en Israël. En revanche, les esclaves de l'illusion, formatage des cerveaux aidant, sont les maîtres du pays. La classe politique décideuse confiante misait sur deux arguments : ça ne peut pas ne pas marcher ; si ça ne marche pas, on n'aura qu'à faire machine arrière. Pérès, prenant des airs prophétiques, se riait franchement de quiconque craignait que des missiles fusassent bientôt sur Ashkelon. Il valait alors mieux se taire pour éviter les sobriquets, dont celui de prophète apocalyptique. Ceux qui rêvaient moins, du côté du pouvoir, rassuraient : «Au premier missile sur Ashkelon, daignaient-ils répondre, nous reprendrons toute la bande de Gaza et le monde entier sera de notre côté». Évidemment, la situation ne sera pas irréversible, puisque nous sommes militairement plus forts qu'eux.

Pourtant, si on y réfléchit un peu, même si nous avons une aviation et des blindés et que l'on s'attende  à ce qu'ils aient dans la pire des éventualités des missiles de moyenne ou longue portée, ça n'a rien de rassurant[2]. Si on vous demande de vous tenir derrière une vitre pare-balles, et de regarder en direction d'un lance-missiles contre lesquels est prévue la résistance de votre vitre, participeriez-vous à l'expérience de gaité de cœur ? C'est un peu pourtant ce à quoi on nous a demandé de nous préparer : dormez tranquilles, braves gens, et quand ils enverront des missiles, on actionnera un dôme de fer en principe infaillible à plus de 90%, et puis, on vous suggèrera avec une sirène de courir vite de votre lit à l'abri le plus proche, si jamais vous n'êtes pas trop tenté de jouer à la roulette russe. Il y a aussi Guillaume (Tell) et les lanceurs de sabres, qui cherchent des assistants si ça vous tente. C'est bien payé, paraît-il.

Comment réagirait le quidam courant à la situation suivante ? Vous vous trouvez dans un pays tropical. On vous conduit à votre case où vous devez dormir sur une natte à même le sol. On vous prévient qu'il y a des scorpions. Vous paniquez et on vous rappelle l'air amusé que vous êtes bien plus fort qu'eux, et qu'il vous suffira le cas échéant de leur marcher dessus et de les réduire en bouillie sous vos solides souliers. Répondriez-vous, pour échapper au ridicule : «Mais bien sûr. Où avais-je la tête ?» Ne l'oubliez pas, vous êtes plus fort qu'eux.

Aux illusions tactiques, militaires, de la psychologie de la guerre et de la politique internationale, viennent s'ajouter d'autres appréhensions des réalités. L'immensité de l'exil n'a pas seulement forgé un caractère où l'initiative personnelle a du mal à trouver sa place. Elles se rapportent à la question de l'essence même de l'antisémitisme.

Là encore, il y a, en Israël, plusieurs façons de se situer face à l'antisémitisme. Elles sont en gros au nombre de trois.

Le plus accablé par les séquelles de l'exil se dit que si les antisémitismes sont tellement remontés contre nous, c'est qu'ils doivent avoir raison. Le plus résilient voit dans l'antisémite l'incarnation du mal, et sait que toutes les thèses qui alimentent la haine d'Israël ne sont que de fallacieux prétextes. Il existe une masse intermédiaire, dont la ligne directrice est la suivante : l'antisémite n'est pas un mauvais bougre, c'est quelqu'un qui veut le bien, mais à qui il semble par erreur que le Juif serait méchant. Donc, le rôle du Juif sur cette terre est de montrer à l'antisémite qu'il se trompe. Ils nous en veulent parce qu'ils voient en nous une force d'occupation, des colonisateurs, donc il faut et il suffit de leur montrer qu'il n'en est rien. La force d'Israël n'est pour cette approche que le moyen de prouver aux antijuifs qu'ils se trompent : donc on peut prendre des risques avant de rectifier le tir si ceux qui nous haïssent ne comprennent toujours pas, après d'innombrables concessions et autres cadeaux, qu'ils n'ont aucune raison de nous en vouloir. Sauf que le hic, c'est que le tir est très difficile à rectifier, précisément à cause du civil innocent.

Quand l'empoisonnement des puits, le sacrifice d'enfants, les épidémies n'ont plus trop été attribués aux Juifs, toutes ces allégations étant tombées en désuétude, un nouveau concept rassembleur a été mis au point : le pauvre palestinien.

Depuis l'invention de la cause dite palestinienne, tous les coups sont permis contre les Juifs : ceux d'Israël, cela s'entend, et ceux de l'étranger puisqu'ils leur sont solidaires. Les pires atrocités ne sont plus révoltantes. L'occupation supposée autorise l'occupé à massacrer jusqu'au «bébé colon», formule qu'on a pu voir dans une presse pas spécialement réputée pour son antisémitisme. Et c'est à une époque où le nationalisme est largement dénoncé que l'on fait preuve de la plus grande empathie pour des personnes prétendues bafouées dans leurs aspirations ultranationalistes superflues.

En abandonnant l'intégralité du territoire de Gaza, le Juif a apporté la plus grande preuve imaginable que l'antijuif sincère et honnête n'a plus aucune raison de lui en vouloir. Puisque le crime du Juif est l'occupation (de sa propre terre quand même), et que les massacres de Juifs sont justifiés à cause de cela, il n'y a qu'à sortir complètement de Gaza. C'est donc la composante la plus faible moralement et mentalement qui a imposé sa politique à tout le pays d'Israël.

Car il est évident que ça n'a pas fonctionné. Mais est-il si facile de réparer ?

Hélas non, car c'est à partir du moment où Israël veut récupérer la paix perdue, revenir à cette ère où les bombardements sur Tel-Aviv étaient encore impensables, voire risibles, fort de la démonstration réussie selon laquelle ce n'est pas tel ou tel défaut chez le Juif qui crée l'antisémitisme, que, sans aucune enquête de terrain, l'Amérique et l'Onu posent l'axiome du civil innocent.

L'antisémitisme se cache derrière des prétextes amovibles et interchangeables comme de différents apparats. Par moments, il se trouve démuni, dénudé de son prétexte qui soigne ses apparences. Tous les masques commodes et multiséculaires ont dû être remplacés à la sortie de la Seconde guerre mondiale. On a pu croire un instant que la haine vouée aux Juifs disparaissait en même temps que le nazisme. Mais ce n'était que le temps pour cette haine de se refaire une beauté. Seize ans après l'indépendance renouvelée d'Israël, la haine s'est parée de la cause palestinienne. Et si la cause anti- colonialiste a été perdue pour les soutiens du terrorisme qui infeste Gaza avec le redéploiement de Sharon et de la Cour suprême, la cause du civil innocent leur a permis de faire peau neuve.

La revendication de cette supposée innocence est pernicieuse sous plusieurs angles. D'abord, elle sous-entend que le Juif est coupable – puisque c'est le coupable qui lèse l'innocent – et qu'il est impératif de mettre le haut-là pour qu'il ne règle pas ses comptes. Mais la pire assertion qui ressort de cette exigence en faveur de l'innocent, c'est l'ordre à peine tacite intimé à Israël de se laisser faire. On nous demande de supporter les bombardements, le rugissement des sirènes à toute heure, les traumatismes, l'impossibilité de vivre une routine tranquille, parce qu'il y aurait de l'autre côté des gens plus innocents que nous que nous n'aurions pas le droit de déranger.

Nous retrouvons ici le fond culturel et moral de la civilisation occidentale, qu'elle soit religieuse ou laïque. Le problème, ce n'est pas qu'elle exige constamment d'Israël de tendre l'autre joue, de serrer les dents dans la résignation. Si la profession de foi du judaïsme consiste à ne pas faire aux autres ce que nous ne voulons pas que l'on nous fasse, ce qu'a très bien compris l'Occident qui ne se gêne pas et pousse toujours à l'extrême ce questionnement – pauvres civils innocents – celle de l'Occident est bien l'exigence de rigueur à l'égard des autres et la permissivité à son propre endroit.

Le pilier principal de toute cette civilisation affirme : «Fais ce que je dis, pas ce que je fais». Des généraux français peuvent pérorer sur des plateaux TV en accusant Israël de tirer sur tout ce qui bouge, en faisant abstraction totale de leurs modes de fonctionnement dans les pays d'Afrique, dans les conflits où la France a pu s'ingérer, avant d'être évincée pour finir de ce continent. Un Biden peut exiger de Netanyahou de toucher un minimum de civils à Gaza, tout en empêchant le départ de ces civils vers d'autres contrées, notamment l'Egypte ou ne serait-ce que le Sinaï (autre concession israélienne dont le piège se révèle ces jours-ci). Et pourtant, on sait de quelle manière, quand les Usa ménagent aujourd'hui Osiris, ils ont traité Isis[3] et les mouvements islamiques à Mossoul, avec tous les civils derrière lesquels les terroristes s'abritaient[4], sans compter les spectacles onusiens avec entre autres la fiole de Powell[5].

Le civil innocent, Biden n'y tient pas tellement. C'est juste une couverture. La tradition biblique fait de l'Occident la descendance d'Esaü. Elle est désignée sous le nom d'Edom. «Esaü, c'est Edom.»[6]

S'il est un animal qui symbolise Edom, c'est bien le suidé[7]. De tous les animaux interdits à la consommation par la tradition biblique, le plus impressionnant est le sanglier et son parent domestique, à tel point que quiconque, juif ou non, est interrogé sur les animaux prohibés de nos tables (de la Loi ou de nos repas), répondra dans presque tous les cas : «c'est le cochon». Il a la particularité d'avoir l'apparence trompeuse de la validité, puisque c'est le seul cas de famille d'ongulés artiodactyles qui ne rumine pas. Edom est un ongulé qui ne rumine pas, en dehors de sa rancune.

Biden ne prend pas la peine ne serait-ce que de soigner les apparences. Le souci pour les civils exige en principe deux conditions : qu'ils soient épargnés par les armes et aussi par la faim. Quand les conditions d'un conflit exigent leur déplacement, le bon sens de base veut qu'ils se retrouvent dans une zone neutre, où les belligérants armés de leur propre camp n'ont pas accès. Biden exige d'Israël de laisser passer des camions de ravitaillement. Or, les images télévisées montrent clairement que tout camion est automatiquement piraté par les terroristes qui tirent sur tout civil tendant de se servir. De plus, les factions armées continuent de se servir des civils comme boucliers humains. Il est plus que clair que Biden ne cherche qu'à défendre le Hamas et lui éviter l'anéantissement. Pour Biden et les siens, il n'y a aucune raison que la guerre actuelle permette à Israël de retrouver la paix. Elle doit n'être qu'un round de plus, puisque la planète s'y est habituée au cours des 18 dernières années.

Les civils, il n'en a cure.

À présent, penchons-nous un instant sur cette innocence tellement mise en avant.

Les démonstrations de joie conséquentes à tout acte antisémite dans la rue arabe sont indéniablement des événements routiniers et récurrents : les danses, youyous, distributions spontanées de friandises, gâteaux et sucreries en pagaille, sont connus de tous. Mais le travail de persuasion est si intense que l'observateur neutre, perturbé dans son souvenir et déstabilisé par tant d'assurance tranquille, finit par se demander si les distributrices de baklawas ne portaient pas en fait des uniformes. C'est sûrement ça. Il n'a pas fait attention quand il a suivi son journal télévisé. D'ailleurs, les consommateurs de sucreries portaient certainement eux aussi des uniformes.

Accepter sans réfléchir l'idée du civil innocent implique nécessairement que l'on ajoute ces uniformes que les désinformateurs instillent dans nos cerveaux.

Les images du 7 octobre montrent nettement un mélange d'agresseurs avec ou sans armes et uniformes. Les civils se sont joints sans contrainte à la curée, ils se sont rendus sur le marché aux esclaves que représentaient pour eux les kibboutzim. Le culte du mal, civil ou militaire, a commis un maximum de crimes de guerres qui n'ont pas mis en branle les instances internationales, à commencer par l'Onu. Un correspondant anglais interrogé par ses studios fait état d'une attitude bien plus grave que celle des nazis qui, selon lui, avaient honte de leurs exactions, tandis que les occupants arabo-musulmans de Gaza ont commis les pires atrocités dans un bonheur et une exultation indicibles. 

L'hôpital Chifa de Gaza a séquestré des personnes kidnappées. Son directeur a été arrêté le 23 nov. par Tsahal pour sa complicité, son silence, mais surtout son implication directe dans ce vaste crime terroriste[8]. Certains otages ont été séquestrés chez des médecins ou des enseignants en relation avec l'Unrwa. Sans la complicité totale et hermétique entre populations armées et non-armées, il eût été impossible de cacher pendant si longtemps quelque deux cents otages. Et que l'on ne vienne pas prétendre que les civils seraient terrorisés par le Hamas, qu'ils n'auraient rien pu faire même si les prises d'otages avaient provoqué une vague d'indignation. Tout au moins, des indicateurs discrets, sous couvert d'anonymat, auraient pu alléger le calvaire des civils israéliens enfermés comme des bêtes sauvages dans un trafic de contrebande. Par leur complicité, les civils montrent qu'ils n'ont aucune innocence.

Pourtant, serait-on tenté d'objecter, des reportages montrent des civils de Gaza très remontés contre le Qatar et le Hamas[9]. Mais attention, il ne faut pas s'y tromper! Ce n'est pas parce qu'ils se retournent contre les leurs qu'ils se mettent à aimer les Juifs et Israël. Si le Hamas hait Israël, et si le civil de Gaza se met à haïr le Hamas, ce n'est pas un syllogisme de conclure que le civil de Gaza du coup apprécie Israël. Les ennemis de mes ennemis ne sont pas à tous les coups mes amis. Et même si, mathématiquement, moins par moins ça fait plus, l'implication la plus plausible veut que mes deux ennemis qui se haïssent l'un l'autre s'occupent entre eux et me laissent tranquille, tels l'Iran et l'Irak qui se détournèrent de nous il fut un temps pour la guerre qui porte leur nom.

Les déçus du Hamas sont somme toute des parieurs mécontents à qui on aurait suggéré de jouer le mauvais cheval. S'offrir une journée de massacres jouissifs contre les Juifs, faire de citoyens libres et dignes des esclaves déshumanisés et toucher un appartement par tête[10], peut ne pas rapporter gros mais au contraire coûter cher.

Le chef du Mossad a autorisé la publication de sa déclaration : cette affaire est notre Munich, le premier Munich ayant été celui de l'assassinat des athlètes israéliens. Ça a pris des années, mais tous les terroristes impliqués ont été traqués jusqu'à leur élimination. Espérons que la tâche sera mise à exécution tout aussi méticuleusement, bien qu'elle est proportionnellement énorme. Cette semaine encore, des centaines de terroristes se sont rendus à Djeballiah, qui ont participé au pogrome du 7 octobre.

Les déclarations qui font des civils de Gaza des innocents ne sont pas dépourvues des plus mauvaises intentions. Il en est de même pour toutes les propositions qui passent pour généreuses et humanitaires de reconstruire Gaza par la suite, encore et toujours en faveur des mêmes populations, de sorte que se repose à l'infini le grave problème sécuritaire de cette présence ennemie tellement proche. Personne n'envisage de passer à des pourparlers de paix internationaux, dans l'objectif de répartir les populations haineuses à l'égard d'Israël dans d'autres contrées du monde.

 

[1] Le terme גלות signifie exil en hébreu. Pour introduire le néologisme dans la langue française, il faudrait le proposer à l'Académie du même nom.

[2] Nous respecterons ici le tabou qui consiste à ne pas parler de la potentialité d'une ogive nucléaire.

[3] Isis, reine d'Égypte mais en l'occurrence Etat islamique d'Irak et Syrie.

[4] En mars 2017, les troupes contre le djihad de la coalition contre l'Etat islamique ont laissé selon certaines estimations plus de 30 000 morts civils.

[5] Le 5 fév. 2003, devant le Conseil de Sécurité, Colin Powell fait de Sadam Hussein un diable plus menaçant qu'il ne l'était déjà. Il prêche la guerre contre l'Irak.  

[6] Genèse XXXVI, 8.

[7] Le Midrach Raba l'affirme (65, 1). De même que le commentaire de Rachi sur le verset de la Genèse XXVI, 34, qui cite les Psaumes (LXXX, 14). «Il la rongera, le sanglier de la forêt». Ce sanglier, quand il est allongé, il tend ses pattes vers l'avant et dit : «Regardez comme je suis pur». Ainsi, eux [les descendants d'Edom], se présentent comme des personnes valeureuses tel Esaü qui (…) chassait des femmes mariées et les torturait. Puis il se maria à 40 ans en se comparant à son vaillant père.

[8] https://www.inn.co.il/news/620944

[9] Autre film d'informations plus récent (26 déc. 23) avec protestations arabes contre le Hamas https://www.youtube.com/watch?v=mcG_IvP3mx8

 

[10] Aveux de terroristes interrogés sur les avantages proposés pour les captures de personnes.

Prier sans craindre la menace des missiles

 

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10 décembre 2023 7 10 /12 /décembre /2023 19:46
Des bénévoles auraient-ils creusé les tunnels pendant que l'argent du Qatar servait une cause humanitaire

 

Gaza : et le Qatar dans tout ça ?

Un argument cher à la désinformation s'est un peu démodé ces derniers temps. Il consiste à redistribuer à Israël le rôle du Philistin Goliath et celui de David, roi d'Israël, à ceux qui se prennent par crises pour les descendants de l'envahisseur Philistin qui, soit dit en passant, s'attachait déjà il y a près de 4000 ans à faire avancer le désert en bouchant les puits creusés par Abraham et restaurés par Isaac. Si ce rattachement généalogique peut être avantageux pour eux et les faire passer pour un groupe qui ne serait pas né de la dernière pluie et tombé au Moyen-Orient comme un cheveu sur la soupe, il l'est moins quand ils sont depuis la nuit des temps les forces qui s'opposent au progrès et à la prospérité. Israël fait reverdir et fructifier la terre, les autres la brûlent, et Israël replante les forêts.

Cette farce montre surtout que la propagande ne craint pas le ridicule quand on sait que le monde arabe couvre une portion du globe presque 500 fois plus vaste qu'Israël, et que le rapport des populations est de près de 60 000 contre 1. Mais au 7 octobre, le Hamas a d'emblée été reconnu comme le fer lance d'un monstre tentaculaire, et, outre son identification immédiate avec les organisations islamiques les plus meurtrières, les yeux se sont tournés vers l'Iran qui ne cache pas depuis la chute du Shah ses intentions génocidaires.

Mettons, on avance. Mais on peut s'interroger sur le silence autour du Qatar, principal sponsor de l'industrie terroriste, satisfait du retour sur investissement, pays où le criminel Sinwar entre et sort comme chez lui, est logé à sa guise comme un prince, et est toujours accueilli chaleureusement par l'émir Al Thani. Jusqu'à encore assez récemment, on pouvait fermer les yeux et se persuader en se forçant que les milliards de dollars[1] injectés dans la bande de Gaza depuis Doha servaient à des fins humanitaires, que le réseau de souterrains avait été creusé par des bénévoles, et que l'arsenal lourd d'armes et de munitions était un cadeau de Daesh via le Sinaï, mais l'implication très insistante du Qatar et sa grosse colère depuis l'entrée en guerre d'Israël montrent bien qu'il est directement touché par l'opération de Tsahal et donc impliqué, quand il fait des pieds et des mains pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu en faveur de ses intérêts. L'émir et ses vizirs ne font même pas semblant de s'étonner et encore moins de s'insurger contre leurs protégés : «Comment, serait-ce donc ainsi qu'ils ont utilisé notre argent ?»

Avec son Autorité d'investissement (Qatar Investment Authority[2]) qui gère 460 milliards de dollars d'actifs, le Qatar ne se refuse rien. Il peut se payer des places et des hôtels sur les Champs-Élysées, le dixième des actions de la Bourse de Londres, mettre dix milliards sur le tapis en Allemagne, s'offrir des équipes de football, etc. Il peut aussi se payer Kadhafi ou le Mondial, ces deux affaires et non des moindres valant bien que l'on s'y attarde un peu.

Il est généralement admis dans l'opinion que la souveraineté des nations doit être respectée. La preuve la plus significative de cette approche consiste dans ce que l'on pense du concept de la république bananière. Elle est doublement dévalorisante : pour le pays dont les dirigeants sont des marionnettes à fils, d'une part ; et pour celui qui s'ingère dans les affaires intérieures du premier souvent pour défendre des intérêts financiers au grand mépris des droits de l'homme, surtout quand le fournisseur de «bananes» est un réservoir de main d'œuvre bon marché et qu'il est hors de question pour l'autre puissance qu'elle soit émancipée, en redevenant propriétaire des terres qu'elle exploite[3], d'autre part. Bien entendu, c'est tout le contraire quand s'impose comme nécessité absolue, relevant de la morale, de la vie, ou de la sécurité planétaire, une intervention extérieure de préférence musclée.

