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13 septembre 2022 2 13 /09 /septembre /2022 16:03

Dans un premier temps, j'avais pensé que les injections de la thérapie génique (Arn messager) étaient une expérience scientifique médicale. Je m'étais trompé. En fait, sur les quatre doses, seule la première répondait à cette définition.

Ces injections dont le consentement des cobayes avait été extorqué sous la pression, le harcèlement, le chantage et la menace, sous peine de perdre leur emploi et leur gagne-pain, ainsi que toute dignité sociale et de se retrouver à la rue, sans le sou, n'entrent dans le cadre d'une expérimentation que pour la première dose.

Dans une atmosphère délétère où le débat est proscrit, où toute remise en question, voire toute interrogation, met en branle le tribunal inquisitoire qui voit en tout élément contradictoire presqu'un blasphème, une information fausse marquée par le label d'appellation incontrôlée du «fake-news », il peut être pertinent de citer une instance au-dessus de tout soupçon, puisqu'elle est de surcroît pour beaucoup dans ces campagnes de discrédit social. J'ai nommé : le ministère israélien de la Santé.

Voici les chiffres officiels que n'importe quel quidam peut consulter, qui présentent le nombre d'injectés selon les quatre doses inoculées au grand public :

Dose 1 : 6 717 050 injectés

Dose 2 : 6 152 182 injectés

Dose 3 : 4 509 275 injectés

Dose 4 : 843 450 injectés[1]

Il n'est même pas question de lire entre les lignes ; les chiffres parlent d'eux-mêmes. Souvenons-nous : poussés par la peur de mourir, le devoir citoyen, la cession au chantage (dès qu'on aura terminé, on reviendra à la vie normale), les citoyens partants pour la vaccination avaient accepté d'emblée de prendre deux injections. Les autorités avaient été honnêtes, si l'on peut dire, et avaient prévenu qu'il s'agissait d'un traitement préventif s'opérant eu deux temps. Le produit est expérimental, mais on accepte de prendre le risque, convaincus de l'urgence et d'être sous le coup d'une épidémie venant faucher la vie aveuglément et à un rythme effréné, comme à Marseille en 1720. On est bien d'accord : on va gentiment recevoir la première dose et attendre patiemment la seconde.

Or, les chiffres sont formels : deux simples opérations, une soustraction puis une division, viennent nous montrer respectivement qu'ils sont 564 868 à ne pas s'être présentés pour la suite du traitement, soit 8.41% ; et encore, on ne sait encore rien sur les dégâts à longue échéance. Que leur est-il arrivé ? Pourquoi le Premier ministre, le ministre de la Santé, le PDG vaccinateur, etc., ne montent-ils pas au créneau pour avouer leur erreur et demander pardon au peuple ? Que font les médias ? Pourquoi ce silence ? En outre, quand des civils prennent l'initiative de récolter des témoignages de personnes gravement touchées par les effets a priori indésirables, leur documentaire, «le Projet des témoignages», est dénoncé comme fausse information et très vite censuré sur toutes les plateformes censée rééquilibrer l'information.

Il ne fait aucun doute que les personnes qui se sont abstenues la seconde fois ont été gravement affectées par la première. Ce qui veut dire que dès la seconde qui deviendra vite la deuxième, il s'est simplement agi d'une énorme machine à produire des gains et à graisser tous les rouages qui ont recommandé le produit et usé d'abus de pouvoir pour mieux soumettre.

Comme nous venons de le voir, ces données ne mettent en évidence que les victimes d'effets néfastes immédiats. Aujourd'hui, les victimes du moyen terme, ou leurs proches et connaissances, ne font plus aucun rapprochement entre les injections et les nombreux cas de décès intervenus subitement.

On sait que pour convaincre une population d'une espèce animale que le poison mis à sa disposition n'a rien à voir avec l'hécatombe subie en ses rangs, il faut que son effet soit reporté dans le temps. Algernon s'étonnera de la mort subite de sujets bien portants, si elle est différée. Ce n'est pas l'auteur de ces lignes qui compare les humains aux rats, mais bien les promoteurs de la vaccination.

Qui plus est, le nombre de décès imputables au covid 19 (et non pas au vaccin), s'élèverait selon le ministère de la Santé à 11 620[2].

Aparté : Il convient de répondre à l'accusation sous-jacente de manque de bonne foi : «Pourquoi les chiffres sont-ils considérés comme du solide pour les doses, et présentés au conditionnel pour les décès dus au coronavirus ?» La réponse est assez simple : le ministère sait combien de personnes il a injectées chaque fois, tout est comptabilisé ($$$). Mais de là à affirmer que les personnes sont décédées du covid, quand on connaît les accusations «complotistes» jamais démenties qui allèguent que cette comptabilité inclut des personnes dont la cause du décès est autre mais qui avaient été testées positives au corona sans en souffrir, il n'y a qu'un pas. Par ailleurs, certaines personnes ont en effet pu mourir des suites du corona, du fait que les autorités leur avaient interdit tout accès aux soins, en dehors d'une agonie en hôpital, quand des patients en détresse respiratoire n'ont pas eu droit à un apport d'oxygène insufflé via la bouche et le nez mais juste une sorte de tuyau à bulles d'aquarium. En France, en parallèle, ça avait donné : «Prenez un doliprane et allez dormir», et on avait assisté aux poursuites, suspensions et autres traitements de choc à l'encontre des médecins qui avaient osé porter utilement secours à leurs patients (protocle Zelenko ou Pr Didier Raoult, ou le traitement de cheval).

Une autre réalité est venue établir le fiasco de l'expérience. Bon, se disaient certains, au moins, ceux qui n'ont pas subi d'effets secondaires mortels ou invalidants, eh bien, ils sont protégés, et c'est toujours ça de gagné !

En juin 21, de très nombreux doublement dosés ont été non seulement positifs au covid mais passablement malades. Mais, à la grande surprise de quiconque possédait encore ses facultés les plus basiques de raisonner, les pouvoirs ont préconisé une troisième dose, un «buster», qu'ils disaient. C'est comme si on faisait une ordonnance d'aspirine à quelqu'un qui aurait mal supporté ce produit dans un premier temps. Le médicament ne vous a pas fait du bien? C'est que vous n'en avez pas pris assez.

Mais là, le réveille commence à s'opérer. Pour la troisième dose, les partants ne sont plus que 4 509 275. Ce sont donc 1 642 907, plus d'un million et demi de citoyens, qui ont l'intelligence et/ou le courage de dire non, car il ne faut pas oublier l'odieux chantage du gouvernement Netanyahou, qui allait considérer comme non-vaccinés et privés de leurs droits les plus élémentaires, tous les preneurs des deux premières doses.

Continuant sur sa lancée de la logique du «Si ça ne marche pas, c'est qu'on n'en a pas pris assez», les preneurs de la quatrième ne sont plus que 843 450, ce qui signifie qu'ils sont 87.44 %, soit près de 90 %, à refuser de continuer à se faire avoir.

Certains mensonges finissent pas s'épuiser, quelle que soit l'intensité du bourrage de crâne. En tout cas, c'est ce qui est arrivé au culte d'une injection devenue pour beaucoup sacrée, à un moment ou à un autre.

Et le comble de l'endoctrinement va être illustré par le cas (réel) suivant :

Un individu avait pris ses deux doses, avant de tomber peu après gravement malade du covid et de passer une bonne dizaine de jours à l'hôpital entre la vie et la mort.

Que constaterait tout individu normalement constitué ? De deux choses l'une : soit le traitement n'a pas été efficace, soit, puisqu'il n'était pas malade, c'est le traitement qui a provoqué la maladie.

Or, quelle a été la réaction de l'adepte du culte intéressé ? «Heureusement que je me suis fait vacciner. Parce que si, en étant vacciné, j'ai tellement souffert de cette maladie, qu'est-ce que ça aurait été si je ne l'avais pas été ? Je ne m'en serais pas sorti vivant»…  

 

[2] Données en ligne au 4 sept.-22(idem pour le lien).

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21 juillet 2022 4 21 /07 /juillet /2022 17:30

La thématique du souvenir de la Shoah pour Israël

Pendant quatre mois, les pèlerinages en Pologne au départ d'Israël ont été suspendus. Malheureusement, ils viennent semble-t-il de reprendre, grâce au talentueux diplomate Herzog, président d'Israël.

Alors, malheureusement, ou grâce à…? Synthétisons eu deux mots la version officielle, celle qui s'acharne sans discontinuité sur notre personne, du cerveau à l'inconscient, en passant par notre profil émotionnel. Bien entendu, elle prend appui sur le consensus indiscutable : plus jamais ça. Qui voudrait que ça revienne ? Personne, bien entendu, à commencer par nos propres rangs. La méthode est bien connue : on prend une base solide et consensuelle, et surtout factuelle, avant d'échafauder par-dessus tout un édifice qui passera pour le prolongement naturel de cette dernière.

Si a est le consensus, b en est l'implication. Si on admet a, on admet b. Inversement, si on n'admet pas b, on est accusé de contester le consensus a. En règle générale, c'est plus simple : chacun s'interdit sans y penser de remettre b en doute.

En l'occurrence, l'aspiration à ce que de tels crimes contre l'humanité en général et contre le peuple juif en particulier, imputables à une sauvagerie humaine toujours latente, ne se répètent pas, sert de prétexte à une nouvelle tradition, qualifiable de morbide.

Tout d'abord, il est plus qu'incertain que les voyages à Auschwitz aient une quelconque incidence sur la protection du genre humain au sens large ou du genre juif au sens plus restrictif. Car sous cette optique, on pourrait aussi bien, à l'aune des exils, voyager dans le sillage des crimes de l'Inquisition en Espagne ou au Portugal, des Croisades en Frances, ou encore de l'Égypte, où tout nouveau-né mâle fut jeté dans le Nil.

En fait, la leçon du «plus jamais ça», qui compte sur le travail de mémoire, s'adresse surtout aux Juifs, puisque la Pologne, pour ne citer qu'elle, n'avait pas encore eu suffisamment de temps pour la perdre, dès le lendemain de la guerre, lorsqu'elle renouvela la pratique des pogroms sur la personne des rescapés des camps, qui pensaient pouvoir réintégrer leur domicile polonais.

Effectivement, le message véhiculé s'adresse surtout aux jeunes générations juives, ou plus précisément à celles qui ont vu le jour il y a moins de quatre-vingts ans. Redevenus souverains et détenteurs de la nationalité d'Israël, leur conscience leur signale : «N'oubliez pas de vous sentir très heureux de vivre dans vos frontières, dans votre pays qui vous protège et dont vous assurez vous-mêmes la défense».

Seulement, est-il vraiment pertinent de focaliser le regard de notre mémoire exclusivement sur cette période, bien qu'il soit évidemment hors de question d'en minimiser l'indicible gravité ?

Aujourd'hui, la haine contre les Juifs qui fait le plus de victimes agit d'une manière absurde et paradoxale en Israël. La matérialisation de cette haine n'est due qu'à la présence massive de populations hostiles et à leur libre-circulation au cœur même du pays d'Israël, là où le bon sens eût exigé qu'ils ne s'y trouvassent pas. La question qui se posait, suite à la lapidation par des Arabes de l'adolescente juive Tirza Porat, en 1988, par exemple, ou encore à la tuerie d'Itamar, en mars 2011, quand des musulmans sont venus égorger une famille juive qui goûtait chez elle la douce quiétude du Chabbat, n'est pas de se demander pourquoi l'Etat d'Israël n'a pas rasé les villages qui ont produit de tels bouchers, mais pourquoi il a leur a permis de se maintenir après le recouvrement de sa souveraineté.

La rengaine lancinante des moralisateurs du camp du mal (octroyons-nous le droit, à notre tour, une fois n'est pas coutume, de distribuer des prix et jugements de valeur) est connue, tant elle est rabâchée. Pour le propos qui précède, toutes les étiquettes de la stigmatisation destructrice sont tirées à vue pour qui les distribue. On devrait s'étonner que protéger des hommes, des femmes et des enfants juifs des pires assassins, soit négligeable aux yeux de certains pour qui le mal absolu consiste à refuser ne serait-ce qu'idéologiquement la présence de cette boîte de pétri qui alimente le lot des crimes antijuifs. Aujourd'hui encore, il arrive que l'on entende : «Nos ennemis n'ont pas de place sur notre terre, c'est indiscutable. A présent, s'ils sont prêts à accepter notre présence et à reconnaître notre souveraineté, alors ils peuvent rester là sans problème.» Ce vœu pieux est un pur déni de réalité. Si nous disons qu'il faut être un sombre crétin pour tenir de pareils propos, ou être perturbé par de telles considérations, ce n'est pas un oxymore. Par contre, si nous parlons de sombres illuminés, c'en est un.

De fait, on nous demande, afin que nous restions vigilants et d'empêcher le retour de l'horreur indicible, de nous concentrer constamment et sélectivement sur l'une des générations de l'histoire. On détourne notre attention du danger d'aujourd'hui, quand la haine antijuive ne porte jamais de nom, même aux heures les plus sombres de notre histoire contemporaine, des bombardements de civils juifs aux transports en commun dont les passagers périssent par les bombes et les flammes.

La plus grande neutralité médiatique évoquera des attentats terroristes. Une moins grande neutralité inversera la relation du bourreau à la victime. C'est assez insidieux, et peu sont ceux qui y sont attentifs. La quasi-totalité des organes de presse évoquent des «attentats nationalistes». Ce qui veut dire : tel ressortissant d'une nation occupée et opprimée exprime par la violence – il n'a pas d'autre choix le pauvre – sa résistance. L'innocent assassiné, devient sinon le bourreau de son agresseur à qui il n'a rien fait, du moins le responsable de son propre malheur.

Pourtant, chaque année, dans la Haggadah de Pessah, nous entonnons :

«Il n'y en a pas eu qu'un seul, ♫ à s'être dressé contre nous pour tenter de nous anéantir, ♪♫ car à chaque génération ♫, on se dresse contre nous pour nous anéantir ♫, mais le Saint béni soit-Il nous sauve de leurs mains ♫».

Le danger aujourd'hui n'est plus en Allemagne ou en Autriche-Hongrie, ou encore en Pologne, ce qui ne veut pas dire que les loups se seraient changés en moutons. Sans oublier aucune des périodes de l'histoire ni des exactions perpétrées contre les Juifs, nous devrions nommer les choses par leur nom et secouer la tête pour nous dégager des œillères qui réduisent dangereusement notre champ de vision. Nous ne devons avoir d'yeux et de réflexions qu'en ce qui concerne la Pologne, l'Allemagne, l'Ukraine, etc., et le nazisme ; ce qui, soit dit en passant, a quelque chose d'irritant pour le Polonais moyen qui s'insurge de voir que seule sa haine du Juif attire encore et toujours l'attention générale, alors qu'il n'est pas le seul.

La thématique de la Shoah telle qu'elle est adressée aux autres nations

Ce qui va suivre n'a échappé à aucun observateur : toute visite officielle en Israël d'un diplomate de l'étranger commence par un passage à Yad Vachem, le mémorial de la Shoah. L'avantage, c'est le message sous-jacent qui vient prévenir toute réticence antisioniste ou sémite, au cas où, dans l'une des couches cognitives, émotives ou subconscientes de l'intéressé, un certain blocage rendrait difficile pour lui l'acceptation de l'idée de la souveraineté et de l'indépendance du peuple Juif. Il perce donc le message qui suit : «A cause de ce que vous nous avez fait, ou de ce que vous avez laissé faire contre nous, la moindre des repentances vous concernant est de reconnaître l'indispensabilité de l'existence de notre Etat, qui préviendra vos prochains égarements. »

Le premier inconvénient, c'est la porte que nous ouvrons aux objections du monde arabe, qui fait comme s'il n'avait pas été le complice actif du nazisme, et qui se présente tel un innocent spolié qui doit payer pour la faute des autres : «Mais pourquoi ici ? Pourquoi sur notre compte ?» Comme s'il était évident que leur hégémonie doive s'étaler sur tous les continents. Cette objection entraîne dans son sillage un vaste mouvement d'imbéciles haineux, y compris et surtout en dehors du monde arabe ou musulman ou les deux, qui éprouvent un devoir sacré de repartir en croisade contre les Juifs infidèles.

Inconvénient éducatif pas seulement pour la jeunesse

L'autre inconvénient, c'est que, puisque cette leçon de portée éducative, morale, historique, etc., opère une simplification de l'histoire d'Israël en la faisant démarrer au lendemain de la Shoah, tout ce qui est antérieur étant enfoui dans les annales de la préhistoire, les visites extrascolaires en Pologne deviennent un véritable devoir, mi-civique, mi-religieux. Elles sont inscrites au programme et gare à qui n'effectuerait pas son pèlerinage, car ce serait une entrave au bon respect de la pratique du culte.

Cette nouvelle obligation vient contredire la tradition halakhique fondamentale, qui proscrit toute sortie de la terre sainte, hormis pour une liste de motifs exhaustive.

Considérer la mort comme essentielle pour le judaïsme résulte d'une confusion

Donc, on s'habitue à voir dans la renaissance de l'Etat juif la conséquence sine qua none de la Shoah. Cette démarche n'est pas la nôtre. Elle est le lot d'une autre religion. C'est dans la civilisation chrétienne qu'elle est saillante et perceptible, car son culte est tout entier fondé sur l'idée de mort. Sans martyr, point de religion chrétienne. Sous toutes ses conjugaisons et déclinaisons, elle serait privée d'essence donc d'existence sans la mise à mort de cet homme déifié.  

En son temps, en France, un téléfilm eut pour objectif d'exposer cette équation, cette implication de cause à effet[1]. Pour une raison qui échappe à la raison, au lieu d'être admise comme l'évidence même, cette équation basique, cette relation de cause à effet, donc, avait déclenché de vives polémiques. En fait, disait le message, vous êtes bien contents que votre personnage a été condamné et exécuté, et peu importe qu'il l'ait été par les Juifs ou par les Romains, car sans cela, vous auriez été privés de cette religion que vous chérissez tant.

Nous arrivons donc au parallèle qui fait l'objet de la rédaction de ce papier numérique. Il est spirituellement malsain, pour ne pas dire mal-saint, que la néo-éducation juive fasse sienne une telle démarche : si la Shoah n'avait pas eu lieu, vous n'auriez pas eu votre Etat.

Pourtant, cette implication (Shoah-Etat juif) est la profession de foi d'un public qui se fait de moins en moins négligeable. On oublie que la déclaration Balfour précède de plus de vingt ans les lois de Nuremberg, et que la désignation du Royaume Uni, à qui la Société des Nations confie le mandat qui consiste à œuvrer pour la restauration du Foyer Juif en Palestine, date de la conférence de S Remo.

Cependant, assez rapidement, les Anglais s'en dédisent et trahissent leur engagement. Ils sont loin d'être de confiance. Ils cèdent à la violence et à la pression musulmane. Dans le contexte de la Seconde guerre mondiale, ils capitulent devant la menace de mettre à feu et à sang toutes les contrées du Soleil Levant. Ils retournent leur veste et se mettent à promulguer des décrets. La série de Livres blancs ne se contente pas de limiter le nombre de Juifs autorisés à rentrer de l'exil en Palestine. Elle emprisonne de surcroît les Juifs d'Europe comme des rats. Il ne reste plus aux nazis qu'à les exterminer. 

Ce raccourci va plus loin. Il tend à rendre fortuite et profane l'histoire. La dimension profondément religieuse et para-historique de l'identité d'Israël est exclue. D. n'a plus sa place dans le retour d'Israël. Pourtant, parmi les précurseurs de ce mouvement du Retour, nous retrouvons le Rav Kalischer qui avait clairement défini cette dimension, bien avant l'indépendance : le peuple juif doit rentrer en terre d'Israël et y rebâtir le Temple, le Troisième Temple.

La première sortie de l'exil, d'Égypte, aboutit à la construction du Premier temple ; la suivante, de Babel, du Deuxième ; et la dernière, qui boucle l'exil d'Edom, conduit à l'édification du Troisième Temple, qui ne sera plus détruit, et qui exprimera le règne de D. sur toute la terre.

Faire dépendre le retour d'Israël moralement et spirituellement de la Shoah est terriblement réducteur. C'est une sorte de règlement de compte entre Israël et les Nations, principalement européennes, mais où D. n'a plus sa place.

Les visites officielles doivent commencer par un passage obligatoire dans la Cité de David, ou alors par la Maharat Hamakhpella, le tombeau des Patriarches et des Matriarches, où David régna sept années durant avant de transférer sa résidence à Jérusalem. Ah ! nous objectera-t-on. Mais alors, vous aussi vous prenez comme pilier de votre existence et de votre raison d'être un tombeau ! D'où la nuance dont la clarification s'impose. Il ne s'agit pas de mettre en avant la mort des Patriarches, mais leur vie. Ce n'est pas la mort d'Isaac à la ligature qui nous fait vivre, mais précisément le fait qu'il a échappé au sacrifice, dès que D. eut éprouvé l'inébranlabilité de la fidélité d'Abraham à son égard. Pour nous, Abraham, Isaac, Jacob, Sarah Rebecca, Rachel et Léa auraient pu être vivants en ce monde-ci aujourd'hui encore que cela n'aurait rien changé à notre foi. Par contre, un autre maintien en vie qui n'a pas eu lieu aurait posé quelques petits problèmes aux adeptes d'une autre religion imposée à l'empire romain par l'un de ses empereurs, un certain Constantin, dit le grand.

D'autant que, par ailleurs, ce culte basé sur le martyr et la mort présente un autre inconvénient. En faisant passer la jeunesse israélienne par les fourgons plombés et les cendres d'Auschwitz, on risque de briser son élan vital, et semer la peur et la dissuasion en leur cœur, comme pour leur dire : si vous irritez les Nations, regardez ce qu'il risque de vous arrivez.

La spiritualité d'Israël doit renforcer le lien à la vie et surtout ne pas réduire une histoire quatre fois millénaire. Les présidents, les rois, les ministres et autres délégations de ce vaste monde, doivent entamer leur visite officielle par la Cité de David, la Cité des Patriarches, et par une vue sur le Mont du Temple avec les franches explications qui s'imposent. Ce n'est pas en suivant la politique de l'autruche, en niant le lien avec le centre de notre terre, celle qui exige toujours un mouvement d'élévation, puisque la prière dit : «Rassemble-nous ensemble rapidement vers notre terre», avec la lettre Lamed ל' du mouvement et non pas la lettre Beth ב' du stationnement, en mettant fin au maintien de la gestion du Lieu par excellence par un Waqf profanateur et étranger, que la paix universelle s'installera enfin en ce bas-monde.

Entre le 17 tamouz et le 9 av, cette période de restriction des réjouissances, de jeûnes, de lamentations et de prières, en souvenir de la désolation de la Montagne de Jérusalem, ne se résume pas en de vaines pratiques pieuses, mais en un véritable espoir qui vise la Restauration. Une fois encore, le judaïsme n'est pas un culte d'affliction pour l'affliction, et le souvenir du Temple, détruit en 3828 de notre ère, soit il y a 1 954 ans, n'est pas une fixation morbide ou obsessionnelle dans le passé mais l'expression d'un futur messianique prometteur. Continuons à prier pour la paix et la construction du Temple, sans nous laisser embrouiller par de fausses idées.

Yéochoua Sultan ©

 


[1] Un grand merci à qui me fournira les références exactes du téléfilm en question. J'avais pensé qu'il s'agissait du film de Jean l'hôte, sorti en 1985, mais apparemment, ce n'est pas ça.

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12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 19:10

Quand les droits fondamentaux sont criminalisés

Nous ne saurions quitter ce sujet du classement de valeurs, de l'impensable qui se transforme en impérativité de notoriété publique, des défenseurs du droit et de la morale qui sont poussés au-delà du point de bascule pour devenir exécrables, sans un aperçu de l'avilissement de populations transformées en rats de laboratoires pour le profit de sociétés pharmaceutiques aux aspirations lucratives. Un extrait du jugement pénal rendu les 19-20 août 1947 par le Tribunal militaire américain dans le procès des médecins[1] est formel. Le code de Nuremberg exige, dans le cadre d'expériences médicales sur l'être humain, ce qui suit :

«Le consentement volontaire du sujet humain est absolument essentiel (…) sans intervention de quelque élément de force, de fraude, de contrainte, de supercherie, de duperie ou d'autres formes sournoises de contrainte ou de coercition (…) de façon à lui permettre de prendre une décision éclairée.» (Extrait de l'article 1).

«L'expérience doit [produire] des résultats (…) impossibles à obtenir par d'autres méthodes ou moyens d'étude…» (Extrait de l'article 2).

Transposons-nous en pensée vers fin 2019. Quelles pensées ou impressions notre ajustement à la fenêtre d'Overton éveille-t-il en nous ? À ce moment précis, ces affirmations relevaient tellement de l'évidence qu'il est à la limite agaçant d'en faire la lecture.

Or, la pression, le chantage, l'instillation de la peur de terrifiantes hécatombes à l'échelle mondiale va progressivement inverser la vision des choses dans l'esprit de 70 à 80% de l'opinion. Des mois de contraintes, d'oppression, d'interdiction de rencontrer ses proches, de circuler, de sortir de chez soi, de gagner sa vie, etc., vont pousser les valeurs morales jusqu'au point de bascule, de l'inversion. Car ceux qui cèderont au chantage (faites-vous piquer pour retrouver votre liberté), entreront dans une colère aussi violente qu'irrationnelle à l'endroit des résistants à la pression totalitaire. Les réfractaires passeront à leurs yeux pour des trouble-fêtes, pour les responsables de l'échec de l'opération de sauvetage du messianisme pharmaceutique.

Les menaces de mort qui planaient selon les médias sur 4% au moins de la population par pandémie non maîtrisée, au lieu d'être rejetées quand il s'avéra que, tout au plus, la létalité serait de 0.02%, n'en ont pas moins été oubliées en laissant une profonde impression de terreur qui a laissé la population obéissante sans qu'elle ne se rappelle pourquoi. Que se passera-t-il si on ne se fait pas piquer ? Qu'arrivera-t-il si on ne porte pas de masque ? La question n'est plus là. Dans une approche antérieure, sans que la population ait été changée par une autre, ou par une nouvelle génération, c'est tout un chacun qui risquait de mourir si jamais il ne se conformait pas à la lettre aux dispositions qui changeaient tous les jours.

La pandémie médiatique n'est pas la peste de Marseille de 1720, entre autres, on s'en remet six fois plus facilement que de la grippe saisonnière[2], les traitements existent et ont fait leurs preuves, sans compter qu'une bonne hygiène de vie reste efficacement préventive.

A présent, supposez que vous soyez juge. L'une des parties, charitable, veut vous mettre en garde : tous les arguments de la partie adverse sont des fausses nouvelles, des théories de complot, et, s'ils sont allégués par d'éminentes personnalités de la recherche médicale, il faudra comprendre que ces dernières ont sombré dans la folie. Trop heureux du conseil, vous vous mettez à prendre de haut le second plaideur.

L'obéissance annonce les prochaines persécutions, tels ces individus au cerveau délavé qui se remettent à porter le masque parce qu'on ne sait jamais. Le plus inouï est de voir des penseurs, des gens instruits, se comporter comme les plus vils consommateurs de télévision, cette télévision qui, comme nous l'avons vu plus haut, ne peut qu'énoncer la pure vérité. Les médecins de plateau sont crédibles, les autres, qui doivent sauver dans l'ombre leurs patients pour ne pas être radiés, tel ce docteur Benoît Ochs qui a osé braver le décret de l'ordre des médecins de laisser grimper la statistique des victimes du coronavirus, et qui, après une mesure disciplinaire de terreur suspendant son droit d'exercer la médecine pendant un an, a fait appel. Ce docteur comprend les jeunes médecins qui préfèrent se taire, dont la carrière pourrait être étouffée dans l'œuf.