Il y a une dizaine d'années, la France entre en guerre totale contre la Lybie. C'est l'opération militaire en Lybie de 2011 (du 10 mars au 31 octobre). La France n'est pas seule. Des résolutions sont d'abord votées à l'Onu : la 1970 (26 février, embargo sur les armes et gel des avoirs du régime), et la 1973 (17 mars, zone d'exclusion aérienne au profit des insurgés). L'Otan n'est pas loin, donc la guerre imminente. Mais comment ? nous dirions-nous. On va par la violence et la guerre s'ingérer dans les affaires internes d'un pays pour faire remplacer Kadhafi par le Conseil national de transition? Mais alors, c'est une république bananière. Ben oui, mais là c'est différent.

Ce n'est pas pour écraser la Lybie, c'est au contraire pour la sauver sur le plan humanitaire de son président devenu fou dangereux. Ah bon. Sarkozy fait campagne. L'Allemagne n'est pas convaincue, l'UE la suit. Sarkozy, isolé, secondé par Juppé (Affaires étrangères), use de toutes ses influences pour faire voter la seconde résolution : on mêle Obama, le Conseil de sécurité des Nations-Unies, la Ligue arabe, Abdallah d'Arabie saoudite… Le temps presse, il faut sauver Benghazi du massacre. Sur le plan intérieur, on fait appel au nouveau penseur et philosophe BHL pour enjôler[4] l'opinion.

Tactiquement parlant, le Qatar n'est pas loin. Des patrouilles aériennes (Mirage 2000-5) sont conjointes à la France et au Qatar, qui fournit six avions sur les neuf. La France doit mettre la main au portefeuille, et la note est salée, puisque c'est le principal belligérant dans cette affaire : 320 millions d'€. Mais là non plus, le Qatar n'est pas loin. Reprenons : la cause première de la guerre pour l'opinion est l'intolérance à l'endroit d'exactions dont la responsabilité incomberait à Kadhafi. Autrement dit, sans menace humanitaire pesant sur de très nombreux Libyens pris au piège, l'axe militaire levé par la France n'aurait pas vu le jour. Pour Rony Brauman[5], interrogé par le journaliste Denis Robert[6], longtemps directeur des équipes médicales de Médecins sans frontières, qui reproche à l'Onu de trahir sa vocation de solutionneuse des conflits par la coopération, le dialogue, en redéfinissant la guerre qui devient «guerre humanitaire», concept lancé en Somalie pour la guerre de 92-93 et remis à l'ordre du jour en Libye, il s'agit moins d'invalider ce nouveau principe que de dénoncer l'invention d'énormes mensonges[7]. Il parle de «faux bombardements, faux charniers, fausses colonnes de chars menaçant de commettre un faux génocide dans la ville de Benghazi.» Aux Usa, une journaliste sceptique quant aux bombardements supposés de l'armée de Kadhafi sur sa propre population lors d'un rassemblement pacifique à Tripoli, demande aux responsables politiques de la Maison Blanche s'ils ont des éléments solides de confirmation. Or, le porte-parole avoue qu'il n'a que des communiqués de presse. Ils reconnaissent le défaut de confirmation. De nombreux journalistes de la presse internationale sont conviés à Tripoli en principe pour constater les agissements du régime.

Le journaliste français Bernard Nicolas s'est déplacé car il a voulu constater sur place si les faits étaient réels. Il rapporte pour commencer que les journalistes étaient tous cantonnés dans un hôtel de luxe : le Rixos hôtel de Tripoli. Ses confrères ne quittaient pas cet endroit et buvaient continuellement des thés à la menthe. Quant à lui, logé dans un hôtel plus modeste et libre de ses mouvements, il s'est rendu sur les trois sites où, selon les communiqués d'Al Jazeera, repris systématiquement par toute la presse européenne et jamais vérifiés, des massacres auraient été perpétrés. Il affirme que rien n'était vrai. Quant aux illustrations venant étayer les accusations qataries via sa chaîne de télévision contre la Lybie, ce sont selon lui des images d'archive prises à Fallujah en Irak.

Le Qatar, par son média diffuseur de mensonges, a donc monté la tête de l'Occident pour provoquer le chaos en Lybie. Quand Bernard Nicolas a voulu contrecarrer l'effort dés-informationnel qatari, il a reçu de Rony Brauman, susnommé, qui par ailleurs partageait son point de vue, la réponse suivante : «M. Nicolas, vous êtes inaudible. Tous les journalistes français sont partis à la guerre (donc à l'hôtel) avec le casque lourd et le gilet par balles. Personne ne vous écoutera». Il confirme en effet que sa tournée des médias n'a rien donné. R. Nicolas avait tout de même publié un article : «Jours tranquilles à Tripoli» ; Robert Nicolas contre Nicolas Sarkozy. Il y pose des questions pertinentes, notamment : «Quels liens la France avait-elle avec le Qatar avant le début de la guerre en Lybie?» Il constate que l'impulsion provoquée par Nicolas Sarkozy et son émissaire Bernard-Henry Lévy avait été décisive.

Alors que des enquêtes judiciaires lèvent le voile sur les acoquinements entre Sarkozy et le Qatar, dix ans plus tard, BHL ne regrette rien. «En ce temps-là (…) la question était de savoir si on laissait un dictateur noyer ses villes dans des rivières de sang». En revanche, l'anarchie qui a succédé à Kadhafi a peut-être été, par manque d'entretien des infrastructures, à l'origine de la noyade de la ville de Derna par une rivière d'eau et de boue suite à l'explosion de deux barrages au cours de la tempête dite Daniel.

Le régime libyen dérangeait le Qatar – écarté d'un grand contrat avec Total sur des gisements à la frontière maritime libyenne  – qui a payé la France pour s'en débarrasser. Le journaliste Denis Robert s'est procuré des documents officiels qataris de demandes de versements de plusieurs millions d'euros aux principaux intéressés, dont 9 à BHL[8], qui a attaqué son accusateur en diffamation avant d'être lui-même débouté. La coalition internationale militaire aurait très bien pu ne pas s'arrêter là et, après le renversement de la Libye, toujours sous l'influence du Qatar, traiter en série ceux qui déplaisent à ce pays et se déplacer en Syrie pour s'occuper d'Assad.

Quoi qu'il en soit, Sarkozy est soupçonné de s'être fait financer sa campagne électorale par la Lybie, et la question lui est posée à ce sujet d'une façon très directe par un présentateur de journal télévisé, sur la chaîne Public Sénat : «Avez-vous ou non reçu de l'argent liquide de Libye pour financer votre campagne de 2007 etc.»[9] L'évitement de l'ex-président restera célèbre, avec son balancement longitudinal de la tête : «Quelle indignité». Le 25 août 23, la presse[10] annonce que Sarkozy sera jugé en 2025 pour ces soupçons qui pèsent sur lui.

Un autre fait qui n'a plus de secret pour personne est l'achat de la coupe du monde par le Qatar qui a distribué de juteuses enveloppes aux principaux désignateurs. Tout s'est conclu au cours d'un repas à l'Élysée, le 23 nov. 2010, en présence de Sarkozy, C. Guéant, S. Dion, et Michel Platini, le célèbre footballeur vedette des verts des figurines Panini, côté français, et, côté Qatar, Thamim bin Hamad Al Thani, prince héritier, et Hamad Ben Jassem Al Thani, Premier ministre. Les enjeux étaient: soutenir la candidature de ces derniers pour l'accueil de la coupe de football, donc entre autres de faire voter Platini en ce sens à la Fifa, faire de la chaîne Al Jazeera Sport le gagnant de l'appel d'offres sur les droits de transmission TV des matchs, rachat de l'équipe de foot de Paris PSG du fonds d'investissement américain Colony Capital, des mains du Français S. Bazin.

Pour sa part, le Qatar achèterait des avions Mirage. Le contrat d'armement attendra pour être conclu le mandat de F. Hollande. Un homme de main qatari se rend à l'Élysée au lendemain de ce conciliabule : Ghanim Bin Saad al-Saad, soupçonné entre autres d'avoir corrompu la Fifa pour le vote du pays d'accueil de la coupe. Guéant est auditionné en juin 19, mais il ne se rappelle pas l'avoir rencontré[11]. Le 18 juin 19, Platini est mis en examen pour cette affaire de corruption[12]. Le procès s'achèvera par son acquittement en juillet 22. Non pas qu'il n'ait pas touché d'argent, mais le tribunal a considéré que ce versement pouvait ne pas être indu, d'où un doute devant profiter à l'accusé.

À la lumière de ces obscures affaires, de ces trafics de fonds colossaux et d'influences, on comprend un peu mieux pourquoi, quand le poulain du Qatar, le Hamas, s'offre une journée de Shoah en Israël, les projecteurs et autres caméras regardent ailleurs.

 

[3]  Au Guatemala, la junte militaire est renversée. En 1951, le président Arbenz annule les ententes entre l'UFC (United Fruit Company, gros exploitant des Usa), et la dictature balayée. Déjà, l'imposition d'un salaire minimum par le premier président élu, Arévalo, a été dure à encaisser pour les exploitants. Du coup, l'UFC fait du lobbying, pas en revendiquant ses droits à l'esclavage bafoués, mais en accusant Arbenz d'avoir fait de son pays un avant-poste communiste à la solde de l'Urss. Bref, Arbenz est remplacé par Armas, l'esclavage revient, les intérêts sont sauvés. Voir : http://vu-sous-cet-angle.over-blog.com/2022/11/relations-publiques-ou-comment-se-faire-berner-en-nageant-dans-le-bonheur.html

[4] Baratiner, en terme plus populaire.

[5] Attention, tout n'est pas à prendre pour argent comptant chez ce célèbre personnage. Médecin sans frontières ne connaît pas de limites. S'il a vu juste quant à certains agissements de l'Onu, il a tout faux dès qu'il parle d'Israël. Il prend notamment odieusement partie pour la population islamiste par excellence qui occupe Gaza et d'autres régions de la terre d'Israël. Il reprend le leitmotiv du Palestinien toujours affublé du qualificatif "pauvre", qui fait du Palestinien d'origine, donc du Judéen, un étranger sur sa propre terre, et donc apatride puisqu'aucune autre terre n'est la sienne, et affabule, en faisant abstraction totale de la réalité où des fanatiques toujours mus par le même culte qui pose partout problème assassinent des Juifs innocents et notamment des femmes, cause qui ne sensibilise presque plus personne si ces femmes sont juives et israéliennes. Il n'a pas dû entendre parler de la jeune mère Ita Tzour, et de son fils Ephraïm, tués par balles à Hanouka en 1996, alors qu'ils revenaient d'une visite chez le frère d'Ita, ni plus récemment d'Esther Horgen, assassinée par les protégés de cet odieux personnage en déc. 2020. Ses prises de position sont d'autant plus abjectes qu'elles sont exprimées après le 7 octobre, donc en connaissance de cause.   

[6] Interrogé par le journaliste d'investigation Denis Robert. Attention, tout n'est pas à prendre pour argent comptant chez ce journaliste, qui n'est pas sans rappeler le diodon ou fugu japonais. Ce mets de choix pour la gastronomie non-cachère de l'Empire du Soleil levant exige du cuisinier qui l'apprête une formation sanctionnée par des examens et un diplôme dûment obtenu, car il porte un poison mortel qui peut foudroyer le mortel qui le consommerait mal préparé. Ce M. Robert s'est illustré dernièrement avec un entretien de complaisance pour le terrorisme avec la tristement célèbre déléguée de l'Olp en France aujourd'hui retraitée. La complice d'Arafat dont l'introduction en Israël s'est accompagnée de la découverte de l'attentat-suicide à l'aide de bombes compactes et modernes approuve entre autres les agissements de ses comparses dans les localités israéliennes du Néguev occidental. Pour l'affaire France-Qatar-Libye : https://www.youtube.com/watch?v=RM2CcRLzxVE&t=2662s

[8] https://www.mediapart.fr/journal/france/060722/blast-bhl-et-le-qatar-ce-qu-dit-la-justice

[10] Le Monde, France-info, nouvel-obs. etc.

[11] Cellule investigation de Radio France sur Youtube https://www.youtube.com/watch?v=rwIwqcsLyBQ

[12] https://www.juriguide.com/2019/06/18/michel-platini-mis-en-examen-pour-corruption/

 

 

 

 

 

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28 novembre 2023 2 28 /11 /novembre /2023 14:45
Sauver les meubles et les livres

La fin de l'histoire ? Ça dépend pour qui

La fin de l'histoire a-t-elle sonné ? Pour certains politologues avertis, l'économie de marché, ou plus banalement capitalisme, et la démocratie libérale, devraient désamorcer tous les nationalismes pour ne faire d'un monde post-historique en devenir qu'un vaste village planétaire, sans frontières ni passeports[1]. Dans cette optique, les vastes transhumances humaines ont une grande utilité. L'Union Européenne efface les frontières entre ses vieilles nations indigènes, et les grandes migrations depuis l'Afrique notamment brassent les populations du plus clair des blonds au plus foncé des bruns pour tendre à ne faire qu'une seule race au sein de l'espèce humaine. Tout ceci est de façon hypothétique et utopique une très noble aspiration. Vous avez des tubes de peinture ? Ou alors vous en aviez en cours de dessin : bleu, rouge, jaune, blanc, noir… quel casse-tête! Inspirez-vous des adeptes de la posthistoire. Videz tous vos tubes dans un bol et mélangez bien tous leurs contenus. Vous atteindrez une couleur indéfinissable et votre expérience vous servira de parabole pour comprendre tous les bienfaits de la fin des nations et des frontières, à moins que vos goûts, indiscutables comme on le sait, ne se retrouvent dans cette couleur déjectionnelle.

Si, au niveau des langues, les barrières qui séparent les groupes risquent d'être plus difficiles à faire tomber, d'autant que l'espoir de l'espéranto n'a rien donné, un appareil moderne y remédie : compact, portatif, rappelant le dictaphone, il vous autorise à parler dans n'importe quelle langue pour le tendre en fin de phrase à n'importe quel interlocuteur parlant n'importe quelle autre langue. Votre parole est répétée dans la langue d'arrivée et celle de la réponse à l'arrivée dans votre langue de départ ; en attendant le modèle de la génération suivante qui permettra de converser avec les animaux, quand les mots seront traduits en grognements divers et les grognements en mots.

La fin de l'histoire préfigure donc un monde protohistorique, tel que le décrit la section hebdomadaire de Noé, quand, jusqu'à la tour de Babel, tout le genre humain ne parlait qu'une seule langue, avant que l'Eternel ne mélange leurs langages, ou ne les embrouille. Balal, en langue biblique, signifie mélanger ; Bil-bel embrouiller. On relèvera une curiosité : le quartier de Belleville, à Paris, où toutes les langues se rencontrent et se fondent les unes dans les autres.

Ce rêve planétaire est précurseur de paix. Tout le monde s'y retrouve. Les Occidentaux qui le préconisent, et qui ne voient qu'un seul produit humain matérialiste – que l'on n'appelle plus trop consommateur – dont les seules motivations sont confort et/ou profit, et les adeptes d'un islam conquérant, qui ne voient qu'une seule nation – ouma – avec une seule religion. Abattre les frontières permet aux esprits postmodernes partisans de la posthistoire de se fondre en une idéologie de terrain commune avec la tendance islamisante. Ce moteur religieux ne gène pas trop l'homme postmoderne, car il faudra et il suffira, le moment voulu, d'y renoncer.

Les déplacements de populations, imposés ou voulus par elles, désamorcent les aspirations nationalistes de deux façons contradictoires. Soit le groupe déplacé ne se sent plus d'attaches ou de racines dans son nouveau terroir, où il se fera une nouvelle identité fondue dans la masse qui l'a précédé – on sait que les nationalismes gênent les classes dirigeantes depuis des temps immémoriaux : Sennachérib déplaça les nations d'un territoire à l'autre, dont les dix tribus d'Israël au-delà du fleuve Sambatyon ; tandis qu'avant lui Tsfanat Pa'anéa'h en Égypte transféra les populations d'une contrée à l'autre – soit il se fait trop imposant dans un lieu qui déborde de ses frontières d'origine, auquel cas il y sera ramené comme les Sudètes à la fin du conflit mondial.

En tout état de cause, les Sages d'Israël nous conseillent de prier pour la stabilité de l'autorité, sans quoi chacun ne ferait qu'une bouchée de son prochain, et la loi du plus fort redeviendrait comme toujours la meilleure. Aux USA, pour ne pas être soumis à des hordes sauvages, des citoyens se constituent en résidences fermées lourdement protégées. Faire du monde entier un immense village n'apporterait donc pas la paix mais la nécessité de se constituer en groupes donc en nations pour échapper à l'anarchie et à la loi de la jungle. La posthistoire devient donc protohistorique. Quoique, en attendant, en le disant vite, on peut se laisser bercer par l'idée de l'utopie précitée d'un seul pays planétaire pour un seul peuple qui l'est aussi.

Un village planétaire ? Pas pour tout le monde

A ce titre, le peuple juif peut être perçu sous deux angles contradictoires. Il peut infirmer ce qui précède : dans chaque pays, le groupe juif n'était pas possesseur d'un territoire et il avait adopté la langue environnante, ce qui à petite échelle peut montrer que ni l'absence de frontières spécifiques ni le parler généralisé ne solutionne les problèmes de nature conflictuelle posés par l'histoire ; ou illustrer l'exception qui confirme la règle : le Juif, contrairement aux autres nations, doit indispensablement disposer d'un pays, de frontières sûres et reconnues, et de sa propre langue et même écriture. Les deux approches diamétralement opposées parviennent à la même conclusion : le Juif a besoin de son propre pays.

D'ailleurs, vouloir tenter dans le microcosme israélien l'expérience du macrocosme mondial est extrêmement dangereux : laisser cohabiter des antisémites sur le même territoire, peut donner ce que l'on a vu le 7 octobre 23, et rien ne garantira qu'un tel désastre ne sera pas répété tant que les populations hostiles séjourneront sur le même sol, car distinguer Gaza du Néguev Occidental comme s'il s'agissait de deux contrées distinctes est un mensonge que la réalité ne supporte pas.

L'Etat n'est pas qu'une formalité

On a voulu croire que le seul fait d'avoir un Etat indépendant et suffisamment puissant pour se défendre suffirait à lui seul à changer radicalement la donne. La seule existence d'Israël devait garantir la sécurité de ses citoyens et prévenir les attaques antijuives, puisque l'on pose comme axiome que le Juif ne serait attaqué que privé de la possibilité de se défendre et/ou de contrattaquer, de poursuivre jusque dans leurs derniers retranchements les commanditaires et les exécutants des pires exactions le cas échéant, comme dans les affaires des athlètes de Munich ou des collégiens de Ma'aloth.

On a donc voulu considérer que les Juifs auraient eux aussi droit à leur posthistoire. Il faut et il suffit pour eux d'avoir à titre exceptionnel un pays. Ainsi, ils seront protégés et ne se laisseront plus conduire tel un troupeau de moutons à l'abattoir. Quand l'Égypte, la Syrie et/ou la Jordanie, se laissent séduire par la tentation nazie – n'oublions pas qu'ils n'ont pas déposé les armes – ils s'en mordent les doigts et leurs vaillants guerriers retournent à l'état sauvage en couvrant le désert de rangers, préférant courir pieds nus.

Pour les Juifs, la posthistoire, c'est le temps qui intervient après leur long exil. Pour un peu, on pourrait parler de messianisme laïc. On fait comme si leur posthistoire durait déjà depuis 75 ans, ce qui est peu, au regard de presque deux mille ans d'exil et d'errance, malgré des périodes d'âge d'or dont il fallait vite profiter comme du calme avant la prochaine tempête. L'erreur fatale est de croire que l'indépendance recouvrée impliquerait simultanément le recyclage des armes en socs de charrues.

Messianisme laïc

Le messianisme laïc avance plus vite en besogne que le messianisme religieux traditionnel. Pour lui, la rédemption se fait en un jour, du malheur au soulagement, etc. Ce n'est pas pour rien – sans vouloir offenser personne – que le jour du souvenir dédié aux victimes du terrorisme arabe et aux héros tombés au combat est le 4 du mois de yar, soit la veille du jour d'Indépendance.

 Si la pensée juive prévoit un long processus de rédemption, qui commence telle la gazelle du matin, synonyme de l'aube, pour reprendre la formule talmudique, quand, après les ténèbres les plus profondes, un léger rayon de lumière à peine perceptible point à l'horizon, avant de se faire de plus en plus sensible et présent, le messianisme laïc a tout de suite été inondé d'un sentiment de puissance, d'invincibilité, et d'irréversibilité, à tel point que toutes les menaces ennemies ne pouvaient être que risibles et surannées, et produire un dangereux sentiment de condescendance envers le mal, et ce dès après la guerre de 48.

Ne vois-tu donc rien venir ? Eh non ! Toute nouvelle menace est reléguée à une situation révolue de sorte que tout auteur de menace ne peut être perçu que sous la forme d'un voyageur temporel qui n'aurait pas compris qu'il a été propulsé à une époque qui n'est plus la sienne, un peu comme si on voyait débarquer un homme préhistorique armé d'un lourd gourdin.

L'Israélien moderne laïc s'est senti tellement au-dessus de tout cela, qu'il s'est mis à prendre en pitié ces pauvres antisémites qui ne peuvent plus rien contre nous. Yech lanou Tsava 'hazak. Nous avons une puissante armée.

Le sentiment de vivre dans un monde de posthistoire fait percevoir comme préhistorique le danger de l'ancien monde. Le nouveau Juif – forcément puisque l'ère est nouvelle – est si certain dans son approche que non seulement il ne craint plus que l'histoire ne déborde par sa force d'inertie qu'il baisse sa garde, au point de se persuader que c'est à lui de ne pas faire aux antijuifs ce que les nazis ont fait aux Juifs. Ce n'est pas que de la philosophie théorique et coupée du monde. Elle a laissé son empreinte tenace qui a rendu vulnérable l'Etat d'Israël par la promulgation très concrète d'une loi israélienne contre le racisme. Quel racisme ? Pas celui pourtant toujours latent et menaçant de non-Juifs qui n'auraient pas renoncé à leurs aspirations génocidaires à l'endroit des Juifs, toutes tendances confondues : nazisme; islamisme, inquisitionnisme, croisismes, titussisme… (Curieux ce correcteur d'orthographe, il ne reconnaît que les deux premiers).  Non, le racisme éventuellement possible du Juif contre les autres, puisque, depuis l'avènement du messianisme laïc, le monde n'est plus le même.

Et si ceux qui ne nous aiment pas malgré tout, parce qu'ils n'ont pas senti la transition vers ce monde nouveau, ceux qui débitent encore les pires diatribes à notre égard, nous les éduquerons et éviterons de répondre à leur rancœur par de la haine. Nous leur expliquerons tout le bien et tout le profit qu'ils pourront tirer de la coexistence. Nous les aiderons à se remettre de leurs fantasmes néfastes. Maintenant, s'il reste des traces de ce passé révolu, s'il reste envers et contre tous des terroristes, nous les traiterons avec toute la rigueur qui s'impose.

Messianisme traditionnel

De son côté, le messianisme juif traditionnel est plus prudent. Cette fierté d'être sortis de la période de l'exil si galvanisante qu'il ne saurait être question d'une menace que les Arabes feraient reposer sur nous en prenant le relais des Allemands, cette illusion qui inverse la donne et nous dicterait la prudence – ne faisons pas aux Arabes ce que les Allemands nous ont fait – ne risque pas de faire perdre pied aux Juifs fidèles à leur tradition. Dans les Lois des rois, Maïmonide énonce noir sur blanc que la première besogne du pouvoir juif, pour ne pas dire du rédempteur terrestre, sera en temps voulu de conduire une guerre sans concessions aux forces opposantes, qui se réveilleront et mettront tout le paquet dans leur tentative de faire échouer la rédemption.

Mais le messianisme laïc est si tenace qu'il s'acharne à mettre hors d'état de sauver et non de nuire tout lanceur d'alerte qui, au lieu d'être compris comme un révélateur du danger, est accusé de susciter par son extrémisme politique la haine des autres contre nous. Outre les considérations électoralistes et la volonté de ne pas se faire doubler sur la droite, les partis sont unanimes pour faire taire et interdire tout candidat soupçonné de racisme. On a donc développé en Israël une culture du silence et complexé quiconque s'insurgerait contre les intentions d'anéantissement de moins en moins cachées de nos ennemis. Il est très difficile de se sortir de cette approche. Les mises en garde ne provoquent tout au plus qu'un haussement d'épaules et un agacement, et il faut un véritable électrochoc pour s'en remettre.

Le retour à la réalité

Donc, les troubles du 7 octobre ont tenu lieu pour beaucoup d'électrochoc, de réveil.

J'ai suivi avec beaucoup d'intérêt l'entretien de Roni Gelbfish, membre du kibboutz Bror Hayil, de la région de Sdérot, sur la chaîne «Pourparlers» (הדברות)[2]. Voici succinctement ce qu'elle dit :

«J'ai grandi dans l'idée d'un humanisme qui voit tout le bien qui est en l'homme, un humanisme qui ne connaît pas de frontières, de religion ni de foi. Nous avions une religion, celle du travail de la terre. Notre idée voulait que si vous êtes bon avec tout le monde, ce bien vous reviendra en retour.» Elle raconte que dans sa jeunesse, elle partait à la plage d'Ashkelon ou de Gaza, que ses parents achetaient des souvenirs au marché de Gaza. «Nous avons fait connaissance avec des gens. Certains sont venus travailler chez nous, et certains sont même devenus nos amis».

Ils étaient convaincus que le mouvement de la Paix maintenant incarnait la juste marche à suivre. Sa famille a fait l'armée, dans des unités combattantes. Son père, blessé grièvement en 82 à la guerre du Liban, y a perdu ses deux jambes. Il n'a jamais cessé de croire dans la paix. Elle parle aussi du parcours politique de sa famille, des partis Ratz, Mapam jusqu'à Meretz.

«Vers vingt ans, je vivais avec un conjoint arabe, et nos deux familles s'entendaient très bien. C'est une famille arabe israélienne de Arara. Nous y avons vécu un moment ensemble, puis à Tibériade. J'ai vécu chez ses parents à Arara pendant près d'un an.» Elle souligne le caractère non-religieux de cette famille arabe. Malgré son côté idéologique convaincu, elle relève un élément déterminant : «Quand j'étais avec Ashraf, ils nous ont dit… ses parents, son père, qu'il n'était pas certain que nous pourrions vivre dans le pays… Pas question pour moi de quitter Israël. Ça a été décisif dans la rupture de notre lien. »

Elle cite en outre sa grand-mère, née en Hongrie et rescapée de la Shoah, qui lui disait : «Les Arabes ici, c'est comme les Allemands là-bas. Si on leur en donne l'occasion, ils nous feront ici ce que les Allemands nous ont fait là-bas, et ce que les Hongrois nous ont fait.[3]» Roni ajoute : «Ils ne veulent pas de nous ici. Ils le disent, exactement de la même façon que les Allemands le disaient. Simplement, je ne voulais pas l'écouter. Je disais que c'était juste les plus extrémistes. Elle me disait que non.»

Elle raconte que sa famille n'éprouvait aucune aversion pour les Juifs religieux. Elle-même allait prendre son repas du Chabbat chez des voisins, avant de rentrer chez ses parents regarder la télé. Elle a pour finir épousé un Juif religieux, Yoav. Ils ont trois enfants, un religieux, et deux autres qui se définissent comme laïcs qui chérissent la religion.

«Nous sommes très juifs dans ma famille», conclut-elle. Quant aux troubles du 7 octobre, elle établit : «Nous avons eu une journée de Shoah. C'est au troisième événement filmé que j'ai visionné que quelque chose en moi a fait que tout a changé. Ça a commencé par un silence total qui s'est emparé de moi. Ça a duré vingt-quatre heures. Je tournais en rond dans la maison. Puis j'ai dit à mon mari : "J'ai compris". Le narratif gauchiste qui considère que tout homme est bon est faux. Certaines cultures entretiennent la haine et le mal et la violence. Pour certains, ce n'est pas seulement légitime, c'est admirable. Je m'en veux pour toutes les occasions où je n'ai pas compris. Je rencontre des gauchistes (sic) qui en sont revenus avant moi. J'ai parlé avec quelqu'un qui a recouvré ses sens avec les autobus d'Oslo[4], puis avec un autre que la famille Vogel[5] a réveillé.  

Ça a été son moment. Chacun a son moment. Ils m'ont tous dit : "Ne regarde pas en arrière. Simplement, quand vient le moment où tu comprends, dis juste merci. Ne pas mourir idiot. Il faut comprendre ce qui change. Qu'est-ce qui change ? Tout… Ce que je comprends, c'est qu'Israël ne devra jamais déposer les armes. Ce que je comprends, c'est que nous n'avons pas retenu les leçons de la Shoah. À huit ans, nous avons vu dans nos manuels scolaires les montagnes de cadavres, mais nous n'en avons tiré aucun enseignement. Ce n'est pas la gauche, c'est l'Etat d'Israël. Ceux qui le comprenaient n'agissaient pas comme si leur vie en dépendait. Chaque fois qu'il se passait quelque chose, nous avons tous encaissé[6]. Ce n'est pas la gauche ou la droite, nous avons toujours tout encaissé. ».

D'autres témoignages sont diffusés dans les médias. En voici un autre. Tzufit Grant est actrice et présentatrice TV. Elle raconte[7] l'exaspération qu'avait provoquée Daniella Weiss, membre active des implantations juives en Judée-Samarie, quand elle lui avait dit que la mère arabe était différente de la mère juive, car la mère arabe veut plus que tout que son fils finisse martyr. Pour elle, c'étaient des préjugés irrecevables. Quant à la tragédie de la famille Vogel massacrée par deux jeunes arabes, elle en avait longtemps fait totale abstraction. En revanche, elle admire aujourd'hui le public orthodoxe qui ne veut pas rester à l'écart, et elle participe avec eux à des actions de bénévolat en faveur des soldats et des habitants de la région limitrophe à Gaza.

Le site Srouguim lance une véritable série de témoignages sous le titre : «Les voix du dessillement»[8].

Cette mobilisation sans précédent, ce dessillement de l'intelligence massif va-t-il trouver une oreille attentive auprès du gouvernement ? Il est permis d'en douter, et de se demander à quels impératifs ou autres forces il obéit, puisqu'il ne semble pas suivre l'avis du peuple que l'on tente d'influencer en l'attendrissant.

Piège sans possibilité de faire machine arrière

Le peuple avait voté pour les pourparlers avec les ennemis. Ce fut ainsi que Rabin et Pérès prirent la place de Shamir aux commandes du pays. Mais quand le peuple comprit soudain qu'il s'était fait duper, il tenta sans succès de redresser la barre : le suivant, au lieu de mettre à mal ses prédécesseurs, paracheva leur programme. Comme il ne valait guère mieux que les autres, il fut à son tour balayé, ce qui évita que la Golan ne fût cédé aux Syriens par le subterfuge inspiré de ses concurrents politiques : mener les pourparlers en secret avant de mettre la Knesset au pied du mur. (Oslo avait pris les parlementaires au dépourvu, beaucoup résistèrent, mais deux novices en politique ne purent s'opposer à la tentation corruptrice : Goldfarb et Séguev furent flattés par des cadeaux). Seulement, comme le suivant ne fut pas plus défenseur de son pays, ayant retiré Tsahal du Sud-Liban, il fut désavoué à son tour. Le peuple, remis de la tentation des territoires contre la paix désigna alors Sharon à 70% des suffrages. Mais le peuple ne décidait plus. La même politique d'abandon de terres au profit de l'ennemi s'intensifia. Jamais, à ce jour, le peuple d'Israël ne s'est libéré de l'erreur qu'il avait commise en désignant les messianistes laïcs ou les faux prophètes dont la paix signée devint apocalyptique.

L'alternance droite/gauche ne change rien. Les élus n'obéissent pas au peuple. Le peuple les élit puis ils se soumettent à d'autres mentors.  

Cela fait dix-huit ans que chaque intervention militaire d'Israël à Gaza ne va pas jusqu'à la victoire mais annonce un autre sursis, une période de quelques mois pendant lesquels les civils israéliens sont provisoirement épargnés.  

Nous en sommes témoins, les cessez-le-feu n'entraînent que des trêves de plus en plus courtes et qui se terminent d'une façon de plus en plus violente.

Le Hamas, de mal absolu, d'ennemi à éradiquer coûte que coûte car il a permis cette journée de Shoah, aidé après coup des Américains, use et abuse contre tout un pays des effets psychologiques du syndrome de Stockholm. Au lieu de se fâcher de la rafle des enfants juifs, on est tout contents qu'ils nous les rendent au compte goutte. Pour un peu, on serrerait dans nos bras celui que Netanyahou venait de signaler au Mossad comme cible à abattre.  

Le grand réveil, le dessillement des yeux et des cerveaux de la frange la plus radicalement prompte à diviser le pays, ceux qui disaient encore il y a peu «Non, vous n'êtes pas nos frères», ce sursaut immense et prometteur annonciateur d'un changement profond ne sera-t-il pour finir qu'un sursis, un sursaut qui fait flop ?

 Prions pour que les arcanes du pouvoir, ceux qui en tirent les ficelles, ne puissent plus compter sur ceux qui, à l'instar de l'auteur et peintre Roni Gelbfish, susnommée, servaient leurs intérêts dissonants, et que toute cette classe politique qui nous veut peut-être du bien mais n'agit pas en ce sens, soit remplacée par de véritables délégués du peuple d'Israël. 

 

 

[1] Allusion aux théories du livre de Fukuyama La fin de l'histoire… qui a fait beaucoup d'émules dans les classes politiques dirigeantes.

[3] 4'20" sur le film.

[4] Explosions provoquées par les attentats-suicides qui ont fait jusqu'à 30 morts et plus à chaque tragédie.

[5] Famille juive égorgée chez elle un vendredi soir, dont un bébé de quelques mois.

[6] Le terme employé (הֵכַלְנוּ) signifie littéralement contenu, admis dans la retenue.

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19 novembre 2023 7 19 /11 /novembre /2023 19:04

Israël : appréhender sans détour sa propre vocation

Découvrir sa vocation profonde par des chemins tortueux et détournés, au lieu de s'interroger de façon directe sur sa propre identité et place en ce monde, surtout si le départ est marqué par le déni et de fausses assertions que l'on prend pour une opinion, donne vie au cauchemar le plus improbable, et appelle d'urgence à une révision jusqu'à la racine de toutes ses idées reçues et fausses perceptions.

Par exemple, est-ce qu'il vaut mieux accepter simplement et avec foi le principe du retour d'Israël sur sa terre, y compris Gaza, ou commencer par aller voir ailleurs en la cédant, même partiellement, à des musulmans en croyant bien faire puisque l'Occident ouvre un œil paternaliste sur le Juif pour son ouverture ?

Suite au réveil brutal du 7 octobre dernier, quand il devient clair comme de l'eau de roche que jamais les concessions territoriales ou l'octroi de confort moderne aux ennemis d'Israël n'apporteront la paix ; quand les plus férus comprennent enfin toute l'absurdité de la formule abracadabrante des territoires contre la paix, puisque toute cession de terrain ne fait que rendre plus proche et plus effective la menace, la tendance réparatrice aujourd'hui est de se dire que l'on a omis de prendre en compte la religion de nos ennemis et de la comprendre. Pire, on a voulu décider pour eux ce qu'ils pensent vraiment.

Beaucoup se tournent à présent vers l'orientaliste Eliézer Cherki. Les entretiens se multiplient sur de nombreux médias, et il est évident qu'il eût été préventif de l'écouter quelques décennies plus tôt. Il apporte depuis longtemps un éclairage essentiel. Si on l'avait écouté, notamment quand il documentait au ministère de la Justice la problématique des droits des Juifs en terres d'islam, on aurait évité de se lancer dans la mésaventure des accords d'Oslo, épargné bien des vies et évité cette pression internationale toujours pressée de prendre partie contre les Juifs. Le conflit est religieux, pas territorial. Il ne ressemble en rien au Kossovo disputé entre la Serbie et l'Albanie, à l'Alsace, ou au Haut-Karabakh.

Ou alors, s'il est territorial, il répond à l'approche binaire de l'islam, et n'est pas à comprendre dans le sens de l'aspiration d'un consensus fondé sur une répartition ou un partage de terres. Cela fait des décennies que M. Cherki tente d'avertir les politiciens et autres géo-politologues de l'impasse de leur impossible approche. Il nous explique que le monde entier se divise pour ce culte en deux domaines : celui de la paix et celui de la guerre, ou plus littéralement du glaive. Le premier est soumis à l'islam (pléonasme pour les arabisants), l'autre est celui qu'il faut soumettre. S'il en est ainsi, comment fait-on pour vivre en paix s'il se trouve que l'on évolue dans un pays non islamisé jusqu'aux rênes du pouvoir ? Il faut et il suffit d'être suffisamment stable et puissant pour que le culte islamique se considère en état de trêve, autrement dit provisoirement dispensé de nuire.

Dans nos esprits imprégnés de morale biblique, la gratitude est un pilier incontournable de la foi et de nos cultures. La loyauté exige que la générosité réponde à la générosité. Mais dans l'esprit belliqueux d'un culte qui attend par principe des signes de faiblesse, toute main tendue vers la paix est bonne à couper. Personne n'ignore ce principe de psychologie cher aux mœurs occidentales : perdre son sang froid, s'agiter, se faire blessant ou violent sont des signes de faiblesse. Ou alors, la turbulence est l'apanage de personnes qui se sentent – à tort – agressées. On le sait : la force est tranquille. Nous nous voyons magnanimes, et notre magnanimité respire notre invincibilité.

On accorde la nationalité sans craindre un renversement du régime en place, notre résilience nationale est bien au-dessus de ça ;  on cède des territoires sans appréhension aucune, car si jamais on se trompe – éventualité par trop insensée – notre puissante armée nous permettra d'y remédier.

Cette vision n'est pas symétrique. Pour le camp qui voit en nous le domaine qu'il faut briser, battre ou abattre, ce n'est pas de la magnanimité qui est captée mais des signes de faiblesse. Nous ne sommes pas généreux, nous avons peur d'eux. En schématisant, nous répondons à l'occurrence de l'agressé qui, devant le choix de la bourse ou de la vie, cède celle-là pour sauver celle-ci. En distribuant des cartes de séjour ou des territoires, selon que vous soyez en Europe ou en Israël, vous payez le tribut de votre salut. L'islam ne conçoit pas que le monde puisse contenir des places où un autre culte que lui pourrait être observé, ni qu'il n'y ait pas de culte du tout. À partir de là, tous les coups sont permis. Les adeptes de l'islam ne parlent d'ailleurs pas, nous informe notre orientaliste, du terme européanisé de djihad, mais du «Sentier de D.», et pour avancer, il n'est pas amoral de signer des accords de paix en attendant le moment propice de leur trahison.

Quand la signature des accords d'Oslo fut reprochée à l'archi-terroriste Arafat par des coreligionnaires, il se prévalut de celle du fondateur du culte mahométan, à son époque à la Mecque. En effet, le traité de Houdaybiya, signé en 628, qui devait autoriser la liberté de culte à ces derniers et à leur chef, en échange d'un engagement à la non-belligérance, fut trahi deux ans plus tard, l'occasion du départ de l'armée locale partie escorter une caravane ayant été trop belle. Nous sommes plus habitués au vocable francisé de taqîya, venu enrichir la langue française. Cette valeur religieuse est aux antipodes de la langue de Molière, qui, de manière ludique et éducative, avec Scapin, avait fait de la fourberie un vilain défaut.

Comprendre la religion de l'ennemi, et surtout qu'il s'agit bien d'une guerre de religion, permet tout d'abord de réaliser que nous et eux n'avons pas les mêmes valeurs. Pour nous, Israéliens ou Français, se servir de Gaza ou des territoires perdus pour nous bombarder et envoyer des bourreaux égorgeurs, ou brûler le mobilier urbain, les magasins, et attaquer des maires et leur famille chez eux, mettre le pays à sac, à feu et/ou à sang, c'est mal. Pour eux, c'est une question purement tactique ou stratégique : on leur a fait cadeau de Gaza ou de nombreuses cités, c'est le signe de faiblesse qu'ils attendaient car il leur fournit une base concrète pour mieux nous attaquer.