Un réajustement de la fenêtre d'Overton, ou une attitude autonome de l'exercice du droit à réfléchir, est à même de scandaliser tout observateur neutre, lorsqu'il assiste à l'incroyable rencontre entre le PDG multimilliardaire d'un trust maintes fois condamné, et entre des personnalités haut-placées de l'échiquier politique. Quelle preuve pourrait-elle être plus flagrante du lobbying des marchands de remèdes et de leurs arrangements avec des gouvernants qu'une photo mettant en scène une accolade chaleureuse entre un industriel et un chef d'Etat, ou que la déclaration de l'homme qui fut Premier ministre au moment des faits (démission de la commission Helsinki et commande d'un produit expérimental) selon laquelle il se réjouit de recevoir son «ami»?

La fenêtre ou les sphères doivent être terriblement restrictives pour qu'un produit qui, au premier abord, devait être expérimental jusqu'en 2023, mais qui montre son inefficacité dès Juin 21, et sa nocivité dès janvier-février 21 (quand 600 000 convaincus ayant eu une première injection ne se présentent pas pour la seconde, alors qu'il était clair que le traitement préventif devait se faire en deux temps), continue à être promus comme un remède qui aurait sauvé un nombre très important de personnes (bien que ce nombre si exalté soit périodiquement revu à la baisse).

Yéochoua Sultan ©

 

[1] Inserm, document en 11 pages, consultable sur le lien : https://www.inserm.fr/wp-content/uploads/2017-11/inserm-codenuremberg-tradamiel.pdf .

[2] Constat sans équivoque de l'épidémiologiste Toubiana, France. 

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12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 19:08

Sujet tabou : la mise en difficulté du droit du peuple juif à disposer de lui-même

En 96, l'autorité israélienne ajoute au vote législatif le choix du Premier ministre. L'Etat juif souverain, indépendant, qui demande un roi, désigne pour le gouverner Netanyahou. Le peuple juif donc, à raison de 55%, a rendu son verdict. Or, le résultat des élections n'aura été que de 50.5% contre 49.5% (pour Pérès). Dans le clivage gauche/droite[1], la quasi-unanimité du vote arabe a soutenu Pérès. La question évidente qui survient automatiquement consiste à se demander pourquoi le peuple juif partage avec des intervenants extrinsèques son droit pourtant incontestable et absolu de désigner ses propres dirigeants. Comment une majorité si écrasante, doit-elle être au minimum sérieusement minorée, et au pire courir le risque d'être ineffective ?

Cet enjeu pourtant si pondérable fait pourtant partie de ce qui se trouve selon la fenêtre d'Overton au niveau de l'impensable, l'indiscutable, ou de la sphère de la déviance chez Hallin.

Vous êtes désireux d'en parler quand même, de placer cette problématique au centre du débat, sous la fenêtre ? Essayez, vous allez voir ! En 88, le rabbin Meir Cahana qui, non seulement se permettait, sacrilège, de remettre en question ce manque d'indépendance électorale du peuple juif, mais qui exigeait en outre le déplacement des populations hostiles vers la vingtaine de pays adéquats, s'y est essayé et en a fait les frais. Déjà député, il était candidat à sa réélection, et ses préoccupations, face au racisme, à l'antisémitisme et à l'insécurité qui menacent les Juifs dans leur propre pays, commençaient à sensibiliser une opinion qui commençait à se dire que ce que l'on prenait pour la fatalité pourrait être discuté, voire solutionné à la longue. Ni une, ni deux, il a été disqualifié et interdit de se présenter.

Pareillement, il est strictement interdit de faire tout rapprochement entre la présence arabe en Israël et les attentats. Un slogan simple, en 2001, devenait célèbre, diffusé via des autocollants. Il énonçait une logique simple : «Pas d'Arabes, pas d'attentats». On aurait pu s'attendre à un débat public, où les opposants à cet énoncé auraient soutenu : «Tous les Arabes ne sont pas des terroristes» ; tandis que les partisans en auraient relevé la subtilité : «Précisément, ce dicton ne les accuse pas tous. Tous les Arabes ne sont pas des terroristes, mais tous les terroristes sont arabes.» Peine perdue. Le 10 janvier 2002, un arrêt de la police l'interdit, suite à la plainte de la députée Zahava Galon, adressée au ministère de la Sécurité intérieure[2].

Ayant été au même moment en période de service militaire comme réserviste, je demande à mon supérieur hiérarchique ce qu'il en pense. Il me répond : «Il y a quand même énormément d'Arabes qui se tiennent correctement, et c'est assez vexant pour eux.» J'insiste : «Cette phrase ne l'exclut pas. C'est pourtant une vérité simple, non?» «Peut-être, mais ça peut froisser des gens.» Quoi qu'il en fût, le débat, que l'on soit pour ou contre, venait d'être interdit. Ce n'est pas au simple soldat de décider sur quoi s'ouvrira la fenêtre d'Overton. 

Les détenteurs des règles et des rênes vont plus loin : si vous êtes Juif et Israélien, vous devez avoir honte de votre victoire sur un monde arabe qui a voulu vous détruire, parachever la solution finale bloquée en 1945. Un terme du vocabulaire de l'ennemi vous sera imposé : la nakba, la catastrophe. Les maîtres à penser occulteront les éléments essentiels du contexte. Les Arabes n'attendaient pas Rommel, ils ne s'apprêtaient pas à frapper plus efficacement les Juifs vers lesquels ils les dirigeraient dès leur arrivée aux portes du pays. Ils n'avaient pas l'intention d'égorger les Juifs ou de les jeter à la mer, ou les deux, en se conformant notamment fidèlement aux termes de l'alliance contractée entre Hitler et Husseini, leur mufti… Oubliez tout ça… Et pourtant, leur catastrophe, pour finir, c'est la défaite des blindés allemands à El Alamein, qui fera qu'il n'y aura pas de curée, qu'il n'y aura pas de bain de sang, et que de fil en aiguille les Juifs réussiront à proclamer leur indépendance, et à vivre pleinement et fièrement leur identité.

Il serait insensé d'effectuer un sondage d'opinions sur la gravitation universelle, le géotropisme ou la pesanteur. On ne saurait accuser la terre de cruauté en cas de chute volontaire ou accidentelle d'un parachutiste qui aurait par exemple oublié son équipement à bord et ne se serait rendu compte de sa bévue qu'une fois propulsé par son saut dans les airs. On n'en voudrait pas plus à l'irréversibilité du temps l'empêchant de revenir ne serait-ce qu'une ou deux minutes en arrière, bien que cette impossibilité nourrisse une partie non négligeable de la science fiction, avec ses innombrables machines à remonter le temps et autres super-héros voltigeurs.

S'interroger sur la pertinence du vote arabe en Israël est tellement hors-sujet que cette démarche ferait d'un tel contestataire un individu déconnecté des réalités terrestres. Cette question a été suffisamment travaillée pour entrer dans la case de l'impensable, dans la sphère de la déviance, à tel point que la poser serait amusant et ne provoquerait tout au plus que de l'agacement ou de la colère.

Ces dernières années, la gouvernance est devenue ingérable. Les élections se suivent et se ressemblent. Il est quasi impossible de permettre à une majorité claire de se dégager. D'où les chantages, les motions de censure, et les gouvernements qui ne parviennent plus à mener leur mandat à terme, le dernier n'ayant tenu qu'une année.

Ainsi, entre le 9 avril 2019 et le 23 mars 2021, ce ne sont pas moins de quatre scrutins qui ont appelé les électeurs à se déplacer, à tel point que certains commencent à devenir allergiques à la démocratie. Voter tous les six mois commence à harceler l'opinion. Pourtant, si on considère les aspirations politiques du peuple juif souverain, il n'est pas difficile de comprendre où penche la majorité. Considérons à titre d'illustration un phénomène suffisamment prépondérant pour être relevé : les sièges qui, à la Knesset, représentent les électeurs du peuple d'Israël, ne sont plus au maximum que 110. Les élections pour la 21ème Knesset, le 9 avril 2019, concèdent six sièges aux partis Hadash-Ta'al, entre les mains d'Ayman Oudeh, et quatre entre celles de Mansour Abbas, de la liste Ra'am-Balad. La majorité des électeurs juifs qui n'en conservent pour leur gouverne que 110 est de 56 sièges. Mais elle ne peut être effective que si elle rassemble encore 5 sièges. Or, Netanyahou, qui est chargé de mettre en place le nouveau gouvernement, échoue. La majorité juive ne dirige plus le pays.

Le 17 septembre 2019 se déroulent les élections de la 22ème Knesset. Eman Oudeh dirige alors une liste arabe commune. Il rafle 13 sièges. La représentation des Juifs descend à 107 mandats. La majorité juive est de 54 députés, mais elle ne peut prendre le pouvoir. Le gouvernement reste un gouvernement de transition, puisque personne ne parvient plus à réunir le minimum requis de 61 parlementaires prêts à en soutenir un nouveau. Le 2 mars 2020, il faut donc revoter. Cette fois, un nouveau gouvernement prend forme, le 16 mars 20. Mais ce n'est que partie remise, car l'échec de la validation du budget de l'Etat en provoque automatiquement la dissolution le 23 déc. 2020. Techniquement, le gouvernement ne peut quitter la place jusqu'à la relève qui doit être assurée suite aux prochaines élections, celles de la 24ème Knesset. Le résultat conduit à la configuration suivante, après que, notamment, un membre du Likoud, découragé de ne pas être élu chef à la place de Netanyahou, proclame une nouvelle liste. Guidon Saar obtient 4 sièges avec son «Nouvel Espoir».

En suivant les schémas de pensée politique admis par le consensus, le bloc de droite réunit 56 sièges, les religieux, qui sont leur alliés naturels (les valeurs de la droite étant globalement sinon identiques du moins proches de la tradition juive), 16. A première vue, c'est une belle victoire du public qui défend les valeurs nationales, morales et religieuses du peuple d'Israël, puisque, dans le camp adverse, les partis de gauche (25 sièges pour les modérés et 13 pour les extrémistes), ne font qu'un score insuffisant, même s'ils parviennent à rallier à leur cause – ou à se rallier à la cause, selon – du bloc arabe.

C'est là que se produit un scénario inouï. Après l'échec de Netanyahou, Rivlin, alors président de l'Etat, passe la main au chef de la liste Yech Atid, qui est arrivée deuxième, avec 17 sièges (contre 30 pour le Likoud). Yaïr Lapid, fin stratège en psychologie instinctive et manœuvres politiques acrobatiques, s'unit avec Naftali Beneth, qui a obtenu 7 mandats, pour mettre au point un système de leadership à deux têtes rotatives. Beneth ne se sent pas de joie, obnubilé par son ambition de devenir Premier ministre, perd le sens de l'orientation, et son parti, Yémina, que les circonstances, promesses et autres motivations électorales, nous autorisent à traduire par «A droite, toute!» opère sans le comprendre ou en refusant de comprendre, un virement à 180° vers la plus extrême des gauches quand, violant tous les consensus tacites, se vend et vend la pays aux Frères musulmans, et se montre prêt à s'abaisser devant tous les chantages (légalisation de constructions illégales, y compris sur des propriétés juives, raccords au réseau national électrique desdites constructions, 53 milliards rackettés à la caisse publique etc.).

Ce changement de direction va le ramener à la case départ, en y ajoutant son total discrédit, mais de sorte qu'il ressemble à ce marin qui, ayant au beau milieu de l'océan opéré à son insu un demi-tour, a cru en revenant sur son port de départ découvrir un nouveau monde identique au sien. Certes, d'autres partis a priori de droite n'ont pas voulu laisser passer l'aubaine trop belle, tel ce Liebermann qui, des décennies durant, était en apparence l'homme dur de la droite.

La démarche du retournement de veste est une pratique assez courante. On dit que, en France, Mitterrand ne resta de gauche que deux ans. C'est assez courant quand vous aspirez à devenir ou rester dirigeant mais que vous retrouvez minoritaire. Qu'à cela ne tienne, vous pourrez vous arranger avec les élus oppositionnels et adapter vos choix politiques.

A présent, fondamentalement, on est en droit de s'interroger. Que faut-y blâmer ? Un politicien émotif et benêt qui agit comme un affamé à qui on n'aurait laissé sur sa table qu'un succulent repas non casher ; ou un système qui aboutit sur une impasse, quand des ingérences étrangères s'insinuent dans le système électoral de l'Etat juif tel un marchand qui agirait sur le plateau de sa balance de Roberval où sont placés les fruits qu'il doit vendre, car il juge qu'il y en a déjà bien assez comme ça ?

Tout dépend du principe sur lequel la fenêtre d'Overton s'arrêtera.

 

[1] Voir l'article : Netanyahou, c'est la gauche.

[2] https://news.walla.co.il/item/167536

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12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 19:06

Les faiseurs de guerres : Kosovo, Russie, Lybie… 

La guerre occupe à première vue, à l'aune de la fenêtre d'Overton, la place de l'impensable. La vie a quelque chose de sacré, et le souci humanitaire est aux antipodes de la belligérance. L'union doit prévaloir entre les hommes, et on admet vite, en considérant qu'hier était une autre ère, que les deux générations impliquées dans les deux guerres mondiales, pour ne citer que les traumatismes les plus intenses et les plus récents qui aient touché de façon si meurtrière notre planète, étaient tout simplement sauvages, quasi préhistoriques, tandis que l'homme par excellence, dans lequel chacun se retrouve volontiers, n'est pas seulement foncièrement pacifique. Il ne conçoit pas comment les autres, ses prédécesseurs archaïques, ont pu se laisser entraîner dans des conflits si ravageurs.

Pourtant, en ces temps que l'on a trop tendance à considérer comme sauvages et reculés, la propagande pour la guerre était nécessaire. Elle avait déjà recours à des artifices. Il n'est pas certain que l'homme de 1914 fût un colosse en quête d'action violente, ravi à la vue d'effusion de sang. Des formules devaient donc être trouvées pour la bonne cause. En ce temps-là, pour motiver les foules, on parla en France d'union sacrée, ou comment désigner la chose par son contraire. L'inversion des éléments et des sens ne voit plus dans la vie le sacré, mais dans la destruction.