Néanmoins, se focaliser sur la religion de notre ennemi pour comprendre ce que nous devons faire ou ce dont nous devons nous préserver coûte que coûte, cela relève du comportement de ce personnage qui se gratte l'oreille droite avec la main gauche en faisant le tour de la tête avec le bras gauche, ou inversement (oreille gauche, main droite). Nous retombons sur la philosophie de Sartre pour qui le Juif n'existe que par le regard des autres, tout au moins pour les «inauthentiques». «Le Juif est un homme que les autres hommes tiennent pour juif». Albert Memmi, sans rejeter son identité, constate à l'école française cette distinction du Juif par la nature de la relation de son environnement scolaire qui semble lui brandir un miroir sous le nez : «Au lycée… on m'obligeait à me demander qui j'étais… par de continuelles remarques, on me suggéra l'image du Juif idéal et, pour la découvrir en moi, je m'observais»[1].  

Serions-nous incapables de définir nos propres principes moraux, nationaux, spirituels, nos objectifs et notre fonctionnement en tant que nation en étudiant directement notre propre religion et échelle de valeurs, sans détours, sans passer par ce que nous réservent les autres en cas d'égarement et de confiance aveugle et malencontreusement mal placée ? Nous ne sommes pas une nation dépourvue de spiritualité, contrainte d'aller voir chez les autres afin de comprendre ce que nous avons à faire.

Pour comprendre l'origine du caractère inextricable des choix politiques imposés à notre génération par la classe politique dirigeante, de façon totalitaire ou par consentement arraché via des manœuvres politico-médiatiques manipulatoires, nous devons élucider l'esprit de la Torah, la direction et le sens de l'histoire en général et d'Israël en particulier, ou,  d'une manière qui n'a de restrictive que l'apparence, la religion juive, dans sa dimension collective.

La Torah établit très clairement le lien entre les trois piliers fondamentaux d'Israël : le peuple, le sol, la religion. Avant même que le peuple ne soit formé, déjà, le premier patriarche hébreu lance le mouvement : se diriger vers la terre d'Israël et s'y établir. La Bible hébraïque distingue trois périodes vectorielles allant de l'exil à la rédemption :

 Égypte, Babylone, Edom. Il est impossible de ne pas faire le constat de l'évolution du rapport inversement proportionnel de la prépondérance entre l'implication divine et de la responsabilisation des membres de la communauté d'Israël. Dans son jeune âge, le peuple est assisté. Il participe passivement à sa libération du joug égyptien. Il ne lui est demandé que de sacrifier l'agneau pascal, de rougir les linteaux de sa porte, et de ne pas sortir de chez lui avant d'en avoir reçu l'ordre. Le libre arbitre de chacun n'est pas lésé pour autant. La tradition, confirmée par Rachi, rapporte que seul un membre sur cinq du tout jeune peuple a jugé bon de s'affranchir de l'esclavage. Certains devaient penser : heureux comme un Hébreu en Égypte. L'histoire n'en a pas gardé la trace.

Pour les retours suivants, les autres mouvements vectoriels, l'implication divine se fait plus discrète, voire plus distante. Il n'est plus question de bouleverser l'ordre de la nature comme avec les plaies d'Égypte – on relèvera cependant qu'aucune créature surnaturelle, ou d'ordre mythologique, n'a été créée et exploitée à cet effet – ni d'une voix venue du Ciel comme sur le Mont Sinaï, venue nous dicter les principes essentiels de notre Code cultuel et moral.

La prophétie accompagne encore activement le peuple jusqu'au retour de l'exil de Babylone. Ezra et Néhémie, à l'instar de Moshé, sont à la fois des dirigeants spirituels et politiques et des prophètes. La prophétie active durera jusqu'aux débuts de la Grande Assemblée[2].

Le troisième retour se déroule dans une période depuis longtemps post-prophétique. Mais alors, que faire ? Si non seulement il n'y a plus de voix céleste mais de surcroît plus de prophètes messagers de la parole divine ? Pas de panique. Les prophéties continuent de nous accompagner de génération en génération. Elles sont écrites dans la Torah, et tout le monde peut les consulter. Des promesses faites aux Patriarches aux nombreuses prophéties écrites noir sur parchemin dans le Deutéronome, il apparaît sans ambigüité aucune qu'Israël sera restauré sur son sol.

Une difficulté demeure cependant. Certes, nos Sages et le Midrach rapportent le principe d'une période de deux mille ans d'exil, de la correspondance entre l'heure où Adam, au sixième jour de la création, se campe sur ses jambes, et entre l'année 5708 du calendrier hébraïque, chaque jour de la création se projetant sur mille ans d'histoire terrestre. Mais «en ce temps-là» ne nous apporte pas vraiment d'indication précise sur la date.

Réponse : il faut être attentif au signal. La présence divine accompagne Israël en exil et aspire à rentrer au pays. Bien que les injonctions midrachiques n'ont pas force de halakha, la traité talmudique de Ketoubot préconise que le retour d'Israël en ses frontières doit se produire en évitant de passer par une révolte ou une guerre ouverte contre les nations. Sur ce plan, la génération du retour de Babylone et la génération du retour d'Edom sont sur un pied d'égalité, en dépit de l'avantage prophétique des dirigeants d'il y a environ deux millénaires et demi.

On objectera que les exilés du Premier Temple savaient qu'ils en auraient pour soixante-dix ans. Or personne ne savait à quel instant T démarrait le compte à rebours. L'incertitude causait bien du désarroi, et seule la foi dans l'issue de cet exil permettait de ne pas perdre espoir. À tel point que le roi Assuérus, convaincu que le délai était passé et que la prophétie s'était démentie, a donné un grand festin en s'autorisant à utiliser les ustensiles pillés dans le Temple, gardés de côté jusqu'alors.

Concrètement, pour ne pas dire politiquement, c'est l'édit de Cyrus qui enclenche le processus du retour et de la reconstruction du Temple de Jérusalem. Il n'est donc plus question de «réveiller précocement l'amour avant qu'il ne soit agréé»[3].

Cyrus était en mesure, en tant que roi fondateur de l'Empire perse achéménide, de se prononcer au nom des nations et faire en sorte que le peuple d'Israël reprenne possession de sa terre sans que ce retour s'apparente à une révolte. De même, Israël ne s'est engagé sur le sentier de la guerre que pour se défendre, après son retour, et non pas en vue de rentrer chez lui. Ne pas attaquer les occupants de sa terre pour la reprendre est bien différent du droit de se défendre en cas d'attaque étrangère.

L'Eternel ne nous parle donc plus ni comme au temps de la sortie d'Égypte, ni comme durant la longue période prophétique. Il «veille depuis les fenêtres, jette un œil depuis les meurtrières»[4]. «En ce temps-là, cacher, je cacherai ma face»[5]. Il opère derrière l'histoire, terme dont les trois consonnes semblent provenir tout droit de la racine trilitère du verbe hébraïque cacher (s t r). Le sage remplace le prophète. «Qui est le sage ? Celui qui prévoit les engendrements»[6]. D'aucuns avaient averti que l'Europe, vers la fin de l'entre-deux-guerres, deviendrait un brasier. D'autres, plus récemment, que les accords dits de paix annonceraient le chaos.

Il n'est pas inopportun de considérer que la déclaration Balfour fut le signal adressé par les Nations au peuple d'Israël au sortir du troisième exil.

En fait, ce ne sont pas seulement les représentants du pouvoir politique des nations qui interviennent ; c'est toute la configuration géopolitique sinon mondiale, au moins régionale. Imaginons un seul instant que tous les continents aient été morcelés en pays bien définis. Certes, la terre d'Israël n'est pas vraiment comme les autres, puisqu'elle a attendu le retour de ses enfants, restant désespérément sèche ou infestée de malaria sous la charrue de tout étranger. Mais ça ne suffit pas.

Essayez de planter un drapeau inopiné et inopportun en plein Sahara ou en Arizona, ou autre zone aride, et de vous constituer en nation, et vous verrez. Imaginons les Juifs et leurs délégués, dans un monde stabilisé depuis des siècles, s'adresser à la représentation des nations : «On aimerait bien rentrer chez nous, et qu'on nous rendre notre terre». Le chef de la représentation aurait eu un sourire mi-narquois, mi-condescendant : «Mais, enfin, vous plaisantez, vous auriez des vues sur la patrie d'une nation établie depuis presque deux mille ans, ben tenez ! Justement, qui s'est constituée peu après votre départ. Mais c'est impossible.»

Il les aurait regardés comme un phénomène étrange, comme s'il avait devant lui des fossiles vivants doués de parole. Or non seulement elle est restée déserte (certains ont bien pensé fomenter de toute pièce une telle nation, mais après coup ; ils s'y sont pris trop tard, et la charte de cette nation virtuelle ne saurait être rétroactive), mais la tendance était – quel concours de circonstances extraordinaire – à la redistribution des terres à de multiples nations ou nationalismes. On ne pouvait tomber mieux.

L'histoire s'est mise au service du Retour d'Israël.

L'expansion territoriale de l'Europe occidentale, lancée au XVème siècle, préfigure la décolonisation. La première Guerre mondiale annonce le terme de la colonisation ottomane notamment de la Palestine (démarche entérinée par la suite par le dirigeant turc en personne, Mustafa Kemal, dans le cadre de l'abolition du Califat) rattachée à l'empire colonial britannique, qui doit y préparer la restauration du foyer juif.

Et c'est dans ce vaste contexte de décolonisation qu'Israël récupèrera le plus naturellement possible sa part du vaste gâteau, au même titre que tant d'autres groupes nationaux, des terres rétrocédées par l'Occident.

Pourtant, l'unanimité du peuple n'est pas présente à chacune des proclamations du retour. Ils sont six cent mille hommes à la sortie d'Égypte, quelque quarante mille à rejoindre Ezra, et six cent mille à la proclamation de l'indépendance d'Israël.

Le monde se met en quatre pour qu'Israël, qu'on le veuille ou non, reprenne possession de son sol.

Le Talmud[7], dans le onzième chapitre du traité Sanhédrin, rapporte une citation à comparaître devant Alexandre de Macédoine. Les descendants d'Ismaël prétendent se fonder sur les sources de la Bible pour revendiquer la moitié de la Palestine, vu qu'Abraham avait deux fils (non, pas Israël, Isaac, son père). Un sage, Ben Psissa, se propose pour représenter notre cause. Pour finir, il cite le verset : «Il donna tout ce qu'il possédait à Isaac». Or, même si l'on veut y voir une donation en avancement d'hoirie que le bénéficiaire serait censé rapporter à la masse successorale, le texte fait en ce cas état d'une répudiation, dans la mesure où les autres héritiers reçurent des  «cadeaux et furent expulsés vers l'Orient».

Le problème, c'est que certains, au milieu de nous, n'ont peut-être pas très bien assimilé cette leçon du Talmud, au point de se rallier à la cause de nos détracteurs.

Il se peut que les égarements aient été eux aussi annoncés par les prophètes. Ainsi, dans le texte d'Ézéchiel, (XXXVI, 5), apparaît une curieuse phrase dont la tournure est impersonnelle : «Ainsi parle l'Eternel D.… j'ai parlé au résidu des nations et à Edom tout entier, à qui on a donné [אשר נתנו את ארצי להם] ma terre en héritage, dans la joie du cœur et avec dégoût, pour expulser et livrer au pillage».  L'exégète Rabbi Joseph Colon Trabotto (Sage de la Première période – ראשונים מהרי"ק) : «la joie du cœur… car Israël en était expulsé ». Le prophète Joël annonce (IV, 2) : «Et ma terre ils la morcelèrent». Ces prophéties de la fin des temps, peuvent s'appliquer aussi bien au vote du partage du reste de la Palestine mandataire en 47[8] qu'à l'expulsion des Juifs de Gaza. Dans les deux cas, le courroux s'abattra pour finir sur les éléments étrangers qui auront profité et abusé de cette parcellisation. Faut-il voir dans cette joie du cœur l'exultation béate des signataires des accords dits de paix, avec l'Egypte ou l'Olp, persuadés que par leurs dangereuses concessions, les démons de l'antijudaïsme seraient à jamais en profonde léthargie ?

En tout état de cause, les prophéties les plus sombres ne doivent pas pousser au désespoir. Les catastrophes annoncées dans la Bible peuvent être déprogrammées, comme nous l'apprenons du livre de Jonas, à propos de Ninive, épargnée suite à sa repentance.

Donc, D. octroie la terre d'Israël au peuple d'Israël, mais ceux qui prennent en main les destinées de la nation refusent ce cadeau. Peut-être a-t-il été réattribué trop facilement, sans que chacun en réalise l'importance. Gaza est donnée par le Créateur au peuple d'Israël. Que peut-il se passer si le cadeau est dédaigné et abandonné à ses pires ennemis ?

La guerre des Six jours a permis au peuple d'Israël de récupérer une quantité incroyable de terres, mais tout le monde n'est pas capable d'en apprécier la valeur. Quoi qu'il en soit, le faux messianisme de la paix contre les territoires ne supplantera pas le messianisme du Retour, énoncé dans la Bible. Car les différentes régions du pays seront de toute façon adressées à leur destinataire qui l'obtiendra le cas échéant en passant par des guerres superflues qui auraient pu être évitées.

D. n'a pas donné Gaza à un conglomérat d'arabophones mahométans, Gaza n'est pas Singapour. De même, le cœur de la terre d'Israël, quand les dirigeants ont voulu nier l'évidence du retour d'Israël en ses frontières, quand il a été cédé aux organisations musulmanes terroristes tournant autour de l'Olp, est devenu le centre d'une agitation nocive devenue vite infernale, et ayant contraint la direction politique à réagir. L'opération Homat Maguen en 2002, a permis d'atténuer le mal, mais elle laisse par le maintien de l'occupation étrangère une situation instable. Seule une reconquête du terrain et l'installation de citoyens judéo-israéliens garantiront la réalisation de la vision biblique du Retour et par voie de conséquence l'avènement de la paix mondiale. Les émeutes mahométanes en Europe fonctionnent comme les vases communicants. Que l'islam relève la tête ici et c'en est fini de l'Europe. Qu'Israël soit le vainqueur incontesté et l'islam s'enfuira en jetant ses chaussures également en Europe.

À quoi peut-on réellement s'attendre quand on renie le message qui nous accompagne et garantit notre existence depuis la naissance d'Abraham, en 1948 de notre ère ? Quand on s'autorise des petits aménagements ? Quand, par exemple, on chasse les membres de la communauté d'Israël de Gaza pour favoriser l'ennemi ?

A-t-il fallu encore une fois que l'histoire se reconfigure pour nous montrer de façon cinglante que nous devons non seulement vivre en terre d'Israël mais que toue la terre d'Israël, toute, doit être habitée par le peuple juif ? Il est à présent établi que l'Iran se tient derrière les pogromes et les rafles du 7 octobre. On parle moins, fait curieux, du Qatar. Pourtant, il y a peu, il allait presque mettre la clé sous la porte. Mais voilà. Il y a eu la guerre entre la Russie et l'Ukraine. Les Usa et l'UE ont voulu isoler la Russie. «Nous allons livrer une guerre économique et financière totale à la Russie, nous allons donc provoquer l'effondrement etcetera etcetera» (disait sans rire B Le Maire, 1 mars 22, ministre français de l'Economie). La France s'est appauvrie, et tente de relancer ses centrales nucléaires, tandis que l'Allemagne retourne au charbon. La Russie s'est tournée vers d'autres alliances, la Chine, l'Inde, et… l'Iran, qui reprend du poil de la (sale) bête.

Le Maharal, dans son livre Pérennité d'Israël (נצח ישראל), parle de l'exil comme préambule à la rédemption, de même que la nuit annonce le jour, ou ce monde-ci le monde futur. Toute génération sortie de l'exil a su apprécier la valeur du retour. Ces pionniers ont su s'armer de courage et se battre pour défendre la moindre parcelle du sol d'Israël, du sable d'Israël. Aura-t-il fallu que la génération native du pays, après s'être idéologiquement égarée, vive sans se déplacer les pires tourments de l'exil ? Aura-t-il fallu passer par la vision de l'horreur, de la religion et des forces du mal, dans toute l'abjection de leur cruauté et de leur sauvagerie, pour enfin se tourner vers nos propres sources, sans avoir besoin de suivre des sentiers détournés ?

«Et à partir de cet instant, deviendra clair et perceptible le haut niveau qu'ils atteindront dès qu'ils se seront dégagés de l'emprise des nations pour s'attacher à Lui, béni soit-Il, car ils auront ainsi atteint un degré supérieur à celui qu'ils auraient atteint s'ils n'avaient pas été sous leur joug». (Extrait du chapitre 9).

Le peuple d'Israël, y compris ceux qui succombèrent à la tentation du faux messianisme du nouveau Moyen-Orient, s'est largement remis des chimères des paix avec ou sans accords. En revanche, le gouvernement ne semble pas obéir aux aspirations du peuple mais à des intérêts qui ne le servent pas. Dans l'état actuel des choses, il n'y a pas de droite au pouvoir. Car la droite, en Israël, c'est celle qui abonde dans le sens de la souveraineté israélienne sur la terre d'Israël. Il serait temps que ces politiciens prisonniers d'un mal mental incurable aillent voir ailleurs, à moins qu'ils ne s'en sortent. Mais n'est-il pas trop tard pour eux ?

 

 

 

[1] La statue de sel, Folio, p. 275.

[2] Début de la période du Deuxième Temple, d'Ezra à Chimon Ha-Zadik.

[3]  Cantique des Cantiques III, V, repris dans le Midrach du traité talmudique Ketoubot page 111a

[4] Idem II, 9.

[5] Deutéronome XXXI, 18.

[6] Michna, Maximes des Pères, 2, 9.

[7] Sanhédrin 91a.

[8] Allocution du Rav Zwi Yéhouda Kook. Son discours est resté mémorable, étant donné qu'il a été prononcé peu de temps avant la guerre des Six jours, le jour de l'Indépendance, et qu'il y déplore en citant le verset de Joël que la terre d'Israël a été morcelée.

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8 novembre 2023 3 08 /11 /novembre /2023 09:30

"בכל נפשך ובכל מאודך"[1]. חז"ל מסבירים שאם אדם מוכן להקריב את חייו בעד ערכיו, אין זה אומר שמובן מאליו שהוא מוכן כל שכן לוותר על ממונו. יש אנשים שאם מדובר בכסף, הערכים יוצנעו במקום שהכסף נחסך. לפני עלייתי ארצה, ההיפך היה הנכון : על כסף ברור שאפשר לוותר, אבל האם מוכנים למסור את הנפש ? לא בטוח. מעבר לנושא התרומות הנדיבות שאנשים היו מוכנים להרים למען ארץ ישראל, היו תופעות שגרתיות יותר נקודתיות. בחנויות המזון הוצעו לקונים תפוזים מספרד ותפוזים מישראל. אני זוכר שהיה עניין של כבוד ואחדות אצל רבים מהיהודים בקניית תפוזי ארץ הקודש דווקא, למרות שהם היו יותר יקרים. על זו הדרך, כשטיילתי עם קבוצת מתנדבים בצה"ל במסגרת שר-אל, היה מובן מאילו שלא קונים שום דבר בשוק הערבי הפולשני המשתרע משער יפו עד לפנייה לכותל, כי מה פתאום שנחזק כלכלית את הכיבוש הבעייתי הזה בלב בירתנו.

אלא שכאן נוכחתי למציאות שונה. זכורני שהיו הייתה חנות בשר בבית אל המשרתת את הציבור באהבת ישראל והנותנת פרנסה לאחינו היהודים. אך כרעם ביום בהיר, בעל הון פתח חנות לא הרחק מכאן, ובתחרות לא הוגנת, מחר עופות בשקל לקילו. הוא התייחד בהחזקתה הכלכלית של העיר העוינת והנקייה מיהודים : רמאללה, עד כדי הכנסת רכביהם למגרש החנייה על אף האיסור המוחלט לתנועת מכוניות עם לוחיות מרשות המחבלים במקומות היישוב היהודי. התחרות הנפשעת פגעה בכמה בתי עסק יהודיים באזור, גם בכוכב יעקב למשל. קונים הדירו את רגליהם והמוכר התמים מבית אל פשט את הרגל. בנימה של ביישנות, הוא ניסה בעדינות למשוך את תשומת לבם של אותם הקונים כשהוא פגש אותם במקומות אחרים תוך כדי שהם העדיפו להיבלע באדמה ובלבד שהוא לא יראה אותם. "בחנות שלנו, הסביר, מתפרנסים יהודים בכבוד עם תלוש משכורת. הסכימו רעיונית עם ערכיו אלא שלא מוכנים לשמור עליהם בקצת מאודך. כך ענו ברמיזה אם לא מפורשות.