Dans une Europe lasse et pacifiée, pour justifier la guerre, on affectionne ce clair-obscur syntaxique où le qualificatif s'oppose au nom qu'il seconde. On peut bombarder des gens, à condition de les faire passer préalablement pour des criminels, de préférence de guerre. Il ne manque plus que l'intervention de l'oxymore adéquat : la «guerre humanitaire» est là. Elle s'inscrit dans la famille de la douce amertume, du bien connu silence assourdissant, de l'amour cruel, la tape amicale, passons-en et des meilleures. Le concept nouveau, cinquante ans après le deuxième conflit mondial, et au risque pas si négligeable de provoquer un nouveau désordre, est mis au point pour l'Otan. Douloureux calembour, cinglant humour. Pour un peu, on aurait eu envie de s'engager pour casser du Serbe. La fenêtre a été durement éprouvée et aurait bien pu se briser. En un temps record, la guerre passe de la case impensable à la case au minimum raisonnable. Et gare à quiconque eût contesté les bombardements otanesques. On lui aurait rappelé que les Serbes en voulaient aux Albanais du Kosovo et qu'il fallait bien leur infliger une bonne leçon. Néanmoins, évitons de mettre tout le monde dans le même sac. Le Conseil de Sécurité n'a pas approuvé la manœuvre.

Dans le même ordre d'idées, le nationalisme est de manière consensuelle identifié à l'intolérance et à la xénophobie. Ce jugement de valeur paralysant a permis à l'Europe de se laisser submerger par une immigration hostile, conquérante, avec le sourire. Mais quand la Russie franchit la frontière ukrainienne, il faut très vite inverser la vapeur, car il ne faudrait surtout pas que l'Ukraine se laisse envahir elle aussi avec le sourire, au cas où le travail en Europe occidentale aurait fait des petits plus à l'Est. Le bon citoyen bien élevé ne comprend pas. Il interroge ses tuteurs politiques. «Mais, le nationalisme, c'est mal ?!» On lui répond : «Bravo, le bon élève. Mais attention, il y a un bon nationalisme et un mauvais nationalisme. Le mauvais nationalisme, c'est le nationalisme mettons français, (car il doit rester de bon ton que les agresseurs qui investissent rues et quartiers continuent à passer pour des victimes sans être dérangés). Le bon nationalisme, c'est le nationalisme ukrainien (parce qu'il ne faudrait pas que la Russie s'étende trop)». «Ah, merci, maître. Je n'y aurais jamais pensé tout seul».

Ni les contradictions, ni les paradoxes ne retiennent les faiseurs de guerres. D'ailleurs, il serait erroné de considérer qu'ils se contredisent. Non, ce qu'ils font, c'est juste une reconfiguration de la fenêtre d'Overton en fonction des politiques à promouvoir. L'agression et la déstabilisation du régime de Kadhafi interviennent dans le contexte de mea culpa qui conditionne depuis longtemps le quidam occidental. Si un ressortissant d'un pays anciennement colonisé, fût-il de troisième ou quatrième génération, vous détrousse et vous assomme, ne lui tenez pas rigueur. C'est parce que vous exploitâtes injustement son pays. «Mais la fin de la dernière colonisation remonte à soixante ans en arrière, pourrait-il objecter. Je n'étais pas né». «Eh bien, si ce n'est toi, c'est donc ton frère». Le quidam s'éduque, et, dans les meilleurs cas, il accepte avec soulagement sa voiture incendiée, son passage à tabac à dix contre un, son ITT et sa convalescence, qui l'aident à faire pénitence. Après tout, certains ancêtres du quidam n'ont-ils pas trouvé juste qu'un peuple en exil souffre éternellement parce que l'on reproche à ses ancêtres d'avoir supposément condamné l'un des leurs ?

Certains intérêts pourraient donc choquer le bon citoyen d'Europe. Comment, alors que la colonisation, bien qu'imposée aux autochtones, a pu connaître de longs épisodes de paix et de prospérité dont profitaient aussi ces derniers, pourrait-on attaquer violemment, avec force bombardements, un Etat souverain fraîchement décolonisé ? On pourrait en outre s'indigner que, contrairement à la colonisation, comparable peut-être à un carnivore qui tue pour se nourrir, les guerres d'Irak ou de Lybie, américaines ou françaises, ne frappent que pour laisser derrière elles le chaos, comme un animal qui mettrait à mort une autre bête sans la moindre intention de s'en nourrir. C'est pourquoi il est primordial que des gens qui pensent à votre place mettent au point une conceptualisation justificatrice de l'agression. On ne va pas attaquer un pays africain ou moyen-oriental souverain. On va, entre oxymores et euphémismes, vous parler d'une guerre salvatrice, qui veut «sauver le peuple libyen». Quiconque a cru voir qu'on le bombardait s'est fait une mauvaise idée de la situation. C'est une illusion d'optique. On ne le bombarde pas, ce peuple, on le sauve. Ce n'est pas un forcené qui s'acharne sur la porte de la maison de sa victime que vous voyez ; c'est un pompier bénévole qui vient sauver l'habitant de l'incendie qui en condamne les issues.

BHL, le penseur engagé, philosophe, donc amoureux de la sagesse, vétéran de la paix, n'a négocié avant de bombarder que «pour aider la Libye à sortir de la tyrannie de Mouammar Kadhafi»[1]. D'ailleurs, quand on parle d'un conflit violent, dans notre époque postérieure à la seconde Guerre mondiale, l'Otan n'est jamais très loin.

En ex Yougoslavie comme en Libye, le dénominateur commun est qu'il y a certes un conflit local, entre Serbes et ressortissants albanais, ou entre Kadhafi et les insurgés, mais que des observateurs étrangers décident qui en sera le gagnant, et lui prêtent main forte.

En revanche, les intentions pacificatrices ne sont pas toujours fondamentalement désintéressées. Le média Blast, une dizaine d'année après le début du chaos libyen, accuse BHL d'avoir touché 9 millions d'euros du Qatar pour sa propagande belliqueuse. L'intéressé crie à la diffamation. Prendrait-on le militant pour un débutant qui se laisserait faire sans réagir ? Manque de chance, il est débouté. Qu'à cela ne tienne, il fait appel. Mais rebelote, la décision est confirmée en appel, le 29 juin 22.

En tout état de cause, agir sur la fenêtre d'Overton n'est pas impossible, surtout si on y met les moyens financiers. Les poses intellectualistes et le bourrage de crâne médiatique feront le reste. L'impensable, l'agression d'un Etat souverain, qui plus est africain, devient politique publique, nécessaire et incontournable. 

Avec la Libye, c'est l'un des derniers remparts protecteur de l'Europe d'une invasion en règle qui tombe. Demandez aux habitants de Lampedusa. Ils les ont vus passer.

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12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 19:01

Comment expliquer que des principes indiscutables, des piliers de la morale, se retrouvent périodiquement relativisés par les formateurs de la pensée, voire rejetés ? Comment une abomination se transforme-t-elle en fierté ?

Dans la société humaine, tout est variable ; tout est susceptible d'être relativisé. Une même conception, un même comportement, peuvent être tantôt sévèrement condamnés, tantôt jugés tolérables, puis progressivement souhaitables et enfin normaux. En conséquence de ce schéma, les gardiens de la morale, s'ils ne changent pas au gré des vents fluctuants des idées et de la mode, perdront toute respectabilité avant de se retrouver au ban de la société. Les principes ne sont pas intouchables. Ils sont mous, malléables. On observera alors un point de bascule, caractérisé par ce double mouvement contradictoire : l'inacceptable deviendra le bien, donc le gardien devra se faire permissif.

Cette question sociologique a été examinée par des penseurs, même s'ils ne portent pas explicitement le titre de philosophes. La fenêtre d'Overton, qui porte le nom de son concepteur, ou fenêtre du discours, observe les idées reçues, appelées aussi génériquement la sagesse conventionnelle, et les ordonne selon une échelle de valeurs, allant de l'inadmissible à l'incontournable. Les qualificatifs graduels sont : impensable, radical, acceptable, raisonnable (sensible en anglais), populaire, politique publique. La fenêtre, autrement dit la perception du public, va se déplacer, tel un curseur, sur cette échelle. Telles les œillères du cheval de trait, elle orientera les regards et par voie de conséquence les esprits. Le moteur de cette orientation fournira sa force d'inertie au curseur, et focalisera l'entendement au gré des intentions dirigeantes.

Ainsi, l'inadmissible deviendra incontournable, non sans passer par la case nécessaire. Tout pouvoir en place fera usage d'un moyen de préparation de l'opinion : ce moyen n'aura pas de nom particulier, puisque média signifie moyen. D'ailleurs, la télévision étatique a été mise en place pour servir d'outil à la caste dirigeante. Dans le cas contraire, c'est-à-dire si le détenteur du média est motivé par des idées opposées à celles du système en place, l'interaction peut voir le rapport de force s'inverser, et ce sera le dirigeant, soucieux de l'image que forge de lui le média, qui s'alignera pour apparaître au centre de la fenêtre positionnée par ses maîtres à penser donc à agir ou à rester tranquille.

D'autres penseurs ont parlé de cercles concentriques, ce sont les sphères de Hallin, où l'on progresse, du centre à la périphérie, du consensus à la déviance, en passant par la controverse ; ou la conception du pied-dans-la-porte, technique de manipulation et d'avilissement qui procède par paliers, qui exige du sujet d'accepter une contrainte légère pour passer progressivement à des demandes de plus en plus lourdes qui le conditionnent et lui font passer pour acceptable ce qui était au départ impensable, l'esclave se sentant alors fier d'être un bon citoyen bien discipliné.

Nous avions évoqué lors d'un précédent développement le défaut de parallaxe. Nous avons une réalité donnée, mais nous l'observons par le biais d'une lentille, qui nous rapporte une vision décalée, exactement comme dans les appareils photographiques non réflex : la fenêtre du viseur ne vous rapporte pas réellement ce qui est placé devant l'axe de la prise de vue, celui qui fixera l'image, puisque les jeux de lentilles sont au nombre de deux, et qu'ils sont éloignés l'un de l'autre.

Selon cette parabole, vous n'êtes autorisé par les médias qu'à regarder dans le viseur. En l'occurrence, nous avions établi un classement de personnalités politiques, de la gauche – mettons extrême – à la droite – mettons aussi extrême. Puis nous avons placé une fenêtre, un viseur au champ limité, qui, toujours à la manière des œillères du cheval, n'autorise la considération que d'une partie de la réalité. Par effet d'illusion optique, un personnage du centre-gauche se retrouvait alors à la droite de l'image perçue, et un autre politicien de l'extrême-gauche quant à lui passait à la gauche, voire au centre-gauche, toute personnalité située en dehors du champ (couvert par le viseur) étant relégué au rang de l'inexistant. Ainsi, Netanyahou incarnait la droite, et Mme Livni (qui s'en souvient?), dont la politique interdit aujourd'hui encore aux Juifs d'être acceptés à l'université ou dans la fonction publique au-delà d'un certain quota (puisqu'un 1/5 des places revient d'office à des Arabes, quelles que soient leurs compétences), était perçue comme une gauche modérée.

En France, par exemple, outre le média, un autre procédé limite le champ : les 500 signatures. Quiconque ne les obtient pas ne sera pas candidat. Il sera hors champ. C'est encore plus radical. Il ne sera pas inexistant parce que personne ne le regarde, mais parce qu'il devient littéralement invisible : c'est le cas de tout objecteur de conscience qui remettrait en question les principes de Maastricht, de l'€, de la dépendance de son pays assujetti à l'Union européenne sujette à son tour à l'Otan et aux Usa.

 D'ailleurs, le double-sens du mot objectif est parfaitement approprié ici : l'objectif, la lunette de la prise de vue sélectionne ce que vous avez le droit de regarder, de considérer, d'utiliser comme matériau de réflexion, de débat, de tout ce qui vous permettra de vous forger votre propre opinion. L'autre sens est la tendance vers laquelle ceux qui pensent pour vous cherchent à vous orienter. L'objectif sert un objectif, rien n'est anodin. Tout ce qui est hors champ est hors débat. L'art du pouvoir est donc de rendre l'indiscutable discutable, et le discutable valeur absolue, en bien comme en mal. Il chamboulera les principes et vous bousculera (en douce ou non), pour atteindre le point de bascule. L'esclave se sentira homme libre, et vice versa.

Nous allons observer quelques exemples notoires du fonctionnement de cette fenêtre, de ces sphères, ou de cette objectivisation, de cette exploitation du phénomène de parallaxe, et de leur action sur l'entendement et le comportement collectifs, sans oublier bien sûr le travail de soumission et d'alignement de penseurs qui retournent leur veste, sans quoi ils risqueraient d'agir comme le grain de sable dans l'engrenage, et remettraient en cause la pensée mâchée que le peuple n'a plus qu'à déglutir.

Principe religieux inébranlable… et pourtant

La Torah est catégorique : Elle met d'abord en garde : «Et avec le mâle tu ne copuleras pas comme avec une femme, c'est une abomination» (Lévitique XVIII, 22), puis énonce le châtiment encouru : «Et l'homme qui copulera avec un mâle ; ils ont commis une abomination, tous deux seront mis à mort…» (Lévitique XX, 13). Selon l'échelle d'appréciation de la Torah, cet acte se situe dans la catégorie de l'impensable. C'est un consensus. Il est hors débat. Le curseur sera néanmoins mis en mouvement, l'objectif placera au centre de l'image ce qui était hors-champ.

Le bélier entame son travail. Il scinde progressivement le bois massif du portail. Le supplice chinois se met alors en place. C'est cette goutte lancinante qui tombe sur la tête sans que l'on s'en aperçoive au départ, mais que la répétition rend intenable ; c'est ce butoir qui n'a au départ aucun effet sur la solide porte de la forteresse…

L'impensable, en mettant en avant le principe du libre-choix, intervertit les principes du naturel et du contre-nature, du déviant. Ils sont supplantés par une autre dialectique, celle des goûts qui ne se discutent pas, car, si certains préfèrent la femme, d'aucuns penchent pour l'homme. Cette binarité opportuniste travestie en a priori sera validée quand des formulaires faussement anodins remplaceront «nom du père / de la mère» par «parent 1/parent 2».