כשבניתי בית בחסדי ה' בארץ ישראל, סגרתי חוזים עם יהודים. אלא שלתדהמתי מצאתי בביקורי באתר הבנייה אנשים זרים. "מדברים עברית ? יופי ! אני חושב שיש לכם טעות במקום". עד שבא הקבלן והרגיע אותי : "זה בסדר". בהמשך הוא מסביר לי שלהעסיק יהודים זה הרבה יותר יקר ושחוץ מזה קשה למצוא בעלי מקצוע יהודיים. יום אחד אני מוזמן במס הכנסה. הם רוצים הצהרת הון. בין השאר הם רוצים לדעת מאיפה הכסף לבנייה. הכסף היה תחילה בחשבון והנה אישורי הבנק. והנה הקבלות של בעלי המקצוע היהודיים : חשמלאי, שרברב... וכשאני מסביר שחלק מהבונים עבדו בשחור ושלא קיבלתי מהם כל מסמך קבלה, ראיתי שלא נוח לפקיד ממחלקת השומה. "לא צריך פירוט מדויק עד השקל האחרון", או משהו כזה.

פעם עבדתי בשמירה בשער היישוב. נכנסו מדי יום כמאתיים פועלים ערבים שהשאירו אצלי את תעודות הזהות הכתומות שלהם, שהונפקו אז על ידי המנהל. באותה תקופה נבנו השכונות המערביות. מצד אחד, התחזק היישוב, אך מצד שני מצאו להם עבודה הרבה ערבים שאלמלא זאת היו מחפשים את מזלם במקומות אחרים בעולם. בלועזית קוראים לזה פרדוקס.

בעצם, מצד אחד אומרים "ארץ ישראל שלנו", ומצד שני אנו ששים לפרנס המון משפחות ערביות שהולכות ומשתכנות לעומק ולרוחב בארצנו. כי מובן שהסיוע האירופי שמזרימים להם ושאנחנו מגנים לא מספיק, עובדה שהם נאלצים כדי להתקיים כאן לעבוד אצלנו. ימין דוחה ושמאל מקרבת.

זה כבר חודש שניתן קצת לנשום ולא לחיות עם הנוכחות העוינת המשוטטת ברחובותינו, עם איזו שמירה לצאת ידי חובה של אדם אחד השומר על כולם מתוך מכונית. כל פעם שבונים משהו ביישוב, גם כשמדובר בבניין מרשים בממדיו אך אשר משמעותו הראשונית לתושבים היא הרעת תנאים (כמו ביטול שירותי ביטוח לאומי, או עקירת חצי הגג של הספרייה החברתית שם וכדומה), מאות ערבים מוציאים את פרנסתם כאן.

רחוק הוא מקומו של קניית התפוזים הארצישראליים או של ההימנעות למרות הפיתוי לקנות בשוק בשער יפו. כשמדברים על "לא תחנם", תמיד דנים בעניין השכרת שטח או מבנה בארץ או מכירתם לגויים, אך לא בעניין הפרנסה, שהוא דווקא הפן המרכזי והחיוני באפשרות לחיות במקום נתון או בעזיבתו. חבל שהמשקל הכלכלי הרבה יותר כבד מהמשקל הערכי. קודם יחפש אדם מקום עבודה לפרנסתו ורק בהמשך הוא יחפש מקום מגורים קרוב למקום עבודתו. אנשים שמתוך ערכים עולים לארץ יורדים בחזרה כשהם לא מוציאים כאן עבודה. תופעות נדודי אוכלוסין נובעות מחיפוש אחר מקורות מחייה ולא מתוך אידיאלים. למשל אפריקני מוסלמי יעתיק את מגוריו מסאהל לצרפת כי הוא מצא בה מקור פרנסה (בדרך כלל קצבאות למיניהן), ורק אחר כך הוא יספר שהוא הגיע לשם כדי להרחיב את גבול השפעת האי-סלם. אדם שישתכנע שעליו לגור בקוטב הצפוני, ולא משנה כמה חזקה תהיה תשוקתו, יחזור די מהר לנקודת מוצאו כשהוא יבין שאין שם עבודה.

יש כאן אנשים שבוער להם להביא שוב לכאן ערבים בהמוניהם, בעילה שאין מה לדאוג כי אלה יישאו בתעודות זהות ישראליות. כשיד מוסדות השלטון על הדופק בחשש שמא יצטרפו למלחמה נגדנו, הדו-קיום כל כך בוער לאותם גורמים עד שהם מדמיינים שהמושג של ערבי ישראלי אינו כי אם ביטוי השלום שאחרית הימים של פרס. מה זה ישראלי ? אדם מעם ישראל. אז אם נמשיך בדרך זו יאשימו אותנו בג"ץ שאנחנו גזענים אם לא ניקח אותם להשלים מניין.

ידועה האמירה החזרתית. תמיד טוענים שיהודים לא רוצים לעבוד בבנייה או שלא יודעים לעבוד בבנייה. האומנם ? זכור לי שרצף, למשל, בתקופה בה השכר ההתחלתי לשעה במשק עמד על 15 ₪, יכול היה להרוויח 5,000.00 ₪  לשבוע.

במלחמת המפרץ הלכתי לעבוד בבנייה. כשהערבים הורשו לשוב, הודו לי, כלומר פיטרוני. כנראה שהיהודי יותר יקר, למרות שקיבלתי בלי להתווכח את השכר שקבעו לי. אבל בטח כשיהודי עובד קבוע, צריך להוציא יותר כסף ולשלם למדינה : תלוש משכורת, ביטוח, מ"ה, ב"ל. אז שוב הערכים נגמרים איכן שהכסף מתחיל.

ובכן, כיצד יישאפו ברשויות למימוש האמירה "כל ארץ ישראל שלנו", כאשר ענף הבנייה מושבת כבר חודש לאחר שהפולשים לארצנו לא מורשים להיכנס לתוך המרחב שלנו ? הצרה היא שמעולם לא נתנו ליהודים הזדמנות להתלמד במקצועות הבניין, היות וכאמור הם עולים יותר כסף. אך הנה אנחנו משלמים על ה"יותר זול". יותר זול זה גם פחות איכות : השחתות זדוניות (קרש בצינור הביוב בבית ספר ששמו שמור במערכת, חתך והצמדת חתיכת בד בצינור הקולטים ביציקת הגג בבניין דירות כנ"ל), ריגול (רשימות מדויקות של כמה תושבים ומה הלו"ז שלהם בכל מקום כמו בכפר עזה), והקפאת עבודה במצבים מכגון זה של היום. בשביל רמה טובה, צריך לשלם.

על מנת להשתחרר מהתלות הבלתי נסבלת והבלתי-הגיונית, יש להכשיר צעירים ופחות צעירים למקצועות הבנייה. רשויות, מועצות מקומיות וכו', הם המערכות בעלות התקציבים המסוגלות לתת מענה בעניין, ולהשקיע בניהול ובמשאבים. בבתי ספר לחשמלאים מתלמדים יהודיים באופן שאין בעיה למצוא בעל מקצוע יהודי. יש צורך בהכשרת שאר בעלי המקצועות בענף. אז נרוויח גם בכך שרבים יימצאו את מקומם בחברה, והיא תהיה יותר בריאה ומאוזנת. אי אפשר שנהיה אומה של רבנים ומהנדסים בלבד.

ואז נוכל לקיים בתור עם חופשי בארצנו את מצוות לא תחנם ולהתנער מהתלות החונקת בהם.

כי כאשר ממוננו חשוב מנפשנו, הפועל היוצא הוא שמשום שאנחנו גורמים להישארותם ולהתרבותם של אויבינו בארצנו, אנחנו נאלצים לצאת למלחמה נגדם ולסכן את נפשנו. כי אלמלא פרנסתם, הם לא היו כאן ואז ממילא לא היו כ"כ הרבה מלחמות.

שנזכה לקיים גם את הבחינה של "בכל מאודך".

 

[1] מאודך : ממונך או בכל מידה ומידה, שאדם נבחן בכיסו.

שנשכיל להסתדר בלי תלות בזרים בבנייה ובתעשייה

 

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7 novembre 2023 2 07 /11 /novembre /2023 20:26

Face à un mauvais déchiffrage des intentions de l'ennemi, qui s'impose comme une constante qui dure depuis cinquante ans, de l'agression d'Israël du 5 octobre 73, largement perçue comme une attaque-surprise, et jusqu'à l'avalanche de pogroms et rafles du 7 octobre 23, le lendemain de Souccot, cette année, la question que l'on se pose avec raison, c'est comment il est possible de ne pas se remettre pendant tout un jubilée, de cette conception fondamentalement fautive. En Israël, le terme a été adopté et hébraïsé sous la forme de «contseptziya».

Et que l'on ne vienne pas nous raconter que ce serait dû aux origines géographiques des dirigeants politiques et militaires, qui n'ont pas vécu dans des régions soumises à l'islam, que ce serait parce qu'ils n'ont pas connu la précarité des conditions notamment en Afrique du Nord qui faisait le quotidien des dhimmis, socialement inférieurs et diminués. Car qu'ils aient grandi en Russie ou en Pologne, ou qu'ils soient nés en Israël dans un pays déjà souverain, ils ont largement eu le temps et de multiples occasions d'apprendre à qui on a affaire avec les véhiculeurs de l'état d'esprit de ce culte politisant de la haine et du mépris.

La deuxième question qui se pose en Israël, ne se réfère plus au pourquoi de cet entêtement borné à ne rien comprendre. Ce qu'il devient urgent de se demander, c'est comment il est à ce point possible que ce sont toujours ces mêmes disciples de la croyance messianique laïque d'un hypothétique Nouveau Moyen-Orient en devenir, où les scorpions venimeux se métamorphoseraient en d'inoffensifs cloportes (respectons l'allégorie biblique du loup, du mouton et du chevreau d'Isaïe XI, 6), qui tiennent invariablement les rênes du pays.

Des gens qui se montrent tellement persuadés que par l'invincibilité (supposée ou non) de notre armée, la dissuasion est si tangible que jamais ils n'oseraient nous attaquer, ne pouvant au grand maximum se laisser aller à de la simulation fanfaronne. C'est pourtant l'explication du général Aaron Haliva, actuel chef du Renseignement (Roch Aman, contraction d'Agaf Hamodi'in, département de l'intelligence), non pas en prévision de l'attaque du 7 octobre 23, mais chronologiquement après qu'elle a déjà commencé, quand les «observatrices» (traduction littérale de תצפיתניות), ont fait levé un hélicoptère pour contrer l'intrusion de miliciens terroristes armés. Ori Meguidech[1], de Kiryat Gat, libérée par une opération de Tsahal, faisait avant de tomber en captivité partie d'une équipe de sept observatrices, dont quatre sont encore à ce jour portées disparues. Elles ne se sont pas abstenues de lancer un maximum d'alertes, dont le commandant de la région Sud, Yaron Finkelman, commandant de la région Sud depuis le 9 juillet dernier, a été averti, optant cependant pour l'idée d'un simple exercice de simulation. Mais il n'a pas été le seul. Le chef d'état-major et le chef du Shin Beth ont tous deux été alertés depuis la veille[2] de cette offensive. C'était couru d'avance.

Il y a bien eu un appel, quand cette catastrophe a pris le pays de court, à désigner en urgence le lieutenant-général Ofer Winter[3] comme commandant de la région Sud, mais sans succès. Il ne fait pas partie de toute cette école héritée des théories des territoires contre la paix, dont les conséquences politiques et géographiques ont préparé le terrain et conduit à la catastrophe nationale du 7 octobre. Winter a fait ses preuves dans l'armée, mais déjà, Eisenkot, encore chef d'état-major, l'avait empêché de gravir les échelons. Eisenkot lui a préféré Finkelman, susnommé, bien qu'il eût fustigé ce dernier pour le vol de 33 fusils M16 par des bédouins en mai 2017 de la base Sedé Téman. Finkelman était alors commandant de la brigade de Guivati. S'il est vrai qu'Aviv Kokhavi avait en son temps fait d'Ofer Winter le commandant de la division 98, Hartzi Halévy, donc actuel chef d'état-major, a décidé de l'écarter du cercle de l'attribution des dernières nominations à la tête de Tsahal (mercredi 1 nov.). Serait-il erroné de faire un rapprochement entre cet oubli du général laissé pour compte et sa kippa ? S'identifierait-on quelque part davantage aux prophètes Pérès et Rabin qui se réappropria l'Ecclésiaste (III, 8) à la cérémonie de la signature des accords d'Oslo qu'à ceux de la tradition biblique d'Israël ?

La troisième question est la suivante : Est-il seulement possible d'être aveugle et borné à ce point ? Au point de ne pas voir en 73 (et nous nous limiterons au début de la boucle des attaques-surprises) que les Égyptiens sont sur le point d'attaquer et d'envahir Israël ? Elie Zeira est alors chef du renseignement militaire (Roch Aman, donc). Moshé Dayan est ministre de la Défense. Tous deux se montrent persuadés que les Égyptiens n'attaqueront pas. La commission Agranat, qui a diligenté une vaste enquête sur les manquements de la guerre de Kippour, sur le fameux effet de surprise, désigne Zeira comme le plus grand responsable de l'échec du renseignement. Shimon Agranat est alors président de la Cour suprême, d'où le nom. Mais ne vous inquiétez pas pour Zeira, il n'a pas payé pour ses manquements. Forcément, il ne l'a pas fait exprès, en principe.

À présent, considérons le gendre d'Abdel-Nasser, Ashraf Marwan, époux de sa fille Mona. Dès 1970, il entre au service du Mossad, et fournit de très sérieuses informations sur les préparatifs militaires égyptiens pour la guerre. Son nom de code est : «l'ange». Quatorze heures avant l'attaque de Kippour, il rencontre à Londres Zwi Zamir, chef du Mossad, et l'avertit de ce qui se trame. Zamir en informe immédiatement le gouvernement. Si beaucoup furent libérés pour Kippour, ce qui a bien entendu été très remarqué sur le front égyptien, avec une ligne Bar-Lev quasi déserte, le Golan fut néanmoins mieux préparé. Marwan a été formel :

: «La guerre est pour demain».

L'identité réelle de Marwan a été révélée au grand public progressivement, au départ de la parution des mémoires de Zeira, en 1993. Mais ce n'est qu'en 2002 que le journaliste Ronen Bergman donne son nom à Londres. Suite à un arbitrage, le vice-président de la Cour suprême israélienne, Théodor Or, en 2007, rend son verdict : c'est bien Zeira qui a communiqué à des journalistes l'identité de Marwan qui fait une chute mortelle de son balcon, à Londres, la même année, alors qu'il a quitté le Mossad en 1998[4].

Alors, Dayan savait ? Ecoutons ce qu'en dit cet ancien chef du Mossad, Yaïr Ravid[5], qui exerça entre autres comme responsable local de la branche du Mossad à Beyrouth : «Kissinger avait son idée. Les Juifs ne viendraient pas parlementer avec les Arabes s'ils ne perdent pas de sang. Kissinger disait : "Laissez-les perdre leur sang, les Juifs"…» Ravid reconnaît d'emblée qu'il ne dispose d'aucun document qui permettrait d'établir un lien d'accointances à même de compromettre Dayan et Zeira. Il déplore néanmoins que la question sinon d'une directive du moins d'une demande américaine n'a pas été soulevée par la commission Agranat.

A suivre, donc…

 

[1] https://www.israelhayom.co.il/news/defense/article/14768816

[2] https://www.ynet.co.il/news/article/rkznhfh11a

[3] https://www.ynet.co.il/news/article/by7tzrgnn

[4] A lire : Ouri Bar-Yossef, Université de Haïfa, l'Ange : Ashraf Marouan, le Mossad et la surprise du jour de Kippour, 2018, 3ème édition, éditions Kinnert Zmora-Bitan Dvir, fondées en 1919.

[5] https://www.youtube.com/watch?v=JIbxYggKLnM

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31 octobre 2023 2 31 /10 /octobre /2023 10:13
Prise d'écran, la fillette raflée par les terroristes musulmans, la mère assassinée,

Sans le procès de Nuremberg, le génocide juif serait sans aucun doute passé totalement inaperçu. On n'aurait au mieux retenu qu'un effet collatéral, de pertes et profits. Nul n'est besoin de tomber dans le révisionnisme ou le négationnisme ; l'innommable persécution et l'anéantissement systématique de tout ce qui porte le nom d'Israël eût été éclipsé par relativisation, pour ne pas dire relativisme, comme si les Juifs s'étaient retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment, et ils eussent été sommés de ne pas se mettre en avant, n'ayant pas été les seuls à avoir perdu des leurs. Le lieu, c'était le monde, comme l'indique le nom de la guerre. Pendant que soixante à soixante-dix millions d'hommes perdaient la vie, ils furent entre 44 et 50, ceux qui n'étaient que des civils. On relèvera donc en cette occurrence, que, 6 millions, c'est la marge d'erreur ou d'approximation du nombre de ces victimes civiles.

On vous dira aussi que la Pologne à elle seule a perdu six millions de ses habitants, et qu'il n'y a pas eu plus de Juifs tués que de non-Juifs.

Si vous rétorquez que les 3 millions de Juifs représentaient la totalité du judaïsme polonais, et que les autres 3 millions n'ont pas empêché à 90% de la population polonaise globale de se maintenir, on vous accusera dans l'exaspération de tenir des comptes d'apothicaires, de vous perdre dans les détails. Le procès de Nuremberg a empêché l'oubli.

Le grand absent du procès de Nuremberg

La question que l'on se pose, au sujet de l'impossibilité pour les Juifs de fuir l'Europe annexée ou occupée par le Reich, relève de la place centrale de la terre d'Israël. On sait que, suite à la déclaration Balfour, la Grande-Bretagne avait reçu de la SDN le mandat d'œuvrer pour la préparation et la restauration du foyer juif sur leur Palestine ancestrale. Donc, même sans idéal sioniste a priori, ils auraient pu trouver refuge dans leur patrie en (re)devenir.

Mais, contre toute attente, la puissance chargée de faciliter la tâche du retour a retourné sa veste. Elle a failli à sa mission en promulguant une série de décrets : le Livre blanc et ses réajustements. L'agitation musulmane, non encore désignée par la novlangue comme islamiste, est loin d'être étrangère à ce revirement. Ce culte belliqueux et intransigeant fait d'abord cavalier seul dans sa tentative d'étouffer dans l'œuf la résurrection de la nation d'Israël en ses frontières. Partout, des musulmans sèment la terreur. Des agriculteurs juifs ne rentrent pas chez eux, assassinés sur leur lopin de terre, les yeux énucléés. Les faits les plus ignobles qu'ait retenus l'histoire sont probablement le pogrome de Hébron en 1929, quand hommes, femmes, enfants et nourrissons sont massacrés par la meute musulmane, en pleine quiétude du jour de Chabbat (rien de nouveau sous le soleil[1]), et que les survivants sont contraints de quitter les lieux sous l'ordre de l'administrateur britannique.

Cette purification ethnique a laissé des séquelles, à tel point qu'aujourd'hui encore, malgré la victoire juive de 67 et les efforts constants de repeuplement de la ville des Patriarches Hébreux, Hébron est encore aujourd'hui en grande partie sous emprise et occupation islamiques. D'autres attaques antijuives gratuites sont perpétrées par les musulmans, tout particulièrement en 1936, quand la haine des Juifs est justifiée par un noble sentiment de révolte : la grande révolte arabe, écraser les autres pour se mettre en valeur.

Puis, en plein conflit mondial, les musulmans menacent les Anglais d'émeutes et de désordre dans toutes les parties de leur empire, jusqu'en Inde. Les Anglais ménagent la masse musulmane, sacrifient les Juifs. Ceux-ci n'ont pas de poids politique, et en rien ils ne menacent les intérêts de cette puissance européenne où – du moins encore à cette époque – le soleil jamais ne se couche.

Amin Husseini, leader musulman et grand admirateur du nazisme, fait avec Hitler cause commune[2]. Ils se rencontrent en Allemagne en 41. Le musulman se joint à l'effort de propagande de haine, fait lever des troupes musulmanes au service du Reich, provoque l'échec d'opérations de sauvetage d'enfants juifs, tant et si mal qu'il fait partie de la liste des criminels qu'il sera question de juger à l'issue de la guerre. Il est en effet arrêté en 1945 par la France, mais il est pour finir protégé, choyé et dorloté par elle, avant d'être exfiltré vers l'Egypte quand les Alliés s'impatientent et que le procès doit s'ouvrir. L'organe civilisationnel auxiliaire échappe au procès et à la mémoire collective, et pourra par la suite prétendre qu'il n'y est pour rien.