Religieusement parlant, l'Eternel a ordonné au genre humain de se perpétuer, de se reproduire, de se multiplier et de conquérir la terre. Il accorde donc une multiple récompense : celle du bonheur de l'union, de la plénitude dans le couple qui travaille son jardin, et plus trivialement des sensations d'ivresse physique. Les parents fourniront la matière du corps, et D. l'âme de la vie.

Considérons la parabole suivante. Vous connaissez les bons points, ces petits carrés colorés de papier qui portaient la mention : «bon point». Il est clair pour tout le monde que seul l'élève méritant en récoltera le plus grand nombre à la hauteur de son assiduité et de ses résultats. Il serait inconcevable, impensable sur l'échelle d'Overton, d'obtenir cette gratification tout en restant délibérément cancre.

Pareillement, se satisfaire sexuellement en s'abstenant de l'action procréatrice est réprouvé, ce qui n'implique pas nécessairement toute interdiction de limitation des naissances, tout n'étant pas résolument manichéen, mais c'est une autre discussion.

Globalement, on ne saurait aspirer au salaire, ou récompense, sans avoir apporté sa propre contrepartie.

Prenons une autre parabole, qu'inspire une anecdote remontant à un souvenir d'adolescence. Un producteur de yaourts offrait, via une publicité dans un illustré, en échange de cent autocollants découpés dans les emballages de ses produits, un modèle réduit de camion de la marque. Avec un ami, en exploration dans une zone industrielle, nous tombâmes sur la benne à ordures d'une imprimerie spécialisée dans la production d'autocollants. Or, quelle découverte ne fîmes-nous pas en y farfouillant un peu : un rouleau entier d'autocollants des fameux yaourts Ch. Nous rapportâmes le précieux trophée, y comptâmes deux fois cent bons points, les pliâmes délicatement pour les introduire dans deux enveloppes distinctes en papier kraft, avec deux demandes manuscrites du prix promis par la réclame, à nos deux adresses. Nous nous attendions naïvement à recevoir chacun notre colis. Mais que pensez-vous qu'il arriva ? Eh bien rien, précisément. Quarante ans après, toujours rien. Bien sûr, comprîmes-nous beaucoup plus tard, nous n'avions pas rempli notre part du contrat. D'abord, vous vous empiffrez en ingurgitant chacun quatre cents yaourts (sauf erreur c'étaient des cartons de quatre), et alors, seulement, vous pourrez aspirer à vous amuser avec votre jouet.

Il ne s'agit pas de comparer à l'Eternel un maître d'école ou un vendeur de yaourts. Mais les microcosmes de la société humaine ont non seulement le droit mais aussi le devoir de s'inspirer du schéma d'un sujet considérant une autorité qui établit des systèmes et des règles.

Bien entendu, les mouvements qui cherchent à faire passer le non respect du contrat, de l'assurance de la pérennité de la vie sur terre pour une simple question de goûts qui ne se discutent pas, est une acrobatie qui permet au contraire de discuter l'indiscutable, l'impensable, donc. Le religieux qui refuse de se laisser prendre recadrera à minima sa vision générale de la chose. Il se contentera d'exprimer, si on le lui demande, son choix personnel qui l'oblige à opter pour le tandem de la disparité, ladite parité lui étant interdite, les autres pouvant pour leur part opter pour ce qu'ils veulent, ou pour ce que l'on attend d'eux. Cette approche existe déjà : un Juif non pratiquant dira au pratiquant que telle nourriture non-cachère est interdite à ce dernier, puisqu'il a fait le choix de la religion, comme si le premier était d'office dispensé des prescriptions religieuses.

De fil en aiguille, ou sur des marches parallèles, si elles ne sont pas imbriquées, la tactique du pied-dans-la-porte rendra acceptable pour la paire d'hommes en ménage l'adoption, le droit à élever une famille, d'accéder à toutes ces désignations nobles en en balayant sous le tapis d'autres, moins nobles, tel le trafic d'êtres humains. La mère porteuse ne sera plus que mère biologique, si le gamète est le sien. Elle fait ce qu'elle veut de son corps, et le fruit de ses entrailles devient commercialisable. Si, à une étape donnée, l'un des pères de la paire devra prouver que la semence provient de lui, cette exigence deviendra superflue à l'étape suivante, où il suffira de trouver une femme pauvre, une pauvre fille, encombrée d'un nourrisson qu'elle ne peut nourrir, et de lui acheter son rejeton. La paire d'homos aura l'affaire belle : sortir la femme de sa rude condition (c'est un monde, 8 000 ou 10 000 € dans son cas), et offrir au fils adoptif une éducation occidentale qu'envient les 3/4 de la planète. Quant au droit de l'embryon sur son corps, sur sa personne, sur son devenir, voire sur son droit à l'existence dans cette autre question qu'est l'avortement, il n'entre pas en considération. C'est normal, il ne dit rien, et qui ne dit mot consent. Quant à ceux qui persistent à s'y opposer, ils entreront bientôt à leur tour dans la catégorie de l'impensable. Ils ne perdent rien pour attendre.

Les campagnes publicitaires dont le prix n'est pas divulgué, la mise en avant du bonheur enviable qui règne au sein de la paire d'hommes (cf. la distinction entre les notions de paire et de couple), les parades répétitives présentées sous l'angle de festivals de la tolérance, de l'acceptation (paradoxale, puisque le genre masculin ne tolère pas le partage avec le féminin), auront à la longue usé les opposants. Mieux, qu'un défenseur de l'ex-impensable se rebiffe violemment, en butant par son extrémisme qui met en péril la société un membre du défilé, et il en sera fait de lui et de ce qu'il défend. Les homos seront durablement les gentils et les opposants les méchants. Le tué sera un martyre et servira la cause. Bien entendu, l'opposition doit être modérée, car si elle est généralisée, la tenue de défilés sera simplement hors-sujet, et les opposants seront respectés. Par exemple, y a-t-il de tels défilés à la Marsa ou à Ramallah? Non. Et est-ce que quelqu'un s'adonne à un travail de sape pour faire passer leurs habitants pour de dangereux extrémistes? Non plus.

Ce travail de décalage des valeurs n'est pas dépourvu d'une certaine influence sur des intellectuels, des religieux, qui mettront de l'eau dans leur vin, éprouveront sans s'y adonner personnellement de la compassion pour les homos, et de l'aversion pour leurs semblables. Dans un minable périodique (c'est ainsi qu'il se définissait lui-même, à quelques synonymes près), un auteur au prestige de gardien de la morale, de rabbin, n'ayons pas peur des mots, s'enfonçait dans ce piège. Après une quarantaine de ligne où il rappelait tout de même notamment que l'homme a été créé homme et femme dans un dessein bien précis, il parvenait au point de bascule, s'attaquant en ligne au grand rabbin de Jérusalem, en pleine polémique lancée agressivement par un mouvement qui ne saurait être respectueux de valeurs dont ils n'ont que faire et qui bannit la discrétion de son vocabulaire. En cet été 2018, donc, il prenait de très haut le Rav Arié Stern, et arguait, afin de les désolidariser de lui, que les 250 cosignataires de sa lettre ne l'auraient pas bien lue, quand il fut question précisément de maintenir l'abomination précitée face à la fenêtre de l'impensable d'Overton, ou dans la sphère de la déviance, de Hallin.

Dans cette précédente démarche, le constat de la soumission morale et intellectuelle à une force supérieure est indéniable. Le penseur, en voulant se montrer ouvert, aimant, conciliant, mielleux, dégoulinant de fraternité universaliste, et en tançant amèrement dans son pamphlet les résistants, qui refusent que l'impensable fasse banalement partie de la vie de la cité, montre qu'il ne peut ou ne veut résister au courant qui déplace le curseur et reconfigure l'échelle des valeurs.

Le même, à une autre occasion, lors d'un bras de fer où une série télévisée[1] d'une chaîne de fort audimat tourne en dérision les princes de l'humanité, les personnalités bibliques de l'envergure d'Abraham ou Moshé, rendant une fois de plus l'impensable discutable, se met à reprocher au camps idéologique auquel il se rattache son manque d'humour, d'ouverture et de tolérance.

Quoi qu'il en soit, tout manipulateur a besoin de fortifier ses positions afin de s'assurer la crédibilité. Il doit bénéficier a priori d'un certain degré de confiance de la part du public. Il lui faut un label. Certaines publicités, dans les illustrés destinés à la jeunesse, mentionnaient : «Vu à la télé». Candidement, j'avais pensé que cette remarque voulait simplement dire, si on voulait en savoir plus sur le produit de consommation, qu'il serait utile de consulter ce support qui ajoute en prime son et mouvement. En fait, cette précision ajoutait prestige et sérieux aux industriels qui s'adressaient à vous.

Nous avons sans doute déjà rapporté cette anecdote. Un ami, lors de la campagne électorale qui opposa en 96 Pérès et Netanyahou, fit du porte à porte. Il s'agissait de soutenir ce dernier candidat. Une dame dans la force de l'âge soutint que Pérès sonnerait l'avènement de la paix globale, universelle, que l'autre était belliqueux. «Qu'est-ce qui vous faire croire ça?» avait-il demandé. «Comment pourrait-il en être autrement? Ils l'ont dit à la télé». La puissance et/ou l'autorité jouent un rôle décisif dans l'influence. Si, à la télé, on vous fait la promotion d'un produit pharmaceutique, le laïus étant débité par un professionnel de la santé ou un acteur qui en revêt la parure, ils feront mouche à tous les coups, puisqu'ils ont fait coup double.

Souvenir d'école : quelques camarades avaient du mal à résoudre un problème de maths. Je me proposai de leur donner un coup de main, un jour, en salle de permanence. L'un d'eux eut un sourire dépité : «Ecoute, t'es sympa, mais si on ne comprend pas ce que dit la prof, alors c'est sûr qu'à plus forte raison, on ne va pas te comprendre, puisque tu n'es pas prof». Je me retins de le traiter de pauvre crétin, et répondis avec beaucoup de retenue : «D'accord, d'un côté, la prof a un très haut niveau, je veux bien. Elle peut résoudre des problèmes de terminale ou de math sup ou spé, et c'est justement pour ça qu'elle peut ne pas comprendre ce qui pose problème à notre niveau. Par contre, ce que j'ai compris avec mon faible bagage, je peux arriver à te le faire comprendre.»

Exercer une influence peut nécessiter un ascendant. Un gouvernement, un médecin, une riche société industrielle, tout ce qui incarne l'autorité ou suscite l'admiration, s'imposeront dans les esprits sans nul besoin d'argumenter, ou alors ils induiront des raisonnements abondant dans leur sens.

Je cite souvent le fait suivant : deux projets de constructions progressaient en parallèle, le premier était entre les mains de promoteurs. Il s'agissait d'une résidence clé en main dont le chantier proposait une cinquantaine de logements. L'autre concernait un terrain divisé en parcelles où chaque futur habitant gérait individuellement son projet, du plan à la fameuse clé, en passant par toutes les démarches administratives. Il pouvait engager un maître d'œuvre ou directement des ouvriers, voire construire de ses propres mains. L'un des clients du premier chantier me dit un jour à peu près en ces termes : «Serais-tu entrepreneur ou constructeur, pour te lancer dans cette aventure ? Tu es bien imprudent. Il faut vraiment être spécialiste et avoir l'œil exercé si on veut être certain que la structure soit assez solide et que le toit ne s'écroule pas.» Bref, nous emménageons. Quelques années plus tard, par un hiver de forte neige, sept toits du projet clé en main s'effondrent. Certes, la société prend ses responsabilités et les reconstruits en plus solides. Doit-on se demander la raison pour laquelle une résidence qui est le fruit du travail d'architectes, d'ingénieurs et de tant de professionnels, ne vaut pas plus qu'un travail dont l'auteur ne peut se prévaloir de toute cette autorité et de toute cette science ? À moins que le problème ne se trouve ailleurs, au point où l'objectif se focalise, où la fenêtre d'Overton s'ouvre en indiquant au minimum le degré raisonnable, et au maximum la politique publique, l'indiscutable.

Un observateur neutre et ne bénéficiant d'aucune considération particulière aurait-il pu attirer l'attention pendant le chantier en disant : «Vous ne pensez pas que la structure est un peu faible, que la pente du toit n'est pas assez prononcée pour faire glisser d'éventuelles masses de neige, que le matériau des briques est trop rugueux pour qu'elle n'adhère pas?»

 

[1] Les Juifs débarquent.

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5 juillet 2022 2 05 /07 /juillet /2022 22:04
On y mettra le temps, mais on finira par comprendre

 

Le charlatan milliardaire et le banquier devenu président de la République
Il était une fois un charlatan multirécidiviste. Périodiquement, il mettait au point des produits, dont il vantait les effets thérapeutiques révolutionnaires et miraculeux. Comme ils étaient nocifs et ne pouvaient être vendables que jusqu'à leur interdiction qui n'aurait su tarder, il devait sans cesse en inventer d'autres. Ce n'était pas un problème, car il avait à son service moult chercheurs et biologistes. Néanmoins, ses revers coutumiers rendaient son parcours financier chaotique.
Chaque fois qu'un nouveau remède voyait le jour, top chrono ! C'était la course contre la montre. La durée d'exploitation génératrice de richesse était inversement proportionnelle à la réactivité du système judiciaire : effets néfastes, signalements, expertises et contre-expertises, instruction judiciaire... On n'aurait su sur ce plan en vouloir à la justice.
Il faut toujours un certain délai pour qu'un produit administré fasse des morts ou des blessés, pour mettre en relation la cause et les effets. Puis venait la saison des suspensions et des amendes. Mais fort à propos était lancée la saison nouvelle de la dernière trouvaille. Ainsi allait bon train le cycle des affaires. Les amendes s'inscrivaient donc dans la liste des dépenses et autres investissements. Elles étaient tout simplement partie prenante dans sa stratégie commerciale, car la recrudescence de ses gains tournait toujours largement à son avantage.
Seulement, voilà… Un beau jour, la note d'investissement fut bien plus lourde que d'ordinaire. En l'an 09, Deux milliards quatre cents millions. Ne pas s'en acquitter signifiait la banqueroute ou la prison, ou les deux. Vous pensez! Heureusement pour lui, il avait un ami dans un lointain pays. Et ce qui tombait vraiment bien, c'est que cet ami travaillait comme cadre dans une grande banque. D'autres filiales entraient dans la composition du patrimoine du charlatan : la branche alimentaire. Ce monsieur dévoué allait donc délester sa nacelle : ce dernier secteur fut donc revendu pour un montant astronomique au géant d'un pays neutre qui s'était enrichi dans la gastronomie. Il semble que le nom de ce lieu fût Ganav.
Le géant sauva la mise au charlatan. La dette fut payée, et les affaires reprirent. Bon an mal an, la balance se rééquilibra, quoique, quelques années plus tard, vers l'an 20, une certaine morosité finit par se ressentir. Le charlatan se souvint de son ami. Il pourrait le tirer de l'ornière. Bien entendu, il n'avait jamais été question de se faire dépanner gratuitement. Le banquier avait touché pour sa démarche un bon paquet de millions, qui furent volatilisés ou placés en un lieu sûr caché des regards et des contrôles fiscaux. L'histoire ne le dit pas. Ce fut lui qui réfuta tous les soupçons qui pesaient sur sa façade irréprochable, lorsqu'il répondit narquois et rigolard, s'interdisant – quel tact – le pied-de-nez, que quiconque eût des griefs à son égard et pensât que sa conduite fût illégale, eh bien ! qu'il allât au pénal. Ce malin et coquin copain pourrait bien user de ses prérogatives et de son immunité sacrée pour remettre le marchand de remèdes sur les rails de la prospérité.
«Dis-moi, c'est un peu moribond en ce moment, les affaires, chez moi. Tu ne pourrais pas me donner un petit coup de fouet?
- Eh bien, figure-toi que tu ne peux pas tomber mieux. Tu n'es pas sans savoir que de banquier, je suis monté en grade. Je suis président d'une sacrée république. En quoi puis-je t'aider ?
- Eh bien, tu sais la pandémie, là…
- Ah oui !
- J'aurais peut-être un remède. Puisque c'est un virus, eh bien figure-toi que je viens de mettre au point un vaccin.
- Ah?? Et ça marche?
- Ben, on ne sait pas trop, il faudrait attendre quelques mois.
- Et ce n'est pas dangereux?
- Je viens de te dire qu'il va falloir attendre.
- Suis-je bête. Donc, laisse-moi deviner. Tu voudrais que je t'aide à vendre ta camelote.
- C'est ça. Le problème, c'est que les gens ne sont pas très chauds. Ils ne veulent pas admettre que l'épidémie inédite est bien plus dévastatrice que les fléaux du Moyen-âge. J'ai pignon de rue sur grand nombre de médias, et d'éminents présentateurs matraquent tous les soirs le nombre de victimes à la télé, en cumulant bien sûr celles de la veille, l'avant-veille, et de tous les autres jours. Mais les sceptiques sont coriaces. Ils rigolent et demandent à mes obligés friands de confinements où ils voient les cadavres qui jonchent la chaussée. Le pire, c'est que certains médecins osent insinuer ou franchement prétendre que de très peu coûteux anciens remèdes feraient l'affaire.
- Mais alors, comment tu comptes faire pour les convaincre ?
- C'est on ne peut plus simple. Moi, j'ai l'argent pour payer des médecins à vanter mon produit à longueur de temps. Ils passent en boucle dans tous les bulletins Tv. Ils prennent des poses, et les récalcitrants sont traités de dangereux charlatans. Je m'y connais, ce n'est pas à un vieux singe que l'on apprend à faire des grimaces. Fussent-ils d'éminents chercheurs ou médecins, leur continuum cognitif est remis en question. Mais toi, tu as le pouvoir de les faire taire. Oser guérir avec de la quinine, alors que mes labos ont mis au point une médecine révolutionnaire ?! Toi, président, tu as non seulement le pouvoir de les faire rayer de l'ordre, mais tu peux aussi interdire la vente de ces produits qui n'arrangent vraiment pas mes affaires.
- Mais, et si ton procédé n'immunise pas et qu'il se révèle en plus de ça dangereux, je risque de perdre la face, non ?
- Penses-tu ? Alors là, c'est encore plus simple. Si c'est raté pour l'immunité, on fera simplement courir le bruit que ça protège des formes graves.
- Et si les gens meurent quand même?
- Alors il faudra dire que c'est à cause d'autre chose, ou que, c'est une réalité scientifique que seuls des imbéciles peuvent contester, jamais l'efficacité d'un médicament ne fonctionne à 100%. Ce n'est pas un produit miracle, tout de même?
- C'est bien ce qui m'inquiète. Et si des gens s'effondrent peu après l'injection?
- Alors là, il faudra bien affirmer sur un ton convaincant que non, ça n'a rien à voir avec l'injection.
- Et s'ils n'acceptent pas de telles explications?
- Alors il faudra discréditer les détracteurs, quitte à inventer des nouveaux mots s'il le faut. Complotiste, antivax, que sais-je.
- Ah, je vois. Eh bien, ne t'inquiète pas, mon vieil ami. Grâce à mes prérogatives et aussi du fait que j'entre et sors au Parlement continental qui a depuis longtemps pris l'habitude de l'alignement des pays membres, dans peu de temps, tu pourras dire que tu n'auras jamais gagné autant.
- Mais, un instant, quelque chose m'inquiète.
- Qui a-t-il, mon ami?
- Tu es devenu dictateur, ou simplement président d'un système parlementaire qui ne saurait être autocratique.
- Je comprends ton inquiétude. En effet, les décisions du gouvernement doivent être entérinées par toute une série d'instances : le parlement, le sénat, le conseil constitutionnel.
- C'est embêtant…
- Mais non. Ce n'est qu'une série de banales formalités. Les députés sont tellement conditionnés qu'ils ne voudraient surtout pas passer pour des irresponsables qui entraveraient la bonne marche sanitaire des choses. Ils ne se cassent pas trop la tête, et je te garantis que ça vole au ras des pâquerettes. Et puis, si, en dernier recours, tu as peur que le Conseil constitutionnel te fasse rater l'affaire, sache que son président n'en est pas à son premier coup d'essai. Une magouille médicale a fait de lui le responsable du décès de plus de quatre mille personnes, mais bon, c'est antédiluvien. Tu aurais pu penser qu'il prendrait perpète, mais au lieu de ça, il s'en est tiré avec une pirouette : responsable mais non coupable, qu'il leur a dit. Quelle blague! Non, tu n'as pas à t'inquiéter. Il sait protéger par ailleurs ses intérêts familiaux. Imagine-toi que son fils est directeur associé d'un certain cabinet de conseil et qu'il s'apprête à prendre en main la diffusion de ton produit.
- Ah, là, tu me rassures. Mais j'ai quand même comme un pressentiment…
- Je vois. Alors écoute-moi bien, mets tout de suite de l'argent de côté pour tes prochaines amendes et mets-toi vite au travail pour mettre au point de nouveaux produits quand le tien sera interdit. Mais ne t'angoisse pas trop, tout de même. D'abord, la mise au ban des détracteurs a toujours cours. Et puis, plus le temps écoulé après la ou les injections sera long, moins les victimes de malaise ou de mort subite feront le rapprochement.»
 
 
 
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3 juillet 2022 7 03 /07 /juillet /2022 07:04
La construction juive en Judée-Samarie n'a pas été facilitée particulièrement sous Netanyahou

Commençons par une définition succincte de ce que gauche et droite veulent dire. Il ne s'agit pas de la gauche de Robespierre qui voulait renforcer les acquis de la Révolution, ni de la droite de Condorcet qui défendait la bourgeoisie, les droits des Juifs ou des femmes, ou encore l'officialisation du système métrique, les uns et les autres ayant siégé de part et d'autre du président de la Convention. Il ne s'agit pas non plus de castes politiques qui défendent le capitalisme, la compétitivité industrielle, d'une part, ni à l'opposé de la sensibilité pour le droit à l'instruction des enfants qui ne doivent pas servir de main d'œuvre dans les mines de charbon…

En Israël, la gauche et la droite ont ceci de particulier dans les faits que la droite défend les droits et les acquis des Juifs, tandis que la gauche promeut à leur détriment les Arabes. Ainsi, à titre illustratif, nous citerons la faculté de médecine qui refuse un étudiant juif parce qu'il n'a eu que 720 points aux tests psychométriques, mais accepte un étudiant arabe qui n'a eu que 600, parce que des quotas ségrégationnistes à défaut d'être sionistes imposent un numérus.

Dès le départ, le sens de la distinction gauche-droite a suivi un glissement : le Mapaï, puis Rats (prononcer le s, pas de méchant jeu de mots voulu) et Mapam, représentaient les travailleurs, défendaient et revendiquaient leurs droits. Si l'on peut identifier l'institution de la droite au mouvement de Begin, celui-ci défendait les laissés pour compte, dont toute une classe rentrée au pays des contrées de l'exil de l'Afrique et de l'Asie. Parallèlement, les travailleurs sont devenus de plus en plus riches, ont arrêté de travailler dans le sens premier où on l'entend, et la banque qui porte leur nom, la Banque Hapoalim – Poël signifiant au singulier ouvrier – brasse chaque année des milliards. De fil en aiguille, les gens de gauche se trouvent généralement dans les couches socio-économiques les plus fortunées, et vivent entre autres dans les quartiers de Savion ou de Ramat-Aviv Guimel.

Par la suite, la droite s'est faite le porte-drapeau de la présence juive en Judée-Samarie et Gaza (quand donc sera-t-elle à nouveau libérée?) et a revendiqué l'égalité pour une population souffrant dans certains contextes de discrimination et de grave iniquité, comme lorsque par moments il lui est interdit de construire ou de s'étendre. Les antisémites modernes se réjouissent de cet état de fait et préviennent contre la judéisation du centre de la Palestine juive historique. Comme ce sont des partisans du judenrein, on peut les comprendre, les pauvres.

Un calcul politique simple établit le constat suivant. Attendu que la population juive de Judée-Samarie n'est pas négligeable, surtout dans un contexte politique où la différence entre les blocs gagnant et perdant se joue à quelques voix près ; attendu que de fortes sympathies sont ressenties à son égard dans de larges franges de la population israélienne globale ; et attendu que beaucoup d'Israéliens sont candidats à l'habitat sur les monts de Judée, soit par idéalisme – le peuple se rétablit en ses frontières –, soit par pragmatisme – mieux vaut que la région soit franchement israélienne et qu'elle ne serve pas de bases de lancements de missiles, bombes, terroristes etc. –, soit par motivation économique – dans certaines localités, le logement reste nettement moins exorbitant qu'ailleurs, à moins de cocher toutes les réponses, le combat pour la réinstallation des Juifs dans le cœur de leur patrie multimillénaire et la protection de leurs droits peut bien motiver le choix de faire de cette cause un cheval de bataille, et qu'importe qu'en cas de coup dur ou de pression, bref qu'à l'heure de vérité tout cet engagement n'aura été qu'un leurre.

Plusieurs politiciens s'y sont essayés. Deux d'entre eux ont été à la tête de l'abandon du Sinaï et de Gaza, ce qui a déclenché guerres et attentats meurtriers, tandis qu'un troisième s'oriente selon la force des vents. Nous avons nommé : Netanyahou.

Quelques rafraîchissements de la mémoire s'imposent. Au cours de la campagne électorale de la XIVème Knesset, en 96, Netanyahou a bien insisté sur la place essentielle de Hébron dans l'âme et l'histoire des Juifs. Le gouvernement en place venait, dans ses divers agissements, de céder Jéricho et Gaza (en grande partie), du vivant de Rabin, puis la quasi-totalité des villes des territoires occupés par des non-Juifs, sauf Hébron; quand Pérès faisait cavalier seul. Donc, si on voulait éviter une sombre répétition de l'histoire, et empêcher la cité patriarcale fondatrice de l'Etat Juif où David régna 7 ans avant de passer à Jérusalem, de tomber une fois de plus dans les mains des musulmans, les conséquences du crime de l'été 1929 n'ayant jamais été totalement rectifiées,  il fallait bien entendu voter pour Netanyahou.

Or, ce monsieur, une fois au pouvoir, poursuit la politique de ses prédécesseurs, ce qu'il déclare dès son discours d'investiture. D'aucuns ont voulu y déceler pour se rassurer une tactique politique d'apaisement. Or, il ne rétablit pas les droits aux prêts immobiliers des Juifs de Judée-Samarie, spoliés en 92. Il faudra attendre l'abject attentat antisémite de décembre 1996, où Ita et Ephraïm Zur sont assassinés par des terroristes arabes pour que le Premier ministre comprenne qu'il y a des limites à l'indécence. Dans la foulée, Netanyahou cède à toutes sortes de pressions, et signe les accords de Hébron qui introduisent dans une partie de la cité hébraïque les terroristes de l'Olp. Ils ne sont pas longs à commettre l'attentat dont Chalévet Fès est la victime, assassinée dans son landau par un terroriste arabe muni d'une arme de précision.

Lorsqu'enfin les élections sont anticipées, Netanyahou laisse la place à Ehoud Baraq. Que de désolation et de lamentations dans le camp de la droite. Et pourtant… En avril 2001, le quotidien Yédioth Ha'haronoth révèle que Netanyahou aurait été prêt à céder le Golan à Assad. Il lui aurait proposé en août 98 le Golan sur un plateau d'argent contre un accord de paix global[1]. Il semblerait que ses déboires avec l'électorat aient empêché la réalisation de ce sombre dessein. On n'ose penser à la gêne causée à Israël par la guerre civile syrienne, si les diverses factions armées avaient eu la vue sur le lac de Tibériade.  S'il avait été alors reconduit dans ses fonctions, la méthode déjà rodée à Oslo eût été simple : les pourparlers sont d'abord tenus secrets. Ils se font à l'insu des citoyens. Puis, en grande pompe, on signe un accord historique sous les projecteurs de la Maison Blanche, qui est entériné par toutes sortes d'instances, Onu et autres. Ensuite, il n'y a plus qu'à mettre la pression sur les membres de la Knesset qui votent pour.