Ce que l'on en retiendra de ce procès incomplet, c'est que la dernière fois qu'un enfant ou une adolescente juifs ont subi les exactions d'un Allemand, cela remonte à peu près à l'année 1945. Et la dernière fois qu'ils ont été victimes de sévices, tortures, assassinats et rafles perpétrés par des musulmans, remonte sous sa forme la plus cauchemardesque au 7 octobre 2023. Ainsi, les guerres menés par des pays musulmans contre Israël, les attentats terroristes, ont pris le relai de la besogne nazie.

Si, aujourd'hui, l'antisémitisme nazi est la haine dont toute l'Europe ne cherche encore à se débarrasser, l'antisémitisme de l'islam jouit d'une vague complaisance. Il est quant à lui compris, pardonné d'avance, quand il n'est pas autorisé ou pire, exalté.

L'absence du facteur musulman au procès de Nuremberg a donc autorisé par la suite la diabolisation du Juif rentré dans son pays, la fabrication artificielle d'un nationalisme usurpateur et négateur de la légitimité de la nation juive en ses frontières, et la vaste industrie médiatique de l'imposition du mythe qui fait du bourreau des Juifs sa pauvre victime…

Alors que le Juif doit toujours être sur ses gardes, jusque dans son propre pays pour ne pas devenir victime d'un attentat antijuif, la propagande et le mensonge inversent la donne : bien que l'antisémitisme islamique poursuive la traque des Juifs quatre-vingts ans après que les Allemands ont déposé les armes, versé des indemnités d'Etat aux descendants de leurs victimes, certains dictateurs de la pensée morale osent contre toute évidence mettre en garde les Juifs : «Ne faites pas aux Arabes ce que les nazis vous ont fait».

Il est vrai que cette approche est moralement confortable et réconfortante pour bien des consciences qui souffrent de l'énorme poids de la culpabilité collective civilisationnelle, puisque chaque fois que le Juif se défend, le contexte simplificateur fait de lui l'agresseur, d'autant plus que celle-là est très flatteuse pour le Juif qui en a assez de son image de sempiternelle victime souffreteuse incapable de rendre les coups. Et, comme le disait le penseur français, il est toujours bon d'avoir en tête que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute. L'antijuif flatte le Juif et vante l'infaillibilité de son armée, fait de cette dernière l'une des plus puissantes de la terre. Or il arrive que lorsque l'on est trop sûr de soi, que l'on dorme sur ses lauriers (on imaginerait mal un champion du monde d'un quelconque sport dormir et s'empiffrer à l'approche d'un match décisif), on en devienne nettement moins dominateur.

Chef du Renseignement, prenez des vacances à Eilat, et surtout, dormez bien. Que peut bien faire contre vos concitoyens ce ramassis d'antijuifs qui, au moindre faux pas, aura vite fait d'être neutralisé ? Et si on vous réveille, rendormez-vous sur vos deux oreilles.

En Israël, on remet en cause la «conception». C'est elle qui a fait que Dayan refusa en son temps de voir la vérité en face. Nous sommes trop forts, ils sont trop sous l'emprise de la dissuasion pour oser nous attaquer[3]. Ce sont des simagrées, c'est du cinéma, ils veulent juste nous faire croire qu'ils vont tenter de nous envahir.

Or, ce 7 octobre, comme jadis à Hébron ou à Kippour, les Arabes ont attaqué un jour de Chabbat et de fête. Les pires atrocités ont été commises, et beaucoup se réveillent et comprennent que le «plus jamais ça» ne va pas de soi et doit être âprement défendu par les Juifs eux-mêmes, sans compter sur quiconque.  Les accords de Gaza et Jéricho d'abord ont été parrainés et garantis par les Usa. Quelle dérisoire illusion.

Les effets n'apparaissent pas systématiquement du jour au lendemain. Aujourd'hui, les auteurs de la rafle sont venus de Gaza, dont l'occupation étrangère a été légitimé et renforcée par Clinton. La confiance quasi aveugle dans tous les boniments et autre slogans de l'Occident ont fortement frappé les capacités aussi bien réelles que dissuasives de l'Etat juif.

Si, il y a quarante-huit ans, un certain Netanyahou a pu mener à bien une opération de sauvetage à des milliers de kilomètres d'Israël[4], un autre Netanyahou – frère du premier – n'a pas pu, avec Chalit, libérer même un seul otage détenu à une distance parcourable à pied. Espérons que cette infamie cesse cette fois et que toutes les personnes raflées soient libérées sans soumission ni autres actions d'opprobre.

Certes, mieux vaut avoir des alliés. Cependant, la bénédiction adressée à Israël par l'unique prophète non-juif[5], fait l'éloge d'un peuple qui siège seul et ne tient pas compte des nations. Nous avons aujourd'hui en Israël des dirigeants constamment à l'affut d'approbation et de reconnaissance. Maintenant, se dit-on ici, les nations comprendront que le Juif doit toujours se protéger d'ennemis animés par une haine pour la haine, une haine irrationnelle, et qu'il n'est en aucun cas question d'une spoliation ou autre souffrance endurées par quiconque qui justifierait cette haine totale.

En fait, cette bénédiction interpelle surtout Israël. C'est à Israël de comprendre qu'aucune concession territoriale, aucun avantage social ou autre concédé aux ennemis ne feront d'eux des amants de Sion. Tel ce Yaniv Cohen Aviad[6], virulent meneur de la pensée dite de la gauche, et ancien cadre du Shin Beth, qui a soudainement compris à qui Israël doit faire face.

Car, en effet, il faut surtout retenir le revers de la leçon : non seulement les grandes puissances ne lèveront pas le petit doigt pour protéger Israël, et ce quels que soient les accords contractés dans le cadre de son affaiblissement programmé (Oslo etc.),  mais elles interviendront pour mettre des bâtons dans les roues et refroidir les ardeurs du pays juif à prendre des mesures vraiment efficaces pour réassurer sa sécurité, voire ses droits sur le sol.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Toutes affaires cessantes, les présidents américain et français se bousculent tour à tour pour déplorer les victimes du pogrome et de la rafle[7], sans aucune proposition concrète, mais aussi et surtout pour exiger la modération, la proportion, bref la passivité, la résignation et le fatalisme. Un communiqué édifiant des Affaires étrangères françaises exige du bout des lèvres la libération des otages – il faut bien s'acquitter pour la forme d'une certaine obligation morale. Or, ce qui leur cause du souci, c'est le bien-être de la population des auteurs de cette série de pogromes et de la rafle. Plus de deux cents Juifs ou de leurs hôtes souffrent, sont enfermés sans aucune nouvelle que l'Occident n'exige pas. Et c'est uniquement au sujet de la population des bourreaux, et uniquement à leur sujet, que le principe d'aide humanitaire est évoqué.

Ce message scandaleux n'est pas sans rappeler la diatribe d'un néonazi, sur une chaîne de télévision, toujours en France, qui avait exigé une minute de silence pour toutes les victimes allemandes de la guerre[8].

Quant aux médias désinformateurs, ils ne reculent devant rien. Ils s'apitoient sur les civils de Gaza dont la présence massive permet aux terroristes de maintenir en captivité les Juifs raflés, mais pas un mot sur les habitants des kibboutzim, de Béné Netzarim ou encore de Sdérot qui vivent dans des conditions de réfugiés, sans écoles et sans travail. Ils ne reculent devant rien et, toute honte bue, certains n'hésitent pas à recycler et à brandir l'argument des victimes des deux côtés. Les arabo-musulmans du Hamas ont brûlé vif des enfants devant leurs parents, ou l'inverse, poussant le vice de la monstruosité au-delà de toutes les limites, des fillettes, des jeunes filles, comptent parmi les nombreux disparus, et certains médias osent parler d'une jeunesse traumatisée de part et d'autre[9].

On prête à Golda Meir l'affirmation suivante : «Je préfère vos condamnations à vos condoléances». Quoi qu'il en soit, l'Occident pleure la mort du Juif et s'insurge contre sa victoire.

On ne peut sérieusement affirmer que l'antijudaïsme arabo-musulman du Hamas et de ses complices à travers le monde, diffèrerait de celui de l'Allemagne nazie, dans la mesure où le premier aurait de bonnes raisons, alors que le second eût été aveugle et injustifiable. En effet, jamais les nazis se sont reconnus tels les vecteurs de haine gratuite contre le Juif, ayant eux-mêmes tenu le rôle du mal contre l'innocent. Pour les nazis comme pour le Hamas, il y a toujours de bonnes raisons de haïr le Juif et de considérer que ça va mal pour lui, c'est qu'il l'a bien cherché. Demandez à Goebbels…

Avec les dernières tragédies subies par Israël, les membres des camps du bien et du mal sont démasqués. Puisse le bien triompher.

 

[1] Attaquer les Juifs de façon massive tout particulièrement pendant leurs jours solennels, de repos et de recueillement : Chabbat, Chabbat et Kippour, Chabbat et Sim'hat Torah).

[3] Il y a bien eu la ligne Bar-Lev, inspirée par d'autres échecs marginaux…

[4] Opération Entebbe.

[5] Nombres XXIII, 9.

[6] https://tovnews.co.il/131839 L'intéressé reconnaît d'un seul coup l'illusion de la «conception».

[7] Rafle des filles de la famille Elyakim, deux des fillettes volées sur plus de deux cents civils.  https://www.kan.org.il/content/kan/kan-actual/p-11894/news-item/573133/

[8] Animateur TV : Dechavanne. Chaîne française TF1, 6 février 1990. Un intervenant demande une minute de silence pour 14 millions d'Allemands déplacés en 1945. Ses comparses aujourd'hui pleurent le déplacement d'Arabes de Gaza. https://www.facebook.com/watch/?v=472806173662274

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25 octobre 2023 3 25 /10 /octobre /2023 11:16
Les envahisseurs de Gaza menacent la région
Agriculture Néguev occidental

Dans un immeuble paisible, un phénomène aussi nouveau qu'inattendu perturba quelque peu le quotidien d'une paisible famille, qui préféra conserver l'anonymat. Partout, dans la maison, sur les murs, les meubles, et jusqu'aux vaisseliers et armoires de vêtements, de petits coléoptères se mirent à marcher à six pattes. Cet insecte volant, débonnaire s'il en est, se particularise par un curieux appendice : une curieuse trompe. Le ménage décida de prendre des mesures. Sans savoir trop ce qu'il serait ingénieux de faire, ils prirent pour première mesure de se lancer dans un nettoyage plus approfondi de leur domicile. On passe l'aspirateur, on aère, on vide les poubelles…

«Que c'est bon d'avoir une maison bien propre, conclut la mère de famille. Finalement, cet inconvénient nous aura permis de nous remuer.» En effet, les insectes disparaissent, mais ce n'est que partie remise. Il ne leur faut pas plus de deux ou trois jours pour retrouver leur population d'antan.

On fait des frais, on place des moustiquaires. Beaucoup d'espoirs sont investis, mais rien n'y fait. On contrôle les contours des cadres de celles-ci, des portes. Non, ils ne semblent pas en avoir fait le tour.

On asperge l'appartement de flytoxe, un beau matin, juste avant que tous partent au travail ou à l'école. «Exceptionnellement, vous pourrez rester à jouer dehors, ou faire vos devoirs chez des camarades de classe, concède le père à ses deux enfants, le temps que le produit agisse et se dissipe.»

Le soir, l'effet désagréable de l'odeur âcre du produit est atténué par la satisfaction de ne plus tomber sur la présence de ces intrus. Mais il ne faut que quelques jours pour que le fléau réapparaisse en force. Cette fois, on fait appel aux services d'un désinsectiseur. Il fait un tour dans le foyer, constate les faits et dit : «Je vois. Mais il va vous falloir vous absenter quelques jours, pour éviter la toxicité du produit». Les parents disent que ça tombe bien, vu que, la semaine prochaine, la famille doit partir quelques jours en vacances.

On confie les clés au professionnel de l'éradication du charançon, dont la réputation confère à ce dernier l'image d'un insecte ravageur, ou d'un nuisible susceptible de causer de gros dégâts à votre garde-manger. Celui-là aura le loisir d'agir en toute quiétude, et de revenir la veille du retour de ses clients pour aérer la place.

Bref, la famille rentre chez elle doublement satisfaite : de s'être aérée à la campagne, et de ne plus trouver chez elle cet intrus qui n'aurait jamais dû émigrer de celle-ci.

Quelques jours passent, et les premiers charançons, comme si de rien n'était, refont leurs premiers pas sur la table de salon. Le père se frotte la tête et déclare : «Est-ce que vous savez en fait en quoi consiste pour de bon notre problème?» A son épouse, sa fille et son fils qui sèchent sur la devinette, il explique : «Comme pour chaque problème, puissions-nous en être épargnés, il faut remonter à la racine. Ces charançons, ils viennent bien de quelque part. Ils ne sont pas nés de la génération spontanée. Il va falloir que nous procédions méthodiquement à rechercher leur point de départ.»  

La mère se met à suivre l'un d'eux, se demandant si, alors qu'il prend subitement son envol vers la cuisine, il ne chercherait pas à lui indiquer le chemin. Il se dirige vers un placard de la cuisine, se pose juste sous la porte et passe par-dessous. Le cœur battant, elle l'ouvre. Le charançon est bien là. Il rencontre quelques congénères. Sans perdre un instant, elle entreprend de retirer la pile d'assiettes pour avoir une vue d'ensemble du meuble une fois dégagé. Mais, déçue, elle ne trouve rien. «Suis-je bête, se dit-elle, il faut chercher d'où ils viennent, pas où ils vont. Quoique…»

«Eh! Venez tous voir par ici! » s'écrie le cadet. La famille au grand complet, les parents, la grande sœur, le rejoignent devant le placard mural de l'entrée, à l'orée du couloir. Craignant d'y mettre les mains, il s'explique, désignant l'étagère où trônent quelques paquets de denrées sèches, conditionnées et stockables sur le long terme : «Regardez, ils attaquent les pois chiches!»

Les parents, stupéfaits, bouche bée, admirent la clairvoyance de leur jeune prodige, tandis que la sœur réprime son agacement. «Bravo, le félicitent-ils, mais à mon avis, dit le père, il faut moduler et nuancer ton constat. Ils n'attaquent pas les pois chiches. Au contraire, ils en sortent. Bon, je vais vous emballer tout ça dans un sachet-plastique et vous jeter ça dehors, le plus loin possible, dans la benne à ordures».

Ainsi, notre petite famille au grand complet retrouva la sérénité et vécut désormais en paix.

Pensez-vous, cher lecteur, que quelqu'un, dans la famille, eût l'idée de suggérer : «Mais non, pourquoi s'en prendre à ces pauvres pois chiches ? Ils sont déjà bien injustement malmenés par ces scélérats de charançons. Ce qu'il faut faire, c'est éviter à tout prix de provoquer des dommages parmi ces gentils féculents, et, chaque fois que le problème redeviendra cycliquement intenable, il suffira de faire une petite opération de désinsectisation en quittant quelques jours la maison. Nous sommes bien plus puissants qu'eux, cela va sans dire.» ?

 

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20 octobre 2023 5 20 /10 /octobre /2023 11:28

Ecoute Israël : les nazis ne furent vaincus que par la ruine de Dresde

Israël : La guerre de 18 ans

Le sport implique un esprit de loyauté. Le judo ou le tennis, après que chaque joueur s'est efforcé de mettre à rude épreuve son adversaire, s'achève par un salut entre les antagonistes. Un boxeur perdant n'ira pas prendre sa revanche en boxant la femme et les jeunes enfants de celui qui l'a vaincu. Il ira encore moins esquiver le véritable combat contre un autre boxeur en cherchant à attaquer la femme et les bébés de ce dernier, ni profiter de son absence pour mieux massacrer sa famille. Supposons qu'un boxeur lâche se cache derrière sa propre épouse en la faisant monter sur le ring. Le public saisirait immédiatement sa turpitude, s'en offusquerait ou en rirait, et le combat serait d'avance annulé comme par forfait, le couard s'étant débiné. Et il est certain que l'autre boxeur, en supposant qu'il veuille maintenir le match, exigerait dans la plus claire détermination que la famille non protagoniste soit éloignée.

Dans l'allégorie qui précède, le Hamas est ce joueur fourbe. Israël est le joueur honnête.

Seulement, se montrer trop loyal dans un contexte de guerre, comme si c'était un sport, fait perdre de vue aux gens loyaux qu'ils se mettent en danger, que leurs ennemis pourraient bien leur faire subir au centuple et dans l'horreur la plus absolue le peu qu'ils s'empêchent de leur faire, et leurs préoccupations morales pourraient bien se trouver à l'origine des pires atrocités subies par leurs propres protégés, suite à leur pitié inappropriée à l'endroit de la cruauté la plus sanguinaire. La voie «Nétiv HaLamed-Hé» en est une cinglante illustration[1].

Israël a voulu se contenter de montrer à plusieurs reprises, sans rancune, aux plus grands antisémites de notre temps, ceux qui sous un autre uniforme prolongent la besogne nazie, que, contrairement à d'autres époques où il n'a pas pu se défendre, il est aujourd'hui le plus fort.

Les nations du monde libre se prêtent elles aussi au jeu, dont il n'est pas si aisé de désigner l'initiateur, avec toujours la même exigence bornée de ne pas répondre selon une intensité disproportionnée. Là encore, on se croirait dans un contexte sportif. Si vous êtes prof de tennis, évitez de smasher vos balles, vous battriez votre élève à plate couture. Si c'est de la boxe, ne frappez pas trop fort. Faites-lui le plaisir de le laisser vous porter quelques coups, vous avez l'habitude. Et si c'est de la course à pied, donnez-lui une longueur d'avance.

Citons au passage la réponse sous un angle légal, de l'avocate Ysca Bina, conseillère juridique du mouvement Gouvernance et démocratie, interrogée sur la chaîne Tov, Jewish Television : «On nous parle de proportionnalité. Le Hamas veut anéantir Israël ; nous avons le droit d'anéantir le Hamas et la bande de Gaza»[2].

En conséquence, les guerres, souvent désignées comme de simples opérations militaires, sont prises à la légère, comme s'il ne s'agissait que de vulgaires parties de babyfoot. Améliorez votre technique, semble dire Israël à ses adversaires, et vous ferez mieux à la prochaine partie. On repart avec le triomphe modeste du bon joueur, sans s'effrayer des implications de l'énormité de cette inconscience ou de ce blocage.

Aperçu des principales articulations de la guerre et des bombardements des civils israéliens de 2005/2023

La reddition volontaire du gouvernement de Sharon remonte à l'été 2005, date hébraïque fatidique du 9 av, celle des destructions du Premier et du Deuxième Temple, bien que l'expulsion fût repoussée d'un jour. Les occupants étrangers de Gaza, enfin tranquilles, ont alors le loisir de préparer leurs immondes agressions sans entraves. Ils bombarderont les civils, leur cible de prédilection, mais peu s'en émouvront à l'étranger. Et il ne leur faudra pas très longtemps pour redoubler de dangerosité.

Le 23 septembre, soit onze jours seulement après l'achèvement du programme de désengagement, le Djihad islamique lance 9 roquettes de type El-Qods en direction de Sdérot, mais elles tombent dans des champs, sans faire de victimes. Tsahal ne riposte pas. Le Hamas s'en flatte, jubile et entame un défilé de la victoire à Djébalya. Mais un «accident du travail» y fait 20 morts et 80 blessés : une roquette kassam tombe d'un véhicule et explose en même temps que toutes les munitions avoisinantes. Le Hamas, mauvais joueur, dit avoir vu passer au même moment des engins de l'armée de l'air d'Israël, alors que même les responsables de l'Autonomie confirment la réalité de l'accident.

Les 23 et 24 septembre 2005, l'envahisseur de Gaza pilonne lourdement la ville de Sdérot, avec des roquettes encore relativement rudimentaires, les kassams. Pendant deux jours, les terroristes sèment la terreur sur la ville, qui déplore sept civils légèrement blessés.

Dans tout le pays, c'est la colère et la consternation. Aux Israéliens sceptiques ou effrayés par le retrait de Tsahal de Gaza, le gouvernement s'était montré rassurant, assurant que les règles seraient désormais modifiées, donnant la totale légitimité à Israël de réagir vivement aux yeux du monde entier.

L'opération Guéchem Richon – Première pluie – est lancée le 23 septembre 05. Entre autres, Tsahal élimine le chef de la branche armée du djihad islamique, qui avait notamment planifié l'assassinat de Tali Hatouel et de ses quatre filles, mitraillées le 2 mai 2004 sur l'axe de Kissoufim. Les enfants avaient de 2 à 11 ans. Mais ce n'est que l'un des innombrables crimes racistes et antijuifs pris pour un acte héroïque de résistance. Le gouvernement de Sharon, avec Saül Mofaz à la Défense, et Dan Haloutz comme chef d'état-major, décide de mettre fin à l'opération le 1 octobre 2005, considérant que les objectifs sécuritaires ont été atteints.

Le 8 juin 2006, propagande diffamatoire oblige, le Hamas accuse Tsahal d'avoir tué des civils sur le bord de mer. Les Israéliens présentent leurs excuses avec précipitation, puisque, peu de temps après, une enquête révèle la fourberie. Mai c'est le 25 juin 2006, alors qu'Olmert a remplacé Sharon à la tête du gouvernement, que se produit un véritable acte de guerre avec l'enlèvement de Guilad Chalit, commandité par le criminel Haled Machal, tandis que deux autres soldats sont tués, près du passage de Kerem Chalom. Un civil israélien, Eliyahou Ochri, est également enlevé à la station d'autostop du quartier Guiva Tsarfatit, à Jérusalem, avant d'être assassiné. L'opération suivante, Guichmé Kaïts – Pluies d'été – va durer du 28 juin 2006 au 26 novembre 2006, soit près de six mois. Les ravisseurs et assassins d'Ochri sont appréhendés le 4 juillet 06, après que Tsahal a encerclé le poste de police de Ramallah, où les tueurs s'étaient réfugiés. Le round s'achève sur un cessez-le-feu bilatéral, alors que la préparation d'une opération terrestre est sur le point de s'achever, sans que Chalit soit libéré. Néanmoins, 270 terroristes sont éliminés pendant l'opération. Côté israélien, cinq soldats et deux civils sont tués, en comptant les compagnons d'arme de Chalit. On retiendra une avancée de la profondeur des tirs de roquettes, dont 4 frappent Ashkelon le 15 novembre. Une vive réaction de l'armée de l'air aura toutefois réduit momentanément cette avancée.

Toujours sous Olmert, Premier ministre ; Ehoud Barak, ministre de la Défense, et Gaby Ashkénazi, chef d'état-major, les tirs de roquettes reprennent et s'intensifient. Sur l'heure, l'arsenal de guerre des assaillants reste relativement rudimentaire. La portée des tirs se limite encore globalement aux localités du Néguev Occidental. L'opération Oféreth Yétsouka, traduite communément par Plomb durci, durera du 27 décembre 2008 au 18 janvier 09, soit 23 jours. Face aux bombardements qui n'en finissent pas, l'opération est destinée à améliorer la situation sécuritaire sur le (relativement) long terme, gêner le Hamas dans ses capacités de se réarmer, et, comme précédemment, de ramener le soldat otage Chalit.

On notera qu'entre le 26 nov. 06 et le 27 déc. 08, le beau et bon joueur aura laissé pendant plus de deux ans les milices terroristes se renforcer, reconstituer leurs stocks de munitions, et surtout améliorer leurs capacités meurtrières. Cette fois, le cessez-le-feu est unilatéral. En fait, unilatéraux ou non, les suspensions répétées de l'effort de guerre contre le terrorisme s'apparentent à cette sorte de grâce qu'un gladiateur pouvait concéder à un autre, à terre, à la merci de son glaive. Une fois encore, l'otage n'est pas libéré. Pour Israël, l'ardoise s'alourdit : 10 soldats sont tués, 317 blessés. Côté civil, 3 Israéliens sont frappés par les roquettes, 183 sont blessés et 548 en état de choc, ce qui n'est pas peu dire, si, à titre comparatif, on pense à cette catégorie d'anciens combattants du Viêtnam, auxquels nous a poussés à nous identifier le cinéma américain. On n'oubliera pas le rapport Golstone, biaisé, qui condamne Israël, même si son auteur reconnut rétroactivement s'être laissé berner. C'est une réponse cinglante à tous ceux qui prétendaient qu'une fois qu'Israël aurait quitté Gaza, l'opinion serait de notre côté.

Une fois encore, les ennemis se réorganisent, se renforcent et se perfectionnent. Lors de l'opération suivante, Amoud Anan – Colonne de nuée – du 14 au 21 novembre 2012, les tirs de missiles s'intensifient, leur portée augmente, et, sur les quelque 1500, certains atteignent Béer-Chéva, Richon Letsion, Tel-Aviv et Jérusalem. Le dôme de fer en intercepte 421. Deux soldats et quatre civils israéliens sont tués par les missiles. Cette opération n'inclut pas d'intervention terrestre. Les agriculteurs du Conseil régional Eshkol subissent des dégâts évalués à plusieurs dizaines de millions de shekels. Pendant l'année qui va suivre, les tirs de roquettes sont plus sporadiques.

 Certains s'imaginent alors voir un changement d'approche du Hamas, une sorte d'assagissement. Un professeur de l'université de Tel-Aviv, Eyal Zisser, orientaliste, du cercle de l'histoire du Moyen-Orient et de l'Afrique, estime que le mouvement terroriste a accepté de déposer les armes et même de s'engager tacitement à servir de gendarme et de garantir le calme à Israël. En revanche, le parti de l'Union Nationale, dont le professeur Arié Eldad, voit dans le cessez-le-feu une capitulation du gouvernement de Netanyahou. Des généraux voient dans la multiplication des opérations une guerre perpétuelle et sans issue[3].

Puis vient Tsouk Eithan, du 8 juillet au 26 août 2014, cinquante jours de guerre contre les organisations terroristes dont le Hamas. Après des bombardements qui, comme toujours, visent les civils d'Israël sans que l'on s'en émeuve ailleurs, et l'horreur de l'enlèvement et l'assassinat de trois adolescents juifs par les bêtes immondes du Hamas, le 12 juillet 14, Israël doit détruire des tunnels qui menacent l'ensemble des kibboutzim et localités de la région, dont trente sont rebouchés lors de l'opération terrestre qui commence le 17 juillet. Comme nous l'avons vu, l'ennemi se fait plus dangereux, 68 soldats de Tsahal sont tués, six civils, dont l'enfant de quatre ans du kibboutz  Nahal Oz, Daniel Tragerman, frappé par une roquette en pleines négociations du Secrétaire d'Etat américain John Kerry, pour un énième cessez-le-feu.  On notera au passage que le 19 août, le Hamas a violé une trêve en tirant des roquettes sur Béer-Cheva et Nétivoth.

L'opération 'Hagora Che'hora (ceinture noire) va durer deux jours, du 12 au 14 novembre 19, quand des roquettes sont tirées notamment sur Tel-Aviv et font plusieurs blessés. Le prétexte pour les bombardements de la population civile consiste cette fois dans l'élimination d'un chef du djihad, dénommé Baha Abu al-Ata.

Chomer Ha'homot commence avec le bombardement par missiles sol-sol du Hamas le 10 mai 21, le jour de la réunification de Jérusalem (pendant la guerre des Six jours). Les terroristes bombardent comme à leur habitude des cibles civiles de l'Etat juif, mais ce qui émeut les Occidentaux, c'est comme d'habitude la population civile islamique, véritable hydre aux têtes toujours renouvelées qui produit et fait perdurer les terroristes. L'agglomération du Gouch Dan, Tel-Aviv et extramuraux, le Néguev et la région du Sharon en sont les cibles. Neuf civils israéliens et un soldat sont tués par les tirs de roquettes, au total 4 360, dont 1 661 interceptées par le dôme de fer, 1 843 tombées dans des zones non construites, et 680 étant retombées chez l'envoyeur. En revanche, 176 bombes ont frappé des zones construites ou habitées. Un nouveau cessez-le-feu entre en vigueur le 21 mai.

 Une autre opération, qui dure du 5 au 7 août 2022, Alot Hacha'har (l'aube) permet l'élimination de 25 terroristes. 1 162 roquettes sont lancées sur Israël, dont 216 retombent chez l'envoyeur. A chaque round, l'ennemi se renforce et Israël, qui veut la paix, est rudement endeuillé. Le prétexte des attaques est l'opération Chover Galim (Brise-lames), du 2 août, à Jenin, où la tête du djihad islamique local est appréhendée.

La communauté internationale a donc toujours fermé les yeux sur l'extrême gravité des bombardements dirigés contre la population civile israélienne. Après tout, se disent-ils, les Juifs ont le dôme de fer… Galvanisés, les terroristes viennent de commettre une série de crimes contre l'humanité – ou plus précisément contre le peuple juif – que les Juifs n'avaient plus endurés depuis la Shoah. Le 7 octobre 23, jour du Chabbat et de la fête de Simhat Torah, ces nazis contemporains ont fait irruption dans les kibboutzim et la ville de Sdérot, et ont massacré des enfants sous les yeux de leurs parents, dans l'extase que réclame leur culte du mal[4]. L'horreur n'est pas parue tout de suite dans toute sa dimension. Les secours, à mesure que les forces de sécurité reprenaient du terrain, ont d'abord dénombré 250 victimes, mais les corps souvent calcinés et/ou mutilés qui sont découverts jour après jour atteignent déjà le nombre de 1 400. Des jeunes qui participaient à une fête champêtre ont été massacrés comme des lapins. 199 otages, dont des bébés, enfants et adolescents, sont enfermés dans des conditions inhumaines, avec l'aide de la masse civile de Gaza.

Mais une certaine opinion, en Europe, s'inquiète pour les civils du Hamas, pour leurs mères, leurs sœurs qui les couvrent. Il ne faut pas s'étonner que le continent qui a exterminé ou permis l'extermination de 6 millions de Juifs puisse rester indifférent au sort de Juifs innocents et leur préférer les pires crapules de notre époque.

Nous l'avons vu, la loyauté ne paie pas. Dissocier la population civile d'ennemis enragés, dressés pour tuer ou se faire tuer, tel que le ferait ce boxeur pétri de noble moralité, est le contrepied de l'adage célèbre du diviser pour régner. Ici, on divise pour permettre à l'ennemi de régner. Cette attitude assure à ce dernier le repos du guerrier qu'il escompte quand il voudra se reposer. Tant que ses arrières sont assurées, qu'il est certain de retrouver son cadre familial, il se dira que les populations qu'il agresse et assassine n'ont aucune raison de lui en vouloir.

Ce souci de loyauté, cette pitié ressentie envers l'environnement générateur de l'ennemi, envers le terreau qui le nourrit, peut se retourner contre celui qui confond le sport et la guerre. La guerre de l'islam est totale, sans humanité. Les terroristes de l'islam prennent un plaisir sadique à assassiner des enfants juifs devant leurs parents réduits à l'impuissance, avant de leur faire subir le même sort.

Chaque fois qu'il se sent faiblir, qu'il sent le risque d'être définitivement mis hors d'état de nuire, le mouvement islamique implore un cessez-le-feu. Israël, magnanime, pense qu'il a compris que la violence ne le mènera à rien. Mais ce que comprend l'ennemi acharné, c'est qu'il a besoin de ces trêves pour se réarmer avant de retenter sa chance. Même si Israël considère qu'il ne court pas le risque d'être anéanti, qu'il n'y a pas de menace vitale qui pèse sur l'avenir de son pays, il fait en sorte par cette humanité prise pour de la faiblesse, que les jalons de la guerre deviennent de plus en plus fréquents et meurtriers.

Considérons la seconde bataille d'El Alamein, en 42. Rommel et l'Afrika Korps sont mis hors d'état de nuire par Montgomery. Or, ni les Allemands ni les Anglais ne se trouvent encore aujourd'hui dans cette contrée de l'Afrique du Nord, tout simplement parce qu'il n'y a pas de populations civiles auxquelles ils seraient affiliés. Cet exemple montre bien que la persistance du Hamas consiste dans le maintien de ses arrières à deux pas de nos kibboutzim.   

Cette erreur stratégique, cette distinction qui veut que la population civile n'aurait absolument rien à voir avec le chaos perpétuel, et qui permet à l'ennemi de toujours attaquer en faisant chaque fois plus de mal, met des œillères aux dirigeants politiques et leur lie les mains.

Qu'ils tirent des leçons de l'histoire. Déjà, à l'ère biblique, dans l'opération contre la cité d'Aï, un petit groupe de guerriers provoque les sentinelles. Il est pris en chasse par l'armée locale, et, quand celle-ci est suffisamment éloignée, le gros de la troupe s'introduit dans la ville et la passe au fil de l'épée. L'armée locale revient, comprend son erreur et son malheur, et est taillée en pièces à son tour. Depuis, plus d'Aï.

Autre exemple. Si on accrédite la thèse des attaques et razzias perpétrées par les pirates barbaresques[5], la France, lassée, veut traiter le problème à la racine, et, en 1830, entreprend la conquête de l'Algérie.

Moins loin dans le temps, si les Usa n'avaient pas rasé la ville de Dresde, il n'est pas improbable que la seconde guerre mondiale se serait poursuivie dans une valse infernale de cessez-le-feu et de bombardements nazis, qui serait devenue une routine de mort perpétuelle qui jamais n'aurait cessé de faire partie du quotidien des Alliés, contrairement à Israël qui permet chaque fois à un ennemi qui surpasse les nazis dans sa cruauté (les nazis ont «expliqué» au procès de Nuremberg qu'ils recevaient des ordres), de se refaire dans ses villes. Les Usa ont fait passer le goût du sport de la guerre aux troupes prussiennes.

L'Américain serait-il donc ce boxeur qui s'en prend à la famille de son adversaire ? Non, l'Américain a compris qu'il n'avait pas en face de lui des sportifs, mais des possédés animés par la rage de tuer. Il appréhende intuitivement que s'il prend en pitié l'épouse de celui qui vient le tuer, ce dernier dans le meilleur des cas fera de son épouse une veuve, ou, pire, sa prochaine victime. Israël a eu pitié des civils du Hamas, qui s'en est pris de la manière la plus innommable possible à ses civils. Bien sûr, Israël n'ira jamais dans les maisons pour assassiner avec cruauté des gens sans défense, mais si le terroriste du Hamas prend ses propres civils comme boucliers humains, il n'est d'autre choix que de le frapper avec son bouclier. A moins que le cadre de vie du Hamas ne se déplace vers d'autres contrées. Mais ça, peu l'entendent en Europe ou en Amérique.

La conséquence de l'empathie par Israël pour les boucliers humains du Hamas est qu'aujourd'hui, ce sont des Juifs arrachés à leur pays qui servent aux terroristes de boucliers.

Israël ne peut compter dans ce monde que sur lui-même, et doit surtout ne pas oublier que l'idée mère du sionisme, du «plus jamais ça», ne peut pour finir n'être garantie que par l'expression de la souveraineté de l'Etat juif et de sa capacité à défendre chèrement sa peau sans faire de quartier.

Car déjà, pour de nombreux médias, et dans la bouche de bien des politiciens[6], le premier effet de stupeur et d'horreur s'estompe. Et on revient au reflex pavlovien du «pauvre palestinien», de la réaction disproportionnée d'Israël. Car quelle que soit l'horreur des crimes perpétrés contre les Juifs, leur degré restera toujours suffisamment insignifiant pour que l'on s'offusque et s'indigne d'avance de ce que le Juif risque de rendre à ses tueurs. Beaucoup auraient certainement vu d'un mauvais œil que les Juifs se relèvent à l'époque des nazis pour les anéantir. Il ne faut pas exagérer.

À présent, Il faut ouvrir les yeux et reconnaître honnêtement que seul un retour d'Israël à Gaza, vidée de ses tueurs et des populations qui font que ces tueurs sont encore là, et repeuplée par son peuple, garantira la paix. Car en fait, l'identification antisémite et systématique d'une bonne partie de l'Europe et de ses dirigeants avec les pauvres civils de Gaza n'est pas la preuve d'une tendance compassionnelle à leur égard, mais la preuve qu'ils lui servent de grain à moudre pour asseoir la haine antisémite[7]. Sans quoi, ils auraient non pas fait pression sur Israël pour qu'il accepte cette guerre infernale et cyclique toujours recommencée, mais sur les pays d'origine desdits civils[8], qui s'éloigneraient de cette zone qui les expose aux actions de défense d'Israël.

Israël a éloigné tous ses habitants de la région de Gaza et de la zone frontalière Nord pour les protéger. Que les amoureux des civils de Gaza interviennent pareillement pour ces derniers, à la différence près qu'ils ne devront plus revenir, ce qui garantira par la même occasion la disparition du Hamas, privé du terreau qui le nourrit.

Or, le Conseil d'insécurité, avec une résolution proposée par le Brésil, exige peut-être formellement la libération des otages, mais elle n'a aucune inquiétude humanitaire à leur égard. Seule le camp du Hamas les préoccupe : aide et couloir humanitaire, deux Etats, pourvu qu'il ne parte pas[9].  

Un autre fait de propagande médiatique effarant en dit long sur le peu de cas que l'on se fait des Juifs. Certains hurlent à la manipulation par les Juifs, à la désinformation. «Est-ce que oui ou non quarante bébés juifs ont été décapités?»[10] Or ces mêmes médias reconnaissent que les bébés ont été assassinés. Alors qu'est-ce qui les met tellement hors d'eux quand en sus de l'assassinat par balles dans la tête de ces bébés juifs, des témoins dignes de confiance précisent qu'ils ont été décapités ?

En quoi sont-ils si énervés quand des témoignages a priori recevables établissent qu'ils ont été non seulement tués par balles mais aussi dépecés ou décapités ? C'est que le message sous-jacent est le suivant : «Les pires assassins peuvent tuer les bébés juifs, ça ne nous dérange pas, mais seulement s'ils le font proprement. N'essayez pas de nous faire croire que ces braves combattants du Hamas les auraient aussi décapités».

A moins qu'il ne soit question d'un blocage mental des dirigeants, d'une tendance suicidaire ou autodestructrice inhibée par un inconscient formaté par l'exil, qui refusent de gagner la guerre, ce qui pourrait expliquer le refus du gouvernement en 67 de laisser fuir la population arabo-musulmane vaincue, ainsi que l'injonction donnée au Rav Goren de quitter le Mont du Temple, auquel cas cette génération du désert qui nous gouverne non sans se retourner sans cesse pour s'assurer masochistement de la présence de ses maîtres, doit être remplacée. On peut supputer que la délivrance de cette présence hostile et meurtrière en terre d'Israël, ne sera pas le fait d'un sionisme religieux qui réussira à convaincre un maximum de gens, mais de l'Israélien moyen, si l'on peut dire, quand ses yeux et son cerveau enfin seront dessillés, et qu'il acceptera enfin de voir la réalité en face.

La Shoah d'Europe n'est pas un crime contre l'humanité, mais plus vraisemblablement de l'humanité contre le peuple juif. Le maintien et le renforcement de populations haineuses en terre d'Israël l'est aussi. L'autonomie islamique n'est pas étrangère aux pressions et chantages de puissances étrangères, à commencer par les Usa, les Européens n'étant souvent que des suiveurs. Elle a affaibli Israël au point que ce qui a été fait pour les otages d'Entebbe n'a pas pu se faire pour Chalit. Souhaitons, avec l'aide de D., que tous nos otages soient libérés et nos ennemis anéantis. «Que toutes les nations qui m'encerclent, puissé-je les tailler en pièce» (Psaumes CXVIII, 10) ; «De grâce, Hachem, secours-nous, de grâce, Hachem, accorde-nous la victoire» (idem, 25).

 

[1] Le 16 janvier 48, 35 combattants (Lamed-Hé = 35 selon la valeur numérique de ces deux lettres hébraïques) notamment du Palmah sont en chemin, à pied, pour apporter des renforts au kibboutz Kfar Etzion, assiégé. Ils cheminent de nuit en dehors de la route et en évitant les villages arabes hostiles. Au petit matin, ils tombent sur un berger qu'ils laissent gracieusement partir alors qu'il aurait mieux fait de tomber sous leurs armes. Alors que le détachement commence à s'éloigner du village arabe de Surif, le passage est barré et ils sont entourés de toute part par des centaines d'Arabes en furie. Ils parviennent à s'extirper en contournant par la vallée une hauteur sur laquelle ils prennent position. Mais, inférieurs en nombre et leurs munitions s'épuisant, ils tombent au combat. Les Arabes d'acharnent sur leurs cadavres, mais suite à une enquête menée par les Britanniques, les corps mutilés sont retrouvés et déplacés pour être enterrés. Cet incident est à l'origine de la chute de Kfar Etzion, dont la population, exceptés les enfants qui avaient été mis en lieu sûr ailleurs, est massacrée.  Voir https://www.etzion-bloc.org.il/%D7%A1%D7%99%D7%A4%D7%95%D7%A8-%D7%94%D7%9C%22%D7%94 .