Nous retrouvons notre as de la politique à différentes étapes charnières de sa carrière. En 2005, il vote pour l'expulsion des Juifs de Gaza. Il rappellera souvent par la suite qu'il avait averti que ce processus n'allait pas apporter la paix mais amplifier l'état de guerre. A-t-il menti ? Non. L'un n'empêche pas l'autre. Il a averti, tout comme il avait averti de l'importance primordiale de Hébron. Mais sous la pression, on abdique. Les Juifs et les Arabes voulaient Gaza. Qui l'a eue ? Les Arabes. Ont-ils gagné la guerre contre les Juifs pour qu'il ne reste plus la moindre présence juive à Gaza? Que nenni.

Plus tard, un certain Obama est président des Etats-Unis. La même année, toujours en 2009, Netanyahou  – qui a eu toutes les difficultés du monde à se faire réélire notamment à cause d'une propagande féroce contre lui, dans le cadre de laquelle il a été maintes fois rappelé que son maintien ne serait pas vu d'un très bon œil par l'Administration américaine – décrète le gel de la construction pour les Juifs en Judée-Samarie sur une période de dix mois[2]. Contrairement à sa déclaration, l'interdiction s'est étendue à Jérusalem, comme dans le quartier Ramat Shlomo, dont tous les chantiers ont été suspendus.

L'un des arguments clés qu'opposent les partisans inconditionnels de Netanyahou, surtout en ce qui concerne des électeurs de Jérusalem ou des Yichouvim, c'est qu'il incarnerait le moindre mal. Rien n'est moins évident. Tout d'abord, il y a un problème de tactique. Lorsque Pérès et Rabin étaient au pouvoir, leur politique de favoritisme qui jouait contre les Juifs donnait lieu à des manifestations phénoménales, et les accords d'Oslo sont passés de justesse à la Knesset, avec deux parlementaires soudoyés (Séguev et Goldfarb). Les accords de Hébron de Nétanyahou ont provoqué moins de remous, et le vote a avoisiné les 80 parlementaires favorables.   

Nous apporterons ici encore deux comparaisons pour des politiques analogues de la droite et de la gauche, au sujet de la construction. Souvenons-nous d'un Premier ministre qui répondait au nom d'Olmert (anagramme de Mortel pour le mémoriser). Bush avait exigé de lui en insistant très lourdement qu'il bloquât la construction de la ville de Ma'alé Adoumim, sous prétexte qu'elle coupait en deux le futur énième Etat musulman pour l'installation duquel s'agitent bien des chancelleries. Olmert réagit à peu près en ces termes : «Mais vous ne vous rendez pas compte de l'énormité de ce que vous me demandez. Je ne peux pas arrêter la construction à Ma'alé Adoumim. C'est une grande ville en plein essor et ce n'est pas de mon ressort.» Ceci fut néanmoins du ressort de Netanyahou.

Lors du gel de la construction décrété, par la XIIIème Knesset, il n'a été question (excusez du peu) que de ne plus accorder comme nous l'avons vu plus haut de prêts hypothécaires. Si vous aviez déjà obtenu votre prêt, ou si vous aviez vendu ailleurs un appartement et que vous ayez eu de l'argent, vous poursuiviez vos travaux jusqu'à votre installation dans votre nouvelle demeure. Avec Netanyahou, même en pleins travaux, vous avez eu droit à une descente musclée de l'Administration civile.

Rappelons brièvement que la mainmise illégale sur de vastes pans du Néguev par des bédouins, ou encore les émeutes où la haine contre les Juifs a pu se lâcher largement dans les villes dites mixtes, en 2021, remontent à la période du dernier mandat de Netanyahou, avant Beneth et Lapid.

Il est donc incompréhensible que Netanyahou soit encore et toujours considéré comme l'incarnation par excellence de la droite telle que nous l'avons définie en introduction. Si, néanmoins, son dernier mandat a été le témoin d'une importante construction dans les secteurs juifs de Jérusalem et de la Judée-Samarie, il conviendrait peut-être de faire le rapprochement avec l'exercice d'un président américain dont la sympathie pour Israël a été sans précédent, Trump n'ayant pas exercé de pressions sur le gouvernement d'Israël sur ce plan.

Il se peut que chaque échec de Netanyahou, chaque fois qu'il ne renouvelle pas son mandat de Premier ministre, soit annonciateur d'une délivrance pour le pays. A toute chose, malheur est bon (il n'est bien évidemment pas question de faire l'éloge de Baraq ou du tandem Beneth-Lapid). Et de même que Netanyahou a quitté le pouvoir au moment crucial d'une possible reddition face à Assad initiée en 1998, de même son dernier départ nous a épargné un durcissement de la politique inique des restrictions prétendument justifiées par des mesures sanitaires et salutaires, que Netanyahou s'apprêtait à nous imposer en août et septembre 21, dans le cadre de ses petites affaires avec la firme pharmaceutique aux multiples condamnations, amendes, et ordres de retirer des médicaments dangereux. Dans un discours incendiaire, Netanyahou a reproché à Beneth et Lapid d'être des irresponsables, pour ne pas avoir imposé comme lui cette dictature inouïe et hautement préjudiciable.

Dans un contexte international incertain, où on assiste avec effroi à la reprise de la propagande notamment en France en faveur d'une probable réimposition du passeport vaccinal vraisemblablement aux alentours du 1er août, violation manifeste des droits les plus basiques, après une trêve accordée en ce pays pour cause d'élections (moitié moins de cas de covid en juin qu'en avril, période électorale), contexte dans lequel le Parlement européen commande des milliards de doses d'un vaccin inefficace et déclencheur de thromboses, contre une maladie qui a cessé d'être mortelle dès l'apparition du variant omicron, quand de nombreux Etats s'alignent sur les exigences d'une OMS dont les prérogatives prennent le pas sur la souveraineté des Etats, un retour de Netanyahou est loin d'être souhaitable.

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 09:34
Pour ne rien attraper, essayez de respirer l'ai quand il est pur

Toujours dans le cadre de la campagne de persuasion du public lancée en décembre dernier[1], le conférencier du 13 au soir, contrairement à la propagandiste de la veille, qui avait joué le détachement en annonçant d'emblée la diversité des publics auxquels elle avait l'habitude de s'adresser, mais dont le message ne s'était pas imposé (quand son dernier mot a été de reconnaître qu'aucun enfant n'était hospitalisé en Israël suite à l'infection par l'omicron, ce qui l'a poussée à la prudence, concluant sur un ton nettement plus pondéré qu'il revient aux parents de prendre leur décision), a tout de suite misé sur l'entente et la connivence avec son auditoire. Heureux d'être invité dans la région de Benyamin, quoique virtuellement, il déclare qu'elle lui est familière et qu'il y a effectué de nombreuses randonnées. Puis, se présentant comme natif de Tel-Aviv, il évoque sa jeunesse au sein du mouvement religieux Bené-Akiva, son service militaire, ses études au Technion, etc.

Le professeur Reif dirige depuis dix ans le département pédiatrique de l'hôpital Hadassah Ein-Kerem. Bien plus qu'une hypothèse de travail, il pose comme axiome l'avantage indiscutable de la médecine préventive sur la médecine thérapeutique, comme le veut par ailleurs l'adage connu de tous : «Mieux vaut prévenir que guérir». Cette affirmation d'apparence pourtant banale va relancer ma motivation de récupérer le ratage de la veille.

«S'il est une ligne principale dans la médecine préventive, explique-t-il, comme chacun sait, c'est bien entendu la vaccination. Vous connaissez tous l'histoire des vaccins. Pour la variole, on l'a d'abord inoculée à des vaches qui ne l'avaient pas eue, puis par la suite à un enfant. Bref, vous allez voir comment, en partant de Pasteur, les vaccins ont progressé et gagné en efficacité avec le temps, jusqu'au vaccin contre le corona. J'espère que je parviendrai à vous convaincre que le vaccin contre le corona est le plus efficace (sic, 2'38"[2]).»

Il énumère alors plusieurs maladies, la variole, la rougeole, les oreillons et la rubéole. Il s'attarde un peu sur la polio, évoquant au passage des exemples de grands-parents infirmes à cause de cette maladie. «Comme vous le savez, jusqu'en 1951/2, il n'y avait pas de vaccin contre la polio.» Il évoque quant à la varicelle le choix de vacciner au détriment de la possibilité de laisser s'opérer la vaccination naturelle consécutive à la contamination. Il rappelle le principe du vaccin actif destiné à provoquer dans l'organisme la production d'anticorps. Comme en aparté, il s'effraie de la dangerosité du procédé. «Rendez-vous compte! Inoculer la maladie!»

«A quel moment les problèmes ont commencé?» questionne-t-il, pour parler de la défiance du public envers les vaccins. «Je vais vous raconter cette histoire. Le problème a commencé avec un Anglais du nom de Wakefield[3]. Il a soutenu que le vaccin contre les oreillons déclenchait l'autisme. Car c'est au cours de la même période que l'on vaccine et que l'on révèle l'autisme. Il est donc possible que deux semaines après la vaccination, on ait découvert des cas d'autisme. Et quand il a publié les résultats de son travail, dans le journal Lancet, il s'est avéré par la suite qu'il avait – pardonnez-moi si je suis trivial – truqué ses résultats. Son article a été retiré et il a été exclu de la Royal Academy, et sa licence de médecin a été suspendue. Mais vous ne pouvez pas évaluer l'énormité du préjudice qu'il a causé. Parce que toujours, la contestation et l'opposition laissent une forte impression, même si vous n'avez pas entendu parler de lui. Le plus fort mouvement contre la vaccination est dénué de fondement. Et pourquoi ça a pris? Parce que c'est anarchiste, c'est contre le pouvoir, le système. Et puis, pourquoi introduire dans notre organisme un élément qui lui est étranger?

Je vois que le nombre de questions n'arrête pas d'augmenter. Je vais donc abréger. Mais à mon avis, s'il existe un vaccin qui est vraiment bon aujourd'hui, c'est bien le vaccin contre le coronavirus. On a pris un segment d'Arn M, qui sait retranscrire la protéine présente sur la membrane du coronavirus, la protéine spike, par laquelle il adhère à la cellule. Là, une protéine semblable, non identique, est produite, ce qui entraîne la formation d'anticorps qui s'attaquent à cette protéine et bien sûr aussi au virus. Donc, qu'est-ce qui peut vous inquiéter? C'est qu'on a introduit un Arn étranger, mais il de disloque, il ne se maintient pas dans l'organisme. Il n'a pas d'influence sur la fertilité, sur l'accouchement. Il se contente de produire des anticorps qui se lient aux protéines du virus et l'empêchent de pénétrer à l'intérieur de la cellule. Le problème, comme vous en entendez parler, c'est les mutations, et il faut que cette protéine y soit adaptée. Et ce vaccin fonctionne. C'est vrai, pas à 100%, ça n'existe pas. Il est moins efficace, certes, que le vaccin contre les oreillons. Son efficacité tourne autour de 85%, 90%. Le second problème, c'est sa durée. Alors, d'accord, il faut répéter plusieurs fois l'opération. Mais à part le désagrément de la piqûre, je ne vois pas d'autre problème. Il n'y a pas d'autre moyen de lutter contre le corona.»

Puis, le conférencier s'étend sur des considérations morales ou moralisatrices. «Je ne veux pas m'étendre en ce 10 tévet sur l'importance de la responsabilité mutuelle. Alors, est-ce qu'il faut vacciner les enfants? Je pense que oui. J'ai plus de dix petits-enfants, et je les ai fait vacciner, ceux qui ont dix ans et plus. Tout d'abord, la loi du pouvoir, c'est la loi. Et si chacun cherche à s'ingénier, on retombera sur l'histoire où, au lieu d'apporter un verre de vin, chacun apportera un verre d'eau[4]. Les enfants sont non seulement porteurs, mais ils peuvent aussi tomber gravement malades, notamment de dix à quinze ans, avec le syndrome inflammatoire multi-systémique de PIMS, dont vous avez sans doute entendu parler, intervenant un mois plus tard. Donc, il n'est pas possible de dire que les enfants ne tombent pas malades. Il y a aussi des enfants grièvement atteints. Et pour finir, ils «rattrapent » (contaminent) leurs parents et leurs grands-parents.»

Puis, jouant sur la corde nationaliste : «En ce 10 tévet, je pense que ce public est précisément celui avec on n'a le moins besoin de parler. J'ai constaté aussi qu'à Ephrat ou Karné Shomron le pourcentage des vaccinés est très important. C'est un public sioniste, patriote. C'est un sujet dont il faudrait s'entretenir plus particulièrement au sein du public arabe ou à Bené-Berak, où j'ai d'ailleurs été invité.»

Il conclut en affirmant que le nombre d'interventions écrites (en marge de l'image) est arrivé à cent, et qu'il sera heureux de répondre aux questions par l'intermédiaire des organisateurs, pour choisir les plus pertinentes.

L'hôte perd rapidement son sang-froid : «J'ai la nausée à la vue de la quantité de mensonges affichés.» Dès le départ, il semble qu'il sera difficile de confronter le représentant de la ligne gouvernementale aux contradictions du discours officiel. Après un «beurk», l'hôte se ressaisit : «M. le Professeur, je vous présente mes excuses. Je demande aux participants de s'exprimer avec respect, et à ceux pour qui ce n'est pas possible de quitter ce forum». Le professeur, débonnaire, ne lui tient pas rigueur à ce stade.

La première question est posée sur le dernier point : le syndrome PIMS. Depuis quand est-il connu? Il semble que ce soit un phénomène récent. Le médecin confirme, et précise qu'il a été observé la première fois en Angleterre puis en Italie. «Nous l'avons aussi observé chez nous, c'est de l'ordre d'un cas sur 3000. Un mois ou deux après la maladie, les facteurs atteignent le cœur, et non plus le cortex cérébral, comme pour le corona (13'50), et s'accompagnent de fièvres et éruptions. C'est uniquement chez les enfants, et le système immunitaire s'emballe. Personne n'en connaît la raison, et ça ne se produit pas après d'autres vaccins (sic 14'22). Certes, il y a des réactions inflammatoires après les autres vaccins, mais elles restent légères.»