[2] https://www.youtube.com/watch?v=Ld6fEFEblWQ Publié sur You-Tube le 18 octobre 23.

[3]  Tamir Edei et Eran Ortal, généraux ayant publié un article suite à cette opération.

[4] La liste des victimes civiles (voyez l'âge et le sexe), et des soldats tombés pour défendre Israël, remise continuellement à jour sur le site Israël Aujourd'hui.  https://www.israelhayom.co.il/news/defense/article/14712943

[5] Voir Histoire de l'Algérie coloniale (1830-1954 de B. Stora).

[6] Voir l'ignoble intervention de Jospin relevée par Bat-Yeor.

[7] Les Juifs sont sémites, affiliés à Sem, les autres Chamites (prononcer K-mit), affiliés à Cham fils de Noé.

[8] Comme l'Égypte, un des patronymes les plus répandus à Gaza étant Masri, ou Al-masri, littéralement : l'Egyptien.

[9]La France remercie le Brésil pour son initiative et son rôle de coordination.

«La France restera mobilisée avec ses partenaires pour répondre à l’urgence humanitaire et éviter un embrasement régional. Elle a d’ores-et-déjà mobilisé 10 millions d’euros d’aide humanitaire supplémentaire pour la population de Gaza» (sic, pas un mot pour les otages israéliens).

 https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/israel-territoires-palestiniens/actualites-et-evenements/2023/article/israel-gaza-la-france-regrette-l-echec-du-projet-de-resolution-porte-par-le

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15 octobre 2023 7 15 /10 /octobre /2023 18:11

Israël : une guerre de religion sur trois strates : l'ennemi, la confrontation, et l'intérieur

Nous considérerons dans les lignes qui suivent le caractère religieux de la guerre contre Israël. Le premier volet concerne le fanatisme fondamentalisme d'un culte étranger à Israël ; le deuxième l'aspect négateur de ce culte vis-à-vis de la Torah d'Israël ; le troisième l'opposition intrinsèque, au sein même d'Israël, d'un athéisme militant qui n'a rien à envier aux adeptes de religions les plus radicalisés.

La guerre contre Israël est une guerre de religion. Sous cette optique, il y a un dénominateur commun qui réunit les différents fondamentalismes qu'incarnent l'Inquisition, les croisades, ou les adeptes d'un islam qui hurlent la signature fanatique de leurs crimes quand ils assassinent et décapitent : «Allah est grand». Ces religions de prosélytisme expansionniste, qui ont fait ensemble des milliards d'ouailles par leurs méthodes persuasives, font table rase : effacer et anéantir tout ce qui se démarque de leurs doctrines qui les rendent hermétiques à tout sentiment de bienveillance ou d'empathie pour des êtres humains qui ne sont pas comme eux.

Le problème de l'Occident, qui s'efforce depuis des décennies de donner la prépondérance aux valeurs du respect de l'autre et de la tolérance, et favorise la bonne entente et la paix entre les hommes, sans distinction de race et de religion[1], c'est qu'il est si enthousiaste dans sa démarche civilisationnelle que la stagnation au stade de la jubilation jouissive produite par l'horreur et les massacres lui paraît tellement inouïe et révolue qu'il n'est plus capable d'accepter cette cauchemardesque réalité en face[2].

Tant et si bien qu'en Israël, Rabin et Pérès se persuadaient que les tensions résultaient d'un différend territorial, qu'il fallait comprendre la nécessité de concessions par les deux camps, puisque chacun revendique la possession de la terre, et que, comme selon eux l'aspiration à la paix aurait été un consensus, des slogans creux et inadaptés comme «Deux Etats pour deux peuples» auraient représenté la solution miracle. Si l'archi-criminel Arafat avait fait sensation quand il avait utilisé à Paris l'adjectif caduc[3] pour qualifier la charte de son organisation terroriste, pour conforter dans son aveuglement idéologique le monde libre, il expliquait en arabe sa stratégie du salami, qui consistait à prendre ce que l'on consentirait à lui céder et à saucissonner progressivement le reste (les concessions s'étant en effet enchaînées par la suite par chantage, le perdant ne voulant pas tout faire exploser par un éventuel refus de sa part après avoir été jusque là conciliant). Rabin et Pérès le savaient pourtant. Ne pouvant s'esquiver, ils avaient trouvé l'explication confortante :

« Ҫa, c'est pour calmer les extrémistes de leur camp. »  Chez Pérès, la réplique s'accompagnait d'un sourire complice et futé. L'idée d'un conflit strictement territorial n'a pas germé seule dans le cerveau de la politique et de la propagande d'Israël. C'est sur le conseil de l'Urss que la guerre totale contre Israël est apparue sous les traits de la colère d'un nationalisme opprimé qui demande justice. Le caractère djihadiste est déguisé. On invente un nouveau peuple, donc on lui associe un territoire. Quant à l'anachronisme entre l'aspiration à céder à l'Olp la Judée-Samarie pour satisfaire le mouvement terroriste, alors qu'il a été fondé en 1964, soit trois ans avant la libération de la Judée-Samarie par Israël et le motif de ladite frustration nationaliste, les mentors de la théorie des territoires contre la paix ont trouvé deux explications : le compromis territorial reste de rigueur, donc la Judée-Samarie est tout simplement une nouvelle carte pour Israël ; ou, comme la charte de l'Olp est révisée en 1968[4],  cette nouvelle date remplace la première. Pour Rabin et Pérès, le conflit est géopolitique, et toute la difficulté consiste à se mettre d'accord sur le tracé des frontières.

L'orientaliste Mordekhaï Kedar, notamment chargé de conférence à l'université Bar-Ilan, et qui s'est illustré dans le monde arabe pour ses interventions sur des chaînes comme Al Jazeera, où il défend la légitimité de la présence d'Israël sur sa terre, revient, après les pogromes perpétrés par le Hamas dans les kibboutzim de la périphérie de Gaza, sur l'impérativité de reconnaître les aspirations sanguinaires d'un djihad qui n'éprouve aucune compassion pour le genre humain, ne trouvant son bonheur que dans les bains de sang et la décapitation de ses victimes[5]. L'intellectuel Trigano déplore lui aussi cette erreur d'identification des motivations profondes, et, souvent, en Israël, ce sont des rabbins qui sont les plus réceptifs face à cette donnée fondamentale, ou des dirigeants religieux, comme le parlementaire Moshé Gafni, du parti Judaïsme Unifié de la Torah.

Cette guerre de religion de l'islam en général et du Hamas en particulier est une guerre ouverte contre le judaïsme. Il est remarquable que le déferlement d'anéantissement et de massacres perpétré par cette organisation musulmane le samedi 7 octobre 23, jour de Chabbat et de fête de la clôture de la lecture de la Torah du 22 tichri 5784, en violation totale et flagrante de toutes les conventions et résolutions internationales (car avec ou sans décapitation, cette dernière étant tirée en épingle par les tendances qui discréditent ce qui leur déplait en semant partout le doute de la désinformation, les traqueurs de fake news, les massacres d'innocents dans les kibboutzim sont attestés et reconnus) se situe précisément à cette période. Ce samedi après-midi, nous reprenions la lecture de Béréchit, au commencement. Rachi relève que la forme exacte pour ce dire est : Barichona, en premier, à moins que ce premier terme soit directement suivi d'un autre nom, selon la règle grammaticale de l'état construit. Béréchit signifie en fait : par les prémices. Or, Rachi nous explique que la Torah est appelée Réchit. Elle a été confiée au peuple d'Israël, et le rayonnement de la Torah, parole de D., émane de Jérusalem[6].

Si la Torah qui est le Code de la Loi, n'ouvre pas sur le premier commandement collectif attribué à Israël, qui n'apparaît que dans le contexte de la préparation à la sortie d'Égypte, où est mentionné le mois de Nissan, premier pour la fixation des dates solennels, c'est pour nous enseigner, toujours selon Rachi, que la terre d'Israël est la propriété de D. : «Si les nations du monde disent à Israël : "Vous êtes des voleurs, car vous avez occupé la terre des sept peuplades", ils leur répondent : "Toute la terre appartient au Saint béni soit-Il, il l'a créée et distribuée à qui bon lui semblait ; par sa volonté il la leur a donnée, et par sa volonté il la leur a reprise et nous l'a remise» (Rachi, Genèse I, 1).

Rachi cite dans son exégèse le livre des Psaumes. «La puissance de ses actes, Il l'a annoncée à son peuple» (Psaumes CXI, 6). Ce dernier vendredi soir, le rabbin invité à prononcer un bref sermon a relevé cette question : «Mais pourquoi ce verset des Psaumes indique-t-il que c'est à son peuple que D. s'est adressé à ce sujet ? Pourquoi n'a-t-il pas fait connaître la puissance de ses actes et son statut de propriétaire incontestable de la terre aux nations susceptibles d'accuser Israël d'occupation?» Puis il répond : «C'est bien là que se trouve le problème. C'est ce manque d'assurance de nos dirigeants et de nos commentateurs politiques, qui nous met dans cette situation aujourd'hui. Si son peuple avait été moins hésitant et plus convaincu de cet état de fait, on n'aurait pas tergiversé sans retour pour savoir si c'est telle partie de notre terre ou telle autre qui génèrerait les conflits.» Eh oui, Gaza aurait été juive depuis longtemps, ce massacre inutile évité, et la présence hostile et envahissante n'eût été évoquée désormais que dans les livres d'histoire.

C'est aussi dans le contexte de la lecture hebdomadaire qui, comme susmentionné, a repris l'intégralité de la lecture de la section Béréchit – de la Genèse – hier matin[7], qu'apparaît pour la première fois l'antipode de la création du monde et de sa juste harmonie, la force du mal par excellence, qui par le mauvais penchant des instincts les plus vils et les mauvais choix du libre arbitre va pour ainsi dire interjeter appel de la décision de créer le monde. La terre s'emplit d'iniquité, le monde se rend si coupable qu'il ne vaut plus la peine d'exister. Ce mal est textuellement nommé Hamas. Ce terme qui désigne le sabotage de la bonne marche du monde à ses premières heures est repris aujourd'hui par un groupe fanatiquement inhumain qui cherche à anéantir le peuple pour qui D. a dit : «Et Je vous rassemblerai des nations, des terres où vous serez dispersés, et Je vous donnerai la terre d'Israël» (Ézéchiel XI, 17). Ces forces du mal «s'agitent contre D. et son oint» (Psaumes II, 1).

C'est donc une guerre ouverte contre D. et ce qu'Il établit dans sa Torah. Je sais, dis-je en aparté, certains lecteurs, au lieu de trouver juste cette analyse, seront terrifiés : «Mais alors, si vous aussi, les Juifs, vous qui êtes modérés, qui respectez votre religion sans ostentation dans la sphère privée, vous vous mettez à raisonner comme ça, ça ne fera qu'empirer jusqu'à la guerre totale?!?!?!?»

Primo, c'est parce que les forces du mal perçoivent un vide en face d'elles qu'elles se sentent à ce point certaines de toujours jouir d'une totale impunité. Je racontai tantôt qu'en construisant, avec l'aide de D., ma maison en Israël, dans ma banlieue Nord de Jérusalem, l'un de mes voisins, qui s'y connaît, et avec qui je devais mettre en place la canalisation des eaux usées, sauf votre respect, avait été ce jour empêché et m'avait appelé pour me dire qu'il m'enverrait quelqu'un. Arrive un Arabe – bon, d'accord – qui me dit timidement que c'est lui qui est venu pour le tuyau. Bien sûr, un langage s'installe : attention à l'alignement, bien tasser le sable à l'extérieur, etc.

Je traîne avec moi cette particularité d'avoir l'accent légèrement français. Quand il est sur le point de repartir, il me lance une question dans laquelle il me semble relever dans le ton et l'attitude comme un soupçon de reproche. Il me demande d'où je viens. Je lui réponds : «du kibboutz Galouyot». Il réfléchit, me dit qu'il connaît beaucoup de kibboutzim, et qu'il croit voir à peu près où c'est. Je lui réponds à peu près en ces termes : «Mon pauvre ami, vous n'y êtes pas. Vous n'êtes sans doute pas sans savoir que le peuple juif en grande partie a été exilé de sa terre pendant près de deux mille ans. Aujourd'hui, D. nous rassemble sur notre terre, kibboutz Galouyot signifiant Rassemblement des Exilés». Vous n'imaginez pas sa réaction. Il se met à me parler de sa situation familiale, qu'il habite près de la ville de Modi'in, et qu'il travaille beaucoup avec les Juifs dans la construction de ce retour, et que je n'ai qu'à demander à mon ami qui l'a envoyé si je ne le crois pas.

Secundo, ne pas répondre à la violence en s'imaginant qu'elle se désamorcera toute seule est une erreur stratégique ou du moins tactique, car l'impunité ne la rassasie jamais.

C'est donc bien à Israël que D. doit annoncer la «puissance de ses actes». Les autres savent très bien que nous rentrons chez nous, mais si nous sommes nous-mêmes hésitants, si nous sommes à nos yeux petits comme des sauterelles, à plus forte raison le sommes-nous à leurs yeux[8], et pourquoi n'en profiteraient-il pas ?

Le troisième et dernier volet concerne la dichotomie entre religieux et laïcs en Israël. Bref préambule : les véritables renégats n'existent plus. Le grand rabbin de Bené-Berak, le Hazon Ych, assimile le non-religieux courant à une personne qui aurait été capturée bébé par des non-juifs, donc foncièrement ignorante. Ce statut halakhique désigne plus généralement tout individu qui n'a pas été élevé dans la connaissance et le respect de la religion. Donc, une personne athée a grandi comme ça. A tel point que certains pensent que les injonctions ou interdits religieux ne concernent que les religieux, et que les non-religieux ne deviennent obligés que s'ils décident de faire téchouva (se repentir). C'est un peu paradoxal, vu que si le laïc n'est pas obligé, et qu'il ne le soit qu'en devenant religieux, par rapport à quelle période de son existence faut-il qu'il se repente ?

Les personnes totalement laïques sont aussi assez peu nombreuses. Le jour de Kippour, avec son jeûne de près de 26 heures, est très largement observé. Comme l'a relevé le Rav Sabato, auteur du Talmud enregistré, présenté jadis sous la forme de mille cassettes audio et aujourd'hui numérisé, des voisins de Kiryat Yovel, quartier de Jérusalem où il vécut pendant sa jeunesse, qui prenaient la voiture Chabbat allaient à la synagogue à Kippour, respectant strictement la solennité du jour. Ce n'est pas un vain mot que la prière s'ouvre sur la déclaration : «Nous permettons de prier avec les transgresseurs»[9].

Mais, comme l'aurait dit Cerf-Berr, vers 1789, le judaïsme est une affaire privée. Le Français de confession mosaïque est d'abord un citoyen local. Si certains, comme Levinas, en sont revenus face à la Shoah, Israël n'étant pas qu'une religion mais aussi une identité nationale attachée à une terre, certains, dans notre Israël contemporain, remettent ça. C'est un peu plus raffiné : la religion est une affaire privée, et même si Israël est globalement une nation, c'est une nation laïque. Cette approche explique que des Juifs pratiquants aient pu voter en faveur de partis prêts à renoncer à des régions de la terre d'Israël, non sans se priver de citer des sources religieuses pour se donner raison : «L'ère de la guerre et l'ère de la paix» (Ecclésiaste III, 8), déclamait Rabin, dans son discours officiel des accords de renoncement à Gaza et Jéricho.

Sûr que même chez les laïcs du parti Travailliste (aujourd'hui presque disparu), l'appréhension des relations et autres accords avec les nations du monde revêtait un caractère messianique. Il serait plus approprié, au lieu de voir une lutte politique entre religieux et laïcs, de voir un antagonisme entre la religion traditionnelle – multimillénaire, qui voit, outre le Chabbat, la cacherout, les fêtes, etc., et leurs préceptes, dans la restauration d'Israël le début de la rédemption avec, entre autres, la construction du Troisième Temple, mais pas uniquement comme un concept abstrait – et une religion nouvelle n'aspirant pas moins que la première à la paix universelle à laquelle tend toute l'histoire, toutes nations confondues, mais autorisant un libéralisme à outrance.

L'adoption des idoles cananéennes n'a d'autre objectif que d'autoriser la débauche[10]. Les peuplades qui occupaient dans l'antiquité abrahamique la terre d'Israël, considéraient les pires abominations comme des préceptes religieux : jeter leurs enfants dans les flammes (Molech), troubler le repos des morts (Ob et Yydé'oni), etc. Or, on sait que ces peuplades furent chassées ou anéanties suite à l'infraction des interdits de mœurs, et que la Torah nous met en garde de ne pas suivre le même chemin.

Opter pour une hypothétique paix dont le messianisme en conflit avec les sources reposerait sur les échanges ou renoncements territoriaux, tout en s'autorisant une vie sans aucune contrainte morale, en rejetant la paix prophétisée par la Torah, qui nous oblige simultanément à être saints car l'Eternel est saint, reprend la démarche répandue vers la fin de la période du Premier Temple, qui, en se cachant derrière les idoles, justifiait le fait de ne pas voir le problème posé par le relâchement moral.

Ces derniers temps, nous avons été sidérés par l'exacerbation de la guerre de religion de l'intérieur. Des fidèles à Tel-Aviv, tel l'agneau de la Fontaine, accusé de polluer l'eau du ruisseau où le loup se désaltère en amont, ont été bousculés pour des prétextes futiles. Une femme a même été giflée alors qu'elle priait. Le Rav Zini de Haïfa a relevé qu'on n'avait pas vu ça depuis l'antisémitisme en Europe.

Et alors que les partisans de cette religion révisée, portant aux nues le libéralisme et remettant les principes de la décence (les cloisons de la prière ne leur plaisent pas) en cause, s'apprêtaient à redoubler d'agressivité pour perturber les célébrations joyeuses de Simhat Torah, Chabbat 7 oct. 23, qui se déroulent en partie sur la place publique, la guerre de religion du premier volet évoqué s'est rappelée à notre souvenir, dans une attaque bien plus meurtrière et indescriptible que toutes les précédentes attaques.

La religion de la libéralité ne nous donnera rien de bon, le messianisme révisé qui contredit les prophéties ne passera pas. Tout cessez-le-feu, basé sur la supposition que le Hamas a «eu sa raclée» n'est que partie remise.

Nous devons nous unir pour vaincre. Le Hamas est l'antithèse de la Torah et du judaïsme, c'est la religion du mal contre la religion du bien, et c'est à nous qu'il revient de comprendre la puissance des actes de D., et à ne pas nous disperser selon toutes sortes de vents contraires.

 Yéochoua Sultan ©

 

[1] (quoique le principe puisse être géographiquement restrictif et applicable spécifiquement en Europe car, si vous êtes du Brésil ou du Cameroun, ce n'est pas en restant chez vous que vous aurez droit à l'instruction obligatoire et à l'égalité des chances, où les vôtres risquent de se réduire aux métiers mal payés de cueilleur ou de minier dès l'âge de quatre ans)…

 

[2] Voir le décalage total avec la réalité d'une Amérique désireuse de démocratiser l'Afghanistan.

[3] Le 2 mai 1989, reçu officiellement par Mitterrand.

[4] https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/OLP/136841

[5] Tomer Peretz, membre de l'organisation Zaka, qui a vu le jour suite aux attentats suicides qui ont résulté des accords d'Oslo, et qui ramassait les débris de cadavres des victimes des tueurs partis des territoires cédés à l'organisation dite Autorité palestinienne, pour leur garantir une digne sépulture, a rapporté avoir vu des jeunes victimes décapitées. L'agence Reuters cite le général de division Itaï Verouv, et le porte-parole de Netanyahou a confirmé auprès de la radio LCB britannique le fait d'enfants décapités. https://www.20minutes.fr/monde/israel/4057350-20231011-massacre-kfar-aza-40-bebes-morts-certains-decapites-sait-affirmations

Sur ce lien https://www.youtube.com/watch?v=bYxGjMCTFdE un réserviste fait état de victimes décapitées par les assaillants musulmans (minute 3'30").

[6] «Car de Sion part la Torah, et la parole de D. de Jérusalem» (Isaïe II, 3).

[7] Samedi 14 oct. 23

[8] D'après Nombres XIII, 33.

[9] Ouverture de la prière de Kippour, annulation des vœux.

[10] Traité Sanhedrin 63b.

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