La réponse suivante est loin d'être admise à l'unanimité, lorsque le docteur affirme que le vaccin, s'il n'empêche pas la contamination, la réduirait largement.

Un intervenant, Ethan, passablement excédé, s'insurge : «Pourquoi est-ce que vous appelez ça un vaccin, alors que c'est une expérimentation?» La responsable de la réunion en vidéoconférence prend à nouveau la parole : «Laissez-nous écouter le professeur, honte à vous. Que ceux qui sont contres sortent!» Elle maîtrise mal cette technologie, ou alors il y a un problème technique, car, soudain, c'est le silence.

Le son est rétabli. La présentatrice réitère ses excuses. Le prof répond qu'il n'est pas effrayé mais stupéfait. La présentatrice supplie quiconque n'est pas capable de maintenir un dialogue respectueux de quitter le débat. «Je pense avoir déjà indiqué en introduction que ce mouvement est un mouvement accusateur et agressif. Je pense que même si quelqu'un est contre la vaccination, et qu'il refuse de vacciner son enfant, c'est acceptable. Il n'est pas obligé. Je pense qu'il commet une erreur, mais sous une forme tellement fanatique! »

Un nouvel intervenant prend ses précautions, et arrache un sourire au professeur en lui demandant s'il peut poser une question dans le calme : «Ah, ah, mais bien sûr.» La parole lui étant concédée, il poursuit : «Si le discours est agressif, vous n'avez pas d'autre choix que de vous défendre. Mais je pense que l'agressivité vient du côté de la coercition, de la propagande mensongère du ministère de la Santé. Je voudrais vous poser une question très simple. Ce vaccin, depuis quand est-ce qu'il existe?»

Le professeur répond : «Il a été développé au début du corona, ça fait à peu près un an, un an et demi.»

L'intervenant : «Un an, un an et demi. Et ça fait combien de temps qu'on l'essaye sur nous? Comment peut-on prendre une responsabilité, et s'engager vis-à-vis de la sécurité des enfants, sur un délai très très court, sans le moindre recul. On ne connaît pas les résultats futurs, et je voudrais savoir comment vous, en tant que médecin, homme de science, prenez la responsabilité et vous engagez devant toute l'assemblée, devant tous les parents rassemblés ici qui vous écoutent, qu'il n'y aurait absolument aucun danger pour leurs enfants.»

L'homme de science se fait polémiste : «Est-ce que vous vous souvenez de ce qu'il y avait avant le vaccin? Combien sont morts du corona?»

L'intervenant lui retourne la question : «Après que le ministère de la Santé a reconnu que les chiffres ont été déformés, c'est vous qui allez nous dire combien sont morts par le corona et combien avec le corona.»

La coordinatrice s'immisce dans le débat et reproche à l'intervenant sa brutalité avant de réitérer sa demande de quitter le forum à tous ceux qui ne seraient toujours pas d'accord. Il tente de rétablir le fil de la discussion : «Ma question était de savoir comment le professeur peut avec tant d'assurance s'engager et garantir la non-dangerosité d'un produit nouveau, et il me demande si je sais combien sont morts du corona…» L'hôte vocifère : «Vous n'êtes pas en train de poser une question, vous êtes en train de tenter de convaincre. Vous êtes en train d'insinuer que l'Etat nous ment. Nous ne partons pas de l'hypothèse que l'Etat nous ment. Nous voulons simplement obtenir des informations. Donc, si vous n'êtes pas capable de l'accepter, d'admettre que l'Etat où vous vivez recherche votre bien, je vous demande de ne pas rester en ligne. Vous faites honte à tout le monde».

C'est là que j'interviens (19'30'). Mais c'est là aussi que le symposium va tourner court. «Excusez-moi, madame, mais ce n'est pas joli. Toute personne qui ne s'aligne pas sur les positions du ministère de la Santé de Benêt doit se taire?» La dame répond indirectement : «Qu'une seule personne parle à la fois. Nous allons faire taire tout le monde et passer en micro fermé.» Après quelques secondes de silence, n'ayant pas bien compris à qui le droit de parole était du coup attribué, je tente ma chance : «Je peux poser une question? C'est mon tour? Merci. Aux Usa, un docteur, docteur Zelenko, a mis au point un protocole et a guéri 6000 personnes. En France, le docteur Raoult a guéri énormément de gens avec la même formule. Le protocole consiste dans l'hydroxychloroquine, l'azithromycine, le zinc, et les vitamines C et D. On a assisté à une tentative de calomnier ces médecins, par le biais d'une publication du Lancet, retirée par la suite. Alors, pourquoi, quand des médicaments existent, faudrait-il vacciner des dizaines de millions de gens, et pourquoi mettre en place des restrictions? N'est-il pas plus logique de recourir aux médicaments qui existent, en se limitant de soigner les malades?» A ce moment-là, le silence s'installe sur les ondes. Au bout d'une minute, je m'écrie que ça ne fonctionne pas. Or, on me contacte par un autre moyen pour me dire que ma voix est audible. Je reprends : «Avez-vous entendu ma question? Vous m'avez donné l'autorisation de parler. Il y a des médicaments. Il faut soigner les malades. Il n'est question que de quelques centaines ou milliers de personnes que l'on peut sauver. Il ne faut pas vacciner des dizaines de millions de gens. Ce n'est pas logique, excusez-moi.»

Quel pourrait être l'avantage de la médecine préventive quand il faut traiter dix millions de personnes, alors qu'il aurait suffi d'en soigner trois mille ? Et surtout, qu'a-t-elle de préventive, quand le virus est déjà là, quand les gens sont déjà touchés ?

Deux minutes plus tard, l'hôte reprend la parole : «Nous avons un problème technique et nous nous en occupons.» J'ai juste le temps de constater que le pictogramme symbolisant mon micro vient d'être barré d'un trait rouge. Bref, le conférencier a quitté la scène, et après quelques autres minutes de silence, l'organisatrice se contente de lancer une accusation générale selon laquelle le professeur aurait été mal accueilli et se serait fait taire par quelque participant malintentionné. Je me demande si je suis passé pour un spécialiste ou ingénieur informatique, qui aurait réussi à s'attribuer exclusivement la parole en faisant taire tous les autres.

On notera que dans son anthologie des vaccins, tous gagnants, le professeur a omis de citer celui de la grippe H1N1, mis au point lui aussi de façon bâclée, en 2009, et qui avait été suspendu après une première opération de grande envergure qui s'était révélée désastreuse. Notamment, une maladie réputée rare s'était répandue comme une traînée de poudre. Plus de soixante personnes injectées avaient été victimes de narcolepsie. C'est à croire que l'erreur retenue à partir de cette expérience aura consisté dans l'interruption de la vaccination, erreur sur laquelle on ne revient pas aujourd'hui.  

 

[1] Voir : Israël : tentative de persuasion douce du 12 déc. au soir

[2] J'ai enregistré la conférence.

[3] L'étude de Wakefield est le sujet d'un article du Paediatr Child Health de juillet-août 2001 (PMCID 2804766). Elle traite de l'éventuelle corrélation entre le vaccin RR0 (rougeole, rubéole, oreillons) et l'autisme. Bien que cet article ne retienne pas l'hypothèse de Wakefield, arguments à l'appui, il n'évoque en aucun cas un trucage des données.

[4] Allusion à l'histoire populaire où un roi avait demandé à chaque habitant d'un hameau donné de verser un verre de vin dans un tonneau lui appartenant.

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21 janvier 2022 5 21 /01 /janvier /2022 09:49
N'attrapez pas froid

 

J'ai compris à la bourre le message du Grand Rabbin de ma jeunesse

Il faut parfois des années pour comprendre le bienfondé d'une théorie, d'une idéologie ou d'une pratique. De la recherche de la vérité ou de la paix sociale, quelle est celle qu'il faut mettre en avant, puisqu'elles sont en puissance contradictoires ?

Toutefois, est-ce que favoriser l'une signifie que l'on réprouve l'autre ?

Dans ma jeunesse, le grand rabbin de France, M. René-Samuel Sirat, œuvrait pour le dialogue, la compréhension, la tolérance, etc., entre les religions.

A première vue, cette tendance est une entorse à la vérité. Il est assez aisé de démonter les thèses de cultes imposés au plus grand nombre durant des siècles au gré des invasions et à la force de l'épée, du bûcher ou de l'autodafé, de mettre en avant leurs tentatives de substitution de la religion-mère et d'accaparement de l'identité d'élu de D., en usant de force ou de ruse, pression ou chantage, aux fins d'effacement de l'original, à D. ne plaise.

Mais entre l'utopie du règne de la vérité et la préservation d'un monde viable et vivable, le fossé est profond. Que va-t-il se passer si vous tentez d'expliquer à un fondamentaliste chrétien ou musulman que sa foi est fondée sur un malentendu?

Plus vos arguments seront pertinents, plus le malaise sera grand. Que vous releviez la contradiction entre l'idée d'un homme dont la filiation remonterait directement par ses pères au roi David au bout de dix générations, ce qui montrerait sa légitimité royale donc messianique, et celle d'une fille ou mère engrossée par voie surnaturelle, par exemple, ou que vous avanciez que répéter trente fois par an qu'Ismaël aurait occupé la place d'Isaac lors de la ligature, loin de rendre votre démonstration plus convaincante, vous obtiendrez pour toute réaction un visage coincé sinon pire.

Un fondamentaliste ouvert vous répondrait gentiment : «Tu sais, ça ne me fait pas plaisir ce que tu me dis là».

Aujourd'hui, nous assistons à l'émergence d'un culte nouveau, d'une religion d'amour extraordinaire, une religion qui vous demande de vous faire vacciner pour sauver les autres. A la nuance près peut-être qu'au lieu de vous dire «Je vous aime, aimez-moi», elle émet le message : «Aimez-moi je vous hais». Les deux personnes du singulier, la deuxième et la troisième, se permutent. De «Je me vaccine pour te sauver», on passe à : «Vaccine-toi pour me sauver, assassin!»

L'autre jour, j'ai vu à l'œuvre un adepte, debout dans un jardin sur une pelouse synthétique. Affublé d'un masque en tissu, grand de taille et gardant ses distances en menaçant de ses bras levés telles les mandibules d'un lucane, ce cerveau rapide s'assurait que personne ne l'approche à moins de deux mètres, et surtout s'il n'a pas couvert son visage – bouche et nez. Intrigué par son grabuge, et curieux d'entendre la bonne parole, le religieux, quatre fois vacciné, s'entoure néanmoins de mille précautions. Il s'est plaint à mes oreilles hagardes du manque d'empathie et d'amour du prochain d'inconscients qui l'entourent de trop près.

Le chef spirituel de ce culte nouveau nous bourre la tête avec ses messages de paix. Si quelqu'un a pu s'imaginer que l'adhésion de ses membres ait pu dériver d'une attaque d'angoisse, pétrifiés à l'idée de ne pas survivre lors du passage dans le nouveau monde, il doit se détromper. Ce sont au contraire les réfractaires, les grincheux pendant qu'on y est, qui sont bloqués par la peur, alors qu'il est si simple de rejoindre ce message de paix mondiale.

Donc, vu que personne ne convainc personne, autant faire des réunions entre fondamentalistes éclairés d'obédiences variées pour la bonne marche de la société et le cliché du vivre-ensemble, pour que chacun admette que si pour lui son culte est le bon, il n'en est pas moins moralement astreint à respecter celui de l'autre. Ça pourrait marcher, et tout particulièrement dans une société qui n'est plus soumise à un pouvoir missionnaire faisant tout pour dégoûter et faire craquer les autres. A titre d'illustration, les Juifs de l'Allemagne de Goethe ou de Mendelssohn ne pensaient rien de bon du culte dominant. Si certains y adhéraient, c'était uniquement à des fins pratiques : l'épanouissement social, culturel ou professionnel, entre le numerus causa et l'accès interdit d'office.

Le souci du grand rabbin de ma prime jeunesse était surtout de ne pas contrarier des éléments potentiellement dangereux, de les placer en face de leur responsabilité civique ou citoyenne.

Je n'ai compris la pertinence de son message que dernièrement, avec l'arrivée du culte du corona. N'essayez surtout pas de contredire et donc contrarier les sentinelles du système en mettant en avant l'illogisme de leur doctrine. Aujourd'hui, que vous soyez en pleine forme ou en proie à une terrible crève n'a à leur yeux qu'une importance secondaire. Il faut faire un test. S'il est positif, mettez-vous en quarantaine, vous êtes un grand malade qui s'ignore, si jamais vous ne souffrez de rien. Mais s'il est négatif, vous pourrez sans souci refiler vos microbes aux autres. Contentez-vous de répondre : «Bien, monsieur le médecin / madame l'infirmière / monsieur l'agent (biffer les mentions inutiles), je vais sagement m'enfermer pendant quatre/cinq/sept/onze jours (ne laissez que la mention conforme aux dernières décisions gouvernementales).»

La haute autorité religieuse est incarnée par un certain Albert B., pape incontesté. Pour la doctrine qu'il représente, il a sauvé la planète d'un anéantissement certain. Ne pas l'accepter serait au minimum de l'ingratitude et au pire du blasphème. Ne dites surtout pas que depuis l'utilisation de son merveilleux cadeau, on n'a jamais vu autant de victimes de problèmes cardiaques, ou que son remède ne marche pas, qu'il n'est question pour finir que d'un essai clinique déjà avéré défaillant. Car ses ouailles sont en droit de vous opposer : «Tu sais, ça ne me fait pas plaisir ce que tu me dis là».

Par contre, œuvrez comme le GR Sirat, expliquez-leur que les anciens cultes ne sont pas obsolètes pour autant, qu'ils ont eux aussi droit au respect, qu'ils n'ont tué personne chez les autres, ni leurs ouailles, ni leur messie.  

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